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 Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette !

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Sofia Farnèse

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Je l'ai fermé par sa faute. Seul lui pourrait le rouvrir un jour ...
Côté Lit: Je ne suis pas de celles qui se couchent pour un sourire. A peine pour un diamant, mais souvent pour la passion.
Discours royal:



♈ LA BELLA FARNESE ♈
Più bella cosa non c'è

Âge : 24 ans
Titre : Princesse Farnèse, Princesse Chimay par mariage
Missives : 1402
Date d'inscription : 03/09/2011


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MessageSujet: Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette !   Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette ! Icon_minitime10.10.12 22:25

Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette ! Tumblr_lx3lkjDIpU1r4kfic
« Les diamants sont les meilleurs amis de la femme. »


La guerre qui s'annonçait n'était pas un mauvais signe pour tout le monde, il y avait toujours des profiteurs qui savaient quoi faire pour rentabiliser leur affaire. Et l'affaire de Sofia, c'était son compte en banque et son coffre à bijoux. La demoiselle n'avait jamais caché son affection pour tout ce qui brillait, les belles choses, comme l'or, les perles, les pierres précieuses et particulièrement les diamants. Si quelqu'un s'avisait un jour à cambrioler l'hôtel Farnèse, ce serait le jackpot pour le voleur qui verrait les coffres remplis de trésor : bagues, bracelets, boucles d'oreilles, broches et quelques ''simples'' colliers étaient à portée de main. Et si on ouvrait ce haut meuble fermé à double tour dans une des pièces de garde robe pour y voir les vrais joyaux de la Farnèse : parures, rivières de diamants et deux tiares qu'elle affectionnait particulièrement. Si certains collectionnaient les tableaux ou les objets rares, Sofia collectionnait définitivement les bijoux. Mais attention, peu d'entre eux étaient achetés par ses soins, non ce n'était pas son genre. Ils étaient pour la plupart des cadeaux, de sa famille mais surtout de certains soupirants ou amants. Sofia promettait toujours beaucoup contre des cadeaux mais ne satisfaisaient rarement les demandes de ses messieurs, qui ne se contentaient que de l'avoir à leur bras et quelques regards langoureux, rarement plus. Si elle avait du coucher pour chaque bijou, autant se reconvertir dans la prostitution ! Et certains hommes ne la méritaient pas dans leur lit, c'était même sûr ! Il y a quelques semaines, le duc de Bar lui avait envoyé un nouveau collier de perles avec un mot brûlant. Sofia ne voulait pas céder, sa femme veillait derrière et elle ne voulait pas s'attirer les foudres de cette dernière pour un homme qu'elle n'aimait pas.

Non, le dernier en date était un magnifique bracelet en diamants, offert par un homme de goût, mais aussi manipulable à souhait. L'héritier du Danemark était un très bel homme et il fut presque trop facile de l'avoir de son côté, Sofia n'avait qu'eut à sourire, parler de leurs points communs – qui n'étaient pas feints, soit dit en passant – et lui faire les beaux yeux. Elle se souvenait qu'un valet du prince en personne s'était présenté avec le présent et un mot du jeune homme, Sofia s'en souvenait parfaitement « Pardonnez moi de ce modeste présent, mais il est bien difficile de sublimer davantage un joyau tel que votre personne, votre beauté à elle seule pourrait éclairer le monde. » Riche, beau et poète en plus de cela ! Celui-là il fallait se le garder au chaud, on ne partageait pas un tel homme !

En parlant de ce bracelet, Sofia l'avait mis à plusieurs reprises et aujourd'hui, elle avait décidé qu'il ornerait son poignet à nouveau, il était toujours important d'afficher ses cadeaux, il fallait que l'auteur dudit cadeau soit flatté de le voir ou d'en entendre parler. Elle était toute en beauté aujourd'hui dans cette robe jaune et blanche, pour aller de paire avec les diamants et la bague en or qu'elle portait. Tout cela pouvait bien paraître superficiel, surtout quand c'est pour se rendre chez la Reine où on n'y faisait pas à proprement parlé un concours de beauté, mais plutôt celui de l'ennui. Après avoir relevé ses cheveux châtains, elle se trouvait fin prête quand Alessandro, son grand frère, se profila sur le pas de la porte.

« Son altesse est-elle prête ? Notre carrosse est avancé. » s'amusa t'il.
« Ce n'est pas comme si nous vivions à des heures du château. » rétorqua la jeune femme un peu insolente en levant les yeux au ciel.
« Peut être mais la reine de France n'a pas à attendre que tu daignes montrer le bout de ton nez parée presque plus richement qu'elle. »

Pour toute réponse, Sofia haussa les épaules d'un air dédaigneux avant qu'on l'aide à enfiler un long manteau marron fourré à l'intérieur avant de descendre pour sortir et monter dans le carrosse à l'effigie des Medicis-Farnèse qui roula vers le château. Comme toujours, ce ne fut pas des plus palpitants chez la Reine. Oh, Marie-Thérèse était une femme très bien et sympathique mais sa Maison manquait de piquant. Heureusement que certaines de ses dames de compagnie, comme Isabelle de Saint-Amand ou Éléonore Sobieska y mettait un peu d'ambiance car ce n'était pas les pieuses espagnoles qui allaient dérider l'assemblée. Elle profitait de ces moments au château pour saluer aussi ses connaissances et recevait allègrement des compliments sur son bon goût. Son bracelet eut beaucoup de succès mais si Sofia les montrait ouvertement, elle ne disait que rarement qui était l'expéditeur du précieux cadeau, cela laissait parler les mégères, un sujet de conversation supplémentaire dans cette Cour où régnait le froid en ce mois de janvier 1667.

Pourtant cela ne l'empêchait pas de sortir dans les jardins, si beaux sous la neige. Lorsqu'elle put se retirer des appartements de Marie-Thérèse, Sofia dut prendre l'air. Certes, il y faisait frais mais cela était vivifiant après la lassante matinée qu'elle venait de vivre, cela ne faisait jamais de mal. Mais hors de question de se promener seule, l'italienne avait sa cousine Clorinda à ses côtés ainsi que deux messieurs venus animer la conversation en cours de chemin vers le bassin du Miroir, non loin du bosquet du Roi. Cela riait de bon cœur et des jeux de mots fusaient en guise de paroles, entre deux histoires de Cour mais aussi de guerre.

« Versailles sera bien triste, dépeuplée de ses hommes, minauda Sofia avec un petit sourir. Nous allons bien nous ennuyer.
Et nous donc, mademoiselle ! lança l'un d'eux, le comte d'Alban avec son accent chantant. Nous ne passerons pas nos journées à nous battre.
Mais n'est ce pas le principe de la guerre ? » demanda Sofia, qui n'était stupide, ayant un frère militaire, mais qui savait y faire.
« Oh non, les journées de campement sont majoritaires, répondit le marquis de La Châtre.Enfin, nous aurons toujours de ravissants visages à l'arrière, et Versailles pour nous. Point comme nos ennemis qui seront à Nancy. Par exemple la princesse du Danemark que vous voyez la-bas, va nous quitter et suivre son époux. Plaignez la, vous aurez toujours Versailles pour vous amuser et de quoi satisfaire de nos victoires ! »

Sofia sourit mais se retint de lever les yeux au ciel. Quel idiot celui-là, les deux jeunes femmes étaient italiennes et le frère de Sofia prenait le parti des espagnols, elle n'avait que faire des victoires françaises, tant que son grand frère n'était pas blessé. Mais la princesse danoise avait du comprendre que l'on parlait d'elle puisque Gisela avançait à présent vers eux. Il faut dire que les quatre paires d'yeux s'étaient posés sur elle simultanément. Tout le monde la salua en respectant son rang de princesse-héritière.

« Madame, quel honneur de vous avoir parmi nous. Je me permets de vous faire les présentations : voici la princesse Sofia Farnèse, sa cousine Clorinda, dame de Sienne et enfin mon ami le marquis de La Châtre. »
« Madame, c'est un plaisir de vous rencontrer. » continua Sofia en se redressant et lissant les plis de son manteau, faisant tinter son bracelet.

Ce même bracelet que le mari de Gisela avait offert à une autre dame que sa propre femme. Mais elle reprit.

« Je vous trouve d'une grande élégance, ce manteau est ravissant. Tout comme vos boucles d'oreilles, vous avez un excellent goût. »

Tout comme son époux, pensa l'italienne mais se garda bien de le dire. Si Sofia restait confiante alors que Clorinda et d'Alban s'éclipsèrent, quelque chose lui disait que Gisela n'allait pas être sa plus grande des amie …

______________________

PRINCESSE VENALE ✽
“Dans les contes pour enfants, les princesses donnent des baisers aux crapaud. Dans la vie réelle, les princesses embrassent les princes et ceux-ci se transforment en crapauds.”


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MessageSujet: Re: Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette !   Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette ! Icon_minitime27.10.12 17:12

« L'amour fait naître la jalousie, mais la jalousie fait mourir l'amour. »
Christine de Suède


......

    Versailles sous la neige était féérique. Bien entendu, la beauté froide de ces lieux n'égalait en rien celle des steppes glacées suédoises mais pourtant, la France avait ce petit quelque chose qui rendait tous les paysages plus ravissants les uns que les autres. Lorsqu'elle flânait dans les jardins du palais royal, la princesse Gisela se sentait presque chez elle. Elle portait son grand manteau de velours sombre, un ruban de satin le fermait sur son cou et la capuche dissimulait en partie sa tête, laissant apparentes les quelques boucles brunes qui entouraient son visage. Elle respirait l'air pur de l'hiver, elle s'extasiait silencieusement de la beauté des lieux, elle marchait en admirant l'épais manteau immaculé qui recouvrait les buissons, les fleurs et toutes ces autres merveilles que la nature et les jardiniers avaient façonnées. Plus une once de verdure ne paraissait sous son nez … l'hiver lui était merveilleux, blanc et pur comme le monde ne l'avait jamais été. Mais il était aussi synonyme de mort. De mort et de renouveau. Chaque fleur enterrée sous la neige avait dit au revoir à la vie, pour la retrouver une fois le printemps revenu. Chaque flocon tombé allait un jour fondre et disparaître. C'était comme un immense tapis de cendre, venu englober le monde entier pour le purifier et le rendre plus beau lorsque celui-ci s'en irait. Si la fin du monde était une réalité, selon elle, ce devait être une sorte de grand hiver glacé avec sa neige, ses lacs gelés et ses plantes fanées.

    Ce jour là, elle s'était exilée dans les jardins, tandis que d'autres demeuraient près d'un des nombreux bassins à discuter et à se réjouir de cette nouvelle année. Elle aimait la compagnie, mais un peu de calme n'avait jamais tué personne. Même les animaux n'étaient pas de sortie. Tout était absolument tranquille et paisible, un brin ennuyeux. La neige avait enfin cessé de tomber, mais le temps ne cessait de se refroidir encore et encore. Et plus elle sentait ses mains se glacer, plus la princesse se sentait chez elle. Dans ses songes, elle revoyait le palais de Stockholm, les grandes galeries et … la chapelle. L'immense et merveilleuse chapelle où elle aimait flâner lorsqu'elle n'était encore que la fiancée, et non l'épouse, d'un prince étranger. Les pensées et réflexions sur le sens de sa vie, sur son devoir et sur son avenir qu'elle avait quand, assise sur les bancs, elle était seule avec le Seigneur, lui revinrent en mémoire tout en lui arrachant un furtif sourire. Puis elle se souvenait de la maison de Nynäshamn où l'oncle Charles ne cessait de grommeler et de se plaindre d'elle. Enfin … tout cela n'était que les reflets d'un passé enfoui au plus profond de sa mémoire, un passé qu'elle pouvait désormais oublier. En chassant ces pensées de son esprit, Gisela se trouva fort ennuyée de sa petite promenade, et elle posa ses yeux brillants sur les quatre personnes qui conversaient plus loin en lui jetant de temps à autres, quelques furtifs regards sans lui porter plus d'intérêt que cela. C'est alors qu'elle se décida à les rejoindre, un sourire neutre dessiné sur ses lèvres et une démarche gracieuse telle qu'elle l'avait apprise dans son enfance. Relevant un peu la tête de manière à ce que la capuche en satin sombre ne dissimule pas son regard aux yeux des autres, Gisela arriva lentement auprès d'eux en remarquant que tous quatre la regardaient tout à coup. La seule personne de sa connaissance était le comte d'Alban. Il s'avança vers elle. Elle le connaissait depuis quelques temps, l'ayant rencontré lors d'une des grandes soirées de Versailles. Quand il fut face à elle, l'homme s'inclina légèrement puis lui sourit.

    « Madame, quel honneur de vous avoir parmi nous. »

    Il fit un geste ample du bras vers ses trois compagnons.

    « Je me permets de faire les présentations : voici la princesse Sofia Farnèse, sa cousine Clorinda, dame de Sienne et enfin mon ami le marquis de La Chârtre. »

    « Madame, c'est un plaisir de vous rencontrer. » dit la princesse italienne avant de se relever.

    Lorsque cette dernière se redressa, un léger son vînt titiller l'oreille de la jeune suédoise. Ses yeux se posèrent donc sur le poignet de celle-ci où rayonnait un superbe bracelet argenté, richement paré de diamants à en faire pâlir d'envie n'importe quelle femme un tant soit peu matérialiste.

    « Mais le plaisir est pour moi. » lui répondit-elle sans pour autant détacher son attention du bijou.

    Mystérieusement, il lui semblait avoir déjà aperçu, et même tenu, un bracelet tel que celui-ci. Pourtant, une pièce aussi précieuse que celle-ci devait être tout naturellement unique. Par association d'idées, la princesse pensa que la pièce en question était déjà passée entre ses mains avant de passer au poignet de l'italienne. Les conditions de sa rencontre avec ce trésor restaient cela dit encore très floues. Sofia reprit la parole dés que Gisela eut terminé sa phrase, comme pressée de lui dire quelque chose, de lui faire remarquer n'importe quoi … ou peut-être comme si elle voulait juste attirer son attention et lui être agréable. Pourtant, la suédoise avait le sentiment que ce désir de se montrer fort sympathique n'était que mensonge et avait un tout autre but. C'était sans doute les yeux de son interlocutrice qui la poussaient à songer à de telles choses, sans avoir aucune preuve pour fonder sa théorie.

    « Je vous trouve d'une grande élégance, ce manteau est ravissant. Tout comme vos boucles d'oreilles, vous avez un excellent goût. »

    Gisela se garda bien de lui répondre que tout n'était que cadeau d'Édouard. En revanche, elle accepta volontiers le compliment et l'en remercia d'un sourire qui tentait de dissimuler sa réflexion. Elle se trouvait de plus en plus intriguée par ce bijou. N'y tenant plus, elle demanda si il lui était possible de le voir de plus près, tout en adressant maints compliments à son propos. Sans doute en fut-elle flattée, ou peut-être se sentit-elle obligée, mais elle leva un peu son bras pour permettre à Gisela de le voir de plus près. À chaque regard qu'elle posait sur lui, elle s'assurait qu'il s'agissait du même bracelet, des mêmes diamants … et pourtant, son manque de souvenirs à son sujet la perturbait et la poussait, en général, vers un avis opposé. Ce n'est qu'alors qu'elle remarqua l'absence soudaine de son ami le comte et de la cousine de la jeune femme. Comment avaient-ils pu partir ainsi sans qu'elle ne s'en rende compte ? Le marquis se permit tout à coup de reprendre la parole :

    « C'est un très bel objet, n'est-il pas ? »

    « Je dois l'avouer : jamais je n'ai vu plus grande splendeur. » répondit Gisela en permettant à l'italienne d'abaisser son poignet. Cependant, elle ajouta : « Du moins, je le crois. »

    « Mademoiselle Farnèse, et si vous nous contiez l'histoire de cet extraordinaire bijou ? D'où le tenez-vous ? »

    La suédoise dut admettre qu'elle aurait du poser la question bien plut tôt. Elle tourna la tête vers la jeune femme, se forçant à sourire d'un air aussi naturel que possible, essayant de dissimuler ses lourdes interrogations.

    « Faîtes donc, très chère, faîtes donc. » dit-elle soudain très amicale. « Je dois avouer que Monsieur le marquis a éveillé ma curiosité. Serais-ce un cadeau d'un de vos nombreux galants ? »

    Le marquis se tourna vers elle.

    « Madame, voyons ! »

    « Qu'y a t-il ? Mademoiselle est une femme d'une grande beauté. Elle doit avoir bon nombre de soupirants, et aucune femme ne devrait en avoir honte. » dit-elle en souriant. Puis elle s'adressa de nouveau à Sofia : « Alors ? Dîtes-nous, je vous en prie. »

......
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Sofia Farnèse

« s i . v e r s a i l l e s »
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MessageSujet: Re: Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette !   Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette ! Icon_minitime05.11.12 1:31

Trop de confiance n'était jamais bon pour ce qui pouvait arriver. Sofia ne semblait pas s'inquiéter de l'arrivée de la princesse danoise au cœur de son cercle de conversation. Après tout, les quatre ne parlaient de la jeune femme en mal, on déplorait simplement qu'elle se rende en Lorraine loin de Versailles, ce qui était vrai. Et l'italienne partageait ce sentiment de se rendre à la cour de Nancy qui ne semblait pas bien intéressante mais il fallait bien un quelconque intérêt pour ses fiançailles avec l'anglais et aussi voir son frère, en espérant que ce dernier n'en fasse pas trop sur les champs de bataille, elle adorait trop son aîné pour vouloir le perdre ! Donc un passage à Nancy serait obligatoire mais Sofia ne comptait pas s'y attarder, sans savoir qu'elle n'en aurait finalement pas le choix … Mais nous en sommes bien loin, la Farnèse restait encore bien insouciante et persuadée que Versailles lui ouvrait les bras à jamais.

Il faut dire que cet endroit avait tout pour plaire à la jeune femme. Outre la richesse des lieux, la décoration chargée lui rappelant les palais italiens où elle a passé une grande partie de sa vie, elle avait besoin de se sentir comme chez elle. Puis à Versailles, quand on faisait le tri, on trouvait des personnes passionnantes avec qui avoir de grandes conversations, des personnes riches intellectuellement … et riches tout court. L'italienne s'est toujours étonnée de voir autant d'hommes riches avoir ce besoin de montrer qu'ils le sont, qu'ils savent aussi plaire – peu importe leur âge ! - et sont prêts à dépenser des fortunes pour cela. Puisque ces hommes font des cadeaux avec tant de délicatesse, comment dire non ? Le seul à qui elle refusait c'était ce fameux duc de Bar mais c'était davantage parce que l'homme avait une femme absolument démoniaque qui rôdait autour de Sofia comme un vautour, à guetter les moindres mouvements de l'italienne envers son mari. Encore une qui devrait davantage surveiller son mari plutôt que ses fréquentations. Est ce que la princesse danoise allait en faire de même ? Sofia ne le pensait pas, puis elle avait assez à faire d'une épouse enragée pour rien, pas besoin d'en avoir une deuxième sur le dos. Pourtant, lorsque Gisela vint à eux, il était évident de voir qu'elle ne regardait pas l'assistance mais bel et bien le bracelet au poignet de l'italienne, mais Sofia n'y fit guère attention pour l'instant. Mais l'insistance à son poignet fit comprendre à la princesse Farnèse qu'elle n'allait peut être pas se faire une amie aujourd'hui. Pourtant, elle continua la conversation comme si de rien n'était, complimentant la danoise sur son bon goût. C'était sincère, la danoise était élégante, c'est le genre de choses qui fait toujours plaisir à entendre.

Ce qui l'est un peu moins, c'est que le bracelet devienne un peu trop le centre d'attention. Mais ce serait se montrer coupable que de refuser de le montrer ! Et puis un bijou était fait pour être montré, elle ne l'avait pas mis à son poignet pour le cacher aux yeux du monde, autant assumer jusqu'au bout. Puis après tout, ce n'était qu'un bracelet, cadeau ou pas de son mari, il n'y avait pas mort d'homme !

« C'est un très bel objet, n'est-il pas ? » lança La Chârtre.
« Je dois l'avouer : jamais je n'ai vu plus grande splendeur. Du moins, je le crois. »
« Vous êtes bien flatteuse, madame. Mais je pense que vous aussi devez avoir de beaux bijoux. »
répondit Sofia, toujours aimable mais, intérieurement, un peu inquiète.
« Mademoiselle Farnèse, et si vous nous contiez l'histoire de cet extraordinaire bijou ? D'où le tenez-vous ? »

Foutu parleur de La Chârtre, ce n'était pas une question que l'on posait à une demoiselle ! Elle tourna la tête vivement en se direction, quelque peu surprise mais tenta de jouer sur ce petit mystère avec un sourire mutin.

« Allons, monsieur, cela ne se demande point. »
« Faîtes donc, très chère, faîtes donc. Je dois avouer que Monsieur le marquis a éveillé ma curiosité. Serais-ce un cadeau d'un de vos nombreux galants ? »


Ah, mystère raté … Et cela devenait de plus en plus intrusif bien que l'italienne tentait de garder une apparence aimable et courtoise, ravie que La Chârtre prenne sa défense après avoir ouvert la boîte de Pandore.

« Madame, voyons ! »
« Qu'y a t-il ? Mademoiselle est une femme d'une grande beauté. Elle doit avoir bon nombre de soupirants, et aucune femme ne devrait en avoir honte. Alors ? Dîtes-nous, je vous en prie. »
« Je ne penserais qu'un bracelet déchaînerait les passions de la sorte mais je ne puis que capituler face à tant de questions, bien que j'ai peur de vous décevoir. »
répondit-elle dans un rire bien dosé pour ne pas en faire.

Que pouvait-elle bien faire d'autre ? Et puis elle ferait comme toutes les fois, Sofia ne mentionnerait pas le nom de l'expéditeur, cela était fortement impoli dans un premier temps, et puis il fallait toujours garder les généreux pour soi, c'était juste une bonne gestion de la concurrence. Sait on jamais.

« Son altesse a raison, il n'y a aucune honte à se savoir courtisée, il faut juste ne pas confondre amitié et courtisanerie. Si l'on m'offre des cadeaux, cela ne veut pas dire que je suis prête à m'allonger pour un bracelet. »
« Jamais mademoiselle, nous n’insinuerions de telles choses à votre égard ! »


Sofia eut un petit sourire en coin. Qu'il la prenne pour une imbécile celui-là, elle savait très bien ce qu'on disait sur les filles de sa trempe, mais préféra satisfaire, partiellement, leur curiosité.

« Il m'a été apporté par un petit page adorable il y a de cela trois jours, accompagné d'un charmant petit mot qualifiant cette merveille de modeste présent. N'est-ce pas adorable ? A en deviner la pureté du travail, cela provient d'un grand joaillier qui sait manier l'art des joyaux à merveille, n'est-il pas ? »
« Tout à fait mademoiselle, cela vient d'un homme de bon goût. Pourquoi ne dites vous pas son nom. Est-il marié ? »


Cette dernière question, il la lança sur un ton de petit comploteur qui voulait toujours en savoir plus. Sofia s'approcha et répondit sur le même ton avec un sourire toujours aussi mutin qui allait si bien au teint :

« Tout comme son âge, une dame ne dit jamais le nom de ses soupirants. C'est impoli et personnel. Je ne vous demanderais jamais le nom de vos maîtresses, monsieur de La Chârtre. Et jamais je ne vous demanderais, madame, le nom des hommes qui sont assez fous pour espérer que vous renonciez à la fidélité envers votre charmant mari. »

Elle fit un adorable sourire à ses compères, contente de s'en être sortie avec une pirouette. Mais c'était sans compter la curiosité d'un courtisan jamais rassasié de ragots. Si elle continuait à sourire, elle voyait La Chârtre pendre au bout d'une corde dans sa tête.

« Si vous ne voulez pas dire son nom, nous pouvons le deviner. Donnez nous un indice sur cet homme, je vous prie. »
« Il … a bon goût ? Avec un tel indice, vous pouvez éliminez bon nombre d'hommes qui ne savent pas apprécier le beau ! »


Mais il en restait tout autant ! Mais à trop jouer avec le feu, on finit souvent par s'y brûler …


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MessageSujet: Re: Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette !   Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette ! Icon_minitime13.01.13 19:33

« Je ne me soucie pas de vivre dans un monde d'hommes si je peux y être une femme. »
Marilyn Monroe


......

    « Son altesse a raison, il n'y a aucune honte à se savoir courtisée, il faut juste ne pas confondre amitié et courtisanerie. Si l'on m'offre des cadeaux, cela ne veut pas dire que je suis prête à m'allonger pour un bracelet. »

    « Jamais mademoiselle, nous n’insinuerions de telles choses à votre égard ! »

    « Mais personne n'aurait pensé à une chose pareille, mademoiselle. »


    Pourtant, malgré les mots qui sortaient de sa bouche, Gisela pensait pour elle-même qu'elle n'avait pas besoin de recevoir un bijou pour s'allonger. Seul son regard froid trahissait ses pensées. Elle souriait de force comme on le lui avait toujours appris. C'était tout un art d'étirer les lèvres en un charmant sourire qui se devait de paraître sincère. Un art que maîtriser était la base de l'éducation des dames de la haute société, et ce depuis leur enfance. D'ailleurs, elle avait remarqué que toutes les femmes de son rang imitaient ce même sourire faux à la moindre occasion. Mais celui de la belle italienne n'était pas faux du tout,, au contraire, elle semblait trouver la situation fort agréable.
    Quand elle se mit à raconter l'histoire de sa rencontre avec le fameux bracelet sur lequel étaient fixés tous les regards, Gisela se demandait si ce n'était là qu'un mensonge pour dissimuler la véritable origine de ce cadeau. Selon ses dires, c'était donc un petit page qui lui avait récemment apporté un tel trésor avec un gentil petit mot de son destinataire. Le schéma habituel … La princesse n'était pas très surprise d'entendre cela. Puis elle poursuivit en vantant la beauté et la richesse de ce formidable cadeau. Mais avait-elle vraiment besoin de leur souligner sa valeur ?

    « Tout à fait mademoiselle, cela vient d'un homme de bon goût. Pourquoi ne dîtes-vous pas son nom. Est-il marié ? »

    Ah ! Ce marquis ! Heureusement que la princesse suédoise pouvait compter sur lui pour poser les bonnes questions au bon moment. Pourquoi n'avait-elle pas pensé à ce genre de questions bien embarrassantes ? Mais en y réfléchissant plus intensément, la princesse songea que l'idée n'était pas aussi brillante : quel intérêt l'italienne aurait-elle eu à répondre à pareille question ? En définitive, elle ne pouvait absolument pas compter sur le marquis pour l'aider à définir l'origine de ce bracelet. Seule la curiosité le poussait à questionner la jeune femme, et il ne se sentait pas vraiment impliqué dans cette tâche, c'était une évidence. Sinon n'aurait-il pas prit le temps de réfléchir à la réponse que la principale intéressée pouvait lui donner.

    « Tout comme son âge, une dame ne dit jamais le nom de ses soupirants. C'est impoli et personnel. Je ne vous demanderais jamais le nom de vos maîtresses, monsieur de La Chârtre. »

    Et Gisela avait vu juste : l'italienne n'était pas assez bête pour donner innocemment des informations aussi personnelles sur cet homme. Mais plus elle demeurait secrète, plus la suédoise brûlait d'envie de savoir la vérité. Savoir toute la vérité. Car en évoquant la possibilité que l'homme mystère eut porté une alliance, elle frissonna. Ainsi, il pouvait avoir une épouse à ses côtés et s'adonner à ce jeu de séduction vulgaire et déplacé avec une jeune italienne aussi belle qu'intrigante. Mais si elle connaissait cette épouse ou si, par malheur, cette dernière se trouvait encore plus proche d'elle qu'elle ne le croyait.

    « Et jamais je ne vous demanderais, madame, le nom des hommes qui sont assez fous pour espérer que vous renonciez à la fidélité envers votre charmant mari. »

    À ces mots, Gisela sentit son estomac se nouer, mais garda son sourire. Elle crut pendant un instant que l'italienne savait quelque chose. Un détail qu'elle n'aurait pas du connaître. Mais avec un peu de recul, la princesse réussit à se convaincre qu'elle faisait fausse route et que ceci n'était qu'une malheureuse coïncidence. Comment Sofia aurait-elle pu savoir quoique ce soit de son passé ? Il fallut malgré tout quelques instants pour chasser l'angoisse qui l'avait clouée sur place. Mais quand elle reprit totalement ses esprits, les derniers mots de la jeune femme l'interpellèrent. Elle posa les yeux sur elle, des yeux pleins de doutes. Et si en fait …

    « Si vous ne voulez pas dire son nom, nous pouvons le deviner. » fit le marquis, mettant un terme à ses sombres réflexions. « Donnez-nous un indice sur cet homme, je vous prie. »

    Finalement, cet homme était d'un grand secours dans certaines situations. Si la suédoise avait essayé de le proposer elle-même, elle était sûre que sa voix aurait trahi le doute qui s'était emparé de son esprit. Et surtout, de sa part l'idée aurait parut suspecte. À trop insister, on finit par s'en mordre les doigts et, tant que le marquis de La Chârtre était là pour insister à sa place, Gisela serait à l'abri des représailles. Du moins elle l'espérait. Et peu lui importait que le marquis dusse payer le prix de sa trop grande curiosité. Toujours souriante, bien que son regard se faisait plus contrarié qu'il ne l'était précédemment, elle dit :

    « Je suppose qu'il doit s'agir d'un homme fort élégant et séduisant. Jouissant d'une certaine beauté, peut-être. »

    Elle joignit ses mains sur son manteau pour s'empêcher de paraître crispée à l'idée que … non. Rien que d'y penser, elle se sentait plus mal à l'aise encore. En la voyant réfléchir si intensément, Gisela pensa soudainement qu'elle ne leur donnerait pas un indice suffisamment satisfaisant pour répondre aux multiples questions qui torturaient son esprit.

    « Il … a bon goût ? Avec un tel indice, vous pouvez éliminer bon nombre d'hommes qui ne savent pas apprécier le beau ! »

    Bien évidemment, c'était loin d'être la réponse tant attendue. La jeune Sofia ne se laisserait pas avoir par un tel jeu, c'était évident. Ce marquis n'était d'aucune aide en réalité ! Si l'italienne refusait de livrer la vérité, Gisela allait devoir s'assurer qu'elle l'aide à l'entrevoir. Elle n'avait besoin que d'un élément qui contredirait ses soupçons, lui montrerait qu'ils ne sont que pure imagination, pure fantaisie. Si seulement elle consentait à le lui donner. Si seulement … Mais au moment où elle replongeait dans ses pensées, la princesse aperçut le marquis ouvrir la bouche comme prêt à poursuivre ce jeu. Elle l'empêcha de parler et prit la parole en première :

    « Vous avez raison. Il est malheureux que certains individus ne soient pas dotés de ce sixième sens qui ne fait pas défaut à la plupart des femmes. J'ai moi-même la chance d'avoir épousé un homme qui, Dieu merci, en soit pourvu. » elle adressa un large sourire à l'italienne avant de poursuivre, toujours sur un ton emprunté : « Mais vous devez déjà savoir cela, Mademoiselle, car j'ai la très nette impression que vous le connaissez. Sinon, comment auriez-vous pu savoir à quel point mon époux est un être ... charmant ? »

    Voilà … Enfin le compte à rebours était lancé. Bientôt, Gisela allait savoir ce qu'il en était. Elle allait savoir si cette désagréable impression d'avoir déjà vu ce bracelet était issue de sa mémoire et si ses doutes à propos de l'expéditeur de ce cadeau, qu'elle pensait peut-être relativement proche de sa personne, étaient fondés. Et elle n'avait qu'une seule envie : se tromper.

......
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Sofia Farnèse

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Je l'ai fermé par sa faute. Seul lui pourrait le rouvrir un jour ...
Côté Lit: Je ne suis pas de celles qui se couchent pour un sourire. A peine pour un diamant, mais souvent pour la passion.
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MessageSujet: Re: Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette !   Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette ! Icon_minitime18.02.13 13:55

On avait connu Sofia avec beaucoup moins de scrupules que cela … Mais face à l'épouse d'un de ses galants, l'italienne ne faisait pas autant la fière que d'habitude. Peut être parce que, contrairement à d'autres hommes, leurs épouses n'étaient pas amoureuses, ni trop attacher à ceux à qui elles avaient juré de partager l'existence. Elle avait déjà la duchesse de Bar sur les talons, cela suffisait amplement, pas besoin d'avoir deux épouses sur son dos. Imaginez si les deux s'associaient … Non, la Farnèse ne voulait pas penser à cette hypothèse pas tout à fait stupide cela dit ! Mais elle se maudit intérieurement d'avoir porté ce bracelet, sans penser qu'il serait l'objet de toutes les attentions en cette journée. En même temps, l'italienne ne pensait pas qu'elle tomberait sur la princesse danoise ni sur des curieux un peu sans-gêne qui la pousse dans ses retranchements. Édouard ou un autre, Sofia avait toujours eu pour principe de ne jamais divulguer le nom de ses galants, par discrétion, pour pas qu'on ne les lui vole et aussi par respect. Il serait indécent de les jeter à la face du monde, qu'ils soient Édouard du Danemark, Henri de Lude ou Rotrou de Bâle !

« Je suppose qu'il doit s'agir d'un homme fort élégant et séduisant. Jouissant d'une certaine beauté, peut-être. » demanda la princesse du nord.

Elle était perspicace ! Décrivait-elle son mari ou alors cherchait-elle seulement à savoir pour satisfaire une curiosité de courtisane ? Comme toujours, Sofia avait la bonne parade, toujours en souriant et modelant un peu les mots pour ne pas en dire trop mais essayant de jeter des bouts d'indice pour satisfaire ces charognards. Mais cela ne suffisait pas, il leur fallait un nom, ce qu'il fallait surtout ne pas dire. Encore, s'il était un inconnu pour eux, cela serait passé mais cela ne se dit pas de donner le nom du mari alors que l'épouse était devant vous ! Dans son fort intérieur, la Farnèse paniquait quelque peu, n'ayant pas envie de subir les foudres d'une épouse amoureuse. Bien qu'elle pourrait toujours se dédouaner en disant qu'il fallait mieux surveiller son mari et qu'il serait un crime de refuser un aussi joli bijou, surtout sans rien en retour ! Continuant à sourire poliment face aux deux inquisiteurs face à elle, Sofia ne comptait pas se laisser abattre, mais Gisela repartit à l'attaque.

« Vous avez raison. Il est malheureux que certains individus ne soient pas dotés de ce sixième sens qui ne fait pas défaut à la plupart des femmes. J'ai moi-même la chance d'avoir épousé un homme qui, Dieu merci, en soit pourvu. Mais vous devez déjà savoir cela, Mademoiselle, car j'ai la très nette impression que vous le connaissez. Sinon, comment auriez-vous pu savoir à quel point mon époux est un être ... charmant ? »

Se laisser trahir sur des détails idiots faisait enrager intérieurement l'italienne qui n'en montra rien, continua à sourire et hocha même de la tête pour appuyer les dires de la danoise. Peut être celle-ci s'attendait à une réponse que celle que Sofia allait donner mais l'italienne avait toujours plus d'un tour dans son sac :

« En effet, je connais votre époux. Enfin, connaître … J'ai eu l'occasion de le rencontrer grâce à mon amie, la duchesse de Brabant, sa sœur. Elle m'en avait tant parlé et avec tant de bien que je ne pouvais que vouloir voir de mes propres yeux si un tel homme pouvait exister. Son sourire s'élargit, elle se sentait si fière de sa pirouette. Et en effet, un tel gentilhomme existe, vous pouvez vous vanter votre époux, madame. »

Intérieurement, elle souffla. Utiliser son amie Bianca comme paravent n'était pas vraiment sympathique mais ce n'était pas un mensonge. Son amie lui avait parlé plusieurs fois de son frère, Sofia l'avait aussi remarquée à Versailles, mais il était plus facile de passer par une voie officielle, être présentée plutôt que de s'incruster dans une conversation. Cela faisait beaucoup moins rentre-dedans et là encore, Sofia pouvait se dédouaner de beaucoup de choses. Et puis comme ça, tout le monde avait oublié l'histoire du bracelet.

« Vous avez toujours le don de connaître les bonnes personnes. J'espère que c'est un homme aussi distingué qui sait vous offrir des cadeaux. »

Ah non, le marquis n'avait pas oublié. Que cela pouvait être agaçant de se sentir traquée comme une biche lors d'une chasse ! Au sourire du marquis, Sofia comprit qu'elle ne s'en sortirait pas aussi facilement. Et partir serait une solution de facilité, la rendrait coupable de tout ce qui était possible et imaginable. Elle ne voulait pas qu'on spécule à son sujet et lui invente une vie, la sienne suffisait amplement et elle n'avait pas besoin de rajouter des mésaventures peu agréables dans son quotidien. Pourtant, elle en avait subi à Parme et Florence des histoires et s'en était toujours sortie mais Versailles était un terrain encore plus difficile car les gens n'avaient que cela à faire de raconter des histoires sur les autres, se mêler de la vie des autres ou monter des cabales les uns contre les autres. Elle avait brillamment réussi jusque là, sans vraiment de grands obstacles mais là elle butait sur un de grande taille. Tout l'art du courtisan devait se révéler en cet instant, ne rien dire mais ne rien laisser penser aux autres qui pourrait lui nuire. Ce n'était pas évident et on sentait que Sofia commençait à en avoir assez, cela se lisait légèrement dans son regard même si elle gardait un sourire poli et un calme indéniable.

« Je ne pensais pas, monsieur, que vous vous intéressiez autant à un simple bijou, bien que splendide. Je comprends que les histoires des autres vous fascinent mais cela en devient presque gênant ! lança t'elle sur un ton badin mais pourtant ô combien accusateur, bien qu'elle en rit doucement. [b]Ce n'est qu'un bracelet qu'on m'a offert, pas la lune, bien qu'aucun prince ne puisse la décrocher.
Il est donc prince !
rétorqua La Châtre, un poil vexé.
Je … je n'ai pas dit cela ! » répliqua à son tour Sofia, un peu moins confiante.

Heureusement que le froid avait déjà bien rougi ses joues, il fut difficile de voir qu'elle fut prise à son propre piège. A trop perdre patience, il peut arriver qu'on fasse des erreurs aussi stupides que celle-ci et bien difficile à rattraper. Alors il y avait une autre technique pour essayer de ne plus en parler : changer de conversation. Sofia se tourna donc vers la princesse danoise pour lancer un autre sujet, l'air de rien.

« Mais dites moi, madame, vous allez bientôt nous quitter avec cette guerre qui s'approche. J'espère que vous vous plairez à Nancy. Je voulais m'y rendre, puisque mon frère sert la Couronne d'Espagne, mais ma charge auprès de la reine de France m'oblige à rester ici. »

En espérant que ce soit suffisant pour faire oublier cette histoire de bracelet et cesser d'avoir des vautours qui lui tournent au-dessus de la tête. Ce n'était pas gagné d'avance, les femmes mariées sont toujours assez perspicaces …

______________________

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MessageSujet: Re: Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette !   Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette ! Icon_minitime29.05.13 16:51

« Le mensonge fait souvent moins de maux que la vérité. »
Henry de Montherlant


......

    La jeune Farnese était aussi belle qu'elle lui était odieuse. Cela faisait bien trop longtemps qu'elles tournaient toutes deux autour du pot comme deux insectes autour d'un bouton d'or. Derrière ces sourires, ces manières élégantes et ces paroles de convenance se cachaient simplement deux femmes en pleine lutte. Ce combat mental qu'elles livraient paraissait interminable … et comme tout conflit a ses traîtres, Gisela venait de découvrir, à sa grande surprise, qu'il y en avait un parmi ses propres rangs : la duchesse de Brabant. Bianca. Sa belle-sœur. Une membre de sa famille. Apparemment, cette dernière s'était bien évertuée à dissimuler aux yeux de la suédoise l'affection toute particulière du prince pour la Bella Farnese. Et voilà que l'italienne se mit à sourire, ce qui ne la rendait que plus ravissante qu'elle ne l'était déjà mais Gisela, elle, ne reconnaissait dans un tel visage que le masque de la trahison. Il lui semblait si mal caché que son propre sourire s'effaça en une toute petite seconde, rien que le temps d'un battement de cils. Sa disparition s'accompagna de l'affreux sentiment de perdre pied, puis ses mains se mirent doucement à trembler sans qu'elle ne s'en rende réellement compte.
    Heureusement, le marquis de La Châtre était fort bavard. À lui seul, il aurait pu meubler toute une conversation, et sa curiosité ne pouvait être qu'un bienfait pour qui veut en apprendre plus sans ouvrir la bouche. C'était justement le cas de Gisela qui, de plus en plus contrariée par les révélations que faisait Sofia sur son mystérieux prétendant, ne savait plus que dire ni que faire pour paraître des plus naturelles. Son déguisement de politesse commençait à se déchirer peu à peu et, sans l'intervention de ce cher marquis, il aurait totalement volé en éclats.

    « Vous avez toujours le don de connaître les bonnes personnes. J'espère que c'est un homme aussi distingué qui sait vous offrir des cadeaux. » dit-il d'une voix enjouée.

    « Bien sur qu'il l'est. » marmonna Gisela en fixant sa rivale.

    Cette dernière remarque attira l'attention de ses deux interlocuteurs qui la dévisagèrent d'un air surpris. Comme elle avait été froide et comme c'était inhabituel de sa part ! Où étaient donc passées les couleurs joyeuses de son visage et l'étincelle dans ses yeux ? Disparus. Envolés. La princesse paraissait complètement détachée de la réalité, comme en transe, et il lui fallut un petit instant pour retrouver ses esprits et se revêtir de sa peau de bonne dame de la société. Un sourire refleurit par miracle sur ses lèvres roses et, bien que le cœur n'y était pas, il parut sincère. Aussitôt elle s'excusa de cette attitude si « peu convenable » et se reprit :

    « Je veux dire qu'il me paraît évident que cet homme est fort distingué. »

    Mais si le marquis faisait mine d'être convaincu de son excuse, Gisela savait bien que ce n'était pas le cas de l'italienne. Elle avait parfaitement compris le sous-entendu. Tant mieux ! Il fallait bien qu'elle se sente un peu pressée pour livrer ses secrets, quand bien même ceux-ci ne seraient que mensonges car maintenant qu'elle semblait mise mal à l'aise par l'intérêt porté à ce maudit bijou, Sofia était prête à faire des erreurs que l'épouse trompée ne laisserait jamais passer. Ainsi elle découvrirait tôt ou tard la vérité, même s'il fallait qu'elle en souffre.
    Les premières arrivèrent très vite. Comme prévu, la jeune femme se sentie gênée et, tout en se justifiant, elle livra bien malgré elle un détail sur la provenance de son bracelet. Détail qui n'échappa à personne. Ni au marquis, ni à la princesse.

    « Il est donc prince ! »

    « Je … je n'ai pas dit cela ! »
    bredouilla t-elle.

    Gisela demeura silencieuse, le visage neutre. Mais à l'intérieur, elle se fissurait, elle se brisait en morceaux comme une tasse de porcelaine. C'était comme recevoir une pierre en plein visage ou un coup de poignard en plein milieu du dos. Ses yeux clairs se mirent à rougir doucement, mais quand on lui demanda si tout allait bien, elle mit cela sur le compte de la brise froide qui venait de se lever. Elle sentait tout son être se consumer de jalousie et de colère, mais elle avait la cruelle impression de ne pas en avoir le droit. N'avait-elle pas commis d'erreurs par le passé ? De quel droit se permettait-elle de juger celui qui lui rendait la monnaie de sa pièce ? Mais, en même temps, comment comparer l'aventure qui avait été la sienne avec un pareil manque de pudeur qui poussait un mari à offrir un présent d'une valeur inestimable à une autre femme en sachant qu'elle paraderait avec sous les yeux des autres, et probablement ceux de son épouse ? Ne devait-elle pas y voir une forme de moquerie ou quelque chose d'autre ? Elle ne comprenait plus ...
    Sofia était aussi rouge qu'une pivoine. Il était difficile d'imaginer que seul le froid puisse être responsable d'une telle coloration : ils étaient à Versailles, pas en Sibérie. Mais Gisela n'eut pas le temps de se poser la question, ni même de la lui poser car l'italienne avait déjà entrepris de changer de sujet, sans doute pensait-elle que la suédoise était prête à oublier tout ce qui venait d'être dit. Si tel était le cas, elle se trompait.

    « Mais dîtes moi, madame, vous allez bientôt nous quitter avec cette guerre qui s'approche. J'espère que vous vous plairez à Nancy. Je voulais m'y rendre, puisque mon frère sert la Couronne d'Espagne, mais ma charge auprès de la reine de France m'oblige à rester ici. »

    La seule réponse qu'elle eut voulu lui jeter au visage était un « Grand bien vous fasse ! » mesquin, peut-être suivi d'un crachat disgracieux, digne des habitués des tripots de l'époque, en direction de ses chaussures. Mais cela ne seyait pas à une dame de son statut et elle dut ravaler sa hargne pour lui répondre, non sans avoir au préalable pensé à lui faire comprendre qu'elle ne jetait pas l'éponge.

    « Il est vrai, mademoiselle, que nous allons bientôt partir. C'est bien regrettable d'ailleurs : moi qui aimait tellement Versailles, me voilà obligée de le quitter. Ces jardins me manqueront le temps que durera le conflit, mais j'ose espérer y revenir m'y promener très bientôt. » dit-elle en souriant, puis elle ajouta après un silence : « Et dire que vous me laisseriez partir sans me révéler le nom de votre amant ! Vous me peinez. »

    Le marquis, cependant, savait quand il fallait arrêter de jouer et visiblement, il était temps de le faire. Mais Gisela n'était pas prête : elle n'avait pas encore obtenu ce qu'elle désirait si ardemment. Et pourtant, elle avait la ridicule impression que Sofia allait tout lui dire d'un instant à l'autre. C'était si ridicule qu'elle eut envie de rire mais se retînt.

    « Madame … mademoiselle Farnese n'est pas très à l'aise avec ce sujet. »

    « Tiens donc ? Mais pourquoi cela ? Vous nous cachez bien des choses, mademoiselle. Laissez-moi deviner : il est marié ? Il a une famille qui ne vit pas très loin ? Une épouse aimante et un adorable petit garçon ? »


    Ce n'est qu'à ce moment qu'on put lire sur le visage du marquis que, après réflexion, il était sur le point de comprendre ce qui se déroulait sous ses yeux depuis plusieurs minutes. Tour à tour, il dévisagea les deux femmes qui se crêpaient le chignon mentalement. Mais, sur l'instant même, Gisela reprit d'une voix grave :

    « Je vous taquine ! Tout cela n'est que suppositions. »

    De ses « suppositions » découlaient davantage de véritables accusations. Et la suédoise n'avait pas envie de s'arrêter là. Elle était déterminée à creuser plus profond encore, même si la chute semblait prévisible et inévitable.

    « Et si, par malheur, il ne restait pas ? Je ne sais pas … peut-être est-il aussi impliqué dans cette guerre que nos familles le sont et qu'il s'apprête à prendre la route pour … Nancy … par exemple. » poursuivit-elle. Puis elle s'adressa à Sofia pour conclure : « Qu'en dîtes-vous ? »

    Elle avait pleinement conscience que, une fois lancée, cette horrible machine qu'est la fortune ne pouvait plus être arrêtée.

......
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Sofia Farnèse

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MessageSujet: Re: Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette !   Deux femmes, des diamants et un homme, drôle de recette ! Icon_minitime02.07.13 21:16

Sofia devrait partir, trouver une excuse pour laisser ses deux interlocuteurs en plan, en particulier la princesse danoise qui devenait de plus en plus inquisitrice, et devenait bien plus froide. Avait-elle compris ? Après tout, Gisela n'était pas une idiote et son mari n'était pas d'une grande fidélité, cela pouvait éveiller des soupçons. Surtout que la Farnèse s'obstinait de garder le secret. Donner un nom ne serait pas bien difficile, il y avait peut être bien un autre prince dans la liste de ses galants, ou elle pourrait en désigner un par hasard. Mais malgré tout son aplomb, Sofia avait toujours cette petite peur des épouses, la duchesse de Bar était sans doute sa plus grande crainte à Versailles et elle ne voulait pas qu'une autre épouse s'oppose à elle, imaginez si elles s'alliaient ! Surtout qu'elles seront toutes les deux à Nancy, une bonne raison de plus pour ne pas s'y rendre, tiens !

En parlant de Nancy, l'italienne tenta d'orienter la conversation sur le prochain départ du couple princier en direction du duché de Lorraine. Cela était un sujet neutre, tout le monde pouvait donner son avis sur cette ville puisque Sofia y aurait son frère. Elle précisa au passage qu'elle ne s'y rendrait pas, ses fonctions à la Cour ne se quittent pas du jour au lendemain par envie. C'est comme si un homme de guerre quittait la bataille pour partir en voyage, c'était totalement absurde. Sofia tenta de regagner un peu de sa superbe, de regagner un peu de confiance et fit un petit charmant à Gisela qui ne semblait pas vouloir abandonner en si bon chemin.

« Il est vrai, mademoiselle, que nous allons bientôt partir. C'est bien regrettable d'ailleurs : moi qui aimais tellement Versailles, me voilà obligée de le quitter. Ces jardins me manqueront le temps que durera le conflit, mais j'ose espérer y revenir m'y promener très bientôt. Et dire que vous me laisseriez partir sans me révéler le nom de votre amant ! Vous me peinez. »

Craignez la colère de la colombe ! Cette blonde à l'allure d'un ange mais peut se révéler diabolique lorsqu'elle s'accroche à un objectif. A cette dernière phrase, Sofia ouvrit de grands yeux surpris par tant de franchise. Il n'y avait plus de doute que Gisela se doutait bien de quelque chose et cela devenait plus qu'évident. Mais elle n'allait pas balancer le nom de son mari en pleine figure de la sorte, ce serait déplacé ! Ou alors cela donnerait une bonne leçon à cette épouse trop curieuse. Elle n'avait qu'à faire comme la plupart des épouses aux maris volages : fermer les yeux et laisser faire, puisque ces hommes là reviennent toujours vers leurs femmes, surtout quand elles leur ont donnés un fils.

« Madame … mademoiselle Farnese n'est pas très à l'aise avec ce sujet.
Tiens donc ? Mais pourquoi cela ? Vous nous cachez bien des choses, mademoiselle. Laissez-moi deviner : il est marié ? Il a une famille qui ne vit pas très loin ? Une épouse aimante et un adorable petit garçon ? Je vous taquine ! Tout cela n'est que suppositions.  »


Le marquis l'avait sauvée l'espace de quelques secondes, mais la nouvelle attaque de Gisela eut presque l'effet d'une gifle. A cet instant précis, Sofia avait cette impression d'être une hérétique, d'être en une protestante au cœur de Londres avec Mary Tudor et les catholiques à ses trousses. Même si ce n'était qu'une "blague", cela n'y ressemblait guère.

« Vous avez beaucoup d'imagination, reprit Sofia avec un sourire forcé.
Et si, par malheur, il ne restait pas ? Je ne sais pas … peut-être est-il aussi impliqué dans cette guerre que nos familles le sont, et qu'il s'apprête à prendre la route pour … Nancy … par exemple.  Qu'en dîtes-vous ? »

Elle la cherchait vraiment ! Sofia voulait bien faire profil bas, se montrer discrète et ne pas faire exploser les ménages, mais il ne fallait pas non plus la pousser à bout de la sorte. L'italienne avait tout de même sa fierté et si Gisela voulait entendre en public que son mari courait après d'autres femmes, elle le lui dirait, un point c'est tout. Surtout que le marquis à leurs côtés semblait attendre un peu dénouement, autant donner un peu de spectacle. Sofia prit un petit air désolé et hausser doucement des épaules.

« En effet, il part pour Nancy. La guerre nous prive des hommes, Versailles va bientôt devenir une salle d'attente pour femmes éplorées, attendant des nouvelles de leurs maris, pères, frères, fiancés, amants, que sais-je ! Je prierais pour mon frère, les autres ont suffisamment de femmes pieuses pour les garder en vie. »

Elle avait parlé doucement, elle restait malgré tout gênée par ce qu'elle allait faire. Jamais elle ne voudrait qu'on lui fasse cela, du moins si sa mère la mariait à un homme plaisant, pas comme cette lubie de lui faire épouser ce vieux prince de Chimay ; lui pourrait avoir un harem, tant qu'il ne touche pas la princesse italienne ! Mais parfois, il fallait laisser tomber ses principes pour se protéger, sauver un peu la mise et ne pas se laisser faire. Gisela avait voulu se frotter à une Médicis-Farnèse, c'était un peu de sa faute aussi. Elle caressa aussi son bracelet et pria mentalement qu'on ne l'y reprendrait plus.

« Les protestants prient-ils comme les catholiques ? J'avoue ne pas avoir vraiment de connaissance de votre religion. Mais si vous le voulez, je prierais aussi pour votre époux. Il serait dommage qu'un prince aussi élégant que séduisant,  et avec du bon goût ne peut pas quitter notre monde sur un champ de bataille. » Lâcha t'elle avec un petit sourire carnassier

N'avait elle pas dit un peu plus tôt que son galant avait bon goût et qu'il était prince ? Gisela n'avait-elle pas supposé qu'il était élégant et séduisant ? Quiconque aurait écouté la conversation depuis le début n'avait plus qu'à reconstituer le puzzle et bien comprendre que le prince du Danemark était bel et bien le galant de mademoiselle Farnèse. Bien que dit subtilement, il fallait être idiot pour ne pas comprendre. Même le marquis avait compris, ouvrit de grands yeux face à cette audacieuse révélation, puis espérait avoir face à lui une dispute digne de ce nom, bien qu'il recula légèrement, sait-on jamais s'il recevait une baffe perdue. Puis elle reprit :

« Je ne sais ce qu'adviendra de mon galant, mais vous savez, j'aime bien la vie et un peu trop les beaux garçons, moi j'ai un coeur qui se multiplie et ça me fait des drôles d'addiction. Je penserais à lui, prierais aussi pour lui. Qui sait, la reine me laissera peut être finalement me rendre à Nancy … »

Vraiment, elle n'était pas fière d'enfoncer le clou de la sorte mais cela aurait sans doute l'effet que Gisela lui lâcha la grappe !


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