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 Molière ~ La vie est un théâtre !

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MessageSujet: Molière ~ La vie est un théâtre !   Molière ~ La vie est un théâtre ! Icon_minitime09.12.12 16:59





MOLIERE


(Jean-Baptiste

Poquelin)



(Eric DANE)




« C’est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens »

    ► 44 ans (du 15 janvier 1622)
    ► Dramaturge de la Cour, tapissier, valet de chambre du roi.
    ► Français
    ► Séparé
    ► Catholique, bien que l’église me prive de paradis…
    ► Hétérosexuel

(Elite du Royaume)


♕ PROTOCOLE ♕
VERSAILLES : PARADIS OU ENFER ?
PARADIS bien sûr ! Du moins en apparence... Le dramaturge a bien saisi toutes les subtilités de la noblesse et ne se prive pas pour s'en moquer et la critiquer dans ses oeuvres ! Les nobles sont ses mécènes, il sait les caresser dans le sens du poil et il sait comment faire passer ses messages avec tact dans ses pièces. Versailles est une de ses inspirations au quotidien, il saisi chaque traits, chaque caractère ou anecdote que peut lui offrir ce paradis du ridicule...
COMPLOT : VÉRITÉ OU FANTASME PUR ?
Un quoi ? Honnêtement, ce n'est pas du goût de Molière de faire dans les commérages et les quand dira t'on ! Il préfère se donner de tout coeur à son oeuvre et son travail pour faire plaisir à ces mécènes, le Roi et Monsieur, tout en n'oubliant pas de faire des croches pieds à ce maudit Racine ! Oui, sans complot Molière a déjà fort à faire ! Alors imaginez si il osait juste mettre un orteil dans l'engrenage ! Le dramaturge préfère rester à sa place, qui est bien douillette en comparaison.
COLOMBE OU VIPÈRE ?
Ni Colombe, ni Vipère, Molière est plutôt un perroquet. Il est coloré, fait rire autant qu'il veut et surtout il répète ce que certains ne veulent pas entendre pour la plus grande hilarité des autres ! Il observe avec attention ce petit monde qui s'agite au moindre scandale ou ragots. Molière est spectateur de la Cour.
DES LOISIRS, DES ENVIES A CONFIER ?
Ecrire : son activité principale. Il peut passer des heures, surtout des nuits, à écrire avec fougue les pièces qui le rendront célèbre à travers les siècles (ça il ne le sait pas bien évidemment !)
Jouer la comédie : son deusième passe-temps favori et aussi son gagne-pain. Faire le guignol sur scène est sa deuxième arme pour faire passer ses pensées sur son monde.
Lire : il est évident qu'on ne peut être un bon écrivain si on ne lit pas un seul livre ! Molière est quelqu'un de curieux qui n'hésite pas à se pencher sur des sujets divers et variés, cela peut toujorus nourrir son inspiration !
La troupe : un travail à temps plein ! Entre gérer les humeurs de certains comédiens ou de Lully, superviser les répétitions, les décors, les costumes, gérer le budget de la troupe, organiser les représentations, etc. C'est plus qu'être un chef de famille, c'est un chef d'entreprise !
Boire, manger : Monsieur Molière est un adorateur des plaisirs et ne se prive pas pour en profiter quand il peut, surtout quand il peut le partager avec des amis ! Quoi de plus agréable ?
Séduire : Jean-Baptiste est aussi un homme comme les autres... Et depuis que sa femme lui a tourné le dos, il se sent bien seul ! La compagnie d'une femme est toujours appréciable ! Surtout si elle a l'esprit vif et piquant...


♕ HOP, RÉVÉRENCE ! ♕
► Mystère Pervers
► 22 ans
► Régulière, en fonction du travail et des cours
► Code bon by Lisa
► Comment avez-vous connu le forum ? Houla ! Ca fait un moment maintenant Razz
► Suggestions ? Il va falloir faire la poussière dans mon théâtre ! What a Face


Dernière édition par Molière* le 17.02.13 3:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Molière ~ La vie est un théâtre !   Molière ~ La vie est un théâtre ! Icon_minitime09.12.12 16:59


LE TAPISSIER
DRAMATURGE

_________________________________________________


Acte Premier
Scène première. Molière.

Molière
, seul dans sa chambre, assis, écrit avec entrain, sa plume grattant bruyamment le papier, il marmonne longuement à voix basse avant de relever la tête. Je n’avais jamais pensé que je serai de ceux qui vivent dans la lumière, ni que je mourrais sous celle-ci. Je n’avais jamais su s’il fallait croire aux anges et aux miracles et je ne me considérais pas comme un héros, loin de là. D’ailleurs qui aurait pu me prendre pour un héros, moi le fils de tapissiers bourgeois aux services des grands de ce monde. Personne surement, à part les fous - qui auraient là toute ma sympathie d’ailleurs-. Peut-être qu’après avoir écouté mon histoire vous ne me considérerez pas davantage comme un héros, étant donné que la plupart de mes actes ne sont que farces et autres comédies. Beaucoup de gens ont ri de moi, d’autres furent prit de haine envers mes mots, mais là, je crois que j’anticipe ; je ferais mieux de commencer par le début, qu’en dites-vous ?

Il se lève, contourne la table et va ouvrir d’un geste sec les longs rideaux masquant la fenêtre, puis il parcourt la pièce, l’air pensif.

Tout était parti du désir de mon grand-père maternel, Paul Cressé, de m’emmener au théâtre voir la troupe du Roi jouer au Marais. En ce temps-là, Corneille et ses pièces étaient ce qu’il y a de plus à la mode et en bourgeois instruit, éclairé (et un poil élitiste je dois l’admettre aujourd’hui) mon grand-père excellait pour trouver les prétextes d’y assister. « Il nous faut trouver davantage de bons clients pour ton papa et tes oncles ! », disait-il en riant, un verre à la main, lorsque les Cressé et les Poquelin étaient réuni autour d’une grande tablé pour les fêtes de Noël. Dès mes 7ans j’avais pu voir pour la toute première fois La Veuve, une comédie dont je me souviendrais longtemps tant elle m’avait fait rire. A l’époque je n’avais pas saisi tous les jeux d’esprits mais rien que par le jeu des comédiens le rire était devenu vite communicatif !

Il rit à cette pensée avant d’enlever sa perruque et de la poser sur son secrétaire. Il poursuit son parcours dans la chambre, s’arrêtant quelques fois, l’air songeur.

C’était le début d’une longue suite de soirées passées au théâtre en compagnie de mon grand-père, un instant rien que pour moi en sa compagnie. Je pu admirer chaque année des pièces telles que Clitandre, La Galerie du Palais, La Suivante, La Place royale, Médée, L’Illusion comique ou encore Le Cid qui resta gravée dans mon esprit tant cette tragédie me retourna les sangs et le cœur…

La tragédie, bien qu’elle m’ait fascinée lorsque j’étais au théâtre, me glaça de tout mon être lorsqu’elle se fit un plaisir malsain à m’arracher successivement ma mère à mes dix ans puis mes trois demi-sœurs à mes quatorze ans sans crier gare. Ces drames qui ébranlèrent notre famille ne la rendirent que plus forte encore. Nous avions toujours en nous cette flamme intense, cet espoir face à la vie qui rendait chaque instant précieux. Ma famille avait plusieurs commerces de tissus et il y avait tant de travail qu’on ne pouvait s’arrêter en chemin en regardant le passé avec nostalgie…

En 1633, un an après le départ de ma mère Marie Cressé, j’entrais au très réputé Collège de Clermont. Latin, mathématiques, physique, philosophie, escrime, danse… Chaque discipline était comme de l’or entre mes mains et je me jetais à corps perdu dans le travail ! J’avais soif d’apprendre, de comprendre, impatient d’en découdre avec le monde si vaste en dehors des murs de cette école, si prestigieuse soit-elle. Ma famille, et surtout mon père, était fier de voir le jeune homme que j’étais en train de devenir. Seulement, les rêves de certains ne deviennent pas ceux de leurs fils… Jean Poquelin, rêvait de me voir reprendre sa suite, poursuivre son travail de tapissier et le faire rayonner sur Paris et ses alentours. Mais moi, Jean-Baptiste, je ne rêvais pas de beaux tissus et de gros sous, non. Ce qui me faisait vibrer, c’était les coups avant le lever de rideau, l’angoisse qui monte à la limite du vomissement, les tirades qui s’envolent et les alexandrins qui vous laissent rêveurs… Ce que je voulais, moi, c’était jouer la comédie, rien d’autre. Je n’osais encore lui avouer quoi que ce soit, trop timide encore, et en 1637 il rachète l’office d’un de mes oncles, celui de « tapissier ordinaire de la maison du roi». Immédiatement, il fit les démarches nécessaires pour que cet office me revienne de droit à sa mort. J’avais alors quinze ans, et je savais au fond de moi que je finirai par le décevoir tôt ou tard…

Et le choc que je redoutais se profilait peu à peu à l’horizon à mesure que je grandissais la tête pleine de mes rêves d’enfant. La première pierre qui roula sur le flanc de la montagne, annonçant l’avalanche, fût ma rencontre avec les Béjart. En 1640, je sortais du Collège avec un diplôme décroché haut la main et sans attendre mon père m’engagea à ses côtés dans ses travaux de tapissiers avec ses artisans. En 1643, je dû suivre ma famille à Narbonne à la suite de la cour du Roi Louis XIII en raison de nos charges de tapissier ordinaires pour sa Majesté.

Il s’arrête avant d’aller s’asseoir sur l’accoudoir d’un fauteuil près de la cheminée. Il reprends avec un sourire.

J’admirais mon père, sa passion dans le travail et les bonnes affaires mais je ne parvenais pas à oublier ses soirées avec mon grand-père dans l’obscurité des salles de théâtre à écouter les comédiens, croire à leurs histoires et suivre les péripéties des personnages. J’avais beau essayer de tout cœur, cette vie n’était pas la mienne, c’était la sienne. Je voulais tracer ma propre route, quitte à faire des erreurs : elles seraient miennes ! De retour à Paris, j’eus l’occasion un soir de me rendre à l’Hôtel de Bourgogne pour assister à la représentation de la dernière comédie de Corneille, Le Menteur. Une des plus belles œuvres de ce vieux Corneille ! La soirée avait été superbe et un franc succès pour la troupe qui reçut un tonnerre d’applaudissements et d’acclamations de toute part dans le théâtre. Alors que je tapais de toutes mes forces dans mes mains, un sourire envieux et ravi sur les lèvres je croisais un regard à faire fondre… Cette femme que je venais tout juste d’apercevoir, George de Scudéry en fera une description fort juste.

Il se lève, bombe le torse et prends l’attitude d’un comédien déclamant un monologue d’importance.

« Elle était belle, elle était galante, elle avait beaucoup d'esprit, elle chantait bien ; elle dansait bien ; elle jouait de toute sorte d'instruments ; elle écrivait fort joliment en vers et en prose et sa conversation était fort divertissante. Elle était de plus une des meilleures actrices de son siècle et son récit avait tant de charmes qu'elle inspirait véritablement toutes les feintes passions qu'on lui voyait représenter sur le Théâtre. » Il rit. Cette jeune femme n’était autre que Madeleine Béjart. Elle sera ma Dorine, ma Magdelon, ma Frosine ou encore mon Elise et je n’en savais encore rien ! Elle était charmante, si belle et ses boucles tombant avec une harmonie sans égale sur ses épaules blanches. Quelques instants plus tard, voilà que nous échangions sur la pièce avec son frère Jacques qui l’accompagnait. Plus la conversation avançait et plus je tombais sous le charme de la belle. Mais ce soir-là je découvris bien plus qu’une romance, je m’entourais de mes plus formidables alliés dans mes rêves de scènes et de théâtres !

Il s’arrête au milieu de la chambre avant d’agiter les mains avec impatience.

Ah ! Que de mots ! Dramaturge que je suis, je parle à tort et à travers : un vrai moulin à paroles ! Dans cette histoire je ne suis que le narrateur et je me dois de m’effacer pour laisser la place aux personnages de cette pièce qui est ma vie. Je vais poursuivre mon chemin cher spectateur, cela ne fait que commencer ! Je vous retrouve plus tard.

Molière salue le public avant de délasser sa robe d’intérieur dévoilant une tenue de ville de couleur verte. Le décor de la chambre est retiré laissant place à la scène du théâtre vide.

Scène 2. Molière, Madeleine, Joseph.

Madeleine
, entre en scène accompagnée par Joseph à sa suite. Elle salue Molière, tout sourire en agitant un éventail, suivie par son frère. Quel succès ! Ce cher Corneille a plus d’un tour dans sa manche, qu’en dites-vous ?
Molière, sourit d’un air charmeur. Ah je ne peux qu’être d’accord avec vous, Madame ! Il y a longtemps que je n’avais pas autant ri !
Joseph. Venez-vous souvent à l’Hôtel de Bourgogne ? C’est bien la première fois que ma sœur et moi-même découvrons un spectateur aussi enthousiaste que vous ! Il rit. Nous qui nous targuons d’être les plus férues de théâtre de tout Paris !
Madeleine, sursaute alors, gênée. Oh ! Nous sommes d’ailleurs si surpris que nous en oublions toutes les politesses ! Monsieur. Elle fait une révérence. Je suis Madeleine Béjart et voici mon frère ainé Joseph. Joseph retire son chapeau pour saluer de nouveau. Nous aurions pu vous présenter notre dernière sœur, Armande, mais elle est souffrante et a dû garder le lit tout le jour. Qui avons-nous le plaisir de rencontrer ?
Molière, fait une révérence à son tour. Jean-Baptiste Poquelin.
Joseph. Tiens ! Ce nom m’est familier. Seriez-vous comédien ? Il ne me semble pas vous avoir déjà vu sur scène.
Molière. Rit. Du tout ! Vous devez surement connaitre les tapissiers et tisserands Poquelin : je suis le fils.
Madeleine. Glousse, surprise. Un tapissier amateur de théâtre ! Voilà qui est intéressant ! Joue-t-on du Corneille dans vos boutiques ?
Joseph. La reprends d’un ton autoritaire. Madeleine !
Molière. Non laissez. Votre sœur est charmante, il n’y a point de mal ! A dire vrai, je ne me revendique pas comme étant tapissier contrairement à mes parents. Je… J’aimerai avoir le plaisir de faire du théâtre un jour. C’est un rêve d’enfant qui m’est cher.
Madeleine, pose une main enthousiaste sur l’épaule de son frère. Oh Joseph ! As-tu entendu comme moi ?
Joseph. Oh que oui ! Il attrape Molière d’une épaule tandis que Madeleine en fait autant avec son bras et ils l’attirent vers les coulisses. Il va falloir que nous discutions longuement, Monsieur Poquelin !

Ils sortent de scène.

Scène 3. Molière, Jean Poquelin.

Le décor d’un salon bourgeois sommaire et joliment agrémenté de tableaux, d’une grande bibliothèque et de fauteuils richement ornementés apparait par le fond de la scène. Jean entre et s’assoit dans un fauteuil l’air grave. Molière entre.

Molière. Vous m’avez demandé, Père ?
Jean, relève son visage vers son fils, même air grave. Oui, tout à fait. Il fallait que nous parlions incessamment sous peu et de toute urgence.
Molière, inquiet. Qui y’a-t-il ? Est-ce grave ?
Jean, soupire. Grave ? Je ne saurai le dire. Préoccupant, oui autant que cela puisse l’être en tout cas. Je t’ai demandé de me rejoindre ici car j’ai entendu quelques bruits plutôt déplaisants à ton sujet mon fils. Entretiens-tu des relations avec la famille Béjart ?
Molière, hésitant. …Oui. Je ne vois pas en quoi cela à quelque chose de préoccupant, Père. Je..
Jean, l’interromps, Il paraitrait aussi que tu as des projets…de…comédies. De farces, de théâtre. Est-ce vrai ? Molière ne répond pas. Le père et le fils continuent de se jauger du regard. Le père reprend sur un ton plus dur encore. Car il va falloir que je te dise une nouvelle : il va falloir oublier ces rêves puérils et hasardeux. J’ai travaillé toute ma vie pour cette entreprise et je n’ai pas l’intention que tout cela disparaisse dispersé aux quatre vents. Molière ne réagit toujours pas. Ecoutes-tu ce que je suis en train de te dire, Jean-Baptiste ?
Molière, blême. Je…J’entends, Père.
Jean, se lève, exaspéré. Alors quoi, mon fils ? Du théâtre ? Tsss ! Je savais que les âneries de ton grand-père finiraient par causer des problèmes. C’est lui qui t’a entrainé là-dedans depuis le début ! Heureusement qu’il n’est plus là, au moins cela limite les dégâts.
Molière, ému. On ne parle pas de quelqu’un ainsi lorsqu’on sait qu’il ne pourra pas venir se défendre.
Jean, même jeu. Et bien ? Défends toi donc ! Ces histoires de troubadours sont-elles vraies, oui ou non ?
Molière. Oui…mais vous ne pourrez rien y changer.
Jean, se masse les tempes avant de répondre. Et pourquoi donc, je te prie ? Depuis quand l’idée de reprendre notre commerce, que ta mère et moi avons portés à bout de bras, t’es insupportable ?
Molière, tremblant. Je… Je n’ai jamais souhaité devenir tapissier. J’ai toujours admiré ton travail et tes convictions mais… Ce n’est pas pour moi. Maman l’aurai surement compris.
Jean, d’un ton sec. Tu l’as dit toi-même : on ne fait pas causer les morts quand on sait qu’ils ne pourront point répondre.
Molière. Qu’importe. Je sais ce que je dis. Et il n’y a plus rien que vous puissiez faire car j’ai pris des engagements.
Jean, dont le ton commence à monter. De quel ordre ?
Molière, prenant un air solennel. Hier, le 30 Juin 1643, les Béjart, moi-même et quelques amis avons pris la liberté de nous associer devant le notaire.
Jean, se laisse tomber dans un fauteuil, le visage dans les mains, atterré. Seigneur Dieu !
Molière, poursuit, même jeu. Cette association sera en vue de fonder ce que nous avons appelés « L’Illustre Théâtre ».
Jean, scandalisé. As-tu perdu l’esprit, mon fils ? Qu’est-ce que ces Béjart ont-ils fait pour te retourner ainsi contre moi ? Moi, qui t’es tout donné pour que tu réussisses dans ce monde ! Tu m’as trahi Jean-Baptiste. Tu ne pouvais pas me faire un pire affront.
Molière, ému. Papa, je…
Jean, l’interromps d’un geste de la main. Pas de cela avec moi. Plus maintenant. Je vais prendre les dispositions nécessaires à ton émancipation si c’est cela que tu veux tant… Après cela je ne veux plus te voir… Tu as piétiné notre honneur et la tombe de ta pauvre mère.
Molière, commence à reculer vers la porte tout en fixant son père, en larmes. Et que feras-tu si je meurs aujourd’hui ?
Un long silence s’installe. Molière continue de reculer lentement vers la porte. Jean reste muet. Molière se retourne brusquement et quitte la pièce en claquant la porte.
Jean, en larmes. Je mourrai demain.

Jean se lève et quitte la scène côté cour. Le décor se modifie : un lustre en cristal descend du plafond, les murs s’écartent laissant apparaitre un mur centrales avec une double porte blanche à dorures, on rajoutent quelques meubles richement décorés, de longs rideaux pourpres, des vases de porcelaine, des statuts, de grands tableaux de maîtres.

Scène 4. Deux valets.

Deux valets entrent côté jardin. Le premier vient au-devant de la scène tandis que l’autre va se poster près de la double porte.

Valet 1, s’adresse au public. Quelques années ont passées. Molière et ses acolytes ont parcouru les routes de France et de Navarre, en quête d’un succès qui met du temps à naître. Molière fût émancipé en ayant à peine vingt-cinq ans et il reçut l’héritage de sa mère, s’élevant à 630 livres. Ils tournent dans tout un tas de province, font faillite avant de rejoindre la troupe de Monsieur Dufresne dans le sud-ouest de la France. En 1655, on décrira la troupe comme extrêmement accueillante et pleine de joie de vivre. Molière y prend une place privilégiée et il a déjà écrit deux pièces : sa première « grande » comédie en cinq actes et en vers, L’Etourdi ou les contretemps puis en 1656, Le Dépit Amoureux. C’est à partir de cette date que le vent tourne pour la troupe. Le Prince de Conti, leur mécène de l’époque, se meurt et se plonge dans une vie de chrétien authentique et devient très hostile au théâtre, accusé par les rigoristes « d'empoisonner les âmes ». A la fin de l'année 1656, il fait refuser par les députés des États du Languedoc de prolonger les subventions accordées aux comédiens, et fait savoir à la troupe — qui se faisait appeler depuis deux ans « Troupe de son Altesse le Prince de Conti » — qu'elle doit cesser de porter son nom. Malgré tout, la troupe est jugée comme étant la meilleure des troupes de campagnes et profite donc de l’occasion pour revenir tenter leur chance à Paris. Nous sommes alors 1658 et quelques connaissances hauts placées de Molière lui avaient promis de l’introduire d’ici peu à la cour de France. Il était capital de trouver à tout prix le protecteur le plus haut placé pour pouvoir s’implanté à Paris sans la moindre ombre au tableau. C’est alors qu’un soir de 1658, à la surprise de tous, on convia secrètement la troupe au Château de Saint-Cloud.

Le premier valet va rejoindre le second avant qu’ils ouvrent tous deux la grande double porte.

Scène 5. Molière, Dufresne, les Béjart, le reste de sa troupe, deux valets.

Molière et sa troupe entrent dans le grand salon, regardant de tout côté, émerveillés. Certains font des commentaires à voix basse avant que Molière ne les interromps d’un claquement de langue agacé.
Valet 2, s’approche du groupe et se racle la gorge avant de parler. Sa Majesté va vous recevoir dans quelques instants. Je vous prie de patienter ici.

Le valet les salue avant de quitter la pièce suivi du deuxième valet par la double porte qu’ils referment derrière eux.

Madeleine, époustouflée parcours le salon avec intérêt tandis que le reste de la troupe discute à voix basse. Mazette ! Y’a pas à dire : on a beau vouloir être bourgeois, c’est les nobles qui ont la belle vie ! As-tu vu ce fauteuil, Armande ?

Sans attendre une réponse de sa sœur, elle va s’asseoir dans le dit fauteuil en caressant les accoudoirs comme si elle avait découvert un trésor. Armande s’approche d’elle.

Armande, moqueuse. Et bien ? Serai-tu devenue une croqueuse de diamants ? Molière ! Regarde-là ! Une vraie précieuse !
Molière, rit. Une précieuse bien ridicule je dois l’admettre !
Le reste de la troupe est hilare tandis que Madeleine se lève bien vite du fauteuil.
Madeleine, vexée. Idiot !
Dufresne, amusé. Allons allons, gardons notre calme les enfants !

L’ensemble de la troupe bavarde de tout et de rien quelques instants avant que les doubles portes s’ouvrent de nouveau, les plongeant dans le silence.

Scène 6. Molière, Dufresne, les Béjart, le reste de la troupe, Monsieur le frère du Roi.

Monsieur, tout en rubans et en couleurs chatoyantes, entre dans le salon avec un port de tête haut et princier tandis que les occupants du salon le saluent bien bas.

Monsieur, rit à la vue de la troupe. Oh ! Allons allons, relevez-vous ! Je ne suis pas un fauve affamé, je ne vais pas vous manger ! Il examine la troupe de la tête au pied en leur tournant autour, ravi. Vous êtes splendides ! Si je m’étais attendu à ça ! Vous dépassez mes espérances. J’ai tellement entendu parler de vous ! Il fallait que je vous rencontre. Je vous souhaite la bienvenue dans mon « petit » chez moi. Il rit. C’est grand, spacieux, tout nouveau : un vrai paradis ! Faites comme chez vous. Installez-vous, prenez vos aises : je suis là en toute amitié !

La troupe s’échange quelques regards, tous intrigués par le comportement du Prince de France, avant de s’installer dans les fauteuils et canapés qui garnissent le grand salon. Monsieur se met à parcourir le salon de long en large comme un précepteur le ferai avec sa classe.

Monsieur. Alors mes agneaux ! Vous devez bien vous douter que je ne vous convie pas en plein soirée chez moi pour une tasse de chocolat et quelques macarons. il interpelle Armande qui semble hésiter à se servir dans un plat Allez-y, ma chère ! Ils sont à tomber vous verrez ! Qu’est-ce que je disais ? Ah oui ! Je vous ai demandé pour une raison bien simple. Etant le frère du Roi, j’ai un devoir, je dirai même un privilège de mettre en valeur les plus beaux arts que le Royaume peut nous offrir. J’ai longuement réfléchi à tout un tas de possibilités plus séduisantes les unes que les autres et il y en a bien une qui a retenue toute mon attention. il se tait laissant planer le suspense sur la petite troupe avant de reprendre. C’est pourquoi…Mesdames il salue les comédiennes…Messieurs même jeu avec les comédiens J’ai décidé en ce soir béni de 1658 de faire de vous ma troupe chérie !

A ces mots toute la troupe le regarde avec des yeux ronds, ayant du mal à réaliser ce qui était en train de se produire sous leurs yeux. Monsieur fit cure de leur absence totale de réaction et sautilla sur place comme un enfant.

Monsieur, ravi. N’est-ce pas FOR-MI-DABLE, mes agneaux ? Alors… A qui dois-je m’adresser pour régler la paperasse ? C’est si ennuyeux, que je préfère m’en débarrasser tout de suite !

Dufresne et Molière se regardèrent un instant sans dire un mot

Dufresne, avec un sourire bienveillant. Tu sais bien que je prendrais ma retraite dans un an. Vas donc ! Tu mérites bien la place, j’ai fait mon temps.
Molière, sers chaleureusement la main de Dufresne. Merci mon ami. il se lève et vient saluer le prince Où dois-je signer ?

C’est alors que la troupe n’y tenant plus explose de joie dans le salon. Tout le monde rit et s’embrasse tandis que Monsieur assiste à la scène avec Molière.

Monsieur, amusé. Inutile de me remercier surtout ! Il se tourne vers Molière Excusez mon impolitesse mais il me semble que nous n’avons point été présenté…Monsieur ?
Molière, tout sourire. Molière, Monsieur Molière.
Monsieur. Et bien, Monsieur Molière, je crois que de grandes choses nous attendent !





Dernière édition par Molière* le 09.12.12 18:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Molière ~ La vie est un théâtre !   Molière ~ La vie est un théâtre ! Icon_minitime09.12.12 17:58


LE TAPISSIER
DRAMATURGE

_________________________________________________


Acte II
Scène première. Molière.


Décor d’une taverne vide. Molière s’avance dans la lumière.

Molière. Être un artiste, un dramaturge, un peintre ou un poète…C’est tout un engagement. Les gens oublient trop souvent ce pourquoi nous travaillons. Certes, nous le faisons au service de nos mécènes mais nous pouvons autant être aimé et haït du jour au lendemain avec à peine une explication tangible. Notre vie est un incessant tourbillon bouillonnant de passion, d’amour et de haine distribués de façon totalement anarchique sur le cours de notre existence. Tous les artistes seront d’accord à ce sujet. Le public est cruel, la vie même d’artiste est cruelle. Mais nous aimons tellement ce que nous faisons que nous pouvons donner notre vie à notre art. Il est notre épouse et nous lui sommes toujours fidèle quelque soit les méandres de notre vie. En plus de ces difficultés, les artistes ont souvent toute la peine du monde à se mettre d’accord sur le long terme ! Il rit J’en ai moi-même fait l’amer expérience !

Alors qu’il termine son monologue, des personnes viennent occuper peu à peu le décor de la taverne. Molière sourit avec un air songeur.

J’ai toujours détesté Racine. Je lui avais accordé ma confiance et il m’a lâchement tourné le dos. Moi qui lui avais ouvert en grand les portes de mon Palais-Royal pour y monter son Alexandre le Grand ! Les artistes ont tous beaucoup d’orgueil et d’amour propre, je ne m’en cacherai jamais. Mais Racine avait surtout un profond mépris pour le travail des autres. il fait claquer son talon sur le plancher avant de rire Oui ! Drame de ma vie j’ai été incapable de faire quoi que ce soit de bien avec une tragédie. Vraiment j’ai eu beau essayer… Rien n’y a fait ! Il me fallut du temps avant d’accepter que mon arme la plus terrible fût mon humour. Et en ce temps-là, j’y croyais encore…

il rit à gorge déployé en sortant de scène.

Scène 2. Racine, Boileau, les occupants de la taverne.

Racine et Boileau prennent place dans la taverne. Les occupants de la taverne prennent enfin vie dans une agitation festive. Racine semble l’esprit ailleurs tandis que Boileau boit son verre avec entrain.

Boileau, avec enthousiasme. Un succès ou un échec, tout est occasion de boire et de faire la fête !

Racine lui jette un regard peu convaincu quand un jeune homme se précipite à leur table

Lucas, essoufflé et affolé. Molière arrive et il vous cherche !

A peine Lucas a-t-il parlé que Molière entre en trombe dans la taverne, côté cour. Boileau se lève tandis que La Fontaine vient arrêter Molière en le retenant par les épaules.

Molière, furieux. Pourquoi as-tu donné ta pièce aux acteurs de l'Hôtel de Bourgogne ? Nous avions travaillé sur cette fichue tragédie pendant des mois pour pouvoir la présenter ce soir... Pourquoi ? Pourquoi cette trahison ?

Racine préféra se détourner de Molière pour jouer avec son verre.

Racine. Allons, Molière... Tu sais bien que je n'appréciais pas la manière dont ta troupe interprétait Alexandre. J'ai tenté d'apporter des modifications que tu n'as pas appréciées, en conséquence j'ai préféré la manière forte, je suis allé donner mon texte à l'Hôtel de Bourgogne où j'ai pu donner mes directives.
Molière commence à s’agiter, voulant échapper aux mains de La Fontaine
Molière Tu n'étais que l'auteur, j'étais le metteur en scène, je savais ce qui était le mieux !

La main de Molière passa devant son nez et fit s'envoler le verre qui s'écrasa au sol. Une servante crie. Racine se lève et fait face à Molière.

Racine méprisant et titubant Voyons, Molière, tu n'as jamais su ce qu'était une véritable tragédie et même en mettre une en scène. Retourne à tes bouffonneries tant qu'elles font rire des personnes hauts placées et laisse le noble art à des auteurs et metteurs en scène de talent.

Les occupants de la taverne poussa un murmure d'étonnement tandis que Molière recula d'un pas sous l'affront. Boileau s’interpose entre eux.

Boileau Allons, calmez-vous. Inutile de demander des explications maintenant, Jean-Baptiste, tu vois bien que Jean a déjà bien bu...
Molière l'écarta d'un geste et avance de nouveau vers Racine, le menaçant de toute sa hauteur.
Molière, tremblant de rage. Je ne me laisserais pas faire par un petit blanc-bec comme lui ! Comment ose-t-il vouloir m'apprendre le théâtre alors qu'il a plus de bâtards que d'œuvres à son actif ?
Racine, d’un air goguenard. Au moins, je sais contenter les femmes, tu ne peux pas en dire autant, Armande ne vient-elle pas de te quitter ?

Très rapidement, Molière échappe à la poigne de La Fontaine et vient se jeter come un fou furieux sur Racine. La foule panique. Molière décroche un poing dans la machoire de Racine qui s’effondre lourdement sur le sol. Quelques comédiens, La Fontaine et d’autres tentent de maitriser Molière, hors de lui, hurlant un plein poumons.

Molière, fou. JE VAIS LUI ARRACHER SON IMMONDE FACE DE RAT !!! JE LUI FERAI BOUFFER LES C******* DE SATURNE ! MAUDIT SOIT RACINE ! TU ME LE PAYERAS !

Le groupe qui retient Molière le tire vers les coulisses, côté cour tandis qu’il continue de hurler. Le décor disparait par le fond et le restes des occupants quitte la scène dans le brouahah.

Scène 3. Molière.

Molière entre en scène par le fond en riant. Il vient au-devant de la scène et prends à parti le public.

Molière, hilare. Vous avez vu ça ? Ah ah ah ah ! Quel sombre idiot j’ai pu être ! Il se calme et sèche une larme au coin d’un œil. Aaaah Armande, ma belle, ma douce Armande. Il ne fallait pas me titiller de trop à son sujet… Je ne lui ai pas fait de cadeau, ça non. Elle m’a quittée mais elle est toujours restée fidèle à son poste dans la troupe et je lui en avais toujours été reconnaissant. Ma troupe… Il sourit Ils sont ma famille et ce que j’ai de plus cher en dehors du théâtre. Jamais je ne pouvais imaginer être sans eux. Il se tait quelques instants regardant dans le vague avant de retrouver le sourire et se tourne vers le fond de la scène avant de taper fort dans ses mains Aller ! Aller ! Tout le monde en place ! Une répétition s’impose les enfants !

Scène 4. Molière et sa troupe.

Dans un grand brouahah, des décors à moitié peint sont installés tandis que les comédiens entrent sur scène côté cour et côté jardin , ils bavardent, chahutent, leurs textes à la main avec quelques accessoires de scène.

Molière, s’impatiente. Allons ! Allons ! Pressons ! Nous n’avons pas toute la journée ! Lucie remet moi cette perruque correctement. Tsss ! Lionel cesse de fanfaronner comme ça ou je te fais voir du pays rien qu’avec ma main. Tu veux essayer ? Je ne pense pas...Les comédiens viennent s’installer sur la scène et attendent les directives de Molière…Bon très bien !Puisque vous n’avez pas été très sages dernièrement et que j’ai tout de même attendu plus d’une dizaine de secondes avant que vous ne soyez enfin prêt pour une répétition, nous allons reprendre depuis le début ! Le Misanthrope, Acte premier, scène un ! la troupe proteste Je ne veux rien entendre ! Je veux mon Alceste et mon Philinte dans trois…deux…un…C’est à vous !

Eric et Lionel se jettent un regard plein de lassitude, souffle longuement puis commence la répétition tandis que les autres vont s’installer sur les côtés pour les écouter.

Lionel. Qu’est-ce donc ? Qu’avez-vous ?
Eric. Laissez-moi je vous prie.
Lionel. Mais encor, dites-moi, quelle bizarrerie…
Eric. Laissez-moi là, vous dis-je, et courrez vous cacher.
Lionel. Mais on entends les gens au moins sans se fâcher.
Eric. Moi, je veux me fâcher, et je ne veux point vous entendre.
Lionel. Dans vs brusques chagrins je ne puis vous comprendre ; Et, quoique amis enfin, je suis tout des premiers…
Eric. Moi, votre ami ? Rayez cela de vos papiers. J’ai fait jusqu’ici profession de l’être ; Mais, après ce que je viens de voir paraitre, Je vous déclare net que je ne le suis plus, Et je…

Scène 5. Molière, sa troupe, Karl du Palatinat.

Une porte du théâtre claque et laisse apparaitre Karl du Palatinat qui traverse la salle jusqu’au pied de la scène en lançant un grand sourire à Molière, charmeur.

Karl. Cher Monsieur Molière ! Quel plaisir de vous trouver en plein travail !
Molière. froidRavi de vous plaire, mais je n’ai point la chance de connaitre… Monsieur ?
Karl. fait une révérence en saluant bien bas Monsieur le Comte Karl du Palatinat pour vous servir !
Molière. soupir de lassitude Que puis-je faire pour vous, Monsieur le Comte ? Nous sommes en pleine répétition avec ma troupe donc si vous pouviez…
Karl. le coupe avec un grand sourire Je souhaite passer une audition, voilà pourquoi je suis là !

Karl n’attends pas de réponse de Molière et grimpe avec souplesse sur la scène aux côtés du dramaturge. La troupe regarde les deux hommes en silence. Molière a alors un petit fou rire devant le reste de la salle, silencieuse, avant de reprendre son sérieux en constatant du regard noir du Comte.

Molière. sèche ses larmes en continuant de rire un peu Ahah hum… Euh Monsieur… C’est-à-dire que ma troupe est complète ! Je n’ai pas de rôle à vous offrir !
Karl. s’agite un peu vexé devant Molière Mais Monsieur Molière ! Jugez d’abords de mes capacités avant d’être aussi catégorique ! Il écarte les bras comme si il triomphait Je vais vous prouver que vous devez avoir un comédien tel que moi dans vos rangs !

Molière tourne autour du Comte en silence en le regardant sous toutes les coutures. Il réfléchit longuement avant de revenir à sa position initiale.

Molière. Hum je vois…
Karl. enthousiaste Alors ? Qu’en dites-vous ?
Molière. catégorique Monsieur, Vous devez essayer de devenir un arbre.

Grand silence de tout le monde. Karl est sidéré.

Karl. Je vous demande pardon ?
Molière. Aller ! Aller ! Vite ! Essayez d’être un arbre !
Karl. perds ses moyens Euh…Oui…

Le Comte s’éloigne un peu plus au centre de la scène, semble réfléchir, semble lancer un regard suppliant vers les autres comédiens qui jubilent puis se décide à faire son imitation d’arbre. Il lève les bras, puis se balance doucement comme si il y avait du vent. Molière reste quelques instants à l’observer puis il enlève une de ses chaussures et la lance violemment sur le Comte qui se la prends dans l’estomac.

Karl. tombe à genoux Aïe ! Mais vous êtes fou !
Molière. hors de lui Quoi ? Vous avez déjà vu un arbre qui bouge et qui crie ? Vous me faites perdre mon temps et celui de mes comédiens : les vrais ! Sortez d’ici !

Karl se relève, vert de rage, et quitte la salle tandis que le reste de la troupe est hilare et se moque de lui. Une fois que la porte de la salle de théâtre claque : la lumière s’éteint. Fin de la scène 4.

Scène 6. Molière.

La lumière s’allume doucement sur la scène tandis que Molière s’avance en riant et en tapant dans ses mains.

Molière. hilare Ahahah ! Être dramaturge n’est pas facile tous les jours ! retrouve son sérieux, plus grave et vient s’asseoir au bord de la scène, les pieds se balançant dans le vide. Il faut savoir être dur, avoir une main de fer pour se faire respecter… Celui qui décide pour tout un groupe est toujours le plus seul… Que l’on parle de Madeleine ou d’Armande, elles m’ont toutes les deux laissées… à raison ! Les femmes ne veulent pas d’un tyran, n’est-ce pas ? Je sacrifie tout à mon art, quitte à souffrir. Qu’on m’offre un fouet !lève un poing et rit sans conviction Ah… Je ne devrai pas me plaindre… J’ai eu mes chances dans la vie… J’en ai saisi certaines… D’autres non… C’est comme ça… Il hausse des épaules puis balais des yeux le public Vous savez… Je sens la fin approcher et je n’ai pas envie de vous quitter…pas encore… C’est si agréable de se confier à des amis parfois… Je le fais dans mes pièces mais ce n’ai pas pareil. La subtilité et les différentes sensibilités font que certaines choses ne se voient pas toujours dans une œuvre artistique. C’est étrange parce que… s’interromps et jette un regard côté coulisses avant de regarder de nouveau le public Tenez-vous à carreaux ! Quelqu’un vient !

Scène 7. Molière, Adélaïde de Vogüé

Adélaïde entre en scène en lançant un sourire radieux à Molière qui lui réponds de la même façon.

Adélaïde. Alors Molière ? Tu parles tout seul maintenant ?

Elle s’avance et vient s’asseoir aux côtés de Molière

Molière. l’air rêveur Rien d’important, juste quelques fantômes… Que fais-tu là à cette heure, toi ? On a une répétition très tôt demain matin !

Elle rit

Adélaïde. Parles pour toi ! Il est déjà le matin !
Molière. l’air inspiré par une tirade Oui, je sais ! Mais vois-tu petit oiseau : au théâtre il fait toujours nuit ! Les animaux comme moi ne connaissent pas les heures. Je erre dans les ténèbres en quête de création…
Adélaïde. Beau parleur !
Molière. Flatteuse ! tendrement réprobateur Va donc te préparer pour la répétition au lieu de te moquer de tes ainés, Valérie…

Adélaïde se lève, en lançant un sourire malicieux, puis elle lève les yeux au ciel

Adélaïde. Comme si tu faisais ton âge !
Molière. Cessez vos avances au patron, ma chère : au travail ! il pointe du doigt les coulisses d’un air plus dur.

Adélaïde quitte la scène.

Scène 8. Molière, Jean-Baptiste Lully

A peine la comédienne a-t-elle quittée la scène que Lully entre à son tour, les bras chargés de partitions. Molière se lève et vient le rejoindre au milieu de la scène.

Molière. Ah ! Mon ami ! Vous voilà !
Lully. Tout à fait ! J’ai travaillé tard dans la nuit pour t’apporter mon nouveau chef d’œuvre !
Molière. rit Ahah ! Prétentieux mon petit Paillard ! J’ai hâte d’entendre ça !
Lully. moins enthousiaste Oui… J’espère que tu n’enverras pas de nouveau une de mes partitions aux oubliettes aujourd’hui...
Molière. Allons Jean-Baptiste ! Ne le prends pas ainsi ! Je suis sûr que cette fois ça sera parfait. Je crois en ta musique. Tu le sais bien !
Lully. hausse les épaules et s’éloigne de Molière vers les coulisses côté cour Oui… Tu l’apprécie tous les 15 du mois…

Il sort tandis que Molière lève les bras, l’air désolé de l’attitude de son ami.

Molière. Mais voyons Lully ! On est le 15 ! Il rit

Scène 9. Molière.

Molière. se tourne vers le public avec un sourire amusé Une vrai diva ce Lully, vous ne trouvez pas ? Ahah ! Lui il va finir par faire plus que son âge à toujours se plaindre, le pauvre ! il rit Enfin, je le connais, il ne va pas rester fâcher longtemps, c’est un ami. J’aurai aimé vous présenter une autre de mes amis : Evangéline de Comborn ! Malheureusement, mademoiselle est en mission, comme d’habitude, alors il va falloir faire sans ! il soupire Après tout je suis habitué : c’est une espionne de notre Roy ! Toujours à vadrouiller pour de mystérieuses raisons… Mais quand elle est là : qu’est-ce qu’on s’amuse ! Si vous saviez ! Nous nous taquinons constamment avec l’énergie de deux enfants… J’aime les gens qui savent rester des enfants au fond d’eux ! Evangéline n’a pas l’air comme ça aux premiers abords, mais il ne faut pas longtemps pour savoir à quel point elle est charmante… Et un esprit si vif ! Les jours où je manque d’inspiration, si j’ai la chance de la croiser : le moral me revient instantanément… Magique ! Il sourit Aaah ! C’est une vie bien riche et entouré que j’ai là, malgré toutes mes plaintes…

Il devient songeur et parcours la scène avant de se tourner de nouveau vers le public avec un air apaisé.

Molière. Vous savez… J’ai adoré cette vie. Elle n’était pas toujours belle, brillante, fantastique ou même héroïque… Mais j’ai fait ce que mon cœur me disait, et je n’y ai jamais renoncé ! Et je sais que je ne me suis pas trompé sur ce point… On m’a beaucoup critiqué comme vous le savez, on ne m’a pas toujours applaudis ni aimé… Ce que je sais c’est que j’étais à la place exacte où la vie devait me porter il écarte les bras en regardant autour de lui Dans un théâtre !... Ma vie commence et fini dans cet endroit…

en arrière scène apparait un fauteuil sur lequel est posé une robe de chambre verte. Molière se tourne vers le fauteuil et s’en approche.

Molière. C’est là que ça a commencé… Quand je suis parti. devient plus insistant Par contre… S’il vous plait : faites taire ceux qui croient que je suis mort…là il désigne le fauteuil Quelle foutaise ! C’est indécent ! Je suis quelqu’un de bien élevé : j’ai rendu l’âme chez moi, dans mon lit !

il rit longuement avant de reprendre son sérieux. Il prend la robe de chambre avant de la passer puis s’avance vers le public.

Molière. Hum. Décidément je ne suis vraiment pas doué pour la tragédie. il sourit Que diriez-vous que l’on remonte un peu en arrière ? Je n’ai pas encore envie de vous laisser…il trépigne sur place Il faut que nous nous amusions encore ! C’est capital ! Hum… Remontons vers quelques belles années de mon existence ! Versailles ? La Cour ? Le Roy ?... Il claque des doigts Ahah ! Son luxe, son champagne, ses paillettes ! Je sens que vous trépignez mes amis ! Vous n’attendiez que ça ! Alors… Allons-y ! Que le spectacle commence !

Molière salue et le rideau se referme sur la scène tandis que La Marche des Turcs de Lully retentie.

A SUIVRE…




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MessageSujet: Re: Molière ~ La vie est un théâtre !   Molière ~ La vie est un théâtre ! Icon_minitime17.02.13 3:18

Et voilà !!! cheers J'ai ENFIN terminé cette fiche PTDR
J'espère que ce Molière vous convient ! What a Face
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Philippe d'Orléans

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a été brisé, piétiné et maintenant celui qui était à mes côtés est devenu mon ennemi. Quelle cruelle destinée !
Côté Lit: Le lit de mon palais est si confortable et accueillant !
Discours royal:



ADMIN TRAVESTIE
Monsieur fait très Madame

Âge : 27 ans
Titre : Prince de France, Monsieur le frère du Roi, Duc d'Orléans, de Chartres, d'Anjou, seigneur de Montargis
Missives : 10014
Date d'inscription : 03/01/2007


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MessageSujet: Re: Molière ~ La vie est un théâtre !   Molière ~ La vie est un théâtre ! Icon_minitime17.02.13 11:57


Tu es validé !

Bienvenue à

Versailles !


Enfin Molière terminé cheers Il était temps, c'est moche de le laisser croupir dans son coin *dit celle qui a jamais fini sa fiche Green *

J'avais déjà lu la 1e partie de ta fiche et j'ai adoré le style en forme de pièce avec les actes et les scènes, c'est vraiment bien trouvé, pas besoin d'en faire trop, ni un roman cela se suffit amplement ! Cela se lit avec facilité et on pourrait sans doute faire une vraie pièce sur la vie de Molière dit comme ça Razz

Mais alors le passage avec Karl ... PTDR Tu m'as tuée ! J'aurais jamais du te montrer cette vidéo du Joueur du Grenier car je sens que ça va revenir PTDR Le coup d'être un arbre ... à quand enfermer tes comédiens dans une maison avec une vitre cassée, dans le froid, sans eau, sans nourriture ? Green

J'aurais juste aimé que tu parles de tes comédiens mais tu en as placé 2, les autres tu les mettras dans ta fiche (que tu feras cette fois, je t'aiderais pas Green ).

Enfin bref, sois à nouveau le bienvenu parmi les schizos en espérant que tu t'amuseras bien avec Molière Very Happy Ah, et je te retire ton astérisque Very Happy tu es le seul, l'unique Razz

Une fois la validation passée, il faut recenser ton avatar, puis créer ta fiche de liens et consulter celle des autres, remplir le point info et le consulter pour savoir qui fait quoi.
A partir de 50 messages, vous pourrez un rang personnalisé.
Viens faire un tour sur
le flood et n'oublie pas de mettre tes liens de présentation, fiche de liens et point info dans ton profil Clin d'Oeil





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Joyeux Anniversaire mon Prince <3


OH YEAH:
 


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MessageSujet: Re: Molière ~ La vie est un théâtre !   Molière ~ La vie est un théâtre ! Icon_minitime17.02.13 12:16

On a un Molière ** bounce Banane

Bon tu sais déjà ce que je pense de ta fiche, je n'ai pas envie que tu prennes la grosse tête (et en plus Racine va finir par bouder) mais je tenais à te souhaiter de nouveau la bienvenue avec ce perso haut en couleurs. On va vraiment s'amuser avec notre petite gueguerre Héros (Ferdigi) .

Racine tenait à dire au passage que lui ne traiterait jamais ses comédiens ainsi, qu'il ne leur jette pas des chaussures et qu'il ne leur demande jamais de jouer des arbres. Et que lui, il avait placé tous ses comédiens dans sa fiche Cool *je sors*

Au plaisir de te croiser à Versailles, j'ai hâte **
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MessageSujet: Re: Molière ~ La vie est un théâtre !   Molière ~ La vie est un théâtre ! Icon_minitime17.02.13 12:21

*pousse Racine-le-rabat-joie sur le côté, place aux gentils Green *

UN MOLIEEEEEEEEEEERE ** ** ** Bon, tu sais déjà tout le bien que je pense de ta fiche, j'ai commencé les badges du fan club d'ailleurs PTDR Bref, ce Molière est juste parfait, il est génial, c'est un très beau personnage et j'ai hâte de voir ce que tu vas nous en faire ** Ferdi et Isabeau demandent des liens d'avance - Ferdi parce que c'est impossible pour lui de ne pas aimer les pièces de Molière, et Isabeau parce que sa joueuse trouve ça très drôle d'embêter Racine Green

Bref, re-bienvenue parmi nouuuuus ! Green
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Amy of Leeds

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Côté Coeur: Mère enfin apaisée et femme comblée mais pour combien de temps encore ?
Côté Lit: Le Soleil s'y couche à ses côtés.
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Âge : A l'aube de sa vingt septième année
Titre : Favorite royale, comtesse of Leeds et duchesse de Guyenne
Missives : 7252
Date d'inscription : 10/09/2006


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MessageSujet: Re: Molière ~ La vie est un théâtre !   Molière ~ La vie est un théâtre ! Icon_minitime17.02.13 12:39

Bon au moins toi je savais qui tu étais. Razz

J'ai suivi ta fiche avec grand intérêt et elle est vraiment géniale, j'avais hâte que tu arrives, depuis le temps qu'on voulait un JB bis ! Very Happy Je te souhaite donc à nouveau la bienvenuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuue parmi nous dans cette peau là ! cheers

Amuse toi bien parmi nous, avec ce petit JB ! Didine viendra sous peu cramer ton hôtel. PTDR

Au plaisir de te croiser et d'avoir un lien avec toi. Smile


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La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

Le rouge et le noir
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MessageSujet: Re: Molière ~ La vie est un théâtre !   Molière ~ La vie est un théâtre ! Icon_minitime17.02.13 14:49

Re- Bienvenuuuue cheers cheers

J'avoue honteusement ne pas avoir lu ta fiche. Mais je te dis d'ores et déjà que je suis contente de voir Molière ! Un peu de concurrence à Racine ne lui fera pas de mal Green A quand la bagarre des dramaturges ?
Maryse est très heureuse en tout cas **

Amuse toi bien avec ce nouveau personnage ! Clin d'Oeil
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Gabriel N. de la Reynie

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Son travail est son seul amour...et éventuellement son fils!
Côté Lit: Quand il a le temps et qu'il est d'humeur, une dame galante et consentante, mais jamais elle devra passer avant sa charge!
Discours royal:



Justicier en chef
La perfection au masculin

Âge : 41
Titre : seigneur de la Reynie, lieutenant général de police
Missives : 260
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MessageSujet: Re: Molière ~ La vie est un théâtre !   Molière ~ La vie est un théâtre ! Icon_minitime17.02.13 15:52

Rebienvenue! cheers

C'est super qu'on ait un Molière (en plus, la joueuse est fan), j'espère que tu t'éclateras comme un petit fou avec lui!

Il faut que je réfléchisse absolument à un lien!

A très vite

______________________

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MessageSujet: Re: Molière ~ La vie est un théâtre !   Molière ~ La vie est un théâtre ! Icon_minitime17.02.13 17:31

Bienvenue Very Happy
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MessageSujet: Re: Molière ~ La vie est un théâtre !   Molière ~ La vie est un théâtre ! Icon_minitime17.02.13 18:21

Bienvenue MoMo !!
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MessageSujet: Re: Molière ~ La vie est un théâtre !   Molière ~ La vie est un théâtre ! Icon_minitime

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