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 Dans la famille "clownesque", je demande le cousin et la cousine {PV Ferdi}

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MessageSujet: Dans la famille "clownesque", je demande le cousin et la cousine {PV Ferdi}   04.11.12 18:00



Comment l’avait-il retrouvée ce soi-disant cousin ? Rose était venue lui apprendre que Ferdinand d’Anglerays, l’homme à qui elle avait écrit au Siam, tentait de rentrer en contact avec elle ? Haydée se méfiait et n’avait-elle pas toutes les raisons de le faire ? Sa situation de fugitive réclamait de sa part qu’elle soit toujours sur le qui-vive. Les policiers du roi et ses espions n’avaient-ils pas appris, qu’elle possédait un parent français ? Ne cherchaient-il pas consciemment à faire tinter cette corde sensible en elle pour l’attirer dans un piège par un quelconque appât, un comédien qui interpréterait ce rôle ? Tout était possible, elle était au cœur d’un incident diplomatique d’envergure, ce n’était plus qu’une question de mois. Par conséquent on devait mettre tout en œuvre pour la retrouver et la traîner à nouveau à Versailles. Que l’on ait ordonné une enquête sur elle, sur son passé ne l’aurait pas étonné. Son père avait en sa possession toutes les informations nécessaires et il savait pertinemment qui il avait épousé comme concubine. C’est certainement comme ça, qu’ils avaient pu remonter cette piste.

Si Haydée ne doutait pas de Rose en qui elle avait toute confiance, il était dans son esprit tout à fait possible que Rose ait été dupée. Ce n’était pas son genre elle devait bien l’admettre, la prostituée était même intelligente, mais un espion aguerri avait dans ses gênes l’art de la manipulation. D’ailleurs ils étaient parvenus à attirer son attention. Ce soir-là dans sa chambre, les yeux grands ouverts et la tête enfoncée dans son oreiller, elle hésitait encore mais plus pour très longtemps … Si c’était vrai, ne serait-elle pas stupide de céder à la panique ? Cette chance qu’on lui offrait de rencontrer un homme qui avait le même sang qu’elle dans ses veines, ne se représenterait plus peut-être deux fois. Se rasseyant un instant au bord du matelas, elle prit sa tête entre ses mains et lissa ses cheveux de jais tout en soupirant. Que faire ? Accepter ce rendez-vous ? Prendre le risque ? Il s’agissait de marcher dans le vide ou tout comme. Mais ne l’avait-elle pas fait bien souvent en compagnie de ses chers petits singes ? N’avait-elle pas le goût du danger depuis sa plus tendre enfance ? A confronter en permanence son père puis son mari, puis ses concubines, son dernier exploit en la matière, avait été cette fuite avec la complicité de l’adulé Arthur de Roberval. Elle n’était pas femme à reculer mais femme à avancer même les yeux fermés … Sans doute était-ce là l’intrépidité gasconne !

Son choix fut donc fait. Elle irait ! La jeune siamoise se dirigea vers la commode terriblement bancale du couloir, où les filles de joie se partageaient parchemin, plume et encrier. Elle s'appuya sur une étagère poussiéreuse à souhait et traça ces quelques mots : Moi et vous se rencontreront le soir de demain aux douze heures à la rue Saint Marcel à côté du cimetière.

Le message malgré encore un français déplorable, lui semblait compréhensible. Jour, heure et lieu, le policier ou ce cousin avait toutes les indications dont il avait besoin pour leur rendez-vous nocturne. Rose lui avait parlé d’une brèche dans un muret à quelques rues de là, c’est là que dissimulée sous une cape, elle plaça le mot comme demandé si elle acceptait cette rencontre. Bien entendu, il n’était question qu’elle s’y rende sans aucune protection. Elle ne demanderait pas à quelqu’un de l’accompagner, mais il fallait s’armer de quelque chose. Un balais ? Elle ne ferait pas beaucoup de poids ? Une arme à feu ? Où en trouver ? Un poignard ? Bien entendu, la peste de maquerelle en refusait la possession, elles n’étaient pas là pour effrayer les clients mais au contraire pour les appâter. Elle n’avait donc rien, si ce n’est … ses aiguilles à tricoter plantées dans sa pelote de laine. Longues, pointues et pouvant être lancées sur un individu dangereux. C’était mieux que rien ! Elle irait donc accompagner de ces deux petites armes improvisées.

Cela dit, plus elle réfléchissait à la situation, plus elle se persuadait qu’il s’agissait de la vérité, car si l’on savait qu’elle se trouvait en contact avec Rose, pourquoi ne pas faire une descente de police dans la maison close ? Peut-être s’agissait –il d’une ruse pour l’avoir sans porter l’attention sur l’évènement, il s’agissait tout de même d’une reine ou peut-être un accord entre les autorités et la tenancière du lieu avait-il été passé ? Ce ne serait pas la première ni la dernière fois que ce genre de petits accords se dérouleraient. Le doute donc persistait et il persista jusqu’à l’heure du rendez-vous, à chaque argument son contre argument !

Le moment venu, à une heure du rendez-vous, elle revêtit une robe de teinte foncée, se fit un chignon pour ne pas avoir sa chevelure rebelle devant les yeux s’il y avait danger et sortit dans les rues sombres à destination de l’église Saint Médard située dans la rue Saint Marcel. C’est tout près de cette église que se trouvait le cimetière. L’endroit était calme mais il ne s’agissait pas d’un cul de sac où elle serait piégée comme un malheureux rat. Elle pouvait semer son assaillant dans cette rue et Dieu sait qu’elle savait sauter et grimper aux arbres comme un vrai ouistiti. D’ailleurs une fois sur les lieux c’est ce qu’elle fit, elle avisa une sorte de muret et se dissimula dans un coin en attendant son potentiel parent.

Lorsqu’il se montra, son sang qui faisait toujours un tour très vite chez elle, la fit bondir de sa cachette. Elle devait avoir la surprise à son avantage ! Elle se retrouva donc sur ses deux jambes face à lui et les deux aiguilles à tricoter dans sa main droite, brandies comme deux dagues.

- Moi vous préviens que si toi veux me reprendre pour ce Versailles, ça, se passera pas avec facilité ! Ca être laid de se faire passer pour un cousin de moi, moi ne serai pas contente si toi m’as menti ! Toi auras tes yeux crevés !


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MessageSujet: Re: Dans la famille "clownesque", je demande le cousin et la cousine {PV Ferdi}   27.11.12 14:34

Emmitouflé dans la cape dont Monsieur lui avait fait cadeau pour les fêtes de fin d’année, engoncé dans des vêtements de voyages, chapeau et bottes de cavalier, Ferdinand bondit de son cheval qu’il avait abandonné chez le maréchal-ferrant après avoir failli le faire crever à force de le faire galoper aussi vite que possible pour retourner à Paris après un court séjour non loin de l’Anjou pour raisons professionnelles. Il venait tout juste de rentrer de son périple mais plutôt que de rentrer directement à Versailles faire son rapport à Louis –qui était de toute façon habitué à n’avoir que des rapports irréguliers de sa part et s’en accommodait parfaitement- avait fait un crochet par Paris où l’appelaient d’autres affaires, plus personnelles cette fois. Familiales, pour être exact. Autant dire un évènement dans la vie du bouffon que tout un chacun croyait sans attaches familiales, y compris lui-même jusqu’à quelques mois plus tôt, ce jour où il avait reçu une lettre du royaume de Siam, une lettre désespérée qui l’avait fait bondir sur ses deux pieds et embarquer pour le Moyen-Orient, hélas en vain car son voyage avait été reporté et au final il avait appris que l’expéditrice de la lettre s’était volatilisée dans la nature… Ou plus exactement, qu’elle était en route pour la France. Dépité et surtout sans ressources, il était rentré à Paris et avait passé plusieurs semaines à ressasser son inquiétude pour cette cousine qui avait soudain fait son apparition dans sa vie, lui qui croyait pourtant être le dernier Anglerays encore en vie. Sa mère, son père n’étaient plus là, les frères de son père étaient morts eux aussi et n’avaient pas laissé d’enfants derrière eux et il ignorait tout de la famille de sa mère, qu’il s’agisse de la vraie ou de Léa d’Anglerays. Seule avait persisté le souvenir de cette tante qui était partie épouser un russe des années auparavant et dont on n’avait plus jamais entendu parler. Jusqu’à aujourd’hui.

Ferdinand tourna au coin de la rue et, d’un geste précipité, écarta la tenture suspendue au mur qui dissimulait une brèche. Le cœur battant, il y engouffra la main… Et faillit laisser échapper une exclamation de triomphe lorsque ses doigts rencontrèrent un papier. Il avait donc eu raison de demander à Rose d’ouvrir l’œil, elle avait visiblement réussi à trouver la bonne personne ! Il faudrait qu’il la remercie comme il se doit lors de leur prochaine rencontre, quel que soit le contenu de ce message. Après tout, rien ne la forçait à lui rendre ce service qui n’avait rien à voir avec de l’espionnage. Il déplia le papier et déchiffra fébrilement les quelques lignes qui y étaient maladroitement tracées, reconnaissait aussitôt l’écriture de la lettre qu’il avait reçue du Siam.

Moi et vous se rencontreront le soir de demain aux douze heures à la rue Saint Marcel à côté du cimetière.

Un immense sourire illumina son visage et il froissa la missive dans sa main avant de pousser un « youhou ! » joyeux qui firent se retourner quelques têtes sur son passage, et, poussé par cette espèce d’euphorie que provoquent inévitablement les bonnes nouvelles, il saisit le visage d’une malheureuse passante et à deux mains et l’embrassa de bon cœur avant de s’esquiver avec l’agilité d’un chat sans même entendre les insultes qui le poursuivaient. Sa cousine acceptait de le rencontrer ; c’était la première bonne nouvelle qu’il recevait depuis un long moment, hors de question de laisser quoi que ce soit lui gâcher ça !

Le lendemain soir, il se rendit à l’heure convenue au cimetière de l’église saint-Médard et arriva même un peu en avance, à croire que son enthousiasme s’était communiqué à son cheval qui en avait pourtant vu de toutes les couleurs avec lui ces derniers jours. Pour une fois, le Fou n’était pas du tout sur ses gardes, persuadé qu’il ne courait aucun danger… Grave erreur. Surtout quand on avait affaire à une gasconne, même si elle ne l’était qu’à moitié. Il franchit les murs du cimetière et scruta l’obscurité, cherchant à localiser une forme humaine qui aurait pu être sa cousine enfin retrouvée. Ferdinand n’avait jamais rencontré sa tante ou du moins pas qu’il s’en souvienne, mais la perspective de rencontrer sa fille, sa cousine inconnue, quelqu’un de son sang provoquaient en lui des sentiments mitigés d’impatience et d’appréhension. Mais finalement c’était la joie de retrouver un semblant de famille qui l’emportait, lui qui depuis plusieurs années ne pouvait plus appeler famille que les gens qui avaient plus ou moins été liés à son enfance, et ils étaient peu nombreux. Hector bien sûr, la fidèle Catherine, et le souvenir de Delphine. Il y avait évidemment Blandine, qu’il considérait comme sa petite sœur mais… Ca n’était pas tout à fait la même chose. Alors oui, pour lui, rencontrée Haydée avait quelque chose de nouveau et d’aussi effrayant qu’excitant. Heureusement, il était plutôt le genre d’homme à se focaliser sur l’aspect réjouissant de la chose.
Il en était là de ses réflexions tout en cherchant la jeune fille des yeux lorsque soudain une forme sortit de l’ombre et bondit devant lui, lui faisant faire un bond de surprise alors qu’il ouvrait des yeux stupéfaits. Mais… Qu’est-ce que c’était que cette fille qui le menaçait avec… Des aiguilles à tricoter ? Ferdinand haussa un sourcil perplexe tout en affichant la plus grand incompréhension.

- Moi vous préviens que si toi veux me reprendre pour ce Versailles, ça, se passera pas avec facilité ! Ca être laid de se faire passer pour un cousin de moi, moi ne serai pas contente si toi m’as menti ! Toi auras tes yeux crevés ! s’exclama l’espèce de… De chat sauvage qui venait de lui sauter dessus en menaçant de lui trouer les yeux. Perspective peu réjouissante pour des retrouvailles. En tout cas, ce retournement de situation-là n’était pas prévu dans ses plans initiaux ! Et pourtant, il n’y avait qu’une information que son cerveau avait choisi de retenir…
« Haydée ? Haydée, c’est toi ? C’est moi, Ferdina… »

Il s’interrompit car alors qu’il s’avançait vers elle, elle pointa une aiguille sous sa gorge qui lui aurait percé l’œsophage s’il n’avait pas eu la présence d’esprit de s’arrêter. Proprement hébété, il resta immobile un quart de seconde en se demandant diable ce que c’était que cette histoire abracadabrante encore. Pourquoi les aventures dangereuses et ridicules comme celles-ci n’arrivaient qu’à lui, hein ? Il fit donc rapidement un pas en arrière en levant les deux mains en signe de paix, préférant éviter de se faire trouer la peau par sa propre cousine qu’il avait eu tant de mal à retrouver !

« Mais enfin, baisse ces aiguilles, ce n’est que moi, Ferdinand ! Ton cousin, celui à qui tu as écrit du Siam ! Pourquoi diable est-ce que je me ferais passer pour moi pour te duper, hein ? Franchement, ai-je l’air d’un espion venu te remettre sur un bateau ? »

Ahem… Bon admettons, c’était un peu l’hôpital qui se moquait de la charité mais elle n’était pas censée le savoir. En attendant, restait qu’elle croyait qu’il voulait l’arrêter. Il n’avait pas prévu ça et se traita mentalement de tous les noms d’oiseau qui lui passèrent par la tête. Il savait pourtant que la police de la Reynie et certains de ses collègues, comme Maryse d’Armentières, étaient sur la piste d’une siamoise qui s’était échappée de son cortège ! Ce n’était pas un hasard si la jeune fille s’était cachée dans ce qui était apparemment un bordel, si c’était là que Rose l’avait retrouvée… Il se maudit alors de ne pas avoir apporté de preuve de son identité. Il avait bien dans la poche la première lettre qu’elle lui avait envoyée, mais il aurait été simple pour elle de l’accuser de l’avoir volée et il ne pourrait pas lui en vouloir de soupçonner cette hypothèse. Il allait donc falloir trouver autre chose. Mais quoi ? Une main toujours levée en signe de paix, il attrapa la lettre dans la poche intérieure de son pourpoint et la tendit à la jeune fille.

« Regarde, c’est la lettre que tu m’as envoyée du Siam… J’ai sauté dans un bateau dès que j’ai pu après l’avoir reçue, mais tu étais déjà embarquée sur un autre bateau pour la France, je parie qu’on s’est croisés sans le savoir sur la mer ! » s’exclama-t-il.

Si Haydée avait un tant soit peu d’oreille, il ne lui serait pas difficile d’entendre la sincérité qui transparaissait littéralement dans la voix de Ferdinand. Lui qui ne pensait plus qu’à cette rencontre depuis qu’il avait appris son arrivée à Paris, voilà qu’on l’empêchait d’en profiter à cause d’une sombre histoire d’espions et d’identités ! Ah non, c’était trop fort ! Voyant bien qu’il n’avait pas encore réussi à la convaincre, il leva les bras au ciel d’un air exaspéré et surtout avec l’air désespéré du pauvre type qui est à deux doigts de son but et à qui il ne manque qu’un rien pour y parvenir… Il n’y avait qu’un mince voile qui séparait Ferdinand de la seule famille qui lui restait, et ce foutu voile lui glissait encore entre les doigts !

« Je te jure sur l’honneur que je suis ton cousin ! Ferdinand d’Anglerays, seigneur de la Boissière et de la Roche-Chicot, trente-six ans, né le jour de Noël dans le manoir de la seigneurie sus-nommée, ni frère ni sœur, juste une cousine dont j’ignorais encore l’existence il y a deux mois et qui maintenant refuse de me croire quand je la retrouve enfin ! Sérieusement, qu’ai-je fait pour mériter un traitement pareil, hein ? » poursuivit-il d’un air indigné qui n’était pas feint alors même qu’il semblait s’en prendre au ciel. Sa joie initiale avait laissé la place à un certain désarroi alors qu’il se retrouvait totalement démuni face à cette cousine incrédule. Il écarta les mains en signe d’impuissance et conclut d’un ton las :

« Que dois-je faire pour te prouver que je suis bien ton cousin et que je ne te veux aucun mal ? Dis-moi, interroge-moi, troue-moi un œil si ça te chante –non pas un œil, j’en ai encore besoin, une main si tu veux- mais à part te proposer de me suivre à Versailles où tu auras toutes les preuves que tu veux, ce que tu vas refuser, je ne vois pas ce que je peux faire ! »

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MessageSujet: Re: Dans la famille "clownesque", je demande le cousin et la cousine {PV Ferdi}   17.12.12 22:30

Pour un effet de surprise, elle en avait produit un à merveille et le bond que son soi-disant cousin fit, lui provoqua un sourire de satisfaction. A cette minute, Haydée songeait davantage à la supercherie de cet homme et protégeait ses arrières. Penser qu’elle menaçait son propre sang ne lui effleurait pas même l’esprit, la paranoïa était la plus forte. Elle était un véritable chat sauvage et surtout un chat échaudé qui craint l’eau froide, avertit d’abord et parlemente ensuite. Alors poser ses armes, se calmer et plus encore discuter, ce n’était pas dans son tempérament et ça ne le serait jamais, malgré tous les effets du potentiel Ferdinand d’Anglerays. Elle lui tirerait les vers du nez s’il était un ennemi … Elle n’était pas facile à attraper et ça aussi elle comptait bien qu’il le sache et apparemment cet aspect-là était déjà bien intégré dans la tête de celui qu’elle considérait encore comme un adversaire.

« Haydée ? Haydée, c’est toi ? C’est moi, Ferdina… »
- Toi n’es pas stupide, toi sans doute bien me connaître à la cour …

Elle avait avancé vers lui et à présent tenait l’une de ses aiguilles à tricoter non loin de sa trachée. Si la jeune siamoise pressait davantage sur sa peau, elle lui perçait la gorge et très certainement le tuait. Cependant, ce n’est pas bien entendu ce qu’elle désirait, elle voulait l’effrayer et qu’il parte au pas de course s’il s’agissait d’un espion à la solde de Louis XIV. D’un autre côté, si l’homme tentait un seul geste pour la reconduire dans sa cage dorée, elle ne savait pas de quoi elle serait capable. Elle avait à présent goûté à la liberté, ça ne serait pas pour la perdre aussi stupidement … Alors oui peut-être dans un mouvement de légitime défense, elle pouvait le tuer, mais pour l’heure il se rendait plus qu’il ne se défendait. Si cela ne la persuadait pas de sa bonne foi, tout au moins ça la rassurait. L’homme n’était pas violent tout au moins pour l’instant …

« Mais enfin, baisse ces aiguilles, ce n’est que moi, Ferdinand ! Ton cousin, celui à qui tu as écrit du Siam ! Pourquoi diable est-ce que je me ferais passer pour moi pour te duper, hein ? Franchement, ai-je l’air d’un espion venu te remettre sur un bateau ? »

Elle enleva ses aiguilles de son cou mais les garda bien fermement en main au cas où … L’inconnu venait d’avancer l’argument qui n’était guère pour elle, une preuve suffisante. Encore une fois, le billet après un aussi long voyage pouvait être atterri entre de mauvaises mains, ou son cousin pressé de questions par les agents du roi, désespérés de la retrouver, pouvait avoir parlé et peut-être même sous la torture qui sait. En somme plusieurs raisons toutes plus sournoises les unes que les autres, étaient en mesure d’expliquer pourquoi ce soi-disant Ferdinand pouvait être en possession de cette information cruciale.

- Ca ne rien prouver du tout !

C’est alors qu’il sortit le billet qu’elle avait écrit, il y a plus d’un an de ça. Sur l’instant, elle douta de nouveau et fut très tentée de le croire. Son regard valsa entre la lettre qu’il tenait et les yeux bruns de son potentiel parent. Néanmoins, elle se reprit car malgré ce morceau de papier brandi comme une criante vérité lui donnant raison, pouvait également être une ruse. La missive avait pu être parvenue à destination en effet, cependant qui lui prouvait qu’on ne l’avait pas volée au véritable Ferdinand. Elle devait vraiment prendre toutes les précautions avant de lui faire confiance. Peut-être d’ailleurs ne le ferait-elle jamais s’il ne pouvait avancer que ça, en sa faveur.

« J’ai sauté dans un bateau dès que j’ai pu après l’avoir reçue, mais tu étais déjà embarquée sur un autre bateau pour la France, je parie qu’on s’est croisés sans le savoir sur la mer ! »

Le fait qu’elle ait été sur un navire pendant six longs mois n’était pas non plus un secret. Pouvait-il enfin lui dire une chose que toute la France ignorait ? Quant au fait d’avoir lui-même voyagé, comment pouvait-elle en être certaine ? L’excuse de l’avoir croisée était intéressante mais ne trouvait pas preneur. A vrai dire, Haydée n’avait jamais été aussi suspicieuse de toute son existence, mais peut-être à sa peur d’être prise et reconduite à son père, s’ajoutait celle de se faire leurrer sur l’identité de son cousin. Il s’agissait de sa seule véritable famille, d’une famille rêvée bien des fois par les souvenirs de sa mère. N’était-ce donc pas normal qu’elle veuille pouvoir s’assurer que ce soit bien lui ? Une telle duperie aurait été immonde vraiment … Piégée, elle se sentait capable malgré tout de se remettre de sa captivité dorée, mais pas des moyens que l’on aurait employés pour y arriver.

- Moi t’ai pas vu, désolée, mer est un endroit vaste et beaucoup de bateaux flottent dessus. Moi peux pas croire ce que tu dis comme ça.

Elle claqua des doigts pour imager sa pensée, ne trouvant pas les mots ou l’expression qu’il faut pour pouvoir mieux s’exprimer sur l’instant.

« Je te jure sur l’honneur que je suis ton cousin ! Ferdinand d’Anglerays, seigneur de la Boissière et de la Roche-Chicot, trente-six ans, né le jour de Noël dans le manoir de la seigneurie sus-nommée, ni frère ni sœur, juste une cousine dont j’ignorais encore l’existence il y a deux mois et qui maintenant refuse de me croire quand je la retrouve enfin ! Sérieusement, qu’ai-je fait pour mériter un traitement pareil, hein ? »

Soit l’homme était très doué pour jouer sur les points faibles d’autrui, soit il était sincère … En effet, il avait en sa possession, beaucoup d’arguments en sa faveur et cette présentation complète, lui fit ranger ses aiguilles à tricoter dans sa jarretière. Elle pourrait les reprendre aussitôt si elle se sentait agressée.

- Toi te défends bien, moi le reconnais mais ça suffit pas. Enquêteur aura trouvé ce que tu me dis et toi me répètes tout comme leçon apprise.
« Que dois-je faire pour te prouver que je suis bien ton cousin et que je ne te veux aucun mal ? Dis-moi, interroge-moi. »

Lorsqu’il lui proposa de gagner Versailles pour voir les preuves qu’apparemment il détenait, elle hésita. Bien sûr que se rendre dans la gueule du loup lui glaçait d’avance le sang, mais s’il disait vrai et s’il pouvait le prouver par des documents … Hélas son bon sens l’emporta encore et elle se décida donc à lui poser des questions. Si l’inconnu avait appris tout l’arbre généalogique sur le bout des doigts, il ne pouvait tout de même pas tout connaître comme les dates de naissance ou tous les noms de baptême.

- Nous allons asseoir nous et moi vais demander des choses que cousin de moi saurait.

Elle l’invita à se caler sur un petit muret non loin du cimetière et commença son interrogatoire, comme un procureur le fait à un accusé.

- Prénoms de ma mère sont quoi, donne les et le jour où elle est née parce que paroisse s’est trompée? Ah … et ce que le grand père aimait faire beaucoup avec père à toi, mère ça m’a racontée. Toi dois savoir tout ça.

S’il répondait juste à ces trois questions, elle pourrait en effet être davantage convaincue qu’ils étaient issus des mêmes gênes. Mais le pourrait-il ? Telle était la question.

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MessageSujet: Re: Dans la famille "clownesque", je demande le cousin et la cousine {PV Ferdi}   17.02.13 17:49

La famille de Ferdinand avait toujours eu l’art d’être compliquée. Il avait un mal fou à remonter son arbre généalogique au-delà de son grand-père et de son frère –il fallait croire que Chicot n’avais pas été très porté sur la famille de son vivant- et à partir du bouffon d’Henri III et Henri IV, ce n’était plus invisible mais complètement bordélique. Antoine Anglarez ne s’était pas marié avant ses trente-cinq ans lui non plus, et avait laissé sa femme et leurs trois enfants à Loches pour aller rejoindre Henri III au Louvre. Il avait fait des allers retours mais semblait avoir été, somme toute, un père assez absent. Impossible de savoir si les trois enfants avaient bien été de lui, à part l’aîné, le père de Ferdinand, né avant le départ d’Antoine pour la cour. Puis Jehan avait grandi, son frère était mort, sa sœur partie avec un cosaque, et il s’était lui-même marié pour finalement faire un enfant à une autre femme. Non, décidément, si l’on cherchait une famille exemplaire, il valait mieux ne pas regarder du côté des Anglerays. Et Ferdinand, avec ses fiançailles rompues et un fils dont il ignorait encore l’existence, semblait hélas voué à suivre la voie tracée par ses aïeuls. Malédiction.

Et pour venir compléter le tableau, voilà qu’une cousine, fille d’une tante qu’il avait à peine connue, ressurgissait de nulle part pour faire une entrée pour le moins fracassante dans sa vie. Quelles étaient les probabilités pour que cela arrive un jour ? A peu près nulles, certainement ; et Ferdinand s’était fait une raison depuis longtemps quant à l’idée de retrouver un jour un semblant de famille. A moins de fonder la sienne bien sûr, il était probablement le dernier héritier des Anglerays –enfin, ce n’était pas comme s’il y avait grand-chose à transmettre de toute façon- et ne s’en portait pas plus mal. Au moins, il n’avait de comptes à rendre à personne et faisait ce qu’il lui chantait de ses terres qu’il n’avait jamais cherché à agrandir, se contentant de les surveiller de loin et d’en confier le bon soin à un intendant de confiance. Il avait autre chose à penser. Et voilà qu’on lui sortait une cousine d’un chapeau magique, arrivée directement de Siam ! Il y avait de quoi en rester les bras ballants. S’il avait su que quelques temps plus tard encore, on lui révèlerait l’existence d’un fils, il aurait immédiatement été faire un tour à Sainte-Anne.

Finalement, Haydée finit par ranger ses armes de destruction massives, et bien qu’elle le regardât encore d’un air méfiant, il sentit qu’il était progressivement en train de gagner des points. Il baissa les mains qu’il avait levées en signe d’apaisement, soulagé de ne plus être sous la menace de ces aiguilles à tricoter un poil trop menaçantes dans les mains d’une espèce de sauvageonne n’ayant pas l’air de se rendre compte du potentiel mortel d’objets pointus comme ceux-là. Les poings sur les hanches, la dévisageant d’un air impatient qui voulait dire ‘alors, et maintenant ?’, il attendit qu’elle veuille bien donner ses prochaines directives.

- Nous allons asseoir nous et moi vais demander des choses que cousin de moi saurait. Finit-elle par déclarer d’un ton péremptoire.

Allons donc, un test maintenant ? Un interrogatoire ?

« Si il n’y a que ça pour te faire plaisir, je suis ton homme ! Que de précautions tout de même, je suis sûr que même notre bon vieux cardinal de Richelieu et son père Joseph de conseiller n’étaient pas aussi défiants que toi. » répliqua-t-il sur le même ton en sautant avec agilité sur le muret qu’elle avait indiqué. Muret qui, incidemment, donnait sur un cimetière. Quel charmant paysage pour des retrouvailles en famille non moins charmantes. Ferdinand posa son chapeau à côté de lui et croisa les mains sur ses jambes, attendant visiblement la suite des évènements sans chercher à dissimuler son impatience et son ennui, signe que cette histoire commençait légèrement à l’agacer. Il était prêt à faire preuve de toute la bonne volonté du monde, mais être méfiant à ce point-là tout de même, ça devrait être interdit. Même lui se serait déjà cru avant, s’il avait été à la place de la jeune fille. S’il voulait la convaincre, il allait falloir trouver des arguments sacrément solides. A une période où il avait mille autres soucis en tête, il aurait préféré que les choses se passent plus simplement, mais visiblement même pour les histoires de famille on refusait de le laisser tranquille et profiter d’un moment réjouissant avec la fille de sa tante. Les histoires de famille n’étaient décidément pas sa tasse de thé. Trop tordues, trop compliquées. Pourquoi ne pouvait-on pas faire simple, de temps à autre ? Mais le mot ‘simple’ avait été banni de son vocabulaire depuis le moment où il avait rejoint les espions du roi, songea-t-il non sans un poil d’amertume teintée d’ironie. Un jour il irait la réclamer, cette augmentation. Avec tous les maux de tête qu’il lui valait, ce sacré roi, il avait bien le droit de se plaindre un peu de temps en temps –surtout si ça pouvait faire grincer Colbert des dents.

Il croisa les jambes sur son muret et attendit donc que sa cousine veuille bien commencer son interrogatoire.

- Prénoms de ma mère sont quoi, donne les et le jour où elle est née parce que paroisse s’est trompée? Ah … et ce que le grand père aimait faire beaucoup avec père à toi, mère ça m’a racontée. Toi dois savoir tout ça.

Ferdinand soupira, visiblement en train de faire un effort pour consentir à sa requête. Il n’aimait pas parler famille en temps normal, cette action lui rappelant à quel point la sienne avait été bancale. Mais puisque c’était pour la bonne cause, il pouvait bien faire un effort pour ouvrir l’album des photos de famille…

« Ta mère s’appelle Rosaline, Renée, Louise Anglarez, fille d’Antoine Anglarez et Renée Barré. Elle est née le 15 Mai 1620 et non pas le 18 comme l’a écrit le paroissien qui avait une écriture pour le moins originale. Elle fut baptisée comme ses frères à la paroisse de Chaumussay qui appartient à notre famille. Mais l’église était en si mauvais état qu’à peine deux ans après le baptême de Rosaline, elle a été abandonnée. J’ai été baptisée à la paroisse de Trisac, et c’est là que tu aurais été baptisée aussi si ta mère n’avait pas mis les voiles avec un cosaque. Ses deux frères s’appellent Jehan –mon père- et René. »

Ferdinand marqua une pause, une lueur mi-nostalgique mi-amusée dans ses yeux noisettes au souvenir de la vieille église en ruines de Chaumussay où il avait passé des heures à jouer aux explorateurs, seul ou avec Catherine, ou encore Hector quand lui et sa famille passaient en Gascogne. Les terres des Anglerays n’étaient peut-être pas bien vastes, mais il faisait bon y vivre. Ferdinand se demandait d’ailleurs quand est-ce qu’il aurait l’occasion d’y retourner, maintenant qu’il était envoyé sur le front pour se battre contre la Lorraine. Peut-être même ne reviendrait-il jamais en Gascogne, ou alors les pieds devant. Perspective peu réjouissante à laquelle il préférait éviter de penser et qu’il dégagea d’un haussement d’épaules avant de reprendre :

« Quant à notre grand-père, c’était un drôle de lascar. Bouffon du roi Henri III, puis du bon roi Henri IV, il était rarement à Loches ou à la Roche-Chicot, mais quand il y était il passait son temps avec nos parents… Je crois que mon père était son préféré, bien que je n’ai jamais compris pourquoi, et il nourrissait de grands espoirs pour lui à la cour. Apparemment il lui racontait toujours mille histoires extravagantes qu’il avait vécues à la cour, ses aventures comme bouffon et conseiller de Ses Majestés, pendant de longues balades sur nos terres. Il espérait qu’il devienne comme lui, mais l’Histoire en a voulu autrement. »

Au final, Jehan avait fini par se laisser mourir de chagrin après une vie loin de la cour, et c’était son fils qui avait repris le flambeau du grand-père. Le grand-père avait intérêt à être fier, depuis là-haut ! Enfin, Ferdinand écarta les mains en signe d’impuissance et s’exclama :

« Y a-t-il autre chose que tu veuilles savoir, ou bien es-tu enfin convaincue de ma bonne foi ? Avant que tu ne le demandes, non je ne pourrai pas te dire combien de grains de beauté ta mère avait dans le dos, Père ne m’a jamais parlé de ce genre de détail, ni de la couleur préférée de sa gouvernante, ou que sais-je encore ! Alors, tu me crois maintenant ? »
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MessageSujet: Re: Dans la famille "clownesque", je demande le cousin et la cousine {PV Ferdi}   30.04.13 18:14

Certaines personnes ont encore beaucoup de mal à croire aux transmissions de pensées ou ce que l'on peut appeler plus communément : la télépathie. Pourtant, si à cette minute, Ferdinand songeait à son propre arbre généalogique, Haydée faisait de même et en tirait les mêmes conclusions. Il était brouillon, il était complexe, forcément puisqu'elle n'en savait que fort peu. Ce qu'elle savait, c'est que sa malheureuse mère était une assez pauvre baronne d'une province. Une province située au sud de ce pays. Si elle ne pouvait pas mettre un nom, pas même un seul si ce n'est celui de Ferdinand sur son propre arbre, elle pouvait encore moins s'imaginer le domaine familial et le climat qui y régnait. Faisait-il aussi chaud qu'au Siam ? Y poussaient-ils des coquelicots et des herbes folles ? Était-il en ruines ou bien le château tenait-il encore debout ? En somme un vide l'habitait et cet homme là, elle devait l'écouter pour combler peut-être ce vide, pour qu'il réponde à toutes ses questions. Ses ascendances n'étaient qu'un vaste puzzle qui ne demandait qu'à être fait, elle ne possédait que des anecdotes, voilà tout son héritage, or elle avait besoin de connaître ses racines. Alors oui elle voulait le croire même si la chose n'était pas si évident au vu de sa réaction, mais elle ne voulait pas lui offrir son affection aussi aisément. Alors oui, les questions elle ne s'était pas gênée de les poser. Il serait toujours temps de s'excuser après de son comportement, si l'homme qu'elle avait devant elle était bien son cousin.

« Si il n’y a que ça pour te faire plaisir, je suis ton homme ! Que de précautions tout de même, je suis sûr que même notre bon vieux cardinal de Richelieu et son père Joseph de conseiller n’étaient pas aussi défiants que toi. »
- Qui est ceux là ? Moi ne les connais pas et toi pas tenter de faire diversion pour embrouiller ma tête. Réponds aux questions que moi te pose.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Haydée avait hérité en effet du sang gascon et ce en large partie. Elle était aussi impatiente, prompte au coup de sang que tous ces hommes à l'accent chantant. Elle n'était pas très aimable également mais cela tenait plus de sa paranoïa que de ses gênes. C'est en dévisageant Ferdinand, qu'elle attendit en silence qu'il daigne lui répondre, il soupirait, il croisait les jambes bien tranquillement, mais que faisait-il bon sang ? Allait-il lui répondre ? Haydée sentait son coeur battant dans sa poitrine, elle voulait savoir, se faire enfin une idée au sujet de ce personnage à la gestuelle parfois moqueuse.

« Ta mère s’appelle Rosaline, Renée, Louise Anglarez, fille d’Antoine Anglarez et Renée Barré. Elle est née le 15 Mai 1620 et non pas le 18 comme l’a écrit le paroissien qui avait une écriture pour le moins originale ... »

Et d'autres détails précieux s'en suivirent. De quoi faire naître sur le visage d'Haydée jusqu'à présent fermé, un sourire qui s'étirait de plus en plus sur ses lèvres. Elle avait encore des doutes, car ces éléments auraient pu être le résultat d'une enquête quoi que longue et pénible, mais elle était de plus en plus convaincue qu'il n'en était rien. La jeune siamoise se trouvait aux côtés de l'inconnu-prétendu cousin depuis plusieurs minutes maintenant, s'il avait voulu simplement mettre la main dessus, il n'aurait eu qu'à tendre le bras. Elle n'avait plus ses aiguilles à tricoter après tout ! L'attitude du baron donc et tout son discours lui procurait des frissons d'émotion. Il ne restait plus grand chose, pour qu'elle le croit enfin en tout. C'était le petit détail, le tout dernier petit détail qu'elle lui avait demandé. La manie que le grand père Chicot avait avec son fils, le père de Ferdinand. Nul si ce n'est un membre de la famille pouvait savoir une telle chose.

« Je crois que mon père était son préféré, bien que je n’ai jamais compris pourquoi, et il nourrissait de grands espoirs pour lui à la cour. Apparemment il lui racontait toujours mille histoires extravagantes qu’il avait vécues à la cour, ses aventures comme bouffon et conseiller de Ses Majestés, pendant de longues balades sur nos terres. »

C'était exactement ça ! Au sourire radieux, succédèrent quelques larmes d'émotion et Haydée toujours aussi spontanée dans ses réactions, mis ses mains devant sa bouche et son nez avant d'étouffer un rire ravi. Elle aurait voulu crier sa joie sur les toits de Paris, mais elle aurait craint d'ameuter encore ces espions du roi. Ils étaient partout et nulle part, si bien d'ailleurs qu'elle était loin de se douter que son cousin en faisait partie. Fort heureusement pour elle, il était venu en tant que cousin et non pas en tant qu'obéissant serviteur de Louis XIV, ce soir là.

« Avant que tu ne le demandes, non je ne pourrai pas te dire combien de grains de beauté ta mère avait dans le dos, Père ne m’a jamais parlé de ce genre de détail, ni de la couleur préférée de sa gouvernante, ou que sais-je encore ! Alors, tu me crois maintenant ? »

Sans doute parce qu'Haydée était aussi maladroite pour manifester ses sentiments que son cousin, sans doute parce qu'elle avait trop honte de l'avoir ainsi traité pour dire quoi que ce soit sur l'instant, la jeune siamoise se contenta donc de hocher plusieurs fois la tête pour répondre par la positive. Oui, à présent sa confiance lui était toute acquise et tandis que ça faisait plusieurs instants, qu'elle le fixait, il lui sembla qu'elle le découvrait pour la première fois. Il était plutôt séduisant, grand et un tantinet maigrichon, un peu comme elle, des yeux noisettes, ils se ressemblaient beaucoup et s'ils essayaient, elle aurait sans doute découvert qu'ils pouvaient avoir les mêmes mimiques.

- Quatre, quatre grains de beauté dans dos à elle.

Après quelques secondes où elle n'avait rien trouvé de mieux à répondre donc que ça, elle ne put pas s'en empêcher et poussa malgré tout un petit cri d'excitation avant de lui sauter littéralement dans les bras. Elle faillit sans doute l'en étouffer d'ailleurs mais elle n'en démordait pas, elle voulait le serrer pendant des heures durant, si c'était possible.

- Moi ai si contente de rencontrer toi !

Et elle se mit à rire aux éclats, elle était réellement euphorique. Que lui importait les voisins qui étaient au trois quart des morts d'ailleurs et les espions du monarque français ! Elle les avait oubliés pour un temps !

- Moi veux danser et chanter à tue tête ! Oï Oï !

Et ayant quitté le muret, elle se mit soudain à improviser un Sirtaki beaucoup moins lent que la norme devant lui, il s'agissait d'une danse traditionnelle grecque. Elle avait appris les pas relativement simples à la cour du Siam, où son mari friand de toute sorte de nouveautés s'intéressait à tout et cela passait par le folklore de tous les pays. Voilà quelque chose que les deux époux pouvaient avoir en commun, mais cela s'arrêtait à ça. Que n'aurait-elle pas donné pour danser d'ailleurs un casachock, elle qui était en admiration dès que la touche russe rentrait en ligne de compte.

Elle aurait voulu l'entraîner dans la chorégraphie improvisée mais elle s'obligea à se tempérer. Il devait la penser folle après une telle démonstration d'affection et surtout après ces quelques pas rythmés.

- Toi veux marcher ? Toi et moi pourrons parler mieux.

Elle sautilla jusqu'au coin de la grande rue, avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit pour lui montrer le chemin.

- Toi sais que moi suis poursuivie par le roi de France ? C'est pour ça que moi étais pas aimable. Parce qu'autrement, je ai la sympathie des gens.

Et encore une fois dans un élan d'affection et de gaité sans limites, elle décida d'enrouler la taille de son cousin et de coller sa tête contre sa poitrine. Avec lui, elle se sentait protégée maintenant et donc elle désirait plus que tout son pardon.

- Pardon pour tout ça mais toi as oublié maintenant, dis ? Toi et moi, sommes famille maintenant ! Pas de guerre dans la famille, surtout quand toi dois tout me raconter sur toi, ton père et père à lui.

Elle l'assommait sans doute de palabres, mais telle était Haydée, une vraie pipette, mais il faut dire qu'elle avait encore une fois de qui tenir à ce niveau là !

- Je aime déjà toi !

Là aussi c'était encore une facette de la personnalité de la siamoise, il était difficile pour elle de montrer ses sentiments par des actes mais il n'était pas ardu de les dire. Elle ne connaissait encore que peu de choses de ce cousin, mais elle le regardait déjà avec des yeux ronds comme des soucoupes, elle n'avait que lui, mais lui n'avait-il qu'elle ? Elle voulait tout savoir de lui, mais sans doute n'en saurait-elle pas encore la moitié avant très longtemps. A moins que peut-être ... A moins que monsieur se décide à se livrer ... Oui en effet, elle ne connaissait pas encore le seul membre de sa famille, plus enclin à railler qu'à parler de lui.
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MessageSujet: Re: Dans la famille "clownesque", je demande le cousin et la cousine {PV Ferdi}   11.08.13 17:02

- Quatre, quatre grains de beauté dans dos à elle.

Ferdinand releva les yeux sur sa cousine, surpris de percevoir des trémolos dans sa voix alors qu’elle le menaçait avec des aiguilles à tricoter quelques instants plus tôt. Un espoir naquit dans l’esprit du gascon : est-ce qu’enfin elle le croyait ? A quelques jours de son départ pour la guerre, Ferdinand n’aurait jamais pensé renouer avec sa famille disparue quelque part sur les terres du Siam, mais puisque Dieu avait décidé de jouer les farceurs en ressortant sa cousine de son chapeau magique, il préférait encore que cela soit une entreprise réussie. Quitte à partir pour ne jamais la revoir, autant qu’ils se disent adieu en de bons termes ; après tout, si elle était bel et bien sa cousine de sang, il était plus que probable qu’elle soit la seule et unique héritière de ses biens en Gascogne. Cette information frappa l’esprit de Ferdinand, qui jusqu’à aujourd’hui était persuadé d’être le dernier des Anglerays (de même que son ancien meilleur ami était le dernier des Valois, quelle ironie) et ne s’était jamais soucié d’une quelconque descendance, plus encore depuis qu’il avait rompu ses fiançailles avec Françoise d’Aubigné. Ni frère ni sœur, pas d’enfants –connus, du moins- , pas de parents éloignés… Et d’un seul coup, la fille de sa tante qui réapparaissait du fin fond de l’Orient. Décidément, le destin se faisait sacrément farceur avec lui ces derniers temps. Mais aujourd’hui, il n’avait pas vraiment le temps de s’interroger sur les idées fantasques de la destinée : en dévisageant sa petite cousine (qui n’était plus si petite que ça d’ailleurs), il surprit les yeux noisettes brillants d’excitation, le large sourire qui ne lui était pas étranger, il comprit qu’il avait enfin réussi à la convaincre et n’eut même pas le temps de s’en réjouir que déjà elle lui sautait au cou, manquant de les faire basculer tous les deux par-dessus le parapet sur lequel ils étaient assis. Diable, quelle force ! se dit-il en se demandant si finalement il n’allait pas mourir ici, étouffé dans les bras de la jeune fille.

- Moi ai si contente de rencontrer toi ! s’exclama-t-elle encore, et malgré lui Ferdinand en ressentit un certain pincement au cœur. Pour une fois, le baron ne savait pas comment réagir. Bien sûr qu’il était content lui aussi : combien de fois dans son enfance et son adolescence n’avait-il pas imaginé de scène comme celle-ci, où on lui présenterait enfin quelqu’un de sa famille, un compagnon de jeux, un cousin, une cousine avec qui tout partager et parcourir de long en large et en travers les terres de la Boissières ou de la Roche-Chicot ? Et une fois adulte, combien de fois n’avait-il pas songé avec une pointe de regret ou de nostalgie qu’il n’avait finalement personne à qui transmettre toutes les belles histoires que son père lui avait racontées, ou ses propres aventures en Gascogne pour perpétuer le maigre héritage familial ? Et voilà que tout d’un coup, alors qu’il allait partir, on lui offrait cette chance sur un plateau d’argent sans prendre la peine de le prévenir. Et depuis le temps, il avait oublié comment il s’imaginait réagir, tout gosse, quand il s’inventait dans sa tête ce genre de réunion familiale…

Finalement, il céda à l’émotion du moment et rendit à sa cousine son étreinte, la gorge nouée malgré lui mais un large sourire aux lèvres. Depuis le temps qu’il attendait –sans y croire- un moment comme celui-là !

« Moi aussi je suis content… Même le fait que tu sois une petite peste qui menace les gens avec des aiguilles à tricoter prouve que tu es de la famille ! » ne put-il s’empêcher de plaisanter, car l’humour était encore la meilleure défense contre les émotions un peu trop voyantes et donc embarrassantes. Finalement il consentit à la relâcher alors qu’elle s’agitait dans tous les sens dans une drôle de sens certainement supposée exprimer sa joie, mais qui pour Ferdinand confirmait un peu plus que l’excentricité des Anglerays coulait dans son sang comme dans le sien.
- Toi veux marcher ? Toi et moi pourrons parler mieux. Proposa-t-elle avant de s’éloigner en sautillant sans attendre sa réponse. Après avoir ostensiblement levé les yeux au ciel, Ferdinand sauta bas de son parapet à la rattrapa, de crainte qu’elle ne se volatilise ou ne réussisse à se perdre dans les rues de Paris. Après tout, il ignorait depuis combien de temps exactement elle était là, mais il imaginait aisément qu’entre Paris et un harem du Siam il y avait tout un monde… Comment s’en sortait-elle d’ailleurs, au bordel où Rose l’avait aidée à se cacher ? Il songea qu’il faudrait remercier la prostituée : sans elle, sa présence d’esprit, et son esprit de solidarité, Dieu seul savait ce qui serait arrivé à Haydée…

- Toi sais que moi suis poursuivie par le roi de France ? C'est pour ça que moi étais pas aimable. Parce qu'autrement, je ai la sympathie des gens.
« Je m’en doute petite chipie, et tu es déjà pardonnée. Mais la prochaine fois fais attention quand tu agites ces armes, ça pique ces petites choses là ! »
répliqua-t-il en passant son bras pas dessus l’épaule de la jeune fille sans se douter du regard étonné de quelques passants, surpris de voir un monsieur assez bien habillé parader avec une demoiselle qui n’était visiblement pas très française.
- Pardon pour tout ça mais toi as oublié maintenant, dis ? Toi et moi, sommes famille maintenant ! Pas de guerre dans la famille, surtout quand toi dois tout me raconter sur toi, ton père et père à lui.

Ferdinand retint une grimace. Ces retrouvailles lui faisaient énormément plaisir, mais il avait oublié ce détail-là : Haydée n’avait jamais connu sa famille, il ne serait pas étonnant qu’elle se montre curieuse et lui pose des questions à leur sujet. Or, il n’avait malheureusement pas grand-chose à raconter : ils ne venaient pas d’une grande famille et à part les exploits de Chicot, il ne voyait pas ce qu’il pourrait lui apprendre d’intéressant. Le parcours de Jehan n’était guère joyeux, quant à Léa d’Anglerays –tant qu’à faire il préférait éviter de lui dire pour le moment qu’il n’était qu’à moitié Anglerays- elle était morte trop tôt pour qu’il s’en souvienne autrement que par des gravures et les rares récits de son père qui en avait aimé une autre. Merci du cadeau papa !

Néanmoins, en considérant Haydée et les yeux ravis et pleins d’espoir qu’elle levait sur lui, il sentit sa réticence fondre au soleil et retint un soupir résigné alors qu’il sentait ses dernières défenses céder. Après tout, il ne pouvait que la comprendre, sachant pertinemment qu’il aurait eu la même réaction à sa place. Il avait à peine dix ans à l’époque où il tannait déjà son père pour qu’il lui parle de sa mère –qui au final étaient deux ! Il décida donc que si l’occasion se présentait, il répondrait à ses questions, tout en essayant au maximum de la préserver des histoires les moins reluisantes. Elle avait l’air si heureuse de découvrir sa famille gasconne, autant ne pas tout ruiner tout de suite avec de sombres histoires d’amour contrariées, de morts et de dépressions…

« C’est d’accord, mais d’abord nous allons réfléchir à une solution pour te mettre à l’abri et t’éviter de tomber entre les mains de la garde ! D’ailleurs il faudra que j’aille voir Rose pour… » commença-t-il, avant d’apercevoir une silhouette familière qui cheminait vers eux. Aussitôt il laissa échapper un grognement peu amène : même lorsqu’il rencontrait sa cousine au fin fond de Paris près d’un vieux cimetière, il fallait que la cour vienne l’embêter en la personne de Gaultier-Charles, l’un des mignons les plus irritants de Monsieur ! Sachant à l’avance qu’il le reconnaîtrait, il ne chercha même pas à l’éviter et ne posa les yeux sur lui que lorsque le mignon le reconnut et fit mine de l’aborder, l’air très étonné de le croiser là et surtout en si étrange compagnie.

« Ca alors, monsieur le baron d’Anglerays ? Si je m’attendais à vous trouver ici plutôt qu’à Versailles en train de vous mettre à dos la moitié de la cour qui ne vous déteste pas encore… Et en charmante compagnie, encore ! » fit Gaultier-Charles en jetant un regard curieux et indiscret à Haydée.
« Mais quelle surprise de vous entendre parler de ce sexe, qui n'est pas le vôtre, j'ignorais que vous en connaissiez l'existence. » répondit Ferdinand en haussant un sourcil faussement perplexe.
« Ne vous tracassez pas baron, ce n’est pas moi qui irais en parler à Sa Majesté. Vous pouvez compter sur mon absolue discrétion ! » reprit l’insupportable jeune homme avec un clin d’œil qui se voulait certainement complice.
« Sa Majesté s’intéresse moins à ma vie privée que vous, mais si vous souhaitez vous couvrir de ridicule allez-y, je ne vous en empêcherai pas ! Sur ce, hors de ma vue, ou je vous botte les fesses de sorte que Monsieur n’aura plus qu’à vous faire asseoir pour vous faire hurler de douleur ! »

Cette sortie parut impressionner Gaultier-Charles, qui connaissait assez le baron et son aversion pour les mignons pour savoir qu’il était capable de mettre sa menace à exécution –et que Monsieur l’en féliciterait sûrement. Il décida don fort sagement de prendre congés d’eux et leur dit qu’il rentrait au palais –ce à quoi Ferdinand répliqua « bah vas-y toute seule, grosse dinde », et le mignon battit enfin en retraite. Ferdinand soupira en secouant la tête d’un air atterré.

« Quel dommage que nous soyons tombés sur cet imbécile, ce n’est pas la meilleure première impression que tu pouvais avoir de la cour. Enfin, oublie-le, il est plus stupide que dangereux et n’osera jamais rien dire à Monsieur ni à personne d’autre. Allons-y ! » déclara le baron en entraînant Haydée à sa suite. La première priorité était de l’emmener à l’abri pour pouvoir discuter sans risque d’être vus : leur rencontre fortuite avec l’autre nouille lui avait prouvé que Paris était petit et que le risque zéro n’existait pas. Ferdinand disposait de plusieurs petits appartements dans Paris pour ses missions d’espionnage mais aucun n’était aménagé ; à vrai dire, le seul qui l’était n’avait rien à voir avec ses devoirs envers le roi.

« Ne restons pas là, quelqu’un pourrait te voir. Je t’emmène dans un des nobles fiefs de notre famille : le pied à terre parisien que notre fou de grand-père a cru bon de se faire aménager pour s’y réfugier dès qu’il était indésiré à la cour ! » proposa joyeusement Ferdinand en l’entraînant dans une rue adjacente. L’appartement n’était qu’à quelques rues de là, ils y seraient en un rien de temps.

Zigzguant entre les passants et les flaques de boue, Ferdinand conduisit la jeune fille jusqu’à un quartier au bord de la seine, déjà plus accueillant que celui dans lequel ils s’étaient donné rendez-vous. Précédant sa cousine, il la mena dans une rue résidentielle où des petites maisons se faisaient face avec pignon sur rue, occupées surtout par des commerçants et des bourgeois assez aisés mais pas assez fortunés pour s’offrir des villas à la manière des nobles. Finalement, il s’arrêta devant une petite maison cossue dont le rez-de-chaussée était inhabité et dont il occupait le premier étage. Il eut un sourire amusé en se disant qu’il y aurait bien des choses à raconter à Haydée sur cette bicoque, depuis laquelle ce sacré Chicot avait organisé tout le recrutement des Quarante-Cinq alors que Mayenne cherchait désespérément à lui mettre la main dessus au Louvre et sur les routes… Sortant une clé de sa poche, il ouvrit la porte et laissa Haydée passer devant, lui indiquant l’escalier d’un geste de la main. Une fois en haut, il ouvrit la porte sur une espèce de petit appartement assez bien entretenu pour accueillir une personne pendant quelques temps. Il songea qu’il y avait longtemps qu’il n’était pas passé ici…

« Bienvenue dans ma résidence secondaire, ma chère Haydée. Enfin, celle de Chicot à l’époque, et il a eu la bonne idée de la léguer à mon père avant que je n’en hérite. Toi qui voulais en savoir plus sur notre famille de fous, ton pèlerinage commence ici ! » s’exclama-t-il joyeusement en ouvrant les volets. Il avança le seul fauteuil de la pièce pour Haydée, et prit lui-même place sur la chaise du bureau qu’il avait fait pivoter pour lui faire face. Maintenant qu’ils étaient à l’abri des regards, ils allaient pouvoir parler tout leur saoul sans crainte d’être surpris ou dérangés, et si parler famille avec Haydée était une perspective réjouissante, Ferdinand avait quelques points importants à régler avec elle auparavant.

« Haydée, avant toute chose il faut qu’on parle de ta situation. Je sais que Rose a parfaitement assuré ta sécurité et que tu es en sûreté assez relative à la maison où elle travaille, mais ça ne pourra pas durer éternellement. Il va falloir qu’on trouve une solution. Or… » Il hésita un instant, prit une inspiration, puis se lança : « Je vais bientôt partir à la guerre. Ce qui signifie que je ne pourrais pas revenir à Paris avant plusieurs mois, plusieurs semaines dans le meilleur des cas. Si jamais il vous arrivait quelque chose, à toi ou à Rose, je ne pourrai pas intervenir, peut-être même ne même pas le savoir. » Il soupira derechef, passant une main dans ses cheveux broussailleux comme à chaque fois qu’il était face à un problème épineux. « Je connais bien le roi mais je doute que, malgré l’amitié qu’il me porte, il accepte de te cacher et de courir l’incident diplomatique… On va devoir se débrouiller sans lui. Il faut donc que tu m’expliques depuis le début comment tu te débrouilles depuis que tu es à Paris. Comment vis-tu ? As-tu des alliés, autres que Rose ? »

En voyant l’air contrit de sa cousine, Ferdinant eut un sourire désolé.

« Je suis navré de gâcher nos retrouvailles avec des considérations aussi triviales, mais comprends-moi, je ne veux pas partir sans être certain que ma petite cousine préférée soit en sécurité… C’est l’jeu, ma pauv’ Lucette ! » Puis, après un instant de réflexion, il jeta un regard autour de lui avant de le poser de nouveau sur Haydée. « D’ailleurs, j’ignore si cela pourrait t’intéresser mais… Tu pourrais peut-être t’installer ici ? Il y a tout ce qu’il faut pour vivre très correctement… et puis si tu veux renouer avec tes vieilles racines tu ne trouveras pas mieux qu’ici en attendant mon retour ! »

D’accord, l’argument de la famille était un peu foireux mais c’était ce qu’il avait trouvé de mieux pour commencer le débat…
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