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 « Rumeur : le plus vieux média du monde. » ▬ Elisabeth

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Marie-Thérèse d'Autriche

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Un homme qui ne le mérite pas
Côté Lit: Il ne devrait y avoir que mon époux
Discours royal:



R e i n e . D e
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Âge : 28 ans
Titre : Infante d'Espagne, Reine de France
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MessageSujet: « Rumeur : le plus vieux média du monde. » ▬ Elisabeth   « Rumeur : le plus vieux média du monde. » ▬ Elisabeth Icon_minitime24.04.13 0:19




Marie-Thérèse grelottait dans son bain. Comme à chaque fois après ses grossesses, elle avait énormément de mal à perdre le poids qu'elle avait prit. Cela la mettait dans une rage folle. Le roi aimait les femmes minces. Alors quand son médecin lui avait suggéré de prendre des bains d'eau froide, nue, arguant que le froid aiderait à sa perte de poids, car, après tout, les personnes les plus minces vivent dans des contrées aussi froides que celles du nord de l'Europe et en Russie. Marie-Thérèse avait hésité, ne sachant pas si elle devait le faire ou non, puisqu'il était si dangereux de prendre des bains d'après l'académie, mais la vision de Louis avec cette idiote de Leeds lui avait vite fait prendre une décision. Il faisait aussi froid dans la baignoire que dehors. La jeune femme espérait vraiment que cela en vaudrait le coup. Tout en se disant qu'il ne manquerait plus qu'elle en attrape la mort. Il faut souffrir pour être belle, après tout, paraissait-il. Surtout à quand il fallait respecter la mode versaillaise, bien que la souveraine, qui n'aimait pas tant que cela être remarquée, préférait rester digne plutôt que de suivre les tendances, la plupart du temps données par les maîtresses de son mari. Il n'aurait plus manqué que la reine s'abaisse à aimer la même chose que ces frivoles. Ses servantes allaient et venaient dans la pièce, rangeant des affaires, s'assurant que la reine n'était pas en train de mourir de froid. Ca aurait été un comble !

Marie-Thérèse se résolue à sortir quand ses doigts, fripés, n'eurent plus aucune sensibilité, et que ses ongles avaient virés du rose au violet. Elle se leva, et l'une des femmes se précipita pour lui apporter un grand drap dans lequel elle s'enveloppa. La baignoire serait vidée plus tard. La souveraine prit le temps de se sécher, essayant de ramener un peu de chaleur à sa peau qui était si froide qu'elle lui donnait une impression d'avoir durcit. Une chose était certaine, elle avait toujours besoin d'onguents quand elle sortait de ce petit moment de torture. Sa peau rougie était meurtrie par ce traitement qu'elle s'imposait. L'une de ses servantes entreprit de l'enduire d'une de ces crèmes en question, et la jeune femme se laissa faire. Une autre lui brossait les cheveux emmêlés par le ruban qui avait servit à les retenir au dessus de sa tête pendant son bain. On lui amena ses bats, son jupon, sa chemise et le corset qui allait avec, ainsi que la robe qu'elle avait choisit pour cet après-midi. Versailles et son étiquette ne lui faisaient ni chaud ni froid, elle avait connu bien pire en Espagne. Elle se laissa habiller, regardant par la grande fenêtre la vue sur le jardin. Le château semblait tellement vide désormais. La jeune femme se sentait mitigée face à cette guerre. Certes, elle était reine de France, mais elle restait infante d'Espagne. Son pays d'origine se battait contre son pays d'adoption. Comment se sentir à l'aise face à cette situation ?

-¡Apriete más fuerte !, ordonna la souveraine alors que la jeune fille serrait son corset.

Une autre pensée hantait l'esprit de Marie-Thérèse. Hector, lui aussi, venait de quitter Versailles. Elle s'était promit de ne plus penser au cousin de son époux, mais comment y arriver ? Elle ne l'avait pas revu, du moins pas seul à seule, depuis cette nuit où elle lui avait cédé. Mais son comportement à son égard avait été clair, il cherchait constamment à la provoquer. Et l'ultime provocation avait faillit faire s'étrangler la jeune femme. Ses annonces de fiançailles, et même de mariage, avec Gabrielle de Longueville. Marie-Thérèse avait faillit s'en évanouir. Comment avait-il osé ? Son orgueil espagnol, qui en prenait déjà beaucoup à Versailles, avait refusé de céder plus avant en suppliant le jeune homme de lui donner une explication. Et il était parti. La souveraine redescendit sur terre quand le corset fut tellement serré qu'il lui donna l'impression d'étouffer. On lui apporta sa robe de brocard violet foncé qu'elle enfila, avant de s'assoir sur le petit tabouret devant sa table de maquillage, prête à être celle que tout le monde attendait

-Votre Majesté est superbe, murmura la servante.

Marie-Thérèse ne répondit pas, songeant que tout flatteur vivait au dépend de celui qui l'écoute, quand l'un des valets frappa à la porte.

-Votre Majesté, la duchesse d'Alençon demande à être reçue.

Marie-Thérèse leva un sourcil. Elisabeth ? Elle avait pourtant ordonné d'être laissée seule quelques heures. Etre en constante représentation était vraiment épuisant. Elle osa les épaules, et repoussa Hildegarde, qui s'occupait de ses cheveux.

-Eh bien, faites-la entrer. Hildegarde, veillez sortir, je vais le faire moi-même.

La jeune fille baissa le nez, s'inclina, et quitta la pièce. Le valet était toujours là pourtant.

-Eh bien, qu'y a-t-il ?

-C'est que, votre majesté, dans votre salle de bain...

Marie-Thérèse leva les yeux au ciel. Elle était épiée toute la journée, par tout le monde, et accouchait en publique. Elle doutait qu'Elisabeth fasse grand cas d'être reçue dans une salle de bain qui était bien plus luxueuse que la plupart des salons.

-Faites-la entrer, répéta la souveraine, rapidamente, por favor.

Le jeune homme se retira, alors que Marie-Thérèse entreprenait de finir de se coiffer. Elle se leva cependant pour accueillir la nouvelle venue.

-Ma cousine, dit-elle, en embrassant la jeune femme une fois que celle-ci eut fait la révérence réglementaire. Que me vaut cette visite ? Je ne vous attendais pas.


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Elisabeth d'Alençon

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Côté Lit: Je me réserve pour mon futur époux, je ne suis pas de celles qui se donnent!
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MessageSujet: Re: « Rumeur : le plus vieux média du monde. » ▬ Elisabeth   « Rumeur : le plus vieux média du monde. » ▬ Elisabeth Icon_minitime30.06.13 16:16

La jeune duchesse d’Alençon avait une façon bien à elle de concilier piété extrême – véritable hyprocrisie selon certaines mauvaises langues – et tenue de son rang. Quand on lui reprochait de trop répéter à qui voulait l’entendre – et même à ceux qui ne le désiraient pas – qu’elle était la cousine du roi, elle répétait que lorsqu’on faisait automatiquement attention à lui accorder les égards qui lui étaient dû, elle n’avait pas à répéter sa généalogie. On avait l’outrecuidance de l’accuser d’être orgueilleuse. Comment osaient-ils ? Il n’en était rien : puisque son cousin avait été placé sur le trône par droit divin, il était donc parfaitement logique que les membres de sa famille se retrouvent à la place où ils étaient pour les mêmes raisons ! Détrompez-vous, Elisabeth n’était une mauvaise chrétienne, elle avait juste légèrement tendance à se réaménagé les convenances quand celles-ci ne l’arrangeaient pas et à se laisser convaincre qu’elle était dans son bon droit.

C’est pourquoi, bien qu’elle appréciait énormément l’épouse de son royal cousin, celle-ci lui donnait quelques complexes : si la foi d’Elisabeth était sincère, sa façon de la montrer laissait parfois à désirer. Entre autres, sa peur panique d’entrer dans les ordres alors qu’elle se plaignait constamment de la vie laïque et de ce qu’elle était obligée de subir étant donné sa haute naissance. On ne pouvait rien prétendre de tel quand on parlait de la foi de la reine, sa conduite était toujours exemplaire alors que son honneur avait été énormément éprouvé. Mais elle était toujours digne et irréprochable. Elisabeth s’en voulait un peu car instinctivement, elle la jalousait pour cela au lieu de la prendre pour modèle. Elle s’était promis qu’à la première occasion, elle rectifierait son erreur mais il lui fallait donc un prétexte pour devenir encore plus proche de la souveraine, car elles s’appréciaient simplement et n’étaient pas assez intimes pour les plans d’Elisabeth. Et ce prétexte était sur le point de se présenter. Qui aurait cru que Gabrielle de Longueville aurait un jour une utilité quelconque ?

Elisabeth haïssait cette femme, elle la haïssait de toute son âme. Pas pour une question de théologie ou autre, non, mais pour une question de préséance. Étant donné qu’elles étaient toutes deux cousines de Sa Majesté, l’Etiquette leur donnait plus ou moins les mêmes droits à l’une et à l’autre, bien qu’Elisabeth soit persuadée qu’elle en avait plus que mademoiselle de Longueville et que celle-ci soutint le contraire. Les deux princesses se crêpaient régulièrement le chignon afin de savoir qui avait droit à un coussin sur son tabouret ou d’autres futilités du genre. Pour Elisabeth, c’était surtout une question d’honneur et elle n’était pas prête de transiger sur la question. Voyant qu’il en était de même pour sa rivale, elle avait développé à l’égard de celle-ci, une véritable haine et avait juré sa perte, d’une façon ou d’une autre.

Alors qu’elle se sentait un peu seule, elle avait perçu quelque chose : lors d’une soirée au salon de jeux – où Elisabeth ne s’était rendue que pour désapprouver les participants et avait gâché la soirée de plus d’un des courtisans par ses commentaires – quand elle s’était rendue compte que la reine avait été légèrement froide avec la Longueville. C’était quasi imperceptible mais Elisabeth était sûre de ce qu’elle avait ressentit. Le fait que la souveraine ne l’aime pas était parfaitement compréhensible, cette femme était tout simplement insupportable, aucune personne de qualité ne pouvait la souffrir ! Il ne restait plus à la duchesse qu’à convaincre la reine que s’allier contre mademoiselle de Longueville était une bonne chose. Ainsi, elle ferait d’une pierre, deux coups ! C’était fort mince comme conviction, mais la duchesse trouvait la situation assez inespérée pour prendre tous les risques. Elisabeth envoya donc sa fidèle Catheau à la chasse au commérage sur son ennemie intime afin de monter la reine contre elle. Mais la pauvre suivante eut beau chercher, Gabrielle était d’une prudence qui frôlait l’insolence – enfin, selon l’avis d’Elisabeth. La duchesse en fut si furieuse qu’elle eut un mouvement d’humeur qui ne lui ressemblait pas et elle brisa les quelques vases qui ornaient sa chambre. Une fois calmée, elle se dit que puisqu’il aurait été aussi stupide qu’indigne de s’arrêter en si bon chemin, Elisabeth décida que si son ennemie n’avait pas de cadavre dans ses placards, elle allait en mettre un, voilà tout ! Une fois sa cabbale montée, elle s’habilla avec beaucoup de modestie, dans une robe de brocards gris perle, et se rendit chez la reine, Ferdinand et le Lorrain sur ses talons, comme toujours. Tandis qu’elle traversait le palais, elle dût appelé plusieurs fois ses chiens qui étaient trop loin devant, profitant de leur avance pour grogner sur les courtisans et renverser les pots de chambre derrières les courtines. Devant les appartements de la reine, elle demanda à être reçue. Après un petit temps, un valet revint :


- Sa Majesté va vous recevoir, vous pouvez vous rendre dans sa salle de bain !
- Je suppose qu’il s’agit d’une mauvaise plaisanterie ? s’étrangla Elisabeth.
- Non madame la duchesse, je ne me le permettrais pas !

Elisabeth suivit le valet, un peu déçue : qu’une personne aussi exemplaire que la reine Marie-Thérèse demande à être reçue dans une pièce aussi vulgaire qu’une salle de bain ? N’importe quel autre courtisan aurait eu droit à un sermon pour la peine, mais il s’agissait de la reine de France, Elisabeth devait s’incliner. Elle rappela immédiatement ses chiens afin qu’ils se conduisent correctement et entra effectivement dans la salle de bain. Être reçue dans une salle de bain ! Décidément, aucune facette du mauvais goût ne lui serait donc épargnée ! Pas même de la part de la reine.

- Votre Majesté, dit-elle en s’inclinant respectueusement et en faisant la révérence.

Quand elle se releva, elle vit que la souveraine s’était relevée pour l’accueillir plus chaleureusement. Au moins, leur entente était plutôt bonne.

- Ma cousine ! Que me vaut cette visite, je ne vous attendais pas !

La jeune duchesse ne put s’empêcher de remarquer que la robe s’était accrochée au bas du tabouret de la coiffeuse de la souveraine et ne s’était pas remis correctement. Elle crut bon donc de l’informer sur un ton discret :

- Altesse, vous avez le derrière à l’air !

Tandis que le mal se réparait, Elisabeth prit un air affligé tandis que Ferdinand – le plus affectueux des deux chiens – allait quémander des caresses à la reine en posant ses pattes qui avait traînées partout sur sa robe. Elisabeth le rappela rapidement à ses pieds auprès du Lorrain qui regardait les deux femmes en remuant la queue.

- Majesté, je suis venue aussi vite que possible quand j’ai appris ce qu’il vous arrivait et je suis heureuse de voir que vous allez déjà mieux. Je venais simplement vous offrir mon amitié afin de vous aider à surmonter tout cela.

Elle recula afin de juger son effet et prendre un air complètement surpris.

- Des grosseurs qui apparaissent partout sur votre corps, voilà qui est parfaitement déplaisant surtout dans ce monde où les apparences ont une telle importance. Que c’est pour cela que l’on vous voyait moins. Et tout cela à cause d’une indigestion de melons, décidément ce fruit aura causé des ravages ces derniers temps à la Cour. Bien sûr, de méchantes langues ont donné des causes peu avouables à ce mal mais vous me connaissez, je n’en ai pas cru un mot ! Pas venant de vous, c’était évident. Enfin bon, je vois que vous avez été correctement soignée, Dieu soit loué !

La jeune femme s’en voulut tout de même un peu de mêler Dieu à son mensonge éhonté.

- Je suis venue immédiatement afin de vous apporter mon aide et mon soutien. Il n’y a rien de plus normal. La personne qui me l’aura dit n’avait certainement que de bonnes intentions.

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Elles vieillissent d'autant plus vite qu'elles confondent l'Amour et l'eau bénite

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Marie-Thérèse d'Autriche

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MessageSujet: Re: « Rumeur : le plus vieux média du monde. » ▬ Elisabeth   « Rumeur : le plus vieux média du monde. » ▬ Elisabeth Icon_minitime16.11.13 15:08

Marie-Thérèse n'avait rien contre Elisabeth d'Alençon, au contraire, elle faisait partie de ces rares personnes à la cour qui avait un semblant de dignité et de choeur chrétien, ce qui était bien assez rare pour être souligné. Pourtant, la jeune femme était un peu opportuniste, la souveraine avait souvent entendu parler de sa manie de rappeler sans cesse qui elle était pour la famille royale, à savoir la cousine du roi, et donc la sienne. Se montrer humble était pourtant le premier devoir d'une bonne chrétienne, et elle ne le faisait pas en criant à tue-tête son lien du sang avec le roi. Mais personne n'était parfait, et c'était se montrer peu charitable de la part de Marie-Thérèse que de l'oublier, elle se promit de réciter deux Ave Maria de plus pour se faire pardonner sa faute. Elle ne pensait pas une seconde que recevoir la jeune femme dans sa salle de bain pouvait la froisser. Après tout, c'était un insigne honneur que de se retrouver autorisée à entrer dans les petits appartements privés de la reine de France. Honneur auquel, en tant que cousine, Elisabeth pouvait prétendre. Une preuve encore s'il en fallait que la souveraine n'oubliait pas le rang de la duchesse d'Alençon. Mais il fallait bien avouer que la jeune femme n'avait pas la tête à la distraction, la raison de la visite de sa cousine se devait d'être importante pour la distraire alors que toutes ses pensées étaient tournées vers le front nord où les batailles faisaient rage à n'en pas douter.

Mais en femme de cour, Elisabeth savait dominer ses émotions et surtout ses frustrations, si frustration il y avait d'être reçue là où elle l'était par Marie-Thérèse. Elle n'avait pas la moindre trace d'agacement. Suivie de près par ses deux chiens dont la souveraine avait oublié le nom, elle pénétra dans la salle de bain, permettant à la jeune reine de la contempler un instant. Elle était si mince... La bouffée de jalousie qu'elle en ressentie à ce moment précis eut du mal à s'étouffer. N'était-ce donc que cela, Versailles ? Passer son temps à s'envier les unes les autres, les uns les autres ? Ca en devenait presque étouffant à force, et c'était même pire depuis que les messieurs pour la plupart avaient prit la direction du front. La cour allait être d'un ennui mortel. La preuve, quelques jours plus tôt, Marie-Thérèse avait encore perdu des fortunes aux jeux pour tromper son angoisse. Elle n'allait certainement pas couper à une petite remontrance à peine dissimulée par Monsieur Colbert, il avait la désagréable habitude de la traiter comme une enfant, un peu comme tout le monde à Versailles. Certes, elle n'avait pas la prestance d'Anne d'Autriche, sa tante et belle-mère, qui avait été une seconde mère pour elle lors de son arrivée à Versailles, mais elle ne supportait pas qu'on la prenne pour une petite fille ne sachant pas ce qu'elle faisait. Hélas, elle n'avait pas la force de caractère de le dire à voix haute.

Marie-Thérèse remit sa robe en ordre quand Elisabeth lui signifia qu'elle retombait mal, avant de se baisser pour caresser l'un des deux animaux qui venait lui réclamer de la tendresse, rapidement rappelé par sa maîtresse.

-Majesté, je suis venue aussi vite que possible quand j’ai appris ce qu’il vous arrivait et je suis heureuse de voir que vous allez déjà mieux. Je venais simplement vous offrir mon amitié afin de vous aider à surmonter tout cela.

Marie-Thérèse lança un regard surprit à Elisabeth. De quoi voulait-elle donc parler ?

-Des grosseurs qui apparaissent partout sur votre corps, voilà qui est parfaitement déplaisant surtout dans ce monde où les apparences ont une telle importance. Que c’est pour cela que l’on vous voyait moins. Et tout cela à cause d’une indigestion de melons, décidément ce fruit aura causé des ravages ces derniers temps à la Cour. Bien sûr, de méchantes langues ont donné des causes peu avouables à ce mal mais vous me connaissez, je n’en ai pas cru un mot ! Pas venant de vous, c’était évident. Enfin bon, je vois que vous avez été correctement soignée, Dieu soit loué ! Je suis venue immédiatement afin de vous apporter mon aide et mon soutien. Il n’y a rien de plus normal. La personne qui me l’aura dit n’avait certainement que de bonnes intentions.

La reine eut un moment d'interdit, pensant un instant que sa connaissance du français lui jouait des tours, avant d'éclater franchement de rire, réalisant qu'elle avait bien comprit.

-Je ne sais qui vous informe, très chère, mais il faudrait sérieusement penser à revoir vos sources d'informations. La seule maladie dont j'ai pu souffrir récemment s'appelle la grossesse... Et hélas cela ne disparaît pas si facilement. Mais voyons le bon côté des choses, si jamais je meurs, le pape devra être disponible afin de me donner l’absolution. Suivez-moi.

Quittant la salle de bain, elle se dirigea dans son petit boudoir, derrière la grande chambre d'apparat qu'elle détestait, où une de ses duègnes brodait sans rien dire. La jeune femme s'installa sur une bergère, en désignant une à son invité. Sa robe remonta sur ses jambes, légèrement, de manière à dévoiler ses chevilles sans qu'elle y fit attention. Outré, la duègne se leva immédiatement et remit la robe de sa maîtresse en place. La jeune femme leva les yeux au ciel, mais qu'est ce qu'elle avait cette robe à la fin ?

-Qu'on nous apporte du chocolat, ordonna-t-elle simplement.

Le petit plaisir de la reine était connu de tous, cela n'avait rien de surprenant. Le temps que le service soit fait, la jeune femme se retourna vers sa compagne du jour.

-Que raconte-t-on à Versailles ? Tout est si morne depuis le départ de ces messieurs, cela en devient invivable... Même la prière pour les hommes qui se battent au nord ne semble plus suffire... Prions pour que le ciel nous entende, mais je dois vous avouer que parfois, le vers de ce psaume me revient en mémoire, et je crains qu'il ne soit tellement vrai... «Tu dois admettre qu'il est possible que Dieu ne t'aime pas du tout ». Pensez-vous que Dieu puisse avoir abandonner la France ?

La reine n'avait pas la moindre idée de la raison de la visite d'Elisabeth, mais au moins elle pouvait s'ouvrir de ses angoisses, ce qui n'était pas un mal.

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