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 Une saignée et pour sûr vous guérirez ! [Luigi di Paliano]

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MessageSujet: Une saignée et pour sûr vous guérirez ! [Luigi di Paliano]   09.12.12 0:18

Le temps était fort frais, et pour une fois le Duc de Nevers, alias Philippe-Julien de Nevers, que les plus familiers s’autorisaient à nommer Julien, avait choisi la chaleur de ses draps à la glace du temps extérieur, bien qu’il aimât se balader par un temps frais, qui constituait selon lui le meilleur des remèdes contre la maladie. En effet, de tout temps il avait préféré la prévention à la guérison, il était peu friand de ces hommes en longs habits noirs qui venaient pour vous annoncer les pires prophéties. Un tel vous condamnait à un épanchement de la bile rousse, donnant à vos joues une teinte plus qu’incertaine et jurant avec votre tenue, en voilà un excès de feu dans votre foie, ou bien encore quelques humidités au nez et voilà que ce prédicateur trouvait le moyen de juger d’un excès de flegme ou de lymphe selon les usages, que l’on vous conseillait de purger dans l’immédiat ce déséquilibre par un lavement ou par une immonde saignée qui abimait la peau tout en vous affaiblissant. La médecine, un malheur pour les beaux jeunes hommes comme l’était Philippe-Julien. Ce matin-là donc, plutôt que de se dégourdir les jambes rapidement en tenue légère dans les jardins du Palais Royal, il préféra trainer quelque peu dans ses draps, grignotant de précieuses minutes qu’il avait perdu la veille au soir dans les bras d’un beau jeune homme, un tantinet jeune mais à la chair si délicieuse et aux charmes si délicats qu’il fut un péché d’y résister.

Aux premières heures du jour pourtant, le Surintendant du Palais-Royal se devait d’être à la disponibilité des nobles messieurs souhaitant faire une requête à Monsieur. Et les requêtes n’étaient jamais aussi nombreuses qu’à l’approche d’une de ces nombreux repas qu’offraient Monsieur mais dont depuis quelques temps étaient à la charge du Duc de Nevers de part sa charge si enviée. Et pour sûr, de nombreux gentilshommes, souhaitant rentrer dans les grâces de la famille royale, venaient quémander voir supplier Mancini de lui accorder une place, quelques minutes, le temps nécessaire pour faire ses preuves. Et bien entendu, quand la personne le demandant était une belle jeune femme ou un beau jouvenceau, l’Italien profitait quelque peu de sa situation. Il est vrai qu’il était bien beau le bougre, avec ses riches vêtements d’épaisse soie pour lutter contre les froids hivernaux, garnis quelques fois de fourrure d’hermine lors des grandes sorties, et toujours assortis d’une paire de bottines en cuir assorti à sa tenue, afin qu’en tout lieu on put remarquer son goût d’une belle finesse. Ce jour-là malheureusement, aucun des prétendants et des aspirants ne fut à son goût, et d’autres tourments vinrent à la place occuper son esprit. L’argent. Oh certes, il n’en avait point manquer ces dernières années, car depuis la mort de feu son oncle le Cardinal Mazarin, il avait pu bénéficier d’une belle somme d’or pour vaquer à ses loisirs. Mais comme la neige de février devant les premiers rayons d’un soleil annonciateurs de tendres chaleurs, ses deniers avaient rapidement fondus, et il n’avait point vendu d’œuvre usurpé depuis bien longtemps, raison pour laquelle il s’inquiétait pour sa bourse et se demandait bien comment il ferait pour parvenir à ses besoins si fondamentaux et vitaux comme acheter de nouvelles tenues et de nouveaux bijoux pour la prochaine soirée de Monsieur. Il avait en effet été contacté par un joaillier qui lui avait promis une magnifique chevalière en or fin, surmonté d’un saphir finement taillé et entouré de deux feuilles de chêne et d’érable en argent. La question était donc là : où Philippe-Julien trouverait-il des deniers pour garnir comme il se devait sa main.

Ou plutôt : de quelles connaissances obtiendrait-il des fonds rapidement et sans grande difficulté ? Tout en y prenant un plaisir certain bien entendu, il serait bien dommage de ne point mêler la peine et le plaisir. Il prit donc des nouvelles auprès des courtisans du Palais Royal si quiconque était en déplacement et quels étaient les nouvelles. Et là il eut la révélation, il eut connaissance de l’état de santé de son ami, le Prince di Paliano, Luigi. En effet, l’hiver n’avait point été aussi clément avec tout le monde, et ainsi le jeune homme se trouvait souffrant, obligé de supporter ainsi la présence de ces annonciateurs de la mort qu’étaient les médecins, voir même la divine présence cette fois-ci des prêtres, le seul véritable remède à apporter au mal qui rongeait nos chairs et notre sang. Philippe-Julien Mancini se souvenait encore de leur rencontre, dans un des nombreux bals de Venise, où le beau futur Duc de Nevers, simple neveu de Mazarin alors, fit plus qu’enlever le masque de ce beau jeune homme du nom de Luigi, de la famille des Colonna. En effet, il l’avait très vite aperçu au milieu des nombreux nobles se baladant dans les rues de la cité d’eau, et il n’avait point fallu longtemps pour qu’il l’aborde, sûr de son succès. Et la chose s’était répété à de nombreuses reprises lors de ces festivités. Puis ils se perdirent de vue, ne se retrouvant que par le plus grand des hasards au mariage de la sœur de Julien avec le frère de Luigi. Leurs rencontres fut amusantes mais ils ne remirent pas le couvert pour instant, pas cette fois-là non. Cet ancien amant était donc souffrant et il était du devoir du Duc de Nevers de prendre de ses nouvelles, comme tout « ami » se devait de le faire.

Philippe-Julien, après avoir changé de vêtement pour la quatrième fois de la journée, suant beaucoup sous ses couches de soie épaisse, choisit une tenue plus légère ne se couvrant que d’hermine blanche pour sortir, et garnissant ses mains et son cou de bijoux d’émeraudes et d’argent. Il congédia les serviteurs de la Cour pour se rendre aux appartements de l’Italien et congédia également le servant qui s’y trouvait, voulant être seul avec son ami. Ce dernier avait le teint fort pâle, se tenant avec grande peine debout, mais il ne pouvait caché son état de faiblesse avancée. D’un air fort naturel, et de manière agile malgré sa tenue, Julien vint lui offrir sa joue pour lui souhaiter le bonjour.

« Mon ami, Luigi, comment allez-vous ? J’ai ouï dire que l’hiver ne vous avait point réussi, est-ce vrai ? Ayez l’obligeance de bien vouloir me rassurer… »
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MessageSujet: Re: Une saignée et pour sûr vous guérirez ! [Luigi di Paliano]   14.12.12 16:13

Hiver, foutu hiver. Le prince Colonna détestait cette saison où il devait rester le plus souvent possible calfeutré dans ses appartements ou à chaudement se couvrir dés qu'il mettait un pied dehors. Mais malgré toutes les précautions prises, il n'arrivait pas à passer un hiver sans avoir à passer quelques jours dans son lit à lutter contre la fièvre. C'était la seule chose qu'il regrettait de Rome : un hiver plus doux, une neige quasi-inexistante et la certitude d'être debout tous les matins, et s'il ne l'était pas ce n'était pas à cause de la chute des températures. Mais en terres versaillaises, rien n'allait plus et son corps fragile n'arrivait pas à se blinder assez longtemps face à ce froid vil qui le prenait au corps. Le voilà à débourser des sommes folles pour se chauffer, à dormir parfois dans son bureau, une petite pièce qui chauffait très bien, sur un lit de fortune pour ne pas avoir froid. Un prince italien, obligé d'user de ce genre de stratégie, le pauvre Luigi tombait bien bas. Heureusement qu'il avait les moyens de se chauffer car Versailles n'était pas réputé pour être hermétique à la chaleur. Il lui en arrivait presque à regretter sa chambre au Palazzo Colonna, située dans l'ancienne partie avec de la grosse pierre bien épaisses qui gardaient la chaleur.

Et pourtant, malgré ses réticences et à pester contre le froid, Luigi devait bien sortir. Il était un bon courtisan et surtout un espion. Il superposait les couches de vêtement et s'était obligé à se farder légèrement pour faire croire qu'il avait des couleurs. Que c'était stupide, de toute manière, rien ne serait assez pour faire taire ces précieux de pacotille qui détaillaient chaque personne pour ne faire ressortir que les points faibles. Et celui de Luigi était de ne pas faire son âge, ni sa nationalité ni même faire bien vivant. Les traits trop doux pour un jeune homme de vingt sept ans, le teint trop pâle pour un romain et une carrure trop maigrelette pour pouvoir être encore en vie. Certaines histoires saugrenues disaient que le prince voulait garder cette silhouette filiforme et ne mangeait rien. Vraiment, certaines étaient encore plus stupides que leur ombre. Et comme l'ego de Colonna était fragile, plus on lui disait qu'il était plus, il prouvait le contraire. Le voici à se montrer à la promenade royale dans les jardins où il y avait grand vent, sortait dans les soirées mondaines parisiennes le soir, souvent il tentait même de venir à cheval. Bref, il faisait l'exact contraire de ce qui lui était conseillé, juste pour prouver aux gens qu'il n'était pas malade.

Sauf qu'il l'était, depuis tout petit et ne voulait faire de cela un handicap, malgré tout cela le rattrapait tout le temps. La preuve, à force de ne pas se ménager, il dut rester clouer au lit avec de la fièvre. Il pestait encore et toujours contre cet hiver au fond de son lit et devenait désagréable avec Leone, son valet qui tentait de raisonner son maître de manger ou de rester dans son lit quand celui-ci tentait d'en sortir pour des prétextes stupides. Ah cette sensation de ne pas contrôler son corps, que celui-ci se rebellait pour prouver qu'il dominait – et non l'inverse – et pouvait agir à sa guise, laissant l'italien impuissant face à condition.

Pourtant, après trois jours sous les épaisses couvertures à se reposer et prendre les remèdes – à contre cœur – que son valet allait chercher chez cette herboriste qui avait sauvé sa vie il y a quelques mois, Colonna se sentait un peu mieux. Oh, n'allez pas croire qu'il allait grimper à nouveau au lierre ni sauter partout mais se tenir sur ses deux jambes et pouvoir se les dégourdir dans ses appartements étaient déjà un grand exploit, surtout qu'il avait du courrier qui l'attendait, cela ne pouvait pas traîner éternellement.

« Monsieur, il n'est peut être pas judicieux de vous occuper de votre courrier.
Être malade ne veut pas dire que je suis incapable de lire au moins les lettres. Leone, attention, tu commences à ressembler à ma mère e non me piace. »

Un prince Colonna, même second dans la famille, avait toujours des sollicitations et des contacts un peu partout en Europe, il y avait de quoi avoir de la lecture pendant plusieurs heures, voire même jours. Mais il s'intéressait principalement à celle au sceau qui lui venait du Vatican, sachant précisément qu'on lui demanderait encore de surveiller cet excentrique suédois et demandant des comptes. On semblait lui demandait une réponse dans les plus brefs délais, et elle datait déjà de quelques jours. Pour une fois qu'il n'était efficace dans son travail, on n'allait pas trop lui en demander non plus ! Ce fut d'ailleurs la seule réponse qu'il envoya aujourd'hui, ne voulant pas être harcelé par la papauté pour un sujet si dérisoire, auquel il mentait sans aucune honte ! Puis il resserra son épaisse robe de chambre et repassa dans la pièce principale pour observer par la fenêtre le froid qui avait l'air de régner alors que sa cheminée marchait jour et nuit pour ne pas courir le moindre risque d'une rechute. Mais Luigi ne s'attendait pas à la moindre visite, et surtout pas de la part de celui qui venait de frapper à la porte et où son valet venait demander à son maître l'autorisation de le faire entrer :

« Monsieur Mancini demande à être reçu. »

Pour toute autre personne, Colonna aurait sûrement dit non, prétextant la fatigue (oui être malade avait cet avantage de refouler qui on voulait) mais il acquiesça. Sûrement un peu par faiblesse car il avait du mal à dire non à Philippe-Julien. Ce garçon avait le moyen de manipuler le jeune romain avec une facilité déconcertante, ayant une emprise sur Luigi comme peu de gens en avaient. Il faut dire que le duc de Nevers avait le physique adéquat et surtout un charisme fou, une façon d'être dont il était difficile de résister. Et Luigi n'avait jamais réussi à cela, et ce depuis leur rencontre à Venise où il avait décidé de connaître le fameux carnaval qu'organisait la ville, ni même le jour où ils avaient découvert qu'ils étaient de la même famille lorsque la sœur de Philippe-Julien épousa le frère de Luigi. Et lorsqu'il parut, le jeune homme ne put réprimer un sourire ravi, éclairant son visage fatigué. Il s'approchait pour présenter sa joue en guise salut.

« Mon ami, Luigi, comment allez-vous ? J’ai ouï dire que l’hiver ne vous avait point réussi, est-ce vrai ? Ayez l’obligeance de bien vouloir me rassurer…
Bien le bonjour mon ami ! Je vais bien, rassurez vous. Je ne suis pas à l'article de la mort non plus …
Jetant un coup d’œil machinal dans un miroir non loin, il eut un petit rire. Il est vrai que mon physique ne va pas véritablement avec mes paroles, mais je vous rassure, l'hiver français ne m'aura pas. »

Ils venaient de la même ville, et même si Mancini vint en France bien avant Colonna, ils connaissaient tous les deux cette chère Rome qui avait certes bien des défauts, mais celui d'un hiver rude.

« Voici exactement ce genre de moment où Rome me manque, je n'aime guère inquiéter mes amis à cause de ma santé qui ne supporte pas le mauvais temps. Mais par la force des années, j'arriverais un jour à tenir un hiver sans avoir à hiberner comme un animal des bois ! » s'amusa t'il, toujours avec le sourire.

Bien sur, la santé était quelque chose de sérieux et même si Luigi avait un côté grave et mature, il préférait prendre la vie avec le sourire et se moquer de ce genre de soucis. Et puis comment se plaindre quand un des plus beaux garçons de Versailles venait prendre de vos nouvelles. Il lui présenta des fauteuils où s'asseoir, ils n'allaient tout de même rester debout comme des manants. Et puis Colonna commençait à sentir ses jambes fléchir, la politesse et la bienséance lui sauvait la mise. Une fois bien installé, la conversation pouvait continuer.

Je vois que vous avez sorti les grands apparats, toujours aussi élégant mon cher ! »

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MessageSujet: Re: Une saignée et pour sûr vous guérirez ! [Luigi di Paliano]   30.12.12 23:35

L’état de santé du pauvre Luigi ne semblait pas des meilleurs. Mais que lui prenait-il, lui qui avait une santé si fragile, d’être aussi frivole en l’absence de Julien ? Personne ne l’avait donc prévenu qu’il n’y qu’en Italie que les balades au soir sans vêtements épais était innocent ? Philippe-Julien n’avait peut-être jamais été des plus attentifs lorsqu’il était au Collège des Jésuites mais s’i lavait appris une chose c’est que l’hiver était à la fois l’ami comme l’ennemi mortel du vivant. En effet, quand le froid était sec et assainissant, le corps ne pouvait que s’en porter mieux : les microbes, que les plus éminents scientifiques ne connaissaient pas encore, étaient tués permettant ainsi à l’homme de vivre sans crainte, mais si l’humidité s’y mêlait, elle s’accompagnait de ces germes ignobles qui transforme le moindre coup de froid en pneumonie à en casser des côtes, ce qui est fort douloureux. Mancini espérait bien que son ami soit loin de tels tracas et que les meilleurs médecins soient déjà à son chevet pour l’aider comme ils le pouvaient à sortir de cette torpeur flegmatique. A en humer l’air, l’Italien pouvait reconnaître les herbes que la domestique de sa mère utilisait lorsque cette dernière était malade l’hiver : thym, marjolaine, verveine, autant de plantes que certains guérisseurs et herboristes appelaient médicinales et que les plus rationnels des praticiens qualifiaient de magie, de sorcellerie et d’affabulation, propre à duper le crédule et l’éloigner ainsi de la guérison réelle. Pour eux, un traitement devait être pris à un moment précis, moment décisif où se décidait la vie la mort du patient. Mais selon le jeune homme, ce qui ne pouvait faire de mal ne pouvait que nous rendre plus fort et il souhaitait que cet adage s’applique à son ami, qui se tenait péniblement debout devant lui, se portant à peine sur ses jambes d’ordinaire si énergiques et affriolantes, galbées par l’équitation que tout noble de bonne famille se devait de connaître tout comme l’art de manier l’arme, l’épée en l’occurrence. Son teint blafard faisait penser à ces acteurs pitoyables de certaines pièces de Racine, à la peau laiteuse et poisseuse à cause de la chaleur étouffante des théâtres populaires et de la craie blanchâtre qu’il s’appliquait sur le visage comme Julien le faisait d’huile et d’onguent pour entretenir ce grain de peau que tant admirait et convoitait… Son pauvre ami en était obligé de se maintenir au bord boisé de son lit, afin de garder un maximum de forces. Un tel état étonnait Mancini qui ne pensait pas être reçu au vu de la forme de son ami, mais il savait très bien au fond de lui que celui-ci ne pouvait rien lui refuser, il était comme le miel d’acacia, sucré à souhait et à l’odeur si alléchante, que même les ours les plus douillets y trempaient la patte au risque que les ouvrières ne l’attaquent pleine de rage. Luigi adressa un faible sourire à l’Italien en jetant un coup d’œil sur sa personne dans le Conseiller des Grâces à quelques pas de lui :

Bien le bonjour mon ami ! Je vais bien, rassurez vous. Je ne suis pas à l'article de la mort non plus … Il est vrai que mon physique ne va pas véritablement avec mes paroles, mais je vous rassure, l'hiver français ne m'aura pas. »

Aller bien ? Mais que croyait ce petit minet de Colonna ? Qu’il saurait jouer la comédie pour sembler aller bien devant le flair affuté et les yeux de lynx de son ancien amant ? C’était mal le connaitre, ce dernier sachant reconnaître une beauté comme un état d’âme ou de corps à plusieurs mètres comme s’il était né pour cela. Le sourire rassurait néanmoins le Romain : Luigi n’était pas à la mort, et heureusement car il pouvait encore être très utile … Un ami l’est toujours, et particulièrement celui-ci…

« Voici exactement ce genre de moment où Rome me manque, je n'aime guère inquiéter mes amis à cause de ma santé qui ne supporte pas le mauvais temps. Mais par la force des années, j'arriverais un jour à tenir un hiver sans avoir à hiberner comme un animal des bois ! »

Philippe-Julien sourit, dévoilant son sourire de charmeur romantique comme il en avait l’habitude, faisant tomber les plus solides défenses, la muraille de Chine n’étant qu’un château de cartes à côté. Cela faisait bien longtemps que lui-même n’avait passé un séjour durable dans sa bonne vieille ville de Rome, et encore moins l’hiver, et la chose serait beaucoup plus difficile à l’heure actuelle étant donné qu’il venait de devenir le Surintendant du Palais Royal, aux ordres du très aimé et respectable Philippe d’Orléans, mais il était sûr de pouvoir y retourner un jour, ne serait-ce que pour évaluer si la nouvelle jeunesse romaine avait d’aussi bons crus qu’auparavant. Là était son éternel défaut : aimer la beauté, sous toutes ses formes, les hommes, les femmes, l’art, les tableaux, les sculptures… Certains auraient pu l’appeler Narcisse car lui-même était beau, il le savait et le mettait en pratique mais il savait aussi diriger son regard vers l’extérieur, même si c’était l’occasion de plaisirs bien temporaires, Luigi en étant l’exemple même. Une aventure à la fin d’un Carnaval de Venise, des apprêts enlevés avec sauvagerie, deux corps nus et sveltes glissant l’un sur l’autre comme un bateau de la Marine Française fendait les flots de la Seine avant de déboucher sur l’Océan, des râles honteux et gênants, tous preuves d’un plaisir immense, mais qui s’était fort vite éteint, leurs retrouvailles n’étant dû qu’aux hasard, la sœur de Julien se mariant avec le frère de Luigi… Mais ils n’avaient succombé à la tentation depuis, bien que Julien n’y aurait vu aucun inconvénient sachant la prévenance de son ami pour lui… Après le compliment que Colonna lui fit, ce fut au tour de Philippe-Julien de lui retourner la pareille :

« Ne vous inquiétez pas mon ami, même ce teint maladif blanc comme les pierres du Château ne peuvent enlever à vos traits leur inspiration angélique qui m’avait tant plu à une certaine époque et qui plaisent encore aujourd’hui. J’ai sorti une de mes plus belles tenues pour rendre visite à un ami très cher à mon cœur, vous bien entendu. N’ayez aucune honte de votre état, la simplicité vous rend innocent comme jamais vous ne l’avez été. »

La dernière phrase de Philippe-Julien était une de ces taquineries qu’il adorait adresser à ses proches. Une manière d’amuser la galerie avec un trait d’humour et d’esprit qui dirigeait les projecteurs sur sa personne sans que quiconque ne voie la supercherie. Julien était devenu un maître en la matière, et il s’exerçait autant de fois qu’il le voulait. Se tournant vers la porte, d’un mouvement court et souple de ses pieds enserrés dans des souliers à talons, il claqua des doigts, provoquant l’ouverture des doubles portes, et un serviteur du Palais entra avec un petit plat de cristal, un mont de macarons multicolores aux saveurs diverses dessus. Un modeste présente pour une amitié très riche. Julien fit poser le plat sur une table de merisier luisante et congédia le jeune servant. Il reprit son air détendu et souriant.

« J’espère que vous accepterez ces pauvres gourmandises, elles ne pourront que vous aider à guérir je pense. Racontez-moi tout, à quoi est dû votre faible état ? Le froid aurait-il augmenté votre sécrétion de phlegme ? Ou bien est-ce une perte de votre fluide vital par un procédé que nous connaissons tout deux qui vous aurait affaibli ? Puis-je prendre place, j’ai beau être en pleine santé, converser assis me plaît d’autant plus que debout. »

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MessageSujet: Re: Une saignée et pour sûr vous guérirez ! [Luigi di Paliano]   15.01.13 20:30

Il était difficile de mentir sur son état de santé vu comment il se tenait à l'allure qu'il avait. Mais pourtant Luigi ne pouvait se résoudre à avouer qu'il était malade, faible et qu'il aurait donné n'importe quoi pour que 1/ la mort l'emporte ou 2/ être guéri en un claquement de doigt. Mais cette fierté et ce refus de pitié concernant son état de santé forçait le romain à dire qu'il allait bien malgré tout. Et puis ce n'était pas une bonne stratégie de dire à un aussi beau garçon comme Philippe-Julien qu'il était malade, le Mancini n'était pas homme à jouer les infirmiers ou les gardes-malades. Mais Colonna savait qu'il ne trompait pas son ami, son état était bien trop avancé pour mentir, bien qu'il n'allait pas jusqu'à pousser le bouchon qu'il était en pleine forme. Non mais par contre le jeune homme ne se gênait jamais pour plaisanter de son état de santé et faire un peu d'humour. A voir le sourire que Philippe-Julien lui offrait à cet instant, cela avait du marcher. Quel sourire tout de même ! Luigi n'avait rien d'une groupie ou de ces personnes qui tournent autour de quelqu'un comme un ours autour du miel mais le Mancini avait un charisme indéniable, un charme plus qu'évident et il était impossible d'y résister, du moins c'est ce que pensait Luigi. Il faut dire que lorsque Colonna était parti découvrir le carnaval vénitien, il n'avait pas résister un instant à ce beau garçon sans savoir lui dire non à quoi que ce soit, sans vouloir dire non de toute façon. Et s'ils retentaient un jour l'expérience ? Le prince romain ne serait pas contre, loin de là même !

Ne tenant plus vraiment debout, Luigi alla s'asseoir sur un large fauteuil tout en lançant compliment à son invité du jour. Il est vrai que l'élégance était un trait qui pouvait décrire entre autre Philippe, toujours à la pointe de la mode, avec les plus beaux habits et les meilleurs tissus. Peut être était-ce un trait naturel chez lui, à moins que Mancini ne soit influencé par le prince de France chez qui il avait une charge.

« Ne vous inquiétez pas mon ami, même ce teint maladif blanc comme les pierres du Château ne peuvent enlever à vos traits leur inspiration angélique qui m’avait tant plu à une certaine époque et qui plaisent encore aujourd’hui. »

L'inconvénient quand on a le teint pâle, voire maladif, le rouge aux joues est davantage visible ! Et alors que Philippe-Julien continuait son discours sur leur amitié, un large sourire venait réchauffer le visage de Luigi qui était flatté et surtout touché de tant de jolis mots rien que pour lui. Bien sûr, il connaissait la réputation de séducteur de son compatriote romain mais peu importe que ce soit pensé ou non, c'était si bien dit qu'on ne pouvait qu'y croire et évidemment, Luigi se laissait embobiner comme une débutante. Oui, une débutante, ces espèces de jeunes filles en fleurs qui s'émeuvent au moindre compliment. Quand on est une fille de quinze ans, cela se comprend. Mais un garçon de vingt-sept ans, cela peut sembler un peu pathétique ! Pourtant, Colonna gardait le sourire et faisait fit de ses colorations sur les joues.

« Toujours aussi flatteur ce que je vois. Mais si vous êtes capable d'autant de compliment dans mon état, j'avoue avoir hâte d'entendre ce que vous auriez à me dire quand je retrouverais ma forme ! » lança joyeusement le romain, toujours amusé.

A dire vrai, il était peu habitué aux compliments, davantage aux questions et aux remarques, alors cela faisait toujours plaisir et cela se lisait dans ses yeux clairs et son sourire, il ne lui suffisait de pas grand chose pour lui faire plaisir. Mais il n'était pas au bout de ses surprises en observant Mancini claquer des doigts et voir un serviteur arriver avec des douceurs avec une rapidité déconcertante. Des jolis macarons multicolores, sans doute aux différentes saveurs, douceurs à la mode à la cour en ce moment sur lesquelles Luigi ne crachait car il savait apprécier les bonnes choses qui venaient d'être posées sur la petite table. Luigi observa le serviteur avant de lever les yeux vers Philippe-Julien, toujours ce joli sourire sur les lèvres.

« J’espère que vous accepterez ces pauvres gourmandises, elles ne pourront que vous aider à guérir je pense.
Je n'en doute pas un instant !
Racontez-moi tout, à quoi est dû votre faible état ? Le froid aurait-il augmenté votre sécrétion de flegme ? Ou bien est-ce une perte de votre fluide vital par un procédé que nous connaissons tout deux qui vous aurait affaibli ?
Luigi grimaça alors que son ami parlait de façon suggérée d'une saignée. Puis-je prendre place, j’ai beau être en pleine santé, converser assis me plaît d’autant plus que debout. Oh dio mio, quel mauvais hôte je suis. Mais bien sûr que vous pouvez vous asseoir ! Il lui montra de la main le fauteuil moelleux face à lui. Mais vous savez, vous êtes ici comme chez vous, point besoin de demander. »

Bien que cela pouvait paraître banal, Luigi ne disait cela tout le monde, ce n'était pas qu'une banale politesse de sa part ! A présent installé, ils pouvaient continuer à converser bien plus tranquillement et sans que Luigi ait à levé la tête pour croiser le regard de son interlocuteur.

« Pour mon état, je pense qu'il suffirait sans doute que je sorte moins pour être moins à courant d'air mais rester enfermé est un supplice à long terme. Et croyez moi, je sais de quoi je parle. Malgré son petit sourire amusé, il ne put s'empêcher de rouler des yeux avant de regarder à nouveau Mancini. Mon problème est que je hais les médecins, ce sont pour moi des bouchers qui n'ont qu'une méthode connue : la saignée. J'ai toujours refusé cela, je me suis évanouie la seule fois où on me l'a pratiqué. Vous dire cela ne valorise pas mon image auprès de vous mais tant pis. Ma méthode marche mieux : sortir beaucoup moins, dormir plus et décimer la forêt pour avoir plus de bois afin de chauffer mes appartements. Si je suis toujours en vie, c'est qu'elle n'est pas si mauvaise. il plaisantait toujours sur lui-même avec grande facilité avant de se pencher sur le macarons. Faisons honneur à votre présent. »

Il en prit un de couleur jaune et croqua dedans pour y découvrir une délicieuse saveur citron. Se repositionnant au fond de son fauteuil, désormais un macaron à la main, Luigi avait envie de faire la conversation avec son ami qui était toujours au courant de tellement de choses qu'il en devenait presque une source officieuse d'informations.

« Ils sont délicieux, vous avez toujours bon goût. Mais basta sur ma santé, parlons de choses plus intéressantes et joyeuses. Que faites vous donc en ce moment ? Vous êtes toujours entre deux fêtes, trois histoires, je vous laisserais parler pendant des heures ! » s'enchanta le romain.

Il est vrai que Philippe-Julien était quelqu'un de fascinant, le genre d'hommes qui pouvait capter l'attention d'une foule entière avec une histoire en apparence banale mais racontée toujours avec une théâtralité italienne dont il avait le secret. Je ne vous dis pas quand l'histoire en elle-même est extraordinaire ! Il tentait de ne pas trop le montrer mais Luigi était fasciné par son acolyte romain et était ravi de l'avoir chez lui en cette journée !

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MessageSujet: Re: Une saignée et pour sûr vous guérirez ! [Luigi di Paliano]   26.01.13 0:03

Philippe-Julien pouvait remercier Dieu le Père, comme le lui avait enseigné feu son oncle le Cardinal Mazarin, de le maintenir en bonne santé depuis maintenant bien longtemps. En effet, malgré une fâcheuse tendance à traîner les fesses à l’air – mais non, qui a dit que Julien était un dépravé ? Qui ? Que trépasse si je faiblis ! – et toutes ses sorties nocturnes malgré le froid hivernal, le jeune Duc de Nevers avait eu la chance de ne point tomber malade, même le moindre petit rhume n’avait pas réussi à percer ses défenses immunitaires. Bon avouons le, Julien avait un secret, il prenait de temps en temps des tisanes et autres plantes que lui conseillait un herboriste d’une rue sombre de Paris, et suivait l’histoire d’Henry VIII, roi d’Angleterre, d’Irlande et de France : le sexe préserve la santé. En effet, alors que ce roi tristement célèbre de par ses nombreuses femmes approchait la soixantaine d’année, il se maria avec sa 5ème épouse, Catherine Howard, une jeune femme encore plus jeune que sa fille Marie, nouvelle reine à l’appétit sexuelle débordant, débordant au point qu’elle en perdit la tête ! Mais Julien était loin d’en être arrivé à de telles extrémités, il avait de nombreuses aventures, avec des femmes, des hommes, et cette activité débordante activait son sang, le faisait tourner à une vitesse tel que les virus et autres microbes décrit par nos médecins ne pouvaient s’y accrochaient. D’où la différence de tient avec son ami Luigi. Alors que la peau de Julien était aussi douce et rose que celle d’un enfant, celle du Prince di Paliano était aussi blême que les carrières de craie, et l’hydratation ne semblait pas être à son meilleur niveau. Malgré tout, malgré ce teint maladif et la mauvaise forme de son ami, il ne perdait rien en beauté, bien au contraire, comme si la blancheur de ses traits l’illuminait de l’intérieur et le rendait plus fragile et délicat, comme un être de porcelaine. Et Julien ne se gênait pas pour donner sa pensée à son ami, qui retrouvait quelques couleurs sous les compliments, la peau de ses joues rosissant légèrement sous l’émotion et le plaisir. D’ailleurs, le jeune homme remercia profondément l’Italien :

« Toujours aussi flatteur ce que je vois. Mais si vous êtes capable d'autant de compliment dans mon état, j'avoue avoir hâte d'entendre ce que vous auriez à me dire quand je retrouverais ma forme ! »

Son ton était gai, et rien ne laissait deviner dans sa voix la moindre faiblesse. La voie de la guérison peut-être ? Oh Julien n’était pas avare en compliments, mais cela tenait surtout du physique de Luigi, après tout il n’aurait pas dit la même chose d’un domestique laid, bien au contraire. Luigi avait l’avantage d’être beau et riche, deux qualités essentielles qui rendaient torrentielle la pluie de compliments qu’aurait pu lui déverser Julien. Mais trop de parole tue la vérité, raison pour laquelle Julien préférait distiller ces dits-compliments aux moments opportuns, pour qu’ils y gagnent toute leur puissance.

La petite attention que lui fit le Duc de Nevers avec ce plateau de macarons sembla ragaillardir son compagnon, à sa plus grande joie. Il ne les avait pas pris pour rien, ces friandises avaient la côte à la Cour, et le cuisinier royal préparait les meilleurs de tout Paris. Depuis qu’il les avait découverts, Julien avait délaissé les autres friandises à leur profit, et dès qu’il avait l’ordre d’organiser un banquet ou un repas, il ne manquait pas de demander au cuisinier d’en préparer, ce qui faisait toujours le grand plaisir des hôtes et de Monsieur. Tandis que Luigi appréciait lui-même ces macarons, aux multiples saveurs, il s’excusa de ne pas lui avoir proposé plus tôt de s’asseoir, s’accusant d’être un mauvais hôte :

Oh dio mio, quel mauvais hôte je suis. Mais bien sûr que vous pouvez vous asseoir ! Mais vous savez, vous êtes ici comme chez vous, point besoin de demander. »

S’il était vraiment chez lui, il aurait bien d’autres choses que de rester sur cette chaise, mais il savait bien se tenir, et ne pas paraître ni grotesque ni ridicule et encore moins suppliant. Il aimait avoir le contrôle des choses, goût qui s’était accentué depuis qu’il avait reçu la charge de Surintendant du Palais Royal. Très vite néanmoins, pour rassurer son hôte, Julien dit quelques mots d’un ton posé :

« Ne mentez pas Luigi, si vous étiez véritablement un mauvais hôte vous m’auriez refusé l’accès à votre chambre au vu de votre état…Je sais que ce n’est pas facile, et Dieu m’en préserve, je n’ai pour ma part point encore été atteint par la maladie et cela depuis plusieurs années. Je vais trop vite pour que ces maux me rattrapent sans doute. Votre dernière phrase me touche beaucoup, mais sachez que je vous demanderai toujours l’accès à votre chambre, je ne veux point violer votre … intimité. Elle est précieuse. »

Jouer avec les mots. Même si Julien n’avait jamais été un excellent écolier, il avait le mérite d’avoir toujours excellé en littérature, étant même l’auteur de certains poèmes et pamphlets dans son jeune temps, à l’encontre de ses ennemis ou de ses amis. Il aimait écrire, et manier le mot avec habileté était souvent bien plus efficace que le mérite d’une victoire militaire ou la pointe d’une épée. Et puis, quand il s’agit de charmer, Julien avait à de nombreuses reprises remarqué que les mots sont la meilleure clé pour ouvrir les cœurs et les cuisses par la même occasion. Julien écouta ensuite Luigi parlé de sa haine des médecins : il détestait la saignée tout comme lui. Quel point commun, quoique peu de personnes avouaient aimer ce genre de traitement, il en était d’ailleurs de même des lavements. Apparemment, le jeune homme avait peur du sang, ou en tout cas quand il s’agissait du sien et pour cause, son évanouissement lors de la dernière saignée que ces tortionnaires de médecins lu iavaient infligé. Julien répondit, d’un grand sourire, partageant le point de vue de Luigi :

« Je vous comprends mon ami, les médecins sont redoutables, à toujours vouloir fouiller dans nos entrailles pour y déceler un calcul un peu trop solide ou pas assez, et ces saignées sont j’en suis sûr un de ces plaisirs sadiques qu’ils adorent par-dessus tout… Peut-être trouvent-ils jouissant de donner des cicatrices aux corps de leur patient, mais pour ma part je m’en passerai volontiers, je préfère, et de loin quand la peau est parfaite et quand je peux la parcourir de mes longs doigts … Puis-je vous poser une question indiscrète Luigi ? Où donc ont-ils osé abîmer votre corps ? J’espère qu’ils ne vous ont pas trop abîmé ? Pour le reste, je ne peux qu’être d’accord avec vous, le repos est sans doute la meilleure chose à faire, et la chaleur chasse les maladies du froid hivernal. Pour ma part, je préfère toujours rester en activité, c’est ce qui me maintient en bonne santé, et la preuve est là je pense non ? Et concernant mes précédents propos, je ne parlais pas de ce fluide vital-là, bien au contraire ? Ignorez-vous cette théorie hippocratique ? »

Rejoignant son ami, Julien saisit un des macarons du petit plateau, de couleur rose, au goût de framboise, son fruit préféré. Lui en avait pris un au citron, montrant son goût pour les choses acidulées. Le Duc se demanda quel goût aurait le mélange de leur deux …. saveurs … Puis, Luigi voulant arrêter que l’on parle de lui, même si le sujet était intéressant au goût de Julien, il fut convenu que Julien parle de lui pour changer la donne.

« Oh ma vie n’est pas si intéressante que cela, bien au contraire. Mes journées sont fort prises ces derniers temps, Monsieur ayant attrapé la lubie des repas avec milles plats et autant de friandises, entourés des proches de la Cour, des courtisans sans foi ni loi pour la plupart mais aussi des personnes charmantes et intéressantes… Donc rien de fort important comme je vous le dis, même si je prends ma charge de Surintendant fort à cœur. Voudriez-vous l’un de ces soirs être convié à un repas au Palais Royal avec Monsieur et ses amis ? »
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Côté Coeur: Tant qu'il bat encore, il battra fort pour son italien, le seul.
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MessageSujet: Re: Une saignée et pour sûr vous guérirez ! [Luigi di Paliano]   09.03.13 17:40

En général, Luigi était un garçon friand des plaisirs de la vie, aimait jouer les courtisans, danser jusqu'à pas d'heure et être dans les fêtes. C'était une sorte de grand mondain, un garçon plein d'entrain dont le physique dénotait totalement de son caractère et sa joie de vivre. Il faut dire qu'il a été privé de tout cela pendant des années, couvé jusqu'à l'extrême par sa mère qui ne voulait même pas qu'il danse, de peur qu'il arrive malheur s'il tombait. Quelques fois, il avait enfreint l'interdiction sous les yeux même de sa mère, pour inviter la belle Angela Borromeo à danser. Mais lorsque sa santé le permettait, le romain ne perdait jamais un instant pour profiter de la vie, la sachant trop courte, ayant été condamné plusieurs fois par les médecins et était toujours debout et énergique ! Mais lorsqu'il sentait son corps s'épuiser, que son cœur lui faisait mal à tambouriner dans sa poitrine ou que le froid emprisonnait ses bronches, le garçon pétillant et un eu galopin laissait place à un ermite mélancolique, un prisonnier de son propre corps dont il ne supportait plus la geôle ! Adieu alors le mondain, il refusait la plupart des visites, s'enfermait dans sa solitude et voyait davantage son médecin ou son valet que n'importe qui d'autre, laissant presque tous ses amis à la porte, refusait qu'on le voit ainsi. Alors parfois il quittait Versailles pour se rendre quelques kilomètres plus loin, en pleine campagne, qui n'était pas si éloigné que cela du château, pour se ressourcer et se reposer vraiment.

Mais en hiver, où qu'il aille, il semblait faire un froid polaire et la maladie le guettait. La seule solution serait de rentrer à Rome pour l'hiver mais … non, il ne pouvait pas abandonner la France juste pour gagner quelques mois d'espérance de vie. Et puis cela le priverait de grandes choses, comme de son ami Ferdinand et ses facéties, de la vie fastueuse versaillaise où il avait sa liberté, et bien sûr de la visite du plus beau de ses amis, la magnifique Mancini. Cela faisait un peu groupie de dire cela mais c'était bien ce qu'était Colonna, sinon il ne l'aurait pas fait entrer et il n'excuserait pas d'être un si mauvais hôte. Heureusement que son compatriote romain avait toujours les bons mots et les bonnes tournures de phrase pour jouer sur les mots et les sous-entendus. La dernière phrase était parfaitement éloquente, pas besoin de sortir de Saint-Cyr (qui n'existait pas encore) pour cela ! Mais le petit sourire amusé du Colonna suffit à exprimer ce qu'il pensait. Un jour peut être, quand il sera en meilleure forme déjà, il pourrait sans doute se laisser aller à nouveau dans les bras du beau Philippe-Julien face à lui. Qui sait ce que réserve l'avenir après tout …

Mais pour l'heure, point de réelle séduction, Luigi n'était pas en l'état pour, mais de maudire la médecine et ses pratiques digne de l'Inquisition. Son ami semblait tout à fait d'accord, ils partageaient ce point de vue. Et les saignées sont une vraie malédiction pour Colonna, dont le sang s'écoulait trop vite et trop longtemps par rapport à la normale lors d'une plaie, alors une saignée, imaginez !

« Puis-je vous poser une question indiscrète Luigi ?
Mais faites, bien sûr.
Où donc ont-ils osé abîmer votre corps ? J’espère qu’ils ne vous ont pas trop abîmé ?
Ne vous en faites pas, mon cher ami, il y a bien longtemps que j'ai pas été victime de ces bouchers, j'étais encore à peine adolescent mais je garde une légère cicatrice à la cuisse qui n'arrive pas à disparaître, comme une souvenir malsain. Depuis ce jour, je n'ai plus voulu quoi que ce soit de ces hommes. Et même si je ne suis pas dans une forme disons … olympique, je tiens toujours debout, sans leur aide ! »
se félicita le jeune homme.

Certes, aujourd'hui, il avait des remèdes plus naturels mais seul le corps décidait au final, on ne pouvait que l'aider à se préserver mais il n'y avait jamais de risque zéro.

« Pour le reste, je ne peux qu’être d’accord avec vous, le repos est sans doute la meilleure chose à faire, et la chaleur chasse les maladies du froid hivernal. Pour ma part, je préfère toujours rester en activité, c’est ce qui me maintient en bonne santé, et la preuve est là je pense non ? Et concernant mes précédents propos, je ne parlais pas de ce fluide vital-là, bien au contraire ? Ignorez-vous cette théorie hippocratique ?
Parlez vous de la théorie des humeurs ? Bien sûr, j'en ai entendu parler, sans avoir véritablement tout compris je dois bien l'avouer. L'environnement influence notre corps … Si tel était le cas, je n'ai pas encore trouvé le bon environnement ! »


Il prenait cela sur un ton léger, mais il savait que, où qu'il aille, c'était son corps le véritable problème. Comment, pourquoi, il n'avait pas les réponses mais si l'hiver le rendait plus fragile, le surplus d'activité le fatiguait ou l'alcool lui faisait mal au cœur. Vraiment, s'il voulait passer sa vie sans crise ni maladie (ou minimes), il devrait vivre quelque part où il fait chaud toute l'année et ne pas trop en faire. Mais l'hyperactif qu'il était aurait besoin tôt ou tard de courir partout, grimper aux arbres et de vouloir vive chaque minute de cette vie qui filait comme le vent.

Mais parler de sa personne n'était pas du goût de Luigi, ayant toujours cultivé une sorte de petit secret sur sa personne pour ne pas que l'on découvre ses soucis de santé. Il pouvait raconter mille choses sur Rome, sa famille mais sur sa propre personne, cela était un peu plus dérangeant. Malgré son côté fureur de vivre, Luigi était un garçon pudique sur lui-même. Et à choisir, il préférait écouter Philippe-Julien parler, lui qui avait toujours à raconter. De toute façon, il pourrait même lui raconter la reproduction des crabes du Pacifique que Luigi boirait ses paroles !

« Oh ma vie n’est pas si intéressante que cela, bien au contraire. Mes journées sont fort prises ces derniers temps, Monsieur ayant attrapé la lubie des repas avec milles plats et autant de friandises, entourés des proches de la Cour, des courtisans sans foi ni loi pour la plupart mais aussi des personnes charmantes et intéressantes… Donc rien de fort important comme je vous le dis, même si je prends ma charge de Surintendant fort à cœur. Voudriez-vous l’un de ces soirs être convié à un repas au Palais Royal avec Monsieur et ses amis ?
Oh mais bien sûr !
Le côté mondain s'enthousiasmait à folle allure. La dernière fois que j'ai été invité, je n'ai pas pu venir … Une mission était toujours prioritaire mais il évitait d'expliquer la raison. Mais l'on dit ces repas les plus grandioses de France ! Il est certain que Monsieur n'invite pas le premier pouilleux du coin, et l'alliance de vos deux personnalités et de votre bon goût ne peut faire qu'une soirée parfaite ! »

La perspective de sortir, de voir du monde et surtout se rendre dans ce genre de soirée où il ne suffisait pas de son titre ou d'avoir une grande famille pour y entrer, mais surtout du bon goût et avoir des bonnes relations ne se refusait pas ! Il s'y était rendu il y a quelques années et avait apprécié cette ambiance, dans ce beau palais en plein cœur de Paris, se sentir privilégié d'être au cœur d'une réception aussi élitiste organisée par le Prince de France, qui régnait sur le bon goût. Il avait un large sourire sur les lèvres, comme un enfant à qui on avait promis un jouet.

Oh Philippe, vous avez doublement illuminé ma journée, par votre présence et cette invitation ! Il me presse davantage de guérir. Oh mais que cela me manque de ne pas sortir ou m'amuser, à rester dans mes appartements pour ne pas effrayer le monde par ma mine effroyable ! Quand organisez vous le prochain repas ? Il était toujours enthousiaste et reprit un autre macaron, goût chocolat à sa couleur. Et savez vous s'il y a d'autres événements de la sorte de prévue ? Une fois que je tiendrais sur mes deux jambes et pourrait faire trois pas sans avoir envie de m'allonger, je vous promets que vous allez me voir partout ! »

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