AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  GroupesGroupes  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez
 

 Avancer côte à côte et s'arrêter ici. | Monsieur

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité


avatar



Invité


Avancer côte à côte et s'arrêter ici. | Monsieur Empty
MessageSujet: Avancer côte à côte et s'arrêter ici. | Monsieur   Avancer côte à côte et s'arrêter ici. | Monsieur Icon_minitime16.12.12 6:01

Le moment des au revoir n'est déjà pas agréable mais quand vient celui des adieux, qu'est ce qu'on devrait dire ? C'est bien pis encore. Le chevalier de Lorraine en était arrivé à ce point de non retour de sa situation amoureuse. Dans un mois, dans trois mois, un boulet de canon pouvait lui emporter la tête un bras ou une jambe. C'était une joyeuse vision que Philippe avait,depuis que sa cousine avait mis son grain de sel dans des affaires de propriétés internationales. Elena avait été un oiseau de mauvais augure. Elle avait tout du rapace, les serres préparées à se ruer sur de l'argent et la chevelure noire comme l'aile d'un corbeau. Il la maudit tout haut en présence de ses serviteurs. Ce matin de février n'avait déjà rien pour lui, le temps était d'une laideur effrayante. Il neigerait beaucoup dans la journée. Malchance pour malchance, son réveil avait été affreux. On lui envoyait un messager de Lorraine et un ordre écrit. Le porteur de la lettre venait de la part du naïf Lillebonne. Il exigeait une réponse presto-subito qu'il ne voulait pas lui donner. C'était beaucoup trop tôt pour partir.
«  Quand regagner le pays ? Mais je n'en sais rien moi dans deux semaines ça irait très bien comme ça» , s'exclama t-il en gesticulant des bras.
« Monseigneur, s'interposa l'ambassadeur de François en se raclant la gorge, je déteste vous contredire mais s'il n'y a pas le feu aux poudres encore, nous l'avons aux fesses. Ici, nous sommes en terrain ennemi. »
Il termina sa phrase comme un enfant qui sait qu'il en a trop dit et se mord la langue. Philippe lui fit comprendre d'un regard furieux de se faire petit. Il devait réfléchir, cette vérité avait fait mouche dans son cœur. C'est lui qui s'aveuglait d'espérances folles. Les choses ne reviendraient pas à la normale, la réalité le rattrapait au galop. Monsieur et lui devaient se quitter et Dieu sait seul savait pour combien de temps. Peut-être même pour toujours. L'un des deux ou les deux pouvaient laisser leur vie au combat. Son homme n'était pas une femmelette malgré les apparences et ses dégâts ne se résumeraient plus à des débris de vases. Un soldat très guerrier se cachait sous les fards du duc d'Orléans. Sa pomme d'Adam déglutit avec difficulté. Ils allaient s'entretuer alors qu'il s'aimaient du plus profond de leur âme. Ca n'était pas Dieu possible que le ciel les condamne à un sort comme celui là. Le passé les avait fait amants passionnés, le présent les avait fait amants platoniques et le futur les ferait ennemis jurés. Il passa son poing à travers une vitre mais ça ne calma pas son impuissance face au chaos. Son naturel explosif rencontrait un obstacle sans pouvoir le contourner ou l'escalader. Rien ne pouvait être défait, la guerre était omniprésente sans avoir commencée. Les gens du roi Louis XIV pouvait le prendre comme otage s'il restait un jour de plus à Versailles. Cette fois et c'était rare, François avait raison, les lorrains devaient déguerpir de la cour comme des lapins fuyant le fusil du chasseur, quitte à voyager de nuit. L'humiliation ne serait pas rien.
«  Dites à nos hommes et à nos dames que nous partirons à la fin de la journée» , déclara t-il étouffé par une boule subite au fond de la gorge.
«  Je n'ai pas entendu monsieur », s'excusa son premier valet en s'approchant à pas de loups.
«  Faites préparer mes malles et celles de la marquise de Listenois, aboya le chevalier hors de lui, je lui donne jusqu'au coucher de ce soleil palot pour faire ce que bon lui semble mais elle devra attendre dans l'allée centrale à l'heure dite. Les retards ne seront pas tolérés, je suis capable dans l'état où je suis de la traîner jusque là bas. Je détesterais en arriver là. Si elle ne veut pas être ridiculisée, conseillez lui d'être ponctuelle. »
Les domestiques terrorisés se mirent à courir dans tous les sens pour rassembler tout ce qui était dans la chambre et le salon de réception. Le déménagement serait long et il savait lui comment le meubler. Les hasards de la guerre lui enlevaient sa joie de vivre mais il ne quitterait pas Monsieur comme un couard. Le chevalier avait de l'honneur à revendre et de l'affection pour lui plus encore. Il méritait un départ digne de la part de l'homme qu'il aimait.

La décision prise, Lorraine sortit de ses appartements privés et marcha en direction de ceux du duc d'Orléans. Il fut arrêté à la porte, par deux gardes porteurs de lances qu'ils croisèrent sous son nez pour lui défendre l'entrée
«  Serait-il envisageable d'avoir une audience auprès du prince » , demanda t-il excédé par le protocole.
L'attente fut interminable, la situation était déjà insurmontable et on la multiplia par trois quarts d'heure de patience. Il n'était pas au courant de ce qui se passait à l'intérieur des murs, mais il savait que Monsieur n'était pas assez cruel pour lui faire vivre le martyre à sa porte. On se moquait de lui et on avait dû rien lui dire. On n'aimait pas le chevalier dans la maison du duc. Le ton monta et cette fois-çi aucune excuse ne fut prise comme recevable. On connaissait ses grandes colères et les meubles où on pouvait atterrir tête la première. C'est avec des claquements de mâchoires à l'oreille qu'il fut introduit dans l'antichambre de Monsieur. Quand il le voyait, toujours son coeur pratiquait une danse curieuse dans sa poitrine au tempo irrégulier de ses battements. Ses yeux essayaient de se convaincre de ne pas se noyer dans le regard de Monsieur mais c'était impossible. Ca ne fut pas l'exception à la règle au milieu de cette matinée quasiment funèbre. Un unique changement dans son comportement fut notable, il ne se précipita pas pour le serrer dans ses bras. Ils étaient seuls, l'étreinte aurait pu se faire cependant il ne voulait pas flancher au moment de le quitter. Il pouvait se constituer prisonnier pour rester avec son amant mais c'était une attitude à ne pas se permettre. La Lorraine avait besoin d'hommes comme lui. Le fait d'enlever son couvre-chef et de le saluer bien bas était pompeux et froid mais la distance était capitale pour moins souffrir.
«  Monsieur, je veux dire Philippe, se reprit-il parce qu' il n'arrivait à pas à être plus détaché, je suis venu vous faire mes adieux. Je quitte Versailles et m'en vais pour la Lorraine. Nous nous retrouverons maintenant au combat dans nos armures et les armes à la main. », acheva t-il une ride soucieuse lui barrant le front.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas


Philippe d'Orléans

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a été brisé, piétiné et maintenant celui qui était à mes côtés est devenu mon ennemi. Quelle cruelle destinée !
Côté Lit: Le lit de mon palais est si confortable et accueillant !
Discours royal:



ADMIN TRAVESTIE
Monsieur fait très Madame

Âge : 27 ans
Titre : Prince de France, Monsieur le frère du Roi, Duc d'Orléans, de Chartres, d'Anjou, seigneur de Montargis
Missives : 10014
Date d'inscription : 03/01/2007


Avancer côte à côte et s'arrêter ici. | Monsieur Empty
MessageSujet: Re: Avancer côte à côte et s'arrêter ici. | Monsieur   Avancer côte à côte et s'arrêter ici. | Monsieur Icon_minitime24.12.12 14:25

Avancer côte à côte et s'arrêter ici. | Monsieur Tumblr_mebhouc0sB1qlyey2
« Les adieux ressemblent à des oiseaux qui apprennent à voler. »

Malgré les apparences souriantes et enneigées, le mois de février était triste à mourir. On ne parlait plus que d'une chose : la guerre. La cour se dépeuplait de ses futurs ennemis petit à petit, des appartements se vidaient, des hôtels particuliers cessaient d'organiser salons et fêtes pour cause de départ. Il ne restait plus que les neutres et les français, mais ces derniers n'allaient pas tarder non plus à quitter les lieux. Le prince, malgré ses airs frivoles et toujours son sourire sur les lèvres lorsqu'il se trouvait en public, n'avait cessé d'y penser et lorsqu'il rentrait dans ses appartements, avait la certitude de trouver dans son courrier une lettre d'une de ses terres pour expliquer comment se passait le soulèvement de ses hommes, ceux qu'il commanderait d'ici peu. Après la seigneurie de Montargis, le duché d'Orléans et de Chartres, voici celui d'Anjou qui se manifestait en ce jour pour faire connaître ses effectifs et tous les préparatifs. Tous n'allaient plus tarder à partir, attendant une missive de la part du prince pour s'en aller vers le campement français qui les attendrait. Lui aussi ne tarderait plus à partir, quitter Versailles, Saint-Cloud, le Palais Royal et Villers-Cotterêts, ses chères maisons, ses endroits bien aimés où il passait bien du temps à s'occuper à les meubler ou à leur donner vie par des réceptions, plus ou moins privées. Non, cela il ne le verrait plus durant des semaines, des mois, voire peut être des années. Une guerre commençait mais qui sait quand elle se terminera ? Ceux qui ont déclaré la guerre de Cent ans ne pouvaient savoir qu'il y aurait conflit pendant plus d'un siècle, pareil pour la guerre de Trente ans. Et celle-ci alors ? Enfin, il y aurait toujours l'hiver pour cesser les combats. Cette pratique de gentilshommes étaient très bien pensées pour ceux qui ont le mal du pays, le mal de chez soi. Si Philippe voulait prouver sa bravoure, il était malgré tout un homme de Cour et avait besoin de cette futilité pour contre-balancer la gravité de la situation européenne.

Assis dans un fauteuil, la lettre venue d'Anjou sur la table face à lui, le prince croquait machinalement dans un gâteau, perdu dans ses pensées. Il avait expressément demandé qu'on ne le dérange sous aucun prétexte. Il avait besoin d'un peu de solitude, cela ne lui ferait aucun mal et il n'avait pas la tête aux mondanités. Bien sûr, il aurait pu mettre un bel habit, parcourir la Galerie des Glaces et user de sa langue de vipère pour se défouler, cela aurait été aussi gratifiant mais non. On l'avait vu ce matin au lever du roi et à la messe, cela était largement suffisant, tout le monde avait vu qu'il était vivant et d'excellente humeur en apparence, cela devait suffire pour la journée ! Cette guerre pompait un peu trop son énergie à dire vrai et surtout une nouvelle : celle de savoir quand le chevalier de Lorraine allait le quitter. Car tel était aussi l'enjeu de cette guerre, c'est qu'ils deviendraient ennemis une fois que le chevalier quitterait Versailles. Cela était intolérable, insurmontable et le prince ne savait guère encore comment réagir mais une chose était sûre : se rouler par terre et pleurer comme un enfant ne changerait rien à la donne, autant attendre des adieux et les faire dignement … pour mieux pleurer par la suite, cela se ferait dans la solitude et le silence. C'était d'un cliché que leur histoire s'arrête parce qu'ils devenaient ennemis, du moins se retrouvaient malgré eux dans des camps opposés, était plus juste. Toujours dans ses réflexions, il n'entendit tout d'abord pas les tocs à sa porte, puis il sursauta à la voix de Gautier-Charles .

Monsieur, le …
Mettez le dehors je ne veux voir personne.

Il ne chercha même pas à savoir qui se trouvait devant ses appartements. Le seul qui pourrait y entrer serait le roi mais Louis aurait eu plutôt la délicatesse de lui faire parvenir une missive pour l'inviter à le rejoindre, Philippe devant aller jusqu'à son frère. Ce manège se répéta plusieurs fois, le mignon n'arrivant pas à prononcer le nom, se faisant renvoyer comme un malpropre avant de refermer la porte. A la troisième fois, Gautier-Charles ferma mal la porte et Philippe entendit la conversation.

Il va falloir qu'il parte, il ne va pas attendre pendant des heures !
Oui mais tout de même, le prince pourrait le recevoir … grogna Marie-Adélaïde.
Il ne veut recevoir personne, tant pis. On ne peut pas tout faire à sa place !
As tu vu son visage ? Il est si sérieux, il vient porter une mauvaise nouvelle au prince.
Qui cela ? lança Philippe pour interrompre les deux jeunes hommes.

Deux têtes passèrent, surpris que le prince réagisse, il se regardèrent et Marie-Adélaïde fut poussé dans le salon de Monsieur.

Le chevalier de Lorraine, Monsieur. Il attend.
Faites le entrer, crétins. lâcha Philippe d'un ton monocorde.

Il n'avait pas bougé de son fauteuil, avait pris un autre petit gâteau alors que le chevalier entrait dans la pièce. Dans d'autres circonstance, sans doute lui aurait-il sauté dans les bras et embrassé ce beau garçon qui se trouvait là non loin de lui. Mais le visage si sérieux de Lorraine faisait deviner à l'avance ce qui allait se dire. Alors le prince ne bougea pas, tourna juste la tête en sa direction, son gâteau à la main, et la mine sérieuse et grave.

Monsieur, je veux dire Philippe, je suis venu vous faire mes adieux. Je quitte Versailles et m'en vais pour la Lorraine. Nous nous retrouverons maintenant au combat dans nos armures et les armes à la main.

Monsieur l'observa pendant de longues secondes, croquant dans son gâteau et le posa sur la petite assiette où restait d'autres confiseries pour remplir l'estomac princier. Que dire ? Il s'y attendait et pourtant cela n'avait pas sans doute jamais suffi car une boule s'était formée dans sa gorge et retint un soupir à fendre l'âme. A l'intérieur, son cœur saignait à en mourir et voici le prince qui commençait à sentir les affres de la solitude se pointer joyeusement, n'attendant que ce moment pour faire du mal à la pauvre âme princière et le tourmenter davantage.

Ainsi il est déjà l'heure pour vous de partir. Soit. Mais avec tout le respect que je vous dois, bien que vous soyez lorrain de part votre père, ceux-ci ne vous ont jamais traité comme il se doit. N'oubliez malgré tout jamais que vous êtes français de par votre mère et par votre cœur.

Le ton restait toujours froid et monocorde. Philippe d'Orléans ne savait guère comment réagir face à une telle situation. Les amants s'étaient déjà déchirés, quittés mais c'était à cause de leurs caractères, leurs vies, pas à cause de la géopolitique européenne et de la guerre. Là, il était difficile de savoir s'ils se reverraient un jour. Finalement, resserrant sa robe de chambre doublée de fourrure, le prince consentit enfin à se lever. Il était droit comme un i, d'une allure princière qui lui allait bien au teint.

Si vous venez me dire adieu maintenant, c'est que vous partez sous peu avec les vôtres. Il baissa les yeux, repensant à sa conversation avec Perrine au sujet des fiançailles mais se tut à ce sujet, il y avait chose plus importante à faire que se disputer pour cela. Sa voix se mit à trembler. Si j'espère savoir la France triomphante, j'espère davantage que vous saurez prendre soin de vous et que vous préserverez votre vie.

Il ne pleurerait pas, mais cette boule dans la gorge l'empêchait de se montrer insensible de bout en bout de leur, sans doute, dernière entrevue …

______________________

Joyeux Anniversaire mon Prince <3


OH YEAH:
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Avancer côte à côte et s'arrêter ici. | Monsieur
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Arréter une diarrhée
» Arrêter le temps...
» [Mairie] Alais: arrêtés municipaux en application
» [Mairie] Lodève : arrêtés municipaux en application
» [Mairie] Uzès: arrêtés municipaux en application

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
AU TEMPS DE VERSAILLES :: 
DE L'AUTRE CÔTE DU MIROIR
 :: Archives :: ANCIENS RP
-
Sauter vers: