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 L'exil est une espèce de longue insomnie.

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Morgan Stuart

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Cela peut vous paraître étrange mais j'en ai un. Il est bien caché, je le réserve à qui m'aimera vraiment. Et pour mes enfants.
Côté Lit: Vous voulez une liste ? Ce sera même un recueil !
Discours royal:



ϟ TURN OUT THE LIGHT ϟ
show me your dark side

Âge : 30 ans
Titre : Duc de Richmond, de Lennox, de Gloucester, Comte de March, cousin de Charles II d'Angleterre
Missives : 720
Date d'inscription : 15/02/2012


L'exil est une espèce de longue insomnie. Empty
MessageSujet: L'exil est une espèce de longue insomnie.   L'exil est une espèce de longue insomnie. Icon_minitime08.02.13 1:22

L'exil est une espèce de longue insomnie. Tumblr_mbujybAO6f1r1qffbo4_500
« Il n’y a pas un exil. Ce sont toujours des exils. »

Il était temps. Morgan avait reçu la lettre son royal cousin Charles II avec l'ordre de rassembler les anglais à la Cour de France pour que tout le monde rejoigne Nancy, puis le front anglais. Hommes bien sûr, mais leurs femmes et enfants étaient aussi de la partie. Chacun devant emportant le minimum d'affaires, avec l'espoir de revenir bien vite, sans doute. Il n'y avait pas des milliers d'anglais qui siégeaient à la Cour, il était facile de les retrouver. Tout le monde savait que ce n'était qu'une question de temps. Certains étaient déjà partis ! Et d'autres traînaient des pieds pour y aller. Morgan était à mi-chemin entre le dépit et la motivation en ce jour. Il avait fait une dernière fois le tour de son manoir pour voir si tout était bien fermé. Les volets de l'étage s'étaient fermés la veille, les domestiques avaient pris soin de recouvrir les meubles pour qu'ils ne prennent pas la poussière. Puis, à l'aube, tout le monde s'activait pour faire de même au rez-de chaussée. Dans le petit salon, seul le canapé et une table n'était pas recouverte. Cette dernière était recouverte d'affaires car l'anglais préférait vérifier, et l'autre car le petit Andrew y dormait. Une fois les dernières affaires mises en sac, il voulut réveiller son fils mais il était tellement paisible qu'il l'observa encore quelques instants. Pauvre enfant qui allait connaître lui aussi les routes de l'exil. Mais il allait retrouver sa mère, Seymour participerait à la guerre, mais sur mer, Elizabeth serait donc à Nancy, le petit ne serait pas tout seul avec sa gouvernante. Puis finalement, Richmond décida de ne pas le réveiller et le prit dans ses bras avec toute la délicatesse du monde pour le porter jusqu'au carrosse. Le froid de février le prit au corps car il était simplement en chemise mais il prit le temps de le déposer doucement près de sa gouvernante qui l'enroula dans une épaisse couverture. A l'intérieur du véhicule se tenait aussi Henry, le petit frère Stuart, qui grommelait qu'il ne voulait pas y aller. Morgan ne préféra pas l'écouter et retourna à l'intérieur. Tout était fermé, rangé et … vide. C'était une triste vision que de voir une dernière fois sa maison de la sorte avant de fermer la porte à clé. Dehors, les quelques domestiques restants lui dirent au revoir, Morgan n'emmenant que son valet Bryan avec lui. Il était encore tôt quand le carrosse et Morgan sur sa monture quittèrent enfin la maison, non sans un dernier regard vers ces lieux où l'anglais s'était habitué à bien vivre.

Mais avant de quitter définitivement Versailles, il y avait un dernier arrêt à effectuer. Celui de se rendre chez Norfolk, son vieil ami. Depuis la mort de son épouse Victoire de Noailles, Thomas Howard avait sombré dans la déprime et il était hors de question de le laisser à la Cour tout seul. Jacques d'York avait approuvé cette décision de l'emmener. Il l'avait prévenu plusieurs fois, avait aidé les domestiques à faire quelques bagages mais pourtant, à l'arrivée devant le manoir, Thomas s'était enfermé dans sa chambre et refusait de sortir.

« Je ne veux pas partir !
Ne faites pas l'enfant, Thomas. Je ne vous emmène pas dans une quelconque géôle. A Nancy, vous retrouverez vos amis anglais. tenta de convaincre joyeusement Morgan.
Non.
[color=navy]Voulez vous contredire votre ami ? Vos amis d'ailleurs, Jacques veut vous voir ! darkred]Non. continua Thomas. Morgan soupira en levant les yeux au ciel derrière la porte.
Et votre roi ? Défierez vous Charles II d'Angleterre, d’Écosse et d'Irlande, notre roi pour qui nous nous sommes battus ? »

Il y eut un silence. Richmond avait trouvé un point faible à son ami. Il était tout de même assez inconvenant de faire du chantage à un ami sur le dos de leur roi ! Mais puisqu'il n'y avait que cette solution. Finalement, la porte s'entrouvrit et le visage pas rasé de Norfolk se fit entrapercevoir.

« Je … Je vous rejoindrais en chemin. Promis. »

Et alors qu'il voulut refermer la porte, Morgan mit son pied et poussa la porte de toutes ses forces avant d'attraper Thomas par les poignets et le tirer vers la sortie. Pendant tout de moment, il hurlait qu'il ne voulait pas aller à Nancy. Mais après quelques minutes où Richmond avait pu l'amener jusqu'à la salle à manger, son ami capitula et fut conduit dans le carrosse. Sur le même dossier se trouvaient les deux boudeurs, Henry et Thomas, séparés par le pauvre valet Bryan qui allait les écouter rouspéter pendant tout le chemin.

A l'heure pour le départ, Morgan remarqua quelques absents, dont Brandon Grey, grand ami d'exil. Mais il n'y avait plus le temps d'attendre, il y avait du chemin à faire jusqu'à Nancy. A cheval, cela serait à trois jours environ, mais avec les carrosses, cela serait beaucoup plus long. Et le cortège d'anglais se mirent en marche, direction l'autre côté de la frontière française. Dans son exil, Morgan était brièvement passé à Nancy mais avait couché dans la ville, pas dans le palais ducal où on les accueillerait une fois arrivé. Il ne connaissait Charles IV de Lorraine que de nom et surtout de réputation, se demandant bien pourquoi l'Angleterre s'était alliée avec un nigaud de la sorte. Il ne servirait à rien, surtout sur la mer car la guerre anglo-hollandaise continuait. Heureusement qu'ils seraient renforcé par la flotte espagnole. Pendant tout le premier jour du voyage, Morgan ne décrocha pas un mot, pendant à ce qu'il se passerait quand la guerre recommencerait. Il revivrait la vie dans au campement, la seule partie de la guerre qu'il appréciait. Pas besoin de grands apparats, de grand confort, une ambiance conviviale avec des connaissances de toujours, à plaisanter avec des gens qui vous comprennent. Et puis parfois aller à Nancy après s'être décrassé pour aller faire les beaux et se détendre un peu.

Au fil des jours, Morgan reprit un peu le moral, se montrait un peu plus sociable, plaisantant volontiers avec quelques anglais et s'amusant même des deux têtes de mules dans le carrosse. Car non, depuis trois jours, ni Henry ni Thomas n'en avaient démordu et voulaient retourner chez eux. Mieux, Henry voulait retourner en Angleterre car il ne supportait plus son grand frère !

« Parfait, tu y iras voir mère pour la saluer ! » se moqua t'il avant de rire franchement.

Évidement, cette attitude fit davantage bouder Henry qui ne portait pas sa mère dans son cœur, celle-ci voulant le faire revenir en foi catholique alors qu'il avait embrassé la religion protestante lors de sa captivité à la Tour de Londres. Puis Henry serait bien à Nancy, il verrait du monde et il donnerait des ordres pour emmener son frère se promener, ainsi que Thomas. Mais pas les deux en même temps, ne voulant pas compromettre la bonne humeur de la personne chargée de cela. Puis s'éloignant du véhicule, il allait rejoindre William Feilding, comte de Desmond, un vaillant militaire de quelques années plus jeunes que Morgan.

« Nous sommes toute de même nombreux à venir de France, j'en suis surpris.
Plus de femmes et d'enfants mais en effet, je ne l'aurais pas cru. Et encore je pense que tout le monde n'est pas là. Certains sont partis et d'autre ne sont pas venus au rendez vous.
Faites vous mention à Grey ? Je ne l'ai guère vu ces derniers jours.
Moi non plus et cela m'inquiète … Morgan fronça les sourcils, se demandant ce que son ami pouvait bien fabriquer pour ne pas venir aider son royaume et ses amis.
Et Surrey est-il là ? Lui non plus je ne l'ai pas vu.
Lui est avec nous, malheureusement. répliqua sèchement Morgan.
Vous n'avez pas l'air de l'aimer, cher duc.
Je n'aime guère qu'on m'impose un gamin dans mes pattes. »

Au moins, cela coupait court à la conversation. En temps normal, Richmond n'avait rien contre son jeune compatriote anglais mais quand on lui donna la liste des hommes à embarquer et qu'il vit qu'il l'aurait dans son régiment, cela ne lui plaisait pas du tout. Pourquoi n'était-il pas sous les ordres de sa famille ? Jacques lui avait rétorqué dans sa lettre qu'il fallait un modèle pour ce garçon qui n'avait jamais connu la guerre et que Morgan était tout indiqué. Apparemment, Alfie savait tenir une épée et avait appris à se battre mais l'apprentissage avec un maître d'armes italien et la guerre, il y avait un fossé énorme ! Et Morgan aurait autre chose à faire que de se coltiner un gamin dans ses pattes et le surveiller à toute heure. S'il mourrait bêtement lors d'une bataille, ce serait Richmond le responsable et il ne voulait pas porter la mort d'un gosse sur sa conscience. Il portait déjà les blessures de son frère sur ses épaules, il n'avait jamais oublié cette affreuse Bataille des Dunes et ne voulait pas revivre pareille chose, avec n'importe qui d'autre. Ce serait une de ses premières mesures au campement : Alfie s'occuperait du ravitaillement et d'une partie du campement anglais, il le mettrait sous la tutelle du maréchal des logis anglais – Morgan se demanda qui remplirait ce rôle si ingrat – et il serait sauf. Et de temps en temps, il l'entraînerait histoire de dire qu'il lui a appris quelque chose. That's it.

Plus le convois anglais s'en allait à l'est, plus il faisait froid. Quelle idée de se battre dans ce genre de région, heureusement que Louis XIV était un gentleman et avait demandé d'engager la guerre au début du printemps, c'était bien la seule chose que tous les dirigeants d'Europe s'étaient accordés ! Et quand la neige s'en mêla, Morgan eut l'impression de ne jamais arrivé à un des derniers arrêts : Bar-le-Duc. Là, il étaient à moins de cent kilomètres de Nancy et si proches du futur front … Une fois passé la frontière et entré dans le duché de Lorraine morcelé car picoré par la France, l'anglais eut l'impression de déjà-vu à passer les frontières en cortège de la sorte … C'était encore un exil dont il ne savait pas encore quand il rentrerait, s'il reverrait un jour cette douce France qu'il appréciait bien plus qu'il ne l'aurait cru en quittant Londres. Il fallait que cette guerre soit éclair, qu'on ne s'enlise pas pour trois villes ex-lorraines, à cause de l'ambition d'une capricieuse princesse. Après tout, on s'est tellement battus pour des raisons stupides, alors qu'un homme trop amoureux décide de faire plaisir à sa femme, on n'était plus à cela près ! Mais cette dernière nuit à Bar-le-Duc, Richmond ne parvint pas à dormir, réfléchit longuement à où cette guerre allait le mener, surtout s'il allait y survivre. Après tout, on ne sait jamais ce qu'il pourrait se passer, personne n'était à l'abri d'un mauvais coup, d'une blessure mortelle. En cette dernière nuit, il eut les idées bien tristes et ne s'endormit d'épuisement que deux heures avant le lever du campement au petit matin.

Ce n'est qu'à la fin de la journée que les remparts de Nancy furent enfin visibles et tous furent bien sûr soulagés de revoir la civilisation et surtout d'arriver à destination ! On les attendait avec grande impatience apparemment, les appartements pour la plupart des familles furent installée dans le château et d'autres en ville. Morgan fit loger sa famille mais lui n'en avait pas besoin pour l'instant, il devait repartir sous peu pour le front. Ses deux nuits à Nancy furent auprès de son fils Andrew. Elizabeth était à Ostende, elle viendrait sous peu, le petit garçon ne serait pas sans parents trop longtemps. Mais il était déjà l'heure des adieux et Morgan quitta déjà Nancy pour se diriger vers le front avec un petit groupe, uniquement composé d'hommes cette fois-ci.

Il y avait du monde qui s'agitait déjà. Les hommes de l'Empire étaient arrivés, les lorrains aussi, il ne restait que les espagnols qui étaient en chemin. Et bien sûr les anglais. Tous les accents du royaume d'Angleterre se firent entendre au fil de la marche de Morgan vers la tente de celui qui dirigeait tout cela, c'est à dire son cousin Jacques. Charles II était resté à Londres, son royaume était bien plus important mais sûr qu'il ne manquerait pas de venir à son tour jouer les preux chevaliers, il n'allait pas rater une occasion de gagner des batailles, cela serait des histoires supplémentaires à raconter aux jeunes femmes pour les faire tomber dans son lit. Mais trêve de plaisanteries, la grande tente de l'Etat-Major anglais se distinguait des autres et Jacques d'York en sortit tout sourire pour se diriger vers son cousin et lui donner l'accolade. Cela faisait un an qu'ils ne s'étaient pas vus, les courriers ne suffisent pas toujours quand il s'agit de la famille !

« Oh Morgan, quel plaisir de te voir enfin !
Tu m'avais manqué mon cousin ! lança Morgan durant l'accolade qui dura quelques secondes avant que les plaisanteries ne commencent. Quelle tente immense ! Aurais tu quelque chose à compenser, Jacques ? »

En guise de réponse, il se fit bousculer par son cousin qui eut un large sourire. En grandissant, Jacques avait gagné en sérieux, surtout depuis qu'il voyait que son frère n'arrivait pas avoir d'enfant légitime. Précisons le légitime car Charles II se trimbalait une ribambelle de bâtards, mais son épouse ne faisait que des fausses couches ou mettait au monde des enfants morts-nés. Jacques était donc l'héritier du trône, une responsabilité stressante car le cadet Stuart n'était que moyennement apprécié par les anglais. Il paraissait un peu austère par rapport à son exubérant frère, ce womanizer de Charles, grand fêtard et joyeux luron. Jacques était simplement un peu plus réservé mais il était un bon vivant avec ses amis. Morgan le connaissait assez pour le savoir. Étrangement, le fait qu'il ait une maîtresse qui l'a mis enceinte le faisait devenir plus sympathique. Même Morgan trouvait le peuple anglais un peu étrange parfois dans son mode de pensée.

Les deux hommes passèrent une partie de la journée ensemble, Jacques tenant à montrer lui-même les installations, le matériel de guerre avant qu'ils aillent dans la tente pour regarder les plans et discuter brièvement de possibles stratégies face aux français et aux hollandais.

« Morgan, tu me promets cette fois de bien te tenir face à Don Juan d'Autriche.
Hum … comment être poli avec un mauvais militaire qui n'a que des stratégies faites pour perdre.
Morgan, je ne te demande pas de lui sourire ou même de lui faire des politesses. Juste de ne pas l'insulter. Je ne l'aime pas non plus, ce type est clairement un con fini mais il est général espagnol et nous devons le respecter en tant que tel. Je ne veux pas te faire la morale car je ne suis pas … mais Morgan le coupa.
Pas mon frère ? Certes … Mais Andrew m'aurait tenu le même discours. »

Il sourit à son cousin qui lui proposa une collation, histoire de se détendre après cette journée riche en explications. Les deux hommes purent parler famille, de Londres, de la maîtresse de Jacques, de la vie de Morgan en France et ses rebondissements … Ils parlèrent jusque tard, le camp dormait déjà depuis longtemps quand Morgan regagna sa tente. Demain, il prendrait toutes ses responsabilité, commencerait à attribuer les fonctions de chacun. Cela sera demain que les prémices de la guerre démarrerait véritablement, où Richmond reprendrait ses fonctions militaires. Il avait du pain sur la planche mais il n'avait pas peur …

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I've lost a lot a in this game. Another everyday face with no name, I'm not selling misery, so would you stay around with me. I know that you are afraid, the traces of war linger on my face but I'm not selling misery, maybe some day I'll feel home again.


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