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 "Buvons encore à l'amitié, l'amour, la joie...."

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après mon pays et un souverain, vient le visage d'un français un peu trop maniaque.
Côté Lit: Après le passage d'un souverain, je suis devenue bien difficile. N'espérez rien de ce côté!
Discours royal:



    Caledonia you're calling me
    And now I'm going home


Âge : 25 ans
Titre : Baronne de Campbelltown et espionne très personnelle de Charles II
Missives : 335
Date d'inscription : 26/02/2012


MessageSujet: "Buvons encore à l'amitié, l'amour, la joie...."   10.02.13 18:55




Combien de temps ? Combien de semaines, de mois, d’année ne l’avait-elle pas vu ?! Presque deux ans, entrecoupés de lettres, de missives, de griffonnages de ce qu’elle avait vu. Mais l’on ne pouvait pas tout coucher sur une feuille et certains secrets ne pouvaient être éventés, de peur de trahir leurs possesseurs.
Megan n’avait pas du prendre sa plume depuis de longs mois, tant elle eu du mal à retrouver jusqu’à quand remontait ses dernières petites confessions. Mais l’attente se terminait aujourd’hui. Cette longue attente, qui usait sa patience et érodait parfois ses souvenirs. Ils allaient enfin se revoir ! Et ils avaient tant à se dire ! Les yeux de l’écossaise brillèrent à cette seule pensée.

Megan rangea d’une main fébrile le petit billet sur lequel avait été griffonnés quelques mots d’une écriture qu’elle connaissait parfaitement. Quelle heure était-il ? Elle n’avait pas le temps de repasser à l’hôtel se changer. L’après-midi l’avait conduite dans ces recoins de Paris où tournaient les presses clandestines. Un nouveau truc que Grégoire Malaure lui avait vendu à un prix exorbitant qu’elle mettrait allègrement sur sa note à Colbert ! Ce prince des voleurs était bien utile, mais ses demandes contre infos frôlaient parfois l’impertinence.

Elle avait passé une heure par terre à guetter et repérer des visages par la lucarne du sous-sol. Ses vêtements de Lord Dafoe étaient blancs de poussières et frottant au maximum, retourna près de son cheval qu’elle avait laissé à l’auberge de la rue Trousse, non loin du Temple. L’endroit était peu recommandable pour une jeune femme, mais la longue rapière qui pendait au côté dissuadait quelques regards de travers.
-Gardez le tout, lança Lord Dafoe en jetant une pistole à l’aubergiste ! Ca vaudra pour la prochaine fois.

Elle piqua des talons et rejoignit le cœur de Paris, quittant la plaine St Lazare. Avec ses balades nocturnes et son habitude à toujours se trouver où il ne fallait pas, elle connaissait la ville aussi bien que Londres ou le vieux manoir Campbell ! Retrouver l’hôtel fut d’une simplicité enfantine !
Les fers des chevaux résonnèrent sur les pavés de l’hôtel lorsqu’elle passa le porche au petit galop, stoppant net devant le valet en livrée qui observa la silhouette de ce puritain d’un œil désapprobateur.

-Je peux vous aider, monsieur ?
-Yes, of course ! Elle sauta à bas de son cheval et pendant qu’un palefrenier attrapait les rênes qu’elle lui lâcha, pris le pauvre valet par le bras et l’embarqua vers l’entrée.
-Je viens voir votre maître, je crois bien qu’il m’attend ! Il se fait tard, mais il n’y a jamais d’heure pour arriver en retard et surtout pour voir un si vieil ami que le duc !
-Qui….qui dois-je annoncer ?
-Ah by jove ! Bien sûr ! Lord Dafoe !
-Dafoe ? Je n’ai jamais entendu parler de…
-Ah what a fool, sorry…dites-lui que lady Campbell l’envoie.
-Mrs Campbell ?
-Sa fille, of course! Miss Megan.

Le valet souleva un œil inquisiteur et ne désirant en aucun cas qu’il l’observe de trop près, elle pivota sur les talons et s’enquit de détailler quelques peinture flamandes. Mmmh, sa sœur avait donc toujours autant de goût ! L’homme s’éloigna, non sans avoir jeté un dernier regard étonné.
-Oh, wait, lança-t-elle soudainement en se retournant! Je vous accompagne !
Le valet fronça le nez, mais il n’eu pas le choix lorsque Megan grimpa quatre à quatre les marches jusqu’à lui et le poussant par l’épaule, le fit grimper devant elle jusqu’aux étages.
-Vous savez, nous autres puritains ne sommes pas aussi sombres que vous le croyez…tout ça est bon pour les protestants…Le but n’était que de détourner l’attention du valet pour l’empêcher de poser quelques autres questions inintéressantes. Cachée sous son feutre et son col, elle avait titillé la curiosité de l’homme, ce qu’elle détestait par-dessus tout.
Elle babilla ainsi quelques minutes, observant de temps en temps le regard exaspéré de l’homme, non sans contenir un sourire. Les jeunes femmes de maison saluèrent poliment le puritain, auxquelles Megan pris un malin plaisir à décocher un sourire en coin et d’en faire rosir une.
-Mademoiselle est-elle donc là, ce soir ?
-Non, monsieur le duc est seul.
-Parfait !
Le valet se retourna furtivement, sans chercher à comprendre quoi que ce soit à cet étrange personnage. Qu’est-ce que le duc pouvait donc avoir affaire avec un tel anglais ! Plus encore s’il venait de la part de Megan Campbell, ce qui n’engageait parfois jamais rien de bon !

-Nous y voici, monsieur. Un instant, je préviens monsieur le duc.
Il s’engouffra dans le petit salon pour en ressortir quelque secondes plus tard.
-Il vous att…eh !
Megan n’avait pas attendu la fin de la phrase et un large sourire aux lèvres, avait repoussé le valet hors de la pièce et en un quart de seconde, sans qu’il ne pu comprendre quoi que ce soit, elle avait refermé la porte derrière elle. Les mains dans le dos appuyées sur la porte, elle afficha un large sourire, reconnaissant son ami de toujours.

-MAX, s’écria-t-elle!
Elle enleva d’un geste son chapeau, libérant sa tignasse flamboyante et courant vers lui, se jeta littéralement dans ses bras, oubliant toute convenance qu’elle ne respectait d’ailleurs jamais. Qu’importe de l’étouffer, d’ailleurs.
-Tu m’as tellement manqué ! Presque deux ans ! C’était trop long…beaucoup trop long, j’ai détesté. Ne refaisons plus jamais ça. Elle le relâcha enfin, le laissant respirer et posant ses mains sur ses épaules, le jaugea d’un coup d’œil.
-Mais tu n’as pas changé ! Ces vêtements d’ambassadeur te vont à merveilles ! Ils sont neufs ? Tu les as fait faire à Versailles ? La mode ici est superbe, tu as du le voir ! Je me fais très souvent faire des robes dans les galeries du Palais Royal, les couturières sont de vraies fées ! Et dis-moi qu’as-tu donc fais depuis ton arrivée à Versailles ? Je me sens si coupable de n’avoir pu te donner plus de nouvelles…j’ai été horriblement occupée et Archie n’a pas cessé de demander à William de me guetter…entre lui et Bess, j’ai l’impression d’être faite de sucre ! Ils sont si insupportables que j’accepterai presque d’épouser le premier qui vient pour avoir la paix.
Mais qu’il est bon de te revoir !


Elle avait lâché tout cela d’une traite et avait terminé le tout en embrassant la joue de Maximilien tout en prenant ses mains dans les siennes, un sourire fendant son visage jusqu’aux oreilles.
-Et j’ai tellement de choses à te raconter, poursuivit-elle les yeux pétillants ! J’espère que tu as toute la nuit !

Qui avait parlé de protocole ?

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MessageSujet: Re: "Buvons encore à l'amitié, l'amour, la joie...."   24.02.13 1:37



Mais que Diable faisait-elle ? Nerveusement, Maximilien leva les yeux vers la pendule et marmonna quelque chose d’inintelligible en constatant qu’elle n’était pas en retard ; c’était simplement lui qui s’impatientait et avait deux heures d’avance. Laissant échapper un soupir, il fit les cent pas dans la pièce en rejouant pour la millième fois dans sa tête l’instant de leurs retrouvailles. Comment devait-il se comporter ? L’accueillir avec toute la courtoisie dont il se savait capable ? L’accueillir chaleureusement ? Lui faire le baise-main ? L’embrasser sur la joue comme ils avaient l’habitude de le faire il y avait encore deux ans ? Ou bien fallait-il justement attendre avant de revenir à leur proximité de jadis ? Se laissant tomber dans un fauteuil, Maximilien se massa les tempes comme s’il était aux prises avec un épineux problème, puis se releva aussitôt et alla jusqu’à la porte, avant de changer d’avis et de repartir jusqu’à la cheminée, et de s’arrêter au beau milieu de la pièce en se traitant –à voix haute bien sûr- d’idiot et d’imbécile. Allons, il ne recevait pas la reine ou quelqu’un qui devait décider de sa vie ou de sa mort ! Ce n’était que Megan. Que cette tête de linotte de Miss Campbell qu’il allait enfin retrouver après des années qui lui semblaient une éternité d’absence. Que cette espèce de lutin roux qui sautait partout et l’embarquait toujours dans des situations impossibles –à moins que ce ne soit lui qui l’y pousse, la limite était parfois bien floue. Que cette folle tête qui tenait certainement plus de la tempête ou de l’ouragan que des calmes étendues vertes de l’Ecosse. Une tempête à laquelle il avait appris à s’accoutumer mais à l’absence de laquelle il n’avait jamais réussi à s’habituer.

Et voilà que d’un seul coup elle ressurgissait de nulle part ! Maximilien ne relut pas le mot qu’elle lui avait envoyé, le connaissant déjà par cœur puisqu’il l’avait relu une bonne cinquantaine de fois. Megan était à Versailles ; ça il le savait, ce n’était pas une nouveauté mais chaque fois qu’il avait voulu la voir elle était introuvable, certainement en vadrouille, et quand ce n’était pas elle c’était lui qui partait en ambassade ou rendait visite aux uns et aux autres. Difficile, curieusement, de concilier famille ou amitié avec un emploi du temps digne d’un ministre… Ou d’un espion secret. Mais le temps était finalement venu, et Maximilien sentait son cœur accélérer à mesure que l’heure approchait, et peut-être son sourire s’agrandissait-il aussi. Debout près de la cheminée, ses longs doigts tambourinaient d’impatience sur le marbre alors que les minutes s’égrenaient, trop longues, bien trop longues à son goût. Alors qu’il était enfin à deux doigts de la retrouver, il réalisait qu’elle ne lui avait jamais autant manqué. Quel joli paradoxe.

Mais tout impatient qu’il fut, il ne put s’empêcher de sursauter lorsqu’on frappa à la porte. Fébrile et tentant vainement de cacher qu’il l’était, il lança un « entrez ! » d’une voix plus voilée qu’il ne l’aurait voulue, et dû faire un effort pour dissimuler sa déception en voyant Igor entrer à la place de sa tornade rousse.

« Messire, il y a quelqu’un qui désire vous voir… »
« Qui donc, Igor ? La visite que j’attendais ? »
« Peut-être, monsieur… C’est un jeune homme qui s’est présenté sous le nom de Lord Dafoe, puis a dit qu’il fallait annoncer lady Campbell… »
« Campbell ! » s’exclama Maximilien, les traits soudain illuminés. « Mais qu’attends-tu, Dummkopf, c’est elle que j’attends ! »
« Mais votre rendez-vous avec le docteur ? »
« Docteur qui ? Reporte, bougre d’âne, dis que je suis malade, que j’ai la pneumonie, la peste, la petite vérole, ce que tu veux, mais fais-la entrer ! » s’emporta-t-il en repoussant Igor dehors sans que celui-ci ne puisse protester.

Une fois la porte refermée derrière Igor, Maximilien alla de nouveau au centre de la pièce, plus fébrile que jamais. Il entendit des voix, et soudain la porte s’ouvrit de nouveau pour laisser entrer une deuxième personne qui la referma aussitôt derrière elle et se plaqua dos à la paroi, le dévisageant avec deux yeux bruns-verts qu’il connaissait si bien. Le visage de Maximilian s’éclaira d’une joie profonde alors que son interlocutrice s’écriait : « MAX ! » en se jetant sur lui, perdant son chapeau au passage. Maximilien vacilla sous le choc de l’impact et faillit d’ailleurs perdre l’équilibre et les faire basculer tous les deux par terre, ou dans le meilleur des cas sur le canapé, mais il tient bon sur ses deux jambes et referma les bras sur elle. Il ne cherchait même pas à dissimuler son immense sourire mais enfouit son éclat de rire –qu’il pensait stupide, mais on est toujours stupide quand on est heureux- dans le cou de Megan, avant de la relâcher en même temps qu’elle desserrait son étreinte.

-Tu m’as tellement manqué ! Presque deux ans ! C’était trop long…beaucoup trop long, j’ai détesté. Ne refaisons plus jamais ça.
« Excellente idée, je pense même que nous devrions ratifier un édit pour nous interdire de nous voir si peu sous peine de mort. As-tu seulement idée de combien de fois j’ai failli périr d’ennui sans toi ? »
-Mais tu n’as pas changé ! Ces vêtements d’ambassadeur te vont à merveilles ! Ils sont neufs ? Tu les as fait faire à Versailles ? La mode ici est superbe, tu as du le voir ! Je me fais très souvent faire des robes dans les galeries du Palais Royal, les couturières sont de vraies fées ! Et dis-moi…

Et la voilà repartie à babiller joyeusement sans même prendre le temps de respirer et encore moins lui laisser à lui le temps de lui répondre. Il y avait tellement longtemps qu’il n’avait pas entendu parler d’Archie, William et Bess, ses trois chaperons et les soucis qu’ils lui causaient, et surtout sa voix un peu cassée mais chaleureuse et réconfortante qui réussit, l’espace d’un instant, à lui faire penser que tout était parfait et lui faire oublier qu’il faudrait bientôt la quitter de nouveau pour partir à la guerre.

-Et j’ai tellement de choses à te raconter! J’espère que tu as toute la nuit ! lui enjoignit-elle en lui prenant les mains après l’avoir embrassé sur la joue. Il se dit qu’il devait avoir l’air profondément idiot à sourire béatement comme il se figurait le faire, mais… Au fond, il n’en avait cure. Megan était là, devant lui, en chair et en os, et c’était bien tout ce qui comptait.
« Toute la nuit, et même plus encore ! » s’exclama-t-il joyeusement, ses yeux verts pétillants de malice et de bonheur. « Igor ! Igor komm doch mal ! »

Il alla à grands pas jusqu’à la porte et cria le nom de son valet en lui ordonnant de venir dans toutes les langues qu’il connaissait, et quand enfin le cosaque arriva il lui demanda de leur amener à boire et d’amener de quoi manger pour lui et miss Campbell ; il était possible qu’elle reste bien longtemps et ils avaient besoin de maintenir leurs forces. Igor lui jeta un regard réprobateur mais finit par partir, et Maximilien referma la porte sans s’être départi de son sourire. Rejoignant Megan, il tira le fauteuil à côté d’elle et d’un geste courtois (peut-être exagérément courtois au vu de leur amitié sans manières, mais il aimait en jouer) et l’invita à s’asseoir avec un « mademoiselle… » des plus galants. Quand elle eut pris place, il tira le fauteuil le plus proche de lui et l’amena plus près du sien avant de s’y laisser tomber. Posant les coudes sur ses genoux et joignant les mains, il se pencha vers Megan et reprit d’un ton espiègle et en tapant des mains :

« Ah, enfin un peu de tranquillité ! En tout cas tu es toujours aussi bavarde, je suis ravi de voir que tu ne changes pas ! Tu passeras le bonjour à ce bon vieil Archibald quand tu le verras, j’ai reçu une lettre de lui il y a quelques semaines, il avait effectivement l’air de se faire bien du souci à ton sujet… Comme toujours. Mais avec une petite sœur pareille ça ne m’étonne pas. » plaisanta-t-il en lui pinçant le nez et évitant la tape qui s’était ensuivie. « Mais si tu arrêtais de courir partout aussi : Sais-tu combien de mal j’ai eu à te retrouver ? Tu n’étais jamais là quand j’essayais de venir te voir, et forcément, comme je suis ambassadeur pour mon cher cousin l’Empereur, je n’avais pas tout mon temps à consacrer à retrouver ta trace… Entre aller voir les autres ambassadeurs, le roi, les princes de France et d’ailleurs, visiter tous les salons de Paris et de Versailles, je n’ai même plus une seconde à moi… C’est que je suis un homme très demandé ! » conclut-il avec l’air presque surpris comme s’il s’étonnait encore de son succès mondain, et surtout s’en amusait.

Igor entra de nouveau dans la pièce et déposa sur la table à leurs côtés un plateau chargé de victuailles pour tenir toute la nuit comme ils se l’étaient promis, ainsi que deux verres et diverses boissons alcoolisées et non-alcoolisée, à croire qu’Igor nourrissait encore quelques espoirs que la nuit ne se finirait pas sur une bouteille vide, ou plus. Brave Igor. Il était tellement optimiste, ce garçon. Pour un cosaque c’était étonnant d’ailleurs. Il ne se souvenait pas de l’optimisme comme un trait caractéristique aux cosaques. Délaissant cette considération, il se concentra de nouveau sur Megan et s’enfonça dans le dossier de son fauteuil, croisant les jambes et s’installant confortablement sachant quelle longue conversation les attendait.

« Qu’est-ce que je peux te servir, ma chère Campbell ? Allons, où en étais-je déjà… Ah oui, j’y suis : j’ai aussi repris mes activités d’historien, je tiens dans l’hôtel une espèce de cabinet des curiosités dans lequel j’entasse pêle-mêle tout un tas de drôle de vieilleries qui intéressent un certain nombre de gens, mine de rien. Moi qui pensais passer pour une espèce d’illuminé comme ce drôle de suédois, le duc de Sudermanie… Un peu bizarre comme type, mais intéressant. Mais assez parlé de moi, raconte-moi toi, plutôt… »

Et alors qu’il parlait et se servait lui-même un verre, il releva de nouveau les yeux sur Megan, ne parvenant toujours pas tout à fait à croire à sa chance, quand il remarqua enfin un détail –ou plutôt y prêta enfin attention. Arquant un sourcil perplexe, il la détailla de la tête aux pieds, avant d’afficher un air franchement dubitatif :

« Mais dis-moi, Megan… Qu’est-ce que tu fabriques vêtu comme un garçon ? Tu sais que les français ne portent pas le travestissement dans leur cœur ? »
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Côté Coeur: Après mon pays et un souverain, vient le visage d'un français un peu trop maniaque.
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MessageSujet: Re: "Buvons encore à l'amitié, l'amour, la joie...."   10.04.13 12:29

Megan frappa des mains comme une enfant, alors que Maximilien confiait à Igor le soin de les sustenter toute la nuit.
-J’ai repoussé toutes mes affaires jusqu’à demain matin, Igor ne s’ennuira pas ce soir, lança-t-elle gaiement!
Lorsque le cosaque passa la porte, Megan, tête nue et visage découvert, lui adressa un petit signe de la main auquel il ne répondit que par une grimace qui pouvait faire office de sourire.

Il n’y avait qu’avec Maximilien qu’elle pouvait se permettre de s’amuser autant et de ne suivre aucune règle de bienséance, mais elle adorait ces petits jeux entre eux qui duraient depuis bien longtemps, comme celui de la prendre pour une délicate princesse.
Dans une petite révérence courtoise, elle accepta son invitation obséquieuse et s’assit à son tour dans le fauteuil, le rapprochant d’un geste peu féminin vers celui du bavarois, à grand coup de pieds raclés sur le parquet.
Penchée vers lui, elle se trouva enfin sans un mot, le bonheur de le retrouver l’étreignant enfin. Qu’étaient-ce, quelques années, pour deux amis? Une éternité, à ses yeux. Un voyage dont le retour reste inconnu jusqu’à ce que terre soit en vue.
Elle n’avait pas espéré le revoir si tôt, et moins encore à Versailles!

-Ah, enfin un peu de tranquillité ! En tout cas tu es toujours aussi bavarde, je suis ravi de voir que tu ne changes pas ! Tu passeras le bonjour à ce bon vieil Archibald quand tu le verras, j’ai reçu une lettre de lui il y a quelques semaines, il avait effectivement l’air de se faire bien du souci à ton sujet… Comme toujours. Mais avec une petite sœur pareille ça ne m’étonne pas.
Il lui pinça le bout du nez, tout en évitant la main qui parti en retour.
-Ne devient pas aussi insupportable qu’Archibald! S’il commence à te monter contre moi, je n’aurais plus qu’à te fuir aussi, fit-elle avec une moue forcé. Mais le pétillement de ses yeux démentait totalement ses paroles.
-Mais si tu arrêtais de courir partout aussi : Sais-tu combien de mal j’ai eu à te retrouver ? Tu n’étais jamais là quand j’essayais de venir te voir, et forcément, comme je suis ambassadeur pour mon cher cousin l’Empereur, je n’avais pas tout mon temps à consacrer à retrouver ta trace… Entre aller voir les autres ambassadeurs, le roi, les princes de France et d’ailleurs, visiter tous les salons de Paris et de Versailles, je n’ai même plus une seconde à moi… C’est que je suis un homme très demandé !
-Pauvre homme, le railla-t-elle! J’ai eu une vie un peu...agitée, à Versailles, se défendit-elle non sans pouvoir retenir une petite rougeur aux joues. Elle ne voulait pas que Maximilien apprenne brusquement ses activités, il les aurait aussitôt remise en cause. J’espère que ta famille de petits princes se porte bien!

Elle se tu, reprenant une attitude plus discrète lorsqu’Igor apporta le plateau de victuailles. Petits pâtés, pain, terrines, boissons...un petit festin de retrouvailles, tel qu’elle se l’était imaginé. Le cosaque devait assez connaître son maître pour apporter un plateau sur lequel rien ne manquait pour une telle soirée! Elle lui jeta un regard en guise de remerciement, sans s’attendre à un retour qui de fait, ne vint pas. Le bougre devait être rancunier, avait-elle été si exaspérante avec lui?!
-Voici de quoi nous sustenter et étancher notre soif, monsieur l’Ambassadeur, fit-elle d’une petite voix précieuse. Votre maison prévoit parfaitement vos divertissements!
-Qu’est-ce que je peux te servir, ma chère Campbell ?
Elle lui indiqua la bouteille de vin et deux verres afin qu’il les remplisse et attendit qu’il termine avec de boire.
-... je tiens dans l’hôtel une espèce de cabinet des curiosités dans lequel j’entasse pêle-mêle tout un tas de drôle de vieilleries qui intéressent un certain nombre de gens, mine de rien.
-Oh! Je t’ordonne de le montrer, sous peine d’adieu qui durera bien plus que cinq ans, s’amusa-t-elle! Tu es donc toujours aussi fou, je vais devoir t’emmener dans les landes écossaises...!
-Mais assez parlé de moi, raconte-moi toi, plutôt…

Megan bu une petite gorgée de vin tout en prenant une petite tranche de pâté qu’Igor avait découpé avant de s’éclipser. Tout en mâchant, elle réfléchissait à la façon dont elle pouvait présenter la chose à Maximilien. Comment lui dire qu’elle était espionne anglaise en France, sans toucher à ce qui l’avait menée jusque-là? Comment atteindre le terrain de l’espionnage français sans s’attirer quelques foudres? Comment parler de Benoît de Courtenvaux sans qu’il ne fronce les sourcils, ne connaissant l’homme - un français de surcroît?
Elle détestait décevoir les gens et Maximilien comptait bien trop pour qu’elle lui fasse ce mal: celui de lui cacher la vérité. Il pouvait être un soutien indéfectible, comme ne pas comprendre ses agissements.

Elle se mordilla la lèvre inférieure, des traits d’enfant punie se lisant sur son visage. Haussant les épaules, elle commença timidement, certaine de s’attirer les foudres de Maximilien. Et cette perspective l’agaçait déjà.
-Et bien je...je....Je suis assez occupée à la cour, vois-tu. Il s’avère qu’en Angleterre, poursuivit-elle d’une petite voix tout en buvant, j’ai pu rencontrer le roi et...
Mais sa voix faiblissait alors qu’elle tâchait de trouver des justifications pour ne pas voir le sourcil de Maximilien se froncer.
-...et nous....enfin je.... soupira-t-elle, cherchant ses mots pour le contenter et le brusquer le moins possible....Enfin je sais que tu va t’agacer, reprit-elle en jetant l’éponge! Tu me sermonnera, on se disputera, tu joueras la mauvaise foi et moi je m'entêterai, tu voudras toujours avoir raison et je n’en n’ai pas envie ce soir! Tu n’as pas changé, moi non plus, alors nous tournerons en rond pour rien! Veux-tu vraiment savoir ce que je fais?
Lancée dans sa petite diatribe sans aucun sens, elle se tut enfin, sans jeter un regard à Maximilien, par peur de sa réaction. Son petit procès d’intention terminé, elle bu une petite gorgée de vin. De toute façon, elle le lui dirait, quoi qu’il en coûte!
-Mais dis-moi, Megan, lâcha Maximilien alors qu’elle s’était tue, qu’est-ce que tu fabriques vêtu comme un garçon ? Tu sais que les français ne portent pas le travestissement dans leur cœur ?

Elle reposa son verre un peu trop fortement, encore sous le coup de ses élucubrations.
-Ah! Tu vois? Je te l’avais dis! Je savais que tu allais me faire une réflexion! Tu ne peux vraiment pas t’en empêcher, c’est plus fort que toi!
Elle se leva d’un bond, croisant les bras sur sa poitrine, ronchonnant, tournant le dos à Max. De la mauvaise foi? De l’emportement? Non! Simplement écossaise, et aujourd’hui encore, elle faisait payer son ami de son caractère buté.
-Je suis sûre que tu as reçu des ordres d’Archibald. Il détestait que je m’habille ainsi et à présent que je suis loin, il te fait passer ses ordres. Mais non, Max, je resterai ainsi, que ça te plaise ou non! Le roi lui-même me l’a demandé, fit-elle d’une petite voix hautaine, en tournant sa tête vers le bavarois! Alors ça n’est pas toi qui me fera changer d’avis!
Alors oui, je m’habille en garçon! Et tu n’enterrera pas Lord Dafoe, Langlay ou Adolphe Lanzac par ton simple regard désapprobateur. Moi, au moins, je ne me pavane pas auprès de princes ou d’ambassadeur en leur offrant du miel et du chocolat pour les contenter!


Elle se retourna enfin, plantant un regard furibond sur Maximilien. Non mais!


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MessageSujet: Re: "Buvons encore à l'amitié, l'amour, la joie...."   19.08.13 17:35

Si Maximilien aurait dû savoir une chose avant de revoir sa chère Megan, c’était qu’en sa compagnie, rien ne se passait jamais comme prévu. Le rouquine était tellement imprévisible que même le plus banal des actes du quotidien pouvait virer à l’aventure la plus inattendue : partir se promener pouvait se transformer en course-poursuite avec des chasseurs, un simple dîner en conseil de guerre, voire en guerre tout court, une excursion dans les highlands en véritable enquête pour savoir si oui ou non les fantômes existaient et ce qui avait pu causer leur mort du temps où ils étaient encore chair et sang (enquête qui potentiellement pouvait se terminer en chasse au pilleur d’ailleurs, ou l’inverse, les pilleurs chassant les curieux qui viennent les déranger avec leurs sornettes). Il avait été naïf de croire que ces retrouvailles pourraient revêtir un caractère ‘normal’. Il aurait dû se méfier dès l’instant où elle était entrée dans la pièce habillée en homme, détail étrange qui aurait dû frapper son imagination, lui qui était tout de même habitué aux extravagances de Megan ! Mais le pauvre duc de Leuchtenberg avait dû être aveuglé par sa joie de revoir sa vieille amie, et la conviction ô combien naïve et enfantine que pour une fois, ils pourraient passer une soirée au calme, sans que celle-ci ne vire à la chasse aux fantômes ou au drame. Car Megan, quand elle le voulait, pouvait être une vraie tragédienne qui n’avait rien à envier aux comédiennes de monsieur Racine. Un talent qui relevait autant de la bénédiction (pour elle) que de la malédiction (pour ses proches).

Il n’avait pourtant fait que lui demander de ses nouvelles, rien d’autre ! Mais preuve qu’avec Megan, demoiselle de Campbelltown, rien n’était jamais simple, même cette démarche-là pouvait recéler de sacrées surprises. A son propre étonnement, Maximilien vit son amie baisser les yeux, fuir son regard, et adopter soudainement une attitude d’enfant punie qui l’interpella. Aussitôt, Maximilien sentit venir le coup foireux. Il la connaissait trop bien pour ne pas voir venir les signes avant-coureurs.

« Allons, parle, on dirait que tu fais une indigestion… Je n’ai pas fait servir de melons pourtant, Igor sait que tu détestes ça. » lâcha Maximilien en guise de taquinerie dans une tentative pour dédramatiser une situation dont il ne connaissait encore rien. S’il avait su, il se serait certainement abstenu. Mais son petit stratagème sembla fonctionner, puisque Megan finit par balbutier si bas qu’il dut tendre l’oreille pour l’entendre :
-Et bien je...je....Je suis assez occupée à la cour, vois-tu. Il s’avère qu’en Angleterre, j’ai pu rencontrer le roi et...

Si Maximilien avait d’abord haussé un sourcil à la mention de Charles II d’Angleterre, se demandant bien ce qui pouvait amener Megan à avoir affaire à lui, il la soupçonna d’abord de s’être introduite dans la demeure royale sans le faire exprès en partant à l’aventure comme à son habitude, mais le rouge vif qui vint teinter les joues de la demoiselle alors qu’elle peinait à expliquer la suite lui fit envisager les choses sous un tout autre angle.

-...et nous....enfin je.... bafouilla-t-elle encore, plus rouge que jamais.

Ce fut ce « nous » qui acheva de convaincre Maximilien, qui manqua de s’étrangler avec la gorgée de vin qu’il était en train d’essayer d’avaler, avant de dévisager Megan avec des yeux ronds. Non, ce n’était pas possible ! Megan et Charles II ? Megan, la petite sauvageonne d’Ecosse… et le roi d’Angleterre ? S’il n’avait pas fait attention, il en aurait probablement lâché son verre (mais il était déjà occupé à finir de retrouver l’usage de ses poumons qui crachaient encore un peu, il ne pouvait pas tout faire et le verre resta sagement à sa place). Megan, maîtresse du roi d’Angleterre ? se répéta-t-il encore tellement l’information lui paraissait énorme. Et il n’en avait jamais rien su jusqu’à aujourd’hui ! Et Archibald, était-il au courant de quelque chose celui-là ? Mais Maximilien n’eut même pas le temps de dire le moindre mot que Megan, imprévisible Megan… explosa.

- Enfin je sais que tu vas t’agacer ! Tu me sermonneras, on se disputera, tu joueras la mauvaise foi et moi je m'entêterai, tu voudras toujours avoir raison et je n’en n’ai pas envie ce soir! Tu n’as pas changé, moi non plus, alors nous tournerons en rond pour rien! Veux-tu vraiment savoir ce que je fais?

Abasourdi, Maximilien regardait Megan avec l’air de quelqu’un qui vient de voir passer le roi de France chassant le cygne à dos de licorne. D’où venait cette explosion subite, ces reproches concernant sa soi-disant mauvaise foi ? Qu’avait-il fait ou dit pour mériter cette attaque subite ? Il tenta de se raisonner en se rappelant qu’il s’agissait de Megan, et qu’avec elle, mieux valait ne pas chercher à tout comprendre, aussi tenta-t-il de détourner la discussion… en remarquant enfin ses vêtements d’homme. Innocemment, il l’interrogea.

Grave, grave erreur.

Maximilien sursauta sur son fauteuil lorsqu’elle reposa sèchement son verre sur la table, manquant d’en renverser le contenu sur le plateau, et c’est ébahi qu’il assista à la tempête aussi subite qu’incompréhensible qui suivit.

-Ah! Tu vois? Je te l’avais dis! Je savais que tu allais me faire une réflexion! Tu ne peux vraiment pas t’en empêcher, c’est plus fort que toi!
« Quoi ?! Mais Megan, de quoi… » voulut se défendre Maximilien en écartant les mains à la manière de quelqu’un pris complètement au dépourvu face à la situation. Et de fait, dépourvu, il l’était. C’était à n’y rien comprendre ! Et le dialogue qui allait suivre n’allait pas l’aider à y voir plus clair !
-Je suis sûre que tu as reçu des ordres d’Archibald.
« Quoi ? Mais c’est n’importe quoi Megan, tu div… » s’offusqua-t-il, indigné d’être accusé ainsi de… d’il ne savait même pas encore quoi, mais visiblement de connivence avec Archibald –dont les oreilles devaient joliment siffler à cette heure.
Il détestait que je m’habille ainsi et à présent que je suis loin, il te fait passer ses ordres.
« Ce n’est pas… »
Mais non, Max, je resterai ainsi, que ça te plaise ou non! Le roi lui-même me l’a demandé !
« Pardon ?! »

A la mention du roi l’expression de Maximilien avait changé du tout au tout. De purement ébahis, ses traits avaient maintenant une expression alarmée alors qu’il commençait enfin à entrevoir les contours des aveux de Megan. Il était sur le point de l’interroger, mais la demoiselle, bien décidée à déverser son ire sur lui semblait-il, reprit aussitôt :

Alors ça n’est pas toi qui me fera changer d’avis! Alors oui, je m’habille en garçon! Et tu n’enterrera pas Lord Dafoe, Langlay ou Adolphe Lanzac par ton simple regard désapprobateur.
« Megan bon sang, veux-tu bien m’écouter… » voulut-il l’interrompre, la surprise laissant peu à peu place à une profonde irritation. Maximilien était d’un naturel patient, mais s’il ne supportait pas quelque chose, c’était bien les soupçons et les reproches injustifiés, surtout venant de celle qu’il considérait comme sa meilleure amie et qu’il s’était pourtant réjouie de retrouver. Quelle mouche avait piqué cette diablesse pour qu’elle perde la tête de la sorte ? S’il comprenait peu à peu les tenants et aboutissants de cette histoire avec le roi, il ne s’expliquait son explosion de colère qui, pour lui, ne pouvait que trahir un manque flagrant de confiance en lui. Alors forcément, le jeune duc n’était pas seulement surpris ; il était aussi et surtout blessé.

Moi, au moins, je ne me pavane pas auprès de princes ou d’ambassadeur en leur offrant du miel et du chocolat pour les contenter! Acheva-t-elle en le toisant de haut, les bras croisés sur sa poitrine.
« Beim Himmel Megan, vas-tu enfin te taire ?! » explosa Maximilien en se relevant d’un bond, l’air furieux. Ignorant le regard interloqué de la rouquine, qui n’était pas habituée à le voir se mettre en colère (c’était en effet un phénomène assez rare auquel son frère Ferdinand-Marie pouvait presque prétendre à l’exclusivité) il se détourna d’elle et marcha jusqu’à la table sur laquelle il avait laissé traîner quelques papiers. Farfouillant dans ces lettres avec agacement, il en tira trois signées du nom d’Archibald et revint vers le centre de la pièce pour les jeter sur la table en s’exclamant d’une voix sèche :

« Tiens, les voilà les dernières lettres de ton frère ! Vas-y, lis-les, tu verras bien s’il m’a demandé de t’espionner pour savoir si oui ou non tu te travestissais pour satisfaire les désirs du roi d’Angleterre ! Veux-tu aussi les buvoirs sur lesquelles j’ai rédigé mes réponses histoire d’être sûr que je ne t’ai pas trahie, ou accepteras-tu ma parole d’ambassadeur qui se pavane auprès des princes ? » Puisque Megan ne s’était pas retenue dans ses propos, il n’y avait aucune raison pour qu’il l’épargne ! Maximilien était peut-être du genre conciliant et à éviter les conflits, mais être accusé de trahison par une amie qui n’arrivait même pas à réfléchir avec discernement semblait-il, voilà qui était au-dessus de ses forces. Surtout par une amie qui avait réussi à transformer des retrouvailles tant attendues en véritable procès d’intention au moment où il s’y attendait le moins.

« Je ne peux pas en placer une seule depuis tout à l’heure ! Je veux simplement te demander de tes nouvelles et voilà que tu m’accuses de comploter avec ton frère pour… pour quoi, d’ailleurs ? Parce que le roi a fait de toi sa maîtresse et qu’il te demande de te déguiser en homme pour je ne sais quelle raison douteuse ? Mais pauvre idiote, je ne savais même pas que tu connaissais le roi il y a dix minutes ! » martelait-il en laissant libre cours à sa colère et son incompréhension. « Si tu m’en veux à ce point, tue –moi, je t’en supplie, mais la bouche fermée ! Ca t’évitera de déblatérer des sottises pareilles et à défaut de ta considération j’aurai au moins droit à une mort presque paisible ! »

Après lui avoir décoché une dernière œillade furieuse, il se détourna à nouveau d’elle et alla jusqu’à la fenêtre avant de croiser à son tour les bras d’un air boudeur. S’emporter l’avait quelque peu soulagé, mais Maximilien était encore crispé et ne semblait pas décidé à ouvrir la bouche de sitôt. Un silence de plomb s’installa dans la pièce, sans que l’un ou l’autre des partis ne se décide à le briser. Il était hors de question pour Maximilien de faire le premier pas. Les accusations de Megan avaient été un véritable coup de poignard en plein cœur. Lui qui s’était fait une joie de retrouver son amie après tout ce temps, c’était ce qu’il gagnait ? Se vengeait-elle parce qu’il ne l’avait pas retrouvée plus tôt ? Parce qu’il n’était pas retourné en Ecosse aussi souvent qu’ils l’auraient voulu ? Mais il n’était pas le seul à blâmer, bon sang ! Qu’y pouvait-il si ses fonctions d’ambassadeurs l’avaient conduit ailleurs ? Il ne pouvait quand même pas envoyer promener son empereur de cousin sous prétexte qu’une petite demoiselle d’Ecosse le lui demandait ! Et maintenant qu’enfin ils pouvaient se revoir, elle gâchait tout avec son fichu caractère dont il faisait, une fois coutume, les frais malgré lui… C’était un traitement injuste, se disait-il la gorge encore nouée de frustration et de déception. Ou, sur ce coup-là, Megan l’avait profondément déçu.

« Il y a des paroles qui ressemblent à des confitures salées, comme on dit, mes félicitations, tu as fait très fort cette fois. As-tu encore d’autres complots à me reprocher ? Parce que si c’est le cas, tu peux partir dès maintenant, je refuse d’en entendre plus. » reprit-il sans se retourner d’un ton plus calme, mais où perçait encore de la tension mal digérée. Laissant échapper un soupir, il ajouta en marmonnant : « Moi qui attendais ces retrouvailles plus que n’importe quoi sur cette terre… A la place je découvre que ma meilleure amie me cache des choses, des choses visiblement importantes et dangereuses pour réagir de la sorte à la moindre question ! Alors dis-moi, qui de toi ou de moi est en droit de se fâcher, hein ? »

Car sa colère ne lui avait pas fait oublier les demi-aveux de la demoiselle... et l'inquiétude causée par ces semi-révélations état au moins autant responsable de la soudaine colère de Maximilien que les accusations de Megan.
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MessageSujet: Re: "Buvons encore à l'amitié, l'amour, la joie...."   03.12.13 15:07

Imaginez un instant un raz de marée, balayant en quelques secondes un village, ne laissant derrière lui que ruines et désolation, disparaissant sans se rendre compte un instant de la terreur qu'il laisse derrière lui.
Megan était en quelque sorte ce raz de marée, n'écoutant ni conscience ni Maximilien, s'enferrant dans ses erreurs et ses délires créés par sa trop fertile imagination, préférant couper court à la moindre discussion plutôt qu'admettre que ses actes ne convenaient pas.
En d'autres termes, Megan venait de fermer les écoutilles et un tout autre que Maximilien n'aurait qu'à se cacher derrière un canapé afin de se protéger d'un quelconque objet volant identifié. Parler de son travestissement ou de sa plus grande erreur affective était l'un des sujets les plus sensibles et contrairement aux prétentions de son sang, la moutarde montait  vite au nez de la jeune écossaise!
Prise dans son jeu de colère forcée, elle n'écoutait rien, faisait les cent pas, levaient les bras au ciel dans une mine de fausse contrariété, persuadée que Maximilien ne voulait que la bâillonner à son tour, l'enfermer dans un donjon ou pire...ne pas la croire. Ou peut-être était-ce juste l'éclatement de sa conscience qui lui dictait enfin sa loi. Megan avait en effet ce principal défaut de ne jamais écouter sa conscience lorsque celle-ci décrétait qu'il fallait renoncer.
Elle avait enlevé ses gants, décoiffé ses cheveux noués, et postée près de la fenêtre comme pour s'échapper un moment en observant la rue, elle continuait ses grandes envolées lyriques.
-Et de toute manière, je n'ai pas demandé l'avis de quiconque depuis mon arrivée en France! Je suis assez grande pour me gérer seule  et...
-Beim Himmel Megan, vas-tu enfin te taire ?!

Maximilian explosa au point de faire pivoter Megan, les yeux écarquillés sous la surprise. Jamais, depuis les années qu'ils se connaissaient, elle n'avait pu le voir poussé à une telle extrémité ! Jamais, ô grand jamais Maximilien n'était pour elle capable de se mettre dans un état pareil! Elle s’arrêta net, puis réalisa qu’après tout, n'était-ce pas lui qui avait été la source de son propre agacement? S'il ne l'avait pas poussée à bout, il n'aurait pas eu à crier ainsi!
Le regard noir, vexée mais gardant cet étrange respect pour son ami agacé, elle le suivi des yeux lorsqu'il fouilla dans ses papiers, remuant liasses et enveloppes décachetées, retirant soudainement quelques feuillets à l'écriture serrée. Retournant près d'elle, il balança les lettres sur lesquelles elle jeta un œil circonspect. Megan reconnu sans peine l'écriture d'Archibald.
-Tiens, tu vois, Archi…, commença-t-elle amère, devant l'évidente preuve de la trahison de son plus cher ami! La vérité était trop difficile à découvrir pour elle, mais si d'autres se seraient noyé dans des larmes, Megan s'étouffait dans la rancœur. Néanmoins, boudeuse et renfrognée, elle prit la première missive.

-Tiens, les voilà les dernières lettres de ton frère ! Vas-y, lis-les, tu verras bien s’il m’a demandé de t’espionner pour savoir si oui ou non tu te travestissais pour satisfaire les désirs du roi d’Angleterre ! Veux-tu aussi les buvards sur lesquelles j’ai rédigé mes réponses histoire d’être sûr que je ne t’ai pas trahie, ou accepteras-tu ma parole d’ambassadeur qui se pavane auprès des princes ?
Au fond d'elle, l'écossaise connaissait assez Maximilien pour savoir que le mensonge n'était pas dans ses fâcheuses habitudes. Bien au contraire, rien ne pouvait entre eux être tu, ils avaient bien trop confiance l'un en l'autre pour douter d'une mutuelle sincérité. Elle n'osa rien répondre, les paroles de son ami faisant douloureusement mouche sur son cœur. Ses yeux clairs parcoururent la lettre de son aîné, lettre dont elle n'aurait jamais pu imaginer la teneur.  Soudain, sa colère fit place à un sentiment qu'elle détestait par-dessus tout, mais qu’une humilité naturelle forçait à ressentir: la culpabilité. Son cœur se serra alors que ses yeux restaient fixés sur ces dernières lettres formant la signature d'Archibald, lui révélant combien elle avait - une fois de plus - laissé parler une part d'elle-même qu'elle gardait endormie. Elle releva les yeux lentement vers Maximilien, les sourcils affaissés, se mordant la lèvre inférieure malgré la petite moue boudeuse qui apparaissait encore, comme pour prévenir "N'en rajoute pas!". Mais pour l'heure, aucun mot n'était encore prêt à passer l'épreuve de sa gorge nouée. Mais Maximilien ne semblait pas prêt à lui pardonner aussi facilement qu’elle l’espérait, et Megan goûta amèrement ce qu’elle avait récolté.
-Je ne peux pas en placer une seule depuis tout à l’heure ! Je veux simplement te demander de tes nouvelles et voilà que tu m’accuses de comploter avec ton frère pour… pour quoi, d’ailleurs ? Parce que le roi a fait de toi sa maîtresse et qu’il te demande de te déguiser en homme pour je ne sais quelle raison douteuse ?
Et voilà! Elle avait lâché Maximilien et celui-ci ne pouvait que lui répondre aussi vertement qu'elle l'avait fait. En un sens, elle l'avait mérité et s'attendait à ces quelques mots, mais son ami lui apparut bien plus remonté qu'elle et en une seconde, elle fit une rechute, chaque phrase du duc se plantant en elle comme un poignard. A chaque mot, elle ouvrait de grands yeux, presque aussi choquée que si on lui avait demandé de se convertir au catholicisme!
-Mais pauvre idiote, je ne savais même pas que tu connaissais le roi il y a dix minutes ! lâcha-t-il, réveillant la colère de Megan qui s'étouffa! Jamais! Jamais il ne lui avait parlé ainsi! Et elle ne l'avait pas insulté, elle, au moins! Elle avait été prête à s'amender un instant, mais Maximilien, finalement, ne le méritait peut-être pas encore.
-Si tu m’en veux à ce point, tue –moi, je t’en supplie, mais la bouche fermée ! Ca t’évitera de déblatérer des sottises pareilles et à défaut de ta considération j’aurai au moins droit à une mort presque paisible !

Il se détourna d'elle, croisant les bras à son tour, alors qu'elle le fusillait du regard dans son dos. Monsieur le duc se vexait?! La belle affaire! S'il avait été plus conciliant, il aurait au moins remarqué qu'elle était prête à plaider coupable, mais non, il avait préféré l'enfoncer un peu plus et l'ignorer tout à fait! Eh bien soit ! Elle faisait l'effort de venir, de lui confier ses secrets les plus intimes, de lui révéler ce que chacun à la cour ne pouvait deviner, mais Maximilien préférait rester dans sa susceptibilité et ne pas tenter un instant de la comprendre. Était-ce l'entourage de son cousin qui le poussait ainsi à réagir? Son statut le faisait-il songer qu'elle n'était qu'une petite baronne, une écossaise qui n'avait ni pouvoir ni libertés de parole? Il se trompait lourdement si tel était le cas, et bien plus vexée qu'elle pensait l'être, ne songeait plus à faire amende honorable. Maximilien devrait faire le premier pas!

-Il y a des paroles qui ressemblent à des confitures salées, comme on dit, mes félicitations, tu as fait très fort cette fois. As-tu encore d’autres complots à me reprocher ? Parce que si c’est le cas, tu peux partir dès maintenant, je refuse d’en entendre plus.
-Tu n'avais pas à prendre ainsi la mouche...Ne peux-tu pas seulement essayer de me comprendre au lieu d'être ainsi piqué au vif pour quelques reproches, marmonna-t-elle de son côté en guise de réponse? Elle lui tourna ostensiblement le dos, boudeuse. Il l'avait traitée d'idiote, personne ne l'avait encore jamais fait! Elle ressenti une pointe au cœur, bien plus blessée par la situation que vexée. Elle détestait se brouiller avec ceux qu'elle aimait, et Maximilien était parfois bien plus qu'un frère à ses yeux. Il avait toujours été celui auprès de qui elle savait trouver du réconfort, une oreille, une épaule attentive. Le savoir à ses côtés, même s'ils étaient loin l'un de l'autre, était pour elle un soutien inestimable. Elle avait attendu ces retrouvailles avec impatience, elle n'avait même pas pris le temps de se changer, sachant qu'il n'aurait rien dit, qu'il aurait accepté et compris...elle avait tellement attendu de le revoir, que tout semblait brisé en tant de morceaux qu'il n'était plus possible de les recoller.
Sa bouderie était bien plus un appel qu'une réelle susceptibilité.  Mais ce fut Maximilien qui rompit le silence de plomb qui s'était fait, pour s'adoucir et lui répondre quelques mots qui firent frémir les barrières montées par la jeune femme.

-Je découvre que ma meilleure amie me cache des choses, des choses visiblement importantes et dangereuses pour réagir de la sorte à la moindre question ! Alors dis-moi, qui de toi ou de moi est en droit de se fâcher, hein ?
Sans qu'il ne put le voir, elle fronça le nez, mal à l'aise par la question qu'il venait de lancer. Elle le savait et cette situation l'exaspéra: Max avait raison. Et bien trop raison pour pouvoir le contredire!
Elle se retourna enfin, grimaça en se balançant d'un pied sur l'autre, observant le bout de ses bottes poussiéreuses et leva enfin le nez vers son ami.
-Tu n'avais pas à me traiter d'idiote, lança-t-elle d'une voix mi-amusée mi-boudeuse. Mets-toi à ma place, aussi, on me reproche toujours tout, même Bess ne se retient jamais de me faire des réflexions dès que je sors! Je suis obligée de me cacher de mes propres frères pour éviter leur courroux, de me taire chaque jour sur ce que je fais pour ne pas voir de regards de reproche. Il n'y a qu'à toi que je pensais pouvoir dire ces choses sans subir un seul regard désapprobateur, et voilà ce que tu me réponds!

Elle s'était adoucie, parlant avec une réelle sincérité, et cherchant consciemment à attendrir son ami par son minois coupable. Elle savait parfaitement que l'affaire fonctionnait avec Richmond ou même le roi, alors pourquoi s'en priver!
-Maximilien, fit-elle dans un mince sourire, malgré cela, tu m'aimera toujours comme avant, n'est-ce pas? Et m'aimerai-tu toujours si j'étais une femme-tronc?
Elle s'approcha enfin de lui alors que son ami lui tournait encore le dos. Passant une main timide sur son bras, elle se pencha pour passer la tête sous son nez, l'observant d'un regard mutin. Ne voyait-il pas, à présent, qu'elle faisait amende honorable?!
-Je te demande pardon, Max, fit-elle doucement dans un sourire en coin. Je n'aurais pas du m'emporter et…...et tu as raison, ces choses sont trop dangereuses pour être dites sans sérieux. Allez, le rabroua-t-elle doucement dans un sourire! Resteras-tu fâché longtemps? Est-ce que je vais devoir rompre notre serment? Soyons extraordinaires ensembles, plutôt qu'ordinaires séparément, récita-t-elle en lui rappelant leur vieille promesse d'enfants. Max...excuse-moi de m'être emportée, confessa-t-elle de nouveau et se glissant devant lui.
Et pour rompre cette bouderie qui avait à son sens bien trop duré, elle l'entoura de ses bras avant de le serrer contre elle.
-Tu es le seul à qui je peux confier tout cela, et si tu restes fâché, je n'aurais plus personne, ajouta-t-elle pour l'attendrir encore un peu. Oui, ce que je fais est dangereux, mais tu sais combien je déteste être enfermée et suivre les désirs de mes frères. Alors si tu veux bien, je t'expliquerai tout ! Allez ! S’il te plaît !
Elle le sera un peu plus, sachant pertinemment que si elle tentait de l’étouffer, il réagirait enfin.

______________________


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