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 Y'a-il quelqu'un pour assurer la sécurité dans la ville? [Gabriel - François]

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MessageSujet: Y'a-il quelqu'un pour assurer la sécurité dans la ville? [Gabriel - François]   10.01.13 23:25

e]]- Et alors là, Hannes s’est mis à compter et j’ai été me cacher mais en emmenant Andrew, il est trop petit pour pouvoir le faire tout seul ! Vous voyez père, j’ai parfaitement retenu votre leçon !
- C’est bien, mon fils[/b], répondit distraitement Gabriel.
- Mais on est resté caché bien longtemps et quand Hannes nous a trouvé, nous étions gelé tous les deux.
- Et tu comprends que je sois fâché que tu aies risqué d’attraper la mort pour une simple partie de cache-cache ! Sans compter que tu as entrainé un garçonnet avec toi ! Vous auriez pu tous deux tomber très malade à jouer comme ça dans le froid !
- Aurai-je une énorme punition pour cela, père,
demanda le petit garçon avec de grands yeux innocents.
- Ne joue pas à ça avec moi, fils, tu ne m’auras pas ainsi ! Oui, tu seras puni, je déciderai ce soir de ta punition !

Florent eu beau verser des larmes de crocodiles, Gabriel resta intraitable. À la vérité, c’était Fleurette, la nourrice, qui selon lui méritait un véritable châtiment : il lui avait confié les jeunes garçons et elle n’avait pas à les perdre de vue de la sorte. On avait dû les chercher pendant près de quatre heures, même Hannes ne savait pas où ils avaient bien pu se cacher. A cause de sa négligence, le lieutenant de la Reynie avait dû interrompre son travail afin d’envoyer des hommes à la recherche de son fils ! Il avait donc dû laisser beaucoup de ses affaires à ses incapables de commissaires ce qui l’avait exaspéré au plus haut point. Après avoir retrouvé les deux garçonnets endormis au creux d’un arbre, totalement insouciants du tapage qu’ils avaient crée, Gabriel avait eu du mal à contenir sa fureur. En vérité, il avait engagé cette gouvernante afin qu’elle prenne soin de son fils et qu’il n’ait pas à s’occuper de telles futilités. Sans compter que toutes ces recherches n’avaient été qu’une démonstration de plus de l’incompétence notoire de ses hommes. À tel point qu’il avait été obligé de diriger lui-même les recherches !

Une fois de retour à l’hôtel de police, il s’était rendu compte qu’aucune des affaires en cours n’avait avancée en son absence. Faisant fi de leurs protestations de ceux-ci, il convoqua ses commissaires de Paris dans son bureau afin de leur faire savoir le fond de sa pensée. Mais alors qu’il avait préparé un discours sec mais concis, il s’était passé quelque chose qui ne lui était plus arrivé depuis la fin de ses études : la fureur l’avait saisit et il avait hurlé comme jamais sur ses hommes. Depuis le début de sa réforme, il n’avait pu engager que très peu d’hommes compétents et il en avait assez de devoir toujours repasser derrière tout le monde afin de faire régner l’ordre à Paris. Un des commissaires avait bravement tenté de défendre l’honneur de sa profession en mettant en avant les affaires qui avaient été résolues. Mais le lieutenant de la Reynie était bien placé pour savoir que seules les interventions des espions, mouches et moutons étaient à l’origine du succès de ces affaires. C’était encore plus rageant de ne pouvoir les nommer à voix haute à titre d’exemple.

Après une telle soirée, le lieutenant était rentré de bien méchante humeur et s’était montré incapable de continuer son travail nocturne. Contraint à aller se coucher de bonne heure, il s’était réveillé toujours envahit par la fureur. Le petit Florent avait bien mal choisit son moment pour implorer le pardon de son père, celui-ci grognait depuis le matin et ne pensait qu’à une chose : son discours n’avait servit à rien la veille ! Certes, les commissaires avaient été effrayé mais ils avaient de toute évidence considérer ses paroles comme vaines, sûrs que leur bonne volonté équivalait leur efficacité. Une nouvelle preuve que perdre son sang-froid était la pire des solutions et que rien ne valait une froideur apparente quoiqu’il advienne.

Gabriel terminait son repas, tout d’abord agacé par les sanglots de Florent. Il finit par se calmer, l’enfant n’était pour rien dans l’incompétence de ses hommes. Il lui donna une petite tape affectueuse sur la tête :


- Allons mon fils, laisse les larmes aux femmes et aux faibles ! Nous reparlerons de tout cela ce soir !
- Cela veut dire que vous serez là ?
demanda le petit garçon en ravalant ses larmes.
- Oui, soupira Gabriel, je serai avec toi ce soir !

À ces mots, Florent sécha ses larmes et termina son repas dans le silence, laissant son père ruminer. Père et fils terminèrent leur repas en silence puis après les embrassades règlementaires, Gabriel franchit la cloison qui le séparait de l’hôtel de police. L’ambiance était plutôt calme ce matin et il lui semblait que tout le monde évitait son regard. Sa colère de la veille avait au moins eu le mérite de marquer les esprits à défaut de faire réagir les corps. Le commissaire Brunet, la maladresse personnifiée vint faire son rapport quotidien au lieutenant de police lui demandant :

- Vous vous sentez mieux, monsieur de la Reynie ?
- Lieutenant de la Reynie
, se contenta de répondre Gabriel sans le regarder.

Brunet bafouilla quelques excuses et annonça qu’une fois de plus aucune des affaires n’avaient progressé mais que « les hommes ne ménageaient pas leurs efforts afin d’y arriver ». Gabriel le congédia d’un mouvement las de la main. Il avait passé une mauvaise nuit pour rien. Il implora Dieu de lui venir en aide en envoyant une affaire qui servirait d’exemple afin que ses hommes se décident une bonne fois pour toutes à revoir leurs méthodes. Peut-être deviendraient-ils enfin efficaces ? Gabriel éclata de rire tout seul à cette idée, décidément il vivait d’espoirs.

- Lieutenant de la Reynie ? Monseigneur François de Froulay désire vous parler en personne ! Dois-je le faire entrer ?

Le capitaine de la Garde de Monsieur était également un mousquetaire et Gabriel espérait qu’il n’aurait pas à gérer le débordement de l’un de ceux-ci aujourd’hui, il n’était pas d’humeur. Néanmoins, il prit son air le plus sérieux en opinant du chef. Le capitaine entra dans le bureau. Il était encore jeune mais Gabriel le savait parfaitement qualifié pour sa tâche aussi le respectait-il. En voyant son air soucieux, il devina les ennuis à venir.

- Monsieur, que puis-je faire pour votre service ?

Tout en disant cela, il lui désigna le fauteuil en face de son bureau. Il n’était plus temps d’être de mauvaise humeur, le travail passait avant tout !

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MessageSujet: Re: Y'a-il quelqu'un pour assurer la sécurité dans la ville? [Gabriel - François]   26.01.13 0:34

Disons le tout net, la patience était de loin l'une des qualités premières de François. C'était sans doute pour cela qu'à son jeune âge il se retrouvait avec un poste aussi important que celui de capitaine des gardes du troisième homme de France – après le roi et le dauphin, bien évidemment. Mais voilà, aussi patient, calme et réservé que le jeune mousquetaire pouvait l'être, il avait lui aussi un point de rupture, et il y avait un moment où assez, c'était assez. Et là François était au bord de la rupture. Il avait passé une première nuit auprès du prince après son agression, puis une seconde, et puis cela s'était transformé en une semaine. Ce n'était pas les ragots transportés par les mignons qui l'inquiétaient, non, ça il s'en moquait pas mal, de toute façon, il aurait fallut du temps avant que cela parvienne aux oreilles de la seule à qui cela pouvait causer du tort, et la connaissant comme il la connaissait, Claire en aurait plus rit qu'autre chose. Non, c'était plus pour ses nuits au sommeil agité que François pensait. Il était évident que le duc ne dormirait bien – et François avec – qu'une fois que les hommes qui l'avaient agressé seraient derrière les barreaux. Mais pour cela, il fallait que la police parisienne s'active, et hélas, d'après ce qu'il avait remarqué, ce n'était visiblement pas leur première priorité. Mais l'une des autres qualités de François était sa détermination, et il n'allait pas se laisser avoir de la sorte.

La veille, il s'était rendu lui-même au bureau du chef de la police, Gabriel-Nicolas de la Reynie. Mais malgré son poste, l'importance de la raison de sa visite et l'insistance qu'il y avait mise, il avait été dans l'impossibilité de voir le lieutenant de police général. Oui, certes, La Reynie était occupé, il était le premier à porter une telle charge et avait fait de la sûreté parisienne son cheval de bataille – ce qui n'était pas un luxe quand on savait quel fange fréquentait la plus grande ville de France – au point que beaucoup de pays finiraient par envier la police française, mais pouvait-on vraiment appeler ça une opération réussie quand le frère du roi se faisait agresser en plein milieu de la rue, en plein jour qui plus est, et que la police ne faisait rien pour retrouver les fauteurs de troubles ? François le savait être un homme pointilleux qui mettait du cœur à son travail. Aussi ne s'avoua-t-il pas vaincu pour autant, et le lendemain, décida de se rendre à nouveau au bureau du lieutenant général et que cette fois-ci, il ne se laisserait pas marcher sur les pieds par de la bleusaille et encore moins par l'administration policière. C'était mal connaître le jeune Froulay qui n'était pas du genre à s'en laisser compter, au grand regret de certains. Aussi le jeune homme décida d'arriver assez tôt, après s'être assuré que le prince n'avait pas besoin de lui, tout en laissant des indications pour le retrouver le cas échéant – et avoir passé une nouvelle nuit dans ce fauteuil horriblement inconfortable ce qui l'avait mit de méchante humeur – de manière à s'assurer d'avoir une entrée chez La Reynie.

Hélas, il était des endroits qui ne désemplissent pas. L'hôtel de police en était un. François poussa un soupir d'agacement en mettant pied à terre, avant de confier les rênes de Soraya à l'un des palefrenier de la place. Ce n'était pas gagné. Il n'était pas vraiment d'humeur, mais il lui fallait prendre son mal en patience – encore une fois. Connaissant désormais le chemin pour arriver au bureau de celui qui régnait en maître ici, il s'approcha de son secrétaire, bien déterminé à entrer cette fois-ci.

-Ah, Monsieur de Froulay, j'imagine que vous venez voir le lieutenant de la Reynie encore une fois ? Eh bien je suis au regret de vous dire que...

François ne le laissa pas finir et tapa violemment sur le bureau de l'homme en face de lui :

-Ecoutez-moi bien ! Je suis ici sur les ordres de Monseigneur le Duc d'Orléans, le frère du roi. Je doute réellement qu'il soit ravis d'apprendre que pour la deuxième journée consécutive, je n'ai pas pu m'adresser au lieutenant. Son mécontentement pourrait remonter jusqu'au roi lui-même si jamais il le voulait. Il suffit pour cela que je lui en souffle un mot. Me suis-je bien fait comprendre ?

En temps normal, François avait horreur de faire valoir sa position, et de mentir – même si dans le cas présent, il s'agissait plus d'une légère modification de la vérité plutôt qu'un véritable mensonge – mais après huit jours au sommeil aléatoire, sa patience était à bout. Il était temps d'y remédier. Avec ce premier nom illustre, le secrétaire avait pâlit, mais en entendant le mot « roi », François cru qu'il allait défaillir. Très bien, tant mieux ! C'était ce qu'il cherchait.

-Je... je vais voir ce que je peux faire... marmonna-t-il timidement en tremblotant, avant de se lever de son bureau.

François soupira et retira ses gants de cavaliers, ainsi que son feutre qu'il plaça sous son bras comme l'étiquette l'exigeait. Il attendit quelques instants avant de voir le secrétaire revenir, lui faisant signe de le suivre :

-Monsieur le lieutenant général de police vous attend, monsieur...

Il est des jours où il faut faire savoir jouer sa relation, songea le jeune mousquetaire en souriant de satisfaction, avant de passer la porte du bureau. Enfin il se retrouva face à l'homme sévère et avide de résultats, assis à son bureau entouré de dossier. Le devoir ne dort jamais hélas... François le salua, et la Reynie lui lança :

-Monsieur, que puis-je faire pour votre service ?

François prit le siège qu'il lui désignait, avant de lui exposer son problème :

-Je m'excuse d'ainsi forcer votre porte, lieutenant, mais le problème qui m'amène est des plus sérieux. Comme vous le savez, Son Altesse Royale, Monsieur le Duc d'Orléans, a été attaqué lors d'un de ses déplacements parisiens il y a quelques jours. Il admet désormais ne pas avoir eut l'escorte suffisante pour lui permettre de voyager en total sécurité, mais il s'inquiète également de l'avancée de cette histoire. A vrai dire, cela fait plus de huit jours, et aucun progrès n'ont été faits dans cette enquête. On s'en prend à une personne royale, le frère du roi. Il ne s'agit pas du premier noble venu. Je ne veux absolument pas critiquer votre travail, mais la santé du prince s'en ressent, et en tant que son capitaine des gardes, je me dois de venir demander des explications...

Le ton de François était ennuyé. Mais hélas, les faits étaient les faits, et il n'avait pas le choix...

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ANYTHING COULD HAPPEN  


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MessageSujet: Re: Y'a-il quelqu'un pour assurer la sécurité dans la ville? [Gabriel - François]   11.02.13 17:45

Gabriel aurait mentit en prétendant n’avoir pas la moindre idée sur le motif de la visite de monsieur de Froulay. Il feint d’être étonné de le voir là étant donné que la présence du capitaine des gardes du duc d’Orléans ne faisait que remuer le couteau dans la plaie : voilà quelques jours qu’on avait agressé le frère du roi en plein Paris et dérobé son carrosse. Lorsqu’il avait eu vent de cette affaire, le pauvre lieutenant de police aurait bien aimé suivre l’exemple de son fils et fondre en larmes. Il finissait presque par se demander si son idée avait réellement un avenir : aurait-on jamais besoin d’une police centralisée, cela ferait-il un jour naturellement partie de l’administration ? Il avait envie d’y croire, mais pour l’heure, il en doutait. Il avait mis le commissaire de La Mare sur le coup, le seul de ses hommes qui soit capable bien qu’il ne fasse pas son rapport aussi souvent qu’il le faudrait. Gabriel comprit que la présence du jeune homme dans son bureau prouvait que même de La Mare était en train de le laisser tomber.

Il écouta François de Froulay attentivement. Il devait reconnaître que celui-ci lui parlait de l’incompétence de ses services avec le plus grand calme comme s’il s’agissait d’un chien qui se serait fait piétiner par un cheval en pleine rue. Que peut-on exactement reprocher à quelqu’un qui garde son calme même lorsqu’il vous insulte ? Gabriel n’en savait rien.


- Je comprends, dit-il sans lever les yeux une fois que Froulay eut terminé son discours.

Et c’était la plus stricte vérité. Il comprenait mais se sentait pour le moins mal à l’aise car il n’avait pas la moindre idée du déroulement de l’enquête. Il avait convoqué de La Mare la veille mais il avait été pris par les recherches de son fils et de ses amis.
« Désolé monsieur, j’aurai probablement pu vous renseigner sur votre pénible affaire si mon fils ne s’était pas perdu en jouant à cache-cache avec ses camarades et que mes hommes n’étaient pas incapables de retrouver deux garçonnets de six et trois ans sans mon aide » n’était probablement pas la réponse que le capitaine des gardes attendait. Le pire étant que l’affaire avait peut-être été réglée et qu’il en ignorait tout. Il appréciait les services de La Mare mais cette manie qu’il avait de ne jamais le tenir au courant finirait par le rendre fou.

Il aurait pu insister sur le fait que les malfrats s’étaient sûrement sauvés loin de Paris une fois qu’ils s’étaient aperçu que leur précieux butin n’était autre qu’un carrosse royal mais la complexité – relative- de l’affaire n’excusait en rien le fait qu’un prince ne pouvait se promener dans Paris sans risquer de se faire détrousser comme un simple bourgeois. Faire appel à la compréhension de monsieur de Froulay ne servait donc strictement à rien. Il opta donc pour la semi vérité. Il se leva et appela son secrétaire.


- Dantet, fais venir le commissaire de La Mare sur le champ, peu importe ce qu’il est en train de faire, qu’il l’abandonne et se rende ici ! Et apporte au capitaine Froulay et moi-même un peu de cette gnôle que les hommes cachent en bas croyant que je l’ignore.

Il ferma la porte et revint s’asseoir face à Froulay, voulant à tout prix garder un certain contrôle sur la situation.

- Je sais que vous n’avez pas pour habitude de boire durant votre service, et pour tout vous avouer, moi non plus ! Seulement, aujourd’hui je ferai exception et vous allez m’accompagner. Le commissaire de La Mare qui est en charge de l’enquête vit de l’autre côté de Paris et je n’ai pas envie de ruminer sur cette pénible affaire en l’attendant.

À la vérité, il avait grand besoin de se détendre et malgré son ton calme, il était intimement persuadé que le capitaine des gardes devait en avoir autant besoin que lui. Il fit silence lorsque Dantet leur apporta un plateau contenant une bouteille fort sale ainsi que deux verres presque propres. Le secrétaire assura qu’un homme était partit chercher le commissaire avec l’une des meilleures montures actuellement disponible puis pris congé. Gabriel servit les deux verres et en offrit un à Froulay. Il prit ensuite le sien mais sans encore y goûter.

- Mon cher, je dois vous avouer que votre affaire me contrarie : le commissaire en charge de l’enquête – le meilleur de Paris – devait me renseigner hier soir sur les avancées mais une affaire plutôt délicate m’a malheureusement retenu sur le terrain. Moi qui m’étais juré de ne plus jamais y retourner, je sais désormais pourquoi : il faut que je puisse être disponible à tout instant. Seulement, je n’aurai pu être ailleurs, à mon regret, veuillez m’en croire.

Il évita de préciser que l’affaire délicate qui l’avait retenu la veille n’était autre qu’une partie de cache-cache entre gamins imprudents qui avait mal tournée.

- Voyez-vous, lorsque j’étais jeune, il était impossible de se promener dans Paris à la tombée du jour sans être en danger de mort. Et tout le monde trouvait cela parfaitement normal. C’est pourquoi cela prend du temps aujourd’hui de nettoyer toute la vermine de Paris, cela prend du temps. Nous avons fait quelques progrès bien sûr mais nos services sont débordés. Toutefois, je dois vous accorder que l’affaire du carrosse de Monsieur aurait dû passer en priorité. Comptez sur moi pour prendre les mesures nécessaires afin d’ajuster le tir. Cela ne se reproduira plus, soyez-en assuré !

Le lieutenant de la Reynie vendait la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Il le savait et se sentait honteux d’en être arrivé là. Mais comment justifier le fait que même le meilleur de ses hommes avait été négligeant sur une affaire de cette importance ? Rien en vérité. Gabriel était en mauvaise posture et devait à tout prix se tirer de ce mauvais pas avant que les retombées ne soient irrémédiables.

- Le commissaire de la Mare est un homme des plus compétents mais qui aime particulièrement prendre son temps. Ne lui en tenez pas rigueur, son travail a toujours été parfait !

Gabriel but d’un coup sec son verre de gnôle et faillit s’étouffer. Tudieu, cela devait être un alcool fort bon pour récurer les sols, non pour boire.

- Voici qui est parfaitement infect, dit-il en souriant, il est hors de question que mes hommes en boivent encore une goutte, cela rendrait la plupart d’entre eux plus sots qu’ils ne le sont déjà.

Pendant un court instant, Gabriel fut tenté de jouer la complicité avec Froulay, lui rappelant qu’ils étaient tous deux officiers et qu’il devait savoir mieux que quiconque ce que c’était que d’avoir à tenir des hommes mais quelque chose l’arrêta. Le jeune homme en face de lui était intelligent – malgré le verre de tord-boyau qu’il venait d’avaler – et il ne se laisserait sûrement pas avoir par une tentative aussi sournoise. Alors que le lieutenant était ravi de s’être ravisé et d’avoir réussit à jauger le maréchal des logis, Dantet frappa à la porte.

- Lieutenant ? Le commissaire de La Mare est là, il était justement en route pour vous faire son rapport.

Gabriel retint un soupir de soulagement : si le commissaire prenait la peine de venir lui faire son rapport, c’est qu’il devait avoir avancé dans l’enquête !

- Bien, faites-le entrer !

Il se tourna ensuite vers Froulay :

- Eh bien capitaine, vous allez enfin avoir vos explications !

Du moins, l’espérait-il au moins autant que lui !

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MessageSujet: Re: Y'a-il quelqu'un pour assurer la sécurité dans la ville? [Gabriel - François]   04.03.13 23:53

Disons-le tout net, François détestait jouer les donneurs de leçon. Il ne fallait pas non plus trop lui en demander. D'ailleurs, ça aurait été mal venu, pensait-il, de la part de quelqu'un qui s'était retrouvé à son poste il ne savait même pas comment. La chance, sans doute, mais une chance qu'il ne savait pas s'il l'avait mérité. Et la chance, chez les Froulay, c'était synonyme de facilité, là où il valait mieux avoir mérité ce qui nous arrivait. Pourtant, après ces nuits au sommeil agité et très peu réparateur, et le tout sans résultat de la part de la police du roi, il était temps de s'y mêler et de faire jouer sa fonction, tout aussi répugnante l'idée lui paraissait-elle. Devenait-il comme l'un de ces oiseaux de cours, qui font jouer leurs relations ainsi que leurs positions pour obtenir ce qui leur chante ? Il s'en garderait bien, hélas, nécessité faisait loi, et sans un sommeil à peu près correct, comment assurer correctement la sécurité du Prince ? Tel était le raisonnement du jeune homme au moment d'entrer dans l'hôtel de Police, endroit qui faisait vraiment froid dans le dos à plus d'un maraud de passage. Pourtant pas assez encore pour éviter le genre d'incident dont le duc d'Orléans avait été victime. C'est que la police de France, bientôt la meilleure du monde, n'en était qu'à ses débuts et qu'elle allait devenir bientôt la plus performante d'Europe, donnant l'impulsion au autres monarchies avoisinantes. Mais pour cela il fallait un grand homme à sa tête.

Et c'était le second frein du jeune homme. Si la police avait eut à sa tête un incapable, il ne se serait pas privé pour venir le voir à la première minute. Mais Nicolas-Gabriel de la Reynie était bien loin d'être un incapable, et François y avait réfléchit à deux fois avant de se rendre au bureau de l'important lieutenant général de police. Il se doutait qu'il était fort occupé. Pourtant un attentat commit sur la personne d'un prince de France se devait de passer en priorité sur quelqu'autre affaire pouvant bien trainer sur le bureau de la Reynie, aussi pressante soit-elle. Les seules personnes qui devaient passer avant Monsieur étaient bien évidement leurs Majestés, le Dauphin, et la petite princesse nouvellement née. Et François pensait bien qu'aucune des quatre personnes mentionnées ne pouvait avoir à l'instant précis de tâches à confier au policier, si ce n'était le roi qui lui avait donné mission d'assainir Paris. Ce en quoi l'impulsion que François lui donnait rejoignait largement la mission de base. Et le jeune homme n'avait certes pas l'intention de se laisser faire attendre devant le bureau pendant encore il ne savait combien de temps. Pas aujourd'hui. Et parfois, la force et la menace peuvent fonctionner, surtout quand on est au bord de l'épuisement. Introduit chez La Reynie, François lui avait fait part sans ambages de ce qui l'amenait. Il n'était plus temps de tergiverser et de tourner autour du pot. Le jeune mousquetaire n'avait jamais été un homme de cours, il ne connaissait que la manière militaire.

Et heureusement, il sembla toucher un point d'intérêt du lieutenant de police. Assis en face de lui, il semblait l'écouter avec la plus grande attention. La réputation de La Reynie le précédait, il n'aimait pas le travail fait à moitié.

-Je comprends... fut au début tout ce que le policier trouva à dire.

François le fixa, triturant entre ses doigts le rebord de son feutre gris, attendant la suite. Le policier prit un moment pour réfléchir, avant de se lever et de se diriger vers la porte, appelant celui que François avait un peu maltraité quelques instants auparavant.

-Dantet, fais venir le commissaire de La Mare sur le champ, peu importe ce qu’il est en train de faire, qu’il l’abandonne et se rende ici ! Et apporte au capitaine Froulay et moi-même un peu de cette gnôle que les hommes cachent en bas croyant que je l’ignore.

François leva un sourcil. De la gnôle en service ?

-Ils sont fous ces policiers, murmura le jeune homme, tout à sa surprise. Heureusement, il doutait que La Reynie l'ait entendu puisque, revenant à sa place, la Reynie commença à s'expliquer :

-Je sais que vous n’avez pas pour habitude de boire durant votre service, et pour tout vous avouer, moi non plus ! Seulement, aujourd’hui je ferai exception et vous allez m’accompagner. Le commissaire de La Mare qui est en charge de l’enquête vit de l’autre côté de Paris et je n’ai pas envie de ruminer sur cette pénible affaire en l’attendant.

La porte se rouvrit presque tout de suite et le dénommé Dantet entra, posant devant les deux hommes un plateau et une bouteille, dans un état relativement peu inspirant, rendit compte de l'avancé de l'ordre, et se retira. La Reynie servit les verres avant d'en tendre un à François qui jeta un coup d'oeil au liquide peu engageant.

-Mon cher, je dois vous avouer que votre affaire me contrarie : le commissaire en charge de l’enquête – le meilleur de Paris – devait me renseigner hier soir sur les avancées mais une affaire plutôt délicate m’a malheureusement retenu sur le terrain. Moi qui m’étais juré de ne plus jamais y retourner, je sais désormais pourquoi : il faut que je puisse être disponible à tout instant. Seulement, je n’aurai pu être ailleurs, à mon regret, veuillez m’en croire. Voyez-vous, lorsque j’étais jeune, il était impossible de se promener dans Paris à la tombée du jour sans être en danger de mort. Et tout le monde trouvait cela parfaitement normal. C’est pourquoi cela prend du temps aujourd’hui de nettoyer toute la vermine de Paris, cela prend du temps. Nous avons fait quelques progrès bien sûr mais nos services sont débordés. Toutefois, je dois vous accorder que l’affaire du carrosse de Monsieur aurait dû passer en priorité. Comptez sur moi pour prendre les mesures nécessaires afin d’ajuster le tir. Cela ne se reproduira plus, soyez-en assuré !

François ne fit aucun commentaire, se contentant d'hocher la tête tout en se disant que le policier s'était lui-même chargé d'une mission qu'il semblait difficile de mener à bien. Mais si on essaye pas on n'y arrive pas, parait-il.

-Le commissaire de la Mare est un homme des plus compétents mais qui aime particulièrement prendre son temps. Ne lui en tenez pas rigueur, son travail a toujours été parfait !

-J'aimerai que le Duc ait la patience d'attendre ces résultats, mais hélas il n'en est rien comme vous vous en doutez.


La Reynie but son verre et la tête qu'il fit en ayant fini de l'avaler donna encore moins envie à François de tester le sien.

-Voici qui est parfaitement infect, il est hors de question que mes hommes en boivent encore une goutte, cela rendrait la plupart d’entre eux plus sots qu’ils ne le sont déjà.

François hésita, avant de l'imité. Il eut l'impression de venir d'avaler une torche et ne put réprimer une toux au moment où la porte s'ouvrait de nouveau, et Dantet annonçait l'arrivée du commissaire. La Reynie donna l'ordre de faire entrer, avant de se tourner vers François :

-Eh bien capitaine, vous allez enfin avoir vos explications !

-Je l'espère, monsieur.


Des pas précédèrent l'arrivée du commissaire, qui entra, et salua, non sans lâcher un regard étonné à Froulay, ce qui n'annonçait rien de bien. Ses yeux allèrent de son chef au mousquetaire, avant qu'il ne daigne se présenter à François d'un ton un rien condescendant :

-Commissaire La Mare, monsieur. Qui êtes-vous, que faites-vous ici, et à qui ai-je l'honneur ?

François, légèrement désarçonné par l'entrée en matière du policier, mit un quart de seconde à répondre :

-François de Froulay, Maréchal des Logis des Mousquetaires du Roi, Capitaine des Gardes de Monseigneur le Duc d'Orléans.

Non mais !

-Si je suis ici, c'est pour m'enquérir de l'avancée de l'enquête concernant l'agression dont Monseigneur le Duc d'Orléans a été victime il y a quelques jours. Il ne semble pas qu'il y ait énormément de résultats pour le moment, et Monsieur s'inquiète. Le lieutenant général m'assure que vous êtes le plus compétent dans votre domaine, pourtant j'aimerai au plus vite être capable de présenter des résultats au duc qui se trouble, non seulement pour sa propre sécurité, mais aussi celle de sa famille. Car enfin si Monseigneur, le frère du roi, n'est pas en sécurité dans cette ville, qui l'est ? Bientôt, ce sont Leurs Majestés en personne que l'ont agressera lors de leurs déplacements ? Ca serait un comble !

François attendait une réponse du policier qui semblait un peu surprit par la diligence du jeune homme qui était pourtant bien son cadet de plusieurs années.

-J'attends, monsieur !

-Eh bien, monsieur le Lieutenant Général a dut vous expliquer la situation à Paris ces derniers temps...

Commença le policier. Se cacher derrière ses supérieurs ? Classique...

-D'après mes sources, ces marauds ont quitté Paris il y a quelques jours déjà. Nous n'avons pas les moyens de les suivre en dehors de Paris. Mais leur signalement a été donné et on les arrêtera si jamais ils remettent un pied dans la capitale.

-Et c'est tout? s'offusqua François

-C'est tout ce que je peux faire avec les moyens mis à ma disposition, monsieur.

Bien maigre consolation. François serra les dents. Voilà ce qu'il allait devoir ramener au Palais Royal. Dépité, le jeune homme songea que les efforts de la police ne valaient pas beaucoup mieux que ceux des poules faisanes que le roi aime tant. Elles font jolies, mais ne font pas vraiment grand chose. La Mare regarda son chef. Il ne pouvait plus faire grand chose désormais. Il attendait un ordre de la Reynie.

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MessageSujet: Re: Y'a-il quelqu'un pour assurer la sécurité dans la ville? [Gabriel - François]   29.03.13 0:26

N’ayons pas peur des mots, Gabriel était en train de passer pour un parfait imbécile. Et comme beaucoup d’hommes intelligents, il détestait ça. Alors que partout on louait le parfait discernement du lieutenant de police, voilà qu’était arrivé cette détestable matinée où il se retrouvait au pied du mur, obligé de se justifier devant un homme de seize ans son cadet. Décidément, depuis hier soir, rien n’allait. Et depuis ce matin, tout semblait prêt à le contrarier. Tandis qu’il se débattait avec ses pauvres arguments, il voyait que le bonhomme en face de lui était tout prêt à l’écouter sans toutefois omettre de préciser que le duc d’Orléans n’aurait pas la patience d’attendre que tout se mette en place. Très bien, si ça se trouve, il irait se plaindre auprès du roi. Il pourrait remettre en cause la confiance dont il l’avait honoré. En tout cas, s’il en parlait à son ami Colbert, c’est ce qu’il lui arriverait. Le fait qu’il soit le seul et unique ami du ministre n’empêchait pas celui-ci de prendre le risque de se disputer avec lui si la raison d’état l’exigeait.

Perdre la confiance du roi et de son ministre étaient deux choses parfaitement inacceptable pour le lieutenant de police : il avait mis dix ans à en arriver là où il en était aujourd’hui, ce n’était pas à quarante-et-un ans qu’il recommencerait au bas de l’échelle. Il se servirait de cette affaire afin de prouver à ses deux influents supérieurs, qu’ils avaient eu raison de lui accorder leur confiance. Aussi accueillit-il l’arrivée du commissaire de la Mare comme celle du Messie. Il espérait sincèrement que celui-ci le sortirait de cet épineux problème. Malgré son air compréhensif, Froulay ne pouvait pas partir les mains vides. Il lui faudrait au moins une petite explication.

Le commissaire de la Mare était un homme ventripotent pour ses vingt-sept ans mais suffisamment intelligent pour être reconnu comme tel par ses pairs. Néanmoins, Gabriel fondait de grands espoirs sur ce jeune commissaire, sûr qu’un jour il serait ou un grand commissaire ou un excellent magistrat. Il n’était pas un excellent homme de terrain, résolvant la plupart des affaires grâce à son grand discernement. Mais il fallait le savoir, en témoignait son entrée pour le moins insolite :

- Commissaire de La Mare, monsieur. Qui êtes-vous, que faites-vous ici, et à qui ai-je l'honneur ?

- François de Froulay, Maréchal des Logis des Mousquetaires du Roi, Capitaine des Gardes de Monseigneur le Duc d'Orléans.


Gabriel ne put s’empêcher de hausser un sourcil en guise de sourire face à la réaction du jeune homme. Nicolas de la Mare avait tendance à être maladroit quand il s’exprimait en public. Quant au jeune Froulay, il n’appréciait visiblement pas qu’on ne lui accorde pas le respect qui lui était dû.

- Si je suis ici, c'est pour m'enquérir de l'avancée de l'enquête concernant l'agression dont Monseigneur le Duc d'Orléans a été victime il y a quelques jours. Il ne semble pas qu'il y ait énormément de résultats pour le moment, et Monsieur s'inquiète. Le lieutenant général m'assure que vous êtes le plus compétent dans votre domaine, pourtant j'aimerai au plus vite être capable de présenter des résultats au duc qui se trouble, non seulement pour sa propre sécurité, mais aussi celle de sa famille. Car enfin si Monseigneur, le frère du roi, n'est pas en sécurité dans cette ville, qui l'est ? Bientôt, ce sont Leurs Majestés en personne que l'ont agressera lors de leurs déplacements ? Ca serait un comble !
- Allons allons, monsieur de Froulay,
dit Gabriel, tentant de sauver les meubles. Il est entendu que d’aussi illustres personnes peuvent traverser Paris en tout quiétude. Cette regrettable histoire n’est qu’un épouvantable malentendu.

Gabriel retrouvait sa belle assurance depuis l’arrivée du commissaire.

- Eh bien, monsieur le Lieutenant Général a dut vous expliquer la situation à Paris ces derniers temps...D'après mes sources, ces marauds ont quitté Paris il y a quelques jours déjà. Nous n'avons pas les moyens de les suivre en dehors de Paris. Mais leur signalement a été donné et on les arrêtera si jamais ils remettent un pied dans la capitale.
- Et c'est tout?
- C'est tout ce que je peux faire avec les moyens mis à ma disposition, monsieur.


Un bref instant, Gabriel envisagea les pires tortures pour le commissaire de la Mare. À cause de cet imbécile, voilà qu’il passait encore pour le plus fat des hommes de cette pièce.

- Bien, merci pour cette explication, commissaire !

S’il y avait bien une chose de sûre, c’est que Gabriel devait sauver la situation, il ne pouvait décemment pas laisser le capitaine de Froulay quitter l’hôtel de police avec des explications aussi peu satisfaisantes. Il se sentit désespéré : il venait de passer plusieurs mois de nuit blanche, à faire la navette entre Paris et Versailles afin de mettre au point tout le système policier français et voilà que le capitaine des gardes d’un prince royal devait se contenter de « Je n’ai pas assez de moyens mis à ma disposition ». Gabriel se sentit profondément déçu par le commissaire de la Mare ainsi que extrêmement confus en ce qui concernait la situation du duc d’Orléans.

- Bien, dit de la Mare d’un ton des plus obséquieux, puisque vous n’avez plus besoin de moi, monsieur le lieutenant de police…
- Voilà qui est regrettable Nicolas, vraiment !


Gabriel se tourna vers le feu d’un air profondément accablé qui ne lui ressemblait pas. Le commissaire de la Mare flaira immédiatement l’entourloupe car il se campa face à son supérieur d’un air insolent.

- Monsieur le lieutenant général, avec les consignes que vous nous avez donné, seulement de vive-voix – est-il utile de préciser qu’il faudrait que quelqu’un écrive un traité de police sur ce que nous avons le droit de faire ou non, il n’est pas aisé d’agir afin de remplir notre belle mission….

Gabriel leva les yeux au ciel en guise de réponse puis se contenta de fusiller le commissaire du regard. Il sortit d’un ton parfaitement calme :

- En avez-vous fini, commissaire ?
- Monsieur le lieutenant, je comprends que vous soyez…
- Parce que comme je vous le disais, cette situation est des plus regrettables : vous voilà tellement prompt à rejeter la faute sur quelqu’un d’autre que vous oubliez le premier problème : comment le carrosse d’un prince royal a pu être volé dans votre secteur ? Votre mission consiste, il me semble, à assurer la sécurité de chacun des citoyens, à fortiori un de cette importance. Vous avez suffisamment d’hommes pour surveiller chacune des rues de votre territoire, pourquoi n’y avait-il personne à cet instant ?


Gabriel avait conscience qu’il était profondément injuste mais après la nuit et le début de matinée qu’il avait passé, il se sentait parfaitement en droit de se défouler aujourd’hui. De la Mare paierait pour toutes ces contrariétés.

- Monsieur le lieutenant…
- Oui, le fait que n’ayez plus rien à dire est parfaitement logique. Vous auriez dû y réfléchir avant de vous en prendre à moi, qui fait le malin, tombe dans le ravin. Puisque vos hommes ne surveillent pas Paris comme ils le devraient, ils pourraient sortir de la ville et ramener ces marauds ! Il ne s’agit pas d’un vol ordinaire et j’aurai osé espérer qu’un homme de votre qualité l’aurait sentit et aurait pris une initiative en conséquence. Ou alors, m’aurait avertit de votre soi-disant manque de moyens au lieu de simplement vous plaindre afin de justifier votre échec. Vous voulez des hommes ? Prenez-les, je vous les accorde, voyez avec Dantet. Ainsi, vous n’aurez plus d’excuses.
- Bien, monsieur le lieutenant de police, reprit de la Mare qui était devenu livide. Je vais donc prendre congé afin de…
- Faites donc cela ! Courez de la Mare, montrez-nous ce que célérité veut dire !
- Jeune homme,
salua-t-il Froulay.

Le commissaire de la Mare quitta la pièce, vexé comme jamais mais déterminé à mener sa mission à bien.

- Capitaine, je suis sincèrement désolé, que vous ayez dû assister à cette pénible scène. J’ose espérer que vous ne tirerez pas de conclusions trop hâtives sur notre belle police.

En réalité, Gabriel était bien décidé à retenir le jeune homme autant qu’il le faudrait afin de redorer le blason de l’hôtel de police et de ses services.

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MessageSujet: Re: Y'a-il quelqu'un pour assurer la sécurité dans la ville? [Gabriel - François]   12.04.13 4:04

François se demandait si la nouvelle police parisienne valait réellement tout le foin qu'on faisait autour d'elle. Non mais vraiment ! L'attitude du commissaire en charge de l'affaire ne cessait de l'impressionner, et pas dans le bon sens du terme. On parlait du frère du roi, tout de même, pas du premier bourgeois venu. Et il prenait cela avec une telle condescendance. François se prit à espérer que La Reynie avait parlé de lui comme un excellent élément juste pour le rassurer, et non pas qu'il était sérieux. Il ne manquerait plus que ça. Le jeune homme était à deux doigts de perdre contrôle de lui-même, et vu le peu de sommeil qu'il avait eut ces derniers jours, il ne valait mieux pas jouer avec ses nerfs. Et pourtant l'obséquieux commissaire La Mare ne semblait pas s'en rendre compte. Faisait-il parti de ces hommes qui se pensaient trop bien pour leurs fonctions au point de prendre une simple affaire de carrosse détourné trop bien pour eux ? On avait agressé le frère de sa Majesté, morbleu! Et c'était le jeune mousquetaire qui en faisait les frais. Il ne manquait plus que ça, qu'un incapable tente de le prendre de haut en lui disant qu'il ne pouvait rien faire de plus que ce qu'il avait déjà fait. François aurait eut envie d'hurler. Ce qu'il se retenait d'ailleurs fortement de faire. Mais si la nuit prochaine il servait encore d'anti cauchemar, il allait réellement finir par craquer, et quelqu'un en ferait les frais. L'un des mignons à n'en pas douter.

Pour le moment, il ne savait pas s'il devait tempêter – car il avait l'horrible impression de ne pas être pris au sérieux une minute par le commissaire, en raison de son jeune âge sans doute – ou tout simplement frapper la Mare. Il se demanda même un instant si cela reflétait toute la police. Si jamais il allait répéter cela au duc, et que le duc le répétait au roi, qui savait ce qui pouvait arriver à cette nouvelle police toute fraichement instaurée à Paris qui avait pour objectif d'être répandue dans toute la France peu à peu si le système s'avérait performant. Eh bien François pourrait affirmer qu'il ne l'était pas, loin s'en fallait. Il eut envie de lancer un regard désespéré à La Reynie, et même de le supplier d'arrêter la plaisanterie qui le mettait à la torture, mais voilà, il ne plaisantait pas. C'était sans doute le pire dans cette histoire. C'était la triste vérité. Le fonctionnaire se moquait royalement – passez l'expression – de cette mission qui lui avait été confiée, et imaginait sans doute avoir mieux à faire. Pourtant François avait besoin de résultats, et il en avait besoin maintenant. Il n'osait même plus se dire que c'était un cauchemar et qu'il allait se réveiller. La totalité de sa vie était un cauchemar ces derniers temps, et cela ne semblait pas être en passe de s'arranger hélas. A la fin du discours du policier, il tourna à nouveau les yeux vers La Reynie, qui semblait bouillir.

-Bien, merci pour cette explication, commissaire !

Le ton était cassant. Apparemment le lieutenant général n'était pas vraiment satisfait, et il allait le faire savoir. Cela rassura un peu François même s'il se demandait s'il n'était déjà pas trop tard pour rattraper les pots cassés.

-Bien, puisque vous n’avez plus besoin de moi, monsieur le lieutenant de police…

-Voilà qui est regrettable Nicolas, vraiment !


Cela coupa La Mare dans son élan, sentant sans doute qu'il allait passer un sale quart d'heure mais il ne semblait pas prêt non plus à lâcher sa position. François croisa les bras sur sa poitrine, tout en observant, mais se gardant d'intervenir, il ne savait que trop à quoi ressemblait une remontrance de la part d'un supérieur pour ne pas avoir compris ce qui se tramait.

-Monsieur le lieutenant général, avec les consignes que vous nous avez donné, seulement de vive-voix – est-il utile de préciser qu’il faudrait que quelqu’un écrive un traité de police sur ce que nous avons le droit de faire ou non, il n’est pas aisé d’agir afin de remplir notre belle mission….

Pas besoin d'être très intelligent pour comprendre qu'il était allé trop loin.

-En avez-vous fini, commissaire ?

-Monsieur le lieutenant, je comprends que vous soyez…

-Parce que comme je vous le disais, cette situation est des plus regrettables : vous voilà tellement prompt à rejeter la faute sur quelqu’un d’autre que vous oubliez le premier problème : comment le carrosse d’un prince royal a pu être volé dans votre secteur ? Votre mission consiste, il me semble, à assurer la sécurité de chacun des citoyens, à fortiori un de cette importance. Vous avez suffisamment d’hommes pour surveiller chacune des rues de votre territoire, pourquoi n’y avait-il personne à cet instant ?

-Monsieur le lieutenant…

-Oui, le fait que n’ayez plus rien à dire est parfaitement logique. Vous auriez dû y réfléchir avant de vous en prendre à moi, qui fait le malin, tombe dans le ravin. Puisque vos hommes ne surveillent pas Paris comme ils le devraient, ils pourraient sortir de la ville et ramener ces marauds ! Il ne s’agit pas d’un vol ordinaire et j’aurai osé espérer qu’un homme de votre qualité l’aurait sentit et aurait pris une initiative en conséquence. Ou alors, m’aurait avertit de votre soi-disant manque de moyens au lieu de simplement vous plaindre afin de justifier votre échec. Vous voulez des hommes ? Prenez-les, je vous les accorde, voyez avec Dantet. Ainsi, vous n’aurez plus d’excuses.

-Bien, monsieur le lieutenant de police. Je vais donc prendre congé afin de…

-Faites donc cela ! Courez de la Mare, montrez-nous ce que célérité veut dire !

-Jeune homme.


« Jeune homme » ?? Il était sérieux ? François ne répondit pas, il aurait put être bien plus désagréable que le lieutenant de police. François avait bien plus d'autorité que cet imbécile, mais il n'en dit rien, ce qu'il venait d'entendre venait de le satisfaire au plus haut point. Maintenant, il allait pouvoir enfin dormir en paix, une fois qu'il aurait rassuré le prince, bien évidemment.

-Capitaine, je suis sincèrement désolé, que vous ayez dû assister à cette pénible scène. J’ose espérer que vous ne tirerez pas de conclusions trop hâtives sur notre belle police.

-Je pense que Monsieur sera parfaitement rassuré de savoir que vous outrepassez votre fonction de cette manière, en allant jusqu'à lancer vos hommes au delà de votre juridiction. On ne saurait vous en tenir rigueur puisque c'est pour une si noble cause.

A vrai dire, maintenant qu'il avait ce qu'il voulait, François n'avait plus qu'à prendre congé. Il saisit son feutre et salua le lieutenant de police.

-A vous revoir, monsieur, dans, je l'espère, de meilleures circonstances.


FIN DU RP

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Y'a-il quelqu'un pour assurer la sécurité dans la ville? [Gabriel - François]
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