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 Sauvetage d'une demoiselle en détresse. [Gabriel N. de la Reynie]

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MessageSujet: Sauvetage d'une demoiselle en détresse. [Gabriel N. de la Reynie]   Sauvetage d'une demoiselle en détresse. [Gabriel N. de la Reynie] Icon_minitime09.01.13 21:19

Colbert. Le roi. Et leurs collaborateurs. Les ministres. Tous. Elle les haïssait tous. Des pourritures. Des malfrats. Ils osaient traiter son père de voleur, alors qu'ils ne valaient pas mieux. Que l'un d'entre eux vienne lui dire, en face, qu'il avait battis sa fortune honnêtement et non sur le dos du peuple. Tout membre du pouvoir profitait de la pauvreté et de la faiblesse des plus démunis. Le roi lui-même. Son père n'avait fait que respecter les ordres. Et encore... Elle ne trouvait pas son père fourbe, ni criminel. Certes, sa vision des choses n'était pas tout à fait objective puisque son géniteur était, à ses yeux, le meilleur homme qui puisse exister sur cette planète... Mais. Mais, il n'était pas un criminel. Eux l'étaient, par contre. Mazarin l'était, surtout. Mazarin était le plus fourbe et le plus corrompu des hommes d’Église. Elle se souvenait encore de sa première rencontre avec lui. Une fois, gamine, son père l'avait emmenée avec lui jusqu'à Paris. Simplement pour la lui présenter. A l'époque, elle était encore son seul et unique enfant, et il l'arborait comme un petit trophée, comme une petite poupée, ce qu'elle était en fait. Ses jolies boucles blondes, ses yeux perçants, sa peau laiteuse... Et ses belles robes roses, ses robes de « princesse ». Elle était une poupée. Et, évidemment, il n'hésitait pas à présenter sa poupée à ses collaborateurs, à ses collègues, à ses amis... Puis, lorsqu'elle fut en âge, il l'intégra à ses salons, et aux salons de ses confrères. C'est grâce à toutes les relations qu'il lui permit de tisser, à tous les protecteurs qu'il lui conféra qu'elle réussit à revenir sur le devant de la scène en tant qu'Isabelle de Valbrune, d'ailleurs. Sa petite « cour » lui était toujours fidèle. Et, en partageant ses plans avec les amis les plus fidèles de son cher père, elle amassa une petite fortune, des petites lettres, et des places de choix à différents endroits. Même Madame de Sévigné s'en était mêlée. Enfin bref. Donc, Mazarin. … Eh bien, la jeune femme eut du mal à masquer son dégoût pour ce vieil homme. Même enfant, Marie ne l'avait pas « senti ». Bien sûr, elle fit bonne figure. Pour ne pas couvrir de honte son cher père. Elle lui sourit, fit mine de l'apprécier, fit mine de le trouver drôle ou même sympathique... Puis aussitôt qu'ils partirent, elle lui dit qu'il l'effrayait. Qu'il ressemblait aux sorciers dont sa nourrice lui contait les histoires. Son père lui avait alors répondu, amusé, que les sorciers n'existaient pas.

Mais à voir ce qui s'était déroulé, les sorciers existaient bel et bien, en fait. Colbert et Mazarin en étaient les chefs incontestés. Et le roi, pas plus ni moins qu'un pantin dénué de toute intelligence, en monarque pathétique qu'il est. Enfin enfin. Il était voué à chuter, de toute manière. Et elle était bien décidée à précipiter sa disgrâce. « Mademoiselle Violette ! » Cette voix rappela rapidement la jeune femme à revenir sur terre. Ah, il devait sûrement s'agir de l'un des paysans qu'elle avait embauché. Car oui, elle avait « embauché » deux jeunes paysans pour jouer un rôle. Ils étaient encore jeunes, alors, évidemment, ils ne crachaient pas sur de l'argent. Et lorsque Marie, alias « Violette Leroy » lorsqu'elle se promène dans les rues bondées de Paris leur proposa de jouer simplement aux brigands et de fuir en temps voulu contre une petite somme, ils acceptèrent sur le champ. « Oh, vous êtes admirable dans cette tenue ! E-Enfin, je voulais dire adorable... Enfin, elle vous va drôlement bien... » Marie laissa échapper un petit rire. C'est qu'il était mignon, avec ses compliments. Mais encore heureux, que cette tenue lui allait bien. Elle avait déboursé une fortune dans cette robe qu'elle portait là. Une belle robe dans les tons beiges et roses avec des perles incrustés sur le corsage, et sur la jupe, et puis des rubans... Sans oublier sa coiffure. Quelques boucles rebelles venaient entourer son visage alors les autres étaient tirés en arrière, en un petit chignon. Mais rien de trop stricte. Il était plutôt « relâché ». Enfin bref. Marie lui adressa un sourire en guise de remerciement ainsi qu'un petit signe de la tête, suivi d'un « Merci. » tout juste perceptible.

Mais, trêve de bavardages. Des choses bien plus sérieuses les attendaient. … Marie prévoyait de rendre visite à son père. Encore une fois. Puis, peut-être même dans un futur proche... Le faire évader. A tout cela venait s'ajouter la disgrâce de Colbert qu'elle mettait doucement mais sûrement en place. Et il lui fallait des alliés. Ou au moins... Des protecteurs, là aussi. Des protecteurs haut placés. Ayant une influence sur le pouvoir. … Pouvant lui sauver la peau si besoin est. Gabriel était le lieutenant général de police. Elle qui cherchait tant à rendre des visites clandestines à son père – puisqu'à la base elle n'en avait pas le droit -, il était celui qu'il lui fallait. Et puis, la main de l'ombre semblait approuver son plan. Le séduire. Il fallait qu'elle le séduise. A ce qu'elle avait entendu dire, il était un homme qui ne fréquentait que peu de femmes. Ou du moins... Il n'y avait généralement aucune ambiguïté. Il était un travailleur acharné, et son travail passait avant tout le reste. La tâche s'avérait difficile. Mais justement. Marie voyait le tout comme un défi, un défi qu'elle devait remporter à tout prix, le bon déroulement de tous ses complots en dépendait. D'ailleurs, c'est bel et bien parce qu'il n'était pas un homme tout à fait comme les autres qu'elle avait pensé à une mise en scène pour le rencontrer. Une véritable petite pièce de théâtre. Les deux « brigands » devaient l'attaquer au moment même où il passerait dans cette rue, rue qu'il affectionnait particulièrement et par laquelle il passait chaque soir, vers dix-huit heures. Pour rentrer chez lui, sûrement. Enfin bref. Ils l'attaqueraient. Et elle se mettrait à se débattre, à crier. Puis lorsqu'il se dirigerait vers eux, les deux jeunes paysans déguerpiraient pour laisser le champ libre à Marie.

Puis après quelques minutes d'attente, vint enfin le moment où Gabriel se pointa au bout de la rue. Le spectacle commença alors. Ses « employés » firent mine de chercher à la dépouiller, et à s'amuser par la même occasion... Après tout, quel brigand digne de ce nom ne chercherait pas à s'amuser avec une si jolie fille entre ses mains ? Évidemment, Marie se débattit, et se mit un peu à crier, sans pousser pour autant des « à l'aide » à tue-tête. Juste ce qu'il fallait pour attirer son attention. Ce qui semblait être gagné. « Lorsqu'il sera là, déguerpissez ! Je ferai diversion ! » qu'elle leur dit, discrètement.
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Gabriel N. de la Reynie

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Son travail est son seul amour...et éventuellement son fils!
Côté Lit: Quand il a le temps et qu'il est d'humeur, une dame galante et consentante, mais jamais elle devra passer avant sa charge!
Discours royal:



Justicier en chef
La perfection au masculin

Âge : 41
Titre : seigneur de la Reynie, lieutenant général de police
Missives : 260
Date d'inscription : 26/10/2012


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MessageSujet: Re: Sauvetage d'une demoiselle en détresse. [Gabriel N. de la Reynie]   Sauvetage d'une demoiselle en détresse. [Gabriel N. de la Reynie] Icon_minitime16.01.13 2:09

Le lieutenant de la Reynie avait toujours été un homme chanceux. Bien sûr, il était né cadet dans une famille pauvre et avait connu la misère dans son enfance. Mais il avait eu la chance de rencontrer le comte de Montfort qui lui avait permis de faire des études, des joyeux compagnons qui l’avaient aidé en toutes circonstances, le seigneur de la Reynie qui lui avait donné une épouse et un titre, son épouse qui lui avait donné son fils, le duc d’Epernon lui avait permis de se faire des relations, Colbert qui avait accordé sa réforme et Sa Majesté le roi sa confiance ! Aujourd’hui, il menait une vie merveilleuse entre son travail passionnant, des amis fidèles, un fils aimant et un charme encore visible malgré l’âge qui avançait et lui permettait d’être plutôt heureux avec les dames. Et puis surtout, en plus de sa chance, Gabriel était un homme intelligent. Sans être horriblement vaniteux, il avait toutefois conscience qu’il possédait un esprit assez bien fait et l’utilisait assez bien. Il s’était retrouvé quelquefois en difficulté mais avait toujours su s’en sortir sans trop de dégâts. Oui, le lieutenant Gabriel Nicolas de la Reynie était aujourd’hui l’un des hommes les plus puissants de Paris et le devait autant à Dame Fortune qu’à lui-même. Et aujourd’hui, il était se sentait satisfait et intouchable. Quelques personnes en avaient voulu à sa réputation et même à sa vie, il avait toujours réussit à déjouer leurs plans à temps et ne concevait même pas qu’il puisse en être autrement.

La veille, le lieutenant de police avait assisté à la réunion des espions et il lisait chacun des rapports des différents commissaires afin de faire les liens avec les affaires en cours. Tout ne le concernait pas, bien sûr, mais il brûlait de savoir où en était exactement les espions avec l’affaire des messes noires. Il faudrait qu’il en débatte discrètement avec eux puisqu’il ne pouvait les convoquer directement à l’hôtel de police, qu’il vivait à Paris et eux à Versailles. Peut-être en se faisant inviter à une réception chez l’un d’entre eux.

Il en était là dans ses réflexions lorsque les cloches de l’église Saint-Eustache sonnèrent six heures du soir. C’était l’heure de sa promenade quotidienne qui lui permettait de faire la transition entre le travail qu’il effectuait dans son bureau la journée et celui qu’il terminerait durant la nuit dans son cabinet de travail. Et puis, il savait que cela ne servait à rien de veiller à la sécurité de Paris en restant enfermé dans son bureau. Tous les jours, il essayait de constater par lui-même si ses réformes étaient efficaces et si tel n’était pas le cas, il y travaillait sitôt rentré chez lui. Il appela donc Dantet pour lui demander son manteau et ses gants puis il sortit dans la ville.

Le lieutenant de police se concentra sur les habitants sans ressentir le froid comme à chaque fois qu’il se consacrait à quelque chose d’important. Les gens le saluaient, faisant comme s’ils n’avaient rien à se reprocher. Mais Gabriel savait que le boulanger cachait une partie de sa production pour la vendre aux derniers vétérans de la Cour des Miracles qui se cachaient depuis qu’elle avait été éradiquée. S’il ne l’arrêtait pas, c’est parce qu’il espérait les débusquer justement en faisant suivre le fameux boulanger par les incapables qui lui servaient d’officiers de police. Gabriel continuait son tour habituel lorsqu’il entendit du bruit venant d’une ruelle à l’écart des boutiques. Il s’arrêta pour écouter mais c’était parfaitement inutile : les gens évitaient de sortir pour ne pas avoir à affronter le froid et Paris était donc presque silencieux. Il tendit l’oreille jusqu’à ce qu’il n’y ait plus le moindre doute possible : il s’agissait de deux manants qui violentaient une femme. Peut-être encore une prostituée qui s’était imprudemment laisser aborder par des hommes peu recommandables. Gabriel n’était plus un homme de terrain depuis la Fronde et ne s’était plus battu contre des quidams en rue depuis qu’il avait fait la connaissance de feu son épouse. Seulement, il était jeune à l’époque, il avait ses amis avec lui et la boisson leur avait donné des forces. Il n’avait rien de tout ça aujourd’hui. Immédiatement, il se rendit dans la boulangerie des hors-la-loi :


- Holà, il y a une femme en train de se faire violenter dehors ! Venez m’aider !
- Tout de suite monsieur le lieutenant,
tonna le boulanger, permettant aux deux aides de l’arrière-boutique de le reconnaître.

Ils sortirent donc tous les trois à la suite de Gabriel et se rendirent discrètement dans la ruelle. Une jolie jeune femme blonde était effectivement en train d’être molestée par deux quidams qui en voulaient autant à sa bourse qu’à sa vertu. Gabriel leur fit signe de s’approcher discrètement et ils encerclèrent le petit groupe. Le lieutenant ne put s’empêcher de remarquer que malgré que ses adversaires aient le dessus, la belle se battait comme une lionne. Il remarqua qu’elle était plutôt élégante et devait appartenir à une bonne famille. Lorsque les aides furent en place, Gabriel leur fit signe d’attaquer. Aussitôt dit, aussitôt fait : tandis que le boulanger bloquait une issue, Gabriel la seconde, les deux aides, armés de couteaux, se jetèrent sur les malfrats et les égorgèrent en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, délivrant ainsi la dame. Le lieutenant ferma les yeux en se disant que les petites frappes de rue étaient bien plus efficaces que ses hommes, quoiqu’un peu trop expéditifs à son goût.

- Merci messieurs, mais il n’était toutefois pas utile d’en arriver à de telles extrémités.
- C’est partit tout seul m’sieur le lieutenant,
répondit un des aides qui aurait eu l’air plus désolé en laissant tomber sa pâte à pain à terre devant son maître.
- Ils sont vifs mais ce sont de bons garçons m’sieur le lieutenant, dit le boulanger. Et, avec votre permission bien sûr, je les punirai moi-même pour ça !
- Ça ira pour cette fois,
trancha la Reynie. Après tout, je vous dois un service maintenant, ajouta-t-il en songeant à leur commerce clandestin.

Il était néanmoins contrarié : les hommes qui avaient été froidement tués étaient certes des personnes peu recommandables mais il n’aimait pas le crime gratuit. Il se promit de ne pas laisser ces meurtres totalement impunis et s’occuperaient d’eux en temps voulu. Pour l’heure, il devait s’occuper de la victime, visiblement choquée par ce qui venait de se passer sous ses yeux. Il s’approcha et se pencha sur elle.

- Allons madame, tout est terminé, vous n’avez plus rien à craindre ! Ce que vous venez de vivre et de voir est certes éprouvant, mais ne vous en faites pas, vous êtes désormais sous ma protection et rien de mal ne pourra vous arriver.

Il passa son bras sous ses épaules et l’aida à se relever mais il attendit patiemment qu’elle remette elle-même de l’ordre dans ses vêtements. Il ne put s’empêcher de voir qu’elle était non seulement belle et élégante, mais également apprêtée.

- Que pouvait bien faire une jeune femme seule dans les rues de Paris dans une ruelle aussi sombre ?

Il avait une petite idée sur la question : elle était jeune, s’était mise en valeur – et excellait en la matière, il ne pouvait pas le nier – et ensuite était sortie sans servante ni chaperon. Il était évident qu’elle allait retrouver un galant quelconque. Gabriel se dit que l’homme était plutôt chanceux. Mais bon, si la dame n’était pas libre, lui mettait toujours un point d’honneur à ne pas mélanger le travail et les affaires de cœur. Voilà qui règlerait donc le problème pour lui.

Oui, Gabriel Nicolas de la Reynie avait l’intelligence nécessaire pour se sortir de n’importe quel piège. C’est pourquoi il était dommage qu’il se laisse aller à sous-estimer ses ennemis.

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