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 Very Bad Trip

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Belle et douce Amy, l'unique. Peu importe mon alliance ...
Côté Lit: Avec ma femme au nom du devoir conjugal, avec la Reine de mon coeur au nom d de l'amour
Discours royal:



ADMIN ROYAL
L'Etat, c'est Moi

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Titre : Roi de France
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MessageSujet: Very Bad Trip   22.07.12 0:42


Louis XIV / Louis de Mortemart / Aymeric de Froulay
& guests : Richmond, Rose, Gabrielle …

Sire, il est l'heure …

Ainsi commençait la journée d'un roi, quand son premier valet de chambre venait le chercher dans la chambre de la Reine, là où Louis finissait toujours ses nuits. Il était à peine huit heures du matin, Marie-Thérèse dormait encore quand Louis s'extirpa doucement du lit et emprunta les couloirs de service, Alexandre Bontemps devant lui, parfait connaisseur des lieux. Le lever du roi relevait d'une magnifique mise en scène du fait que le monarque dormait rarement dans son lit, peut être une heure ou deux dans la nuit. Il faut le savoir, Louis XIV est insomniaque et travaille de nuit. En règle générale, il se rendait aussi dans les appartements d'Amy, ce qu'il ne faisait plus depuis son départ en Saintonge et … son enlèvement. Puis le souverain s'en allait finir la nuit chez la Reine. Chaque nuit, c'était la même chose, rien ne changeait véritablement. Quand huit heures sonna, Louis était dans son lit, attendant que le premier gentilhomme de la Cour ouvre les rideaux du lit. De suite, il remarqua l'absence de Vivonne et leva les yeux au ciel. S'en suivirent des chirurgiens qui examinèrent sa majesté, qui constatèrent que celui-ci était en bonne santé.

Au quart commença la valse des familiers et mentalement nota l'absence de son frère – toujours en retard – et de Froulay. Bon, la journée commençait au plus mal quand les deux amis, Vivonne et Froulay étaient aux abonnés absents. Son frère fit son entrée quand le premier valet de chambre déposait quelques gouttes d’esprit de vin sur les mains du roi, Froulay quand on présenta le bénitier au Roi et qu'il fit son signe de croix. L'air absorbé dans son lever, le monarque voyait son maréchal des logis bien chancelant et les traits tirés. Les conséquences d'une nuit difficile, sans aucun doute. Mais Louis était bien loin de s'imaginer la véritable soirée … Mais il fallait écouter l'office que le roi suivait de son lit tandis que l'aumônier se trouvait dans le cabinet du Conseil. Il était l'heure de s'habiller et enfin, le souverain quitta son lit, toujours l'air impassible devant cette petite Cour de privilégiés, avant l'arrivée des fauves qui entrèrent dans la chambre à l'heure tour puisque c'était l'heure du grand lever, là où le roi s'habillait. Une fois prêt, il était neuf heures, l'heure de son déjeuner et puis se dirigea vers son cabinet de travail.

Là seulement, il put alpaguer Froulay. Avant, cela serait revenu à contourner le protocole, cela serait paru indécent. Il fit signe à Aymeric de le suivre et de s'approcher. Le comte sentait l'alcool et des odeurs de rues assez fortes, cela était évident qu'il y avait sortie en taverne là-dessous.

Dites moi Froulay, où est Vivonne ? Je me doute qu'il était avec vous vu votre allure.

Le ton n'était pas celui du reproche, juste une question neutre, juste après que les portes du cabinet de travail ne se referment derrière eux. Louis s'attendait à ce que son ami d'enfance, qui ne tenait pas l'alcool, cuve chez lui tranquillement, laissant le soin à Froulay de les représenter tous les deux. La réponse lui fit tourner vivement tourner la tête vers son interlocuteur, lui si maître de lui-même habituellement.

Comment cela « parti » ? Et vous le laissez errer dans Paris, dans un état dont je ne veux même pas savoir l'ampleur ? Vous allez repartir immédiatement le rechercher et vous ne remettez pas les pieds à Versailles sans lui. »

Cette fois-ci, le ton était un peu plus sec, plus dur. Mais où était donc le Mortemart ? Dans quoi s'était-il donc fourré ? Là étaient les questions que se posaient le monarque qui devrait davantage se soucier du Conseil auquel il allait assister. Alors qu'Aymeric allait s'en retourner et ouvrir la porte, le souverain l'en empêcha.

Vu votre état, je ne pense pas qu'il soit bon que vous vous montriez comme cela aux yeux de tous. Vous passerez par mes petits appartements et l'escalier des ambassadeurs. J'espère avoir de vos nouvelles avant ou au retour de ma promenade, j'ai une journée à tenir. Faites vite, Froulay.

Pour résumer, Aymeric devait ramener Vivonne sur les coups de treize ou dix-sept heures. Autant dire que le temps était compté ! Et on ne faisait pas attendre un roi ! Alors que le comte s'en allait discrètement, Louis put entamer sa séance du Conseil. Même s'il s'intéressa de près aux affaires du royaume, Louis avait une question en tête : mais que s'était-il passé cette nuit ?

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« C'est toujours l'impatience de gagner
qui fait perdre. »
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MessageSujet: Re: Very Bad Trip   30.07.12 23:53

Versailles s’éveillait doucement, son château et sa cour avec lorsque le comte de Froulay passa les grilles dorées du palais. L’on s’agitait fébrilement, mais tout en discrétion, pour parachever les derniers préparatifs essentiels au bon déroulement de la journée, et quelques courtisans matinaux déambulaient déjà dans les couloirs. A vrai dire, la ville comme le château ne dormaient jamais réellement - Aymeric était assez bien placé pour le savoir. Trop bien placé. Et ce matin-là, alors qu’il se hâtait vers ses appartements, le comte se prit à regretter les paisibles heures de sommeil que devait avoir vécu la plupart des occupants du châteaux.

Les traits tirés, la démarche moins assurée que d’ordinaire, le grand maréchal des logis du roi avait en effet derrière lui une longue nuit ; et surtout, une nuit dont il sentait les conséquences sur le point de tomber. Qui n’aurait songé de même, alors qu’il avait quitté le palais la veille au soir avec trois compagnons, et revenait... absolument seul. Pis encore : l'imminence de retour de bâton - en plus de son état peu glorieux - lui semblait d’autant plus à craindre que l’heure du lever du roi approchait à grand pas. Or s’il parviendrait peut-être à y paraître à temps, Vivonne, lui, n’y serait point. Et Aymeric connaissait assez Louis XIV pour savoir que cette absence ne lui échapperait pas. Un long soupir lui échappa, alors qu’il poussait enfin la porte de ses appartements. La nuit semblait sur le point de laisser place à une journée bien plus longue encore.

En effet, là où Aymeric se serait volontiers affalé dans son lit, il n’eut d’autre choix que de se hâter. En quelques minutes, il tenta de se rendre présentable et n’en sortit que moyennement convaincu. Les apparences étaient sauves, mais il ne faudrait pas y regarder de trop près. Las et migraineux, il avala à la hâte un verre d’eau, puis ressortit en prenant la direction des grands appartements. Au passage, il eut la confirmation en regardant une horloge de ce qu’il craignait : l’heure était passée.
« Morbleu... marmonna-t-il pour lui-même en maudissant en pensée les couloirs interminables qu’il lui fallait encore traverser. »
Bien qu’il ne l’eut pas oublié, le hasard se chargea fort élégamment de lui rappeler son retard, en plaçant sur sa route une troupe qu’il reconnut avant de l’avoir vu à l’insupportable bruit de talons claquant contre le sol qu’elle traînait avec elle.
« Nous sommes terriblement en retard !! tempêtait la voix - sauf son respect - de crécelle qui accompagnait immanquablement les talons, résonnant très, très désagréablement dans la tête douloureuse d’Aymeric. Allez, pressez ! Mais pressez-vous donc ! »

Qu’on le fasse taire ! songea le comte avant de pénétrer dans les premières pièces formant les appartements du roi. Là seulement, il ralentit, laissant au Prince le privilège d’entrer avant lui - privilège qu’il lui laissait ce matin de fort bon coeur - avant de s’aventurer à son tour dans la chambre de Louis XIV.
Aymeric dut alors faire face à ce qu’il savait d’avance être le pire en cette lourde matinée : le cérémonial. De la place qui lui était réservée, il fit tous les efforts du monde pour paraître le plus normal possible alors que la migraine lui battait aux tempes, et qu’il peinait à se tenir absolument droit. Plusieurs fois, il se promit de ne plus jamais se laisser embarquer à la taverne comme il l’avait fait la veille, avant de se souvenir qu’il s’agissait de son idée. Il fallait être idiot pour boire de la sorte, lui qui n’était pourtant pas le plus déraisonnable des trois joyeux compères impliqués dans cette affaire...

L’office lui sembla durer une éternité, mais la chance voulut qu’on ne lui prêtât pas la moindre attention. S’il doutait pouvoir passer inaperçu aux yeux du roi, au moins les autres ne seraient-il pas totalement dans la confidences. Ou alors pas tout de suite, car tout se savait, à Versailles.
La cérémonie du lever finit par prendre fin, tirant à Aymeric un discret soupir. Son soulagement fut de courte durée néanmoins : quelques minutes plus tard à peine, le roi lui faisait signe de le rejoindre.
« Dites moi Froulay, où est Vivonne ? Je me doute qu'il était avec vous vu votre allure, questionna le monarque. »
Le comte eut un rictus contrit. Il s’agissait exactement de la question qu’il se posait... et à laquelle il ne pouvait, par conséquent, donner la moindre réponse. Au plutôt, la moindre réponse capable de satisfaire le roi. Tenu de dire quelque chose, pourtant, il se racla la gorge et songea à ce qui lui avait été répondu, à lui, une heure plus tôt.
« Eh bien... Il est parti, Sire. »
A ces mots, le roi tourna brusquement la tête vers lui.
« Comment cela « parti » ? s’exclama-t-il, face à un Aymeric qui se doutait bien que cette histoire ne lui plairait pas.
- Disons qu’il a... disparu, précisa-t-il, las.
- Et vous le laissez errer dans Paris, dans un état dont je ne veux même pas savoir l'ampleur ? Vous allez repartir immédiatement le rechercher et vous ne remettez pas les pieds à Versailles sans lui. »

Voilà qui était clair. Là-dessus, Aymeric n’eut d’autre choix que de s’incliner et de quitter le cabinet de travail. Une fois dehors, il se pinça un instant l’arrête du nez, maussade, puis reprit à grands pas la direction de la ville.
Le pire dans tout cela ? Il se souvenait pourtant parfaitement de tout ce qui s’était passé cette nuit-là.

*** flashback.

La taverne qu’ils avaient choisi ce soir-là avait toujours eu plus de courtisans plus ou moins éminents que de gueux pour clients. Pour Richmond, Froulay et Vivonne, grands habitués de ces sorties nocturnes, l’endroit était loin d’être inconnu. Il l’était peut-être un peu plus - beaucoup plus ? - pour la duchesse de Longueville, que Vivonne avait tenu à emmener avec lui, mais les trois hommes savaient ce qu’ils faisaient. Ou du moins, pensaient le savoir et le pensèrent longtemps alors que la soirée s’achevait pour laisser place à la nuit sans que l’on puisse rien y trouver de particulier.

Une chope à la main, Froulay Aymeric commençait à sentir chez lui comme ses amis les premiers effets de l’ivresse. Comme toujours, Morgan et lui n’avaient guère prêté attention et ce qu’ils buvaient : ils tenaient fort bien l’alcool. Louis était resté raisonnable : lui ne le tenait pas du tout. La duchesse, quant à elle, faisait figure d’improbable dans ce joyeux tableau mais ne semblait se formaliser de rien. Il n’y avait d’ailleurs rien qui puisse y pousser, les quatre courtisans se contentant de disserter joyeusement de choses et d’autres
« Dites-moi, mademoiselle, lança le comte avec un sourire amusé, est-ce la première fois que l’on vous voit dans l’un de ces troquets ? J’avoue ne pas avoir immédiatement voulu croire Vivonne lorsqu’il nous a annoncé qu’il comptait sur votre présence ce soir ! »
Et pour cause, ça n’était pas exactement le genre d’endroits que fréquentaient les Précieuses - quoi qu’il y eut beaucoup à dire sur les soirées qui s’organisaient parfois à l’Hôtel Longueville ; le comte était fort bien assez placé pour le savoir.
« Comment a-t-il réussi à vous convaincre de nous suivre ? continua Froulay, la main s'abattant un instant sur l'épaule de Vivonne. »

Ils ignoraient tous, à cette heure de la soirée, à quoi les mèneraient les heures à venir.
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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Tout vient à point à qui sait attendre
Côté Lit: Mon épouse essentiellement, Bianca surtout, puis des fées et bien d'autres jolis visages auxquels je ne peux résister.
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• Je touche au coeur •
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MessageSujet: Re: Very Bad Trip   18.08.12 16:45

Aaaah....il avait eu raison de faire confiance à l'instinct d'Antoinette. Ces femmes de chambre lavaient les draps mieux que quiconque en France et en Navarre. Ce doux parfum si délicat, cette douceur de...velours? Ah. Les couvertures avaient donc changé. Qu'importe. Ce velours soyeux dans lequel il enfonça sa joue...cette délicate odeur...et cette soudaine sensation humide sur son cou!! On avait encore laissé entrer ces maudits chiens! L'ordre était pourtant clair: AU-CUN animal! Et voilà qu'il laissait goûter sa bave sur lui.....c'était trop!
-Je crois qu'il se réveille...
Bien sûr qu'il se réveillait...maudit chien! Il lança une main molle pour le chasser, mais il entendit un rire étouffé. Depuis quand les chiens riaient-ils? Et avaient-ils une odeur de violette? Il était temps d'ouvrir les yeux...
-Chut, mesdemoiselles, je vous en prie!
-Trop tard, parvint-il à marmonner en tentant de s'extirper des....couvertures? Il ouvrit un oeil. Puis l'autre. Posant ses deux prunelles brunes sur ladite couverture, qui s'avéra être une robe cramoisie. Quoi? Il tenta de se redresser, mais un marteau heurta tout son crâne comme l'eut-on fait sur une cloche.
-Doucement, monseigneur, souffla une voix faussement tendre. Ca n'était-il celle de Bianca, ni celle d'Antoinette, encore moins celle de la jeune Longueville.
Il parvint enfin à se redresser, le visage hagard, se massant la tête pour calmer le sang qui tapait contre son crâne et tourna les yeux vers la créature sur les genoux de laquelle il avait vraisemblablement passé la nuit.
-Par le ventre de Saint Honoré...où m'a-t-on embarqué?
-Embarqué, répéta la première voix? Vous êtes pourtant venu seul, monseigneur.
Il tourna un oeil torve vers la femme aux longs cheveux blonds glissant le long de ses épaules frêles. Taille maigre, yeux cernés mais un de ces sourires qu'on ne voyait que chez un certain type de femme. La gorge indécemment remontée dans un corset serré, quelques bagues bon marché ornant des doigts pourtant fins, il aurait pu s'y tromper, voyant la robe de belle facture. Mais cette femme...celle sur qui il venait de se réveiller...et celle-là encore qui l'observait du coin de l'oeil...et ce canapé? Ce fauteuil? Ces tapis?

Il s'assit définitivement, et posant ses coudes sur ses genoux, plongea sa tête lourde, trop lourde entre ses mains.
-Amenez-moi votre meilleure bouteille, lança-t-il entre ses mains! Encore! La nuit n'est donc pas terminé, je ne vois pas le jour pointer sa face d'hypocrite! Et nous boirons à la santé des rois, des empereurs et même des Papes!

Se recouchant sur les genoux de la jeune femme, il s'endormi à nouveau, plein d'alcool et de rêves. Ce qu'il avait bien pu se passer? Il n'en n'avait pas la moindre idée!


***

-Allez mademoiselle, je vous promets que cette soirée sera enchanteresse! J'y ai déjà emmené un ami à moi qui déteste le public...et il m'en parle à nouveau chaque jour, ce sacré Langremont! Ne faites donc pas la timide...et si vous craignez quelques hommes peu recommandables, je serais là, ne vous inquiétez de rien!

Baisant la main délicate de Gabrielle de Longueville, Louis lui jeta un regard brillant lorsqu'elle posa son petit pied hors du carrosse. Il n'avait heureusement pas plu depuis assez de jours que la terre se soit transformée en boue spongieuse et tous deux purent ainsi traverser les quelques mètres qui les séparaient de la taverne.
-Ne vous fiez pas à son nom, cet endroit est l'un des plus réputés. Vous n'aurez là ni soldat cherchant à perdre la solde que je leur donne à la sueur de leur front ni prostitué peu recommandable. Seulement quelques personnes lassées de ces tours de cartes chez Madame.
Il lui adressa un large sourire amusé tout en la menant le long de la rue. Ah! Gabrielle...la douce et énigmatique Gabrielle de Longueville. Elle était celle qui lui faisait rompre ses résolutions, qui le poussait à vouloir tromper sa propre maîtresse! Dès qu'il écoutait cette raison avec qui le mariage se passait douloureusement, Louis regrettait son propre désir. Bianca ne lui offrait-elle donc pas assez? Antoinette avait donc des limites qu'il n'avait pourtant jamais trouvé? Instinct impossible à entendre, mais la seule chose que Vivonnne tirait de tout cela était cette irrémédiable attirance envers la jeune duchesse, telle une victime d'un puissant filtre d'amour.

Et ce soir, comme une folie passagère, il avait décidé de l'emmener dans cette taverne où chacune de ses meilleures soirée avait sur trouver place. Et pis encore pour la jeune femme, les deux anges noirs de Vivonne allaient ce soir veiller sur lui et l'état de son foie. Pouvait-on trouver meilleurs compagnons pour une soirée au coeur de Paris, loin du brillant éclat de Versailles?!
-Vous connaissez monsieur le comte de Froulay, n'est-ce pas, lui demanda-t-il en poussant la porte de la taverne pour la laisser passer? Il sera accompagné de son bon ami...un anglais, cela arrive. Monsieur le duc de Richmond, un cousin du roi. Il l'emmena doucement vers la table réservée tout en baissant la voix. Je vous avais dit que cet endroit ne recevait que des invités de marque! Ah Froulay, s'exclama-t-il soudain en apercevant le comte! Permettez-moi de vous présenter: mademoiselle de Longueville, voici monsieur de Froulay, mon excellent ami depuis cette terrible bataille de Valenciennes contre ce crét....contre votre oncle, se rattrapa-t-il précipitamment! Il lui présenta un siège, s'assit à son tour sur un coin de chaise et héla la serveuse.
-4 pichets, car notre ami ne tardera pas, maintenant! Et il s'est marié à une bouteille qu'il ne peut tromper!

Quelques minutes plus tard, les trois amis, verres à la main, conversaient joyeusement, mêlant Gabrielle à leurs discussions.
-J’avoue ne pas avoir immédiatement voulu croire Vivonne lorsqu’il nous a annoncé qu’il comptait sur votre présence ce soir, lança Froulay à la jeune Longueville! Comment a-t-il réussi à vous convaincre de nous suivre ?
Sa main s'abattit sur l'épaule de Vivonne qui s'étouffa dans son verre. Comment l'avait-il convaincue?
-Boaf, souffla-t-il dans sa barbe sans relever les yeux! L'affaire était bien vaste!



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« Le luxe n'est pas un plaisir
Mais le plaisir est un luxe. »





*N'ouvrez ce spoiler que si vous ne croyez plus en la crédibilité de Vivonne.*
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MessageSujet: Re: Very Bad Trip   02.09.12 21:10

- Madame, madame, vous devez vous réveiller, vous allez manquer le lever de la reine !
- Quand donc ai-je été conviée au lever de la reine ? Marmonna Gabrielle de Longueville de fort méchante humeur.
Il fallait dire que son crâne lui faisait mal et qu'elle avait sentit poindre une migraine dès que cette petite idiote de chambrière avait ouvert en grand les rideaux sur un soleil éclatant. Gabrielle n'avait aucune envie de se rendre dans les appartements surchauffés de la souveraine, dans lesquels ne se trouvaient que des ennuyeux mais en tant que princesse du sang, elle se devait d'y assister. A l'idée qu'aucune excuse ne lui permettrait d'y échapper, elle poussa un gémissement et enfouit sa tête dans l'oreiller. Mais impitoyable, une main vint la secouer.
- Madame ! Vous n'êtes pourtant pas rentrée tard hier soir. Le duc de Vivonne vous aurait-il fait boire ?
Il n'y avait bien que Perrine pour poser ce genre de questions impertinentes. Gabrielle se redressa, furieuse que l'on puisse croire qu'elle ne savait pas se tenir et claqua dans ses mains pour commander à ses domestiques de l'habiller. Elle avait un retard incroyable, aussi tout le monde tournoya autour d'elle pendant quelques minutes (ce qui n'arrangea pas son mal de tête) avant de la pousser dans les couloirs de Versailles. Toute princesse qu'elle était, elle courut jusqu'à la chambre de la reine et arriva juste à temps. Pendant le protocole, la jeune femme se prit à songer à la soirée de la veille. Certes, elle avait un peu bu mais rien de bien grave, elle était partie avant les autres invités du duc de Vivonne. D'après ses souvenirs, elle avait même marqué un certain nombre de points pendant cette soirée. Elle n'aurait plus qu'à récolter les fruits de ce qu'elle avait semé.
Au sortir de la chambre, elle distingua la silhouette du comte de Froulay et s'approcha pour le saluer mais celui-ci paraissait fort pressé. Il ne semblait pas que pressé, d'ailleurs. Il avait les traits tirés, d'énormes cernes et paraissait presque... ébouriffé. Avait-il seulement fermé l’œil de la nuit ?
- Savez-vous ce qui se dit ? Racontait une dame avec excitation près d'elle, le duc de Vivonne... Il n'était pas présent au lever du roi... Avez-vous vu quelque chose de plus scandaleux ?
Gabrielle ralentit le pas. Que s'était-il donc passé pendant la nuit ? Qu'était-il plus important que de se montrer à Louis XIV ? Pire... Dans quoi avait-elle mis les pieds hier soir ?
Pourtant, tout avait commencé de la meilleure des façons.

***

- Allez mademoiselle, je vous promets que cette soirée sera enchanteresse ! J'y ai déjà emmené un ami à moi qui déteste le public...et il m'en parle à nouveau chaque jour, ce sacré Langremont ! Ne faites donc pas la timide...et si vous craignez quelques hommes peu recommandables, je serais là, ne vous inquiétez de rien !
Gabrielle se retint de lever les yeux au ciel et accepta sans protester de suivre Louis de Mortemart hors du carrosse. Elle n'avait pas l'habitude de se promener dans Paris alors que le jour tombait, c'était bien le cas de le dire, mais cette nouvelle expérience était bien trop tentante. Non qu'elle n'ait jamais rêvé de se mêler à la clientèle d'une taverne, sa perplexité à cette idée n'avait pas manqué à Vivonne. Elle voyait là plutôt une manière de tester le succès de son entreprise. Et puis, la soirée ne pouvait pas être désagréable avec un homme aussi charmeur et séducteur que lui.
- Je vous fais entièrement confiance, monsieur, minauda-t-elle, les yeux brillants, au moins, vous ne manquez pas d'originalité. Je pourrais dire que vous êtes le premier à me faire... Ce genre de proposition, continua-t-elle avec un léger clin d’œil.
Il fallait bien dire que ça sentait presque le souffle de l'aventure, toutes proportions gardées. C'en était presque dommage que l'endroit fut si bien fréquenté, un simple regard à l'intérieur de l'endroit avait suffi à Gabrielle pour s'en convaincre, une bagarre aurait été terriblement amusante. Vivonne, tout en continuant à babiller, l'amena jusqu'à une table où patientait un autre homme dont elle connaissait fort bien le visage à défaut de ne lui avoir jamais adressé la parole. Aymeric de Froulay dont la mère était une amie d'Anne-Geneviève de Longueville. Accessoirement l'un des meilleurs amis du roi.
- Voici monsieur de Froulay, mon excellent ami depuis cette terrible bataille de Valenciennes contre ce crét....contre votre oncle.
Gabrielle haussa un sourcil mais ne le reprit pas, malgré son envie de lui renvoyer son mépris à la figure. Vivonne serait bien trop utile pour se fâcher tout de suite avec lui. Ils furent bientôt rejoints par le duc de Richmond, le propre cousin du roi d'Angleterre. Difficile de croire que ces gens si bien nés puissent passer du temps de ce genre de lieux assez minables. Mais si Gabrielle n'en pensait pas moins, le sourire qu'elle arborait était large et presque naturel. Avec Vivonne, Froulay et Richmond devant elle... Il y avait de quoi s'amuser ! A leurs dépens, bien sûr.
- Dites-moi, mademoiselle, demanda le comte dont on pouvait saluer l'effort qu'il faisait pour l'intégrer, est-ce la première fois que l’on vous voit dans l’un de ces troquets ? J’avoue ne pas avoir immédiatement voulu croire Vivonne lorsqu’il nous a annoncé qu’il comptait sur votre présence ce soir ! Comment a-t-il réussi à vous convaincre de nous suivre ?
Gabrielle prit une gorgée de la boisson que l'on avait commandée pour elle avant de répondre. Pendant cette seconde, tout un tas de raisons défilèrent dans son esprit dont les principales tournaient autour de la main de l'ombre. Par exemple, Vivonne et Froulay étaient les meilleurs amis de Louis XIV, des membres du Conseil, informés des prochains mouvements de guerre notamment. Richmond, si elle n'avait pas prévu sa présence, n'était pas plus négligeable en tant qu'époux de cette pauvre Rebecca de Richmond, laquelle lui avait demandé de la débarrasser de son mari. Si au début, elle ne cherchait qu'à séduire Mortemart en lui laissant croire qu'il avait une chance de s'en faire sa maîtresse et en ne protestant pas contre ses tentatives de rapprochement, les trois hommes présents et qui commençaient à s'aviner méthodiquement étaient des cibles de premier choix. Si elle n'obtenait pas d'informations ce soir... Ce ne serait que partie remise, il suffisait de leur plaire suffisamment.
Évidemment avouer à vos amis d'un soir que vous cherchez à les manipuler n'est pas forcément la meilleure réponse si on vous demande la raison de votre présence, aussi Gabrielle répliqua-t-elle d'un ton faussement ennuyé :
- J'avoue n'être jamais venue mais je me suis faite enlevée par monsieur de Vivonne à mon grand désespoir. J'ai bien cherché à protester mais il m'a répondu qu'une prisonnière n'avait aucun droit sur son sort.
Elle coula un regard discret envers Vivonne et continua de manière badine :
- De toute façon, si l'on oublie la décoration de mauvais goût, on pourrait presque se croire dans le meilleur salon parisien ou mieux encore à Versailles. J'espère juste que l'invitation de Louis ne vous ennuie pas trop, je m'en voudrais de gâcher votre soirée.
La duchesse s'efforça de lancer la conversation sur un autre terrain et se tourna vers l'Anglais :
- Et bien, monsieur, vous avez raison de profiter de vos dernière semaines parmi nous, j'ai cru comprendre que certaines hostilités allaient être lancées. Mais pardonnez-moi si je suis maladroite, je ne connais guère les choses de la guerre. Je ne la souhaite pas, que ferions-nous, nous autres, si vous nous quittez ?
Nouveau regard appuyé et presque tremblant du côté de Vivonne.
- Jouons-nous, messieurs ? Continua-t-elle en changeant de sujet et en retrouvant une légèreté qui convenait mieux aux circonstances mais non à sa petite enquête (il important de donner le change). Je n'ai que l'expérience de la table de jeu de Madame, plaisanta-t-elle en reprenant les mots du duc, mais je pense que je pourrais me défendre.
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Côté Coeur: Cela peut vous paraître étrange mais j'en ai un. Il est bien caché, je le réserve à qui m'aimera vraiment. Et pour mes enfants.
Côté Lit: Vous voulez une liste ? Ce sera même un recueil !
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ϟ TURN OUT THE LIGHT ϟ
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MessageSujet: Re: Very Bad Trip   03.09.12 0:01


« Trop boire noie la mémoire. »
La tête était lourde, le cerveau était comme dans du coton, de la brume et la joue écrasée contre une surface dure. Une voix se faisait entendre, comme un lointain écho, une voix à des kilomètres alors que Morgan commençait à se réveiller. Ses paupières semblaient peser des tonnes tant il peinait à les ouvrir. Tout était assez flou, l'anglais ne savait pas où il se trouvait mais la lumière l'aveuglait et aussitôt il referma les yeux. La voix s'était rapprochée mais pas assez pour comprendre ce qu'elle disait, ni même à quel sexe elle appartenait. Incapable du moindre mouvement à cause du corps ankylosé, il mit bien quelques minutes avant d'avoir assez de force pour juste ouvrir la bouche et prononcer son premier mot du jour :

« Bryan ? »

La voix était morne dans un bouche pâteuse et désagréable, d'ailleurs la mine de dégoût qu'il arborait à ce moment là le confirmait. Puis il sentit une main se poser sur son épaule et le secouer légèrement. La voix se fit à portée d'oreille, enfin.

« Monsieur ? Il faut vous lever … »

Plissant les yeux, Morgan peinait à reconnaître la silhouette à côté de lui, juste savoir qu'il s'agissait d'une femme. Puis avec une lenteur infinie, ses deux mains se posèrent sur la surface plane et dure où gisait sa tête et il se redressa tout doucement avant de se rendre compte qu'il avait dormi assis sur une chaise et sa tête sur la table. Sa joue en avait même les stries du bois, sa tête tournait toujours et il avait mal dans tout le haut du corps.

« Where … où suis-je ? »
« Au même endroit qu'hier avec vos amis, vous vous êtes endormis à un moment. »
« Et où ils sont ? »
« Partis, monsieur. Sans payer. »

Ah ? Bon, il fouilla tant bien que mal sur lui avant de mettre la main sur sa petite fortune, sa petite bourse à pièces d'or pour la lui tendre. Cela devait bien suffire bien que la serveuse fut sceptique, comme si cela n'était pas suffisant. Ils n'avaient pas bu autant, si ? Enfin, elle n'insista pas, voyant l'état pitoyable de l'anglais, marqué au visage, tout débraillé et les cheveux en bataille, sans oublier les cernes sous les yeux injectés de sang et le teint bien blanc, on aurait dit un fou !

Oh mon dieu, sa tête ! Il avait l'impression qu'elle allait exploser ! Le Stuart la prit entre ses mains quelques instants puis après avoir soupiré longuement, fini l'infini effort de se lever, manqua d'écraser une poule qui se baladait là et de se rendre vers la sortie, non sans être ébloui par la lueur du jour et tituber comme un soulard. Paris, en matinée et avec la gueule de bois, il ne reconnaissait rien. Mais qu'est ce qu'il avait bien pu faire hier soir pour se retrouver à dormir dans une taverne ?
________

« Bien le bonsoir mes amis. Mademoiselle, mes hommages. Vivonne nous avait prévenu mais j'avais bien du mal à croire qu'une demoiselle de votre rang soit des nôtres, un grand honneur assurément ! »

Morgan avait le ton guilleret avait salué bien bas Gabrielle de Longueville qui était des leurs de ce soir. Vivonne était un curieux personnage pour avoir emmené la duchesse de Longueville dans une taverne parisienne mais cela était une grande aventure et la soirée ne manquerait pas de piquant ! Il y avait à cette table, quatre grandes personnalités qui n'étaient pas sortis du ruisseau : le meilleur ami du roi issu d'une famille remontée aux confins de l'histoire, l'autre meilleur ami du roi et maréchal des logis, une princesse de sang aux familles les plus illustres et le cousin du roi d'Angleterre, rien que cela ! A croire que Versailles aimait s'exporter dans Paris pour s'encanailler un petit peu. Si c'était une habitude pour les trois compères, assurément c'était une première pour Gabrielle qui expliquait le pourquoi de sa venue parmi eux. Une présence féminine aussi belle ne se refusait pas, assurément. D'ailleurs cette dernière engagea la conversation avec lui.

« Et bien, monsieur, vous avez raison de profiter de vos dernière semaines parmi nous, j'ai cru comprendre que certaines hostilités allaient être lancées. Mais pardonnez-moi si je suis maladroite, je ne connais guère les choses de la guerre. Je ne la souhaite pas, que ferions-nous, nous autres, si vous nous quittez ? »
« Et que ferais-je, loin de vous ? Certes, mademoiselle, je dois rejoindre les rangs ennemis d'ici quelques semaines, entre de tristes germaniques et des espagnols engoncés dans leur religion. Rien de bien réjouissants, je profite donc de ma vie versaillaise jusqu'à l'ultimatum de mon cousin le roi. Mais en attendons buvons à cette soirée que j'espère mémorable ! »


Et joignant le geste à la parole, Morgan leva son verra suivi du reste de la table. Quant à la soirée mémorable … ils vont être gâtés, chacun de leur côté ! Mais en attendant, place au jeu :

« Jouons-nous, messieurs ? Je n'ai que l'expérience de la table de jeu de Madame, mais je pense que je pourrais me défendre. »
« Vous avez été à bonne enseigne, ma cousine est une bonne joueuse ! Meilleure que son époux … »


Il fit signe à la serveuse de venir et de leur apporter un paquet de cartes. S'il y avait un bon joueur, c'était bien Morgan. Il faut dire qu'en sillonnant l'Europe, il en avait vu des jeux et il fallait bien tuer le temps en exil, surtout en hiver où l'on sort peu. Encore s'il avait pu chasser le caribou … Enfin les cartes c'est bien aussi !

« Je vous laisse le choix du jeu, si vous préférez le hasard d'un pharaon, un simple brelan ou whist ou si nous nous laissions plumer au qui-perd-gagne du réversi. »

En attendant de savoir le choix du jeu, Morgan commanda à nouveau à boire pour toute la table. S'ils commençaient ainsi à boire, ils allaient faire la fortune du coin … ou pas.

______________________

I've lost a lot a in this game. Another everyday face with no name, I'm not selling misery, so would you stay around with me. I know that you are afraid, the traces of war linger on my face but I'm not selling misery, maybe some day I'll feel home again.


Born to be a Stuart:
 


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MessageSujet: Re: Very Bad Trip   28.09.12 0:56

Faire découvrir à la duchesse de Longueville les joies des nuits parisienne, une mauvaise idée ? Allons bon, il ne pouvait assurément rien arriver lui arriver ! N’avait-elle pas pour compagnons trois gentilshommes de la plus belle eau, habitués qui plus est aux hasards de ces soirées parfois agitées ? Vivonne, Richmond et Froulay, sauraient prendre soin de la demoiselle si le besoin s’en faisait sentir (et ce malgré l’alcool... ou du moins jusqu’à un certain point) et Aymeric avait d’autant plus confiance qu’il savait son loyal Gabriel dans les parages, et ne doutait pas un instant qu’il pût prévenir tout problème s’il s’en présentait un. Le seul véritable risque à courir ce soir était celui de s’aviner plus que de raison. Un risque que l’homme raisonnable qu’était le comte n’avait pas l’intention de courir et pensait négligeable. En cela, il ignorait à quel point il se trompait.

Car pour l’heure, rien ne semblait présager l’issue pour le moins désagréable de la soirée, égayée qui plus est par l’invitée de Vivonne qui manqua cependant de faire preuve de peu d’élégance en évoquant ce cher Condé. Aymeric, qui dissimula habilement un rictus amusé, partageant l'inimitié de son ami, s’empressa de détourner la conversation sur la présence incongrue de Gabrielle à leurs côtés. Il est vrai que jamais il n’aurait imaginé que Louis pût la convaincre de les suivre. L’on connaissait la réputation des deux compères à la Cour, et celle de Richmond, qui arriva sur ces entrefaites, avait largement dépassé les frontières anglaises. Aymeric connaissait peu de duchesses assez aventureuses pour les accompagner, bien que leurs exploits se soient considérablement espacés ces quelques dernières années.

« J'avoue n'être jamais venue mais je me suis faite enlevée par monsieur de Vivonne à mon grand désespoir, plaisanta Gabrielle en coulant un regard vers l’intéressé. J'ai bien cherché à protester mais il m'a répondu qu'une prisonnière n'avait aucun droit sur son sort.
- Ah, Vivonne, quelle indélicatesse ! lança Froulay en attrapant sa chope.
- De toute façon, si l'on oublie la décoration de mauvais goût, on pourrait presque se croire dans le meilleur salon parisien ou mieux encore à Versailles. J'espère juste que l'invitation de Louis ne vous ennuie pas trop, je m'en voudrais de gâcher votre soirée. »
Les trois hommes se répandirent en protestations, arguant que sa présence ne gâchait rien, bien au contraire - en bons gentilshommes qu’ils étaient. Il fallait en effet admettre que Gabrielle de Longueville ajoutait un... charme nouveau à cette petite sortie. Un charme venimeux, mais là encore, tous trois n’en avaient pas la moindre idée. Et très honnêtement, ça n’était pas ce soir qu’ils auraient ne serait-ce qu’une infime chance de deviner les desseins de la duchesse - qui, eux, auraient plutôt été de nature à gâcher la fête...

« Et bien, monsieur, reprit la jeune femme en question en se tournant vers Richmond, vous avez raison de profiter de vos dernière semaines parmi nous, j'ai cru comprendre que certaines hostilités allaient être lancées. Mais pardonnez-moi si je suis maladroite, je ne connais guère les choses de la guerre. Je ne la souhaite pas, que ferions-nous, nous autres, si vous nous quittez ?
- Et que ferais-je, loin de vous ? Certes, mademoiselle, je dois rejoindre les rangs ennemis d'ici quelques semaines, entre de tristes germaniques et des espagnols engoncés dans leur religion. Rien de bien réjouissants, je profite donc de ma vie versaillaise jusqu'à l'ultimatum de mon cousin le roi. Mais en attendons buvons à cette soirée que j'espère mémorable ! »
A ces mots, bras et chopes se levèrent comme un seul homme - ou verre - et trinquèrent joyeusement à cette nuit, mémorable en effet, mais peut-être pas au sens où ils l’entendaient alors.
« Jouons-nous, messieurs ? proposa Gabrielle. Je n'ai que l'expérience de la table de jeu de Madame, mais je pense que je pourrais me défendre. 
« Vous avez été à bonne enseigne, ma cousine est une bonne joueuse ! Meilleure que son époux... rétorqua Richmond, tirant un rire enjoué à Aymeric.
- Hélas, c’est un talent que l’on doit reconnaître aux Anglais, lança le comte. Les cartes sont de leur côté. Prenez garde, mademoiselle, celui-ci maîtrise diablement bien son art, et serait capable de vous ruiner en un tour ! Vivonne sait de quoi je parle... ! »

Là dessus, il s’enfonça dans sa chaise et termina tranquillement sa boisson alors que Morgan énumérait les jeux possibles.
« Je vous laisse le choix du jeu, si vous préférez le hasard d'un pharaon, un simple brelan ou whist ou si nous nous laissions plumer au qui-perd-gagne du réversi. 
- Honneur aux dames, répondit Aymeric que la chose laissait indifférent. Ou au dernier perdant en date. »
Un sourire étira ses lèvres, et il laissa ses compagnons d’un soir débattre de la partir à disputer en promenant son regard sur le reste des clients. Un bien bel échantillon pour une taverne parisienne, l’endroit n’était définitivement pas mal famé. Quelques courtisans qui ne lui étaient pas inconnus se trouvaient là, mais en habitués, ne se préoccupaient pas du reste du monde. Deux hommes, dans un coin, discutaient à voix basse. Les manteaux dissimulant leurs traits leur conféraient des airs de conspirateurs qui attirèrent un instant la curiosité d’Aymeric, bien vite rappelé à ce qui se passait à la table.
Une demoiselle ramena sur un plateau un jeu de cartes et quatre verre, préalablement commandés par Richmond. En voilà un qui ne perdait pas le nord lorsqu’il s’agissait de boire !
« Eh bien, que décidons-nous ? demanda le comte alors que les cartes étaient distribuées. Il attendit la réponse, un sourire amusé aux lèvres, puis reprit la parole. Parfait. Vivonne, je compte sur vous : nous ne pouvons laisser l’Anglais nous battre sous les yeux de mademoiselle ! »

Et là-dessus, la partie put commencer, les tours accompagnant les chopes avec une régularité à toute épreuve, jusqu’à ce que n’arrive le moment où le jeu cessa de tourner rond. Etrangement, ce fut ce moment que choisit la duchesse pour tirer sa révérence, visiblement plus joyeuse que d’ordinaire, laissant les trois amis à leurs cartes et leurs bouteilles.
« Ce fut un plaisir, mademoiselle ! lança Aymeric en se levant. »
Sans doute est-ce à cet instant précis de la soirée que les trois hommes restant auraient pu avoir une chance d’envisager avant qu’ils ne se produisent les évènements qui devaient marquer la suite de la soirée. Mais plutôt que de se séparer à leur tour, le meilleur ami du roi, son lieutenant général et l’ambassadeur anglais commandèrent de plus belle, songeant sans doute qu’il s’agissait là de la dernière pinte. Et ainsi en fut-il de la seconde, de la troisième, et de toutes les suivantes... de sorte que les heures passèrent que sans qu’ils ne songent plus à rentrer.

Il ne restait plus grand monde dans la taverne, si ce n’est quelques groupes parfois aussi enivrés que les trois compères, lorsqu’Aymeric leva soudain la tête de sa chope, rattrapé par un souvenir qui l’amusait visiblement beaucoup, à en voir le drôle de rictus qui tordait ses lèvres.
« Vivonne... dites-moi : quelle était cette chanson que braillaient ces marins il y a quelques jours ? Je suis absolument certain que notre ami la trouverait fort à son goût ! lança-t-il entre deux gorgée en abattant sa main sur l’épaule de Morgan. Un chant ma foi fort juste... ajouta-t-il. »
... Et la débauche fut.
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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Tout vient à point à qui sait attendre
Côté Lit: Mon épouse essentiellement, Bianca surtout, puis des fées et bien d'autres jolis visages auxquels je ne peux résister.
Discours royal:



• Je touche au coeur •
Elles coulent à pique.

Âge : 30 ans
Titre : Bestih de Loulou et de Riri et duc de Vivonne, général des Galères royales
Missives : 334
Date d'inscription : 13/09/2011


MessageSujet: Re: Very Bad Trip   05.12.12 17:52

-Ah, Vivonne, quelle indélicatesse ! lança Froulay en attrapant sa chope.
-Il faut guérir le mal par le mâle, répondit simple Vivonne amusé.

-Bien le bonsoir mes amis, lança Richmond qui les rejoignait tout juste! Mademoiselle, mes hommages. Vivonne nous avait prévenu mais j'avais bien du mal à croire qu'une demoiselle de votre rang soit des nôtres, un grand honneur assurément !
-Personne ne me croit jamais, sinon le roi! Depuis septembre, il me sait capable de tout, lâcha Vivonne en levant un sourcil fier! Asseyez-vous, Richmond et goûtez ce délicieux vin de Loire que j’ai recommandé à ce brave Mr Desloges!

Il servi une rasade à l’anglais qui commença à boire, alors qu’assis auprès de la jeune et délicieuse Longueville, il savourait ce petit instant. Elle était plus troublante que Bianca ne l’était parfois, mais elle affichait le même regard teinté d’orgueil, la même moue sarcastique pourtant si adorable. Il songea un court instant à lier les deux femmes, mais l’idée était absolument mauvaise et à éviter.
Mais une seconde il ne songea à sa pauvre épouse délaissée ce soir-là. N’avait-elle pas jeu chez la favorite, d’ailleurs?
Il reporta toute son attention sur Gabrielle, lâchant un sourire un peu enfantin lorsqu’elle coula un regard noisette sur lui. Ah! Une perfection versaillaise!
-J'espère juste que l'invitation de Louis ne vous ennuie pas trop, je m'en voudrais de gâcher votre soirée.
-Mes amis n’oseraient jamais me reprocher cela, assura Vivonne, ou je garde pour moi les meilleures tables de Paris!
Il termina le verre qu’il s’était servi avant d’en reprendre un second...ou peut-être un troisième. Peut-être devait-il se méfier du nombre de coupes bues ce soir-là, mais étrangement, avoir une femme aussi attirante que Gabrielle de Longueville lui avait fait oublier une chose primordiale: il ne tenait pas l’alcool, plus habitué aux nuits sans sommeil qu’aux bains avinés.
Hélas.... car la duchesse posa un nouveau regard sur Louis, presque si désarmé qu’il l’aurait prise dans ses bras s’ils n’avaient été dans cette taverne, entourés de Richmond et de Froulay. Quoique ces deux-là étaient des tombes muettes sur ces affaires là!
-Je ne la souhaite pas, continua Gabrielle....que ferions-nous, nous autres, si vous nous quittez ?
-Vous continuerez à vous amuser, mais sans s’encanailler...Haem, c’est en effet une vision un peu effrayante, fit Vivonne d’un ton faussement ennuyé. Nous vous promettons de revenir bien vite, reprit-il en buvant à nouveau une gorgée de vin en lui lançant un regard équivoque. Il prit la main délicate de la jeune femme pour y déposer un baiser fugace. Et si je vous en fais la promesse, duchesse, seriez-vous plus rassurée? Vous avez là la parole d’un homme d’honneur!

Il trinqua avec ses deux comparses d’avinement, avant de terminer d’une rasade son verre, pour attraper une chope de bière.

-Jouons-nous, messieurs ? Je n'ai que l'expérience de la table de jeu de Madame, mais je pense que je pourrais me défendre, reprit-elle en changeant la conversation vers un sujet plus léger!
-Vous avez été à bonne enseigne, ma cousine est une bonne joueuse ! Meilleure que son époux...
-Prenez garde, mademoiselle, celui-ci maîtrise diablement bien son art, et serait capable de vous ruiner en un tour ! Vivonne sait de quoi je parle... !
-Chut, Froulay, il en avait oublié mes dettes! Et avec tout le respect que je porte à la plus grande gazette vivante de Versailles, Monsieur serait excellent joueur s’il passait moins de temps à se farder, répliqua Vivonne amusé! Ne répétez surtout pas ce que je viens de dire, reprit-il aussitôt en forçant le trait, nul ne sait que j’écoute les ragots de mon démon de soeur....et vous en seriez accusée, Gabrielle, ajouta-t-il en lançant un sourire gracieux à la jeune femme.

Morgan avait fait signe à la serveuse d’apporter un paquet de cartes. Peu adepte, Vivonne ne se défendait néanmoins pas si mal, mais face à Morgan, il n’avait presque aucune chance. En vérité, ce qui l’importait ce soir-là était bien plus de s’amuser avec deux de ses proches amis, et aux côtés d’une belle créature versaillaise, plutôt que de remporter une partie de cartes!
Attendant que Richmond batte les cartes, il resservi Froulay non sans jeter un regard sur la jeune femme. Il s’était toujours refusé de prendre plusieurs maîtresses, ceci étant réservé à ces “dom juan”, comme on les appelait depuis la pièces de Molière, qui allaient de couches en couches, oubliant le matin leurs conquêtes de la veille.
Louis adorait bien trop la gente féminine pour se montrer si cruelle et face aux cheveux d’or de Bianca....Ah! Que la nuit était cruelle et l’alcool si agréable ce soir!

-Vivonne, je compte sur vous : nous ne pouvons laisser l’Anglais nous battre sous les yeux de mademoiselle !
-Ah, soupira Vivonne en attrapant son jeu, si je perds, je me noie dans l’alcool pour oublier cette cruelle défaite...une fois de plus! Il ne croyait pas si bien dire... Et plus tard, Richmond, je vous noierai dans la Manche si vous vous montrez trop cruel ce soir, s’amusa-t-il.....il ne croyait cette fois pas si mal dire!!

Comme il l’avait prévu, Vivonne perdit tour à tour, mais toujours d’excellente humeur, à moins que l’alcool qu’il buvait sans compter avait un quelconque effet.
Bientôt, sur la table, s’alignaient bouteilles de vin, verres vides, pichets à moitié remplis et étouffant sous l’effet de l’alcool, Louis avait déserré sa cravate et ôté sa veste pour rester en veston. Il n’avait cessé de couler quelques regards brillants sur la jeune femme, qui devenait de plus en plus attirante au fur et à mesure des verres qui se vidaient. Elle-même ne semblait pas si innocente dans ce jeu des plaisirs, mais plus raisonnables qu’eux, elle profita d’une énième partie perdue par Vivonne pour les quitter.
-Ce fut un plaisir, mademoiselle ! lança Aymeric en se levant.
Etrangement, le corps de Louis refusa de se lever, mais il salua aussi gracieusement qu’il le pu la jeune femme qui, elle non plus, ne marchait pas d’un pas assuré.
-Ce qui s’est déroulé ici restera bien sûr dans ce merveilleux endroit, parvint-il à dire avant qu’elle ne quitte la taverne!

Ils auraient du partir à leur tour, aussi avinés qu’ils l’étaient, mais Bacchus est capricieux et avait décidé de lancer sûr eux ses satyres afin de les pousser à commander d’autres verres. Mr Desloges, le propriétaire des lieux, étaient d’un silence de mort sur chaque soirée que passaient ici ses clients, et fin connaisseur des meilleurs vins du pays, servaient les trois compères des bouteilles les plus raffinées.
A hommes délicats, palais délicats!
-Ah, c’est bien malheureux de se dire que dans quelques mois, nous serons sur nos propres galères, se tirant des boulets à vue, soupira Vivonne, affalé sur la table, le menton au creux de sa main. Il jeta un oeil à Morgan. Cela me fendra le coeur que de tenter de vous couler! Vous qui vous noyez si bien dans l’alcool sans mon aide!
Il termina un nouveau verre de vin et n’osant attaquer directement le goulot de la bouteille, se resservi une rasade, non sans en verser la moitié à côté.
-Promettons-nous de ne pas détruire le tabim...le bâtiment de l’autre si la malchance nous mène l’un contre l’autre, reprit-il..promesse d’ivresse sont de la plus grande maladresse!

Ce fut Froulay qui le tira de ces tristes pensées qui pouvaient presque le faire pleurer, si bourré qu’il l’était.
-Vivonne... dites-moi : quelle était cette chanson que braillaient ces marins il y a quelques jours ? Je suis absolument certain que notre ami la trouverait fort à son goût ! Un chant ma foi fort juste... ajouta-t-il.
Ce souvenir ne pu que réveiller Vivonne d’un coup qui se redressa, faisant signe à Desloges d’apporter une autre bouteille.
-Ah! merci de me réveiller! Combien de fois mes hommes me demandaient la permission de la chanter...les rustres! Sur un vanire...navire royal! Prenez la chope, Froulay! Et chantons pour l’Anteglerre qui, sauf notre ami Morgan, vaut bien moins que la France!

Et le plus grand ami du roi, futur général des Galères, capitaine de vaisseau, dont la famille n’avait plus à s’illustrer, leva sa chope et lâcha les premières notes du chant marin, aussitôt suivi par les quelques ivrognes et noctambules qui restaient là.
-Buvons un coup la-la buvons en deux, à la santé des amoureeeeeux! A la santé du roi de Fraaaaanceuh, et MERDE pour le roi d’Angleterre, qui nous a déclaré la gueeeerre!!
Il frappa sa chope dans celle de Froulay, éclatant de rire, alors que le chant se poursuivait dans la taverne, reprise par Desloges et ses serveurs.

Brillante. Brillante soirée.

______________________


« Le luxe n'est pas un plaisir
Mais le plaisir est un luxe. »





*N'ouvrez ce spoiler que si vous ne croyez plus en la crédibilité de Vivonne.*
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Very Bad Trip   06.12.12 1:05

Gabrielle de Longueville n'avait guère de raison de se plaindre de la compagnie qu'on lui infligeait ce soir-là. Deux amis proches du roi de France et un cousin du roi d'Angleterre, il fallait bien avouer qu'il y avait pire comme genre de rencontre, surtout dans de tels tripots... Et la conversation tournait autour d'une partie d'un jeu de cartes – et particulièrement autour de la question du choix du jeu ! Il y avait de quoi être vraiment frustré quand on avait les objectifs de la duchesse ! Mais les hommes étaient clairement venus là dans le but de s'amuser et elle ne tenait pas à avoir l'air suspecte dès leur première prise de contact. Car c'était bien pour cela qu'elle était là ce soir-là, non pour leur arracher des informations, cela ne viendrait qu'en deuxième temps, quand elle aurait gagné leur confiance. Il suffisait de jeter des regards en direction de Mortemart pour s'en assurer. Gabrielle connaissait assez bien l'épouse de celui-ci – Antoinette de Mesmes était tout à fait charmante par ailleurs comme le montrait sa familiarité avec les bonnes adresses d'empoisonneuses à Paris – pour savoir que les femmes le perdraient un jour. Et elle se proposait d'être celle qui y parviendrait. Les jeux dangereux étaient toujours ceux qui attiraient le plus. A intervalles réguliers, elle lui lançait des sourires en coin et n'hésita pas à plusieurs reprises au cours du jeu à laisser croire qu'elle était assez emportée dans le jeu pour toucher la paume du jeune homme en posant ses cartes et à chaque fois, elle ôtait sa main en piquant un fard... Feint lui aussi. Cela était tellement facile que l'amusement en aurait été ôté si l'alcool ne l'aidait pas à se sentir fort joyeuse. Elle ignorait ce qu'on lui avait servi mais il était certain que ce n'était pas de la mauvaise qualité – après tout, ils étaient des habitués. Elle qui n'avait pas pour habitude de boire sentit la tête lui tourner assez vite. Mais les verres s'accumulaient, se vidaient plus vite qu'il ne fallait pour le dire comme une danse savamment orchestrée dont elle n'aurait pu se retirer sans en briser l'ensemble. La seule chose que Gabrielle retenait et se répétait comme une devise : « Il faut plaire ». Et bien elle se montra pleine d'esprit et de bonne humeur. Nul doute que Molière aurait pu la prendre dans sa troupe pour montrer tant d'abnégation à jouer son rôle !

Au bout d'une nouvelle partie gagnée par le duc de Richmond, la jeune femme jeta ses cartes devant elle, d'un geste dépité et elle ne put s'empêcher de s'exclamer avec un ton qui se voulait désappointé :
- Allons, messieurs, nous ne faisons pas honneur à la France, je crois bien que je vais abandonner là. Quelques heures encore et j'aurais livré ma charge, mon hôtel et mon frère en prime pour payer mes dettes !
Et ma mission pour ce soir est terminée, faillit-elle ajouter mais malgré toutes les boissons qui s'étaient enchaînées, elle gardait l'esprit assez clair pour ne pas se vendre d'une manière aussi ridicule. En fait de conscience, elle se pinça les joues au bon moment. Et en effet, elle avait réussi à rentrer dans ce cercle de jeu, à rire avec ses cibles et à assez flatter Vivonne pour qu'il puisse penser qu'elle était réellement intéressée. Il était temps de rentrer avant que cela ne se termine mal. Dieu seul savait ce qui pourrait bien lui arriver avec encore plus d'alcool dans le sang ! Sans compter qu'elle était attendue à Versailles le lendemain matin et qu'elle allait devoir voyager de nuit... Elle se releva donc, sentant quelques vertiges s'emparer d'elle mais ils s'évanouirent rapidement.
- Après toutes ces victoires, monsieur de Richmond, j'ose espérer que vous laisserez à messieurs de Froulay et de Vivonne leur revanche lors de la guerre, vous leur devez bien ça ! Plaisanta-t-elle.
- Ce fut un plaisir, mademoiselle ! La salua Aymeric de Froulay, en se relevant poliment.
- Tout le plaisir était pour moi, vraiment, protesta Gabrielle en leur adressant un sourire taquin avant de continuer en hochant la tête à chaque nom, monsieur de Froulay, monsieur de Richmond, j'espère avoir l'occasion de vous revoir, votre compagnie fut des plus agréables... Monsieur de Vivonne...
Avant de sortir – péniblement – de l'hôtel, elle s'approcha doucement du duc qui était resté collé à sa chaise, sans doute déjà trop alcoolisé pour pouvoir faire plus que lever des yeux brillants sur elle :
- Ce qui s’est déroulé ici restera bien sûr dans ce merveilleux endroit, lui balbutia le jeune homme.
- Vous avez tort, Louis, certaines choses ne pourront pas rester ici, j'en suis certaine, répliqua Gabrielle en haussant les sourcils, sans savoir qu'elle ne se trompait pas – même si elle ne pensait pas à cela -, n'oubliez pas que vous m'avez fait la promesse de revenir vite. Je n'oublie pas ce genre de choses.
Cette fois-ci, elle prit délibérément sa paume, la serra dans la sienne en un geste d'affection puis après lui avoir lancé un dernier regard langoureux, d'autant plus facile qu'en début de soirée, et avoir salué une dernière fois ses compagnons, elle s'éloigna, non sans avoir une démarche peu assurée.

Elle l'ignorait encore mais elle était partie au bon moment.



***

Elle avait beau avoir renoncé bien plus tôt que ses compagnons improvisés de soirée, la duchesse de Longueville n'avait clairement pas passé assez d'heures dans son lit et elle résistait tant bien que mal à l'envie de bailler ou de se frotter les yeux, et ce n'était pas la cérémonie fastidieuse chez la reine qui l'avait réveillée, au contraire. Alors qu'Aymeric de Froulay, l'air contrarié, s'éloignait à grandes enjambées, elle fut brusquement tirée de ses idées (qui avaient toutes pour objet un remède contre le mal de crâne ou des couvertures) par une dame de la maison de la reine, une de ces duègnes qui se donnait des airs tragiques à se vêtir uniquement de noir et dont le nom et le prénom échappèrent au pauvre esprit malmené de Gabrielle mais qui ressemblaient vaguement à quelque chose comme Rotruda. Cette espèce de chauve-souris géante s'était approchée d'elle avec une mine de conspiratrice :
- Avez-vous entendu dire que monsieur de Vivonne n'était point là au lever du roi ? Tout duc qu'il est, le roi risque d'être très en colère... Soupçonnez-vous les raisons d'un tel manquement, mademoiselle ?
Gabrielle se força à ne pas lever les yeux au ciel tout en se demandant pourquoi ce genre de question – à laquelle, elle avait bien un début de réponse tombait sur elle :
- Je l'ignore, hélas... Mais connaissant le roi, je peux vous dire que monsieur le duc a tout intérêt à se montrer crédible.



Fin de ce topic crédible-et-utile pour Gabie PTDR
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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Cela peut vous paraître étrange mais j'en ai un. Il est bien caché, je le réserve à qui m'aimera vraiment. Et pour mes enfants.
Côté Lit: Vous voulez une liste ? Ce sera même un recueil !
Discours royal:



ϟ TURN OUT THE LIGHT ϟ
show me your dark side

Âge : 30 ans
Titre : Duc de Richmond, de Lennox, de Gloucester, Comte de March, cousin de Charles II d'Angleterre
Missives : 715
Date d'inscription : 15/02/2012


MessageSujet: Re: Very Bad Trip   07.12.12 15:45

Vivonne, je compte sur vous : nous ne pouvons laisser l’Anglais nous battre sous les yeux de mademoiselle !
Ah, si je perds, je me noie dans l’alcool pour oublier cette cruelle défaite...une fois de plus! Et plus tard, Richmond, je vous noierai dans la Manche si vous vous montrez trop cruel ce soir !
Pari retenu ! Il ne faut jamais lancer de défi à un anglais, nous aimons trop les paris ! s'amusa Richmond avec un large sourire sur les lèvres. Mais mon ami, encore faut-il que votre flotte soit à la hauteur de la mienne !

Il faut dire qu'en quatorze ans d'exil, il avait fallu s'occuper, trouver des paliers à l'ennui et puisqu'il ne pouvait pas chasser jour et nuit et n'était pas un séducteur à l'époque, Morgan s'était entraîné au tir et aux cartes. Pour dire, à Londres on pouvait voir les yeux se lever lorsqu'il s'asseyait à une table, et il avait pour réputation d'être le meilleur tireur d'Angleterre. Autant dire que Richmond avec des cartes en main et avec ce sourire sur les lèvres n'annonçait rien de bon à ses congénères. Même s'il y avait une jolie demoiselle à leur table, son goût du jeu ne pouvait pas aller de pair avec celui du gentleman. Il pouvait bien limiter les pertes de Gabrielle de Longueville mais il n'épargnerait rien à ses deux amis, il n'était pas bonne poire à ce point là ! Et voici que le jeu qui commençait. Les parties s'enchaînaient à la vitesse que les verres se vidaient et Richmond avait souvent la main levée pour qu'on les resserve, quand ce n'était pas Vivonne qui faisait ce geste. Et jouer avec la tête embrumée, le cerveau flottant sur une rivière d'alcool, il était difficile de jouer, peut être davantage pour ses camarades puis le tas de gains s'amoncelait devant l'anglais dont le sourire fier illuminait son visage. La plus sage finalement fut la dame de la table :

Allons, messieurs, nous ne faisons pas honneur à la France, je crois bien que je vais abandonner là. Quelques heures encore et j'aurais livré ma charge, mon hôtel et mon frère en prime pour payer mes dettes !
Oh mademoiselle, je n'aurais osé vous dépouiller de la sorte et ces messieurs se seraient bien sacrifiés à votre place. Mais permettez moi duchesse de vous dire que vous fûtes une remarquable adversaire, cela fut un plaisir.

Se levant de sa chaise pour saluer avec respect Gabrielle qui les quittaient bien trop tôt à son goût, Morgan ne put que remarquer les regards échangés entre la Longueville et son ami Vivonne qui avait un air un peu niais. Et voici la seule demoiselle de la soirée quittant la table, laissant les trois compères livrés à eux même et à leurs verres d'alcool, ce qui n'annonçait jamais bon signe, il fallait l'avouer. S'ils avaient été sages, eux aussi seraient partis tant qu'il était encore temps. Mais c'était bien mal les connaître, puis Vivonne – qui ne tenait pas l'alcool – était capable de tout et n'importe quoi ! Une exemple ?

Ah, c’est bien malheureux de se dire que dans quelques mois, nous serons sur nos propres galères, se tirant des boulets à vu. Cela me fendra le cœur que de tenter de vous couler! Vous qui vous noyez si bien dans l’alcool sans mon aide!
J'ai l'avantage de savoir nager mon cher … C'est vous qui devriez faire attention à votre bateau ! sourit doucement Morgan, qui ne voulait pas vraiment penser à la guerre.
Promettons-nous de ne pas détruire le tabim...le bâtiment de l’autre si la malchance nous mène l’un contre l’autre …

Morgan lui serra la main en guise de pacte. Autant dire que la poignée de main fut assez molle vu l'alcool ingurgitée mais elle était là.

[navy]Par contre, je vous accorde volontiers de détruitre le bateau d'un certain Somerset … Vous le reconnaîtrez, il est un idiot … Et vous Froulay ! [/navy] Il se tourna vers l'autre français en détachant sa main de Vivonne. [navy]Si par malheur, nous sommes sur le même champ de bataille, épargnons nous pour notre amitié ! …. D'accord ? [/color]

Les pactes alcoolisés n'étaient pas souvent les meilleurs mais ils avaient le mérite d'être sincères. Les yeux un peu vitreux, Morgan n'avait pas envie ni de couler le premier ni de tirer sur le deuxième. La guerre en déciderait peut être autrement …

A en croire les verres qui s'enchaînaient plus vite que les couplets d'une chanson paillarde, quelque chose nous disait qu'ils n'allaient pas être frais le lendemain. Encore moins quand on se lance dans des idioties pareilles. Et ce n'était ni Vivonne ni Morgan qui s'en étaient chargés pour une fois (oui, il fallait le noter ! )

Vivonne... dites-moi : quelle était cette chanson que braillaient ces marins il y a quelques jours ? Je suis absolument certain que notre ami la trouverait fort à son goût ! Un chant ma foi fort juste...
Oh vraiment ? Je suis certain que Vivonne a un joli brin de voix en plus ! se moqua Richmond, attendant que son ami se mette à chanter.
Ah! merci de me réveiller! Combien de fois mes hommes me demandaient la permission de la chanter...les rustres! Sur un vanire...navire royal! Prenez la chope, Froulay! Et chantons pour l’Anteglerre qui, sauf notre ami Morgan, vaut bien moins que la France!
Quelque chose me dit que je ne vais pas aimer cette chanson … lâcha Morgan, verre contre lui à regarder les deux larrons lever leurs verres et voir quelques autres alcooliques de la taverne en faire de même.
Quelle était cette chanson ? La voici :
Buvons un coup la-la buvons en deux, à la santé des amoureeeeeux! jusque là Morgan souriait, les paroles étaient mignonnes. A la santé du roi de Fraaaaanceuh, et MERDE pour le roi d’Angleterre, qui nous a déclaré la gueeeerre!!
WHAT ? Ah non je refuse cette chanson ! et il fit mine de bouder.

Tout le monde autour de lui la chantait et il les regardait d'un air presque méprisant. Il pouvait aisément plaisanter avec son pays et quelques traditions parfois originales par rapport aux français mais il n'allait pas insulter son propre cousin. Pourtant on l'encourageait à chanter. Secouant la tête négativement plusieurs fois, il dut capituler.

I try … Buvons un coup la-la buvons en deux, à la santé des amoureeux ! A la santé du roi de Fraaance, et m... No, no I can't !

Pour le remettre d'aplomb, ils burent encore quelques verres en riant, se moquant de Morgan qui se montrait bien trop attaché à son royaume pour une simple chanson. Puis …

… Et merde pour le Roi d'Angleterre qui nous a déclaré la guerre ! Il éclata de rire. Oh my god, I did it ! Oh I'm so sorry for my king ! Heureusement que Charles n'est pas là ! Vous les français, vous êtes tellement vils !

Puis il leva son verre Au Roi ! Celui que vous voulez !

Quelle soirée terriblement sérieuse et crédible …

Spoiler:
 

______________________

I've lost a lot a in this game. Another everyday face with no name, I'm not selling misery, so would you stay around with me. I know that you are afraid, the traces of war linger on my face but I'm not selling misery, maybe some day I'll feel home again.


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MessageSujet: Re: Very Bad Trip   30.12.12 11:41

Froulay, ce soir-là, se moquait bien de bâtiments coulés et autres contretemps maritimes, aussi observa-t-il d’abord d’un oeil circonspect ses deux amis parler de se noyer ou non durant les batailles qui approchaient. Et dire que dans quelques mois, ces trois hommes trop avinés seraient placés à la tête de centaines d’autres, et que l’on compterait sur eux pour remporter les combats. À les voir là, la chose semblait bien difficile à imaginer, et ce d’autant plus que l’on pouvait se demander de quelle efficacité ils pourraient finalement bien être après s’être promis de ne pas s’attaquer si le sort les plaçaient face à face au cours des batailles.
« … Et vous Froulay ! lança soudain Richmond, alors que l’intéressé noyait consciencieusement son désintérêt pour l’état des navires de ses deux amis dans sa chope de vin. Si par malheur, nous sommes sur le même champ de bataille, épargnons nous pour notre amitié ! …. D'accord ? »
Aymeric observa un court moment l’Anglais et, reposant son verre avec force fracas sur la table, serra à son tour la main qu’il lui tendait.
« Je vous en fais la promesse, mon ami ! J’achèverai même un de mes propres hommes s’il venait à essayer de vous tuer ! »
Se souviendraient-ils seulement de ces promesses ? Rien de moins sûr, alcool et mémoire ne faisant pas bon ménage. Mais toujours est-il que dans ces grandes effusions, furent scellés deux pactes qui auraient presque amené quelques larmes aux yeux d’un Vivonne décidément peu habitué à boire. Son air triste, l’oeil morne avec lequel il termina une énième chope en témoignaient assez.

Mais ce soir n’était pas un soir à se noyer tristement dans l’alcool (malgré leurs défaites successives aux cartes, et ce face à une demoiselle !) aussi Aymeric s’empressa-t-il de changer de sujet. Ce ne fut pas là un changement des plus glorieux, mais il eut au moins l’avantage de faire oublier à ses compagnons les combats à venir, qui risquaient, en effet, de les forcer à s’affronter. Or qu’y a-t-il de mieux qu’une chanson pour accompagner le vin, et repousser au loin les sujets fâcheux ?
« Oh vraiment ? Je suis certain que Vivonne a un joli brin de voix en plus ! s'amusa Richmond alors que Froulay tentait de ses souvenir des paroles du chant en question.
- Ah! merci de me réveiller! Combien de fois mes hommes me demandaient la permission de la chanter...les rustres! Sur un vanire...navire royal!
- Les hommes ne sont plus ce qu’ils étaient...c’est dommage, certains de ces chants valent plutôt le détour...
- Prenez la chope, Froulay! (ce dernier s’exécuta) Et chantons pour l’Anteglerre qui, sauf notre ami Morgan, vaut bien moins que la France!
- L’Angleterre, mon ami, l’Angleterre ! corrigea Froulay dans un grand éclat de rire. Vous allez froisser monsieur avant la chanson !
- Quelque chose me dit que je ne vais pas aimer cette chanson… »
Mais faisant fi des réticences (qui n’étaient pas infondées) de leur ami anglais, Vivonne et Aymeric se lancèrent de concert.
« Buvons un coup la-la buvons en deux, à la santé des amoureeeeeux! A la santé du roi de Fraaaaanceuh, et MERDE pour le roi d’Angleterre, qui nous a déclaré la gueeeerre!! »
Et là dessus, les deux compères trinquèrent, tandis que face à eux, Richmond s’offusquait.
« WHAT ? Ah non je refuse cette chanson ! »

Il y eut un grand éclat de rire à la table, et peut-être aux tables voisines mais Aymeric n’était plus en état de faire la différence. Reposant sa chope, il se tourna vers Morgan.
« Allons Richmond ! Vous avez tellement bu que personne ne vous en voudra, l’encouragea-t-il. »
Il y eut un premier essai infructueux de la part de l’Anglais, et l’on s’appliqua aussitôt à lui proposer deux nouveaux verres pour l’accompagner dans cette dure épreuve. À la fin, ils avaient tous tellement bu que les deux français applaudirent avec force enthousiasme leur ami lorsqu’il eut enfin réussi à mener le refrain jusqu’au bout.
« ... Vous les français, vous êtes tellement vils !
- Ne dit-on pas «perfide comme un français» ? s'exclama joyeusement Aymeric. »
Non on ne le disait pas. Mais à ce stade, ça n’avait plus d’importance.
On railla encore quelques minutes Richmond, avant que celui-ci ne se lève - du moins, il essaya - avec son verre.
« Au Roi ! Celui que vous voulez ! »
Les deux comparses restant trinquèrent à nouveau, mais Froulay reprit la parole avant de boire.
« Au roi de cette soirée, messieurs : monsieur Desloges, qui mérite bien cet honneur, à son vin ! »
C’était bien la moindre des choses qu’ils pouvaient faire : le tenancier de la taverne avait toujours du être d’une discrétion absolue sur tout ce qui se passait dans son établissement - et ça n’était pas faute d’avoir des choses à raconter...

La soirée se poursuivit encore, sur le même modèle. Froulay, qui semblait étrangement le moins ivre des trois (question d’apparence : il l’était sans doute tout autant), vit Richmond s’endormir sur la table, tandis que Vivonne tentait sans succès d’avoir une conversation cohérente.
« Allons bon, le voilà qui dort ! se moqua le comte en donnant inutilement un coup dans l’épaule de Morgan. Ces anglais font décidément de piètres compagnons... qu'en pensez-vous, Vivonne ? »
Mais il n’écouta pas la réponse de son ami. Une silhouette venait d’attirer son attention et soudain il se leva, pour se lancer derrière Gabriel qu’il était certain d’avoir reconnu. Retenu par un reste de lucidité, il se tourna vers le duc de Mortemart.
« Restez ici, je reviens dans un moment... »
Et là-dessus, il tenta de retrouver son homme de main, mais avait visiblement mal observé car il n’en trouva nulle trace dans la taverne. Las, il haussa les épaules et s’achemina à nouveau vers la table où il avait laissé ses deux amis, songeant (enfin, mais un peu tard) qu’il était temps de rentrer.
Lorsqu’il revint, Richmond dormait toujours. En revanche, Vivonne, lui, avait disparu. Froulay le chercha du regard, en vain, et finit par interpeller la jeune femme qui les servait. Celle-ci s’apprêtait à remplir son verre mais il l’arrêta d’un geste.
« Sauriez-vous où est passé le...
- Monsieur Vivonne ? l'interrompit-elle. Il est parti. »
Froulay haussa un sourcil perplexe.
« Parti... je vois bien qu’il est parti ! Mais parti où ?
- J’en sais rien moi, monsieur. Il m’a dit de vous dire qu’il est parti, c’est tout, j’suis pas de la police ! »

Et là-dessus, elle s’éloigna. Il n’en fallut pas plus à Aymeric pour revenir sur terre. Vivonne était de loin celui qui tenait le moins l’alcool, le plus ivre et tout ce qui s’en suivait. Dieu savait ce qu’il pourrait aller faire seul dans les rues de Paris dans un état pareil. Le pas d’abord peu assuré, mais honorable pour l’heure avancée de la nuit, Froulay se leva vivement. Il hésita un instant puis considérant le sommeil de plomb dans lequel était plongé Richmond, l’abandonna ici. Il était entre de bonnes mains !
Le comte sortit. Dehors, il trouva Gabriel (qui ne pouvait donc être rentré dans la taverne) qui lui lança un regard perplexe. Mais Froulay avait cette capacité à conserver un minimum de lucidité, même lorsqu’il se noyait dans l’alcool. Rapidement, l’ivresse se changea en migraine et les émulations en fatigue mais au moins, il dessoûlait, grandement aidé en cela par le constat évident qu’il n’était pas bon de laisser Vivonne errer il ne savait où après cette soirée. Mais les deux hommes eurent beau chercher plus de deux heures, ils ne trouvèrent rien. Et le moment du lever du roi approchait.
[color=sienna« Je rentre à Versailles. Continue à chercher. »[/color]
Sur ces instructions, Aymeric piqua des deux et, luttant contre le sommeil, chercha quelle excuse il pourrait donner au roi pour l’absence de son premier gentilhomme.

*** fin du flashback

C’est l’air sombre que Froulay quitta les appartements du roi. Il ne vit pas la duchesse qui avait partagé une partie de cette soirée absolument catastrophique, ni personne d’autre et se contenta de filer droit sur Paris. Au lieu dit, il retrouva Gabriel qui afficha un sourire rieur.
« Je l’ai trouvé, lança celui-ci que la situation amusait visiblement beaucoup. Et vous ne devinerez jamais où...
- Je n’ai pas envie de jouer aux devinettes, Gabriel.
- Il est à L’Île d’Or. »
Aymeric fronça d’abord les sourcils à cette idée... puis en prit son parti et éclata finalement de rire. Vivonne au bordel ? Voilà qui en ferait jaser plus d’un ! Et dire qu’il avait eu le mauvais goût de commencer à s’inquiéter... Tandis qu’il courbait la tête sous l’agacement du roi, monsieur le duc profitait joyeusement des charmes parisiens ! Froulay passa une main fatiguée sur son visage et fit signe à Gabriel d’aller chercher la voiture du comte, laissée à la taverne. La maison close, heureusement, n’était pas loin et il s’y rendit rapidement, et on le mena plus rapidement encore à Vivonne, entouré de quelques demoiselles.
« Eh bien Vivonne, vous me faites courir toute la nuit, mais je vois que la votre a dû être bien meilleure... lança Aymeric avec un sourire en s’appuyant contre le chambranle de la porte. Levez-vous, le roi n’a guère apprécié votre absence à son lever. »


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MessageSujet: Re: Very Bad Trip   22.02.13 17:04

Quatre, cinq, six...les pintes s’alignaient, les paroles s’élevaient - quoique douloureusement - et les esprits s’estompaient dans la brume de l’alcool. Louis savait pourtant pertinemment que l’alcool et son organisme étaient aussi amis qu’un anglais et qu’un français, mais comme Morgan, il y avait des exceptions! L’esprit fumeux et embué, il chanta haut et fort avec Froulay, se moquant allègrement des récriminations de Morgan.
-Allons Richmond ! Vous avez tellement bu que personne ne vous en voudra, l’encouragea Froulay!
- ... Vous les français, vous êtes tellement vils !
- Ne dit-on pas «perfide comme un français» ?
- Je valide, s’éxclama joyeusement Louis! Allez, profitons-en, trinquons, trinquons! Il avala à nouveau quelques gorgées de bière, et fit signe à Desloges de venir apporter d’autres pichets.

Les rires fusèrent, les discussions entrecoupés de hoquet suivirent et Richmond tenta maladroitement de se tenir debout, appuyé sur la table.
-Au roi! Au votre au notre, à celui des païens et de l’Amérique, s’écria Vivonne, en parcourant la salle du regard, qui leur répondit joyeusement!
-Au roi de cette soirée, messieurs : monsieur Desloges, qui mérite bien cet honneur, à son vin, s’exclama alors Froulay avant de boire son verre!
-A Desloges, qui a toujours son meilleur vin pour la fin! Hips!
On en doutait, car vu l’état du foie de Vivonne, il était peu capable de faire la distinction entre un bon et un mauvais vin.
-Mais profitons de cette soirée de liberté, mes amis. Regardez-moi ça, s’écria-t-il en balayant la salle du bras qui tenait sa chope, renversant la moitié de la bière par terre! Regardez! Regardez-moi ça, Froulay! Qu’est-ce que je vous avais dit, hein? On est en ville! Ici, vous pouvez faire ce que vous voulez, hein, on est complètement libres! Vous avez envie de faire un truc, vous le faites! N’est-ce pas magnifique? Vous pouvez vous défouler. Vous avez envie de hurler? Vous hurlez!
Il lâcha un cri de guerre avant de reprendre une gorgée de bière, sous le regard presque choqué de la serveuse qui manqua de se prendre une rasade d’alcool sur elle. Elle fronça du nez avant de s’éloigner, offusquée. Mais qu’est-ce qui te prends, renchérit Vivonne? Tu es folle! On est en ville! Tu ne peux pas te comporter comme au pays !
Il éclata à nouveau de rire avant de finir enfin sa chope.
-Paris, fit-il d’un air absent, alors que Morgan s’endormait sur son coude.
-Allons bon, le voilà qui dort ! se moqua le comte en donnant inutilement un coup dans l’épaule de Morgan. Ces anglais font décidément de piètres compagnons... qu'en pensez-vous, Vivonne ?
Les cheveux noirs de Rochmond s’étalèrent sous le nez de Vivonne qui joua distraitement avec une mèche. Les mots lui vinrent comme à un poète méconnu, sans répondre à Froulay.
-Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure, commença-t-il! Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir ! Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure des souvenirs dormant dans cette chevelure, je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir ! La langoureuse Asie et la brûlante Afrique, tout un monde lointain, absent, presque défunt, vit dans tes profondeurs, forêt aromatique ! Comme d'autres esprits voguent sur la musique, le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum...
Le menton posé dans le creux de sa main, il s’aperçu à peine que Froulay avait repoussé sa chaise et n’entendit que dans le lointain les mots de son ami. Mieux! Il venait d’apercevoir une silhouette qu lui semblait bien connue...une douce silhouette, fine et élancé, gracieuse, aux cheveux châtains....aaaah! Gabrielle de Longueville...ça ne pouvait être qu’elle!

La serveuse revenait de sa bouderie lorsque Louis glissa à l’autre bout du banc pour rejoindre Gabrielle.
-Eh ben où va monsieur, demanda-t-elle?
-Là-bas. Si Froulay revient, vous lui dites que je suis parti!
-Mais où?
-Là-bas!

Il réajusta fièrement sa veste et sans un regard à Morgan qui ronflait, sorti de la taverne.


C’est là que s’arrêtèrent les souvenirs vagues et confus de notre ami, qui sans avoir retrouvé la trace de la jeune Longueville, suivi celle qui le mena à l’île d’Or, bordel réputé.
Ne nous y trompons pas, Vivonne n’a rien de ces consommateurs fortunés! Et bien trop aviné, les demoiselles lui auraient refusé tout service. Mais face à un brillant et jeune duc, si adorable avec toutes ses jeunes filles et sans danger aucun pour leur réputation, la gouvernante de la maison, Vulfetrude, n’hésita pas à accueillir Louis le temps que la mémoire lui revienne.
Il y passa l’une des nuits les plus improbables de sa vie, se réveillant au petit matin dans les bras d’Hildegarde, avant de sombrer à nouveau sur les canapés moëlleux du petit salon, entouré de bouteilles de vin et de taffetas. Un enfant n’eu pas de sommeil plus confortable que celui-ci!

Il s’éveilla à une heure inconnue, la tête bourdonnante, prête à exploser. Un haut le coeur le prit lorsqu’il essaye de se lever et en tournant la tête, il s’aperçu qu’il se trouvait dans un petit salon cossu, sur un canapé des plus confortables, quelques cadavres de verres traînant à terre. Assise sur le lit à côté de lui, une jeune femme à la chevelure plus brune que l’ébène affichait un petit sourire polisson. Elle leva ses yeux vers la porte où il reconnu la silhouette de Froulay. Tiens donc!
-Eh bien Vivonne, vous me faites courir toute la nuit, mais je vois que la votre a dû être bien meilleure, lança son ami appuyé sur le chambranle de la porte!
-Aaaah, Froulay, fit Louis en passant un doigt sur la joue de la jeune femme avant de se retourner vers son ami, j’ai vu une fée!...I believe I can fly...I believe I can touch the sky, chantonna-t-il dans un sourire béat.
-Levez-vous, le roi n’a guère apprécié votre absence à son lever.
-Bah, restons encore un peu ici, commença Vivonne en frottant ses cheveux douloureux et sortant sa montre à gousset, il reste encore quelques....

Il se tut, ferma les yeux et s’affala lourdement sur le lit, tentant d’oublier le bruit de marteau qui cognait inlassablement dans sa tête. Il sentait le lit tanguer dangereusement. Oublier le lever du roi? Il n’en n’avais pas la moindre conscience!
-Je viens, je viens, marmonna-t-il en se levant, tâchant de rester équilibré. Pourquoi le sol bougeait-il autant?! Ah ma petite fée, fit-il à la prostitué....avant d’être embarqué par Froulay, visiblement peut touché par les charmes de la jeune femme.

-Vous n’êtes décidément pas amusant du tout, aujourd’hui, Froulay, ronchonna-t-il alors que le comte l’enfermait dans le carrosse. Allez, nous sommes en retard! Il se réveilla soudainement. Cours Gris-Poil, montre-nous ce que célérité veut dire, lâcha-t-il en donnant un petit coup dans l’habitacle à destination du cocher!
Il s’assoupi à nouveau pendant le voyage jusqu’à Versailles, pour éviter que quelques hauts le coeur ne prennent le dessus sur le chemin cahoteux. Vivonne ne sut réellement comment il se retrouva dans le petit cabinet du roi, mais il s’y retrouva néanmoins, accompagné d’un Froulay qui ne semblait pas aussi drôle que la veille au soir. Tiens, d’ailleurs...que s’était-il passé, la veille au soir?

C’est d’un pas mal assuré, maudissant Froulay, la reine, les duègnes et tout ce qui allait avec qu’il entra dans la pièce, alors que Louvois en sortait, cartes sous le bras. La guerre! La guerre qui venait bientôt, apportant son lot d’horreurs...Vivonne lâcha un profond soupir qui fit se retourner le valet.
-Ah, duc...
-Louvois, lâcha-t-il, prenant un air contrit en voyant les cartes. Voilà les plans de nos futures morts...la guerre est triste, fit-il! N’est-ce pas mieux de faire l’amour que la guerre, hein? Nous n’aurons plus de morts, plus de veuves et d’orphelins, plus de pays ravagés...
-Certainement, répondit platoniquement Louvois avant de s’éclipser pour que Louis ne le retienne.

Le roi était heureusement seul dans le cabinet, cachant ainsi aux yeux de la cour la déchéance passagère d’un des noms les plus éminents de son entourage. Louis parvint difficilement à se sentir mal à l’aise, l’alcool dansant encore dans son foi, remontant jusqu’à son esprit et embrouillant tout sens commun.
-Froulay, je crois que j’aurais besoin d’aide, n’est-ce pas, fit-il au comte lorsque le roi apparu, visiblement peu aussi amusé que lui. Vite! Une excuse. Il attendit les premiers mots du roi avant d’ouvrir la bouche.
-Sire, se contenta-t-il de dire, s’essayant à une révérence plutôt réussie, avant qu’il ne perde l’équilibre, tombant dans les bras de Froulay, toujours au bon endroit au bon moment!
-Vous ne croirez jamais à quelle soirée m’a entrainé un de mes amis, fit-il comme pour oublier ce passage!...Froulay peut hélas en témoigner, se lança-t-il! Le rustre! Il retint un hoquet avant de poursuivre. Je ne vais pas trop parler, car je sais, sire, que vous vous dites déjà que c’est curieux, chez les marins, ce besoin de faire des phrases...! Alors je ne dirais plus rien, surtout que quand je parle trop, je ne sais ce que je dis et...et même que des fois, et bien je vomis, termina-t-il dans sa barbe, sans savoir si le roi avait entendu cette dernière phrase ou non.
-Enfin faites attention, sire, il y a une licorne derrière vous...si vous bougez, vous allez l’effrayer. Vous la voyez, vous, Froulay?

Louis eu un nouveau hoquet aux relents d’alcool et sentant le sol tanguer à nouveau, s’appuya sur le comte, toujours aussi bien venu.
-Je...je crois que je dois me retirer, sire, si vous m’en donnez l’autorisation, reprit-il d’un air contrit, les yeux dans le vague.


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Mais le plaisir est un luxe. »





*N'ouvrez ce spoiler que si vous ne croyez plus en la crédibilité de Vivonne.*
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MessageSujet: Re: Very Bad Trip   04.03.13 0:13

« Je vous en fais la promesse, mon ami ! J’achèverai même un de mes propres hommes s’il venait à essayer de vous tuer !
Han, that's my boy ! C'est ce qu'on appelle un ami, Froulay ! I swear, pas un de mes hommes ne vous touchera ou … ou je brûlerais le campement espagnol et Don Rotrou d'Autriche qui va avec ! Un vrai feu de joie ! »

C'était n'importe quoi comme conversation ! Puis, dans l'esprit brumeux de Morgan, imaginer Don Juan José brûler le fit marrer et il partit dans un fou rire où il manqua d'ailleurs de tomber arrière s'il n'avait pas eu le réflexe – impensable réflexe vu son taux d'alcoolémie – de se retenir à la table. Cela devenait du grand n'importe quoi, surtout quand on commença à parler chansons de marins où l'on insultait la patrie de Morgan, qui refusa de la chanter !

« Allons Richmond ! Vous avez tellement bu que personne ne vous en voudra ! » avait lancé Froulay, comme s'il était mieux placé !

Quelle soirée mémorable, vraiment ! Voici deux amis entrain de chanter une chanson à la gloire de la France et la faire chanter à un anglais où il doit dire « merde au roi d'Angleterre » ! Et dire que Morgan l'a fait ! Il parut tellement désolé envers son royal cousin de l'avoir insulté de la sorte, avant de rire de plus belle. L'alcool ne les aidait pas à rester stoïque et rire pour pas grand chose était un grand bienfait de l'alcool, où la joie coulait à flot, tout autant que le vin autour de cette table. Qui pourrait croire que ces trois hommes pouvaient être aussi proches de monarques européens ? Morgan était cousin du roi d'Angleterre, Aymeric et Louis des amis du roi de France. Et les voici tous les trois torchés à chanter des chansons de marins français, leur chope à la main et ne tenant plus vraiment debout sur leurs jambes tant l'alcool avait cet effet délectable de vous donner l'impression que le monde tournait autour de vous et que vos jambes ne sont la qu'en décoration puisqu'elles ne servent plus à marcher ! Mais il y avait toujours du monde pour porter un toast !

« Au roi! Au votre au notre, à celui des païens et de l’Amérique !
Au roi de cette soirée, messieurs : monsieur Desloges, qui mérite bien cet honneur, à son vin, s’exclama alors Froulay !
A Desloges, qui a toujours son meilleur vin pour la fin! Hips!
Monsieur Desloges, vous êtes le bacchus parisien ! Grâce à votre vin j'ai l'impression de … I believe I can fly ! I believe I can touch the sky ! Vous êtes un dieu du vin mon cher Desloges ! » lança finalement Morgan en levant son verre vers le tenancier.

Celui-ci leur sourit, content d'avoir de pareils clients. Il faut dire qu'il avait du faire sa recette rien qu'avec la table des trois hommes, il ne pouvait que les apprécier, en effet. Les bouteilles et pichets avaient largement tourné, ils avaient du goûter à une bonne partie de la cave de la taverne sans qu'ils ne se rendent compte de tout ce qu'ils engloutissaient, trop heureux de se retrouver tous le trois et de s'amuser de bon cœur sans voir l'heure passée, ni le nombre de verres !

La soirée, ou plutôt la nuit à cette heure sans doute avancée – où les trois amis ne savaient plus sans doute quelle heure il était – tout était possible, toutes les conversations n'avaient ni queue ni tête, et même s'ils ne se comprenaient pas forcément, la bonne humeur était au rendez vous, les trois hommes avaient des sourires jusqu'aux oreilles et les yeux pétillants de malice (pour ne pas dire d'alcool, car ce mot est déjà trop de fois employé dans les précédents paragraphes). Un extrait de conversation ? Bien sûr, un morceau de choix même, raconté par Morgan himself.

« … Et là il me raconte que son frère est décédé. Je trouvais cela triste car il n'était pas mauvais bougre, et je lui demande de quels maux souffrait ledit frère. Figurez vous qu'il n'a pas trouvé mieux que de mourir d'une indigestion de melons en pleine Chambre des Lords, tombant dans les bras de l'archevêque de Cantorbéry ! »

Oui, il était apparemment de rire de la mort d'un homme, surtout après une mort si stupide, en public et dans les bras d'un des hommes d'Eglise le plus puissant d'Angleterre. En tout cas, cela faisait bien marrer les trois compères. Comment ils en sont arrivés là ? On ne le sera jamais et eux ne doivent plus s'en souvenir non plus. Le reste de la conversation ? Là encore du flou le plus total ! Morgan, pourtant ayant un excellent lever de coude et tenant bien l'alcool, avait de plus en plus la tête qui tournait et sans s'en rendre compte, sa tête tomba contre la table de bois, s'endormant comme une masse ! Cela n'était pas plus mal, il valait mieux cela avant qu'il ait l'alcool triste et plombe l'ambiance. Non, là il s'était endormi avec le sourire aux lèvres, mais sans savoir ce qui allait se passer, ni pourquoi ses deux camarades l'avaient laissés à son triste sort, juste parce Vivonne était … parti. A une heure indue pour des hommes de leurs conditions soient encore dans une taverne, le duc de Richmond était déjà dans les bras de Morphée et allait y rester quelques heures.

Au petit matin, sans avoir bougé d'un pouce, il se reveilla enfin, la serveuse le mettant gentiment à la porte, lui l'air dans les vappes et une poule à ses pieds, sans doute échapper de l'arrière-cour où le tavernier faisait élevage pour les repas.

Voici toute l'histoire, du moins la participation de Morgan Stuart à cette soirée mémorable où il rentra, vidé de sa bourse puisque ces vils et radins français n'avaient pas daigné payer l'addition, toujours sans savoir pourquoi ils étaient partis en le laissant comme le dernier des pouilleux, mais se demandant encore ce qui s'était passé. En se couchant dans son lit, ou plutôt en s'y laissant tomber en travers comme une vieille loque, il fredonnait la chanson de la veille, sans se souvenir des paroles. Il ne valait mieux pas en fait.

Ah, quelle soirée !

Fin pour Morgan PTDR

______________________

I've lost a lot a in this game. Another everyday face with no name, I'm not selling misery, so would you stay around with me. I know that you are afraid, the traces of war linger on my face but I'm not selling misery, maybe some day I'll feel home again.


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MessageSujet: Re: Very Bad Trip   10.03.13 3:10

Voici plusieurs heures que Froulay avait quitté le roi pour partir à la recherche de Vivonne, sûrement dans un bien piètre état, puisqu'il ne tenait pas l'alcool, dans un improbable endroit de Paris. Qui le savait vraiment ? Du pendant qu'il était vivant et pas amoché, cela suffisait au souverain d'être rassuré. Mais en attendant sa journée s'était passée comme à son habitude, comme si rien n'avait changé. Bien sûr, au Conseil du jour, deux chaises étaient vides, Froulay et Vivonne ne pouvant pas être ici puisque le premier fouillait Paris pour trouver le deuxième. Personne ne fit de remarque à ce sujet mais les yeux se tournaient parfois vers les deux absents du jour, mais aucun n'oserait faire un commentaire à haute voix, même si Louvois aurait bien voulu.

Pour Louis XIV, le temps ne s'arrêtait pas, bien qu'il espérait que les deux reviennent au plus vite. Mais rien après le conseil, ni pendant le dîner. Le souverain demanda à Bontemps de lui parler de ce qu'il se passait de beau aujourd'hui. Le premier valet de chambre racontait qu'il tenait d'un garde Suisse que ça piaillait au château, on dirait ses poules sultanes que le roi adorait dans une basse cour. Il entendit parler de la mauvaise mine de Froulay, les maux de tête de la duchesse de Longueville, le duc de Richmond absent auprès de sa cousine et l'absence de Vivonne. Tout ceci était trop gros qu'au moins les trois hommes cités ne se soient pas croisés. Quant à la duchesse de Longueville … Non, Louis ne voulut pas penser à la probable hypothèse pas très sérieuse qu'elle pouvait être avec ces trois là. S'il savait ! Peu après le repas, Louvois revint à lui, avec des nouvelles des campements lorrains

La discussion dans le petit cabinet fut brève, Louvois n'avait pas beaucoup d'informations mais avait promis au roi de le tenir informé au plus vite sur la moindre avancée des ennemis. C'est à ce moment que Bontemps fit son entrée, s'excusa mais annonça l'arrivée de Froulay et Vivonne. Louvois resta planté là, voulant sans doute savoir où étaient passés les deux compères.

Louvois, laissez nous je vous prie.

Ah, il ne pourra pas assister à la scène mais aura pu tout de même croiser les deux hommes et constater que le duc de Vivonne était encore saoul ! Ce même Vivonne qui voulut faire la révérence mais celui-ci tomba. Louis les observait, l'air … perplexe. Oui c'était le mot vu la drôle de situation à laquelle il assistait et surtout l'état lamentable de son ami d'enfance.

Vous ne croirez jamais à quelle soirée m’a entraîné un de mes amis … Froulay peut hélas en témoigner. Le rustre! Je ne vais pas trop parler, car je sais, sire, que vous vous dites déjà que c’est curieux, chez les marins, ce besoin de faire des phrases ! Alors je ne dirais plus rien, surtout que quand je parle trop, je ne sais ce que je dis et … et même que des fois, et bien je vomis.

Louis fronça les sourcils mais ne disait toujours rien, toujours aussi perplexe.

Enfin faites attention, sire, il y a une licorne derrière vous … si vous bougez, vous allez l’effrayer. Vous la voyez, vous, Froulay ?
Non Vivonne, ce n'est que Bontemps. A moins que vous ayez découvert que Bontemps était une licorne ! se moqua légèrement le roi, un léger sourire au coin de la lèvre.

Comment ne pas avoir envie de rire. Son ami n'avait rien, était sain et sauf, juste complètement bourré et l'air complètement idiot.

Je … je crois que je dois me retirer, sire, si vous m’en donnez l’autorisation.
Bien sûr mais vous n'irez pas loin, vu votre état. Et comme tout le monde s'étonne de votre absence, il ne vaut mieux pas qu'on vous voit dans cet état. Allez venez.

Et voici une scène insolite que seul les quatre personnes présentes dans la pièce verront : Louis prit le bras de son ami et le passa autour de son cou, pour supporter le poids de l'ami Vivonne encore éméché avec l'aide d'Aymeric qui faisait de même de l'autre côté. Sans doute sous l'effet de l'incongruité de la situation, Bontemps fixa ce petit monde pendant quelques secondes avant d’accourir à la porte pour l'ouvrir afin que tout le monde puisse passer sans encombre, sans cogner qui que ce soit dans les portes.

Vous ne pouvez aller nul part, vous allez coucher sur le lit que j'ai dans mes petits appartements. Je ne pense pas que vous pourrez aller plus loin. Attention à la marche, Froulay.

Il était tellement étonnant de voir Louis, d'habitude si fier et distant avec son monde, prendre l'initiative de porter secours à quelqu'un et servir de soutient à quelqu'un. Autant le dire de suite, le souverain ne ferait pas cela pour n'importe qui ! Il est vrai qu'il avait grandi avec son homonyme Mortemart, qu'ils avaient fait les quatre cents coups plus jeune et que Vivonne pouvait se vanter (bien qu'il ait la délicatesse de ne pas le faire) d'avoir toujours été dans les petits papiers du souverains de France et se permettre beaucoup avec lui, comme l'emmener à une taverne pour son anniversaire. Heureusement pour Louis, ce jour là Vivonne était resté assez sobre, ne ressortant que joyeux mais lucide. Bontemps continuait d'ouvrir les quelques portes pendant que seul Vivonne faisait un semblant de conversation jusqu'à une petite pièce où se trouvait un lit de taille standard, où le souverain venait se reposer. Ils déposèrent Vivonne sur le lit doucement et Louis soupira et se tourna vers Aymeric.

Où l'avez vous trouvé ? Puis il secoua la tête et leva les yeux au ciel. Non, je ne veux pas savoir finalement.

Louis ne voulais pas savoir où Vivonne était. Il était un peu sale et puait l'alcool, cela suffisait qu'il avait bien bu et errer dans un Paris pas toujours propre. Mais savoir où il était vraiment, non il valait mieux que le monarque n'en sache rien ! Vivonne au bordel … Il ne savait pas comment avait commencé la soirée mais la fin était une totale décadence, un grand n'importe quoi et les courtisans n'étaient pas obligés d'en avoir tous les détails.

Il a eu de la chance qu'il ne lui arrive rien au cours de cette nuit. Je pense qu'une bonne étoile brille au dessus de notre Vivonne pour qu'il revienne intact. N'importe qui y aurait laisser des plumes car il est bien connu que, qui fait le malin tombe dans le ravin. Sauf lui ! Il sourit, amusé que son ami soit si peu crédible et s'en sorte toujours. Je crois que son épouse s'inquiète, il faudrait la prévenir.

Il allait envoyer Froulay prévenir Antoinette que Vivonne était sauf puis se tourna vers Aymeric.

J'enverrais quelqu'un d'autre. Ce n'est pas contre vous Froulay mais l'odeur d'alcool et votre mine ne seront pas très rassurantes pour une épouse apeurée !

Au moins, ça avait le mérite d'être clair !

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MessageSujet: Re: Very Bad Trip   03.05.13 0:57

Lorsqu’il avait été certain que Vivonne s’était bien évaporé dans la nature, et qu’il ne traînait même plus aux alentours de la taverne de M. Desloges, le comte de Froulay s’était pris à penser que cette soirée ne pouvait décidément pas prendre une tournure plus... exceptionnelle dirons-nous. Et puis il y avait eu le lever du soleil - aux deux sens du terme - sans que Mortemart eût daigné montrer le bout de son nez, les explications au roi (si l’on pouvait encore parler d’explications), et une nouvelle course vers Paris pour tenter de retrouver l’absent. En voyant apparaître Gabriel, l’air visiblement satisfait, Aymeric aurait raisonnablement pu penser que les évènements ne pouvaient pas aller en se faisant plus incongrus encore, mais visiblement, Vivonne avait décidé de faire de cette soirée une soirée mémorable (même s’il y avait fort à parier qu’il ne s’en souviendrait pas) et il fallait admettre que terminer celle-ci au bordel allait au-delà de ce qu’ils auraient tous pu imaginer si on avait dit à Richmond, Mortemart et Froulay quelles heures mouvementées ils étaient sur le point de passer - même si « mouvementé » n’était peut-être pas le mot le plus approprié pour désigner la nuit de l’Anglais, qui devait toujours dormir sur un coin de table à l’heure qu’il était. Mémorable, oui, c’est bien le premier mot qui vint à l’esprit d’Aymeric lorsqu’il découvrit son ami affalé sur une causeuse de velours, la tête posée sur les genoux d’une des prostituées. Et pourtant, Vivonne semblait être loin d’en avoir terminé.

« Aaaah, Froulay, j’ai vu une fée! lança-t-il dans un sourire béat avant de se mettre à chanter. »
Perplexe, Aymeric échangea un regard avec la jeune femme (qui, elle, avait l’air de trouver cela très drôle - comment lui en vouloir ?) avant de revenir à son ami qu’il devait absolument sortir d’ici avant qu’il ne vienne à l’esprit du roi de le faire rechercher lui-même - ce dont on n’aurait pu blâmer le monarque, vu l’état dans lequel se trouvait le comte lorsqu’il l’avait quitté une heure plus tôt.
« Bah, restons encore un peu ici, commença Vivonne, il reste encore quelques...
- Hors de question, mon ami, on ne fait pas attendre un roi, répondit le comte en s’approchant pour l’aider à se lever, non sans donner un coup de pied dans la bouteille (vide) qu’il s’apprêtait à saisir. Allons, vous avez bien assez bu ! Si vous pouviez voir l’état dans lequel vous êtes... »
Il le souleva difficilement et passa un de ses bras autour de ses épaules avec l’espoir de le traîner jusqu’à la voiture sans qu’il n’en fasse trop, tandis que le pauvre homme totalement ivre marmonnait quelques mots à l’attention de la prostituée. Celle-ci lui répondit d’un sourire admirable de sang-froid quand on imaginait bien qu’il avait dû être absolument insupportable depuis son arrivée, et bien loin de s’en préoccuper d’avantage, s’adressa directement à Aymeric.
« Et qui va me payer ? demanda-t-elle.
- Vous payer ? Il n’a tout de même pas...
- Non, le coupa-t-elle. Mais je me suis occupée de lui, j’ai pas travaillé. Donc vous allez me dédommager... j'espère. »
Le comte leva les yeux aux ciel (quoi qu’il fût plus amusé qu’autre chose) puis fit don de sa bourse à la jeune femme en la remerciant pour ses services, et enfin, ils quittèrent l’Île d’Or, malgré les jérémiades de Vivonnes.

« Vous n’êtes décidément pas amusant du tout, aujourd’hui, Froulay, grommelait celui-ci alors qu’on le faisait monter dans le carrosse. Allez, nous sommes en retard ! Cours Gris-Poil, montre-nous ce que célérité veut dire ! »
Et là-dessus... il s’endormit. Aymeric, qui, pour sa part, avait totalement dessoulé, resta un moment admiratif devant une telle déchéance, avant d’éclater de rire puis d’appuyer sa tête douloureuse contre la paroi de la voiture. C’est dans le silence que se fit l’essentiel du voyage de retour, et il fallut presque insister pour réveiller le duc lorsqu’ils furent enfin à Versailles, celui-ci commençant visiblement à subir les conséquences de ses abus de la veille. Lorsqu’il le vit trébucher une première fois alors qu’ils gagnaient le cabinet du roi, Froulay, quoi qu’il conservât un air sévère, se prit à compatir. La journée à venir n’allait pas être des plus agréable pour ce pauvre Vivonne.
C’est Louvois qui, le premier, fit les frais de cette étrange équipée que formaient les deux Grands en un si piteux état. Il quittait le roi et les croisa à la sortie du cabinet, sans se priver de les dévisager, ce qui agaça très rapidement Aymeric dont les sentiments pour le secrétaire d’Etat ne s’étaient pas améliorés avec le temps.
« Louvois, l’apostropha Vivonne avant que quiconque l’en eût empêché. Voilà les plans de nos futures morts...la guerre est triste ! N’est-ce pas mieux de faire l’amour que la guerre, hein ? Nous n’aurons plus de morts, plus de veuves et d’orphelins, plus de pays ravagés...
- Certainement, répondit Louvois, laconique, avant de s’éclipser. Ils allaient entrer chez le roi, mais Aymeric, sentant la catastrophe venir, retint un instant son ami.
- Vous savez ce que disait mon père Vivonne ? « Il y a des paroles qui ressemblent à des confitures salées, c’est à dire qu'elles sont inutiles » (ce qui n’avait pas un grand intérêt dans l’immédiat, mais il faisait ce qu’il pouvait). Souvenez-vous en, et ne parlez pas trop devant sa Majesté, vous n’êtes pas en état.
- Froulay, je crois que j’aurais besoin d’aide, n’est-ce pas ? »
Aymeric soupira, hocha la tête et l’entraîna avec lui. S’il avait été amusé par la situation, il commençait à se sentir las et se prit à souhaiter de pouvoir se retrancher dans ses appartements. Hélas, au lieu de cela, il dut rattraper Mortemart qui manqua s’écroula devant le roi en voulant faire une révérence - ce à quoi, ayant son ami dans les bras, le comte ne prit pas le risque de s’essayer.

« Sire... commença-t-il, aussitôt interrompu.
- Vous ne croirez jamais à quelle soirée m’a entrainé un de mes amis ! Froulay peut hélas en témoigner ! Le rustre! lança Vivonne. Je ne vais pas trop parler, car je sais, sire, que vous vous dites déjà que c’est curieux, chez les marins, ce besoin de faire des phrases...! Alors je ne dirais plus rien, surtout que quand je parle trop, je ne sais ce que je dis et...et même que des fois, et bien je vomis. »
Aymeric n’avait plus l’air perplexe, en l’observant, mais proprement désespéré.
« Enfin faites attention, sire, il y a une licorne derrière vous...si vous bougez, vous allez l’effrayer, continuait à balbutier Vivonne, alors que le comte et le roi se tournaient vers Bontemps qui ne ressemblait définitivement pas à une licorne. Vous la voyez, vous, Froulay ?
- Pas exactement... Je ne voyais déjà pas votre féé tout à l'heure,grommela celui-ci.
- Non Vivonne, ce n'est que Bontemps, rétorqua le roi, plus amusé qu’agacé. A moins que vous ayez découvert que Bontemps était une licorne ! »
Bontemps eut la délicatesse de se détourner pour rire, tandis que Froulay rattrapait à nouveau de justesse le duc de Mortemart avant d’adresser un regard contrit au monarque.
« Je...je crois que je dois me retirer, sire, si vous m’en donnez l’autorisation, reprit enfin Vivonne, l’air plus lucide.
- Bien sûr mais vous n'irez pas loin, vu votre état. Et comme tout le monde s'étonne de votre absence, il ne vaut mieux pas qu'on vous voit dans cet état. Allez venez. »
S’en suivit alors une scène qui aurait pu laisser pantois un observateur extérieur - et de fait, qui immobilisa un instant Bontemps après avoir laissé Aymeric perplexe. Louis XIV passa l’un des bras de Vivonne par-dessus son épaule (Froulay n’en dit rien, mais il fut profondément reconnaissant au roi de cette aide dont le besoin commençait à se faire sentir) et tous deux, ils dirigèrent le malheureux dans les couloirs dissimulés derrière le cabinet.
« Vous ne pouvez aller nul part, continua le roi, vous allez coucher sur le lit que j'ai dans mes petits appartements. Je ne pense pas que vous pourrez aller plus loin. Attention à la marche, Froulay. »

Le comte prit garde, en effet, et tout se déroula bien jusqu’à ce que vienne à l’idée de Vivonne de se réveiller. Pesant d’un geste du côté d’Aymeric (qui commençait à se faire faiblard) il manqua de les faire trébucher... ce qui n’arriva pas de justesse, le comte ayant réussi à s’appuyer sur un meuble. Il ne parvint néanmoins pas à sauver le vase qui se trouver sur celui-ci et qui alla se briser par terre dans un fracas qui résonna désagréablement dans sa tête. Mais qui avait eu l’idée de placer un vase à cet endroit ?
« Pardonnez-moi, Sire, lança-t-il, j’espère que ça n’était là rien de précieux... Allons Vivonne, mettez-y un peu du votre ! »
Plus facile à dire qu’à faire, certes, mais finalement, ils parvinrent à une petite pièce dans laquelle se trouvait un lit qui accueillit rapidement un Mortemart qui ne se ressemblait définitivement pas. Aymeric, quant à lui, lui adressa un regard mi-sévère, mi-amusé, avant de considéré la marque laissée sur son bras par le meuble et le vase.
« Où l'avez vous trouvé ? demanda le roi.
- Eh bien, hum.. dans un...
- Non, je ne veux pas savoir finalement.
- ... bordel, terminait néanmoins Froulay. Mais il avait bien trop bu pour déranger ces demoiselles d’une quelconque façon, se rattrapa-t-il rapidement en dissimulant un sourire ironique. »
Cet instant gênant passé, le roi s’inquiéta de la femme de de Vivonne (dans un discours que Froulay eut du mal à suivre entièrement, quoi qu’il s’en cachât) et se tourna d’abord vers son maréchal des logis.
« Voulez-vous que j’aille la rassurer ? demanda celui-ci par réflexe, quoi que son air montrât assez bien ce qu’il pensait de cette idée.
- J'enverrais quelqu'un d'autre, se ravisa finalement le roi (on ne pouvait l’en blâmer !). Ce n'est pas contre vous Froulay mais l'odeur d'alcool et votre mine ne seront pas très rassurantes pour une épouse apeurée !
- Je comprends Sire... Elle qui me pense capable de raisonner son époux, elle serait en plus bien déçue ! Pour qui me ferez-vous passer auprès de votre femme, mon ami ? conclut-il plus joyeusement en s’adressant à Vivonne, sans être certain qu’il pût le comprendre. Croyez bien, Sire, que je suis profondément désolé de cette... affaire. Mais à mon tour je crois que je devrais me retirer... »

En vérité, s’il tenait mieux l’alcool que son ami, il n’était pas dans un état bien plus glorieux. Ayant obtenu la permission du roi, il se fit guider par Bontemps, qui le fit sortir de ces couloirs... en pleine Galerie des Glaces. Aymeric fronça les sourcils mais, vaillamment, se redressa et envisagea de filer vers ses appartements, faisant mine de ne voir rien ni personne - après tout, le comte était un homme occupé, les courtisans mettraient cela sur le compte de la guerre. Hélas, c’était oublier les langues de vipères les plus acérées. Soudain, Froulay entendit trottiner derrière lui une paire de talons dont les claquements résonnaient affreusement dans sa tête douloureuse.
« Comte, comte ! l'appela l’un des mignons de Monsieur (à son plus grand désespoir) alors qu’il sortait enfin de la galerie. Savez-vous où était monsieur le duc de Mortemart ce matin ?
- En quoi cela vous intéresse-t-il ? grommela l’intéressé.
- Mais tout le monde ne parle que de cela, et de la disparition de Richmond, ainsi que des maux de crânes de la duchesse de Longueville et de votre...
- Écoutez-moi bien, idiot, si vous n’écartez pas votre face de rat de mon chemin, je m’en chargerai moi-même et vous pourriez le regretter, le menaça soudain Aymeric, perdant patience. Allez commérer ailleurs. »
Le mignon n’insista pas et enfin le comte se réfugia dans ses appartements, où il alla immédiatement se laisser tomber sur son lit. La guerre, ses charges, tout attendrait. Il avait besoin de dormir.
Une chose était certaine, Froulay ne devait pas oublier de sitôt ce très improbable soirée.

fin (enfin) pour Aymeric PTDR
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MessageSujet: Re: Very Bad Trip   15.06.13 13:14

Quelle heure devait-il être? A en juger par son estomac pesant, son crâne martelé et sa bouche pâteuse, Louis en déduit que le dîner était passé de longues heures. 
Encore allongé, il se redressa péniblement, frottant ses cheveux douloureux avant de poser enfin ses pieds à terres, en observant le soleil hivernal au travers des rideaux.
-Plus jamais ça, marmonna-t-il en marchant vers la fenêtre qu'il découvrit d'un geste!

De vagues souvenirs confus s'entremêlaient dans son esprit. Des images de tavernes, de Morgan, de chants marins, de Froulay, du roi, de.....prostitués?!
-Par tous les diables que s'est-il encore passé...C'est encore la faute de Richmond, ce soiffard, ronchonna-t-il en se rasseyant pour se rhabiller convenablement.
Il ne chercha pas à savoir qui avait pu appoter une veste propre, un petit plat d'eau et une serviette, tant son état général était piteux. Il ne savait pas encore dans quelle partie du château ilse trouvait, mais espéra de tout son coeur qu'on eu la sage intelligence de l'éloigner des galeries principales. A coup sûr, toute la cour jasait déjà de l'absence du duc de Vivonne au petit lev....Sacrebleu! Le petit lever du roi! Ilse serait giflé pour avoir suivi Froulay et Richmond dans une telle entreprise nocturne!

Marmottant, se punissant intérieurement de sa faiblesse passée, il se lava rapidement, passa la veste et tenta une sortie. Entrouvrant la porte, il tomba nez à nez avec Bontemps dans un cabinet vide.
-Monsieur le duc! Vous êtes réveillé, lança-t-il d'un ton enjoué, non sans être teinté de sarcasme.
-Bontemps...dans quelle partie du château suis-je, s'il vous plaît, répondit Vivonne sans répondre vraiment?
-Dans l'aile centre, monsieur. Vous devrez passer par le salon de Mars si vous souhaitez rejoindre par la suite les escaliers.
Vivonne s'agaça en observant le regard narquois de Bontemps. Prenait-il un malin plaisir à le faire ainsi courir? Le vil! Il ne pouvait pas passer dans toutes ces galeries bondées de monde!
-Faites-moi passer par les couloirs derrière ce cabinet, Bontemps. 
-Je ne peux vraiment pas, monsieur, sa majesté ne souhaite pas que...
-Bontemps,  s'il vous plaît. Nul ne passe par ces couloirs, reprit calmement Vivonne qui sentait l'impatience poindre.
Le premier valet  de chambre semblait prendre un malin plaisir à ennuyer le duc, et l'on était en droit de se demander s'il n'avait pas été payé par Froulay ou le roi pour forcer Vivonne à prendre les galeries publiques. Celui-ci essayait de ne pas perdre patience ni désespérer. Son état, même correct, prouvait sans doute possible qu'il avait passer une dure nuit et il refusait de devoir s'expliquer aujourdhui à des péronelles tout juste intéressées par quelques ragots.
-Je suis vraimet navré, monsieur le duc. Sa majesté m'a vraiment spécifié que je ne pouvais vous laisser prendre ce passage!
-Et si, Bontemps....vous n'avez pas un neveu, dont vous m'aviez parlé une fois... 
Le valet n'osa pas rire pour ne pas vexer le duc, mais il conserva un visage fermé.
-Monsieur le duc, n'essayez pas de me soudoyer, sa majesté sera très fâchée d'apprendre que...
-Oh, oubliez, Bontemps, soupira Vivonne en levant une main lasse. Je vais allez m'exposer dans cette foule de fauves acharnés à vouloir détruire les réputations d'homme bons. Mon pauvre Cochon ne pourra plus contenter la douce Grisette, ainsi soit-il, lâcha Louis d'une voix de victime.
Il réajusta sa veste avant de poser une main sur la poignée de la porte qui s'ouvrait vers le salon de Mars.
-Mais, monsieur le duc, je ne dirais rien à sa majesté, reprit Bontemps le regard amusé. Je vous en prie, prenez donc ce chemin.
Louis se retint de ne pas donner une tape sur le crâne du valet de chambre et emprunta enfin la sortie salutaire qui pouvait le mener jusqu'à ses appartements.


Ce que le duc n'avait prévu, c'était que le roi avait fait le nécessaire pour prévenir l'épouse - blasée - qui avait rejoint Versailles afin de soutenir son époux dans cette "épreuve" douloureuse. Ceux qui voyaient parfois en elle une martyre auraient aujourd'hui trouvé de quoi alimenter leur argumentaire!
-Ah, vous voilà, lâcha-t-elle sans enthousiasme lorsque Vivonne entra dans le petit salon de l'appartement. Le roi m'a fait mander ce matin, précisant que mon époux aurait besoin de tout le soutien de son épouse dévouée, afin de l'aider à surmonter une...."épreuve".

Les bras croisée sur sa poitrine, elle attendit quelques excuses qui furent maladroitement marmonnées par un mari bien pluis soucieux de terminer sa nuit que de palabrer.
-Pardonnez-moi, Antoinette, vous savez que je ne suis pas adepte de ces soirées...Richmond a bien plus de force que moi, tenta-t-il piteusement!
-N'inventez rien, Louis et allez plutôt prendre un bain. Je tâcherai de faire courir une rumeur dans laquelle nous expliquerons qu'une soudaine maladie vous a pris cette nuit.
-Excellente idée...je vous promets de ne pas recommencer, ajouta-t-il en prenant la main d'Antoinette, dans un regard d'enfant puni. Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle casse! 
-Voilà qui est bien dit. Allez, Louis, que nos enfants n'apprennent jamais cela!


***REPOS BIEN MERITE***


Spoiler:
 

______________________


« Le luxe n'est pas un plaisir
Mais le plaisir est un luxe. »





*N'ouvrez ce spoiler que si vous ne croyez plus en la crédibilité de Vivonne.*
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Very Bad Trip   29.08.13 16:16

Il y a des choses qu'on aimerait mieux ne pas savoir, ni voir. Le monarque en avait trop vu en cet instant pour imaginer ce qu'il s'était passé durant cette soirée qui devait être un grand n'importe quoi. Puis Vivonne ne tenant pas l'alcool, son état était plus que préoccupant. Il voyait des licornes ! Et puis quoi encore après ? Il valait mieux que personne ne le voit dans cet état, surtout pas son épouse ! Louis avait pris l'initiative de garder son ami d'enfance dans ses appartements privés où il pourrait se reposer et surtout décuver pour paraître un peu moins … pouilleux, il serait déjà plus lucide. Une fois le Mortemart couché et s'endormit de suite. Une curiosité de quelques instants prit le roi qui demanda où avait bien pu traîner le pochtron du soir, avant de se raviser, mais trop tard …

Eh bien, hum.. dans un. … bordel. avoua Froulay.
Décidément, je n'aurais vraiment pas aimé savoir. lâcha Louis, levant les yeux au ciel. Et je veux encore moins savoir comment vous avez su. Le principal est qu'il soit en bonne s... qu'il soit vivant.

On ne savait jamais ce que deviendrait votre santé lorsque vous passez les portes d'une maison close, ni même si l'alcool n'allait pas vous rendre malade. Le fait qu'il soit toujours parmi les vivants suffisait à rassurer le roi, Vivonne s'occuperait lui-même de ses probables maladies, là encore le souverain ne voudrait jamais savoir ce qu'il avait. Chacun ses histoires, Louis avait besoin de savoir beaucoup de choses sur ses courtisans, mais là, vraiment, non il n'en avait pas besoin. Alors que Vivonne dormait profondément, il était temps que le souverain retourne à un quotidien plus simple, et Aymeric d'aller enfin se coucher.

Il fallait prévenir l'épouse Mortemart qui devait bien se demander où son mari avait encore passé la nuit, la rassurer pour lui dire qu'il allait bien et reviendrait sous peu. Naturellement, Louis XIV avait pensé à Froulay, qui aurait pu se montrer un gage de qualité et de sérieux. Mais là encore, le roi se ravisa, le but était de rassurer l'épouse, pas de lui peur. Et Froulay, sans doute conscient de son piètre état, approuvait.

Croyez bien, Sire, que je suis profondément désolé de cette... affaire. Mais à mon tour je crois que je devrais me retirer …
Ne croyez pas, faites le, vous en avez pas besoin. approuva le roi. Mais hors de question que vous passiez par les salons, on vous a assez vu dans votre état. Bontemps va vous conduire par d'autres chemins. Et pas besoin de paraître en ce jour, reposez vous, vous en avez plus que besoin.

Si le roi demandait de ne pas paraître à la Cour, moteur des courtisans où tout n'était que paraître, que ce soit à la promenade, à la comédie, au souper ou au coucher, c'est qu'il fallait vraiment qu'Aymeric se repose. Entre sa beuverie et son enquête dans Paris, il y avait de quoi rêver d'un bon lit et ne pas en sortir. Aymeric le salua et s'éloigna, mais Louis l'interpella une dernière fois :

Froulay … prenez votre temps de repos et reprenez un esprit clair, j'ai besoin de vous au conseil demain. A défaut de Vivonne.

Et puisqu'il fallait paraître aussi à la messe, Aymeric de Froulay avait jusqu'au lendemain 10h pour se reposer, le roi lui faisait cadeau d'un lever aux aurores pour le grand lever royal. Mais il ne fallait pas trop en demander, demain serait un autre jour et il y avait des priorités qui demandaient bon esprit, non embrumé des effluves d'alcool. Enfin Aymeric quitta les appartements en compagnie de Bontemps (sans savoir que Bontemps allait l'emmener à la Galerie des Glaces) tandis que Louis XIV consulta sa montre, il allait être l'heure de la promenade. Après avoir enfilé un manteau et mis son chapeau à plumes sur la tête, il quitta sa chambre, Louvois attendait toujours dans le salon de l'Oeil de Bœuf. Il se leva à l'approche du roi.

Je sais bien qu'on dit que le loup voit tout mais, vous n'avez rien vu aujourd'hui.
Vu quoi, Votre Majesté ? demanda Louvois, ayant compris l'instruction.

Vraiment, il ne valait mieux pas qu'il raconte l'arrivée d'un Mortemart ivre et d'un Froulay avec mauvaise mine, ni essayer de savoir ce qu'il s'était passé là-dedans. Il parla une dernière fois avec le roi tandis que Louis descendait vers les jardins puis disparut. Louis XIV quant à lui, ne laissait rien transparaître de cet improbable moment, de cette drôle d'histoire où il n'avait pas tous les morceaux mais, clairement, il ne voulait pas les avoir. Cependant, la disparition de Vivonne et la mine de Froulay étaient dans les conversations, tout comme certains ayant croisé le duc de Richmond dans Versailles, rentrant chez lui sans bien mettre un pied devant l'autre. Louis fit semblant de ne rien entendre mais il était clair qu'il fallait éviter de mettre ces trois-là ensemble, quelle que soit la situation, cela tournerait toujours assez mal, la preuve d'aujourd'hui était indiscutable.

FIN


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qui fait perdre. »
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