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 Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien

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Cédric de Portau

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a servi il y a des années avant de complètement le ferme. Mais la revoir me fait redevenir ... humain ?
Côté Lit: Sans courir après les dames, il se porte à merveille !
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    B E L Z E B U T H
    l'associé du diable


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MessageSujet: Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien   Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien Icon_minitime04.03.13 17:34

Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien 2ikw8w7 Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien Xbn0c4
Ce qu'on appelle violence, ce n'est rien.
La séduction est la véritable violence.

Deux jours. Il partait dans deux jours. Quelle rage de devoir se plier aux ordres de Philippe d'Artagnan, commandant du duché de Gascogne dont dépendait Cédric ! Lorsqu'il avait reçu la lettre avec ce foutu sceau, il avait déjà esquissé une mine peu réjouie. Mais alors la lettre de cet imbécile était si moqueuse, on sait que d'Artagnan était ravi de cette situation, qu'il en profiterait largement pour mettre son ennemi sur le touche, ou lui donner des tâches ingrates. Et le prévenir à peine cinq jours avant le départ, c'était vraiment vil. Disons que c'était davantage de bonne guerre, Philippe ne faisait que renvoyer la monnaie de sa pièce à Portau, qui avait toujours du mal à digérer cela. Et il devait clore ses affaires en quatrième vitesse, tous ses plans, ses complots, ses surveillances. Malgré son statut rétrogradé dans la Main de l'Ombre, Cédric ne pouvait pas abandonner et avant de mettre en place la vengeance contre cet abruti de Contarini, il fallait bien tenter de prouver sa bonne foi, sa motivation et sa fidélité à Valois, qui ne le méritait pas toujours vu comment il traitait ceux qui le servaient bien. Malgré tout cela, il s'était rendu au mariage, l'union d'un futur roi et de celle qui avait tout d'une reine. Il était venu ici davantage pour Gabrielle que pour Hector, elle ne lui avait pas fermé sa porte lorsqu'il lui avait réclamé une visite pour se venger de Francesco, elle serait plus qu'un bras droit à présent et pourrait peut être l'aider, sûrement même.

Puis il fallait quitter Paris, ses multiples identités s'en allant officiellement aux quatre coins de l'Europe, officieusement Cédric devait partir en guerre. Il était long théoriquement de préparer son départ sans attirer les yeux suspects, mais là il n'avait pas le choix, n'avait pas le temps de chômer et en oubliait presque de dormir, trop à faire en si peu de jours. Et à chaque moment où il pouvait s'assoupir quelques instants, il s'endormait en maudissant d'Artagnan, se jurant de le faire payer à un autre moment. Et alors que le départ était dans deux jours, Cédric dut aussi faire ses adieux à certaines personnes à la Cour. Certains français s'en irait avec lui mais d'autres restaient, puis il fallait voir une dernière fois Henriette. Mais qu'il était compliqué de rendre visite à une princesse épiée de toute part sans user de ruse. Pas de chance, elle qui était à Versailles depuis plusieurs jours s'était retirée à Saint-Cloud, il devrait donc redoubler d'idées pour passer les portes et aller jusqu'à elle alors que le bâtiment entier était à la solde du Prince de France, cet homme qui haïssait sa femme, la trompait mais ne supportait pas être trompé. Quel idiot …

Mais pour l'heure, à Versailles, Cédric avait mis ses habits de Cour, qu'il trouvait ridicule sur lui mais qui finalement lui allait assez bien, le bleu relevait la couleur de ses yeux, la simplicité lui permettait la sympathie des petits nobles avec qui il s'était allié à plusieurs degrés, il n'était jamais bon de ne pas être riche à la Cour, ou du moins de ne pas paraître riche car la plupart vivaient sur des dettes colossales mais leurs épouses et eux même avaient les derniers vêtements à la mode et de belles pierres au doigt. Portau n'était pas de ce genre là, il savait qu'un jour, à la force du travail et de réussite de la Main de l'Ombre, il ne serait plus méprisé par certains et aurait enfin la place qui lui revient de droit, celle pour lequel il a travaillé dur, sacrifié une partie de sa vie et n'est pas juste arrivé avec de l'argent plus les poches …

Alors qu'il ruminait ses idées en marchant de façon assez hasardeuse dans les allées des jardins, quelque chose le tira de ses pensées. Il avait entendu quelqu'un mais en se retournant, ne vit personne. Il était trop sur ses gardes, rien ne le concernait vraiment en ce château et les autres courtisans avaient bien le droit eux aussi de se promener tout en discuter et rire, Portau n'avait pas à s'en inquiéter et reprenait sa marche, l'air de rien. Mais un nouveau bruit se fit entendre, ne sachant pas si c'était un cri ou un rire. Et même si c'était la première solution, qu'est ce que cela le concernait ? Il n'avait rien d'un sauveur de demoiselles en détresse mais alors que cela avait l'air de se rapprocher au fil de ses pas, il eut la curiosité de passer la tête dans un bosquet où il vit un homme contre une femme, visiblement plaquée contre son gré sur le marbre de la statue. Il avait beau être méchant, il était aussi calculateur et parfois les jeunes femmes en détresse pouvaient être de bonnes familles, donnant cher pour la sauvegarde de leur vertu. Alors qu'il avançait, le visage de la demoiselle le fit se figer : Isabelle. Elle n'avait rien d'une demoiselle vertueuse mais elle était en mauvaise posture. Se rappelant de leur précédente rencontre, Portau voulut faire demi-tour, ne pas se préoccuper de cette histoire qui ne lui apporterait rien de bon. Alors pourquoi, au lieu de reculer et reprendre sa marche, Cédric s'avança à grands pas jusqu'à l'homme, eut le temps de sortir son poignard dans sa botter et placer la lame contre la gorge de l'homme ? Lui-même ne comprit pas mais il était trop tard pour faire machine arrière.

La dame t'a dit de la lâcher. Tu le fais. Maintenant.
Mais c'est une … la lame se colla un peu plus contre le cou de l'homme l'empêchant de finir sa phrase.

C'est fou comme une arme pouvait être bien plus dissuasive que des milliers de mots. L'homme retira ses mains d'Isabelle et Cédric le fit s'écarter d'elle d'une dizaine de pas. L'homme ne dit pas un mot, il n'était pas en état de quoi que ce soit. Puis Portau s'adressa à lui tout bas, menaçant :

Je te laisse partir, je compte jusqu'à quinze et je te traque. Tu as intérêt à courir vite, l'ami, je suis un chasseur de première catégorie.

L'autre acquiesça difficilement et Portau retira la lame de sa gorge. Aussitôt dit, aussitôt fait, l'homme partit en courant sans se retourner ni demander son reste. Il devait se dire que soit Cédric était un fou, soit il était dangereux, dans les deux cas, il ne valait mieux pas le contredire ni l'affronter, la survie avant tout. Le noble s'enfuit comme une biche ayant vu son bourreau. Ils n'étaient pas prêts de le revoir de sitôt. Rangeant son arme dans sa botte, il se redressa en fixant Isabelle.

Je suis dans un grand jour, je ne demande pas de remerciement, le sauvetage de demoiselle en détresse est gratuit ! lança t'il, amusé.

Son petit sourire moqueur allait surtout sur le terme « demoiselle en détresse », qui était souvent une douce demoiselle vertueuse et non une femme à la vie et au caractère de la Saint-Amand, surtout avec sa fierté mal placée qui ne lui ferait pas dire merci !

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Isabelle de Saint-Amand

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On promet beaucoup pour se dispenser de donner peu

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MessageSujet: Re: Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien   Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien Icon_minitime21.03.13 5:40

Sa journée chez la reine avait épuisé Isabelle. Depuis que Versailles se vidait peu à peu, Sa Majesté avait de plus en plus tendance à prier. Pour les espagnols ou pour les français ? Allez savoir... Ses jeunes suivantes devaient donc en faire de même. Et passer la plupart de son temps agenouillée sur un carrelage glacial, droite comme un i, à attendre que le temps passe, n'était pas des plus confortables. Si le chapelain en avait encore valut la peine... Mais non, c'était encore et toujours cet affreux confesseur qui effrayait la reine elle-même en lui faisant miroiter l'enfer pour ne serait-ce qu'une pensée qui pouvait ne pas rentrer dans les commandements sacrés. Isabelle ne pouvait s'empêcher de se demander avec un sourire ironique aux lèvres, que si la reine méritait l'enfer pour cela, elle, qu'est ce qu'elle pouvait bien mériter pour ce qu'elle faisait ? Hélas, elle ne pouvait pas s'amuser à le provoquer en confession comme elle l'avait fait avec Choisy. Il n'avait pas le même sens de l'humour. Du moins pas le même qu'Isabelle. Et elle tenait trop à sa position qui ne tenait qu'à un fil avec toutes ces mégères bigotes risquer de perdre sa place chez la reine. Dommage. Un peu de rire n'aurait pas fait de mal dans ce monde de brute. Surtout avec la guerre qui arrivait. Mais cela ne semblait pas de l'avis de tout le monde hélas. Tant pis pour eux... Elle s'amuserait très bien toute seule.

C'était pour cela que, avant de rentrer à Trianon, elle avait décidé de prendre son temps, dans les jardins de Versailles. Il faisait froid. Elle avait prit soin de mettre une capeline à capuchon noir par dessus sa robe lilas. Des gants en daim achevaient l'ensemble. Il avait beau faire froid dans les jardins elle se sentait bien. Certains auraient dit que c'était sans nul doute aussi froid que son cœur. Sans doute. Elle se moquait bien de ce qu'on pouvait dire d'elle. Errer sans but n'était habituellement pas dans ses possibilités, mais elle se l'autorisait pour une fois. Allant jusqu'à rabattre le capuchon en arrière de sa tête pour profiter des rares rayons du soleil sur son visage. La solitude lui faisait du bien. Et le froid lui donnait l'impression de se purifier un peu, se laver de la fatigue qui continuait à la suivre ces derniers temps. A croire que tout lui était tombé dessus. Cédric était revenu dans sa vie, on découvrait son secret, Derek qui décidait de mettre fin à leur relation... Tout allait beaucoup trop vite. Elle avait besoin de prendre le temps de réfléchir. C'était pour cela qu'elle avait profité du désert des jardins, pour se ressourcer. Hélas, elle était moins seule qu'elle le pensait, puisqu'à peine entrée dans l'un des bosquets, des pas se firent entendre, crissant sur le gravier. Isabelle releva la tête prestement pour voir un homme d'entre deux âges qu'il lui semblait avoir déjà croisé quelque part, mais la lueur de ses yeux, elle, elle la connaissait par cœur. Et cela ne lui disait rien qui vaille...

-Mademoiselle de Saint-Amand, enfin seuls, vous et moi...

-Monsieur, je ne crois pas avoir l'honneur de vous connaître.

L'homme avança vers Isabelle, qui recula. Pas par peur, mais par instinct de conservation. Elle n'avait rien pour se défendre. Pas d'arme puisqu'elle sortait de chez la reine, et pas de retraite, puisqu'elle venait de s'enfermer dans le bosquet. L'homme s'approcha d'Isabelle et la saisit au poignet, avant d'essayer de l'attirer contre elle. Mais elle se débattit, au point d'en faire déchirer la manche de sa robe, et ses cheveux jusque là maintenus à la perfection se défirent quelque peu.

-Lâchez-moi ! S'écria la jeune femme froidement en essayant de se dégager. Lâchez-moi tout de suite !

Mais il se rapprocha d'elle encore plus, et ses intentions étaient transparentes. Isabelle s'apprêtait à le repousser encore, quand une ombre marchand à grande vitesse marcha vers eux. Ami ou ennemi ? Mais quand elle vit un reflet qu'elle connaissait trop bien pour ne pas le reconnaître, elle pouvait affirmer qu'il ne s'agissait pas d'un ennemi, ce qui lui permit de susurrer à son agresseur :

-Attention chéri, ça va couper...

L'homme n'eut même pas le temps de réagir que déjà, il était tiré en arrière et que la lame du couteau lui serrait la gorge. Isabelle ne bougeait pas, attendant qu'il défasse sa prise. Qui que soit son sauveur, il était vraiment arrivé au bon moment. Mais la suite des évènements allait la faire déchanter, surtout quand elle reconnut la voix de l'ombre.

-La dame t'a dit de la lâcher. Tu le fais. Maintenant.

-Mais c'est une …


Cette voix, elle la connaissait par cœur, chaque nuance et chaque intonation. Elle aurait put la reconnaître entre mille. Cédric. Mais elle ne comprenait pas pourquoi il venait de faire cela. Surtout quand on savait comment s'était passé leur dernière entrevue, à savoir vraiment mal. Elle avait essayé de le faire tuer, ça aurait été la parfaite vengeance. Isabelle aurait été punie par où elle avait péché, puisqu'il ne fallait pas être spécialement intelligent pour savoir exactement ce que l'homme voulait d'elle. La lame de Cédric s'enfonça plus profondément dans la gorge de l'homme. L'avait-il seulement reconnue ? Peut être pas au premier abord, mais désormais, elle était presque certaine que c'était le cas. Finalement, l'étreinte se desserra et Isabelle fit deux pas en arrière pour s'éloigner et ne pas se prendre un mauvais coup, au cas où...

-Je te laisse partir, je compte jusqu'à quinze et je te traque. Tu as intérêt à courir vite, l'ami, je suis un chasseur de première catégorie.

Isabelle l'aurait crut sur parole. L'autre le fit en tout cas, car il s'éloigna en courant comme si le diable lui-même était à ses trousses, et c'était presque le cas. Il se passa quelques secondes avant que Cédric ne se tourne vers elle. Grand seigneur...

-Je suis dans un grand jour, je ne demande pas de remerciement, le sauvetage de demoiselle en détresse est gratuit !

Cela piqua l'orgueil d'Isabelle, la faisant revenir de sa surprise, qui aurait presque été prête à le remercier, en fin de compte. Presque... Mais il était tout simplement hors de question qu'elle le fasse maintenant qu'il le prenait de cette façon.

-Je ne t'ai rien demandé que je sache. Tu ne manques pas d'air. Te remercier ? J'aurais parfaitement pu m'en tirer toute seule.

Enorme mensonge, bien évidemment. A la vérité, elle ne savait pas ce qu'elle aurait put ou n'aurait pas pu faire sans Cédric. De sa vertu, il ne restait pas grand chose, mais elle préférait en disposer.

-Ils sont fous ces matadors ! Marmonna la jeune femme.

Elle n'avait qu'une envie, s'éloigner et rentrer à Trianon. Elle était d'ailleurs attendue à un bal masqué le soir-même, donné en l'honneur d'officiers partant pour le front dans les prochains jours. Mais Cédric, à son tour, était sur le chemin entre elle et la sortie, et elle ne pouvait passer sans le faire s'écarter. Qu'à cela ne tienne. Il pouvait parfaitement en profiter pour se venger de la dernière fois. Isabelle prenait le risque en s'approchant de lui.

-Laisse-moi passer, exigea-t-elle en soutenant son regard.

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Cédric de Portau

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MessageSujet: Re: Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien   Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien Icon_minitime11.05.13 16:15

Seraient-ils capables un jour de s'entendre ? Cédric n'avait pas été obligé de la secourir, il aurait pu laisser Isabelle se débrouiller, agir en grande fille ou laisser un autre apprenti preux chevalier pour lui sauver la mise. D'ailleurs, il ne comprenait toujours pas ce qui l'avait poussé à aller l'aider, menacer cet inconnu dont il ne savait rien, sinon qu'il avait de mauvaises manières avec les dames. Et après ? Portau n'était pas non plus un gentilhomme ni un garçon qui sauvait les damoiselles en détresse. Lui était un garçon de très petite noblesse certes, mais avait une vie de truand, un garçon de mauvaise vie qui était payé au cadavre, un mercenaire qui n'avait pas peur de la mort ni de l'effet que cela pouvait avoir sur autrui. Même pour lui, le geste qu'il fit envers Isabelle n'avait aucun sens, il n'avait aucun intérêt à la secourir.

Si, elle aurait pu le remercier, cela aurait fait plaisir à Portau de voir cette fille si fière devoir dire merci, même du bout des lèvres. Mais il avait gâché sa chance en jouant sur l'humour, froissant au passage l'ego de la jeune femme qui se drapa dans sa dignité.

Je ne t'ai rien demandé que je sache. Tu ne manques pas d'air. Te remercier ? J'aurais parfaitement pu m'en tirer toute seule.
C'était évident vu la situation. Pardon de ne pas t'avoir laissée t'en sortir comme une grande ! se moqua t'il avec un grand sourire.

Il en profitait un peu, c'est vrai. Même s'il s'en foutait, Isabelle avait potentiellement une dette envers lui pour lui avoir sauvé la mise car, en toute objectivité, elle n'aurait rien pu faire face à cet homme, quoi qu'elle en dise ! Si elle savait se débrouiller et sûrement même se battre, l'homme la tenait de façon à qu'elle soit sa prisonnière, impossible de s'en dégager. Mais si cela lui plaisait de croire le contraire ...

Enfin, elle voulut partir. Mais la sortie du bosquet se faisait par là où Cédric était entré, et là où il se tenait toujours, pour barrer la route à Isabelle qui cherchait visiblement à fuir, comme toujours.

Laisse moi passer. lâcha t'elle comme un ordre.
Et si je n'en ai pas envie ? répondit Cédric, sourire moqueur sur les lèvres. Tu n'es pas bien polie pour une dame du grand monde, un peu de courtoisie ne serait pas du luxe, ou au moins un sourire.

Oui, il lui titillait les nerfs, cela l'amusait grandement. La voir en rogne, les sourcils froncés, cet air courroucé et indigné la rendait bien séduisante, et il pouvait bien plaisanter quelques instants.

Es tu pressée ? Un rendez vous pas forcément galant t'attend ?

Oui, il aimait enfoncer le clou un peu plus, il était vraiment là à guetter ses réactions et ce qu'elle pourrait bien dire pour tenter de le moucher, bien que peu de choses puissent atteindre ce grand blond, surtout quand il était dans cette position dominante, l'air un peu supérieur. Mais il était évident qu'il ne pouvait pas la retenir éternellement, la conversation pourrait rapidement finir en règlement de compte, ce ne serait pas une bonne idée. Il la laissa donc passer et la regarda partir en s'appuyant contre une sculpture non loin de lui. Il n'empêche que cette brève conversation avait été plus intéressante qu'elle n'y paraissait puisqu'Isabelle lui avait bien fait comprendre qu'elle avait autre chose à faire qu'être la compagnie d'un sale type et qu'elle avait une fête ce soir à Versailles.

Une fête à Versailles ? Impossible au château, tout le monde était parti ou en partance, il serait déplacé de penser que quelqu'un eut l'idée saugrenue d'organiser une fête officielle au tout début de la guerre, et il doutait que Colbert ou la Reine ait pu y penser un instant. Donc il s'agissait sans doute de la ville. Il ne fallut pas longtemps pour apprendre que le vieux couple des comtes de Flers ait voulu divertir ceux restant avec donc fête masquée.

L'histoire aurait pu s'arrêter ici, Cédric aurait pu rentrer chez lui après sa dernière visite au château, continuer de préparer son départ et continuer de maudire d'Artagnan qui lui donnera des ordres. Oui c'était théoriquement ce qui était prévu. Mais ce n'est pas ce qu'il fit. Après un détour à sa modeste demeure, Cédric décida de fouiller pour voir s'il avait de quoi faire la fête. Son valet Gustave ne comprenait pas ce qu'une tenue de fête masquée venait à faire dans la liste des affaires à emmener à la frontière. Qu'il était bête, à croire qu'il le faisait exprès ... Portau n'était pas un garçon coquet mais il était noble et devait avoir en conséquence, des habits digne d'aller à la Cour, même si ces tenues n'avaient pas autant de prestance et de pierreries, il vivait selon son rang. Pourtant le beau pourpoint bleu nuit profond assorti à une tenue serait parfaite pour sortir ce soir, tout comme ce masque lui masquant la moitié du visage, du nez au front, ne laissant paraître que son regard bleu perçant.

C'est ainsi qu'il se présenta à la porte de l'hôtel particulier, accueilli par un serviteur masqué, à moins que ce soit l'hôte des lieux qui s'était déguisé en laquais. Il y avait foule déjà, de nombreux courtisans, hommes en partance ou femmes qui se moquaient des conséquences de la guerre parmi ce panel de personnes masquées. Isabelle était-elle déjà là ? C'est exactement ce qu'il cherchait, par une curiosité malsaine. Une demoiselle lui ressemblant en de nombreux points passa devant lui et pour en avoir le coeur net, il dansa avec elle. Non ce n'était pas elle, tout comme l'autre femme en blanc qui lui fit les yeux doux. Il était difficile de savoir qui était qui dans ces circonstances. Enfin, une nouvelle potentielle Isabelle fit son apparition dans son champ de vision, en compagnie d'un homme qui lui parlait à l'oreille. Passant à côté l'air de rien, il n'entend que quelques mots qui suffirent à comprendre que l'homme avait envie d'un moment ''tranquille'' avec elle. Portau suivit l'homme jusqu'à un laquais. La suite, Cédric en faisait son affaire : envoyer une fausse Isabelle dans les bras de l'homme en question, avant que le valet n'aille informer Isabelle. Celle à la robe rouge était parfaite pour l'occasion, il lui proposa qu'elle le rejoigne à l'étage, sa porte serait entrouverte. La jeune femme ne dit pas non, c'était parfait et Cédric monta. Le premier homme avait bien laissé sa porte entrouverte comme il l'avait dit au valet, Cédric se cacha derrière une porte en face et ferma la sienne, observant qui arriverait en premier. Par chance, la demoiselle en rouge monta la première d'un pas confiant et n'eut même pas d'hésitation à pousser la porte en face et fermer derrière elle. Parfait, la première partie du plan réussissait. Quant à lui, il entrouvrit doucement sa porte et se mit dans le noir, attendant l'arrivée d'Isabelle.

Qu'attendait-il de cette entrevue nocturne ? Lui-même n'en avait aucune idée, il n'avait pas réfléchi un instant depuis qu'il avait décidé de venir à cette fête, il improviserait comme toujours. Des pas se faisaient entendre dans le couloir, lui retira tout de même son poignard qu'il cachait, le posant sur la table non loin de lui, caché derrière un vase. Ca y est, la porte s'ouvrit et la silhouette d'Isabelle faisait son apparition. Il attendit qu'elle referme la porte derrière elle, se retrouvant tous les deux dans le noir, à peine éclairé par la lumière au-dehors, ils étaient même pas des ombres. Cédric avança vers elle et lui empoigna le poignet assez fermement.

Que pouvait bien faire Cédric d'Isabelle ?

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Isabelle de Saint-Amand

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MessageSujet: Re: Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien   Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien Icon_minitime14.06.13 14:53

Les situations de faiblesse étaient du genre qu'Isabelle préférait largement éviter. Manque de chance, Il avait fallut qu'elle se fasse agripper par un imbécile en manque, dont elle avait été incapable de se défaire seule, et comble de la malchance, il avait fallut que celui qui avait volé à son secours soit Cédric. Avouez qu'il y a de quoi croire au coup du sort. Cela avait mit la jeune femme dans une rage folle. Il était hors de question qu'elle perde la face devant Portau ! Il en savait trop. Elle avait tenté de le faire taire, de manière permanente, cela s'était soldé par un échec cuisant, et désormais... Pourquoi devait-il revenir après ces années de silence ? Ne pouvait-il pas rester là où il avait décidé de se cacher, en l'abandonnant ? Isabelle avait beau vouloir se donner des airs d'insensible et d'intouchable, il fallait bien avouer que même des années après, la blessure était encore ouverte et saignait toujours aussi abondamment, même si elle avait fait en sorte de tout oublier. Comme quoi, on ne commande pas aussi facilement son cœur que sa tête. Et elle lui en voulait encore plus pour cela. Il n'avait pas le droit de revenir et tout bouleverser alors qu'elle avait réussi à remonter la pente, seule – et quelle pente ! De plus, il se permettait de se moquer. Il n'en avait pas le droit, elle le lui interdisait, mais n'aurais jamais osé le dire à voix haute, ça aurait été se trahir, montrer une faiblesse qu'elle refusait de révéler.

-C'était évident vu la situation. Pardon de ne pas t'avoir laissée t'en sortir comme une grande !

La jeune femme serra les dents sous l'insulte, tentant de lui échapper. Qu'il la laisse en paix, comme pendant des années ! Il était loin le temps où elle l'aurait supplié de revenir, de lui expliquer. Une époque où elle aurait tout donné pour un mot de lui, mot que, malgré ses promesses, il n'avait ni prononcé, ni envoyé par écrit. Il était évident qu'il profitait de la situation, mais la jeune femme avait trop de dignité pour lui donner plus d'avantage, elle se contenta de lui jeter un regard noir lourd de menaces.

-Et si je n'en ai pas envie ? Rétorqua-t-il quand elle lui ordonna de la laisser passer. Tu n'es pas bien polie pour une dame du grand monde, un peu de courtoisie ne serait pas du luxe, ou au moins un sourire.

Un sourire, pour lui? Jamais.

-Es tu pressée ? Un rendez vous pas forcément galant t'attend ?

-Cela ne te regarde pas ! Et on m'attend quelque part, un endroit où je ne souffrirai pas ta présence et tes sarcasmes, car seuls les gens du meilleur monde encore présents à Versailles y seront admis.

Elle se retint d'ajouter qu'il avait perdu le droit de savoir quoi que ce soit de sa vie le jour où il avait franchit la porte de la petite chambre que la jeune femme occupait lors de leurs premiers amours pour la dernière fois. Ca aurait été lui montrer qu'elle accordait de l'importance au passé, ce qu'elle se refusait de faire. Finalement, il s'effaça, et Isabelle avança sans un regard, sans se retourner. Elle ne lui laisserait pas la victoire aussi aisément. Cela la mettait deux fois plus en rage. Quand Cédric de Portau était dans les parages, elle redevenait sensible, vulnérable. Où était passée la femme si sûre d'elle-même qui ne reculait devant rien pour ses objectifs. Cette femme de glace... La seule solution était de l'éviter, indéfiniment. Peut être cela deviendrait plus facile une fois qu'il serait parti sur le front. En tant que noble français, il devait bien avoir une affectation quelconque quelque part... Elle l'espérait vraiment !

Isabelle rejoignit Trianon au plus vite, tentant d'oublier ce qu'il venait de se passer, bien que cela soit assez difficile. Antoinette dut bien sentir ce qui se passait, car sa maîtresse était étrangement absente, alors qu'elle l'aidait à se préparer, se parant de cette robe rouge en velours qu'elle avait commandé récemment et pas encore arborée. Elle ajouta un masque de carnaval noir, comme prévu. Si physiquement, elle était parfaitement prête, son esprit était bien lointain. Il fallait pourtant qu'elle se concentre. Le duc de Duras n'attendrait pas la jeune femme pour toujours. C'est seulement une fois dans le carrosse à côté de son cavalier qui l'entretenait de sujets et d'autres, bercée par les cahots sur les pavés versaillais qu'elle réussit enfin à se changer les idées et à se mettre dans l'esprit de la soirée. Le carrosse s'arrêta devant l'hôtel particulier, et le duc sauta à terre, avant de tendre la main à la jeune femme qui descendit gracieusement de la voiture.

-La soirée est nôtre, ma chère...

Elle lui répondit par un sourire, et tous deux passèrent la porte d'entrée. La soirée battait déjà son plein et il y avait tant de monde qu'on eut pu croire un instant que Versailles ne s'était pas départi de sa population. Mais une fois encore, dans cette ville, tout n'est qu'apparence... Ils n'y étaient que depuis une petite demi-heure, quand le duc lui souffla à l'oreille.

-Toute cette foule m'étouffe. Que diriez-vous d'un peu d'intimité... ?

-Vous êtes bien pressé, monsieur.

-C'est que, comme beaucoup, il s'agit de ma dernière soirée à Versailles, et votre compagnie va me manquer... Cruellement.

-Il faudra donc s'assurer que je puisse, parfois, vous rendre cette séparation moins douloureuse en venant vous visiter
, minauda Isabelle.

-Je pensais à quelque chose de plus proche.

D'un coup d'oeil, il lui désigna l'étage. Isabelle acquiesça d'un signe de tête, et le duc parti de l'avant, pour éviter les soupçons. Ni lui ni sa cavalière n'avaient repéré cette ombre qui les avait épié un instant, écoutant leur conversation et qui se dirigea vers les escaliers après avoir échangé un mot avec un laquai. Isabelle prit le temps de boire un verre de vin avant de se diriger à son tour vers l'étage, sans vraiment prêter attention à la jeune femme qui aurait put être sa sœur, tellement leurs costumes étaient similaires, qui la précédait. Une fois dans le couloir, elle entendit le bruit d'une porte qui se referme. Il ne fallait pas pousser très loin l'intelligence pour se douter qu'elle et le duc n'étaient pas les seuls qui se livraient à des ébats amoureux dans les pièces laissées à la disposition des invités. La jeune femme avançait dans le couloir sombre quand elle sentit son poignet attrapé par une poigne ferme, gantée et attirée dans une des pièces en question.

Avant qu'elle ait eut le temps de réagir, elle sentit des lèvres se presser avidement contre les siennes. Par réflexe, elle posa ses mains sur le torse de celui qu'elle pensait encore être le duc à ce moment là, et immédiatement, quelque chose lui parut étrange. Le tissu n'était pas le même. La taille de l'homme non plus, et le parfum encore moins. La jeune femme frémit un instant. Une erreur ? Cela arrivait souvent dans ce genre de soirée. Alors pourquoi cet homme lui semblait-il étrangement familier ? Et ce parfum fit soudain remonter en elle des souvenirs, étrangement heureux. Des rires... Une petite chambre, pauvrement meublée, mais propre, de la tendresse, et des serments. Cédric... ? Elle n'arrivait pas à y croire, et en même temps, ne chercha pas à se détacher de lui. Une illusion ? La meilleure que les masques pouvaient apporter. Il ne pouvait pas s'en être rendu compte, sinon, il l'aurait sans doute repoussée, il n'y avait qu'à voir leur échange de l'après midi. Et pourtant, cela semblait réel. Cruellement réel.

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Cédric de Portau

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Côté Coeur: Il a servi il y a des années avant de complètement le ferme. Mais la revoir me fait redevenir ... humain ?
Côté Lit: Sans courir après les dames, il se porte à merveille !
Discours royal:



    B E L Z E B U T H
    l'associé du diable


Âge : 29 ans
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MessageSujet: Re: Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien   Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien Icon_minitime13.08.13 19:52

Dans cette pièce, juste baigné par une faible lumière extérieur, Cédric s'était laissé tomber dans un fauteuil, l'air pensif. Il observa machinalement la pièce, plus un bureau qu'une chambre, mais l'air joliment décorée. Enfin, il n'y connaissait pas grand choses en matière de décoration à dire vrai, il n'y avait qu'à voir chez lui … Mais il s'en moquait ici aussi, le mercenaire se demandait si elle allait venir, si son plant allait fonctionner … Quel plan rocambolesque pour qu'Isabelle vienne jusqu'à lui. Cédric avait su monter son plan en moins de deux en arrivant dans l'hôtel, déguisé et presque méconnaissable, sachant se mêler à la foule sans se faire remarquer. Mais il ne comprenait toujours pas la motivation qui le poussait à venir ici. Les retrouvailles avec Isabelle la dernière fois furent pour le moins chaotique, et cela ne s'était pas mieux passé au cours de l'après-midi où elle n'a pas dû apprécier se faire sauver par lui. Elle cachait mal sa colère à son égard et cela amusait notre mercenaire, qui prenait un malin plaisir à la tourmenter, comme pour repousser ses limites. Ce n'était qu'un jeu jusqu'ici, bien qu'il n'avait pas du tout apprécié cette piètre tentative d'assassinat, il lui avait bien fait comprendre, sa menace fut assez claire. Mais ce soir, rien n'était clair ... Dans l'esprit habituellement machiavélique de Portau, tout était possible, et surtout du pire quand on connaissait bien l'animal. Et à la vue des différentes rencontres entre ces deux là, on ne pouvait que prier pour la survie d'Isabelle.

Alors qu'elle arrivait, il ne réfléchit pas plus et lui attrapa fermement le poignet pour l'attirer vers lui. Il faisait sombre, il l'avait vue brièvement avec la lumière du couloir, ne pouvait que la reconnaître. Elle croyait encore avec son client, alors que ce dernier ne devait pas avoir découvert qu'il couchait avec une sosie, tout était possible. Là, dans cette pièce sans lumière, Cédric était plus anonyme que jamais. Il pourrait lui faire payer les insultes, cette tentative d'assassinat, il aurait pu lui faire mal, voire même lui ôter la vie. Personne ne découvrirait le coupable, lui serait débarrassée d'une personne voulant sa mort, c'était plutôt du bénéfice pour lui. D'un coup rapide et efficace, loin de la foule et du tumulte de la fête, il avait mille fois le temps de fuir et il pouvait se passer des heures avant qu'on ne retrouve le corps sans vie d'Isabelle.

Oui, il aurait pu faire cela, c'était logique. Mais la logique ne fait pas tout, il y a des imprévus dans la vie qu'on ne maîtrise pas. Comme cet instinct vif, implacable, il attira Isabelle vers lui pour l'embrasser avec passion. Même lui n'avait pas prévu cela, cette envie qu'il n'avait pas pu contrôler. Il la serra contre lui pour prolonger ce baiser, le même qu'il lui donnait dix ans auparavant. C'était comme un retour en arrière, une remontée dans le temps, à l'époque où chacun était bien loin de ce qu'il était aujourd'hui. Jeunes et amoureux, ils avaient la vie devant eux et le choix de s'offrir un destin où ils réussiraient, honnêtement. Peut être qu'ensemble, ils auraient pu le faire. Mais séparément, leurs vies s'étaient radicalement transformées. Mais à l'abri du monde, Cédric pouvait revivre cet instant de lointain bonheur, à l'époque où il se laissait vivre (et laissait vivre les autres d'ailleurs) sans se soucier du reste. L'avait-elle reconnue ? Il sentit qu'Isabelle douta un instant mais ne se détacha pas.

Peu importe, la brune incendiaire restait contre lui, ne le repoussa pas, ce qui permis à Cédric de continuer, de prolonger un peu plus ce baiser. Il ne voulait pas aller vite, c'était comme un retour en arrière qu'il ne pourrait plus revivre une fois qu'elle passerait à nouveau cette porte pour en sortir. Ses mains redécouvraient ce corps qu'il avait de nombreuses fois parcouru, où elle se donnait entièrement à lui, corps et âme, alors qu'elle n'en donnait qu'une partie à ses clients. Ce corps qu'il avait promis de veiller, d'arracher à tous ces hommes il y a trop longtemps. Aujourd'hui, ce corps ne lui appartenait plus, il était au plus offrant, mais pas en cet instant, où sa bouche se perdit dans le cou de la belle, que ses doigts caressaient sa peau douce, avec une délicatesse qu'on ne lui connaissait que peu.

Il n'admettrait jamais qu'elle lui manquait. Portau croyait l'avoir oubliée, depuis toutes ces années. Peut être fut-ce le cas, ou alors Isabelle était simplement enfouie, cachée avec ces anciens souvenirs de sa vie ''d'avant'', avant que tout bascule et qu'il ne devienne ce qu'il était à présent. Mais maintenant qu'il la tenait contre lui, Cédric ne voulait plus l'arrêter. Il aurait voulu que cela dure le reste de la nuit, même plus encore. Mais, le temps lui était compté. Si finalement elle changeait d'avis ? Si quelqu'un venait à les déranger, mettant fin à cet instant magique ? Il aurait voulu lui retirer cette robe de torture, la libérer de corset, la mettre littéralement à nue pour profiter davantage d'elle. Mais rien que pour déshabiller une femme, c'était des longues préliminaires en soi … Il fallait opter pour une manière moins galante certes, mais bien plus efficace. Glissant ses mains vers les hanches de Saint-Amand, il la souleva pour l'installer sur une table-console non loin d'eux. Elle était prisonnière (enfin, une prisonnière consentante) entre le mur et Cédric qui redoublait de baisers, dans un drôle de mélange d'une grande passion et d'une fébrile tendresse qu'il ne se connaissait plus. Comme s'il avait peur de la perdre à nouveau.

Peur, passion, tendresse … autant de choses que Cédric ne ressentait plus vraiment. Tous ces … sentiments, rien que le mot pouvait le dégoûter, n'étaient plus sa tasse de thé. Peur ? Mais de quoi ? Il n'avait certainement pas peur d'une femme, aussi volcanique que pouvait être Isabelle. La passion, si, il la ressentait parfois mais cela était moindre par rapport à cet instant où il semblait lui-même en feu. Quant à cette tendresse, ce n'était plus un réflexe depuis si longtemps. Heureusement qu'il ne réfléchissait plus, se laissait porter justement par ces sentiments là qu'il abhorrait tant, sinon il se serait trouvé ridicule à souhait. Et pourtant, il était bel et bien de les ressentir et de les vivre.

Il ne dit pas un mot. Non pas pour ne pas être découvert, à vrai dire il n'y pensait pas vraiment, mais parce que cela lui semblait tellement superflu. Ce qu'ils vivaient en cet instant étaient indescriptible, tellement fort qu'on pouvait presque entendre battre le cœur de Cédric. Elle réussissait à le remettre en marche, même s'il le nierait après coup. Mais pour l'instant, il la voulait ardemment et sans plus de détour alors que ses mains se glissaient parmi les jupons de la jeune femme …

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Isabelle de Saint-Amand

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MessageSujet: Re: Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien   Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien Icon_minitime03.09.13 14:07

Isabelle ne savait plus vraiment où elle en était. Depuis le retour de Cédric – ou plutôt depuis qu'elle s'était rendu compte qu'il était revenu – elle l'évitait comme la peste pour éviter les moments gênants. Elle faisait de son mieux et y arrivait plutôt bien. Ca aurait été encore plus simple si cet imbécile d'assassin à la petite semaine avait réussi sa mission de l'abattre. Une faiblesse en moins pour Isabelle qui aimait se targuer de n'en avoir aucune, mais la vérité était bien différente. La guerre avait fait mystérieusement disparaître la menace du Corbeau, et la jeune femme espérait secrètement qu'il avait été enrôlé de force pour aller se faire transpercer le cœur sur un champ de bataille lointain. Restait Cédric. Il était pourtant étonnant que Cédric soit encore là. Son départ devait surement être imminent, pour la sureté de la jeune femme. Cela valait bien mieux à la vérité. Il la rendait faible, déjà auparavant. Et c'était à cause de lui qu'elle était devenue ce qu'elle était, cet espèce de monstre de froideur agissant comme une sangsue sur la plupart des hommes riches rencontrés. Cédric n'avait plus les moyens de s'offrir ses services. Elle ne voulait pas être blessée à nouveau comme il l'avait blessée, et pourtant... Il suffisait qu'il réapparaisse pour qu'à nouveau elle se sente vulnérable et fasse faux pas sur faux pas. Ces souvenirs qu'elle pensait enterrés depuis longtemps refaisaient surface. Des rires dans la petite chambre qu'elle occupait à l'époque, des larmes aussi qu'il avait épongées et surtout des promesses, brisées par un départ, du jour au lendemain.

Il y avait de quoi en vouloir à Cédric, profondément. Au point de refuser toute marque de gentillesse de sa part – à l'image de l' « aide » qu'il avait voulut lui apporter dans le bosquet l'après-midi même et pourtant. Pourtant alors qu'elle aurait put le gifler, se mettre à hurler, le faire arrêter, à l'image de ce qu'elle planifiait pour Francesco Contarini, et toutes ces choses qui lui paraissaient bien amusantes en temps normal. Mais il avait fallut qu'elle reconnaisse son parfum pour fondre comme neige au soleil. Elles étaient belles, les résolutions et les murailles érigées en elle tout au long de ces années où il avait été au loin et où, sincèrement, elle ne pensait jamais le revoir. C'était presque irréel. Elle avait du mal à y croire. Se rendait-il seulement compte que c'était elle ? Une pointe de jalousie perça le cœur de la jeune femme – sentiment qu'elle voulait pourtant s'assurer que plus jamais elle ne ressentirait – à l'idée que c'était à une autre qu'il avait donné rendez-vous. Mais elle chassa rapidement cette idée de son esprit quand elle songea que de toute façon, même si c'était à une autre qu'il pensait s'offrir à ce moment là, au final, c'était elle qui était dans ses bras, comme avant, il y a bien longtemps. A se demander si, dans l'obscurité presque totale de la pièce, la situation était bien réelle ou née d'une rêverie, d'un fantasme auquel elle avait fini par céder.

Mais les mains de Cédric sur son corset lui paraissaient bien réelles. Le baiser qu'il lui avait donné avait ravivé des souvenirs douloureux qu'elle avait mit des années à occulter. Il suffisait d'un rien pour rallumer la flamme de cette passion qu'elle n'avait ressenti que pour lui. Souvent au couvent, elle entendait ses amies rêver au prince charmant, à l'homme de leur vie. Cédric n'avait certes rien d'un prince charmant, mais pour pouvoir la faire à nouveau sienne d'une caresse comme il y a bien longtemps, il n'y avait pas à dire, il était bien l'homme de sa vie. Il n'était pas prince charmant, et Isabelle n'avait rien d'une princesse en détresse. C'était donc qu'ils étaient fait pour être ensemble, non ? Il fallait pourtant que ce foutu orgueil revienne au grand galop et lui rappelle que cela n'était qu'éphémère et que dans quelques heures tout au plus Isabelle devrait faire comme si rien ne s'était passé, puisque, de toute façon, elle n'était pas censée l'avoir reconnu. La raison lui disait qu'il fallait y mettre un terme maintenant. Mais la raison n'est pas toute chose. Et quand les lèvres de Cédric glissèrent dans son cou elle glissa une main derrière sa tête, la passant dans ses cheveux, en fermant les yeux et laissant un soupir, bien trop semblables à ceux qu'il lui faisait pousser bien des années plus tôt, en s'abandonnant totalement à lui. Plus rien d'autre ne comptait.

Isabelle oubliait tout ce qui pouvait bien exister en dehors de cette pièce, et Cédric semblait bien décidé à e qu'il en reste ainsi. La soulevant de terre, il la fit s'assoir sur le meuble derrière elle, adossée au mur. Manière cavalière s'il en était, pourtant la jeune femme était loin de ces effarouchées qui auraient sans doute poussé des glapissements de protestations outrées. Et ses mains furetaient déjà dans ses jupes. Il était clair qu'il n'avait pas l'intention de s'arrêter là et Isabelle ne comptait pas lui dire de s'arrêter, bien au contraire. Elle laissait ses mains caresser son torse auprès duquel elle s'était sentie si en sécurité il y avait bien longtemps à travers la chemise blanche qui lui paraissait bien superflue à cet instant précis. Elle n'avait qu'une envie, qu'ils aillent au bout de ce qu'ils avaient initiés, et ça aurait sans doute été le cas si...

La porte s'ouvrit soudain, un homme avec un chandelier à cinq bougies toutes allumées à la main ouvrit la porte, et inondant la pièce et les deux amants de lumière qui agressa violemment les yeux de la jeune femme. Elle repoussa son amant masqué. Le charme était brisé. Avant qu'il ait le temps de voir son visage, elle redressa son masque qui avait glissé sous les assauts répétés du jeune homme. Le valet sembla soudain gêné.

-Par... pardonnez-moi, mon maître m'a envoyé cherché quelque chose dans... la gêne l'empêcha de terminer sa phrase.

Isabelle, frustrée, aurait bien passé sa colère sur le vieux valet, mais il n'y avait rien à faire. Elle n'osa même pas regarder Cédric de peur que la lumière ne révèle son visage malgré le masque et ne brise tout ce qui venait de se passer. Sans un mot, elle remit de l'ordre dans sa tenu et quitta la pièce sans se retourner, d'un pas rapide, plantant Cédric, le valet, et ce qui avait faillit se passer, et si elle le regrettait profondément, jamais elle ne l'aurait admis. Et lui non plus.

[FIN DU RP ]

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