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 On ne trouve pas toujours ce qu'on veut, mais parfois c'est mieux.

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MessageSujet: On ne trouve pas toujours ce qu'on veut, mais parfois c'est mieux.   On ne trouve pas toujours ce qu'on veut, mais parfois c'est mieux. Icon_minitime25.01.13 17:01

    Athénaïs appelait sa camériste de sa coiffeuse. Ses longues mèches dorées entre les mains d’une domestique, elle ne pouvait se lever pour trouver cette servante distraite. Avec un soupir, la marquise continua, agacée, à jouer dans ses bijoux. Elle cherchait à trouver celui qui irait le mieux avec la couleur de ses yeux, qui paraissaient plus foncés avec cette robe. Peut-être les rubis de sa mère? Hum, quoique cela faisait lourd pour un avant-midi. Oh, cela avait-il vraiment de l’importance? Athénaïs de Montespan pouvait bien se le permettre, et demain toutes les autres courtisanes porteraient des répliques de ses bijoux. À cette pensée, la dame s’adressa un sourire dans le miroir. C’était vrai qu’elle n’avait pas à s’en faire avec cela. Tout Versailles était à ses pieds, lorsqu’il s’agissait de mode. Une Anglaise, même favorite du Roi, n’avait aucun goût en mode. C’était donc à elle que revenait la tache d’être l’ambassadrice du bon goût français. Enfilant une cape de fourrure, elle claqua dans ses mains pour réunir ses deux chiots pour une promenade. C’est aux domestiques qui la suivait qu’elle adressa l’ordre :

    -Vous vous occuperez de préparer mes chiens à la promenade. Comme d’habitude.

    ***

    Malgré son ennui, Athénaïs ne pouvait certes pas nier qu'il s'agissait d'une splendide journée pour le mois de février. Emmitouflée dans ses fourrures, la marquise se promenait entre les allées bordées de neige légère, raffolant de se faire voir. On chuchotait derrière elle et Athénaïs était loin de pouvoir dire que cela lui déplaisait. On parlait déjà de la guerre, cette guerre qui allait envoyer son mari au loin. À cette pensée, elle eu un soupir de soulagement. Il serait enfin parti plus besoin de traîner cet homme comme un boulet. Avec un rire, Athénaïs pensa à quel point il serait bon que son mari rencontre un boulet de canon, justement. Même si ses dames de compagnie la regardaient avec un air interrogateur, elle ne prit pas la peine de satisfaire leur curiosité. En passant près de la comtesse de Lévis, la jeune femme se fit un plaisir de poser ses escarpins de fourrures sur la longue cape râpée de la dame. Au moins, il y aurait une trace de beau sur elle.

    Athénaïs retira ses mains de son manchon, sa suivante le tenant, alors qu'elle claqua de ses mains gantées.

    -Saphir? Rubis? demanda-t-elle, d'une voix douce, presque gamine, en cherchant ses deux petits chiens cachés dans ses jupes. Vous voilà, mes mignons! Sophie, reprit-elle d'un ton dur, lancez le bâton à mes chiens.

    Elle les regarda faire quelques instants, sa domestique lançant le bâton qui amusait tant les petits animaux.Mais alors que quelques dames s'étaient extasiées sur ses chiens de race et que ses doigts commençaient à geler, Athénaïs décida que c'était le moment de rentrer. Il ne fallait tout de même pas qu'elle reste à l'extérieur jusqu'à ce que sa peau fragile craque. Alors qu'elle retourna ses pieds vers le palais, la marquise remarqua qu'un seul chien la suivait. Premièrement, elle ne s'inquiétât pas. Elle se retourna vers ses domestiques.

    -Où est Rubis?

    Les deux jeunes filles se regardèrent, interloquées, jusqu'à ce qu'une ait le courage d'ouvrir la bouche.

    -Il n'est pas dans vos bras, madame?

    La panique s'installa en Athénaïs. Sa nervosité bouillonna en elle, la faisant rougir, alors que ses ongles tailladaient ses paumes, malgré les gants.

    -Ceci est un manchon, sombre idiote! Où mon chien?

    -Je... je ne sais pas, madame!

    -Vous savez que ce chien vaut plus que ce que vous pouvez faire en une décennie? J'espère pour vous que vous pourrez retrouver Rubis avec sa cloche!

    Les deux domestiques échangèrent un regard, qui leur fit monter les larmes aux yeux. Athénaïs ouvrit la bouche, horrifiée, avant d'y plaquer sa main.

    -Vous ne lui avez pas mis ses grelots? Seigneur, aidez-moi! Oh, mon pauvre petit chien. Il va finir glacé dans le froid!

    Posant sa main sur son coeur qui débattait, Athénaïs imaginait tout de suite son animal de compagnie souffrir et mourir de froid, enfoncé trop creux dans la neige pour pouvoir en sortir. Elle commença à appeler le nom de l'animal, en espérant entendre le son familier des grelots que les domestiques devaient mettre à ses chiens avant une promenade à l'extérieur. Mais rien, rien... Si elle ne retrouvait pas Rubis, elle s'arrangerait pour mettre ces deux idiotes à la potence. Alors qu'elle se mettait à marcher rapidement entre les allées pour retrouver le petit chien, Athénaïs vit un mousquetaire. Un grand sourire illumina son visage. Rubis ne pouvait pas encore être allé très loin. Il suffisait de quelques hommes pour le retrouver. Certainement! Cela n'était pas sans espoir! Elle se mit à courir vers la forme sombre au loin. Son coeur battait à tout rompre, elle commençait à manquer de souffle. Mais la détermination des Mortemart était au rendez-vous et Athénaïs continua de faire bouger ses jambes, bien qu'empêtrées dans ses jupes, alors que sa poitrine était comprimée dans son corset, l'empêchant de respirer correctement. Bien avant longtemps, Athénaïs sentit le sang lui battre les tempes, tandis que son corps commençait à s'engourdir. Pourtant, elle arriva à destination.

    -Oh, monsieur, monsieur! J'ai besoin d'aide! J'ai perdu mon pauvre chiot.

    Chacun de ses mots étaient hachés et séparés d'une respiration laborieuse, mais elle n’avait pas de temps à perdre. Dans un coin de sa tête, elle entendait déjà son frère se moquer d’elle. « Tout ça pour un vulgaire animal? » Mais Athénaïs portait beaucoup d’affection à ses chiens. Peut-être plus qu’elle ne le devrait, pensa-t-elle, en se disant qu’elle s’occupait davantage de ses chiens que de ses enfants. Mais à Versailles, Rubis et Saphir étaient les seuls à qui elle faisait toute confiance et qui lui rendait bien son affection.

    Prise d’un malaise, sentant son cœur monter à sa gorge, Athénaïs agrippa le poignet du mousquetaire. Ses jambes menaçaient de faillir. Elle releva les yeux vers lui, le regardant pour la première fois. Sous son chapeau, elle remarqua tout d’abord ses cheveux blonds, d’un doré pur, pouvant concurrencer le soleil. Sous des sourcils longs et forts, il y avait de souriants yeux bleus. Et Athénaïs ne fut pas sans remarquer ses lèvres pleines, qui pouvaient s’agrandir en un sourire taquin. Soudainement, Athénaïs eut envie de remercier Rubis. Elle battit mollement des cils, s’appuyant à lui, tombant à moitié dans ses bras.

    -Vous allez m’aider, monsieur? N’est-ce pas?

    La marquise repoussa une de ses boucles rousses de son visage, alors que ses deux domestiques la rattrapaient. Elles allaient certainement la relever, disant que ce n’était guère convenable pour elle d’être ainsi dans les bras d’un inconnu. Au diable, ces bécasses, se dit Athénaïs, ce n’était pas un inconnu, c’était un ange.
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MessageSujet: Re: On ne trouve pas toujours ce qu'on veut, mais parfois c'est mieux.   On ne trouve pas toujours ce qu'on veut, mais parfois c'est mieux. Icon_minitime10.02.13 13:10

Bougon, Henri marchait dans l’allée en poussant les graviers du pied. Il n’arrivait pas à profiter du soleil d’hiver qui illuminait le plus beau jardin d’Europe. Il n’arrivait pas à profiter du prestige conféré par son nouvel uniforme qui allumait quelques lueurs dans les yeux des dames qu’il rencontrait. A vrai dire, il n’était même pas conscient de l’allure qu’il pouvait bien avoir. Tout ce qui le préoccupait, c’était qu’il était en train de réaliser sa première mission autonome et qu’il ne l’avait pas imaginé comme cela.
Il avait rêvé escorter un membre de la famille royal ou bien monter la garde devant le trésor national. Peut-être même aurait-il eu a dégainer son épée et repousser un assaut dont il serait sortis avec les honneurs. Il avait imaginé plein de chose, mais surement pas se retrouver à patrouiller dans le jardin de Versailles pour surveiller les buissons. Sa première mission en solo était de déloger les amants des bosquets ! Dans un premier temps quand il avait reçu ses ordres, il avait pensé à une blague, un bizutage.
D’un mouvement rageur, il écarta quelques feuillages pour observer l’arrière d’une haie. Rien. Il soupira.
Et dire que lui-même n’avait jamais connu de femme et le voilà à jouer les troubles fêtes pour les autres. Son esprit s’égara et il songea à Mathilde, qu’il avait rencontré le jour de son incorporation. Peut-être qu’avec elle … Non, Mathilde était une jeune fille bien élevée et il savait ce que risquaient les demoiselles qui s’aventurait sur ce terrain là. D’autant plus qu’avec son passé, elle se devait d’être extrêmement prudente. Henri n’avait pas le moins du monde envie de la blesser. Ses rêveries dérivèrent sur une autre jeune fille de sa connaissance, toute aussi blonde et tout aussi délicieuse : Marianne.
Mais il fut tiré de sa torpeur par un mouvement. Deux autres mousquetaires s’approchèrent de lui. Il s’agissait de deux autres jeunes recrus chargées elles aussi de patrouiller dans le parc.
-La pêche a été bonne, Langoiran ? lança le premier
-Tu parles, qui voudrait venir s’encanailler derrière un buisson au mois de février. Ils se sont moqués de nous.
-Oh je sais pas, une fille des cuisine me racontait que même quand le parc est couvert de neige tu n’es pas à l’abris de trouver deux courtisans en train de se culbuter, rétorqua le deuxième.
Les trois jeunes gens rirent et échangèrent des plaisanteries plus ou moins grasses sur la corrélation entre la température du postérieur de certaines dames et l’effet de la froid sur l’anatomie de certains messieurs.
-Attention, le brigadier, s’écria l’un d’eux.
Rapidement, ils se dispersèrent pour poursuivre leurs besognes.
Fataliste, Henri se remit à marché en poussant les cailloux. C’est alors qu’il entendit des pas précipités sur le gravier le tout accompagné d’un froufroutement de jupons. Il se retourna à temps pour recevoir dans ses bras, lancé tel un boulet de canon emmitouflé de fourrures.
-Madame, que vous arrive-t-il ? demanda-t-il poliment.
-Oh Monsieur, Monsieur, j’ai besoin d’aide ! J’ai perdu mon pauvre chiot.
Henri faillit lever les yeux au ciel. Bon sang, il était entré chez les mousquetaires pour se battre, pas pour déloger des amoureux ou poursuivre des chiots. Grâce à l’éducation que lui avait laborieusement inculquée sa mère, il se retint. Et il s’en félicita. Car lorsque la demoiselle en détresse leva ses yeux sur lui, il oublia ses griefs.
Il la reconnu au premier battement de cils. En un éclair, il se revit quelques années plus tôt, dans ce même jardin, hypnotisé par le jeu des jupes, par le sourire et par les boucles couleur de feu. Il en était tombé amoureux dès la première seconde. Un de ces amours d’enfant puissant, adulateur et persistant.
Et voilà qu’elle se tenait dans ses bras, il sentait son corps contre le sien et ses yeux qui le fixait, lui d’un air délicieusement suppliant.
-Vous allez m’aider, monsieur? N’est-ce pas?
A cet instant là, Henri aurait retourné tout Versailles à mains nues pour avoir encore la chance de tenir la belle dans ses bras.
-Bien sûr Madame, ce n’est pas aujourd’hui qu’un mousquetaire du Roi refusera son aide à une dame en détresse. Racontez-moi ce qu’il s’est passé.
Au fur et à mesure qu’elle lui relatait les événements, Henri avait énormément de mal à se concentrer sur ses paroles, ses yeux étant irrémédiablement attirés par la gorge qu’il avait sous les yeux et qui ne cessait de monter et de descendre sous la respiration saccadée de sa propriétaire.
-Ne vous inquiétez pas, Madame, je vais aller chercher mes collègues et nous allons ratisser les bosquets. Il ne doit pas être loin. Je vous promets de vous le ramener sain et sauf. En attendant, aller vous remettre de vos émotions au chaud dans vos appartements. Vous tremblez et je ne voudrais pas que vous attrapiez du mal.
D’un geste plein de douceur, il attrapa les pans du manteau de fourrure qui avait glissé pendant sa cavalcade et il les resserra autour d’elle, avec un sourire réconfortant. Puis lui offrant sa main, il la ramena vers ses suivantes qui semblaient plus mortes que vives.
-Ne vous faites pas de soucis, je saurais où vous trouvez, lui souffla-t-il.

Puis il s’éloignant d’un pas rapide, à la recherche de ses deux compagnons. Ceux-ci ne parurent pas aussi ravis que lui de cette nouvelle palpitante mission.
-Tu plaisantes Langoiran, je ne vais pas me mettre à quatre pattes pour récupérer une saleté de chien.
-Il parait qu’une fois des mousquetaires ont été chargés de poursuivre le chien du Duc de Vivonne, il s’était enfuis après avoir mordu un courtisan. Et vous savez comme il s’appelle son chien ?
Devant l’air interrogateur de ses deux acolytes, il lâcha fière de lui.
-Cochon ! Etrange pour un chien, non ?
-Le chien du Duc de Vivonne s’appelle Cochon ? Je ne te crois pas.
-Si si je te jure.
-bon on s’en fiche, intervint Henri. Ce n’est pas le chien du Duc de Vivonne que l’on cherche mais celui de sa sœur. Et il ne s’appelle pas Cochon mais Rubis.
-Ils ont de l’imagination dans la famille pour appeler leur chien !
-Je comprends mieux pourquoi tu tiens tant à le retrouver le cochonet !
-Très bien, ne m’aidez pas, s’exclama Henri de plus en plus agacé. Mais quand on me demandera pourquoi Cochon est rentré au bercaille et pas Rubis c’est vous que j’accuserais.

-ça va, on va t’aider.
Et c’est ainsi que la première mission de mousquetaire d’Henri se termina à quatre pattes, dans les buissons !
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MessageSujet: Re: On ne trouve pas toujours ce qu'on veut, mais parfois c'est mieux.   On ne trouve pas toujours ce qu'on veut, mais parfois c'est mieux. Icon_minitime20.03.13 0:22

    Athénaïs de Montespan était peut-être la plus grande comédienne de Versailles. Pour l’instant, ses talents n’étaient pas sur une scène, mais bien au milieu des jardins. Soutenue par ses domestiques, elle donnait l’impression de se sentir mal. Cependant, au moment où les jeunes femmes étaient venues la soutenir, sa voix avait été sans douceur, sans aucune compassion. C’était une menace pure et simple, même si elle était chuchotée. Le ton ne pouvait sortir de la bouche d’une femme venant de subir un malaise. Mais si elle était si bonne actrice, c’était seulement parce que la marquise était encore une meilleure séductrice. Et quand la proie était un mousquetaire, Athénaïs savait très bien qu’elle devait lui donner le jeu du prédateur.

    Elle était convaincue qu’elle avait déjà gagné. Le mousquetaire lui avait assuré qu’il saurait la retrouver. Il n’avait pas demandé son nom. Évidemment, tout le monde savait qui elle était, elle, qui régnait à Versailles en maîtresse, en impératrice. Mais il agissait contrairement aux bonnes manières, il lui donnait l’impression de savoir vraiment où elle habitait. Et à cette pensée, Athénaïs fut déçue de ne pas avoir profité de ce jeune mousquetaire avant.

    Alors que ses domestiques l’amenaient jusqu’au palais, tentant de ne pas marcher sur les jupes de leur maîtresse, essayant de lui faire paraître gracieuse entre leurs bras, la marquise peaufinait son plan de séduction. Elle savait que la clé de ce petit jeu reposait dans l’aspect qu’elle allait donner à son mousquetaire. Le sort de son chien lui paraissait maintenant bien lointain à côté des choix vestimentaires qu’elle devait faire. Elle craignait bien que le beau mousquetaire retrouve Rubis trop rapidement à son goût. Elle était donc contrainte à faire quelques choix maintenant. Dès qu’elles furent à l’intérieur du palais, Athénaïs éloigna ses servantes de larges mouvements de bras et marcha rapidement vers ses appartements. Aussitôt les portes closes, elle laissa tomber sa cape, son manchot, et retira les bottines de ses pieds, laissant ses domestiques ramasser derrière elle.

    S’assoyant rageusement à sa coiffeuse, elle retira les épingles qui retenaient ses cheveux, qu’elle laissa boucler sur ses épaules. Y passant ses doigts, elle leur redonna du volume. Sans aide, sachant exactement ce qu’elle voulait, Athénaïs retoucha son maquillage. Elle remit du noir autour de ses yeux, les faisant paraître plus éclatants, plus vivants, plus brillants. Mais l’important était surtout ses joues, qui devaient être rouges, comme ses lèvres. Pinçant ses pommettes jusqu’à se faire mal, elle ramena la couleur à sa peau blanchie par des centaines de crèmes et potions.

    -Amenez-moi mon corset rouge avec de la dentelle! hurla-t-elle, faisant remuer les boucles de feu autour de son visage.

    Elle peignit à nouveau ses lèvres, et commença à faire d’agréables tests d’expressions devant son miroir. Athénaïs trouvait que l’air abattu et soumis lui allait à merveille, celui qui créait une moue agréable à ses lèvres, alors qu’elle battait lentement des paupières. Pour plaire à ce charmant mousquetaire, la marquise était prête à tout, et allait se montrer plus vulnérable que personne ne l’avait jamais vue. Soumise, jouant la faiblesse, Athénaïs allait se montrer subjuguée par l’héroïsme de son mousquetaire, envoûtée par son charme. Après une nouvelle moue à la glace, elle allait lui faire croire qu’elle lui était conquise, qu’il ne lui restait qu’à planter un drapeau, montrant sa victoire. Athénaïs n’était certainement pas à sa première conquête, elle-même; elle était même une guerrière aguerrie dans les domaines du cœur. Et une Mortemart avait toujours ce qu’elle souhaitait. Pour l’instant, ce qu’elle voulait, c’était ce sublime mousquetaire qui ressemblait à un ange déchu, dont les lèvres lui promettaient les pires débauches, et dont les yeux semblaient vouloir la rendre sienne.

    Enlevant sa robe, elle demanda à ses domestiques de changer son corset pour celui qu’elle leur avait demandé. Enfilant des culottes indécentes qu’elle avait achetées à Paris, qui arrivaient tout juste sous les fesses, elle replaça ses jarretelles. Il ne lui restait qu’à se mettre au lit et à jouer les dames faibles. Un dernier regard vers le miroir lui confirma que personne ne pourrait lui résister. Prenant sa poitrine entre ses mains, elle remonta ses seins dans le corsage plein. Elle était la sensualité même. Mais déjà, Athénaïs entendait des pas rapides dans le couloir. Des pas de bottes, accompagné d’un cliquètement d’épée. Il n’y avait aucun doute, c’était lui. C’était son Ange, qu’elle allait déchoir dans quelques instants.

    Jouant de ses talents d’actrice, elle fit semblant de pleurer, de se lamenter sur le sort de son pauvre petit chiot.

    -Que vais-je faire si les mousquetaires ne le retrouvent pas, Sophie? Je tiens tant à Rubis! Devrai-je faire un chapelet?

    Son autre domestique, Béatrice, entra dans la chambre pour prévenir qu’on avait retrouvé le petit chien et qu’elle avait remercié le mousquetaire pour elle.

    -Je l’ai remercié et prié de partir, avec votre reconnaissance, Madame. Un homme ne devrait se trouver dans les appartements de Madame pendant qu’elle est seule.

    Athénaïs entra dans une colère noire. Lançant le bibelot le plus proche à la tête de Béatrice, elle cria :

    -Retourne-le chercher, idiote, ou je t’arrache la tête de mes ongles, c’est clair?! Ramène-le-moi! Je le veux dans cette chambre dans deux secondes ou bien tu regretteras d’être née! Tu n’as pas à me donner de leçons, petite traînée!

    Évitant de peu la figurine en porcelaine, la domestique s’esquiva en courant, laissant les portes ouvertes derrière elle. Athénaïs put l’entendre du couloir, ses petits cris plaintifs la rendirent malade.

    -Monsieur! Monsieur! Revenez! Madame la marquise veut vous recevoir dans sa chambre. S’il vous plaît, monsieur!

    La voix du mousquetaire lui indiqua qu’elle ne s’était pas trompée, qu’il s’agissait du beau mousquetaire dont elle ignorait jusqu’au nom, mais à propos du quel elle avait de si profonds désirs.

    Elle se replaça dans le lit de manière à paraître de nouveau faible et que son corps soit la première chose qu’il vit lorsqu’il allait franchir la porte. Athénaïs vit Rubis sautiller sur le tapis pour avoir l’attention de sa maîtresse. Ne comprenait-il pas qu’elle voulait justement être la maîtresse d’un autre?

    Quand il pénétra dans la chambre, Athénaïs sentit son cœur battre plus vite, plus violemment sous sa beauté qui l’avait chavirée dans les jardins. Il était tout simplement parfait! Et Athénaïs voulait le faire sien. Par tous les moyens. Il serait un joyau précieux. Elle jeta un petit cri, qui tenait davantage du gémissement et du sanglot, mais peu lui importait.

    -Monsieur, mon cher monsieur. Comment pourrai-je vous remercier? Vous m’avez ramené mon beau Rubis. Approchez, approchez que je puisse vous remercier! Il y a certainement quelque chose que je pourrais vous offrir, dit-elle, la tête dans les oreillers blancs, la faisant paraître encore plus fatale, sa voix restait malgré tout douce et suppliante. Sophie, Béatrice, allez vous occuper de Rubis, il doit être gelé.

    Les deux domestiques sortirent docilement de la pièce, alors qu’Athénaïs retournait son attention vers le beau mousquetaire.

    -S’il vous plaît, dites quelque chose qui vous plairait et je vous l’accorde immédiatement, ronronna-t-elle, battant lentement de ses longs cils.

    Elle étira le bras vers lui, posant sa main sur la sienne.

    -Mais avant, dites-moi le nom qui accompagne le plus charmant mousquetaire et le plus parfait visage de Versailles?
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MessageSujet: Re: On ne trouve pas toujours ce qu'on veut, mais parfois c'est mieux.   On ne trouve pas toujours ce qu'on veut, mais parfois c'est mieux. Icon_minitime09.06.13 18:56

Rubis ! Ruuuuubiiiiis
Henri écarta une branche qui le gênait et continua d’avancé. Au loin, il entendait ses camarades appeler le petit chien avec plus ou moins d’entrain. Il s’enfonça à nouveau dans un buisson dont les branches prirent un malin plaisir à s’emmêler avec son uniforme de mousquetaire. Il s’arrêta pour ne pas déchirer l’étoffe et fût saisit par la futilité des choses. Aujourd’hui, il arpentait Versailles à la recherche d’un chien tout en veillant à ne pas abimer sa cape alors que demain, il serait sur le champ de bataille, à lutter pour sa vie en prenant celles des autres.
Le champ de bataille. Ces mots lui faisaient tourner la tête. Son baptême du feu. Serait-il à la hauteur ? Ferait-il honneur à son Roi ? A sa mère ? A son père ?
Il était à la fois impatient et effrayé à cette idée. Il savait que cette épreuve le changerait à jamais et qu’il pouvait en revenir avec la gloire du combattant. Encore fallait-il en revenir.
Chassant ses idées noires, il déboucha sur un parterre de rosiers. L’endroit lui était familier, il l’avait maintes fois parcouru avec Benoit, lors de leur promenade.

4 ans plus tôt.
-Cette espèce là est très résistante au froid, mais ses fleurs sont moins belles et surtout moins odorantes que la première, alors nous allons tenter de les mélanger pour … Henri, tu m’écoutes.
Non, Henri n’écoutait pas du tout. Les roses étaient le dernier de ses soucis. Plus loin dans l’allée, se tenait une jeune femme d’une beauté éblouissante, entourée d’une foule d’admirateurs. Elle avançait d’un pas dansant, écoutant les propos que lui tenait un gentilhomme, riant en renversant la tête et en agitant sa superbe chevelure. Pour un jeune homme d’à peine 13 ans, c’était la plus belle apparition de la terre.
-Je vois que tu sembles plus intéressé par d’autres sortes de fleurs, dit le Marquis en souriant.
-Qui est-ce ? demanda le jeune garçon sans tourner la tête.
-la Duchesse de Mortemart, mais je me dois de doucher tes ardeurs bien vite mon garçon, outre le fait que tu sois bien trop jeune pour la donzelle, elle est fiancée au Marquis de Montespan.
Cela n’empéchait pas le jeune Henri de dévorer la dame du regard. Alors que le groupe de jeunes gens s’installaient sur un banc, s’éparpillant dans les fleurs, un secrétaire vint porter un message à Benoit.
Saisit d’une impulsion subite, il coupa une rose, la plus belle bien que fragile. Son mentor ne l’aurait surement pas autorisé mais il fallait parfois forcer le destin. Puis le cœur battant la chamade, il s’approcha de la jeune Duchesse, qui s’éventait en observant ses prétendants se chamailler le droit de porter son ombrelle.
-Madame, l’interpella-t-il.
Elle tourna la tête et posa son regard clair sur lui.
-Permettez-moi-d’offrir-une-fleur-à-une-fleur déclama-t-il à toute allure, en tendant sa rose.
Il gagna en retour un sourire attendrit qui le rendit cramoisie.
-Henri, l’interpella au loin le Marquis.
Il tourna le dos et s’enfuit presque en courant.


Retour au présent
Restait-il une trace de la fascination du jeune garçon dans le mousquetaire d’aujourd’hui qui expliquait son empressement à rendre service à la Marquise. Probablement. Henri ne se sentait pas si loin du jeune garçon qu’il était à ce moment là.
Un gémissement ténu le fit sortir de ses pensées. Se pourrait-il que la chance lui sourit ?
Avec précaution, il s’approcha d’un buisson, pour découvrir un jeune chien apeuré, dont le collier était pris dans une branche. Le pauvre était à moitié étranglé à force de tirer dessus.
Henri tendit une main et évitant les coups de dents de l’animal effrayé parvint à l’extraire de son piège végétal.
Il s’empressa de gagner le château, ne prenant même pas le temps de prévenir ses camarades pour qu’ils cessent leur recherche. Il toqua à la porte des appartements de la Marquise et une des suivantes qu’il avait vu tout à l’heure vint lui ouvrit.
-J’ai retrouvé le chien de Madame, déclara-t-il fière, en levant l’animal à hauteur d’yeux comme une laisser-passer.
-Oh merci bien, rétorqua la femme.
Elle tendit un bras pour se saisir du chien et lui claqua la porte au nez.
Estomaqué, Henri resta face à la porte, furieux qu’on lui coupe l’herbe sous le pied de ses retrouvailles avec une femme qui avait alimenté ses rêves d’adolescent.
-Bah vas y toute seule grosse dinde ! s’énerva-t-il contre le panneau de chêne qui ne lui avait rien fait.
Vexé, il tourna les talons et s’éloigna. Mais alors qu’il était sur le point de sortir du château, il entendit qu’on l’appelait.
-Monsieur! Monsieur! Revenez! Madame la marquise veut vous recevoir dans sa chambre. S’il vous plaît, monsieur!
Avec un sourire satisfait il dépassa la suivante et regagna les appartements qu’il venait de quitter.
-Merci Hildegarde, je connais le chemin.rétorqua-t-il, l'affublant volontairement d'un nom ideux.
Il ouvrit la porte du temps sacré et la découvrit plus belle que jamais, étendu sur le lit, dans un déshabillé qui lui coupa le souffle. Un homme un peu plus expérimenté, aurait compris le subterfuge mais Henri bénéficiait encore de la naïveté de la jeunesse. Il ne voyait que les courbes de son corps, à peine cachées, ses yeux brillant et ses cheveux de feu qui l’avait toujours fasciné. Il avala sa salive avec difficulté.
-Monsieur, mon cher monsieur. Comment pourrai-je vous remercier? Vous m’avez ramené mon beau Rubis. Approchez, approchez que je puisse vous remercier! Il y a certainement quelque chose que je pourrais vous offrir, dit-elle.
Henri se douta que « vous » n’était pas une réponse protocolairement acceptable. Il jeta un œil à l’ouvreuse de porte et se rendit compte qu’elles étaient à présent deux. Se reproduisaient-elles instantanément ? En tout cas, elles lui jetaient le même regard peu avenant. Et elles furent congédiées.
-S’il vous plaît, dites quelque chose qui vous plairait et je vous l’accorde immédiatement, redemanda Athénaïs.
Il a des fois dans la vie, où il faut savoir prendre les devants. Etait-ce la perspective de partir bientôt à la guerre ou bien Henri se découvrait-il un talent de don juan ? Quoi qu’il en soit, si le petit garçon de 13 ans avait proposé une rose, le Henri d’aujourd’hui allait jouer de son charme.
-Que peut-on vouloir de plus qu’un tête-à-tête avec la plus belle femme de Versailles, déclara-t-il avec une voix plus grave qu’à l’accoutumé et une assurance qu’il était loin de ressentir.
-Dites-moi le nom qui accompagne le plus charmant mousquetaire et le plus parfait visage de Versailles?
Elle étendit une main pour le saisir et inconsciemment, il su que la partie était gagnée.
-En réalité nous nous sommes déjà rencontrés. Je vous ai offert une rose dans la roseraie, il y a quelques années. J’étais loin de me douter que j’aurais l’honneur et le plaisir de pénétrer dans l’antre de la Marquise, répondit-il avec un sourire laissant pleinement deviner qu’il était conscient du double sens de ses paroles.
Tenant toujours la main de la jeune femme, il s’assit au bord du lit.
-Vous êtes encore plus belle que dans mes souvenirs, susurra-t-il en embrassant sa main.
-Et je ne suis plus un petit garçon, ajouta-t-il en la regardant droit dans les yeux. Un peu hésitant, il se pencha et ne sentant aucune forme de résistance, il embrassa les lèvres couleurs rubis d’Athénaïs.
Un baiser chaste d’abords, mais qui le devint beaucoup moins lorsque cette dernière glissa ses mains dans ses cheveux pour l’attirer à elle. Il bascula sur le lit et perdit la notion du temps.
Mécaniquement, comme mû par une force propre, ses mains caressaient, déshabillaient, effleuraient, a grippaient. Mais son esprit déconnecté, n’arrivait pas à réaliser ce qu’il était en train de lui arriver.
Après ce qui lui sembla durer une éternité (surement moins !), il roula sur le côté, essoufflé. Il se passa une main dans les cheveux, un sourire béat sur les lèvres, il dû se retenir de lever un point victorieux dans les airs.
Il tourna la tête pour observer son amante qui s’étirait comme un chat. Le sourire qu’elle affichait, gonfla l’orgueil du jeune mâle, conforté sur ses performances.
-Tu viens de m’offrir le plus beau des cadeaux, glissa-t-il à l’oreille de la jeune femme. Des souvenirs brulant qui me tiendront chaud quand je serais sur le front.
Il caressa son visage.
-Et une raison de revenir.
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On ne trouve pas toujours ce qu'on veut, mais parfois c'est mieux. Empty
MessageSujet: Re: On ne trouve pas toujours ce qu'on veut, mais parfois c'est mieux.   On ne trouve pas toujours ce qu'on veut, mais parfois c'est mieux. Icon_minitime02.09.13 20:49


    Athénaïs eut un sourire en coin qu’elle tâcha de ne pas faire paraître comme carnassier. La marquise avait beaucoup en commun avec un de ces félins dangereux, qui montraient les crocs au soleil. Seulement ses dents étaient légèrement moins dangereuses, peut-être ses lèvres l’étaient-elles davantage. Elle espérait plus que tout que ses domestiques étaient loin maintenant et la laisseraient en paix. Pourtant, elle n’avait pas assez d’attention pour se concentrer sur deux problèmes à la fois, et la jeune femme aimait mieux donner toute son attention au mousquetaire devant elle. Avait-elle déjà eu un mousquetaire? Hum, il ne lui semblait pas. Et quel bon début que de s’offrir le plus beau! Et le plus charmeur, manifestement.

    -Oh, monsieur, je vous en prie, ne vous moquez pas de moi, répliqua-t-elle, en battant lentement de ses longs cils. Je suis certaine qu’une femme plus jeune et plus jolie que moi vous attend à Paris.

    Elle ajouta une moue triste, tournant légèrement la tête. Elle savait exactement comment s’y prendre et avec un homme de cet âge, c’était encore plus facile. Ils étaient, de mesure générale, moins expérimentés et se laissaient prendre au piège par les techniques les plus élémentaires. Moins d’énergie pour plus de plaisir, en somme. En s’insultant elle-même, le mousquetaire n’aurait pas d’autre choix que de la noyer sous des compliments et sous son admiration. Et il y avait une chose qu’Athénaïs aimait plus que les bijoux brillants, c’était les yeux scintillants des jeunes hommes lorsqu’il la regardait. Bien sincèrement, la marquise savait que les petites débutantes ne lui arrivaient pas à la cheville, que leurs mouvements d’éventail étaient réduits à néant devant son mordant et son indépendance. Quelques mensonges, des beaux sourires et des battements de cils innocents étaient une recette gagnante! Pour l’instant, Athénaïs ignorait que son mystérieux mousquetaire croyait également la partie gagnée. Tant qu’ils voulaient la même chose, la jeune marquise pouvait bien s’autoriser une partie nulle.

    Il lui expliqua qu’ils s’étaient déjà rencontrés. Alors que ce que le jeune homme avait fait se produisait plus de fois qu’une femme mariée ne devait l’admettre, elle aurait dû oublier, elle le savait. Pourtant, sa mémoire se souvenait malgré tout de ce garçon blond, aux yeux immenses dévorant son visage, qui avait parlé si vite qu’elle avait eu besoin de demander une confirmation à ses dames de compagnie, qui lui avait offert une simple fleur. Et peu importe combien la marquise était vénale, à ce moment, cette simple rose lui plaisait davantage que les berlines plaquées aux feuilles d’or et des robes exotiques que lui offraient ses amants.

    Peut-être que quelque chose avait remué en elle à l’idée qu’un aussi jeune garçon, aussi innocent, veuille d’elle, sans vouloir d’avancement, sans penser à un jeu politique. Et c’était peut-être pour cela qu’elle se souvenait de lui.

    Son souffle se coupa devant les avances directes, bien qu’un peu maladroites de son mousquetaire, mais qui était-elle pour le repousser? Un rougissement de circonstance prit ses joues et elle fit mine de se débattre mollement, mais c’était une façon indécente de passer ses bras autour de son cou et de le serrer contre elle. Leurs nez frottèrent l’un contre l’autre avant que leurs lèvres ne se frôlent. Les paupières d’Athénaïs papillonnèrent, alors qu’elle accentua le contact, plaquant leurs bouches l’une contre l’autre. Il ne fallut que quelques secondes pour que leur baiser devienne désordonné et sensuel. Il les fit basculer sur le lit. Athénaïs reprit rapidement ses instincts pour s’accrocher à son compagnon,  commençant à remuer des hanches sous lui. Elle mordit violemment sa lèvre et quand elle sentit le goût âcre du sang, elle s’empressa de suçoter la chair rouge du mousquetaire, lui offrant un pardon silencieux. Un gémissement s’échappa de sa bouche lorsqu’elle sentit ses mains sur son corps. Ses belles mains d’homme, la peau rude des combats, les longs doigts d’aristocrate… Athénaïs se demandait présentement pourquoi elle ne s’était pas directement présentée nue devant lui. À ce moment, elle avait tellement envie de sentir ces muscles durs contre sa peau, elle avait envie de savoir quels sons il ferait dans son orgasme, elle se demandait comment il la prendrait? Était-il aussi innocent et romantique qu’il le laissait paraître ou cachait-il un côté violent et autoritaire sous cette façade d’ange?

    Cependant, il roula loin d’elle et Athénaïs eut l’impression qu’elle perdait son souffle, ou bien qu’on lui arrachait une partie capitale d’elle-même. Ses doigts restèrent quelques instants supplémentaires sur les biceps du mousquetaire, tentant de le ramener à elle. Mais elle oublia cette idée quand elle vit qu’il ne s’éloignait pas pour autant. Lui souriant à demi, ses yeux apparaissant avec une brillance inattendue sous ses paupières, elle continua d’embrasser son cou par pure gourmandise. Mais elle arrêta brusquement en attendant la déclaration du jeune homme. Vivement, elle redressa la tête.

    -Tu pars? Mais… je voulais que tu restes!

    D’instinct, elle s’était adressée à lui par le tutoiement. Elle lui avait sauté dessus comme une sauvage, elle n’était plus à la courtoisie près, aussi bien continuer ainsi.

    -Je peux demander au frère du roi pour que tu restes, tu sais? Je pourrais t’enfermer dans mes appartements, suggéra-t-elle, avec un sourire coquin.

    Puis, voyant qu’il n’avait guère l’intention de rester avec les femmes et les vieillards, de rester derrière, ignorant le son des trompettes l’appelant au front, Athénaïs fronça les sourcils avant de se lever rapidement.

    Rejetant les couvertures, elle croisa les bras et alla à la fenêtre, tournant dos à cet homme étendu dans son lit.

    -Tu m’annonces que tu vas aller au front comme ça, avant même que je sache ton nom? Tu es vraiment un sacré séducteur.

    Se mordant les lèvres, serrant les poings, elle déroba entièrement son visage à la vue du mousquetaire. Réussissant à mouiller ses yeux sans trop de mal maintenant, elle prit une voix éraillée, qui se battait contre les larmes.

    -Je veux au moins savoir ton nom que je puisse prier pour toi, pour que tu puisses me revenir.

    Les hommes étaient si faciles à berner qu’Athénaïs n’avait même pas besoin de se forcer pour obtenir ce qu’elle souhaitait. Et ce qu’elle désirait à ce moment était l’amour éternel de ce jeune homme, surtout s’il devait mourir au combat. Elle voulait, par pure vanité, qu’il meure en pensant à elle.

    -Je t’ai peut-être fait un beau cadeau, mais toi, tu ne fais que m’arracher le cœur, en m’offrant le paradis et me le retirant aussitôt. Tu es cruel, simplement cruel.

    Se retournant, Athénaïs lui montra son visage fier, malgré les larmes qui l’inondait.


(Désolée de mon impardonnable retard, mais je suis de retour! <3 )
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