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 "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty)

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MessageSujet: "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty)   "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty) Icon_minitime13.07.12 12:58

Adossée à l’un des murs qui entouraient la cour de l’hôtel des mousquetaires, Elodie posa un regard inquisiteur sur la silhouette qui venait de lui tourner le dos, et s’éloignait maintenant vers les dortoirs. Il y avait dans la visite que Cédric de Portau venait de lui faire quelque chose de trouble, qui avait réussi à éveiller toute sa méfiance. Si Eric et Elodie avaient effectivement été deux personnes différentes, la conversation qui venait de s’achever aurait eu, à elle seule, largement de quoi rendre douteuse la démarche de Portau. Mais ayant pris part à cette conversation et à celle qui s’était tenue quelques temps plus tôt chez Philippe, ça n’était plus le doute qui tiraillait Elodie, mais la tenace certitude que quelque chose ne tournait pas rond avec lui, et qu’il serait peut-être bon de s’en inquiéter. Les mises en garde de Philippe, lorsqu’il était venu interrompre une de leurs entrevues ne s’étaient pas effacées de ses souvenirs. Et mises à côté de la conversation que le faux mousquetaire venait d’avoir, elles ne prenaient que plus de sens.

Elodie ignorait si Portau était réellement venu dans le but de voir Eric, ou si la façon dont ils s’étaient croisés alors qu’elle terminait un tour de garde n’était due qu’au hasard, mais une chose était certaine : il comptait rencontrer le frère Froulay à un moment ou un autre. Ce qu’il lui avait dit semblait bien trop soigneusement préparé pour laisser penser le contraire, et sans doute devait-il y songer depuis sa première rencontre avec Elodie. La façon dont il l’avait mis en garde contre « les fréquentations de sa sœur, notamment à propos du duc de Gascogne qui n’était pas un homme parfaitement sain d’esprit » ne mentait pas à ce sujet. Ce qui restait obscur à ses yeux, c’était la raison pour laquelle il souhaitait ainsi discréditer Philippe dans l’esprit d’un frère qui n’existait pas. Une fois de plus, on pourrait la taxer d’une imagination trop vive, mais que celui qui n’aurait pas été pris de doute devant de telles paroles lui jette la première pierre, songea-t-elle en se détachant du mur. Elle devait en avoir le cœur net, et c’est sur cette résolution qu’elle enfonça un peu plus son feutre sur sa tête avant de suivre Portau, qui avait déjà disparu dans l’imposante bâtisse.

Comme elle s’y attendait, traverser la cour de la caserne pleine de ses compagnons lui prit plus de temps qu’elle ne l’aurait voulu. Elle dut donner son avis sur une nouvelle lame dont Vaudreuil venait de faire l’acquisition, puis sur l’entaille qui ornait le cou d’un autre de ses camarades suite à une rencontre avec ladite lame. Une fois qu’elle eut réussi à quitter ce groupe là, elle fut contrainte de rassurer François – qui la surveillait de plus près encore maintenant qu’il savait à qui elle réservait ses permissions – sur sa destinations, à savoir les dortoirs et put même s’estimer heureuse de ne pas croiser Ruzé, qui se croyait permis de pouvoir la suivre comme son ombre depuis que Philippe lui avait demandé de garder un œil sur Elodie. A cette pensée, la jeune femme eut une moue contrariée. S’il y avait une seule personne vers laquelle elle ne se serait jamais tournée pour une pareille demande, c’était bien Ruzé. Mais évidemment, il était exclu d’avouer à Philippe que celui qui semblait être son ami la surveillait, certes, mais peut-être d’un peu trop près pour être honnête. Heureusement, elle n’eut pas à éviter l’envahissant mousquetaire et gagna les dortoirs sans plus d’encombre.

L’endroit, à cette heure de la journée, était presque désert, aussi n’eut-elle pas trop de mal à repérer quelques éclats de voix lui parvenant d’une des chambres du fond. En vérifiant que personne ne pourrait la surprendre à écouter aux portes, elle s’approcha en silence et finit par pouvoir reconnaître la voix de Portau. Un vague sourire étira ses lèvres : la curiosité est certes, un vilain défaut… mais comme tous les défauts au monde, elle peut avoir ses avantages. Et s’il y avait bien un trait de caractère qu’on lui reprochait, mais dont elle ne se passerait pour rien au monde, c’était celui-ci. Et pour une fois, il s’avéra qu’elle n’eut pas totalement tort – à tel point que rapidement, toute trace de sourire disparut de son visage.
« … la méthode m'importe peu, parvint-elle à entendre entre deux bruits pas. Quand Philippe sera seul dans sa cellule… pourrais récupérer les terres qui… de droit. Puis… oublié… ira abréger sa souffrance. »
Brusquement, Elodie se redressa, sans même prendre garde à la voix – pourtant connue – qui fit écho à celle de Cédric, et s’éloigna de quelques pas. Il y avait beaucoup, beaucoup de Philippe à Versailles. Mais d’instinct, et parce qu’il s’agissait de Portau, elle comprit qu’il ne s’agissait pas d’un obscur inconnu. Sans attendre, la jeune femme tourna les talons, les traits crispés. Ce comte de Gan n’était plus étranger : en deux répliques, il avait réussi à se rendre odieux et dangereux à ses yeux.

Une fois dans la cour, elle hésita. Elle ne portait plus l’uniforme, mais restait vêtue d’une chemise, et de chausses bel et bien masculines. Le feutre qu’elle portait n’était plus non plus celui des mousquetaires mais, en bref, elle portait toujours le costume d’Eric. En quelques secondes elle refit en pensées le trajet qui devrait la mener à Versailles et des vêtements acceptables, puis chez Philippe et pour elle-même, elle secoua la tête. Elle ignorait l’urgence ou non d’aller le prévenir, mais perdre du temps avec une histoire de costume lui sembla soudain bien dérisoire. Elle ne prit pas non plus le temps de réfléchir aux conséquences évidentes d’une telle hâte – ou peut-être se donna-t-elle pour excuse de ne pas y avoir réfléchi, tant le secret d’Eric lui pesait lorsqu’il s’agissait de Philippe – et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, se rendit aux écuries, équipa Hamlet et piqua des deux pour s’élancer sur les routes versaillaises.

Le trajet lui sembla bien loin, quand elle fut sans doute beaucoup plus rapide qu’à l’ordinaire. Ignorant le froid piquant de cette journée d’hiver, elle poussa sa monture qui, ravie de pouvoir se défouler convenablement, ne se fit pas prier. Ça n’est qu’une fois arrivée aux abords du manoir d’Artagnan qu’Elodie consentit à ralentir le rythme. Elle passa les grilles ouvertes au petit trot, et ne s’arrêta qu’au milieu de l’allée alors que la silhouette familière de Barnabé se dressait devant elle. Par réflexe, elle porta la main à son feutra qui jetait une ombre généralement bienvenue sur son visage, et l’ajusta. Une fois encore, elle ne se rendait compte qu’après coup de ce qu’elle faisait. A savoir se rendre à l’improviste, vêtue en homme, chez l’homme qu’elle aimait et auquel elle mentait effrontément pour lui dissimuler sa véritable vie. Autant dire qu’Elodie n’était pas particulièrement fière lorsqu’elle sauta lestement de sa monture sous le regard inquisiteur du vieil homme.
« A qui ai-je l’honneur… Oh, monsieur de Froulay ? commença-t-il en fronçant les sourcils.
- C’est moi, Barnabé, répondit-elle. Il faut absolument que je parle à Philippe, où est-il ? »
L’intéressé ouvrit de grands yeux. Elle n’avait pas employé la voix d’Eric, mais la sienne.
« Mademoiselle de… grands dieux ! s’exclama Barnabé avant de se retourner. Il est là, mais…
- Merci ! le coupa Elodie avec un sourire désolé, avant de se diriger à grands pas vers la maison. »

Le cœur battant, elle pénétra dans le grand salon. Philippe se trouvait là, non loin de la cheminée. Sans lui laisser le temps de dire ou faire quoi que ce soit, elle se lança.
« Philippe, tu avais raison concernant Portau ! Je l’ai entendu, il parlait d’une cellule, de récupérer des terres… Il faut que tu te tiennes éloigné de cet homme comme de la peste, commença-t-elle avant de croiser son regard… qui n’avait pas l’expression qu’elle comptait y voir. Philippe, tu m’écoutes ? Portau t’en veut, vraiment ! »


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Philippe d'Artagnan

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
Discours royal:



    Ҩ PRINCE CHARMANT Ҩ
    Je te promets la clé des secrets de mon âme


Âge : 25 ans
Titre : Duc de Gascogne
Missives : 638
Date d'inscription : 01/06/2008


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MessageSujet: Re: "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty)   "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty) Icon_minitime18.07.12 14:00

Est ce que je pourrais avoir une journée de repos, être tranquille, sans des nouvelles qui me tombent sur la tête ? Je pense que je vais devenir fou et pourtant, plus que jamais, je dois me montrer fort et responsable, la tête sur les épaules. J'ai le poids de la famille sur les épaules, je ne sais pas si je résisterais bien longtemps …

Quelques jours auparavant, la maison avait connu un cataclysme digne des plus grandes tragédies. Marine, l'épouse d'Alexandre, était morte, les enfants avaient disparu et les rumeurs avaient insinué que c'était Alexandre le meurtrier. Et ce dernier, au lieu de se battre pour la vérité, s'était volatilisé. Comme leur père il y a quelques mois. Epris de tristesse au premier abord, Philippe avait laissé sa colère le porter et avait jeté un verre contre un mur, le brisant en mille morceaux et hurlant comme un beau diable.

« Est-ce une manie dans cette famille de quitter la maison comme un fantôme ?! »

La mauvaise foi voulut qu'il ne s'inclut pas dedans. Pour lui, il y a deux ans, il avait laissé un mot. Mais il oubliait toutes les autres fois où il se levait avant l'aube sans faire de bruit car une envie de voyage le tiraillait au corps. Barnabé, blasé et abattu, ne fit que lever les yeux au ciel, laissant le jeune gascon au sang chaud se calmer. Après tout, il n'était pas totalement en tort, son père et son frère étaient introuvable, le laissant seul pour porter ces mauvaises nouvelles et lutter contre les médisants, devant essuyer les insultes et représenter la famille du mieux qu'il pouvait. Pour la peine, il était parti en claquant la porte, avec le besoin urgent de s'éloigner de ce maudit manoir. Cette attitude confirma, dans l'esprit de Barnabé, que son petit fripon était bien le digne héritier de son père, le même caractère emporté !

Aujourd'hui, il s'était un peu calmé. Il se sentait juste comme prisonnier : Alexandre lui avait demandé de revenir à Versailles pour qu'ils puissent retrouver leur père tous les deux. Puis son aîné avait fait traîner le départ du voyage avant de disparaître à son tour. Philippe devait chercher les deux autres hommes de sa famille, sans aucun indice ni rien. Et il n'était pas question de retourner en Gascogne, abandonner la vie qu'il tentait de se construire ici. Tiraillé entre différentes envies, il préféra se jeter dans le travail et tenter de ne pas penser à autre chose. Le courrier s'était amoncelé sur le bureau qu'il avait mis non loin de la cheminée, par principe de rapprochement entre Barnabé et son fils, puis d'économie de bois. Le courrier n'en finissait plus de s'accumuler depuis le temps qu'il ne l'avait pas ouvert, c'était la parfaite occasion de penser à autre chose. Après quelques courriers rédigés d'une écriture un peu tremblante d'un d'Artagnan sous tension, il fit une pause pour jouer les papas poule. Au quotidien, la présence d'Arthur le rassurait. Le petit grandissait à vue d’œil et tentait de tenir assis, ce qu'il arrivait de temps à autre. Mais cela allait être une source de soucis supplémentaire durant l'hiver … Philippe avait pris l'habitude depuis plusieurs nuits de mettre le lit de son fils dans sa chambre, pour le surveiller. Et il en perdait à nouveau le sommeil, trop d'inquiétude pesait sur lui et cela se lisait dans son regard fatigué. Après avoir repris son travail, il finit par se laisser choir dans un fauteuil où une petite sieste d'à peine une heure lui fit grand bien. Puis il resta là à observer le feu lorsqu'il entendit un cheval mais ne bougea pas, persuadé d'avoir encore à faire à un messager. Il entendit Barnabé parler et la porte s'ouvrir. Tournant juste la tête vers la porte du salon, il vit entrer une silhouette et fronça les sourcils.

« Philippe, … »

De surprise en reconnaissant la voix, Philippe ouvrit en grand ses yeux bleus lorsque la personne se mit à parler. Élodie … en costume d'homme ! Il ne comprenait pas grand chose et n'écouta même pas ce qu'elle avait à dire. Il se redressa d'un coup, ne cessant l'observer et cherchant à comprendre le pourquoi de la chose. Elle lui parlait pourtant de Portau mais pour une fois, il s'en moquait comme de l'an 40. Finalement, leurs regards se croisèrent et celui du jeune homme était plein d'incompréhension, de surprise et de tout un tas de sentiments qui n'allait pas de pair avec ce qu'Elodie avait dit … normal puisqu'il ne l'avait pas écouté !

«Philippe, tu m’écoutes ? Portau t’en veut, vraiment ! »

Il hocha de la tête machinalement, ne comprenant pas vraiment toute la conversation et après quelques secondes de silence, il fit deux pas en avant et se gratta la nuque, les sourcils légèrement froncés :

« Certes, mais heu … puis-je savoir pourquoi es-tu habillée comme … un homme ? demanda Philippe, un peu hésitant. J'aimerais comprendre car … ce n'est pas vraiment courant. »

Il connaissait pourtant une de ses amies qui se travestissait, Angélique, mais elle faisait cela pour passer inaperçue lors de ses voyages, il y avait une raison claire et logique. Mais là, absolument pas dans l'esprit du d'Artagnan qui se moquait totalement de la vraie raison d’Élodie ici.

« On dirait que tu as emprunté les affaires de ton frère … »

Il aurait été incapable de deviner tout seul qu’Éric et Élodie n'étaient en fait qu'une seule et même personne ! Peut être qu'ils avaient encore beaucoup à découvrir l'un de l'autre, Élodie était un mystère complet pour le jeune homme finalement et cet accoutrement ne faisait que l'épaissir davantage.

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Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


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MessageSujet: Re: "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty)   "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty) Icon_minitime20.07.12 20:38

Jusqu’ici, Elodie avait imaginé mille façon, ou peut-être plus, de révéler à Philippe ce qu’elle lui cachait. Des centaines de tournures de phrases lui étaient passées par l’esprit, des situations, et encore d’autres manières d’entamer la conversation... et rien ne lui avait semblé assez juste. Elle en était même venue à se dire qu’il finirait par découvrir la vérité tout seul, avant de se demander si ça n’était pas justement le pire. Elle s’était sentie coupable lorsqu’il se confiait à elle. Et tout ça pour en arriver là : une entrée fracassante, quelques mots précipités et pas un à propos de ce fameux secret qui la tourmentait tant jusque là. Sans doute l’un des seuls scénarios auxquels elle n’avait pas songé. Car cette fois, contrairement à tout ce qu’elle avait pu imaginer, la vérité sur Eric passait au second plan de ses préoccupations.

Les paroles de Portau lui semblaient, en effet, autrement plus inquiétante que ce qu’elle faisait de ses journées à la caserne. Depuis qu’elle l’avait rencontré, son attitude, la méfiance de Philippe, rien n’avait été pour rendre le comte de Gan appréciable aux yeux de la jeune femme. Tout en lui sentait l’arrière pensée, malgré ses manières affables et ses sourires d’imbécile heureux. On aurait pu reprocher à Elodie de juger trop vite, sur une simple intuition ou parce que Philippe avait lui-même des soupçons. Mais cette fois, la première impression s’était révélée être la bonne. Ce dont elle se serait bien passé d’ailleurs. Elle aurait préféré, et de loin, que Portau ne soit en effet qu’un imbécile - heureux ou non, peu lui importait.

C’est donc avec le sentiment d’avoir quelque chose de bien plus important à lui dire que le pourquoi de sa tenue un brin trop masculine qu’Elodie pénétra dans le manoir et annonça confusément à Philippe les quelques mots qu’elle avait entendus. Elle ignorait ce qu’il y avait réellement derrière ces paroles, mais les quelques hypothèses qu’elles n’avaient pu s’empêcher d’en tirer lui faisaient assez froid dans le dos pour juger la chose urgente - plus urgente que le reste. Mais apparemment, le jeune homme face à elle n’était pas exactement du même avis.

Si la façon dont il s’était brusquement redressé n’avait pas échappée à la demoiselle, elle ne s’était pas coupée pour autant, allant jusqu’au bout de ce qu’elle avait à dire - ou du moins, jusqu’au moment où elle se rendit compte qu’elle n’avait toute l’attention de Philippe. Fait qui, si elle avait eu le moindre doute, fut confirmé par la réponse - ou plutôt l’absence de réponse qu’il opposa à sa soudaine question.

« Certes, mais heu … puis-je savoir pourquoi es-tu habillée comme … un homme ? Elodie se crispa mais, loin de se démonter :
- Philippe, je crois que tu ne m’as pas comprise...
- J'aimerais comprendre car … ce n'est pas vraiment courant. »
Elodie le dévisagea un instant en se mordant l’intérieur de la joue. Ce dialogue de sourds était d’autant plus ridicule qu’elle avait parfaitement conscience de ce qu’il pouvait y avoir d’anormal aux yeux du duc. Pourtant, elle s’entêta.
« Ecoute-moi ! Portau a quelque chose derrière la tête !
- On dirait que tu as emprunté les affaires de ton frère… ! continua-t-il, semblant ne pas entendre ce qu’elle disait... ce qui eut finalement pour effet de faire perdre patience à la jeune femme.
- Parce que ce sont les affaires de mon frère - ou plutôt mes affaires, puisque je n’ai pas de frère ! explosa-t-elle soudain, avant de reprendre, sans lui laisser l’occasion de dire quoi que ce soit. Maintenant écoute-moi : j’ai surpris une conversation, Cédric de Portau parlait de te mettre dans une cellule et de récupérer des terres... Il est venu voir Eric - enfin me voir à la caserne, et je l’ai suivi et... »

Ce fut lorsqu’elle réalisa l’incohérence totale - du moins en apparence - de ses paroles qu’elle s’arrêta. Elle croisa à nouveau le regard de Philippe, qui devait être plus perdu encore que quelques minutes plus tôt et à cet instant là, Elodie prit enfin une seconde pour réfléchir à la situation. Elle venait, ni plus ni moins, de lui avouer - de façon très confuse, certes - qu’Eric et elle n’étaient qu’une seule et même personne comme s’il s’agissait d’une évidence, et de parler de ce qu’elle faisait... à la caserne.
Mal à l’aise, soudain, elle retira son feutre, l’abandonna sur un commode à ses côtés et s’approcha de Philippe jusqu’à prendre ses mains dans les siennes.
« Je... Je suis désolée. J’aurais dû t’en parler, depuis longtemps mais... Il n’y a pas d’Eric de Froulay. C’est juste... moi. A ces mots, elle se mordit lèvre. Je te promets de tout t’expliquer... bientôt. Mais avant ça, écoute moi, s’il te plaît. »

Elle plongea son regard dans celui du duc, en se traitant mentalement d’idiote finie, inconsciente, inconséquente et toutes sortes d’autres adjectifs du même genre. Une fois cette longue énumération terminée, elle reprit la parole, plus doucement.
« Portau est venu me voir, à la caserne en pensant parler à... Eric. Il m’a dit des choses étranges, sur toi, sur le fait que je devrais me méfier des fréquentations de ma soeur, que tu avais des problèmes... Quand il est parti, je l’ai suivi, et je l’ai entendu parler d’une cellule, de terres et de... Un instant, elle s’interrompit, repensant aux derniers mots qu’elle avait pu saisir : « Abréger ses souffrances » et ouvrit de grands yeux. Et d’en finir... reprit-elle. »

Elle s’éloigna légèrement.
« Tu avais raison, il prépare vraiment quelque chose... Je n’en ai pas entendu plus : je suis partie tout de suite, et maintenant... Tu sais tout. »
Tout, en effet. Tout ce qu’elle avait encore à lui cacher, aussi peu délicate la découverte soit-elle.
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Philippe d'Artagnan

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MessageSujet: Re: "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty)   "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty) Icon_minitime02.08.12 1:34

Il y a des choses qu'on n'imagine pas car on ne pense pas que cela soit possible. Comme par exemple voir la femme qu'on aime débarquer en tenue masculine et apprendre qu'elle mène une double vie … Philippe savait assez peu de choses sur Élodie, souvent des détails comme le fait qu'elle n'avait jamais réussi à jouer correctement du clavecin, entre autre. Mais cela lui avait suffi à l'aimer, sachant qu'elle avait une part de mystère tout comme lui et que ni l'un ni l'autre ne s'était forcé la main à quoi que ce soit. Ils avaient le temps devant eux avant de s'avouer de sombres secrets, des choses qu'on ne dit pas au premier inconnu venu. Si Elodie connaissait la vie des d'Artagnan dans les grandes lignes – un peu plus que ce que Philippe pensait – elle ne savait pas tout. Comme son exil en Gascogne, elle savait la raison mais ne savait pas ce qu'il s'y était passé. Son frère François le savait et avait même menacé le jeune duc de tout dire à sa cadette s'il ne le faisait pas. Une épée de Damoclès au-dessus de sa tête … Mais il était bien loin de se douter qu'il en était de même pour la belle demoiselle face à lui. Non pas qu'elle ait tentée de mettre fin à ses jours, mais qu'elle portait un lourd secret à ne pas dévoiler à tout le monde.

C'était une discussion de sourds, Philippe ne l'écoutait pas, obsédé par la tenue de la jeune femme alors que celle-ci tentait de le prévenir d'un danger important vu qu'il s'agissait de Portau ! Et quand il remarqua qu'elle était habillée comme son frère Eric, la jeune femme lui répondit une phrase explosive.

« Parce que ce sont les affaires de mon frère - ou plutôt mes affaires, puisque je n’ai pas de frère ! Maintenant écoute-moi : j’ai surpris une conversation, Cédric de Portau parlait de te mettre dans une cellule et de récupérer des terres... Il est venu voir Éric - enfin me voir à la caserne, et je l’ai suivi et... »

Elle se tut, tandis que Philippe essayait d'être sûr de comprendre. Elle était … Éric ? Cela devenait très compliqué pour son esprit qui avait bien du mal à admettre une telle chose. Il fallait avouer que c'était tellement invraisemblable, qui pourrait le croire. Mais pourtant, il avait remarqué que la ressemblance entre les deux était frappante. Certes ils étaient jumeaux, cela expliquait mais Éric paraissait si androgyne, un peu féminin dans ses traits … tout s'expliquait. Il l'observait, ne sachant que dire. Il se sentait un peu trahi d'un côté car il avait déjà parlé à ce Éric. Bien sûr, pas de grandes confidences mais tout de même. Puis il voulait savoir le pourquoi de cette histoire.

« Je... Je suis désolée. J’aurais dû t’en parler, depuis longtemps mais... Il n’y a pas d’Eric de Froulay. C’est juste... moi. Je te promets de tout t’expliquer... bientôt. Mais avant ça, écoute moi, s’il te plaît. »
« Je … vas y. »


Il dut se concentrer pour ne pas rester abasourdi par cette révélation totalement inattendue et si impossible à deviner. Voilà sans doute la raison de ses réponses évasives quand ils discutaient, elle ne voulait pas trahir son secret, ni en dire trop sur ses frères, puisque l'un d'entre eux n'existait pas.

« Portau est venu me voir, à la caserne en pensant parler à... Éric. Il m’a dit des choses étranges, sur toi, sur le fait que je devrais me méfier des fréquentations de ma sœur, que tu avais des problèmes... Quand il est parti, je l’ai suivi, et je l’ai entendu parler d’une cellule, de terres et de... Abréger ses souffrances. Et d’en finir... Tu avais raison, il prépare vraiment quelque chose... Je n’en ai pas entendu plus : je suis partie tout de suite, et maintenant... Tu sais tout. »

Faisant abstraction au costume de la jeune femme qui s'était éloignée et avait retiré son chapeau, Philippe repensa à Portau. Ce fourbe était prêt à aller loin apparemment. Abréger les souffrances … En finir. Cela concernait Philippe sans aucun doute. Détournant le regard d’Élodie pour fixer la fenêtre avec le temps maussade extérieur, il parla d'une voix peu forte.

« Ce charognard veut ma peau … J'ai des problèmes ? C'est lui mon problème. Mais tout seul, je ne peux pas véritablement lutter … »

Il se tourna vers Élodie, la regarda de longues secondes. Pourquoi Cédric est-il allé parler au soi-disant frère de la jeune femme ? Et pourquoi s'intéressait-il à elle ?

« Je ne veux pas que tu t'en mêles, Élodie. Je le crois assez dangereux pour s'en prendre à quiconque se mettra sur son chemin … et je ne veux pas qu'il te fasse du mal. le ton était des plus sérieux. S'il te plaît, ne proteste pas. Plus tu te braqueras contre lui, plus tu t'en feras un ennemi. N'entre pas dans son jeu, promets le moi. »

C'était une raison de plus d'aller chercher son père. Alexandre était l'ami de Cédric et il était en cavale ; seul Charles se rangerait pour une fois du côté de son cadet. On ne touche pas à un d'Artagnan, sans savoir que Portau avait grandement ruiné la famille en faisant tuer Emmanuelle et Marine, puis faisant porter le chapeau sur Alexandre. Bien sûr, Philippe n'était pas au courant de cela, heureusement pour Cédric ! S'appuyant sur le fauteuil, il resta le regard dans le vide quelques secondes, réfléchissant à tout cela avant de porter son regard sur la belle.

« Je t'ai écouté et ne t'en fais pas, je saurais me débrouiller face à Cédric, nous en reparlerons, mais … il fit un pas en direction d’Élodie. Avant tout, je pense que tu as des explications à me donner. Et cette fois, aucun mensonge. »

Il lui frôla la joue délicatement du bout de ses doigts. Philippe était réellement curieux à propos d’Élodie. Il ne savait pas encore quelle attitude adopter, deux nouvelles en l'espace d'un instant, c'était beaucoup. Il fallait le temps de digérer tout cela …

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MessageSujet: Re: "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty)   "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty) Icon_minitime09.08.12 18:45

A bien y réfléchir, Elodie aurait probablement eu le temps de se débarrasser du costume d’Eric avant de prévenir Philippe. A l’heure qu’il était, Portau était certainement encore à la caserne, et il ne comptait sans doute pas mettre ses projets à exécution dans la minute à venir. Non, la façon dont venait de tomber le masque de la jeune femme ressemblait beaucoup à un acte manqué, et quoi qu’elle redoutât sincèrement la conversation qui ne manquerait pas de s’en suivre, elle savait - ou du moins espérait - que tout cela la libèrerait enfin de son trop lourd secret. Elle lui devait au moins la vérité.
Une vérité qu’elle peinait toutefois à admettre, rejetant l’évidence et les questions du jeune duc au deuxième plan de ses priorités. Elle ne s’était pas précipitée ici, révélant du même coup sa double vie, pour retarder ses avertissements. Elodie ignorait jusqu’où tout cela irait, mais elle comprenait maintenant ce qu’il y avait de si troublant dans les trop grands sourires de Portau : ils sentaient la fourberie, et la mort.

La jeune femme dut se concentrer sur ce qu’elle avait à dire, et faire appel à tout ce qu’elle avait de sang froid pour ne pas être confuse, et ignorer ce dont Philippe peinait également à faire abstraction. Les explications qu’elle lui avait promises l’effrayaient, et peut-être même souhaitait-elle que le duc soit assez préoccupé des projets de Portau pour oublier - un moment au moins - ce qu’il venait de découvrir. Elle en doutait cependant, même en ayant réussi à obtenir toute son attention.
« Ce charognard veut ma peau… J'ai des problèmes ? C'est lui mon problème, lança Philippe en observant la fenêtre, comme s’il eut voulu que le principal intéressé puisse l’entendre. Mais tout seul, je ne peux pas véritablement lutter… 
- Tu n’as pas à faire ça seul ! s’indigna Elodie. »
Philippe se tourna, et posa sur elle un long regard qu’elle soutint sans ciller. S’il y avait tant à craindre de la part de Portau, il n’était pas question qu’elle reste en dehors de tout cela. Elle s’y sentait, sans même réellement savoir pourquoi, bien trop impliquée pour cela.

« Je ne veux pas que tu t'en mêles, Élodie, lâcha soudain Philippe. Je le crois assez dangereux pour s'en prendre à quiconque se mettra sur son chemin… et je ne veux pas qu'il te fasse du mal.
- Si tu penses que je vais rester les bras croisés après ce que j’ai entendu... commença-t-elle en fronçant les sourcils, aussitôt interrompue.
- S'il te plaît, ne proteste pas. Plus tu te braqueras contre lui, plus tu t'en feras un ennemi. N'entre pas dans son jeu, promets le moi. »
Elle l’observa un instant, en songeant à la conversation qu’elle avait eu avec Portau. Lui aussi s’était laissé berné, comme tous les autres. Aux yeux de la belle, il semblait idiot de ne pas en profiter pour savoir ce qu’il avait derrière la tête. Pour lui, Eric restait Eric, après tout.
« Ai-je parlé de me braquer contre lui ? reprit-elle vivement. Philippe, pense-y : je peux me servir d’Eric pour savoir ce qu’il prépare et pourquoi est-ce qu’il s’intéresse à mes... fréquentations. »

Tout cela semblait logique à la demoiselle, mais sous le regard instant du jeune homme, elle finit par pousser un long soupir.
«Très bien, d’accord, je resterai à l’écart, lâcha-t-elle en s’appuyant contre une commode, les bras croisés contre sa poitrine. »
Discrètement, elle leva les yeux au ciel. Philippe se douterait certainement rapidement que ça n’étaient là que de vaines paroles. Elle ne pouvait tout simplement faire comme si de rien n’était.
« Je t'ai écouté et ne t'en fais pas, je saurais me débrouiller face à Cédric, nous en reparlerons, mais… Il fit un pas dans sa direction, alors qu’elle s’assombrissait, sentant la conversation prendre un nouveau tour. Avant tout, je pense que tu as des explications à me donner. Et cette fois, aucun mensonge. »
A nouveau, Elodie soupira, alors que le jeune homme lui effleurait doucement la joue. Il avait raison : elle lui avait servi bien trop de mensonges. Elle lui offrit un pâle sourire désolé, ne sachant par où commencer. Il savait déjà l’essentiel, pourtant.

Lentement, elle s’éloigna, et s’approcha de la cheminée dans laquelle brûlait un feu réconfortant. Arrivée là, elle inspira, et se tourna vers lui en cherchant ses mots. A trop mentir, on finit par peiner à formuler ses explications...
« Il y a trois ans, commença-t-elle enfin en jouant nerveusement avec un pan de sa chemise, quand je suis partie de chez moi, ça n’était pas uniquement pour fuir un mariage. Qu’on me parle de cela ou non, je serais partie, tôt ou tard... parce que je n’avais qu’une seule envie : rejoindre François. Ou plutôt, rejoindre les mousquetaires, même si ça signifiait devoir finir par lui avouer ma fuite. »
Elle eut une moue amusée, les yeux perdus au loin, en se souvenant du jour où il avait enfin compris ce qu’il en était de la nouvelle recrue. Elle n’avait pas encore vingt ans, à l’époque.
« J’ai passé toutes les épreuves sans que personne ne remarque quoi que ce soit. On a même félicité cet Eric pour son habileté et ses qualités prometteuses... Encore une fois, elle sourit, en posant ses prunelles brunes sur Philippe. Tu sais, je crois que François ne s’est jamais rendu compte de ce qu’il faisait lorsque nous jouions tous les deux. C’est lui qui m’a entraînée, sans vraiment le savoir. Quand il est parti, j’en savais déjà beaucoup, je n’ai plus eu qu’à me perfectionner pour être certaine qu’on m’accepte parmi les mousquetaires. Je te laisse imaginer sa réaction lorsqu’il a compris. Mais c’était trop tard, et puis j’étais heureuse, alors il a fini par me laisser faire. »

Elodie passa une main un peu nerveuse dans ses cheveux, puis s’éloigna de la cheminée. Dans le silence qu’elle savait attentif de la part de Philippe, elle se pencha un instant sur le berceau d’Arthur placé non loin du feu et couvrit d’un regard tendre l’enfant qui dormait à point fermé.
« Je suis d’abord restée dans mon rôle sans jamais en sortir, continua-t-elle en se redressant, puis j’ai eu besoin d’air, de m’échapper quelques fois. Alors j’ai profité de mes permissions pour redevenir une femme, en faisant en sorte de rester pour tous l’inconnue afin de ne pas compromettre Eric. Elle détourna les yeux : venait la partie la plus difficile à avouer. Celle où elle lui avait menti effrontément. Lorsque nous nous sommes rencontrés, en Gascogne... j'étais en mission. D’où mes absences ou mes départs précipités. Je prenais des risques, mais je voulais te revoir et... j'avais peur de t’avouer quoi que ce soit. »
Elle posa à nouveau les yeux sur lui à ces mots, en se tordant discrètement les mains.
« Je n’ai jamais cessé d’avoir peur, Philippe, souffla-t-elle. Depuis ton retour, j’ai essayé plusieurs fois de tout te dire, je te le promet. J’arrivais à m’en convaincre, puis je renonçais, au dernier moment. Même quand tu as croisé Eric, je... Je suis désolée. Elodie baissa les yeux, et se laissa tomber dans un fauteuil en contemplant le bout de ses bottes. J’avais tellement menti déjà... j’avais peur de te perdre. »
Elle avait toujours peur. Lui en voulait-il ? Comme pour chercher une réponse dans ses yeux, elle releva la tête.
« Je suis désolée, répéta-t-elle. »
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Philippe d'Artagnan

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
Discours royal:



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Titre : Duc de Gascogne
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MessageSujet: Re: "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty)   "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty) Icon_minitime31.08.12 22:19

« Tu n’as pas à faire ça seul ! »

Elle n'avait pas tort, Philippe ne serait peut être pas de taille à lutter face à un Cédric vicieux. Mais il refusait d'y impliquer Élodie de quelque manière que ce soit, ce serait trop dangereux et cela pourrait se retourner contre elle. Il était facile d'affaiblir un ennemi en touchant à ses proches. Cédric n'aurait qu'à s'en prendre à sa belle ou à son fils, il triompherait car Philippe serait touché dans son cœur au plus profond. Philippe refusa tout net une aide de la part de la jeune femme, c'était définitif, et cette fois il s'y tiendrait, il ne plierait pas, un point c'est tout.

« Ai-je parlé de me braquer contre lui ? Philippe, pense-y : je peux me servir d’Éric pour savoir ce qu’il prépare et pourquoi est-ce qu’il s’intéresse à mes... fréquentations. »
« Non, et s'il venait à découvrir ta identité ? »
«Très bien, d’accord, je resterai à l’écart. »


Au moins, ce chapitre était clos, il ne voulait pas en reparler. Si Portau voulait se débarrasser de lui, Philippe se préparerait à l'affronter, quoi qu'il en coûte, il n'avait pas peur et se faire même plaisir à lui rendre les coups. D'Artagnan était le seul homme de la famille à être un bon chrétien et à garder en lui une certaine charité. Seulement, cela ne s'appliquait pas à son grand ennemi qui ne lui ferait aucun cadeau, alors pourquoi en faire ? Philippe repensait à toutes les fois où Cédric était venu à Lupiac en toute ''amitié'', faisant semblant de s'inquiéter pour son ''ami''. Sûr que Portau aurait préféré qu'une des tentatives de suicide de Philippe réussisse ou qu'il finisse par réellement mourir de chagrin, tout lui aurait été plus simple pour mettre en place son plan machiavélique. Pas de chance, Philippe était un garçon coriace et la mort n'en voulait pas pour l'instant. Un autre jour peut être mais le jeune homme lutterait sans relâche, que le Tout Puissant en soit témoin !

« Bien, je ne veux pas que tu sois embarqué dans cette histoire, Portau est capable de tout et je ne veux pas que tu sois une de ses victimes. »

Maintenant qu'il avait été mis en garde, Philippe pouvait se protéger, du moins essayer de le faire. Son ton était sérieux, il ne savait pas de la vraie vie de Cédric mais se doutait bien qu'il n'avait pas grand chose de catholique, même s'il ne savait pas à quel point il pouvait être dangereux. Philippe aurait le temps de découvrir l'étendue de l'ignominie de cet homme qui voulait le rendre fou pour se débarrasser de lui …

Mais ça, l'avenir lui fera comprendre. En attendant, une autre histoire attendait d'Artagnan. Car si Élodie était venue le prévenir, elle était habillée en homme, à tel point que l'on aurait dit son frère. Et il apprit qu'elle était son frère … Si lui s'était laissé prendre au costume, combien d'autres alors ? Tous ses camarades mousquetaires ! Versailles qu'elle gardait sous sa casaque ! Philippe n'en revenait pas, lui qui avait vu pourtant son amie Angélique se travestir, il savait la reconnaître malgré tout. Mais là, il s'était fait prendre comme un bleu … mais il n'était pas le seul. S'asseyant sur un accoudoir de fauteuil, les bras croisés, il attendait l'histoire de la demoiselle. Enfin, il percerait son mystère, chacun son tour. Certes, cela faisait son charme mais trop de mystère tuait le mystère, cela aurait coincé à un moment ou à un autre, il valait mieux percer l'abcès maintenant. Trois années déjà qu'elle bernait son monde sans que personne ne s'en rende compte, mis à part François. En gardant le nom de Froulay, il était certain que le frère aîné allait se poser des questions.

Il ne la quitta pas des yeux, attentif à son récit, la regardant se rendre jusqu'au berceau du petit Arthur endormi. L'histoire n'était pas finie, c'était certain. Comment peut on vivre comme un homme alors qu'on est pas de ce sexe ? Elodie prenait des risques en se faisant passer pour un homme, mais davantage lorsqu'elle revenait elle-même.

« Lorsque nous nous sommes rencontrés, en Gascogne... j'étais en mission. D’où mes absences ou mes départs précipités. Je prenais des risques, mais je voulais te revoir et... j'avais peur de t’avouer quoi que ce soit. »

Tout s'expliquait à présent. Philippe était resté avec des questions dans sa tête où il n'avait pas de réponses. Pourquoi une fille vivant à Paris venait en Gascogne, ce coin un peu reculé et sauvage, pourquoi elle devait brusquement partir. D'Artagnan n'avait jamais osé le lui demander, cela paraissait trop personnel et il ne voulait pas s'immiscer dans sa vie privée de la sorte. Le jeune duc s'était même posé des questions à propos de lui-même, se demandant ce qu'il n'allait pas chez lui. Aujourd'hui, tout s'expliquait et devenait d'une évidence limpide : quand elle le quittait, c'est qu’Éric était appelé au devoir et qu'il fallait ranger Élodie. Il hocha de la tête machinalement, tentant d'assimiler cette drôle de nouvelle pas facile à digérer.

« Je n’ai jamais cessé d’avoir peur, Philippe. Depuis ton retour, j’ai essayé plusieurs fois de tout te dire, je te le promet. J’arrivais à m’en convaincre, puis je renonçais, au dernier moment. Même quand tu as croisé Éric, je... Je suis désolée. J’avais tellement menti déjà... j’avais peur de te perdre. Je suis désolée »

Le récit était terminé et pourtant Philippe resta silencieux, la regardant toujours. Elle avait beau avoir menti, n'était-ce pas pour des raisons évidentes ? Si le jeune homme haïssait le mensonge, lui-même l'avait déjà utilisé à plusieurs reprises pour sauver sa peau ou celle d'un proche, il n'était donc pas parfait, ce n'était pas lui qui jetterait la première pierre, bien qu'il ait été trahi en quelques sorte. Le silence fut coupé par un soupir de Philippe qui décroisa les bras et se leva pour se poser contre la cheminée qui les réchauffait.

« Je … J'avoue ne pas savoir quoi dire, commença t'il, les yeux fixant les flammes. Je n'ai jamais osé te poser de questions, tu étais un vrai mystère à mes yeux mais je me disais qu'il y avait bien une raison … je ne penserais pas que ce serait une de ce genre. »

Le ton était calme mais sérieux à la fois, il fallait le ton de digérer tout cela, ce n'était pas chose évidente, Élodie avait une épée de Damoclès au-dessus de sa tête avec un pareil secret.

« Et personne, mis à part ton frère et moi-même à présent, n'ont découvert ton secret ? demanda t'il. Tu devrais faire attention, un secret aussi terrible que le tien pourrait être dangereux dans les mains de certaines personnes.

Puis il s'approcha du fauteuil où la jeune femme s'était laissée choir, s'assit à nouveau sur le rebord pour lui prendre la main. Il avait le pli du soucis entre les deux yeux mais ses prunelles ne montrait que du calme, une bien drôle de contradiction.

« Ce n'est pas le genre de révélation qu'on aime entendre, il me faudra un peu de temps pour assimiler cela. Je ne suis personne pour te contraindre à quoi que ce soit mais il faut te montrer prudente. Vraiment prudente, Élodie. Je sais que c'est ce que tu fais depuis des années mais en étant avec moi, tu entres dans une famille qui n'a pas que des amis. Et je ne veux pas que tu sois un dommage collatéral. »

Il lui sourit enfin, un petit sourire qui n'enlevait rien à l'inquiétude de Philippe mais il n'avait pas tort. Les trois hommes de la famille n'avaient pas que des amis, cela n'irait pas en s'améliorant.

« Et pour la guerre, as tu idée de comment tu vas soustraire … Éric ? »

Une chose était sûre dans la tête de Philippe, c'est qu’Élodie n'avait pas l'intention de faire cette guerre … Grosse erreur !

______________________


Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


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MessageSujet: Re: "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty)   "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty) Icon_minitime24.09.12 0:08

Certes, Elodie redoutait la réaction de Philippe. Pourtant, elle devait admettre se sentir soulagée d’avoir enfin levé le masque. Si ses craintes n’étaient pas fondées, si le duc acceptait de la comprendre, alors au moins n’aurait-elle plus à lui mentir continuellement. Elle pourrait lui être sincère, enfin, et les remords cesseraient de la tarauder. Et si ce qu’elle redoutait devait arriver, alors peut-être valait-il mieux que les choses soient dites maintenant, et non plus tard, lorsqu’elles seraient plus difficiles à entendre. A cette pensée, la jeune femme frémit en achevant son récit, regard obstinément fixé sur ses bottes de cuir. Même sans le savoir, ce Portau - parce que c’était bien lui qui l’avait poussée à se précipiter au manoir d’Artagnan - parvenait à leur mener la vie dure.

Les derniers mots d’Elodie moururent dans sa gorge et lentement, après un instant de silence, elle leva la tête vers Philippe, cherchant timidement son regard. Et dire que pendant toutes ces semaines, pour se justifier à elle-même son silence, elle s’était convaincue tant bien que mal (plutôt mal) qu’elle ne faisait qu’attendre le bon moment ! Qu’elle ne voulait pas lancer cela à l’improviste au beau milieu d’une toute autre conversation. Or... Pouvait-il y avoir pire moment que celui-ci ? Débarquer chez-lui vêtue en homme, sans préambule, quand elle aurait voulu qu’il se concentre sur ce qu’elle venait d’apprendre n’était définitivement le meilleur instant à choisir.

Le silence qui suivit la fin de son histoire lui sembla bien plus long qu’il ne le fut réellement. Elodie attendit comme l’on attend un jugement la réaction du jeune homme, l’observant anxieusement s’appuyer contre la cheminée.
« Philippe, dis quelque chose ! souffla-t-elle.
- Je … J'avoue ne pas savoir quoi dire, répondit-il enfin. Je n'ai jamais osé te poser de questions, tu étais un vrai mystère à mes yeux mais je me disais qu'il y avait bien une raison … je ne pensais pas que ce serait une de ce genre. »
La demoiselle eut une grimace fataliste. L’on s’attend rarement à entendre qu’une jeune femme et un mousquetaire de son entourage ne forment en fait qu’une seule et même personne, que cette même jeune femme enfreint sciemment une dizaine de lois qui pourraient la mener (au mieux) au couvent, et qu’il y a plus d’un an qu’elle n’en souffle mot. Elle savait en plus à quel point le gentilhomme droit et sincère qu’il était détestait le mensonge et, confuse, baissa à nouveau la tête.
« Et personne, mis à part ton frère et moi-même à présent, n'a découvert ton secret ? »

A ces mots, elle se redressa. Personne... c'était beaucoup dire, et oublier quelques noms qui ne sonnaient pas des plus agréablement à ses oreilles.
« Personne qui ait intérêt à s’en servir, ou à le révéler, répondit-elle évasivement. Elle ne mentionna pas Ruzé, au dernier moment, de peur de devoir en dire plus.
- Tu devrais faire attention, un secret aussi terrible que le tien pourrait être dangereux dans les mains de certaines personnes, reprit Philippe.

- Je le sais ! Mais crois-moi, je maîtrise la situation. »
Là encore, c’était beaucoup dire. Ces derniers temps avaient révélé qu’elle n’était pas toujours exactement maîtresse de la situation, et les mois à venir, avec la guerre déclarée et les intrigues qui se nouaient n’allaient sûrement pas aller en s’arrangeant. Mais Elodie ne jugea pas utile de s’attarder là-dessus. Le pli soucieux qui s’étai creusé entre les deux beaux yeux du Gascon témoignaient de déjà bien assez d’inquiétude pour cela.
Heureuse qu’il n’ait pas pris trop mal ces révélations, la jeune femme adressa à Philippe un pâle sourire, tandis qu’il s’approcher pour s’asseoir à ses côtés et prenait doucement la main.
« Ce n'est pas le genre de révélation qu'on aime entendre, il me faudra un peu de temps pour assimiler cela. Elle hocha la tête. Je ne suis personne pour te contraindre à quoi que ce soit mais il faut te montrer prudente. Vraiment prudente, Élodie. Je sais que c'est ce que tu fais depuis des années mais en étant avec moi, tu entres dans une famille qui n'a pas que des amis. Et je ne veux pas que tu sois un dommage collatéral. »

De sa main libre, la demoiselle effleura légèrement la joue du jeune homme, un air rassurant au visage, mais n’eut pas le temps de répondre avant qu’il ne relance la conversation.. sur un sujet qu’elle n’aurait pas pensé aborder ce jour-là.
« Et pour la guerre, as tu idée de comment tu vas soustraire … Éric ? questionna Philippe, semblant considérer comme évident le fait qu’Eric n’aille pas se battre. »
Là encore, il y eut un court instant de silence. Les deux mains d’Elodie retomba sur le fauteuil, et elle dut planter dans le regard de du Gascon deux prunelles à la fois terriblement surprises et désolées.
« Soustraire Eric ? répéta-t-elle lentement. Et pourquoi diable irais-je soustraire Er- me soustraire à la guerre ? »
Elle s’éloigna légèrement, consciente que ça n’était pas exactement la meilleure façon de présenter les choses (et qu’elle ne manquerait pas d’avoir sous peu la même conversation avec son frère).
« Philippe... Je ne peux pas déserter au moment de la guerre, c’est absolument impossible ! »
Techniquement, et moralement, qui plus est. A moins de tuer Eric avant le début des combats ou de s’affubler d’une blessure qui a contraindrait à rester clouée à la caserne, elle ne pouvait simplement pas éviter la guerre.
« Et même si je le pouvais... je ne le ferais pas. »

Là-dessus, Elodie se leva, et se dressa face à Philippe.
« Ce serait ridicule ! Tous ces efforts, tous ces risques... pour tout abandonner à l’heure des combats ? lança-t-elle, avec une véhémence sincère. Je ne me fais pas passer pour un homme uniquement pour le plaisir de me faire passer pour un homme ou de torturer François. Moi aussi je veux me battre pour nos frontières ! »
Toute sa vie, et l’épée de Damoclès qui pesait au-dessus de sa tête ne rimeraient à rien si elle ne faisait cela que par caprice, et se retirait du jeu au dernier moment.
Elle eut un petit sourire, en s’approchant à nouveau du jeune homme, le couvant d’un regard tendre.
« Je sais que ça ne te plaît pas, et je comprends, crois-moi. Mais s’il te plaît... laisse-moi faire. Je te promets qu’il ne m’arrivera rien, ajouta-t-elle. Et puis, tu seras aussi là-bas, et j’aurais vite fait de devenir folle si je devais rester enfermée ici pendant ce temps ! »

(hj : pardon du retard !)
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Philippe d'Artagnan

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MessageSujet: Re: "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty)   "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty) Icon_minitime08.10.12 1:10

Il était difficile d'avoir une bonne réaction dans ce genre de cas, il n'existe aucun manuel de réaction adéquate en cas de nouvelle improbable. Et même s'il existait, Philippe doutait qu'il y ait « que faire quand la femme que j'aime se travestit en homme pour être mousquetaire ». Non, c'était bien trop tordu, il ne devait pas y avoir des dizaines de filles dans son cas, une seule était largement suffisante ! Elle lui avait exposé ses arguments, la vision d’Élodie était claire et même logique d'une certaine façon, cela n'empêchait pas d'Artagnan de rester perplexe et de chercher les bons mots.

Mais y en avaient-ils ? Philippe ne pouvait pas la juger, ce n'était pas son rôle ni sa position, son frère avait du le faire maintes et maintes fois sans succès vu qu'elle continuait. Si sa famille n'avait su la raisonner, pourquoi lui ? Certes, ils s'aimaient mais le jeune homme avait le même caractère, suivant ses propres instincts, croyant faire ce qui était juste pour lui … Élodie était pareille, alors il était bien mal placé pour la juger et tenter de l'empêcher de faire quoi que ce soit. Tout au plus, le duc se devait de la mettre en garde, tenter de la protéger mais rien de plus. Cela avait un côté frustrant mais impossible de faire plus.

« Personne qui ait intérêt à s’en servir, ou à le révéler.
Ce n'est guère encourageant. »
lâcha t'il.

Quand trop de personnes étaient au courant d'un secret, cela n'en devenait plus un. Et surtout cela multipliait les chances d'une fuite. Et si quelqu'un avait un intérêt à révéler ce secret ? Cette affaire devenait compliquée

« Je le sais ! Mais crois-moi, je maîtrise la situation. »

A cette phrase, Philippe eut un regard. Pas une parole mais juste ses prunelles qui parlaient pour lui, disant « si seulement … ». Comment peut on maîtriser une situation comme celle-ci quand plusieurs personnes sont au courant. Comment gérer ces gens ? Et comment gérer tout cela à l'avenir ? C'est ce que Philippe lui disait : en entrant dans la famille d'Artagnan, certes de manière encore informelle vu que les deux autres membres masculins n'étaient pas au courant, Élodie s'exposait. Voyez donc : un père disparu, un frère accusé d'un meurtre et lui harcelé par Portau. Il ne restait qu'eux trois et aucun ne menait une vie paisible, loin de là. Avec un secret aussi important, tous les ennemis des d'Artagnan pouvaient voir là un bon moyen de chantage ou, pire, de les faire perdre. Un grand mousquetaire, un ex-sous lieutenant et un chargé de la librairie du Roi, donc tous trois sous les ordres de Louis XIV, faire tomber des hommes proches du roi augmentait la dureté des sentences car, en plus de trahir la loi, on trahit le roi. Et ça, d'Artagnan refusait d'y penser.

Il fallait penser à autre chose, changer de sujet et savoir ce que la jeune femme comptait faire par la suite. En effet, avec la guerre qui se profilait, il n'était pas bon d'être un homme. Le champ de bataille était impitoyable et on pouvait être le meilleur combattant au monde, personne n'était à l'abri d'une blessure après tout. Mais Élodie aurait au moins l'intelligence de rester loin de cela … ou pas, comme en témoignait les phrases suivantes.

« Soustraire Éric ? Et pourquoi diable irais-je soustraire Ér- me soustraire à la guerre ?
Tu comptes y aller ? »
demanda Philippe, perplexe, n'y croyant pas ses oreilles.
« Philippe... Je ne peux pas déserter au moment de la guerre, c’est absolument impossible !
Si, c'est possible, tu … »
« Et même si je le pouvais... je ne le ferais pas. »


Le ton était déterminé, implacable, laissant Philippe surpris et tendu, cela se voyait dans la manière de se tenir mais aussi de la regarder se lever pour se dresser face à lui. Non, Élodie n'allait pas renoncer à cette guerre aussi facilement, c'était certain.

« Ce serait ridicule ! Tous ces efforts, tous ces risques... pour tout abandonner à l’heure des combats ?
Certes mais …
Je ne me fais pas passer pour un homme uniquement pour le plaisir de me faire passer pour un homme ou de torturer François. Moi aussi je veux me battre pour nos frontières !
Tu ne comprends pas les risques. »
put-il enfin exprimé.

Lui n'était pas un homme d'armes, bien qu'il savait se défendre et se battre habilement bien. Mais ce n'était pas pour lui de mettre une arme et de chevaucher vers l'ennemi pour le pourfendre de son épée. Bien sûr, il ne tournait pas le dos à ses obligations et se battrait pour son royaume. Pour cela, Philippe comprenait les motivations de sa belle mais il ne pouvait pas s'arrêter de penser que cela pouvait être dangereux. A son tour il se leva, jeta un regard vers le ciel avant de reposer ses prunelles sur la belle Élodie et son doux sourire. Elle semblait si confiante, comme il voudrait la croire.

« Je sais que ça ne te plaît pas, et je comprends, crois-moi. Mais s’il te plaît... laisse-moi faire. Je te promets qu’il ne m’arrivera rien. Et puis, tu seras aussi là-bas, et j’aurais vite fait de devenir folle si je devais rester enfermée ici pendant ce temps ! »

Il baissa les yeux, balaya le sol du regard, cherchant ses mots. Toute son attitude transpirait la nervosité, son corps se crispait et ses doigts se tordaient dans tous les sens. Il prit une profonde inspiration avant de relever la tête et être plus sérieux.

« Parce que tu crois que je ne deviendrais pas fou à te savoir là-bas à te battre, risquer ta vie ? Ta cause est noble, je ne dis pas le contraire mais tu ne peux pas me promettre qu'il ne t'arrivera rien. C'est la guerre Élodie, pas un simple entraînement de mousquetaire ! »

Il se tut, une phrase lui brûlait les lèvres, il n'avait osé le dire pour ne pas faire du mal mais il fallait que ça sorte, qu'elle comprenne à quel point c'était dangereux :

« Si tu te blesses … et il y a malheureusement de fortes chances que cela arrive, comment géreras tu cela ? Y as-tu pensé ne serait-ce qu'un instant ? Il te faudra bien un médecin … Ni ton frère ni moi-même ne pourront aller contre la médecine. C'est cela que je veux te faire comprendre. Te battre, c'est bien mais les conséquences peuvent être dramatiques ! » Le ton était monté d'un coup.

Ça y est, c'était dit. Philippe s'était un peu emporté mais c'était davantage de l'inquiétude qu'une leçon de morale, il s'en voulut immédiatement d'avoir levé la voix ainsi et s'avança vers Élodie puis lui caresser la joue et la serrer contre lui.

« Je ne veux pas qu'il t'arrive le moindre de mal … » murmura t'il à son oreille.

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Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

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MessageSujet: Re: "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty)   "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty) Icon_minitime30.10.12 0:33

Le regard que lança Philippe alors qu’elle prétendait maîtriser la situation en disait long sur ce que pensait le duc, et sur les faits tels qu’il fallait les voir. Certes, Elodie s’avançait peut-être légèrement en paraissant si confiante. Elle n’avait pas exactement tout en main, et n’était certainement pas à l’abris d’une mauvaise surprise - elle en avait déjà eu la preuve. Mais jamais elle n’avait oublié ce risque, cette épée de Damoclès constamment suspendue au-dessus de sa tête. Depuis qu’elle avait quitté le manoir familial, elle n’avait pas une seule fois cessé d’agir en conséquence, et de faire tout ce qui était en son pouvoir pour protéger son secret. Oui, jusqu’à il y avait peu, elle maîtrisait parfaitement la situation. Mais beaucoup de choses avaient changées, et quoi qu’elle n’en soufflât pas un mot, elle savait pertinemment qu’il se pouvait que Philippe n’ait pas tort.

Elodie observa le jeune homme se lever en tentant de lui faire comprendre qu’elle ne pouvait rester à Versailles tandis que tous, et surtout lui, seraient envoyés aux frontières. Il ne pouvait pas l’entendre, du moins pas entièrement, elle le savait. Ni lui ni personne, parce qu’elle restait une femme, et en tant que telle, bien plus susceptible d’être en danger sur les champs de bataille - c’était bien là ce que tous pensaient. Et pourtant, il n’était pas certain que nombreux fussent les hommes envoyés sur le front à se battre aussi bien que la demoiselle ne le faisait, elle qui avait tant à prouver de plus que le reste de ses camarades. Mais peu importait aux yeux d’Elodie, elle n’avait pas besoin que Philippe la comprenne entièrement. Elle avait besoin qu’il accepte, et lui fasse confiance. Qu’il sache qu’elle ne faisait ni ne prenait pas tout cela à la légère. Ce qui, au regard de l’attitude du duc, n’était encore pas gagné.

« Parce que tu crois que je ne deviendrais pas fou à te savoir là-bas à te battre, risquer ta vie ? répliqua soudain Philippe, poussa la demoiselle à lever vivement la tête vers lui. Ta cause est noble, je ne dis pas le contraire mais tu ne peux pas me promettre qu'il ne t'arrivera rien. C'est la guerre Élodie, pas un simple entraînement de mousquetaire ! »
Elle resta silencieuse un instant, cherchant son regard sans réellement oser le trouver. Elle ne pouvait rien promettre en effet, mais après tout, certains revenaient de ces campagnes sans la moindre égratignure, alors pourquoi pas elle ?
« Je le sais ! Mais je ne peux prétendre vouloir être mousquetaire et me dérober aux combats. Je ne veux pas rester en arrière, Philippe, les rôles de demoiselle éplorée et inquiète ne sont pas fait pour moi ! »
Elle tira vaguement sur deux pans de son costume masculin, s’éloigna d’un pas et écarta les bras pour qu’il l’observe. Elle était mousquetaire. De conviction, de vêtements et de fait. Eric ne pouvait tout simplement disparaître maintenant...

« Si tu te blesses… et il y a malheureusement de fortes chances que cela arrive, comment géreras tu cela ? Y as-tu pensé ne serait-ce qu'un instant ? Il te faudra bien un médecin… Ni ton frère ni moi-même ne pourront aller contre la médecine. C'est cela que je veux te faire comprendre. Te battre, c'est bien mais les conséquences peuvent être dramatiques ! »
Philippe éleva la voix sur ces derniers mots, tandis qu’un sourire amer étirait les lèvres d’Elodie. Elle passa une main nerveuse dans ses cheveux attachés.
« J’y pense toujours, confia-t-elle d’une petite voix. Depuis que je suis à Versailles, chaque fois que j’ai une épée en main. Je ne pense qu’à ça, si tu veux tout savoir. Je fais tout, absolument tout ce qui est possible pour ne pas être touchée, ou pour l’être de façon bien précise... Elle poussa un soupir. Je ne te demande pas de me croire infaillible Philippe, simplement de me faire confiance. »
Le jeune homme s’approcha, et sans se faire prier, elle se serra contre lui.
« Je ne veux pas qu’il t’arrive le moindre, souffla-t-il. »

Elodie leva les yeux vers lui. D’une main, elle lui effleura doucement le visage, comme pour en chasser les plis inquiets qui s’y étaient creusés, et timidement, elle l’embrassa.
« Je sais ce que je fais, ça, je peux te le promettre, murmura-t-elle à son tour. »
Elle resta un moment ainsi, blottie contre lui, avant de s’éloigner, une moue mutine aux lèvres.
« Qui sait, il se peut que de nous deux, ça ne soit pas moi qui ait finalement besoin que l’on se fasse tant de soucis, lança-t-elle, taquine, en se souvenant de ces leçons d’escrimes avortées qu’elle avait remportées haut-la-main. »
Non pas qu’elle souhaitât qu’il lui arrivât quoi que ce soit plutôt qu’à elle, loin de là ! Mais Elodie avait besoin de détendre l’atmosphère, qui au fil de la conversation, s’était peu à peu terriblement alourdie. Portau, son secret, la guerre... voilà qui faisait beaucoup pour une seule soirée.

Souriante toujours, la demoiselle fit un tour sur elle-même, exhibant volontairement son costume.
« Et puis... J’ai trouvé ces chemises et ces bottes il y a peu, lança-t-elle avec la voix d’Eric. Il serait dommage de ne pas les étrenner, non ? Elle reprit un timbre normal. Sont-elles à votre goût, monsieur d’Artagnan ? »
Elle eut un sourire joyeux, qui se voulait rassurant, détacha ses cheveux et posa ses deux mains sur ses hanches dans l’attente d’une réponse.
« Au moins, nous serons ensemble, reprit-elle. Je n’en suis pas fâchée... je t’avoue que les menaces de Portau m’inquiètent. Avec les combats, la guerre... Il pourrait en profiter pour faire n’importe quoi. »



(hj : pardon, c’est terriblement, mais alors terriblement atroce. Mais il fallait que je réponde. D’ailleurs, on peut bientôt conclure, non ?)
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Philippe d'Artagnan

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
Discours royal:



    Ҩ PRINCE CHARMANT Ҩ
    Je te promets la clé des secrets de mon âme


Âge : 25 ans
Titre : Duc de Gascogne
Missives : 638
Date d'inscription : 01/06/2008


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MessageSujet: Re: "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty)   "L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle." (Philippe d'Arty) Icon_minitime12.11.12 15:29

La tolérance était un point fort du jeune d'Artagnan, il n'aimait pas s'enfermer dans ce carcan d'esprit fermé qu'on la plupart des personnes de son entourage. Pourquoi rester enfermé dans ce qu'on connaît, ces traditions souvent stupides et ces barrières trop strictes ? Cela pouvait un peu contraster avec son côté pieux mais tant qu'il n'y avait rien de contre-nature, pourquoi fallait-il le rejeter ? Avant Élodie, il avait rencontré Angélique, sa grande amie qui elle aussi se travestissait pour voyager avec plus de facilité. Cela avait un côté déconcertant mais amusant à la fois. Quant à Élodie … Il mettrait sans doute un peu de temps avant de vraiment intégrer cette double-vie mais ce n'était pas par idiotie ou quelconque esprit fermé, juste par inquiétude. Est ce qu'il arriverait un jour à trouver cela naturel qu'elle s'habille en homme, prenne l'identité d'un homme pour aller jouer les mousquetaires ? Jouer n'était peut être pas le terme, le gascon ne le dirait pas ainsi à haute voix il y avait de quoi se poser des questions. Surtout avec la guerre qui s'approchait et dont sa belle ne voulait pas passer à côté. Comment accepter de laisser partir celle qu'on aime au combat ? Oui, beaucoup de femmes verraient leurs hommes, leurs fils parfois aussi partir pour combattre l'ennemi mais Philippe avait bien du mal à s'y faire. Ses yeux azurs se perdaient un peu à regarder des points imaginaires et à retenir des soupirs à la fois exaspéré et tristes.

« Je le sais ! Mais je ne peux prétendre vouloir être mousquetaire et me dérober aux combats. Je ne veux pas rester en arrière, Philippe, les rôles de demoiselle éplorée et inquiète ne sont pas fait pour moi ! »
« Ce n'est pas ce que je te demande … »
lâcha t'il à demi-voix.

Non, il ne demandait pas à ce qu'elle l'attende, à prier son retard et trembler à chaque nouvelle des batailles. C'est ce qu'elle aurait du faire en tant que fille de bonne famille, c'était l'éducation traditionnelle d'une fille normalement. Mais Élodie n'était pas une fille ordinaire et Philippe avait dépassé l'idée de ce genre de couple lorsqu'il avait avoué ses sentiments à la demoiselle de Froulay, sachant qu'elle était à part, sans savoir à quel point elle était différente des autres filles …

La discussion semblait sans issue, Philippe ne pouvait se résoudre à la voir partir au front. Et s'il lui arrivait quelque chose … Sans imaginer le pire avec la mort, rien qu'une blessure pouvait avoir des conséquences dramatiques si on venait à découvrir qui elle était véritablement.

« J’y pense toujours. Depuis que je suis à Versailles, chaque fois que j’ai une épée en main. Je ne pense qu’à ça, si tu veux tout savoir. Je fais tout, absolument tout ce qui est possible pour ne pas être touchée, ou pour l’être de façon bien précise... Je ne te demande pas de me croire infaillible Philippe, simplement de me faire confiance. »

Cela était facile de dire mais alors que le jeune homme la prenait dans ses bras, Philippe n'était pas plus rassuré. Avoir confiance en elle, oui, ça c'était certain. La jeune femme savait suffisamment se protéger et se camoufler pour que personne ne s'en rende compte. Mais les autres ? C'était en ces autres qu'il n'avait pas confiance, la guerre n'était que barbarie et un lâché d'hommes prêts à en découdre qui ne feraient pas dans la dentelle, ni toujours dans le combat de gentilhomme. Élodie savait se battre mais on ne pouvait pas toujours éviter les coups, on ne sait jamais bien ce qui peut se passer durant une bataille. Lui-même ne savait pas vraiment ce qu'il en serait pour sa propre personne, le jeune homme avait davantage peur pour sa belle. Philippe avait couru après la mort pendant des mois sans qu'elle ne veuille de lui, pourquoi serait-il fauché alors qu'il remontait enfin à la surface ? Sans être totalement confiant, d'Artagnan avait beaucoup plus important à faire que s'inquiéter pour sa propre personne ! Élodie le regarda et l'embrassa doucement. Cela le calma un peu mais cette inquiétude restait accroché à son cœur et son âme.

« Je sais ce que je fais, ça, je peux te le promettre. »

Il n'eut qu'un petit sourire avant de la laisser quitter ses bras et resté debout, le visage un peu moins inquiet, en apparence.

« Qui sait, il se peut que de nous deux, ça ne soit pas moi qui ait finalement besoin que l’on se fasse tant de soucis. »
« Qui sait ! Mais je suis un mauvais d'Artagnan, je penche davantage pour les armes à feu, je tiendrais mes ennemis à distance. »
répliqua le duc avec un petit sourire.

On verra bien ce qu'il fera sur un champ de bataille. Son père serait, normalement, pas loin pour le surveiller. Ce sera une nouvelle fois l'occasion de prouver qu'il n'était plus un gamin, qu'il était assez grand pour qu'on arrête de le brimer. Philippe était un adulte et allait devenir un soldat, cela avait quelque chose de vivifiant et terrifiant à la fois. Mais il aurait le temps d'y penser. Philippe voulait profiter du sourire de sa belle qui tournait pour montrer sa tenue masculine alors qu'il croisait les bras avec un petit sourire amusé.

« Et puis... J’ai trouvé ces chemises et ces bottes il y a peu. Il serait dommage de ne pas les étrenner, non ? Sont-elles à votre goût, monsieur d’Artagnan ? »
« Ce n'est pas ce que je préfère comme tenue pour une jeune femme. Mais elles sont parfaites pour un mousquetaire, je ne peux pas nier.
il se tut en la regardant avant reprendre. Si ça t'intéresse, il reste bon nombre de chemises que j'avais acheté et qui ne me vont plus. Disons que Barnabé a réussi à me remplumer en partie alors si cela peut te servir. »

L'encourager n'était pas une bonne idée mais d'Artagnan tentait de prendre cette nouvelle de double-vie du « bon » côté. Se fâcher ne servirait à rien mis à part se mettre à dos la jeune femme qui ne changerait pas de vie juste pour lui, alors il fallait s'accomoder.

« Au moins, nous serons ensemble. Je n’en suis pas fâchée... je t’avoue que les menaces de Portau m’inquiètent. Avec les combats, la guerre... Il pourrait en profiter pour faire n’importe quoi. »
« La guerre ne l'arrêtera pas … mais au moins il ne s'en prendra pas à toi. Je me demande ce qu'il va préparer, celui-là aussi ! »


Philippe avait beaucoup trop de sources d'inquiétude en ce moment. Il n'avait pas encore retrouvé son père, son frère était introuvable, cette guerre arrivait, Élodie et puis Portau. Trop de choses pour ses épaules pas toujours bien solides mais il devait s'y faire et s'y habituer. C'était aussi cela de grandir, d'avoir des responsabilités, de penser à se poser petit à petit. Philippe avait encore beaucoup de choses à faire pour grandir encore ! Mais penser à Portau le contrariait bien trop, il secoua la tête pour le chasser de son esprit.

« Je ne veux plus penser à ce mécréant pour l'instant, j'ai des choses + importantes à penser pour l'instant. Puis je saurais me défendre face à lui, je suis un d'Artagnan après tout, je n'ai pas peur d'un type dans son genre. »

Il eut un petit sourire amusé. Même s'il refusait de le croire, Philippe était le digne fils de père, le même caractère sanguin et tête brûlée. Alors qu'ils continuaient à discuter, quelqu'un cogna à la porte, Barnabé alla ouvrir avant de prévenir le jeune duc.

« Philippe, le gouverneur est là. »
« Déjà ? Il ne s'est pas ménagé pour traverser le royaume. Conduis le dans mon cabinet, j'arrive. Puis il se tourna vers Élodie avec un sourire désolé. Je dois te laisser, j'ai quelques affaires à régler. Fais attention à toi. »

Il l'attira vers lui pour l'embrasser avant de quitter le salon. Il ne pourrait jamais s'arrêter de s'inquiéter pour elle, ni de lui dire de faire attention. Après tout, c'était ça aussi l'amour …

______________________


Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


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