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 [Dunkerque] La dispute alimente la dispute et engloutit ceux qui s'y plongent.

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MessageSujet: [Dunkerque] La dispute alimente la dispute et engloutit ceux qui s'y plongent.   23.08.13 18:57


Une dispute est la plus longue distance entre deux points de vue.

A Versailles, il n'y avait rien de bien passionnant à faire. Davantage pour Andréa qui tournait en rond encore plus que d'habitude. Il fallait la traîner pour l'emmener quelque part, comme aujourd'hui à la messe, où c'était davantage le lieu pour discuter des dernières histoires avec quelques connaissances, plutôt que d'écouter le sermon du jour, dont elle ne savait même pas le thème. A côté de Marie-Caroline, qui vivait une drôle d'histoire avec un jeune soldat français parti au front, Andréa écoutait les histoires de son amie, qui recevait des lettres régulièrement de son bien-aimé.

Et vous ? Ne vous envoie t'il point de lettres ?
Ce n'est pas son genre. Je ne vais pas l'inonder de courriers où je n'ai rien à dire. Et s'il se passait quelque chose, je le saurais de toute façon.
souffla Andréa en haussant les épaules.
Mais tout de même, rien qu'une missive pour dire qu'il va bien …
Oh suffit ! Il fait ce qu'il veut !
râla Andréa un peu fort.

Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle avait parlé un peu trop fort en pleine messe, la marquise se retourna vivement et donna un coup d'éventail dans le vide en faisant signe de se taire. Ah oui, la messe, Andréa l'avait presque oublié, plongée dans sa conversation. Adire vrai, elle aurait aimé que Silvestre lui envoie une lettre, juste pour dire qu'il allait bien. Ils avaient beau être un couple qui ne se posait pas de limite, cela n'empêche pas de souhaiter. Quand ils se voyaient, ils étaient pleinement ensemble, mais dés que l'un s'éloignait, chacun vaquait à ses occupations. Mais l'éloignement n’empêche pas les sentiments, mais Andréa n'était pas une fille à attendre son bel amant, presque à l'agonie pour une lettre.

La discussion se poursuivit ensuite dans les jardins. Il faisait beau en ce mois d'avril, un peu frisquet encore mais qu'il était doux d'avoir un peu de soleil sur sa peau, même s'il fallait garder sa blancheur de peau. Stupide idée selon l'ancienne pirate. Marie-Caroline et elle discutaient quand une troisième dame de la marquise, Ariette, qu'Andréa appréciait peu, vint se mêler à la conversation.

Andréa, connais tu bien l'indienne venue de Nouvelle- France ? demanda Ariette avec un air conspirateur.
Oui, et qu'est ce que cela peut bien te faire ? lâcha t'elle agacée.
Savais tu qu'elle était mariée ?
Bien sûr que oui !
Et qu'il était européen ? Même français ! Vous devriez le connaître, c'est un Ventadour !

Andréa fronça les sourcils et se tourna vers Ariette. Où voulait-elle en venir ? Mais la vile reprit, jubilant.

Vous fréquentez bien un Ventadour aussi ? Je ne sais pas comment s'appelle le vôtre mais vous lui direz de féliciter son parent, le vicomte de Vauvert, pour cet exotique mariage !

Il y a des paroles qui ressemblent à des confitures salées et Ariette savait très bien qui Andréa fréquentait, qu'il avait le même titre et qu'il ne pouvait pas en avoir des dizaines avec le même titre. Alors qu'Ariette repartit comme une fleur, comme elle était venue, cette sale plante carnivore, Andréa sentait le poignard s'enfoncer dans son cœur. Elle continuait de marcher mais semblait ailleurs : Silvestre, marié ? Cela changeait tout ! Bien sûr, ce n'était sans doute pas un mariage catholique comme nous connaissions, mais c'était une union malgré tout, il y avait quelque chose de sacré. Elle retournait cela dans sa tête, ne se rendant pas compte qu'elle continuait de marcher et que Marie-Caroline continuait de lui parler. C'est alors qu'elle la pinça qu'elle revint à la réalité.

Andréa ! Tu es bien pâle ! Parle moi.
Où suis-je ? Qu'ai-je fait ? Que dois-je faire encore ? Quel transport me saisit ? Quel chagrin me dévore ? Errante, et sans dessein, je cours dans ce palais. Ah ! ne puis-je savoir si j'aime ou si je hais ?
Puis elle se tourna vers son ami, déterminée. Il faut que j'aille lui parler. Ou le frapper. Il faut que je le vois.
Mais enfin, Dunkerque n'est pas se rendre à Paris ! Tu ne pourras pas tromper la marquise bien longtemps !
J'ai une idée.
trancha Andréa.

Curieusement, une lettre arriva deux jours plus tard chez la marquise, la sœur d'Andréa la demandait auprès d'elle. La jeune femme feignit la surprise et capitula à préparer ses affaires. Mais ses affaires étaient presque prêtes et cette lettre était un faux, écrit de sa main. Elle n'irait pas voir sa sœur à Orléans pour les jours à venir, mais la marquise le croyait et s'en voyait bien débarrassée ! Voici comment, avec quelques affaires dans deux malles et son entêtement, Andréa s'en alla rejoindre le grand port français qu'était Dunkerque. Le voyage lui parut interminable, il lui tardait d'arriver. Il faut dire que la patience n'était pas le fort de la demoiselle, bien déterminée à en savoir plus sur cette affaire de mariage ! Que Tala ne lui ait pas mentionné le nom de son mari, Andréa le concevait, un peu de pudeur ne faisait pas de mal. Mais pourquoi Silvestre ne lui en avait pas parlé ? Et cette confiance entre eux, s'était-elle envolée ?

Puis elle vit la mer, et s'extasiait comme si c'était la première fois qu'elle la voyait. L'air iodé la calma un moment, elle repensa à tout ce temps à flotter sur les eaux du monde, à voyager, et tout ce temps perdu à rester sur la terre ferme. Sa motivation s'amoindrit et avant de retrouver Silvestre, elle se rendit au port, voir les bateaux, admirer la vue, se ravir de voir cette agitation de tous ces hommes, de voir tout ce monde qui partirait en mer. Elle poussa un soupir : elle aussi voulait y aller. Mais ce n'était pas le but de sa visite. Elle avait demandé à des proches de Silvestre où il logerait à Dunkerque. Les bateaux, c'était bien quand on en était le capitaine, mais une bonne chambre chez des hautes personnes de la ville, peu de monde refuserait ! Elle s'en alla jusqu'à une belle demeure non loin du port, appartenant à un ami des Ventadour. Elle se présenta et demanda à voir le vicomte de Vauvert. On lui retira son manteau et son chapeau et Andréa fut conduite jusqu'à la bibliothèque où il se trouvait tranquillement entrain de lire la gazette. Le serviteur s’éclipsa avant qu'un des deux ne puisse dire un mot. Et quand le jeune homme se leva pour venir vers l'ancienne pirate, elle le laissa faire, faible sur le coup de le revoir. L'iode devait aussi l'attendrir. Andréa était bien dans ses bras, il fallait l'avouer et elle aurait presque pu oublier le motif de sa visite. Et pourtant, elle se détacha de lui, avec du mal il fallait bien le dire.

Je ne suis pas ici pour cela. dit elle doucement. Je n'ai pas fait autant de chemin pour … Enfin bref. Je voulais t'envoyer une lettre mais il est si facile qu'elle se perde ou que tu ne la lises pas, le hasard fait bien les choses quand il veut. Et je voulais prendre l'air, j'ai joint l'agréable au désagréable. le ton s'était fait plus dur au fil de la phrase.

En parlant de lettres, en écris tu ? Je n'ai rien reçu, même si je n'ai rien demandé. J'espère que tu écris à tes proches … et à ta femme aussi.

Ca y est, le pavé était lancé dans la mare. Elle fut plus maîtresse d'elle-même qu'on aurait pu le penser. Seuls ses yeux bleus trahissaient sa colère, ainsi que ses poings serrés.

Comment as tu pu me cacher cela ? Tu es marié, ce ne sont pas des choses qui se cachent tout de même ! Elle recula et se saisit d'un livre sur une commode et s'en saisit comme une arme. Ne t'approche pas, réponds juste à ma question !
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    Mais oui! Mais oui!
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MessageSujet: Re: [Dunkerque] La dispute alimente la dispute et engloutit ceux qui s'y plongent.   05.09.13 21:21


« Un bon livre est un attentat. »


Si Silvestre avait l'habitude des combats et des conflits, il n'y avait pas à dire, il trouvait celui là d'une lenteur impossible. Arrivé à Dunkerque depuis quelques temps déjà dans les bagages – si on pouvait dire – de son commandant, Monsieur de Vivonne, meilleur ami de sa majesté le roi Louis XIV, le jeune vicomte, premier lieutenant de bord et par la même second officier s'ennuyait à mourir. Il n'avait jamais réellement porté Mortemart dans son cœur, il l'avait longtemps prit pour un parvenu faisant jouer de ses relations pour obtenir titre, grade et autres petites choses commodes à la cour Versaillaise alors que d'autres bataillaient ferme pour monter grade par grade – il aurait été surement impudent de la part de Silvestre de se prendre lui-même comme exemple pour ce genre de situation mais la distance qu'il avait mise entre son nom, sa famille et lui-même pour obtenir ses grades et ses décorations parlaient d'elle-même – avait suprêmement agacé le jeune homme, dès les premiers mois où il avait été mit sous les ordres de ce dernier. Et puis au cours d'une échauffourée, le duc lui avait sauvé la vie. Alors certes, si cela ne le faisait pas passer pour un saint aux yeux de Silvestre, cela avait du moins amenuisé les griefs du plus jeune des Lévis-Ventadour contre lui. Dire que Silvestre l'aimait comme on aime un grand chef militaire aurait été une grosse exagération, mais il le respectait depuis l'ors. Un peu. Il aurait encore du chemin à faire pour obtenir la totale considération du vicomte.

Et il pouvait bien commencer par mettre les voiles. Le navire sur lequel ils avaient été affectés n'avait fait qu'une courte mission de prévention et de reconnaissance, restant en mer quelques jours autour du port français, avant de revenir à quai, et donner congé aux marins, pour recommencer quelques jours plus tard, et ainsi de suite. Ce n'était pas réellement la vie de marin à laquelle Silvestre était habituée. Bon, certes, la sienne était plutôt d'être au fond d'une forêt, presque introuvable, jusqu'à ce qu'on réussisse miraculeusement à lui mettre le grappin dessus pour le mettre sur un bateau se rendant en Louisiane ou dans les Caraïbes. Mais faire des ronds dans l'eau n'était pas parmi les activités préférées du lieutenant qui s'ennuyait vite et, à l'image d'autres officiers de sa génération, avait besoin d'action. Pas par envie de faire ses preuves ou exalté par des récits héroïques, il en avait eut sa part, largement même, mais tout simplement parce qu'il n'aimait pas rester à rien faire, avec des gens qu'il n'appréciaient pas, ou moyennement. Les matelots s'ennuyaient, et devenaient irritables. De plus, laissés à quai, ils avaient tendance à boire pour éviter de penser trop à leurs familles qu'ils avaient laissés plus loin, dans d'autres ports ou parfois plus dans les terres, et créaient donc pas mal de problèmes en déclenchant des bagarres et se faisant arrêter par le guet. Si jamais ils devaient appareiller d'urgence, avoir des marins tués au cours d'une rixe à remplacer ou d'autres au fond d'une geôle n'aiderait pas à gagner cette guerre.

Mais il y avait un avantage à rester à terre. Et c'était bien le seul. Recevoir des nouvelles de la cour, même s'il ne s'y passait apparemment pas grand chose et que les nouvelles venant du front les étouffaient rapidement. Mais parfois, de temps à autre, par une lettre reçue par un de ses camarades ou un bulletin reçu par un autre, il avait des nouvelles d'Andréa. Certes, il aurait put lui écrire lui-même, et espérer éternellement une réponse. Mais la perspective de partir et de ne pas recevoir une réponse avant des mois ne lui donnait pas envie de se forcer à espérer. Pire, il avait peur que la jeune femme ne le prenne pour un sentimental, ce qu'il n'était pas, du moins pas trop, et se moque de lui, ne lui réponde pas, ou encore lui fasse une réponse de quelques lignes pleines d'ironies. Bref, beaucoup de choses auxquelles il pensait beaucoup trop et qui pouvaient surement ne pas arriver, mais le poussaient tout de même à ne pas tenter le diable. Alors, quand il était à terre, il restait la plupart du temps chez des amis de sa famille, le marquis de Lauzin, et son épouse, charmants tous deux. Le marquis avait fait parti des professeurs de Silvestre à l'académie, bien qu'il ne soit âgé que d'une douzaine d'année de plus que lui tout au plus, mais au cours d'une bataille, un mat lui était tombé dessus, lui brisant la colonne vertébrale, et l'empêchant à jamais de marcher. Alors le menuisier de bord lui avait confectionné une ingénieuse chaise sur quatre roues lui permettant de se mouvoir à travers les étages de l'hôtel particulier. Mais l'inaction à terre avait faillit le rendre fou alors il avait demandé sa nomination à Rochefort, et l'avait obtenue sans trop de problèmes, Silvestre ne savait pas trop comment. Son épouse était toute aussi charmante, de l'âge de Silvestre, s'occupant de la maisonnée et attendant leur troisième enfant.

-S'ils m'ont cassé les jambes, ils n'ont pas brisé mes besoins d'homme ! Avait tendance à dire Lauzin quand il était un peu éméché, lui pourtant si maître de lui-même la plupart du temps.

Cela faisait rire Silvestre. Il comprenait trop bien ce que son ami voulait dire. Celui-ci lui avait d'ailleurs donné libre accès à sa bibliothèque largement fournie en livres sur tous les sujets. Le jeune homme y passait la plupart de son temps, se cultivant. Il y était d'ailleurs ce jour-là, lisant une des nombreuses gazettes auxquelles son hôte était abonné, quand on lui annonça Mademoiselle de Bellevue. Silvestre en serait presque tombé du canapé. Quoi ?

Il bondit sur ses pieds, quand elle entra dans la pièce et marcha droit sur elle, la prenant dans ses bras, ravie de la surprise. Mais avant qu'il ait eut le temps de prononcer la moindre parole, ou lui voler un baiser, elle le repoussa, glaciale :

-Je ne suis pas ici pour cela.

-Tu n'as pas toujours dis ça
, répondit-il, taquin, en repensant à la soirée à l'hôtel de Longueville où les deux amants s'étaient retrouvés pour la première fois depuis de longs mois.

-Je n'ai pas fait autant de chemin pour … Enfin bref. Je voulais t'envoyer une lettre mais il est si facile qu'elle se perde ou que tu ne la lises pas, le hasard fait bien les choses quand il veut. Et je voulais prendre l'air, j'ai joint l'agréable au désagréable.

« Désagréable » ? Silvestre s'écarta et fronça les sourcils, il ne comprenait pas où elle voulait en venir.

-En parlant de lettres, en écris tu ? Je n'ai rien reçu, même si je n'ai rien demandé. J'espère que tu écris à tes proches … et à ta femme aussi.

-Ma quoi ?

Silvestre ne voyait pas du tout où elle voulait en venir. Lui, marié ? Il fallait être fou, ou plutôt folle, car il plaignait celle qui voudrait entrer dans la famille que son frère était en train de salir peu à peu. Un instant, il eut envie de poser sa main sur le front d'Andréa pour s'assurer que le voyage de Paris à Dunkerque ne lui avait pas retourné les humeurs. Elle était tombée sur la tête. Et d'ailleurs, comment avait-elle réussit à échapper son espèce de duègne dictatrice ?

-Comment as tu pu me cacher cela ? Tu es marié, ce ne sont pas des choses qui se cachent tout de même !

-Mais enfin, Andréa, calme toi, je t'assure je ne sais pas de quoi tu peux bien parler, s'exclama Silvestre, esquissant un geste pour la rapprocher de lui.

-Ne t'approche pas, réponds juste à ma question !

Dans sa main, elle tenait un livre, prête, il en était certain, à le lui jeter à la figure. Tant pis, il avait connut pire, elle connaissait assez bien son corps couturé de cicatrice pour le savoir.

-Mais enfin, je te jure, je ne suis pas marié, ça serait difficile à cacher à la cour toute entière tu ne crois pas ? Et qui voudrait de moi, avec un nom trainé dans la bout par un aîné incapable, et pour toute fortune mes histoires dignes d'un barde ! Tu crois vraiment que j'aurais pu dissimuler quelque chose d'aussi énorme ? Et où aurais-je trouvé le temps ? Aux Amériques peut...

Et la voix de Silvestre mourut dans sa gorge. Aux Amériques !

-Attends, tu ne parles quand même pas de Tala ?


Le nom sembla déclencher une tornade. Sans se donner la peine de répondre, Andréa tira d'abord, et le livre vola à travers la pièce, forçant Silvestre à se baisser pour l'éviter de justesse. C'était donc ça ? Mais quelle idée de se mettre dans des états pareils ?!

______________________

Happiness is the key
And may be, just may be, you can go farther than you ever thought. That is the biggest journey you'll do, and your life will never, ever be the same again.


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MessageSujet: Re: [Dunkerque] La dispute alimente la dispute et engloutit ceux qui s'y plongent.   23.09.13 23:53

Ma quoi ?

Soit il était idiot soit il le faisait exprès. L'un comme l'autre, cela revenait à jouer avec les nerfs de la pirate qui avait autre chose à faire que de tourner autour du pot. Quand on tend une perche de la sorte, il fallait la saisir en vol et ne pas continuer à s'enfoncer dans le mensonge. Silvestre n'avait pas l'air de comprendre cela, ou alors il avait oublié qu'il était marié, ce qui serait sacrément stupide. Andréa voulait bien être avec son marin, que leur relation soit ce qu'elle est, c'est à dire libre. Mais s'il était marié, cela changeait beaucoup de choses. Cela pouvait être risible pour une demoiselle ne respectant pas les conventions, ayant menti à tout le monde pour prendre la mer, n'ayant pas vraiment le sens des traditions, que de vouloir respecter la fidélité d'un mariage. Surtout, elle ne voulait être pas être la mauvaise fille, celle qui tente l'époux d'une autre. Elle avait tout de même de la dignité, et un respect de ses congénères féminins, même si elle les trouvait souvent insupportable.

Alors que Silvestre s'approchait, l'ancienne pirate ne trouva comme arme de fortune, qu'un livre à portée de sa main. Pas bien redoutable certes, mais cela pouvait faire très mal si c'était bien visé. Et à ce genre de jeu, Andréa n'était pas mauvaise, il valait mieux ne pas tenter le diable, ou s'appeler Silvestre de Lévis.

Mais enfin, je te jure, je ne suis pas marié, ça serait difficile à cacher à la cour toute entière tu ne crois pas ? Et qui voudrait de moi, avec un nom traîné dans la boue par un aîné incapable, et pour toute fortune mes histoires dignes d'un barde ! Tu crois vraiment que j'aurais pu dissimuler quelque chose d'aussi énorme ? Et où aurais-je trouvé le temps ? Aux Amériques peut... Attends, tu ne parles quand même pas de Tala ?

Pour toute réponse, le livre fut lancé en sa direction, et en effet, Andréa visait bien ! Heureusement que le marin avait eu le réflexe de se baisser, sinon pas sûr qu'il serait resté confiant. Le malheureux ouvrage percuta le mur en face dans un bruit sourd avant de mourir au sol. Mais cela n'avait pas calmé la jeune femme au tempérament orageux, et bien qu'elle ne hurla pas, son ton dur était sans appel : elle était en colère.

Non, je parlais du Pape ! ironisa t'elle. Bien sûr que je te parle de Tala, à moins que tu en aies d'autres, tout est possible à partir de là. Tu es marié, peu importe sous quelle loi ou religion, mais tu as une femme et tu ne m'en as jamais informée, c'est quand même quelque chose qu'on ne cache pas si facilement ...

Elle voulait mettre un maximum de distance entre elle et Silvestre mais la bibliothèque n'était pas des plus spacieuses, il était difficile de le faire reculer, mais s'il fallait employer les grands moyens, elle reprit un ouvrage entre ses mains, cette arme de fortune n'était pas si mal finalement. Elle leva le bras, prête à lancer s'il disait un mot de travers. Les sourcils froncés, son regard azur sérieux, Andréa montrait un autre visage, elle en général si joviale. La jalousie ? Oh oui c'était clair, mais la jeune femme préférait le mensonge, elle n'aime pas être trompée de la sorte.

Tu te rends compte que je suis amie avec Tala, que j'ai longuement discuté avec elle, qu'elle m'apprécie ... Et comment je vais pouvoir la regarder dans les yeux ? C'est une question d'honnêteté, Silvestre. Tu n'as pas été honnête avec moi, et moi je ne l'ai pas été avec Tala. Je ne veux pas faire partie d'un quelconque triangle matrimonial. Elle martela les derniers mots comme pour les faire entrer de force dans la tête de Lévis.

Mais le jeune homme était tout de même têtu, vous me direz qu'ils se sont bien trouvés, et lorsqu'il s'avança, cette fois-ci, elle visa l'épaule avec force et le toucha en plein dans le mille, de quoi le stopper quelques minutes, du moins elle l'espérait. Elle prit une longue inspiration pour tenter de se calmer, mais c'était peine perdue, la jeune femme avait bien du mal à garder son calme et ses poings serrés le prouvaient bien. Quel contraste entre son comportement, son caractère et sa tenue. Là, en habit de pirate, elle aurait été dans son élément. Mais dans sa robe de voyage, elle n'était pas entièrement libre de ses mouvements, ce qui rendait la situation plus frustrante pour elle encore.

Tu fais ce que tu veux, cela a toujours été clair. Mais une histoire, une passade ou une relation sans engagement n'est pas un mariage. Tu t'es uni devant un dieu, un chef ou que sais-je, c'est officiel, c'est sérieux. Je crois que tu n'as pas totalement saisi le concept de mariage, le caractère sacré de la chose. C'était assez amusant de voir Andréa parler de mariage et de sacré. Si j'avais été dans ton cas, tu aurais été au courant, mais apparemment c'est assez superflu de dire les choses importantes, de se parler.

Elle se trouvait dos à l'étagère des livres, c'était comme être dans un stock de munitions, elle avait de quoi tirer à volonté s'il le fallait, Silvestre n'avait pas intérêt à faire l'andouille ! Mais la jeune femme n'était pas totalement honnête non plus, elle n'avait jamais parlé de son fils à Silvestre, ni à quiconque hormis son amie Isabeau, la seule à connaître l'existence du petit Maxence. Si elle vous en parlerait, Andréa dirait que c'était une erreur, une lâcheté de ne pas avoir pu se rendre aux faiseuses d'ange, ou d'avoir tout fait pour s'en débarrasser, d'une souffrance d'avoir du porter tous ces longs mois un enfant non désiré d'un homme qui l'attirait autant qu'elle le haïssait, et qu'il n'y avait eu aucun engagement, elle n'était même pas une bonne mère puisqu'elle ne l'élevait pas. C'était différent en effet, mais cela n'enlevait rien au fait qu'elle n'était pas honnête avec Silvestre, qu'elle ne lui avait pas tout dit. Mais on n'était pas au chapitre des enfants, mais celui du mariage, chose qui n'était pas prêt d'arriver vu son caractère et que le seul prétendant potentiel, était marié et qu'elle le détestait à ce moment précis. Prenant un autre livre, un peu plus gros que les autres, elle se mit en position de lancer :

Donne-moi une bonne raison de ne pas te lancer ce livre là où ça fait le plus mal. Et pitié, pas de déclaration, ce n'est clairement pas le moment.

Silvestre n'avait pas le droit à l'erreur, c'était le cas de le dire ...
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MessageSujet: Re: [Dunkerque] La dispute alimente la dispute et engloutit ceux qui s'y plongent.   06.10.13 11:08

Si Silvestre avait été ravi de voir la jeune femme les deux premières minutes de son entrée dans la bibliothèque, et s'il avait imaginé mille façons de fêter leurs retrouvailles, tout cela s'était évanoui en voyant la colère qui l'habitait. Colère qu'il ne comprenait absolument pas. Pas plus que ce dont elle parlait. Vu comme il s'ennuyait ferme à Dunkerque c'était avec joie qu'il aurait reçu Andréa, et aurait passé pas mal de temps avec elle à flâner ici et là, à écouter les ragots versaillais et toutes sortes de choses de ce style. Il n'y avait plus qu'à revoir ses prétentions à la baisse et espérer qu'Andréa se calme pour lui expliquer clairement ce qui se passait. Hélas c'était surement être un peu trop prétentieux, il la connaissait assez pour savoir que quand elle était en colère, on ne la calmait pas si facilement. Etait-ce cliché d'ailleurs de dire qu'elle était belle quand elle était en colère ? Mais ce n'était pas le moment de lui faire un tel compliment, elle risquait de mal le prendre. Silvestre nota d'ailleurs qu'un livre, ça pouvait faire mal. Surtout relié de cuir. Il songea un instant que d'ailleurs, son ami et hôte apprécierait difficilement le chaos que la jeune femme mettait dans la bibliothèque. Les livres étaient la seule porte sur le monde qu'il restait à Lauzois depuis qu'il ne pouvait plus marcher. Et tout ranger n'était pas la tasse de thé de Silvestre. La journée s'annonçait d'un coup moins bonne qu'elle n'avait commencé.

Mais la raison de sa colère laissa Silvestre pantois. Déjà, comment l'avait-elle appris ? Tala avait-elle dit quelque chose ? C'était possible, mais la jeune amérindienne n'avait jamais été amoureuse de lui, pas plus que lui d'elle. Elle avait fait ce que son père lui avait dit de faire, comme toutes les filles de sa tribu. Du moins c'était ce que le jeune homme avait toujours cru. Et de toute façon, cela n'engageait à rien. Ce n'était pas un mariage réellement valide pour lui, pas plus qu'il l'était pour elle. Il n'était ni le premier ni le dernier officier français à avoir pour compagne une membre d'une tribu alliée en Nouvelle-France, et cela même si les officiers en question étaient mariés en France. A ses yeux, ce mariage n'était qu'un moyen politique de s'assurer l'appui des tribus locales et il se doutait bien qu'il en était de même pour le père de Tala. Déjà pour des mariages français, il était courant que les époux soient mariés et vivent ensuite leur vie chacun de leur côté, alors pourquoi Andréa, dont les principes étaient parfois bien loin de la morale, Silvestre en savait quelque chose, se mettait-elle dans des états pareils pour cette histoire. Il ne lui en avait jamais parlé parce qu'il n'avait pas trouvé ça très important. Une erreur apparemment, car elle trouvait cela de première importance. Bien, il tenterait de s'en souvenir, s'il survivait à cette attaque. Dans d'autres circonstances, la perspective de mourir à deux pas du champ de bataille naval mais sans avoir combattu l'aurait fait rire. Hélas, il se doutait que s'il ne faisait ne serait-ce que sourire, la colère de la jeune femme allait s'étendre.

-Non, je parlais du Pape ! Bien sûr que je te parle de Tala, à moins que tu en aies d'autres, tout est possible à partir de là. Tu es marié, peu importe sous quelle loi ou religion, mais tu as une femme et tu ne m'en as jamais informée, c'est quand même quelque chose qu'on ne cache pas si facilement …


Silvestre eut un soupir mi désespéré, mi agacé. Et alors ? Il resta planté là où il était, mais sachant qu'il aurait du mal à approcher plus de la jeune femme que là où il était à cet instant précis. Il la laissa épancher sa bile, il ne servait à rien d'argumenter contre elle alors qu'elle était dans cet état.

-Tu te rends compte que je suis amie avec Tala, que j'ai longuement discuté avec elle, qu'elle m'apprécie ... Et comment je vais pouvoir la regarder dans les yeux ? C'est une question d'honnêteté, Silvestre. Tu n'as pas été honnête avec moi, et moi je ne l'ai pas été avec Tala. Je ne veux pas faire partie d'un quelconque triangle matrimonial.

C'était donné beaucoup d'importance à la relation qu'il avait avec Tala. Il l'aimait, mais comme une petite sœur, lâchée dans un monde encore plus hostile que le sien. La pauvre n'avait pas mérité ça. Croyant à une ouverture, Silvestre esquissa à un geste mais le livre parti et il n'eut que le temps de se tourner pour le recevoir dans l'épaule. Si elle continuait à garder ces munitions, elle ne serait pas à court avant longtemps.

-Tu fais ce que tu veux, cela a toujours été clair. Mais une histoire, une passade ou une relation sans engagement n'est pas un mariage. Tu t'es uni devant un dieu, un chef ou que sais-je, c'est officiel, c'est sérieux. Je crois que tu n'as pas totalement saisi le concept de mariage, le caractère sacré de la chose. Si j'avais été dans ton cas, tu aurais été au courant, mais apparemment c'est assez superflu de dire les choses importantes, de se parler.

Elle avait peut être raison, mais contrairement à ce qu'elle pensait, ces histoires ne voulaient rien dire aux yeux de Silvestre. Il était plutôt maladroit avec les mots quand il s'agissait d'exprimer réellement ce qu'il pensait – contrairement à quand il désirait avoir quelque chose, un peu comme avec Gabrielle de Longueville – mais dans les faits, la seule qui comptait vraiment pour lui était Andréa. Il s'en serait tapé la tête contre le mur. Elle était butée et il savait par avance que tout ce qu'il pourrait dire ne changerait pas grand chose à toutes les grandes certitudes qui habitaient la jeune femme. Il allait tout de même essayer...

-Donne-moi une bonne raison de ne pas te lancer ce livre là où ça fait le plus mal. Et pitié, pas de déclaration, ce n'est clairement pas le moment.

-Déjà parce que tu ne sais pas viser avec ce genre de munition et que je suis assez rapide pour l'éviter, ça faisait une première bonne raison.

Il savait que c'était faux, mais un livre n'est pas un pistolet, donc oui, il était largement assez rapide pour l'éviter. Mais cela avait au moins le mérite de clore le bec de la jeune femme, et de laisser l'aplomb de Silvestre revenir au grand galop après l'instant déstabilisant qu'il venait de vivre.

-Tu parles de triangle matrimonial, pour cela il faudrait déjà que toi et moi soyons mariés, et il ne me semble pas que ça soit le cas, à moins que j'ai raté quelque chose ?! Ensuite je ne t'en ai jamais parlé, parce que pour moi, cela ne compte pas. Pas plus qu'un noblereau de cours épousant une femme par intérêt ne se préoccupe d'elle après, à cette différence près que moi aussi j'apprécie Tala, et être jetée à Versailles sans en connaître les règles est assez perturbant, alors je fais de mon mieux pour la protéger. Hélas je ne peux pas être toujours là, aussi est-elle la proie de commères. C'est elle qui te l'a dis, ou t'a-t-on rapporté l'information ?

Il laissa une seconde de silence, le temps à la jeune femme de répondre, mais vu la tête qu'elle faisait cela confirma ses soupçons.

-C'est bien ce que je pensais. Alors je ne nierai pas, Tala et moi sommes « mariés » mais cela n'a rien à voir avec nos mariages à nous. Du point de vue de l'Eglise je suis tout aussi célibataire que n'importe qui d'autre. Et de toute façon ce n'est pas ce genre de détail qui t'embête d'habitude.

Il savait en prononçant cette phrase qui faisait allusion à leurs vies séparées qu'il était allé trop loin. Le livre parti, mais il décida de jouer le tout pour le tout. Puisqu'elle ne voulait pas le laisser s'approcher, elle devrait venir d'elle-même. Il reçu le livre en pleine poitrine – il l'avait dit, qu'avec un livre, elle ne savait pas viser – et se laissa tomber par terre avec un « ouch » un rien exagéré. Fermant les yeux il s'écroula et ne bougea plus, attendant de voir la réaction de la jeune femme.

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MessageSujet: Re: [Dunkerque] La dispute alimente la dispute et engloutit ceux qui s'y plongent.   10.02.14 14:39

Ce conflit était ridicule et Andréa, au fond d'elle, s'en rendait bien compte. La jeune femme n'avait pas énormément de principe, elle était une pirate après tout, et pourtant le mariage avait une forme assez sacrée à ses yeux. Non pour elle, la demoiselle redoutait le moment où son père devrait lui choisir un mari, mais en général. Elle n'était pas dupe, le mariage n'avait rien de romanesque et on épousait rarement celui qu'on voulait, ou du moins l'archétype qu'on désirait. Tout n'était que convention, calcul de dot, argent et position sociale dans notre société occidentale. Et dans d'autres tribus, cela voulait peut-être dire autre chose, Andréa n'y connaissait pas grand chose à dire vrai, Silvestre en avait vu plus qu'elle. Mais il n'empêche, qu'on vienne de France ou du Nouveau Monde, on ne donnait pas une fille à marier sans raison, au premier venu ! Au fond, Andréa se moquait que Silvestre se soit marié, c'était surtout de ce silence, qu'il ne lui en ait jamais parlé, alors qu'elle lui avait confié son plus grand secret, sans le vouloir il est vrai, mais la jeune femme avait pour lui une confiance aveugle, et elle s'était sentie trahie.

Il est vrai, c'est une question d'égo que l'ancienne pirate n'arrivait pas à laisser passer, il lui fallait évacuer cette colère, et plutôt que de s'en prendre à elle-même, se traiter de petite sotte ou de jeune fille suivant le loup dans les bois, Andréa préférait en vouloir à Silvestre, il était plus facile à blâmer, et lui lancer des livres sur le coin de la figure était un défouloir comme un autre ! Il aurait pu simplement s'excuser et cela aurait pu s'arrêter là, Andréa aurait hurlé une dernière fois et puis cela se serait terminé plutôt bien. Mais pour cela, Silvestre aurait dû faire profil bas, ce qu'il ne fit pas, au contraire ...

Tu parles de triangle matrimonial, pour cela il faudrait déjà que toi et moi soyons mariés, et il ne me semble pas que ça soit le cas, à moins que j'ai raté quelque chose ?!
Non, mais tu es marié à elle,
siffla t'elle, en colère.
Ensuite je ne t'en ai jamais parlé, parce que pour moi, cela ne compte pas. Pas plus qu'un noblereau de cours épousant une femme par intérêt ne se préoccupe d'elle après, à cette différence près que moi aussi j'apprécie Tala, et être jetée à Versailles sans en connaître les règles est assez perturbant, alors je fais de mon mieux pour la protéger. Hélas je ne peux pas être toujours là, aussi est-elle la proie de commères. C'est elle qui te l'a dit, ou t'a-t-on rapporté l'information ?

Andréa fronça les sourcils, se demandant ce que les commères pouvaient bien avoir dans cette histoire. Peu importe qui le lui avait dit !

C'est bien ce que je pensais. Alors je ne nierai pas, Tala et moi sommes « mariés » mais cela n'a rien à voir avec nos mariages à nous. Du point de vue de l'Eglise je suis tout aussi célibataire que n'importe qui d'autre. Et de toute façon ce n'est pas ce genre de détail qui t'embête d'habitude.
Suffit de m'insulter !
éclata t-elle. Tu es en tort et pourtant tu te la joues à la fois gentilhomme protecteur et goujat à m'insulter !

Non c'était beaucoup trop et le livre qu'elle avait en main partit tout seul, avec grande force en direction de Silvestre, il fut d'ailleurs touché en pleine poitrine avant de tomber au sol. Comédien comme il était, il faisait semblant et la jolie blonde ne faisait pas vraiment état de cela, s'appuyant sur la bibliothèque quelques secondes avant de se diriger vers la fenêtre, un peu plus calme mais sérieuse, trop par rapport à son doux visage et sa coiffure un peu défaite dont une mèche lui tombait sur le visage.

Vous les hommes vous êtes tous les même, bande de mauviettes infidèles, si prévisibles. Tu crois que ta comédie va me faire flancher ? Je ne suis pas un jouet ni une de ses poupées qui papillonnent dans cette cour de vipères. Elle remit sa mèche en place. Et tu n'as pas à utiliser mon passé pour me faire la morale ... tu ne sais même pas ce que j'ai fait ... J'avais un peu autre chose à faire que batifoler et me marier dans un coin reculé du globe ...

Non, elle avait juste couché avec son ennemi espagnol et lui avait fait un gamin, pas grand chose en somme ! Mais, pas sûr qu'elle parle de Maxence un jour, surtout pas à Silvestre ! Alors qu'elle se tourna, elle le vit toujours au sol, immobile, n'ayant pas bougé d'un pouce depuis tout à l'heure. Fronçant les sourcils, elle se dirigea vers lui et, doucement, du pied, elle le secoua.

Allez, ne fais pas ta comédie plus longtemps, tu ne fais rire personne.

Seulement voilà, il ne bougeait toujours pas. Aurait-elle plus de force qu'elle ne le pensait ? Andréa commença à s'inquiéter et après une seconde d'hésitation, elle se mit à genoux aux côtés du jeune homme et le secoua pour le réveiller, osa même lui mettre une claque, cela pouvait peut être marcher ! Ah oui, la baffe marcha car il se réveilla d'un coup et attrapa Andréa pour la plaquer au sol. Celle-ci tenta de se débattre comme un beau diable, mais il était évident que le marin avait plus de forces qu'elle ! La peur fit place à la colère de s'être fait avoir !

Tu te crois drôle de me faire peut être ? Lâche moi ! Elle continuait de se débattre, question de principe. Des petites garces dans ton genre, ça pullule dans les tavernes et sûrement des plus compétentes, surtout des plus intelligentes ! Ton plan est minable tout comme ta façon de te conduire !

Comme si elle n'était pas mieux ! Andréa n'avait pas vraiment le comportement d'une demoiselle, d'une fille de sang bleu, mais davantage d'une sauvageonne ... d'une pirate !
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MessageSujet: Re: [Dunkerque] La dispute alimente la dispute et engloutit ceux qui s'y plongent.   06.06.14 23:03

Spoiler:
 

Ah les femmes ! Et surtout leur mauvaise fois ! Si Andréa était bien placée pour lui faire des remarques ? Silvestre aurait bien pu jurer ses grands dieux que non, surement pas. De tous les nobles de France, elle était surement la dernière de qui il prendrait des réflexions sur la vérité – il n’était guerre le moment de parler de fidélité non plus d’ailleurs. D’ailleurs qu’est ce que la vérité ? Souvent, quand on la cherche désespérément, on finit par se faire plus de mal que de bien. La preuve, Silvestre était certain d’avoir un ou deux bleus d’ici la fin de la journée. Andréa était une tigresse et c’était sans doute cela qui les avait irrémédiablement attirés l’un vers l’autre dès le début, alors que, dans un uniforme plus que négligé, le jeune lieutenant s’était présenté devant le gouverneur de Bellevue qui recevait sa fille pour la première fois en Nouvelle France. Un contacte électrique qui continuait à les animer, il n’y avait qu’à voir leur manière de régler leurs conflits. Une bataille de livres, qui aurait pu imaginer cela ? L’hôte de Silvestre allait surement avoir une crise cardiaque si les jeunes gens ne remettaient pas tout en place. Mais avant de penser à l’après, Silvestre devait déjà penser à rester en vie. Avec cete furie, cela risquait d’être difficile. Avec n’importe quelle autre, Silvestre aurait surement fuit l’affrontement d’une manière ou d’une autre, pas avec Andréa.

Est-ce qu’il l’aimait ? Oui, sans doute. Du moins il ressentait pour elle quelque chose qu’il n’avait jamais ressenti pour aucune autre. Une compatibilité, quelque chose de différent, d’exaltant. Le lui avait-il dit ? Pas directement. Mais il estimait le lui avoir fait comprendre à plusieurs reprises. Enfin, il le lui semblait. Et puisque le débat portait sur le mariage, voulait-il l’épouser ? Eh bien… Il n’y avait jamais pensé. Honnêtement, l’idée ne lui avait jamais effleuré l’esprit, leur mode de vie, la distance, l’impression de ne jamais réussir à se retrouver, et désormais la guerre… Alors non, il n’avait pas eut l’opportunité de la réflexion. Mais s’il finissait cette guerre en vie, et que tous deux restaient à Versailles, pourquoi pas ?  Cela semblait pourtant compliqué. Il pouvait être rappelé sur les flots à n’importe quel moment, et Andréa n’était pas du genre à attendre sagement le retour improbable de son mari. Un peu trop de paramètres à prendre en compte pour l’esprit léger et volage de Silvestre. Il n’arrivait d’ailleurs toujours pas à comprendre cette crise de jalousie, ce que c’était à ses yeux, alors qu’elle continuait à hurler malgré la défense – un rien piquante et provoquante il fallait l’avouer – du jeune homme.  

Mais en bon officier, Silvestre savait reconnaître une stratégie mal adaptée quand il en voyait une. Et celle-ci était véritablement désespérée, tant qu’Andréa aurait des munitions à portée de main. Aussi, mieux valait simuler une retraite pour mieux prendre l’ennemie à revers. Des mois en mer et à l’étranger devaient bien lui servir à un moment ou à un autre. Aussi quand le dernier livre lui arriva en pleine poitrine il n’avait pas cherché à l’évité et s’était effondré, ne bougeant plus d’un pouce, technique adoptée par les indiens face à des prédateurs de différentes sortes pour au mieux les contre attaquer, au pire les faire déguerpir. Etait-il utile de préciser qu’il préférait de loin la première solution ? Lui faire des excuses aurait été sans doute plus simple, mais Silvestre ne s’estimait pas en tort, il n’y avait donc aucune raison pour lui de faire profil bas et de prendre un air de fautif. Allongé par terre, les yeux fermé, il attendait sans bouger, laissant la colère de la jeune femme s’exprimer.

-Vous les hommes vous êtes tous les même, bande de mauviettes infidèles, si prévisibles. Tu crois que ta comédie va me faire flancher ? Je ne suis pas un jouet ni une de ses poupées qui papillonnent dans cette cour de vipères. Et tu n'as pas à utiliser mon passé pour me faire la morale ... tu ne sais même pas ce que j'ai fait ... J'avais un peu autre chose à faire que batifoler et me marier dans un coin reculé du globe ...


Impassible, Silvestre ne bougea toujours pas. Il ne distinguait à travers ses paupières closes que les ombres mouvantes de la jeune femme, et le bruit de ses pas qui indiquait qu’elle s’était éloignée quelque peu, avant de revenir vers lui. Il se sentit secoué, par quelque chose qui devait être le pied d’Andréa, au bruit qu’avait fait l’étoffe de sa robe.

-Allez, ne fais pas ta comédie plus longtemps, tu ne fais rire personne.


Toujours aucune réaction de la part du jeune homme qui avait décidé de l’emporter coûte que coûte. « Vaincre  ou mourir » deviendrait une devise plus tard. L’enjeu paraissait surement futile, il ne l’était pas pour Silvestre, qui prenait de toute façon la vie comme un jeu où il fallait emporter chaque manche pour gagner la partie. Andréa finit tout de même par s’agenouiller à son côté et commença par le secouer avant de lui mettre une gifle. La réaction fut radicale. Se redressant, Silvestre la saisit par les poignets et la plaqua au sol, allongé sur elle pour l’empêcher de bouger alors qu’elle se débâtait comme un diable.

-Morbleu ! Tu frappes fort !
s’exclama le jeune homme en remuant la mâchoire pour atténuer la douleur.

-Tu te crois drôle de me faire peut être ? Lâche moi ! Des petites garces dans ton genre, ça pullule dans les tavernes et sûrement des plus compétentes, surtout des plus intelligentes ! Ton plan est minable tout comme ta façon de te conduire !


Silvestre laissa échapper un petit rire.

-Peut être, mais ça marche, la preuve.


La douleur s’était vite atténuée il ne sentait plus qu’une  zone de chaleur sur sa joue qui ne tarderait pas à disparaître à son tour. La gifle avait été cinglante mais pas assez pour laisser une marque. Silvestre cessa de rire et regarda Andréa dans les yeux.

-Dieu ! Ce que tu es belle quand tu es en colère !


A cet instant, elle était l’exacte Andréa qu’il avait connut capitaine pirate à bord d’un bateau dans les Caraïbes. Qui l’avait vendu comme esclave, certes, et forcée à s’enfuir dans la calle d’un navire peu fiable avant de mettre trois mois à retourner à Québec, mais cela restait un détail. Il était tenté de l’embrasser à cet instant, mais se contint, songeant que cela ne serait sans doute pas approprié vu la raison de la venue de la jeune femme. Il glissa à son côté, et la regarda encore un instant, avant de fixer le lustre accroché au plafond peint, comme prit dans une intense réflexion.

-Elle ne compte pas pour moi,
finit-il par lâcher d’une voix grave, sérieuse qui ne lui ressemblait pas, mais qui résonnait pourtant de sa sincérité. Pas comme toi tu comptes.

Il poussa un soupir qui sembla effacer la gravité et la sincérité de ses paroles avant de se remettre sur ses pieds et de tendre une main à Andréa pour qu’elle fasse de même, elle ne pourrait jamais y arriver seule avec cette robe.

-On fait la paix ?

Elle semblait encore hésiter un peu. Il haussa les épaules tout en gardant la main tendue :

-Ca m’ennuierait de mourir en sachant que tu boudes encore, tu sais ? Je te rappelle que c’est la guerre dehors et qu’on peut venir me chercher d’un moment à l’autre. Alors qu’au moins avec toi, je sois en paix, si la France ne l’est pas avec l’Angleterre.

Il lui offrit un sourire sincère, celui de l’ami plus que de l’amant, même si c’était bien le cœur de l’amant qui bâtait dans sa poitrine à cet instant.

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[Dunkerque] La dispute alimente la dispute et engloutit ceux qui s'y plongent.
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