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 Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."

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MessageSujet: Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."   15.08.12 13:57





Gisela


du Danemark




(Imogen Poots)




« L'être humain a deux visages : celui qu'il nous montre
et celui qu'il a vraiment. »

    ► 23 ans
    ► Princesse de Suède et du Danemark
    ► Suèdoise - De la dynastie Vasa
    ► Mariée
    ► Protestante luthérienne
    ► Hétérosexuelle



♕ PROTOCOLE ♕
VERSAILLES : PARADIS OU ENFER ?

En posant un pied au château, Gisela n'imaginait pas à quel point cet endroit était différent de tous ceux qu'elle avait pu voir ou visiter dans sa vie. C'est presque comme si Versailles vivait dans une énorme bulle, coupé du monde extérieur si triste. La princesse qui ne vit que de festivités superficielles, de jeux et de ragots scandaleux a de quoi trouver son bonheur ici et, pour être sincère, elle espère y rester le plus longtemps possible : la vie au château peut être si amusante parfois qu'elle en oublie qu'elle n'est ici qu'en tant qu'invitée et que les invités finissent toujours pas rentrer … Ah ! Si seulement elle pouvait s'amuser tout autant dans son propre domaine !
Ici, si l'envie l'en prend, elle peut s'exiler à son aise dans les jardins du château, pour profiter au maximum de la magnificence des lieux. Et si, au contraire, elle préfère à la solitude la compagnie des dames de la cour dont le rôle est consacré à bavarder et à s'amuser, et bien soit ! À Versailles, les plaisirs sont variés. Qui ne pourrait pas se penser au paradis dans un tel endroit ? Selon la jeune Gisela, ceux qui vous diront le contraire sont sans aucun doute des menteurs ou bien des rabats-joie, quelques inconscients qui ne savent pas profiter des plaisirs d'une vie de château. Pourtant, les privilèges que cela implique ne sont pas à la portée de tous : il faut savoir se contenter de ce que l'on possède déjà.

COMPLOT : VÉRITÉ OU FANTASME PUR ?

Honnêtement, la princesse accorde peu de crédit aux rumeurs qui parlent d'un quelconque complot. Ne serais-ce pas plutôt là l'invention de quelques fous qui tentent de faire tomber les plus grands de leur piédestal, histoire de se moquer un peu ? Elle ne connait pas grand chose à la politique, et cela ne l'intéresse pas plus que ça. Évidemment, le jour où une rumeur prétendra qu'une quelconque force essaie de nuire à son être ou à sa famille, Gisela en sera bien plus inquiète. Mais vous savez, les rumeurs sont ce qu'elles sont : de simples rumeurs, des commérages de salon sans aucune preuve, juste des mots que l'on se passe de bouche à oreille. Cela peut être très amusant – ou non – et pourtant, la plupart du temps ce ne sont qu'un bouquet de mensonges inventé par un individu dans un but plus ou moins vicieux.

COLOMBE OU VIPÈRE ?

Commérer est-il un crime ? Car c'est là l'une des activités favorites de notre princesse. Mais à Versailles, il est très difficile d'y échapper, disons plutôt qu'il s'agit d'une activité comme une autre. Gisela se plait à écouter avec attention puis rapporter sans vergogne la moindre petite information qui viendrait poindre sous son nez. Elle trouve cependant ridicule d'inventer une rumeur : la vérité seule est digne d'intérêt. Mais comment savoir si ces bruits de couloir ne sont pas montés de toutes pièces ? Et bien en réalité, on ne le sait pas. Personne ne peut affirmer que ses sources sont fiables, absolument personne. Mais garder une oreille attentive à ces ragots lui permet de s'assurer que son petit secret est à l'abri. Si cela fait de Gisela une vipère, alors tant pis …

DES LOISIRS, DES ENVIES A CONFIER ?

Quelles sont les loisirs d'une princesse à Versailles ? En fait, cela peut paraître ennuyeux mais lorsqu'on a que cela à faire, lorsqu'on a connu que cela, en pratiquant ces « activités » on ne parvient même pas à connaître l'ennui.
Gisela aime énormément les jardins du château. Ils sont véritablement splendides, mais aussi calmes – la plupart du temps. Elle aime s'y promener, seule ou accompagnée, en ne regardant rien d'autre que la verdure, les statues, les bassins … Elle dédie une grande partie de ses moments de solitude aux jardins du palais, car il n'y a pas meilleur compagnon que la nature. Du dehors, elle peut observer en silence et en apprendre davantage sur ceux qui l'entourent.
Une autre de ses activités consiste à parader. Il faut savoir que, depuis toute petite, la jeune femme accorde une grande importance à l'apparence et à la frivolité. Elle a amené avec elle ses plus somptueuses robes et parures, car s'afficher est ce qu'elle fait de mieux. En participant aux soirées mondaines du château au bras de son époux, elle entretient son image et la réputation de couple parfait qu'on leur attribue. Néanmoins, elle regrette de ne pas passer davantage de temps avec lui puisqu'ils s'entendent si bien.
Encore une fois, comme j'ai pu vous le dire avant, madame est une commère professionnelle, mais s'éterniser sur le sujet n'est plus une nécessité, vous le savez déjà.
Une autre occupation qui prend une certaine partie de son temps : son fils. Certes, elle ne s'occupe pas énormément de l'enfant mais elle observe sa nourrice et les gestes qu'elle adopte avec lui, histoire d'en apprendre plus sur le rôle qu'elle devrait jouer, cependant consciente qu'à présent, il est déjà trop tard pour être une maman modèle. Son petit ange est ce qu'elle a de plus cher au monde, pas seulement parce qu'elle lui a donné la vie ou qu'elle lui porte l'amour inconsidéré qu'une mère devrait porter à son enfant, mais aussi parce qu'il représente la stabilité de son couple, de sa famille et l'ignoble secret qui est le sien.

♕ HOP, RÉVÉRENCE ! ♕
► Fanny (ou Fan' comme vous voulez)
► 15 ans
► 7/10
► Code bon by Lisa
► Merci au dieu Google ! Very Happy
► Hum … enfin … et bien … euh … non, rien à ajouter.



Dernière édition par Gisela du Danemark le 20.08.12 10:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."   17.08.12 1:52


BIOGRAPHIE

VERSAILLAISE

_________________________________________________

Suède


« Qui n'a pas de mère doit tout garder dans son cœur. »
Proverbe tunisien


......

    Nynäshamn, le 1er mars 1647 ...


Les jours de pluie étaient d'un triste ennui. Et chez son oncle Charles, la fillette s'ennuyait davantage. L'homme n'était pas très causant, et la maison se faisait bien silencieuse. On n'entendait que le bourdonnement incessant de l'extérieur, le son agaçant de l'eau qui frappait le pavé de toutes ses forces. Elle admirait l'averse depuis la fenêtre de la chambre qui lui avait été attribuée. À cette heure tardive, la fillette aurait du être allongée dans son lit, les yeux clos et l'esprit emporté vers le monde des rêves, mais elle savait très bien que personne n'irait s'en assurer. C'est alors que quelques voix, à l'étage inférieur, la tirèrent de ses pensées. Cela ressemblait à un murmure à peine audible, si bien qu'elle ne comprenait pas un mot de la conversation. On dit souvent que la curiosité est un vilain défaut, mais tout le monde y a un jour succombé, et donc aussitôt, l'enfant se retourna pour chercher la porte. La pièce était plongée dans un épais manteau de ténèbres, recouvrant tout ce qui lui tombait sous la main. Ses petits yeux bleus ne s'étaient pas encore accoutumés à l'obscurité, mais déjà elle commençait à avancer à tâtons, comme aveugle, cherchant les moulures de la porte, une poignée ou un autre objet quelconque qui aurait pu l'aider à se repérer. Cette simple épreuve qui pourrait vous paraître si simple, ne l'était pas tellement pour une petite fille de son âge, qui allait tout juste fêter son quatrième anniversaire. Brusquement, elle trébucha sur un petit quelque chose qui trainait là, mais se rattrapa juste à temps à ce qu'elle crut être le pied de son lit. Enfin, elle atteignit l'autre bout de la pièce, caressant la tapisserie à l'aide de ses mains potelées, jusqu'à trouver la poignée métallique tant recherchée. Elle ne fit qu'entrouvrir la porte, histoire de demeurer le plus discrète qui soit. Au début, elle ne put saisir que quelques mots que tout enfant était capable de comprendre avec aisance : « partir », « mariage », « reine » … puis en vint d'autres. Des termes plus adultes, plus agressifs qui, dans son esprit, ne trouvèrent pas de signification. Et alors qu'elle écoutait en silence, elle entendit des pas qui se rapprochèrent de l'escalier, comme quelqu'un qui marchait dans le grand hall. De sa porte, elle ne vit strictement rien, mais elle entendit cependant une porte claquer. Soudain, la maison redevint silencieuse et elle n'entendit plus que le goutte-à-goutte de la pluie, sonnant la fin de l'averse.
Il y eut de nouveau un bruit de pas dans le grand hall, juste en dessous d'elle, et par peur d'être découverte, la fillette ferma la porte et se précipita vers son lit en heurtant plusieurs meubles sur son passage. Elle se jeta sur le matelas et se cacha sous l'édredon, comme si elle s'était assoupie. On pu entendre quelqu'un monter une par une les marches de l'escalier en prenant garde à ne pas faire trop de bruit. Puis plus rien. Il s'était arrêté de marcher. Sans ouvrir les yeux, l'enfant entendit sa porte grincer et devina que c'était elle que l'on venait visiter. Le pas lourd reprit, se faisant plus précis, et elle comprit qu'il s'agissait de son oncle. Il s'immobilisa une fois de plus, mais derrière ses paupières closes, elle ne vit rien. Par la suite, il lui sembla qu'il s'en retourna dans le couloir car elle entendit le net bruit de pas qui s'éloignait peu à peu, puis le grincement sinistre de sa porte et un léger claquement qui annonçait la fermeture de cette dernière. Une fois qu'elle fut à nouveau seule, la petite ouvrit les yeux pour voir que sa chambre était toujours plongée dans le noir complet. Que venait-il de se passer ? Qui avait quitté la maison ? Elle se posa mille questions, toutes sans réponses. Alors elle songea que le lendemain matin, elle questionnerait sa mère, l'air de rien. Mais lorsqu'elle se laissa dériver vers le pays des rêves, l'enfant ignorait que le matin suivant, elle n'aurait plus de mère.

......

    Nynäshamn, le 13 octobre 1653 …


« Mademoiselle, une lettre pour vous. »

Gisela était occupée à brosser sa chevelure blonde, assise devant le miroir de sa coiffeuse, quand la domestique l'appela par l'embrasure de sa porte. Aujourd'hui, elle occupait cette chambre depuis un peu plus de six ans, elle vivait ici encore et toujours depuis que sa tendre maman avait décidé de l'y laisser. Être abandonnée par sa mère, cela l'avait brisée, de plus elle n'était pas plus aimée chez son oncle. L'homme n'était pas marié, et n'avait pas plus d'enfants, alors pour occuper sa jeune nièce qu'il voyait sans aucun doute comme un simple fardeau, il avait engagé d'éminents précepteurs qui lui enseigneraient ce qu'une jeune fille de sa condition était en âge de savoir. Elle n'avait que trop peu d'amis. Son oncle Christian en faisait partit. Il était passé dans la matinée lui souhaiter une très bonne journée pour son dixième anniversaire, et lui apporter un présent pour arracher un sourire de son visage attristé : c'était un magnifique collier de perles ivoires, fermé par un discret fermoir en or. Une pièce de toute beauté. Il lui avait accroché cette parure autour du cou, avait embrassé son front tendrement et s'en était allé peu de temps après. De toute la journée, il fut le premier ainsi que le dernier à lui souhaiter un joyeux anniversaire. Mais, il n'avait cependant pas oublié son goût pour la frivolité et les paillettes.
À cette heure de la journée, la jeune fille aurait du se trouver en compagnie d'un de ses nombreux enseignants qui devait lui apprendre l'histoire de son royaume. Mais le mépris qu'elles portaient à chacun de ses précepteurs l'avait poussée à leur en faire voir de toutes les couleurs, et chaque jour, elle leur faisait vivre un véritable enfer. Cet artiste peintre qui avait tenté de lui apprendre les rudiments de son art, avait littéralement démissionné après qu'elle lui ait jeté au visage le contenu d'une fiole de peinture. Peinture à l'eau certes, mais peinture malgré tout. De toute façon, elle se débrouillait très bien en arts graphiques comme en musique où elle avait réussi à faire fuir son professeur tout en maîtrisant parfaitement le clavecin et en approfondissant sa connaissance du violon. Elle avait la capacité d'apprendre vite, mais elle était aussi une très forte tête et malgré son intelligence, elle se permettait de manquer d'attention durant les leçons. Que ce soit de la géographie, de l'histoire ou bien des sciences, cela n'avait aucune importance. Il y en avait qui aimait apprendre plus encore et encore, mais ce n'était pas son cas.
Mais revenons à cet après-midi d'octobre 1653 ! Gisela se leva de son siège et rejoignit la porte, pieds nus. La femme de chambre ne passa que sa main dans laquelle elle tenait une lettre portant son nom et le sceau d'une grande famille de sa connaissance. Une fois qu'elle eut accompli sa tâche, la jeune femme s'éloigna le plus vite possible de la porte, n'espérant même pas des remerciements de la part de sa jeune maîtresse. En regardant plus attentivement le sceau et l'écriture sur le papier, le visage de l'enfant se métamorphosa. Il s'y dessina un énorme sourire, signe d'une joie sans précédent, et aussitôt, elle rejoignit son bureau pour décoller le sceau de cire à l'aide de son coupe-papier. Elle déplia la lettre et se mit à lire, reconnaissant entre mille l'écriture de l'ami qui lui était le plus précieux, étant notamment à peine plus âgé qu'elle.

    Ma chère Gisela …


C'est ainsi que commença la lettre, ou peut-être pourrions-nous parler d'un vrai roman. Le garçon avait tout juste treize ans, et elle avait fait sa connaissance quelques années plus tôt, lorsqu'il accompagnait son roi, invité à la cour par la reine Christine en personne. Lier une amitié fut très aisé, le prince ignorait que cette simple fillette était le vilain petit canard aux yeux de tous. Née de père inconnu, fille d'une princesse de sang qui l'avait abandonnée très jeune pour épouser un comte et vivre un rêve chimérique entre ses bras jusqu'à ce que la mort les sépare. Romantique, n'est-il pas ? Sauf pour l'enfant qui, après cela, se retrouva six longues années sans mère et sans père, avec pour seule compagnie, de deux à trois amis qu'elle ne pouvait voir à sa guise. Et si au plus profond d'elle même, elle souffrait de cette solitude, jamais elle ne fut plus heureuse qu'en voyant ces visages chers à son cœur : Christian et Édouard. Ses précieux amis.
Il y avait longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus, aussi la lettre fut longue. Très longue. Il y racontait bon nombre d'anecdotes sur son quotidien dans cet autre pays où Gisela n'avait jamais mis les pieds. Elle pu lire qu'il cherchait une activité pour occuper ses journées, que sa mère lui manquait terriblement … Une petite pensée ironique traversa son esprit : « Moi aussi. » et elle continua sa lecture silencieusement. Enfin, elle vit se rapprocher la fin, et fut étonnamment surprise qu'il conclut sa lettre par :

    Joyeux anniversaire.

    Édouard


Elle sourit de plus belle et replia la feuille de papier pour la ranger dans le tiroir de son cabinet où elle rangeait scrupuleusement chaque lettre qu'elle recevait, bien que ce ne fut qu'à de rares occasions. Un soupir s'échappa de ses lèvres. Quand allait-elle trouver le temps de lui répondre ? L'horloge de l'entrée sonnait déjà cinq heure, et c'était là l'heure de sa leçon de danse. Et bien … le professeur attendrait.

......

    De Gisela Vasa à Christian de Sudermanie
    Stockholm, le 30 octobre 1654.


    Cher cousin,

    Mon oncle a tenu à ce que je vous exprime ses plus sincères regrets vis à vis de votre absence à son mariage qui s'est tenu le vingt-quatre de ce mois-ci. Il a récemment été nommé et couronné roi de Suède, et nous avons du quitter la maison de Nynäshamn pour nous installer au palais Tre Konor de Stockholm. Je partage sa joie et sa fierté, mais vous connaissez l'admiration que je portais à notre reine Christine, et je n'ai de cesse de déplorer son absence en ces lieux.
    Les rumeurs vont bon train à la cour, mais je n'ai rien entendu à votre sujet. En revanche, il semblerait que je ne sois pas au goût de nos compatriotes, et j'ai entendu dire que l'on ne m'imaginait pas mariée dans les prochaines années, mais plutôt dans un couvent. J'imagine que mon oncle Charles aura tôt fait d'examiner cette proposition et de m'envoyer dans un quelconque monastère pour ne plus avoir à s'occuper de moi à l'avenir. Ma seule chance de rester en Suède réside en la nouvelle épouse : si elle enfante un héritier, je lui servirais sans aucun doute de gouvernante et ma place au château en sera assurée. Je dois juste prier pour voir mon vœu s'exaucer.
    Quand reviendrez-vous me voir ? J'ai besoin d'un ami à qui me confier, et cela fait plutôt longtemps que je ne vous ai pas vu.

    Au plaisir de vous revoir à la cour dans un futur proche.

    Gisela


......

    Palais Tre Konor, Stockholm, le 4 mars 1658 …


Au fond d'elle, Gisela avait toujours su que son oncle ne serait pas le meilleur monarque qu'eut connu son pays. Depuis qu'il était monté sur le trône, avait épousé la fille d'un duc relativement désagréable et avait donné un héritier mâle à la couronne de Suède, il avait passé son temps à faire la guerre aux pays voisins. Et ce ne fut pas très étonnant que le Danemark fut pris dans ce conflit ridicule. Bien que leurs rois respectifs se déchiraient dans un combat sans merci, Gisela et son ami Édouard ne cessèrent pour autant de communiquer par missives, même si la guerre retarda quelque peu le transport du courrier. C'est à travers ses lettres qu'elle apprit le siège de Copenhague, en février. Et c'est aussi grâce à lui qu'elle apprit par quel moyen les deux royaumes devaient se réconcilier : un mariage politique.
Lorsqu'elle apprit que son oncle, pour mettre un terme à sa guerre, avait fait le choix de donner sa main au prince, la jeune fille s'était sentie trahie. Comment avait-il osé prendre cette décision sans même l'en informer ? Quand comptait-il le faire ? Certes, elle avait beaucoup d'affection pour Édouard … mais durant toutes ces années, pour elle, il n'avait été qu'un ami précieux, mais néanmoins un ami. Peut-être que leur bonne entente ferait de ce mariage arrangé un mariage heureux, mais elle avait du mal à imaginer à le considérer autrement que comme son ami. Mais pour le bien de sa patrie, la princesse avait accepté.

Ce matin là, assise dans la chapelle du palais, elle admirait le plafond décoré en songeant que c'était ici qu'à la fin du mois d'octobre, elle allait épouser le prince danois. Juste après son quinzième anniversaire. Quel âge allait-il avoir cette année ? Dix-huit ans. Comme ils étaient jeunes, comme cela passait trop vite.
Trop occupée par ses pensées confuses, Gisela n'entendit pas le bruit de pas qui se rapprochait inexorablement de sa position. Elle ne remarqua cette autre présence que lorsque quelqu'un se pencha au dessus d'elle en souriant d'un air légèrement moqueur.

« Vous rêvez, princesse ? »

Elle manqua de crier, s'en empêchant en plaquant sa paume contre sa bouche. D'un mouvement brusque du corps, elle s'éloigna de lui et se retourna pour le fixer de ses yeux effrayés.

« Édouard ! Vous m'avez fait peur ! »

Ai-je oublié de préciser qu'il était venu lui rendre visite ? Oui ? Alors, permettez-moi de faire un petit retour dans le passé.
Il était arrivé au palais depuis tout juste deux jours avec pour ambition de faire en sorte que ce mariage soit le plus bel événement de toute leur vie. Gisela n'avait rien contre : elle aimait passer du temps avec lui, mais ils n'étaient plus que de simples amis, désormais ils étaient fiancés. Officiellement. C'est fou comme le temps avaient pu les transformer tous les deux ! Quand s'étaient-ils vus pour la toute dernière fois ? Trois, quatre ou peut-être même cinq ans auparavant, cela datait déjà. À dix-sept ans, Édouard était devenu un très bel homme. Elle se pensait trop jeune pour le mariage, trop immature. Mais depuis deux jours, il s'était évertué à lui prouver le contraire. Certes, elle s'était beaucoup amusée, mais c'était très différent de leur amitié d'autrefois. Et voilà ce qui explique sa présence impromptue dans notre récit. Reprenons donc à cette fameuse rencontre dans la chapelle :

« Je sais. » dit-il en retenant un rire avant de s'assoir à l'endroit qu'elle venait d'abandonner.

Comment avait-elle pu se penser plus immature que lui ? Honnêtement, bien qu'il fut son aîné de trois ans, elle se trouvait déjà bien plus sérieuse et concernée par cette union qu'il ne l'était. Ou étais-ce une parade pour se rapprocher d'elle ? Ces deux derniers jours l'avaient quelque peu troublée, et cela n'aurait pas été surprenant de la part de son compagnon. Après une seconde d'hésitation, Gisela vint s'assoir à ses côtés comme une petite fille bien sage, mes mains jointes sur son jupon. Elle posa sans doute la question la plus stupide de sa vie :

« En quoi consiste ce ... mariage ? »

À peine eut-elle prononcé ces mots qu'elle le regretta aussitôt. Nul besoin de tourner la tête pour déterminer l'expression de son voisin, il devait sans doute être surpris d'une question aussi ridicule. Se cachant derrière ses cheveux, elle n'attendit même pas de réponse. Pourtant, il commença à lui en donner une parlant de liens, de religion, de famille, d'enfants … ces choses que les adultes appelaient « les choses de la vie » avec un air mélancolique et un petit soupir. Mais dans cette soudaine explication, Gisela se trouva légèrement perdue.

« Faut-il être marié pour avoir des enfants ? »

« En théorie, oui. »

Pourtant, sa mère et son père – s'il existait réellement – ne s'étaient jamais mariés, sinon pourquoi Marie-Euphrosyne aurait-elle épousé le comte de La Gardie avant de quitter la Suède, le tout en laissant sa petite fille derrière elle ? D'après ce qu'elle savait, les parents de son fiancé n'étaient pas mariés non plus. C'était un de leur nombreux points communs, et chacun savait plus ou moins ce que l'autre avait traversé.
Ils continuèrent à discuter, visiblement peu pressés de sortir de la chapelle qui se trouvait si calme. Par ailleurs, c'était une très jolie chapelle, sans doute ne pouvait-elle rêver mieux pour le mariage. En dépit de sa taille impressionnante, l'endroit ne semblait absolument pas vide. Les bancs en bois se succédaient en deux rangées parfaitement identiques et parallèles l'une à l'autre. Les parties latérales de la bâtisse étaient ornées de colonnes et de statues. Le mur qui faisait face à la porte d'entrée était, quant à lui, décoré avec soin sans toutefois trop d'exagération. Mais malgré sa détermination à se concentrer sur la décoration de la chapelle royale, Gisela ne pouvait arrêter de penser à la vie qu'elle devrait mener une fois mariée, se posant mille questions. Elle ne serait plus seulement la princesse de Suède, mais aussi celle du Danemark. Elle ne serait plus seulement une jeune femme parmi tant d'autres mais aussi une épouse et peut-être même un jour, une mère. En épousant Édouard, elle allait devoir se résoudre à passer sa vie à ses côtés – du moins, elle l'espérait – et apprendre à l'aimer un peu différemment. Elle allait devoir devenir la mère de ses enfants …

La mère de ses enfants.

Cette seule pensée lui glaça le sang. Et si la relation amicale qu'ils avaient jusque là entretenu ne changeait pas ? Allait-elle vraiment sacrifier sa vertu à cet homme ? Une fois de plus, elle tressaillit en songeant que, si elle ne changeait pas sa vision des choses, elle allait devoir passer sa vie aux côtés d'un homme qu'elle n'aimerait pas d'amour. Elle voulait aimer, et être aimée, c'était une idée qui lui était venue en tête au cours de ses longues lectures dans la bibliothèque. Elle se faisait une idée tellement romanesque de la vie et de ses aléas. Alors elle posa une autre question, un peu plus innocente et naïve :

« Est-ce que vous m'aimez ? »

Et encore une fois, elle n'osa pas le regarder en face pour connaître sa réponse. De toute manière, il répondrait. Mais d'abord, il y eut un long silence qui n'était pas pour la rassurer. Plus un bruit, plus un souffle, plus rien … il prit tout son temps pour formuler sa réponse qui se résuma en un seul mot : « Évidemment. ». Oui … évidemment : comme toujours, son éternelle amie. Elle soupira car, de toute évidence, ce n'était pas la réponse qu'elle attendait. Mais avant qu'elle n'ait pu répondre quoi que ce soit, il entama le discours qu'il avait méthodiquement préparé pendant qu'elle marinait à attendre cette maudite réponse. Et pendant qu'il s'expliquait, elle en vint presque à regretter d'avoir posé la question.
Il parla de beaucoup de choses, et ce avec des mots qu'elle eut parfois bien du mal à comprendre. Il s'exprima avec beaucoup d'assurance et de charisme, lui laissant l'impression qu'il était totalement à l'aise avec ce sujet, comme s'il ne s'était pas vraiment posé la question. Un bref instant, elle entendit qu'il parlait de leur amitié, puis l'instant d'après, il avouait qu'il n'était pas tout à fait sur que cela évoluerait mais qu'il ferait tout son possible pour y parvenir si, bien sur, en échange, elle faisait de même de son côté. Alors peut-être que ce mariage arrangé pourrait un jour devenir un mariage d'amour.

« Donc vous m'aimez ! » dit-elle en souriant.

« Vous m'écoutiez à l'instant ou ai-je seulement parlé au mur ? »

« Alors prouvez-le. »


Il eut un mouvement de recul.

« Excusez-moi ? »

« Prouvez-moi que vous m'aimez. »


Il lâcha un long soupir. Un très long soupir. Puis en relevant les yeux, il lui sembla qu'elle ne plaisantait pas. Encore très jeune, mais elle n'était pas si innocente qu'elle pouvait le prétendre. Mais il n'avait aucune raison de refuser. Au contraire, elle l'encourageait à faire un grand bon en avant, alors il n'allait pas s'y refuser. Très lentement, il se rapprocha un peu plus tandis qu'un large sourire se dessinait sur le visage de l'adolescente. Il se pencha vers elle, encore un peu, encore un peu plus, et encore une fois de plus … puis au tout dernier moment, d'un mouvement rapide, Gisela s'éloigna du banc qu'ils occupaient en souriant davantage.

« Ah ! Je vous ai eu ! Si vous me voulez, venez me chercher ! »

Et elle partit en direction de la porte, satisfaite des réponses qu'il lui avait apportées.

......

    C'est avec un immense honneur que nous vous annonçons l'union du prince Édouard du Danemark et de la princesse Gisela de Suède au sein même de la chapelle du palais Tre Konor de Stockholm. Le couple princier demeurera au château jusqu'au premier jour de novembre où ils prendront la route pour le Danemark, pays natal du prince.


......




Dernière édition par Gisela du Danemark le 20.08.12 10:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."   20.08.12 10:36


BIOGRAPHIE

VERSAILLAISE

_________________________________________________

Danemark


« Qui sait si la vérité n'est pas triste. »
Ernest Renan


......

    Copenhague, le 14 avril 1664 …


En se donnant à Édouard, six ans plus tôt, Gisela avait pris sa revanche sur tout le monde, tous ceux qui l'avaient crue inapte à faire quoique ce soit de bien, juste bonne à dépendre de son oncle en jouant à la nounou avec son fils. Elle avait prouvé qui elle était et ce qu'elle valait. Ce qu'elle ignorait, c'est qu'elle n'était pas aussi forte qu'elle l'eut cru. Son devoir de jeune fille était désormais achevé, mais un autre l'attendait, plus pesant encore. Et ce jour là, alors qu'Édouard s'était absenté pour quelques temps, elle n'imaginait pas faire la plus grande erreur de toute son existence.
Assise devant sa coiffeuse à regarder l'immonde collier d'or et de diamants que sa tante lui avait offert à la mort du roi Charles X, Gisela se demanda pourquoi elle avait gardé ce bijou. Visuellement, c'était une pièce magnifique : pas trop lourde mais suffisamment chargée pour que les regards ne se concentrent plus sur le visage mais sur cette partie du cou un peu trop couverte. Symboliquement, cette parure était un souvenir de sa mère : elle l'avait autrefois aperçue sur un tableau de famille, peint quelques années avant sa naissance. Or Gisela n'avait aucune envie de se souvenir de sa mère, cette page là de sa vie était tournée.
On frappa à la porte, lui arrachant un léger sursaut. Puis alors qu'elle invitait la personne à entrer, celle-ci se révéla être une des domestiques du château.

« Que se passe t-il, Ingrid ? »

« Madame, vous avez un invité. »

« Un invité ? Mais nous n'attendions personne. »

« J'en ai conscience. Je crois que c'est un étranger. Un noble anglais peut-être ? »

« Un anglais ? »


La jeune fille acquiesça.

« Très bien. Je vous suis. »

Et aussitôt, elle se leva et sortit de la pièce. En cette fin d'après-midi, le couloir était un peu plus sombre que d'habitude, et elle s'étonna de voir que le soleil était déjà si près de l'horizon, comme prêt à se fondre dans les nuage et à disparaître dans les minutes à venir. Lorsqu'elles atteignirent l'escalier, la princesse remonta quelque peu son jupon couleur crème pour commencer la descente des marches en toute sécurité. L'inconnu était ici, debout au milieu du hall d'entrée, au pied du grand escalier de pierre, et pas si inconnu qu'elle l'eut cru.

« Monsieur le duc de Richmond. »

« Gisela … quelle surprise de vous voir ici ! »

« Surprise ? Il m'avait pourtant semblé qu'Édouard et moi vous avions convié à notre mariage. »

« C'est possible. Mais j'ai du avoir un empêchement. »

« Oh ? Vous m'en voyez navrée. »
dit-elle sur le ton de l'ironie.

Comme vous auriez pu le deviner, ce n'était pas la première fois qu'ils se croisaient. Le duc s'appelait Morgan Stuart – tel était son nom – et il était venu à quelques occasions à la cour de Suède, il y avait des années de cela. Ils avaient échangé quelques mots lors de ses visites, elle devait avoir entre douze et treize ans, et à chaque fois qu'elle avait pu le rencontrer, cet homme là se débrouillait toujours pour finir en charmante compagnie. Certes, il était beau et séduisant, mais elle avait appris qu'il fallait s'en méfier. Néanmoins, elle allait se retrouver seule au château et un peu de compagnie n'était pas sans lui déplaire.

« Alors, cher duc, que me vaut l'honneur de votre visite ? »

Sa réponse était plutôt vague, mais elle en retînt très bien que son arrivée à Copenhague n'avait aucun but précis. C'était donc là une visite de courtoisie. Mais quand elle lui annonça qu'Édouard ne serait sans doute pas revenu avant son départ, il parut quelque peu déçu. Et bien tant pis, ils se débrouilleraient sans lui.
Les jours suivants furent très divertissants. Morgan était quelqu'un de très agréable, tous deux s'entendaient à merveille et Gisela en vînt presque à oublier l'absence de son époux bien-aimé. Ils rythmèrent le journée de balades, de discussions en tout genre, de danse et de rires joyeux. Il lui raconta qu'il avait eu une fille récemment, et elle se demanda quand elle donnerait la vie à son tour. Pas une minute ils ne s'ennuyèrent. Pas une minute il ne regrettèrent tous ces moments qu'ils avaient passé ensemble. Du moins, jusqu'à ce moment là.
Peut-être que boire en compagnie d'un homme autre que son bel amour était l'une des plus mauvaises idées qu'elle avait pu avoir … la reste s'enchaîna sans qu'elle ne se rende vraiment compte de sa faute. Ses souvenirs de cette soirée étaient légèrement flous, mais ses sensations, ses sentiments, ses impressions étaient toujours ancrées dans sa mémoire.
Elle avait le vague souvenir d'avoir été raccompagnée jusqu'à sa chambre, la tête posée sur une épaule masculine, tenue debout par un bras qui n'était pas le sien. En arrivant devant la porte de sa chambre, peut-être avaient-ils discuté, peut-être pas … quoiqu'il en soit, elle se souvenait d'avoir été embrassée tendrement. Ça n'avait pas été agressif, ni vraiment soudain, mais plutôt réfléchi, comme s'il avait pesé le pour et le contre avant de se lancer malgré tout l'alcool qu'il avait avalé. Et elle s'était laissée séduire, elle avait cédé à la tentation. Les événement s'étaient alors enchainé d'eux mêmes, tandis qu'elle se laissait prendre par un tourbillon de sentiments confus.

Plaisir. Culpabilité. Envie. Angoisse. Passion et tourment.

Et en se réveillant près de lui au matin, pour la première fois, elle s'était haïe de toute sa personne. Elle s'était évertuée à éviter le sujet durant la journée suivante, et sans doute l'avait-il trouvé un peu tendue durant les heures qu'ils avaient passé ensemble le lendemain. Aussi, cette journée là fut bien moins amusante que les précédentes. Ils s'étaient retrouvés cependant au bal, et là, par on ne sait quel moyen, il était parvenu à lui rendre le sourire pour danser avec elle comme ils l'avaient fait précédemment. Et Gisela s'était abandonnée au pêché une seconde fois cette nuit là … ce qui était fait était fait. Elle n'avait plus qu'une envie : voir le duc s'en aller. Il était très gentil avec elle, alors elle ne parvenait pas à lui en vouloir. Mais elle se trouvait répugnante, indigne de confiance, et peut-être pas si différente de ces personnes qu'elle avait autrefois tant détesté.
Le duc quitta le palais dans les jours qui suivirent. Mais au fond, il n'était jamais vraiment parti …

......

    Copenhague, le 22 janvier 1665 …


Le cri d'un bébé résonna dans tout le château, annonçant la fin d'un supplice, la délivrance d'une jeune maman. C'était terminé, elle n'avait plus mal. Doucement, Gisela délivra le tissu auquel elle s'était méchamment agrippée, le front trempée de sueur, le souffle court et brûlant. Les sages-femmes se divisèrent en deux groupes : le premier s'attela à nettoyer l'enfant et à l'envelopper dans un linge propre, tandis que le deuxième essuyait le visage humide de la princesse tout en lui proposant de boire un peu. Du coin de l'oeil, elle admira le nouveau né qui s'époumonait dans les bras de la plus jeune des domestiques. Cette dernière posait sur lui un regard affectueux doublé d'un sourire. Elle s'avança vers sa maîtresse qui tendit les bras pour avoir le privilège de prendre le nourrisson dans ses bras.

« C'est un garçon. Il est né un peu avant terme mais il est en pleine santé. » lui souffla t-on.

À peine l'enfant eut-il frôlé sa peau qu'il lui arracha un sourire, remplissant son cœur d'une tendresse infinie pour ce petit bout. Quelques instants plus tard, on recouvrit la jeune mère d'une couverture après s'être assuré que le travail était totalement terminé. Celle qui lui avait donné son bébé en mains propres se pressa d'atteindre la porte de la chambre et d'annoncer la bonne nouvelle à celui qui attendait dehors depuis plusieurs heures maintenant. Elle s'écarta du passage pour laisser Édouard entrer. Aussitôt, il vint s'assoir sur le lit, se penchant au dessus de l'enfant pour le voir de plus près. Puis, presque aussitôt, il releva la tête pour embrasser son épouse. Mais elle, au lieu de profiter de l'instant et de se réjouir comme tout le monde, ne cessait de penser à cet enfant, à son secret. Il lui fallait se rendre à l'évidence : l'enfant était à terme contrairement à ce que tous avaient cru, il n'était tout simplement pas d'Édouard.
Plus tard, lorsqu'elle put être enfin seul avec son fils, Gisela se rendit compte de tout le mal que cela infligerait si la vérité éclatait au grand jour. Il y avait le bien être de cet enfant : elle avait souffert d'être « la bâtarde de Marie-Euphrosyne », comment pouvait-elle laisser le monde traiter ce bébé comme « un bâtard Stuart » ? Il y avait aussi sa propre réputation : partout, on parlerait d'elle comme d'un monstre ou d'une sorcière, elle ne voulait pas de ça. Et le pire était à venir si Édouard venait à l'apprendre : plus jamais elle n'oserait le regarder en face, elle aurait perdu son respect et son affection, il n'en était pas question.
L'enfant avait reçu le prénom de Christian, en hommage au père d'Édouard. Et c'était bien le prince danois qui allait élever cet enfant et l'aimer comme un fils. Peu importaient les liens du sang qui reliaient désormais Christian à ce bel anglais, peu importait qu'il lui ressemble ou non, Édouard serait son père et ce, pour toujours.

......

    Extrait du journal de Gisela du Danemark :
    Versailles à une certaine date que le temps a fini par effacer de la page ...


    Nous sommes arrivés au début de la semaine à la cour de France. Nous sommes enfin à Versailles. Je n'y avais jamais mis les pieds avant cela, et je dois dire que je ne suis pas déçue de ce voyage. Cet endroit est plus merveilleux que tous ceux dont mon pied a foulé le sol par le passé, je n'exagère en rien.
    Dés notre arrivée, il m'a fallu trouver une nouvelle gouvernante pour mon Christian, Mademoiselle Langlois, une jeune française que je connais trop peu mais qui me semble, pour l'instant digne de confiance. Je n'avais pas pu emmener avec nous Anna, celle qui s'occupait de lui à Copenhague depuis sa naissance. Édouard me l'avait interdit. Il me reproche depuis quelques temps de ne pas m'occuper suffisamment de mon garçon … Mais j'ignore tout du rôle de mère. Je n'en ai pas vraiment eu.
    Nous avons pu être invités à quelques soirées depuis notre arrivée ici. Elles sont splendides, et je ne pensais pas y faire ce genre de rencontre mais j'y ai rencontré des gens plus qu'intéressants.
    Tout d'abord, parlons de cette italienne, Angela di San Giovanni, une femme très belle et qui m'est très sympathique. Je me retrouve beaucoup en elle : nous avons toutes deux vécu une vie peu enthousiasmante qui a fini par s'illuminer (certes, je suis quelque peu fleur bleue) par l'arrivée d'un homme. Je la sens heureuse avec son époux, autant que je le suis avec le mien. Je me suis très vite liée d'amitié avec elle, au point qu'elle en est venue à se confier à moi sur un sujet des plus délicats. Je ne peux malheureusement pas l'écrire ici par peur que quelqu'un ne le découvre. Cette preuve de confiance me prouve que je peux moi-même me confier à cette personne, mais seulement une fois que l'heure sera venue.
    J'y ai fait aussi la connaissance d'un séducteur sans scrupules, Derek de Saxe comme il s'est présenté. Sa compagnie n'était pas des plus déplaisantes et je n'étais sans aucun doute pas indifférente à son jeu de séduction, mais lorsque je compris ce qu'il attendait de moi (ou disons plutôt, de mon corps), le premier prétexte qui me vint fut le bon pour fuir. Certes, il est séduisant et peut-être que l'idée de transgresser les règles m'a, sur l'instant, plu mais je ne l'ai pas laissé parvenir à ses fins. Seul le temps saura me dire si j'ai eu raison ou non de repousser ses avances.
    Versailles est incroyable. Je peux le croire sans peine : il s'agit bien là de la plus grande cour d'Europe.


......





Dernière édition par Gisela du Danemark le 15.09.12 21:09, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."   20.08.12 10:55

Voilà ... Ma fiche est relue, corrigée et enfin terminée !
Excusez cependant si je me suis quand même un peu relâchée sur la dernière partie du RP, j'avais de plus en plus de mal à trouver de quelle manière je pouvais raconter l'histoire.
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MessageSujet: Re: Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."   20.08.12 11:54

Bienvenue à toiiiiiiiiiiiiii Gisela !!! cheers

Alors tout d'abord permets moi de te féliciter pour cette fiche que j'ai dévoré ! Que j'aime ton style ! What a Face

Et c'est bien sympa pour nous d'avoir les deux époux du Danemark héhéhé What a Face

Mais juste avant ta validation qui ne saurait tarder, je vais jouer à ma chieuse (il parait que je suis l'admin qui impressionne What a Face Razz ) je sais que les fins de fiches sont pénibles, mais tes trois derniers liens avec Nina, Angela et Derek ne sont pas très développés, à la rigueur Nina c'est bon tu me diras, mais tu parles d'une italienne pour Angela sans qu'elle soit nommée Smile Idem pour Derek, qui est le séducteur. C'est assez court. Vraiment rajoute quelques phrases pour ces deux là, afin d'étoffer leur part d'importance dans ta vie, et ça sera parfait. Smile

Merci Smile N'hésite pas à me faire savoir lorsque tu auras modifié ce petit truc Smile

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MessageSujet: Re: Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."   20.08.12 12:32

Merci beaucoup ! Smile

Alors, à ta demande, j'ai essayé de revoir un peu le paragraphe qui parle d'Angela et de Derek. Je ne sais pas si c'est comme ça que tu voyais les choses, mais j'ai essayé de développer un peu la relation entretenue avec ces deux personnages (et aussi un peu avec Nina). Par contre, je n'ai pas vraiment l'impression que ça a beaucoup changé avec Derek ... scratch Mais qu'est-ce que tu en penses ?
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MessageSujet: Re: Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."   20.08.12 13:44

TU ES VALIDÉ(E) !
BIENVENUE A VERSAILLES

Et bien voilà, pour moi c'est niquel chère mademoiselle What a Face Je n'ai plus rien à redire, pour le lien avec Derek, l'essentiel y est, je te laisserai te mettre entièrement d'accord avec la joueuse. Smile Encore une fois j'ai beaucoup aimé ta fiche qui était très agréable dans son style et dans ses non fautes d'orthographe, qui arrachent trois yeux parfois et fait hérisser les cheveux sur la tête Razz Becky que je joue en revanche (la femme de Morgan) est moins ravie d'un seul coup de t'accueillir, enfin tu me diras, elle est plutôt blasée, une de plus, une de moins ... Razz Mais je me dis malgré tout qu'un lien ne serait pas de trop, je pense que tu vas avoir du succès dans tous les cas ! What a Face Je te souhaite par conséquent la bienvenue parmi nous ! Amuse toi bien, n'hésite pas à venir nous faire des coucous sur le flood ! Very Happy BON JEU !! Au plaisir de te croiser à Versailles ! PS : Je te renvoie aux liens ci dessous, pour te diriger et pour une meilleure intégration.
PENSE PAS BÊTE ; Qui est qui ? Petit topo des personnages sur le forum.Fiches de liensDemandes de rangs et de logementsLe flood ♣ N'oublie pas de mettre tes liens de présentation, fiche de liens et point info dans ton profil Clin d'Oeil


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Côté Coeur: pas encore de problèmes cardiaques, merci de vous en préoccuper
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MessageSujet: Re: Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."   20.08.12 17:17

Jolie fiche!

La joueuse du séducteur qui donne tant de fil à retordre vient te souhaiter la bienvenue free free ! Quand tu voudras jouer notre lien, fais moi signe! Clin d'Oeil

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MessageSujet: Re: Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."   20.08.12 18:52

Ooooooooooooooooon a une GISELAAAAAAAAAAAA ! cheers cheers cheers

Bienvenue parmi nous chère Gisela, et bravo pour cette superbe fiche ! Je l'ai dévorée, tu as vraiment un super style, et j'ai été super contente de voir que tu avais probablement lu ou parcouru la fiche de Christian, puisque tu as mentionné le coup de l'oncle-cousin Bg dragueur Bien joué ! PTDR

D'ailleurs Christian est très content de s'appeler comme son neveu PTDR

Bref, BIENVENUUUE parmi nous très chère, je sens qu'on va bien s'amuseeeeer ! **
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MessageSujet: Re: Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."   20.08.12 19:15

Merci à tous ! Very Happy

Effectivement, pour écrire mon histoire, j'ai du lire les présentations de tous les liens de Gisela. C'en est presque devenu un boulot à plein temps ! Héros (Ferdigi)
J'ai hâte de commencer le RP mais d'abord, laissez moi le temps de souffler un peu Calor Ayé ! C'est bon ! ^^
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Côté Coeur: Cela peut vous paraître étrange mais j'en ai un. Il est bien caché, je le réserve à qui m'aimera vraiment. Et pour mes enfants.
Côté Lit: Vous voulez une liste ? Ce sera même un recueil !
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MessageSujet: Re: Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."   20.08.12 22:47

Bienvenue !

J'ai vraiment adoré ta fiche, très bien écrite et fluide Very Happy
Je sens qu'on va bien s'amuser en tout cas Very Happy

Par contre remplis ton humeur versaillaise dans ton profil et mets une icône dans ton profil pour être totalement en règle Razz

J'espère que tu te plairas parmi nous **

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I've lost a lot a in this game. Another everyday face with no name, I'm not selling misery, so would you stay around with me. I know that you are afraid, the traces of war linger on my face but I'm not selling misery, maybe some day I'll feel home again.


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MessageSujet: Re: Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."   21.08.12 14:23

Eheh What a Face

Bienvenue très chère belle-soeur Twisted Evil
Le pseudo-futur-couple à la tête du Danemark a débarqué en même temps, c'est beau Twisted Evil

Très jolie fiche en tout cas, j'ai beaucoup aimé ! Amuse-toi bien parmi les fous Banane
De mon côté, j'ai déjà une ou deux idées pour toi Twisted Evil
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MessageSujet: Re: Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."   21.08.12 19:46

Merci à vous deux !

Je vais m'y atteler tout de suite, promis. J'y cours, j'y vole !
Aahh ... Moi aussi j'ai l'impression que je vais beaucoup mais vraiment beaucoup m'amuser avec vous ... et aussi avec les idées de mon "très cher beau-frère" Twisted Evil Mais n'y allez pas trop fort, hein ! Après tout je n'ai que quinze ans et je suis si pure et innocente Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Gisela du Danemark • "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle mais sa noblesse."   

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