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 Le roi et ses espions en réunion

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Côté Coeur: Belle et douce Amy, l'unique. Peu importe mon alliance ...
Côté Lit: Avec ma femme au nom du devoir conjugal, avec la Reine de mon coeur au nom d de l'amour
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L'Etat, c'est Moi

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MessageSujet: Le roi et ses espions en réunion   04.11.12 18:46

Espion: Toujours du grand monde.
Louis XIV && ses espions


En ce début février 1667, il était temps de réunir ses troupes. Nous ne parlons pas là de guerre, bien que cela en soit un peu une en quelque sorte face à des ennemis invisibles, mais d'espionnage ! Dans son cabinet dans ses petits appartements, le roi avait convoqué tous ses espions qui n'allaient pas tarder à arriver. Le monarque lui même venait de finir son coucher en public, laissons le temps aux autres de venir jusqu'à lui. Le chemin était simple : la cour de marbre se dotait d'un escalier nomme degré du roi, qui conduisait jusqu'ici. Bontemps faisait le guet en bas pour ouvrir aux espions qui assisteraient à la réunion à cette heure tardive de la nuit.

Il n'était pas courant que le souverain appelle tous ses espions en même temps. Par soucis de discrétion et d'esprit pratique, ils ne venaient qu'un par un (ou par deux selon les missions), pas tous les soirs et venaient faire leur rapport à propos d'une mission ou de quelques informations. Parfois c'était quelques missives qui venaient jusqu'ici. La pièce était une sorte de cabinet banal en apparence mais c'était le véritable lieu de vie pour l'espionnage français. Qui pourrait se douter que cet endroit avec ces jolies dorures et quelques tableaux pouvait avoir autant d'importance ? Personne, et puis rares étaient les personnes pouvant entrer dans les petits appartements royaux, du moins jamais sans le roi ! Et ce soir, ils seraient tous en compagnie de leur roi. Mais pourquoi ? Quelle mission ? Ou plutôt … quelles missions ? Car il n'y en aurait pas qu'une, assurément. Avec cette guerre et les différentes alliances de la guerre, les espions royaux allaient être dispatchés en trois catégories : ceux qui partaient en Lorraine, ceux qui partiraient sur le front et ceux qui resteraient à l'arrière, ici à Versailles. Cela allait changer beaucoup de choses : moins d'effectif dans le château pour assurer la sécurité de la famille royale mais aussi pour les missions de surveillance, ainsi que laisser en plan certaines missions importantes ; des tandems allaient être séparés, certains pourraient reprendre le travail d'un autre … Côté Lorraine, la communication allait se révéler difficile pour obtenir de précieuses informations à propos de la stratégie des lorrains et d'autres informations se révélant utile pendant la guerre. Ceux sur le front seront, en dehors des batailles où ils se battront vaillamment (Louis n'en doutait pas ! ) et pourront sûrement chercher quelques enquêtes à mener, pourront parfois retourner sur Versailles en guise de permission.

Mais tout ceci était vague. Et si certains ne savaient pas vraiment ce qu'ils allaient faire concrètement de l'autre côté de la frontière, d'autres à Versailles ne savaient pas forcément sur quoi travaillaient leurs petits camarades. Et cette réunion servirait à optimiser les troupes qui seraient pour la première fois séparées, et ce durant une période indéterminée, et s'organiser le mieux possible pour que la sécurité du roi, et celle du royaume, n'en pâtissent point. Minuit sonnait alors que les espions arrivaient tous au compte goutte, prenant petit à petit place dans le cabinet, certains assis, d'autres non, quelques uns se retrouvant avec plaisir, d'autres où cela était plus poli. Ils étaient tous là, ou presque – tant pis pour les retardataires – donc cette réunion secrète pouvait commencer.

Qu'il est rare de vous voir tous réunis entre ces quatre murs. Je crois, de mémoire, que jamais je ne vous ai vu tous ensemble, bien qu'il y ait quelques retardataires … du moins je l'espère pour eux.

Il faudrait vraiment une bonne excuse pour ne pas venir. A part mourir, Louis XIV ne prendrait pas en compte les autres types d'absence. Cela était tout net. Avec le monarque (qui ne dormait que rarement) se trouvaient deux autres insomniaques, acharnés de travail et au courant de tout : le lieutenant général de police La Reynie et l'éternel Colbert à la mine austère.

Nous le savons tous, la guerre est à notre porte et certains d'entre nous ne seront plus dans ce palais, à commencer par moi. De Paris à la Lorraine, nous allons nous séparer sans savoir véritablement quand nous nous reverrons ; mais cela ne doit pas nous affaiblir ni nous décourager. Vous tous ici ce soir, vous aurez vos missions. Certains en ont déjà sur le feu et vont devoir les laisser pour partir, à moins de les confier à quelqu'un d'autre. Vous avez tous vos histoires, informateurs et identités, il faudra nous en faire part cette nuit pour ne pas nous neutraliser entre nous. Nous avons connu certaines défaites, n'en rajoutons pas pour glorifier nos ennemis.

Le ton était sérieux et le roi attendait de ses espions, outre une fidélité totale, une franchise devant leurs camarades. Que le jeu des missions commence ….



Concrètement, comment se passe le topic ?

→ Vous répondez les uns à la suite, comme un débat, ou une véritable discussion. Louis n'interviendra que ponctuellement selon les questions et ce qui se passe donc ne m'attendez pas toujours (même si je vous lis).
→ Les rps seront courts, essayer de faire 600mots/1 page word maximum. Ce sera davantage un topic de dialogue que d'actions.
→ Tous les espions sont là, même ceux qui ne sont pas encore pris dans les pvs, vous pouvez signaler leur présence ; Seule Megan est absente
→ Vous pouvez utiliser aussi Colbert, à condition qu'il soit en rose PTDR
→ Expliquez vos missions actuelles, ce que vous allez/aimeriez faire comme missions. Pour avoir des idées, il y a ce topic mais vos idées sont bienvenues et si vous avez des questions, le staff pourra aussi vous répondre pour ne pas vous laisser seuls
→ Ce topic sera assez rapide, cela permettra de faire interagir les espions ensemble, de créer de potentielles alliances ou de passer la main à d'autres



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« C'est toujours l'impatience de gagner
qui fait perdre. »
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Côté Coeur: Une fois offert et mis à lambeaux, il est pour l'heure tout entier à son roi.
Côté Lit: Je n'y tiens pas une collection ! Mais il n'est pas glacé non plus.
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ϟ La Main au collet ϟ

Âge : 32 ans et des poussiè... (Non pas ce mot maudit)
Titre : Marquis de Courtenvaux, Magistrat parlementaire et avocat
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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   10.11.12 18:49

- Un pli du roi, monsieur le marquis.

Nicéphore son fidèle laquais venait de lui tendre la missive et déjà Benoît de Courtenvaux bombait le torse de fierté. Le roi lui écrivait, qu’importait que ce soit très impersonnel, il s’agissait du roi celui à qui il donnerait le moindre souffle de sa vie, si cela aidait à le conserver sur le trône. Il espérait de tout cœur que cela n’était pas une quelconque réprimande, car cela équivaudrait pour l’espion très zélé et le serviteur fidèle, à se faire marquer au fer rouge : celui d’une terrible honte. Pratiquement au garde à vous, le parlementaire lut, le souverain lui donnait rendez-vous ce soir après le coucher public. Comme de coutume, il devrait approcher discrètement Bontemps pour être conduit dans le degré du roi puis dans le cabinet où il serait reçu. Que désirait Louis XIV de sa part ? Benoît de Courtenvaux n’avait peut-être pas brillé encore par un quelconque exploit qui l’aurait fait plus remarquer qu’un autre, mais sans doute était-il l’un des plus loyaux auxiliaires de ce cercle des espions. Il restait dans tous les cas un ancien et recruté par le roi lui-même, tout comme Ferdinand d’Anglerays. Son seul regret et son unique envie sans qu’elle ne devienne jalousie maladive demeuraient le fait de ne pas approcher comme il l’aurait voulu son roi, comme son Fou pouvait le faire.

Mais au diable ses désirs personnels, ce soir il allait être question de la France et il recevrait les volontés du monarque sans sourciller, dusse-t-il lui réclamer une opération des plus périlleuses. Ce n’était pas de l’amour digne de tout sujet qu’il portait à Louis XIV mais de l’admiration voire de l’idolâtrie. Lorsque le jeune roi avait pris véritablement le pouvoir et ce devant le Parlement, il y avait tout juste six ans de cela à la mort de Mazarin, le marquis avait été bouleversé par tant d’aplomb. Cet homme serait un grand roi ! Il l’avait déjà pressenti lorsque rendant visite à sa mère qui restait une proche d’Anne d’Autriche, il avait été mis au contact direct du roi. Tout avait tourné autour de soldats faits de plomb mais déjà l’enfant avait tapé du poing sur la table. Cet épisode, Benoît aimait à se le remémorer et il n’avait besoin que de cela pour se convaincre d’autant plus de le servir. Louis XIV était bien le seul à pouvoir gouverner la France. On retiendrait son nom au-delà des siècles, il serait Louis le Grand !

Ne perdant guère de temps car un souverain ne saurait attendre, il posa son long manteau sur ses épaules afin de supporter ce froid terrible du mois de février et se hissa dans son carrosse. Aussitôt son cocher fouetta les chevaux en direction de Versailles. A l’intérieur, Benoît réfléchissait à la teneur de cette réunion. Serait-il seul pour recevoir cette mission ou serait-il mis en binôme ? Peut-être de nouveau avec son cousin Guillaume, qui sait … A présent la perspective ne l’agaçait plus. Son parent s’était révélé un bon élément à ses yeux. Hélas le vent glacial s’engouffrant dans l’équipage le fit davantage souffler sur ses mains bien que gantées, que réfléchir. Quoi de plus normal ! En outre, il l’apprendrait bien sur place.

D’ailleurs après une bonne heure de route depuis Paris, il parvint enfin aux grilles du palais. Il se présenta aux mousquetaires en faction et put pénétrer dans la cour royale. Il descendit aussitôt le marche pied et se dirigea vers la cour de marbre. Le premier valet de Louis XIV se tenait là effectivement. Les deux hommes se saluèrent et Bontemps ouvrit la marche jusqu’à l’endroit du rendez-vous. Il fut par conséquent introduit le premier dans le petit salon mais bientôt suivi par d’autres. A sa grande surprise car cela n’arrivait que fort peu, il s’agissait apparemment d’une réunion englobant l’ensemble des espions. Benoît put donc saluer ses compagnons assez chaleureusement, seule Christine de Listenois qu’il trouvait particulièrement étrange et Clorinda femme adultérine essuyèrent sa politesse froide. Ils étaient au complet lorsque le roi commença son discours. Quand il eut terminé ses propos de ce ton grave et sérieux, Benoît osa s'avancer vers le centre de la pièce. L'orateur qu'il était par sa fonction même d'avocat rentrait en scène.

- Si Votre Majesté me permet de prendre la parole, je voudrais souligner le fait que puisque me voilà réformé, je vais très certainement avoir du temps à tuer en retrait. Vous pouvez donc m’affecter certaines de vos missions, chers amis. Au cours de l'an passé, si ce n'est les missions de routine et de surveillance, nous avons en compagnie de mon cousin Guillaume percé à jour un complot qui visait à soulever une partie du Languedoc encore bien huguenote, les coupables ont été mis aux arrêts dont la tête de la conspiration. Vous n’ignorez également pas mon autre identité de Janus dans ce cirque à la porte de la ville, beaucoup de malfrats tentent de rentrer en contact avec moi pour des vols ou des meurtres. J'ai pu par ce rôle en faire comparaître un certain nombre devant la justice. Tout ceci pour vous apprendre, que si je puis être d’une quelconque aide afin que vous puissiez vous engouffrer chez un suspect, je suis votre homme. J’ai aussi à ma disposition des informateurs enfants, je les mets à la vôtre si cela peut vous être d'une quelconque utilité.

Il avait à peu près tout résumé mais il espérait repartir d’ici avec une mission qui serait peut-être celle de son existence. La parole était à présent aux autres et la décision revenait au roi.

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Un accusé n'est pas cuit
quand son avocat est cru.




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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   10.11.12 20:54

« Eh bien ma chère, voilà une situation des plus délicates, j’en conviens volontiers. » concéda Ferdinand avec le plus grand sérieux face à une Christine de Listenois visiblement très contrariée. Et il y avait de quoi, lorsqu’il apprenait que l’on était fiancée au duc de Lorraine, non seulement prince charmant de Monsieur au vu et su de tous, mais surtout ennemi public n°1 depuis l’annonce de la guerre contre la Lorraine. « Néanmoins je vous encouragerais à voir le bon côté des choses. Nous avons rendez-vous avec le roi dans quelques minutes ; profitez-en pour rappeler ce fait, et vous voilà l’espionne la mieux placée pour tout voir et tout savoir sur ce qu’il se passe en Lorraine… Un avantage que le roi ne pourra pas négliger. Et c’est pourquoi je vous propose d’y aller, il serait dommage de nous mettre en retard ! » Sans plus attendre, il bondit de son fauteuil et tendit le bras à sa comparse, qui était venue lui rendre visite afin justement de lui demander conseil sur ce mariage désastreux. Hélas il n'était pas le mieux placé pour en parler ; mais l’avantage stratégique qu’il représentait n’était pas à écarter. Et il ne doutait pas une seconde que Louis y avait déjà pensé.

Ferdinand et Christine arrivèrent pile à l’heure, et furent d’ailleurs les premiers arrivés après le roi – que Ferdinand salua d’un joyeux signe de la main- et Colbert et la Reynie. Il présenta une chaise à la jeune femme, avant de lui-même se laisser tomber sur celle d’à côté, et enfin, il guetta l’arrivée de ses bien aimés collègues. Ils entrèrent un à un dans la salle et il les reconnut tous ; tout sourire, il hocha du chef en direction de Benoît, et lorsqu’il vit entrer Colonna dans la salle, il lui fit signe de venir le rejoindre. Le tirant par la manche, il le fit s’asseoir à ses côtés et lui chuchota : « Vous, rappelez-moi de vous parler à la fin de cette réunion, il faut qu’on cause. Je crois bien que je vais avoir besoin de votre concours sous peu. » Ceci étant dit, il se désintéressa de son binôme préféré et se concentra sur les paroles du roi. L’évocation de la guerre qui approchait était loin de l’emplir de joie, mais bah, puisqu’il fallait s’y coller… Ensuite ce fut le tour de Courtenvaux –cet inlassable orateur- qui prit la parole, pour le plus grand plaisir du fou qui n’aimait rien tant que commenter ce que racontaient les autres.

« … J’ai aussi à ma disposition des informateurs enfants, je les mets à la vôtre si cela peut vous être d'une quelconque utilité. »
« Tiens, toi ce sont les enfants, moi les filles de joie, chacun sa spécialité après tout ! » lança joyeusement Ferdinand en se levant à son tour sans se soucier de casser l’ambiance. « Allons marquis ne rougis pas, tu sais bien que je suis quelqu’un de très correct et fréquentable. Mais revenons-en à nos moutons, puisqu’il est de bon ton d’être sérieux : contrairement à l’ami Courtenvaux je vais avoir l’honneur d’être envoyé me faire écharper sur le champ de bataille. Inutile de pleurer d’avance voyons, vous ne vous débarrasserez pas de moi si facilement, je compte bien revenir vous hanter encore quelques années. » ajouta-t-il avec un sourire goguenard et une flamme de défi dans le regard. « Mais cela signifie que je ne pourrais m’occuper des affaires qui courent à Versailles. Aussi si vous avez besoin de mon concours je vous prie de vous référer à monsieur le marquis qui vient de parler, ou bien au signor Colonna ici présent. Ils connaissent les affaires dont je traite presque aussi bien que moi et sauront vous aider. Heureusement j’ai pu en régler la plupart, comme par exemple l’affront fait à la reine en septembre dernier, inutile de vous préoccuper de cela plus avant. Idem pour les cercles de jeux clandestins, j’ai mes contacts. Pour le reste, débrouillez-vous, je sauverai les meubles à mon retour ! »

Il se laissa de nouveau tomber sur sa chaise, jambes tendues devant lui et bras croisés sur le torse.

« Et ce que je vais faire pendant cette guerre… Ma fois. Qui sait ? Bah, entre éviter les balles et les mousquetons, et fureter du côté lorrain pour voir qui sont leurs hommes, je ne pense pas avoir le temps de m’ennuyer. » Perspective certes à moitié réjouissante seulement, mais enfin… Il n’avait guère le choix, n’est-ce pas ?
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Côté Coeur: Tant qu'il bat encore, il battra fort pour son italien, le seul.
Côté Lit: Un certain florentin le partage la plupart du temps. D'autres aussi, moins souvent ...
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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   12.11.12 16:18

« Signore, un pli du roi pour vous. »

Luigi, allongé sur son lit, se releva et sauta en direction de son valet pour lui prendre le pli des mains. Il parcourut les quelques lignes plusieurs fois, comme pour mémoriser, puis jeta le pli au feu, sous l'oeil médusé de Leone, son valet.

« Quoi ? Je n'en fais pas collection non plus ! »

Puis comme si de rien n'était, il retourna se coucher. L'hiver n'était pas une bonne saison pour lui, le romain n'était guère habitué au grand froid et il ne s'y faisait toujours pas malgré les années. Avec sa santé fragile et ses missions, il fallait qu'il se repose un minimum et malgré son caractère emporté et insolent, le romain s'imposait ces siestes.

Le soir vint rapidement, à croire que les heures avançaient à toute allure rien que pour cette mission. Luigi ne prit pas la peine de s'emmitoufler dans ses gros manteaux, il n'avait qu'à traverser le château et sa seule sortie en extérieur était de traverser la cour de marbre pour rejoindre cette petite porte qui ne payait pas de mine pour toquer et voir les yeux de Bontemps dans un petit encadrement avant de lui ouvrir la porte où le romain pouvait s'engouffrer dans le petit escalier prévu pour remonter jusqu'à ce fameux cabinet où il avait déjà donné des rapports. Il y avait déjà quelques espions dont Ferdinand assis aux côtés de Christine. Saluant le roi puis quelques connaissances parmi les espions, il vint jusqu'à son ami qui lui tira la manche pour le faire asseoir sur la chaise à côté de lui.

« Vous, rappelez-moi de vous parler à la fin de cette réunion, il faut qu’on cause. Je crois bien que je vais avoir besoin de votre concours sous peu. »
« Je savais que vous ne pouvez pas vous passez de moi. »
lâcha Paliano sur un ton amusé.

Mais un peu de sérieux, le roi expliquait clairement le pourquoi de cette réunion où tous les espions devaient faire acte de présence en raison de la guerre à venir. Chacun parla à son tour pour exprimer ce qu'il comptait faire et surtout il se rendait. Comptant mentalement, Luigi se rendit compte qu'ils seraient en sous-effectif durant la guerre, ceux qui restaient ne seraient pas si nombreux. Il sourit face au discours de d'Anglerays et se sentait flatté d'être un des référents de ses missions. Quand le fou finit son monologue, il y eut un silence, seulement coupé par la petite quinte de toux de Luigi qui ne le quittait pas depuis quelques jours, sans avoir d'autres symptômes de maladie.

« Monsieur Colonna ? » Luigi leva les yeux vers Colbert qui crut que le romain cherchait à attirer l'attention vers lui alors que non. Bon, il était temps de parler tout en se redressant sur sa chaise.

« Tout comme monsieur de Courtenvaux, je reste à l'arrière et je vais continuer mes missions habituelles, bien que je serais délesté de mon binôme habituel. il tourna la tête vers Ferdinand avant de reprendre. Je continuerais d'infiltrer les réseaux de messes noires ainsi de ce qui se passe au niveau du clergé. Il se trouve qu'avec madame la princesse de Calenberg, nous partons sous peu pour une mission car il nous a été signalé des comportements suspects non loin d'ici. »

Était-ce tout ? Colonna avait l'impression d'avoir oublié quelque chose … Ah oui, il se reprit avant que Clorinda n’émette le moindre son pour parler.

« Bien évidemment, je continuerais aussi d'arpenter Versailles en guise de surveillance. Je suis sur la piste d'un voleur de bijoux, cela devrait se dénouer sous peu. »

Au cas ou quelqu'un ne veuille enquêter sur ces vols, Luigi savait pour Surrey et tentait de le couvrir.

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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   16.11.12 17:51

    « Madame, un pli du roi pour vous »

    La princesse se leva et récupéra le pli. Sa fidèle servante disparut en ayant soin de fermer la porte derrière elle. Maryse lut le pli: elle était invitée à assister à une réunion dans le cabinet du roi. Celui-ci devait avoir des choses à dire, et Maryse se doutait de la raison pour laquelle elle devait rejoindre le palais : la guerre. Elle était heureuse de pouvoir parler officiellement de ce qu’elle pourrait faire à Nancy.

    Matthias était invité à une soirée chez l’un de ses amis et avait eu la délicatesse de ne pas demander à Maryse de l’accompagner. Peu avant minuit, heure du rendez-vous, Maryse sortit discrètement de son hôtel particulier, dans l’espoir de ne pas être remarquée par ses domestiques. Elle atteignit rapidement le palais à cheval et suivit le chemin de la cour de marbre. Là devait l’y attendre Bontemps. Mais la jeune femme entendit des bruits de pas pressés. Elle se retourna et aperçut le valet du comte du Perche, habillé comme un noble. Que faisait-il là ? Maryse ne savait pas qui était invité à cette réunion, seulement elle, tous les espions ? Mais elle était sûre d’une chose : les valets n’étaient pas invités ! Elle attendit que le valet la rejoigne puis lui chuchota :

    « Que faîtes-vous ici ? »

    Mais avant que celui-ci n’ait pu répondre, Bontemps les accueillit : « Madame de Calenberg, monsieur du Perche. » Puis il leur tourna le dos pour les mener jusqu’au cabinet du roi. Dans l’escalier, Maryse fronça les sourcils en regardant du Perche, et comprit. « Comment avez-vous pu vous jouer de moi de la sorte ? Votre attitude est déplorable ! » Puis ils arrivèrent au cabinet du roi. Celui-ci les attendait avec d’autres espions, déjà arrivés. Maryse ne les connaissait pas tous, c’était donc l’occasion pour elle de reconnaitre quelques personnalités de la cour. Elle aperçut Ferdinand, puis Luigi et enfin Christine, qui était une amie avec qui elle travaillait. Elle s’installa tout naturellement à côté d’elle. Le premier d’entre eux qui prit la parole était un homme que Maryse ne connaissait pas. Il exposa ses activités et mit en avant le fait que pendant la guerre, il serait disponible pour mener à bien les missions. Devant son air sérieux, trop sérieux, Maryse dut réprimer un sourire moqueur. Elle se tourna discrètement vers Christine et put lire dans son regard qu’elle pensait la même chose. D’ailleurs, Ferdinand répondit à l’homme sur le ton de l’humour, comme à son habitude. Puis Luigi toussota, et Colbert l’interpréta comme une envie de parler. Il évoqua alors la prochaine mission qu’ils mèneraient ensemble. Maryse prit alors la parole :

    « En effet, monsieur Colonna et moi-même allons infiltrer le clergé pour mettre à jour certains mystères. Cette mission aura lieu avant mon départ pour Nancy. Comme vous le savez, pour la plupart d’entre vous, mon époux est du côté Lorrain. Je suis donc obligée de quitter la France. Retrouver Haydée de Lopburi me sera impossible pendant la guerre, mais j’ai une piste et j’espère pouvoir avancer avant mon départ. Si cela n’est pas possible, j’attendrai la fin de la guerre. J’ai également mené une mission avec mademoiselle de Listenois. Nous avons infiltré un salon qui nous paraissait suspect. Nous en avons tiré quelques conclusions, notamment concernant monsieur de La Fontaine. Quoi qu’il en soit, je pourrai exercer mes activités d’espionne à Nancy. Mon époux sera tout occupé à la guerre, je serai donc libre de chercher des informations. Mon devoir sera avant tout de vous servir, Majesté.»

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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   21.11.12 19:10

Fourbue, Alaina sortie de sa voiture avec soulagement. Elle avait apprécié comme toujours ce séjour chez son Grand-Oncle, même si celui-ci avait été bref. Elle trouvait auprès de lui de précieux conseils et un oreille attentive à tous ses soucis.
Avec délice, elle pénétra dans le vestibule où elle se débarrassa de sa cape de voyage, appréciant la chaleur du foyer retrouvé. Dans sa chambre, Marie qui était restée s'occuper de l'hôtel avait tout préparer pour son retour et un bain fumant l'attendait. Elle s'y plongea avec volupté.

Ce n'est que bien plus tard, emmitouflé dans une épaisse robe de chambre fourrée, qu'elle entrepris de regardé le courrier qui lui était arrivé durant son absence. Un pli attira son attention, il portait le discret mais très reconnaissable sceau royal. D'un coup de stylet elle le décacheta. Elle le lut rapidement puis regarda avec inquiétude l'horloge : 23h30 !

Et voilà, le Roi la convoque et il fallait qu'elle se mette en retard.

"Marie, hurla-t-elle dans l'escalier, envoie Jeanne, il faut que je me rhabille, Dit également à Jacques de réatteler les chevaux.

Jamais jeune fille ne s'était préparé aussi vite et c'est le souffle court qu'elle se présenta devant la porte du cabinet royale.

Mademoiselle d'Argouge, la salua-t-il.

Alors qu'il allait ouvrir la porte, elle le retint un instant, le temps de reprendre son souffle. Puis elle entra dans la pièce.

A la vue du monde présent, elle fut surprise. Elle reconnu quelques têtes, celle de Maryse d'Armentière notamment qui était en train de parler. Luigi également qui évita soigneusement son regard. Précautioneusement, elle se glissa le long du mur, afin de rejoindre le fond, mais c'était sans compté sur l'oeil vif de Colbert, qui la repéra et l'interpella:
-Mademoiselle d'Argouge, merci de vous joindre à nous !
Sous le ton ironique, ses joues se tintèrent de rose vif.
-Pourriez-vous partager avec nos les projets vous concernant pour ces prochains mois.
-Et bien, je resterais à Paris, j'ai mes habitudes dans certains quartiers où l'on me connait sous diverses identités. Je compte bien redoubler de vigilance au cas où l'ennemi enverrait ses propres espions dans la capitale. Je suis en générale accompagné par Monsieur Paliano ou Mademoiselle d'Ecosse, mais je circule aussi seule. Nous suivons en ce moment des pistes concernant des messes noires ainsi que le commerce de poisons.
Elle observa tous les visages de ses collègues tournés vers elle et se demanda combien d'entre eux serait encore présent après la guerre qui s'annonçait.
-Je sais que certains d'entre vous doivent partir combattre ou s'éloigner de Paris pour des missions importantes. Sachez que si je peux vous être utile en quoi que ce soit, je ferais tout mon possible pour vous aider.
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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   27.11.12 15:22

Monsieur, un pli pour vous.

Lorsque Guillaume vit le sceau royal, un petit sourire apparut au coin des lèvres. Dire que quelques temps auparavant, il aurait tremblé à ce que le roi lui envoie une missive. Retourner dans ses petits papiers enlevait un lourd poids sur la conscience. Bien sûr, le coup du mariage, il avait un peu de mal à le digérer mais comme il était impossible de refuser quoi que ce soit au roi, Guillaume dut bien capituler. Sa plus grande récompense ne fut pas d'être roi, mais que le comté du Perche devint duché. Son père, bien malade avait retrouvé ses vingt ans en l'espace de quelques instants selon son frère qui était venu au mariage. Avoir une certaine fierté auprès de son père, c'était sa plus grande réussite. Mais ce soir, point d'entretien particulier, rien de plus qu'une réunion d'espions pour marquer la guerre. Il y serait, comme tous puisqu'il n'y avait aucun choix possible encore une fois.

Le soir venu, habillé discrètement, Guillaume s'en allait traverser la cour des Cerfs quand il vit une silhouette devant lui. Il ne put que reconnaître la princesse de Calenberg qui le regarda de travers. C'est vrai que du Perche ne lui avait jamais montré son identité, se faisant passer pour un valet pour apporter lui-même les plis à Maryse et s'amuser de la voir cracher sur ce fameux du Perche qu'elle n'avait jamais vu. Oui, il s'était sacrément moqué d'elle !

Que faîtes-vous ici ?

Il voulut répondre une boutade mais ils arrivaient déjà à la porte et Bontemps leur ouvrit en les saluant.

Madame de Calenberg, monsieur du Perche.
Bonsoir monsieur Bontemps !


Difficile de ne pas voir le visage fermé de la princesse qui comprenait la supercherie alors que du Perche lui fit un large sourire amical.

Comment avez-vous pu vous jouer de moi de la sorte ? Votre attitude est déplorable !
Et la votre m'amuse, je n'aurais jamais cru que vous tiendrez aussi longtemps dans mon petit manège.
Il rit doucement. Allons madame, vous n'allez pas bouder pour si peu !

Oui l'attitude était puérile mais il s'était bien amusé. Dans le cabinet, il y avait du monde. Son cousin Benoît parlait comme toujours. Quelques personnes parlèrent chacune leur tour, tour à tour à Paris, au front ou en Lorraine. Les espions seraient donc partout durant ces prochains mois, c'était assez incroyable. Guillaume avait trouvé place non loin de la princesse de Calenberg mais était resté debout, à côté de d'Artois qu'il connaissait bien.

Que de destinations différentes. Pour ma part, cela ne va guère vous surprendre mais je pars. Avant d'accompagner notre roi sur le front de guerre, je suis contraint de vous abandonner tous pour partir à Malte afin de soulever l'armée … mon armée. ces derniers mots furent dit plus bas, comme il ne s'en remettait toujours pas.
Vous partez dans la semaine prochaine, ne l'oubliez pas.
Non, il est guère difficile d'oublier pareille information. Puis je serais sur le front aux côtés de notre roi pour combattre nos ennemis. Mes missions ont été assez pauvres comme vous le savez, mais j'ai toujours d'excellents contacts dans Paris, si cela peut intéressant l'un d'entre vous.

Il s'appuya à nouveau contre le mur et regarda l'assistance, croisa le regard d'Evangeline et lui fit un petit sourire. Depuis le jour où ils avaient eu leur royal savon, ils ne s'étaient plus parlés …
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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   30.11.12 11:39

Christine, qui se tordait les mains, faisait inlassablement les cents pas face à Ferdinand, visiblement nerveuse, et ce non sans raison. Ses fiançailles et son départ pour Nancy approchant trop vite à son goût la perturbaient, si bien qu’elle avait fini par se décider à évoquer ses doutes auprès du Fou du roi, en qui elle avait toute confiance.
« Eh bien ma chère, voilà une situation des plus délicates, j’en conviens volontiers.
- Une situation intenable, rectifia-t-elle, la voix sombre.
- Néanmoins je vous encouragerais à voir le bon côté des choses. Nous avons rendez-vous avec le roi dans quelques minutes ; profitez-en pour rappeler ce fait, et vous voilà l’espionne la mieux placée pour tout voir et tout savoir sur ce qu’il se passe en Lorraine… Un avantage que le roi ne pourra pas négliger. Et c’est pourquoi je vous propose d’y aller, il serait dommage de nous mettre en retard ! »
La jeune femme esquissa une moue contrariée, puis se décida à prendre le bras que lui proposait Ferdinand. Le rôle qu’elle pourrait tenir en Lorraine, elle y avait déjà songé. Mais cet avantage-là lui sembla une fois de plus bien maigre face à tout ce qu’elle laissait à Versailles...

Cependant il n’était plus temps de tergiverser, et les deux espions gagnèrent rapidement la cour de marbre, puis les escaliers qui menaient au cabinet dans lequel les attendait le roi. A cette idée, profitant de l’obscurité relative des lieux, Christine se mordit la lèvre, hantée par un souvenir trop frais, et trop flou. Elle secoua vivement la tête alors que Bontemps les introduisait dans le cabinet, et s’installa auprès de Ferdinand sans oser lever les yeux sur qui que ce soit. Ça n’était qu’un mauvais moment à passer...
Tour à tour, les espions de Sa Majesté firent leur entrée. La marquise de Listenois se contenta de quelques saluts, adressa un regard mauvais à Colonna et un sourire à Maryse, qui vint s’asseoir auprès d’elle et avec laquelle elle put échanger un regard complice et narquois lorsque le marquis de Courtenveaux, qui ne lui inspirait pas confiance, se lança dans sa petite tirade. Tour à tour, les espions réunis prirent la parole, levant à peine la tête sur les retardataires. Christine écouta en silence tout ce qu’avaient à dire ses collègues, leurs missions, leurs contacts versaillais... tant de choses qu’il lui faudrait aussi laisser derrière elle et qu’elle ne pouvait déléguer. Comment expliquer à ses compagnons quels histoires elle inventait à ses informateurs, dont pas un ne soupçonnait ses activités ? Certains la pensaient déjà bien assez folle comme ça. Elle se contenta donc d’observer en silence, en évitant soigneusement le roi, jusqu’à ce que cette charmante personne qu’était Colbert ne la rappelle à l’ordre.

« Mademoiselle de Listenois, n’avez-vous rien à nous dire ? »
Christine lui adressa un sourire crispé - décidément, elle ne supportait pas cette mine austère et désagréable - et se leva à son tour.
« A vrai dire, si. Cela ne doit plus être un secret pour personne : mes fiançailles avec le chevalier de Lorraine ne me laissent d’autre choix que de le suivre à Nancy. Je profiterai de cette position pour subtiliser et faire passer en France le plus d’informations possible. Elle hésita avant de se tourner vers le roi, les traits sombres. Je souhaite par ailleurs prévenir votre Majesté que l’une des clauses de ce...mariage stipule l’alliance de mon frère le duc de Bauffremont avec la Lorraine, ce dont j’essaye encore de le dissuader. Quant à mes missions ici, j’en ai réglé les détails les plus importants. Je pourrai cependant vous laisser une liste de noms liés aux messes noires ou aux poisons. »
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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   22.12.12 18:44


C’est les doigts tremblants que la Comborn avait décacheté le pli royal qui lui était parvenu. Si autrefois elle les accueillait avec un frisson d’excitation le long de l’échine et la satisfaction de n’y trouver que matière à combler son indéniable attraction pour l’intrigue et le danger, elle n’était plus si sûre de savoir ce qui se dissimulait à l’intérieur depuis que le Roi ne lui faisait plus si confiance qu’avant. Le retour de la favorite avait temporisé cela, mais le courroux du souverain pouvait toujours se lire sur ses traits de marbre. Souvent elle avait vu cet air, ce raidissement, ce froncement de sourcil, presque imperceptible, tomber comme un couperet sur d’autres infortunés compagnons qui avait failli dans leur mission, se félicitant de n’y avoir jamais eu droit et persuadée que jamais elle n’aurait à y faire face. A présent que la favorite était de retour, la rage de Louis semblait s’être adoucie, malgré tout il ne pardonnait pas.
Cela lui avait été fort bien signifié lors d’un entretien individuel quelques jours auparavant où sa nouvelle mission lui avait confiée. Que dis-je confiée ? Dans les paroles du souverain, nulle place n’avait été laissée à l’échec, au doute, au hasard. Sur ce coup Evangéline jouait tout. Quitte ou double. Soit la honte et le déshonneur, soit le retour en grâce. Peut-être.

En pénétrant dans les appartements au milieu de la nuit, Evangéline constata qu’elle n’avait pas été la seule à être convoquée. Ils étaient là, tous. Ceux qu’elle connaissait déjà fort bien et ceux dont elle découvrait ce soir, pour la première fois, que sous les atours de courtisans, ils partageaient le même secret. D’un salut de tête adressé à la ronde, la vicomtesse fit son entrée avant que de s’incliner avec davantage de déférence devant le souverain. En allant s’installer, elle croisa le regard de Du Perche qui lui adressa un sourire de connivence, comme il était dans leurs coutumes. Pour l’heure, Evangéline ne nourrissait à son égard qu’une profonde irritation, elle lui accorda un bref regard noir qu’elle détourna bien promptement.

Avec patience elle écouta ses comparses évoquer chacun leur rôle et leur mission dans les évènements à venir. Lorsque se fut son tour, la Comborn s’efforça de retrouver l'aplomb qu’on lui connaissait :

- Pour ce qui me concerne, je ne prendrais nulle part à ce conflit qui gronde à nos portes. La mission qui m’attend est tout autre. Elle concerne l’attentat perpétré contre la sûreté et la personne de la duchesse de Guyenne… _ la vicomtesse sentit peser sur elle les regards lourds de signification, tous savaient plus ou moins, le rôle qu’elle avait eu à cette occasion_ J’escompte remonter la piste de ses ravisseurs et résoudre cette affaire au plus vite. J’ai quelques indices en ma possession qui pour l’heure demeurent fort obscurs, aussi ne renierai-je aucune aide susceptible de les percer à jour. Cette affaire, me semble-t-il, devrait me conduire autant en province qu’à Paris, néanmoins je reviendrais régulièrement à la Cour afin de dresser mes rapports.

Une exigence toute nouvelle du souverain, elle n’avait jamais eu de telles contraintes jusque là, agissant à sa guise. Un peu trop d’ailleurs, c’est ce que semblait lui signifier le roi. Le camouflet était sévère, mais c’était là sa chance de prouver une nouvelle fois sa valeur d’agent zélé. Elle n’aurait pas de seconde chance et elle le savait.
code by biscotte

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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   29.12.12 3:40


~ La réunion.
Ft. les espions royaux.
« Monsieur, un pli du roi à votre intention. » Richard ne releva qu'un œil vaguement intéressé. Plongé dans une lecture fascinante au coin du feu, il soupira, agacé, avant de fermer son bouquin et de s'emparer de ce fameux courrier. Ce n'est qu'alors, revenu sur la terre ferme que l’excitation sembla s'emparer de lui. Un cachet du roi le sommant de se présenter, dès le soir tombé, dans ses appartements royaux. Sans doute avait-il une nouvelle mission pour son espion ou peut-être souhaitait-il s'entretenir avec lui d'un autre problème d'importance. Sans le souhaiter, Richard laissa son esprit cogiter fermement sur le pourquoi de cette demande soudaine en demandant son cheval. Il ne serait certainement pas en retard à un rendez-vous exigé par le roi. Question d'honneur !

Il n'arriva pourtant pas le premier. Dans ses appartements et alors qu'il s'imaginait, comme à son habitude, seul avec le roi ; il resta surpris devant le spectacle de tous ses hommes et femmes, espions de leur état (il en avait acquis la certitude, pour en reconnaître un bon nombre), qui hantaient les lieux. D'un bref haussement de tête, il salua l'assemblée, avant de s'installer sur l'un des sièges offerts à leur disposition. Richard était un homme profondément solitaire et n'avait jamais effectué une mission en binôme : il se connaissait assez bien pour déterminer la meilleure manière de récupérer ses erreurs, mais n'avait aucune confiance en quiconque pour le seconder ou, pire, l'accompagner. Ainsi, aucune effusion de joie ne sortit de sa bouche à telle ou telle vision d'un ami de longue date et il resta silencieux, à attendre patiemment que la réunion daigne débuter. Seul un léger haussement de sourcil et un début de sourire troubla sa tranquillité lorsque la belle Evangéline de Comborn, une très vieille connaissance, franchit le seuil des appartements royaux. Voilà dix ans qu'il n'avait plus entendu parler d'elle. Des retrouvailles qu'il ne fêterait probablement pas à grand coup d'embrassades guillerettes.
Puis le roi, enfin, prit la parole. Un acte suivit immédiatement d'un silence devenu tout à coup morose. Il aborda le sujet de la guerre imminente et des espions qui devraient partir au front. Richard aurait aimé être de ceux-là : il avait la connaissance des armes et de la guerre, le roi le savait bien, puisqu'avant de le prendre sous son aile comme espion de sa Majesté, il officiait en tant qu'espion et soldat pour les forces Françaises face au front espagnol. Il en connaissait à ce sujet bien plus que bon nombre de personnes ici réunis, et méritait d'y aller pour témoigner de son honneur. Mais d'autres obligations l'obligeaient à siéger à Versailles, pour un certain temps du moins.

Richard écouta avec une attention relative ce que tous et toutes avaient à répondre à la demande du roi. Puis, alors que le silence s'installait de nouveau, il sentit qu'il était venu pour lui le temps d'affirmer sa présence. « Pour ma part, je resterais ici. J'aurais été sincèrement honoré de vous accompagner du côté Lorrain, et demeurer à Versailles n'est aucunement un choix que j'ai eu à prendre. Diverses missions que je n'ai encore pu achever me retiennent sur les terres Françaises, et j'officie actuellement dans le but de débarrasser la France d'une espionne probablement ennemie, en espérant qu'elle en livre bien d'autres. Une tâche ardue dont je ne suis toujours pas venu à bout. » Petra de Limbourg s'était avérée bien plus maligne qu'au premier abord, et n'avait toujours pas commis la moindre erreur. Néanmoins, cela ne tarderait plus. « Dès cette mission achevée, je vous rejoindrais sans doute, s'il est encore temps. » Avec un sourire entendu sur le visage, Richard se retourna vers l'homme qui avait parlé le premier, Benoit de Courtenvaux. « Si vraiment vous souhaitez rendre service, je me délesterais bien volontiers d'une mission qui ne m'apporte que des désagréments. Suivre l'homme de fer partout et l'empêcher de quitter Paris ne vous intéresserait donc pas ? » Humour qui serait probablement compris de bon nombre des convives ici présents, la haine liant ce cher Vincent et son espion attitré, Richard, n'étant pas inconnue à Versailles. Le jeune comte se recula de nouveau sur son fauteuil, laissant ainsi tout le loisir à d'autres espions de prendre enfin la parole pour expliciter leurs missions futures.
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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   02.01.13 22:42

Qu'il était amusant de voir en ces lieux tous ses espions réunis. Tous sauf une qui serait convoquée après les autres pour des raisons qui étaient propres au monarque. Dans le cabinet officiellement de salle banale, officieusement de réception d'espions, les voir tous en ses lieux l'amusait un peu, même si le sujet était grave et suffisamment important pour les convoqués tous en même temps. La guerre arrivait à grands pas, les effectifs éclateraient entre Paris, le front et Nancy. Au fil des paroles de chacun, les camps se dessinaient et chacun pouvait découvrir ses futurs alliés durant la guerre :
Pour l'instant seul Ferdinand l'accompagnerait sur le front en partance de Versailles ; Du Perche les rejoindrait après avoir fait un saut à Malte pour récupérer des hommes ; enfin d'Artois viendrait probablement les rejoindre.
A Nancy, il pourrait compter sur Maryse et Christine pour faire passer des informations et des documents pour battre les ennemis.
Enfin à Paris resterait le plus gros de sa troupe avec son parlementaire Courtenvaux, le romain Luigi, l'écossaise Alaina et Evangeline qui resterait en permanence pour surveiller les lieux royaux.

Chacun exprimait ses plans, ses envies et sous son nez bourbonien, Louis vit dessiner de nouvelles alliances et voir des missions se profiler. Tous ses espions avaient des capacités différentes, aucun n'était bon à rien, même si certains l'avaient déçus pour des missions, le monarque ne pouvait les laisser perpétuellement à l'écart. Voici pourquoi Guillaume fut promu pour avoir une armée et qu'Evangeline devait rester dans l'entourage d'Amy. Il restait silencieux jusqu'au bout de la parole de chacun. Bien heureusement, il n'y avait pas cinquante espions, on en faisait rapidement le tour.

Bien. Autant de missions et de domaines de compétences que de personnes présentes en cette pièce. L'éclatement de notre organisation par cette guerre ne doit pas nous affaiblir, il vous faudra trouver d'autres moyens, d'autres acolytes et travailler davantage, toujours en discrétion. commença le roi en faisant un pas. Pour ceux en partance pour la Lorraine, il nous faudra des personnes servant de relais entre la frontière lorraine et notre campement. Ceux restant à Paris, ou même ceux m'accompagnant pourront être appelés à cette mission, tenez vous prêts. Mesdames, il vous faudra redoubler d'attention, être mariée à un prince allemand ou fiancée à un lorrain ne vous met pas hors de soupçons. Pour ceux restants, vous voici avec le royaume entre vos mains. Il vous faudra garder un œil sur la famille royale, les courtisans, Versailles mais surtout cette agitée de capitale. En mon absence, il vous faudra voir monsieur de La Reynie et monsieur Colbert, ils pourront me transmettre tous vos rapports et pourront vous aider, vous protéger, n'est ce pas Colbert ? Vous jouerez au roi en mon absence.
Je ne prétends pas à un si grand rôle, Votre Majesté. se courba Colbert. Il m'est une bien grande responsabilité que de devoir être votre guide durant cette guerre à venir, tant que Sa Majesté ne reviendra pas à Versailles. Certains d'entre vous ont déjà eu à faire à moi mais sachez que je suis disponible à toute heure, me trouvant à mes appartements versaillais ou à mon hôtel parisien. Je ne vous demanderais pas la plus grande discrétion, ce serait insulter vos talents d'espionnage mais tout de même.

Le roi sourit au petit discours de Colbert. Ce dernier était connu pour être un travailleur acharné, dormant peu mais donnant priorité à son travail, donnant lieu à des nuits blanches, un grand manque de sommeil mais un travail impeccable en toute circonstance. Si on pouvait critiquer l'homme austère et ses habits noirs, on ne pouvait rien dire à propos de son acharnement au travail.

Le conseil des espions se poursuivit donc avec bon nombre de discussions autour de la guerre, grand sujet qui préoccupait tout le monde puisqu'une nouvelle fois, cela concernait l'Europe dans les principaux royaumes belligérants.

Il est toujours un plaisir de voir tous ses fidèles réunis en une seule entité. Y a t'il encore des sujets à aborder ? Colbert ?
Je n'ai rien à rajouter, Sire.

Et il se plongea dans ses notes pour regarder s'il avait oublié quelque chose. Et les espions ont ils à ajouter avant de quitter la réunion ?

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« C'est toujours l'impatience de gagner
qui fait perdre. »
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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   20.01.13 15:29

Il y en avait des choses de prévues pendant cette guerre ! Les espions présents avaient tous des projets, des départs et aucun n'allait se reposer sur ses lauriers pendant les mois à venir. Tout semblait si incertain en cet instant : ceux qui s'en allaient en guerre, allaient-ils revenir ? Lui-même ne savait pas ce qu'il en serait de son existence. Guillaume avait déjà du mal à se dire qu'il allait reprendre la route, lui qui avait été « coincé » dans le royaume de France ces dernières années. Voyager oui, mais surtout prendre des responsabilités. Il se rendait à Malte, là où un peuple devait se demander qui était leur nouveau roi, où les chevaliers avaient un grand pouvoir et n'apprécieraient sûrement pas qu'un parvenu viennent empiéter sur leur pouvoir. Il angoissait de savoir l'accueil qu'il aurait. Il faut avouer qu'il n'écoutait plus vraiment le reste de la conversation. Ou par petits bouts pour essayer de suivre mais cette guerre chamboulait tant de choses qu'il y avait de quoi perdre la tête.

C'est alors que le roi reprit la parole et du Perche – car non il n'arrivait pas encore à avoir d'autres noms – leva enfin les yeux vers ce monarque qui lui avait sauvé la vie, il y a des années, qui aujourd'hui lui prenait sa liberté, sous couvert de nombreux cadeaux que beaucoup auraient aimé avoir. Il ne pouvait en vouloir à Louis XIV, il avait vu l'homme tant de fois à l’œuvre que Guillaume savait que ce n'était pas personnel, tout était un calcul. S'il avait offert cela à son espion, c'est parce qu'il lui offrait une chance de se racheter et lui dire, sans aucun mot, qu'il l'appréciait malgré tout. Alors, si Guillaume enrageait de perdre sa liberté, c'était davantage contre lui-même. Si en septembre, il avait mené à bien sa mission, rien ne se serait passé de la sorte et peut être que le souverain aurait marié Amy a un d'Artois, un Kent, un Colonna ou un Courtenvaux par exemple et que Guillaume aurait été quelque peu occulté.

Il est toujours un plaisir de voir tous ses fidèles réunis en une seule entité. Y a t'il encore des sujets à aborder ? Colbert ? demanda le roi.
Je n'ai rien à rajouter, Sire.

Voyant que tout le monde se regardait à savoir encore une fois qui prendrait la parole, Guillaume fit deux pas en avant.

Ma foi, il s'agit d'une question fort simple mais … pour nous, hommes du front, y aura t'il des chances de revenir à Paris ? User de trop de correspondance ne serait pas toujours judicieux.
En raison de vos statuts, nous avons décidé avec Sa Majesté d'assouplir vos permissions et vous trouver des raisons pour rentrer à Paris plus souvent que le reste de l'armée. En raison que la France ne s'arrête pas de tourner en temps de guerre, je viendrais moi-même de temps en temps au campement pour le Conseil et pourrait vous apporter quelques missives. Mais tenez à n'abuser ni de trop nombreuses sorties, ni de me prendre pour un messager.

Cela était assez clair, Guillaume pourrait donc rentrer à Versailles de temps à autre, ainsi que ses collègues espions et militaires. Tous finalement avaient plus ou moins de questions, et tous eurent des réponses, de Colbert ou même du roi en personne. Après plusieurs discussions qui prolongeaient la réunion dans la nuit, finalement eut une fin. Tous saluèrent Colbert, La Reynie et surtout le roi avant de sortir discrètement, et surtout pas tous ensemble. Du Perche voulut rejoindre Evangeline mais celle-ci partit devant lui. Elle semblait cruellement l'éviter et n'étant pas un hypocrite, le nouveau roi voulut savoir de quoi il en retournait. Sitôt qu'il put sortit, saluant Bontemps de façon pressée, il s'engouffra dans la cour avant de rejoindre son amie Comborn dans un Versailles endormi. Il était temps d'une discussion …

Fin pour Guigui.

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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   08.02.13 11:18

Alors que les espions quittaient les appartements du roi....


Megan retourna la missive dans ses doigts, songeuse. Une réunion d’espions? Chez le roi? Elle détestait devoir se dévoiler en public, même avec ses collègues. Il n’y avait guère que Paliano et Courtenvaux au courant de ses multiples identités, et l’écossaise ne souhaitait pas qu’il en fut autrement. Préserver son secret, c’était se préserver elle-même.
Mais la guerre approchant, les missions allaient surement pleuvoir...et derrière le mot de “mission”, celui “d’occupation”. Se voir réduite à mettre en pause ses affaires de presse ne la réjouissait guère, surtout qu’Enola of Dorset avait de nouveau disparu de la circulation. Dieu seul savait où cette idiote de Tudor se terrait!

Fourrant le papier dans sa poche, elle enfonça son feutre sur ses cheveux noircis à la suie. Attachés en catogan et retenu par un simple ruban de soie, ils n’avaient plus grand chose à voir avec la chevelure de feu, mais avaient l’avantage de la camoufler. En relevant son col, baissant son feutre et maquillant ses joues, Megan Campbell disparaissait pour laisser place au chevalier de Langlay.

Elle jeta une petite pièce au palefrenier de la taverne avant de grimper sur son cheval et de prendre la route du château. Sans nouvelles récentes d’Angleterre, il lui faudrait continuer ce double-jeu, mais en arrivant aux pieds du palais, elle ressenti plus que tout ce silence royal. Travailler pour la France dans cette guerre....c’était peut-être trahir son pays.

-Monsieur le chevalier, suivez-moi, lui lança le valet de Colbert lorsqu’elle se présenta au bureau ministériel.
Silencieuse, elle longea les couloirs invisibles aux yeux des courtisans, montant et descendant quelques marches, avant de déboucher dans un salon vidé de tout oeil trop curieux. Seuls deux gardes restaient en faction devant l’unique porte qui donnait sur la pièce.

Megan se retourna, les sourcils froncés.
-Il n’y a personne d’autre?
-Sa majesté vous recevra dans un instant, mon maître viendra vous chercher.

Sans qu’elle ne pu ajouter un mot, l’homme la laissa seule dans le salon, face aux gardes muets.
-Damn it! Is it a...mascarade? What a joke, marmonna-t-elle entre ses dents! Etait-ce une réunion d’espions, ou une entrevue avec le roi? Sa couverture était-elle éventée? Nul autre, entre dehors de son roi et de Morgan, ne connaissait son double-jeu en France...A moins qu’Amy of Leeds n’ai parlé, laissant entendre son rôle d’espionne?

L’angoisse la prit un instant, la poussant à chercher excuses, explications, mensonges éhontés, mais alors qu’elle sentait son estomac se contracter, la porte s’ouvrit, laissant place à un Colbert aussi terne qu’ordinaire. Pour un peu, elle lui aurait donné une bénédiction puritaine!

-Mad....Chevalier, sa majesté vous attend. Veuillez me suivre.
Le ton aussi sombre que l’humeur, le surintendant disparu derrière la porte et l’écossaise lui emboîta le pas.
-Savez-vous de quoi il en retourne, monsieur?
-De la guerre, chevalier.
-Je m’en doute...mais plus précisément?
-De vous...votre nationalité, vous devez vous en douter.
Megan dégluti difficilement, accusant le coup, mais afficha un sourire forcé .

-Sire, le chevalier de Langlay, comme convenu.
Megan effectua le salut de rigueur, attendant que la sentence tombe tel la hache du bourreau sur son cou.

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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   22.02.13 19:59

    « Mesdames, il vous faudra redoubler d'attention, être mariée à un prince allemand ou fiancée à un lorrain ne vous met pas hors de soupçons. »

    Et comment ! se dit intérieurement Maryse. Elle était néanmoins décidée à être une espionne active, même dans le camp ennemi. Il était hors de question qu’elle reste les bras croisés à attendre la fin de la guerre. Tous les espions avaient quelque chose de prévu, certains allaient parcourir l’Europe, d’autres resteraient à Paris. Heureusement, Maryse ne se savait pas seule : Christine serait là, et à elle deux, elles pourraient former un bon duo pour aider le côté français.

    Colbert prit la parole, et Maryse dut retenir un soupir d’ennui. Elle avait hâte que se termine la réunion. Maintenant que chacun avait parlé et que tous savaient quels étaient les projets des autres, il était inutile, aux yeux de la princesse, de rester plus longtemps. Mais les autres espions ne pensaient pas comme elles. Ils avaient des questions et des choses à mettre au clair. Enfin, après de longues heures de discussion, la réunion fut terminée. Le roi demanda à ce que les espions ne partent pas tous ensemble, pour éviter d’attirer l’attention sur eux. En attendant son tour, Maryse parlait avec Christine. Puis elles quittèrent ensemble la pièce.

    « Je suis d’avis que nous nous soutenions, en tant qu’épouses du camp lorrain. Qu’en pensez-vous ? Après que Christine eut répondu, n’y tenant plus, Maryse évoqua un sujet bien plus sympathique : Et que pensez-vous du marquis de Courtenvaux ? J’ai eu du mal à me retenir de rire lorsqu’il a pris la parole. Je ne connaissais pas cet homme, et vous ? Je n’ai aucune envie de lui déléguer la mission de retrouver Haydée, bien que son identité de Janous dans un cirque puisse l’aider à retrouver une Siamoise perdue dans la nature. L’espionne rit de bon cœur. Si Votre Majesté me permet de prendre la parole reprit-elle en imitant l’avocat. Alors les rires des deux espionnes résonnèrent dans les couloirs. « chuuut » parvint à prononcer la princesse d’Empire alors que les deux femmes se faisaient bruyantes. Mais ce « chut », plus destiné à elle-même qu’à son amie, eut l’effet inverse : les rires se firent plus bruyants encore. Maryse parvint tout de même à reprendre son imitation : Vous pouvez donc m’affecter certaines de vos missions, chers amis. Pensez-vous, continua-t-elle sérieusement, que je peux lui demander d’aller à Nancy à ma place ? Cela m’intéresserait, sa mission serait de jouer à l’épouse modèle. Mais je crains que Matthias ne se rende compte du subterfuge… elle éclata de rire une nouvelle fois. Il était assez rare de voir la princesse d’Empire dans cet état, mais se moquer et rire ainsi du marquis de Courtenvaux lui permettait de relâcher un peu la pression. Elle se posait tellement de questions…ce moment était l’occasion de penser à autre chose et d’oublier ses problèmes.
    Vous n’ignorez également pas mon autre identité de Janous dans ce cirque à la porte de la ville. Comme si tout le monde était au courant, commenta la jeune femme en riant. Je ne connaissais même pas le marquis, savais encore moins qu’il était espion, alors connaitre son identité de Janous… »

    Les jeunes femmes sortirent du palais. Elles se quittèrent en se promettant de se revoir pour discuter de ce qu’elles feraient en Lorraine. Puis Maryse se dirigea vers son carrosse. Il était temps de rentrer…

    Fin pour Maryse




Dernière édition par Maryse d'Armentières le 27.02.13 18:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   24.02.13 21:56

« Mesdames, il vous faudra redoubler d'attention, être mariée à un prince allemand ou fiancée à un lorrain ne vous met pas hors de soupçons. »
Christine esquissa une moue amère à ces royales paroles, certes, pleines de bon sens, mais qui la laissèrent néanmoins un instant pensive. Elle doutait que Lorraine pût l’imaginer capable d’espionner quoi que ce soit. Elle devait déjà sembler bien trop... étrange à ses yeux pour qu’il nourrît le moindre soupçon à son égard. Elle opina toutefois du chef, sans répondre, laissant le roi poursuivre. Elle évidement que ces mots finiraient, hélas, par prendre tout leur sens.
La réunion ne s’éternisa pas - ou du moins, ne dura pas aussi longtemps que ce à quoi la jeune femme s’attendait pour un rassemblement de si grande ampleur. Mal à l’aise dès que le regard royal se posait sur elle, et n’ayant rien à ajouter à ses précédentes paroles, elle ne fut pas mécontente de voir la séance levée. Le sérieux dont ils s’étaient tous parés se dissipa légèrement et Christine put se mettre à discuter avec son amie, la princesse de Calemberg qui l’accompagnerait à Nancy - ce qui était bien la seule consolation de la marquise.

« Je suis d’avis que nous nous soutenions, en tant qu’épouses du camp lorrain. Qu’en pensez-vous ? demanda celle-ci, alors qu’elles quittaient le cabinet du roi.
- Je suis du même avis. Honnêtement, je suis heureuse que nous nous y retrouvions, je n’aurais pas supporté seule un séjour à Nancy ! répondit une Christine sincère. »
Elles s’éloignèrent de quelques pas, puis la princesse reprit, l’air bien plus enjouée :
« Et que pensez-vous du marquis de Courtenvaux ? La marquise esquissa une moue à mi-chemin entre la perplexité et le mépris. J’ai eu du mal à me retenir de rire lorsqu’il a pris la parole. Je ne connaissais pas cet homme, et vous ?
- Nous nous étions déjà croisés, mais, confia-t-elle, il ne me revient pas. Cet homme est tellement étrange !
- Je n’ai aucune envie de lui déléguer la mission de retrouver Haydée, bien que son identité de Janous dans un cirque puisse l’aider à retrouver une Siamoise perdue dans la nature. »
Elles rirent toutes les deux, brisant le silence des couloirs assoupis du palais. Christine eut bien du mal à ne pas trop laisser éclater son hilarité lorsque son amie se mit en tête d’imiter Courtenveaux.
« Si Votre Majesté me permet de prendre la parole...
- Les coupables ont été mis aux arrêts dont la tête de la conspiration, plastronna à son tour Christine, en se redressant de façon exagérée. Elles ricanèrent de bon coeur, et ce malgré de vagues tentatives avortées pour revenir à plus de discrétion.
- Vous pouvez donc m’affecter certaines de vos missions, chers amis, continua Maryse. Pensez-vous, que je peux lui demander d’aller à Nancy à ma place ? Cela m’intéresserait, sa mission serait de jouer à l’épouse modèle. Mais je crains que Matthias ne se rende compte du subterfuge…
- Vous croyez ? Je suis certaine que le marquis a une multitude de talents cachés, l’art de se costumer doit en faire partie ! Elle fit la moue. Peut-être que le chevalier de Lorraine préférerait l’avoir comme fiancé à ma place, qu’en pensez-vous ? C’est une mission à sa mesure, lui, le grand découvreur de complots huguenots, et là, nul besoin de subterfuge... »

C’était bas, mais Christine n’était pas d’humeur à se montrer gentille, aussi éclata-t-elle volontiers de rire avec la princesse. Leur voix résonnèrent mais elles s’en moquaient visiblement.
« Vous n’ignorez également pas mon autre identité de Janous dans ce cirque à la porte de la ville. Comme si tout le monde était au courant. Je ne connaissais même pas le marquis, savais encore moins qu’il était espion, alors connaitre son identité de Janous…
- Oh vous l’ignoriez ? s'offusqua faussement Christine. Ma pauvre amie, mais d’où sortez-vous ! Tout le monde connait le grand Janous ici bas ! Il est le meilleur d’entre nous, c’est bien connu. Elle leva les yeux au ciel. Seigneur, certaines choses ne vont pas me manquer... »

Elles sortirent du château sur ces mots, et se quittèrent quelques instants plus tard. Elles se reverraient bientôt, et auraient fort à faire ensemble. La Lorraine ne leur résisterait pas !

Fin pour Christine.
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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   15.05.13 18:10

Tous les espions étaient partis un par un, après quelques questions techniques sur la guerre à venir, les probables passeports que Colbert délivrera en cas de besoin à ceux restés à Versailles qui auraient besoin de quitter la France, les détails de missions, de comment contacter le roi, Colbert ou La Reynie en cas de besoin. Après cette réunion où tous avaient pu se voir, il ne restait finalement que Louis et Colbert dans cette pièce devenue silencieuse et vide de population. Il était temps d'aller se coucher ... ou presque.

Votre majesté, attendons nous quelqu'un ? demanda Colbert.
Oui, le chevalier de Langlay ne devrait plus tarder. Faites le venir quand il arrivera.

Et Louis se retira dans la pièce d'à côté, attendant que son espionne daigne montrer sa bouille. Cela pouvait paraître étrange que celle qui s'appelait en vérité Megan Campbell ne vienne pas à la réunion comme les autres. Avec la guerre qui arrivait, il ne devait pas être étonnant qu'employer une écossaise soit une bonne idée. Bien heureusement, Louis ne connaissait pas la double casquette de son employée ... et ce n'était pas plus mal comme cela. Mais ce n'était pas de cela dont il était question, point de trahison ou d'échafaud, alors que le roi s'asseyait dans un large fauteuil moelleux, même si la guerre devait lui faire prendre des mesures, qu'il n'avait pas pris avec d'autres. C'est à ce moment là que Colbert fit son apparition, toujours de noir vêtu telle une chauve souris nocturne :

Sire, le chevalier de Langlay, comme convenu.
Faites le entrer. Et laissez nous pour le moment, monsieur Colbert.

C'est à cet instant que le ''jeune homme'' fit son apparition, l'air peu rassuré(e). Il était vrai que la missive indiquait une réunion des espions, pas un royal tête à tête. La porte se referma, laissant le justicier de la nuit attendre de l'autre côté de la porte, jusqu'à temps qu'on l'appelle au moment providentiel.

Chevalier, restons dans le ton de votre tenue, vous devez vous demander où est la réunion où vous deviez vous rendre ce soir. Il n'y a là point de mensonge, la réunion s'est finie quelques minutes avant votre arrivée. Il garda le silence, observant son espionne avec le peu de lumière éclairant la pièce. Ce ne sont guère de bonnes nouvelles qui me poussent à vous avoir face à moi en cet instant.

Cela ne devait guère rassurer Megan qui devait toujours croire à une accusation de trahison. Surtout que le silence était presque pesant, la nuit n'aidant pas.

Je sais l'amour que vous portez à votre patrie, le sentiment de déchirement que vous aurez durant cette guerre. Je peux alléger votre souffrance. Ces mots n'étaient guère rassurants encore aux yeux de l'écossaise. Si vous n'avez pas participé à la réunion, c'est parce que, désormais, vous ne faites plus partie de mon réseau, jusqu'à ce qu'il en soit décidé autrement. Vous êtes en quelque sorte libre, bien que cela ne vous dispense pas du silence de ce que vous avez vu lors de votre service.

La ''sanction'' était tombée, même si elle n'était pas bien impressionnante. Si Louis avait confiance en la plupart de ses espions, il savait que la garde n'allait pas à l'encontre de la fidélité de quasiment tous, certains étaient volontairement écartés, pour éviter tout problème. Si un homme comme le duc de Bar était pour le roi de France alors qu'il était le propre fils du duc de Lorraine, il en savait moins à propos de Megan et l'écartait tant qu'il en était temps. Elle était tout de même dans les petits papiers du roi d'Angleterre, un de ses grands amis à la Cour était un Stuart ... Non, Louis ne laissait rien au hasard. Il appela d'ailleurs Colbert, qui fit son apparition des plus sombres et sortit un document, le déroulant pour expliquer au chevalier de quoi il en retournait.

Chevalier, ce papier à signer vous insigne à garder le silence sur vos missions et les noms de vos collègues. Sachez que si une information parvenait à l'oreille d'un ennemi, vous serez le premier à subir la justice royale. Veuillez signer là. dit Colbert, toujours aussi aimable.

Oui, un document à signer, où bien sûr le nom inscrit était celui de chevalier de Langlay mais où le roi, toujours prévoyant, avait aussi inscrit celui de la jeune femme à l'encre sympathique, sait on jamais. Toujours avoir plusieurs coups d'avance sur les autres, telle était sa conception. Le papier signé, il ne restait qu'à dit au revoir à une bonne espionne.

Au revoir chevalier et que Dieu vous garde où que vous alliez.

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qui fait perdre. »
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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   30.06.13 14:09

Benoît était souvent un sujet de moqueries pour ses collègues. Sa maniaquerie, son raffinement, son dégoût du sang et de la poussière ne pouvaient que faire sourire à son passage. On raillait ses manières peu orthodoxes, pas de pistolet ou d’épées au côté, il n’avait qu’un simple poignard et son célèbre nœud coulant. Et puis, il devait bien l’avouer son zèle et son affection indéfectible pour le jeune monarque faisait qu’il en faisait toujours trop sans doute pour les autres. Mais pour lui, se comporter de la sorte, être aussi droit qu’un militaire devant son roi était en tout point, très naturel. Devant Louis XIV, il n’était pas loin de prendre la place d’un esclave ou même d’un chien devant son maître. De là, à passer pour un lèche botte aux yeux de ses compagnons d’espionnage, il n’y avait qu’un pas et le pas avait été franchi depuis longtemps. Le marquis avait bel et bien une telle réputation et les petites piques allaient bon train. Il n’en avait cure, s’il avait dû relever toutes les boutades de ceux avec qui il devait travailler, qu’est-ce cela aurait été face à un ennemi ? Quel piètre serviteur, aurait-il fait ! Il haussait généralement les épaules et balayait rapidement de sa mémoire, le trait d’humour dont il avait été la cible. De Ferdinand, il en fut même pas surpris, au contraire lui-même eut un petit rire muet lorsqu’il lui lança ses bouffonneries légendaires. Il savait qu’il se vengerait du baron, en faisant quelques déductions gênantes à son sujet et comme toujours, ils en resteraient là. C’était leur petit jeu.

D’ailleurs, l’heure était à la concentration sur des sujets bien plus graves et il fallait écouter et non se vexer. Benoît mémorisait au fur et à mesure, les projets des autres espions que ce soit à l’arrière tout comme lui, ou bien sur le front en Lorraine. Du coin de l’œil, le parlementaire fixait de temps à autre Christine de Listenois et Maryse d’Armentières. Depuis sept ans qu’il avait été recruté par le roi, il n’avait eu que peu de contacts avec les jeunes femmes, mais la blonde marquise ne lui disait rien qui vaille. Dans son regard pétillaient parfois des lueurs bien étranges, elle paraissait parfois déséquilibrée passant d’une humeur à une autre d’un claquement de doigt. Pouvait-on se fier à cette femme instable ? Benoît ne se serait pas permis de mettre en doute le jugement du souverain, alors il gardait ses pensées pour lui et évitait plus que jamais d’être en mission avec elle. Il avait jusqu’à alors tout à fait réussi, puisque Maryse, Christine et lui-même ne s’étaient que peu rencontrés voire pas du tout. En revanche, tous les autres présents ne lui étaient pas inconnus. Luigi, Richard, Alaina, Evangéline et bien entendu son cousin Guillaume. Restait un absent ou plutôt une absente : Megan Campbell. Où était donc le chevalier de Langlay ? Benoît songea tout d’abord à un retard, puis ne la voyant pas arriver, le marquis eut un mauvais pressentiment. Ne restait-elle pas sujette britannique ? En ces temps de guerre avec l’Angleterre, cela allait créer certainement quelques problèmes et non pas des moindres. Mais jusqu’à la dernière minute, Benoît espéra. Après tout, Maryse n’était-elle pas l’épouse d’un prince allemand et Christine, la sœur d’un lorrain ? Alors pourquoi Megan serait-elle sur la sellette davantage qu’elles ?

Sans doute Benoît fut-il le dernier à sortir autant qu’il avait été le premier à rentrer dans les grands appartements du roi. Il attendit, le cœur légèrement serré que tous eurent quitté les lieux. Il plongea alors dans un salut respectueux.

- Sire, que Dieu vous apporte gloire et chance sur le champ de bataille. Je vous ferai parvenir des rapports tous les jours et aussi détaillés que possible.

Et il quitta les lieux, en marchant en arrière, la tête toujours baissée comme l’exige le protocole en présence d’une personne royale. Lorsqu’il se retourna, il vit au fond du couloir Megan, à qui il jeta un regard désemparé. Il n’était pas à proprement parlé amoureux, mais il s’était attaché à l’écossaise et leur amourette durait depuis quelques mois déjà. Allaient-ils devoir se séparer ? Lorsqu’elle fut à sa hauteur, il attrapa avec délicatesse son bras et lui murmura à l’oreille.

- Nous devons parler, je t’attendrai au salon de la paix. Viens s’il te plait.

Puis elle pénétra dans les appartements du roi, Bontemps demeurait lui à la porte. Benoît fit alors quelque chose, dont il ne se serait jamais cru capable. Il sortit la bourse qu’il avait dans son pourpoint et la mit sous le nez de Bontemps.

- Qu’est-ce que le roi lui veut, Bontemps ? Parlez et tout ceci est à vous !

Le valet du roi fixa la bourse d’un air plus surpris qu'intéressé et comme il aurait dû s'en douter, sa loyauté ne flancha absolument pas.

- Le chevalier de Langlay vous l’apprendra bien assez tôt, marquis. C’est mal de me tenter ! Mes gages me suffisent ! Je ne vous aurai pas cru capable de ça ! Vous me décevez !
- Vous avez raison, pardonnez-moi.

Il tapa à plusieurs reprises sur son épaule et le sourire de l’autre lui apprit, qu’il était tout excusé malgré le geste. Tous deux s’aimaient bien, il faut dire qu’aucun des deux n’aurait jamais trahi le monarque. Benoît rangea donc ses louis d’or et gagna, le cœur en berne, le salon de la paix. Était-ce la fin de leur relation ?

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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   30.06.13 15:19

-Si vous n'avez pas participé à la réunion, c'est parce que, désormais, vous ne faites plus partie de mon réseau, jusqu'à ce qu'il en soit décidé autrement. Vous êtes en quelque sorte libre, bien que cela ne vous dispense pas du silence de ce que vous avez vu lors de votre service.

Les mots du roi avaient été fermes, presque cinglants, faisant perdre à Megan toute sa morgue habituelle. Elle s’était douté de cette sentence, elle l’avait peut-être même attendue, mais elle ne s’était pas préparée à l’entendre de vive voix. Le roi de France n’était pas le plus stupide des hommes et lorsqu’on avait grandi dans le giron du cardinal Mazarin dont elle avait tant entendu parler, on ne pouvait garder auprès de soi une anglaise, toute écossaise puisse-t-elle être.
Ce qui rassurait Megan et qui la fit tenir droite devant Louis XIV était cette pensée tournée vers l’Angleterre, où son roi aurait toujours une confiance infaillible en elle. On était revenu en 1543, lorsque l’écossais Matthew Stuart, ancêtre de son roi, avait rallié la cause d’Henry VIII.
-Je comprends, sire. J’accepterai cette sentence avec toute la discrétion avec laquelle j’ai œuvré pour vos services.

Colbert sorti soudainement de la tapisserie, tel une chauve-souris sortant de sa caverne et déposa sous son nez un parchemin manuscrit tout en lui tendant une plume encrée.
-Chevalier, ce papier à signer vous insigne à garder le silence sur vos missions et les noms de vos collègues. Sachez que si une information parvenait à l'oreille d'un ennemi, vous serez le premier à subir la justice royale. Veuillez signer là.
-La raison du plus fort est toujours la meilleure, soupira-t-elle à voix basse en prenant la plume des mains de Colbert.

Le document était au nom du chevalier de Langlay. Elle sourit subrepticement, se doutant qu’avec une chauve-souris comme conseiller, le roi avait pris ses dispositions pour que Megan Campbell soit liée au chevalier de Langlay. Mais connaissait-il Lord Dafoe ? Adolphe Lanzac ? Certainement pas, non. Elle gardait un crochet pour se rattraper si besoin était.
A présent déliée du roi de France, elle était entièrement à Charles II, désormais ennemi de celui qu’elle venait de saluer avec déférence.

-Au revoir chevalier et que Dieu vous garde où que vous alliez.
-Adieu, sire. Ce fut un honneur que de mettre mes talents au service de votre majesté, et espère avoir été à la hauteur.
Elle se retint d’ajouter qu’elle regrettait que leurs deux nations étaient à nouveau ennemies, la phrase n’avait pas sa place.

Colbert la raccompagna sans une once de sourire, et referma la porte derrière elle, la laissant seule et songeuse, chapeau à nouveau remis sur ses cheveux roux.
Courtenvaux l’avait approchée tout à l’heure, et son cœur se serra à l’idée de devoir faire ses adieux à Benoît. Leur relation durait depuis peu, avait étrangement commencée, mais l’affection qu’elle lui portait lui faisait oublier ses douleurs passées. Elle ne savait si elle pouvait parler d’amour, mais elle sentait son cœur battre un peu plus fort lorsqu’elle revoyait son sourire, lorsqu’elle pensait à lui.
Elle s’arma de courage et rejoignit sans bonheur le salon de la Paix. Etrange nom pour des adieux qu’elle voyait poindre.


Le salon était vide et après un regard avec les valets, la porte se referma sur eux.
-Benoît, commença-t-elle avant qu’il ne parle. Tu dois savoir de quoi le roi voulait m’entretenir, seule.
Elle lui pris les mains, n’osant le regarder en face. Elle ne voulait pas qu’il remarque ses yeux brillant, son visage contrit et abattu. Elle devait être celle qu’elle avait toujours été : la fraîcheur, l’impulsivité écossaise dont elle ne se départissait jamais.
-Il me retire de mes fonctions, m’a fait signer un papier m’empêchant de parler de quoi que ce soit, fit-elle lentement. En garde, espèce de vieille pute dégarnie ! , lança-t-elle ironiquement en référence à ses missions passées, le chevalier de Langlay n’a plus aucune raison d’être à présent, je ne peux que retourner en Angleterre, quitter ce faux fiancé de Froulay, retrouver Archibald qui me traitera en prisonnière.
Elle n’attendit pas qu’il réponde et reprit, gardant les yeux baissés, rivés sur ses boucles de chaussures.
-Je peux bien sûr rester en France, rester auprès de toi, mais cela est bien trop dangereux. Craignez la colère de la colombe, comme nous le disons souvent chez nous. Elle releva enfin les yeux, posant son regard clair dans celui de Benoît. Je suis attachée à l’Angleterre, et à ce seul pays, à présent. Rien ne m’oblige à rester fidèle à la couronne française que j’ai servi par devoir. Je suis anglaise, [b/]répéta-t-elle. Je serais une traître à mon pays si je restais en France.

Ces derniers mots, Megan les croyais plus que les autres. Elle pouvait rester en France auprès du marquis, mais son roi aurait certainement besoin d’elle. Elle renonçait à Benoît pour mieux servir son pays. Le sacrifice était lourd, mais décidé.
Elle serra ses doigts autour de ceux de Benoît, avant de l’embrasser une dernière fois, furtivement.
-Au revoir, car je sais que nous nous reverrons après la guerre.

Elle eu un sourire contrit, le salua d’une petite révérence et s’éclipsa une ultime fois du château de Versailles, libre.





Lisa, je te laisse conclure si tu veux, pour moi tout est ok!

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MessageSujet: Re: Le roi et ses espions en réunion   24.07.13 14:06

La reine et la cour s'étaient retirées, Benoît par soucis là encore des conventions, aurait dû rester immobile pour ne pas gêner le sommeil des courtisans. Pourtant, il ne le pouvait pas et déambulant dans le salon de la paix, ses bottes claquaient à chaque pas qu'il faisait. Lui ne les entendait pas, son esprit était captif de sombres pensées. Il ne s'en libérait que pour fixer de temps à autre, l'horloge lui indiquant que seulement quelques minutes venaient de s'écouler et non pas le demi-siècle, qu'il imaginait. Fort heureusement, le rencontrer dans ce salon n'aurait été en rien un quelconque flagrant délit sur ses activités d'espions, n'était-il pas un courtisan lui-même et combien de rendez-vous nocturnes pouvaient se faire dans le palais et au dehors ? Voilà pourquoi, il pouvait se permettre sans trop de risques de faire du bruit. En mission, cela aurait été différent, il aurait pris sur lui malgré la situation et sa nervosité. Car dire qu'il était nerveux était un vrai euphémisme, et ce n'est pas cette fois-ci Bontemps, qui fut victime de son humeur mais un instrument de musique. En effet, ayant aperçu auprès d'un clavecin et d'une harpe, la guitare de Louis XIV, il l'avait prise en mains et avait voulu égrener quelques notes. Quoi de mieux que quelques accords baroques pour apaiser l'esprit ! Le raffiné Benoît ne pouvait qu'y être très sensible. Malheureusement, sa sensibilité justement était bien trop à fleur de peau ce soir là, pour ne pas avoir un geste maladroit. Lorsqu'une porte s'ouvrit et se referma tout près des grands appartements du roi, il sursauta légèrement, la guitare glissa de ses doigts et chuta sur le sol marbré. Les cordes s'étaient entortillées, quant à la guitare, un trou béant remplaçait le coffre. Benoît se maudit plusieurs fois intérieurement, jamais il n'avouerait cette faute au souverain. Dans quelques jours, il ferait parvenir un paquet anonyme au monarque avec une nouvelle guitare ...

Mais à présent, ce n'était pas de ce problème là qu'il devait se soucier mais de l'avenir de son couple caché des autres espions. Un avenir qui ne s'annonçait pas sous les meilleures auspices depuis le début de leur relation, mais sans en être fou, Benoît s'était laissé vraiment charmer par l'écossaise. Si rupture, il y avait , elle en serait douloureuse. Etait-ce cela que venait lui apprendre Megan ? Cette dernière venait enfin de faire son entrée dans le salon et se dirigeait à pas lents vers lui. Il ne pouvait dire un mot tant sa gorge était sèche, aussi lorsqu'elle fut à sa hauteur, il la laissa parler.

" Benoît,  Tu dois savoir de quoi le roi voulait m’entretenir, seule. "

Ses mains subitement serrées par les siennes, ce regard fuyant, tout lui criait que leur aventure s'achevait ici et maintenant. Néanmoins, les mots fatidiques n'étaient pas encore sorties de cette délicate bouche, peut-être y avait-il encore un espoir.

" Il me retire de mes fonctions, m’a fait signer un papier m’empêchant de parler de quoi que ce soit. En garde, espèce de vieille pute dégarnie ! le chevalier de Langlay n’a plus aucune raison d’être à présent, je ne peux que retourner en Angleterre, quitter ce faux fiancé de Froulay, retrouver Archibald qui me traitera en prisonnière. "


Jamais le marquis de courtenvaux ne se serait élevé contre une décision du roi, jamais ! Cependant à cette minute, il songea qu'il s'agissait là d'une décision bien injuste ! Christine de Listenois était fiancée à un prince lorrain et un des chefs de l'état major ennemi,  Maryse d'Armentières était l'épouse d'un Calenberg, soit Megan était sujette britannique, mais pourquoi n'avait-elle pas eu également un traitement de faveur de son côté ? Après tout, si les deux lorraines pouvaient infiltrer la cour de Nancy, pourquoi pas Megan, n'était-elle pas une espionne de la couronne de France elle aussi ? Mais il ravala bientôt son amertume se persuadant que si Louis XIV avait agi ainsi, c'est qu'il devait y avoir un motif légitime bien que caché. Il devait l'accepter. Un éloignement est toujours déplaisant certes, mais peut-être qu'après la guerre tous deux pourraient se retrouver ?

" Je suis attachée à l’Angleterre, et à ce seul pays, à présent. Rien ne m’oblige à rester fidèle à la couronne française que j’ai servi par devoir. Je suis anglaise, je serais une traître à mon pays si je restais en France. "

Les yeux de Benoît s'écarquillèrent, il n'imaginait pas un seul instant devoir lutter à présent contre elle puisqu'elle rejoignait l'Angleterre. N'avait-elle pas été une camarade de missions et sa maîtresse ? Pourtant, il comprenait que trop bien son patriotisme, il avait le même au coeur. Comment lui en vouloir et comment la retenir surtout ? Dès que leurs pays rentrèrent en ligne de compte dans le discours de Megan, Benoît se sentit sans arguments, ils allaient se séparer et pour de bon. Il comprenait les raisons du roi à présent. Maryse et Christine restaient loyales à la France, il avait pensé que cela aurait été également le cas pour Megan ... Mais elle était bien trop écossaise, il le découvrait véritablement ce soir. Toujours plongé dans son mutisme, il sentit à nouveau ses doigts pressés autour de ses mains et lorsqu'elle l'embrassa, il enroula ses bras autour de sa taille frêle pour la serrer avec force contre lui.

" Au revoir, car je sais que nous nous reverrons après la guerre. "
- Oui nous nous reverrons et peut-être alors nous ne nous quitterons plus, on a vu souvent rejaillir le feu de l'ancien volcan qu´on croyait trop vieux et malgré nos différences, nous avons pu construire une relation qui peut être solide, après tout quand vient le soir pour qu´un ciel flamboie le rouge et le noir ne s'épousent-ils pas ? Au revoir Megan, que Dieu te garde.

Ces au revoir faits sous forme poétique si coutumière au parlementaire, Benoît demeura seul plusieurs minutes et un mauvais pressentiment lui fit savoir que plus jamais il ne la tiendrait dans ses bras. C'était bel et bien fini malgré ses dernières paroles d'espérance. Tous deux emprunteraient des chemins différents, ils se retrouveraient c'est certain, mais ils ne partageraient plus jamais l'intimité de l'autre. Il fallait s'y résoudre et Benoît savait qu'il y parviendrait malgré la difficulté. L'amour, le véritable, ne l'avait pas frappé. Il l'oublierait même s'il n'effacerait pas son nom de sa mémoire.

Après avoir replacé la guitare démembrée sur le fauteuil où il l'avait trouvée, il quitta lui même le salon de la paix et Versailles pour regagner Paris. La guerre commençait, les espions pour la plupart partaient, lui resterait.  

Fin

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