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 Catacombes ou l'enlèvement d'Elodie vers les enfers

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a servi il y a des années avant de complètement le ferme. Mais la revoir me fait redevenir ... humain ?
Côté Lit: Sans courir après les dames, il se porte à merveille !
Discours royal:



    B E L Z E B U T H
    l'associé du diable


Âge : 29 ans
Titre : Comte de Gan
Missives : 524
Date d'inscription : 11/05/2011


MessageSujet: Catacombes ou l'enlèvement d'Elodie vers les enfers   24.09.12 16:11


« La prison est, non pas un purgatoire, mais un enfer. »

Au diable du Perche ! Et au diable la Main de l'Ombre ! Si on ne savait pas reconnaître ses qualités, Cédric ferait avancer ses propres plans, là où personne ne serait là pour le juger, l'enguirlander et le traiter d'incompétent. Et ses plans convergeaient tous sur un seul homme : Philippe d'Artagnan. Puisque le tueur avait le temps de s'en occuper, il allait se concentrer entièrement sur le gascon pour lui mener une vie d'enfer. Tout était permis pour que ce satané duc s'écarte de son chemin ! Et puisqu'il ne pouvait le tuer, cela entraînerait des conséquences trop importantes et Portau ne voulait pas d'enquête sur son dos, Philippe allait devoir subir les idées les plus diaboliques de son ennemi. Et il avait de la ressource le gaillard. Ne pouvant l'attaquer physiquement, Cédric userait d'une méthode plus vile mais qui faisait ses preuves : l'usure psychologique. En d'autres termes, rendre Philippe peu crédible aux yeux des autres qui le croiront fou et lui retirer le duché de Gascogne. Une fois qu'il serait à l'Hôtel Dieu, démuni et éloigné de tous, Cédric pourrait achever ce misérable. Le duché devait lui revenir, c'était son plan. C'était horrible, tordu, machiavélique … à l'image de celui qui l'avait imaginé en somme.

Et ce soir, il allait frapper un grand coup et faire vivre au jeune homme la peur de sa vie. Le plan était simple : enlever Philippe, l'enfermer dans les sous-sols de Paris, le traumatiser quelques jours et le relâcher au milieu de nul part pour qu'il essaye de retrouver son chemin. Personne ne le croirait car, qui irait enlever le duc de Gascogne ? Philippe était un garçon bien, il ne faisait aucune vague, un côté prince charmant et plus intellectuel que bagarreur. Non personne ne comprendrait et il suffirait de semer des preuves qu'il traînait on ne sait où. Puis Cédric avait assez de ressources pour commencer à retourner les cerveaux de l'entourage de Philippe, et le sien par la même occasion. Déjà, tout était prêt pour ce soir, Portau connaissait certaines entrées des sous-sols de Paris et avaient repéré d'anciens cachots à l'abandon depuis des lustres, à tel point que l'un d'entre eux contenait encore un squelette. Il avait réussi à monnayer les clés à un badaud, tout simplement en lui fracassant le crâne et récupérant le trousseau, avant de balancer le cadavre avec l'autre squelette. Il avait local, il ne manquait que l'équipe. Celle-ci fut simple : Ulrich de Sola, son fidèle complice, serait là pour surveiller le prisonnier quand Cédric ne serait pas dans le coin, et Nicolas de Ruzé, nouvel associé dans le crime, serait avec lui pour enlever d'Artagnan et le malmener un petit peu.

D'ailleurs, c'était le jour J. Ruzé et Portau avaient fait tout un détour pour pénétrer dans le domaine des d'Artagnan par l'arrière, vêtus de noir, les visages camouflés et armes au poing. Ils entrèrent par une fenêtre ouverte, le plus discrètement possible. Dans une pièce se trouvait Barnabé, assis près du lit de l'enfant bâtard de Philippe. Il fut assommé et placé sur la chaise de sorte à qu'il ne tombe pas pour alerter personne. Cédric jeta un coup d’œil à l'enfant s'agitant dans son lit, il haïssait cet enfant qui lui barrait la route.

Après ton père, ce sera toi. murmura Portau entre ses dents.

Puis les deux hommes fouillèrent la maison mais aucune trace de Philippe, ce dernier avait du s'absenter, ce qu'il ne faisait plus ces derniers jours, c'était rageant ! Alors que Ruzé descendait les escaliers, un cheval se fit entendre dans la cour puis des bruits de pas en direction de la porte. Les deux restèrent tapis dans l'ombre lorsque la porte s'ouvrit et que la personne fit quelques pas à l'intérieur … mais ce n'était pas Philippe. Dans le miroir, Cédric reconnut très clairement Elodie, celle qui avait eu la malchance de s'enticher de l'ennemi.

Les deux hommes se regardèrent : fallait-il y aller ou non ? Après une courte réflexion dans l'esprit malsain de Cédric, celui-ci hocha de la tête positivement. Ce n'était pas si stupide, si Philippe apprenait que sa chère et tendre avait été enlevé, cela le rendra encore plus fou, il partira à sa recherche, il suffira à Portau de semer des indices foireux pour le mettre sur de mauvaises pistes ! Alors, sans plus attendre, les deux hommes sortirent de leurs cachettes de fortune pour attaquer. Deux hommes, dont un mousquetaire et un ancien d'eux, elle ne faisait pas le poids, bien qu'elle maniait l'épée, Cédric l'avait vu donner des cours à Philippe. Mais de là à penser qu'elle savait aussi bien se battre qu'un mousquetaire …

En effet, Élodie se battait bien, trop bien pour une femme, elle avait de la ressource et usait de tout ce qu'il y avait autour d'elle pour écarter ses assaillants. Les hommes aux visages masqués n'allaient tout de même pas se laisser battre par une fille, non cela serait humiliant ! Alors attaquer encore et encore, quitte à se blesser un petit peu, tant pis, cela était bien peu par rapport à ce que cela rapporterait sur le long terme. Portau n'avait rien perdu de sa superbe au combat, il restait toujours aussi vaillant et, rajouté à de viles techniques de tueurs, il était difficile à battre mais il lui était facile de déstabiliser ses adversaires ! Voilà pourquoi, grâce aussi à la ténacité de Ruzé, Cédric réussit à désarmer la jeune femme et à lui saisir les poignées. Après un combat acharné, Élodie était enfin prisonnière, bien qu'elle se débattait encore.

Sans ton arme, tu fais moins la fière ! Allez, en route.

De force, il la fit sortir de la maison, aidé par Ruzé pour l'emmener un peu plus loin, dans un carrosse anonyme pour faire le voyage jusqu'à Paris. La fête pouvait commencer.

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« Tuer. Créer une vacance sans nommer un successeur. »

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MessageSujet: Re: Catacombes ou l'enlèvement d'Elodie vers les enfers   01.10.12 10:00

Allongée sur son lit de camp, jambes croisées et mains sous la nuque, Elodie somnolait. Ses yeux clos, et son visage serein malgré un sommeil tout à fait relatif témoignaient assez bien de l’intensité de l’entraînement qui s’était achevé une heure plus tôt. La guerre approchait, et après avoir réussi à se débarrasser des remontrances de son frère, puis à convaincre Philippe de ne pas (trop) s’en faire, la demoiselle s’était mis en tête d’être parfaitement préparée aux combats à venir. Aussi avait-elle redoublé d’efforts, quitte à s’épuiser. Elle avait usé plusieurs de ses camarades aujourd’hui, et n’avait accepté d’abandonner ses armes que lorsque le soleil avait commencé à décliner, imitant en cela quelques autres mousquetaires qui tenaient, eux aussi, à se tirer des batailles à venir. Le risque d’une blessure - ou pire -, tous le couraient ici. Mais Elodie était sans doute la seule à ne pas considérer une simple plaie, bénigne ou non, comme un moindre mal. Une intervention médicale, et c’en était fait de son secret. Et elle redoutait bien moins l’issue fatale que connaissaient beaucoup dans les batailles que ce qui l’attendait si par malheur elle était découverte. Alors elle s’entraînait, encore et encore, travaillant sur la défense plutôt que l’attaque, et ce jusqu’à ce que la fatigue ne vienne à bout de son obstination.

Aussi se serait-elle sans doute laissée aller totalement au sommeil si son esprit n’avait été occupé par quelques plus ou moins sombres pensées. Les menaces de Portau, bien que Philippe lui eut demandé de ne pas s’en mêler, lui tournaient sans cesse dans la tête. Maintenant que le duc savait sur elle tout ce qu’il y avait à savoir, elle n’avait d’autre sujet d’inquiétude que celui-ci et sa conscience alarmée semblait prendre un malin plaisir à le lui rappeler. Rien ne s’était encore produit, mais quelque chose la poussait à ne pas laisser sa méfiance s’endormir. Il lui était même arrivé de guetter Portau, mais le comte de Gan semblait n’avoir pas remis les pieds à la caserne depuis leur dernière rencontre. Se pouvait-il que les menaces entendues ne fussent que vaines paroles et qu’il ne tentât finalement rien ? Peut-être. Mais la prudence est mère de sûreté ; et les évènements ne tarderaient plus à prouver à Elodie qu’elle avait plus que raison de ne pas renoncer à ses soupçons.

Quelques éclats de voix la tirèrent de sa langueur. D’un regard, elle salua son compagnon de chambre qui ne fit guère que déposer les pièces les plus encombrantes de son uniforme avant de ressortir. Le faux jeune homme ferma les yeux à nouveau, mais de nouveaux bruits de pas achevèrent de l’éveiller. Un soupir lui échappa et lentement, elle se redressa. Sa journée était terminée, et aucune garde ne l’attendait avant le lendemain. Elle n’avait même pas promis une quelconque sortie à ses camarades, et cette soudaine liberté lui tira soudain un sourire en coin. Philippe ne l’attendait pas, mais elle pourrait toujours passer la soirée en sa compagnie. De toute façon, elle avait envie de prendre l’air, et gagnerait dans le pire des cas une petite promenade.

Gagnée par un nouvel élan d’énergie, elle se leva. Après s’être assurée que personne ne traînait aux alentours, elle verrouilla la porte le temps de faire une rapide toilette, avant d’enfiler quelques habits de civil. Elle songea d’abord à se rendre directement au manoir d’Artagnan, puisqu’elle n’avait plus rien à cacher à Philippe, mais préfère finalement ne pas remuer le couteau dans la plaie et faire un crochet par la Couronne de blé pour retrouver une allure plus féminine. Adieu Eric, une fois de plus, elle redevenait Elodie, et aux yeux de tous.
Pressée d’en finir, ce détour par Versailles lui coûta néanmoins une vingtaine de minutes, aussi ne s’y attarda-t-elle pas, passant une simple robe bleue nuit qu’elle avait ramené de son dernier passage sur les terres familiales. Une heure après avoir quitté la caserne, elle se lançait à nouveau sur les routes.

Le jour n’était pas encore totalement couché lorsqu’elle atteignit les grilles du manoir. A la vue de la silencieuse bâtisse, un sourire lui échappa et, piquant des deux, elle poussa son bel Hamlet jusque dans la cour avant de mettre pied à terre. Barnabé n’étant pas dans les environs, Elodie attacha sommairement sa monture non loin de la porte, puis pénétra dans l’imposant manoir.
« Philippe ? lança-t-elle à la cantonade en parcourant les premières pièces. Philippe ? Barnabé ? Il y a quelqu’un ? »
Elle n’obtint pas de réponse, sinon un silence qui lui sembla bien pesant pour cette maison d’ordinaire plus habitée qu’elle ne le semblait ce soir. Une moue contrariée tordant ses lèvres, elle jeta un regard dans la cuisine, vide, laissa de côté la grande salle à manger inutilisée puis revint au salon dans lequel brûlait un feu peu vaillant.
Se pouvait-il qu’ils se soient tous absentés ? Déçue, la demoiselle jeta néanmoins un regard vers les escaliers. Barnabé ne devait pas être loin, mais s’il était dehors, sans doute ne l’avait-il pas entendue. Quant à Philippe, elle le savait capable de s’être endormis auprès d’Arthur. Elle esquissa un sourire amusé, puis se dirigea vers les marches qu’elle grimpa quatre à quatre. Là encore, il n’y eut que le silence pour l’accueillir. Mais un silence un bien traître...

Elodie n’eut guère le temps de faire plus de deux mètres dans le couloir qui menait à la chambre d’Arthur avant que ne surgissent de nulle part deux silhouettes. La jeune femme, qui ne s’y attendait pas le moins du monde, fit un bond en arrière et ne put réprimer un cri de surprise.
« Qui est là ? interrogea-t-elle par réflexe. »
Elle songea d’abord à deux voleurs, raison pour laquelle elle s’approcha d’un pas, mais les voyant armés et menaçant, fut prise d’un drôle de doute. Se pourrait-il que... ?
La demoiselle n’eut pas le temps de se poser plus de question. Les deux hommes bondirent sur elle, et elle ne dut qu’à ses réflexes de combattante d’échapper à ce premier assaut. Elle évita le second de façon tout aussi aléatoire, et là seulement, put être certaine qu’il ne s’agissait pas seulement de bandits en mal de butin, individus qui se seraient servi de ses hésitations pour fuir plutôt que pour l’attaquer à nouveau.
« Qui êtes-vous ? Sortez d’ici ! ordonna-t-elle en reculant d’un pas, sans obtenir plus de succès qu’à sa première question. »
Et comme l’on se jetait à nouveau sur elle, Elodie n’eut plus d’autre choix que de se défendre. Agile, esquiva à nouveau les deux hommes, et dévala les escaliers plus vite encore qu’elle n’était montée, suivie de près. Pourquoi diable n’était-elle pas armée ?! Se maudissant de cette erreur, elle fit en sorte de semer sur le parcours de ses assaillants toutes les embuches possibles : fauteuils, table, chaises... Le tout avec une dextérité qui faisait honneur à ses entraînements.

Un mouvement toutefois la mena face à l’un des deux hommes, et ce de façon bien assez proche pour que ne lui échappe pas ce parfum qu’elle reconnaîtrait entre mille...
« Ruzé ! s'exclama-t-elle. Espèce de... »
La stupeur l’ayant clouée un instant sur place, elle réagit une fois de plus de justesse. D’un geste vif, elle saisit la dague qui se trouvait à la taille du mousquetaire, s’éloigna, et put enfin commencer à se défendre. Elle ignorait ce que Ruzé et son acolyte faisaient là, et ce qu’ils voulaient faire d’elle - la tuer lui semblant à cet instant précis l’option la plus probable - mais redoubla d’ardeur à se battre. Elle parvint à envoyer le mousquetaire trébucher sur une chaise, et à ne se trouver plus face qu’à un seul adversaire. Tous deux n’étaient pas d’inhabiles bretteurs, aussi le duel dura-t-il un court un moment, juste le temps pour Elodie de lancer un coup qui alla déchirer son masque d’un trait vif, au niveau de la joue. S’ils croyaient pouvoir l’avoir sans difficultés, ils venaient d’être cruellement détrompés.

Hélas, même avec toute la technique et l’entraînement du monde, Elodie ne put résister indéfiniment. L’inconnu avait de son côtés quelques bottes trop fourbes pour être anticipées, et les deux hommes avaient de leurs côtés la force, qui fit encore défaut à la demoiselle. Coincée dans un couloir, elle était trop occupée avec Ruzé pour voir le coup venir, et mit même une seconde à réaliser que sa dague lui avait sauté des mains lorsque ce fut choses faites. Sans lui laisser le moindre espoir de résistance, le deuxième homme lui saisit les poignets alors que Ruzé tentait de la ceinturer.
« Lâchez-moi ! rugit-elle en se débattant comme une diablesse. Ruzé ! Laissez-moi !
- Sans ton arme, tu fais moins la fière ! Allez, en route, répliqua l’homme désormais balafré. »
Elle tenta tout ce qu’elle avait encore à sa disposition : coups, dérobades, et même morsures mais rien n’y fit. Au prix de quelques minutes de lutte, ils parvinrent à la traîner jusqu’au carrosse embusqué un peu plus loin, dans laquelle elle fut poussée sans ménagement qui s’ébranla presque aussitôt.
« Si vous pensez que vous allez vous en sortir comme ça, siffla Elodie, vous vous mettez le doigt dans l’oeil. LAISSEZ-MOI SORTIR ! »

Elle fit encore de son mieux pour d’enfuir, bien que la voiture soit en marche. On ne l’enlèverait pas sans qu’elle ait lutté, foi de Froulay ! Toutefois, elle dut bien se rendre à l’évidence, et après avoir giflé son ravisseur exactement à l’endroit où elle l’avait blessé plus tôt, gifle qui fut payée de retour, se rabattit sur les menaces.
« Vous me le paierez cher, croyez-moi ! Où m'emmenez-vous ? QUI ETES-VOUS ? »
Elle avait hurlé à nouveau, dardant sur lui un regard digne de deux éclairs. Elle le dévisagea un instant, comme si elle cherchait à voir derrière le masque. Qui ? Qui pouvait-donc bien pénétrer ainsi chez les d’Artagnan pour finir par l’enlever ? Qui en voulait assez... Cette pensée en enclencha soudain bien d’autre, et tout en se rejetant contre son dossier, elle ouvrit de grands yeux furieux.
« Portau ? Allez ne soyez pas encore plus couard qui vous ne l’êtes, nommez-vous ! Faites-le, ou je vous jure que je vais vous faire regretter de vous êtes attaqué à moi ! J’EXIGE DE SORTIR DE LA ! »
Elodie avait de la voix, et de l’énergie à revendre, elle n’hésiterait pas à le leur prouver.

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MessageSujet: Re: Catacombes ou l'enlèvement d'Elodie vers les enfers   31.10.12 14:18

Qui êtes-vous ? Sortez d’ici !

Pas des plus impressionnants malgré le ton sévère de la jeune femme, cela n'allait pas faire reculer Ruzé et encore moins Portau qui arborait même un sourire méprisant sous son masque, prêt à attaquer Élodie. Si elle voulait se mettre en travers de leurs chemins, elle allait le payer, et cher. Après tout, si d'Artagnan n'était pas là mais qu'elle si, pourquoi ne pas l'emmener ? Le but étant de faire peur à Philippe, cela le toucherait davantage. L'idée germait dans la tête de Cédric alors qu'il se battait contre une demoiselle fort douée pour les armes. Elle envoya tout d'abord Ruzé sur une chaise, ne laissant qu'un combat à un contre une où Portau pouvait montrer qu'il n'avait rien perdu de son habileté acquise chez les mousquetaires, il y a presque dix ans. Il faut dire que son métier d'assassin lui permet d'entretenir une certaine habileté et cette vivacité qui le caractérisait. Peut être un peu trop sûr de lui, il en sous-estimait son adversaire qui réussit à le toucher au visage ! La lame avait entaillé sa joue sur une bonne longueur, faisant perler le sang qui s'infiltrait dans le masque. Un instant décontenancé, Portau ne put que maugréer quelques injures bien senties avant de redoubler le combat.

Il avait été mousquetaire, apprenant toutes les parfaites techniques de combats, mais avait été mercenaire et les techniques ne sont pas les mêmes, bien qu'on demande dans les deux cas de la dextérité, un certain jeu de jambes et savoir maîtriser sa lame. Avec ces deux techniques complémentaires, Cédric avait un net avantage sur la jeune femme qui se retrouva désarmée, et Ruzé vint au secours en la ceinturant sans faire dans la délicatesse. Le tout était de l'amener au carrosse caché un peu plus loin sans que celle-ci ne s'échappe, bien qu'elle essaya à plusieurs reprises. Elle fut jetée dans le véhicule sans aucun ménagement, Portau monta avec elle tandis que Ruzé fit office de cocher. Il avait sans doute la meilleure place car le mercenaire était face à une furie, une espèce d'hystérique qui ne cherchait qu'à fuir et le frapper.

Si vous pensez que vous allez vous en sortir comme ça, vous vous mettez le doigt dans l’œil. LAISSEZ-MOI SORTIR !
Mais taisez vous à la fin ! lâcha t'il, agacé.

Elle continua de se débattre et le gifla pile à l'endroit de sa blessure, arrachant un petit cri de douleur à son ravisseur. Pourtant pas du genre douillet, Cédric avait quand même mal quand on appuyait dessus.

Vous me le paierez cher, croyez-moi ! Où m'emmenez-vous ? QUI ETES-VOUS ?

En guise de réponse, il n'eut qu'un rire sadique, comme s'il allait lui donner toutes les réponses sur un plateau en argent. Son silence qui suivit était presque glacial, la fixant de ses yeux bleus. Mais Élodie était une tête brûlée et ne lâchait pas l'affaire, ce qui en devenait lassant, surtout quand elle cherchait l'identité de son second ravisseur.

Portau ? Allez ne soyez pas encore plus couard qui vous ne l’êtes, nommez-vous ! Faites-le, ou je vous jure que je vais vous faire regretter de vous êtes attaqué à moi ! J’EXIGE DE SORTIR DE LA !

Cédric lui asséna une gifle monumentale pour tenter de la calmer. S'il n'avait pas pour habitude de s'en prendre à la gente féminine, Cédric devait bien admettre qu'elle le méritait amplement.

Vous n'avez RIEN à exiger ! Et appelez moi comme vous voulez, votre amant a une assez longue liste d'ennemis pour mettre sur le dos ce que je vais vous faire subir.

Mais rien à faire, Élodie ne cessait de hurler et se débattre. Bien qu'ils soient encore dans la campagne avant de rejoindre Paris, cela faisait désordre si quelqu'un venait à l'entendre. Après une énième crise où la jeune femme paraissait presque possédée tant elle criait à s'en déchirer les cordes vocales, Cédric n'y tint plus : d'un coup sec, il poussa la jeune femme contre la paroi du carrosse avec tant de violence qu'elle se cogna et sombra dans l'inconscience. Il la coucha de sorte à un peu la cacher et enfin soupira. Un peu de tranquillité ne faisait pas de mal et il profita quelques minutes de ce silence dans le véhicule et se laisser un peu bercer par les sabots des chevaux. Puis il passa sa tête au dehors pour interpeller Ruzé et lui indiquer le véritable endroit où se rendre, puisque le mousquetaire n'avait que Paris en destination, un point d'arrivé bien vaste.

Le temps d'arriver à Paris, il faisait nuit et avec le froid ambiant, il n'y avait pas un chat dans les rues. Il est presque beau de voir une capitale endormie de la sorte, à croire que le population vivait réellement au rythme du parcours du soleil. Mais il fallait toujours quelques oiseaux de nuit pour contrebalancer et le carrosse, qui roulait maintenant bien plus doucement, presque au pas pour ne pas paraître trop suspect. Le véhicule tournait dans les rues avec une facilité déconcertante jusqu'à un quartier endormi et une petite grille dans un mur de pierre en retrait, discrète. Pour ouvrir cette porte grillagée, il fallait une clé, que Portau sortit de sa poche avant du descendre et ouvrir la porte. Personne à l'horizon ne semblait les regarder alors il sortit Élodie, toujours assommée et y entra en faisant seulement quelques pas tandis que le mousquetaire partit mettre le véhicule un peu loin et revenir avec une torche enflammée pour éclairer le chemin de la galerie. La grille fut fermée derrière eux et ils avancèrent d'un déterminé dans ces couloirs que le tout-Paris connaissait de nom sans vraiment les avoir empruntés. On appelait ça catacombes, sous-sols de Paris, la Cour des Miracles, mais cela essentiellement un tas de galeries peu reluisantes et d'une obscurité totale. Les deux hommes et Élodie, portée comme un sac sur l'épaule de Portau, avançait encore et toujours, Ruzé éclairant leur route jusqu'au lieu où une autre torche se trouvait ainsi qu'un homme. Juste éclairé par cette lueur, Sola faisait vraiment peur et était véritablement le parfait geôlier dans toute sa splendeur. Élodie fut mise dans un des cachots sur un lit de fortune constituée de paille avec un peu d'eau et de nourriture, tout de même. Ruzé dut repartir à l'entraînement et Portau avait d'autres choses à faire, promettant de revenir au petit matin pour la relève.

Ce qu'il fit, après s'être soigné la joue et trouvé un autre masque, le kidnappeur revint après le lever du soleil, fit son entrée au moment où l'église du coin sonnait huit heures. Sola attendait non loin de la porte pour sortir, et il était temps pour Cédric, avec un nouveau masque, de revenir vers sa prisonnière, cette fois-ci bien réveillée.

Avez vous fait bonne nuit ? Je m'excuse de cet inconfort mais je n'allais pas non plus vous cacher au Louvre ! lança t'il, moqueur.

La torche qu'il posa non loin de la cellule permit de voir Élodie dans sa cellule qui ressemblait à un oiseau en cage. Il y avait des petits plaisirs qui n'avaient pas de prix, comme celui-ci !

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MessageSujet: Re: Catacombes ou l'enlèvement d'Elodie vers les enfers   06.12.12 13:31

Elodie n’avait rien de la demoiselle en détresse éplorée. Face à l’homme masqué, elle tenait véritablement plus de la furie que rien ne semblait pouvoir apaiser, bien décidée à maltraiter ses ravisseurs de toute les façons possibles et imaginables à sa disposition - qui se résumaient alors à des cris, des menaces et quelques maigres tentatives dont elle savait à l’avance qu’elles ne pouvaient mener à rien, mais qui présentaient au moins l’avantage de canaliser sa colère sur quelque chose de concret - ses hurlements et questions n’obtenant pas la moindre réponse satisfaisante. Car oui, plus que de l’angoisse, c’était la colère qui étouffait Elodie. La rage de s’être laissée attrapée, de n’avoir su mieux se défendre et de ne pas s’être doutée de ce que cachait le manoir trop silencieux lorsqu’elle y était entrée. Encore et encore, elle se traitait mentalement d’idiote, tout en invectivant abondamment les deux hommes, le tout avec une véhémence et une conviction qui faisaient honneur au caractère explosif de la jeune femme, et à son obstination chronique. Non, il ne serait pas dit que l’on pouvait s’en prendre à elle impunément ; et s’ils ne l’avaient encore compris, ses ravisseurs allaient vite découvrir qu’ils ne s’en étaient pas pris à la première blanche et fragile colombe venue. Elle était mousquetaire, que diable !

Dans sa fureur, c’est tout ce à quoi Elodie put d’abord songer : rendre coups (et cris) pour coups, user la patience de l’individu masqué qui lui faisait face - but qu’elle atteignit rapidement, ce dont elle put aisément se rendre compte lorsqu’il lui asséna une gifle retentissante. Portant sa main à sa joue brûlante, la jeune femme darda sur lui un regard meurtrier.
« Vous n'avez RIEN à exiger ! Et appelez moi comme vous voulez, votre amant a une assez longue liste d'ennemis pour mettre sur le dos ce que je vais vous faire subir. »
Une seconde courte seconde durant, elle le dévisagea, et tandis que ses yeux bruns semblaient envisager toutes les façons envisageables de lui sauter à la gorge, elle réalisa soudain réellement la situation dans laquelle elle se trouvait. Elle n’avait aucune certitude sur l’identité de cet homme - quoi que Portau lui semblât aisément aller de paire avec un...une ordure telle que l’était Ruzé à ses yeux -, pas la moindre idée de ce qu’ils lui voulaient ou de l’endroit où ils la conduisaient, pas la moindre possibilité de leur échapper. En un mot, elle était démunie face aux deux ravisseurs. Leur captive, ni plus ni moins, et la dernière phrase qui venait de lui être lancée laissaient planer de fort sombres doutes sur les suites de cette soirée. Ce fut cette soudaine prise de conscience qui, loin de la décourage, la poussa à redoubler ses efforts en terme de cris. Emportée par sa rage, elle alla même jusqu’à tenter de le frapper à nouveau. Ce fut la dernière chose qu’elle put faire : excédé, l’homme masqué l’envoya violemment se cogner contre les parois du carrosse, et il y mit tant de force qu’elle n’eut pas même le temps de sentir la douleur du choc, avant de sombrer dans l’inconscience.

***

Tout était froid, et si sombre autour d’elle lorsqu’elle reprit vaguement conscience, qu’Elodie ne sut dire si elle avait ouvert les yeux ou non. Pendant un moment qui lui sembla terriblement long, elle resta inerte, oscillant entre deux mondes aux frontières floues, l’esprit assourdi d’une douleur tambourinante qui lui vrillait la tête, et proprement insupportable. Il fallut en fait presque une heure à la jeune femme pour sortir de cette semi-inconscience, et se rendre compte que si elle ne pouvait bouger, c’était que le froid ambiant avait engourdi ses membres, et réunir les souvenirs qui lui revenaient par lambeaux. Quand enfin les évènements de la nuit passée lui revirent en mémoire, elle se redressa brusquement, comme tirée en sursaut d’un cauchemar qui s’avéra hélas n’en être pas un.
Aussitôt, sanctionnant son geste trop brusque, sa soudaine migraine redoubla d’intensité et c’est un regard hagard qu’elle promena autour d’elle... en vain. Il n’y avait rien, juste le noir qu’aucune lueur ne venait dissiper. L’endroit où elle se trouvait, quel qu’il soit, était totalement abandonné de la moindre lumière. Elle était vraisemblablement assise sur ce qui pouvait être une paillasse, dans un lieu froid mais fermé. C’était tout ce que sa position lui permettait de déduire. Sans réfléchir de peur de céder à l’incertitude, elle se leva en passant prudemment les bras au dessus de sa tête. Le plafond était assez haut, de sorte qu’elle put se tenir debout et, tâtonnant lentement autour d’elle, ses mains finirent par trouver une paroi humide et froide, dont elle entreprit de faire le tour. Elle butta en chemin sur une cruche pleine d’eau - charmante attention, nota-t-elle avec cynisme -, ce qui semblait être un crochet rouillé scellé au mur, un premier angle, un second peu de temps après et enfin... un espace vide. Prise d’un vague espoir, elle constata avec amertume que si elle pouvait y passer le bras, un barreau métallique attendait quelques centimètres plus loin et finalement, elle ne mit guère de temps à faire le tour de ce qui ressemblait à une cellule exigüe, aux murs de pierres et fermée par une porte digne des cachots de la Bastille. Aveugle, peut-être sourde tant le silence lui semblait profond et pesant, n’ayant pour indice que l’odeur de l’humidité et le froid glacé dont elle prenait peu à peu conscience, Elodie sentit l’angoisse la la gagner. Oubliés les éclats de fureur - quoi que celle-ci ne fût sans doute pas loin et prête à éclater à nouveau - et les cris, elle prit brusquement conscience de la situation, dans tous ses tenants et aboutissants. Elle était enfermée dans un lieu inconnu, à la merci de deux hommes dont elle ignorait les desseins, là où elle doutait que quiconque ait jamais l’idée de venir la chercher.

Fébrile soudain, elle s’approcha à nouveau des barreaux, mais elle eut beau fouiller l’obscurité, rien sinon les ténèbres ambiants ne répondit à ses regards perçants. Frissonnante, elle tenta de réfléchir, retourna s’asseoir là où elle pensait s’être éveillée, manqua de marcher sur un un bout de pain et retourna finalement vers la porte.
« Il y a quelqu’un ? appela-t-elle en désespoir de cause, à plusieurs reprises. »
Mais peine perdue, elle n’entendit pour écho que le son de sa voix, et se laissa finalement glisser contre le mur. Elle resta dans cette position un court moment, de faibles bruits de pas la sortant soudain de sa torpeur. Vivement, elle se redressa, devinant une lueur au bout de ce qui semblait être un long corridor. Peu à peu, une ombre lui sembla dessiner les contours imposants d’une silhouette. Lentement, et même avec une certaine tranquillité, l’homme s’approcha. Il avait à la main une torche faiblarde, qui éclairait difficilement une partie seulement de son visage. La vision effrayante s’arrêta à quelques pas, en silence, puis tourna les talons, laissant Elodie sans voix et prête à se demander, elle si rationnelle, de quel fantôme elle venait de croiser la route.

Ulrich, quant à lui, ne s’attarda pas. Il n’avait rien à dire à cette inconnue dont il était simplement venu constater le réveil, mais ne put toutefois retenir un sourire mauvais. Ces catacombes étaient décidément une belle trouvaille. Il en féliciterait Portau.

Le Danois - dont elle ignorait tout - disparu, la jeune femme se trouva à nouveau plongée dans le noir. Un moment durant, elle hésita entre céder à la panique et faire autant de battage que possible afin d’attirer à nouveau ce qui semblait être son geôlier, mais au souvenir de ces traits peu engageants, se demanda - avec justesse - s’il ne valait mieux pas éviter toute confrontation avec cet homme. Lasse et transie de froid, elle retourna finalement jusqu’à sa paillasse et s’y laissa tomber. Elle n’avait pas la moindre idée de l’heure qu’il pouvait être, ou du temps qu’elle avait déjà passé ici mais, vaincue par la douleur de sa tête et par le froide, elle glissa peu à peu dans un demi-sommeil. Ce ne fut que lorsque quelques voix étouffées résonnèrent au loin qu’elle en sortit, un moment plus tard. Soudain bien éveillée, elle se redressa sur ses deux pieds et, apercevant à nouveau une lueur, s’approcha des barreaux, bien décidée cette fois à se faire entendre, quitte à devoir retenir la nouvelle silhouette qui se dessinait dans le corridor. Cela dit, elle devina bientôt qu’elle n’en aurait pas besoin, reconnaissant confusément l’homme masqué. Sa présence ici lui rappela ses doutes et, une fois encore, elle songea à Portau. Instinctivement, elle sentait que ce genre de coups obscurs lui ressemblaient.

« Avez vous fait bonne nuit ? Je m'excuse de cet inconfort mais je n'allais pas non plus vous cacher au Louvre ! lança-t-il, moqueur, en déposant une torche non loin de lui qui éblouit un instant la jeune femme.
- Oh, vous avez changé de masque, répondit-elle, insolente - chassez le naturel, il revient au galop - quoi que sa voix fut rendue rauque par le froid. Comment va votre joue ? »
Elle esquissa une moue ironique et s’approcha encore de la porte, dardant un regard toujours aussi noir dans celui de son ravisseur. Ses mains engourdies s’accrochèrent convulsivement aux barreaux et, perdant toute once d’humour, elle reprit la parole.
« Le masque vous va d’ailleurs bien, monsieur, comme il va à tout lâche qui se respecte. Etes-vous donc si couard que vous n’osez agir à visage découvert ? Allons, découvrez-vous...Portau, lâcha-t-elle entre ses dents serrées. »
N’obtenant pas la réponse qu’elle souhaitait, elle se raidit de rage et s’éloigna, tournant comme un lion en dans la cellule trop étroite.
« Où sommes-nous ? Que voulez-vous ? demanda-t-elle, à bout de patience. »
Elle se serait bien mise en colère à nouveau, mais crier lui sembla soudain au dessus de ses force. Ce qui ne l’empêcha pas de revenir vers la porte, et Portau.
« Qui que vous soyez, laissez-moi vous dire que vous regretterez tout ça ! Elle pointa sur lui un index accusateur, pensant réellement cette menace. Que faisons-nous ici ? exigea-t-elle encore. REPONDEZ ! »


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MessageSujet: Re: Catacombes ou l'enlèvement d'Elodie vers les enfers   06.01.13 14:23

Personne ne viendrait la chercher en ces lieux, il fallait déjà être fou pour se promener dans les sous-sols parisiens sans guide, c'était une solution pour mourir de faim, de froid, en se perdant dans la dédale de couloirs toujours plus sombres, humides et sales. Il fallait un expert, quelqu'un qui avait repéré les lieux pour s'y rendre en toute confiance. Quoique, fallait-il faire confiance à Portau ? Le reste du monde non, mais lui pouvait faire confiance à lui-même pour s'y retrouver, se rendre jusqu'à la cellule qu'il avait désigné pour sa captive du moment, la jolie Elodie de Froulay. Et pour la garder, il pouvait compter sur son partenaire Ruzé et son ami Sola qui avait joué le gardien nocturne avant le retour de Portau. Il est vrai que c'était l'endroit idéal pour enfermer quelqu'un, le garder au cœur de Paris sans qu'il le sache ni qu'il y puisse s'en sortir. Et avec la fraîcheur ambiante de l'endroit, il était certain que les efforts des prisonniers devaient être bien difficiles.

Cédric avançait donc confiant dans ce couloir sombre qu'il connaissait, faisant fuir les rats et autres sales bêtes qui peuplaient l'endroit. Il venait simplement faire un tour voir comment se comportait sa captive mais il devait être retourné chez lui sous peu, il devait attendre Philippe qui n'hésiterait pas à venir le menacer d'avoir enlevé sa belle – et Portau se trompait rarement – et il ne voulait nullement rater une occasion de voir son ennemi brasser de l'air et s'enfoncer dans sa folie tout seul. Finalement, avoir enlevé la jeune Froulay était une excellente idée, meilleure que celle d'avoir enlevé cet espèce de prince à deux sous avec son physique de contes de fées. Cédric avait suffisamment étudié d'Artagnan pour comprendre que le garçon puisait sa force dans sa famille et ses amis, qu'il fallait donc les éloigner un à un ou les utiliser pour le blesser. Il avait commencé en s’immisçant dans l'esprit d'Alexandre, le mettant petit à petit dans son camp, puis continuait avec Élodie aujourd'hui. Tous passeraient un par un par Portau pour qu'il ne reste qu'un Philippe esseulé, non crédible, et bon pour partir à l'asile. Tout en marchant, Cédric avait imaginé la peur de son ennemi lorsqu'il apprit l'intrusion de deux personnes chez lui et l'enlèvement de celle qu'il aimait. Il avait du ruminer cela avec rage et désespoir avant de s'endormir d'épuisement, luttant vainement contre le marchand de sable, mener une nuit très agitée, peuplée de mauvais rêves, ce qui n'aidait pas au repos. Oui, tout cela enchantait le mercenaire sous son masque. Seule ombre au tableau était cette cicatrice à la joue que cette sauvage lui avait infligé mais ce n'était qu'un détail.

Posant sa torche contre le mur, il pouvait enfin voir sa prisonnière réveillée et n'ayant rien perdu de sa rébellion. Elle n'était pas imposante, ni par la taille et encore moins par le physique, mais Élodie était une fille de caractère, ce qui amusait encore plus Portau.

Oh, vous avez changé de masque. Comment va votre joue ?
Très bien, rien qu'une égratignure, un souvenir éphémère de notre rencontre ! se moqua t'il joyeusement, bien que l'entaille soit plus profonde qu'il puisse le dire.

Derrière les barreaux, la jeune femme gardait quand même un tempérament fier et un brin frondeur mais cela ne faisait pas plier le comte qui s'en amusait toujours, on pouvait d'ailleurs voir son sourire en coin naître sur ses lèvres.

Le masque vous va d’ailleurs bien, monsieur, comme il va à tout lâche qui se respecte. Etes-vous donc si couard que vous n’osez agir à visage découvert ? Allons, découvrez-vous...Portau.
Je ne sais pas qui est ce Portau mais il a l'air d'un coupable idéal puisque ni vous ni votre prince de pacotille ne semblez l'aimer. Parfait, cela m'évitera de chercher un bon suspect. lâcha t'il avec un rire presque démoniaque. Et je ne suis pas couard, je suis réfléchi, nuance mademoiselle. Beaucoup plus que vous qui vous jetez dans la gueule du loup.

Provocateur ? Oui, et il adorait cela. Sachant pertinemment que la jeune femme ne pourrait lui faire derrière ses barreaux, il pouvait la pousser à bout, la faire souffrir avec un large plaisir. Il n'avait pas besoin de grand chose pour qu’Élodie explose ou ne se mette à l'insulter.

Où sommes-nous ? Que voulez-vous ? il ne répondit rien, juste un petit rire. Qui que vous soyez, laissez-moi vous dire que vous regretterez tout ça ! Que faisons-nous ici ? REPONDEZ !

Et plutôt que d’exécuter les ordres de la demoiselle, il se remit à rire. Vraiment, avec le masque et l'écho, cela avait un côté démoniaque et tellement glauque. Comment peut on s'amuser du malheur d'autrui ? Cédric vous répondrait qu'on pouvait rire de tout, surtout du malheur des autres quand il fait notre bonheur. Et à cette heure-ci, avoir Élodie dans ses filets et savoir d'Artagnan au comble du désespoir avait un côté jouissif, et pourtant ce n'était rien comparé au reste du plan. Cédric observa de longues secondes la jeunes femme au visage fermé, trop sérieux pour son âge avant de lever les yeux en l'air, toujours le sourire aux lèvres.

Vous me plaisez bien. Quel tempérament de feu ! Quel caractère ! Vous n'êtes pas bien futée mais votre ardeur compense. s'amusa t'il au premier abord. A présent, vous doutez de mon identité ? Vous retournez vite votre veste mais qu'importe, on ne vous demande pas d'être intelligente en ces lieux.

Oui, il se moquait purement et simplement de sa captive, sachant que ça attiserait le feu de la colère, de quoi l'amuser davantage. Après tout, il ne ferait pas de mal à Élodie, ce n'était pas le but. A travers elle, il allait atteindre Philippe, c'était tout ce qui lui importait. Il garderait au frais (c'était le cas de le dire) la jeune femme le temps qu'il le désirerait avant de le relâcher à des lieues d'ici, que cette histoire est une fin heureuse … du moins provisoirement. Puis il s'approcha de la cellule et sans doute qu’Élodie voulut l'attraper vu comment elle sortit son bras mais il le saisit avant et lui tordit légèrement le poignet pour la garder à sa merci.

Ce n'est pas comment ça qu'on traite son hôte voyons. Vous posez bien trop de questions pour une demoiselle comme vous. Pourtant vous voyez bien où vous vous trouvez : une cellule humide. Pourquoi ? Peut être que j'ai pour loisir d'enlever des jeunes filles et les cacher ici. A moins que vous ayez votre propre théorie, ce que je ne doute pas.

Il lâcha le poignet et recula légèrement, lui faisant toujours face. Il attisait cette rage et cette frustration, cela était sans doute ce qu'il savait le mieux faire en ce monde. Et il était facile de provoquer la Froulay avec son caractère de feu.

Si je peux vous rassurer, je ne suis pas un tortionnaire. Vous serez bien traité malgré le confort minimal. Je ne peux rien garantir de votre galant …

Et le sourire mauvais qui apparut sur son visage était bien effrayant, surtout avec la lumière de la torche sur le côté. Le pire, c'est qu'il ne comptait rien faire à d'Artagnan, du moins pour l'instant, mais insuffler la peur était un autre passe-temps …

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MessageSujet: Re: Catacombes ou l'enlèvement d'Elodie vers les enfers   24.01.13 11:44

Comment ne pas céder à la colère ? Elodie sentait qu’elle n’obtiendrait rien de cet homme, et qu’il ne voulait que la faire réagir tel qu’elle le faisait. Tout dans son attitude, jusqu’à son sourire - surtout son sourire - hurlait à la provocation. Il était là, de l’autre côté des barreaux, plein d’assurance, visiblement fier de son coup et chaque mot qu’il prononçait transpirait de fiel et du plaisir qu’il prenait à la voir s’emporter vainement. De tout cela, il ne cherchait pas à s’en cacher, loin de là, et elle le savait pertinemment. Et pourtant, si elle en avait encore eu la voix, si l’inquiétude n’allait pas grandissante, Elodie aurait volontiers repris là où elle les avait laissé ses cris et ses protestations. De colère, d’angoisse, de frustration également. Elle ne supportait pas la défaite, encore moins une telle défaite, et les barreaux avaient sur elle un effet terriblement efficace. Enlevée, et enfermée, elle qui n’avait rien de la demoiselle en détresse ? Condamnée à attendre ce que l’on fît d’elle ce que l’on souhaitait ? Pour avoir commis l’erreur de n’avoir pas su se défendre, alors qu’elle passait la majeure partie de son temps parmi les mousquetaires ? Un comble. Et plus que l’inquiétude, tant qu’elle avait son ravisseur sous les yeux, c’est cet agacement exacerbé qui lui prenait la gorge. La dernière fois qu’elle s’était sentie ainsi prise au piège, Elodie avait fui au clair de lune, se soustrayant ainsi aux intentions familiales qui ne lui convenaient pas. Hélas cette fois, c’était bel et bien dans une cellule qu’on l’enfermait, et elle doutait que l’homme qui se tenait face à elle eût des intentions aussi pacifique qu’une union, même forcée.

Si elle avait su la suite de l’histoire, et ce que lui réservait l’avenir, Elodie aurait sans doute trouvé cette pensée bien ironique. Mais elle ignorait tout des intentions du destin, jusqu’à celles de celui qui la fixait derrière les barreaux et qui gardait malgré ses exigences, et son ton croissant un silence assorti d’un sourire insupportable. Un appel au meurtre ce sourire, hélas, elle n’était encore une fois pas du bon côté.
Cédant à la colère, elle lui hurla de répondre à ses questions, ne souhaitant sur le moment que le voir abandonner cet air goguenard qui tendait un peu trop vers un sadisme pur. Mais en lieu et place des réponses attendues, elle n’obtint qu’un éclat de rire digne des contes les plus effrayants. Furieuse, la jeune femme darda sur le sombre individu un regard qui l’aurait tué dans la seconde si ses deux yeux bruns en avaient eu le pouvoir, dents serrées, poings crispés sur les barreaux.
« Vous me plaisez bien, lança-t-il après quelques secondes de silence durant lesquels ils se fixèrent tous deux. Quel tempérament de feu ! Quel caractère ! Vous n'êtes pas bien futée mais votre ardeur compense. A présent, vous doutez de mon identité ? Vous retournez vite votre veste mais qu'importe, on ne vous demande pas d'être intelligente en ces lieux. »
Toute à sa colère, Elodie crut entrevoir une façon de le forcer à parler et, sans réfléchir, lança son bras assez fin pour passer entre les barreaux afin de l’attraper par le col. Geste vain, qui conduisit le geôlier à lui tordre le poignet avant qu’elle ne fût arrivée au bout. La captive laissa échapper une grimace de douleur, qui eut au moins pour mérite de lui éclaircir légèrement les idées. Elle ne pouvait rien contre lui, et ne ferait qu’aggraver son cas en tentant quoi que ce soit. Réfléchir, il fallait réfléchir.

« Ce n'est pas comment ça qu'on traite son hôte voyons. Vous posez bien trop de questions pour une demoiselle comme vous. Pourtant vous voyez bien où vous vous trouvez : une cellule humide. Pourquoi ? Peut être que j'ai pour loisir d'enlever des jeunes filles et les cacher ici. A moins que vous ayez votre propre théorie, ce que je ne doute pas. »
Il lâcha son poignet douloureux, et brusquement, elle s’éloigna. La façon dont elle tourna dans la cellule évoquait celle d’une lionne en cage - et c’est bel et bien ce qu’elle était ce soir. Ou cette nuit. Elle n’avait pas la moindre idée de l’heure qu’il pouvait être.
« Si je peux vous rassurer, je ne suis pas un tortionnaire. Vous serez bien traité malgré le confort minimal. Je ne peux rien garantir de votre galant… »
À ces mots, elle s’arrêta et leva brusquement la tête. Sa première pensée fut pour Philippe, et Arthur, et elle s’emporta à nouveau.
« Vous ne le toucherez pas ! Quoi que vous fassiez, nous vous le ferons payer ! »
Elle s’était rapprochée à nouveau, avant de s’éloigner. Il y avait trop de questions, trop d’incertitude dans cette affaire mais soudain, les dernières paroles de son ravisseur firent mouche. Elle se souvient des menaces de Portau, celles qu’elle avait entendu au camp des mousquetaires. Lentement, elle se tourna vers lui, visage fermé, mais bel et bien certaine. Plus de doute possible, mais de justesse, pourtant, elle se garda bien de prononcer encore son nom. Il pensait qu’elle doutait de son identité ? Elle en était désormais certaine. Maigre atout en ces lieux dont elle ne pouvait s’échapper, mais atout tout de même. Et le moment n’était pas venu d’abattre les seules cartes qui lui restaient.
« Vous êtes un monstre, asséna-t-elle sourdement. Pourquoi m’avoir amenée ici ? Qu’est-ce que vous voulez ? Ou plutôt, qu’est-ce que vous vouliez ? Ça n’était pas moi que vous deviez trouver là-bas... »

Les idées bien claire cette fois, elle s’approcha lentement des barreaux et darda ses deux yeux inquisiteurs sur Portau - car elle savait que c’était bien lui.
« Vous n’avez pas la moindre idée des personnes auxquelles vous vous attaquez, couard ! siffla-t-elle. »
Non en effet, il ne pouvait savoir qu’Eric et Elodie ne faisaient qu’un, mais tout cela ne pesait pas lourd dans la balance tant qu’elle restait ici. Cela dit, pour ne pas céder à l’inquiétude, la jeune femme avait besoin de savoir, de lui dire qu’il ignorait bien des choses. Un instant, elle songea à François. Se rendrait-il compte de sa disparition ? Il passait plus de temps chez Monsieur qu’à la caserne depuis sa nouvelle affectation, mais son absence remonterait-elle jusqu’à lui ? Et Philippe ? Il ne pourrait ignorer le champ de bataille qu’était devenu son manoir, mais saurait-il ce qui s’y était passé ? Démunie, elle n’en cessa pas moins de soutenir le regard du masque qu’elle avait face à elle, masque sous lequel elle espérait avoir laissé une marque dont il ne pourrait se débarrasser de sitôt.
« Je vous interdis de toucher à Philippe, ou vous le regretterez amèrement, continua-t-elle, à court de menaces. Qu’est-ce que vous allez faire de moi ? exigea-t-elle encore. »


(Pardon c’est court. On gère comment pour la suite ?)
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MessageSujet: Re: Catacombes ou l'enlèvement d'Elodie vers les enfers   02.03.13 17:23

Derrière les barreaux, Élodie ne semblait pas abandonner le combat, se rebellant sans cesse, provoquant son géolier que rien ne semblait atteindre. Cédric s'amusait de cette situation, cette impression de tout contrôler, de régner en maître sur cette petite parcelle de catacombes, d'être tout-puissant. Le pouvoir, en somme. Derrière son masque, tel un grand méchant de l'époque, il s'amusait à voir Élodie se débattre, s'insurger encore et encore. Elle était tenace, elle allait parfaitement bien avec cet idiot de d'Artagnan qui était venu chez lui le matin même pour le menacer et le frapper. Le masque de Portau servait aussi à cacher les coups portés par son ennemi. Le couple pouvait se montrer mièvre mais aussi, et surtout, insupportables quand ils avaient quelque chose en tête. Ah, ce sens de la justice à tout prix, quelle bêtise infinie ! La preuve, les gentils étaient entrain de perdre et le mal triomphait en cet instant après avoir usé de sales ruses pour réussir. Puis quelle stupidité de s'attacher l'un à l'autre de la sorte, cela ne leur attirerait que des ennuis. Si la Froulay était entre ces murs aujourd'hui, c'était bien à cause de Philippe ! Cédric était peu compatissant face aux histoires d'amour, passant pour un méchant sans cœur, ce qu'il était en cet instant ! Et il avait trouvé la parfaite faiblesse de sa prisonnière : son amoureux.

Vous ne le toucherez pas ! Quoi que vous fassiez, nous vous le ferons payer !
Foutaises. Et je l'ai déjà atteint en vous retenant ici. Je le vois très bien tourner en rond, ne plus savoir quoi faire, se ronger les sangs à ne plus en dormir la nuit, perdre l'appétit … Ce garçon est instable, il suffit de peu pour lui faire du mal. lâcha t'il non sans amusement.

Oui, c'était une sorte de jeu pour lui, il réglait le jeu selon ses envies, partait et venait quand bon lui semblait, décidait de parler ou pas. Il jouait avec les nerfs des deux tourtereaux avec une jolie virtuosité, tel un musicien sur son instrument. Il était le chef d'orchestre de ce petit concert de peur et de venin, un vrai délice à ses yeux.

Vous êtes un monstre.
Merci du compliment.
Pourquoi m’avoir amenée ici ? Qu’est-ce que vous voulez ? Ou plutôt, qu’est-ce que vous vouliez ? Ça n’était pas moi que vous deviez trouver là-bas... Vous n’avez pas la moindre idée des personnes auxquelles vous vous attaquez, couard !
Tss, quel vilain mot ! J'avoue mon crime de ne pas avoir eu la bonne personne. dit il en faisant mine de s'indigner. Mais j'ai toujours su retomber sur mes pattes.
Je vous interdis de toucher à Philippe, ou vous le regretterez amèrement, Qu’est-ce que vous allez faire de moi ?
Philippe entre ses murs n'auraient inquiété personne, abandonné par sa famille. Tout le monde aurait cru à un coup de sang, une fuite de cet idiot. Finalement, cela n'aurait pas été amusant. Mais en vous prenant à sa place, je sais ses réactions. Si vous cherchez l'aventure avec lui, c'est raté, d'Artagnan est réglé comme du papier à musique avec son honneur, ses peurs et ses … sentiments. il cracha le dernier mot avec dégoût avant de se tourner vers Élodie, avec un petit sourire. Il y a plus amusant que de tuer ses ennemis, c'est leur faire du mal en supprimant tour à tour ce qu'il aime, en les lui ôtant partiellement ou pour toujours. Un homme comme lui est facile à manipuler finalement, le plus amusant est de voir ses réactions. Vous lui ressemblez en ce point, je suis sûr que vous mourrez d'envie de me frapper pendant que je vous parle. C'est très bien, être détesté et craint est beaucoup amusant.

L'amour ne faisait pas partie de la vie de Cédric. Enfin si, de son ancienne vie, révolue depuis plus de dix ans, qui n'existait plus à ses yeux. Non, se fermer à cela permettait de voir plus loin et plus haut, se concentrer sur son existence et sa future ascension sociale. Sans doute qu'une femme aurait essayé de l'assagir quant à sa vengeance, son plan démoniaque. Là au moins, il agissait comme bon lui semblait, sans attache, libre de laisser courir ses noirs desseins. Puis après encore quelques minutes, il partit comme il était venu, laissant Élodie dans sa solitude.

Ce manège dura plusieurs jours, Cédric venant relever son ami Ulrich de temps en temps, que celui-ci ne joue pas juste l'homme de l'ombre dans les sous-sols de Paris. Nicolas peut être était venu aussi, voulant voir la réussite de leur plan de ses propres yeux. C'était toujours la même rengaine, les mêmes menaces de la prisonnière et les moqueries de Portau. Mais comme dirait l'autre, les bonnes choses ont une fin. Il fallait bien libérer la jeune femme de sa cellule, la faire retrouver son bien aimé qui était sans doute au comble du désespoir. Pour l'avoir observé de loin, Philippe semblait désemparé, ne savait plus où chercher. C'était suffisant pour cette fois, Cédric monterait progressivement dans l'horreur et arriverait un jour à réaliser son plan pleinement.

Mais en cette soirée, après cinq jours passées dans les catacombes parisiens, Élodie prit son dernier repas où il y avait de quoi l'endormir pendant plusieurs heures. Étalée sur le sol de sa cellule après avoir agonisé quelques longues minutes, Cédric ouvrit la porte et la porta comme un sac sur son épaule, direction le petit véhicule qui l'attendait à la sortie. Jetant la jeune femme dedans, il prit les rênes pour l'emmener loin d'ici. Là il la déposerait serait en pleine campagne, à des lieues de sa détention et pas trop loin de son chéri, qui s'en voudrait sans doute de ne pas l'avoir trouvée dans les environs. A une quinzaine de kilomètres de chez d'Artagnan se trouvait Chavenay, un village paisible avec une ferme en ruine à sa périphérie et un cimetière un peu plus loin. Autant s'amuser jusqu'au bout, il déposa la jeune femme endormie au pied de l'arbre du cimetière. Satisfait de lui-même et content de s'être amusé avec la demoiselle, il quitta les lieux, toujours le visage caché et repartit. Pour ne pas qu'on marche sur ses traces, il s'enfonça dans la forêt où il abandonna le petit véhicule, se changea légèrement et attendit l'aube pour retourner chez lui, l'air de rien, comme s'il revenait de Paris après s'être amusé.

Portau savait pertinemment que les deux amoureux se focaliseraient sur lui. Élodie le reconnaîtrait facilement, avec cette belle entaille qu'elle lui laissait à la joue. Certains penseront qu'il est idiot mais Cédric voulait exactement que Philippe s'acharne sur lui. Quant à sa dame, elle passerait pour une bécasse suivant aveuglement son grand amour. Machiavélique ? Oh oui, et ce n'était que le début. Alors qu'il alla se coucher quand le soleil commençait à pointer son nez, il pensa qu’Élodie n'allait plus tarder à se réveiller …


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MessageSujet: Re: Catacombes ou l'enlèvement d'Elodie vers les enfers   28.04.13 14:48

Au fond, Elodie n’espérait rien obtenir à gronder et menacer comme elle le faisait. Elle savait pertinemment qu’elle ne tirerait rien de son ravisseur sinon quelques moqueries qui ne faisaient qu’ajouter à sa colère, et à son angoisse, elle devait bien l’admettre. Elle ne savait pas où elle était, ni dans quel but, ignorait jusqu’à l’heure qu’il pouvait être et n’avait pour seul atout - si l’on pouvait parler d’un atout - que d’être absolument certaine de l’identité de son geôlier, ce qui hélas, ne lui serait pas d’une grande utilité si elle ne sortait pas d’ici. Néanmoins, la jeune femme ne désarmait pas et continuait, inlassablement, à vociférer, menacer et tenter d’en savoir plus avec l’intime conviction - ou du moins, elle tentait de s’en persuader - que Portau ne l’emporterait pas au paradis. Elle pouvait bien lui paraître totalement inoffensive derrière les barreaux de cette sordide cellule, une malheureuse colombe en cage, il ignorait, lui, qu’elle avait plus d’un tour dans son sac. Craignez la colère de la colombe, monsieur Portau, songea-t-elle alors qu’ils se faisaient face. Si elle sortait d’ici, elle ne laisserait pas tout ceci sans réponse. Parce que sa fierté ne supportait pas l’idée d’avoir été attrapée sans pouvoir se venger, d’abord, et parce qu’il semblait maintenant évident que cet individu avait un sombre projet. Et Dieu seul savait ce qu’il pourrait bien préparer après cela.

Les mains crispées sur les barreaux, Elodie dissimulait donc toute son inquiétude derrière un regard assassin. À cet instant, elle aurait tout donné pour pouvoir voir à travers ce masque, mettre un terme à ses doutes, et peut-être même s’assurer qu’elle avait bien réussi à lui laisser une balafre digne de ce nom. Elle aurait voulu lire sur ses traits ce qu’il comptait faire, ce qui allait arriver maintenant mais finalement, après de nouvelles vaines menaces, il s’avéra que ç’eût été là un effort inutile, car l’air goguenard, Portau s’empressa de lui expliquer lui-même ce qu’elle faisait là.
« Philippe entre ses murs n'auraient inquiété personne, abandonné par sa famille. Tout le monde aurait cru à un coup de sang, une fuite de cet idiot. Finalement, cela n'aurait pas été amusant, lança-t-il comme s’il parlait là du premier divertissement venu. Mais en vous prenant à sa place, je sais ses réactions. Si vous cherchez l'aventure avec lui, c'est raté, d'Artagnan est réglé comme du papier à musique avec son honneur, ses peurs et ses … sentiments. Il y a plus amusant que de tuer ses ennemis, c'est leur faire du mal en supprimant tour à tour ce qu'il aime, en les lui ôtant partiellement ou pour toujours. Un homme comme lui est facile à manipuler finalement, le plus amusant est de voir ses réactions.
- Vous êtes une... ordure, siffla Elodie qui, pendant tout ce petit discours, avait reculé de deux pas.
- Vous lui ressemblez en ce point, je suis sûr que vous mourrez d'envie de me frapper pendant que je vous parle. C'est très bien, être détesté et craint est beaucoup amusant. »

La jeune femme ne répondit pas, parce qu’elle ne voulait pas lui donner raison - et pourtant, il voyait parfaitement juste sur ce point - et parce qu’elle restait vaguement abasourdie. Quel genre d’homme pouvait prendre plaisir à se donner tant de peine pour en faire souffrir un autre ? Quelle récompense assez satisfaisante pouvait-il bien attendre pour tous ces efforts ? - car il fallait le lui reconnaître, il en faisait. Elodie n’était pas naïve, mais ce qu’elle venait d’entendre et les questions qui s’imposaient la laissèrent un instant sans voix.
« Qu’est-ce que vous cherchez à faire... ? finit-elle par souffler, en s’adressant peut-être plus à elle-même qu’à Portau, dont elle n’espérait pas une réponse claire. »
De fait, il n’y en eut pas, et quelques minutes plus tard, il la quittait en lui promettant de revenir la voir. Lasse, la jeune femme se laissa glisser au sol dans l’obscurité revenue alors qu’un échange se faisait entendre au bout de ce qui semblait être un long tunnel. Un moment plus tard, l’effrayante silhouette passa de nouveau devant la cellule, mais elle lui accorda un peine un regard, découragée. Bientôt, sa cellule replongea dans le noir et le silence, ne lui laissant d’autre choix que de laisser s’écouler les heures interminables, l’esprit plein d’inquiétudes et de questions.

Elle ignorait combien de temps avait passé lorsque Portau revint une fois, puis une deuxième et d’autres encore, la laissant chaque fois plus inquiète et furieuse. Elle ne vit que lui, ainsi que son imposant gardien, excepté une fois. Elle dormait péniblement lorsque la sensation d’être épiée la réveilla. Dans l’obscurité à laquelle ses yeux s’étaient habitués, elle devina une silhouette devant les barreaux, qui n’était ni celle de Portau ni celle de l’homme à la torche mais celle-ci disparut aussitôt, sans lui laisser le temps de prononcer un seul mot. L’inconnu ne revint pas, du moins pas à sa connaissance, et sa longue captivité s’écoula sans rien d’autre que les visites de Portau pour la troubler.
Elodie commençait à se sentir devenir folle entre ces quatre murs quand son effrayant geôlier lui apporta une nouvelle fois à manger, ce qui lui sembla des semaines plus tard. À bout de patience, elle tenta de le faire parler, mais il ne fit rien sinon la menacer de la faire taire lui-même si elle ne cessait pas de s’agiter avant de repartir. Elle eut beau tenter à nouveau de l’avoir à usure en hurlant de tous ses poumons, elle n’obtint pas la moindre réponse. Elle dut même cesser lorsqu’elle se rendit compte que la tête lui tournait dangereusement et que ses jambes ne la portaient plus. Horrifiée, elle jeta un regard sur la carafe d’eau à laquelle elle avait eu le malheur de se servir mais comprit trop tard qu’on avait dû y glisser autre chose que de l’eau. Cette fois encore, Elodie eut beau lutter longuement sur le sol de la cellule, elle perdit lentement conscience.

Il lui sembla qu’un siècle s’était écoulé lorsqu’elle rouvrit enfin les yeux. À la vérité, il n’y avait que quelques heures qu’elle était allongée au pied de cet arbre, et une vingtaine de minute qu’elle avait commencé à sortir de son long sommeil. Elle mit plus longtemps encore à pouvoir se lever, éblouie par le soleil - radieux, ce qui n’était pas sans ironie - qu’elle n’avait pas vu depuis quelques jours, et ce non sans un brusque mouvement de recul lorsqu’il lui apparut qu’elle se trouvait dans un cimetière. La jeune femme ne devait pas beaucoup dénoter dans ce décor, avec sa pâleur de cadavre, son regard hagard et son air faiblard d’évadée de prison - ce qui n’était pas totalement faux, excepté qu’on l’avait probablement libérée volontairement, et abandonnée dans le lieu le plus sordide possible, puisqu’elle n’avait pas le moindre souvenir d’une quelconque évasion. Mais peu importait ce dont elle se rappelait : il fallait qu’elle sorte de là.
Heureusement pour ce qu’il lui restait de lucidité et de sang-froid, elle trouva rapidement la sortie du cimetière et bien qu’elle n’eût pas la moindre idée de l’endroit où elle se trouvait, elle décida de suivre la route qui en sortait. Péniblement, elle passa une première ferme en ruine, manqua de baisser les bras et d’attendre là le passage de quelqu’un lorsqu’elle se rendit compte qu’elle était abandonnée, puis trouva une seconde ferme, enfin. Dans la cour de celle-ci s’affairait un nom au dos courbé qui dut l’apercevoir du coin de l’oeil car soudain, il se redressa. Elle voulut s’adresser à lui, mais en la voyant, il ouvrit soudain de grands yeux effrayés et fit un énorme bond en arrière.

« THERESE !! hurla-t-il, faisant apparaître une femme au coin de la maison. THERESE !
- Qu’est-ce qu’y a ? Pourquoi tu... Oh seigneur Dieu ! »
Elodie les dévisagea un instant sans comprendre. Elle ne réalisa l’état dans lequel elle devait être que lorsque le paysan se mit à hurler qu’il y avait une apparition ou un fantôme dans leur jardin.
« Calme-toi, il n’y a que moi qui ai le droit d’être hystérique, que moi ! gronda ce qui semblait être sa femme. Va-t-en, fantôme !
- Je vous en prie, je ne suis pas un fantôme, tenta alors la jeune Froulay, ne craignez rien, je ne vous veux aucun mal, j’ai besoin d’aide ! »
Elle eut bien du mal à les convaincre qu’elle n’avait rien d’une apparition, ou d’une âme errante malgré son air cadavérique. Et une fois que la fameuse Thérèse en fut certaine, il fallut raisonner son mari qui s’était mis en tête d’aller chercher de l’ail (« Mais Pierre, essaye d’être raisonnable, il n’y a pas de démons à Chavenay ! ») et un crucifix. Enfin, en constatant que le dangereux fantôme semblait inoffensif et tenait à peine de debout, Pierre cessa de s’agiter.
« Ça alors, ma pauvre demoiselle, qu’est-ce qui vous a mis dans cet état ? lança enfin la paysanne.
- C’est une longue histoire, répondit Elodie, qui dut par la suite décliner plusieurs fois d’entrer dans la ferme. J’ai seulement besoin d’indications, et d’un cheval, finit-elle par annoncer.
- Un cheval ? Mais qu’est-ce que vous allez faire d’un cheval ? Vous pourriez pas tenir dessus, rétorqua Pierre, méfiant. »
Il fallut à la demoiselle déployer des trésors de diplomatie qu’elle ne possédait pourtant plus guère, et leur faire mille promesses - dont celle de leur rendre leur monture, qu’ils pourraient aller récupérer à la caserne des mousquetaires en demandant Eric de Froulay si elle ne leur était pas rendue dans les trois jours. Ils finirent sans doute par avoir pitié d’elle car Pierre se tourna soudain vers sa femme.
« Ecoute Thérèse, je n’aime pas dire du mal des gens, mais effectivement, elle est gentille. »

Quelques minutes plus tard, Elodie s’éloignait au grand galop, si bien qu’elle vit rapidement apparaître les grilles du manoir d’Artagnan, redoutant qu’il se fut passé quelque chose. De Portau, maintenant, elle craignait absolument tout, aussi entra-t-elle à toute allure dans la cour à toute allure, manquant de s’effondre en sautant à bas de son monture mais Barnabé ayant accouru au bruit de sa course, il la retint de justesse.
« Mademoiselle Elodie ? balbutia-t-il abasourdi.
- Barnabé, où est Philippe ?
- Il est là-haut. Nous nous faisions un sang-d’encre ! »
Elle le remercia et tant bien que mal, pénétra dans le manoir, gravit les marches et se dirigea tout droit vers la chambre d’Arthur dont elle ouvrit la porte sans frapper. Là, elle croisa enfin le regard du jeune duc, et l’angoisse qui la tenaillait s’évapora.
« ... Je suis là, souffla-t-elle, ne sachant que dire d’autre. »
À bout de souffle, la gorge nouée, elle alla se laisser tomber dans ses bras plus qu’elle ne le serra dans les siens.
« J’ai cru qu’il s’en prendrait à toi... C’était Portau, j’en sus certaine ! Tu l’as vu ? Est-ce que tu as vu Portau ? Il doit y avoir une cicatrice, sur la joue, je l’ai blessé ! balbutia-t-elle sans la moindre cohérence. Il était venu pour toi ! »
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Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
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MessageSujet: Re: Catacombes ou l'enlèvement d'Elodie vers les enfers   28.05.13 20:01

Les jours qui suivirent l'enlèvement étai une complète descente aux enfers pour le jeune d'Artagnan qui ne savaient plus où donner de la tête. Où chercher ? Où se trouvait Élodie ? Allait-elle bien ? Pourquoi ce chien de Portau l'avait enlevé ? Oui, ça ne faisait aucun doute dans l'esprit tourmenté du jeune homme que c'était bien son ennemi qui avait fait le coup, qui d'autre ? Et après lui avoir rendu visite le lendemain de l'enlèvement, cela ne faisait aucun doute. Il avait tenté de le suivre mais Cédric se révélait rusé comme un renard et passait par des rues où il était impossible de le suivre discrètement, à moins de marcher sur le toit avec la discrétion d'un chat. C'était peine perdue de ce côté là ; il avait aussi décidé de fouiller chez ce mécréant mais il passait la plupart du temps chez lui, ou fermait à double tour ses appartements, rien ne laissait filtrer, pas même un volet mal fermé. Le salaud prévoyait tout. Philippe, déjà affaibli physiquement et mentalement par sa famille, le départ brusque de son frère et puis la recherche de son père, cela était un nouveau coup de poignard en plein cœur. Et comme dans ces moments-là, le jeune d'Artagnan en perdait l'appétit et le sommeil. De quoi devenir fou, et là Portau pourrait réussir son coup. Mais le gascon avait besoin de bouger, essayer de se rendre utile : il battait la campagne à la recherche de personnes ayant pu voir un véhicule, une demoiselle, des hommes louches ... peine perdue. On lui dit bien qu'un carrosse était passé sous le nez d'un laquais, il partait en direction de Paris. Mais après ? Mystère. Et à s'aventurer dans Paris revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin. C'était une recherche vaine que pourtant le duc tenta, dans les rues jusqu'à pas d'heure, jusqu'à presque épuisement tant il ne voulait pas rentrer sans un indice.

Mais rien, pas même le début d'une piste, mis à part Portau, mais ce chien galeux ne se laissait pas suivre facilement. Un homme trop prudent comme lui ne pouvait qu'avoir des choses à cacher. Chaque soir, ou petit matin, Philippe rentrait, les yeux rougis, les cernes toujours plus accentuées, à ruminer à la fois tristesse et colère. Le pauvre Barnabé essayait tant qu'il le pouvait de calmer le jeune homme, de tenter de lui donner à manger mais ce dernier se nourrissait comme un piaf ; il le poussait à se coucher mais Philippe ne s'endormait qu'après avoir lutté des heures contre ses noires pensées, à ruminer sa culpabilité et à se demander si Élodie n'était pas maltraitée. Il n'était plus que l'ombre de lui-même, comme en ce troisième soir infructueux où il se laissa tomber sur le fauteuil face au feu, parlant dans sa barbe naissante.

« Tu ne peux pas t'en vouloir, Philippe. Comment imaginer qu'on puisse vouloir t'attaquer, ou s'en prendre à mademoiselle Élodie ? demanda Barnabé qui apportait un bouillon.
J'aurais dû être là. Ce n'était pas elle qu'on aurait dû emmener, elle n'y est pour rien. Continua de marmonner Philippe en fixant le feu.
Arrête de te faire du mal, tu ... Mais le jeune homme bondit de son fauteuil, il était en colère, principalement contre lui-même.
Tu ne comprends rien ! C'est MA faute ! Je n'avais pas à partir, ni à exposer Élodie à mes problèmes ! Ne comprends tu pas que je fais du mal à tous ceux qui m'entourent ? Je ne peux rien faire, je ne sais pas où il la retient, ce sale type gagne ! cria t'il.
Mais qui, Philippe ? Il croisa le regard noir du duc. Tu penses toujours que c'est Cédric ? Non, il ... »

Mais pour couper court à la discussion, d'Artagnan quitta la pièce en claquant la porte avec violence, percuta le petit meuble dans le corridor où se trouvait un vase qui vacilla et tomba sur le sol, se cassant en mille morceaux. Il monta dans sa chambre et s'y enferma avant de se laisser glisser le long de la porte, les poings serrés, la gorge nouée et le désespoir dans son regard. Et le lendemain, cela recommençait, Barnabé vit la chambre du duc vide alors que les premières lueurs du jour apparaissaient, que l'écurie n'avait plus la monture, il était facile de comprendre ce que Philippe avait fait, il était reparti dans de vaines recherches, jusque tard dans la nuit. Il s'était une nouvelle fois écroulé, se laissant tomber dans son lit encore tout habillé, avant de le quitter pour cause de cauchemars : les flammes de l'enfer, Portau avec un rire à glacer le sang à débiter des horreurs à un d'Artagnan en cage, obligé de regarder son ennemi qui fit amener Élodie. Il s'était réveillé alors que les supplices commençaient, et migra dans la chambre d'Arthur qui dormait paisiblement dans son lit. Dans le siège à ses côtés, Philippe finit sa nuit, à bout de forces. Et malgré une détermination à ne pas cesser ses recherches, Morphée le tint plus longtemps dans ses songes, jusqu'au matin où un rayon de soleil traversa la pièce. Il émergea avec difficulté, se passa la main sur un visage fatigué, les yeux injectés de sang, une barbe anarchique et un sale teint. Il se leva difficilement, le corps engourdi car il aurait sûrement voulu dormir plus longtemps. Mais comme un leitmotiv, il se décida à faire une légère toilette pour ne pas paraître trop sale avant de repartir. Il changeait tout juste de vêtement, qu'un Barnabé résigné avait placé là à côté du broc d'eau, quand il entendit du bruit au rez-de-chaussée, qui attira son attention. Quelques instants plus tard, la porte s'ouvrit ... et il vit apparaître Élodie.

« ... Je suis là. »

Il ne dit pas un mot mais la voir devant lui, ôta un poids considérable sur son âme. Elle semblait fatiguée mais n'avait l'air d'avoir subi quelconque maltraitance physique. Il lui ouvrit les bras en allant vers elle, la serra contre lui comme s'il ne l'avait pas vu depuis des années, embrassa sa chevelure en retenant ses larmes. Elle était là, c'était tout ce qui importait.

« J’ai cru qu’il s’en prendrait à toi... C’était Portau, j’en suis certaine ! Tu l’as vu ? Est-ce que tu as vu Portau ? Il doit y avoir une cicatrice, sur la joue, je l’ai blessé ! Il était venu pour toi !
Je suis tellement désolé qu'il s'en soit pris à toi, j'ai eu si peur si tu savais.
Il n'y avait qu'à voir le visage du jeune homme pour comprendre qu'il ne mentait pas. Tu vas bien ? Il ne t'a pas fait de mal ? Il était si inquiet de sa disparition, Philippe ne s'attendait pas à revoir la jeune femme, ou du moins pas totalement indemne. La cicatrice ? Je l'ai vue. Il a été la première personne que je suis allé voir après ta disparition. On s'est … battus, j'étais tellement en colère. Mais il avait cette marque sur la joue ! »[/b]

Portau, derrière cette sordide affaire, cela ne l'étonnait même pas. Au contraire, quelqu'un d'autre aurait été étonnant ! Il le paierait, Philippe ne laisserait pas cela impuni, foi de d'Artagnan ! Amour, Amour, quand tu nous tiens, on peut bien dire : Adieu prudence c'est bien connu. Il avait définitivement Élodie de son côté, elle avait vu la vraie face de ce fils du diable, capable de tout pour détruire ce qui l'entourait. Mais la vengeance ne serait pas pour tout de suite, les retrouvailles et savoir sa belle ici, avec lui, était le plus important. Il n'avait pu empêcher quelques larmes de couler sur son visage, mais ses yeux étaient aussi mêlés de la joie de la retrouver.

« J'ai tenté de te chercher partout, sans savoir où tu étais. Où est-ce qu'il te retenait ? Ce salaud est malin, il ne se laisse pas suivre, j'aurais dû insister ... Ah, cette infatigable culpabilité. Mais comment t'es-tu échappée ? »

C'était aussi toute la question. Il était certain qu'avoir Portau comme geôlier, la Bastille n'était rien à côté ! Ils allaient pouvoir reprendre le cours de leurs vies, même si ces derniers jours furent éprouvants, voire même traumatisants. Jamais Philippe ne pourrait plus rester calme face à Cédric, il voudrait le tuer à n'importe quel instant et éviterait de lui tourner le dos pour ne pas se faire tuer par un lâche comme lui. Ce désir de vengeance, la fatigue mais aussi le bonheur se mélangeaient, cela n'était pas vraiment chose courante. Ses yeux cernés entouraient son regard en colère mais le reste de son visage était si doux de voir sa belle devant lui, saine et sauve.

______________________


Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

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MessageSujet: Re: Catacombes ou l'enlèvement d'Elodie vers les enfers   02.08.13 19:23

Elodie, lorsqu’elle lança sa monture empruntée aux deux fermiers sur les routes de la campagne versaillaises, ignorait combien de temps avait duré sa captivité, et n’avait pas la moindre idée de ce qui avait pu se passer en son absence. Avait-elle disparu assez longtemps pour que l’on se soit mis à sa recherche ? Barnabé, qu’elle avait vu pour la dernière fois assommé au manoir d’Artagnan se souvenait-il de quelque chose ? Qu’en avait-il été à la caserne ? Un instant, elle songea à François, si prompt à s’inquiéter. S’était-il rendu compte de quelque chose, lui qui n’était plus à l’hôtel des mousquetaires mais à Saint Cloud ? Beaucoup de questions qui ne cessaient de lui tourner dans la tête, s’ajoutant à celles qui la hantaient depuis qu’elle s’était réveillée dans sa cellule, autrement plus inquiétantes, si bien qu’elle oublia rapidement de se préoccuper de ce que l’on avait pu penser de son absence pour continuer à ressasser, encore et encore, les paroles de Portau, cherchant avec ce qui lui restait de sang-froid à comprendre ce qu’il avait derrière là tête. Il avait été terriblement clair : toute cette mésaventure faisait partie de quelque chose de plus grand, quelque chose qui concernant Philippe et qui ne pouvait que lui nuire, ce qui, aux yeux de la jeune femme, urgent le besoin d’aller le prévenir, bien plus urgent que celui de mettre fin aux questions que l’on pouvait se poser à la caserne. Après tout, Eric de Froulay avait son petit secret, tout le monde savait, ses compagnons d’arme se trompaient juste allègrement sur la nature du secret en question. Cette disparition temporaire ne pourrait qu’enraciner les fausses idées que l’on se faisait sur le jeune mousquetaire, du moins, c’est tout ce qu’Elodie, dans sa hâte à se rendre au manoir d’Artagnan, était en mesure d’espérer. Tout ce qui comptait en cet instant était de voir Philippe, elle était de toute façon bien trop épuisée pour réfléchir à l’excuse qu’il lui faudrait trouver, et surtout trop inquiète. Portau avait beau avoir sous-entendu plus ou moins clairement qu’il ne comptait pas s’en prendre physiquement au duc de Gascogne, il n’était pas question de lui faire confiance ni de prendre le moindre risque – ne disait-on pas que la méfiance est mère de sûreté ? Et au fond, si la jeune femme talonna encore sa monture à l’approche du manoir en dépit de la fatigue qui lui commandait à chaque instant de s’arrêter, c’est qu’elle avait été assez éprouvée par l’aventure pour ne souhaiter qu’une seule chose : retrouver le duc, dans les bras duquel elle pourrait enfin se dire que tout était terminé.

C’est l’esprit tourmenté par ces trop nombreuses, trop sombres questions, et dans un état peu glorieux, fruit des longues heures – jours ? semaines ? – passées sans voir le soleil à se ronger les sangs, qu’Elodie fit irruption dans la cour du manoir, manquant de peu de s’effondrer en descendant de cheval, laissant à Barnabé le soin de s’occuper de la petite monture qu’elle comptait bien rendre à ses propriétaires. Elle n’avait pas besoin de plus de précisions : elle savait où trouver Philippe et s’élança pour gravir les quelques marches qui la séparaient de la chambre d’Arthur, laissant échapper un long soupir de soulagement lorsque se dessina face à elle la silhouette du jeune homme. Pâle lui aussi, visiblement épuisé, mais bel et bien là, ce qui suffit à achever de la rassurer et pendant un court instant, la poussa à s’abandonner dans ses bras, libérée du poids qui pesait sur sa poitrine et l’avait poussée jusque là, comme si elle était consciente que désormais, plus rien ne pouvait lui arriver malgré toutes les menaces de Portau, menaces dont elle tenta de parler à Philippe, mais toute cohérence avait abandonné ses paroles et Elodie ne parvenait plus qu’à aligner des phrases sans aucun rapport les unes avec les autres.
« Je suis tellement désolé qu'il s'en soit pris à toi, j'ai eu si peur si tu savais, l’interrompit le duc alors qu’elle cherchait à reprendre son souffle. Tu vas bien ? Il ne t'a pas fait de mal ? Elodie secoua négativement la tête.  La cicatrice ? Je l'ai vue. Il a été la première personne que je suis allé voir après ta disparition. On s'est… battus, j'étais tellement en colère. Mais il avait cette marque sur la joue ! »
Un second long soupir échappa à la demoiselle de Froulay, qui laissa un instant tomber sa tête contre l’épaule de Philippe tandis que ses derniers doutes s’envolaient. Elle savait pertinemment qu’elle avait blessé son agresseur, que Cédric le soit également ne pouvait être une coïncidence, et quoi qu’elle ne fût pas certaine de pouvoir se montrer soulagée de savoir qu’il s’agissait bien du comte de Gan – cette ordure était capable de tout – au moins n’auraient-ils pas à chercher qui pouvait bien être responsable de sa mésaventure. Poings serrés, Elodie se sentit saisie d’une nouvelle flambée de haine pour l’homme qui avait réussi à se hisser au rang de ses ennemis personnels, et se prit à lui souhaiter silencieusement toutes les morts possibles et imaginable, du meurtre sanglant à la stupide indigestion de melon.

« J'ai tenté de te chercher partout, sans savoir où tu étais, reprit le jeune homme. Où est-ce qu'il te retenait ? Ce salaud est malin, il ne se laisse pas suivre, j'aurais dû insister...  Mais comment t'es-tu échappée ? »
Elodie se redressa pour lever les yeux vers lui et, surprenant les quelques larmes qui avaient roulé sur ses joues, encadra son visage de ses deux mains pour lui adresser un sourire qui se voulait rassurant.
« Tu n’y es pour rien, Philippe, lui assura-t-elle. Personne n’aurait pu me trouver là où il m’a enfermée. Je… je ne sais pas moi-même où est-ce que j’étais. »
Une moue pleine de colère lui tordit les lèvres au souvenir de la cellule plongée dans l’obscurité dans laquelle elle s’était réveillée après avoir vainement tenté d’échapper à ses ravisseurs, dont elle était désormais certaine de l’identité. Sentant que la fatigue commençait à avoir raison des maigres forces qui lui restaient, Elodie se détacha, presque à regret, du jeune duc de Gascogne pour s’effondrer dans le fauteuil qui se trouvait auprès du berceau d’Arthur et ferma un instant les yeux.
« Je ne me suis pas échappée, j’étais gardée dans une cellule, quelque part sous terre je pense… Il a mis quelque chose dans ma nourriture, j’ai perdu conscience et je me suis réveillée au milieu de nulle part, conta-t-elle avant de froncer les sourcils. J’ignore même combien de temps j’ai disparu. »
Lasse, elle rassembla ses jambes contre sa poitrine et laissa sa tête tomber sur ses genoux, l’esprit confus. Elle ne pouvait rester plus longtemps absente de la caserne, mais elle était absolument incapable d’y retourner. A nouveau, elle songea que l’on avait dû se poser des questions sur son absence, et espéra qu’elle n’aurait pas à y répondre. Portau pouvait être fier de lui, il ignorait jusqu’à quel point ses petites manigances pouvaient se montrer dérangeantes, lui qui prenait visiblement plaisir à perturber la vie de ses victimes plutôt qu’à les achever. A cette pensées, Elodie se promit qu’elle ne laisserait pas cette mésaventure impunie, que le comte de Gan tout comme Ruzé lui paieraient cher sa captivité, même si elle devait elle-même s’abaisser à leur niveau et rentrer dans leur jeu. Il est des endroit où les ordures telles qu’eux, on les pend sans procès, c’est plus court, mais si elle aurait pu trouver une façon de les dénoncer aux autorités, la jeune femme renonça rapidement à cette idée. Non seulement ils seraient capables de s’en sortir, mais en plus, cette fin là était encore trop douce pour eux. Laissant échapper un soupir, elle redressa la tête pour croiser le regard de Philippe.
« Portau a quelque chose derrière la tête, Philippe. Je ne sais pas ce qu’il cherche à faire, mais il t’en veut, et toute cette affaire n’était qu’un début. Il a parlé de te manipuler, de supprimer les gens auxquels tu tenais… »
La jeune femme s’interrompit, cherchant vainement à se rappeler le reste des paroles de Portau mais celles-ci lui échappaient déjà, et il ne semblait pouvoir lui rester de sa captivité que quelques bribes de souvenirs. Elle hésita un instant avant de continuer, mais décida qu’elle ne pouvait laisser plus longtemps le duc ignorer quels étaient les gens qui se disaient ses amis.
« Philippe… Portau n’était pas seul. Ruzé était avec lui, je l’ai reconnu, souffla-t-elle. Cet homme est… il ne vaut pas mieux que Portau. Il faut que tu t’en méfies. »
Une nouvelle moue lui échappa, indéfinissable, mais elle ne voulait ni ne pouvait en dire plus, et passa une main nerveuse ses traits fatigués. Maintenant qu’elle avait tout dit, il lui semblait qu’elle était même incapable de faire le moindre mouvement. Levant les yeux sur Philippe, elle songea que son état n’était guère plus glorieux que le sien, et esquissa un sourire amusé.
« Tu as une mine affreuse, on dirait que c’est toi qui vient de passer des jours entiers sous terre, lança-t-elle dans une tentative de plaisanterie. »
Ils avaient tous les deux besoin de sommeil, et elle sentait que si elle fermait les yeux, elle ne les rouvrirait jamais – ou du moins, pas avant de longues heures de repos. Elle avait beau être inquiète, maintenant qu’elle était là avec Philippe, pour quelques temps du moins, elle était certaine qu’il ne pouvait rien leur arriver.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Catacombes ou l'enlèvement d'Elodie vers les enfers   07.10.13 23:01

Il y avait une flopée de sentiments qui montèrent à la tête de Philippe lorsqu'il vit Elodie de ses propres yeux : de la joie, du soulagement mais aussi de la culpabilité et de la colère. Tout cela fit accélérer son cœur à une vitesse que le pauvre organe avait bien du mal à endurer. Mais quel bonheur de sentir la belle contre soi, de la savoir enfin en sécurité, loin du monstre qui l'avait enlevé, qui se révéla bien sûr être Portau. Qui donc aurait pu orchestrer pareille machination ? Personne n'était capable d'un tel niveau de diablerie, mis à part Lucifer en personne et son digne héritier, Cédric. Mais ce fut l'amour qui eut le dessus en cet instant lorsqu'il la serra contre lui, sentant sa présence qui lui avait tant manqué, qui l'avait presque rendu fou. Philippe avait passé des journées affreuses, même si sûrement bien moins pires que sa belle. Déjà, elle n'avait rien, elle n'avait pas été maltraitée d'après son hochement de tête, et malgré son sale état, elle tenait encore sur ses jambes, le salaud n'avait pas été jusqu'à lui faire du mal physiquement. A présent, tout était fini ... du moins pour l'instant, ce douloureux épisode était terminé, à défaut de faire ouvrir un prochain chapitre de malheur. C'est là où la culpabilité prit le dessus, à se dire que tout était de sa faute, qu'il aurait dû être là, ou que c'est lui qui aurait dû être enfermé à la place d'Elodie ... Cela le marquerait un certain temps, à ressasser cela, à se monter la tête. Bref, faire pile ce que voulait Portau, le tourmenter inlassablement.

Élodie quitta les bras de son cher et tendre pour se laisser choir dans un fauteuil. Philippe put voir la fatigue sur son visage, la colère aussi, elle n'était pas du genre à se faire enfermer dans une cage, encore moins par Portau ! Elle semblait si déboussolée, le jeune homme posa une main sur son épaule, un geste rassurant mais aussi comme pour ne plus la laisser partir.

« Je ne me suis pas échappée, j’étais gardée dans une cellule, quelque part sous terre je pense… Il a mis quelque chose dans ma nourriture, j’ai perdu conscience et je me suis réveillée au milieu de nulle part. J’ignore même combien de temps j’ai disparu.
Cinq jours, lâcha t'il, amer. Il t'a bien cachée en tout cas. »

C'était long, cinq jours de captivité pour l'une, de recherche et d'insomnie pour l'autre, cela les avait épuisés, et ils savaient tous les deux que c'était loin d'être fini, ce n'était qu'un coup de Portau, une mise en bouche, qu'il pourrait se montrer plus dur, ils devront être davantage sur leurs gardes, qui sait de quoi il était réellement capable ... Alors s'il voulait la guerre, Philippe se battrait jusqu'à n'avoir plus un souffle de vie, c'était une promesse qu'il se faisait, il ne pouvait pas rester ainsi les bras ballants, bien qu'il ne savait pas comment contre-attaquer un ennemi de cette envergure. Il y eut une longue minute de silence où Élodie s'était recroquevillée sur elle-même, les révélations n'étaient pas finies, et Philippe n'était pas au bout de ses (mauvaises) surprises.

« Portau a quelque chose derrière la tête, Philippe. Je ne sais pas ce qu’il cherche à faire, mais il t’en veut, et toute cette affaire n’était qu’un début. Il a parlé de te manipuler, de supprimer les gens auxquels tu tenais…
Je ne comprends pas ... Il est étrange depuis qu'il est venu me voir il y a deux ans à Lupiac, comme si ... je ne sais pas, il repérait les lieux. C'est idiot mais ... Je ne le laisserais pas faire. Je dois retrouver papa. »

Il parlait davantage à lui-même, il avait besoin de ne pas se battre seul. Et s'il avait Élodie à ses côtés, son père ne serait pas une mauvaise aide, à condition de le retrouver. Il fallait mettre des rancœurs de côté pour en neutraliser d'autres, Portau était plus dangereux que Charles, du moins pour la vie de Philippe. Mais cela impliquait partir, et il aurait davantage la boule au ventre de s'en aller à présent, qui sait ce qu'il perdrait cette fois ?

« Philippe… Portau n’était pas seul. Ruzé était avec lui, je l’ai reconnu. Cet homme est… il ne vaut pas mieux que Portau. Il faut que tu t’en méfies.
Nicolas ? s'exclama t'il, surprit. Mais ... pourquoi ? Oh et ne t'en fais pas pour lui, il vaut mieux qu'il pense que je ne sache rien. Un ennemi à la fois. »

Tout devenait tellement opaque. Philippe n'avait jamais compris pourquoi Cédric le tourmentait de cette façon, et il n'était pas au bout de ses peines, et comprenait encore moins pourquoi Nicolas s'alliait avec un pareil gredin ! Philippe ne se mêlait pas de la querelle entre Ruzé et Alexandre, avait décidé de laisser une chance à Nicolas et cela s'était révélé payant, il se souvenait de cette bonne amitié ... envolée, dés à présent. Mais la fatigue empêchait tout raisonnement logique, et la pression sur les épaules du jeune gascon était retombée, il avait des nuits de sommeil à rattraper. Cachant sa bouche du revers de sa main, il étouffa un bâillement trahissant son état de fatigue. Il était temps de songer à se reposer, l'élaboration d'une stratégie de défense et la réflexion du pourquoi du comment était reportée au lendemain, chaque chose en son temps. La priorité était d'arrêter de malmener son corps et son esprit. Et c'est Elodie qui détendit l'atmosphère, sachant garder le sourire malgré l'heure grave.

« Tu as une mine affreuse, on dirait que c’est toi qui vient de passer des jours entiers sous terre.
Il faut dire que j'étais un homme occupé ces derniers jours. Ce n'est pas facile de tenter de secourir les demoiselles en détresse, il eut un petit sourire amusé à son tour, il était temps de se détendre. A mon tour de t'enlever, mais cette fois de ce fauteuil. Tu ne repartiras que demain à la caserne. Pour l'instant, tu vas dormir. Et moi aussi, d'ailleurs. »

Il la prit dans ses bras pour la porter à l'étage. S'il n'était pas dans un meilleur état, il puisa dans les dernières forces qui lui restaient pour la sortir de la chambre d'Arthur et passer dans la chambre de Philippe où il la déposa sur le lit. Il semblait qu'elle s'endormait déjà, à peine poser sur le matelas. Il l'embrassa une dernière fois et retourna dans la chambre d'Arthur, fermant doucement la porte derrière lui. Barnabé arriva, un peu déboussolé.

« Elle va bien ? Tu veux que je fasse quelque chose ?
Ne t'en fais pas, elle va bien ... pour l'instant. Elle a besoin de dormir et ...
Toi aussi.
Aussi. Il bailla tout en s'étirant. Prends Arthur avec toi en bas, moi je vais dormir dans la chambre d'Alexandre.
Mais il n'y a pas de draps ! » Il avait dit cela avec tant de conviction, comme si c'était d'une importance capitale, ce qui fit rire le jeune duc.

Les trois garçons, Arthur étant dans les bras de Barnabé, quittèrent cette chambre et leurs chemins se séparèrent. Philippe se rendit deux portes plus loin, ne prit même pas la peine de la fermer ni de quoi que ce soit, juste se laisser tomber sur le matelas de tout son long et laisser Morphée l'emmener. Le soulagement et les retrouvailles firent que les prochaines heures de sommeil furent salvatrices. De quoi récupérer pour de futures nuits blanches.

FIN


______________________


Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


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MessageSujet: Re: Catacombes ou l'enlèvement d'Elodie vers les enfers   Aujourd'hui à 7:14

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Catacombes ou l'enlèvement d'Elodie vers les enfers
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