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 Quand vient le temps de devenir parents.

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il est libre de battre mais n'a pas trouvé qui serait digne de lui.
Côté Lit: Il n'y a que moi et parfois ma fille. Pas d'homme, pour cause d'absence de coeur qui bat.
Discours royal:



FEMME D'AUJOURD'HUI
elle flotte, elle hésite ...

Âge : 24 ans
Titre : Archiduchesse d'Autriche, duchesse douairière de Saxe-Zeitz et de l'Autriche inférieure
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MessageSujet: Quand vient le temps de devenir parents.   04.12.12 0:18


« Ce qui atteint le coeur de la mère ne monte qu’aux genoux du père. »


… Et d'où vous m'envoyez une lettre de menaces ? Vous n'avez aucun droit de m'écrire de la sorte. N'oubliez jamais que votre sort dépend de ma personne, vous êtes sous ma tutelle, quoi que vous pensiez. Vous n'avez pas à dépenser des sommes folles, devenez une femme respectable. Quant à l'argent, vous n'avez qu'à prendre mariage à nouveau …

De peur de lire la suite, Aliénor sursauta et laissa tomber la lettre sur le sol. Dans un excès de colère, la jeune femme avait envoyé une lettre à son aîné Ferdinand-Marie en l'accablant de ne pas lui verser la pension promise lors de son départ. Elle avait toujours peur qu'il la remarie une troisième fois. Et elle savait pertinemment que Ferdinand-Marie ne reculerait devant rien, pas même à sacrifier sa sœur si cela pouvait lui apporter une alliance. Alors quand le mot mariage fut inscrit dans la lettre, l'autrichienne prit peur, sachant qu'il était capable de lui avoir trouvé un mari sans le dire à personne et la mettre devant le fait accompli. Ses yeux étaient rivés sur le sol où se trouvait le morceau de papie. Et sans s'en rendre compte, elle partit dans ses habituelles absences et ne s'était pas aperçu qu'Anna, sa dame de compagnie, l'avait ramassé. Revenant à la normale, elle fut surprise de ne plus voir le papier au sol, mais entre les doigts d'Anna et elle reprit sa lecture, apeurée. Fort heureusement, son frère ne parla pas d'un mariage et aucun sous-entendu à ce sujet ne parut dans le restant de la lettre. Par contre, malgré les tournures de phrases, il était clair que l'électeur de Bavière se moquait du sort de sa sœur et qu'elle n'avait qu'à se débrouiller. D'ailleurs, elle ne l'avait pas attendue pour …

Février avait son avantage que le froid était un prétexte pour rester chez soi et ne pas sortir. Aliénor avait passé ces dernières nuits dans ses petits appartements versaillais pour assister au lever de la reine et lui passer sa toilette comme toute dame d'atours. Ses quelques petites pièces au cœur du château du Roi Soleil lui permettait de ne pas se lever avant l'aube pour courir de Paris à Versailles. Elle tenait à être là pour faire sa charge correctement. Mais Marie-Thérèse était une belle âme et avait donné à sa cousine le soin de se reposer et s'en retourner à Paris pour voir sa fille et se reposer un petit peu. Enfin, se reposer était un grand mot ! Avec l'achat de son hôtel particulier, Aliénor avait dépensé une grosse partie de son pécule, pensant gagner plus. Elle avait décidé d'employer les grands moyens en se faisant engager comme couturière/chapelière sous le nom d'Aline. Cela ne faisait pas gagner des fortune mais cela était toujours un revenu supplémentaire. Aujourd'hui elle cousait la robe pour la comtesse de Soissons, Olympe Mancini qui était surintendante de la Maison de la Reine. Grossissant à vue d'oeil avec sa grossesse, la comtesse avait commandé une robe qui la mette en valeur sans faire « vache à lait » selon son expression lorsqu'elle avait raconté à Aliénor la commande passée, sans savoir que l'autrichienne s'amusait de l'écouter parler ainsi. Alors qu'elle cousait tranquillement, des bruit de pas de course se firent entendre et la jeune Marie-Anne entra en trombe dans les appartements de sa mère, suivit de Julia la gouvernante.

Quittant son coin de travail, Aliénor se leva et tendit ses bras pour que sa fille vienne s'y blottir. Si elle avait eu une certaine affection pour ses deux autres fils – l'un resté à Dresde et l'autre à Vienne – sa fille était son grand amour. Peut être parce que c'était la première, peut être parce que c'était le fruit d'un amour non réciproque, peut être parce que c'était une fille. La Wittelsbach ne savait pas trop mais avait toujours nourri un amour et une protection pour cette enfant qu'elle avait emmené dans tous ses périples au fil des années. Dire que son ancienne belle-mère, Madeleine de Hohenzollern, avait voulu gardé la petite, Aliénor s'était battue pour la garder avec elle. Et à chaque fois qu'elle la regardait, il était tellement évident que son ancien mari n'était pas le père. Marie-Anne avait ce regard profond et malicieux comme celui de son père, elle lui ressemblait de plus en plus au fil des années. Pendant qu'Aliénor l'observait, sa fille regardait le travail en cours.

C'est une future robe pour toi ? En guise de réponse de réponse, la jeune femme prit la robe pour montrer la largeur. Tu couds pour une grosse dame ! s'exclama l'enfant d'un naturel franc, ce qui fit rire Aliénor à son tour.
Elle attends juste un enfant.

Puis la vie reprenait son cours, la petite fille aidait sa mère puis jouait non loin d'elle alors que l'autrichienne s'attaquait au col. Elle n'imaginait pas que cette après midi à l'allure tranquille allait être bouleversée d'un coup. Marie-Anne, assise au sol, fixait sa mère depuis quelques longs instants quand finalement, la bombe fut lâchée.

Mère, il est où mon père ?

De surprise, Aliénor rata le coche et se piqua le doigt avant de lever les yeux surprises vers sa fille. En effet, Marie-Anne savait que son père était vivant, sa mère lui avait dit un jour de lassitude mais ne lui en avait jamais dit plus, prévoyant de lui en parler lorsqu'elle serait adulte. Pas si tôt … Mais l'enfant insista encore et encore et la jeune femme arrêta son travail pour s'asseoir à terre près de l'enfant. S'en suivit une petite discussion où la jeune femme ne mentionna jamais le nom et passa le plus clair de son temps à tourner autour du pot.

Est il vivant ? Est-il loin ? Je veux le rencontrer.

L'air déterminé de sa fille laissait Aliénor silencieuse. Et le regard de chaton de sa fille ne pouvait que la faire fondre. Elle savait que Derek de Saxe était à Versailles, ils s'étaient brièvement rencontrés plusieurs fois mais rien de plus. Alors que faire ? Venir jusqu'à lui, tenant la main de Marie-Anne, lui dire « bonjour, comment vous portez vous ? Voici notre fille ! » ? Non, clairement non mais elle promit à sa fille de tenter quelque chose avant de l'envoyer prendre son bain. Elle fit les cent pas avant de se décider de se rendre à son cabinet, s'asseoir face à son secrétaire et rédiger cette petite missive :

Cher prince,
Au nom de notre amitié et de nos brefs liens de parenté, j'ai l'audace de vous demander une entrevue avec votre personne si vous me le permettez. Il serait un plaisir de vous revoir pour parler à loisir mais aussi d'un sujet me tenant à cœur.
Votre jour sera le mien.

Avec toute mon amitié, Aliénor de Wittelsbach

Puis elle chargea un page de le porter à Derek à Versailles et d'en demander une réponse. Chose faite puisque le jeune homme revint quelques heures plus tard avec un pli aussi. Le rendez vous était fixé dans trois jours dans les jardins de Versailles, dans l'après midi. Trois jours plus tard, Aliénor était à Versailles faisant sa tâche de dame d'atours avec application mais son esprit ne cessait de se tourner vers ce rendez vous sans avoir pu trouver les bonnes phrases ni vraiment quoi dire. Julia devait arriver avec la petite Marie-Anne, il était important qu'elle soit là même si elle ne serait pas présente au début de l'entretien. Peu avant l'heure du rendez vous, la jeune femme s'était chaudement couverte d'une manteau bleu doublé de fourrure et avait caché ses blanches mains sous des gants. Elle s'était apprêtée un peu trop pour les circonstances mais cela l'avait occupée pour ne pas avoir à a tourner en rond dans ses appartements. Ils avaient rendez vous au bord du Grand Canal, derrière le bassin d'Apollon et au fil de ses pas, son cœur se serrait davantage. Elle n'en avait jamais parlé à personne, ce serait une grande première. Julia et la petite laissèrent l'autrichienne avancer seule et elles partirent dans les bosquets, où il y avait peu de monde par ce froid et cette neige. Mais cela ne faisait pas peur à des gens comme eux, habitués à des hivers rudes. Derek était déjà là et elle avait beau avoir grandi, Aliénor ne pouvait s'empêcher de le trouver toujours aussi beau. Elle le salua avec un sourire un peu forcé.

Merci beaucoup d'avoir accepté cette entrevue, monsieur. Je me doute que vous devez avoir un emploi du temps digne d'un ministre au vue de la guerre et … votre rang.

Pour ne pas dire réputation. Il n'était pas difficile de savoir que Derek était un coureur de jupons mais l'autrichienne était bien trop polie pour en parler, à peine en faisait elle l'allusion.

Il est toujours un plaisir de revoir des personnes de nos contrées si loin de nos provinces respectives. Et j'avoue qu'à l'instar d'Innsbruck, j'ai gardé un bon souvenir de Dresde. Elle se retint de baisser les yeux face aux souvenirs qui envahissaient ses pensées. Je pensais que vous auriez des nouvelles de votre neveu Maurice-Guillaume car, sans vouloir paraître désobligeante, votre mère n'est pas friande de correspondre avec moi. Mis à part pour m'insulter mais vous la connaissez mieux que moi.

Commencer en douceur, par une discussion normale, c'est à dire cracher sur Madeleine de Hohenzollern, son ancienne belle-soeur et mère de Derek. Elle ne s'était pas sentie capable de tout avouer de la sorte. Et puis ce n'était pas un crime de vouloir des nouvelles de son fils Maurice-Guillaume, âgé de six ans …


______________________

pion de l'échiquier politique
La femme est un monde mystérieux, incompréhensible. Elle se désintéresse de la logique ordinaire et n'écoute que la voix de son cœur. C'est pourquoi l'homme n'arrivera jamais à sa hauteur...
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Côté Coeur: pas encore de problèmes cardiaques, merci de vous en préoccuper
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MessageSujet: Re: Quand vient le temps de devenir parents.   05.12.12 0:31

« Nous voici tout à fait, plus que tout dévastés !
Les troupeaux insolents, les trompettes furieuses,
L’épée grasse de sang, la bombarde tonnante
Ont dévoré sueur et travail et grenier.
Les clochers sont en flammes, l’église est renversée.
La mairie : des gravats. Les vaillants : mis en pièces.
On a violé les filles. Où que les yeux regardent,
Feu, peste et mort hantent les cœurs et les esprits.
Ici, ville et remparts, le sang chaque jour coule.
Trois fois six ans déjà que l’eau de nos rivières
Obstruée par les corps a ralenti son cours. (............)»


Le germanique confortablement installé dans un fauteuil, protégé du froid ambiant par une pelisse était plongé dans ce court sonnet de Gryphius, Die Tränen des Vaterlandes . Le poème, composé à la suite de la guerre de trente ans lui parlait, il y retrouvait un peu de l’histoire de sa région natale et un peu de son histoire personnelle.

Ce qu’évoquait ce poème c’était d’abord tout ce qui s’était passé en Saxe du vivant de son grand père et dans bien d’autres régions. Il se rappelait encore de ce que son père lui avait raconté, de ces campagnes mis à feu et à sang par l’ignoble Tilly parce que Jean Georges Ier avait eu le malheur de ne pas refuser de prendre le parti de Gustave Adolphe et du protestantisme, puis de de la liesse du peuple quand on avait appris la victoire de Leipzig. A ce moment là on avait voué un véritable culte au sauveur suédois mais au fond la guerre avait continué, et les provinces déjà éprouvées avaient été saignées au quatre veine pour la financer.

La Saxe avait mis du temps par la suite à panser ses blessures, il était bien placé pour le savoir puisque c’était à son père que la lourde tâche avait échu. Son enfance s’était déroulée dans une douce quiétude mais le faste en avait été absent . Une absence laissant transparaitre les problèmes budgétaires auxquels il fallait encore s’efforcer de remédier. En tout les cas, Derek avait appris la leçon des erreurs de sa famille.Il n’irait jamais à l’ encontre des Habsbourg au nom de son luthérianisme. La Saxe n’était pas de taille à leur tenir tête et ne survivrait pas à de nouvelles représailles.

Mais au fond ce que décrivait ce poème, ce n’était pas seulement le passé. Il sonnait comme un présage, pour lui et pour d’autres, car tout n’était qu’éternel recommencement. La guerre avait sauté une génération, celle de son père, mais au fond elle ne disparaissait jamais bien longtemps, un jour ou l’autre, elle finissait toujours par pointer le bout de son nez. La terre buvait les litres de sang qui coulaie,t et bientôt, à croire qu’elle en était assoiffée, en était de nouveau abreuvée.
Ces cavaliers de l’apocalypse, il allait être des leurs. Oh ils ne brûleraient pas tout sur leur passage, ils ne ravageraient pas les campagnes, mais il y aurait tout de même des dégâts collatéraux, des femmes seraient sûrement molestées par des soldats ayant perdu leurs esprits, des bâtiments seraient détruits, et l’on produirait des cadavres à la pelletée.

Il n’eut pas le loisir de finir sa lecture car on frappa à sa porte. Il n’attendait pourtant personne.
Le fidèle Ernst se dirigea vers l’antichambre et en revint bientôt avec une missive qu’il lui tendit :

« Monsieur, une lettre pour vous. Le page a dit qu’on lui avait expressément demandé de revenir avec une réponse de votre part»

De mieux en mieux ! Pour que l’émetteur soit aussi pressé, le message devait être d’une importance capitale. S’emparant de l’objet, il ne tarda pas à écarquiller les yeux. Ce cachet, il le reconnaissait fort bien et sa surprise ne faisait qu’augmenter de minutes en minutes. Oh, il n’était pas sans savoir qu’elle aussi se trouvait à Versailles, ils s’étaient déjà croisés à plusieurs reprises, et il ne l’avait pas oublié. Il avait eu une certaine affection pour cette gamine livrée à son vieil oncle, mais il ne voyait absolument pas ce qu’elle pouvait bien avoir à lui dire. Pas une seule fois elle n’était venue vers lui depuis son arrivée en France, et leurs échanges s’étaient pour l’instant résumés aux salutations de bases. Pourquoi ce changement ?Curieux, il prit connaissance du contenu de la missive.

Elle invoquait l’amitié qui les avait liés ainsi que leur brefs liens de parenté, ce qui eut le don de faire rire le saxon. Il se souvenait encore de l’innocente jeune fille et cela ne l’étonnait pas qu’elle ait choisi d’omettre l’autre chose qui les avait unis . Elle voulait le revoir, soit, il le concevait totalement, après tout il fut un temps où elle avait été littéralement folle de lui, mais ce qui devenait étrange, c’était cette histoire de sujet qui lui tenait à coeur.

Un instant, il pensa à refuser, si c’était pour remuer inutilement le passé, il préférait s’abstenir. Puis, il reconsidéra la chose. Aliénor n’avait pas été un simple quatre heures pour lui. Après tout,elle avait à un moment fait parti de la maison Hohenzollern, et en considération de cela, avant de tenter quoi que ce soit avec elle, il avait pris le temps de la connaitre, il s'était sincèrement intéressé à elle, ce qu'il ne faisait en général pas avec ses autres partenaires. Bien sûr, cela ne l'avait pas empêché de profiter par la suite de l'attirance évidente qu'elle avait pour lui pour passer de bons moments. Au diable les scrupules!
Et bien sûr, par la suite, il avait gâché cette-comment appeler ça au fond?!- "amitié" en coupant court à tout contact après être allé voir ailleurs-. Toutefois, il ne se voyait pas comme le vilain de l'histoire. Aliénor avait parfaitement su ce qu'elle faisait, et lui, et bien au moins n'avait il pas été, pour une fois, un de ces hypocrites ayant le culot de revenir voir une amante après avoir posé les mains sur une autre.

Par respect pour leur ancienne "amitié", il allait donc accéder à sa demande. Prenant place devant son secrétaire, il s'empara d' une plume et entreprit de rédiger une réponse. La tâche fut vite expédiée car il alla droit au but.

Votre Altesse,

Dans ce cas soyez vendredi au bord du grand canal, derrière le bassin d’Apollon, à 13H. Je vous y attendrai. Si cela ne vous est pas possible, faites le moi savoir et nous conviendrons ensemble d’un moment plus opportun.

Cordialement,

Derek de Saxe


Le style était un peu sec, mais il n’y avait aucune froideur dans le propos. Cela ferait l’affaire. Se relevant, il la donna à Ernst qui se chargea de la transmettre au page, lequel fila à toute allure dans le couloir.
********************************************************
Le vendredi était arrivé et aussi couvert que possible, le nez déjà rougi par le froid, prêt à être transformé en statue de glace, il était au lieu du rendez vous. Bientôt, elle entra dans son champ de vision. Elle avait changé, l’adolescente qu’il avait connu s’était envolée, elle marchait à présent avec assurance vers lui. Elle était tout simplement devenue femme. Etait ce la maternité qui lui avait donné ces rondeurs appétissantes aux joues et ce léger teint rosé et frais qu’elle arrivait par je ne sais quel miracle à conserver malgré le froid ?! Il savait qu’elle avait eu 3 enfants. Si jeune et déjà mère par trois fois. Oui, ils avaient assurément suivi des chemins bien différents.
Des trois enfants, deux étaient ses cousins, mais il ne connaissait réellement que le second, Maurice Guillaume.

Chose toute naturelle car il n’avait fui vers Viennes qu’en 1662.Or, le jeune garçon ,qui avait 2 ans à l’époque, résidait à Dresde, tout comme lui. Etant l’héritier de la branche cadette des Wettin, celle des Saxe-Zeitz ,il n’avait pas pu suivre sa mère. Derek avait jugé un tel arrangement cruel, mais il savait que c’était là une solution logique. Sa mère, pour tous les défauts qu’elle avait, avait à l’époque agi comme il convenait de le faire. Le troisième enfant était, d’après les rumeurs qui couraient ,débile. Quant à la petite fille il ne l’avait vu qu’à l’occasion de son baptême.

Lui de son côté, se tenait devant elle, inchangé.Manifestement, il n’était pas le seul à ne pas savoir quelle attitude adopter pour ces retrouvailles, elle-même paraissait avoir du mal à garder son sourire en place.

« Merci beaucoup d'avoir accepté cette entrevue, monsieur. Je me doute que vous devez avoir un emploi du temps digne d'un ministre au vue de la guerre et … votre rang »

« Justement. Je n’ai pas accepté malgré la guerre, mais à cause de la guerre.On ne sait jamais ce qui peut se passer durant un conflit de cette envergure, et j’ ai donc estimé qu’il était plus prudent, de venir régler cette affaire si importante à vos yeux tant que j’étais en mesure de le faire. Quant à mon rang, je ne sais pas ce que vous entendez par là car il ne me contraint pas à grand-chose tant que je suis à Versailles.C'est précisément une des raisons pour lesquelles j’y demeure»

Si il en jugeait par l’hésitation dont elle avait fait preuve avant de lâcher ce mot, elle devait avoir tout autre chose en tête. Probablement était elle au courant de la façon dont il occupait son temps.

« Il est toujours un plaisir de revoir des personnes de nos contrées si loin de nos provinces respectives. Et j'avoue qu'à l'instar d'Innsbruck, j'ai gardé un bon souvenir de Dresde. Je pensais que vous auriez des nouvelles de votre neveu Maurice-Guillaume car, sans vouloir paraître désobligeante, votre mère n'est pas friande de correspondre avec moi. Mis à part pour m'insulter mais vous la connaissez mieux que moi. »

Son second mariage n’avait donc pas été une franche réussite. Il ne la blâmait pas, après tout feu Sigismond François n’avait pas été réputé pour son charme à toute épreuve, ni pour son caractère complaisant.

« Rien ne me fait plus plaisir que d’entendre que Dresde garde une place toute spéciale dans votre cœur, j’en ai moi-même quelques très bons souvenirs »

Il avait ajouté cette dernière remarque avec ce sourire un peu malsain qui était sa marque de fabrique, mais qui pour le coup n’était absolument pas empreint de malice. Il voulait la mettre un peu mal à l’aise, mais comme il l’aurait fait avec sa sœur. Qui bene amat, bene castigat!
Dresde c’était à peu près toute sa vie si l’on exceptait ces dernières années. Il était donc évident qu’il devait avoir là bas un certain nombre de bons souvenirs, mais elle saurait certainement deviner auxquels il faisait précisément allusion en l’espèce.

« Vous voulez dire, mon cousin, je présume. Si vous m’avez fait venir pour cela, je crains de vous décevoir. Je n’ai pas revu le garçon depuis mon départ, voilà cinq ans de cela. Mais vous n’avez pas lieu de vous inquiéter, Frederik August m’a mentionné votre fils à plusieurs reprises. Il m’en a dit le plus grand bien. Il est parait il très avancé pour son âge et fait preuve d’une grande maturité. Il semble donc se porter comme un charme. »

Il n’était pas père, mais il comprenait les inquiétudes que pouvait avoir une mère. Etre séparée ainsi de son enfant était contre nature, quoique courant dans les grandes familles. Il n’osait imaginer le déchirement qu’Aliénor avait du éprouver en laissant deux de ses enfants ainsi derrière elle. Sa fille était disait on son dernier rempart, elle s’y accrochait avec force .Il le savait de bonne source car Ernst – qui avait la manie de laisser trainer ses oreilles un peu partout- lui avait rapporté avoir entendu une violente dispute entre sa mère et Aliénor au sujet de la petite fille- son nom ne lui revenait pas- elle avait parait il durement bataillé pour pouvoir l’amener avec elle et n’avait pas démordu, tenant tête à sa mère. Et elle avait obtenu gain de cause!

Quand son valet lui avait rapporté cela, Derek n’en avait pas cru ses oreilles. Peu de personnes arrivait à avoir gain de cause en face de Madeleine d’Hohenzollern, en fait pour être plus précis peu de personnes s’essayaient seulement à la contredire. Pour lutter ainsi et mettre à terre le tyran Hohenzollern, il fallait qu’Aliénor ait eu beaucoup d’amour pour son enfant . Aussi, l’héritier de l’électorat de Saxe en avait acquis la certitude qu’Aliénor devait vraiment être une mère exemplaire. Certaines personnes étaient faites pour avoir des enfants, d’autres pas… comme lui.

« Je sais que vous n’avez pas une haute estime de ma mère, mais pour tout ce que l’avis de son fils vaut, elle saura veiller au bien- être de Maurice Guillaume. Elle n’est peut être pas une personne spécialement cordiale et chaleureuse, mais elle n’est pas dénuée de sentiments. »

Il faillit rouler des yeux. Voilà qu’il se mettait à prendre la défense de celle qu’il s’évertuait à calomnier habituellement . Mais pour autant que sa mère était insupportable, il savait que ce qu’il disait était vrai, et si cela pouvait rassurer Aliénor, il acceptait de prononcer une bonne parole en faveur de sa génitrice. Il finit tout de même par nuancer son propos d’un ton plaisantin qui ne parvenait cependant pas à masquer une certaine amertume :

« Bien sûr, si Maurice Guillaume lui rappelle ma propre personne, son attitude ne sera peut être pas aussi sympathique à son égard. Mais étant le fils de mon oncle et non le mien, il n’aura normalement pas de problème de ce côté ci. »

Il n’était pas surpris d’apprendre que sa mère n’avait pas été douce à l’égard d’Aliénor :

« Croyez bien que je suis déplore l’attitude de ma mère. Elle n’a pas hélas pas l’habitude que quelqu’un vienne lui dire ses quatre volontés. On tend en général à la fuir plutôt qu’à l’affronter, tout combat étant voué à l’échec. Vous êtes l’exception qui confirme la règle »

Il la regarda un instant, sans savoir quoi rajouter. Finalement il commenta son audace:

« Vous avez de la chance que je ne sois pas un de ses plus fervents défenseurs, sans quoi vous auriez eu à subir les foudres d’un fils soucieux de défendre l’honneur de sa mère. C’est un pari risqué que vous avez fait là, en ne me cachant pas l’avis que vous avez d’elle. »

Il n’en avait pas fini:

« Un pari d’autant plus risqué que je sais ce que vous lui avez dit au sujet de mon éducation. Il paraitrait que vous me trouvez bien mal éduqué, preuve en est de ma .. qu’aviez vous dit?:.. de ma réputation. Et qu’au vu de ce qu’elle a fait de moi, vous préfériez prendre vous-même en main l’éducation de votre fille. Pourtant je crois me rappeler que vous ne me trouviez pas si infréquentable que ça au début. Vous recherchiez même clairement ma compagnie si je me souviens bien. Vous êtes donc, sauf votre respect, un peu hypocrite Votre Altesse. Ceci dit, je ne vous en veux pas.Vous n'avez fait que répéter ce que vous aviez entendu. »

Etait elle réellement venue seulement pour avoir des nouvelles de son fils ? C’était difficilement croyable. Elle avait sûrement bien d’autres personnes à qui elle aurait pu écrire pour en savoir davantage. Il n’y avait pas que sa mère et lui. N’allant pas par quatre chemin, il alla au devant de la réponse :

« Maurice-Guillaume était il réellement le seul objet de cette entrevue ? Il n'y avait pourtant pas là de quoi vous déranger... une simple lettre comme vous savez si bien les écrire aurait suffi. »

Un de ses sourcils s’était subrepticement soulevé, indiquant qu’il doutait fortement que la réponse soit positive.

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MessageSujet: Re: Quand vient le temps de devenir parents.   11.12.12 17:55

Lorsqu'elle eut la confirmation du rendez vous, Aliénor eut un frisson la parcourir le long de l'échine : elle ne pouvait plus faire machine arrière. Si, bien sûr, elle aurait pu dire que la date ne lui convenait pas mais cela n'aurait fait que reporter l'entrevue et la jeune femme, qui avait fait le premier pas, passerait un peu pour une idiote à ne plus finalement vouloir voir Derek. Elle avait dit au valet que le rendez vous était pris. Il n'y avait qu'à attendre à présent …

Jusqu'au jour J, Aliénor n'avait eu de cesse de chercher les bons mots, la phrase qui sonnerait juste, sans l'effrayer, de façon subtile mais pas trop pour qu'il comprenne … Mais rien ne sonnait juste, tout était pathétique, mal dit et surtout effrayant pour un jeune homme qui ne connaissait pas le mot responsabilité. Il était facile de voir que la jeune femme était nerveuse et souvent absente. Pour avoir un peu de tranquillité, elle s'enfermait dans son cabinet de peintures à réfléchir, face à un tableau de Claude Lorrain presque hypnotisant, celui du Port avec l'embarquement de la reine de Saba, le paysage l'aidait à réfléchir, ou à ne pas réfléchir selon les instants. C'était une responsabilité difficile à assumer que de dire à un amant qu'il a un enfant, surtout après avoir attendu huit ans. Cela n'aurait tenu qu'à elle, jamais Aliénor n'aurait avoué quoi que ce soit, gardant son secret pour elle, quitte à laisser sa fille dans le désarroi de ne pas connaître son véritable père. C'était lâche mais l'archiduchesse avait eu suffisamment à affronter pour sa jeune vie, ce n'était pas la peine d'en rajouter. Enfin, le sort en était jeté …

Le vendredi, les heures défilaient tantôt trop vite, tantôt pas assez, elle avait le désir d'en finir autant que de s'enfuir loin, prenant ses jambes à son cou, ou retourner à Vienne se terrer dans ses appartements de la Hofburg qui lui manquaient. Il était difficile de savoir ce qu'elle voulait vraiment, Aliénor ne semblait pas le savoir non plus à dire vrai ! Mais elle traversa l'allée centrale des jardins par ce froid malgré tout, une boule au ventre et toujours ce trac qui ne la lâchait pas. Cette révélation la rongeait mais aussi de revoir le saxon en tête à tête. Lorsqu'ils s'étaient croisés, c'était toujours en public et se voir en privé de la sorte donnait un caractère tellement solennel à cette rencontre. Elle avait espéré qu'il lui fasse faux bond mais lorsqu'elle fit le tour du Bassin d'Apollon, elle vit une silhouette masculine. C'était lui, il était déjà là et attendait son arrivée. Alors Aliénor se redressa et prit un air plus aimable, moins de biche apeurée. Des deux, cela devrait être Derek qui devrait avoir peur de cet instant, à se demander ce qu'elle lui voulait. Et pourtant, il fallait se jeter à l'eau, et rien de mieux que quelques banalités pour cela.

« Justement. Je n’ai pas accepté malgré la guerre, mais à cause de la guerre. On ne sait jamais ce qui peut se passer durant un conflit de cette envergure, et j’ ai donc estimé qu’il était plus prudent, de venir régler cette affaire si importante à vos yeux tant que j’étais en mesure de le faire. Quant à mon rang, je ne sais pas ce que vous entendez par là car il ne me contraint pas à grand-chose tant que je suis à Versailles. C'est précisément une des raisons pour lesquelles j’y demeure. »

Elle ne fit qu'un petit sourire pour acquiescer, même si elle savait bien pourquoi il était là. La réputation de Derek de Saxe n'était plus à faire depuis longtemps, elle-même y avait succombé il y a quelques années. Mais là n'était pas la question et Aliénor rebondit sur leur ancien lien familial : quelle étrange lien de savoir qu'elle fut sa tante alors qu'elle avait deux ans de moins que lui, c'était la magie des alliances matrimoniales !

« Rien ne me fait plus plaisir que d’entendre que Dresde garde une place toute spéciale dans votre cœur, j’en ai moi-même quelques très bons souvenirs.
Je l'espère pour vous, tout le temps que vous y avez passé. » répondit-elle poliment.

Mais Aliénor n'était pas sotte, elle avait très bien compris à quoi Derek faisait allusion et il n'y avait qu'à voir son sourire pour ne plus en douter. Si elle gardait de la constance, cela n'empêcha pas ses joues de rougir légèrement à ce souvenir. Mais la jeune femme savait rebondir sur une autre conversation : son fils Maurice-Guillaume. Elle ne l'avait pas revu depuis son départ de Dresde il y a six ans et même si cela n'était pas l'objet principal de cette rencontre, elle en profitait aussi pour en savoir sur son petit garçon.

« Vous voulez dire, mon cousin, je présume.
En effet, j'ai tendance à me perdre dans les liens familiaux …
Si vous m’avez fait venir pour cela, je crains de vous décevoir. Je n’ai pas revu le garçon depuis mon départ, voilà cinq ans de cela. Mais vous n’avez pas lieu de vous inquiéter, Frederik August m’a mentionné votre fils à plusieurs reprises. Il m’en a dit le plus grand bien. Il est parait il très avancé pour son âge et fait preuve d’une grande maturité. Il semble donc se porter comme un charme. »

Un large sourire s'étira sur le visage de l'archiduchesse. Après la naissance de son dernier enfant Charles qui présentait des signes de débilité, Aliénor avait peur pour ses enfants. Marie-Anne semblait épargnée, mais elle n'en savait rien pour son petit Guillaume et le savoir grandir normalement et avoir même un peu d'avance pour son âge la rassurer.

« Je sais que vous n’avez pas une haute estime de ma mère, mais pour tout ce que l’avis de son fils vaut, elle saura veiller au bien- être de Maurice Guillaume. Elle n’est peut être pas une personne spécialement cordiale et chaleureuse, mais elle n’est pas dénuée de sentiments.
Cela me ravit au plus haut point, bien que je le savais entre de bonnes mains. Tout ce que j'ai pu dire sur votre mère n'enlève en rien à certaines qualités … »

Elle dut faire preuve de politesse pour tenter de dire un peu de bien de Marie de Hohenzollern ! La dernière fois qu'elles s'étaient vu, Aliénor n'avait que dix-huit ans et lui avait tenu tête pour emmener Marie-Anne. Certes, la jeune veuve n'avait pas été très tendre mais elle ne savait pas que la conversation fut rapportée …

« Bien sûr, si Maurice Guillaume lui rappelle ma propre personne, son attitude ne sera peut être pas aussi sympathique à son égard. Mais étant le fils de mon oncle et non le mien, il n’aura normalement pas de problème de ce côté ci. »

Elle en fut étonnée. Ce jour là, il n'y avait que Madeleine et elle dans la pièce. Mais on était jamais à l'abri de personnes écoutant aux portes, elle le faisait elle-même et c'était sans doute le sport favori de Maximilien depuis sa tendre enfance ! Elle continuait d'écouter Derek au sujet de sa mère et sourit de savoir que peu tenaient tête à cette bonne femme. Peut être que si Marie-Anne avait été une enfant légitime l'aurait-elle laissée, elle ne sait pas. Tout aurait été si différent qu'il était impossible de savoir sa réaction six ans auparavant. Mais Aliénor n'avait jamais regretté d'avoir pris sa petite fille qu'elle emmenait partout, au travers l'Empire, en Espagne, Italie et aujourd'hui en France, l'éduquant pour en faire une femme bien et surtout avec du caractère.

« Un pari d’autant plus risqué que je sais ce que vous lui avez dit au sujet de mon éducation. Il paraîtrait que vous me trouvez bien mal éduqué, preuve en est de ma .. qu’aviez vous dit?:.. de ma réputation.
Votre rang. Nuance. corrigea la jeune femme qui ne se démontait pas.
Et qu’au vu de ce qu’elle a fait de moi, vous préfériez prendre vous-même en main l’éducation de votre fille. Pourtant je crois me rappeler que vous ne me trouviez pas si infréquentable que ça au début. Vous recherchiez même clairement ma compagnie si je me souviens bien. Vous êtes donc, sauf votre respect, un peu hypocrite Votre Altesse. Ceci dit, je ne vous en veux pas. Vous n'avez fait que répéter ce que vous aviez entendu.
Vous devriez savoir que l'argument de votre éducation fut plus un prétexte pour faire taire votre mère que vous attaquer personnellement. Je n'ai pas à juger de votre vie, moi-même en ayant fait partie, elle se surprit elle-même à en avoir parlé à haute voix, mais j'espère ne pas vous avoir blessé. Et je suis flattée au passage d'avoir gagné face à votre mère, je pense que plus grand chose peut me résister à présent. » plaisanta t'elle avec un large sourire.

Plus grand chose, sauf celui de l'aveu qu'elle retardait encore et toujours. Aliénor tremblait légèrement, le froid devait être bon prétexte mais elle avait un trac monstrueux même si elle avait appris à masquer ses émotions sur son visage comme le font les dames du grand monde. Mais si elle pouvait à nouveau partir dans une autre discussion, Derek semblait pressé de savoir la véritable raison.

« Maurice-Guillaume était il réellement le seul objet de cette entrevue ? Il n'y avait pourtant pas là de quoi vous déranger... une simple lettre comme vous savez si bien les écrire aurait suffi. »

Elle baissa un instant les yeux, ne pouvant plus reculer, elle était dos au mur. Elle releva finalement les yeux, dont les tons bleus annonçaient un peu de peur et de gravité. Il était temps.

Non, j'ai seulement profité de l'instant pour prendre de ses nouvelles, même si ce que je tenais à vous dire reste dans un registre similaire … Elle se tut un instant, cherchant ses mots et voyait plus loin sa fille s'amuser. Je m'excuse de vous faire paraître le temps insupportablement long mais les mots sont difficiles à trouver et il faut savoir que je ne fais pas vraiment cela de mon plein gré. Elle montra du doigt l'enfant sautant dans la neige. Voyez vous cette enfant ? Il s'agit de Marie-Anne, ma fille, la raison qui me pousse à vous parler aujourd'hui … »

Elle garda un instant le silence en fermant les yeux, puis se lança :

« C'est votre fille, Derek. »

Un frisson la traversa en prononçant ses mots. C'est comme se jeter d'une falaise pour tenter d'atterrir en bas intact, le cœur battait à trop grande vitesse et pourtant elle dut continuer, regardant au loin, il était trop difficile à affronter..

« Je n'ai jamais osé vous le dire auparavant … » murmura t'elle

Elle se tut et enfin l'observa. Il venait d'apprendre qu'il était père, Aliénor aurait tout le temps de s'exprimer du pourquoi maintenant et le comment de toute cette histoire …

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MessageSujet: Re: Quand vient le temps de devenir parents.   04.01.13 22:56

"mais j'espère ne pas vous avoir blessé. Et je suis flattée au passage d'avoir gagné face à votre mère, je pense que plus grand chose peut me résister à présent. "

Il ne put se retenir de sourire en entendant cela. Ces paroles d' autrefois avait chatouillé son amour propre, mais c'était du passé. Il avait passé l'éponge sur tout ceci depuis bien longtemps- le soir même il avait tout oublié dans les bras de la jolie Hortense Brandt de Lindaw, sa maitresse d'alors.
Bien qu'il n'irait jamais lui avouer, Aliénor l'avait étonné ce jour là. Il l'avait admiré pour sa force de caractère, elle qui avait réussi à en imposer à sa mère. Aujourd'hui encore, après quelques brèves minutes de conversation, rien qu'en l'écoutant s'exprimer il avait l'impression de la redécouvrir. Comment cette jeune fille réservée et discrète était elle devenue si sûre d'elle, si forte et déterminée?

C'était une étrangère qui se tenait devant lui. Mais sans doute les femmes étaient elles obligées de grandir plus vite que les hommes, eux qui n'avaient jamais à donner la vie à un autre être et pouvait se permettre de batifoler sans réelle crainte pour leur réputation. Ce qu'Aliénor avait ,cela même qui l'intriguait tant, c'était peut être tout simplement ce qui lui manquait cruellement, le sens des responsabilités.

Son attention s'en était allée avec ses pensées vagabondes, ce qui expliqua qu' il n'entendit pas ce qui aurait dû l'avertir de l'imminence du choc qu'il allait se produire.

"Non, j'ai seulement profité de l'instant pour prendre de ses nouvelles, même si ce que je tenais à vous dire reste dans un registre similaire …"

Tout ce dont il fut conscient sur le moment fut ce bref tremblement qui sembla un instant s'emparer d'Aliénor et l'étrange nervosité de celle ci.
En temps normal, cela aurait suffit à lui mettre la puce à l'oreille, la suspicion l'assaillant, ses yeux se seraient rétrécis jusqu'à former deux fentes, ses sourcils se seraient froncés et l'angoisse faisant son oeuvre son sourire serait retombé et ses lèvres se seraient serrées.
Rien de tout cela n'arriva. Son sourire demeura et son visage n'exprimait aucune inquiétude. Il était serein car après tout qu'aurait il bien pu lui arriver de fâcheux avec Aliénor ?! Le silence de celle ci ne l'alarma pas, il lui parut naturel. Elle n'avait sans doute pas tant de chose que ça à lui dire. C'était triste à dire mais compréhensible. Elle n'allait pas lui parler comme si ils ne s'étaient jamais quittés. L'eau avait coulé sur les ponts depuis ces 8 dernières années.

Je m'excuse de vous faire paraître le temps insupportablement long mais les mots sont difficiles à trouver et il faut savoir que je ne fais pas vraiment cela de mon plein gré.

Ce fut à cet instant précis, cet instant fatidique, à moins d'1 minute de l'envoi du boulet de canon qui allait le percuter de plein fouet, que l'étrangeté de la situation lui apparut comme en plein jour, lentement, très lentement, le message d'alerte fit son chemin vers son cerveau.Il commença à se poser des questions. Son sourire s'affaissa doucement, très doucement au fur et à mesure qu'il réalisait que de pareilles paroles ne présageaient en général rien de bon pour leur récepteur.
Mais même là, il était loin de s'imaginer ce que pouvait être cette chose qu'elle se sentait obligé de lui annoncer, presqu'à regrets si l'on en jugeait par cet air si contrit et grave qu'elle venait de prendre.

"Allons, Allons, ça ne peut pas être si grave et terrible que ça. Quoique ce soit je suis sûr que nous allons finir par en rire dans quelques années."

lança t il plus pour se rassurer lui que pour l'encourager à cracher le morceau . Il tentait de paraitre calme mais sa tentative fut un échec total. Sa voix peu affirmée et plus grave qu'à l'habitude l'avait trahi et laissait deviner qu'il était tout sauf détendu. Une vraie boule de nerfs.
Sans parler, elle leva son doigt et le dirigea vers une petite fille qui jouait dans la neige. L'enfant paraissait seule. Et bien qu'est ce que cela avait à voir avec son problème? Il ne voyait vraiment pas où elle voulait en venir. C'était sans doute sa cousine Marie-Anne, et puis?! Que venait elle faire dans l'histoire? Etait elle atteinte d'un grave mal qui allait écourter sa vie? A la voir ainsi gesticuler dans la neige sans retenue il avait peine à le croire.

"Voyez vous cette enfant ? Il s'agit de Marie-Anne, ma fille, la raison qui me pousse à vous parler aujourd'hui … »

Il n'était pas du genre à se passionner pour les longs monologues dans lesquels les parents se lançaient parfois au sujet de leur progéniture. A ses yeux les enfants faisaient partie de ces sujets ennuyeux, et à son humble avis ces petites personnes constituaient des fardeaux inutiles dont il valait mieux ne pas s'encombrer. L'attitude de la plupart des mères lui donnait d'ailleurs raison puisqu'elles s'empressaient très souvent de refourguer leur marmaille aux nourrices et gouvernantes. Seul Aliénor dans son entourage contredisait cette idée, mais enfin cela n'était guère étonnant. Elle semblait avoir le don de ne rien faire comme tout le monde et de faire parti de ces exceptions à toutes les règles.
Pour quelle raison pouvait elle bien considérer qu'il y avait nécessité à s'entretenir avec lui au sujet de sa fille. Avait elle des conseils à lui demander qui puisse être relatif à Marie Anne? C'aurait été suspect car La seule chose pour laquelle quelqu'un aurait pu croire bon de s'adresser à lui pour quelque conseil que ce soit relevait d'un domaine qui ne pouvait pas vraiment concerner une demoiselle de 8 ans. A moins qu'Aliénor veuille qu'il apprenne à sa fille ce qui l'attendrait dans quelques années, mais il en doutait.

Il était dans le brouillard total. Certains diront de lui qu'il doit être remarquablement stupide pour ne pas deviner de quoi il retourne ici. Après tout il n'y avait là rien de bien sorcier, un simple d'esprit aurait eu vite fait de faire le calcul et de deviner quelle révélation elle était susceptible de faire. Pas lui. Lui avoir un enfant? C'était une idée qui lui paraissait tellement absurde qu'elle ne lui venait pas une seule seconde à l'esprit. Il faut dire que si il avait laissé quelques enfants dans la nature, personne n'était jamais venu le lui dire. Et puis pourquoi 8 ans plus tard?! Non, c'était tellement ridicule qu' il n'y pensa même pas.

" Je ne l'aurais pas reconnu. Il faut dire qu'elle tenait encore dans mes bras la dernière et seule fois où nous nous sommes rencontrés. C'était à son baptême, je m'en souviens bien. "

Il ne semblait pas particulièrement ému et nostalgique en évoquant ce jour là. A l'époque son oncle, fier comme Artaban lui avait mis le bébé de force dans les bras et il s'en était bien vite débarrassé dans les bras d'Erdmuthe. Que pouvait il bien ajouter pour satisfaire les attentes d'Aliénor?! Car oui, il savait que les mères s'attendaient en général à ce qu'on dise quelque chose de positif au sujet de leurs enfants mais il n'avait franchement rien à dire au sujet de sa cousine qu'il connaissait à peine et avec qui il n'avait pas grand désir de faire plus ample connaissance.


"Elle promet d'être une vraie beauté, tout comme sa mère."


Et c'était vrai. La gamine était déjà jolie aux yeux de l' expert masculin qu'il était . C'était cependant dommage qu'elle ait hérité de la chevelure brune de Maurice. Il détourna cependant bien vite les yeux de l'enfant dont le spectacle n'offrait pas grand intérêt.
Lorsqu'il repose son regard sur Aliénor, celle ci venait de fermer les yeux. Avait il dit quelque chose d'inconvenant?Il ne lui semblait pourtant pas avoir commis de bévue... Peut être se sentait elle mal?

"Etes vous sûre d'aller bien? C'est sans doute ce froid qui aura...."

Elle coupa court à toutes ses interrogations en 4 petits mots seulement mais ce fut tout aussi radical qu'une sentence de mort mettant fin aux espoirs d'un accusé.

« C'est votre fille, Derek. »

Il s'arrêta brusquement de parler comme foudroyé en plein vol. Sa bouche resta ouverte tandis que ses yeux s'écarquillèrent, mais les mots lui manquèrent visiblement car il resta bouche bée.
La sentence était irréversible, impitoyable, brutale. Le couperet venait de tomber. Quand les choses prennent une tournure inattendue et non désirée, on a souvent de la peine à réaliser qu'il ne s'agit pas d' un mauvais rêve, puis cherchant à fuir la réalité, on emprunte la seule échappatoire possible: le déni.
Tout ceci ne pouvait qu'être une mauvaise farce. Il choisit d'en rire d'une façon qui laissait sous entendre qu'il ne la prenait absolument pas au sérieux .

" Mais que me dites vous là?! Quelle est cette mascarade?C'était la fille de mon oncle il y a 8 ans. Certainement, cela n'a pas pu changer du jour au lendemain. Je sais que vous autres Habsbourg aimez compliquer les affaires familiales mais ne faites pas pour autant de ma cousine ma fille."

La tête qu'elle lui fit . Le silence qui suivit. L'âge de la fillette. Tout lui criait que c'était lui qui faisait fausse route, et nul autre. Faire l'autruche ne servait à rien. Ce n'était pas là une plaisanterie, le sujet était sérieux, il n'y avait que lui pour ne pas le prendre comme tel. Son rire mourut sur ses lèvres aussi vite qu'il les avait franchi quelques secondes auparavant.
Avec difficulté il accepta ce nouveau fait porté à sa connaissance. L'existence de la chair de sa chair. Et maintenant? Qu'allait il se passer? Qu'attendait elle de lui? Elle n'imaginait tout de même pas qu'il allait s'élancer et serrer dans ses bras Marie-Anne comme si il s'agissait d'un cadeau tombé du ciel?! Si?
Les bras ballants, il resta immobile un long moment. Et lorsqu'il se ressaisit ce fut pour s'entendre lâcher d'un ton sec:

" Et alors!Même si c'est vrai, que voulez vous que j'y fasse?!

Il était trop abasourdi par ce qu'il venait d'apprendre pour se donner la peine de se montrer compréhensif et conciliant.A l'époque elle n'avait pas cru bon de le mettre au courant, pourquoi alors venir déranger son quotidien aujourd'hui? Elle lui avait dissimulé qu'il avait un enfant, et bien maintenant elle n'avait qu'à s'en prendre à elle même, vivre avec ses choix et le laisser en paix.

" Puisque vous semblez être d'humeur à me faire part d'histoires rocambolesques, allez vous maintenant m'expliquer que si vous ne m'avez rien dit à l'époque c'est que vous souffriez d' une amnésie passagère causée par une chute dans les escaliers?" lui demanda t il sarcastiquement.

"Epargnez vous cette peine inutile et ne cherchez pas à vous justifier. Je ne veux rien savoir. En ce qui me concerne c'est votre fille et celle de mon oncle. Pas la mienne."

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MessageSujet: Re: Quand vient le temps de devenir parents.   17.01.13 23:52

« Allons, Allons, ça ne peut pas être si grave et terrible que ça. Quoique ce soit je suis sûr que nous allons finir par en rire dans quelques années. » semblait s'amuser Derek.

Le sourire qui naquit sur le visage d'Aliénor fut à la triste mais aussi moqueur en cet instant. Il ne savait clairement pas ce qui l'attendait. Le saxon n'avait-il pas deviné ? Ou le faisait-il exprès ? La jeune femme avait beau le regarder, Derek semblait sincère et ne pas comprendre vraiment la gravité de la situation. D'ailleurs aussitôt qu'il était arrivé, le sourire s'en était allé. C'était si compliqué, surtout quand on ne fait pas cela de son plein gré mais sa fille avait voulu savoir et il y avait la guerre qui se profilait, Derek partirait sous peu. Et il n'était pas à l'abri de mourir à la guerre, l'autrichienne n'avait donc pas d'autres choix, elle était au pied du mur et devait bien se lancer, elle avait réussi déjà à lui donner rendez vous et lui faire la conversation sans encombre, il ne restait qu'à lancer toute la vérité d'un coup, comme quand on arrache un pansement. Mais c'était si difficile et sans doute dans son silence, son partenaire de conversation se sentit obligé de meuble, de lancer quelques compliments sur la petite fille qui avait bien grandi depuis leur départ de Dresde. Mais ce n'était pas ce qu'elle cherchait, Aliénor puisait tout son courage pour dire ces quelques mots qui faisaient battre son cœur à toute vitesse, à croire qu'il allait sortir de son emplacement tellement il cognait fort, à en faire mal et jusqu'à en faire trembler la jeune femme. On pourrait presque penser qu'elle était au bord du malaise … ce qui n'était pas tout à fait faux.

Puis la délivrance.

Enfin c'était un grand mot, mais elle avait réussi à lui dire. La petite Marie-Anne était sa fille à lui aussi, conçu pendant leur brève relation alors qu'elle était mariée à l'oncle de Derek. C'était son petit fardeau mais elle l'aimait tellement et fut si soulagée que ce soit une fille, elle n'aurait jamais supporté qu'un petit bâtard soit l'héritier du duché de Saxe-Zeitz. Mais sa petit fille était son grand bonheur, sa fierté et sa joie même si elle aimait aussi ses deux autres enfants. Mais le secret de sa naissance la rendait davantage unique et rare. Malheureusement, cela ne pouvait pas être de même pour tout le monde. Il suffisait de voir Saxe, coupé dans sa phrase et la bouche ouverte, ne s'attendant vraiment pas à une telle nouvelle. Après tout, c'était cela faisait tellement longtemps … Mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il rit ! Aliénor ouvrit de grands yeux surpris face à cette attitude presque puérile.

« Mais que me dites vous là?! Quelle est cette mascarade ? C'était la fille de mon oncle il y a 8 ans. Certainement, cela n'a pas pu changer du jour au lendemain. Je sais que vous autres Habsbourg aimez compliquer les affaires familiales mais ne faites pas pour autant de ma cousine ma fille. »

Elle roula des yeux à ce trait d'humour qui tomba à plat sur elle. Mais surtout, elle ne s'attendait pas à une telle réaction. Bien sûr, Aliénor se doutait bien qu'il ne lui aurait pas sauté dans les bras en disant que c'était formidable, qu'il en avait rêvé toute sa vie et qu'ils courraient ensemble, main dans la main vers la petite. Non, clairement non. Mais elle avait espéré une réaction plus mature. Elle jeta un coup d’œil à sa fille avant de regarder à nouveau Derek qui avait perdu son sourire. Comprenait-il seulement ce qu'elle venait de lui dire ? Oui sans doute, à son ton.

« Et alors ! Même si c'est vrai, que voulez vous que j'y fasse ?!
Mais C'EST vrai ! insista la jeune femme, ne trouvant que cela à dire. Croyez vous que j'ai fait tout cela pour une plaisanterie stupide ? Pensez vous que j'ai le cœur à plaisanter sur un sujet aussi sérieux ? » finit-elle par lâcher, sèche à son tour.

Elle serait incapable de mentir sur un tel sujet. Aliénor n'était pas non plus une fille des plus vertueuse. Enfin elle l'était aux yeux de sa tante Éléonore de Gonzague qui a de suite pensé à sa nièce pour faire partie de son ordre de chevalerie crée il y a cinq ans, l'Ordre des Dames Esclaves de la Vertu, qui avait pour but de faire régner davantage de piété à la cour d'Empire. Mais l'autrichienne, avec son enfant hors mariage issu d'une relation adultère, ne se voyait pas de la sorte mais ne pouvant en parler, elle avait accepté d'entrer dans cet ordre. Mais ce n'était pas l'heure de parler de cela, apparemment Derek n'acceptait pas du tout cette révélation et l'autrichienne l'écouta en essayant de garder son calme.

« Puisque vous semblez être d'humeur à me faire part d'histoires rocambolesques, allez vous maintenant m'expliquer que si vous ne m'avez rien dit à l'époque c'est que vous souffriez d' une amnésie passagère causée par une chute dans les escaliers? Elle voulut ouvrir la bouche mais il lui coupa la parole. Épargnez vous cette peine inutile et ne cherchez pas à vous justifier. Je ne veux rien savoir. En ce qui me concerne c'est votre fille et celle de mon oncle. Pas la mienne. »

Ce genre de parole lui fit mal, blessa la jeune femme intérieurement mais elle avait appris à cacher cela et se contenta de plisser les yeux et se mordre la joue. Elle ne pouvait pas laisser cela comme ça, non c'était trop tard. Elle avait percé l’abcès, la jeune femme devait aller jusqu'au bout. A commencer par ne pas laisser partir Derek qui était décidé à lui tourner le dos. Elle se mit donc devant lui pour barrer sa route.

« Non, alors ! Vous n'allez pas partir sans finir de m'écouter, ce serait trop facile. Vous m'avez posée des questions, vous ne partirez pas avant d'avoir des réponses. Elle se tenait droite et semblait si tenace alors qu'elle tremblait de tout son fort à l'intérieur. Ne devinez vous pas un seul instant pourquoi je ne vous l'ai pas dit ? Cela n'est-il pas assez évident à vos yeux ? Apparemment non. Je vous signale que j'étais mariée, à votre oncle qui plus est ! Imaginez le scandale que cela aurait fait et le plaisir que votre mère aurait eu à me jeter de Dresde à coup de pied dans le derrière. Puis … j'avais seize ans ! Je mettais au monde mon premier enfant, j'étais terrorisée par tout : l'accouchement, mourir, que ce se soit un fils … Elle regarda ailleurs, se rappelant de sa grossesse. J'ai passé des mois à angoisser, je savais dés le départ que mon mari n'était pas le père. »

Ce furent des mois difficiles : loin de Vienne et Munich, à porter l'enfant d'un autre, un premier enfant de surcroît et être encore si jeune. C'est peut être d'y repenser qu'elle planta à nouveau ses yeux bleus dans ceux de Derek.

« Et quand bien même je vous l'aurais dit, qu'auriez vous fait à l'époque ? » demanda t'elle sèchement.

Cela ne lui était même pas venue à l'idée d'en parler à qui que ce soit, elle avait eu tellement peur que son secret soit éventé. Il était le premier à qui elle le disait … hormis à sa fille. Elle poussa un soupir qui se matérialisa avec le froid ambiant. S'être mis un peu en colère n'était pas son genre et Aliénor put reprendre un air plus calme et être un peu peu plus douce. Après tout, si de son côté, donner cette nouvelle n'était pas évident, l'inverse ne devait pas l'être non plus. Cela devait être difficile d'apprendre d'être père après tant d'années.

« Cela n'aurait tenu qu'à moi, vous n'en auriez jamais rien su. Mais Marie-Anne faisait des cauchemars à une époque, et pleurait qu'elle n'avait pas de père … et j'ai eu la faiblesse de lui dire que son vrai père était toujours vivant. Depuis elle n'a cessé de me demander de le rencontrer, d'où ma demande de vous voir. J'ai attendu d'être au pied du mur, de savoir que vous allez partir pour vous en parler. Vous voyez, ce n'est pas comme ceci que fonctionnent les plaisanteries. »

L'histoire pouvait sembler un poil étrange mais bel et bien vrai. La petite Marie-Anne demandait régulièrement à sa mère mais Aliénor avait sans cesse repoussé l'échéance. Pauvre Derek, quel chamboulement tout de même …

« Je ne vous demande pas de jouer au père modèle, je vous demande juste que vous la rencontriez. Qu'elle sache enfin, et vous voyez qu'elle est bien votre fille. Je … »

Elle voulut continuer mais quelque chose s'accrocher à ses jambes : c'était sa fille, qui avait semé sa gouvernante et était arrivée jusqu'à sa mère. La petite Marie-Anne, huit ans, avait les cheveux blonds de sa mère, sa fossette et ses yeux bleus. Mais la forme de ses yeux, son nez, sa bouche étaient criants de vérité qu'elle était la fille de Derek. Et contrairement à sa mère, elle ne se formalisait pas.

« Bonjour ! Vous êtes mon papa ? »

Et sans attendre de répondre, elle lâcha sa mère pour serrer le saxon. Aliénor leva les yeux vers Derek avec un regard entendu. A lui maintenant de prendre ses responsabilités ou de les fuir à jamais …


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MessageSujet: Re: Quand vient le temps de devenir parents.   15.02.13 23:17

Non bien sûr que non. Il avait bien compris à présent qu’elle ne plaisantait pas. La réalité de cette révélation venait de lui tomber dessus. Et voilà qu’elle lui criait dessus , déçue de sa réaction puérile. Comment pouvait elle comprendre qu’il n’était pas de la même trempe qu’elle. Il était incapable de faire face à ce genre de choses. Le saxon préféra prendre le chemin facile de la fuite. Il était après tout un expert en la matière. Tout ce qui le dérangeait, il le contournait, il s’en détournait pour ne pas avoir à l’affronter. Malheureusement pour lui, Aliénor était une Habsbourg, et ces gens là acceptaient difficilement quand les choses ne tournaient pas comme elles le souhaitaient. Résolue à obtenir une véritable réponse de lui, une réaction digne de ce nom, elle se mit en travers de son chemin, l’empêchant de s’en aller et il n’eut d’autres choix que d’écouter le petit réquisitoire qu’elle lui servit.

Pourquoi pensait elle ainsi que la nouvelle se serait répandue comme une trainée de poudre! Il aurait été le seul à le savoir, Dresde n’était pas un nid à espion. Sa mère n’aurait jamais été au courant et tout se serait passé le mieux du monde. Mais ce qu’ il pouvait comprendre en revanche, c’était la peur qu’elle avait ressenti. Il n’avait jamais assisté à un accouchement mais il avait déjà entendu d’autres personnes en parler , et tout ce qui avait été dit à ce propos lui faisait froid dans le dos. Ce devait vraiment être quelque chose d’horriblement douloureux. Et dire qu’il avait été le premier à lui infliger cette épreuve. Il n’en était pas fier à présent. Mais il était jeune, il n’avait pas pensé aux conséquences qu’il y aurait pu y avoir pour elle, déjà mariée à son oncle, il n’avait pensé qu’à s’amuser. Il n’avait pensé qu’à sa propre personne, comme d’habitude, puis, il s’était désintéressé d’elle, la laissant toute entière à son oncle.

« Et quand bien même je vous l'aurais dit, qu'auriez vous fait à l'époque ? »

Le ton était dur, sans appel, et transpirait le ressentiment . Elle lui en voulait donc encore ?

-J’aimerais simplement que vous sachiez que cela serait resté entre nous. Je ne l’aurais révélé à personne. Mais effectivement, vous avez raison sur toute la ligne. C’aurait été parfaitement inutile. Je n’aurais rien fait. D’abord, parce que comme vous le dites,je n’aurais rien pu faire, vous étiez déjà mariée, et ensuite parce que même si ça n’avait pas été le cas , je n’aurais pas voulu faire quoi que ce soit. Mon oncle était de toute façon bien plus préparé à être père que je ne l’étais, et que je ne le suis encore aujourd’hui. Le fait que Marie- Anne soit considérée comme sa fille est la meilleure chose qui aurait pu lui arriver.

« Cela n'aurait tenu qu'à moi, vous n'en auriez jamais rien su. Mais Marie-Anne faisait des cauchemars à une époque, et pleurait qu'elle n'avait pas de père … et j'ai eu la faiblesse de lui dire que son vrai père était toujours vivant. Depuis elle n'a cessé de me demander de le rencontrer, d'où ma demande de vous voir. J'ai attendu d'être au pied du mur, de savoir que vous allez partir pour vous en parler. Vous voyez, ce n'est pas comme ceci que fonctionnent les plaisanteries. »

- Vous auriez du la laisser pleurer, répondit il platement et sans émotion, on dit que cela fortifie les enfants. Mais non, bien sûr il a fallu que vous lui laissiez l’espérance d’avoir de nouveau une figure paternelle dans sa vie! Croyez vous vraiment que je sois taillé pour ce genre de rôle ? Ne me faites pas croire que vous ne savez pas déjà comment je mène ma vie. Vous savez aussi bien que moi qu’il aurait mieux valu lui faire croire que j’étais trop loin pour être contacté. Vous auriez dû lui mentir, dans son propre intérêt!

Il ne comprenait pas, il bouillonnait intérieurement, s’énervant, tant après après elle, pour avoir fait toutes ces promesses à sa fille, qu’après lui-même pour lui avoir fait un enfant adultérin, et même après son oncle qui n’aurait pas du mourir

« Je ne vous demande pas de jouer au père modèle, je vous demande juste que vous la rencontriez. Qu'elle sache enfin, et vous voyez qu'elle est bien votre fille. Je … »

- Vous êtes enfin revenue à la raison. Etre un modèle est déjà bien assez difficile pour quelqu'un comme moi, alors être un père.. autant me demander la lune!Mais je ne suis pas sûr que je sois la personne indiquée pour lui annoncer que...


Et c’est à cet instant crucial que l’objet de tous ses tracas déboula en courant et s’agrippa avec toute l’énergie de la jeunesse à sa mère. Le tout sous ses yeux- lesquels venaient de se transformer en soucoupe.

A le voir ainsi rester à bonne distance de la fillette et la regarder avec appréhension comme si il s’agissait d’un objet volant non identifié, on aurait pu croire qu’il venait de rencontrer l’hydre de Lerne en personne.

L’enfant, qui l’avait laissé indifférent quand il avait pensé à elle comme à une simple cousine sans importance, le terrifiait à présent. C’était le portait craché de sa mère, si bien qu’elle aurait aussi bien pu être sa fille que celle de son oncle. Peu de choses en elle rappelait qu’elle était une Wettin mais tout amateur d’enfants vous aurait dit à son sujet qu’elle était mignonne à croquer . Une ravissante enfant à n’en point douter, mais le charme n’opérait pas sur le prince héritier de Saxe.

« Bonjour ! Vous êtes mon papa ? »

Mein Gott! eut envie d'hurler le saxon qui rêvait à cet instant de prendre ses jambes à son cou. Que pouvait il bien répondre à ça ? Avait il seulement envie de satisfaire la curiosité de l’enfant ? Il aurait voulu pouvoir mettre les choses au point avec sa mère avant de devoir faire face à cette enfant trop perspicace pour son propre bien. Il n’eut de toute façon pas le loisir de fournir une réponse convenable car celle qui le terrorisait n’avait pas attendu le feu vert pour venir se coller à lui. Avec l’innocence désarmante des enfants, elle l’enlaçait déjà de ses petits bras. Incapable de savoir comment réagir à cela, il resta tout penaud et tourna ses yeux vers Aliénor, l'implorant du regard en espérant qu’elle viendrait l’aider. Mais elle se contenta de le regarder d'un air implacable tel un césar imperator recevant les saluts des gladiateurs s’apprêtant à « mourir ». Le fauve était lâché, le jeu pouvait commencer. Et il allait se faire dévorer tout cru ! Au départ il se refusa à la toucher, la laissant l’emprisonner avec son petit corps, mais il finit par la détacher de lui gentiment – quoiqu’un peu brusquement-puis la regardant avec défiance, il lâcha d’un ton bourru :

- Et bien mademoiselle ! On ne se présente même pas aux inconnus ? Ta maman t’a mal élevé ! Il aurait peut être mieux valu la laisser à la garde de ma mère, Aliénor !

Magnifique Derek, pensa t il en lui-même, quelle merveilleuse intervention. !Maintenant tu vas lui faire peur et Aliénor sera si furieuse qu’elle ne te laissera pas sortir vivant d’ici. Inspirant très fort et se répétant en son for intérieur qu'il ne risquait rien, il s’inclina devant la petite avant de se redresser puis il s’accroupit de façon à lui parler en la regardant droit dans les yeux. C’est à ce moment qu’il se rendit compte qu’ils avaient la même forme que les siens.

-Alors comme ça, sans savoir qui je suis, tu es persuadée que je suis ton papa ? Laisse moi d’abord me présenter. Je m’appelle Derek, toi et moi sommes effectivement de la même famille et sommes nés dans le même pays. J’ai rencontré ta maman lorsqu'elle est venue épouser mon oncle Maurice. Ton… papa. Nous nous sommes fréquentés quelques temps, il lança à ces mots un regard malicieux à Aliénor, et puis elle est partie vivre de son côté avec mon oncle, qui est au ciel maintenant. J’étais présent à ton baptême, tu n’étais alors qu’une petite crevette et on m’a forcé à te prendre dans mes bras.

Il ne lui mentait pas, mais il n’arrivait pas non plus à lui dire toute la vérité. C’était pourtant simple, il suffisait de répondre oui. Mais c’était plus difficile qu’il n’y paraissait. Cela l’épouvantait même !Si il lui disait oui, peut être voudrait elle le revoir, et il ne voulait surtout pas que l’enfant s’attache à lui. Imaginez ce qu’il se passerait si elle le désignait un jour en disant « c’est mon papa ». Tout le monde serait au courant et une telle situation devait absolument être évitée. En plus de cela, il n’avait jamais aimé les enfants, il ne savait pas comment agir auprès d’eux, ils étaient tellement étranges. Pour la petite mieux vaudrait qu’elle n’ait plus de papa plutôt qu’elle l’ait lui. De quelle utilité pourrait il bien lui être?D’un autre côté, sa mère l’avait fait espérer, et il aurait fallu être sans cœur et sans âme pour décevoir la ravissante petite fille qui lui faisait face et qui le fixait avec fascination de ses deux grands yeux bleus :

-Dis moi Marie- Anne, trouves tu que je te ressemble assez pour être ton père ? Aimerais tu que je le sois? Lui demanda t il d’une voix métallique dans laquelle une pointe infime de chaleur perçait tant bien que mal

D’un geste un peu maladroit et sans comprendre vraiment ce qui l'y poussait, il lui caressa la joue de son pouce avant de l’enlever ;brusquement brulé par l’intensité du regard de la petite qui venait de replonger ses yeux dans les siens avec un air sérieux. Elle attendait une réponse franche et c'était effrayant ce qu'elle ressemblait à cet instant à Aliénor quelques minutes plus tôt!

- Nom d'un ornithorynque, tu m'as l'air aussi déterminée que ta mère.. Que n'ai je fait pour être en permanence confronté à la maudite obstination des Habsbourg! Le sang maternel aura été plus fort que tout puisque ce n'est certainement pas de moi que tu tiens ça, je ne suis pas une tête de bois.

Cette ressemblance avait été si déconcertante qu'il venait involontairement de confirmer sa paternité, indirectement certes, mais une gamine de 8 ans aurait vite fait de comprendre ce qu'il venait de dire. Par Lucifer, cela voulait il dire qu'il était maintenant officiellement considéré comme un père?! La fin du monde devait être proche. Et qu'allait faire Marie Anne maintenant.. allait elle le bombarder de questions? Seigneur faites que non, les enfants et leurs questions.. il n'y a rien de plus horripilant. Allait elle le fixer en silence, le dévisager en long et en large?C'était encore plus désagréable. Allait elle crier d'excitation? Pitié, ses oreilles ne survivraient pas aux cris stridents d'une fillette. Et si elle se blotissait encore une fois contre lui? Faites que non!Il n'était pas vraiment du type affectueux. Le seul soulagement qu'il avait, c'était qu'à l'âge qu'elle avait et avec ce qu'il lui avait dit, elle aurait compris qu'elle était née hors mariage ne lui demanderait certainement pas pourquoi il n'était plus avec sa maman. Expliquer ce genre de chose à une enfant aurait été tellement embarrassant!

Tout de même,tout ceci était tellement imprévisible qu'il aurait aimé pouvoir disparaitre de là! Il aurait été juste de dire qu'il redoutait moins la guerre en cet instant qu'une gamine de 8 ans ...

En tout cas, vanité oblige, il remarqua pour lui même, non sans fierté, que le mélange de son sang avec celui d'Aliénor avait été un franc succès. La petite malmènerait bien des coeurs plus tard! Tout comme son papa. Green

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MessageSujet: Re: Quand vient le temps de devenir parents.   07.03.13 14:11

Le moment était encore plus délicat qu'elle ne l'aurait pensé. Après avoir demandé à le voir, Aliénor avait imaginé plusieurs réactions de la part du saxon, dont celle-ci, où il nierait sa propre paternité. Mais elle avait espérait que cela se passerait bien, que tout serait réglé en quelques minutes, mais ce n'était pas le cas malheureusement. Peut être parce qu'ils n'avaient pas la même façon de voir le monde, l'autrichienne ayant du grandir trop vite, avait acquis une certaine maturité avec ses mariage et la maternité, alors que Derek avait continué de vivre sa vie comme bon lui semblait, sans à avoir de rendre de compte à qui que ce soit car sa destinée était tracée, quoi qu'il fasse. Mais là, il s'agissait d'une petite fille, leur petite fille, et il fallait réfléchir pour elle et non égoïstement, il n'y avait pas qu'eux en jeu, malheureusement. Mais tout était bon pour se dédouaner pour Derek, même si lui aussi était jeune à cette époque là, beaucoup moins enclin à devenir père et il ne l'aurait sans doute pas écouter … un peu comme aujourd'hui finalement, préférant que la petite fille soit toujours considérée comme la fille de son oncle.

« J’aimerais simplement que vous sachiez que cela serait resté entre nous. Je ne l’aurais révélé à personne. Mais effectivement, vous avez raison sur toute la ligne. C’aurait été parfaitement inutile. Je n’aurais rien fait. D’abord, parce que comme vous le dites,je n’aurais rien pu faire, vous étiez déjà mariée, et ensuite parce que même si ça n’avait pas été le cas , je n’aurais pas voulu faire quoi que ce soit. Mon oncle était de toute façon bien plus préparé à être père que je ne l’étais, et que je ne le suis encore aujourd’hui. Le fait que Marie- Anne soit considérée comme sa fille est la meilleure chose qui aurait pu lui arriver. »

Il n'avait pas tort dans ce sens là. Aliénor revoyait encore Maurice entrer dans la chambre où elle se reposait, Marie-Anne non loin d'elle. Il avait été si heureux d'être père et a toujours tout fait, durant les quelques années qui lui restaient, à donner le meilleur pour sa fille aînée, puis pour son petit garçon, un bel héritier, qui était bien de lui cette fois. Le duc de Saxe-Zeitz avait-il su un jour, ou a t'il eu un soupçon sur sa paternité ? Probablement pas, son épouse avait toujours tout fait pour être un modèle, Aliénor s'était montrée encore plus irréprochable après l'accouchement de Marie-Anne. Cette dernière qui avait tellement cauchemardé sur le fait de ne pas avoir de père, d'avoir été en quelque sorte abandonné par lui. C'était dur et elle n'avait pas pu le supporter trop longtemps, voilà pourquoi elle avait dit à sa fille la vérité, dans un moment de désespoir de la voir si malheureuse. Mais Derek n'avait pas l'air de comprendre cela. Et chaque mot faisait mal à l'autrichienne qui sentait une boule dans sa gorge se former et elle se contrôla de tout son être pour ne pas que les larmes montent. Non seulement, en cet instant, il balayait sa paternité mais il bafouait la maternité de la jeune femme en lui disant ce qu'elle aurait du faire ! Aurait elle du laisser pleurer sa fille encore quelques années ? Ou alors la laisser s'attacher à son affreux second mari, Sigismond-François ? La deuxième solution n'était même pas envisageable ! La première aurait été logique, Marie-Anne avait son oncle Maximilien un peu comme papa de substitution car il s'en occupait à merveille. Mais elle n'avait jamais demandé à Derek de jouer les pères, elle ne pouvait pas obliger un homme à prendre de telles responsabilités du genre, elle voulait juste qu'il rencontre leur fille, qu'il la voit et que Marie-Anne puisse savoir qui était son père, voilà tout. Elle s'était radoucit en lui expliquant cela, ce qui n'était pas bien évident.

« Vous êtes enfin revenue à la raison. Être un modèle est déjà bien assez difficile pour quelqu'un comme moi, alors être un père … autant me demander la lune ! Mais je ne suis pas sûr que je sois la personne indiquée pour lui annoncer que... »

La conversation aurait pu continuer si l'enfant dont ils parlaient depuis de longues minutes ne serait pas apparue ! La petite fille n'était pas un modèle de patience et elle avait du observer sa mère avec cet homme à quelques mètres d'elle, Marie-Anne n'avait pas pu s'empêcher de courir pour en savoir plus. Et demander à Derek s'il était son père était le comble de la spontanéité. Aliénor ne bougeait pas, regardant cette scène, un peu attendrie certes, mais surtout espérait que Derek s'en sortirait tout seul. Elle n'avait pas vraiment réussi à lui faire entendre raison, l'enfant était le dernier moyen de lui faire comprendre, alors elle laissait faire, n'étant que spectatrice en cet instant, même si elle ne le laisserait pas se dépatouiller trop longtemps, elle ne voulait pas non plus lui faire peur !

«  Et bien mademoiselle ! On ne se présente même pas aux inconnus ? Ta maman t’a mal élevé ! Il aurait peut être mieux valu la laisser à la garde de ma mère, Aliénor ! L'enfant hésita un instant.
Je suis Marie-Anne de Wettin Wittelsbach. lança l'enfant toute fière en redressant le menton. Et vous ? »

L'enfant ne lâchait pas Derek des yeux, curieuse et surtout contente de rencontrer enfin son père. Aliénor avait ri jaune à la remarque du saxon mais fut bien ravie de voir sa fille ne pas se laisser impressionner comme cela ! Même si elle ne montrait rien, l'autrichienne se demandait quelle serait la réaction de Derek, l'observa s'accroupir face à la petite fille pour lui parler. Quand il se mit à parler de Maurice comme le père de Marie-Anne, Aliénor ne put que lever les yeux au ciel mais lorsqu'elle les baissa sur la scène, elle l'entendit parler qu'ils s'étaient fréquentés avant de croiser le regard de Derek. La petite hochait de la tête tout en buvant les paroles de l'homme face à elle, complètement fascinée par lui. Les rares fois où elle était comme cela, c'était quand Maximilien lui racontait des histoires extraordinaires tout en faisant de grands gestes et de belles intonations. Là, Derek ne lui disait pas grand chose mais cela semblait suffisant pour qu'elle ne bouge plus.

« Dis moi Marie- Anne, trouves tu que je te ressemble assez pour être ton père ? Aimerais tu que je le sois?
Oui. » articula t'elle seulement.

A quelle question elle répondait, aucune idée. Sans doute les deux et tant de détermination fit sourire Aliénor. Il est vrai que sa fille lui ressemblait sur beaucoup de plan et Marie-Anne avait la franchise des enfants qui ne tournaient jamais autour du pot.

« Nom d'un ornithorynque, tu m'as l'air aussi déterminée que ta mère.. Que n'ai je fait pour être en permanence confronté à la maudite obstination des Habsbourg ! Le sang maternel aura été plus fort que tout puisque ce n'est certainement pas de moi que tu tiens ça, je ne suis pas une tête de bois. »

La petite avait-elle compris ? Aliénor en tout cas oui, et son sourire s'élargit, un peu plus détendue de voir que Derek n'était pas parti en courant et avait dit à demi-mot qu'il était bien le père. Ce n'était peut être pas grand chose pour certaines personnes mais la jeune femme en était satisfaite car c'était ce qu'elle voulait. L'enfant se tourna vers sa mère, puis regarda à nouveau vers Derek et se blottit encore une fois contre lui, serrant ses petits bras autour de son cou. Voyant le visage du saxon, elle décida d'intervenir et détacha doucement sa fille et se mit à sa hauteur pour lui parler.

« Marie-Anne, on ne saute pas au cou comme cela. gronda t'elle gentiment.
Mais il est mon papa. la petite fille regarda sa mère avec un regard implorant.
Je sais mais … parfois les grandes personnes ont besoin de temps. Tu sais quoi ? Retourne jouer, tu viendras lui dire au revoir »

L'enfant acquiesça, fit un large sourire à Derek et retourna vers sa gouvernante qui s'était tenue à une distance respectable de cette drôle de scène. Aliénor se releva en lissant son manteau tout en observant sa fille avant de se tourner vers Derek.

« Vraiment, vous n'êtes pas une ''tête de bois'' ? s'amusa la jeune femme, un petit sourire sur le visage, visiblement plus détendue. Je connais plusieurs personnes qui pourraient prétendre le contraire. »

Elle pensa bien sûr à la Hohenzollern, la mère de Derek par exemple. Mais on pouvait voir dans l'attitude d'Aliénor qu'elle était beaucoup moins crispée, que la situation n'avait pas viré à la catastrophe et cela s'était même plutôt bien passé. Le saxon n'était pas parti en courant, n'avait pas hurlé ni repoussé l'enfant, ce qui était déjà très bien. Après elle n'avait pas non plus espéré qu'il prenne la petite dans ses bras et la fasse tournoyer en riant gaiement, il ne fallait pas trop pousser. Elle se tourna vers Derek, beaucoup plus sereine qu'à son arrivée.

« Voyez, je ne vous en demandais pas plus. Je n'ai jamais prétendu faire de vous un homme enchaîné à ses responsabilités, que vous en fassiez des tonnes pour vous faire aimer. Je voulais qu'elle vous voit et qu'elle puisse mettre un visage sur une figure paternelle, sans mensonge. Je gérerais les questions, je vous épargnerais cette corvée, ne vous en faites pas. Elle rit doucement, les questions des enfants étaient toujours un peu déstabilisantes de manière général, elle anticipait les demandes de Derek. Mais ce que vous avez fait est déjà bien. »

C'était sincère, elle avait pu observer la scène et voir sa fille captivée par Derek, à l'observer comme si elle imprimait dans son esprit le moindre trait de son père, comme pour ne jamais l'oublier. Puis ce sourire avait suffi à l'archiduchesse pour voir que sa fille était contente, elle avait trouvé son père. Aliénor faisait passer sa fille avant tout, son bonheur en premier. C'était réussi aujourd'hui.

« Finalement, malgré la réputation que vous vous êtes forgé, vous avez … un bon fond, Derek. »


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MessageSujet: Re: Quand vient le temps de devenir parents.   05.04.13 1:40

Lorsqu'il reposa les yeux sur la mère de son enfant, guettant l'effet que ne manquerait pas de produire sa petite bévue sur cette dernière , il eut le plaisir de voir que son visage, si tendu auparavant, s'était détendu d'un seul coup, aussi rapidement qu'un ciel d'été passe de l'orage au beau temps. On n'y lisait plus que bonté et tendresse. Tout cela ne lui était pas destiné, mais il songea qu'il aurait aimé être le destinataire d'un tel amour à l'âge de Marie Anne. Car ce sourire rayonnant qui aurait tranformé la plus hideuse face en un des sublimes facies dessinés de la main de Lippi , et cette chaleur indicible qu'il lisait dans le regard qu'elle posait sur Marie Anne, ce n'était rien d'autre que la tendresse d'une mère pour son enfant, une mère prête à tout pour satisfaire les désirs de sa progéniture.

Comment pouvait on être capable d'autant d'amour, se demanda le saxon. Cela restait un mystère pour lui. Ce n'était pas qu'il faisait parti de ces sociopathes qui tendaient à pulluler à Versailles, on ne pouvait pas non plus dire qu'il n'avait pas une once de bon sentiment en lui , mais il était de cette race égoïste d'hommes qui se donnent pour principe de ne rien faire à titre gratuit. Or être un mère du type d'Aliénor revenait d'une certaine manière à donner de son temps sans rien attendre en retour se satisfaisant du seul épanouissement de son enfant. Faire passer le bonheur d'une tierce personne avant le sien propre, c'était quelque chose auquel il n'avait jamais songé depuis son enfance. Voilà pourquoi le concept lui échappait totalement.

C'était là tout l'objet du malaise qui l'habitait, un malaise dont la petite fille semblait inconsciente, elle qui n'avait de cesse de blottir son petit corps contre lui, quémandant les marques d'une affection paternelle qui tardait à se manifester.

Les parents aimaient il au premier regard leurs enfants? Il s'était souvent posé la question lorsqu'il avait l'âge de sa fille mais c'était en constatant l'attitude de sa mère à son égard qu'il avait vite compris que ça n'était malheureusement pas le cas. En regardant Marie Anne il eut l'intime conviction qu'il avait eu raison à ce sujet car à la réflexion malgré sa charmante bouille et sa bouche en bouton de rose, malgré toute l'admiration qu'elle semblait lui vouer à l'instant, il ne pouvait pas affirmer qu'il ferait tout pour cette gamine.

Ils étaient comme deux inconnus qui partageaient une parcelle d'ADN. Ils n'avaient jamais passé une journée ensemble, il ne l'avait jamais vu faire ses premiers pas, et comble du comble elle ne l'avait jamais vu de sa vie avant ce jour. Pour mériter le titre de père il ne suffisait pas d'un lien génétique.

Malgré cela, il ne pouvait pas nier qu'il la regardait déjà d'un oeil différent. A présent l'indifférence qu'il avait eu pour elle avait disparu pour faire place à une certaine curiosité distante. Du type de celle qu'aurait pu avoir un scientifique observant une espèce animale inconnue mais dangereuse , oscillant entre l'envie d'en savoir plus et la peur de l'inconnu.

Déjà il se demandait si la petite partageait des traits de caractère avec sa soeur Erdmuthe. Il se souvenait encore du temps où l'on retrouvait toujours cette dernière cachée dans les recoins du palais les moins fréquentés pour dévorer en paix des récits de voyage, la plupart du temps imaginaires. Un vrai rat de bibliothèque fourré dans les livres dès qu'elle en avait la possibilité. Ce brusque bond dans le passé lui arracha un sourire mais il fut bien vite arraché des tréfonds de ses pensées par une vive pression dans son cou.

Ciel!Voulait elle lui rompre le cou? Allait il devoir comme Laïos éloigner son propre enfant pour préserver sa vie?! Avec les enfants, il faut être patient c'est bien connu, le germanique ne l'était guère. L'agacement le gagnait maintenant et c'est avec grand peine qu'il retint le flot de jurons qui menaçaient de franchir le seuil de ses lèvres. Par bonheur avant qu'il ait eu le temps d'invectiver la petite, sa mère lui intima l'ordre de s'éloigner de lui.

- Mais il est mon papa.

Cette note d'incompréhension qu'il percevait dans la voix de Marie- Anne lui fit presque regretter le soulagement qu'il avait ressenti en la voyant s'écarter de lui- et de son précieux cou-. Toute cette histoire lui donnait la désagréable sensation d'être un monstre. Avec le rôle de père invisible et absent qui venait de lui échoir, il était sur la bonne voie pour briser le coeur d'une fillette innocente qui n'avait rien demandé à personne. La culpabilité ne le rongea cependant pas bien longtemps car il soulagea bien vite son âme- à laquelle il ne prêtait guère attention habituellement- en se persuadant qu'elle oublierait bien vite son existence. Après tout elle avait vécu des années sans père, elle avait l'habitude de faire sans.

La gamine ne comprenait de toute façon pas encore que ce n'était pas tant sa mère qui voulait qu'elle se détache de lui, que lui même, il en avait la preuve dans le grand sourire qu'elle lui dédia avant de partir jouer plus loin. Pour le moment, dans les yeux de Marie- Anne il était très probablement un dieu vivant, il était en tout cas en odeur de sainteté, mais cela changerait bien vite, le temps ferait son oeuvre, et les années passants, les ressentiments viendraient probablement.
Pensif, il la suivit du regard, elle était si vive..

« Vraiment, vous n'êtes pas une ''tête de bois'' ? Je connais plusieurs personnes qui pourraient prétendre le contraire. »

- Si vous pensez à qui je pense, alors vous la faites plus sympathique qu'elle ne l'est. Elle aurait davantage tendance à penser que je n'ai pas de tête du tout. Quand aux autres personnes... je veux des noms.

répondit il avec un sourire plaisantin.

- Voyez, je ne vous en demandais pas plus. Je n'ai jamais prétendu faire de vous un homme enchaîné à ses responsabilités, que vous en fassiez des tonnes pour vous faire aimer. Je voulais qu'elle vous voit et qu'elle puisse mettre un visage sur une figure paternelle, sans mensonge. Je gérerais les questions, je vous épargnerais cette corvée, ne vous en faites pas. Mais ce que vous avez fait est déjà bien

A la remarque sur les questions d'enfants, il éclata de rire. OH.. ainsi donc elle avait deviné le stress que lui causaient les questions en rafales?
Mais toute plaisanterie a une fin et très vite il reprit sa morgue naturelle.

- Bien? Je ne sais pas si c'est le mot qui convient. Je reste persuadé que me connaitre et me voir disparaitre de la circulation lui fera plus de mal que de bien. Un père absent, ce n'est pas mieux qu'un macchabée. Mais vous êtes l'experte en enfant, c'était donc à vous d'en décider et à moi de m'incliner devant votre volonté.

Sa tirade n'eut pas le moindre effet sur Aliénor qui semblait être d'une bonne humeur sans égale.

« Finalement, malgré la réputation que vous vous êtes forgé, vous avez … un bon fond, Derek. »

-On noircit mon portrait pour le rendre plus captivant mais je ne suis pas pire ou meilleur qu'un autre, je suis seulement égal à moi même et conserve cette passion dévorante que j'ai toujours eu pour les belles femmes. Mais.. merci. Je dois dire qu'il est assez rare qu'un mot sympathique soit glissé à mon sujet.

Ce fut au travers de son regard qu'il s'efforça de lui exprimer une gratitude toute en retenue. Car oui, il lui était reconnaissant de ne pas l'avoir accablé de reproches comme elle aurait été en droit de le faire. Et il avait apprécié de la revoir. Elle ne le saurait sans doute jamais mais Aliénor était pour lui comme une vieille amie perdue de vue bien que leur lien d'"amitié" ait été bref,une de ces femmes à qui l'on peut parler en toute sincérité. Certes il aimait les piques, joutes verbales en tout genre, coups bas et autres "versailleries", mais une trêve de temps à autre constituait une véritable bouffée d'air frais revigorante.

La messe était dite. Aussi, d'une brève inclinaison de tête, il la salua avant de se diriger vers l'enfant. Qu'allait il faire? Lui même ne le savait pas encore. Puis, se rappelant qu'il ne la reverrait probablement pas, il prit son courage à deux mains, oublia sa réticence à toucher l'enfant et se baissa pour déposer un furtif baiser sur la chevelure d'or avant de s'éloigner prestamment sans se retourner une seule fois. La dernière vision de Derek de Saxe que Marie-Anne eut de lui ce jour là serait peut être la façon dont elle se remémorerait plus tard de lui, comme une vague silhouette s'estompant au fur et à mesure que la distance entre eux s'agrandissait.

FIN








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