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 Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant !

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MessageSujet: Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant !   Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant ! Icon_minitime04.09.12 19:57

Dans un remake des habits noirs, je demande Hector de Valois. Le duc s'en retrouvait vêtu des pieds à la tête, sans oublier comme de bien entendu son fidèle gant, symbole de la Main de l'Ombre. Le représentant suprême allait bientôt siéger au milieu de ses pairs. Il avait envoyé une sympathique invitation anonyme à la plupart de ses membres, pour leur donner rendez-vous. Aux questions : Quand ? Où ? Hector avait répondu par de simples mots, à la façon télégramme quelques siècles plus tard. " Ce soir, vingt trois heures, et suivez le guide" C'était mal connaître le cousin du roi, si on pensait que tous ses sbires étaient au courant de son identité ou même des lieux des réunions. Risques inutiles, prudence jamais n'autorise ! ça sonnait comme une très belle devise pour cette araignée au centre de sa toile gigantesque. Un fil se tissait de ses proches, Gabrielle ou Cédric. Un second englobait ses pions et un dernier ses hommes de mains dont la vertu principale était de ne jamais poser de questions. La fonction de chacun était définie par lui, le détenteur de la bourse. Pour les messieurs muscles précédemment cités, ils devaient aller chercher ses bons éléments chez eux pour les conduire les yeux bandés, ici, à l'hôtel de Valois. C'était la condition sine qua non. Ils lui en répondaient sur leur vie, et le diable sait combien donner la mort était dans le jargon de leur maître.

Une fois, possesseurs des précieux écus d'or, ils avaient obéi au doigt et à l'œil. Un petit groupe de dix s'était séparé à la porte, en direction de tous les points cardinaux de la capitale. Il y avait de ça deux heures et il était onze heure moins le quart. Tous ses fidèles, même si ce mot était beaucoup dire, ne tarderaient plus. Hector descendit seul les vieux escaliers en colimaçon, il devait être en place avant que les autres ne rentrent dans la grande salle. L'architecture était quelconque pour un besoin de confidentialité là aussi, cette salle était voûtée par des semi arcs, comme on en trouvait dans n'importe quelle cave. Rien ne transpirait le luxe, rien ne l'aurait trahi, jusqu'au bois de la table acquise chez un bourgeois. Il pensait à tout, toujours à tout, n'ayant confiance qu'en très peu de personnes et même là encore, c'était à en être dégoûté par la déception. Ferdinand d'abord, à la solde du satané bourbon lui avait causé un semblant de souffrance, Cédric ensuite. Lui, allait très vite apprendre que l'on n'échoue pas lorsqu'on est privilégié. Compter parmi ses lieutenants était une obligation à tenir, pas un honneur et ça n'était pas synonyme du mot erreur. Amertume, amertume à demi, Cédric paierait son manque de professionnalisme dans l'affaire Noailles, tout était déjà prévu. Il s'assit sur le trône qui tournait le dos à l'assemblée et attendit ses brebis galeuses à qui il fallait devoir remuer les puces pour plus de résultats. Son bras pendait sur l'accoudoir laissant apercevoir sa main gantée. A travers sa vitre de protection , voilà tout ce qu'ils pourraient voir de lui, c'était déjà beaucoup. A l'heure dite, la pendule sonna et un à un, ils firent leur entrée. Hector se tut consciemment jusqu'à ce qu'ils prennent leur siège respectifs et fassent silence. Il n'y eut de sa part pas une seule salutation, ça plantait déjà le décor. Il voulait en venir au sujet, sans aucun préambule.

- Je vous ai tous réunis parce que je suis fort mécontent des derniers évènements. On m'a rapporté des accrochages lors de certaines missions, si vous pouviez me voir, vous sauriez vers qui se porterait mon regard. Nous ne sommes pas en guerre contre le roi pour se laisser aller à des bagarres qui se font généralement dans les tavernes ou les maisons closes. J'attends de vous plus d'efficacité, c'est pourquoi j'ai décidé de redistribuer les rôles de certains.

Sadisme oblige, il reporta tout ça pour un peu plus tard.

- Ceci étant dit, avant de passer à cette question fâcheuse, je voudrais citer en exemple, l'initiative brillante de ma plus précieuse auxiliaire. Kidnapper la favorite et conserver comme atout le bâtard royal est digne de ce que je réclame. Cette dernière nous a montrée une nouvelle fois sa valeur, et vous devriez tous en prendre de la graine, comme dit le dicton. Qu'elle se sache plus que jamais honorée de ma confiance et mon affection.

Les louanges effectuées, on pouvait retourner à nos moutons.
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Rebecca Stuart

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Quelle question ? Au plus offrant bien sûr !
Côté Lit: On n'y fait pas comme chez soi et certainement pas son mari !
Discours royal:




Shine like a diamond

Âge : 24 ans
Titre : Comtesse of Rosyth, Duchesse of Richmond
Missives : 418
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MessageSujet: Re: Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant !   Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant ! Icon_minitime06.09.12 12:49

Rebecca détestait tout particulièrement les réunions de la Main de l'Ombre. Elle ne se sentait vraiment pas dans son élément. Si le maître inconnu, Richard d'Artois peut-être donc comme Joigny lui avait laissé entendre, ne lui avait pas promis certains avantages par rapport à Morgan, elle aurait laissé tomber cette cause. La sienne était de se battre aux côtés du charismatique Monmouth, le fils illégitime de Charles II, et il s'agissait d'une mission digne d'une écossaise. La duchesse de Richmond, ne s'était jamais sentie française d'âme bien que son parler soit sans le moindre petit accent. C'était ainsi et malgré leur propriété tombant en ruines aux confins de leur pays glacial, c'est là que se trouvaient ses racines, elle ne pouvait pas les renier. Aussi, lorsqu'aux alentours de dix heures, on fit retentir la clochette de sa porte, elle sut qu'une assemblée allait être improvisée et elle soupira profondément de lassitude.

Il faut bien avouer, que cette manie de la faire assister à tout ça sans jamais lui offrir l'opportunité de faire ses preuves, n'était pas très motivant ! On se méfiait d'elle, ça crevait les yeux. Mais à quel point ? Voilà en revanche ce qu'elle ne parvenait pas réellement à mesurer. Pourtant, elle était très amie avec celle qui semblait être dans les petits papiers du chef : Gabrielle de Longueville. En outre, elle avait été recrutée par le bras droit en personne : Cédric de Portau, qu'elle avait connu en Angleterre. Mais ces atouts ne semblaient pas suffire. Quand donc lui donnerait-on sa chance ? Sans doute pas ce soir, la jeune femme ne se faisait guère d'illusions. Elle allait encore devoir écouter sans prendre part aucunement aux débats. Et bien sûr elle serait encore mise sur la touche, comme la cinquième roue du carrosse.

A vrai dire, si l'impatience la tenaillait, ce n'était pas tant pour le plaisir sadique de commettre des crimes, d'ailleurs y avait-il que cela dont est capable la Main de l'Ombre, elle ne le croyait pas, mais bien pour rembourser sa dette. Le fait qu'elle doive la surveillance rapprochée de son cher et tendre époux, à une organisation dont elle ne connaissait pas vraiment les membres, lui déplaisait fortement. Rebecca aimait qu'on lui donne mais jamais qu'on lui prête. Or on lui prêtait ce service et ce à charge de revanche, il serait peut-être temps qu'elle rembourse sa dette et qu'ainsi on n'en parle plus ! Ca commençait à la rendre nerveuse et ça durait depuis plus d'un an ! Ainsi donc, ce soir on la découvrirait sous un autre angle. Elle allait forcer les évènements et se rebeller contre le fait de ne pas compter. On lui reprochait son manque d'enthousiasme ? Tous seraient par conséquent surpris.

C'est d'un pas décidé qu'après s'être fait bander les yeux, elle suivit l'homme chargé de la conduire au lieu secret du rassemblement. Ils arrivèrent après une petite demi heure et en toute sincérité, dans ce labyrinthe de rues, jamais elle n'aurait pu deviner qu'ils venaient de descendre devant l'hôtel de Valois. Il la mena dans une antichambre très en contre bas, à en juger par le nombre de marches à descendre et où elle pouvait ressentir les effets du froid et de l'humidité.

A onze heures précises, les portes s'ouvrirent et elle put apercevoir, libérée du tissu devant ses yeux, le chef en personne. Il était déjà en place sur son trône leur tournant le dos, sa main pendante de l'accoudoir. A peine fut-elle assise, ainsi que les autres, qu'il prenait la parole. Pour en venir au but, il y alla et ce sans la moindre délicatesse. Des reproches ? Des bagarres ? Sur ce point en tout cas, elle ne se sentait absolument pas visée. Elle s'entendait relativement bien avec tout le monde et aucune dispute n'avait jamais éclaté. Souvent elle s'adonnait à des pique nique avec Francesco et elle riait de son narcissisme aigü, quant à Gabrielle et Cédric, ils étaient des amis ou tout comme ! Gabrielle qui se fit récompensée de mille compliments par le maître, décidément, elle lui plaisait ... Il n'aurait pas été étonnant, avec l'expérience qu'elle avait des hommes, que ce dernier veuille la mettre dans son lit. Mais là n'était pas le sujet, car cette réorganisation de la Main de l'Ombre l'intéressait au plus haut point, même si elle n'en connaissait pas les causes. Elle tendit donc l'oreille et se promit de ne pas en perdre une miette. Elle interviendrait lorsqu'elle le jugerait bon, cette fois çi, elle ne resterait pas dans son coin, c'était dit !

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Mauvaise fille de bonne famille
" Comme je respire, je mens, mon elixir, c'est le vent, je mens au mari, à l'amant. pourquoi dire vrai, quand vraiment la vie se vit mieux en faux semblants ..."


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MessageSujet: Re: Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant !   Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant ! Icon_minitime06.09.12 21:39

Une forme d'excitation s'était immédiatement emparée de Gabrielle de Longueville lorsqu'elle avait appris qu'une réunion secrète allait être organisée. Ces moments-là lui procuraient une dose d'adrénaline qui rendait sa vie palpitante. C'était la première fois qu'elle retrouvait toute la Main de l'ombre après son retour de Saintonge et elle avait hâte de savoir ce qui s'était passé en son absence et quelles décisions avaient pu prendre Hector. Il ne les convoquait jamais pour rien et ne laissait que peu filtrer les informations même à Gabrielle, l'un de ses bras droits, aussi allait-elle découvrir les annonces du maître en même temps que le reste des membres. Il ne serait jamais venu à l'idée de la jeune femme de protester de cet état de fait car elle était entièrement dévouée à celui qu'elle aimait comme un frère et depuis le jour où il lui avait avoué ce secret qui le rongeait depuis sa plus tendre enfance, le fait qu'il soit le vrai roi de France et que celui qui se faisait appeler Louis XIV ne soit qu'un imposteur, elle avait juré de le servir jusqu'à ce qu'il ait atteint ses objectifs. Une Longueville avait un sens aigu de l'honneur et de ses obligations. Et parfois se révolter en faisait partie. En échange de sa discrétion, Gabrielle pouvait prendre ses propres initiatives comme cette petite promenade dans le sud de la France d'où elle ramenait un atout non négligeable. Et elle savait qu'Hector saurait l'apprécier à sa juste valeur. D'ailleurs, avant de sortir dans ses habits noirs sans éclat et sans luxe pour ne pas indiquer la richesse de sa famille, elle se rendit dans la chambre réservée à la petite Mathilde. Elle jeta un œil confiant sur le bébé qui dormait paisiblement et sentit un large sourire ironique se former sur ses lèvres.

Après avoir suivi la longue procédure imaginée par Hector, tous les membres de l'organisation pénétrèrent dans une cave simple et passe-partout. La jeune femme avait conservé son sourire mais il était désormais bien caché derrière un masque qui couvrait l'intégralité de son visage et donc ses émotions. Elle observa d'un œil neutre les rideaux s'ouvrir et rendre visible le dos du fauteuil sur lequel se trouvait son frère de cœur. Après ces longues semaines passées loin de lui, elle aurait préféré passer du temps avec lui, tenter de deviner ses sentiments sur ses traits, peut-être même le serrer dans ses bras – même si c'était hautement improbable de la part de quelqu'un comme Hector de se laisser aller à un peu de tendresse. Mais là n'était pas l'objet de cette réunion et comme toujours, il avait pris milles précautions et on ne voyait de lui que cette main gantée qui rappelait invariablement à Gabrielle celle des empereurs romains qui décidaient de la mort ou de la vie dans les arènes. Il débuta son discours sans même les saluer mais c'était habituel. Pendant les reproches qui ne la concernaient pas (elle aurait été bien en peine de se battre avec quiconque pendant ces longs mois passés loin de Paris) puisqu'elle faisait bien son travail avec celle qu'on lui attribuait généralement comme partenaire, la Chevreuse, et ce n'était pas faute de la trouver agaçante, elle laissa son regard se promener dans l'assistance. Malgré les loups, elle les reconnaissait pour la plupart. C'était souvent elle qui les avait recrutés ou qui se chargeait de leur apporter les informations. Près d'elle se trouvait le deuxième bras droit, le deuxième à connaître l'identité de leur chef, Cédric de Portau. Les yeux bleus là-bas n'étaient autre que ceux de Francesco di Venezia. La silhouette de son garde du corps, Ulrich de Sola était reconnaissable entre mille. Un peu à l'écart, se trouvait sans conteste Rebecca de Richmond, sa plus chère amie. Non loin, celle qui avait revêtu une telle robe alors qu'on leur recommandait d'être discrets, c'était bien entendu Chevreuse qui ne faisait rien comme tout le monde.

L'énumération aurait pu se poursuivre si Hector n'avait pas annoncé que des changements allaient survenir, ce qui fit tourner la tête à une Gabrielle, perplexe. Que voulait-il dire ? Si elle ne craignait rien, elle eut le vague pressentiment que cela s'annonçait mauvais. Mais comme à son habitude, elle donna le change et se contenta de croiser les mains devant elle. Elle garda cette attitude calme et réservée lorsqu'Hector chanta ses louanges mais intérieurement, se sentit très heureuse et flattée d'être ainsi distinguée. Il avait donc remarqué tous les efforts qu'elle avait fait. Aussi lorsque l'homme se tût, elle osa prendre la parole :

- Vous savez que je suis à votre service et que tout ce que je pourrais faire pour vous contenter, je le ferais sans la moindre hésitation, prononça-t-elle d'un ton clair et assuré, commandez et vous serez obéi.

Elle poursuivit en se retournant vers le reste de l'assemblée et en désignant un homme bâillonné et au bandeau sur les yeux que l'on menait au centre de la pièce sur un signe de sa main :

- Avant de me taire en attendant vos décisions, j'aimerais vous présenter quelqu'un. Cette personne m'a accompagnée dans cette mission pour enlever la favorite royale mais elle a osé contester à plusieurs reprises mes ordres. Chargée de la surveillance de cette même favorite, elle a failli à ses devoirs en la laissant s'échapper. Et de retour à Paris, elle s'est précipité chez un confesseur pour raconter tous ses crimes... Nous l'avons intercepté à temps. Mais je vous demande à vous tous ce que l'on fait d'un tel traître...

Elle laissa planer un silence inquiétant avant de conclure :

- Je sais que vous serez d'accord avec moi, maître, que quiconque vous trahit ne mérite pas de vivre. La sentence, c'est la mort. Qu'il soit donc exécuté devant nous à titre d'exemple et que celui qui l'imite subisse le même sort.

Gabrielle, satisfaite d'elle-même, se cala sur son siège et se tut enfin, attendant avec une certaine cruauté la suite des événements.
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MessageSujet: Re: Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant !   Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant ! Icon_minitime15.09.12 21:01

Le message était arrivé un peu plus tôt dans la journée, ne laissant à Ulrich aucun doute sur son expéditeur, et la teneur de l’évènement qu’il annonçait. « Ce soir, vingt-trois heures, et suivez le guide. » Une telle convocation ne pouvait venir que de la vaste organisation qui se targuait de renverser les Bourbons, et plus précisément de son chef, un Valois dont le baron ignorait l’identité exacte. Ainsi, la Main de l’Ombre se réunissait, pour la première fois depuis un long moment. Le Danois, à son habitude, n’avait pas fait le moindre commentaire, et s’en était retourné vaquer à ses occupations en attendant l’heure dite. Occupation qui se résumait d’ailleurs à tenter de soutirer à du Perche les informations qu’il gardait farouchement pour lui. Identités, missions, lieux de rencontres... Inlassablement, le Danois posait les questions et payait d’une plaie ou d’un coup supplémentaire chaque silence. L’homme avait plus de trempe que prévu.

Ne sachant exactement où se trouvait Portau lorsqu’était venue l’heure de retourner à Paris, Ulrich avait chargé deux hommes d’assurer la surveillance de l’espion puis avait rapidement rallié son manoir. Il n’y avait passé guère plus d’une heure, donnant à son depuis peu borgne de valet quelques instructions, lorsque l’homme de Valois vint le chercher. Il se prêta avec indifférence au stratagème inventé par celui-ci pour garder secret le lieu de réunion de la Main de l’Ombre et suivit son guide. Ulrich n’était pas homme à discuter des détails et de la forme, et il comprenait assez la volonté d’anonymat de l’homme à la tête du complot. La discrétion, pour devenir roi à la place du roi, était une qualité qu’il serait bien le dernier à remettre en cause...

A l’heure dite, et avec l’exactitude des coups sonnés au clocher, les conspirateurs plus ou moins initiés pénétrèrent dans une cave anonyme qu’ils ne purent découvrir qu’après avoir ôté le bandeau imposé. Ulrich, qui se dissimulait derrière un masque, fit instinctivement le tour de l’assemblée. Tout en s’installant auprès de la duchesse de Longueville, qu’il connaissait assez pour la reconnaître, il nota les retards, dévisagea froidement les habitués, puis posa son regard d’acier sur le fauteuil qui leur tournait le dos. Seule une main gantée de noir pouvait témoigner de la présence de Valois.

Celui-ci ne tarda pas et énonça, sans préambule, l’objet de cette réunion. Ulrich écouta,sans se sentir visé, et les reproches, et les louanges. En ce qui le concernait, il faisait son travail, et menait à bien les missions qui lui étaient assignées. Il ne se mêlait pas des disputes de Portau et Contarini - dont il ne doutait pas qu’elle fussent celles dont parlait Valois - ; pas plus qu’il ne prétendait faire de zèle. Pour un certains nombre de raison, le Prince danois se considérait dans cette affaire comme bien au-dessus de la mêlée. Il ne dépendait pas entièrement de Valois dans l’accomplissement de ses desseins, et pour l’heure, les Jésuites s’étaient montrés plus convaincants dans leurs projets et promesses - ce dont il se gardait bien de parler. Sans doute fallait-il ajouter à cette relative indépendance une pointe d’orgueil princier. Son sang, à lui, était peut-être plus royal que celui de leur commanditaire.

Mais baste de ces considérations, et pour l’heure, celui que l’on connaissait avant tout ici comme le baron de Sola n’avait qu’à faire acte de présence. Ce fut la duchesse de Longueville, fort louée par Valois, qui lui rendit toute son attention. Et pour cause.
« Avant de me taire en attendant vos décisions, j'aimerais vous présenter quelqu'un, lança-t-elle en désigna un homme bâillonné que l’on amenait. Cette personne m'a accompagnée dans cette mission pour enlever la favorite royale mais elle a osé contester à plusieurs reprises mes ordres. Chargée de la surveillance de cette même favorite, elle a failli à ses devoirs en la laissant s'échapper. Et de retour à Paris, elle s'est précipité chez un confesseur pour raconter tous ses crimes... Nous l'avons intercepté à temps. Mais je vous demande à vous tous ce que l'on fait d'un tel traître... Je sais que vous serez d'accord avec moi, maître, que quiconque vous trahit ne mérite pas de vivre. La sentence, c'est la mort. Qu'il soit donc exécuté devant nous à titre d'exemple et que celui qui l'imite subisse le même sort. »

Ulrich haussa un sourcil en observant l’homme en question, qui pâlissait à vue d’oeil. Inutile pour lui de se faire la moindre illusion sur son sort, et sans doute en était-il conscient, à en juger la façon dont il tentait de se débattre.
Sans commentaire, le baron s’appuya contre le dossier de sa chaise, jouant distraitement et du bout des doigts avec le poignard qui ne le quittait pas. Il songea que cette mouche qui tournait et virait entre les conspirateurs allait rapidement l’agacer, mais ne bougea pas; Restait à savoir ce que ferait Valois du traître.
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Marie-Louise de Chevreuse

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MessageSujet: Re: Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant !   Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant ! Icon_minitime24.11.12 20:10

" Ce soir, vingt trois heures, et suivez le guide".
Marie-Louise attendait toujours ces petites marques d’attention de la part d’Hector de Valois avec une certaine impatience. Elle eu un sourire ironique en jetant la petite lettre sur sa coiffeuse, observant plutôt sa mise dans le miroir. Elle n’avait pas prévu cette réunion qui ruinait totalement ses plans de la soirée ! Elle arrivait de Versailles et Solange venait tout juste de lui remettre la missive. Elle avait prévu ce soir d’aller chez Montalet ! Il avait en sa possession une lettre pour elle de la part d’un informateur du Gâvres. Peut-être avait-il là la preuve de son innocence ! Ou de sa culpabilité….en ce cas, il faudrait supprimer le gêneur. Elle ne pouvait pas de permettre d’être ainsi traînée dans la boue.
Montalet … la Main de l’Ombre…

Froidement, elle observa son reflet, jugeant sa robe magnifique, quoique voyante pour une réunion de la Main de l’Ombre. Qu’importe. Elle ne pouvait rater aucun de ces deux rendez-vous.
S’asseyant rapidement, elle griffonna un petit mot qu’elle scella à la cire et sonna Solange.
-Faites envoyer cela à monsieur de Montalet, à l’hôtel des mousquetaires.
Solange se courba avant de s’éclipser, laissant sa maîtresse songeuse. Elle irait chez Montalet après la réunion…cette affaire ne pouvait pas plus attendre que Valois !

Ce fut ainsi vêtue qu’elle suivi le guide qui se présenta à heure dite. Solange était une parfaite servante, bien plus muette qu’Hortense et elle songeait naïvement que ces hommes qui parfois venaient chercher sa maîtresse n’étaient que quelques envoyés d’hommes importants qui ne souhaitaient voir étalé en pleine lumière une liaison.
Grimpant dans le petit véhicule noir sans aucun blason, elle s’amusa de voir un bandeau noir abandonné sur le siège. Les ordres passaient donc enfin chez ces sbires muets ! L’on ne bandait pas les yeux de la demoiselle de Chevreuse aussi impunément ! Elle savait qui était son roi depuis bien longtemps, ces précautions étaient aussi inutiles que lui demander de plaindre ses anciennes victimes.

Elle arrangea son masque qui recouvrait entièrement son visage et rejoignit les membres du complot déjà présents. Un sourire aux lèvres, elle s’efforçait de reconnaître ceux qu’elle avait déjà croisés et retint un geste de dédain à la silhouette de la Longueville non loin d’elle. Ne s’étaient-elles pas encore critiquées mutuellement quelques jours auparavant chez Mme de Sablé ?!

Mais Hector de Valois retint toute son attention et dès qu’elle entendit ce maître parler, lui dont on ne voyait qu’une main gantée, toutes ses pensées ne furent que pour la cause qu’elle servait et défendait âprement.
Des accrochages ? Elle en avait entendu parler, mais ne savait encore en quoi ils consistaient. Elle creva d’envie de savoir qui étaient les premiers concernés. Mais repoussant les remontrances et laissant planer le doute, Valois embraya sur la mission touchant la favorite et l’enlèvement de son enfant. Un sourire mesquin se dessina sur son visage. Elle devinait très aisément qui était derrière cet enlèvement. Sa précieuse auxiliaire ? Longueville, sans nul doute.

Sa voix hautaine la trahi lorsqu’elle ne pu s’empêcher d’émettre son avis. Marie-Louise leva les yeux au ciel devant son éternelle rivale qui s’étouffait dans une fausse modestie entièrement hypocrite.

- Avant de me taire en attendant vos décisions, j'aimerais vous présenter quelqu'un. Cette personne m'a accompagnée dans cette mission pour enlever la favorite royale mais elle a osé contester à plusieurs reprises mes ordres. Chargée de la surveillance de cette même favorite, elle a failli à ses devoirs en la laissant s'échapper. Et de retour à Paris, elle s'est précipité chez un confesseur pour raconter tous ses crimes... Nous l'avons intercepté à temps. Mais je vous demande à vous tous ce que l'on fait d'un tel traître...

L’homme pénétra dans la pièce, bâillonné, les yeux bandés, trébuchant en ne sachant où se rendre.
Marie-Louise eu un regard glacial sur le traître qui se traînait là et dont l’on pouvait sentir le moindre muscle tressaillir. Le pauvre homme s’était laissé aller à ses instincts d’homme faible ! Pourquoi contredire un ordre lorsqu’on était incapable d’agir par soi-même !
Elle ne pu que hocher la tête en signe d’assentiment lorsque Gabrielle acheva la sentence.

- Je sais que vous serez d'accord avec moi, maître, que quiconque vous trahit ne mérite pas de vivre. La sentence, c'est la mort. Qu'il soit donc exécuté devant nous à titre d'exemple et que celui qui l'imite subisse le même sort.

Oh ! Une exécution ! La jeune femme s’en délecta d’avance et instinctivement, jeta un regard vers Ulrich de Sola qu’elle avait reconnu sans peine. Caressant sa dague, le danois était presque près à exécuter la sentence.
Mais il était parfois plus délectable de voir les traîtres souffrir. Ceux qui trahissaient le roi ne méritaient-ils pas une douleur atroce ? Hector de Valois n’était-il donc pas roi ? Ne l’avait-on pas trahi ?

Elle osa prendre la parole à la suite de la Longueville, sachant que si elle pouvait se permettre ces propositions, elle n’avait nul droit de décision sur les affaires.
-Il s’agit-là d’un crime de lèse-majesté, que de trahir le roi, dit-elle d’une voix doucereuse. Une simple exécution n’est-elle pas trop douce face à l’importance du crime commis ?


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Marilou est une fée:
 

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MessageSujet: Re: Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant !   Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant ! Icon_minitime24.12.12 19:18

Ulrich avait posé sur le soldat un regard à en faire pâlir plus d’un. Tout en jouant distraitement avec sa dague, qu’il faisait négligemment tourner sur la table de bois, il s’amusa - certes, non sans sadisme - de la panique grandissante qui semblait s’emparer du malheureux traître, avant d’adresser à la demoiselle de Chevreuse, qui lui avait jeté un regard, une oeillade entendue. La jeune femme et lui formaient un redoutable tandem d’assassin ; or il était aisé de deviner ce qui attendait l’homme qui, bien malheureusement pour lui, était désormais au centre de l’attention. Sous la sentence de la duchesse de Longueville, il s'affaissa un peu plus, étouffant une protestation désespérée derrière son bâillon. Protestation de toute façon bien inutile : il n’était pas une seule personne dans cette qui fût sensible à son triste sort.

« Il s’agit-là d’un crime de lèse-majesté, que de trahir le roi, lança Chevreuse dans le silence qui s’était installé. Une simple exécution n’est-elle pas trop douce face à l’importance du crime commis ? »
Ulrich esquissa un sourire cynique derrière son masque. Décidément, la torture, quel que fût son but, était de mise ces derniers temps. Il chercha d’ailleurs Portau du regard, toujours absent, tout en songeant au comte du Perche laissé à Meaux - comte dont il ignorait de quelle évasion improbable il faisait actuellement l’objet.

L’attention du Danois se posa à nouveau sur Valois lorsque celui-ci trancha la question du sort du traître livré par Gabrielle de Longueville en exigeant qu’on le fît souffrir avant de le tuer. Sans grande surprise, Ulrich fut désigné pour mettre la sentence à exécution. Tout prince qu’il était, les basses besognes telles que celle-ci, au sein de la Main de l’Ombre, relevaient de son domaine. Et à vrai dire, c’était là un rôle qui ne lui déplaisait pas tant que Valois n’oubliait pas qui il était réellement et ce qu’il attendait de l’aide qu’il lui portait dans ses complots.
Sans un mot il se leva, arrachant sa dague du bois dans lequel il l’avait plantée et se dirigea vers le pauvre homme. Il fit signe au sbires qui le maintenaient de le lâcher et lui asséna un coup violent quand tenta un geste pour s’éloigner. Le traître, qui ne faisait pas le poids, alla s’écrouler un mètre plus loin dans un gémissement lamentable, à moitié étouffé par son bâillon.

Ulrich s’approcha, le domina de toute sa haute silhouette et l’observa un instant, n’ayant cure des regards posés sur lui. Faire souffrir cet homme plutôt que de le tuer immédiatement ressemblait fort à une perte de temps mais après tout, peu lui importait. Indifférent aux cris de sa victime il planta une première fois sa dague dans son épaule droite, puis la seconde. Il le fit taire d’un coup de pied, ouvrit une troisième plaie dans un de ses genoux puis traça minutieusement une petite entaille dans son cou. Un filet de sang commença à s’en écouler... et devait s’en écouler durant de longue minute avant d’en venir à bout. Froidement, il se redressa et le poussa du pied dans un coin de la pièce. D’un geste il fit signe à l’un des sbires qui l’avait amené d’aller chercher une bassine pour qu’il ne mette pas du sang partout et tranquillement, alla se rasseoir à sa place.
« Il sera mort dans trente minutes, ou avant, si ses gémissements nous dérangent, annonça-t-il. »
Et là-dessus il se tut à nouveau. Ils pouvaient passer à autre chose.




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Cédric de Portau

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Côté Coeur: Il a servi il y a des années avant de complètement le ferme. Mais la revoir me fait redevenir ... humain ?
Côté Lit: Sans courir après les dames, il se porte à merveille !
Discours royal:



    B E L Z E B U T H
    l'associé du diable


Âge : 29 ans
Titre : Comte de Gan
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MessageSujet: Re: Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant !   Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant ! Icon_minitime06.01.13 13:19


Cédric se réveilla avec un énorme mal à l'arrière du crâne, se frotta la bosse qui avait bien poussé et maugréa, lançant quelques insultes à demi-voix à l'encontre de son ennemi, ce gondolier des eaux croupies. Ce dernier était passé depuis bien longtemps d'ailleurs, la nuit était tombée et la pièce n'était éclairée que par que quelques bougies que son valet Gustave avait allumé pour mieux ramassé les objets cassés et faire un peu de ménage. En effet, le cabinet de Portau était un véritable champ de ruines, témoin d'une magnifique bagarre avec Francesco quelques heures auparavant. Cédric se souvenait que le vénitien avait levé un objet au-dessus de lui puis trou noir. Ce salaud l'avait assommé et pas comme une fillette.

Se relevant tant bien que mal, Cédric se laissa choir dans un fauteuil encore intact et continua à insulter religieusement le Contarini, le maudissant lui et toute sa famille, d'être passé et avoir joué au plus malin, voulant absolument savoir ce que Portau pouvait bien manigancer dans son coin. L'enlèvement de Du Perche ne le concernait en rien, l'espion était entre de bonnes mains avec ses bourreaux, sans savoir qu'en cet instant un improbable duo venait au secours de la victime. Reprenant ses esprits, il observa son valet qui s'était remis à trembler comme un imbécile à l'instant où son maître avait posé les yeux sur lui.

Contarini est parti quand ?
Il y a quelques heures, monsieur. répondit le valet en ne levant pas les yeux.
Heures ? Mais diable, quelle heure est-il ?! s'étonna Portau.
 La cloche a sonné la demie de dix heures du soir, mons....
QUOI ? s'étonna le blond en se levant d'un bond.

La réunion ! A cause de ce stupide vénitien, Cédric allait être en retard à la réunion de la Main de l'Ombre ! Sans dire un mot supplémentaire, il saisit son pistolet et son grand manteau avant de sortir à toute allure seller son cheval et se mettre à galoper dans la campagne versaillaise. Déjà qu'Hector ne pouvait plus le voir en ce moment alors s'il se mettait en retard, cela n'allait en rien arranger. Contrairement à la plupart des espions de l'organisation, il n'avait pas besoin qu'on l'accompagne, il savait précisément où se trouvait la réunion, dans le sous sol de l'hôtel de Valois. C'était un peu stupide, même si les moins initiés venaient les yeux bandés, mais Cédric avait toujours trouvé cela risqué et il faisait de multiples détours pour être certain de ne pas être suivi, laissant sa monture un peu plus loin, mettant son masque deux rues avant l'hôtel et observer que personne ne se trouvait là.

Enfin dans l'hôtel, il avança d'un pas qui se voulait décidé mais la baston de toute à l'heure lui avait donné des bleus aux côtes et il dut serrer les dents pour ne pas se plier. Dans la salle, Hector avait fait sa grande mise en scène en se cachant, ne montrant que sa main. Tout le monde était attablé et il reconnut tout le monde sous leurs masques, particulièrement Contarini qui arborait un masque ridicule, absolument pas discret ! Quel idiot ! Il ne restait qu'un siège à côté de celle qui semblait être Gabrielle de Longueville, bien cachée derrière son masque. Mais tout le monde semblait être concentré sur la torture que faisait subir Ulrich à un type que Cédric ne connaissait visiblement pas. Alors que le danois abandonna le type à son agonie, Portau lança un regard à Contarini et fit remuer ses lèvres sans en faire sortir le moindre son. Ses paroles ?

Je vais vous tuer.

Au moins c'était dit !

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MessageSujet: Re: Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant !   Intrigue Main de l'ombre : Le changement c'est maintenant ! Icon_minitime09.04.13 17:23

- Il s’agit-là d’un crime de lèse-majesté que de trahir le roi, une simple exécution n’est-elle pas trop douce face à l’importance du crime commis ?
Évidemment, il avait fallu que la duchesse de Chevreuse intervienne, sa voix de fouine était parfaitement reconnaissable si les invités de cette petite réunion n'avait toujours pas compris qui était cette femme qui se donnait de grands airs. Gabrielle de Longueville fit la moue derrière le masque qui dissimulait ses traits et pinça les lèvres pour éviter de répliquer qu'après tout, il était vrai que la famille de la duchesse s'y connaissait en crimes de lèse-majesté. Mais elles n'étaient pas là dans un salon – encore que ce genre de sujets devait de manière préférable être évité en bonne compagnie, aussi la Longueville se contenta d'observer les événements qui suivirent, l'ordre bref lancé par Hector de Valois puis l'exécution confiée au prince danois qui n'eut aucun geste d'hésitation pour enfoncer sa dague dans le corps de leur prisonnier. Un instant, Gabrielle eut un sourire à ce spectacle mais rapidement, elle se retourna vers le reste de l'assemblée pour tenter d'en deviner les dégoûts ou les mouvements de répulsion derrière ces masques impassibles. Mais c'était là tout le problème des masques, ils dissimulaient aussi bien les traits des fidèles que ceux des traîtres.

Malgré l'intérêt évident de cette petite mise en scène ne serait-ce que pour rappeler à tous ce qu'on risquait à ne pas remplir ses devoirs, elle ne détourna pas l'attention d'une arrivée bien tardive. En effet, le grand absent jusque-là avait été Cédric de Portau, le deuxième bras droit d'Hector et la duchesse de Longueville s'en était inquiétée car Cédric avait toujours été du genre à être le premier présent. Cela ne lui ressemblait pas. Au moment où il pénétra dans la pièce, tous les regards se détournèrent pour se poser sur lui. Il s'était assis aux côtés de Gabrielle et si celle-ci voulut lui demander quelle excuse valable il devait avoir pour se permettre de ne pas répondre à l'invitation d'Hector, elle surprit l'expression fermée et pleine de haine qu'il adressa à l'ambassadeur de Venise, lui aussi parfaitement reconnaissable derrière son masque qui n'aurait pas dépareillé au carnaval. Du moins, Gabrielle reconnaissait les marins d'eau douce et croupie à des lieues désormais. Il n'était un secret pour personne qu'ils se détestaient cordialement, elle espérait néanmoins que le Vénitien n'était pour rien dans ce retard. Elle ignorait à la fois quel grand coup Cédric avait frappé en enlevant et en torturant un espion du roi – et pas n'importe lequel ! – (et qui était en train de libérer l'espion en question d'ailleurs) et à quel point la lutte entre Portau et Contarini allait s'envenimer de manière tragique dans les minutes à venir. Il suffit pour cela que le duc de Valois eut repris la parole.

Hector n'y manqua et si ce fut tout d'abord pour adresser quelques mots à Ulrich de Sola pour laisser entrevoir sa satisfaction devant du travail bien fait, il glissa rapidement sur un autre sujet. Gabrielle s'était attendue à recevoir des instructions précises concernant la guerre qui allait pointer le bout de son nez au printemps comme on le chuchotait désormais de façon insistante dans les couloirs de Versailles et durant laquelle leur organisation pourrait frapper un grand coup car il était entendu que le roi irait s'exposer sur les champs de bataille. Avec un peu de chance, il n'y aurait pas que sa perruque qui serait emportée par un boulet de canon. Mais contrairement à ce qu'elle s'était imaginé, il n'en fut rien, Hector se mit à parler de personnes dans l'assemblée qui l'avait déçu en commettant des erreurs et qui méritaient châtiment. Gabrielle leva les sourcils, perplexe. A vrai dire, elle ignorait qui pouvait être concerné (un regard vers la Chevreuse qui lui semblait toujours aussi sûre d'elle détrompa ses espoirs) mais elle trouvait que la réunion était en train de se transformer en mauvais procès dans lequel tout était joué d'avance et où on ne laissait pas à l'accusé le soin de se défendre par lui-même. La sentence finit néanmoins par tomber : le second bras droit, Cédric de Portau était déchu de son titre. Et Francesco di Venezia prenait sa place. Tout d'abord, Gabrielle n'y crut pas ses oreilles et en resta proprement stupéfaite. Elle qui se plaisait d'en savoir plus long que tout le monde sur les intentions du maître, son ami d'enfance, elle avait la désagréable impression d'avoir été trompée sur toute la ligne. Elle sentit Cédric se tendre à ses côtés et comprit qu'elle ne venait pas de rêver. Hector venait de chasser comme un malpropre son fidèle parmi les fidèles pour élire à sa place un homme qui passait plus de temps à chasser les jupons qu'à servir leur cause. Ce n'était pas un rêve, c'était un cauchemar.

Le reste de la réunion se passa dans une atmosphère tendue qu'Hector de Valois ne parut pas remarquer. Il donna en effet quelques directives pour le conflit à venir mais qui ne concernaient pas directement Gabrielle. D'autres seraient plutôt amenés à se trouver au cœur même du conflit comme Brabant sur les mers ou Hector lui-même comme cousin du roi. De toute façon, la jeune femme était bien trop abasourdie pour trouver autant de plaisir que d'habitude à comploter. Personne n'osa intervenir et la réunion se termina rapidement, dans un grand silence au fur et à mesure des départs. Avant de leur permettre de quitter la pièce, Hector adressa uniquement un geste à Ulrich de Sola qui comprit immédiatement ce qu'on attendait de lui. Le haut et large Danois se saisit de sa dague et il y eut comme un frisson qui parcourut les rangs. Il n'eut qu'à s'approcher de leur victime de la soirée pour lui trancher la gorge et lui ôter définitivement la vie. Le message qu'elle avait voulu faire passer était encore mieux illustré que prévu, songea Gabrielle en se saisissant de son manteau pour se replonger au cœur des ténèbres de la ville de Paris, si Hector avait voulu leur prouver que nul n'était irremplaçable et que toute faute serait impitoyablement payée au centuple, il avait gagné son pari. Mais ce n'était plus l'enthousiasme qui ressortait de cette réunion ou l'envie d'en découdre. Au contraire, la frayeur et le scepticisme venaient de les remplacer.

L'air était froid et peu agréable mais ce fut sans l'ombre d'une hésitation que Gabrielle de Longueville s'éclipsa dans la nuit noire à la recherche de son propre hôtel qui n'était guère loin de là, suivie par un Ulrich de Sola toujours armé de sa dague, chargé de lui servir d'ombre.


FIN
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