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 Elisabeth d'Alençon - mon histoire appartient à Dieu mais je tenterai de la raconter aux hommes[terminé]

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: seul Dieu peut m'indiquer qui aimer
Côté Lit: Je me réserve pour mon futur époux, je ne suis pas de celles qui se donnent!
Discours royal:



When your faith is strong, you dont need a proof


Âge : 20
Titre : duchesse d'Alençon, abbesse de Remiremont
Missives : 414
Date d'inscription : 17/07/2012


MessageSujet: Elisabeth d'Alençon - mon histoire appartient à Dieu mais je tenterai de la raconter aux hommes[terminé]   19.07.12 1:26





Elisabeth Marguerite

dite Isabelle


d'Orléans




(Alexis Bledel)




« Le moment venu, Dieu reconnaîtra les siens »

    ► 20 ans
    ► Duchesse d'Alençon suo jure et abbesse de Remiremont
    ► Originaire de la famille royale française
    ► Célibataire
    ► Catholique fervente et convaincue
    ► Hétérosexuelle



♕ PROTOCOLE ♕
VERSAILLES : PARADIS OU ENFER ?

Que peut bien penser une mère abbesse de vingt ans, élevée par les sœurs, fervente et obstinée, fidèle à ce qu’elle pense, d’un lieu de débauche comme Versailles ? On peut s’en douter : pas que du bien ! Elisabeth a la réputation d’être une bigote sans cœur, fausse dévote hypocrite, franchement pas sympathique. Pourtant la jeune duchesse d’Alençon est réellement scandalisée devant les mœurs légères qui règnent dans le beau palais du roi de France. Pour elle, Dieu l’y a envoyée afin de sauver les âmes de ceux qui ne sont pas totalement irrécupérables. Seulement il y a une chose que tout le monde ignore : si Elisabeth si est implacable avec les libertins, c’est parce qu’elle les envie : étant donné qu’elle est devenue mère abbesse dès le plus jeune âge, elle a l’impression que toutes les libertés que prennent les courtisans lui seront toujours interdites, tout comme les plaisirs simples de l’amusement.

COMPLOT : VÉRITÉ OU FANTASME PUR ?

Ce n’est pas qu’Elisabeth soit égocentrique mais le complot pourrait avoir lieu sous ses propres yeux que cela lui passerait quand même à dix lieues au-dessus de la tête. Elle pense seulement que le problème principal du palais de Versailles est son éloignement de l’enseignement de Dieu, alors un complot contre son cousin le roi…Néanmoins elle n’est pas totalement naïve et elle voit bien que certaines personnes parlent sous cape, qu’il y a des chuchotis dans les couloirs du palais. Elle estime tout simplement qu’il s’agit là des futilités habituelles de la vie au palais.

COLOMBE OU VIPÈRE ?

Elisabeth estime que révéler des vérités choquantes sur les gens qui vivent dans le même palais que vous et les répandre afin que tout le monde soit au courant n’est pas diffusé un ragot mais simplement faire part de la réalité au plus de monde possible. Et quand il s’agit de Clorinda de Toscane ou du chevalier de Lorraine, symboles vivants pour elle de tout ce qu’il y a de plus méprisable en ce monde, tous les coups sont permis : s’il n’y a pas de cadavre dans le placard, il suffit d’en mettre un !

DES LOISIRS, DES ENVIES A CONFIER ?

- Elisabeth a un goût tout particulier pour le clavecin. Elle l’a apprit lors de son enfance à l’abbaye de Remiremont et elle adore utiliser ses moments pour prier en se servant de la musique pour atteindre Dieu.
- Étant donné sa malformation à la main, l’écriture lui est interdite aussi favorise-t-elle la lecture. De préférence lorsqu’elle lit des livres à sa mère au palais d’Orléans.
- Répandre des ragots en compagnie de son amie Inès de Valence bien sûr. Il y a tant et tant de gens peu soucieux de la morale et de la bienséance au palais que mettre le doigt sur leur perversion et le faire savoir à tout le monde est un travail à plein temps !
- La prière est le seul moment où elle se sent en paix avec le monde et réellement à sa place.



♕ HOP, RÉVÉRENCE ! ♕
► Prénom/pseudo: Morena alias l'ancienne Mary of Leeds
► Âge: 26 dimanche ^^
► Présence sur le forum: au minimum une fois par semaine selon ce que mes horaires de travail me permettront
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► Comment avez vous connu le forum ?: par envie d'y revenir
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Dernière édition par Elisabeth d'Alençon le 27.07.12 1:31, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Elisabeth d'Alençon - mon histoire appartient à Dieu mais je tenterai de la raconter aux hommes[terminé]   19.07.12 1:26


BIOGRAPHIE

VERSAILLAISE

_________________________________________________

Parce que notre histoire commence bien avant le début de notre existence:
Blois, le 30 janvier 1660

Ma chère fille,

Ceci pourrait bien être ma dernière lettre, Dieu me rappellera bientôt à Lui et il est temps pour moi de faire mes adieux à ma famille. Je t’en prie, ne me pleure pas. Toute ma vie, je n’ai fait que courir après ce que je n’avais pas. Toute ma vie, je me suis acharné à en vouloir plus alors que j’avais déjà tant. Encore aujourd’hui, je prends enfin conscience que j’ai été heureux et désire à tout prix rattraper ces moments perdus au lieu de savourer pleinement mes derniers instants.

Car il faut savoir, ma fille, que durant toute mon existence, j’ai su que si j’étais fais pour être roi, je n’étais pas né pour régner. Cela te semble sûrement confus, peut-être faut-il être au soir de sa vie pour comprendre cela. Je suis né cinquième enfant et troisième fils. Mon frère Louis était le dauphin et mon frère Nicolas, le duc d’Orléans. Je reçus l’apanage traditionnel qui échoit au troisième fils : le duché d’Anjou. Mais tout petit déjà, je sentais que j’étais fait pour un autre destin : mes frères étaient faibles, Louis, toujours à se réjouir des victoires des autres jusqu’à se persuader qu’il s’agissait de la sienne et Nicolas, si chétif, si malade. Lorsqu’il mourut, que Dieu me pardonne, je ne versais pas une larme. Je devins duc d’Orléans, je savais qu’il ne me restait qu’un obstacle pour devenir roi.

Nous fûmes cinq dans ma fratrie à survivre à l’enfance. Louis fut roi de France alors qu’il était si jeune, Elisabeth reine d’Espagne et Henriette, reine d’Angleterre. Quant à ma sœur Christine, elle devint duchesse de Savoie mais le duc gérait son domaine comme un royaume. Alors que j’étais le seul à avoir l’étoffe d’un souverain, je demeurais à Paris pour servir mon pauvre frère. Ma mère en était désolée, je sais aujourd’hui qu’elle avait les mêmes certitudes que moi quant à ma place en ce monde et qu’elle ne pardonna jamais d’avoir conçu ses enfants dans le désordre. Toute mon enfance, elle me fit sentir que j’aurai dû être roi. Peut-être est-ce ce qui m’a motivé à vouloir prendre par la force ce qui me revenait par mérite. Je n’aurai jamais aucune certitude là-dessus et d’ailleurs, cela ne fait plus aucune différence à présent.

Je suis certainement un peu sévère avec ce pauvre Louis, après tout mon frère avait un talent qu’on ne peut nier : il savait s’entourer. Ainsi, il trouvait la force d’affirmer son pouvoir et donner une impression de puissance. Chacune de ses actions était inspirée ou exécutée par quelqu’un d’autre mais qui avait l’intelligence de laisser le roi en récolter les honneurs. Cette mascarade m’exaspérait au plus haut point. Mais il me restait un espoir :

Malgré son mariage précoce avec Anne d’Autriche, il n’avait toujours aucun enfant et encore moins d’héritier. Je demeurais donc premier dans l’ordre de succession. Après tout, les trois fils de Philippe le Bel et d’Henri II avaient tous régner, si Louis s’avérait tellement impuissant qu’il était incapable de concevoir, la France me reviendrait. Sauf que rien ne me garantissait que je vivrais assez longtemps pour voir cela : j’avais beau être en excellente santé et Louis sujet à des crises fréquentes, il ne se décidait pas à mourir. Alors je tentais une première fois de monter sur le trône. Et j’échouais, je dois bien te l’avouer mon cher enfant. Et pour me punir, Richelieu me fit épouser la pire des épouses : la Montpensier.

Un mariage malheureux, voilà une chose que tu ne devrais pas connaître ma petite abbesse. Je pense que tes sœurs sont heureuses en ménage. Nous eûmes une fille, ta demi-sœur. La pauvre enfant, je n’ai jamais été tendre avec elle. Pourtant sa mère était morte en la mettant au monde, j’aurais dû avoir pour elle la tendresse d’un père et d’une mère. Mais je n’y peux rien, aujourd’hui encore, je ne l’aime pas. Je le déplore bien sûr mais malgré ma conscience, je n’arrive pas à l’aimer, que Dieu me pardonne, encore une fois. Elle m’a pourtant été d’une fidélité et d’une loyauté indéfectible. Ta chère mère me disait pourtant de l’aimer, de lui montrer quelque marque d’affection.

Ta chère mère, la première fois où je m’autorisais à savourer l’instant présent fut celui de notre rencontre. Marguerite, mon bel ange, ma vie. Pour elle aussi je me battis, on ne voulait pas que je l’épouse. Notre premier mariage fut déclaré nul et non avenu et il nous fallut attendre onze ans que cette vipère de Richelieu se décide à mourir pour pouvoir nous marier. Elle fut ma plus tendre bataille, celle que je ne regretterais jamais.

Entretemps, ton cousin Louis était né et devenu roi à la place de mon frère. Je m’éloignais un peu plus de la couronne. Je continuais à me battre pour ce trône que je n’avais jamais autant désiré maintenant qu’il m’échappait un peu plus, mais une fois de plus j’échouais. J’étais fait pour m’asseoir sur le trône, non pour le conquérir malheureusement. Je fus exilé avec ma famille en ce beau château de Blois. Mais tout cela, tu le sais ma chère petite.

Si je prends le temps de te raconter ma vie, c’est pour plusieurs raisons. La première est qu’à ma mort, ce ne sera plus mon histoire, ce sera la tienne car ma chère Isabelle, si aujourd’hui tu es la petite demoiselle obstinée, prête à te battre pour être à ta vraie place dans le monde, c’est parce que nous nous ressemblons ma fille, nous nous ressemblons que trop.

Ce qui m’amène à la deuxième raison : j’ai peur qu’entre deux batailles, tu ne prennes pas le temps d’aimer. Car la vie n’est pas qu’une guerre mon enfant, elle est aussi belle qu’elle est cruelle et je voudrais que tu en prennes conscience avant tes derniers instants. Cesse de toujours mépriser les lettres que reçoit ta mère où l’on lui décrit la vie à la cour de ton cousin. Le roi de France est de ton sang et même si tu n’approuves pas ses mœurs, ne le combats pas, aime le au moins un peu. Ne fais pas comme moi mon enfant, n’attends pas le soir de ta vie pour t’attendrir !

Mon enfant, ici s’achève mon histoire et commence la tienne. Je compte sur toi et ton intransigeance pour garder cette famille dans le droit chemin. Veille bien sur ta mère et tes sœurs. Et prends le temps d’aimer, Dieu est amour et la vie est un don qu’Il nous fait. Ne l’oublie jamais ma petite abbesse, sois heureuse. N’écoute pas ce que l’Histoire retiendra de moi. Souviens-toi du père que j’étais et ne juge pas l’homme trop sévèrement, si j’ai péché, je te le confesse petite abbesse, c’était plus par orgueil que par malice.

Adieu donc mon enfant,

Gaston de France, duc d’Orléans, de Chartres, de Valois et d’Anjou, comte de Blois, prince de sang




Parce qu’une haute naissance n’empêche pas une basse condition :

Paris, Palais d’Orléans, 26 décembre 1646

Marguerite de Lorraine se réveilla à l’aube. Nous avions beau être au beau être le lendemain de Noël, Dieu semblait ne vouloir montrer aucune clémence: la température était horriblement froide et voilà quinze jours qu’il ne faisait que pleuvoir. L’humidité rongeait les murs du château et la duchesse d’Orléans avait passé une bonne partie de la nuit à grelotter dans ses draps. Dehors, il faisait gris et le ciel annonçait une nouvelle journée d’averses.

La duchesse se tourna comme elle le put, son ventre arrondi, tendu au dernier degré, ne lui laissait pas de répit. Et puis surtout, son époux lui manquait. Il n’était revenu des différentes campagnes que le temps de découvrir Marguerite-Louise, leur première fille et de lui en faire un deuxième. Sa fille s’apprêtait à célébrer son premier anniversaire que déjà elle allait donner naissance à un autre enfant. Elle craignait que son bien-aimé ne puisse être revenu à temps pour sa délivrance.

Toute à ses pensées, elle se retourna afin de trouver une position confortable.

Richelieu était mort, son beau-frère avait eu deux fils, son époux étant définitivement écarté de la couronne, le gouvernement avait enfin reconnu leur mariage. Ils avaient pu se donner l’un à l’autre sans crainte d’avoir un enfant et n’avaient presque pas eu le temps d’en profiter. Il lui manquait au plus profond de sa chair. Quand elle pensait à l’oncle du roi, Marguerite n’avait pas l’impression qu’elle pensait à l’homme qu’on lui décrivait dans les salons : violent, emporté, orgueilleux, ambitieux,… avec elle, il n’était que douceur et tendresse.

Elle dût se tourner à nouveau, elle était si proche du terme qu’elle avait de plus en plus de mal à être à l’aise.

La duchesse d’Orléans avait beaucoup de chance : faire un mariage d’amour en ces temps troublés était chose rare et voilà qu’un prince, un véritable prince de sang, l’avait aimée et avait affronté une nation entière pour pouvoir être heureux avec elle. Depuis l’acceptation de leur mariage, la chance semblait sourire à ce couple épanoui. La petite Marguerite-Louise était charmante et promettait de devenir une très belle jeune femme. Il ne leur manquait plus qu’un fils pour être comblés. D’ailleurs, cet enfant qu’elle portait, peut-être était-ce ce petit garçon tant attendu.

Se tourner encore. Elle ne savait pas pourquoi mais ce matin semblait encore plus pénible que les autres. Son inconfort se muait petit à petit en douleur et un liquide chaud lui coula rapidement entre les jambes.


- A moi ! L’enfant arrive ! Que quelqu’un vienne immédiatement !

La servante qui dormait derrière la porte bondit dans la pièce en criant au plus jeune page d’aller chercher la sage-femme et à la chambrière de faire bouillir de l’eau.

Quelques instants plus tard, Marguerite de Lorraine fut assise sur ses oreillers dans une robe de chambre propre, divers servantes s’affairant autour d’elle. On la mit en position pour expulser l’enfant et comme ce n’était pas son premier, la sage femme eut tout juste le temps d’arriver que la tête sortit. La duchesse poussa, cria, poussa, pleura, poussa tant qu’elle put et le bébé fut là.


- Est-ce un fils ? Ai-je donné le fils tant attendu à mon époux ?

La sage femme prit un air gêné :

- Non madame, c’est une petite fille.
- J’ai mis au monde une belle petite fille !
- Eh bien madame, en tout cas c’est une petite fille !


On mit le nourrisson vagissant dans les bras de sa mère. Une petite fille, certes. Avec le dos légèrement bossu, une jambe un petit peu plus courte que l’autre et une main violette comme le sang y circulait mal. Une enfant difforme. Mais la duchesse ne pouvait s’empêcher d’aimer cette pauvre petite créature contrefaite et de lui promettre un avenir plein de promesses.

Lorsque Gaston d’Orléans revint dans son foyer, Marguerite avait prit sa décision : puisqu’un mariage d’amour était impossible pour sa fille et que n’importe quel mari se moquerait de sa physionomie, elle ne se marierait donc pas. Elle avait une tante, Catherine de Lorraine, qui était abbesse à Remiremont et qui attendait que quelqu’un lui succède avec grande impatience. Dès que la petite serait en âge de quitter sa famille, elle entrerait chez les sœurs. Quant à son père, il décida de lui donner en apanage le duché d’Alençon. Entre son abbaye et son domaine, elle ne manquerait ni de distraction ni de moyens. Le destin d’Elisabeth était scellé. Du moins, pouvait-on le croire.




Parce que les voyages forment la jeunesse:

Sur la route des Vosges, octobre 1648

- Elisabeth, asseyez-vous !

Voilà toute une journée passée dans la voiture. Depuis des jours et des jours, les servantes s’affairaient à faire ses malles, emballant ses belles robes et ses beaux joujoux. Marguerite-Louise et elle courraient dans tous les sens, excitées par les préparatifs du voyage. Elle était belle sa grande sœur, un parfait petit ange, comme sa mère. Elisabeth n’aurait pas été laide s’il n’y avait ce problème de dos et de jambe. Et puis, dès qu’elle imposait un exercice physique à sa main droite, celle-ci gonflait et devenait violette. Les adultes lui hurlaient de cesser immédiatement, les médecins lui disaient qu’elle ne pourrait probablement jamais écrire. Mais qu’importe pour le moment, elle ne voulait que jouer.

- Elisabeth, je suis las de le répéter, asseyez-vous !

Hier soir, il y avait eu un banquet en son honneur. Ses parents, ses amis, Marguerite-Louise et la petite Françoise, pourtant encore un nourrisson, y assistaient. Sa demi-sœur, la Grande Mademoiselle était présente elle aussi. Une horrible femme, la petite Elisabeth n’avait pu s’empêcher de pleurer chaque fois que le regard entouré des affreux sourcils s’était penché sur elle.

- Venant d’une enfant malformée, voilà qui est un comble, avait sifflé la jeune femme.

On lui avait dit qu’elle allait partir. Tant mieux, en ce moment, elle et ses sœurs ne pouvaient pas sortir. On entendait la révolte gronder dans la rue. Autrefois, leur mère les emmenait avec elle lorsqu’elle se rendait dans les salons. Elle les présentait au reste de la compagnie. Ensuite, elle les confiait à une servante pendant qu’elle discutait. Malgré ses tares, ses parents étaient fiers de la présenter, autant que sa jolie sœur. Mais maintenant, on lui avait expliqué que la Fronde venait de démarrer. Elle ne comprenait pas de quoi il s’agissait mais ça avait l’air grave.

- Elisabeth, faudra-t-il que je le dise éternellement ? Asseyez-vous et restez tranquille !

On l’avait réveillée aux premières lueurs de l’aube. On l’avait habillée pour le voyage, son père en personne allait la déposer dans sa nouvelle maison. Sa mère pleurait. Elisabeth ne comprenait pas pourquoi : on lui avait dit qu’elle ne reviendrait pas avant de nombreuses années mais tout cela était abstrait pour elle, elle était trop jeune pour comprendre. Marguerite-Louise non plus ne comprenait pas. Elisabeth serra la maisonnée dans ses bras, tout cela était follement amusant. Pourvu qu’il y ait d’autres départs. Son père l’emmena dans la voiture. C’était la première fois qu’elle y montait, qu’elle apercevait le cocher de près. On avait quitté Paris tôt le matin afin d’éviter les premières émeutes de la journée. Pour la première fois, elle quittait Paris. La campagne était magnifique : des forêts à perte de vue. Elle ne tenait pas en place.

- Très bien Elisabeth, je vous avais prévenue !

Cette fois, le soufflet vola. Elisabeth cria et sanglota bruyamment.

- Allons chère petite, voulez-vous vous tenir calme ?

La petite fille sanglota plus silencieusement. Faire un si beau voyage et ne pas pouvoir s’en amuser, quel beau gâchis ! Son père se reprit et l’installa sur ses genoux. Il lui parla, il lui dit de ne jamais oublier qui elle était : la fille d’un prince de sang royal, la fille d’un duc, elle-même était l’une des plus grandes duchesses de France. A l’époque, tout cela n’avait pas beaucoup de sens pour une si petite fille mais au fur et à mesure que les années passeraient, les mots feraient leur chemin dans l’esprit de la petite Elisabeth.

Le voyage dura cinq jours. Cinq jours durant lequel le père et la fille furent plus proches qu’ils ne le seraient jamais. Aucun des deux ne pouvait soupçonner qu’ils ne retrouveraient plus jamais cette proximité avant l’agonie de Gaston d’Orléans. Ils dormaient dans des auberges, les serviteurs qui chevauchaient derrière la voiture dormaient devant les portes afin de veiller sur leurs maîtres. Elisabeth était aux anges. Et tous les jours, le père parlait à sa fille du fait qu’elle était d’un haut rang, qu’elle ne devrait jamais laisser personne la mépriser, qu’elle devrait rester digne et fière. Puis, ils arrivèrent à Remiremont.


- Voilà donc l’enfant qu’il nous faudra appeler : mère abbesse !

Depuis que feu Catherine de Lorraine, l’ancienne mère abbesse, avait annoncé que l’abbaye reviendrait à sa nièce après sa disparition, sœur Marie-Cécile s’attendait à devoir former une très jeune femme à ce poste. Mais voilà qu’on lui amenait une enfant de deux ans, visiblement très agitée.

- Il lui faudra surveiller son attitude !
- Ma sœur, rugit Gaston d’Orléans, vous vous oubliez ! Il ne s’agit pas d’une enfant ordinaire mais d’un membre de la famille royale ! Et puis, ajouta-t-il après un temps, de quoi vous plaignez-vous ? Tant qu’elle sera mineure, vous serez la responsable de l’abbaye, alors appréciez votre sort et gardez vos réflexions je vous prie !

- Tout le monde ne désire pas gouverner un domaine que Dieu n’a pas jugé bon de vous attribuer votre Altesse, maugréa entre ses dents sœur Marie-Cécile mais elle se contenta de sourire et d’amener le père, la fille et leur maisonnée dans les appartements de l’abbesse.

Le duc et sa fille passèrent deux jours, les derniers où ils seraient proches. Elisabeth ne pensait pas qu’elle pourrait être plus heureuse que ces jours-là. Au bout de deux jours, Gaston d’Orléans confia sa fille à Catherine de Néronde, chargée de lui servir de gouvernante. Il embrassa la petite en guise d’adieux. Pour la première fois, Elisabeth comprit qu’elle serait éloignée de ses proches et que sa vie changerait complètement. Elle se mit à pleurer, ses premières vraies larmes de douleur profonde. Elle pleura tout le temps que mit la voiture à disparaître de sa vue. Sœur Marie-Cécile commença par envoyer la gouvernante ranger les affaires de la petite abbesse. Ensuite, elle se tourna vers celle-ci et sourit :

- Bien mademoiselle l’abbesse, nous allons nous charger de faire de vous une dame honorable !



Parce que les voies du Seigneur sont souvent impénétrables:

Blois, le 24 décembre 1658

- Joyeux Noël !
- Joyeux Noël !

- Joyeux Noël, que Dieu vous garde !

Un malaise suivit ces derniers souhaits. Non pas que Dieu constitua une source de malaise quelconque à la table de l’oncle du roi mais c’était le ton de reproche dans lesquels ils avaient été formulé qui n’étaient pas au goût de l’assemblée. Ils venaient du centre de la table, là où se trouvaient les trois filles du duc d’Orléans, regroupés avec les autres jeunes gens. Comme chaque année, le duc et la duchesse invitaient toute la noblesse présente à Blois et dans les environs afin de célébrer Noël lors d’un somptueux banquet puis d’un bal. Pour la première fois, leur puînée les avait rejoints au château de Blois et semblait vouloir y demeurer avec sa famille. Au début, tout cela avait remplit la famille ducale de joie mais depuis, ils avaient déchanté :

De la petite fille contrefaite mais drôle, attachante et active, il ne restait plus rien. Ils ne savaient par quelle diablerie, ses difformités ne se remarquaient plus, elle était même aussi jolie que ses sœurs. En outre, du haut de ses douze ans, elle en avait l’attitude d’une femme de cinquante. Voir cette vieille bigote enfermée dans le corps d’une jolie petite jeune fille avait quelque chose de dérangeant. La seule qui ne prenait pas ombrage de sa présence était sa mère, trop heureuse de voir ses enfants survivants réunis sous son toit.

Elisabeth s’ennuyait à mourir face à ces mondanités : elle n’avait plus vécut une fête pareille depuis l’âge de deux ans et l’austérité de son couvent lui manquait au plus haut point. Elle découvrit ses sœurs avec qui elle comptait partager à nouveau la complicité enfantine : Marguerite-Louise, belle et frivole en train de faire les yeux doux aux jeunes hommes les entourant. Et dire qu’elle n’avait que treize ans ! Elisabeth était scandalisée. Quant à l’ancien nourrisson, Françoise-Madeleine, dix ans, elle passait son temps à rire sottement pour des futilités. Fort heureusement, on l’avait placée à côté de son amie Louise de la Baume le Blanc, belle-fille de Jacques de Courtavel, maître d’hôtel de la famille. Louise, en tant que jeune fille de bonne famille, était élevée avec les filles du maître de maison. La jeune fille de quatorze ans était douce et modeste, Elisabeth s’était immédiatement prise d’amitié pour elle. Elles passèrent le dîner à parler. Louise qui ne fréquentait que la noblesse déchue depuis la Fronde depuis sept ans trouvait le calme et la piété d’Elisabeth très intéressants. Depuis le début du repas, alors que le banquet chic virait à la ripaille de taverne, la petite Elisabeth ne cessait de faire savoir à qui voulait l’entendre que normalement, Noël servait à célébrer la naissance du Christ.

Le bal débuta après la messe de minuit. Elisabeth et Louise s’isolèrent dans un salon tandis que tout le monde s’élançait dans la salle de bal.


- Ma chère, je suis ravie que vous ayez décidé de revenir dans votre famille, ainsi nous avons eu le plaisir de nous rencontrer ! dit Louise en prenant les mains de sa nouvelle amie.
- J’en suis ravie aussi, croyez-moi, répondit Elisabeth avec la même ferveur, quoique Remiremont me manque cruellement lorsque je vois la légèreté avec laquelle les gens vivent dans ce palais !

Elisabeth eut un mouvement d’impatience qui fit voltiger ses boucles brunes, geste de coquetterie qu’elle regretta aussitôt. Mais Louise ne s’en formalisa pas, elle voulait tout connaître de la vie monacale :

- Vous avez donné à mon beau-père des ordres très précis concernant l’organisation de votre service. Vous ne parvenez pas à vous défaire de vos habitudes de l’abbaye ?

Elisabeth sourit et regarda ses mains en se remémorant la vie heureuse et bien organisée de Remiremont.

- Il ne s’agit pas d’une habitude dont il est difficile de se défaire. Sœur Marie-Cécile disait toujours qu’une vie bien réglée nous permettait d’apprécier chaque instant à sa juste valeur et d’honorer notre Seigneur comme il se doit !
- Sœur Marie-Cécile est la femme qui vous a élevée et qui administre l’abbaye en votre absence ?
- Oui, elle est ma coadjutrice et je lui dois tout ! Saviez-vous, ma chère Louise, que j’étais difforme étant enfant ?
- Comment, vous ? Mais vous semblez si parfaite aujourd’hui !

Elisabeth fit un signe de croix :

- Je vous remercie mais je ne suis point vaine au point de croire que je pourrais égaler la perfection émanant directement de notre Seigneur.

Elle se reprit et continua son histoire :

- C’est pourquoi mes parents prirent la décision de me faire abbesse, ils pensaient que jamais je ne pourrais trouver un bon mariage étant ainsi. Mais sœur Marie-Cécile n’est pas du genre à se résigner et elle m’a apprit la ténacité ainsi que le fait qu’avoir un physique appréciable demande un certain tribut à Dieu : elle m’attacha des barres de fer dans le dos et me fit dormir sur une planche en bois. Etant très jeune, je n’étais pas tout à fait formée. Aussi, elle put remodeler mon pauvre dos et petit à petit, faire disparaître ma bosse. Heureusement que nous nous y sommes prises à cet âge.

Ce qu’elle oubliait de préciser c’est qu’après avoir passé neuf ans avec cet attirail barbare collé au dos, elle ignorait ce que c’était de ne plus avoir mal, elle souffrait le martyr en permanence mais ne s’en plaignait jamais.

- Si je vous confie tout cela, c’est parce que nous sommes amies. Je ne me permettrais pas de discuter de détails aussi intimes de ma vie avec n’importe qui.
- Votre amitié m’honore chère Elisabeth, répondit Louise avec douceur.
- Merci, répondit Elisabeth avec humilité.
- Aviez-vous d’autres désagréments physiques ?
- Oui, il y avait bien sûr mon dos mais également ma jambe gauche, elle était bien plus courte que la droite. Sœur Marie-Cécile l’emprisonna dans des tiges de métal pendant quatre ans. Ce qui fait qu’aujourd’hui, elle est pratiquement à la même hauteur que l’autre.

Louise eut la délicatesse de ne pas lui faire remarquer qu’on voyait encore légèrement sa boiterie bien que ce fut presque imperceptible. Tout comme Elisabeth ne lui conta pas qu’il lui restait d’affreuses cicatrices sur le bas des mollets suite au port des tiges de métal. Toute à ses louanges pour sœur Marie-Cécile, elle n’osa pas dire non plus qu’elle n’avait rien pu faire pour son problème à la main.

- Le roi Charles V avait la même tare, étant donné que je fais partie de la famille royale, le fait que j’en souffre également n’est pas sans fondement, avait annoncé Elisabeth à sœur Marie-Cécile quand celle-ci s’était étonnée qu’elle souffre d’un mal aussi rare.

Après tout, son père lui avait raconté l’histoire des rois de France durant les quelques jours qu’ils avaient passé ensemble. Elle avait beau être jeune, Catherine de Néronde lui en racontait un épisode tous les soirs avant de dormir. La petite Elisabeth connaissait l’histoire de la royauté française sur le bout des doigts. Mais sœur Marie-Cécile désapprouvait ce genre de connaissance qui ne faisait, selon elle, qu’entretenir un orgueil farouche, incompatible avec le poste d’abbesse.

- Ma chère enfant, avait-elle répondu à la petite fille, Charles V était de la dynastie des Valois, vous appartenez à celle des Bourbons, vos liens de parenté avec cette noble famille remonte à Saint-Louis, vous n’avez donc aucun lien de sang avec le sire Charles V de France, même s’il est vrai qu’il souffrait du même mal.

Et devant l’air déconfit d’Elisabeth, elle ajouta :

- Lorsque vous voulez vous enorgueillir de votre haut lignage, chère petite, tâchez d’éviter les erreurs dynastiques !

Ce fut la dernière fois qu’Elisabeth commettait une faute de ce genre ! Son problème à la main l’empêchait d’écrire mais elle appréciait tout particulièrement la lecture. Catherine de Néronde avait insisté auprès de la coadjutrice pour qu’Elisabeth apprenne le chant et le clavecin comme toute jeune fille qui se respecte. Malgré un premier refus net et catégorique, la gouvernante avait obtenu gain de cause.

- En tout cas, je suis heureuse que vous soyez rétablie aujourd’hui.

Elisabeth sursauta : plongée dans ses souvenirs, elle en avait complètement oublié qu’elle discutait avec Louise.

- Et, poursuivit celle-ci, si ce n’est pas indiscret, je voulais vous demander quelque chose ?
- Dites-moi !
- Pourquoi avoir quitté l’abbaye et être revenue dans votre famille ?

Elisabeth prit le temps de choisir ses mots pour répondre à son amie :

- Pour tout vous avouer, n’étant pas nonne moi-même, il fallait que je découvre le monde extérieur tel que Dieu l’a crée. Dans ces conditions, la vie à Remiremont n’était plus possible.

Il s’agissait d’un nouveau demi-mensonge. En réalité, Elisabeth avait eu une terrible dispute avec sœur Marie-Cécile. En effet, celle-ci voulait que la jeune fille commence son noviciat en vue de prendre le voile mais quelque chose retenait la duchesse : elle sentait que Dieu avait prévu quelque chose pour elle dans le monde extérieur, que sa place était au-dehors des murs de l’abbaye. Sœur Marie-Cécile avait insisté sur le fait qu’en mille ans, chaque abbesse de Remiremont avait prononcé ses vœux mais pour une fois, sa protégée ne céda pas. Encouragée par Catherine de Néronde, elle soutint même qu’il lui fallait retourner auprès de sa famille afin de ramener les brebis égarées dans le troupeau.

- Qu’est-ce qui peut bien vous faire croire que Dieu a de tels projets pour vous petite fille ! Bien, partez puisque tel est votre désir mais je vous le dis mademoiselle la duchesse : votre vanité vous perdra un jour et je vous en consolerai pas quand ce jour viendra !

C’était sur ces paroles de colère que la coadjutrice de l’abbaye et sa fille de cœur se séparèrent, le cœur lourd. Elisabeth en souffrait mais sa fierté l’empêchait de le montrer à qui que ce soit, y compris à Louise.

- Eh bien, bon retour parmi nous dans ce cas Elisabeth, conclut celle-ci.
- Je vous en prie, mes amies du couvent m’appelaient Isabelle, faites-moi l’honneur de me nommer ainsi !
- Joyeux Noël Isabelle !
- Joyeux Noël Louise ! Que Dieu vous garde mon amie.






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MessageSujet: Re: Elisabeth d'Alençon - mon histoire appartient à Dieu mais je tenterai de la raconter aux hommes[terminé]   19.07.12 4:10







Parce qu'il n'y a rien de plus important qu'une famille

Paris, palais d'Orléans, janvier 1662

Elisabeth releva la tête en entendant des pas précipités venir du couloir. Drapée dans sa robe bleue et ocre, les cheveux relevés par une résille sans ornements, elle eut une moue de désapprobation. Elle savait à qui appartenait ces pas et cela l’agaçait au plus haut point. Catherine de Néronde ouvrit la porte, inclina respectueusement la tête et annonça :


- Mademoiselle, votre sœur désire vous parler !

La duchesse d’Alençon savait bien de qui il s’agissait : sa sœur ne pouvait se déplacer de la façon dont son rang l’exigeait.

- Bien Catheau, fais-la entrer mais pour l’amour de Dieu, qu’elle ne s’excite pas ainsi !
- Bien mademoiselle, répondit tout aussi respectueusement l’ancienne gouvernante devenue dame de compagnie.

Françoise-Madeleine d’Orléans entra dans la chambre, rouge, essoufflée d’avoir courut dans tout le palais d’Orléans. Elisabeth lui désigna la causeuse en face de la sienne. L’hiver était particulièrement rude cette année-là et la jeune duchesse, pourtant peu frileuse, était confortablement installée devant l’âtre à la recherche de la moindre parcelle de chaleur. Françoise retira son manteau, son bonnet en fourrure et son manchon qu’elle déposa dans les bras tendus d’une servante et s’installa auprès de sa sœur. C’était devenu une jolie adolescente de treize ans, bientôt quatorze : elle promettait d’avoir bien des prétendants et de faire un beau mariage très bientôt. Si Elisabeth, du haut de ses quinze ans, s’enfonçait dans l’austérité au fur et à mesure que les années passaient, ses sœurs étaient de plus en plus joyeuses et frivoles avec le temps, au grand désespoir à la fois de leur sœur et de leur mère.

- Isabelle, aujourd’hui à la Cour, nous avons joué à un jeu follement amusant : colin-maillard.
- Colin-maillard, renifla Elisabeth avec mépris, et quel est-il ma sœur ?
- Il s’agissait de bander les yeux d’une personne, elle devait en attraper une autre autour et ensuite, rien qu’en palpant son visage, la reconnaître !

Elisabeth soupira. Voilà plusieurs mois que Louise n’était plus avec elle et son amie lui manquait atrocement. Elle se souvenait des jours heureux à Blois où tandis que ses parents se retrouvaient en joyeuse compagnie et s’adonnaient à des activités plus que tapageuses, les deux jeunes filles se promenaient ou lisaient tout en devisant sur des questions théologiques ou historiques. Sa mère, la duchesse d’Orléans appréciait la cour de Blois mais le fait que deux de ses filles s’y mêlent avec autant d’aisance lui faisaient peur. Pour cela, elle s’entendait fort bien avec sa puînée : comment espérer que ses filles fassent un beau mariage si leur honorabilité pouvait être mise en doute ? Gaston d’Orléans n’accordait aucune importance à ces angoisses et était ravi de voir deux de ses filles le suivre dans ses frasques.

- Eh bien Françoise, voilà une occupation fort intéressante ! Vous avez bien avancé pour votre avenir !
- Père aimait ce jeu, il m’en avait parlé mais je n’y avais encore jamais joué ! Me voilà proche de lui aujourd’hui en faisant une chose qu’il aimait tant.
- Aujourd’hui, il est surtout proche de Dieu, répliqua Elisabeth, agacée.

Il y avait presque deux ans maintenant que le duc d’Orléans avait trépassé. Il avait agonisé pendant quelques jours, affaibli par la maladie à Blois. Elisabeth avait énormément prié pour le salut de son père. Alité, le docteur Brunier lui interdisant toute visite, il avait écrit à chacun des membres de sa famille. Elisabeth avait lu la sienne sans froncer un sourcil tandis que sa mère et ses sœurs fondaient en larmes. Elle avait ensuite annoncé qu’elle se retirait pour prier pour son âme et avait quitté la pièce très dignement. Une fois dans sa chambre, elle renvoya Catheau et fondit en larmes. Des sanglots silencieux bien entendu. Sœur Marie-Cécile lui avait apprit à ne jamais montrer ses émotions en public et elle continuait à suivre ce précieux enseignement.

Après la mort de l’oncle du roi, la duchesse ne voulut plus rester à Blois qui lui rappelait trop son cher époux. Elle écrivit au roi afin de rentrer dans leur résidence de l’hôtel d’Orléans à Paris. Cela lui permettrait de fréquenter la Cour et de présenter ses cousines au souverain. Un beau jour, elle réunit ses trois filles pour leur annoncer la nouvelle :


- Mes enfants, le roi accorde son pardon à toute la famille de son oncle. Nous aurons le droit de reprendre notre ancienne résidence à Paris et de paraître à la Cour.

Louise-Marguerite et Françoise se mirent à pousser des cris de joie : oh mon Dieu, la Cour ! Cela signifiait qu’il faudrait avoir de belles garde-robes ! Où en était à la mode à Paris ? Pourvu qu’elles n’aient pas l’air trop provincial !

- Mère, je vous demande de me laisser demeurer à Blois ! Je ne me vois pas aller à Paris, j’étais si jeune lorsque je l’ai quitté que je ne pense pas pouvoir m’y faire.

Cette dernière réflexion venait bien évidemment d’Elisabeth. Ses sœurs poussèrent de profonds soupirs. Elles l’aimaient bien pourtant, mais il n’y avait rien à faire : elles étaient très différentes !

- Elisabeth, ma chérie, vous resterez avec nous que cela vous plaise ou non ! Je compte diminuer le train de vie à Blois ainsi que la maisonnée et puis aujourd’hui, je tiens à veiller sur vous trois. Vous viendrez donc à Paris avec nous.
- Mère, si vous voulez fermer Blois, je retournerai donc à Remiremont. Après tout ma place est auprès de Dieu et non pas à la Cour du roi de France !
- Elisabeth, …
- C’est un monde de luxure et de débauche, mère ! Le roi convoite la femme de son frère, et puisque nous parlons du frère, c’est un….

Elle ne cria pas le mot tant son mépris était grand. Sa mère lisait souvent les lettres de ses anciennes amies de Paris qui décrivaient la vie à la Cour. Elisabeth était scandalisée : elle qui avait grandit dans la vertu, avait du mal à concevoir que l’on puisse à ce point s’éloigner de Dieu. Lorsque l’on connaissait les règles qui donnaient accès au Paradis, pourquoi s’en détourner volontairement ? Elisabeth était dépassée : sa vie ne la rendait pas heureuse mais au moins, elle était sûre de faire ce qu’il fallait, d’accomplir son devoir.

- Je sais comment cela se passe à la Cour, reprit plus doucement la duchesse, c’est pourquoi cette famille aura d’autant plus besoin de vous pour la ramener sur le droit chemin.

Elisabeth était piégée : retourner à Remiremont signifiait devoir prononcer ses vœux. Quelque chose en elle se refusait à cette idée et elle se donnait bonne conscience en se disant qu’il lui fallait accomplir l’œuvre de Dieu dans le monde extérieur. Après tout, ce n’était pas les sœurs qui s’éloignaient de Lui mais les brebis égarées, éparpillées dans les différents troupeaux. Si elle restait sourde à l’argument de sa mère et retournait à Remiremont, il lui faudrait admettre à sœur Marie-Cécile que si elle n’avait pas pris le voile jusqu’à présent, c’était tout simplement parce qu’elle n’en avait pas envie et non pas parce que Dieu avait une mission pour elle à l’extérieur. Ainsi elle avait cédé mais ne s’était jamais présentée à la Cour contrairement à ses sœurs.

Quelques mois plus tard, Louise-Marguerite avait épousé le grand-duc de Toscane. La duchesse d’Orléans était triste de perdre son enfant mais heureuse de lui avoir trouvé un beau parti. La cérémonie émut beaucoup la jeune Françoise qui ne rêva plus que de son propre mariage. Peut-être aurait-elle un aussi beau parti que sa grande sœur. Elle ne se priva pas de le dire lors du banquet. Sa mère lui promit de tout faire pour. En revanche, la jeune épousée ne faisait rien pour cacher son désarroi.


- Pauvre petite, commenta une invitée à l’intention d’Elisabeth. De bien tristes années l’attendent, elle qui est si jeune et si pleine d’espoir.
- Pourquoi dites-vous cela ? demanda Elisabeth. Le grand-duc est un excellent parti et on dit de la Toscane que c’est un beau pays, fort pieux.
- Oui, rit l’intrigante. Quand on sait que cette petite fut l’une des courtisanes les plus joyeuses et que l’on voit mon beau-frère !
- Oh, le marié est donc votre beau-frère !
- Oui, pardonnez-moi je ne me suis pas présentée : je suis Clorinda, celle qui à fui la cour de Toscane tant elle était austère.
- Vous avez quitté vos parents ?
- Mon époux surtout, aussi ennuyeux que celui de mademoiselle d’Orléans. Quant à mes enfants, je suis désolée mais je ne pouvais plus rien pour eux !

Elisabeth fusilla la jeune femme du regard : comment pouvait-on abandonner à la fois l’homme à qui l’on avait juré de donner sa vie et ses enfants, dons de Dieu s’il en est ? Cela dépassait la duchesse d’Alençon, non seulement pour des raisons religieuses mais aussi pour d’autres, plus personnelles : elle était abbesse, jamais elle ne se marierait ! Elle avait beau se jurer que non, cela ne l’affectait pas, l’idée de ne jamais connaître les joies du mariage la minait et cela jouait certainement sur son humeur.

- Sachez madame, que ma sœur a énormément de chance d’épouser un homme aussi probe et vertueux que votre beau-frère. Si vous avez aussi peu de considération pour l’institution sacrée du mariage, cela vous regarde mais, dans ces conditions, je ne vous connais pas madame !

Elle s’était déplacée pour ne plus avoir à parler à cette italienne de malheur. Elle avait ensuite félicité sa sœur en lui assurant que si aujourd’hui elle ne connaissait pas son bonheur, il finirait par lui sourire.

Depuis le mariage de Louise-Marguerite, Françoise s’était rapprochée de son aînée. Après tout, leur sœur était partie en Toscane et Louise menait sa propre vie aujourd’hui. Les deux sœurs se chamaillaient sans cesse mais une affection sincère les rapprochait. C’est pourquoi, en cette journée d’hiver glacial, Françoise eut le cœur brisé par les paroles d’Elisabeth.


- Je voulais simplement partager ma joie avec vous ma sœur, gémit Françoise au bord des larmes.
- Oh pardonnez-moi ma colombe, dit Elisabeth avec sincérité. J’oublie parfois que vous êtes encore si jeune Françoise, à tel point que je me montre dure avec vous. Si je le suis néanmoins, c’est parce que je vous aime et ne désire rien d’autre que de vous voir heureuse avec un avenir prometteur ! Je ne veux pas que vous vous égariez c’est tout ! Pardonnez-moi d’être aussi abrupte parfois.

Elle se pencha vers le petit ange et lui embrassa les mains. Françoise lui sourit, signe qu’elle lui avait pardonné.



Parce que parfois les émotions se succèdent et ne se ressemblent pas

Automne 1664

Il avait osé! Cet homme, ce petit baron, ce moins que rien, ce petit rien du tout sans une once de sang royal dans les veines, il avait osé se moquer d’elle. Elisabeth était tellement furieuse qu’elle ne parvenait pas à se reprendre. Elle bouillait de rage et des points blancs apparaissaient dans son champ de vision.

Depuis le mariage de Françoise avec le duc de Savoie, Elisabeth passait tout son temps libre auprès de sa mère, lui faisait la lecture ou jouait du clavecin pour égayer quelques invités triés sur le volet. Françoise leur écrivait et elles lui répondaient ensemble étant donné que la duchesse d’Alençon ne pouvait toujours pas écrire à cause de son infirmité. Mais le temps passait de plus en plus lentement et Elisabeth était sur le point de repartir pour Remiremont, quitte à s’ennuyer autant se rendre utile. Elle aimait sa mère, certes, et l’idée d’avoir une relation privilégiée avec elle l’enchantait mais il faut dire que le clavecin et la lecture, activités ininterrompues pendant toute une année, commençaient à lui porter sur les nerfs. La duchesse douairière d’Orléans supportait mal l’idée de perdre le dernier enfant qu’il lui restait. Aussi faisait-elle tout pour motiver sa fille à rester auprès d’elle. Elle voulut lui apprendre quelques jeux de cartes, sans succès.


- Allons mon enfant, votre père affectionnait ces jeux tout particulièrement !
- Il n’y a jamais joué avec moi, répliquait Elisabeth agacée comme à chaque fois qu’on lui rappelait quelque chose à partager avec son père.

En effet, le seul moment où ils furent proches était le voyage de Paris à Remiremont lorsqu’elle avait deux ans. Même après son retour à Blois, il n’y eut plus jamais la moindre intimité entre eux et ce jusqu’à la lettre qu’il lui fit parvenir au seuil de la mort. Instable et irascible pour ses concitoyens, doux et aimant pour sa famille, Elisabeth avait la nette impression de ne jamais l’avoir véritablement connu.

Toujours est-il que Marguerite de Lorraine se mit en quatre afin de trouver des occupations à sa fille afin qu’elle restât auprès d’elle. La meilleure solution fut de la sortir. Comme Elisabeth refusait de paraître à la Cour, sa mère l’emmena dans les salons où l’on devisait sur tout et sur rien, cela permettait surtout de voir et de se faire voir par ceux qui avaient de l’importance. Elisabeth prit goût au fait de pouvoir donner son avis sur tout car son rang rendait celui-ci important. Elle se rendit compte qu’elle tenait là enfin l’occasion d’accomplir sa mission : répandre la parole divine hors des murs de l’abbaye. Voilà qui la dispensait de devoir rentrer et prononcer ses vœux comme sœur Marie-Cécile l’exhortait à le faire dans ses lettres. En peu de temps, elle s’y rendit sans sa mère.

Si elle parlait avec tout le monde, elle ne parvenait pas nouer de liens solides. Avec les nonnes, Louise de la Vallière ou ses sœurs, tout cela s’était fait naturellement. Elle en conclut qu’elle venait réellement accomplir son destin et non pas se faire des amis et mit plus d’ardeur à la tâche. À ceux qui voulaient l’interrompre ou la contredire, elle leur rappelait son rang et la place de sa famille dans la noblesse française, aussitôt les gens se taisaient. Elle n’était ni vaine, ni agressive, elle se contentait de répéter la parole divine à qui voulait l’entendre. Enfin, elle n’était pas agressive en général. Elle le fut deux fois. La première, la fameuse italienne Clorinda, qu’elle avait croisé au mariage de Louise-Marguerite. Quand celle-ci vint la saluer, elle lui dit sèchement :


- Ne m’adressez pas la parole en premier madame, vous n’êtes pas de mon rang. Je vous prie de ne pas vous considérer comme mon égal : je suis cousine, nièce et petite-fille de roi, quant à vous, votre parfum n’est pas celui d’une dame !

Après avoir humilié publiquement la jeune femme, elle s’en était détournée, satisfaite d’elle-même. Cette femme ne cachait pas son mépris pour la vie maritale alors qu’elle avait été mariée devant Dieu et qu’Il lui avait fait don de beaux enfants. C’était tout ce qu’une femme – en particulier Elisabeth mais ça elle ne voulait pas se l’admettre – pouvait désirer en ce monde. Puisqu’elle avait choisit de montrer l’exemple, elle ne pouvait pas rester de marbre en voyant quelqu’un se détourner à ce point du droit chemin et sans aucune influence extérieure qui plus est !

- Mais parlons préséance, généalogie, théologie ou correction quand vous le désirez duchesse, que vous le croyez ou non, je connais la Bible et la bienséance sur le bout des ongles! Cela pourrait déboucher sur une conversation fort intéressante!

Elisabeth ne releva pas la provocation et laissa partir l'italienne sans lui demander des comptes. Elle se promit de rester calme et de ne plus se donner en spectacle jusqu'à rendre la monnaie de sa pièce à Clorinda.
Et puis il y avait eu cet après-midi de début d’automne où elle s’était rendue chez la marquise d’Alincourt. Elle discutait, entourée d’un groupe de courtisans s’extasiant sur son ascendance lorsqu’arriva le chevalier de Lorraine. Elle ne l’avait jamais rencontré mais les gens qui le saluaient au passage la renseignèrent sur son identité. Sûr de lui, provocant, il avait cet air supérieur qu’affichent en général les favorites royales. Seulement cet intrigant n’était pas la maitresse du roi mais l’amant de son frère. Elisabeth avait été éduquée avec l’idée que l’adultère était un péché condamnable bien sûr, mais que lorsqu’un homme désertait le lit de sa femme pour celui non pas d’une femme mais d’un autre homme, il s’agissait là d’une forme de perversion inavouable. Qu’un vilain s’y adonne, soit, il n’avait pas eu l’éducation lui permettant de savoir à quel point c’est mal. Il suffisait de le lui expliquer afin de le remettre dans le droit chemin. Mais qu’un membre instruit de la haute noblesse, à fortiori un membre de la famille royale, puisse basculer dans cette luxure avérée, cela dépassait totalement Elisabeth. Cet espèce de courtisan diabolique devait forcément avoir ensorceler son cousin pour qu’il tombe amoureux de lui. Elle ne pouvait laisser passer une telle infamie :

- Eh bien chevalier, vous voilà parmi les grands de ce monde !

Le chevalier observa Elisabeth avec méfiance. Il ne savait pas à qui il avait affaire mais la jeune femme avait conscience que ses yeux bleus envoyant des éclairs et son air carnassier au bord des lèvres ne devaient pas être bien engageants.

- Madame, je ne crois pas avoir le plaisir de vous connaître !
- Je suis Elisabeth d’Orléans, duchesse d’Alençon, se présenta-t-elle, et cousine du roi !

Elle n’avait pas précisé qu’elle était également la cousine de son amant. Le fait que ce soit sous-entendu lui semblait déjà assez fort.

- Enchanté madame, répondit le chevalier sur un ton qui ne disait que trop à quel point il ne l’était pas !

Elisabeth le toisa un moment. Il était plutôt bel homme, elle était bien obligée de le reconnaitre mais ne dit-on pas que le Diable revêt toujours de beaux apprêts afin de mieux séduire les ouailles innocentes ? Sans cela, comment croire que cet homme qui semblait taillé dans le marbre puisse être un corrupteur de prince ? Elisabeth se disait qu’il fallait absolument le mettre hors d’état de nuire avant que son cousin ne soit trop épris.

- Je le suis également monsieur ! Enfin, puis-je vous appeler monsieur ? Vous en avez l’habit et le titre mais à ce que l’on dit votre allure est celle d’une vulgaire courtisane ! Mon cousin s’est peut-être laissé prendre à vos charmes mais, en tant qu’abbesse, Dieu me protège. Vous êtes parvenu à corrompre un fils de roi, certes, mais la roue tourne pour les pêcheurs, ne l’oubliez jamais monsieur !

Et avant qu’il ne puisse ajouter quoi que ce soit, elle conclut :

- Notre entretien est terminé monsieur !

Son rang lui permettant de congédier un simple chevalier, fut-il amant royal, elle ne s’en priva pas. Les courtisans autour d’elle la félicitèrent de son audace : ce bougre n’avait eu que ce qu’il méritait et, loin de la Cour, quelqu’un d’aussi haut lignage qu’elle, se devait de lui dire ses quatre vérités ! Un autre la complimenta sur le fait qu’elle faisait passer sa conscience de chrétienne avant le soi-disant respect que l’on devait au chevalier. Elisabeth lui soutint que cette conscience inébranlable lui venait de sa mère. Le fait de rappeler son haut lignage augmentait encore son influence sur ces courtisans et les obligeait à l’écouter. C’est à ce moment-là que le misérable intervint.

Le baron d’Anglerays, fou du roi. Il s’agissait d’un homme qui profitait de son statut pour s’attaquer aux honnêtes gens de la Cour. Enfin, selon Elisabeth. Il n’était pas beau mais beaucoup de femmes lui trouvaient un charme fou. Ce jour-là, il humilia Elisabeth en la surnommant la duchesse du poulailler. Ce misérable petit vermisseau avait osé abuser de sa position pour l’insulter, elle ! Elisabeth aurait pu l’anéantir sans le moindre effort, s’il n’y avait eu ce moment de faiblesse. Elle ne se le pardonnait pas. Malade de rage, elle s’était excusée auprès des courtisans avec qui elle discutait et, avec toute la dignité qui lui restait, elle s’était isolée. Elle ne pensait plus qu’à cet instant. Cet instant où ce petit baron de rien du tout lui avait dit que les gens ne manqueraient jamais de l’attaquer si elle n’y prenait pas garde. Il avait eu l’air si grand d’un seul coup, si…oui, il lui fallait l’admettre, elle s’était laissé prendre au charme d’un homme qui lui était inférieur par le rang. Et voilà qu’elle se troublait juste au moment où il l’humiliait publiquement. Elisabeth jura de lui faire payer cet affront.


- Madame, vous avez eu bien raison de moucher ce petit chevalier débauché et monsieur d’Anglerays n’aurait pas dû vous dire tout cela.

Cette réflexion venait d’une très jeune fille à l’accent espagnol. Elisabeth l’identifia comme étant Ines Trastamara, comtesse de Castellon, une proche de la reine.

- Merci mademoiselle, votre soutien m’honore.

Elle se ressaisit et se drapa dans son habit de dignité, une fois de plus afin de donner le change.

- Mais je vous en prie, depuis que je suis arrivée dans ce pays, je ne vois que débauche partout où je porte le regard. Serait-il possible que les Français aient totalement abandonné Dieu ?
- Fort heureusement pas tous mademoiselle, et tant qu’il y aura des gens prêts à répandre Sa parole, tout ne sera pas perdu pour cette belle patrie.
- Jamais je ne m’en détournerai, je le jure par tout ce qui est sacré en ce monde. Je ne me laisserai pas corrompre par cette cour ignominieuse où les princes font faire des rubans pour en parer d’autres hommes !

Elle s’arrêta, craignant d’en avoir trop dit mais Elisabeth la rassura avec un sourire :

- Nous nous comprenons mademoiselle !

Le visage de l’espagnole s’éclaira :

- Par pitié, rendez-moi visite à la Cour. J’ai temps besoin de la compagnie de quelqu’un de vertueux. Si vous le voulez bien, nous serons amies.

Une amie. Il est vrai que cela ne se décide pas ainsi normalement mais Elisabeth se sentait si seule depuis le départ de Louise et de ses sœurs. Elle avait effectivement bien besoin d’une amie. Et puis la fraîche jeune fille, spontanée par pure innocence lui promettait d’avoir une bonne alliée dans sa guerre contre la débauche !

- Si Dieu le veut mademoiselle, nous serons bonnes amies, promit-elle à la jeune comtesse.

Elisabeth rentra chez elle avec trois émotions bien distinctes : la satisfaction du triomphe sur le chevalier de Lorraine, la colère sourde mêlée de trouble qu’elle nourrissait contre Ferdinand d’Anglerays et la promesse d’une amitié avec la jeune Ines.

- Catheau, appela-t-elle en arrivant dans son palais, prépare-moi pour le dîner, j’ai plein de choses à te raconter.

Mais quand la dame de compagnie apparut, elle avait les yeux rouges et les traits tirés :

- Madame….
- Eh bien quoi ? Qu’y a-t-il ?
- Madame, c’est votre sœur…
- Ma sœur ? demanda Elisabeth, interpellée malgré elle.
- La duchesse de Savoie, elle est morte de consomption il y a deux semaines !



Parce que certaines rencontres relèvent de l'intervention divine

Versailles, 1665

Le froid était mordant cette année mais Elisabeth s’en fichait éperdument. Elle se rendait dans le seul lieu qui l’apaisait depuis la mort de Françoise, un an et demi plus tôt. Elle n’avait pu demeurer au palais d’Orléans après cet évènement, trop de souvenirs s’y bousculaient. Elisabeth se sentait coupable : si Dieu avait rappelé sa sœur à Lui, il avait certainement une raison de le faire qui lui échappait à elle, pauvre créature humaine. Pourtant, elle s’était sentie submergée par le chagrin. Sa sœur était partout, dans chacune de ses pensées, chacun de ses cauchemars.

En plus, elle était enterrée dans le Piémont où résidait son époux. Époux vite consolé en plus : à peine dix mois plus tard, il se remariait. Comment pouvait-on oublier un ange tel que Françoise, cela dépassait la duchesse. Elle était sur le point de retourner à Remiremont, résignée à enfin prononcer ses vœux lorsqu’un jour, juste après la messe, un homme l’avait interpellée à la sortie de l’église. Agacée, elle s’était tournée vers Catheau :


- Va donc lui donner l’aumône, qu’il me laisse tranquille !

La dame de compagnie se rendit auprès du pauvre homme afin de lui donner une pièce puis revint :

- Madame, il insiste pour vous parler. Il dit qu’il vous doit tout !

Elisabeth jeta un coup d’œil à l’homme. Elle ne le connaissait absolument pas : c’était un homme brun dans la force de l’âge, habillé misérablement, tenant son chapeau à la main. Néanmoins, quelque chose dans son regard lui donna confiance et elle approcha.

- Oh madame, dit-il en s’inclinant, je voulais vous voir pour vous remercier personnellement.
- Me remercier ? Vous devez vous tromper !
- Non madame, j’ai bien demandé si c’était vous la duchesse d’Alençon, la dame qui a donner beaucoup d’argent à l’église pour le cimetière !

Effectivement, n’ayant pu assister à l’enterrement de sa sœur, Elisabeth s’était promenée dans le cimetière de Versailles. En s’approchant ainsi de la mort, elle espérait être auprès de Françoise, ne fut-ce qu’un instant. Elle avait été bouleversée en voyant l’état des tombes et avait décidé de financer la remise en état du cimetière. Elle était arrivée juste à temps puisqu’on parlait de déplacer certaines tombes. Au moins satisfaite à l’idée d’avoir accompli une bonne action avant son retour à Remiremont, elle préparait son départ.

- Oui, j’ai cru comprendre que la paroisse de Versailles avait quelques difficultés, je l’ai aidée voilà tout. Je n’ai fait que mon devoir de chrétienne.
- Oh non madame la duchesse, vous avez fait bien plus que ça : vous voyez, je travaille dans ce cimetière depuis des années et je fais tout ce que je peux pour qu’il soit bien tenu, mais ce n’est pas facile.
- Non mon brave, j’imagine que cela ne doit pas être facile, approuva Elisabeth non sans un certain agacement.
- Eh bien malgré mes soins, ils voulaient déplacer la tombe de ma femme, c’est grâce à vous si elle reste auprès de moi !

Cette confession toucha profondément Elisabeth. Le fait que la tombe de sa sœur soit si loin lui permettait de comprendre à quel point ce simple geste avait pu être important pour le fossoyeur. Malgré elle, ses yeux s’humidifièrent.

- Votre femme vous a quitté il y a longtemps ?
- Quelques années madame, et il n’y a pas un jour où je ne pense pas à elle !

Pour la première fois depuis son arrivée à l’abbaye, Elisabeth faillit pleurer devant quelqu’un. Même si la mort de Françoise l’avait sérieusement affectée, personne n’en savait rien. Pour tout le monde, elle avait l’air sans cœur. Personne ne savait que si elle s’était mise à utiliser outrageusement ses fards, c’était uniquement pour masquer le fait qu’elle passait ses nuits à sangloter en appelant silencieusement sa sœur.

- Tout va bien madame la duchesse ? demanda le fossoyeur.
- Certainement, répondit Elisabeth en raccrochant son masque d’austérité.
- Enfin voilà, reprit le fossoyeur, je voulais vraiment vous remercier, je serai un homme perdu sans votre intervention !
- Quel est votre nom mon brave ?
- Eugène madame la duchesse.

C’était à cause de cette rencontre qu’Elisabeth affrontait le froid ce matin-là, emmitouflée dans ses fourrures. Elle avait trouvé une nouvelle raison de ne pas rentrer à Remiremont, voilà qui repoussaient encore ses vœux de quelques années : elle était la protectrice et la généreuse donatrice de l’église de Versailles. Elle avait enfin découvert quelle était sa mission voulue par Dieu en-dehors des murs de l’abbaye : elle garderait Sa maison en état. Et puis, sa rencontre avec Eugène avait quelque chose de divin, elle en était sûre. Afin de mener à bien sa mission, elle vivait désormais à Versailles : le palais d’Orléans était encore trop plein de la présence de Françoise. Mais elle rendait visite à sa mère tous les jours et à Eugène toutes les semaines. Étant donné qu’il avait joué le rôle d’ange de la providence dans la découverte de son destin, bien malgré lui, elle le savait, le fossoyeur était devenu son confident.

La voiture la déposa aux abords du cimetière de Versailles. Eugène l’attendait à l’entrée, il la conduisit à l’intérieur de sa cabane.


- Mettez-vous près du feu madame la duchesse, vous allez prendre froid !
- Ne te tourmente pas mon bon Eugène, je ne suis pas aussi fragile que j’en ai l’air. Et puis, ajouta-t-elle en riant, certains disent que je suis de glace alors me voilà dans mon élément.

Eugène était la seule personne avec qui Elisabeth plaisantait, surtout à son sujet. Néanmoins, il ne la laissa pas faire :

- Non madame la duchesse, ces gens-là vous connaissent mal, vous êtes la personne la plus douce et la plus généreuse que je connaisse. Et j’en connais, vous pouvez me croire.

Eugène se détourna, troublé par sa propre audace. Quant à Elisabeth, elle ne put s’empêcher de rougir. Le fossoyeur était peut-être la seule personne à la connaître vraiment tout en l’acceptant telle qu’elle était. Elle ne savait pas où elle pourrait trouver un autre ami tel que lui. Elle avait continué bien entendu sa relation avec Ines, et même si les deux jeunes femmes s’entendaient parfaitement bien, il semblait qu’il y aurait toujours une pudeur entre elles. Jamais, Elisabeth ne pourrait lui confier ses pensées les plus profondes. Elle ne pourrait d’ailleurs jamais parler à la jeune espagnole de cette incroyable histoire qui venait de lui arriver et qui la préoccupait au plus haut point.

- Eugène, te souviens-tu de cette jeune fille dont je t’ai parlé récemment ? Celle qui pleurait dans les couloirs de Versailles ?
- Celle qui vous rappelait votre pauvre petite sœur, Dieu ait son âme !
- Oui, celle-là même, Christine de Listenois.

Elisabeth fut touchée un moment par le fait que tout miséreux qu’il soit, malgré le fait que son travail soit dur et ingrat, que la vie ne l’avait pas épargné, Eugène, non seulement respectait les souffrances de sa sœur qui n’avait manqué de rien jusqu’à sa mort mais en plus, écoutait ses doléances sans le moindre jugement. Il représentait à ses yeux, un parfait chrétien et il était bien meilleur homme que la plupart des gens de sa connaissance.

- Elle pleurait parce qu’elle s’était disputée avec l’une de ses plus proches amies et priait de toute son âme pour leur réconciliation. Sa façon de pleurer était tellement semblable à celle de ma pauvre Françoise, je ne pouvais pas faire autrement que de l’aider. On aurait dit que c’était Dieu lui-même qui l’avait placée sur mon chemin. Devais-je ignorer Son appel ?
- Non madame la duchesse, dit Eugène avec son habitude de ne pas la contrarier quand elle décelait un signe divin.
- Exactement, ce cher petit ange, je lui ai promis de faire jouer toutes mes relations afin de la réconcilier avec son amie, une anglaise Enola du Dorsette, continua-t-elle avec son entêtement à prononcer tous les noms d’origine étrangère à la française.
- Oui, c’est ce que vous m’aviez dit la dernière fois madame la duchesse.
- Voilà, nous en étions là ! Eh bien je suis allée parler à cette anglaise de malheur qui brise le cœur de cette pauvre petite. Comme elle n’avait aucun respect pour mon rang, j’ai organisé une réception à l’hôtel d’Orléans où réside ma mère et j’ai invité les deux demoiselles afin qu’elles puissent se parler.
- Et ça a marché madame la duchesse ?
- Hélas non, tout le monde sait que les Anglais refusent toujours d’admettre leurs erreurs, voyez ce qu’ils font avec notre belle religion ! Enfin je m’égare.

Elle secoua la tête, définitivement réchauffée par l’âtre et par l’amitié du fossoyeur.

- Rien à faire, cette Enola n’a rien voulu savoir. Elle a même quitté le dîner le plus tôt possible afin d’échapper à Christine. J’ignore ce qu’elle peut bien reprocher à une demoiselle aussi adorable mais elle s’obstine. Les Anglais sont réellement de bien curieuses personnes. Il faudra que j’essaye encore quelque chose mais je ne sais pas quoi.
- Vous savez madame la duchesse, on ne peut pas forcer l’affection d’une personne pour une autre, c’est quelque chose qui ne s’explique pas. Seul Dieu peut le faire, malgré toute la générosité que vous pourriez mettre dans vos démarches, si cette anglaise ne veut pas de cette mademoiselle Christine, vous ne pourriez rien faire.
- Parfois Eugène, j’aimerais que tu puisses vivre à la Cour. Ton esprit et ta capacité à comprendre les âmes sont des choses assez uniques dont peu d’humains sont pourvus malheureusement.

Encore une fois, un trouble saisit la duchesse et le fossoyeur. Décidément, leur amitié était forte.

- Qu’allez-vous faire avec cette jeune mademoiselle ?
- Je voudrais devenir son amie. Oh j’ai entendu ce que tu m’as dit sur le fait de forcer les affections, mais cette jeune personne me rappelle tant Françoise, j’ai l’impression de la retrouver. Je lui ai déjà proposé plusieurs fois d’être l’intendante de ma maison. Ainsi, non seulement elle aurait son avenir assuré, mais cela me rappellerait les jours heureux que nous coulions ensemble après notre retour à Paris.
- Et elle a refusé ?
- Oui, hélas le roi l’a recommandé lui-même pour faire partie de la maison de la favorite. Elle ne peut se dégager de ses obligations auprès d’elle.
- Eh bien si cette petite mademoiselle préfère servir une putain comme la favorite plutôt qu’une dame respectable comme vous, eh bien c’est elle qui y perd !
- Eugène !

Néanmoins la remarque du fossoyeur plut à Elisabeth, plus qu’elle n’osait l’admettre. Ils parlèrent encore un moment, Eugène lui raconta ses ennuis quotidiens qu’elle écouta. Il était le seul homme du peuple dont le sort l’intéressa réellement. Ensuite, ils se dirent au’revoir, promirent de se revoir la semaine d’après et la voiture revint chercher Elisabeth, la ramenant dans son monde.







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Côté Coeur: seul Dieu peut m'indiquer qui aimer
Côté Lit: Je me réserve pour mon futur époux, je ne suis pas de celles qui se donnent!
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MessageSujet: Re: Elisabeth d'Alençon - mon histoire appartient à Dieu mais je tenterai de la raconter aux hommes[terminé]   27.07.12 1:32

Et voilà, c'est terminé!

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MessageSujet: Re: Elisabeth d'Alençon - mon histoire appartient à Dieu mais je tenterai de la raconter aux hommes[terminé]   27.07.12 2:12

TU ES VALIDÉE !
BIENVENUE A VERSAILLES

Une validation à deux heures du mat, c'est pas beau ça ? héhéhé ! Car oui écoute, tu as fait un effort de recherches historiques, la démarche d'aller sur les différentes fiches pour bien intégrer tes liens, qu'aurais je donc à redire ? Surtout lorsque ton style est très agréable, comme il l'était déjà quand tu jouais ma soeurette I love you . Tu as bien adopté cette petite Elisabeth, je pense donc que je peux te souhaiter à nouveau la bienvenue parmi nous ! De t'amuser en notre compagnie et de contrer les attaques de certains, car il parait qu'il y a une cabale dans l'air contre toi PTDR Tu devrais pas avoir le temps de t'ennuyer à mon avis ! Enjoy donc cheers Je te renvoie au petit pense bête ci dessous pour t'intégrer au mieux, tu connais un peu la maison, mais ça ne peut pas faire de mal. Smile Au plaisir de te croiser au détour d'un couloir versaillais. Clin d'Oeil
PENSE PAS BÊTE ; Qui est qui ? Petit topo des personnages sur le forum.Fiches de liensDemandes de rangs et de logementsLe floodChoisis ton alias Disney




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" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

Le rouge et le noir
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Côté Coeur: Ce n'est pas l'amour, mais l'amitié qui le déchire.
Côté Lit: Souvent vide. Les exigences du métier...
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    Bouffon, donc...
    Intouchable.


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MessageSujet: Re: Elisabeth d'Alençon - mon histoire appartient à Dieu mais je tenterai de la raconter aux hommes[terminé]   27.07.12 2:18

What a Face What a Face What a Face What a Face

Chère, trèèèèèèèèèèèèèèèès chère Elisabeth... Je sens que nous allons faire de GRANDES choses ensemble, ou plutôt l'un contre l'autre What a Face Non plus sérieusement, je suis super contente qu'on ait ENFIN une Elisabeth, avec un super style d'écriture et tout, bref je suis ravie ravie ravie ** ** **

Il va falloir qu'on cause, je sens qu'on peut prévoir des trucs très sympas pour nos persos !

BIEEEEEEEEEEEEEEEEEENVENUE PARMI NOUS LIZZIE ! cheers cheers cheers

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Bouffon !

Que d'éternelles et incurables douleurs dans la gaieté d'un bouffon! Quel lugubre métier que le rire!


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MessageSujet: Re: Elisabeth d'Alençon - mon histoire appartient à Dieu mais je tenterai de la raconter aux hommes[terminé]   27.07.12 9:28

Bienvenuuuuuuuue cheers cheers cheers

Il me reste la dernière partie de ta fiche à lire, mais je lisais au fur et à mesure, attendant impatiemment la suite ! J'adore **

Je suis ravie de te retrouver parmi nous ! (je suis l'ancienne Victoire de Noailles ^^) Elizabeth devrait bien s'entendre avec Maryse, je pense Very Happy Very Happy Je te contacterai pour un petit lien Smile

Amuse-toi bien parmi nous !
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MessageSujet: Re: Elisabeth d'Alençon - mon histoire appartient à Dieu mais je tenterai de la raconter aux hommes[terminé]   27.07.12 13:28

Merci à tous et toutes!

Amy: waw, et une pluie de compliments en pleine nuit, une! Mais je m'incline néanmoins devant une telle efficacité, un service 24h/24 c'est un luxe auquel plus personne n'a droit de nos jours! J'ai vu qu'Elisabeth était attendue et comme je disais à Steph, tout le monde est pas toujours très gentil avec elle dis donc! ça change de Mary dont tout le monde voulait être l'ami Razz Mais je contente d'être là!

Ferdinand: cool, je suis impatiente de voir très cher ami (hem)! Voilà qui promet! Very Happy

Maryse: oooh mon autre sistah! Mais je suis toute ouïe, avec plaisir!

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MessageSujet: Re: Elisabeth d'Alençon - mon histoire appartient à Dieu mais je tenterai de la raconter aux hommes[terminé]   Aujourd'hui à 1:07

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