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 Bon sang ne saurait mentir [Rp unique Aymeric / Serigny]

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MessageSujet: Bon sang ne saurait mentir [Rp unique Aymeric / Serigny]   Bon sang ne saurait mentir [Rp unique Aymeric / Serigny] Icon_minitime25.10.12 22:30

« Eh bien, monsieur le comte, prêt à nous quitter ? lança Colbert alors que les ministres quittaient peu à peu la salle du Conseil. »
Aymeric prit congé de Turennes, et se retourna vers le contrôleur général des finances dont la mine affable lui tira un discret sourire.
« Ma foi, il semblerait, répondit-il en ramassant ses plans.
- Partez-vous bientôt ?
- Dans quelques jours. Etes-vous si pressé de me voir partir, Colbert ? demanda le comte, avec un flegme amusé.
- Voyons...
- Allons, ne vous fatiguez pas inutilement, monsieur, vous ne me manquerez pas non plus ! »
Le contrôleur général haussa un sourcil, et tourna les talons, sous le sourire flegmatique d’Aymeric. Ce dernier leva les yeux au ciel, puis enroula les dernières planches représentant les plans du futur camp de l’armée française, et sortit à son tour de la salle non sans avoir salué une dernière fois le roi resté non loin. Personne ne jugea bon de s’étonner de l’échange fort ironique sur lequel le maréchal des logis et le contrôleur général venaient de se quitter : il était de notoriété publique que les deux hommes ne s'appréciaient guère (ce Colbert avait-il seulement des amis ?)

Aymeric quitta les appartement royaux sans s’attarder et entama la traversée du palais jusqu’à ses propres quartiers. Il salua quelques connaissances en chemin, s’attarda auprès de sa fiancée - temporaire, Megan Campbell, croisée au hasard d’un couloir pour échanger quelques banalités et s’évita le plus courtoisement possible une interminable conversation avec ce duc qui s’était mis en tête de lui réclamer pour son fils (ou lui-même, cela allait de soi), un poste sous ses ordres dans les batailles à venir. Les échéances approchaient, et Aymeric avait bien assez à faire pour s’embarrasser de ce genre de pertes de temps - d’autant que le père comme le fils étaient deux incapables en tout, sauf en l’art de flatter leurs voisins. Finalement, il ne mit guère de temps à rejoindre ses appartements, ignorant encore quel face à face l’y attendait.

« Ces lettres sont arrivées ce matin, monsieur... l’intercepta un jeune page alors qu’il déposait les plans sur son bureau. »
Froulay s’empara des deux plis qu’on lui présentait. Il ne retint pas un sourire en reconnaissant le premier, venu tout droit de la lointaine Pologne, dont le cachet fit se dessiner un instant à ses yeux une longue cascade de cheveux roux et un grand sourire rieur. Le second, plus formel, attira moins sa curiosité que les nouvelles venues de l’Est. Il n’eut cependant ni le temps d’ouvrir la lettre de Marysienka, ni celui de s’intéresser au second expéditeur : déjà, le page reprenait la parole.
« ... et un homme demande à être reçu.
- Un homme ? répliqua Aymeric, amusé. Et cet homme n’a-t-il pas un nom ?
- Sans doute, monsieur, mais il a refusé de me le donner. »
A ces mots, le comte leva enfin les yeux de son courrier, sourcils froncés.
« Il a dit craindre que vous refusiez de le voir si vous étiez prévenu.
- Diable, voilà quelqu’un qui sait se faire annoncer... marmonna Aymeric en se dirigeant vers son bureau, avant de glisser les deux lettres dans un tiroir. »
Il dévisagea un instant le valet sans vraiment le voir, l’air songeur, passant en revue tous les noms qui le pousseraient à refuser la moindre entrevue. Ceux-ci n’étaient guère nombreux, et généralement, de tels personnages l’évitaient - faveur qu’il leur rendait avec plaisir. Finalement, Froulay poussa un soupir.
« Gabriel est-il parti ?
- Oui, monsieur, il semblait avoir des ordres pour...
- Je sais. Bien, faites entrer notre inconnu. »

Le garçon hocha la tête, et s’en retourna vers l’antichambre où il avait laissé patienter le mystérieux visiteur, laissant derrière lui un Aymeric intrigué, même curieux, qui ne s’attendait pas le moins du monde à l’entretien qui s’annonçait. Il comprit toutefois pourquoi l’homme avait caché son nom, dès l’instant où il le vit passer la porte du salon. Soudain moins détendu qu’il ne le paraissait, Froulay se redressa légèrement, visage fermé. En effet, il y avait de grandes chances pour qu’il n’eut pas accepté de rencontrer Serigny s’il avait su que c’était lui qui se présentait.
Sur un signe, le valet sortit, et un lourd silence s’installa entre les deux hommes, qui prirent un moment pour se jauger. Leur dernier contact remontait à cette lettre, quelques années plus tôt, lettre après laquelle Aymeric n’avait en aucune façon cherché à le rencontrer. Peu à peu, les nouvelles que Serigny lui avait annoncées lui étaient sorties de l’esprit, ne le perturbant finalement pas outre-mesure. Cependant, le comte aurait préféré ne pas voir cette affaire ressurgir, et encore moins maintenant.
« Eh bien, monsieur, lâcha-t-il finalement, belle stratégie. Je ne vous cache pas que vos craintes n’étais pas infondées. Mais puisque vous êtes là... »
D’un geste, il lui désigna un siège, et s’installa face à lui. Sans sourciller, ni baisser les yeux, il dévisagea cet homme qui, en quelques lignes, avait jugé bon de prétendre être son père et de lui annoncer la mort, non pas d’une amie, mais de fait, de sa soeur.
« Je savais à quel accueil m’attendre, répondit Serigny en s’asseyant. Sachez que je ne suis rien venu vous imposer...
- Sinon votre présence, coupa Aymeric, cynique. »
A nouveau, tous deux se dévisagèrent. Froulay ne savait que penser de cette histoire. Jamais, sinon dans cette lettre, il n’avait rien entendu pouvant confirmer que cet homme face à lui était bel et bien son père. Jamais sa mère n’avait laissé entendre quoi que ce soit à ce sujet. Ce qui n’avait pas été le cas lors du scandale autour de la naissance d’Agnès. Devait-il réellement croire qu’aucun de ses deux enfants n’était réellement du sang dont ils se réclamaient ?

« Je comprends votre défiance, reprit Serigny après avoir poussé un long soupir. Votre silence m’y avait préparé.
- J’ose espérer que vous ne vous attendiez pas à la moindre réponse...
- A vrai dire, si. Je l’espérais, du moins. »
Aymeric eut un discret rictus.
« La mort de votre fille m’a sincèrement touché, déclara-t-il après un silence. »
Ces mots laissèrent planer comme un malaise que le comte n’attribua qu’à l’hostilité dont il faisait preuve. Serigny, quant à lui, se redressa sur son siège, l’observa un instant puis se décida.
« Justement, ma présence ici la concerne directement. Je ne suis pas venu débattre avec vous de la vérité de mes dire ; ce soin, je le laisse à votre mère. Il se tut un court moment, mains croisées sur les genoux. C’est que ce qui l’amenait n’était pas aisé à formuler. Non, pour tout vous dire, il y avait bien une erreur dans cette lettre : Emmanuelle n’est pas morte. »
Aymeric, qui n’avait pas cillé jusque là, haussa un sourcil et darda sur le vieux duc un regard inquisiteur. Une erreur ? Et comment diable pouvait-on faire erreur sur la mort ou non de sa propre fille ? Perplexe, et méfiant, il songea que les temps étaient décidément aux revenants. Ces poèmes écrits de la main de sa femme lui occupaient déjà bien assez l’esprit pour que surgisse un nouveau fantôme...

Songeur, le comte se leva, sous le regard neutre de Serigny qui semblait guetter toute réaction. Il fit deux pas dans la pièce, puis revint vers son siège, sur le dossier duquel il s’appuya.
« Une erreur ? Morbleu, peut-on se tromper sur une annonce pareille ? Vous sortez de nulle part, m’écrivez la disparition d’une prétendue soeur, pour revenir sur vos propos des années plus tard ?
- J’ignorais tout de cette affaire, à l’époque où je vous ai écris.
- Et en quel honneur serait-elle soudain revenu d’entre les morts ? s'anima Froulay en s’éloignant à nouveau dans la pièce, peu enclin à faire confiance à ce vieil intrigant qui lui annonçait paternité, morts et retours sans sourciller.
- Je suppose que les raisons qui l’ont poussée à disparaître ne sont plus.
- Vous supposez ? Etes-vous seulement certain qu’elle est en vie ?
- Je l’ai vue, comme je vous vois aujourd’hui. Serigny sembla hésiter un instant, puis reprit : et vous l’avez déjà croisée également. »
Aymeric se retourna. Dans son regard brillait une incompréhension qu’il ne chercha pas à dissimuler, et une certaine impatience. Baste de tous ces chemins détournés ! Le duc comprit, et s’expliqua aussitôt.
« Elle se trouve ici même, à la cour. Vous la connaissez sous le nom de Diane de Noirange. »
Froulay, à cette annonce, cessa tout net de s’agiter. Ses traits s’étaient crispés, et il demeura un instant interdit. Noirange, cette femme pour laquelle... Diane serait sa soeur ? Il se souvenait lui avoir trouvé des traits confusément familiers lors de leur dernière rencontre, mais n’avait attribué ce sentiment qu’à son charme. Les dires de Serigny, s’ils étaient vrais, expliquaient cette impression mais... à quel prix !
« C’est en son nom que je suis ici. Je vous laisse juger de ma surprise lorsqu’elle m’a cité votre nom comme celui d’un ami... Aymeric eut un rictus amer.
- Est-elle...
- Au courant de notre affaire ? Non. »

Froulay hocha la tête, puis se laissa tomber dans le siège qu’il occupait quelques minutes plus tôt, se massant le front d’une main. Après un silence, il releva la tête et dévisagea Serigny. L’homme ne pouvait mentir, ses propos auraient été bien trop aisés à infirmer.
« C’est elle qui vous envoie ici ? reprit-il finalement après un long soupir. »
Les traits du duc s’éclairèrent légèrement.
« En effet. Emmanuelle de Vaunoy est morte aux yeux de tous. Maintenant que les faux ne sont plus nécessaires, il faut déterrer son nom, et ses titres. Elle a jugé que vous étiez en mesure de l’aider, et c’est là la seule raison qui m’amène à vous aujourd’hui. »
Nouveau hochement de tête, alors qu’il se pinçait l’arrête du nez. Tout cela n’était que ficelles et manipulations administratives, auxquelles il pouvait facilement avoir accès. Son nom suffirait à résoudre tout éventuel problème - s’il ne se présentait pas de nouvelles révélations du même genre que les précédentes. Ce qui laissait réellement le comte songeur, c’était l’étonnant acharnement que mettaient ces choses à se produire au même moment. La guerre, les poèmes d’Ophélie... et maintenant Emmanuelle.
« Je veillerai à ce que tous ses droits lui reviennent, marmonna-t-il enfin. Serigny le remercia d’un signe de tête.
- Je sais ce que vous pouvez bien penser...
- Non, vous ne savez rien. »
Le vieux duc, estimant avec justesse qu’il n’y avait aucun intérêt à s’attarder plus longtemps, hocha la tête, et se leva.
« Je vous remercie de m’avoir reçu, et de votre aide, lança-t-il. Quant à cette affaire que vous refusez d’évoquer, sachez que je suis prêt à répondre à vos questions, quand vous le souhaiterez. »
Aymeric lui adressa un regard peu amène et marmonna un vague salut. Serigny n’insista pas, tourna les talons, et sortit, laissant le comte à ses confuses pensées. Un nouveau masque tombait.
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