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 Aliénor de Wittelsbach ♦

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AuteurMessage



« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il est libre de battre mais n'a pas trouvé qui serait digne de lui.
Côté Lit: Il n'y a que moi et parfois ma fille. Pas d'homme, pour cause d'absence de coeur qui bat.
Discours royal:



FEMME D'AUJOURD'HUI
elle flotte, elle hésite ...

Âge : 24 ans
Titre : Archiduchesse d'Autriche, duchesse douairière de Saxe-Zeitz et de l'Autriche inférieure
Missives : 641
Date d'inscription : 13/09/2012


MessageSujet: Aliénor de Wittelsbach ♦    13.09.12 22:01





Aliénor


de Wittelsbach




(HOLLIDAY GRAINGER)




« Elle flotte, elle hésite : en un mot, elle est femme. »

    ► 24 ans
    ► Archiduchesse d'Autriche, duchesse douairière de Saxe-Zeitz
    ► Germanique, des familles Wittelsbach et Habsbourg
    ► Veuve et mère
    ► Catholique
    ► Hétérosexuelle



♕  PROTOCOLE ♕ 
VERSAILLES : PARADIS OU ENFER ?

Loin de sa Vienne, Aliénor a parfois le vague à l'âme, même si Versailles a de quoi la divertir et la surprendre tous les jours. La beauté des lieux tout d'abord, bien loin de ce qu'on lui racontait, c'est beaucoup plus beau que cela ! Ce palais regorge de beauté à chaque fois que l'on pose les yeux quelque part, Louis XIV n'a pas fait dans la dentelle en voulant faire le plus beau château du monde. Et dans cet endroit cosmopolite, il est impossible de ne pas rencontrer des gens intéressants. Au milieu des grosses dindes et des séducteurs de pacotille, on pouvait trouver des personnalités attachantes, intéressantes et avec qui parler pendant des heures. Il est donc impossible de s'ennuyer entre ces murs et si on a besoin de distraction, il y a toujours les jardins pour se promener et la forêt pour chasser. Avec tous ces bals (bien qu'elle n'en soit pas friande), ces événements, ces théâtres et tout le divertissement que l'on peut y trouver, Aliénor serait bien difficile de ne pas trouver de quoi s'occuper.

Mais Versailles est aussi une prison dorée, Aliénor n'a pas été envoyée dans le but juste de se divertir. Son frère Maximilien a trouvé la couverture qu'elle devienne dame d'atours de la reine Marie-Thérèse d'Autriche, qui est aussi sa cousine, non pas par quelconque charité chrétienne mais parce que le meurtre de son mari n'est toujours pas résolu, et qu'il est certain que c'est sa petite sœur qui l'a commis. Alors l'envoyer loin de Vienne lui permettrait de se faire oublier, mais aussi enfin d'un peu vivre après avoir été l'instrument politique de sa mère puis de son frère, Ferdinand-Marie, l'électeur de Bavière. Si ce dernier n'a pas sa petite sœur sous le nez, peut être qu'il oubliera un temps de la marier.

COMPLOT : VÉRITÉ OU FANTASME PUR ?

L'empereur Léopold 1e a manqué de mourir par deux fois, au moins !, sous les coups d'un fou. On murmure de drôles de choses dans les couloirs de la Hofburg, alors pourquoi en serait-il autrement à Versailles ? Après tout, deux rois avant lui ont été assassinés ! Certes, ce n'était pas pour en mettre un autre sur le trône mais les rois restent des hommes, ils ne sont pas infaillibles et Louis XIV a beau se réclamer de Dieu, il n'en est pas moins que mortel. Après qui, cela reste un mystère complet, puis la demoiselle n'a pas la moindre piste, et ne cherche pas. Elle sait, c'est tout. Il n'y a pas de nom ni quoi que ce soit mais pour être issue d'une famille d'empereurs, Aliénor sait qu'il y a toujours des mécontents qui veulent en mettre un autre sur le trône.

COLOMBE OU VIPÈRE ?

Il paraît que c'est le sport national de toutes les cours d'Europe mais que celle de France en sort grande championne. Versailles ou Vienne, quelle véritable différence ? Mais Aliénor s'en moque en fait, elle les écoute quand cela arrive dans une conversation, certaines histoires sont très drôles à dire vrai. Alors oui, elle lance une histoire ou deux, jamais vraiment méchante, surtout des drôles et amusantes pour faire rire son entourage. Mais après, ce n'est pas son genre de les propager dans le seul but de commérer, elle laisse cela aux précieuses qui en font leur activité fétiche. Mais qu'il y a t'il de mal à écouter ? Surtout que l'on apprend de drôles de choses sur les gens, et même parfois sur soi ! Combien de fois Aliénor avait entendu parler d'elle dans les couloirs ? Et les gens sont rarement tendre, du moins à Vienne. Qu'en sera t'il à Versailles ?

DES LOISIRS, DES ENVIES A CONFIER ?

S'occuper de sa fille : Aliénor n'a pu emmener que sa première fille, Marie-Anne, à Versailles avec elle. C'est son aînée, son petit ange et elle n'a jamais voulu s'en défaire, peu importe les mariages et les autres enfants. Marie-Anne restera avec elle et la jeune femme a toujours essayé d'être une bonne mère pour cet enfant au destin particulier.
Le tir à l'arc : On n'y pense pas à en la voyant mais Aliénor est une excellente archère, art qu'elle maîtrise depuis son enfance, un des rares caprices que ses parents ont bien voulu lui céder pour son plus grand plaisir. Elle vise presque toujours juste et pour continuer sur sa lancée, elle s'est achetée un nouveau jouet : une arbalète. Croyez moi mais ce n'est pas facile de s'en servir et elle ne maîtrise pas toujours bien l'engin !
La chasse : Sport noble par excellence par tout aristocrate qui se respecte, elle ne fait pas exception. Ni à Dresde ni à Vienne on ne l'a brimé pour sa passion. Au contraire, on l'encourageait à continuer de chasser surtout que la dame est adroite et excellente cavalière.
la couture : Difficile de passer outre cette activité féminine par excellence, et Aliénor y excelle. Mieux, il lui arrive de faire elle-même des habits. Tout d'abord pour sa fille, puis ensuite pour elle-même. C'est encore plus flatteur quand on lui demande l'adresse de son tailleur tant la robe est belle !
La lecture : Si elle pouvait avoir des livres par centaine, ce serait une bénédiction ! A Schleissheim, la bibliothèque était grandement fournie mais les thèmes un peu trop récurrents. Elle adore particulièrement les romans et l'histoire. Il n'est pas rare de la voir un livre à la main ou en voir deux-trois qui traînent chez elle, déjà entamés.
Le mécénat : Grande amoureuse de l'art, Aliénor consacre une partie de sa fortune pour financer des artistes, principalement allemands et italiens, que ce soit des peintres, sculpteurs ou ébéniste, mais aussi auteurs et dramaturge. C'est une grande passion qui lui prend du temps
La collection : Aliénor adore l'art en général et c'est tout naturel qu'une mécène entame une collection. Elle aima particulièrement l'art japonais mais aussi les beaux mobiliers, mais aussi des objets décoratifs, mais elle apprécie aussi la peinture.
L'horticulture : La passion pour les fleurs lui est venue à Dresde, pour s'occuper. Elle a ce qu'on appelle la main verte et adore s'occuper de ses fleurs dans son coin de jardin.

♕  HOP, RÉVÉRENCE ! ♕
► Prénom en plusieurs lettres avec consonnes et voyelles
► XX
► Souvent, tout le temps ! Et si ce n'est pas moi, c'est un autre Razz
► Longue vie au Roi !
► Pfiou !
Amour



______________________

pion de l'échiquier politique
La femme est un monde mystérieux, incompréhensible. Elle se désintéresse de la logique ordinaire et n'écoute que la voix de son cœur. C'est pourquoi l'homme n'arrivera jamais à sa hauteur...


Dernière édition par Aliénor de Wittelsbach le 22.09.12 23:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Aliénor de Wittelsbach ♦    13.09.12 22:02


Biographie

d'Aliénor

_________________________________________________

L'histoire qui est contée ici est celle d'une demoiselle, maintenant d'une dame, à qui on dirait de nos jours qu'elle a grandi trop tôt. Mais elle est bien ancrée dans son époque. Avant de commencer à narrer son histoire, laissez moi vous présenter sa famille pour vous permettre de mieux comprendre d'où elle vient et pourquoi elle est venue à Versailles. Aliénor est issue de deux grandes familles – qui, à force ne forment presque qu'une – du Saint Empire Romain Germanique : les Wittelsbach (de la maison Bavière) et les Habsbourg. En effet son père est Maximilien 1e de Bavière, l'électeur de Bavière, et sa mère est Marie-Anne d'Autriche, fille de l'empereur Ferdinand II. Ah mais si seulement cela s'arrêtait là … Ceux qui connaissent la généalogie savent que les Habsbourg se marient entre eux depuis des générations, ce qui inclut les Wittelsbach. Un exemple ? Les grands parents maternels sont Ferdinand II et … Marie-Anne de Bavière, et cette dernière n'est autre que la sœur de Maximilien 1e de Bavière. Donc si vos calculs sont exacts, vous trouverez donc que Maximilien 1e est l'oncle de Marie-Anne d'Autriche et ils se sont mariés. Et ils ont eu des enfants sinon Aliénor ne serait pas de ce monde.
Ne soyez pas choqués, ce n'est que le début de la généalogie Habsbourg, si vous fouillez plus loin, vous verrez que tout n'est qu'une affaire de famille …

Aliénor est née dans une période de trouble dans l'Empire. Au niveau interne avec les querelles religieuses, protestants contre catholiques. Les protestants menés par Frédéric V du Palatinat jusqu'à sa mort en 1632, et les catholiques menés par son cousin Maximilien 1e de Bavière. Au niveau externe, la guerre faisait rage depuis 1618 dans toute l'Europe, épuisant les forces de toutes les nations impliquées, dont le Saint-Empire et la Bavière. La France prend petit à petit le chemin de la victoire. C'est donc dans un contexte bancal et chaotique que naît la petit Aliénor en 1642, troisième enfant du couple après Ferdinand-Marie né en 1636 et Maximilien en 1638. C'est à Munich que débute son histoire.

Kapitel I :
une enfance troublée
1642 - 1657


Château de Schleissheim, Munich, mai 1648

« Quelles sont les nouvelles ? » demanda une voix de femme.
« Votre époux a perdu la bataille de Zusmarshausen. Les suédois et les français l'ont chassés de son électorat. Il est à présent à Vienne où votre frère, l'empereur Ferdinand III l'a accueilli. » Le ton était sérieux, pas de place à la plaisanterie.
« Nous voici donc abandonnés, von Gronsfeld. Et que vais-je devenir ? Et mes enfants ? » La femme s'inquiétait, cela se voyait dans son air deséspéré.
« Les ennemis ne restent plus à Munich depuis la peste de 1634. Ils partent pour Vienne mais le temps n'est pas à leur avantage. »

Assise dans un fauteuil rouge, Marie-Anne d'Autriche retenait ses larmes. Elle s'était mariée à son oncle Maximilien 1e de Bavière, de trente-sept ans son aîné, depuis douze années. Elle n'avait connu qu'une Bavière triste et ravagée, seul le château de Schleissheim était l'abri de la famille. Ici vivaient quelques membres de la famille de Wittelsbach, dont ses trois enfants. En face d'elle, debout et droit comme un i, le militaire Jost Maximilian von Gronsfeld, chef des armées de Maximilien, qui venait aux nouvelles après la terrible défaite que subissait une nouvelle fois, l'Empire. Derrière une porte, trois têtes blondes écoutaient attentivement sans tout comprendre. L'aîné, Ferdinand-Marie, avait déjà douze ans et savait que ce qu'il se passait était grave. Les deux autres, âgés de dix et six ans, comprenaient juste que leur mère était triste. Les enfants connaissaient mal leur père, toujours entre deux batailles et trois ordres, Aliénor le voyait comme un homme imposant, fort mais fatigué, comme un vieux chevalier. Quant à sa mère, Marie-Anne ne montrait pas grande tendresse envers ses enfants. Elle les aimait, venait les voir, leur parlait. Parfois, il y avait quelques signes de tendresse mais ils étaient confiés à des précepteurs pour les garçons et à une gouvernante pour la petite fille.

Malgré la description ci-dessus, Aliénor n'était pas malheureuse, loin de là. Le château de Schleissheim était beau, de style italien, et suffisamment grand pour y jouer en famille. Les grands jardins à la française étaient d'une grande beauté avec ses fontaines et son canal, c'était le petit paradis des enfants. Si son aîné était trop grand, Maximilien suivait souvent sa petite sœur dans ses jeux, et même les cousins venus au château car la guerre ravageait tout aux alentours. A six ans, Aliénor était une belle petite fille, joyeuse, sage en public mais indisciplinée lorsque le public s'en allait. Elle aimait jouer à cache-cache et faire tourner en bourrique sa gouvernante, Brigit, qui s'amusait malgré tout, bien qu'elle levait les yeux au ciel à chaque bêtise de sa protégée. Cette même gouvernant qui, mains sur les hanches, toussota discrètement pour que les enfants se retournent.

« Hé bien que faites vous ici ? Ferdinand-Marie, votre professeur de latin vous attend. Et vous Maximilien, celui d'armes. Quant à vous jeune fille, Aliénor lui fit un regard triste d'une enfant prise sur le fait, il me semble que je vous n'ai pas autorisé à vous promener seule. Venez. »
« Si vous me dites ce qu'est la trêve d'Ulm. » La petite fille se faisait effrontée alors que ses frères la quittaient déjà.
« Me poser des questions politiques à moi ! Soit. La trêve d'Ulm était un document pour la paix signé par votre père et d'autres hommes de l'empire. »
« Mais la guerre est toujours là. »
« Parce que certains ne l'ont pas respectés. Ce sont les aléas de la politique, j'espère que vous comprendrez mieux que moi en grandissant. Maintenant, suivez moi, je dois coiffer vos longs cheveux pour paraître ce soir. »

La petite fille n'eut pas d'autre choix que de prendre la main que lui tendait Brigit et de la suivre, un peu à contre cœur. Elle aurait voulu en savoir plus, même si elle ne comprenait finalement pas grand chose à la conversation. Ses deux frères avaient fait la course dans le grand couloir pour se dépêcher. Elle aurait tellement aimé faire de même mais il était hors de question, sa gouvernante lui tenait fermement la main. D'autres jours, elle pourra courir dans le jardin et s'amuser mais elle était beaucoup moins libre que ses cousins ou que ses frères, couvée telle une petite princesse. C'est que Marie-Anne avait de grands projets pour son unique fille, mais nous y reviendrons plus tard. En attendant, l'enfant se fit coiffer sa magnifique chevelure blonde et révisait ses leçons.

Quant à la guerre, elle se termina en octobre 1648 avec la signature du traité de Westphalie. Si l'Empire n'en sortait pas grand gagnant, mais la Bavière se voyait aussi attribuée le Palatinat. Maximilien, qui avait participé aux négociations du traité et avait fait la paix avec l'empereur, put rentrer à la fin de l'année 1648 chez lui où il reçut une ovation de la part des munichois avant regagner la Résidence de Munich, autre palais des électeurs de Bavière. Là, il reçut un chaleureux accueil de sa famille. Une vie normale pouvait commencer, ou presque …

Palais de la Hofburg, Vienne, juin 1650

« Arrêtez de bouger, bon sang ! Je veux juste bien mettre votre robe, il faut que vous fassiez bonne impression tout de même. » s'énerva Brigit.
« Cette robe est inconfortable. Je ne l'aime pas. »
« Votre mère l'aime, elle. Et moi aussi. On ne vous demande pas de l'aimer mais de paraître belle. »

Aliénor fit une moue boudeuse, contrariée qu'on la mouche aussi vite. L'enfant avait huit ans et était toujours aussi jolie, faisant la fierté de ses parents par son intelligence et sa grâce. Elle dansait merveilleusement bien et elle repassait ses leçons sans trop rechigner. Il n'y avait que la discipline qui n'allait pas toujours, l'enfant avait besoin de se dépenser et de suivre ses frères dans les jardins pour courir et s'amuser mais ce n'était pas toujours correct pour une petite fille de son rang. Quand elle voulut chasser, ses parents s'y opposèrent clairement mais elle insista tant que tous trouvèrent un compromis : pas de chasse mais des cours de tir. Tir à l'arc bien sûr, il était hors de question qu'une fille de son âge tienne une arme à feu. Enfin, est ce qu'un arc était moins dangereux ? Pas vraiment, surtout quand une des flèches passa à quelques centimètres du surintendant du château, quelques sculptures furent des cibles malgré elles aussi. Heureusement, après quelques cours, Aliénor se débrouillait beaucoup mieux et son professeur lui trouva même un certain talent.

Mais à Vienne, pas question de tirer à l'arc, il fallait qu'elle soit parfaite en tout point de vue et cela allait jusqu'à la position des dentelles à sa manche et la régularité de ses boucles. C'est à ce moment que Marie-Anne entra dans la pièce et observa sa fille avant d'avoir enfin un petit sourire satisfait. Aliénor aimait quand sa mère souriait, cela prouvait que la petite fille faisait quelque chose de bien.

« Aliénor, vous souvenez vous de votre cousin, Léopold ? » Demanda Marie-Anne, douce et bienveillante sur sa fille.
« Je ne l'ai vu que quelques fois mais je m'en souviens bien. »
« Et comment le trouvez vous ? »
« Il n'est pas fort beau, surtout son … menton. Mais il est très gentil, et bon joueur de musique. J'aime beaucoup jouer avec lui. »
« Bien, bien. »

Aliénor ne comprenait pas toutes ses questions à dire vrai, ni l'air satisfait de sa mère lors de ses derniers mots. Elle n'était qu'une enfant mais n'était pas stupide, la jolie blonde voyait bien qu'il se passait quelque chose sans savoir quoi. Mais pas le temps de trop se poser de questions, ses frères et elle devaient faire leur entrée dans la grande salle. Les grands de la Cour viennoise purent ainsi voir l'archiduchesse d'Autriche et ses trois enfants apparaître aux yeux de tous. Cela était impressionnant et grisant à la fois, Aliénor se croyait comme dans un rêve tout en marchant, le port de tête haut, s'avança jusqu'au trône de l'empereur Ferdinand III et de ses fils, l'héritier Ferdinand-François et Léopold. Il ne s'agissait là que d'une réunion de famille à la vue de tous avant que le bal commence. Aliénor, en petite princesse qu'elle était, put danser avec ses frères, avec son cousin Ferdinand-François puis enfin avec Léopold. Il n'avait que deux ans de plus qu'elle, n'était pas bien beau mais était doux dans ses gestes et souriant.

« Savez vous ma cousine que mon père et votre mère ont l'intention de nous marier ? »
« Voilà donc pourquoi je dois rester les prochaines semaines à Vienne. Cela vous dérange, mon cousin ? »
« Pas le moins du monde. Vous êtes ici chez vous. »

Elle lui adressa un adorable sourire tout en continuant de danser avec grâce. Ce bal était un petit enchantement et à huit ans, on ne se rend pas totalement compte de ce que le mariage peut être concrètement. L'enfant put un peu mieux savoir ce que cela signifiait durant les semaines et même les mois qui s'en suivirent. Aliénor resta tout l'été jusqu'à l'automne à Vienne en compagnie de Léopold et son frère Maximilien. Elle retourna à Munich quelques mois avant d'assister, ainsi que toute la famille, au remariage de Ferdinand III avec Éléonore de Nevers-Mantoue. La paix avait repris le dessus, l'Empire se reconstruisait, la Bavière aussi. Maximilien 1e œuvrait pour relever son pays des ruines du trop long conflit qui avait perduré. Mais comme toutes les bonnes choses, elles ont une fin, et souvent tragique.

Église Saint-Michel, Munich, septembre 1651

L'encens piquait les yeux de la jeune enfant, à moins que ce ne soit le chagrin qui la faisait pleurer. En fait, un peu des deux. Le 27 septembre 1651, Maximilien 1e de Bavière faisait ses adieux à son enveloppe corporelle, laissant derrière lui une veuve, un nouvel électeur de quinze ans seulement et deux autres enfants, ainsi que tout un royaume éploré. Chef de la ligue catholique, fervent adorateur de ses terres qu'il a toujours voulu protéger et qu'il a fait reconstruire petit à petit après la guerre. Alors aujourd'hui, devant l'église Saint-Michel qui abrite la crypte des Wittelsbach, tout un peuple s'était réuni. A l'intérieur, il y avait foule : famille, conseillers, amis, dignitaires de l'Europe, l'ancien électeur rassemblait du monde.

Et tous ces gens avaient les yeux tournés vers les enfants : Ferdinand-Marie était le nouvel électeur, il n'était encore qu'un adolescent, Maximilien-Philippe était un garçon adorable, jeune duc de Bavière-Leuchtenberg qui avait encore tout à prouver. Et enfin Aliénoir, neuf ans, une adorable petite bouille, des cheveux d'or délicatement relevé et ces grands yeux embués de larmes. Elle épouserait sûrement son cousin Léopold, le fils de l'Empereur, elle était destinée à de grandes choses même s'il était difficile de savoir ce qui se passait dans son esprit d'enfant.
Hé bien, elle essayait de comprendre. La mort a beau être omniprésente à cette époque, c'était le premier parent proche qu'elle perdait. Elle était un peu triste mais ne connaissait pas vraiment son père. Elle l'avait bien vue à la Résidence de Munich ou à Schleissheim, souvent à son bureau, à parlementer, à recevoir des hommes à l'air sérieux … Aliénor l'avait parfois observé, souvent de loin et parfois il venait l'observer danser, ou jouer de la harpe, applaudissait les progrès au tir à l'arc et lui faisait des compliments avec le sourire. Voilà, c'était à peu près tout. Alors oui, il allait lui manquer mais le chagrin passerait après quelques mois, ou seulement semaines.

C'était juste une triste journée, bien que le soleil rayonne au dehors. Mais il faisait un froid glacial à l'intérieur. Et cet insupportable encens, cela pouvait faire pleurer n'importe qui. Même une petite fille n'écoutait pas la messe, ayant l'air ailleurs …

Résidence de Munich, avril 1655

« Aliénor, m'écoutez vous ? C'est pénible à la fin cette manie de vous perdre dans vos pensées. »
« Pardon, mère. » Aliénor baissa les yeux
« Comme vous n'avez pas écouté, je vous répète. Maintenant que Ferdinand-François n'est plus de ce monde, c'est votre cousin Léopold qui est à présent l'héritier du trône, il est même roi de Hongrie ! Vous pensez bien que votre union avec lui n'est plus à l'ordre du jour. »

Aliénor hocha de la tête. L'enfant se métamorphosait en une magnifique jeune fille de treize ans à présent. Sa silhouette devenait petit à petit celle du femme, bien qu'elle gardait encore ses joues d'enfants et sa lueur enfantine dans le regard. Que dire de cette union ? Elle n'en était pas triste que cela ne soit plus à l'ordre du jour mais se savait à présent une cible pour tout autre mariage, sauf si Léopold changeait d'avis bien sûr, sait on jamais.

Enfin, pour l'instant, Marie-Anne d'Autriche ne trouvait pas sa fille à la hauteur pour un mariage. Certes, l'adolescente avait de bonnes qualités en société car elle était polie, aimable, maniant l'étiquette et sachant se tenir ; elle savait aussi très bien jouer de la harpe, adorait coudre (d'ailleurs la robe rosée qu'elle portait ce jour là était de ses petites mains), elle était intelligente et passionnée de lecture. Mais quel caractère et puis toujours à vouloir partir à la chasse où elle pouvait tirer à l'arc version grandeur nature, puis incapable de rester en place si elle ne s'occupait pas. Et puis ces absences à répétition ! La mère en avait assez, trouvait cela malpoli et n'était pas la seule à le remarquer. Seulement, ce n'était pas de l'insolence ou une mauvaise volonté de la part de la jeune fille, elle ne s'en rendait même pas compte ! Ces absences étaient en effet une véritable maladie. En pleine crise, la demoiselle perdait brusquement le contact avec un regard vitreux, n'avait aucune réactivité aux stimuli et clignaient mécaniquement des paupières. De nos jours, on parlerait d'épilepsie mais à l'époque, on ne connaît pas cela, ni même les autres crises qu'Aliénor fait, comme des hallucinations sensorielles ou une grande sensibilité tactile. Mais à cette époque, on prend cela pour de l'insolence et les petites hallucinations sont juste des moments d'incompréhension de la part de l'entourage, voilà tout. D'ailleurs …

« Et voilà, vous recommencez ! Cela doit cesser Aliénor, comment voulez vous que l'on vous prenne au sérieux, que l'on vous apprécie avec un tel comportement ? Je ne supporterais pas cela bien longtemps. »

Et la mère tourna les talons pour quitter le salon où Aliénor ne bougeait pas, ne comprenant pas vraiment les reproches. Il faut dire qu'elle ne s'en rendait pas compte et ne comprenait donc pas le mépris que certaines personnes avaient pour elle ni ce genre de reproches. C'est à ce moment là que son frère Maximilien-Philippe arriva. Malgré ses dix-sept ans, il écoutait encore aux portes pour savoir ce qu'il s'y passait. La jeune adolescente tourna les yeux vers son frère, avec une lueur d'incompréhension dans les yeux.

« Maximilien, de quoi parle t'elle ? »
« Parfois tu es ailleurs quand on te parle. Tu es juste un peu tête en l'air, fais y attention. Viens, n'y pense plus, on va se promener. »

Elle acquiesça doucement. Si avec son aîné, elle n'avait pas de grande relation fraternelle, bien qu'ils s'appréciaient tendrement, Aliénor aimait profondément son autre frère. Elle le trouvait gentil, beau, intelligent et toujours aux soins pour elle. Si elle devait se marier, ce serait avec un garçon comme Maximilien-Philippe. Mais entre ce qu'on veut et ce qu'on a, il y a souvent une différence.

Château de Schleissheim, Munich, février 1657

« Me marier ? »
« En tant que femme, nous y passons toutes un jour. Et je ne vous ai pas marié au premier venu. »
« Est-ce mon cousin Léopold ? » espéra la demoiselle.
« Non. Le ton de la mère fut sec avant de reprendre plus doucement. Vous épouserez le duc de Saxe-Zeitz, de la famille de Wettin-Saxe. Un bon parti, un homme intelligent, membre de l'Ordre du Palmier. Le mariage par procuration aura lieu au début de l'été, puis vous partirez pour Dresde, où vous serez duchesse de Saxe-Zeitz. »

Marie-Anne d'Autriche était heureuse de cette union, les Habsbourg cherchaient depuis quelques temps à se lier avec les Saxe et Aliénor était le parfait intermédiaire. Il n'avait pas encore quinze ans, c'était une jeune et jolie demoiselle qui devait encore s'épanouir près des siens. Mais depuis quelques année, on lui avait bien expliqué le principe matrimonial, où il ne fallait pas y voir que de l'amour, mais faire preuve de courage pour le bien de la famille. Malgré tout, cela faisait un choc, la demoiselle espérait vivre quelques années de plus à Munich et pouvoir se rendre quand bon lui semble à Vienne où l'empereur Léopold – qui n'avait toujours pas d'épouse, soit dit en passant – l'accueillait à bras ouverts. Mais qui connaissait-elle à Dresde ? Cela serait difficile de ne pas pleurer, comme à cet instant. D'un pas décidé, Aliénor ferma derrière elle les portes de ses appartements et se laissa tomber sur le lit, laissant couler quelques larmes silencieusement. C'était le contre-coup de la nouvelle. Après tout, sa mère ne l'aurait donné au premier homme venu, elle lui faisait confiance. Donc ce Maurice de Saxe ne pouvait être qu'un bon parti, il fallait s'en convaincre. Brigit se tenait dans un coin de porte et n'osa pas entrer de suite, laissant la jeune femme se remettre de ses émotions tranquillement puis fit son entrée comme si de rien n'était pour servir la jeune femme, l'air de rien.

« Brigit, partiras tu avec moi à Dresde ? »
« Non, mademoiselle. Mon travail s'arrêtera le jour où vous quitterez votre famille. »
« Mais … sa voix s'étrangla. Je ne connais personne la-bas, comment vas-je faire ? »
« Vous êtes une fille intelligente, douce et pleine d'esprit, vous trouverez des gens à votre hauteur d'esprit. Puis votre frère viendra vous voir et je doute que votre époux vous empêche de revenir à Vienne. Allons, ne pleurez pas. »

On avait bien marier des filles beaucoup plus jeunes, ou du moins les fiancer, certaines avaient grandi loin de leur famille pour mieux s'imprégner de la future cour où elles passeraient leurs vies. Aliénor avait grandi parmi les siens et, Brigit avait raison. Elle ne se sentait pas encore capable d'être une épouse, se sentant trop jeune dans sa tête. Mais la jeune femme n'était pas du genre à se rebeller, car tel était le destin d'être une fille de sa condition. Et puis son frère aîné Ferdinand-Marie avait bien épousé Henriette de Savoie alors qu'il n'avait que seize ans, il y cinq ans de cela, donc tout le monde doit accepter sa condition. Dans la soirée, Maximilien-Philippe vint la voir et la serrer dans ses bras.

« Promets moi que tu viendras me voir. »
« Promis. Après tout, Dresde n'est pas le bout du monde. »

Les mois suivants furent consacrés à son départ, au trousseau qu'elle emmènerait dans son futur domicile, la confection de la robe, où Aliénor y participa car elle adorait la couture et avait ce qu'on dirait un véritable don. A la fin de l'été, le mariage par procuration eut lieu dans la chapelle de la Résidence de Munich, puis Aliénor dut dire au revoir à sa famille et à Brigit avant de partir pour Dresde, où sa vie de jeune femme commençait …




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MessageSujet: Re: Aliénor de Wittelsbach ♦    17.09.12 16:27




Kapitel II :
des mariages arrangés
1657 - 1665


Château de Moritzburg, Zeitz, octobre 1657

Le mariage allait être grandiose. Maurice de Saxe-Zeitz était veuf depuis 1652 et se remariait donc avec Aliénor sous le regard de toute la Cour de Saxe et des alentours. Voilà un couple assez mal assorti, lui avait déjà les traits tirés alors qu'elle respirait la fraîcheur de ses quinze ans alors qu'il en avait déjà trente-huit. Oui, il avait vingt-trois ans son aîné mais pour avoir vu ses parents avoir une trentaine d'années de différence, la demoiselle n'avait pas vraiment relevé, s'était juste sentie intimidée de savoir comment tout allait se passer avec un homme de cet âge. Il l'avait accueilli chaleureusement, ainsi que le reste de la Cour. Personne ne semblait être méchant ou à vouloir lui jeter des pierres, cela la rassurait.

Le mariage était proche, les derniers préparatifs autour de la mariée donnaient le tournis à Aliénor qui ne savaient plus où donner de la tête. Sa robe était magnifique, flamboyante sans trop être clinquante, d'une finition rare, en particulier la dentelle autour de son décolleté et à ses manches. Des demoiselles lui accrochaient des pendants aux oreilles, parèrent ses poignets de fins bracelets et son cou reçut une rivière de diamants. Dans le miroir, elle s'observait et se trouvait assez jolie pour paraître devant cette cour où elle ne connaissait pas grand monde. Son cœur battait à tout rompre, mais ce n'était pas de sentiments, juste de la peur. Peur de faire une bourde face à toute cette cour, peur de … grandir. Car lorsqu'elle sera mariée, elle ne sera plus une demoiselle mais une fille mariée, elle allait découvrir une autre partie de la vie, chose qu'elle n'était pas prête à l'instant. Dans ses grands yeux bleus, cette peur se lisait distinctement et tout son corps restait tendu pour ne pas pleurer. Il fallait faire honneur à son rang, à son nom et franchir cette première étape pour grandir.

En effet, ce fut un mariage grandiose. La fête qui suivit fut une des plus belles à laquelle Aliénor avait assisté dans sa courte vie. Tout le monde s'amusait et elle tentait de faire autant, partagée par son émerveillement et sa peur. Surtout sa peur que la fête se finisse, sachant très bien ce qui allait se passer après. Mais avant, il fallait s'étourdir dans les danses, les rires et les confiseries. Elle partagea une danse avec celui qui devenait son neveu alors qu'il avait deux ans de plus qu'elle, Derek, un beau jeune homme dont elle aurait tout le loisir d'apprendre à connaître dans les mois à venir.

Mais la fin tant redoutée arriva. Maurice emmena sa future femme loin de la foule et elle fut confiée à ses demoiselles qui l'emmenèrent dans ses appartements. Le silence qui régnait dans la pièce était pesante alors qu'on lui retirait sa longue robe, qu'Aliénor revêtit une longue chemise, qu'on la coiffe et qu'on la prépare à se mettre au lit. Elle tremblait de tous ses membres mais ne montrait rien sur son visage, tentant de rester digne dans ces circonstances. Puis son époux arriva, resta dans l'encadrement de la porte avant de s'avancer doucement pendant que les domestiques s'en allaient. Derrière lui, quelques personnalités de la Cour venus pour être bien sûrs que la demoiselle répondait à la condition de virginité. Ils furent bien satisfait de savoir que ce qui s'était passé dans ce lit aux tentures tirées étaient sa première fois. Quant à Aliénor, elle fut bien contente qu'il parte, cela laissait le loisir de pleurer une partie de la nuit. Voilà, elle apprenait à grandir …

Résidence de Dresde, mars 1658

« Qu'avez vous fait ? »
« Je sais que cela est mal … » dit Aliénor et baissant le regard.

Quelques larmes lui vinrent alors qu’Éléonore, après hésitation, la prit dans ses bras. La favorite du duc de Brandebourg avait pris la nouvelle duchesse de Saxe-Zeitz sous son aile, appréciant le caractère de la jeune fille. Aliénor avait trouvé en la rousse une sorte de grande sœur, un mentor dont elle avait besoin pour avancer dans sa nouvelle vie. Mais quand on a tout juste seize ans, il n'est pas évident de déceler le bien du mal, surtout quand les sentiments s'en mêlent …

Les deux époux passaient le plus clair de leur temps à Dresde, le cœur de la cour saxonne où Aliénor pouvait découvrir sa nouvelle vie et tisser de nouvelles amitiés. Parmi ce monde, Éléonore Sobieska qui passait régulièrement par Dresde. Si les deux gardaient une attitude positive en toute circonstance et un besoin de se défouler, en allant à la chasse par exemple, les confidences d'aujourd'hui n'étaient pas les plus joyeuses qui soit. Il faut dire qu'Aliénor avait fait une petite bêtise d'adolescente : avoir le béguin pour un jeune homme. Cela n'avait rien de mal tant que cela reste secret et qu'on ne fait rien. Mais la jeune femme tentait d'attirer l'attention dudit garçon, toujours entouré d'une nuée de demoiselles à ses pieds. Cela n'était pas gagné mais, malgré ses seize ans, Aliénor tentait de mettre ses atouts de côté, de lui faire la conversation et être avec lui le plus souvent possible. Cela n'était pas vraiment discret, même si personne ne semblait y voir le mal, juste que la jeune fille cherchait à sympathiser avec des gens de son âge. Le pire n'était pas qu'elle avait des sentiments pour quelqu'un d'autre que son mari, mais surtout qu'il s'agisse du neveu de son mari, le propre fils du duc de Saxe, le fameux Derek avec qui elle avait dansé à son mariage. Un garçon intelligent mais arrogant et surtout, avec assez d'admiratrices pour butiner jusqu'à sa mort.

Aliénor avait gardé ce secret depuis quelques longues, trop longues semaines, ne connaissant pas assez le monde autour d'elle pour trouver à qui se confier sans que cela ne se répète ni qu'on lui fasse la morale. Alors elle s'était tut, et ses absences n'avaient fait que croître au fil du temps, ce qui n'aidait pas dans les conversations. Alors quand son amie revenait à la Cour, n'y tenant pas, la nouvelle duchesse de Saxe-Zeitz s'était confiée, avec pudeur puis franchement, peu fière d'elle.

« Si ce ne sont que des sentiments ! Il n'y a rien de grave ! »
« Mais s'il y a plus ? »
« Qu'entendez vous par là ? »
« Hé bien que je sois … Elle hésita de longues secondes. allée plus loin ? » Elle leva les yeux vers son amie, avec la peur d'être jugée.
« Racontez moi, je ne vais pas vous manger. » demanda calmement la polonaise, avec un petit sourire bienveillant.

Aliénor s'assit dans un large fauteuil et invita son amie à faire de même. Elles étaient seules dans le petit boudoir de la duchesse, il n'y avait rien à craindre. Encore une fois, elle hésita, lissa les plis de sa robe avec application, soupira et enfin démarra son récit.

« C'est peu après votre départ, il y a quelques semaines, que cela s'est passé … »

A la mi-janvier, la cour fêtait la naissance d'Henri, le neuvième enfant d'Auguste de Saxe-Weissenfels, le frère de Maurice et du duc de Saxe Jean-Georges II. Il y avait grand bal, tout le monde était fortement enthousiaste, l'alcool coulait à flot. Aliénor ne buvait pas plus que cela, préférait rester lucide dans ces instants et profiter de ces amusements. Là encore, elle était tellement en beauté dans sa belle robe à la française rouge et blanche et sa coiffure en nattes, difficile de ne pas se tourner vers elle, les hommes la trouvaient si belle. Mais elle s'en moquait, ce n'était pas une fille vaniteuse et elle cherchait une de ses amies qui, comme beaucoup de filles à Dresde, cherchait à attirer l'attention de Derek. Aliénor avait décidé de renoncer à plaire, cela n'était pas raisonnable et cela demandait trop d'efforts pour rien n'avoir en retour. Et c'est pourtant ce soir là, alors qu'elle retrouvait son amie Ingrid que Derek vint jusqu'à elles.

« Voulez vous danser, duchesse ? » avait il demandé en tendant sa main vers une Aliénor troublée mais ravie.

Elle avait bien entendu accepté, ne cachant pas sa joie d'être invitée et le suivant avec un large sourire sur le visage. En cet instant, Aliénor irradiait de bonheur et s'appliquait dans sa danse comme jamais. La soirée avait continué où Derek revenait souvent là voir, à moins que ce soit la jeune fille qui vint à lui, n'hésitant pas à bousculer les dindes autour de lui, vu qu'elle était de la famille à présent et se sentait un peu pousser des ailes. Les deux jeunes gens avaient donc discuté et, sans vraiment s'en rendre compte, Aliénor flirtait un peu avec celui qui était, grâce au mariage, son neveu. Puis, fatiguée de tant bouger, elle avait voulu regagner ses appartements et Derek l'avait raccompagnée.

« Et nous nous sommes embrassés. »

Aliénor était devenue écarlate de raconter cela, ses yeux étaient rivés sur le sol. Si elle ne disait que cela à propos du baiser, elle avait encore en tête ce qu'il s'était passé. Dans les couloirs de la Résidence, Derek l'avait entraîné derrière une large colonne de marbre, il entouré sa taille de ses bras et l'avait serré contre lui puis s'était penché pour lui donner un baiser. Tout d'abord assez chaste, celui-ci devint plus passionnel, plus fougueux. Les mains de Derek avait commencé à doucement se promener sur le corps de la jeune femme qui se laissait faire, jusqu'à qu'un bruit ne vienne de pas loin. Revenant à la réalité, Aliénor s'était détachée, prise de panique et les joues rougies, puis elle était partie à ses appartements, d'un pas rapide. Une fois la porte fermée, elle s'était appuyée contre pour se remettre de ses émotions, partagée entre la joie et la terreur.

« Si ce n'est qu'un baiser, il n'y a pas mort d'homme ! Et puis personne ne vous a vu, vous n'avez rien à vous reprocher à cette soirée, Aliénor ! » rassura Eléonore.
« Cette soirée là peut être … Elle prit une inspiration pour se donner du courage. Mais deux jours après, il n'y a eu personne pour nous séparer. »

Derek n'était pas un homme à qui on disait non ou qui n'arrivait pas à ses fins, surtout quand la demoiselle en question lui mangeait dans la main. Deux jours après leur baiser, il s'était incrusté dans une balade d'Aliénor avec quelques dames de compagnie. Puis il s'était mis à côté d'elle durant le repas impérial. Ce soir là, Maurice de Saxe-Zeitz se sentait un peu fiévreux et s'était couché tôt, il était certain que dans son état, il ne viendrait pas voir sa femme ce soir là. Derek l'avait bien compris et c'est aussi pour cela qu'il entraîna la jeune fille dans ses appartements, à l'abri des regards. C'est dans cette chambre que s'est déroulé cet adultère qu'elle avait voulu, désiré. Il faut dire que son amant du soir était bien plus beau que le mari, qu'il avait plus de fougue et de passion. Cette nuit là, Aliénor découvrit vraiment la passion dans les bras d'un homme. Elle en rougissait toujours quand elle y pensait.

« Et cela est arrivé une seule fois ? »
« Non, trois fois. » répondit Aliénor, un peu honteuse.
« Je n'ai aucune intention de vous juger, juste vous prévenir de faire attention à vous. Vous avez pris des risques pour si peu de choses. »
« Ce n'était pas si peu à mes yeux … Elle releva enfin la tête. Mais cela n'arrivera plus, soyez en sûre.  » Le ton était plus sûr que pendant son récit.
« Bien, je vous fais confiance. Pour ne plus y penser, sortons d'ici. Je déteste rester assise à ne rien faire ! Il fait grand soleil dehors, le grand air vous fera du bien ! »

Et les jeunes femmes s'en allèrent, Aliénor avait un petit poids en moins sur la conscience, certaine de pouvoir mettre cette petit aventure derrière elle. C'était sans compter le destin qui s'acharnait sur elle …

Château de Moritzburg, Zeitz, septembre 1658

« Poussez madame, poussez ! »

En guise de réponse, Aliénor hurla de douleur. Sur le lit, allongée et tout ce monde autour d'elle, la jeune femme transpirait, le visage rouge par la douleur et les efforts donnés, s'accrochait aux draps, les serrant au plus fort au fil des heures. Elle était épuisée, avait l'impression que le petit être qu'elle mettait au monde allait la tuer tellement la douleur était vivace. Son époux était à Dresde et on le disait en chemin pour voir son enfant arrivé, persuadé qu'il s'agissait d'un fils. Puis tout d'un coup, après plusieurs heures, un cri se fit entendre, et cette fois, ce n'était pas la duchesse, mais bien un hurlement d'enfant, d'une petite fille. Elle fut mis entre les mains des nourrices pour la laver et l'emmailloter comme il le fallait. Ce n'est qu'une heure après l'accouchement qu'Aliénor put enfin l'avoir dans ses bras.

Fatiguée, épuisée même, des mèches de cheveux collés sur son visage, elle était loin d'être ravissante, mais son sourire ravi l'embellissait d'un seul coup. Mais ce ne fut que pour un court instant, ne cessant de contempler sa fille pendant de longues minutes. C'est à cet instant que Maurice entra dans la chambre et s'assit auprès de sa femme, découvrant la petite s'agitant dans ses langes.

« Vous nous avez fait une belle petite fille. »

Aliénor resta silencieuse mais au fond d'elle, une petite voix criait que c'était sa fille à elle et pas la sienne. Quand le médecin lui avait annoncé sa grossesse, la jeune femme de seize ans avait compté pour être sûre d'une chose. Et quand elle avait senti les contractions plus tôt dans la journée, elle avait hurlé qu'elle ne voulait pas accouché maintenant, que c'était trop tôt. Mais en fait non, cela faisait bien neuf mois. Neuf fois qu'elle avait commis un adultère et qu'on lui faisait payer aujourd'hui. Elle avait repassé en tête le mois de janvier et n'avait pas partagé le lit de son mari, en raison de ses lunes, que lui était tombé malade. Il était impossible que ce soit Maurice le père. Enfin, le père était tout de même un Saxe, cela ne changeait pas grand chose dans le patrimoine génétique (même si on ne connaissait pas ce terme) à l'époque. Bien sûr, le vrai père n'était pas au courant, elle n'en avait jamais dit mot à Derek. Et puis une femme mariée tombant enceinte, c'était tout ce qu'il y a de plus normal.

Pour ne pas passer outre une petite tradition familiale, la petite s'appela Marie-Anne. Après tout, la mère d'Aliénor s'appelait ainsi, tout comme sa grand-mère. Bien que ce ne soit pas un garçon, la naissance fut suivie d'une grande joie de la part des familles des époux. Aliénor gardait ce secret bien au fond d'elle, il ne fallait pas que cela se sache, elle n'avait pas assez confiance en son entourage pour l'avouer, ni même de l'écrire à Éléonore, sait on jamais. C'était son secret à elle, le plus précieux …

Résidence de Dresde, juillet 1660

« Hors de question que vous partiez avec les enfants. Vous ne devriez pas partir, déjà. »
« Madame, avec tout le respect que je vous dois, ma famille me rappelle à elle et on ne contredit pas les ordres de son empereur. »

Aliénor était déterminée, le regard sombre et l'allure fière. Puisqu'il fallait user de ses origines pour se faire entendre et faire taire Madeleine de Hohenzollern, son aînée de trente ans et l'épouse du prince-électeur de Saxe. Depuis la mort de Maurice de Saxe-Zeitz il y a deux mois, le moindre mouvement d'Aliénor déclenchait une tempête entre les deux femmes. Pour commencer, Madeleine avait accusé la jeune fille de dix-huit ans d'avoir tué son mari ! Certes, la duchesse n'aimait pas follement son époux mais elle s'en était accommodée, après tout Maurice n'était pas un mauvais mari, un homme intelligent, qui avait de la conversation et qui laissait assez de liberté à sa femme pour qu'Aliénor puisse faire comme bon lui semblait. Depuis sa liaison avec Derek, la duchesse n'avait jamais recommencé. Il y avait pourtant bon nombre de prétendants autour de la jeune femme mais, au-delà qu'elle n'avait jamais eu de coup de cœur à nouveau, elle avait voulu respecter les vœux de son mariage et faire honneur à la famille.

Alors elle s'était comportée en bonne épouse, écoutant son mari, tentant d'apprendre les rouages de la politique avec lui et tenter de donner un avis construit et réfléchi, même si mari n'en prenait pas compte. Elle s'était occupée en s'intéressant à l'art, la peinture pour commencer et avait embelli le château familial de quelques toiles de Jan Boeckhorst, Theodor Roos ou encore Rubens qu'elle affectionnait particulièrement. Bien qu'elle continuait à chasser et tirer à l'arc, il fallait bien donner une bonne image d'elle au travers d’œuvres caritatives. Puis elle s'était découvert une passion pour l'horticulture. Ce n'est pas seulement planté une graine et cueillir les fleurs qui en poussent, loin de là ! C'est tout un art qu'affectionnait Maurice, son époux, et qu'il lui avait appris.

Autant dire qu'Aliénor est bien peinée d'apprendre la mort de son époux, bel et bien mort naturellement, ou alors elle n'est pas impliquée dans un complot aussi sordide ! Depuis quelques jours, il était fatigué, se reposait beaucoup. D'après les médecins, son cœur aurait lâché dans son sommeil. Une belle mort en somme, à l'image d'un homme bon. Il laisse derrière lui une veuve, une fille (qui n'est pas de lui) Marie-Anne et un fils Guillaume. Ils eurent une autre fille qui mourut en bas âge.

Aujourd'hui, son fils Guillaume n'avait que quelques mois, elle lui avait donné vie au début de l'année, pour la plus grande joie de la famille qui avait enfin son héritier. La jeune femme blonde se devait d'être régente mais il était clair qu'on ne voulait pas d'une enfant comme elle dans un conseil de régence, dirigé par le prince-électeur de Saxe et surtout son épouse,Madeleine de Hohenzollern, qui était bien décidé à en découdre avec Aliénor, qui avait pris du caractère en quelques années.

« Vous ne pouvez laisser partir le nouveau duc de Saxe-Zeitz. Même l'empereur vous dirait que c'est contraire aux règles. Quant à la fille, je … »
« JE l'élèverais comme il se doit. Madame, au vu de la réputation de votre fils aîné, je ne vous fais pas bien confiance en matière d'éducation. Madeleine voulut s'indigner mais Aliénor enchaîna. Ma fille sera élevée à la Cour de Vienne où elle recevra la meilleure éducation qu'il soit et, en temps voulu, servira les intérêts de la Saxe et de l'Empire. Est-ce là un compromis qui vous paraît juste ? Je n'en proposerais pas d'autre. »
« Bien. » répliqua juste sèchement Madeleine.

Et la princesse de Saxe tourna les talons pour quitter les appartements de la jeune femme. Toujours tendue, Aliénor laissa ensuite exploser sa joie dans un fou rire nerveux, trop heureuse d'avoir pu tenir tête à cette femme influente et de pouvoir, celle qui savait faire plier n'importe qui lui passant sous la main. Certes, elle devait laisser son fils mais en y repensant, la princesse de Saxe avait raison : Guillaume était le nouveau duc, il devait rester sur ses terres. Mais Aliénor ne supporterait pas de savoir sa fille entre les mains de cette ogresse. Et si, en grandissant, Marie-Anne présentait des traits similaires à Derek, le propre fils de la princesse de Saxe ? Non, elle ne pouvait courir ce risque.

Quelques jours après cette conversation, Aliénor quittait avec sa petite Marie-Anne – presque âgée de deux ans – la Cour de Saxe et Dresde par la même occasion. Dans ses malles, toutes ses affaires mais aussi le tableau de Vénus et Adonis de Rubens, son tableau préféré.

Résidence de Munich, octobre 1661

« Écoute moi, Aliénor. » la voix de Ferdinand-Marie se voulait ferme.
« Non, vous deux, écoutez moi ! Je refuse ce mariage. Je veux bien épouser qui bon vous semble digne de moi, de nous, de notre famille, mais pas lui. Non, cet homme me fait peur, il ne ferait pas un bon époux, il … »
« Veuillez cessez vos enfantillages. » coupa la mère sèchement, en vain.
« Ce ne sont pas des enfantillages, mère ! Ce n'est pas un caprice mais du bon sens ! A quoi bon vouloir nous marier entre nous ? Cela ne nous apporte rien ! Surtout avec un tel mari ! Je ne veux pas, je … »
« IL SUFFIT ! hurla l'électeur de Bavière, rouge de colère et s'étant levé de sa chaise, menaçait à présent sa petite sœur du doigt. vous épouserez notre cousin Sigismond-François d'Autriche, il est archiduc de l'Autriche inférieure et du Tyrol, réjouissez vous que diable ! »

Le ton était implacable et la mère ne fit qu'approuver en secouant positivement de la tête. De toute ses forces, Aliénor se retenait de pleurer pour pas que ses deux ennemis de la journée ne savourent leur victoire. A dire vrai, cela n'était pas fait de gaîté de cœur mais Ferdinand-Marie ne pouvait pas laisser un si bon parti tel que sa sœur s'échapper hors du territoire alors qu'il y avait de bons maris à portée de main, au sein même de la famille.

Dans les couloirs de la Résidence, les talons de la jeune femme de dix-neuf ans résonnaient. Son visage s’inondait de larmes, elle y voyait à peine clair mais refusait d'éclater en sanglots, pas avant d'avoir rejoint ses appartements. Sûrement alerté par la discussion enflammée, à moins qu'il n'ait encore écouté aux portes, Maximilien courut après sa sœur pour la rejoindre mais elle refusait de s'arrêter. Non, elle ne pleurera pas dans les couloirs et ne fit pas attention à ce que disait son frère. A dire vrai, elle n'avait pas vu qu'il était là, elle marchait mécaniquement, l'air absente, à pleurer bêtement. Puis d'un coup, elle revint à la réalité, elle s'était arrêtée, son second frère devant elle qui lui posait la main sur l'épaule.

« Tu as dépassé tes appartements de cinq bonnes portes. » lança t'il, tentant une plaisanterie.

Et là elle ne tint plus. Levant ses grands yeux bleus baignés de larmes vers le regard bienveillant de Maximilien, elle éclata en sanglots et se jeta dans ses bras qui l'accueillirent volontiers. Il lui caressa le dos en lui murmurant que ça irait mieux, que tout s'arrangerait.

« Il … il me déteste … ce mariage est si … absurde … arriva t'elle à dire en hoquetant. C'est le pire … pire mariage possible. »
« Dis pas n'importe quoi. »
« Donne moi … pire exemple … qu'un homme contrefait … et idiot. »
« Il aurait pu te donner en mariage à ce cosaque qui était venu, avec ce nom imprononçable … Krout-quelque chose ! Tu te souviens, il était borgne, chauve et n'avait plus de dents ! » Maximilien avait le ton plaisantin.

Et cela marchait. Bien que les larmes coulaient toujours, Aliénor riait en même temps, à ce souvenir bien vivace dans sa mémoire, elle ne pourrait jamais oublié cet homme qui était le plus laid qu'elle n'avait jamais vu ! Le frère et la sœur restèrent plusieurs minutes dans les bras l'un de l'autre, Maximilien cherchant à réconforter une petite sœur qui en avait gros sur le cœur.

En effet, Sigismond-François d'Autriche, qui était précisément le cousin de sa mère, n'avait que douze ans de plus qu'elle, mais n'avait pas le physique facile, le menton des Habsbourg, un bon embonpoint et boitait de surcroît ! Il avait un bon esprit militaire mais n'avait aucun sens du beau, ni même une agréable conversation. Un peu bourru, pas très fin, il n'allait pas du tout avec la femme de goût qu'était Aliénor. Et pourtant, il fallut bien se résoudre à l'épouser en décembre de la même année. Encore un mariage, encore tout ce beau monde qui s'était déplacé pour l'occasion et toujours cette même peur. Sauf que cette fois, la jeune femme était certaine que son mariage serait raté.


Palais de la Hofburg, mars 1663

« Encore de nouvelles acquisitions ! Mais tu ne t'arrêtes plus ma chère sœur !  lança Maximilien en observant la sculpture. Qu'est ce donc cette fois ? »
« Une copie du Bernin, Apollon et Daphné qui se trouve à Rome. Et ce tableau représente la mort de Cléopâtre, par Cagnacci. »
« Je vois que tu t'occupes bien. » acquiesça le jeune homme.
« Il le faut bien, ce n'est pas mon époux qui va me divertir. » lâcha la jeune femme, amère.

Depuis son mariage, Aliénor avait tenu à rester à Vienne, hors de question de se rendre à Innsbruck, trop loin de son environnement et surtout, elle avait pour une fois usé de son amitié envers l'empereur Léopold, pour qu'il la garde près de lui. Elle avait tant insisté qu'il n'avait pas pu lui dire non, à dire vrai, l'empereur n'appréciait pas véritablement ce cousin tyrolien et aimait trop son Aliénor pour la voir s'en aller dans les Alpes où il n'y avait pas grand chose à faire à part se morfondre.

Vienne était riche de vie et de personnalités. Puisque son cousin impérial n'avait pas encore pris d'épouse, Aliénor était un peu la femme importante de la Cour. Elle donnait donc salon, on y parlait littérature, art et bien sûr histoires de cour, surtout des cours voisines où il y avait tant à raconter, comme pour la France ou l'Angleterre. C'était le noyau intellectuel de la Hofburg que la duchesse continuait d'entretenir par du mécénat : peinture, sculpture, mobilier, théâtre mais aussi musique.

« Ce soir, dans la salle de concerts du Palais, j'y ferais écouter à la Cour David Pohle, un compositeur allemand incroyable. »

Elle versait une pension à cet artiste dont elle adorait la musique et qu'elle essayait de reproduire à la harpe. Quelques semaines auparavant, c'est le grand Heinrich Schütz qu'elle fit venir pour jouer son opéra en allemand Dafne qui fut un triomphe à la cour impériale. Et si ce n'était pas la musique à faire écouter à la Cour, Aliénor collectionnait les tableaux et les sculptures à tel point que ses appartements de la Hofburg en regorgeait. A défaut d'un mariage heureux, la nouvelle duchesse de l'Autriche inférieure et du Tyrol faisait des artistes heureux, pensa t'elle en caressant le pied d'un des deux lutteurs de Philippe Magnier.

Palais du Tyrol, Innsbruck, octobre 1664

Des hurlements, des hurlements de colère se firent entendre dans les appartements de la duchesse d'Autriche inférieure. Aliénor était dans une rage folle, incapable de se calmer. Derrière elle, boitant, Sigismond-François, son époux essayant de lui faire recouvrir ses esprits.

« C'est de votre FAUTE ! Entièrement de votre faute s'il est ainsi ! » hurla t'elle, lui jetant un verre qu'il esquiva.
« Et pourquoi la mienne ? »
« Il n'y a qu'à vous voir ! Contrefait, boiteux et paranoïaque ! Vous avez des tares, et vous les avez transmises à notre fils ! »
« Et ? Il n'a rien de cela ! »
« Allez le voir ! Regardez le bien ! Il a le regard vitreux, il a un an et est incapable de tenir sur ses jambes, de dire le moindre mot, rien ne l'intéresse ! Il ressemble à … à … » sa voix s'étrangla.
« A qui ? Allez au bout de votre phrase, madame ! »
« A notre cousin espagnol, celui qui va hérité du trône alors qu'il est incapable de quoi que ce soit ! Il a deux ans et ne sait ni marcher ni parler ! Notre fils sera pareil et c'est votre faute ! »

Elle pleurait de rage. Elle avait mis au monde un garçon en novembre 1662 et on s'était rapidement étonné de l'état du garçon, un peu rachitique et surtout n'ayant que peu de réactions. Après avoir appelé toute personne susceptible de l'aider – médecin, alchimistes, scientifiques – la conclusion était que l'enfant avait retard mental, une sorte de débilité. Cela arrivait dans beaucoup de familles, mais les Habsbourg se surpassaient à ce niveau là, au vu de la consanguinité des mariages. Aliénor et ses frères n'avaient pas été touchés, du moins pas gravement, mais Sigismond-François avait une jambe plus longue que l'autre, d'où sa démarche boiteuse, et avait des problèmes mentaux, dont une paranoïa chronique. Lors des quelques séjours à Innsbruck qu'ils durent faire, l'homme la réveillait en pleine nuit, sûr d'avoir entendu du bruit. Une fois, il avait pris le fusil et avait tiré sur des ombres. Résultat : une statue brisée et un serviteur blessé. Il y en a même un qui disparut mystérieusement. Aliénor était certaine qu'il l'avait tué dans ses délires paranoïaques et n'en pouvait plus.

Entre ses deux grossesses, la deuxième n'ayant pas été à terme – sans aucun doute aidée par le fait qu'elle n'en voulait pas – et les délires de son mari, Aliénor était épuisée et n'en pouvait plus. Elle était à bout de force et jetait son énergie à se battre contre un mari qui ne plierait jamais. Il claqua la porte pour partir. Elle se laissa tomber sur son lit, tremblante tellement elle était en colère.

« Il doit disparaître. Et vite … » murmura t'elle à elle-même.

Palais du Tyrol, Innsbruck, janvier 1665

[ … ] Il faut toujours se débarrasser des indésirables avant qu'ils ne nous rongent, croyez moi. Prenez votre courage à deux mains et faites ce que vous avez à faire, vous prendrez la plus juste des décisions, pour votre bien et celui de vos enfants.
[ … ] Votre amie,

Éléonore


[ … ]Je n'ai pas pu. J'ai essayé deux fois. La première fois, je l'ai raté car je tremblais comme si c'était ma propre mise à mort. Le coup est mal parti. Et la deuxième, je n'ai pas pu, je ne me sens pas la force. J'ai besoin d'une amie à mes côtés et je vous porte une confiance inébranlable. Je vous en prie, venez au plus vite, j'ai besoin de liberté, j'étouffe. [ … ]

Votre amie dévouée,

Aliénor


Ces lettre furent échangées à vers la fin de l'année 1664. Sigismond-François était de pire en pire, venant la vie dure à sa femme et commençant à s'en prendre aux collections qu'elle conservait précieusement, ainsi qu'aux artistes qu'elle entretenait. Il était allé jusqu'à hurler sur un compositeur, persuadé qu'il avait une liaison avec Aliénor, ce qui était totalement faux, bien évidemment. Malgré l'envie de se venger en le trompant ouvertement lui était venue à l'esprit, jamais la jeune femme n'aurait pu passer le cap, ce n'était pas son genre. Alors, elle avait pensé à l'éliminer et avait été encouragé par son amie Éléonore Sobieska avec qui elle continuait d'entretenir une correspondance plus ou moins soutenue selon les aléas de la vie de l'une et de l'autre.

Et voilà comment Éléonore débarqua à Vienne à la toute fin d'année 1664. Bien sûr, la duchesse évita de faire croiser son amie et son cousin Léopold, connaissant les relations tendues entre les deux à propos du sujet brûlant de la Pologne. Enfin rapidement, elles partirent pour le château d'Innsbruck, en plein cœur des Alpes. L'endroit parfait pour mourir.

Les premiers jours, tout se passait bien, Aliénor restait froid avec son mari, lui était content de ne pas avoir de disputes et remercia même Éléonore de sa présence, ainsi qu'à Maximilien, car grâce à eux, son épouse était plus calme. S'il savait ce que les deux femmes préparaient … La chance voulut que Maximilien tomba malade et restait couché à cause d'une fièvre et qu'en même temps, Sigismond-François aimait partir à cheval pour se promener, prenait son arme pour chasser bien qu'il n'y ait pas grand chose à se mettre sous la dent, à moins de trouver un caribou égaré !

Et c'est en une journée de début janvier 1665 que les deux jeunes femmes préparèrent leur coup. Cela commença par saboter les rênes du mari avant que celui-ci ne vienne récupérer sa bête et partir en forêt. Cela continua par les deux amies qui le suivirent, couvertes de la tête au pied par de long manteaux épais avec capuche pour ne pas qu'on reconnaisse leurs visages, et une arme à portée de main, puisque dans leur chasse, ce serait lui le gibier. Et enfin commença le moment crucial, c'est à dire poursuivre le duc au travers des sentiers de la forêt. Il se mit à galoper à vive allure pour échapper à ses poursuivants tout en noir qu'il ne reconnaissait pas. Au fil de la poursuite, Aliénor dirigeait son époux vers les endroits plus escarpés, plus dangereux. A force d'emprunter ces chemins, elle leur trouvait enfin une utilité. Mais les rênes ne lâchaient pas et l'homme restait cramponné à sa monture. Puis un coup de feu, Eléonore avait brandi son arme vers Sigismond-François mais difficile de viser en pleine course. Si elle le manqua, ce n'était pas plus mal car le cheval, perturbé, se cabra. C'est à ce moment précis que le sabotage fonctionna : les rênes lachèrent, l'homme fut projeté en arrière, tomba lourdement au sol et roula pour éviter les sabots du cheval en panique. C'est là qu'il tomba dans le ravin, profond de plusieurs mètres et fit une lourde chute. Prudentes, les deux femmes s'avancèrent au pas et regardèrent en contrebas : le corps de Sigismond-François d'Autriche gisait contre les rochers, dans une position faisant clairement comprendre qu'il était mort.

« Oh, un accident sur ces routes est si vite arrivée. » répliqua Éléonore d'une voix faussement compatissante.
« Que cela ne nous arrive. Rentrons, cette balade m'a ouvert l'appétit. » répondit Aliénor, jetant un dernier regard à son époux.

Elles furent des plus discrètes en rentrant pour que personne ne les remarque, se débarrassant de leurs manteaux et firent le moins de bruit possible en regagnant leurs chambres. Puis comme si de rien n'était, après un brin de toilette s'être changée, Aliénor rendit visite à son frère qui s'était assis sur le bord de son lit.

On ne s'inquiéta de l'absence de l'époux que plus tard dans la journée. Certains hommes partirent à sa recherche avant que le soleil ne se couche. Mais il fait nuit tôt dans les montagnes et ils revinrent bredouille, se promettant de le rechercher le lendemain, même s'ils étaient persuadés que le duc était assez solide et assez intelligent pour se trouver un abri. Le lendemain, la nouvelle tomba : son cadavre fut retrouvé là où les deux femmes l'avaient vu la dernière fois. Point de grandes larmes, tout le monde savait qu'Aliénor n'aimait pas son mari mais elle se montra digne en public, n'exultant pas non plus. On n'avait plus rien à faire à Innsbruck, il fallait juste attendre la convalescence de Maximilien avant de retourner à Vienne. Sur le chemin, Eléonore préféra partir de son côté, n'ayant pas envie de revoir Léopold et après une étreinte amicale des deux femmes, la rousse flamboyante lui murmura sur un ton complice :

« Profitez de votre liberté, vous l'avez durement gagnée. »

Et elle partit. En effet, Aliénor était libre. Et comptait bien le rester.




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MessageSujet: Re: Aliénor de Wittelsbach ♦    22.09.12 1:21




Kapitel III :
de la presque liberté
1665 - …



Eglise Saint Michel, Munich, septembre 1665

Quelques années plus tard, même place, même larmes. Cette fois, Aliénor disait adieu à sa mère. Malgré les quelques désaccords, la jeune femme était triste de perdre sa mère. Marie-Anne d'Autriche était une femme admirable, qui avait toujours voulu le bien de ses enfants. Si elle avait marié sa fille au duc de Saxe-Zeitz, ce n'était pas de gaieté de cœur. Ni avec son cousin autrichien, elle lui avait même avoué que c'était l'idée de Ferdinand-Marie. C'était une mère stricte mais juste, peu affectueuse mais c'était dans la tendance de l'époque. Avec sa petite-fille qui portait le même prénom, elle s'était montrée agréable et enjouée. Tout comme avec le petit Charles qu'Aliénor avait laissé à Munich et qui montrait effectivement des soucis de retards mentaux. A trois ans, il parlait tout juste, et n'avait pu marcher qu'à deux ans.

Aujourd'hui, Aliénor avait donc de vraies larmes, même si l'encens aidait à en avoir davantage. A ses côtés, sa chère fille, dénommée elle aussi Marie-Anne, âgée de tout juste sept ans ; à sa droite, Henriette de Savoie, épouse de son frère Ferdinand-Marie. C'était une femme sympathique, volontaire et de caractère. Grâce à elle, Munich commençait à rayonner au niveau du baroque, grâce à la construction d'un théâtre, d'une église, d'un nouveau palais (le Château Nymphenburg) et redécorait la Résidence. C'était une fille bien, Henriette avait demandé à Aliénor d'être la marraine de ses deux premiers enfants, la petite Marie Anne Victoire et le petit Maximilien-Emmanuel. Par contre, elle n'adressait plus la parole à son frère Ferdinand-Marie, ou juste pour des politesses, elle lui en voulait trop. Quant à Maximilien, il s'était éloigné depuis quelques mois, il faudrait qu'ils en discutent.

Mais en attendant, il fallait suivre la messe. Perdue dans ses absences, Aliénor en avait manqué une partie …

Château de Schleissheim, Munich, décembre 1665

« Maximilien ! Maximilien ! Attends moi ! »

Relevant ses jupes, Aliénor s'élança dans les escaliers pour partir à la recherche de son frère qui continuait de monter sans prendre la peine de s'arrêter. Cela faisait des mois que son second frère s'éloignait d'elle petit à petit, ne venant plus comme avant dans sa chambre pour discuter, ni ne partageait ses plaisanteries avec sa jeune sœur dont il était si complice. Aliénor pensait savoir le pourquoi de la chose mais n'en pouvait plus que l'abcès se perce tout seul. Alors, bien décidée à en découdre, la jeune femme décidait de mettre son second frère au pied du mur et avoir une discussion d'adulte qu'il semblait fuir car il marchait à une rapide cadence, faisant mine de ne pas l'avoir entendue, mais Aliénor le rattrapa bien vite à force de courir et lui attrapa le poignet pour le retenir et qu'il fasse volte face.

« Maximilien … elle tenta de reprendre son souffle alors que son frère regardait ailleurs. Maxi … Regarde moi, s'il te plaît. Parle moi, je t'en prie. » le ton était suppliant.
« Que veux tu que je te dise ? »

Ce garçon de quatre ans de plus qu'elle semblait tellement sérieux en cet instant, lui qui était si souriant habituellement, toujours le premier à plaisanter ou à chercher sa petite sœur. Là, il était froid et l'évitait, cela était évident.

« Pourquoi m'évites tu ? Depuis mon retour à Munich, tu ne me parles plus, tu passes ton temps à Vienne et quand je m'y rends, tu repars. Explique moi … »

Maximilien soupira, regarda de part et d'autre du couloir vide, puis l'entraîna vers ses appartements. Alienor le suivit, satisfaite d'avoir insisté pour enfin savoir le pourquoi du silence. Elle était persuadée que cela avait un rapport de près ou de loin avec leur cousin Léopold, sans savoir vraiment quoi. Elle était bien loin de se douter de la vraie nature de ce silence. Dans le petit salon des appartements du jeune homme, il n'y avait personne et Maximilien ferma la porte derrière lui avant de se tourner vers sa jeune sœur. Dans son regard se trouvait un mélange de colère et de déception.

« Veux tu savoir pourquoi je t'évite ? Cela est simple. Je ne parle pas avec des criminels. »

Aliénor entrouvrit la bouche et resta silencieuse. Bien sûr qu'elle savait de quoi il parlait, elle n'avait pas été impliquée dans beaucoup de meurtres. Ses joues rougirent comme une enfant prise en faute.

« Je ne l'ai pas tué … » lâcha t'elle tout bas.
« Toi, ton amie polonaise, un ours, le pape, peu importe qui l'a vraiment tué, masi tu étais là. Tu l'as vu mourir et tu n'as rien dit. il se tut et s'approcha de la fenêtre pour ne pas la regarder. Ce jour là, je vous ai vues rentrer depuis ma fenêtre. Et quand le soir, il n'est pas rentré, j'ai compris. Je n'ai rien dit, je ne dirais jamais rien à personne. Mais … oh Aliénor, je suis complice du crime de mon cousin ! Et certaines personnes sont certaines que Sigismond-François n'est pas mort accidentellement. » Il semblait désespéré.
« Qui pense cela? ? »
« Isabelle-Claire, la sœur de ton époux, qui est certaine que quelqu'un est derrière tout cela. Et maintenant Léopold le pense aussi. Il … Maximilien se tut et tourna enfin la tête vers sa sœur. Il m'a chargé de mener l'enquête. Comprends tu ma position ? »

Aliénor resta interdite et se laissa choir sur un fauteuil. Elle qui croyait cette histoire derrière elle, voilà maintenant qu'on enquêtait sur cela, juste à cause d'une cousine un peu trop paranoïaque, à croire qu'ils l'étaient tous dans cette fratrie ! Elle ne voulait pas mêler son frère à cela et le voilà au cœur de cette sordide histoire. Le grand frère fut pris de remords en voyant sa sœur dans une si grande détresse et ne put s'empêcher de courir vers elle et la serrer dans ses bras. Qu'il était doux d'avoir à nouveau son frère près d'elle, comme avant, même si l'instant était beaucoup plus grave.

« Il va te falloir partir ma petite sœur. Loin, tu n'éveilleras pas les soupçons, tu éviteras les questions et tu resteras loin de cette histoire. Et aussi de la famille. »
« Que vient faire la famille dans cette histoire ? »
« Ton deuil d'un an va bientôt expirer. Et tu connais notre frère … »
« Encore un mariage ? Non, non, Maxi, je ne pourrais pas … »
« Raison de plus pour partir. Et tu as la parfaite occasion avec le mariage de Léopold avec l'infante Marguerite-Thérèse d'Espagne. L'équipage part le mois prochain pour vérifier toutes les étapes du mariage et faire le mariage par procuration. Cela te donnera l'occasion de voyager un peu. » Enfin un peu de positif dans la voix du jeune homme !
« Mais je ne peux pas partir ainsi. J'ai Marie-Anne et beaucoup de choses à faire ici. Je … »
« Tu dois tout quitter. Munich, Vienne, ton fils, notre famille. Emmène Marie-Anne. Emmène quelques objets et pars. Je ferais envoyer une partie de tes affaires en France, où tu iras après ton voyage. »

Aliénor se détacha de son frère, les sourcils froncés, ne comprenant pas bien ce que la France avait à faire dans un voyage de mariage entre un empereur d'Empire et une princesse espagnole !

« Oui, la France. reprit Maximilien. La reine Marie-Thérèse serait ravie de t'accueillir au sein de ses dames. Versailles te plaira j'en suis sûre. »
« Mais … protesta la jeune femme. Comment peut elle être ravie ? Je ne l'ai vue qu'une fois, lors de son mariage avec le roi de France ! »
« Elle se sent seule et avoir de la famille auprès d'elle lui ferait du bien. De toute manière, tu n'as pas le choix. »

Elle ne sut que dire ni que faire. Puis, comme une petite fille, la jeune femme blonde plongea dans les bras de son frère pour le remercier de la protéger de la sorte. Il lui assura qu'il serait toujours là pour elle.

A la mi-janvier, Aliénor rassembla quelques affaires et, avec sa fille, elles partirent en compagnie de toute la petite cour autrichienne qui s'en allait pour le mariage par procuration entre Léopold 1e et Marguerite-Thérèse d'Autriche …

El Escorial, Madrid, avril 1666

L’Espagne fut décevant. Les gens étaient froids et si engoncés dans leurs principes que cela en devenait très ennuyeux. Pourtant le voyage fut palpitant. Tout l'équipage passa par Roveredo, puis par Venise où la jeune femme eut un coup de cœur pour cette ville magnifique ; pareil pour Milan, ville superbe par son architecture. Aliénor pouvait voir de ses propres yeux les bâtiments baroques dont s'inspirait sa belle-sœur Henriette de Savoie pour embellir Munich. Quel bon goût définitivement ! Et puis monter à bord d'une galère afin de traverser la Méditerranée, quel plaisir ! Accoster à Barcelone, puis direction Madrid pour enfin assister à ce mariage !

La mariée avait quinze ans, le même âge qu'Aliénor lors de son premier mariage. Elle prit en sympathie cette petite demoiselle qui lui ressemblait en certains points. Alors l'archiduchesse répondit franchement aux questions que lui posait la jeune princesse à propos de Vienne, de Léopold et du mariage.

« Mon mari est-il si laid qu'on me l'a laissé entendre ? » demanda la princesse espagnole, peu rassurée.
« Certes, Léopold n'est pas l'homme le plus beau que la terre ait porté, je veux bien vous l'accorder. Mais il n'est pas non plus dénué de charmes et ses qualités humaines compensent. Je le connais assez pour savoir que vous ne serez pas malheureuse. » rassura Aliénor d'un ton compatissant.
« Puis je vous poser une question personnelle ? Sur … la nuit de noces ? »

Aliénor se sentit l'âme d'une grande sœur, elle à qui seule sa gouvernante avait bien voulu répondre à ses questions délicates. Alors, bien qu'elle n'ait que vingt-quatre ans, elle avait vécu deux mariages et connaissait assez la vie pour donner un peu de son expérience, sans faire peur à la demoiselle, même si la nuit de noces ne serait pas consommée de suite.

Le vingt-cinq avril 1666, Madrid vivait le mariage par procuration de la jeune princesse. En guise de mari, Juan Francisco de la Cerda, duc de Médinaceli, et parmi les invités, il y avait la reine mère Marie-Anne d'Autriche, la tante d'Aliénor, et le jeune roi d'Espagne, le petit Charles II, âgé de quatre ans. Aliénor ne put que porter un regard de dégoût sur cet enfant rachitique et, il fallait l'avouer, fort laid ! Elle ne dit rien mais son regard absent resta fixé sur cet enfant jusqu'à ce qu'une voix lui murmura doucement.

« Vous parait-il si laid ? »

Elle leva les yeux vers un homme proche de la quarantaine mais au regard noisettes malicieux. Il s'agissait du comte de Pötting, ambassadeur impérial à la Cour d'Espagne. Il connaissait mieux que quiconque toutes les personnalités présentes ici.

« Si l'on me permet d'être franche … oui. Cela est terrible. » souffla t'elle.
« Et encore, vous ne le voyez pas parler. Sa langue est tellement disproportionnée qu'il bave et son langage est incompréhensible. D'ailleurs, il ne parle que depuis quelques mois. Madame, l'Espagne va mal, je vous le dis. »
« Pauvre garçon. Mais qui pourrait se marier à ça. Regardez le … »

L'ambassadeur et l'archiduchesse continuèrent de parler durant la cérémonie, à voix très basse. Aliénor apprenait beaucoup de choses sur la vie en Espagne, toutes ces contraintes et ce palais de l'Escurial qui était aussi un couvent. Horrible, jamais elle ne pourrait vivre ici. L'espace d'un instant, elle imagina son frère Ferdinand-Marie qui promettait sa main à un espagnol. Au duc d’Alburquerque par exemple, désigné comme grand camérier pour le voyage jusqu’en Allemagne de la princesse, avait une moustache ignoble et un visage digne d'une caricature. La jeune femme eut un frisson de dégoût et préféra écouter l'ambassadeur impérial qui avait des choses à dire. Il était rare que des compatriotes venaient jusqu'ici, alors il fallait en profiter !

Enfin, le mariage par procuration fut somptueux ! Et trois jours plus tard, la nouvelle impératrice et tout l'équipage fit le voyage en sens inverse : repasser par Barcelone, monter à bord de l'armada royale et partir pour Milan. Tout ne fut que grandes fêtes et amusements, de grands moments inoubliables. Mais alors que la Cour partait pour Venise, Aliénor dut partir pour la France. Il lui fallait rejoindre ses nouvelles fonctions de Dame d'Atours de la Reine. Après un au-revoir à sa cousine, à qui elle promit d'essayer de venir au mariage viennois, l'archiduchesse partit pour Versailles.

Château de Versailles, fin décembre 1666

« Comment cela disparu ? Maximilien, explique moi cela ! »
« Je les avais laissées dans ton secrétaire, je le promets ! »

Le frère et la sœur furent affolés ! Dire que ces derniers mois étaient enfin tranquilles ! Aliénor fut très bien reçue par la reine Marie-Thérèse et par la Cour en général. Elle retrouva parmi les dames de compagnie de la reine sa chère Éléonore Sobieska avec qui les retrouvailles furent chaleureuses. Et la Cour de France était si intéressante et palpitante, la jeune femme prit rapidement le pli de s'amuser et de découvrir chaque jour des personnalités différentes.

Maximilien avait fait un premier voyage avec quelques affaires et était resté à la Cour quelques mois avant que les deux ne partent pour le mariage à Vienne. Aliénor avait donc pu apporter un cadeau offert par Marie-Thérèse à sa demi-sœur et à son cousin. C'était un plaisir de retourner à Vienne, cela lui avait manqué et la jeune femme en profita, ne sachant pas quand elle pourrait y retourner un jour car l'enquête continuait, même si Maximilien faisait tout pour boucler l'affaire, la mort d'un Habsbourg ne pouvait être ignoré. Le frère était reparti avant Aliénor avec d'autres affaires et meubles de la jeune femme, tandis qu'elle profitait des dernières festivités et faisant promettre à la nouvelle impératrice de s'occuper des artistes que l'archiduchesse lui laissait. Il fallut aussi refuser à devenir dame d'honneur de l'impératrice. Cela lui en coûta beaucoup, la jeune femme aurait tout fait pour rester dans sa patrie qui lui était chère à son cœur et Aliénor dut prétexter que la reine de France l'attendait et voilà comment elle repartit pour Versailles, la mort dans l'âme, sans même passer par Munich embrasser son fils qu'elle ne pouvait pas regarder en face.

Et voilà qu'en rentrant, Maximilien faisait les cents pas et lui avoua le grand malheur : une partie de sa correspondance avec Éléonore avait disparu.

« Je suis désolé. » lança son frère, tout penaud.
« Je ne t'en veux pas mais … la personne qui détient ses lettres peut découvrir ce que j'ai fait ! » répondit-elle d'une voix blanche.
« Tu en as parlé dans tes lettres ! Mais tu es inconsciente ! Il va falloir les retrouver, et vite ! Si jamais cela se sait … »

L'année 1667 ne se présentait pas sous un bon jour. Non seulement la guerre approchait à grands pas mais voilà que son secret était dans la nature …



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MessageSujet: Re: Aliénor de Wittelsbach ♦    22.09.12 23:59

Pardon, j'ai voulu faire court ... mais j'ai raté Heuuu
J'espère que l'histoire plaira **

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MessageSujet: Re: Aliénor de Wittelsbach ♦    23.09.12 12:42

TU ES VALIDÉE !
BIENVENUE A VERSAILLES

Cette excuse finale sent le double - triple ou quatruple - compte à des kilomètres What a Face Dénonce toi tout de suite Razz Pour te répondre sinon, l'histoire n'a pas que plu ** J'ai dévoré ton histoire, une sacrée globe trotteuse cette Aliénor. Sa vie est tout à fait prenante, digne d'un roman, c'est pour ça que j'ai lu toute ta biographie comme tel ! Je n'ai franchement rien à redire, le style est parfait, il n'y a pas de fautes, pas d'anachronismes historiques à moins d'avoir louché Razz En somme je te valide sans le moindre problème et te souhaite la bienvenue parmi nouuuuuuuuuuus ou plutôt la rebienvenue petite maline What a Face cheers Amuse toi bien avec Aliénor, Holliday est tout simplement magnifique. I love you Tu vas faire chavirer tous les coeurs de ces messieurs. Razz Au plaisir de te croiser prochainement dans l'un des couloirs de Versailles Very Happy Tu connais le chemin ! Siffle
PENSE PAS BÊTE ; Qui est qui ? Petit topo des personnages sur le forum.Fiches de liensDemandes de rangs et de logementsLe flood ♣ N'oublie pas de mettre tes liens de présentation, fiche de liens et point info dans ton profil Clin d'Oeil


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MessageSujet: Re: Aliénor de Wittelsbach ♦    23.09.12 14:57

Héhéhéhéhé... What a Face

Bienvenue à toiiiiiiiiiiiiiii jeune padawan plus tellement padawan que cela puisque schizo ! 8D Très très chouette personnage que cette petite Aliénor, je sens qu'on va faire des choses très intéressantes avec elle (comment ça "c'est déjà fait" 8D) What a Face Et puis une Habsbourg, ça manquait cruellement sur le fofo PTDR

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MessageSujet: Re: Aliénor de Wittelsbach ♦    23.09.12 15:03

Han merci **
Ouais un peu d'Habsbourg dans ce monde de brutes PTDR

Hé bien alors l'admin, on sait pas qui je suis ? What a Face Pourtant j'aurais cru Razz On est espion ou on l'est pas hein Razz
Mais merci d'avoir aimé mon histoire **

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MessageSujet: Re: Aliénor de Wittelsbach ♦    23.09.12 15:16

Aliénoooooor **

Bienvenue à toi chère Habsbourg Rock on Je finis de lire ta belle fiche très vite, mademoiselle-la-schizo-qui-défonce-sa-grand-mère What a Face Mais ce que j'en ai lu est génial déjà ! *o*

Reeeee(...)e bienvenue x)
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MessageSujet: Re: Aliénor de Wittelsbach ♦    23.09.12 15:29

Welcome welcome What a Face

Comme je te le disais au fur et à mesure (oui, ce n'est un secret pour personne que nous avons communiqué pour faire cette fiche, je ne dévoile rien PTDR ), j'aime beaucoup cette petite Aliénor et ce que tu en as fait ** . Bravo à toi pour cette palpitante biographie et merci d'avoir placé tu-sais-quoi et tu-sais-qui Twisted Evil PTDR

"Un peu d'Habsbourg dans ce monde de brutes" restera ma phrase fétiche, merci PTDR


Au plaisir de te rencontrer et t'inquiète, je gère les fuites *Sort son pistolet* Cool
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MessageSujet: Re: Aliénor de Wittelsbach ♦    23.09.12 15:34

Steph pour qui me prends tu ? What a Face (Je t'ai devinée sans même une IP )

Tu arrêtes pas de blablater au sujet des Habsbourg et hop en voilà une qui arrive Razz


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Côté Coeur: pas encore de problèmes cardiaques, merci de vous en préoccuper
Côté Lit: Surprise, ça bouge!
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MessageSujet: Re: Aliénor de Wittelsbach ♦    23.09.12 15:37

Derek:Bienvenue à ma chère ex tantine et mère de mon enfant! What a Face
Et je ne suis pas d'accord, j'ai bénéficié d'une très bonne éducation! Boude


Ah, cette chère Aliénor, c'est décidément pour elle la valse des maris impotents et cinglés. Elle a bien fait de fuir en France pour éviter le 3e, il lui aurait été fatal je crois! Razz

En tout cas,j'ai bien ri en retrouvant ce cher Charles II dans ton récit ! PTDR

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MessageSujet: Re: Aliénor de Wittelsbach ♦    23.09.12 18:45

Pourquoi ce serait forcément Steph ? Razz
Regarde y a eu une autre autrichienne et c'était pas Steph non plus hein Razz
Bon c'est bien moi mais après tout, j'aurais bien pu contaminer ATV de mes Habsbourg PTDR

Derek, coucou l'heureux papa What a Face
Et oui j'ai casé Charles II Héros (Ferdigi) C'était la seule occasion, je l'ai saisie PTDR

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pion de l'échiquier politique
La femme est un monde mystérieux, incompréhensible. Elle se désintéresse de la logique ordinaire et n'écoute que la voix de son cœur. C'est pourquoi l'homme n'arrivera jamais à sa hauteur...
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