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 L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux !

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Cédric de Portau

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a servi il y a des années avant de complètement le ferme. Mais la revoir me fait redevenir ... humain ?
Côté Lit: Sans courir après les dames, il se porte à merveille !
Discours royal:



    B E L Z E B U T H
    l'associé du diable


Âge : 29 ans
Titre : Comte de Gan
Missives : 524
Date d'inscription : 11/05/2011


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MessageSujet: L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux !   L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux ! Icon_minitime25.11.12 17:54

L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux ! 840759AshleygIc5 L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux ! Icon_p12
« Et qui pardonne au crime en devient complice. »

Quelle humiliation ! Il avait beau savoir que la sanction contre lui ne serait pas tendre mais mériter ça ? Non, là cela allait au-delà du désespoir qu'il avait pu imaginer. Pourtant, Dieu – et même le Diable – le savait : Cédric n'était pas un homme qui se laissait abattre facilement, il ne faisait qu'abattre autrui. Mais là, le comte se sentait désemparé, à la fois épris d'une colère insoutenable et d'un profond désarroi. Le mélange de ces sentiments n'étaient pas bons pour une homme de sa trempe et son petit personnel avait été d'excellents témoins pour le raconter : à peine la réunion des espions terminé que Portau était rentré chez lui et ravagé l'entrée, rouge de colère avant de se laisser glisser contre une poutre. Et quand son valet Gustave, après de longues minutes d'hésitation, avait enfin décidé de s'approcher, il le regretta aussitôt car Cédric le prit au col, lui lança des injures que nous ne répéterons pas ici et le poussa si fort qu'il glissa sur toute la largeur de l'entrée avant de se cogner dans le mur. Puis il était monté à son étage pour ruminer. Autant vous dire que la pièce de bureau ne ressemblait plus à grand chose, il avait passé sa colère sur les meubles, les rideaux et les babioles. Mais rien, non rien ne semblait le calmer. Son visage fermé, ses yeux bleus devenus noirs avec tous ces sentiments, tout son physique hurlait de ne pas l'approcher et le valet ne faisait que déposer la nourriture devant la porte qu'il entrouvrait avant de fuir en courant dans les escaliers. A d'autres moments, cela aurait paru comique et même désopilant, je pense que Portau aurait pu en rire dans ses bons jours. Mais là, ses bon jours étaient très loin …

UNE ERREUR ! UNE SEULE ERREUR ET JE SUIS CONSIDÉRÉ COMME UN MOINS QUE RIEN ! Qu'il aille crever avec son trône !

Il n'était pas difficile de savoir de qui il parlait. Hector de Valois, l'homme qui était son ami depuis presque toujours et pour qui il travaillait depuis dix ans, l'avait purement et simplement éjecté de sa place de bras droit car il ne lui pardonnait pas la mort de Victoire de Noailles. Le Valois avait bien montré sa colère en plaçant une distance très nette entre eux. Mais de là à ne plus avoir sa place de bras droit et surtout connaissant son remplaçant.

Qu'il aille pourrir avec son idée de complot, avec son gondolier d'eaux crasseuses qui ne voit que pour lui et par lui. S'ils finissent décapités en place de Grève, je serais aux premières loges.

La colère lui faisait exagérer les choses, sauf à propos de Francesco qu'il haïssait véritablement. Pour lui, sa haine ne tarirait jamais. Mais à propos de Valois, c'était clairement la colère qui l'emportait. Depuis toutes ses années, il avait fidèlement travaillé pour Hector, se débarrassant d'ennemis ou de gêneurs, prenant souvent des risques à sa place, mais jamais il n'aurait dénoncé Hector, plutôt mourir. Et c'est d'ailleurs à cause d'une seule mort qu'il était mis sur la touche. L'accident de Victoire de Noailles pendant qu'elle avait tenté de s'échapper était fâcheux mais finalement pas inutile … A ses yeux, la faire mourir était une bonne solution car si elle n'aurait pas parlé aujourd'hui du haut de ses frêles dix-sept ans, mais qui dit qu'elle n'aurait pas pris de l'assurance et ne les aurait pas dénoncé quand elle en aurait eu vingt-cinq ? S'il l'avait regretté sur le coup, Cédric avait finalement pensé que c'était la meilleure chose, quoi qu'en ait pensé Hector.

Les jours passaient et s'il s'était un peu calmé – peut être par le fait qu'il n'avait plus rien à détruire – et repensa à un moyen de s'en sortir. Et cela dévira sur la vengeance. Non pas contre Hector, il n'était pas fou au point de vouloir le tuer (même l'idée lui avait caressé l'esprit quelques instants), mais par contre se venger de Francesco était une proposition très alléchante et surtout pas inutile. Il avait dans la tête mille plans pour se venger seul mais former une équipe n'était pas complètement stupide. Il passa en revue dans sa tête ceux avec qui il travaillait régulièrement mais son esprit s'arrêta bien vite sur Gabrielle. Bien sûr, elle étai parfaite, une fine stratège comme lui et surtout détestant Francesco autant que lui … ou du moins, pas loin. Et puis elle était vraiment la seule avec qui il pourrait monter un plan contre l'ennemi, puisque les autres semblaient apprécier cet idiot de Narcisse. Pour la première fois en ces jours obscurs, un sourire (machiavélique, certes) s'était dessiné sur levisage de Portau

Il rédigea une missive après avoir retrouver de quoi écrire, un support et en poussant du bras tous les débris de son bureau. La missive était courte, il demandait s'il était possible qu'elle le reçoive au plus vite, qu'elle lui dise son jour et son heure. Avec quelques formules de politesse qui conviennent à une femme de son rang. Puis il ouvrit la porte pour appeler son valet :

GUSTAVE !

La voix n'était pas très aimable, comme toujours envers ce peureux qui montait les escalier presque à reculons, toujours tremblant de s'approcher de son maître. Lorsqu'il le vit sur le pas de la porte, pas rasé, le visage fermé et un pli à la main, il se douta bien qu'il allait devoir jouer les coursiers.

Dois-je porter cela à monsieur de … Sola ? Il avait dégluti en prononçant ce nom.
Non, tu vas à l'hôtel Longueville et porte ceci à la duchesse et tu attends une réponse.

Il avait vu son valet retenir un soupir de soulagement et sourit une nouvelle fois. Si Gabrielle était bien sûr moins impressionnante qu'Ulrich en terme de physique, elle n'en était pas moins redoutable. Comme quoi, le physique ne faisait pas tout. Gustave, avec son physique d'adolescent malingre et empoté, parti pour Paris au galop tandis que Cédric s'assoupit sur son fauteuil. Ce n'est que quelques heures plus tard que le valet déposa le pli sur le bureau, laissant son maître se reposer avant de fuir à nouveau à l'étage du dessous. Lorsqu'il se réveilla, Cédric parcourut la lettre qui lui donnait rendez vous dans deux jours, sur les coups de vingt et une heure à l'hôtel Longueville.

Ce qu'il fit. Portau avait tout de même pris le soin de paraître plus présentable en se rasant et se parant de beaux vêtements, bien que simples, il n'était pas question de se présenter comme un gueux ou dans un accoutrement ridicule. Il avait traversé la campagne parisienne avant de se rendre jusqu'à l'hôtel des Longueville. Si Gabrielle l'avait conviée à cette heure là, c'est qu'elle devait savoir que son frère ne serait pas là pour les déranger. A la porte, ce fut Perrine qui lui ouvrit et les deux se lancèrent un regard complice, se comprenant mutuellement sur leur vilenie. Elle le conduisit jusqu'aux appartements de Gabrielle et ferma la porte sur elle, laissant les comploteurs ensemble. Gabrielle parut, toujours resplendissante et, malgré leur amitié et leur complicité dans le crime, cela n'empêcha pas le grand blond de la saluer respectueusement.

Il m'est toujours un plaisir de vous voir, je suis ravi que vous ayez accepté de me voir malgré … ce qu'il s'est passé lors de la réunion. J'ai besoin de vous, si vous le voulez.

Mais avant de continuer, Cédric avait bien observé à quel point Gabrielle semblait froide et distante à son égard. Il n'y avait qu'à voir son attitude et le regard qu'elle lui lançait et le silence face à sa phrase.

Je ne veux pas paraître désobligeant mais … qu'avez vous ? Hector vous a t'il demandé de ne plus me parler ?

Il était bien loin d'imaginer le pourquoi de cette réaction …

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MessageSujet: Re: L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux !   L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux ! Icon_minitime26.11.12 17:05

Gabrielle de Longueville n'était pas du genre à se mettre en colère facilement. Au contraire, en public, elle paraissait toujours d'une froideur impressionnante comme si elle avait revêtu un manteau de glace qui l'empêchait de laisser libre cours à ses sentiments. Elle savait bien que certains la pensaient incapable de les éprouver ces fameux sentiments et qu'il se disait parfois qu'elle avait un cœur de pierre, raison pour laquelle on lui préférait l'impétueux Paris. Toujours, dans toutes les circonstances, elle gardait le menton haut, le regard fier et une attitude d'un calme absolu. Mais ceux qui pensaient ainsi se trompaient lourdement : derrière les apparences, elle souffrait des mêmes maux que les autres femmes, pouvait aimer avec passion et détester avec encore plus de rage et de ferveur. Son âme brûlait en permanence et on pouvait parfois lire derrière des regards en coin, des sourires mesquins ou des paroles doucereuses ses véritables intentions. Pourtant cette journée-là, les tremblements de fureur qui secouaient son corps frêle, bien loin des silhouettes rassurantes ou terrifiantes, suivant le point de vue dans lequel on se plaçait, de ses complices de la main de l'ombre, Ulrich de Sola et Victor d'Amboise en tête, trahissaient l’état dans lequel elle se trouvait. Devant un tel spectacle, Perrine qui n'avait jamais vu sa maîtresse ainsi et le jeune garçon freluquet qui l'accompagnait reculèrent d'un pas. Sans s'en rendre compte, Gabrielle s'était levée de sa chaise et les foudroyait du regard. D'un geste vif, elle arracha la missive que lui tendait le coursier et la jeta sur son bureau sans même prendre le temps de vérifier le sceau utilisé. Inutile, cet imbécile de valet qui avait plus de familiarité avec un lapin pris en chasse et qui se ratatinait devant elle était celui de Cédric de Portau. Elle s'était attendu à sa visite pourtant mais les derniers jours qu'elle avait passé à ruminer ne l'y avait pas préparé. La jeune femme eut envie de mettre le coursier à la porte sans sa réponse afin qu'il puisse s'en expliquer avec son maître mais au lieu de cela, sa colère se dirigea vers les objets qui ornaient son bureau. Balayant les feuilles sur lesquelles elle écrivait jusqu'alors, elle fit chuter des petites statuettes qui tombèrent au sol dans un bruit sourd, un porte plume chinois dont la porcelaine explosa sous le choc bientôt suivis de son courrier et parmi lui, cette fameuse missive qui avait tout déclenché.

- Comment ose-t-il m'écrire ? Comment osent-ils nous mettre en danger et me défier, tous autant qu'ils sont ?! Qu'ils aillent donc pourrir en Enfer si le Diable veut encore d'eux, ils ne méritent que de subir des tortures éternelles et le supplice du feu me paraît encore trop doux !

Elle s'interrompit et son geste se suspendit comme si le fait de crier sa frustration venait brusquement de l'en libérer. Petit à petit, Gabrielle sentit les tremblements s'espacer et retrouvant son calme habituel, non sans efforts sur elle-même, elle se saisit de la lettre au sol et se rassit sur sa chaise. Perrine, comme pour se donner une contenance, ramassait ce qui était tombé tandis que le valet malingre dont Gabrielle n'avait jamais réussi à retenir le nom avait baissé les yeux, effrayé par la réaction de la duchesse et n'osait plus les lever sur elle. Cette brusque flambée de colère couvait depuis longtemps à vrai dire. Depuis le moment où elle était revenue de l'hôtel de Valois très exactement, quand elle avait appris que son allié de toujours, le plus fidèle d'entre tous, celui qui lui ressemblait le plus par son esprit machiavélique et son implication sans faille dans la cause d'Hector avait été évincé. Et par qui avait-il été remplacé ? Par un stupide, inintéressant et abject gondolier qui passait plus de temps à courir les jupons – et pas que d'ailleurs – ou à se regarder dans un miroir qu'à servir le complot ! Hector comptait-il vraiment la voir collaborer avec lui ? Comment pouvait-il seulement croire que Francesco di Venezia pouvait tenir le rang qu'avait occupé Cédric ? Ce n'était que foutaises ! Mais Hector n'était pas homme à être contredit et elle s'en était bien gardée, préférant se réfugier elle et sa rage dans son propre hôtel particulier. Mais là, une autre mauvaise nouvelle l'attendait : l'annonce de la capture et de la torture de Guillaume du Perche par ce même Cédric de Portau puis de sa libération par sa chère Perrine. L'inquiétude pour l’état du comte avait momentanément remplacé tout autre chose et elle avait passé des heures entières à lui écrire et à attendre des réponses qui ne venaient en se rongeant le frein. Elle en voulait terriblement à Cédric tout en sachant qu'elle n'avait en réalité aucune raison pour cela. Guillaume était espion du roi, c'était un fait, son complice avait agi au mieux pour le complot. Et c'était là la première fois que les intérêts de la main de l'ombre ne recoupaient pas les siens propres. Aussi, au delà-même de la fureur qu'elle éprouvait à l'égard de Cédric, de Francesco et même d'Hector lui-même, elle était en colère contre elle-même.

Gabrielle s'était entièrement reprise et avait ouvert la missive, découvrant sans surprise que Portau désirait une entrevue avec elle. Elle n'avait aucune raison de la lui refuser et bien plus, elle devait se forcer à penser à la main de l'ombre avant tout. Elle l'avait toujours fait et après tout, Cédric avait déjà été bien puni. Il était désormais temps de penser à sa vengeance contre l'Italien. Après avoir demandé à Perrine quelques indications sur l'emploi du temps de son frère – il n'était pas question que ce dernier croise Portau -, elle finit par donner rendez-vous à Cédric chez elle quelques jours plus tard, en soirée. Après rédigé une réponse brève et sèche, elle déposa sa plume et ferma la lettre avant de la tendre au valet qui continuait de frémir et eut du mal à la saisir.

- Prends-la, s'agaça Gabrielle avec le plus grand mépris, que crains-tu ? Je ne t'ai rien lancé dans la figure mais crois bien que je vois encore ton ombre ici dans la minute à venir, cela risque de me tenter. Va donner cela à son maître et dis lui bien que ce n'est pas négociable... Certains valets sont une plaie.

Le garçon détala sans demander son reste, conduisant la lettre de Gabrielle jusqu'à son destinataire. Elle savait que ce dernier serait ponctuel le jour dit et en effet, cela ne manqua pas. Deux jours plus tard, Gabrielle avait entièrement recouvert sa maîtrise d'elle-même même si sa colère sourde ne s'était pas entièrement éteinte. Lorsque Perrine vint la prévenir que Cédric attendait dans son salon privé, elle était déjà prête. Le complot n'attendait pas et quand deux esprits comme les leurs conspiraient ensemble, tout le monde pouvait bien trembler ! En pénétrant dans ses appartements, elle vit immédiatement qu'il avait fait des efforts pour être présentable mais que son expression était ferme et sombre. Les derniers temps avaient du être difficiles pour lui mais elle avait du mal à compatir. Elle le salua avec froideur et resta debout, empêchant par là même à Cédric de s'asseoir à son tour. Lui qui était l'un de ses amis – et elle le considérait vraiment comme tel – et qu'elle traitait toujours comme un égal depuis qu'elle avait appris à reconnaître sa valeur, il ne devait plus comprendre grand chose à son comportement.

- Il m'est toujours un plaisir de vous voir, je suis ravi que vous ayez accepté de me voir malgré… Ce qu'il s'est passé lors de la réunion. J'ai besoin de vous, si vous le voulez.

C'était donc bien cela. La jeune femme leva les yeux au ciel malgré elle mais cela ne dut pas se voir dans la lueur tremblotantes des bougies qui éclairaient la pièce et lui donnaient une aura de mystère. Elle savait bien qu'elle devrait lui donner son avis sur la mascarade qui s'était jouée à l'hôtel de Valois mais avant tout, elle tenait à mettre les choses au clair. Elle se sentait bien incapable de garder ce poids de rancœur sur les épaules.

- Je ne veux pas paraître désobligeant mais… Qu'avez vous ? Hector vous a t-il demandé de ne plus me parler ?
- Il ferait beau voir qu'Hector m'interdise quoi que ce soit de ce genre, surtout en ce qui vous concerne, répliqua d'un ton froid Gabrielle qui n'attendait que cela, non, vous vous êtes montré désobligeant, en effet et cela, j'ai eu du mal à le croire de votre part, vous qui avez toujours montré le plus grand respect envers moi. Mais les faits sont là.

Elle laissa planer un court silence pendant lequel elle sonda le visage de Cédric avant de continuer de manière plus forte qui laissait transparaître son énervement :

- Il me semble que je n'ai jamais marché sur vos plates-bandes, nous nous sommes toujours partagé les obligations en trouvant un terrain d'entente et pourtant... Pourquoi avez-vous pris l'initiative d'enlever Guillaume du Perche sans m'en parler avant tout ? Il était ma mission, Hector m'avait confié la responsabilité de l'approcher pour obtenir des informations sur son état puis s'il s'avérait qu'il était vraiment au service de l'usurpateur, de me servir de lui pour obtenir ce que je souhaitais. Et... Vous avez tout fait échouer parce que vous vous êtes montré impatient ! Vous avez pris le risque d'enlever un homme à la solde de l'usurpateur et cela pour quels résultats ? Rien ! Vous avez mis en péril ma mission pour rien !

Elle pointa un index accusateur sur lui :

- Je vous préviens que c'est la dernière fois que j'accepterais cela. Peut-être méprisez-vous mes méthodes mais au moins sont-elles efficaces à long terme ! Si vous recommencez à agir dans mes missions sans me consulter, je vous promets que vous payerez. Et si vous retouchez à un cheveu de du Perche, Hector vous paraîtra être un enfant de chœur.

La duchesse était soulagée d'avoir pu faire sortir ce qu'elle avait sur le cœur et heureuse de constater que Portau ne cherchait pas à protester. Il devait être bien surpris qu'elle prenne autant d'intérêt pour ce Guillaume du Perche et en effet, tout le discours qu'elle lui avait servi n'était que vaste hypocrisie. Mais il l'ignorait et Gabrielle comptait bien que cela reste secret. D'un geste de la main, elle lui offrit un siège et prit elle-même place sur un fauteuil confortable car la discussion qu'ils allaient avoir pouvait bien les occuper des heures.

- Maintenant que nous sommes d'accord, je suggère que nous oublions cela, continua la jeune femme, reprenant peu à peu son attitude habituelle, vous étiez venu me dire que vous aviez besoin de mon aide... Laissez-moi deviner, cela concerne notre dernière petite réunion... ?

Elle n'avait aucune envie de lui faciliter la tâche mais elle ne put s'empêcher de se pencher vers lui pour lâcher d'un ton perfide :

-... Et ce méprisable Vénitien ?


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Cédric de Portau

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MessageSujet: Re: L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux !   L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux ! Icon_minitime11.12.12 15:35

On pouvait ce que l'on voulait de Cédric, par rapport à sa condition sociale et financière. Certains n'hésitaient pas de le traiter comme un moins que rien, un gueux. Mais s'il n'avait qu'un pauvre titre de comte, il n'avait pas moins un caractère à toute épreuve et surtout une certaine intelligence. Et face à Gabrielle, il voyait bien que quelque chose n'allait pas, comme un froid, un froid polaire sans que le blond ne comprenne véritablement d'où ça vienne. Gabrielle et lui ne s'étaient pas entendus de suite, trop différents, pas assez du même monde ni les mêmes méthodes. Les premiers temps, à l'époque où la Main de l'Ombre n'existait pas en tant que telle mais qu'elle se dessinait progressivement sous leurs doigts, les deux bras droit avaient des divergences et campaient sur leurs positions. Il avait fallu du temps, une longue période où ils ne se sont pas vus pour comprendre qu'au lieu de chercher à convertir l'autre sur sa méthode, il fallait devenir complémentaire. C'est à ce moment là qu'ils s'étaient véritablement alliés, devenant un tandem de choc, gare aux ennemis communs.

Alors pourquoi tant de froideur ? Gustave lui avait fait comprendre à demi-mot – et entre trente-six tremblements – que la duchesse n'avait pas été aimable (mais toujours moins effrayant que Sola, la peur ultime du pauvre valet ! ). N'y croyant qu'à moitié, Cédric se rendit compte que son valet n'était pas si stupide que cela finalement et même qu'il avait raison ! Gabrielle pouvait ressembler à un véritable glaçon et son regard pouvait vous transpercer de part en part tel un poignard. S'il ne dit rien durant quelques instants, Portau demanda pourquoi un tel comportement ! Bien sûr, la première idée qu'il eut fut un ordre d'Hector …

Il ferait beau voir qu'Hector m'interdise quoi que ce soit de ce genre, surtout en ce qui vous concerne. Non, vous vous êtes montré désobligeant, en effet et cela, j'ai eu du mal à le croire de votre part, vous qui avez toujours montré le plus grand respect envers moi. Mais les faits sont là.
Comment cela ? demanda t'il, curieux et presque fébrile.

Après quelques courtes secondes, il sut rapidement de quoi il était question, pourquoi Gabrielle était furieuse. Une raison simple : du Perche. Il est vrai que c'était la mission de surveillance de la jeune femme depuis des mois, Hector lui avait demandé cette mission. Mais avec son absence prolongée lorsqu'elle gardait la favorite captive, Cédric a repris le flambeau … sans le savoir au départ. C'était vrai, il avait passé des semaines à poursuivre un type masqué, inconnu et chacun se courait après suivant les nuits, un jeu du chat et de la souris bien énervante, jusqu'au jour (enfin la nuit) où ils s'étaient battus et s'étaient reconnus. A partir de là, la guerre avait pu vraiment se déclarer entre les hommes. Au delà du complots, c'était une querelle individuelle, d'homme à homme. Et en accomplissant son enlèvement et sa torture, Portau se vengeait personnellement et pouvait aider le complot. La seconde partie a lamentablement échoué, mais ce n'était qu'un détail vu comment Hector l'avait traité.

… Et... Vous avez tout fait échouer parce que vous vous êtes montré impatient ! Vous avez pris le risque d'enlever un homme à la solde de l'usurpateur et cela pour quels résultats ? Rien ! Vous avez mis en péril ma mission pour rien !

Il ne trouvait pas, Guillaume n'allait pas faire le rapprochement entre Cédric et Gabrielle mais peut être se montrerait-il un peu plus méfiant. Mais vu le ton de la jeune femme et la colère, il ne valait mieux pas broncher.

Je vous préviens que c'est la dernière fois que j'accepterais cela. Peut-être méprisez-vous mes méthodes mais au moins sont-elles efficaces à long terme ! Si vous recommencez à agir dans mes missions sans me consulter, je vous promets que vous payerez. Et si vous retouchez à un cheveu de du Perche, Hector vous paraîtra être un enfant de chœur.

Il n'essayerait pas à faire la comparaison et ne fit qu'hocher de la tête, toujours impassible.

Sachez que je ne méprise en rien vos méthodes et que vous avez toujours prouvé votre efficacité. J'ai saisi une opportunité que j'avais cru trop vite acquise. Veuillez m'excuser.

Cela ne l'empêcherait pas de rattraper un jour Guillaume pour lui mettre un poing dans la figure, mais ce serait à titre purement personnel car Portau ne pouvait pas lâcher ce type de cette façon. Il y eut un silence, Gabrielle semblait avoir fini et c'était tant mieux. Autant de tapage pour du Perche, cela ne valait pas vraiment la peine mais si cela semblait tenir à la duchesse, c'était fait et peut être pourront-ils repartir sur des bases plus sympathiques. Plus « saines » même si être complices dans une organisation n'était pas ce qu'il y avait de plus sain comme relation. Elle lui proposait un fauteuil où Cédric s'installa. La véritable conversation allait pouvoir commencer et on pouvait enfin se détendre.

Maintenant que nous sommes d'accord, je suggère que nous oublions cela. Vous étiez venu me dire que vous aviez besoin de mon aide... Laissez-moi deviner, cela concerne notre dernière petite réunion... ? ... Et ce méprisable Vénitien ?

Pour répondre au ton de la jeune femme, Cédric fit un petit sourire en coin, malsain et comploteur. Les choses sérieuses se mettaient en marche.

En effet, je suis donc bien prévisible, sur ces deux plans, commença Portau l'air presque enjoué. Je vous avoue que cette réunion était davantage à mes yeux à un simulacre de procès à mon encontre. Je savais qu'Hector me méprisait depuis l'affaire Noailles. Un échec en dix ans est bien cher payé et apparemment, il faut juste faire le beau et sortir sa fortune pour être apprécié, il leva les yeux avant de comprendre que cela pouvait être mal interprété. Je ne parlais pas de vous bien évidemment, ne vous méprenez pas. Mais de là à me savoir déchu d'une place qui me revient de droit, qui fut un des premiers et un des plus engagés, voir cette place m'échapper pour une erreur stupide me sidère. Nous portons tous les deux une affection pour notre chef et … oh, je ne devrais pas vous le dire mais je suis en colère de voir qu'on pardonne à des crétins, qu'on laisse des gens sans implications dans notre organisation et qu'on jette un fidèle comme un moins que rien !

Le ton était plus dur. Vraiment, il en voulait à Hector et sa maison pouvait bien témoigner de ses excès de rage. Et attendre cette réunion à la noix pour être humilié publiquement alors que ceci aurait put se régler autrement, en privé. Mais plus que le Valois, il haïssait surtout Contarini qui prenait sa place, cet imbécile qui ne vivait que pour lui, ne savait pas faire un pas devant l'autre. Il ferait mieux de rejoindre les nombreux cadavres qui peuples les canaux de sa cité maudite.

J'ai besoin de vous pour retrouver ma place et destituer cet imbécile, ce narcisse de pacotille. A nouveau son visage retrouva un sourire, prêt à comploter. Je sais que je peux trouver en vous la parfaite alliée contre ce moins que rien. Il faut prouver à tous qu'il est un oiseau sans cervelle … avec une mission ratée.

Le ton sur les derniers mots prouvaient qu'il avait une idée derrière la tête et son sourire moqueur grandissant, il ne laissa pas le suspense durer :

Une mission que nous aurions monté, avec échec à la clé. Mais surtout avec certaines étapes où Contarini devra se confronter à ce qu'il déteste et redoute. Qu'en pensez vous ?

L'heure de s'amuser était venue ! Prends garde Contarini !

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MessageSujet: Re: L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux !   L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux ! Icon_minitime07.01.13 18:22

Cédric de Portau ne devait pas comprendre grand-chose aux critiques de la duchesse de Longueville mais il se contenta de présenter ses excuses d'un ton impassible en jurant qu'on ne l'y reprendrait plus. A vrai dire si cela avait concerné tout autre que Guillaume du Perche, la jeune femme aurait probablement encouragé les initiatives de ce genre – tant qu'on la mettait au courant – car elle avait appris à ne plus mépriser les méthodes employées par le comte, même si elle préférait fonctionner différemment. Pourtant, ce n'était pas gagné quand on les avait présentés pour la première fois. Évidemment c'était Hector lui-même qui les avait mis en relation car il aurait été bien dur pour un petit nobliau du sud désargenté de se faire une place dans le cercle fréquenté par une fille bien née comme Gabrielle. Autant dire qu'elle n'aurait jamais dû poser les yeux sur lui dans une configuration normale. Et de fait, elle l'avait trouvé bien peu intéressant et méprisable cet homme qu'Hector s'acharnait à présenter comme un allié dans leur cause voire un ami. Comment pourrait-il les aider à donner au duc de Valois ce qui lui revenait de droit ? Elle n'avait aucune envie de collaborer avec celui qui faisait couler le sang un peu trop vite à son goût et qui avait plus l'allure, avec son expression indifférente et ses yeux de glace, d'un homme de main que d'un intrigant tel que la jeune femme pouvait l'imaginer. Et pourtant... Pourtant, elle avait fini par faire taire les reproches qu'elle adressait à son ami d'enfance, lequel elle avait fini par le comprendre, n'appréciait guère qu'on le critique ouvertement, pour apprendre à travailler main dans la main avec Cédric. Avec le temps, elle s'était aperçue que s'ils étaient les exacts opposés, ils étaient complémentaires et par là-même, redoutables. Et ils partageaient néanmoins une volonté de fer au service de leur ami ainsi qu'un esprit machiavélique et cruel. Leurs méthodes étaient différentes mais ne s'excluaient pas l'une l'autre. Avec le temps, elle avait appris qu'on pouvait compter sur lui plus que n'importe quel autre dans le complot, plus qu'Hector lui-même qui s'étourdissait du secret, et de complices, ils étaient presque devenus amis. La main de l'ombre, c'était leur œuvre. Pas uniquement celle d'Hector (et qu'aurait-il pu faire s'il s'était retrouvé seul ?), elle leur appartenait autant à tous les deux, ceux qui s'étaient jeté à corps perdu dans cette cause. Cela valait bien tous les liens et expliquait la raison pour laquelle, à défaut de pardonner, Gabrielle avait décidé d'oublier la façon dont Cédric avait traité l'homme qu'elle aimait après cette courte explication.

C'était d'autant plus frustrant de voir comment on avait relégué Cédric au second plan alors qu'il n'avait rien fait pour mériter cela. Pendant toute la réunion de la main de l'ombre, Gabrielle s'était abstenue d'intervenir pour prendre la défense de son ami car elle connaissait mieux ses capacités que quiconque – surtout comparées à celles de Francesco di Venezia ! –, Hector n'aurait pas supporté d'être contredit devant l'ensemble de l'assemblée. Elle n'en avait pas moins pensé. Comment le duc pouvait-il punir Cédric pour quelques fautes étant donné qu'il avait consacré son existence entière à le servir et à le mettre sur le trône ? Comment prétendre être roi quand on laissait régner l'injustice ? Le visage de Gabrielle s'était assombri à ce souvenir tandis que Cédric avait retrouvé un ton plus enjoué :
- Je vous avoue que cette réunion était davantage à mes yeux à un simulacre de procès à mon encontre. Je savais qu'Hector me méprisait depuis l'affaire Noailles. Un échec en dix ans est bien cher payé et apparemment, il faut juste faire le beau et sortir sa fortune pour être apprécié...
Gabrielle qui sortait souvent l'argent nécessaire pour les missions et n'était pas en reste de représentation à la cour leva un sourcil moqueur devant cette critique ce qui conduisit Portau à continuer plus précipitamment et de manière plus amère :
- Je ne parlais pas de vous bien évidemment, ne vous méprenez pas.
- Merci de la précision, glissa une Gabrielle ironique.
- Mais de là à me savoir déchu d'une place qui me revient de droit, qui fut un des premiers et un des plus engagés, voir cette place m'échapper pour une erreur stupide me sidère. Nous portons tous les deux une affection pour notre chef et … oh, je ne devrais pas vous le dire mais je suis en colère de voir qu'on pardonne à des crétins, qu'on laisse des gens sans implications dans notre organisation et qu'on jette un fidèle comme un moins que rien !
Un petit silence suivit ces paroles, silence pendant lequel la duchesse garda une mine songeuse. Elle n'avait pas pour habitude de critiquer ouvertement Hector ou la main de l'ombre ce qui s'apparentait à de la trahison pour elle – elle réservait ses flèches à Louis XIV et à ses amis gueux – mais elle devait bien avouer qu'elle était d'accord avec Cédric.
- Je ne goûte pas vraiment les plaisanteries, lâcha-t-elle d'un ton froid en faisant référence à cette stupide réunion où tout avait basculé, et je m'exaspère de voir la façon dont notre « ami » qui n'en a visiblement que le titre nous considère tous les deux. Nous avons tout partagé, et vous encore plus, avec lui, c'est nous qui prenons tous les risques en évoluant à visage découvert pendant qu'il se cache derrière un masque et un simple gant et voilà comment il choisit de vous distinguer. Ignore-t-il que nous mettons notre tête en jeu dans cette histoire ? Qu'une simple dénonciation pourrait nous conduire à la Bastille ou à la mort ? Nous lui avons consacré nos vies, nos fortunes, nos noms et pourtant il continue à prendre des décisions aussi graves sans nous consulter, quitte à nous faire déchoir ! Je ne demande pas une reconnaissance éternelle juste qu'il nous accorde la place que nous méritons, vous en tant que bras droit, nous pour l'aider à faire les bons choix... A quoi bon avoir un nouveau roi si c'est pour avoir un nouveau tyran ?
Si on lui avait demandé son avis, Gabrielle aurait été ravie de désapprouver et de démontrer que Francesco qui avait ses propres qualités – en pièces sonnantes et trébuchantes notamment –, elle n'en doutait pas, ne pourrait pas faire un remplaçant acceptable. Dans leur groupe où tant de personnes semblaient se trouver là par hasard et par strict intérêt personnel comme le soulignait Cédric, personne n'était mieux placé que le comte de Portau pour remplir cet office. Et elle allait se sentir bien seule sans lui pour l'épauler au plus haut rang.
- J'ai besoin de vous pour retrouver ma place et destituer cet imbécile, ce narcisse de pacotille. Je sais que je peux trouver en vous la parfaite alliée contre ce moins que rien.
- Vous pouvez compter sur mon soutien, continua-t-elle en le fixant droit dans les yeux, et d'ailleurs, je continuerai à vous mettre au courant de tout ce qui peut se tramer et se préparer. Vos conseils ont toujours été indispensables... Même si j'ai mis longtemps pour m'en rendre compte ! Mais malheureusement, je ne peux intervenir directement auprès du duc de Valois, vous le connaissez assez pour savoir qu'il n'apprécie pas qu'on mette en question ses décisions et ce n'est pas le moment que je perde moi aussi mon crédit, nous courrions à la catastrophe.

Il leur restait toutefois une possibilité d'agir. Celle de se venger sur le menu fretin. D'ailleurs, Cédric était parti sur cette idée bien séduisante :
- Il faut prouver à tous qu'il est un oiseau sans cervelle … avec une mission ratée.
Gabrielle retrouva son sourire moqueur et elle sentit l'excitation grandir en elle en songeant qu'une revanche était possible. Et qu'ils allaient pouvoir prouver qu'ils avaient raison. D'ailleurs, on sentait bien que Portau avait envie de s'amuser :
- Une mission que nous aurions monté, avec échec à la clé. Mais surtout avec certaines étapes où Contarini devra se confronter à ce qu'il déteste et redoute. Qu'en pensez vous ?
Gabrielle ne put empêcher un rire de franchir ses lèvres. Comment ne pas être d'accord avec la perspective de traumatiser un peu ce pauvre gondolier ? Et avec ce qu'ils pourraient lui préparer, avec un peu de chance, il prendrait les jambes à son cou pour finalement retourner au milieu des canaux de sa cité maudite, aux eaux desquels il pourrait s'admirer en paix sans compromettre un complot de l'envergure de la main de l'ombre ce qu'il faisait par sa seule présence... ! Les yeux pétillants, la jeune femme se redressa et resta un instant silencieuse, le temps que Perrine leur serve une collation, bien utile au demeurant, la conversation risquait finalement d'être longue, et dès que la porte se fut refermée sur sa servante – qui devait écouter la conversation derrière, elle lança d'un ton tout à fait mondain et badin comme s'ils se trouvaient dans un salon de Versailles :
- Figurez-vous, mon cher, que je parlais justement avec une princesse Farnèse il y a quelques temps, la pauvre Sofia di Parma a la malchance de connaître Venise et son habitant à l'ego surdimensionné, et elle me confiait qu'un certain Contarini souffrait d'une peur assez étrange... Son sourire s'élargit tandis qu'elle tendait un verre d'alcool à Cédric. Bien sûr, il s'aime trop pour supporter qu'on le défigure – c'est une idée au passage –, il est terrifié par les gueux, la misère et les personnages qu'il associe au monde de la rue.
Elle trempa les lèvres dans son propre verre et eut un sourire triomphant qui n'annonçait rien de bon pour Francesco.
- Non seulement cette mission ne serait qu'un leurre, il n'y aurait rien au bout – mais il faudrait qu'on lui fasse miroiter quelque chose d'intéressant pour qu'il se vante d'aller la remplir, notamment devant Hector – mais il pourrait rencontrer au fil des étapes à des miséreux, je l'imagine déjà devoir faire avouer des informations à un mendiant ou des filles de joie, de préférence touchées par les maladies, ce serait plus drôle... Pour le faire courir, il suffit de laisser entendre que vous seriez intéressé, votre rivalité est telle qu'il ne réfléchira même pas avant de se proposer.
Elle adressa un clin d’œil à Cédric tout en continuant à réfléchir à la mise en œuvre de leur projet et poursuivit tout d'abord plus sérieuse puis clairement moqueuse :
- Évidemment, vous pouvez compter sur moi pour payer tout ce petit monde-là. Nous sommes décidément bien trop généreux pour le faire sortir des ors de Versailles et lui faire découvrir une autre sorte de cour, celle des miracles ! Finalement... Certaines plaisanteries sont loin d'être désagréables ! Du moins pour ceux qui les font.
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Cédric de Portau

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a servi il y a des années avant de complètement le ferme. Mais la revoir me fait redevenir ... humain ?
Côté Lit: Sans courir après les dames, il se porte à merveille !
Discours royal:



    B E L Z E B U T H
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MessageSujet: Re: L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux !   L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux ! Icon_minitime02.02.13 17:45

Il n'était jamais bon de mettre Cédric en colère, et cela était d'autant plus frustrant pour lui qu'il ne pouvait pas s'en prendre à Hector, ne pouvant ni l'insulter face à face, ni lui cracher au visage et encore moins le tuer ! Alors il devait ruminer sa frustration et tournait donc entièrement sa rage contre cet abruti de vénitien qui se ferait une joie de sa pâmer devant lui avec sa nouvelle promotion. Mais il avait beau retourner cette histoire dans tous les sens, Portau ne comprenait pas le choix de Francesco, mis à part pour lui faire encore plus de mal. Si seulement un autre compétent aurait été nommé à sa place, il l'aurait peut être un peu moins bien pris et ne serait pas chez Gabrielle à l'heure actuelle à dire tout le mal qu'il pensait de leur chef et que de l'autre Narcisse bon marché. Mais là, il devait en parler à quelqu'un qui le comprenne : la duchesse de Longueville était de son côté, cela était toujours plaisant à entendre. Elle non plus n'avait pas compris cette décision et ne portait pas Contarini dans son cœur, cela faisait au moins assez d'atomes crochus pour cracher sur ces deux là et avoir de mauvaises idées.

Pourtant ils étaient si différents, il n'y avait qu'à les voir en cette pièce : Gabrielle, droite et fière, un port de tête digne de son rang face à un Portau un peu plus courbé et faisant presque un peu tâche en ces lieux raffinés avec ses habits simples et sa barbe de trois jours. Dans un autre contexte, ils n'auraient jamais du s'entendre, ni même se rencontrer. D'ailleurs, cela avait bien mal commencé entre eux et il avait fallu beaucoup de temps avant de se rendre compte que cela ne servait à rien de se faire la guerre alors qu'ils pouvaient aisément se compléter. Et à eux deux à présent, les seconds de la Main de l'Ombre, pouvaient presque tout faire. Et s'autorisaient largement à insulter Hector et ses manières complètement incohérentes lors de cette réunion. Gabrielle non plus ne s'en priva pas, cela a mérité de faire sourire un Portau qui n'était pas dans ses bons jours.

Ignore-t-il que nous mettons notre tête en jeu dans cette histoire ? Qu'une simple dénonciation pourrait nous conduire à la Bastille ou à la mort ? Nous lui avons consacré nos vies, nos fortunes, nos noms et pourtant il continue à prendre des décisions aussi graves sans nous consulter, quitte à nous faire déchoir ! Je ne demande pas une reconnaissance éternelle juste qu'il nous accorde la place que nous méritons, vous en tant que bras droit, nous pour l'aider à faire les bons choix... A quoi bon avoir un nouveau roi si c'est pour avoir un nouveau tyran ?
Ce sont exactement ces pensés qui ont tourné en mon esprit. Ravi de voir que je ne suis pas le seul. répondit le mercenaire avec un ton neutre à son tour.

Mais bien heureusement, il n'était pas juste venu pour épancher sa frustration et monter avec son amie le club des méchants frustrés anonyme. A force de penser, de se retourner le cerveau, plusieurs idées lui étaient venues en tête. Non pas pour sa racheter mais pour se venger. Il fallait atteindre Francesco rapidement, montrer son incompétence et sa stupidité sans borne. Gabrielle était une excellente aide, même si elle ne pourrait guère intervenir auprès d'Hector, il ne lui en demandait pas tant de toute façon. Il trouvera une solution de se racheter, ce serait son défi personnel … quand il aurait arrêté de ruminer sa colère. Non, cibler Francesco était beaucoup plus intéressant puisque cela leur permettrait de se venger mais aussi de prouver au Valois qu'il avait tort sans lui dire de vivre voix. C'était une excellente idée en théorie ! Pour la pratique, Portau avait besoin des idées de Gabrielle, ils seront toujours plus forts ensemble. L'idée d'une mission ratée attira l'attention de la duchesse et lui tira un sourire machiavélique. Cela semblait bien parti et Perrine qui passa pour emmener une collation dut bien comprendre que ces deux là avaient quelque chose derrière la tête. La vengeance ne serait pas bien méchante sur le coup, il ne s'agissait pas de le blesser ou même le tuer, juste de le traumatiser et le faire déchoir de son nouveau poste. Au niveau physique, il ne lui arriverait donc rien de méchant, qu'il se dise chanceux.

Bien sûr, il s'aime trop pour supporter qu'on le défigure – c'est une idée au passage –, il est terrifié par les gueux, la misère et les personnages qu'il associe au monde de la rue.

A cette peur stupide, Cédric éclata d'un rire franc, montrant bien la stupidité de cette peur.

Je comprends un peu mieux ses insultes à mon égard, je suis sûrement ce qui ressemble le plus à un gueux dans son entourage. Cela pourrait me servir une autre fois sûrement.

Contarini le traitait souvent de gueux ou de manant … C'est qu'il ne devait pas en voir souvent en vrai. Certes, Cédric n'était pas très riche et ne sortait pas avec des vestes brodées d'or mais comparé à un vrai mendiant, il pouvait presque passer pour un milord ! Francesco ne connaissait pas ce qu'était la misère et ne devait que peu l'avoir vu … En tout cas, cela semblait grandement inspiré la Longueville, à voir son cheminement d'idée :

Non seulement cette mission ne serait qu'un leurre, il n'y aurait rien au bout – mais il faudrait qu'on lui fasse miroiter quelque chose d'intéressant pour qu'il se vante d'aller la remplir, notamment devant Hector – mais il pourrait rencontrer au fil des étapes à des miséreux, je l'imagine déjà devoir faire avouer des informations à un mendiant ou des filles de joie, de préférence touchées par les maladies, ce serait plus drôle... Pour le faire courir, il suffit de laisser entendre que vous seriez intéressé, votre rivalité est telle qu'il ne réfléchira même pas avant de se proposer.
Les filles de joie sont une excellente idée, je pense qu'elles ne seraient pas contre quelques pièces sans s'allonger. Et j'aime créer une compétition entre ce prince des idiots et moi. Je serais de temps en temps sur son chemin, pour le motiver davantage …
Évidemment, vous pouvez compter sur moi pour payer tout ce petit monde-là. Nous sommes décidément bien trop généreux pour le faire sortir des ors de Versailles et lui faire découvrir une autre sorte de cour, celle des miracles ! Finalement... Certaines plaisanteries sont loin d'être désagréables ! Du moins pour ceux qui les font.
Nous lui faisons vivre une expérience unique, il devrait nous en remercier. s'amusa Cédric, ne pouvant réprimer un sourire moqueur. Il faudrait trouver une raison à cette mission. Je sais qu'il surveille ce que je fais. Il faut une raison pour passer dans Paris, surtout les endroits sordides …

Il réfléchit un instant en buvant une gorgée, se demandant ce qui pourrait motiver Contarini au point de vouloir la (fausse) mission de Cédric et mettre les pieds dans Paris.

Je pense qu'il faudrait que je laisse sous-entendre que je récupérerais ma place bientôt grâce à un gros coup, il serait capable de me suivre dans Paris. Tant pis si je reçois un coup ou deux et me faire voler des faux papiers par un gondolier, je saurais me laisser faire pour la bonne cause. il ricana en imaginant le visage d'un Contarini triomphant, courant droit à la bêtise. Il nous faut définir un itinéraire où il pourrait rencontrer mendiants, catins, pauvres en tout genre …

Il listait mentalement le genre de pauvre que Contarini n'aimerait pas voir devant ses yeux ni encore moins à vouloir leur parler. Et d'un coup, ses yeux s'éclairèrent et le sourire qui l'accompagna signifiait qu'il avait une grandiose idée. Il leva les yeux vers Gabrielle pour partager sa trouvaille :

Et pourquoi pas un nain ?

Quoi de plus répugnant pour le vénitien qu'un gueux difforme et "contre-nature" ?

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MessageSujet: Re: L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux !   L'association de méchants est ce qu'il y a de plus dangereux ! Icon_minitime04.03.13 21:39

Gabrielle de Longueville ne s'amusait jamais plus que lorsqu'il s'agissait d'intriguer pour détruire quelqu'un, son sourire éclatant et ses éclats de rire fréquents depuis qu'ils avaient débuté cette conversation le montraient assez et lui avaient fait momentanément oublier tous les reproches qu'elle avait formulé à son interlocuteur. Étrange discussion que celle-ci pourtant, entre un comte de province et une duchesse de sept ans sa cadette ! L'atmosphère y semblait badine et frivole, presque détendue et Gabrielle entre deux paroles piochait allègrement dans le plateau apporté par Perrine, laquelle devait très certainement écouter la conversation derrière la porte à son habitude et cette idée-là accentua le sourire de la duchesse. Pourtant, on ne parlait pas littérature ou nouveaux auteurs à la mode même si l'apparence était là. Non, les deux plus vieux amis d'Hector s'étaient réunis dans l'objectif clair de faire chuter Francesco di Venezia de son piédestal et pour cela, tous les moyens étaient bons. Si leur plan de lui faire parcourir les rues de Paris à la rencontre de tout ce que la ville comptait de gueux et à la recherche d'un résultat forcément inexistant semblait bien puéril, presque désuet, il était pourtant d'une redoutable efficacité pour parvenir à leurs fins. Il n'était pas question d'attaquer trop directement celui qu'Hector venait de nommer car Cédric venait déjà de faire les frais des foudres du duc de Valois et il n'était pas question de recommencer – même si c'était bien regrettable. En revanche, le voir échouer dans une mission que Gabrielle n'hésiterait pas à qualifier d'importante devant Hector s'il le fallait... Et sa tête elle-même lorsqu'il lui faudrait traverser toutes ces épreuves, voilà qui pouvait valoir son pesant d'or ! Rien que pour cela, songeait la jeune femme en prenant une gorgée de vin, elle aurait aimé pouvoir se mêler à la plèbe ! Aucun remord envers Hector ne pouvait l'arrêter dans cette fronde contre le nouveau bras droit, cette folle décision qu'il avait prise seul, et après tout, ce n'était pas la première fois que Cédric et elle s'alliaient en secret de leur ami. Dans ce cas précis, c'était de toute façon pour son bien.

La jeune femme posa un regard amusé sur son ami qui n'avait pas l'air de celui qui vient parler littérature avec sa mine simple et sa barbe de plusieurs jours. Mais il en fallait plus que cet aspect négligé pour rebuter la duchesse... Qui retrouvait en lui cet esprit machiavélique et cruel qu'elle possédait.
- Je comprends un peu mieux ses insultes à mon égard, je suis sûrement ce qui ressemble le plus à un gueux dans son entourage. Cela pourrait me servir une autre fois sûrement, réagissait-il à la nouvelle que le Vénitien avait peur des gueux.
- Peut-être pouvez-vous en être flatté, s'amusa Gabrielle en laissant échapper une moue amusée, c'est donc que vous lui faites peur ! Nous aurons au moins éclairci ce mystère !
Très vite en tout cas, les idées fusèrent entre les deux complices qui ne manquaient pas d'inspiration à l'idée de se moquer de l'ambassadeur incompétent. Une fois de plus, ils prouvaient de cette manière qu'ils se complétaient parfaitement bien : Gabrielle n'était de celle qui irait s'adresser directement aux miséreux mais elle donnerait avec libéralité à Cédric pour qu'il s'en charge lui-même. Aussi elle se contenta de hocher la tête aux propositions du comte de Portau, imaginant sans peine l'imbécile courir pour une mission qui n'existait pas. On verrait donc s'il était prêt à tous les sacrifices pour la cause... Car oui, tâcher sa chemise et adresser la parole à un miséreux relevaient déjà de la plus profonde ignominie pour quelqu'un qui avait une telle opinion de lui-même. A cette pensée, la duchesse ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel en songeant qu'ils avaient tous deux avec Cédric consenti à bien plus de sacrifices.
- Il faudrait trouver une raison à cette mission. Je sais qu'il surveille ce que je fais. Il faut une raison pour passer dans Paris, surtout les endroits sordides...
Un silence passa pendant que les rires s'éteignaient au profit de la réflexion. En effet, même s'il était du genre à courir sur la base d'une rumeur, il fallait que l'enjeu soit assez grand pour qu'il aille jusqu'au bout. Ce fut Cédric qui reprit la parole le premier :
- Je pense qu'il faudrait que je laisse sous-entendre que je récupérerais ma place bientôt grâce à un gros coup, il serait capable de me suivre dans Paris. Tant pis si je reçois un coup ou deux et me fais voler des faux papiers par un gondolier, je saurais me laisser faire pour la bonne cause...
- Oh oui, il faudrait lui laisser croire jusqu'au bout que tout ce qu'il fait en vaut la peine... La déception finale n'en serait que plus grande et notre vengeance plus accomplie. S'il croit vous rouler dans la farine, il ne va pas courir ou se précipiter, il va voler jusqu'à l'échec, la chute en sera brutale, ironisa-t-elle, après tout qui fait le malin tombe dans le ravin, il est temps de mettre en œuvre ce dicton.
- Il nous faut définir un itinéraire où il pourrait rencontrer mendiants, catins, pauvres en tout genre..., renchérit Cédric.
La duchesse de Longueville approuva sans hésiter. C'était quelque chose qui pouvait se faire facilement, chacun se renverrait à l'autre en prétendant une progression dans les indices délivrés. Pour cela, il suffisait d'un parcours bien fléché et évident, tel que même un gondolier à la cervelle d'oisillon pourrait ne pas se perdre en route. Mais à force d'intrigues et de réceptions dans le grand monde, Gabrielle avait acquis de l'expérience en matière d'organisation. Comme quoi, dans chaque maîtresse de maison accomplie sommeillait un diable en puissance.

Devant elle, le comte de Portau, loin de ces considérations purement matérielles, s'anima et ses yeux s'éclairèrent brusquement. Gabrielle le considéra non sans curiosité, en levant un sourcil mais elle ne s'attendait pas à sa proposition :
- Et pourquoi pas un nain ?
Un nain ? Surprise, la duchesse éclata de rire et fut secouée de hoquets pendant de longues secondes. L'idée était proprement excellente et ne viendrait que souligner le ridicule de la situation. Elle essuya d'une main les larmes qui perlaient au coin de ses yeux et renchérit entre deux rires :
- Le nain difforme me paraît proprement indispensable... Imaginez un peu le gondolier devant un petit être qui lui dirait : « touchez ma bosse, monseigneur »... Je donnerais cher pour voir la tête du Vénitien à cet instant-là !... Voilà qui le traumatiserait à jamais !
Elle se calma peu à peu et lança un regard pétillant à son complice :
- Il y a justement un nain curieux à la cour, un certain Lecourt à l'humour douteux, bouffon à ses heures... Mais je mettrais ma main à couper qu'il se ferait un plaisir de se déguiser pour se rendre... Hum terrifiant dirons-nous. Il aime s'amuser au détriment des autres et il sera assez bon acteur pour accentuer tout ce qui paraîtra monstrueux aux yeux du Vénitien. Il sera la cerise sur le gâteau après les mendiants – vrais ou faux – et les filles de joie... De quoi ne jamais plus remettre les pieds à Paris !
Gabrielle remplit de nouveau le verre de son invité puis le sien avant de le lever pour trinquer avec Cédric. Son sourire était étrangement tordu mais la joie qu'elle ressentait à l'idée qu'elle allait duper un homme qu'elle exécrait était complète. Avec Cédric d'une part et sa toute nouvelle alliée Sofia di Parma d'autre part, elle était plus que parée à se venger de Francesco !
- A la déchéance de Francesco Contarini ! Souhaita-t-elle lorsque les verres s'entrechoquèrent avant de prendre de nouveau une gorgée.
Redevenue sérieuse après ce moment d'hilarité, elle ajouta afin de se mettre d'accord sur les détails de l'entreprise :
- Vous êtes mieux placé que moi pour faire des démarches auprès des personnes qui pourraient être concernées à moins que je n'envoie Perrine. Vous pourrez peut-être voir avec elle ce qui en est. Je vous donnerai tout ce dont vous avez besoin et je vais commencer dès à présent à laisser entendre qu'il y a une mission à faire dans Paris, en espérant que notre victime laisse traîner ses oreilles. Je peux même en parler directement à Contarini en prétendant avoir reçu des ordres d'Hector s'il le faut... Et je me ferai un plaisir de souligner l'échec de cette mission devant ce même Hector quand tout ceci sera fini.
Elle avait ajouté cette dernière phrase avec un sourire ironique et cruel qui laissait penser à quel genre de vipère on avait à faire avant de se redresser en prenant un air plus grave :
- Avez-vous entendu les dernières rumeurs concernant une éventuelle prise d'armes au printemps contre la Lorraine ? La cour ne parle plus que de cela depuis l'audience avec la princesse de Lillebonne. J'espère qu'elle n'arrivera pas trop tôt pour ne pas contrarier nos projets. Savez-vous si vous seriez concerné par les combats ? Hector quant à lui reste flou mais il partira sans nul doute.
En effet, le duc de Valois n'avait pas encore fait d'allusion à ces événements qui se préparaient et qui arriveraient bien trop tôt après l'hiver. Gabrielle n'avait encore fait part à personne de ses hésitations à ce propos mais elle savait qu'après tous les complots qu'ils avaient partagé, tous les secrets qu'ils avaient gardé entre eux, Cédric serait le plus à même de la comprendre et de l'écouter :
- En soit c'est une occasion formidable pour nous que de savoir le tyran à la portée d'un canon ennemi. Mais je crains que nous ne soyons pas prêts et que l'éparpillement de nos forces ne finisse par nous nuire dans ce conflit.
La jeune femme eut une moue perplexe mais chassa cette discussion d'un geste comme si elle voulait signifier qu'au fond tout ceci n'avait pas d'importance même si aucun des deux n'étaient dupe et ajouta avec un nouveau sourire machiavélique :
- Enfin... Avant, nous aurons l'occasion de nous amuser aux dépens d'un imbécile, pas le temps de ruminer !
Gabrielle ignorait encore à quel point ses inquiétudes étaient fondées et combien cette guerre allait nuire à la main de l'ombre.
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Cédric de Portau

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Dire que ces deux là ne s'entendaient pas au premier abord : il la trouvait trop jeune, elle le trouvait trop brute. Les deux fidèles acolytes d'Hector de Valois étaient trop différents, leurs visions et leurs manières n'étaient pas les mêmes, mais ils n'en disaient rien, par fidélité envers leur chef et ami. Puis finalement, ils avaient décidé de s'allier, au lieu d'être différents, ils se considéraient comme complémentaires. Il était donc dangereux d'être dans la ligne de mire des deux à la fois. Contarini allait pouvoir goûter à cette association, à la fois improbable et évidente. Et les voici à épiloguer sur comment prouver aux yeux de tous à quel point Francesco était un incapable, un idiot fini, qui ne réussissaient pas ses missions et se couvrait de ridicule à la face du monde.

Oh, leur vengeance pouvait paraître un peu futile sur la forme, avec ce parcours semé de gueux, personnes que l'ambassadeur des idiots détestait, avait en horreur. Cela était un peu puéril et il était certain que lui attacher une pierre aux chevilles puis le jeter dans la Seine serait bien plus parlant comme vengeance, mais l'idée en cette journée n'était pas de le tuer, même si c'était au programme un jour dans l'esprit de Portau qui pensait que l'on pend sans procès c'est plus court, mais bien de prouver que la place de bras droit n'avait pas à revenir à cet italien de pacotille, ce mauvais comédien. Cédric, quitte à être destitué, aurait préféré voir à sa place des hommes plus capables, comme Amboise ou Brabant. La question du choix de Francesco trottera longtemps dans l'esprit du mercenaire. Et pourquoi pas Rohan tant qu'on y est ? Qu'importe, ce plan serait réussi et tout redeviendra dans l'ordre, comme avant. Sans savoir que cela n'aurait jamais lieu.

Les idées fusèrent à toute vitesse, comme s'ils y avaient réfléchi durant des heures, voire des jours avant cette conversation. Ils avaient en tête le parcours à faire, jonché de mécréants, de pauvres, d'estropiés, de prostituées, de malades ... de nains. La dernière idée, lancée par Cédric comme s'il s'agissait de l'idée de l'année, les fit rire à presque en pleurer. Imaginez donc Gabrielle de Longueville rire aux éclats tandis que Cédric de Portau essuyait une larme s'écoulant de son oeil tant il riait.

Le nain difforme me paraît proprement indispensable... Imaginez un peu le gondolier devant un petit être qui lui dirait : « touchez ma bosse, monseigneur »... Je donnerais cher pour voir la tête du Vénitien à cet instant-là !... Voilà qui le traumatiserait à jamais ! Il y a justement un nain curieux à la cour, un certain Lecourt à l'humour douteux, bouffon à ses heures... Mais je mettrais ma main à couper qu'il se ferait un plaisir de se déguiser pour se rendre... Hum terrifiant dirons-nous. Il aime s'amuser au détriment des autres et il sera assez bon acteur pour accentuer tout ce qui paraîtra monstrueux aux yeux du Vénitien. Il sera la cerise sur le gâteau après les mendiants – vrais ou faux – et les filles de joie... De quoi ne jamais plus remettre les pieds à Paris !
Je connais un peu ce Lecourt, mais nul doute qu'il y a assez d'horribles gens à Paris qui feraient n'importe quoi pour quelques pièces d'or. Être payé pour faire peur à un rat vénitien, ce serait du pain béni. Nous serons un peu la Providence !

Il était assez ironique que des personnalités aussi viles qu'eux puissent faire une bonne action tout en pourrissant la vie de leur ennemi commun. Beaucoup y gagnaient dans l'affaire, le seul grand perdant serait bien sûr le gondolier à deux sous qui restera à jamais marqué de son "périple" parisien. Après l'échafaudage de ce plan bien amusant, les deux méchants trinquèrent à la déchéance de Contarini, à son traumatisme et au peuple parisien. Il ne restait qu'à trouver les personnes à semer sur le chemin et une idée assez alléchante pour que Contarini court après Portau et se lance dans un jeu de piste dans les rues sombres de la capitale.

Ne vous en faites pas, il y a des avantages à connaître Paris comme sa poche, c'est qu'on y connait ses habitants. Je vous tiendrais au courant du choix de nos futurs volontaires, choisis avec soin parmi les plus laids et les plus purulents. Tant de bonne volonté pour ce rat, j'espère qu'il nous remerciera.

Ils étaient infâmes mais cela était toujours bon d'avoir des ennemis en qui il est facile de se venger. En ce moment, à ce sujet, Cédric ne chômait pas car il avait aussi l'affaire d'Artagnan sur le feu. Mais ce parcours contre Contarini serait une partie de plaisir, un jeu d'enfant qui allait demander un peu de temps mais vous savez quand on aime, on ne compte pas ! Ils avaient défini ce qu'ils avaient à faire, c'était ce qu'on appelle une bonne discussion ! Mais les sourires et les idées laissèrent place à un sujet plus sérieux, la guerre. Cette guerre allait bouleverser les plans de tous, il faudrait s'y adapter, mais Cédric sentait que sa complice s'en inquiétait.

Avez-vous entendu les dernières rumeurs concernant une éventuelle prise d'armes au printemps contre la Lorraine ? La cour ne parle plus que de cela depuis l'audience avec la princesse de Lillebonne. J'espère qu'elle n'arrivera pas trop tôt pour ne pas contrarier nos projets. Savez-vous si vous seriez concerné par les combats ? Hector quant à lui reste flou mais il partira sans nul doute.
Malheureusement, ce ne sont pas des rumeurs. A peine l'hiver s'en ira que nous partirons pour le front. Et oui, je m'inclus puisque je suis aussi enrôlé. Hector sera aux côtés de son cousin pour les stratégies, cela pourrait nous servir. répliqua Cédric, plus sérieux.
En soit c'est une occasion formidable pour nous que de savoir le tyran à la portée d'un canon ennemi. Mais je crains que nous ne soyons pas prêts et que l'éparpillement de nos forces ne finisse par nous nuire dans ce conflit.
Le croyez vous ? Nous n'avons personne dans le camp ennemi mais nous sommes bien nombreux dans les rangs à nous battre, ce sera l'occasion de quelques sabotages, quelques coups d'éclat de notre part ! Et un château sans roi est une aubaine pour retourner les esprits. Malgré ce qu'il s'est passé, je veillerais sur Hector pour ramener notre roi sain et sauf.

Il y croyait dur comme fer. Il avait beau avoir une dent contre son chef Valois, il restait un ami et Cédric serait toujours comme son ombre, une âme damnée, à le surveiller, le protéger si besoin est. De plus, sans Hector, il n'y aurait plus de Main de l'Ombre avec son chef. Mais l'avenir montrera que même sans Hector de Valois, le complot pourra continuer de tourner. Mais nous n'en sommes pas là. La discussion était devenue plus sérieuse, même les visages des deux intrigants s'étaient un peu renfermés, en particulier Cédric qui avait déjà vécu la guerre il y a quelques années, et qui était si contrarié de se mettre sous les ordres de son autre ennemi, Philippe d'Artagnan. Mais revenons à quelque chose de plus joyeux, Gabrielle savait ramener la conversation à quelque chose de plus joyeux :

Enfin... Avant, nous aurons l'occasion de nous amuser aux dépens d'un imbécile, pas le temps de ruminer !
Non, nous avons du pain sur la planche. Je vais me hâter de préparer cela, mais sans bâcler pour que tout cela soit parfait. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Mais cela sera fabuleux, je n'en doute pas, avec foison de voleurs, coquins et vérolés qui s'approcheront de notre vénitien détesté. Oh ce sera comme un second de Noël, que j'ai hâte.

Il arborait lui aussi un petit sourire démoniaque. Il n'y avait rien de mieux que de se venger en beauté, savoir que son ennemi en bave et continue à s'enfoncer dans sa bêtise la plus complète.

J'aime quand nous avons ces plans, à la fois utiles et amusants. Nous devrions avoir plus d'ennemis en commun, je suis certain que nous arriverions toujours à trouver la parfaite vengeance sans verser une goutte de sang.

Bien que tuer ne lui faisait ni chaud ni froid, une jolie vengeance comme celle-ci était l'occasion de faire appel aux trésors de son imagination et mettre en place un plan de haut vol où on pouvait se délecter du malheur de son ennemi sans être vu. La conversation se prolongea encore, il y avait tant à dire sur le lionceau vénitien, l'heure tournait. Il commençait à se faire tard quand Cédric se leva et prit congés de Gabrielle, non sans la remercier une nouvelle fois de faire avec elle une équipe d'enfer, dans tous les sens du terme. Ils allaient faire des étincelles avec cette histoire de fausse mission, cela en était grisant.

Mais il était temps pour Portau de quitter le bel hôtel particulier de la duchesse de Longueville pour retourner dans la campagne versaillaise où l'attendait sa modeste demeure. C'est là qu'il pourrait mettre en œuvre cette histoire, il réfléchissait déjà à qui contacter, où se rendre dans Paris pour trouver les pires horreurs de la capitale. Si Francesco le traitait de gueux, Cédric allait lui montrer ce que sont les vrais gens du peuple dans leur plus grande misère, une véritable galerie des horreurs dont il ne se relèvera pas de sitôt ! Et tant pis si la guerre empêchera la mise en place de ce projet, ce n'est que partie remise, Aux beaux jours, la capitale est encore plus sale, ce sera d'autant mieux …

FIN

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