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 Règlement de comptes des dindons de la farce et du farceur ! (PV : Amy - Louis - Christine - Ferdi)

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Amy of Leeds

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Mère enfin apaisée et femme comblée mais pour combien de temps encore ?
Côté Lit: Le Soleil s'y couche à ses côtés.
Discours royal:



♠ ADMIRÉE ADMIN ♠
Here comes the Royal Mistress

Âge : A l'aube de sa vingt septième année
Titre : Favorite royale, comtesse of Leeds et duchesse de Guyenne
Missives : 7252
Date d'inscription : 10/09/2006


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MessageSujet: Règlement de comptes des dindons de la farce et du farceur ! (PV : Amy - Louis - Christine - Ferdi)   Règlement de comptes des dindons de la farce et du  farceur ! (PV : Amy - Louis - Christine - Ferdi) Icon_minitime11.11.12 17:53

Amy s’était pourtant levée malgré le temps maussade, de fort bonne humeur. Certes son mariage ne la comblait pas de bonheur, cependant elle entendait de son lit, Isabelle gazouiller dans la pouponnière que l’on avait installée dans ses appartements. Quel meilleur réveil que celui d’un enfant riant dans les bras de sa nourrice ? La duchesse de Guyenne s’était donc levée, avait passé une demie-heure en compagnie de son enfant et s’était apprêtée à remplir sa journée d’audiences. Ce jour-là, Guillaume et elle-même recevaient une délégation de Malte dans l’un des salons. Elle devait donc les traverser pour la plupart pour se rendre à cet entretien diplomatique de la plus haute importance. N’était-elle donc pas leur reine ? Elle s’était d’ailleurs vêtue aux couleurs de son nouveau pays afin de leur faire honneur. Tout lui souriait donc … Néanmoins quelques nuages s’amoncelèrent tout à coup et obscurcirent sa joie. En effet, comme à l’accoutumée, certaines pécores s’exerçaient déjà à leur arme la plus redoutable : leur langue. Les ragots allaient bon train et malgré les quelques pas qui les séparaient, la favorite n’en perdit pas une lettre. Hélas …

- C'est comme je vous le dis ma chère amie, elles sont deux cocues depuis bien longtemps, cette pauvre reine et à présent c’est le tour de la putain.

S’agissait-il de la Montespan ? Lui avait-elle ravi la place ? Amy pâlit et verdit en l’espace de quelques instants ! Mais comment ne s’en était pas rendue compte s’il s’agissait de cela, Louis était de plus tendres envers elle et paraissait toujours aussi amoureux. Elle ne devait pas apporter du crédit à ces rumeurs, non elle ne le devait pas, mais puisqu’elle s’était arrêtée net sous le choc, elle voulait désormais en entendre plus. On ne refait pas les femmes et leur manie d’être consumée de curiosité demeure toujours la plus forte !

- Croyez-vous véritablement que les propos de Christine de Listenois soient à prendre au sérieux ? Elle prétend à qui veut l'entendre depuis des mois que le roi lui a fait l’honneur de ses faveurs mais je ne les trouve pas particulièrement proches.
- Ne soyez donc pas sotte, la putain est revenue et son enlèvement a fait que le roi a eu pitié d’elle. Il la protège de cette dure et triste vérité car elle a lui a donné cette bâtarde, mais ne vous y trompez pas, c’est un Bourbon, il ne pouvait pas être rangé très longtemps ! Chaud lapin un jour, chaud lapin toujours !

Et les pestes se mirent à rire bruyamment sous leur éventail. Quant à Amy, elle arborait à présent un visage décomposé ! Christine de Listenois, une des dames de sa suite ? Ses pensées virevoltaient, elle resongeait à cette insistance de Louis de l’accepter dans son cercle avant qu’elle ne parte en Sainonge, était-ce une stratégie discrète et habile afin de pouvoir l’approcher plus facilement ? Ces courtisanes n’avaient également pas tort, Amy avait connu Louis lorsqu’il était assez volage, elle avait été absente de la cour de nombreux mois, avait-il succombé aux charmes d’une autre ? La gardait-il auprès d’elle par compassion ? Le doute est un sentiment terrible, il s’engouffre dans le cœur et dans l’esprit, comme une vipère le ferait dans une brèche. La duchesse de Guyenne ne pouvait à présent plus cesser de se poser mille interrogations. Des questions qui la faisaient souffrir ! Etait-ce possible que tandis qu’elle vivait l’enfer, le roi ait passé du bon temps en compagnie de sa suivante ?

La douleur était trop profonde, par conséquent elle rebroussa chemin avant que ces punaises ne la voit et constate avec délectation le mal qu’elles venaient de lui infliger par leurs paroles. Elle manquait à tous ces devoirs de reine mais ses jambes ne la portaient presque plus. Elle avait jusque-là tout supporté, tous les coups bas, toutes les insultes et même tous les ennemis dont elle n’attendait rien si ce n’est la bassesse, mais la trahison jamais. La déception de certains de ses amis était une chose, mais il ne s’agissait que de maladresse, tragique certes mais seulement de maladresse. Si Louis lui avait infligé une telle tromperie, s’il lui mentait depuis des mois sur ses sentiments par simple pitié, il s’agirait rajouté au coup de couteau dans le cœur, d'un coup de poignard dans le dos. Soudain, Amy se remémora également cette envie soudaine de la marier. Il lui avait donné ses raisons officielles mais peut-être les motifs officieux prenaient racine dans cette autre liaison ? La duchesse ressentait la peur de le perdre mais également une terrible colère. Avant la fin de cette journée, elle aurait la peau de Christine de Listenois et le souverain lui fournirait des explications. Qu’importait qu’il soit le monarque le plus puissant d’Europe ! Elle se présenta d’ailleurs devant Bontemps, son premier valet de chambre.

- Le roi peut-il me recevoir ?
- Il est en conseil avec ses ministres madame la duchesse.

Ses poings serrés de rage, Amy regagna donc ses appartements et rabroua toutes ses servantes, qui comme un essaim bourdonnait autour elle pour lui être d’une quelconque utilité. Elle se tourna vivement alors vers une autre de ses dames de compagnie.

- Madame de Gallerande, allez me quérir mademoiselle de Listenois je vous prie, qu’elle cesse tout activité sur le champ ! Je veux la voir à l’instant même !

Son ton qu’elle tentait de garder calme, car il ne serait pas dit qu’elle serait humiliée, n’en était pas pour autant moins sévère. Il ne laissait place à aucune discussion. Anne, sa précieuse dame partit donc à la recherche de la marquise. Amy avait en sa faveur un argument de poids afin de la congédier proprement, sans qu’on ne soupçonne qu’une autre raison se cacherait sous cette raison officielle.

Lorsqu’après quelques minutes Christine pénétra dans la pièce, la favorite était à présent assise à sur son fauteuil et y trônait presque par son attitude. Elle l’examina de bas en haut et son regard était à glacer le sang de quiconque dans les veines. A cet instant, Amy lui aurait volontiers fait subir toutes les tortures dont elle se sentait capable. Néanmoins c’est encore d’une voix presque détachée qu’elle prononça sa sentence. Elle était peut-être la victime et le dindon de la farce, mais à présent elle était la juge.

- Mademoiselle, ce que j’ai à vous communiquer devant toute ma suite est hélas pas très agréable. J’ai appris par le duc d’Orléans votre futur mariage avec monsieur de Lorraine, le chevalier tout prince de sang qu’il soit a rejoint le camp ennemi à la France. Je ne saurai conserver dans mon entourage, une personne aussi proche d’un chef d’Etat-major avec lequel tous les traités d’alliances sont désormais rompus. Vos rapports bientôt intimes avec monsieur de Lorraine pourraient nous faire douter de votre intégrité à me servir. Vous comprendrez mes scrupules, j’en suis persuadée et vous serez justement récompensé de votre fidélité à mon égard …

Amy était d’un cynisme rare et son sourire se fit presque carnassier.

- Veuillez nous laisser seules à présent mesdames, je souhaiterai remettre un présent personnel à mademoiselle pour ses bons et LOYAUX services.

Décidément elle insistait bien sur certains termes et ce n’était pas anodin. Elle gardait d’ailleurs ses yeux plantés dans ceux de Christine, tandis que la pièce se vidait de toutes les occupantes indésirables. Un silence de mort fit donc place à tous ces bruits d’étoffe et lentement Amy se leva afin de faire face à sa rivale.

- Mademoiselle, je vais vous poser cette question une seule fois et il est dans votre intérêt de me répondre franchement . Avez-vous eu un contact charnel de quelconque nature avec le roi ?

______________________

La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

Le rouge et le noir
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MessageSujet: Re: Règlement de comptes des dindons de la farce et du farceur ! (PV : Amy - Louis - Christine - Ferdi)   Règlement de comptes des dindons de la farce et du  farceur ! (PV : Amy - Louis - Christine - Ferdi) Icon_minitime05.12.12 23:49

Enveloppée dans une épaisse couverture, Christine avait laissé son regard se perdre au loin, dans les jardins qui entouraient Trianon. Indifférente aux courants d’air glacés qui parcouraient la pièce par la fenêtre grande ouverte, faisant de temps en temps voler les longs rideaux, elle serrait entre ses mains une tasse de café brûlant, appréciant la chaleur de la porcelaine contre ses paumes froides. Un silence feutré régnait dans les appartements de la marquise, et il semblait que tout ici s’était donné le mot pour ne pas troubler la profonde rêverie dans laquelle elle s’était peu à peu enfoncée. Les traits pâles de la jeune femme, son immobilité troublante, toute son attitude la faisait paraître semblable à une statue, et seules ses prunelles trop bleues, trop grandes pour s’éteindre totalement la distinguaient de ces femmes de marbre dont elle semblait la parfaite image. Il en avait toujours été ainsi : les yeux de Christine trahissaient continuellement une partie, même infime, de ce qui se tramait en elle, de ce qui agitait cet esprit fragile, ou des milles idées qui le traversaient inlassablement. Lorsqu’elle ne cherchait pas à dissimuler un quelconque mensonge, on pouvait lire en la marquise comme dans l’un de ces livres qu’elle chérissait tant ; et à un observateur averti, la mélancolie qui y perçait aujourd’hui n’aurait pu rester invisible. Mais Christine était seule, ayant renvoyé ses servantes aussi loin que possible, et il ne se trouvait pour témoin des premiers signes d’une trop sombre humeur que les jardins silencieux et froid qu’elle observait depuis une heure.

Sur une petite table devant elle, quelques feuilles éparses, noircies par ses soins, trahissaient sa volonté première : écrire. Mais au bout d’un moment, dès l’instant où elle avait levé les yeux vers la fenêtre, cherchant les mots justes à mettre sur quelques idées qui s’étaient soudain imposées à elle, elle n’avait pu s’en détacher et avait abandonné ses intrigues. La jeune espionne de Sa Majesté avait tant à songer qu’à chaque seconde flottement, chaque instant où elle cessait de se concentrer sur le moment présent, ses pensées s’envolaient, indisciplinée, vers les derniers évènements, leurs conséquences, et un avenir qui se faisait de plus en plus sombre. Il y avait la guerre, certes, mais bien avant les combats à venir, c’était l’heure de son départ pour Nancy, de plus en plus proche, qui hantait son esprit, la trahison avérée de son frère qu’elle évitait depuis des semaines, et les fiançailles qui l’arrachaient à Versailles. En partant, Christine avait la terrible sensation de tout abandonner derrière elle - exception faite de ses fonctions d’espionne, qui, elles, la placeraient dans une position qui lui paraissait tour à tour excitante ou inconfortable. Tout, et tout le monde. Une fois encore, elle se revit dans cette même pièce, conter au dramaturge du roi une dernière histoire et lâcha un soupir amer. Oui, décidément, toute cette agitation dont elle sentait la cour se saisir ne traînait avec quelle rien de bon, et plus les jours passaient, plus la marquise sentait l’écart se creuser entre la fébrilité ambiante et son cruel manque d’entrain. Pouvait-elle en blâmer uniquement le départ approchant à grands pas ? Il n’y avait rien de moins sûr. Mais encore une fois, c’est alors que la question se posait que Christine préférait oublier les troubles qui rôdaient sans cesse autour d’elle, et faire la sourde oreille aux signes qu’elle connaissait pourtant trop bien. Plutôt nier que s’enfoncer à l’avance.

Un frisson sortit enfin la jeune femme de sa longue inertie qui, constatant avec angoisse le temps passé avec ces sombres pensées, se leva brusquement et alla fermer la fenêtre. Elle avala le contenu de sa tasse d’une traite, l’abandonna auprès du reste de la collation que Constance avait déposé non loin d’elle alors qu’elle écrivait et rangea précieusement sous clé les feuilles noircies. Puis, un instant, elle s’appuya contre le mur proche, vaguement nauséeuse, comme toujours lorsqu’elle sortait de ces rêveries trop profondes. Mais, niant l’évidence, elle secoua brusquement la tête et appela Constance, qui ramena avec elle un tourbillon de servantes dont les activités ordinaires avaient été interrompues par les soudains désirs de solitude de la marquise. Il n’était pourtant pas temps de chômer : les malles devaient être faites sous peu, au moins la partie expédiée en avance à Nancy, et ça n’était pas là une mince affaire. Placée devant sa coiffeuse par une Constance décidée à lui redonner un peu de couleur, Christine les observa, l’oeil torve, s’agiter le plus naturellement du monde, comme s’il n’y avait rien de plus normal que ce départ. De dégoût, elle finit par détourner la tête, et préféra se jeter un regard peu amène dans le miroir. Sa charge auprès de la favorite ne tarderait pas à l’appeler et ça n’était pas ainsi, les traits tristes et trop pâles qu’elle pourrait se présenter auprès de la jeune mariée. Une moue agacée lui échappa. Ne devait-il être question que de mariages, à Versailles, ces derniers temps ?

C’est au moment où la marquise achevait de s’habiller qu’Amy of Leeds se rappela à son bon souvenir - comme s’il était seulement possible d’oublier celle qui faisait l’objet de bien des conversations depuis quelques semaines. Christine n’avait aucune sympathie particulière pour la favorite en titre, et ne pouvais s’empêcher une certaine gêne à son égard depuis que, selon un souvenir troublé auquel elle ne pouvait faire confiance, le roi l’avait embrassée. Hallucination ou dérangeante réalité ? Elle avait beau revoir encore et encore la scène, elle ne parvenait à démêler le vrai du faux, la seule chose apparaissant clairement dans ces bribes des souvenir étant l’état dans lequel elle devait se trouver. Et pour ne rien arranger, Constance semblait n’avoir pu garder sa langue pour elle et plusieurs fois déjà, elle avait fait les frais de sa prétendue propension à devenir la nouvelle favorite royale. Sa position auprès d’Amy of Leeds n’en devenait que plus difficile à tenir, et lorsqu’une des servantes annonça qu’il y avait ici une dame venue l’informer que l’anglaise la demandait, Christine se sentit moins à l’aise encore à l’idée de répondre à cet appel que d’ordinaire. Hélas, elle ne pouvait encore une fois prétendre être malade (ce qui n’était pas toujours qu’un prétexte et, avec un soupir, fit répondre qu’elle ne tarderait plus.
« Allons-y, marmonna-t-elle quelques instants plus tard en s’accordant une dernière grimace dans le miroir. »

Elle rallia rapidement le palais et les appartements de la favorite, dans lesquels, lorsqu’elle y pénétra, régnait un silence entrecoupé de quelques chuchotements qui ne lui suggéra rien de bon augure pour la suite des évènements. C’est donc sur la défensive qu’elle salua la duchesse de Guyenne, de la part de laquelle elle avait vu des accueils plus chaleureux. En effet, le regard qu’elle vrillait sur la marquise n’était pas froid, mais glacé, et son attitude renvoyait plus l’image d’un juge dévisageant un accusé que celle d’une favorite accueillant une dame de sa maison - dont elle ignorait d’ailleurs les réelles fonction. Méfiante, Christine, qui avait bien compris qu’on ne l’avait pas mandée simplement parce qu’elle se devait de remplir ses offices, resta silencieuse, estimant qu’on daignerait bien finir par lui expliquer les raison de cette étrange atmosphère. À cette pensée, elle sentit une irritation encore inexpliquée, mais bien connu lui serrer la gorge. Elle n’aimait ni ce regard qui la toisait, ni ces traits trop fermés pour être honnête - mais pas un instant il ne lui vint à l’esprit les véritables raisons de cette soudaine froideur.
« Mademoiselle, lâcha enfin Amy, ce que j’ai à vous communiquer devant toute ma suite est hélas pas très agréable. J’ai appris par le duc d’Orléans votre futur mariage avec monsieur de Lorraine, le chevalier tout prince de sang qu’il soit a rejoint le camp ennemi à la France. Je ne saurai conserver dans mon entourage, une personne aussi proche d’un chef d’Etat-major avec lequel tous les traités d’alliances sont désormais rompus. Vos rapports bientôt intimes avec monsieur de Lorraine pourraient nous faire douter de votre intégrité à me servir. Vous comprendrez mes scrupules, j’en suis persuadée et vous serez justement récompensé de votre fidélité à mon égard… »


Christine, mortifiée, accusa le coup en silence et si une ombre passa dans ses yeux, elle disparut bien vite, masquée par une froideur qui n’avait soudain plus rien à envier à celle de la duchesse. Ainsi, elle la chassait, et d’une façon - derrière les apparents scrupules - hautement humiliante. Des soupçons ? Sur sa loyauté ? Elle qui était sans doute parmi toutes les dames présente la plus attachée au service du roi, et qui risquait bien plus en quelques jours que toutes celles qui la dévisageaient - la duchesse comprise ? Malgré tout l’empire qu’elle prétendait avoir sur elle-même, Christine en pâlit visiblement, de colère, d’humiliation, et oublia aussitôt à quoi, à quels troubles cette soudain irritabilité était liée.
« Je comprends vos réserves, madame, répliqua-t-elle plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu, et sans baisser les yeux, même s’il me faut admettre avoir espéré que mes services suffisent à vous prouver ma loyauté... dont je n’attends aucune récompense, sinon le plaisir de vous avoir été utile et... agréable. »
Elle avait lâché ce dernier mot entre ses dents, tout en se demandant ce qui pouvait se cacher derrière le sourire carnassier de la duchesse. Et c’est seulement au moment où celle-ci renvoya le reste de sa suite que la marquise comprit. Aussitôt, elle se sentit piégée, et d’autant plus en colère que l’humiliation dont elle avait encore les poings serrés aurait pu lui être épargnée, et n’était à ses yeux due qu’à la rancoeur de la favorite.
« Veuillez nous laisser seules à présent mesdames, je souhaiterai remettre un présent personnel à mademoiselle pour ses bons et LOYAUX services, exigea Amy en insistant désagréablement sur les mots adéquats. »

Christine observa un instant les dames de la suite se retirer dans un bruissement d’étoffes discret, puis leva à nouveau les yeux vers elle, soutenant sans ciller son regard glacé. Il y eut un court moment de silence, durant lequel deux les deux femmes se jaugèrent. Une fois encore, la marquise ne prononça pas le moindre mot. Cette embuscade, ça n’était pas elle qui l’avait tendue, elle ne lancerait pas les bâtons qui devaient la battre.
« Mademoiselle, je vais vous poser cette question une seule fois et il est dans votre intérêt de me répondre franchement, asséna enfin la favorite. Avez-vous eu un contact charnel de quelconque nature avec le roi ? »
Christine releva fièrement le menton à ces mots qu’elle attendait. La favorite pouvait-elle avoir idée du trouble qui l’envahit à nouveau ? De la teneur de cette terrible incertitude, avec laquelle elle se débattait seule depuis ce baiser dont elle ignorait s’il avait réellement eu lieu et qui n’était parvenu à sa connaissance que grâce à l’indiscrétion d’une domestique ? Non, évidemment. Cette femme qui s’estimait offensée quand elle en défiait allègrement une autre depuis des années ne voyait pas plus loin qu’elle. Soudain, Christine se prit à la haïr.
« Pourquoi cette soudain question, madame ? lâcha-t-elle sans détourner les yeux. Je ne vous pensais pas prête à vous abaisser à croire aux ragots de couloir. Ne savez-vous donc pas que ces vipères seraient prêtes à inventer n’importe quoi pour vous faire chuter de votre piédestal ? »
Elle eut un sourire désabusé. Et pourtant ces femmes, premières dans les méchancetés, n’avaient qu’un seul rêve pour la plupart : se retrouver à cette place qu’elle incendiait tant. Quelle courtisane pouvait prétendre n’avoir jamais envié le titre de favorite royale, qu’il se trouve avant elles une reine ou non ? Lassée de ce face à face, et peut-être plus nerveuse qu’elle ne l’aurait voulu devant le poids de l’incertitude, et son irritation grandissante, Christine s’éloigna un instant de celle qui n’était plus à ses yeux la nouvelle reine de Malte, mais une femme défendant à crocs et à cris sa place si chèrement acquise. Elle tenta d’ignorer la boule qui se formait dans sa gorge pour se tourner à nouveau vers Amy.
« Et quand bien même une telle chose se serait produite, que pensez-vous pouvoir me reprocher, vous qui avez allègrement fait de la reine la femme la plus trompée de ce royaume ? »

Une oeillade méprisante ponctua ces paroles paroles pleine de venin, de colère et d’amertume. La duchesse de Guyenne l’ignorait sans doute, mais par ses soupçons aux réponses incertaines, elle venait de jeter dans un vase fragile la goutte d’eau qu’attendaient les démons de Christine - démons dont elle se moquait royalement en cet instant. A son tour, elle toisa celle qu’on surnommait «la catin» dans les couloirs du palais.
« Je n’ai pas à vous répondre, madame. »
Non, elle n’avait pas à répondre, elle, une Bauffremont, une espionne que le roi avait peut-être gratifiée d’un baiser - et peut importait s’il ne s’agissait que d’une illusion.
« Et quoi qu’il en soit, je pars pour Nancy sous peu, ajouta-t-elle, nulle ne sera moins bien placée que moi pour menacer votre chère place. »
Là-dessus, elle s’inclina froidement, la salua, et tourna les talons sans attendre qu’on la congédiât. Aussitôt, le noeud qui lui serrait la gorge, de rage, d’incertitude, et de tant d’autres, refit son apparition, mais elle ne flancha pas. Elle avait la main sur la poignée de la porte lorsqu’elle se tourna une dernière fois vers la favorite, une lueur nouvelle, troublée dans le regard.
« Personne sinon Sa Majesté elle-même ne peut répondre à votre question, souffla-t-elle. »
Et enfin, elle sortit. Digne, elle garda la tête haute jusqu’à être sortie du palais. Ça n’est que lorsqu’elle en eut passé les portes et qu’elle fit quelques pas dans la cour vide, balayée par les vents glacés de ce début d’année que Christine laissa les larmes rouler sur ses joues, sans qu’elle ne sût en dire la raison exacte. Colère et profond sentiment d’injustice se mêlaient dans ses yeux trop brillants et c’est dans un état peu glorieux qu’elle regagna ses appartements.
« Constance ! aboya-t-elle lorsqu’elle y fut rentrée. L’intéressée parut aussitôt mais s’arrêta net devant le regard noir de sa maîtresse. Fais tes malles, tu retournes à Bauffremont dès demain.
- Mad...
- Tais-toi. Et hors de ma vue ! »

Et sans donner plus d’explication, Christine referma derrière elle la porte de sa chambre, en proie à un accès de colère sans bornes qu’elle étouffa pourtant en silence. Les semaines à venir s’annonçaient décidément sous de bien sombres auspices.

Spoiler:
 
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Amy of Leeds

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MessageSujet: Re: Règlement de comptes des dindons de la farce et du farceur ! (PV : Amy - Louis - Christine - Ferdi)   Règlement de comptes des dindons de la farce et du  farceur ! (PV : Amy - Louis - Christine - Ferdi) Icon_minitime09.12.12 3:53

Si Christine de Listenois lui lançait à présent un regard haineux, celui d’Amy qui était toujours empreint d’une profonde colère ne l’était pas moins … Fort bien elles se détestaient et ce n’était pas cordialement, une bataille semblait avoir bel et bien commencé entre les deux jeunes femmes. Aucune ne cillait et c’était des dagues qui semblaient être dans leurs yeux et paraissaient vouloir se planter dans le corps de l’autre.

« Pourquoi cette soudain question, madame ? Je ne vous pensais pas prête à vous abaisser à croire aux ragots de couloir. Ne savez-vous donc pas que ces vipères seraient prêtes à inventer n’importe quoi pour vous faire chuter de votre piédestal ? »
- Laissez-moi juge je vous prie, de ce que j’ai entendu ou non et de ce que je dois croire. Je pense m’y connaître en matière de vipères depuis cinq ans que j’occupe ma position. Je prends rarement le risque de les sous-estimer … et mon seul regret aujourd’hui est d’en avoir accueillie le mieux du monde, une autre !

Amy n’élevait pas la voix pour la seule et bonne raison, qu’elle ne désirait pas se donner en spectacle … Les murs de la cour ont des oreilles partout. Justement elle ne s’abaissait pas à grand chose dont les crises de nerfs dignes des plus grandes hystériques. Cela dit, la favorite n’était pas dupe, le renvoi de sa maison d’un de ses dames ne passerait pas inaperçu. Monsieur, le frère du roi s’en délecterait dans quelques heures, il ne fallait pas en douter une minute. Un instant, Christine recula de quelques pas, mais ce fut pour mieux l’attaquer …

« Et quand bien même une telle chose se serait produite, que pensez-vous pouvoir me reprocher, vous qui avez allègrement fait de la reine la femme la plus trompée de ce royaume ? »

Amy ricana l’espace de quelques secondes. Cet argument on le lui avait servi plusieurs fois mais jamais aussi ouvertement … Qu’avait-elle à se plaindre, elle cette putain infâme, cet être de luxure qu’on voyait se vautrer dans le lit du roi, comme les truies dans la fange, c’était la reine pour laquelle on ressentait toujours de la pitié, mais ô combien fausse d'ailleurs ! Une reine aimée de son époux fidèle aurait ennuyé passablement la cour bien trop friande de ragots croustillants et d'histoires de fesses. Dans tous les pays et depuis des siècles, on espérait toujours en l'arrivée d'une favorite pour mettre un peu d'épices et lorsque celle-ci enfin était propulsée dans ce tableau trop mièvre, on pouvait alors bien hypocritement plaindre l'épouse et insulter celle que l'on avait tant attendue pour alimenter tous les cancans ... On se délectait bel et bien de la guerre entre les deux femmes et on pouvait monter des clans ! Amy ne se sentait pas plus méprisable que tous ces êtres si profondément faux cherchant à tromper davantage leur ennui qu'à prendre sincèrement le parti de l'une ou de l'autre. Tout au contraire, elle se jugeait bien plus estimable que ces donneurs de leçons à vrai dire !

Et puis cette soi disante pitié que la reine inspirait par cette liaison extra conjugale affichée, oui comment en aurait-il pu en être autrement ? Toute cette cour ignorait la face cachée de la reine de France et sa relation intime avec le duc de Valois ! Cocue la reine ? Oui mais cocu également le roi et avec son cousin s’il vous plait ! Si la chose se savait un jour, les discours changeraient et la si sainte reine serait mise en pièces par tous ces soi disant beaux et désintéressés défenseurs. Celui qui serait plaint serait le dauphin dont on aurait dit tout bas qu'il pouvait être bâtard, qu'importait la date du début de la liaison. La cour est une métaphore vivante de ces chiens presque enragés de la curée d'une chasse, ces membres sont dressés et éduqués pour être toute une meute contre un seul, en particulier lorsqu'on sent la personne à terre ! Pour autant malgré leurs différends évidents, un pacte de non-agression avait été scellé entre Marie Thérèse et Amy il y a de cela plus d'un an et elles se supportaient depuis ! De quoi frustrer un peu ces courtisans ! Un court instant, elle voulut rompre cet accord pour faire taire cette fille, mais elle ne le fit pas ce n’était pas dans son intérêt ni dans celui de la reine qu’au fond elle aimait bien à sa façon et pour laquelle en effet, un brin de culpabilité parfois naissait. Devait-elle pour autant se crucifier sur place parce qu’elle aimait le roi ? Elle ne défendait pas sa place de favorite à ce moment précis, elle défendait cinq années de profonds sentiments et de patience … Ces cinq années qui avaient vu naître deux filles dans des circonstances désastreuses ! Mais qui aurait pu comprendre et admettre que ce n’était pas le pouvoir que représentait Louis qui l’intéressait mais bien Louis lui-même, eut-il été gueux ! Oui elle était jalouse mais ce n’était pas par peur de perdre toute ces richesses, loin de là.

- En effet mademoiselle, mais je ne l’ai jamais prise en traître quoi qu’on en dise, puisqu’elle sait depuis toujours à quoi s’en tenir avec moi. Chose que je ne peux pas dire de vous, j’ai eu au moins ce mérite, je ne risquais absolument pas de la décevoir … Or nous parlons bien d’une supercherie, d’une dissimulation, d’une toute autre tromperie aujourd’hui mademoiselle. Non seulement celle que vous évoquez n’a rien à voir avec notre propos, et celle-ci se passe entre vous et moi … Ne vous cachez pas derrière la conduite que j'aie envers la reine pour fuir vos propres responsabilités ! Comme c’est commode vraiment ! J'aurai apprécié que vous soyez aussi franche et directe avec moi dans le passé que vous l'êtes maintenant ! Ne soyez donc pas lâche et osez me dire si le roi vous a fait bénéficier de ses faveurs ? Car si tel est le cas, votre petit discours si touchant au sujet de la reine bafouée ne vaudrait plus grand chose n'est ce pas et l'hôpital se moquerait bien de la charité !

Mais son interlocutrice la toisait encore et toujours, royalement … Un véritable dialogue de sourds !

« Je n’ai pas à vous répondre, madame. »

Ce devait être très plaisant à cette petite peste de jouer sa mystérieuse, sans doute pour la faire souffrir, pour se venger à son échelle de sa révocation … Elle parvenait d’ailleurs tout à fait à la torturer davantage ! Mais le flegme anglais étant ce qu’il a toujours été, elle dissimulait ce sentiment sous un visage sans un seul trait crispé.

- Fort bien … C’est en effet votre droit marquise !

La favorite n’allait pas la supplier ou même davantage se mettre en colère … Les choses étaient clairement dites et elle n'obtiendrait rien d'elle !

« Et quoi qu’il en soit, je pars pour Nancy sous peu, nulle ne sera moins bien placée que moi pour menacer votre chère place. »
- Eh bien, bon vent pour Versailles et que Dieu ne vous garde surtout pas !

Amy se mit tout à coup à claquer des doigts à seulement quelques centimètres de son visage pour ponctuer ses paroles, avant de lui indiquer la direction de la porte. Un silence glacial s’installa ensuite et après un fugace salut, Christine de Listenois s’éloigna d’elle afin de rejoindre l’entrée ou plutôt dans son cas la sortie de ses appartements. Elle n’avait pas encore tourné la poignée, qu’elle revint à la charge avec ce qui ressemblait fort à un dernier défi.

« Personne sinon Sa Majesté elle-même ne peut répondre à votre question »
- Merci pour ce brillant génie qui est le vôtre et qui vient de me souffler cette idée …

Cette réplique avait été dite avec tout le sarcasme dont on pouvait faire preuve, Amy s’en frappa même le front pour marquer un brusque éclaircissement de ses pensées. Que croyait cette Listenois ? La pensait-elle si sotte pour ne pas y avoir songé ? Bien entendu qu’elle comptait interroger Louis, mais bien occupé avec les affaires de l’état, elle n’avait pas encore pu avoir des explications de lui et donc s’était rabattue sur Christine. Une Christine qui avait tenu sa langue et à vrai dire tout ceci ressemblait fort à un aveu … Une fois que son ancienne dame eut quitté les lieux, elle attendit quelques minutes avant de retenter sa chance à l’entrée des appartements du roi. Bontemps la reçut à nouveau.

- Je désire m'entretenir avec le roi, en a-t-il terminé avec ses ministres ?

Le ton était déjà plus ferme et ne paraissait souffrir aucune autre excuse … C’était bien la première fois, qu’Amy dérangerait Louis, si c’était le cas et ce pour une scène de ménage. Car si possessive elle était, elle n'avait jamais rien dit ni au sujet de la Montespan qui cherchait en permanence à lui plaire ni sur bien d'autres d'ailleurs. Pas une plainte, jamais ! Elle ne voulait pas l'étouffer et la confiance avait toujours régné mais cette fois l'affaire était plus grave et ses soupçons plus vifs. En cinq ans, il s'agirait de leur toute première dispute.

- Je vais lui faire savoir votre présence et lui présenter votre demande.
- Ce n’en est pas une et encore moins une prière !

Sur cette réplique tout à fait cassante, le premier valet du monarque s’engouffra dans les grands appartements l’espace de quelques minutes. Amy, quant à elle tentait de conserver son calme et saluait poliment les courtisans, comme si rien ne la contrariait le moins du monde … Ils ne se pourlècheraient pas tout au moins de sa mine déconfite, elle conserverait sa dignité. Enfin, Bontemps la pria de la suivre et lui apprit que le conseil venait de s’achever … Introduite dans la chambre de Louis, à sa simple vue le torrent de colère qu’elle contenait depuis son entrevue avec Christine déferla …

- Comment avez-vous osé Louis ?

Elle aurait voulu lui poser une toute autre question, moins accusatrice de premier abord, davantage ouverte au dialogue, mais son cœur lui disait que cette rumeur cette fois était véridique. Ces femmes ne l’avaient guère vue dans les couloirs, ce n’était donc pas pour la heurter qu’elles avaient parlé de cette étreinte … De plus, son entretien avec la Listenois lui avait plus que jamais échauffé la bile.

- Toute la cour ne parle plus que du baiser passionné que vous avez échangé avec cette marquise de Listenois qui vous plût de faire rentrer comme dame dans ma Maison ! Je comprends mieux aujourd'hui vos recommandations ! Vous sentiez-vous si esseulé durant mon séjour en Guyenne pour prendre une autre maîtresse, puisqu'il me parait difficile que ça se soit cantonné à ce simple échange ? Vous imaginer dans les bras de cette femme alors que je vivais l’enfer loin de vous et ensuite entre les griffes de ce monstre, me rend malade ! Ai-je toujours votre affection ou votre simple pitié ? Me gardez-vous auprès de vous à cause de notre enfant ? Combien de temps, comptiez-vous garder cela pour vous ? Ne niez pas Louis, cette Christine n’a pas démenti le moins du monde !

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La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

Le rouge et le noir
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Louis XIV

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MessageSujet: Re: Règlement de comptes des dindons de la farce et du farceur ! (PV : Amy - Louis - Christine - Ferdi)   Règlement de comptes des dindons de la farce et du  farceur ! (PV : Amy - Louis - Christine - Ferdi) Icon_minitime12.12.12 23:52

Assis sur sa chaise en bout de table dans la salle du Conseil, Louis XIV écoutait attentivement chacun des participants, conseil réduit puisque c'était jour du Conseil d'Etat et les deux ordres principaux étaient les mêmes chaque mercredis depuis des semaines : la gestion du royaume en l'absence du Roi à Versailles et la guerre. Le premier point était souvent des affaires rapides, des questions de pratique pour savoir où les Conseils se tiendraient, comment nommer les intervenants au conseil, la gestion du château, la sécurité de la Reine, les dépêches des provinces … Il y avait à faire avec un royaume tel que la France ! Quant à la guerre, chaque courtisan aimerait sans aucun doute être invité au Conseil d’État juste pour l'ordre de la guerre, LE point de discorde entre Colbert et Louvois qui n'étaient pas d'accord, ne s'aimaient pas et se le montraient bien lorsqu'ils se levaient et se lançaient des arguments pour contrer l'autre avec toute la retenue possible pour ne pas s'insulter, ce qui était encore plus amusant et personne n'osait les déranger dans leur bataille acharnée, pas même Louis qui restait sérieux mais ne put retenir un petit sourire en coin, à peine perceptible mais bien présent.

Allons messieurs, n'essayez pas de défaire ce qui est fait. Les troupes partent sous peu pour la frontière, nous sommes prêts, n'est ce pas ? Les deux hommes se regardèrent avant de se tourner vers le Roi pour acquiescer. Bien, n'en parlons plus, donc.

La guerre avait fait lever de nouveaux impôts, ce qui ne rendait jamais les rois et ses ministres bien impopulaires, mais il fallait bien financer les troupes, il était impossible de faire machine arrière depuis la déclaration de guerre en novembre. On disait les espagnols déjà partis pour acheminer leurs flottes sur les cotes anglaises et des Pays Bas espagnols ; les anglais s'armaient et se préparaient à rejoindre Nancy, tout comme les germaniques et autrichiens. Certains hommes de Versailles étaient déjà partis depuis quelques jours et cela allait continuer, avant que les hommes français ne fassent de même pour rejoindre les campements. Il fallait aller de l'avant et combattre, peu importe le temps que ça durerait …

Le Conseil se finissait peu avant l'heure prévue, tout le monde quitta la pièce sauf Colbert que Louis avait demandé à parler. Le contrôleur général des finances était dans les petits papiers du roi qui lui vouait une grande confiance pour son travail et son intelligence. Colbert était un des rares à connaître l'existence des espions, Louis pouvait lui en parler alors qu'il se rendait dans sa chambre pour l'heure du dîner qu'il prendrait seul, le seul moment de tranquillité. Enfin, c'est ce qu'il croyait …

Colbert en mon absence, je sais que vous saurez tenir mes espions comme je le fais moi-même, en compagnie de monsieur de La Reynie.
Votre Majesté, vous pouvez toujours compter sur ma personne en toute cause. Vos agents seront miens si vous le souhaitez. Je veillerais sur chacun d'eux puisque nous manquerons d'effectif.
Vous avez carte blanche et …

Sa voix se suspendit lorsque Bontemps arriva presque à reculons, le visage désolé d'interrompre la conversation et embarrassé de manière générale.

Qu'il y a t'il, Bontemps ?
Sire, madame la duchesse de Guyenne souhaiterait s'entretenir avec vous.

Louis jeta un œil sur l'horloge avant de se reporter sur son premier valet de chambre.

De suite ?
Oui, elle m'a bien fait comprendre que ce n’était pas une demande et, j'ose la citer, encore moins une prière.
Hé bien … faites la entrer. répondit Louis, d'un ton froid, mais en même temps intrigué.

Amy ne venait pas le déranger à l'heure du repas. Elle savait que c'était un instant privilégié de solitude, ou alors il l'invitait mais cela restait de l'ordre de l'exception, comme tous ceux qui partageaient cet instant avec le roi, cela était un grand honneur. Sa belle savait qu'il n'aimait pas être en retard dans ses horaires, qu'il n'avait qu'une heure pour manger avant d'être attendu par la Cour pour la traditionnelle promenade. Mais il ne pouvait pas lui refuser quoi que ce soit. Peut être n'aurait-il pas du quand il vit sa mine fermée et son air déterminé.

Comment avez-vous osé Louis ? lâcha t'elle en colère.
Plait-il, madame ?

Lui qui pouvait se montrer plus détendu ou plus familier en ces instants où il n'y avait que des proches, il se redressa, droit comme un i, et avait cet air froid qu'il arborait en public. Colbert voulut se reculer mais Louis, d'un geste, lui ordonna de ne pas bouger.

Toute la cour ne parle plus que du baiser passionné que vous avez échangé avec cette marquise de Listenois qui vous plût de faire rentrer comme dame dans ma Maison ! Je comprends mieux aujourd'hui vos recommandations !

Louis n'arqua qu'un sourcil. Qu'était-ce encore que cette rumeur ridicule ?

Vous sentiez-vous si esseulé durant mon séjour en Guyenne pour prendre une autre maîtresse, puisqu'il me parait difficile que ça se soit cantonné à ce simple échange ?

Là, le monarque se sentit insulté et fronça les sourcils … ce qui n'était jamais bon signe.

Vous imaginer dans les bras de cette femme alors que je vivais l’enfer loin de vous et ensuite entre les griffes de ce monstre, me rend malade ! Ai-je toujours votre affection ou votre simple pitié ? Me gardez-vous auprès de vous à cause de notre enfant ? Combien de temps, comptiez-vous garder cela pour vous ? Ne niez pas Louis, cette Christine n’a pas démenti le moins du monde !
Madame, calmez vous. répondit au premier abord le souverain d'un ton franc. Sachez, pour commencer, que mon amour pour vous ne vous permet pas de venir m'insulter de la sorte dans mes propres appartements et m'accuser comme un vulgaire voleur de pomme. Soyez digne de vos rangs.

L’ego de l'homme allait de pair avec l'ego du roi, et le roi n'aimait pas qu'on lui parle de la sorte, favorite ou non. La seule qui avait encore autorité sur lui était sa mère. Hélas, un an s'était écoulé depuis sa disparition et il était seul maître de lui-même. Et il fallait avouer qu'il pensait davantage à la guerre qu'aux histoires de Cour ridicules ! Il se radoucit quelque peu, mais la chaleur n'était toujours pas au rendez vous.

Ce ne sont guère des manières de venir accuser un roi, un homme même, sur de simples … paroles de précieuses qui s'ennuient. Je n'ai guère de compte à vous rendre, je vous ai toujours permis des libertés mais jamais vous n'avez osé à en venir à parler de ma personne ainsi. Qu'il est bas, madame, même pour une femme jalouse, de venir me rappeler votre détention et d'imaginer une vie bien meilleure sans vous, dans les bras de la marquise.

Pendant le discours, Bontemps avait disparu dans le salon de l'Oeil-de-Boeuf et Colbert s'était effacé de quelques pas pour ne pas se montrer trop indiscret, même s'il pouvait entendre aisément ce qui se disait. Louis fit un pas vers Amy et ne cessait de plonger son regard dans le sien.

Vous dites que la marquise n'a point démenti, mais a t'elle affirmé ? Si vous l'avez accusée avec la même vigueur que vous l'avez fait avec moi, avouez qu'il est tentant de vous laisser le doute. Mais je vais vous l'ôter : non, il ne s'est rien passé avec la marquise de Listenois, ni avec aucune autre. Votre curiosité et jalousie sont-elles satisfaites ?

Mais au-delà de rassurer Amy sur la non-existence de la liaison, Louis se demandait surtout comment avait pu naître cette stupide rumeur car s'il fallait choisir une probable maîtresse, la jeune femme n'était pas la plus indiquée. Il ne la recevait même pas pour les rapports de mission, c'était … et là Louis se demanda ce qu'avait encore une fois son Fou ! Après une discussion un peu froide entre le roi et sa favorite, Amy se retira, laissant un souverain perplexe. Il envoya Bontemps dire à Ferdinand de le rejoindre après la promenade, dans le petit salon ovale où Louis recevait toujours discrètement ses espions.

Les heures séparant cet entretien passèrent à grande vitesse, la promenade en ces temps frais était vivifiante selon le souverain, pas forcément pour les courtisans transis de froid, qui se sentaient obligés de suivre le roi. De retour à ses appartements, alors qu'on préparait les divertissements, Louis retirait sa fourrures et ses bottes crottées alors que Bontemps vint le prévenir que Ferdinand venait d'arriver. Est-ce que son fou savait pourquoi il était là ? Peut être pas ... Entrant dans la pièce, il n'avait pas vraiment le temps de tourner autour du pot.

Ah Ferdinand, je t'ai fait venir pour te raconter une histoire qui m'est arrivé et où seulement toi peut éclaircir ce mystère. Bon d'accord, cette entrée en matière était un peu théâtrale. A l'heure de mon dîner, alors que je discutais avec Colbert, voici que la duchesse de Guyenne est venue ma voir pour me parler, ou plutôt me hurler, des accusations ... étranges. Elle ne semblait avoir nul doute sur ma liaison avec mademoiselle de Listenois. Liaison inventée puisque c'est à peine si j'ai des contacts avec elle du point de vue professionnel, alors personnel ... Mais toi, si.

Il fixa Ferdinand, le visage sérieux et le regard azur presque inquisiteur :

N'as tu rien à me dire ?

Bon courage, Ferdinand pour se justifier ...


______________________



« C'est toujours l'impatience de gagner
qui fait perdre. »
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Plus que quelques semaines. Quelques semaines, et il serait lui aussi en route pour le champ de bataille, chevauchant fièrement aux côtés de son roi, de Monsieur, et des ministres Colbert et Louvois qui ne manqueraient certainement rien des festivités. Une échéance que Ferdinand attendait à la fois avec impatience et appréhension : appréhension car la guerre n’était pas exactement l’aspect de la politique qu’il préférait, et impatience car cet impétueux gascon n’aimait rien tant que l’action. Et même en étant le Fou du Roi, il ne restait qu’un tout petit baron et ferait partie de la soldatesque, ceux qu’on envoie joyeusement se faire écorcher sur le champ de bataille en pagaille… Mais baste, sa conception de Dieu était peut-être hasardeuse et peu conventionnelle, mais il avait confiance en sa bonne étoile et continuait encore de se dire que quelqu’un là-haut aurait l’aimable bonté de veiller sur lui. Il avait encore quelques petites choses à régler à Versailles avant de passer de l’autre côté et d’aller dire bonjour au Seigneur.

Et il en avait réglé l’une d’elles pas plus tard que la veille. Et certainement pas l’une des plus aisées. Allongé sur le canapé moelleux de ses appartements, un livre posé ouvert sur le ventre, incapable de se concentrer dessus, il fixait le plafond sans sourire alors que les images et paroles de la soirée lui revenaient en mémoire comme une ritournelle inlassable. A l’autre bout de la pièce, Aurélien venait d’entrer pour vérifier que son maître n’avait besoin de rien, mais s’arrêta net et renonça à s’enquérir de ses besoins. Il connaissait suffisamment le baron pour savoir que lorsqu’il était songeur comme cela, essayer d’en tirer quelque chose revenait à peu près à vouloir essayer de nager à contre-courant. Faisant demi-tour, le jeune rouquin se demanda ce à quoi son maître pouvait bien penser. Le baron ne lui avait évidemment rien dit en rentrant la veille au soir, mais il avait été surpris de le voir l’air si peu rieur, pas boudeur, mais plutôt… Partagé entre résignation et anxiété. Et quand il avait vu qu’il le regardait d’un air interrogateur, il avait souri sans joie et s’était exclamé : « Voilà une bonne chose de faite ! Au moins notre bon Seigneur ne pourra pas m’accuser d’avoir fait le malheur d’une innocente ! » avant de disparaître dans sa chambre sans dîner. Aurélien cherchait encore à comprendre le sens de ces paroles énigmatiques, puis avait renoncé. Il ignorait même où s’était rendu Ferdinand et de qui il pouvait bien parler. Et il n’avait pas essayé de percer de mystère.

En entendant son valet refermer la porte derrière lui, Ferdinand sembla sortir de sa rêverie et se redressa avant d’envoyer le livre voler sur la petite table en face de lui. Enfin, il poussa un profond soupir et s’ébouriffa les cheveux, comme si ce geste pouvait lui remettre les idées en place, et il se leva d’un bond pour faire les cent pas dans la pièce, avant de retourner s’étendre sur le canapé, incapable de tenir en place mais pas plus capable de s’agiter sans avoir l’impression d’être incapable de prendre une décision. Mais quelle décision y avait-il à prendre ? Il l’avait déjà prise, hier soir, quand il avait été rendre visite à Françoise d’Aubigné pour lui faire part de sa résolution. Ou plutôt, du retour qu’il avait fait sur sa résolution. En un sens, après plusieurs mois d’hésitation et de repoussement de l’échéance, il était temps. Mais d’un autre côté, il commençait déjà à regretter. Si sa raison lui assurait qu’il avait pris la bonne décision, le souvenir de vieux récits de son enfance lui soufflait le contraire…
Aurélien interrompit de nouveau sa méditation, mais cette fois l’air songeur du baron ne l’arrêta pas :

« Monsieur, le valet de chambre du roi, monsieur Bontemps, dit qu’il a un message important pour vous. »
« Bontemps ? » s’étonna Ferdinand en reprenant pied dans la réalité. Il hésita un court instant, puis : « Fais-le entrer, ce n’est pas tous les jours que le roi m’envoie quérir pendant son déjeuner. Il y a du Diable là-dessous ! »

Aurélien s’exécuta, et le discret homme fit son entrée quelques secondes plus tard. Bontemps était l’un des rares proches collaborateurs de Louis à qui Ferdinand n’avait réellement rien à reprocher, à part peut-être sa discrétion justement mais elle était inhérente à sa fonction, aussi ne pouvait-il guère s’en moquer. Efficace, silencieux, modeste, diligent, Alexandre Bontemps avait le mérite de s’être fait une bonne place dans l’estime du baron, et le plus beau, c’est qu’il ne s’en doutait peut-être même pas. Il était difficile de savoir ce que Bontemps avait en tête.

« Bonjour mon brave Bontemps ! Que se passe-t-il donc pour que Sa Majesté vous envoie pendant son déjeuner ? Est-elle malade ? Veut-elle que je vienne la border et lui lire de belles histoires pendant qu’elle se repose ? » lança Ferdinand en retrouvant sa gouaille habituelle.
« Sa Majesté se porte à merveille baron, je suis certain qu’elle appréciera votre sollicitude. Le roi m’a simplement envoyé vous prier de bien vouloir le retrouver sans ses appartements après la promenade. »
« En privé ? »
« En privé. »
« Une idée de ce qu’il veut, notre bon roi ? » demanda Ferdinand de plus en plus perplexe, et guère aidé par le flegme de Bontemps.
« Pas la moindre baron, vous m’en voyez navré. » répondit le valet, avant de réfléchir une seconde et d’ajouter, sachant que le roi avait toute confiance en son fou : « Tout ce que je puis vous dire c’est que Sa Majesté a eu… des mots avec la duchesse de Guyenne. Mais je suppose qu’il vous en parlera mieux lui-même. »
« La duchesse de Guyenne ? C’est donc une histoire d’amoureux, ou alors je ne m’appelle plus d’Anglerays. Allez donc dire au roi que je le retrouverai avec plaisir. C’est que ça doit être sérieux. Allez, cours Gris-Poil, montre-nous ce que célérité veut dire ! » lui enjoignit-il d’un air railleur en lui tapotant gentiment l’épaule, se moquant de la seule chose dont il puisse gentiment rire chez Bontemps, à savoir ses cheveux qui commençaient sérieusement à grisonner. En oubliant que d’ici quelques courtes années, ce serait probablement son tour.

Puis il retourna à ses occupations et ses rêveries en attendant que ne sonne l’heure de la fin de la promenade. Lorsqu’il sut que le roi était rentré et prêt à le recevoir, il se rendit à ses appartements et y entra comme s’il était chez, ne se faisant annoncer que parce que Bontemps avait insisté. Passant devant le valet de chambre en lui souriant benoîtement –et surtout n’ayant pas la moindre idée de pourquoi on l’avait fait quérir- Ferdinand entra dans la pièce et se planta devant son roi en faisant un salut militaire.

« Soldat d’Anglerays, future chair à pâté au service de Sa Majesté, au rapport ! » s’exclama-t-il.
Ah Ferdinand, je t'ai fait venir pour te raconter une histoire qui m'est arrivé et où seulement toi peut éclaircir ce mystère.
« Tu me flattes mon roi, et je vais essayer de ne pas te décevoir. Allons, raconte tout au bon tonton Ferdinand. » S’il avait su ce qui l’attendait, il aurait sûrement moins fait le fanfaron.
A l'heure de mon dîner, alors que je discutais avec Colbert, voici que la duchesse de Guyenne est venue ma voir pour me parler, ou plutôt me hurler, des accusations ... étranges.
« Allons bon, quoi donc ? D’avoir accordé un regard à la reine plutôt qu’à elle ? »
Elle ne semblait avoir nul doute sur ma liaison avec mademoiselle de Listenois. Liaison inventée puisque c'est à peine si j'ai des contacts avec elle du point de vue professionnel, alors personnel ... Mais toi, si.

En temps normal, Ferdinand aurait éclaté de rire rien qu’à l’idée d’imaginer Louis et Christine ensemble. Et il aurait peut-être éclaté de rire devant ce couple improbable si un souvenir, encore lointain, n’était pas venu résonner dans son cerveau comme un écho.

N'as tu rien à me dire ?

Il ouvrit la bouche pour répondre, mais la referma aussitôt, comme un poisson. Il avait voulu répondre que décidément, la duchesse de Guyenne était bien comme toutes les femmes, dès qu’il s’agissait d’être jalouses tous les prétextes étaient bons, surtout que si elle connaissait si bien le roi elle aurait tout de suite su qu’il ne s’agissait que de stupides ragots sans le moindre fondement… Mais alors même qu’il y pensait, un souvenir revint le frapper de plein fouet, le souvenir d’un moment volé, si court qu’il l’avait même oublié. Jusqu’à maintenant. Le visage du Fou se décomposa de surprise et il en resta sans voix… S’apercevant trop tard qu’il était précisément en train de se trahir tout seul. Car quand Ferdinand ne disait rien, c’était louche. Et Louis le savait parfaitement. Et Ferdinand le comprit lorsqu’il releva les yeux et croisa son regard qui en disait long, lequel ranima d’autant plus le souvenir vivace des lèvres de Christine de Listenois contre les siennes. Car si une personne était bien à blâmer, ce n’était pas le roi : c’était lui-même. Constat qui réussit l’exploit de le faire –légèrement- pâlir.

Nom de nom, il ne s’attendait pas à ce que cette histoire-là resurgisse un jour ! Lui-même n’en avait parlé à personne, Christine avait-elle vendu la mèche ?

« … c’est pas moi, c’est du Perche. » lança-t-il dans un premier réflexe, peut-être pour vaguement tenter de dérider le roi, mais constatant que cela ne fonctionnait guère, il passa une main sur son front. « C’est pas vrai… » soupira-t-il à voix haute, avant d’étouffer un juron en se souvenant que le roi était toujours là et qu’il n’était pas sourd. Se maudissant intérieurement de s’être aussi bêtement trahi, il tourna les talons, fit trois pas, se retourna de nouveau pour revenir vers Louis, et se planta devant lui les poings sur les hanches, l’air visiblement nerveux et surtout contrarié. Il soupira de nouveau avant de lancer :
« Bon d’accord, je vais tout te dire. Mais assieds-toi, parce que je veux m’asseoir aussi et je ne veux pas que tu me regardes de haut, sacré roi ! »

Prenant place sur un des fauteuils du bureau, il croisa les bras sur son torse et riva son regard sur un vase à côté pour éviter de croiser celui du roi. A cet instant précis, le pauvre bouffon avait tout l’air d’un gamin boudeur pris en flagrant délit d’une grosse bêtise. Une sensation qu’il n’avait que très rarement éprouvée dans sa vie et qu’il trouvait très désagréable. Lui qui était d’habitude l’intouchable, l’impuni par excellence, détestait devoir donner des explications… Surtout quand elles étaient aussi ridicules que celles-là. De quoi allait-il avoir l’air, franchement ?

« Bien sûr que j’ai quelque chose à te dire, inutile de tourner autour du pot, tu sais aussi bien que moi que je suis le seul à transmettre ses missions à la marquise de ta part ! Alors à moins que tu n’aies refilé cette tâche à Colonna, Courtenvaux, du Perche, de Bar ou d’Artois, et que ceux-ci se soient soudainement découvert des talents d’imitateurs, je ne vois pas comment elle aurait pu se méprendre sur l’identité du coupable. » Puis, constatant que non seulement Louis ne réagissait que peu et continuait de le dévisager d’un air accusateur, Ferdinand leva les deux bras au ciel et se leva de nouveau soudainement, avant de s’exclamer : « Bon d’accord, ça va ! C’est moi, c’est ma faute, ma trèèès grande faute ! Là, tu es content ? » De plus en plus mal à l’aise, sentant très bien qu’il était en train de s’enfoncer plus qu’autre chose, il jeta des regards à droite, à gauche, comme pour chercher une échappatoire, mais n’en trouvant aucune il retrouva sa position initiale en se laissant de nouveau tomber sur son fauteuil et croisant les bras. Il se trouvait parfaitement ridicule. Alors, pour abréger son calvaire, il fixa résolument le sol et débita d’un trait : « C’était il y a quelques mois déjà, alors que tu m’avais demandé de lui confier je ne sais plus quelle mission, sûrement en rapport avec la vicomtesse de Comborn, ou du Perche, ou une autre bêtise de cet acabit… Comme d’habitude je lui ai donné rendez-vous dans un endroit sans lumière où elle ne pourrait pas me reconnaître, et j’ai déguisé ma voix afin de me faire passer pour toi. Comme d’habitude, elle a marché… En tout cas sache que ta voix doit avoir un certain pouvoir de séduction, je ne crois pas que la marquise se soit jamais montrée aussi enjôleuse envers moi que quand je t’imite ! »

Le sarcasme dans sa voix était palpable. Louis devinait certainement où il voulait en venir, mais curieusement, il doutait que le roi veuille bien l’aider à abréger son calvaire. Il le soupçonnait même de vouloir le prolonger, s’il était possible d’être plus risible qu’à ce moment-là. Ecartant les deux mains dans un geste d’impuissance, il poursuivit avec exaspération :

« Je l’admet, j’ai été idiot ! Je connais la marquise depuis un certain temps et… bon d’accord, elle me plaisait ! » Des aveux arrachés contre son gré, qui lui brûlaient la gorge autant qu’ils réduisaient sa fierté en miettes. De mauvaises langues auraient même pu l’accuser de rougir imperceptiblement. Alors il se donna le coup de grâce : « J’ai cédé à mon impulsion du moment et je l’ai embrassée. En me faisant passer pour toi. Mais c’est tout ! Si cela peut rassurer ta reine numéro deux, tu pourras lui dire que non seulement sa suivante a été dupée, mais qu’en plus son honneur est sauf ! Je ne pensais pas qu’elle le dirait à qui que ce soit, pour ma part en tout cas je n’ai pas soufflé mot à personne de cet épisode et j’ai fini par l’oublier… Voilà ! Tu es content j’espère ? Parce que ne compte pas sur moi pour raconter l’histoire une deuxième fois ! »

Si Ferdinand avait pu s’enterrer six pieds sous terre, il l’aurait fait bien volontiers. Ou alors il serait allé s’embrocher sur une baïllonette. Tout en tout cas, plutôt que d’affronter le regard de Louis –et surtout ses moqueries qui pour une fois seraient bien justifiées…
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Louis XIV

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MessageSujet: Re: Règlement de comptes des dindons de la farce et du farceur ! (PV : Amy - Louis - Christine - Ferdi)   Règlement de comptes des dindons de la farce et du  farceur ! (PV : Amy - Louis - Christine - Ferdi) Icon_minitime03.07.13 18:35

Il était temps de tirer cette histoire au clair, de cette prétendue liaison que Louis était sûr de n'avoir jamais entretenu avec la marquise de Listenois. Il faisait entièrement confiance à Ferdinand pour la guider et la gérer, ils avaient monté ensemble ce plan de faire croire à l'espionne qu'elle s'adressait au roi, merci à son Fou d'avoir des dons d'imitations incroyables ! Quoi qu'il en soit, le nom de Ferdinand revenait automatiquement dès qu'on parlait de Christine, il ne pouvait être qu'impliqué. Et il se trahissait en restant silencieux, lui qui avait toujours un mot à dire sur tout, une bonne blague ou quoi que ce soit. Bref, il y avait toujours du son qui sortait de sa bouche. Louis croisa les bras et fixait son espion, l'air impassible.

« … c’est pas moi, c’est du Perche. Cette phrase prêtait à sourire mais le roi ne fit qu'arquer un sourcil, cherchant à savoir. C’est pas vrai…
Du Perche ne peut pas être coupable de tout. » dit seulement le monarque.

Il observa Ferdinand prit à son propre piège, cela avait un côté risible, surtout que cela n'arrivait pas tous les jours.

« Bon d’accord, je vais tout te dire. Mais assieds-toi, parce que je veux m’asseoir aussi et je ne veux pas que tu me regardes de haut, sacré roi !
Fort bien. Le monarque s'assit dans un fauteuil et continua d'observer son fou. Dépêchons, tu n'as pas commis un meurtre non plus. »[/b]

Même s'il paraissait sérieux, le monarque s'amusait de voir Ferdinand être mal à l'aise et chercher ses mots, assis lui aussi. Louis tapotait du bout des doigts sur l'accoudoir du fauteuil, un peu impatient d'en savoir plus, que son meilleur espion puisse enfin expliquer ce qu'il s'était passé, même si rien ne sert de courir, il faut partir à point. Il n'empêche que Ferdinand continuait de tourner autour du pot.

« Bien sûr que j’ai quelque chose à te dire, inutile de tourner autour du pot, tu sais aussi bien que moi que je suis le seul à transmettre ses missions à la marquise de ta part ! Alors à moins que tu n’aies refilé cette tâche à Colonna, Courtenvaux, du Perche, de Bar ou d’Artois, et que ceux-ci se soient soudainement découvert des talents d’imitateurs, je ne vois pas comment elle aurait pu se méprendre sur l’identité du coupable. Bon d’accord, ça va ! C’est moi, c’est ma faute, ma trèèès grande faute ! Là, tu es content ?
Ferdinand … Le souverain lui fit un signe de la main pour qu'il abrège et parle enfin.
C’était il y a quelques mois déjà, alors que tu m’avais demandé de lui confier je ne sais plus quelle mission, sûrement en rapport avec la vicomtesse de Comborn, ou du Perche, ou une autre bêtise de cet acabit… Comme d’habitude je lui ai donné rendez-vous dans un endroit sans lumière où elle ne pourrait pas me reconnaître, et j’ai déguisé ma voix afin de me faire passer pour toi. Comme d’habitude, elle a marché… En tout cas sache que ta voix doit avoir un certain pouvoir de séduction, je ne crois pas que la marquise se soit jamais montrée aussi enjôleuse envers moi que quand je t’imite !
Le charme des rois, sans aucun doute. » Répliqua simplement Louis, toujours l'air impassible.

Louis voyait l'histoire arriver, grosse comme une maison. Mais avoir la confession de son fou était amusant, surtout que celui-ci avait des manières de mauvais tragédien en cet instant, monsieur Racine ne lui aurait même pas confié le rôle d'un arbre en fond de scène !

« Je l’admet, j’ai été idiot ! Je connais la marquise depuis un certain temps et… bon d’accord, elle me plaisait ! J’ai cédé à mon impulsion du moment et je l’ai embrassée. En me faisant passer pour toi. Mais c’est tout ! Si cela peut rassurer ta reine numéro deux, tu pourras lui dire que non seulement sa suivante a été dupée, mais qu’en plus son honneur est sauf ! Je ne pensais pas qu’elle le dirait à qui que ce soit, pour ma part en tout cas je n’ai pas soufflé mot à personne de cet épisode et j’ai fini par l’oublier… Voilà ! Tu es content j’espère ? Parce que ne compte pas sur moi pour raconter l’histoire une deuxième fois !
Pas même pour ton roi, tu la raconterais une seconde fois ? »

Il était évident que le souverain se moquait de lui à ce moment-là, il n'y avait qu'à voir le petit sourire sur ses lèvres, avant d'éclater de rire. Cette histoire était tout bonnement stupide, montée en épingles par des histoires de bonnes femmes alors que c'était tellement amusant quand on savait le pourquoi du comment, le souverain s'amusait à ce moment précis, se moquait allègrement de son fou, c'était un peu l'histoire de l'arroseur arrosé. Autant dire que d'Anglerays n'aimait pas être dans la situation du moqué.

« Allons Ferdinand, ne fais pas la tête ! Tu n'es pas fils de producteurs d'artichauts ! Il continuait de sourire à cette histoire. Que croyais tu ? Que cela ne se saurait jamais ? Tu es bien plus fou que je le pense, tu devrais pourtant savoir que tout se sait tôt ou tard. Je ne sais comment cela est sorti, je doute que la marquise ait pu le crier sur les toits, elle-même étant dans la Maison de la duchesse de Guyenne. Enfin … Il se leva de son fauteuil, toujours le sourire amusé. Je devrais raconter cette histoire à Molière, sûr que celui-ci adorerait savoir que des fous se font passer pour des rois pour embrasser des marquises. Lui-même n'y aurait peut être pas pensé ! »

Pour une fois qu'on pouvait s'amuser sur des sujets comme ceux-là. Louis aurait bien à faire à expliquer à Amy que cette histoire était fausse, une invention de courtisans qui s'ennuient un peu trop et que la marquise avait sa dignité pour ne pas s'abaisser à entrer dans des histoires de coucheries. Il ne manquerait plus que la forme mais cela, il le ferait plus tard. Le souverain s'était bien amusé à se moquer de son fou qui avait eu l'air tout penaud face à lui, et il ne manqua pas d'enfoncer un peu le clou.

« On dirait un enfant qui avait fait une bêtise … Enfin, c'est exactement cela, mais l'enfant a quelques années de plus. Cela t'apprendra sans doute à être plus roi que tu ne l'es. »

Il s'était avancé jusqu'au fauteuil de Ferdinand, et tout en avançant, fit une petite tape sur l'épaule de son fou avant de s'appuyer contre le bureau. Son espion avait du comprendre depuis longtemps que le roi ne lui en voulait pas, au contraire qu'il s'en amusait et que les dégâts que cela avait causé n'étaient que superficiels.

« J'espère que tu n'as pas fait le coup à d'autres dames de te faire passer pour moi pour les séduire ! Je ne vais pas passer derrière toi pour ramasser les pots cassés !  Il se mit à rire une nouvelle fois. [b]Maintenant que cette histoire est tirée au clair, nous n'avons plus de raison de nous en faire. Va, grand séducteur ! »

Il laissa Ferdinand s'en aller, les deux hommes, après cette entrevue absolument improbable sur comment Ferdinand s'est fait passer pour le roi et embrasser une espionne, il était temps de retourner au cours normal des choses. Enfin, qu'est ce qui était normal quand on est roi de France ?

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« C'est toujours l'impatience de gagner
qui fait perdre. »
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