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 Édouard du Danemark - Prince héritier du Danemark et de Norvège

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Brisé... la vérité est si douloureuse !
Côté Lit: Un vrai défilé... surtout en ce moment.
Discours royal:



ATTENTION ∫
Danois séducteur en chasse

Âge : 26 ans
Titre : Prince-héritier de la couronne de Danemark et de Norvège
Missives : 172
Date d'inscription : 22/07/2012


MessageSujet: Édouard du Danemark - Prince héritier du Danemark et de Norvège   22.07.12 16:10





Édouard


du Danemark




(Garrett Hedlund)




«« Le bonheur c'est le plaisir sans remords. »»

    ►26 ans
    ► Prince de Suède. Prince héritier de la couronne de Danemark et de Norvège.
    ► Danois
    ► Marié à Gisela du Danemark, née Gisela de Suède
    ► Protestant luthérien
    ► Hétérosexuel



♕ PROTOCOLE ♕
VERSAILLES : PARADIS OU ENFER ?

Versailles ? Un petit coin de Paradis sur terre pour tout homme amoureux des festivités et des activités ludiques, comme l'est Edouard. Il aime particulièrement profiter des jeux, que ce soit les cartes, les échecs ou encore le jeu de paume, ainsi que des modes vestimentaires, dont il a un goût très prononcé. Il a l'impression de vivre dans le lieu idéal, paisible par moments mais si animé en général. Pourtant, au départ, le Prince ne portait pas Versailles dans son cœur. Il pensait que réunir dans un même lieu des personnalités diamétralement opposées ne ferait qu'alourdir les questions protocolaires et diplomatiques et donc dégrader l'ambiance locale. N'aimant guère tout ce qui était pédant ou lié de près aux affaires, il partait du principe que Versailles était l'endroit à fuir par excellence. Pourtant, mené par sa curiosité naturelle, son goût pour les découvertes nouvelles et sa mission officielle, il se rendit sur place. Après quelques jours, il tomba amoureux du cadre de vie. La France avait un climat plus doux que le Danemark, et un peu moins humide. Il lui fallut du temps pour prendre ses marques. Et puis peu à peu, Versailles est devenu son échappatoire, le moyen le plus subtil et le plus efficace pour oublier les tracas qui incombent à tout prince héritier. Il aime cet endroit et y passe beaucoup de son temps. La seule chose qui l'intéresse est de profiter des petits plaisirs que ces lieux offrent. Et quand il entend des gens se plaindre ou dire du mal de la vie au château, il met directement une distance entre eux et lui. Il a beaucoup de mal à les comprendre et à approuver ces affirmations qui disent que Versailles n'est ni plus ni moins qu'un enfer. Pour peu que l'on soit sociable et que l'on accepte de prendre plaisir à y vivre sans se soucier de ses problèmes, on se rend vite compte du contraire. Pas vrai ?

COMPLOT : VÉRITÉ OU FANTASME PUR ?

Les complots ? Edouard n'y a jamais prêté attention quand il était plus jeune. Bien que son destin ait été bouleversé par les actes de son père, il a toujours cru que les tentatives d'assassinat ou d'empoisonnement n'étaient que des fables, des sortes d'histoires pour amuser les foules et faire vivre les passions. Il a appris qu'il était niais à ses dépends, lorsque les premières menaces de mort ont commencé à pleuvoir sur sa tête. Son insouciance a été brisée et il s'est rendu compte que tout n'était pas rose. Là, dehors, autour de lui, il y avait des ennemis prêts à l'abattre pour parvenir à leur fin. Il était une proie, leur proie. Et que pouvait-il faire face à eux ? Mourir ? Oh non ça jamais, il aimait trop la vie pour se la faire ôter impunément. Depuis ces événements, Edouard porte sur chaque complot un œil différent. Il est rassuré d'un côté de ne pas être le seul à en être victime. Et en même temps, il est inquiet de voir que l'on puisse risquer de mourir à cause de la jalousie de certains. Intérieurement il s'est juré de combattre tout complot contre lui-même, mais appliquera-t-il cette politique pour les autres ? Mystère... pour l'heure, la priorité d'Edouard c'est d'assurer ses arrières et de rester en vie avec une oreille tendue et ses sens en alerte constante. Méfiance et crainte sont devenues des fréquentations régulières, au grand plaisir de son bourreau.

COLOMBE OU VIPÈRE ?

Les ragots sont en quelque sorte le quotidien de Versailles. Ils sont pour le Prince une activité intéressante mais avec laquelle il faut rester très prudent. Quand il sent qu'une rumeur l'approche de trop près, il ne tarde pas à en lancer une autre, de préférence sur un membre important et pour détourner l'attention. Lui-même a quelques affaires à se reprocher, comme de nombreux libertinages pouvant nuire à son mariage. Et puis, il n'aime pas être au centre des attentions, aussi dans ce choix cornélien, il préfère devenir une vipère qui mord qu'une colombe qui se fait plumer. Tant pis pour les pots cassés, il se refuse à voir sa femme souffrir pour des actes qu'il a pu commettre par le passé et quelques erreurs passagères. Il ne joue le rôle du serpent que lorsque la situation l'exige évidemment et non pour nuire directement à une personne. Et les rumeurs qu'il lance sont toujours assez minces, il sait combien cela peut être désastreux pour les gens si les on-dits tirent trop vers le gros scandale. La rumeur est une arme dangereuse qui peut détruire une vie en quelques secondes. Une arme à utiliser avec parcimonie et surtout une infinie précaution.

DES LOISIRS, DES ENVIES A CONFIER ?

Edouard est à la recherche de plaisirs simples et quotidiens. C'est donc tout naturellement qu'il aime les femmes. Ce qu'il apprécie chez elles sont tout autant de qualités que de défauts. Il est particulièrement sensible à leur élégance, leur culture et leur goût de la vie. Plus elles sont proches de l'épicurisme et mieux c'est parce qu'il a l'impression de vivre quelque chose de fusionnel bien que temporaire. Cela ne l'empêche pas de tourner autour de femmes plus prudes, aimant notamment la séduction et portant cette activité comme un art.
Assez matérialiste, il aime paraître et accorde donc une grande attention à son apparence, notamment à sa garde-robe. Toute apparition doit être sous de beaux atours. Même sans chercher à être remarqué, il a beaucoup de goût et apprécie les tissus nobles et les bijoux d'ouvrage.
Il est très cultivé. La littérature, les opéras et le théâtre sont des activités qu'il lui plaît de pratiquer sans lassitude. Il en parle avec une grande conviction, intimement persuadé d'ailleurs qu'il s'agit de l'expression du génie humain à sa plus belle apogée. Mais la culture ne l'empêche pas d'aimer les voyages et les découvertes. Il apprécie les balades à cheval à travers les routes ainsi que les parties de chasse à travers bois et forêts. Il aime voir de nouveaux paysages et vivre en société.

♕ HOP, RÉVÉRENCE ! ♕
► Alex
► 24 ans
► 3/7 (plus si internet fonctionne)
Validé by Myself.
► Je suis déjà inscrit avec Alexandre d'Artagnan et Charles d'Artagnan
► On devrait construire une statue à l'effigie des admins, tiens. Razz


______________________

Edouard





Dernière édition par Édouard du Danemark le 15.08.12 17:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Édouard du Danemark - Prince héritier du Danemark et de Norvège   22.07.12 16:10


BIOGRAPHIE

VERSAILLAISE

_________________________________________________

Il fut un temps où l'on disait du roi du Danemark qu'il pouvait asseoir sur un trône, une multitude d'héritiers. Ce n'était pas vraiment une exagération. Christian IV, Roi du Danemark et descendant de la dynastie d'Oldenburg était un véritable coureur de jupons. On ne comptait plus vraiment ses enfants cachés ou reconnus. Le monarque aimait la vie autant que moi, il y mordait à pleines dents tout en régnant avec parcimonie et prestige. Mais ce temps-là a changé. Aujourd'hui le Roi de mon pays n'a aucun héritier mâle... à mon grand dam. J'ai pourtant fait, je pense, un vœu pieux, désintéressé. Il y en a tant qui voudraient le trône... mais le destin semble m'avoir choisi pour cette place. Triste destin... que l'on m'a imposé autrefois. Ah ! Si seulement, je pouvais revenir en arrière... à cette date fatidique où mon père a décidé de me légitimer pour sa succession... Je ne veux pas régner, je n'en ai pas le cœur. J'aime mon pays mais pas au point de lui donner ma vie. Et pourtant, mon accession au trône semble devenir une réalité à mesure que le temps passe et que la santé de mon frère se dégrade. Aucune de ses filles ne peut devenir Reine. Je suis le prochain dans l'ordre de succession et je ne peux m'y soustraire. Mon Dieu, faites quelque chose... faites que Frédéric ait un fils et qu'il vive pour assurer la relève, je vous en prie...

***

9 juillet 1640 :

L'été de cette année 1640 était plutôt doux et sec. Il était rare que les températures soient très élevées dans cette partie du continent nord-européen. Mais la saison s'annonçait bien, les paysans étaient optimistes en ce qui concernait leurs récoltes et les cultures qu'ils entretenaient dans un dur labeur quotidien. Neuf mois plus tôt, environ, c'était dans une ferme du royaume que Léna de Kiel et Christian IV avaient succombé à l'attirance qu'ils éprouvaient mutuellement. Le roi n'avait pas pour habitude de s'adonner à ce genre de choses n'importe où. S'il avait fait exception, c'était uniquement pour le cadre chaleureux et reposant des lieux. Et peut-être aussi parce que la petite chaleur de la paille avait eu un aspect réconfortant, propice à des épanchements amoureux prononcés. La saison de chasse battait son plein, et Léna, bien que détestant ce sport fort viril, avait gardé un œil sur l'homme qu'elle aimait, non sans l'arrière-pensée de contrer sa rivale, la belle et influente Vibeke Kruse, seconde maîtresse du Roi avec qui il avait déjà eu plusieurs enfants. Succombant au péché de la chair, les deux amants passèrent ce que l'on pourrait appeler un bon moment dans la paille, bien que cette dernière ne soit pas la couche la plus confortable. Et dans leur passion chevronnée, il ne se doutèrent bien évidemment pas qu'ils venaient de concevoir un bébé. Léna en nourrissait l'espoir au fond d'elle, elle se savait dans une bonne lune mais fit comme si de rien était. Elle voulait un enfant du Roi. Celui-ci qui naquit donc au début du mois de juillet de l'an 1640 après un accouchement rapide et relativement serein, tant pour sa mère que pour lui.

En effet, Léna n'avait eu aucune complication hormis un malaise du à une petite hémorragie. Et son petit garçon, qui ne braillait pas plus que de raison, était en parfaite santé. Il semblait même vigoureux. Le Roi fit le déplacement et le porta dans ses bras, le visage attendri. Il décida de le nommer Édouard, ce que Léna accepta. Pour le petit être qui découvrait les contraintes de la vie, tout ce qui se disait lui était égal, du moment qu'il avait sa chaleur, sa nourriture et sa protection. L'annonce de cette naissance fit le tour du royaume en deux jours seulement. Et bien évidemment, Christian reconnut l'enfant dès sa naissance. On le fit baptiser dans la foulée comme le voulait la tradition protestante. Mais ce qu'ignorait Édouard calé contre sa mère, c'était que sa venue au monde avait blessé une personne, l'autre maîtresse de son père. Il venait à peine de commencer à respirer qu'il était déjà la cible d'une jalousie terrible. Il n'avait pourtant rien demandé. Ce n'était pas lui qui avait exigé que ses parents s'adonnent à un ébat au milieu du bétail, pas plus qu'il n'avait souhaité qu'on le reconnaisse comme fils du Roi. Sa vie était déjà toute tracée avant même qu'il ne découvre à quel point elle était belle. Vibeke ne lui a jamais pardonné sa naissance, d'autant plus que le fils qu'elle avait eu avec Christian, un dénommé Ulrich, n'avait jamais été considéré par lui. Léna était en tout cas heureuse, elle avait gagné une première bataille contre sa rivale et était bien déterminée à ne pas s'arrêter là.


***

Peut-être qu'il faudrait que j'en dise plus sur ma famille... Tout est assez compliqué à vrai dire en ce qui la concerne. Je vais commencer par le début, pour que ça soit plus clair. Mon père, Christian IV avait été marié à la Reine Brandebourg. De cette union naquit Frédéric, troisième du nom. De santé fragile et après de longues semaines de convalescence, la Reine mourut, laissant le Roi à un veuvage qui lui était difficilement supportable, ce que je peux comprendre aisément, ayant moi-même quelques difficultés à me passer de la présence des femmes. Il épousa quelques mois plus tard Kirsten Munk et en fit sa nouvelle Reine. Après moultes tentatives, ils parvinrent à avoir un enfant, un fils qui fut baptisé Waldemar. Il s'avéra cependant par la suite que Munk avait d'autres liaisons et qu'elle pêchait par adultère. Par pression des instances religieuses et par honneur, Christian décida de l'exiler sans pour autant la répudier. L'affaire fit grand bruit, et bien vite, on parla d'une façon détournée pour le Roi de se voiler la face et de rester trompé publiquement en permanence. Rapidement, le peuple comprit que c'était davantage leur Reine bannie qui était « cocue », pardonnez-moi ce terme ignoble. Parmi les liaisons qu'il entretenait, le Roi avait choisi une femme pour en faire sa maîtresse officielle. Réputée pour être une personne très influente dans les milieux nobles et charismatique, Vibeke Kruse conçut deux enfants avec lui, un fils nommé Ulrich et une fille nommée Elisabeth. Et puis, convaincue très probablement par la douceur et la compréhension de ma propre mère, Léna de Kiel, lors d'une rencontre à Copenhague, mon père décida de faire d'elle sa nouvelle maîtresse. Elle me mit au monde puis accoucha, quatre années plus tard, de ma petite sœur Bianca. Et à la surprise générale, Christian IV se remaria avec ma mère. Après ma naissance et le fait que je sois légitimé, ce fut pour elle une troisième victoire sur sa rivale, un coup de maître dont je sais qu'elle reste fière. Je ne sais pas si elle s'est rendu compte que cela ne faisait qu'alimenter la haine entre les différents descendants du Roi. Probablement qu'à l'instant où elle avait atteint ses propres objectifs, elle ne pensait qu'à son bonheur et au mien, sans qu'elle ne se doute vraiment que je n'aspirais pas à devenir Roi. Il est difficile de juger les actes d'une personne hors-contexte, encore plus lorsque soi-même, on a un parti pris...

***

14 septembre 1641 :

- Ma douce, j'ai pris une décision importante.

Christian IV tenait tendrement Édouard entre ses bras épais et le regardait d'un air attendri et fier. Il n'avait jamais eu ce genre d'attitude avec ses autres enfants, sauf peut-être avec Frédéric qu'il chérissait beaucoup. Après avoir reconnu ce petit-être comme son descendant, il avait pris soin de veiller sur lui et sur son développement. Cet attachement l'amenait donc à se rendre souvent chez Léna, qui habitait dans une petite bâtisse de Copenhague, située dans des terres plutôt aisées. Chaque fois qu'elle recevait son amant, elle s'arrangeait pour qu'il se sente totalement à son aise. Elle faisait préparer de bons petits plats, elle veillait à ce que sa soif soit étanchée et elle se paraît de ses plus beaux atours pour garder son désir éveillé, ce qui en soi n'était guère bien compliqué. Elle ne manquait pas de lui raconter les événements qui s'étaient déroulés tout au long de la semaine, parlant peu d'elle. Tout tournait autour d'Édouard, qui venait de fêter sa première année. Elle lui expliquait méticuleusement tous les détails de ses progrès, ses premiers mots, ses façons de sourire, de regarder le monde qu'il commençait à peine à découvrir, et elle insistait bien sur leurs ressemblances. Édouard, intrigué par la barbe fournie de son géniteur, cherchait à la récupérer pour un usage que lui-même ignorait. Ses gestes étaient alertes, il était curieux. Riant légèrement en évitant de se faire arracher une partie de sa pilosité faciale, Christian posa ses yeux bleus sur lui, tout en le berçant un peu. Léna, qui était occupée à préparer à son Roi une tasse de thé avec du miel, leva la tête et demanda, intriguée :

- Quelle est-elle, votre Majesté ?

Le Roi la fixa et lui dit, avec gravité, sur un ton qui montrait qu'il était sérieux :

- J'ai décidé de légitimer Édouard pour sa succession au trône. Il sera troisième, derrière Frédéric et Wildemar.

Léna ne put retenir un hoquet de surprise ravi et laissant de côté ses préparatifs, elle se précipita vers le Roi pour l'enlacer tendrement et déposer un baiser passionné sur ses lèvres. La main d'Édouard vint caresser son visage de façon innocente. Les deux amoureux se mirent à rire puis on déposa le jeune garçon dans son berceau. Il n'en avait aucunement conscience mais ses parents allaient s'adonner à des jeux d'adultes, des jeux qu'il ne découvrirait que bien plus tard. Et comme le disait un être intelligent dont le nom reviendra tôt ou tard, toucher au plaisir c'est l'adopter et ne plus s'en passer. Cette nuit là, dans une liesse et une grande passion, ils fêtèrent à leur façon l'événement, celui qui permettait à Édouard d'avoir un avenir potentiellement glorieux et de pouvoir accéder à toutes les faveurs dues à un Prince. Sa vie allait changer du tout au tout.

***

Je ne me souviens plus comment c'était avant. J'étais trop jeune. Ma mère a quitté son domicile de Copenhague pour venir habiter directement au Palais Royal, dans l'un des plus beaux appartements privés. Moi, j'étais devenu Prince sans même m'en rendre compte. Et donc en tant que tel, j'ai bénéficié de toutes les attentions. Je sais que j'avais droit à trois serviteurs pour m'amuser et me distraire. D'ailleurs, je me rappelle de cette fois où j'avais exigé de façon très capricieuse à ce que l'on me fasse sortir dans la neige pour que je puisse me distraire. Le Roi avait lui-même ordonné que l'on fasse attention à ma santé, mais allez dire ça à quelqu'un de cet âge ! Après avoir âprement piqué une colère, on accéda enfin à ma requête. On me couvrit de tous les vêtements imaginables et on me conduisit sur le parvis dans le jardin. Je me souviendrais toujours de la mine inquiète de mes trois accompagnateurs. La neige tombait à gros flocons et il y avait un vent glacial. Je compris rapidement pourquoi on préférait me voir à l'intérieur. La mine boudeuse après quelques minutes seulement, j'exigeai de retourner au chaud et que l'on me serve du lait tiède et du pain aux épices. Cette fois, pas besoin de taper des pieds, ils s'exécutèrent assez vite, ravis. Où que je dusses me rendre, les gens ne manquaient jamais d'attention. Je n'irais pas jusqu'à dire que j'étais facile à vivre, mais je n'ai jamais été une véritable peste. Disons que j'avais mes jours, quelques fois, j'étais coopératif et calme, d'autres fois, je devenais insupportable et colérique. J'ai toujours vécu dans ce contexte, où il suffisait de demander pour obtenir ce que je désirais. J'étais le fils d'un Roi, un garçon important, précieux, qui avait énormément de pouvoir sur son entourage. J'aurais été idiot de ne pas en profiter vous ne croyez pas ? Je pus heureusement compter sur l'éducation de ma mère pour contre-balancer et sur sa vigilance pour éviter que je ne devienne impopulaire au sein du Palais. Ce n'était pas une parte de plaisir que d'être humble et que d'éviter de blesser les gens juste par égoïsme. Mais s'il y a bien une chose qu'elle m'a apprise, c'est que la méchanceté gratuite ne règle aucun problème, elle ne fait que les créer, de même que le pouvoir, appelle à être responsable. Et quoi de mieux pour m'enseigner ces valeurs que la religion ?

***

25 décembre 1647 :

- Avez-vous fait vos prières Édouard ?

Léna posa ses yeux d'un bleu très clair sur son jeune fils. Pour son âge, il était déjà grand et élancé. Son visage réflétait la jeunesse et la joie de vivre. L'épouse morganatique du Roi ne comptait plus le nombre d'éloges qu'elles recevait des gens du palais. Beaucoup de nobles qui passaient par là et croisaient leur route ne cachaient pas leur admiration pour ce petit garçon de sept ans, à la chevelure des blés. Ses yeux à lui étaient éveillés, son maintien était droit, princier, il avait acquis les grandes règles qui correspondaient à son rang. Tout se déroulait merveilleusement bien depuis des années avec lui. Il se montrait docile, poli, courtois et avait également l'art de savoir faire les compliments. De l'avis des serviteurs, comme de la foule populaire, il fallait bénir son caractère sociable et avenant. Il avait le coeur sur la main disait-on, bien que parfois, son âme espiègle d'enfant gâté reprenne le dessus pour semer un peu la zizanie. Il croisa le regard de sa mère, dont il avait hérité de la couleur de ses iris. Comme à chaque fois qu'il s'apprêtait à lui mentir, il marqua une hésitation et posa ses yeux sur autre chose. Il savait qu'elle avait compris que ses prières n'étaient pas faites. L'après-midi avait été consacré à des jeux dans les jardins avec d'autres enfants de nobles. Lui demander ensuite remplir ses obligations religieuses, c'était un peu comme le punir... N'attendant aucune réponse formulée de la part de son rejeton, Léna, le prit contre elle et tout lui ébouriffant ses cheveux mi-longs, elle expliqua :

- Tout Prince doit prier Dieu pour que sa vie soit parfaite. Il vous faut le remercier de cette sublime journée Édouard. Ils vous rendra grâce et embellira vos journées futures. Quant à celles qui ne seront pas plus belles, il s'agira de mises à l'épreuve, une façon habile et profonde de tester votre vertu et votre courage. Prions ensemble.

Elle se saisit de son chapelet et entama une prière. Édouard se joignit à elle, avec beaucoup plus d'envie qu'au départ. Les protestants avaient une façon particulière de communier avec Dieu. Ils se basaient sur la Bible, sur les écritures évangéliques. Et ils exerçaient leur culte avec une plus grande liberté que les catholiques, n'ayant pas de Pâpe en guise d'autorité. Cela permettait à Léna de faire vivre la religion à son fils comme une passion plutôt que comme une obligation. A chaque fois qu'elle avait eu à la gronder, à la réprimander, elle s'était inspiré des valeurs et de la morale religieuse. Jamais elle n'avait porté la main sur lui. Elle n'aimait guère la violence même si elle savait que la chasse et la guerre feraient partie du quotidien de son fils. Quand sa prière fut finie, elle déposa un baiser sur le front du jeune garçon avant de se diriger vers le lit de Bianca, sa petite soeur, qui commençait à pleurer un peu. Édouard la suivit, il n'aimait pas l'entendre pleurer. Au fond, il se sentait mal à l'aise, coupable de son malheur. Sa mère le comprenait et elle exploitait ce sens protecteur sans cesse. Son objectif était de les unir par un lien fraternel indissociable. Nul ne pourrait le défaire. La beauté de Bianca était indiscutable. Mais elle se montrait farouchement capricieuse, intransigeante. A cet âge encore jeune, elle n'aimait porter que du blanc. Édouard lui avait donc donné le surnom de "poupée blanche". Il était le seul avec sa mère à garder patience à ses côtés. Les autres semblaient agacés dès lors qu'il voyait la belle petite blonde. Elle avait un sacré caractère. La religion lui avait permis d'éviter la jalousie, l'envie et la méchanceté. Pour Léna, c'était une nouvelle victoire, celle dont elle se vantait le plus. A cette époque, elle était la seule à voir le fils sa rivale, Ulrich, comme perdu. Jamais Christian ne lui ferait confiance et autant le dire, cela l'arrangeait fort bien tant pis si ce terreau malsain favorisait la haine.



______________________

Edouard





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MessageSujet: Re: Édouard du Danemark - Prince héritier du Danemark et de Norvège   22.07.12 16:10

***
Mon père est mort le 28 février 1648. J'ai commencé à comprendre ce que signifiait la mort à ce moment- là. Avant quand une personne disparaissait dans notre entourage, les gens me disaient qu'ils étaient partis pour un long voyage. Cette fois-ci, je ne fus pas dupe. Je compris rapidement que ce voyage était éternel et que je ne reverrais plus jamais mon géniteur. Christian IV avait été, pour moi, un grand Roi, pourtant décrié par nombre de ses sujets à cause de ses frasques et de ses libertinages répétés. Tout le monde ignorait le nombre de personnes qui avaient été dans sa couche, tout comme le nombre d'enfants illégitimes qu'il avait eu à droite à gauche. Ce qui restait aussi dans les mémoires, c'était la fameuse guerre de Torstenson, contre la Suède. Mon père en sortit vaincu mais parvint à limiter les dégâts. J'étais trop jeune à l'époque pour comprendre ce conflit. Je sais aujourd'hui qu'il était stratégique, car en contrôlant la Mer Baltique, nous étions assurés de notre suprématie. Vers la mi-mars, ce fut au tour de Vibeke Kruse de mourir. Ma mère sembla en tirer une grande satisfaction mais je ne comprenais pas sa joie. La mort était quelque chose de terrible. Elle ne prêtait pas aux réjouissances. Léna m'expliqua les raisons de sa satisfaction, sans parvenir à me convaincre complètement. Certes, Vibeke était proprement infecte et cruelle avec elle, mais ce n'était pas une raison pour lui en vouloir et en tirer de la joie. N'était-ce pas l'enseignement religieux qu'elle m'avait transmis ? Ma mère a rapidement appris qu'elle avait pêché par égoïsme et moi, j'ai compris que la nature des gens est cruelle et qu'il faut toujours prendre garde à eux, afin d'éviter les blessures et les coups mortels...

***

10 mai 1648 :

Assis sur le parvis du Palais Royal, Édouard ne cachait ses larmes à personne. Lui qui d'ordinaire était si joyeux, il affichait une mine triste rongée par le chagrin. Il avait eu beau taper des pieds, le visage rubicond, arracher l'uniforme des gardes, rien n'y avait fait. Sa mère avait été chassée du palais sans autre forme de procès. La décision venait de la Reine, elle-même, Kristen Munk. Après la mort de Christian IV, sa disgrâce avait été levée de facto. Et elle fit un retour en fanfare qui eut le don d'animer les discussions jusqu'au fin fond du pays. Frédéric III, puisqu'il venait de débuter son règne l'avait rappelé sans se douter qu'elle allait expulser sa principale rivale. Et quand il s'en rendit compte, il était bien trop tard. Léna de Kiel n'eut que le temps de préparer ses affaires avant d'être conduite à l'extérieur, comme la plus vile des gueuses. Les derniers mots qu'elle avait dit à son fils, lorsqu'elle avait stoppé une gifle venant d'un des gardes, irrité par ses petits coups répétés, furent : "Sois fort et bats-toi pour rester libre !". Édouard aurait tout donné pour la retrouver, pour l'avoir près de lui. Il était encore trop jeune pour vivre sans elle. Il n'était pas prêt... Bianca non plus. Mais si encore il avait une autre famille, à part sa jeune soeur, au palais... tout se serait bien passé. Or, après la mort de son père, le seul qui l'appréciait vraiment c'était le Roi Frédéric, son demi-frère. Et encore le mot "apprécier" était un peu fort tant Frédéric se montrait austère et affable. Munk le haïssait parce qu'il était selon elle un enfant illégitime et quant à Waldemar, son autre demi-frère, il se plaisait à le rabaisser et à se moquer de lui. Il l'avait nommé le pleunicheur, avec un air méprisant. Ulrich enfin, était bien trop distant pour qu'il connaisse ses véritables sentiments. Édouard n'avait pourtant aucune haine contre quiconque. Il savait que sa mère n'aurait pas aimé qu'il devienne violent, qu'il se fourvoie dans des actes de vengeance. Il pleurait simplement de solitude. Un des serviteurs, ému, vient près de lui et lui parla :

- Altesse, essuyez vos larmes, votre mère vous reviendra tôt ou tard. Elle vous aime et elle vous voir debout, comme un Prince. Venez avec moi, je vais vous préparer des tartines au miel comme vous les aimez...

- Non, je ne veux point manger, je veux que l'on me laisse tranquille. Préparez mon lit, je ne veux rien de ce que ce château propose car tout y est injuste.

Il se leva brusquement, ne cachant pas son visage trempé de larmes et le serviteur s'exécuta. Il savait que ça n'était pas le bon moment pour parler. Le Prince serait plus disposé le lendemain matin, quand le choc serait un peu passé. Il n'était pas évident pour Édouard de se retrouver seul, sans famille avec qui parler. Nul n'aurait pu dire comment il allait réagir, mais chaque présence serait importante pour lui éviter de sombrer dans la colère et la frustration. Alors que le jeune garçon parcourait les couloirs en séchant ses larmes avec ses mains, il tomba nez à nez avec Waldemar et son air arrogant. La voix de son demi-frère vint trancher l'air avec une certaine satisfaction :

- Oh ! Bébé pleurnicheur a perdu sa maman... tu veux la rejoindre ? Tu n'as qu'à courir après ! Et ne te retournes pas surtout.

- Je n'ai pas peur de toi et je ne partirais pas. Tu vas devoir te contenter de ma présence. Inutile de me faire des remarques désobligeantes, toi et ta mère. Pour que vous arriviez à me blesser, encore faudrait-il que je vous apprécie. Sur ce, passez une bonne journée en priant pour que demain vous soit toujours aussi beau.

Il fit un salut protocolaire et continua sa route sous le regard surpris de Waldemar. Ils ne se connaissaient pas puisqu'il avait grandi loin du palais, avec sa mère. Mais Édouard avait déjà un caractère prononcé que sa mère avait veillé à exacerber dans le but de le rendre plus indépendant et donc plus apte à vivre seul. L'objectif de cette éducation n'était ni plus ni moins que la volonté de le voir gouverner en Roi juste et fort, un jour. Bien évidemment, elle le lui avait caché, préférant qu'Édouard grandisse sans le poids de ses responsabilités. Il avait de l'assurance, malgré la tristesse et ça n'était pas donné à tout le monde. Waldemar avait été coupé dans son élan, dans ses moqueries. Rien ne les obligeait à devenir amis mais au moins il savait désormais que rien de ce qu'il pourrait dire n'allait affecter le jeune garçon qui allait bientôt fêter ses huit ans.

***

Après que ma mère m'ait été arrachée, j'ai décidé de me défaire de toute autorité des Munk sur moi. Après tout, elle avait déclenché les hostilités et je n'avais certainement par à me plier à ses volontés. J'ai commencé par protéger Bianca, en encourageant son goût pour les belles choses, ce qui ne fut guère compliqué. Elle était déjà capricieuse et sa réputation agissait comme un bouclier à toute tentative de Waldemar pour la moquer en public comme en privé. Bianca s'adonnait à un principe : rendre les humiliations en prenant soin de les faire payer au centuple. Elle était particulièrement redoutable avec les hommes mais elle avait aussi des crocs et des griffes acérés pour les femmes. Cet air sauvage, un peu peste, vu de l'extérieur, n'était absolument pas du goût de Frédéric mais tant pis. L'important, c'était qu'elle devienne une femme forte, capable de refouler les indésirables et de se protéger des attaques dans le dos. Nous n'avions plus le contact avec notre mère et il était crucial que nous demeurions soudés. Je voulais qu'elle trouve en moi un repère, une épaule sur qui se reposer et ce fut le cas. Nous restâmes unis, malgré les attaques des Munk qui à mesure que les mois passaient se faisaient moins importantes. Ils finirent par comprendre qu'il auraient bien du mal à nous atteindre. Quant à moi, pour me détacher encore plus d'eux, j'ai commencé à étudier scrupuleusement de nombreuses matières : l'art, la mode, la chasse, la pêche et la danse. Et que dire des jeux ! Ils furent un excellent moyen d'évasion pour moi. Les serviteurs qui étaient restés fidèles à ma mère veillèrent à ce que nous puissions rester uniques et polyvalents. Je leur dois le reste de mon éducation et probablement ce que je suis aujourd'hui. Frédéric contribua à m'éduquer à la diplomatie. Il avait réouvert la guerre contre la Suède pour réussir là où notre père avait échoué. J'étais sceptique sur nos chances de l'emporter et j'eus raison de l'être, puisqu'en 1658, nous fûmes défaits, malgré les alliances que nous avions pu conclure avec divers pays voisins, par mon intermédiaire. Et puis, à mesure que les années ont passé, je me suis également découvert un nouvel intérêt. Comme mon père autrefois, j'aimais le plaisir de la vie au quotidien, admirer un coucher de soleil, m'emplir la panse d'une multitude de sucreries ou d'un bon gibier, me promener dans les bois, chanter quelques textes osés qui étaient venus à mes oreilles. Et puis, les balades à cheval, les bals, les opéras, les splendides broderies, les discussions avec Bianca au sujet des plus beaux habits du monde, tout ça faisait que comme Épicure autrefois, je me sentais bien. Et comme Christian IV en son temps, je fis également la découverte des femmes... merveilleuses créatures aux corps si parfaits... Je ne devrais pas en parler ainsi, mais difficile de ne pas succomber à leurs charmes. Que Dieu me pardonne mes faiblesses...

***

14 mars 1655 :

- Mademoiselle, permettez que je complimente votre splendide chevelure. De ma vie, je n'avais probablement jamais vu telle brillance. Elle ressemble à s'y méprendre à une magnifique couverture d'or, la même qui pourrait rendre jaloux le soleil. Ce blond des blés vous sied à la perfection. Pour tout vous avouer, je ne peux m'empêcher d'en admirer le mouvement à chaque fois que vous bougez élégamment la tête ou que le vent, insidieusement et délicatement vient la faire onduler.

- Votre Altesse va finir par me gêner, s'il me noie trop sous ses compliments...

La jeune fille se mit effectivement à rougir et Édouard, dans un geste doux et délicat lui caressa la joue. Partout dans le Palais, on parlait de lui comme d'un homme cultivé, droit et attentionné, en particulier avec la gente féminine. On lui donnait aussi de nombreuses conquêtes mais jusqu'à présent il avait toujours démenti. Certes, avant cette belle jeune femme de 16 ans, qui répondait au prénom d'Elsa, il y avait eu d'autres aventures, cinq pour être précis. Il faut dire que le jeune Prince héritier savait y faire avec les compliments, autant qu'avec le reste d'ailleurs. D'autant plus qu'ils étaient exprimés avec une sincérité non feinte. Il n'était pas du genre hypocrite, il détestait tromper ses interlocutrices et de servir d'elles. Il leur faisait la cour, pour le plaisir de les séduire, par jeu de sentiments aussi. Au fond, il se disait qu'il finirait par trouver celle qui comblerait son coeur. En plus d'être beau et charmeur, il avait été aussi assez précoce. Ce n'était pas courant dans le château, d'autant plus que les hommes de sang royal qui avaient occupé celui-ci étaient particulièrement réservés. Frédéric III, bien que marié, n'en restait pas moins très prude, à tel point qu'on se demandait si sa première fille était vraiment de lui. Quant à Waldemar, c'était malheureux à dire mais sa bêtise et son comportement exécrable avaient fait fuir toutes ses soupirantes. De fait, il s'était casé avec une femme, à laquelle il n'avait pas laissé le choix, qui allait voir ailleurs sans aucun scrupule et il restait donc sans progéniture, cocu jusqu'aux os. Et puis il y avait Ulrich, le demi-frère d'Édouard, le fils de Vibeke. Ils n'avaient jamais été proches, il le connaissait à peine. Quand le prince avait tenté de se rapprocher de lui avec un brin d'humour, à diverses occasions, Ulrich avait réagi assez froidement. Un an plus tôt il avait été banni par Frédéric, après avoir tenté de s'en prendre physiquement à lui. Édouard ne l'appréciait pas vraiment mais il n'avait rien contre lui et l'idée que Waldemar ait réussi après de multiples tentatives à l'écarter de la Cour lui laissait un goût amer. En même temps, Ulrich lui restait en mémoire comme un éternel contestataire, un brin frustré, soupe au lait et terre à terre. Bref, le genre de personnes, avec qui il ne lierait jamais une amitié. Une question d'Elsa le ramena à la réalité :

- A quoi pense Son Altesse ?

- Pardonnez mon égarement, j'étais en pleine réflexion intérieure. Voyez-vous, je me demandais si vous aimeriez venir avec moi au Bal du Printemps qu'organise Sa Majesté, le Roi Frédéric III, mon frère. Je suis persuadé que vous allez y apprécier la douce symphonie.

- Altesse, pour parler avec franchise, gagez que ça ne sera pas la seule chose que j'apprécierais...

Elle leva légèrement la tête pour l'embrasser sur la bouche. Après que leurs lèvres se soient détachées, Édouard, qui était au dessus d'elle esquissa un sourire qui faisait fondre n'importe quelle femme. Sans guère se soucier de la porte de la chambre qui était entrouverte, le Prince et la fille de Duc de Scanie poursuivirent leur ébat, l'esprit léger, avec une attirance et une communion totalement partagée.

***

Alors que je prenais petit à petit mes libertés, la réalité me rappela une nouvelle fois à l'ordre. En 1656, Waldemar Christian fut retrouvé assassiné d'un coup de couteau dans la poitrine. Même si je n'ai jamais apprécié mon demi-frère, sa mort me fit un choc. Elle me remit en mémoire que si Frédéric III n'avait pas de descendant mâle, je serais le futur Roi du Danemark. Cela avait le don de m'affoler. Je n'avais nulle envie de renoncer à mes privilèges de Prince ! On chercha le meurtrier sans le trouver. Kristen ne s'en remit pas. Elle avait perdu son fils unique et je la pris en pitié malgré tout le mal qu'elle nous avait fait. Il est difficile de perdre son père ou sa mère mais voire son enfant mourir avant soi, c'est une ignominie terrible ! Je pris le soin de me montrer prévenant à son égard mais sa rancoeur était plus forte. Pendant deux ans, je l'ai vu dépérir au fur et à mesure. Elle est mort deux ans plus tard, de chagrin. Cette nouvelle tomba au plus mauvais moment. Quelques semaines après, Copenhague fut prise par les Suédois, mettant un terme à une guerre meurtrière. Frédéric avait perdu et il dut en payer le prix. Nous perdîmes énormément, en terme de terres, de population et de vies. La paix fut signée mais fier jusqu'au bout, mon demi-frère voulut pour clause de ce traité, un mariage entre le Danemark et la Suède. J'ai cru sur le moment qu'il envisageait de se remarier après avoir répudié sa femme. Je n'imaginais pas que c'était à moi qu'il faisait allusion. Mon mariage avec Gisela de Suède fut donc décrété. Je fus fort chanceux car les mariages arrangés étaient un véritable drame d'époque pour les deux concernés. Pourtant Gisela, en plus d'être belle et cultivée était aussi très agréable à côtoyer. Enfants, nous avions déjà joué ensemble et même si la guerre nous a séparés, nous sommes restés amis et nous correspondions par missives.

***

- Mère, je ne parviens pas à faire mes voeux...

Édouard ne cessait de faire les cents pas à travers la pièce où des tailleurs s'efforçaient d'ajuster son costume en vue de la cérémonie dans les prochaines heures. Léna avait été rappelé par Frédéric III après la mort de la Reine Munk. Cette condition avait été demandé par le prince-héritier, qui voulait la retrouver près de lui. Il avait été surpris de voir qu'elle n'avait pas changé, hormis quelques rides qui marquaient son visage. La famille avait été à nouveau bouleversée par ses retrouvailles et Édouard en avait même versé quelques larmes lorsqu'il avait étreinte contre lui. C'était la première fois qu'il pleurait depuis son départ. Bien évidemment, il lui avait caché les multiples conquêtes amoureuses, les soirées quelque peu agitées auxquelles il avait participé. Il tenait à ce que sa mère soit fière de lui. Il ne le savait pas vraiment mais Léna, malgré la distance et l'isolement avait eu vent de toutes ses frasques. Elle ne le jugeait pas vraiment, puisqu'elle avait été amoureuse de Christian IV et que ce dernier avait laissé son empreinte sur son fils. Elle allait lui donner quelques conseils lorsque Bianca entra dans la pièce, vêtue d'une formidable robe de soie brodée de petits diamants.

- Édouard, tu n'es toujours pas prêt ! Hâte-toi donc ! Un Prince ne doit pas arriver en retard, tu le sais bien !

Elle parlait avec ironie, un sourire en coin. Bianca supportait difficilement les remarques de Frédéric au sujet de son attitude et de son comportement. Aussi, dès qu'elle avait la possibilité de le railler, elle en profitait à son aise. Léna fronça les sourcils et pour éviter une dispute, le Prince prit la parole, en s'immobilisant devant les tailleurs ravis :

- Je le sais... cela irait beaucoup plus vite si j'arrêtais de bouger, je crois. Je ne sais quoi dire pour mes voeux. Je n'aime pas l'idée d'épancher mes sentiments devant une assemblée d'inconnus...

- Vous l'aimez ?

- Oui, Mère... Gisela est une femme d'esprit et de coeur. Je l'apprécie beaucoup et je veux être digne d'elle. Nous avons pu discuter, échanger nos passions et nous nous entendons très bien. Il est trop tôt pour parler d'amour véritable. Nous devons encore apprendre à nous connaître, Frédéric ne nous a pas laissé le temps pour cela. Mais je la chérirais jusqu'à la fin de mes jours, je le sais.

- Alors dites-le lui. Un grand et long discours ne servirait à rien. Faites plus court et décrivez-y ce que vous ressentez, ce que vous voulez faire. Qu'importe l'assemblée, la politesse veut qu'elle se taise et respecte vos actes et vos paroles. Vous êtes Prince, Édouard, ne l'oubliez pas. Et vous serez amené à faire de grandes choses en tant que Roi. J'en ai la conviction profonde !

Léna lui fit une bise sur la joue et sortit de la pièce pour se préparer à son tour. Elle laissa Édouard mal à l'aise. Il n'avait pas le courage de lui dire qu'il voulait renoncer au trône. Frédéric avait eut 2 filles... toujours aucun héritier... Il ne voulait pas être privé de sa liberté... c'était un comportement égoïste qu'il n'assumait pas devant elle. Bianca attendit un court instant. Elle savait les raisons de cette gêne et elle soupira :

- Tu ne devrais pas t'inquiéter. Frédéric a mis sa femme enceinte et selon la voyante qu'elle a vu en secret, ce serait un garçon... vigoureux qui plus est !

- Espérons qu'il vive dans ce cas... Bianca... je voulais te remercier d'être mon témoin pour ce mariage et de m'avoir accordé ta bénédiction. C'est important pour moi. Et je te souhaite de vivre un jour la même chose que moi avec Gisela. Tu te doutes bien que je n'ai pas tout dit à Mère, notre relation a avancé bien plus que l'exposé que je lui ai fait.

Elle pouffa de rire :

- Evidemment que je l'ai remarqué ! Tu devrais apprendre à cacher l'éclat dans ton regard quand tu parles de passion... il n'y a que Mère et son esprit chaste pour ne pas le remarquer !

Ce fut au tour d'Édouard de sourire. Il serra sa soeur contre lui, heureux qu'elle soit là, à ses côtés. Elle était celle avec qui il avait tout traversé, son épaule, sa force.

***

Mon mariage avec Gisela fut l'un de plus belles choses qu'il m'ait été donné de vivre. Nous avions tous deux des similitudes et des différences qui pimentaient le quotidien. Pour autant, j'avais du mal à lui rester fidèle. Je gardais quelques aventures durant mes déplacements en veillant à rester bien discret. Je n'aimais pas la voir souffrir par ma faute, je préfèrais qu'elle ne sache rien de mes infidélités et qu'elle reste heureuse. Bianca fut marié de force à Simon de Brabant. Ce fut une exigence de Frédéric, lassé de ses frasques à répétition. Je lui en voulus autant qu'à ma mère qui avait laissé faire. Bianca était ma soeur et elle m'était arraché sans que j'ai mon mot à dire. Touché et surtout vexé par cet traîtrise, j'ai décidé de prendre mon rôle de "diplomate" en main et de parcourir les pays voisins pour représenter nos intérêts. Il s'avéra que Frédéric eut deux autres filles, à mon plus grand désespoir. Il avait toujours eu une santé fragile mais ces derniers temps, ça n'allait pas en s'améliorant. Gisela tomba enceinte et accoucha neuf mois plus tard d'un garçon que nous nommâmes Christian, en hommage à mon père. De l'avis de nombreuses personnes, notre fils ressemblait davantage à sa mère qu'à moi-même. Ce n'était pas le plus important, il était le fruit de notre union. Ma mission me conduisit à Versailles où je fis la connaissance de nombreuses personnes. Parmi elles, se trouvaient François de Froulay, un Mousquetaire vaillant qui devint rapidement mon ami. Pourtant cette amitié pourrait être mise en péril à cause d'une de mes erreurs... j'ai eu une liaison avec Claire Ornelle, sans savoir lors de notre ébat qu'elle était sa fiancée. Depuis je suis à la recherche de la belle pour qu'elle garde le silence et ne dise rien au Mousquetaire. Mais le plus marquant quand je suis arrivé à la Cour du Roi Soleil, ce fut mon agression. Je fus menacé de mort par un sinistre inconnu, dans mon propre carrosse. Je l'ai échappé belle, cette fois là mais depuis l'incident je ne suis plus tranquille. Et diverses menaces se sont ajoutées par la suite. Je ne savais pas que j'avais un ennemi, mais visiblement celui-ci semble m'avoir choisi pour son petit jeu sadique... Je me souviens d'une partie de chasse que je faisais avec Gianluca di Modena, un noble espagnol. Nous avions juste eu le temps d'échanger des banalités lorsqu'une pluie de flèches s'est abattue sur nous. Ce fut un miracle qu'aucun de nous ne soit tué mais mon cheval, paniqué rua et me précipita au sol. Sans la présence de Gian, je serais probablement mort à cet endroit. Il me reconduisit à Versailles et me fit soigner par son propre médecin. Quand il s'intrigua de notre mésaventure, je lui expliquai les menaces que je recevais. Depuis, je lui dois la vie et il m'a motivé pour enquêter sur cet individu qui veut ma peau. Espérons que nous allons trouver son identité car Bianca a fait son retour à Versailles. Et je me dis que s'il a tenté de s'en prendre à moi par autant de façons, il est largement capable de s'en prendre à Gisela, notre fils ou encore ma soeur. C'est mon devoir de les protéger. Dernièrement il se murmure que la guerre est proche. Tôt ou tard, nous allons devoir prendre parti entre le Duc de Lorraine et le Roi Soleil. Je laisse le grand soin à Frédéric de se positionner. C'est lui le Roi, pas moi... alors qu'il fasse comme il l'entend !


______________________

Edouard



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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Brisé... la vérité est si douloureuse !
Côté Lit: Un vrai défilé... surtout en ce moment.
Discours royal:



ATTENTION ∫
Danois séducteur en chasse

Âge : 26 ans
Titre : Prince-héritier de la couronne de Danemark et de Norvège
Missives : 172
Date d'inscription : 22/07/2012


MessageSujet: Re: Édouard du Danemark - Prince héritier du Danemark et de Norvège   15.08.12 17:52

Fiche terminée. Razz

______________________

Edouard



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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Une servante de ma connaissance...
Côté Lit: la servante sus-citée l'a déserté, profitez-en!
Discours royal:



ADMIN BIZUT
Phoebus
ৎ Prince des plaisirs

Âge : 20ans
Titre : Prince de Neuchâtel
Missives : 4011
Date d'inscription : 12/01/2010


MessageSujet: Re: Édouard du Danemark - Prince héritier du Danemark et de Norvège   15.08.12 20:05

TU ES VALIDÉ(E) !
BIENVENUE A VERSAILLES

Alors premièrement, cette petite bouille de Garett Hedlund est tout bonnement adorable What a Face

J'ai tout simplement adoré ta fiche ** Les style narratifs qui se recoupent, les petits détails historiques pourtant complexes mais qui deviennent clairs et surtout, une fiche pas trop longue, courte, et comme toujours, très agréable à lire Wink
Son enfance, sa légitimité, cette rancoeur malgré son humanité....on manquait de mecs bien sur ATV, bienvenue, donc ^^

Tu n'as oublié aucun lien, et vu le nombre d'entre eux qu'il y a sur le forum, je te souhaites un excellent jeu avec Edouard surtout avec Ulrich Razz

A très vite en RP cheers
PENSE PAS BÊTE ; Qui est qui ? Petit topo des personnages sur le forum.Fiches de liensDemandes de rangs et de logementsLe flood ♣ N'oublie pas de mettre tes liens de présentation, fiche de liens et point info dans ton profil Clin d'Oeil


______________________



"Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables,
et tout le plaisir de l'amour est dans le changement."


This, is Paris:
 
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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il baigne dans la colère et la frustration maternelle mais puisqu'il ne s'est pas laissé abattre, il continue de battre.
Côté Lit: Le Soleil s'y couche à ses côtés.
Discours royal:



♠ ADMIRÉE ADMIN ♠
Here comes the Royal Mistress

Âge : A l'aube de sa vingt septième année
Titre : Favorite royale, comtesse of Leeds et duchesse de Guyenne
Missives : 7231
Date d'inscription : 10/09/2006


MessageSujet: Re: Édouard du Danemark - Prince héritier du Danemark et de Norvège   16.08.12 9:12

Merci Cie pour la validation Smile

Bienvenu ou plutôt rebienvenuuuuuuuuuuuuuu cher cousin schyzo à TC What a Face

Amuse toi bien avec Edouard !!! Very Happy cheers

Becky : Heeeeeeeeeeeeeeeey tu sais que ton fils est pas ton fils What a Face

Siffle

Au plaisir de te croiser via rp Smile

______________________

La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

Le rouge et le noir
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Invité


MessageSujet: Re: Édouard du Danemark - Prince héritier du Danemark et de Norvège   16.08.12 10:02

... BIENVENUE TRES CHER DEMI-FRERE What a Face

Twisted Evil

Espèce de schizo Wink J'ai beaucoup aimé ta fiche !
Ravie de voir qu'Edouard n'a rien de particulier contre Ulrich... c'est absolument pas réciproque What a Face


A nous deux Twisted Evil
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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a été brisé, piétiné et maintenant celui qui était à mes côtés est devenu mon ennemi. Quelle cruelle destinée !
Côté Lit: Le lit de mon palais est si confortable et accueillant !
Discours royal:



ADMIN TRAVESTIE
Monsieur fait très Madame

Âge : 27 ans
Titre : Prince de France, Monsieur le frère du Roi, Duc d'Orléans, de Chartres, d'Anjou, seigneur de Montargis
Missives : 9957
Date d'inscription : 03/01/2007


MessageSujet: Re: Édouard du Danemark - Prince héritier du Danemark et de Norvège   16.08.12 18:57

Rebienvenue !

J'ai beaucoup aimé ta fiche Very Happy Je pense que tu vas bien t'amuser avec Edouard Clin d'Oeil

______________________

Joyeux Anniversaire mon Prince <3


OH YEAH:
 


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MessageSujet: Re: Édouard du Danemark - Prince héritier du Danemark et de Norvège   Aujourd'hui à 7:16

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