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 Smile, smile, to turn the world around. [PV. Mathilda]

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MessageSujet: Smile, smile, to turn the world around. [PV. Mathilda]   Smile, smile, to turn the world around. [PV. Mathilda] Icon_minitime29.09.12 19:14

On dit souvent que le sourire de la femme, surtout celui d'une jeune femme encore pucelle et enfantine, est l'un des grands bienfaits donnés par Dieu dans ce monde, comme un signe d'espoir, qu'il y a encore quelque chose de bien malgré dans la créature qui eut la faiblesse de croquer dans la fatale pomme après avoir été tentée par le Serpent de l'Éden. Chez les personnes du sexe féminin, il semble presque sacrilège que leurs jeunesses, surtout si la sujette en question est jeune et jolie, ait un sourire qui ne soit qu'un rictus.

C'était le cas avec une certaine jeune femme du nom d'Enola of Dorset. Malgré la neige immaculée fondant sous l'étreinte brûlante du soleil, malgré l'Orangerie qui, malgré les froideurs de l'hiver, conservait un certain charme, rien ne semblait émanger des yeux, des traits, des gestes nerveux de la jeune Anglaise. La seule couleur visible sur les joues était le rouge des morsures du froid. Sauf peut-être son éternel sourire moqueur, sarcastique, qui vous ordonnait presque de tourner soixante-dix-sept fois votre langue avant de lui adresser la parole. Les Britanniques avaient toujours été dotés d'un certain sang-froid comparativement à leurs voisins français, au sang latin, donc chaud, provoquant chez eux des impulsions souvent tout à fait inattendues, déplacées selon les Anglais. Mais ces sirs et ces ladies, s'ils étaient plus tempérés que les descendants des Gaulois, possédaient, malgré les apparences, un coeur qui savait battre, et peut-être même ressortir des sentiments plus forts d'autant plus qu'ils étaient enfouis.

Pas Enola. C'était comme cela depuis le jour où sa seule amie, Rosalyn, n'était, en fin de compte, qu'une espionne au service du Stuart en exil, pour mieux s'assurer qu'il n'aurait pas à renverser la bande Cromwell ET la petite peste de Tudor. Et puis, en France, en voulant repartir sur une nouvelle vie, différente de toute sa rude enfance, sa seule vraie amie à Versailles, Christine de Listenois, ne lui avait raconté d'elle qu'un tissu de mensonges. À part elle... Clara de Andalucia, Thibault de Treil, Marianne Pilogue n'étaient que des pions sur son échiquier. Megan Campbell? Une espionne, certainement, qu'elle allait démasquer d'un jour à l'autre, pour mieux la couvrir de honte devant tout ce beau petit monde. Beau programme en perspective. À présent, elle ne se montrerait plus si naïve.

L'amour? Ah, l'amour... En voilà une drôle de passion. Enola savait, auparavant, que c'était un homme qui avait une forte attirance pour une femme. Mais lorsqu'elle avait appris ce qu'ils faisaient "entre eux", cela l'avait dégoûtée au plus haut point. Et de plus, un jour, elle, la future reine d'Angleterre, serait contrainte d'épouser un homme, de dormir avec lui chaque soir jusqu'à la mort, et de perpétuer ainsi la dynastie des Tudors... Mieux valait ne pas y penser.

Mais au fond de toute la misanthropie de la jeune femme, elle était seule. Si seule.

S'arrêtant un moment près d'un bosquet, elle sortit machinalement un mouchoir qu'elle tordit nerveusement, sans trop regarder ce qu'elle faisait. Puis le mouchoir lui tomba des mains. Elle ne daigna même pas le ramasser, le regardant s'envoler d'un air indifférent. Ce n'était rien d'important. Mais le chiffon alla aux pieds d'une inconnue, qui l'attrapa au passage.

Elle était assez migonne, avec son petit air, qui était encore celui d'une petite fille. Sans se presser, la jeune Lady Dorset se dirigea vers elle, son petit sourire à la fois sarcastique et inexpressif aux lèvres. Elle prit doucement le mouchoir de la petite main de la demoiselle.

- Je vous remercie.

Ce serait suffisant. Et Enola se retournerait et continuerait sa promenade solitaire. Ou pas. Peut-être que la moindre des politesses serait de se présenter pour disparaître dans la nature après. Ou qui sait? Peut-être que cette rencontre serait intéressante pour elle.

- Permettez-moi de me présenter. Enola of Dorset. ET à qui ai-je l'honneur de m'adresser?

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MessageSujet: Re: Smile, smile, to turn the world around. [PV. Mathilda]   Smile, smile, to turn the world around. [PV. Mathilda] Icon_minitime09.10.12 22:18

Seule. Elle était seule. Elle se sentait seule. Et elle détestait cette impression. Elle détestait cette vie. Oui, il y avait certains jours où elle, l'optimiste Mathilda, pleine de joie de vivre, n'arborait plus son éternel sourire... Ou du moins, n'en arborait qu'une variante. Une variante aux airs bien mélancoliques et tristes. « Que vous arrive-t-il ? Allez... Encore une bouchée ! … Vous avez si peu mangé, cela ne vous ressemble pas... » Elle avait tout juste touché à son repas. Elle était ainsi depuis la veille. Disons juste... Qu'elle avait fait une bien mauvaise rencontre, et qu'elle avait eu une discussion assez corsée avec sa rencontre d'un soir. Un jeune homme bien effronté. Qui s'était aventuré sur un terrain houleux, et assez sensible : la mère de la jeune germanique. Mathilda aimait se promener dans les bois, à dos de cheval, ou encore dans les jardins de Versailles... Elle n'y pouvait rien, elle adorait cela. Oui, si la solitude lui pesait par moments, elle ne pouvait tout de même pas s'en passer. Enfin, rien d'étonnant lorsqu'on y regarde de plus près. Les choses les plus délicieuses ont toutes un début et une fin. Et elles sont d'autant plus délicieuses lorsqu'elles sont courtes, et rares. Bref. Traînant les froufrous de sa robe, elle était sortie à une heure où Versailles se transformait en la demeure de la belle aux bois dormants. Et de son peuple. En somme, pas âme qui vive encore les yeux ouverts. Du moins, c'est ce qu'elle pensait au départ, avant de se cogner contre un inconnu, de plein fouet.

Les choses auraient pu s'arrêter là s'il ne s'était pas montré très audacieux. Trop audacieux. Elle l'avait sèchement repoussé, ne pensant pas qu'il donnerait suite à cette affaire... Sauf qu'il répliqua en lui débitant qu'elle était la fille de sa mère, et que de toute manière, s'il ne réussissait pas à l'avoir aujourd'hui, il l'aurait un autre jour. Comme bien des hommes de Versailles. Bagatelles ! Elle était encore pucelle, elle n'était pas passé dans le moindre lit, elle avait toujours repoussé toutes les avances. Il l'accusait ainsi, sans preuves, en ayant pour seule certitude que si elle ressemblait physiquement à sa mère, c'est que ce devait aussi être le cas psychologiquement. Et pourtant, non. Elle en était très différente. Et puis sa mère, sa mère... Elle ne le supportait plus qu'on salisse la mémoire de sa défunte génitrice de la sorte. Elle avait agi ainsi à cause de son père, qui avait refusé de s'occuper de la gamine qu'elle était. Elle avait agi ainsi parce que sa famille l'avait abandonné en apprenant qu'on l'avait engrossé. Elle avait agi ainsi dans le but d'offrir une éducation digne de ce nom à sa fille, et de lui éviter un destin aussi tragique que le sien. Elle voulait qu'on l'instruise, qu'on la pare des plus beaux vêtements, et qu'on en fasse la petite fille la plus heureuse de la Terre. Les gens pensent-ils que le fait de se donner ainsi à des hommes tous plus dégoûtants les uns que les autres lui plaisait ? Elle le faisait parce qu'elle en avait besoin. Les gens qui n'ont pas connu la pauvreté, la solitude, l'abandon, ne peuvent pas comprendre. Et n'ont pas le droit de juger. Mathilda ne le supportait plus, qu'on juge sa pauvre mère. Elle avait agi d'une certaine manière parce qu'elle avait eu certaines raisons. Un point c'est tout.

« Je vais sortir. » avait-elle fini par lancer, laissant la dame à son service derrière elle, un air inquiet sur le visage. Elle avait eu à s'occuper d'elle depuis sa plus tendre enfance. On la croirait être une mère de substitution par moments. Et elle avait tendance à s'inquiéter pour la jeune femme, sachant très bien que les nobles hautains et sans scrupules de Versailles ne la ménageaient pas. Les hommes parce qu'elle se refusait à eux, et les demoiselles parce qu'elle était bien plus jolies qu'elles. Un mélange de jalousie, d'envie... Qui ne pouvait être source que de souffrance et de malheur. Vêtue d'une robe aux tons beiges, couvrant guère ses épaules, elle s'était mise à avancer, son but ni destination précise. Avancer. Marcher. Pour se changer les idées. Peu importait où elle finirait, ou qui il rencontrerait.

C'est ainsi qu'elle finit par arriver à l'Orangerie. L'endroit avait l'air désert. C'était tant mieux. Elle aimait bien l'Orangerie. Elle était généralement très calme, peu fréquentée... Puis il y avait de si belles plantes ! Et la jeune femme aimait les plantes. Elle aimait la nature en générale, alors vous vous doutez bien que se retrouver dans un tel environnement ne pouvait que lui être bénéfique... D'ailleurs, ce fut le cas puisqu'elle retrouva rapidement son sourire. Il ne s'agissait pas d'un de ses sourires éclatants dont elle seule avait le secret, certes... Mais il illuminait tout de même son petit minois. Avançant toujours, les yeux parcourant les plantes une à une, son attention finit par être attirée par... Un tissu. Un tissu blanc, qui était venu se poser à ses pieds. Délicatement, elle se baissa pour le prendre. Tiens donc. Un mouchoir. C'est qu'elle n'était pas seule, alors. Et cette impression finit par se révéler vrai lorsqu'une jeune femme vint vers elle. Elle était brune, et on aurait dit qu'elle portait tous les malheurs du monde sur les épaules. Du moins, à en croire d'après son sourire. Elle paraissait froide au premier abord... Mais allez savoir pourquoi, la jeune femme avait l'impression qu'elle ne devait surtout pas la juger du premier regard. Elle avait, certes, l'air froide mais...

« Permettez-moi de me présenter. Enola of Dorset. Et à qui ai-je l'honneur de m'adresser ? » Elle pensait qu'elle allait partir mais... Non. Elle venait de se retourner. Le sourire de Mathilda s'agrandit alors qu'elle prenait la parole à son tour. « Mathilda. Mathilda de Cologne. Enchantée de faire votre connaissance. … Excusez mon indiscrétion mais … Ne seriez-vous pas anglaise ? »

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MessageSujet: Re: Smile, smile, to turn the world around. [PV. Mathilda]   Smile, smile, to turn the world around. [PV. Mathilda] Icon_minitime29.10.12 1:28

- Mathilda. Mathilda de Cologne. Enchantée de faire votre connaissance. … Excusez mon indiscrétion mais … Ne seriez-vous pas anglaise?

Enola tenta de sourire franchement à son interlocutrice. Il y avait quelque chose en elle qui lui inspirait confiance, sans trop savoir pourquoi. C’était un élément enfantin, pur, qui inspirait confiance. Mais Enola, malgré les commandements impérieux qu’elle faisait à ses lèvres, celles-ci refusaient de se tirer en ce qu’on pourrait appeler un joli sourire franc. Il est vrai que ces sirs et ces ladies anglais n’avaient jamais été très expressifs, mais de là à oublier de faire un vrai bon sourire! En était-elle rendue là ? Au point d’avoir été tellement enfermée dans sa bulle qu’elle en avait oublié d’être, non pas Enola 1ère, véritable et légitime Reine d’Angleterre, une figure abstraite, qui, justement, ne devait pas trahir ses émotions, sous peine d’être écrasée par des plus puissants qu’elle. Car la loi du plus fort, même si l’on n’était plus en des temps barbares, était encore en vigueur. Oui, car malgré le raffinement extrême de Versailles, la préciosité, les jardins à la française très policés, les vieilles lois subsistaient toujours. Si Enola osait montrer ne serait-ce qu’un soupçon de faiblesse, il y avait toujours quelque vautour prêt à dévorer sa misérable carcasse. La Cromwell par exemple. En prétendant l’aider, agir comme une sorte de premier ministre, elle voulait simplement profiter de sa vulnérabilité pour mieux l’écraser. Et refaire comme l’avait fait papa Oliver. Mais oui. Pas si bête.

Mais maintenant… Elle n’avait pas du tout envie de jouer les dames de glace.

On dit parfois que chaque jeune fille est une rose qui n’attend qu’à s’épanouir. S’épanouir au contact de l’amitié, et parfois de l’amour. Et notre fleur anglaise s’était légèrement ouverte avec Rosalyn, puis, plus tard, avec Christine, pour se refermer bientôt, blessée par les trahisons. Et à présent, la rose en elle semblait à présent se battre.

« Je veux être une humaine à part entière. Pas un objet sans âme, sans rien. »

Elle réussit enfin à sourire. Il paraissait pour le moins franc, mais il semblait un peu rouillé, étant donné qu’il avait été mis de côté depuis trop longtemps.

- Si.

Une réponse toute simple, pour une question bête comme tout. Mais la manière d’y répondre changeait tout. On pouvait avoir l’air ennuyé, fâché, ou passif, comme si l’on voulait mettre fin à une conversation gênante ou inintéressante. Ou encore, si l’on a l’air joyeux, cela prouve que l’on veut faire plus ample connaissance avec la personne en question. Ce que voulait Enola, au fond, sans s’en rendre compte, c’était d’être comme les autres jeunes filles de sa tranche d’âge, celle des années d’insouciance entre 16 et 25 ans, celles des années fêtardes, ce que vivait toute demoiselle ordinaire de Versailles. Enola n’était pas ordinaire, mais alors pas du tout, mais comme elle aurait aimé briser sa solitude qu’elle vivait depuis sa plus tendre enfance, pour connaître la joie, tout simplement ! Pour pouvoir s’amuser, rire comme les autres ! Elle avait envie d’envoyer paître tous les discours de son grand-père sur la méfiance, la ruse ! Mais la solitude, à moins de pécher par concubinage, comme le Roi de France et cette demoiselle of Leeds, était la conséquence de la royauté.

« Pourquoi moi ? »

C’était vrai. Chaque être humain a besoin d’amour, d’affection, de la part d’un être comme lui. « Les cordonniers sont les plus mal chaussés », dit le proverbe. Malgré la gloire, l’admiration dont un roi (ou une reine !) peut être entouré(e) il lui manquera toujours l’amour. Qu’il ou elle ait un trône ou non. Et aujourd’hui, Enola s’accordait une dernière chance. Si encore une fois, ça ne fonctionnait pas, eh bien ! C’était le signe qu’elle devait faire son chemin seule. Mais elle s’accrochait à cet espoir comme à une planche de salut, luttant sur un autre échelle contre le froid de l’hiver qui la mordait jusqu’au sang.

- Excusez-moi, mais il me semble ne vous avoir jamais vue ici auparavant… Il est vrai que Versailles est grand, mais il vient un temps où l’on connaît tout le monde sans la connaître! Mathilda… de Cologne, dites-vous ? Vous venez donc du Saint-Empire germanique, je suppose. Est-ce un beau pays? Je dois dire que je n’ai vu du monde que très peu de l’Angleterre et Versailles!

Ce n’était pas génial, comme début de conversation, mais c’était mieux que rien du tout. Peut-être même était-ce le début d’une nouvelle étape pour Enola. Qui sait…

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MessageSujet: Re: Smile, smile, to turn the world around. [PV. Mathilda]   Smile, smile, to turn the world around. [PV. Mathilda] Icon_minitime09.01.13 13:55

Mathilda aimait s'amuser. Mathilda adorait s'amuser. Et Mathilda s'amusait. Aux dépens de son père, de ses domestiques, de ceux chargés de son éducation. Elle s'amusait. Elle était jeune. Elle ne serait pas éternellement jeune. Et elle se devait de profiter de la vie. Monter à cheval, se promener dans les sentiers perdus, le soir, à l'abri des regards, telle une amazone... La jeune femme était particulièrement attachée à son étalon. Lorsqu'on le lui avait offert, il était tout juste plus grand que Mathilda. Noir, il était tout noir, sans la moindre tâche blanche. Un cadeau de son père. L'un de ses tous premiers cadeaux lorsqu'elle avait du laisser sa mère pour débuter sa nouvelle vie chez la famille De La Bavière. Son père le lui avait offert pour qu'elle arrête de harceler chaque cavalier qui passait près d'elle pour l'accompagner. Car oui, la petite Mathilda, discrète aux premiers abords, enfant angélique... Etait en réalité la gamine type qui ne voulait rien rater. Rien. Tout savoir. Tout faire. Ses cousins n'avaient d'autres choix que de l'emmener avec eux à chacune de leurs promenades au risque de subir une grande crise de la part de la petite qu'elle était. Elle en avait passé du temps, à chevaucher des chevaux accompagnés de ses chers cousins, et de son petit étalon qui un jour allait devenir grand. Son père lui interdisait de le monter car il était encore trop jeune. Aussi « jeune » qu'elle, qu'il lui disait. Et pour qu'il soit grand, et fort... Pour qu'il soit « digne » de la porter sur son dos dans le futur, elle devait le laisser grandir et s'en occuper. Toutes ces précautions avaient été prises pour que sa croissance ne soit pas altéré par un quelconque détail extérieur. Et par la suite, lorsqu'il fut en âge, lorsqu'il fut suffisamment fort, Mathilda put enfin le monter. Beau. Il était beau. Et si face à son père, elle s'attelait à avoir une position élégante... Aussitôt qu'il s'absentait, elle le chevauchait à la manière d'une amazone et partait au galop, suivi de ses cousins ou devancée par eux. Ses cousins lui manquaient. Car si elle avait pu faire parvenir son cheval à Versailles, il n'en était pas de même pour sa famille. Elle avait passé une grande partie de son enfance en leur compagnie. Tout ce qu'elle avait appris, elle l'avait appris d'eux. Peut-être aurait-elle été plus introvertie si elle n'avait pas vécu en leur compagnie ? Peut-être aurait-elle été plus coquette, plus superficielle ? Son éducation avait beau être tout ce qu'il y a de plus féminin, sa tante avait beau l'avoir habillée comme une petite princesse... L'influence de ses cousins pouvait clairement se faire ressentir, surtout au niveau de son caractère. Tête brûlée, têtue, aventurière... Et en surface, calme et studieuse, sage... Comme on le dit si bien : méfiez-vous de l'eau qui dort. Mathilda était une eau qui dormait en journée, et en surface... Et qui le soir, ou à l’abri des regards, n'hésitait pas à se déchaîner et à provoquer de nombreux ras-de-marées.

Si chez Mathilda l'absence de sa mère avait toujours été un « frein » à son bonheur... Elle se savait tout de même assez chanceuse. Chanceuse d'avoir eu une mère qui l'a aimée jusqu'à son dernier souffle. D'avoir un père qui, certes, pensait beaucoup à son image... Mais qui semblait aussi par moments se soucier de son bonheur, quoiqu'elle n'en était pas toujours si sûr... D'avoir eu une tante qui avait tant bien que mal tenté de combler le manque laissé par sa génitrice... Et d'avoir eu des compagnons de jeu irremplaçables, ainsi que des amis incroyables. Sûrement qu'elle plaindrait Elona si elle venait à connaître son histoire. Et sûrement aussi... Que Mathilda lui inspirait confiance parce qu'elle était bien différente des personnes qu'elle avait du rencontrer au cours de sa vie. Mathilda n'en avait pas après son trône. Mathilda n'aimait pas le pouvoir de toute manière. Le pouvoir est source de conflit, de malheur et de solitude, qu'elle dit si bien. Et Mathilda n'aime rien de tout cela. Les complots ? Très peu pour elle aussi. Elle tient à sa tête, elle tient à sa vie, elle ne veut rien entreprendre par rapport à toutes ces histoires. Et puis... Mathilda n'est pas fourbe. Mathilda est simple. Soyez gentil avec elle, et elle vous le rendra bien. Dans le cas contraire... Eh bien, méfiez-vous tout de même. Gentil ne veut pas dire sotte.

Et pour le moment, Mathilda trouvait Elona d'une grande gentillesse. Elle la trouvait touchante. Elle ne la trouvait pas froide. Elle avait comme l'impression... Qu'elle souhaitait sourire, et qu'elle n'y parvenait pas. Chose plutôt triste à ses yeux, elle qui sourit constamment, et qui considère un sourire comme le plus beau des présents, et la plus efficace des armes. Curieuse, la jeune femme engagea rapidement la conversation avec elle. Elle lui demanda si elle était anglaise... Et elle répondit par l'affirmative. Alors, les grands yeux bleus de Mathilda s'ouvrirent de plus belle. L'Angleterre ! Oh, ce pays lui semblait si beau, si beau ! Elle aurait tellement voulu le visiter ! Mais il lui semblait si loin. « Excusez-moi, mais il me semble ne vous avoir jamais vue ici auparavant... Il est vrai que Versailles est grand, mais il vient un temps où l'on connaît tout le monde sans le connaître ! Mathilda... De Cologne, dîtes-vous ? Vous venez donc du Saint-Empire germanique, je suppose. Est-ce un beau pays ? Je dois dire que je n'ai vu du monde que très peu de l'Angleterre et Versailles ! » Le Saint-Empire romain germanique... Oui, c'est un beau pays. Mathilda le crierait à qui voulait bien l'entendre. C'était un beau pays. Elle adorait son pays. Et ses écrivains. Et ses savants. Elle les avait tous rencontrés, par le biais de son père. Il souhaitait la meilleure éducation pour sa fille... Et il la mettait en concurrence avec ses autres cousins ou cousines... Elle devait être meilleur, en tout, et pour cela, il avait usé de toutes ses relations pour qu'elle puise s'instruire de la meilleure manière qui soit. D'ailleurs, l'une de ses relations, un anglais, devant lequel elle ne pouvait s'empêcher de rire dès qu'il se mettait à parler allemand... Eh bien, c'était lui qui lui avait conté tant d'histoires sur l'Angleterre, et qui avait attisé sa curiosité envers cette contrée qui lui paraissait si lointaine. « Je ne suis à Versailles que depuis quelques mois... Cela explique sûrement le fait que nous nous soyons pas croisés plus tôt. Mais, ne vaut-il pas mieux tard que jamais ? » lui dit-elle en souriant avant de hocher la tête. « C'est bien cela, je viens du Saint-Empire germanique... Et, c'est un beau pays ! Si l'envie de le visiter vous vient un jour, je serai ravie de vous accueillir ! Et puis, ma tante aime tellement les invités ! Surtout une jeune anglaise, elle serait aux anges ! Moi-même je le suis. Une connaissance de mon père, un lord anglais, m'a racontée de si belles histoires sur votre pays ! … Est-ce vrai qu'il y a de cela quelques années, les gens se saluaient... En s'embrassant sur la bouche ? » qu'elle dit d'un air espiègle en riant un peu, à la manière d'une jeune fille. Eh bien... C'est qu'au Saint-Empire germanique, on ne se saluait pas de cette manière. Et gare à elle si son père venait à la surprendre à saluer une personne de cette manière, d'ailleurs.
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