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 La courtisane et l'assassin... Ca sonnerait presque comme un titre de La Fontaine

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MessageSujet: La courtisane et l'assassin... Ca sonnerait presque comme un titre de La Fontaine   01.06.12 18:28




Une décision a toujours ses conséquences, et il y avait longtemps que j’avais appris cette leçon. Apprendre la vie à quinze ans, alors qu’on est certain que rien ne changera jamais peut être très dur. Mais je m’en étais sorti, de manière pas très louable, certes, mais la fin justifiait toujours les moyens. J’avais fais de ces simples mots ma ligne de conduite. Si tu veux rester en vie, et rester au dessus du lot, il faut être prêt à tout, sacrifices comme actions peu recommandable. Je n’avais peur de rien. Du moins le croyais-je. Je ne savais pas à quel moment de l’enfant enjouée, souriante, vive, avec un caractère fort mais qui ne voulait qu’une chose, que son père soit fier d’elle, j’étais passée à cette femme si froide, distante, ironique, méchante parfois, mauvaise souvent, ne faisant confiance qu’à un nombre de personnes très réduit qui pouvait se compter sur les doigts d’une main. J’avais longtemps cru qu’être seule était le meilleur moyen pour que personne ne me blesse, mais c’était faux, et si je préférai souvent ne pas me livrer, j’étais toujours heureuse à l’idée que je pouvais me confier à certaines personnes qui savaient tout de moi. Si Paul restait un ami fidèle, il ne savait pas tout, mais en savait assez, il avait déjà risqué gros en m’aidant. Nicolas, par contre, était devenu se frère que je n’avais jamais eus, il savait tout, ou presque. Et pourtant, malgré l’affection que je leur portais à tous deux, je restais distante. Avec Elodie, c’était encore autre chose. Tant de choses en commun, et tant de différences à la fois…

Il était tard, très tard, je venais de rentrer de ce diner totalement insipide où je n’avais d’ailleurs pas vraiment trainé, me faisant discrète lors de mon départ, saluant à peine mon hôte. J’étais rentrée au plus vite, et dans ma chambre, assise à ma coiffeuse, Antoinette me brossait les cheveux, après m’avoir aidée à retirer ma robe bleu roi, qui mettait mon regard en valeur, lui substituant un déshabillé rouge. Dans le miroir je la regardais faire. Elle avait toujours été là, tout le temps. Comment ferais-je sans elle ? Elle était ma confidente, mon amie, ma mère de substitution à la fois, alors que nous n’avions que quelques années d’écart. A elle je ne pouvais pas mentir, jamais. Elle perçait toutes mes histoires sans avoir besoin de se forcer. Elle, savait bien à quel moment exactement j’étais devenue une autre. Une femme bien différente de l’enfant qu’elle avait servit en Bourgogne. Si la mort de mon père et ce que je m’étais abaissée à faire pour subsister selon mon rang m’avait déjà broyé le cœur et l’âme, cela n’avait rien eut en commun avec la transformation que j’avais opérée quand Cédric avait subitement disparut. A cette simple pensée je déglutis avec difficulté. Je l’avais aimé comme une enfant, sans retenue, vraiment, sans retenue. Il m’avait juré m’aimer de même. Mille serments qu’il n’avait jamais tenus. C’était là que je m’étais enfermée derrière un mensonge bien plus grand que ce que je pensais et qui m’attirerait bien plus de problèmes que ce que j’avais jamais imaginé.

Et son retour avait révélé des failles que je croyais à jamais refermées. Que faisait-il ici, tout d’abord ? N’aurait-il pas pu avoir la délicatesse d’aller se faire tuer je ne savais où plutôt que de revenir ici ? Je me mentais à moi-même, l’amour et la haine sont parfois si proches qu’on ne sait délimiter la fin de l’un et le début de l’autre. Je croyais le haïr et ne voulais qu’une chose, me venger, du moins était-ce ma réaction à chaud. Quelques soirs après cette rencontre fortuite, j’avais courus à Paris, mettre la main sur un ou deux coupes jarrets que j’avais l’habitude d’engager pour ces basses besognes, ou plutôt que le Chevalier de Louvel avait l’habitude d’engager. Le premier que j’avais trouvé avait fait l’affaire, d’ailleurs, l’avantage étant qu’ils ne posaient jamais de question, se contentant d’une bourse bien remplie. Je lui avais donné le nom de l’homme qu’il devait abattre, car oui, cette fois-ci ce n’était pas qu’un simple chantage contre impayés, il fallait m’en débarrasser. Cédric de Portau, Comte de Gan. Rien qu’à le prononcer ce nom m’avait écorché la bouche. Il fallait que cela soit fait au plus vite, proprement. Pourtant à peine avais-je enfourché à nouveau mon cheval pour rentrer à Versailles, j’avais voulu annuler cet ordre. Mais mon orgueil me l’avait interdit. Maintenant, assise devant ma coiffeuse, je me demandais quand cela serait fait. Si ça avait déjà été le cas, on l’aurait apprit à Versailles. Soit son corps aurait été retrouvé, soit, comme c’était bien plus probable, on s’inquiéterait de sa subite disparition. Quoi qu’il était très doué lorsqu’il s’agissait de disparaitre sans rien dire…

-Vous semblez ailleurs, mademoiselle… ?

La voix d’Antoinette me coupa dans mes réflexions, et je lui souris dans le miroir.

-Je pensais à autre chose, excuse-moi.

Elle avait fini, aussi me levais-je pour aller me coucher, quand on se mit à frapper à la porte de mes appartements. Fortement, trop fortement pour que ce soit banal. Antoinette et moi échangeâmes un regard légèrement inquiet. Qui cela pouvait-il être. Je m’inquiétais un instant, Paul était du genre à s’attirer des problèmes, cela pouvait être lui. Il était l’une des seules personnes à penser venir me voir à une heure aussi indue, et pourtant cela ne pouvait être lui, mon instinct me le disait. Instinctivement, je me rendis dans le salon, et ouvris le tiroir d’une commode dont je tirais un poignard.

-Va ouvrir, lui intimai-je.

Antoinette s’exécuta. A peine le verrou fut-il tourné que la porte s’ouvrit dans un vacarme difficilement dissimulable, tout Trianon allait l’entendre. Une ombre entra, marchant d’un pas vif et décidé, et décidément bien pressé. Son visage fut éclairé par les chandelles.

-Cédric ?! m’écriai-je surprise et effrayée.

On aurait cru que je venais de voir un fantôme et c’était presque ça. De surprise, j’en lâchais mon arme.

-Laisse-nous ! ordonnais-je à ma servante d’une voix sans appel.

Elle n’était pas obligée de voir ça, mais elle ne semblait pas décidée.

-LAISSE-NOUS ! hurlai-je, perdant soudain un peu de mon sang froid qui pourtant ne me quittait jamais. Elle s'exécuta.

Il ne devait pas… il ne pouvait pas être là. C’était impossible…

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MessageSujet: Re: La courtisane et l'assassin... Ca sonnerait presque comme un titre de La Fontaine   10.06.12 12:47

Les nuits parisiennes ne sont jamais sûres, il n'y avait qu'à voir qui sortait à ces heures tardives. Tous armés, tous dangereux. Chaque pas pouvait vous mener au dernier et tomber sur le sol, après avoir été poignardé lâchement. La police était encore assez neuve, pas totalement organisée pour mettre fin aux activités nocturnes des tueurs et autres êtres louches. Parmi eux, emmitouflé dans une longue cape doublée, la capuche rabattue assez pour se protéger mais laissant avoir une petite partie de son visage, Portau faisait partie de ces hommes étranges, qu'il ne vaut mieux pas rencontrer à cette heure tardive. Un homme en avait fait les frais ce soir, mort sans bruit dans son bureau et un autre allait en faire de même. Depuis quelques nuits, il se sentait épié, suivi, presque traqué. Il avait rapidement écarté tous ceux capables de faire cela, comme du Perche encore fragilisé par sa jambe. Non, il s'agissait d'un ennemi inconnu, d'un fou croyant tuer un tueur. Ce soir, il allait y mettre fin et commença à s'enfoncer dans les petites rues sinueuses de Paris, mal éclairées et où il ne fallait pas se rendre sans une bonne arme et des réflexes. Tournant plusieurs fois, Cédric finit par trouver un recoin et, au passage de son ennemi, lui sauta dessus et lui mit le couteau sous la gorge. A la faible lumière, il ne reconnaissait pas ce visage.

T'es qui et tu veux quoi ?

Mais l'homme sembla un bon adversaire puisqu'il arriva à se dégager et se relever avant de décocher une droite dans l'estomac de Cédric. Les hommes s'échangèrent quelques coups, Portau eut le bonheur de voir son visage épargné pour une fois, mis à part un coup non loin du nez qui le fit légèrement saigné. Après l'avoir attrapé et jeté contre un mur, il sortit son épée et la pointa sur sa gorge.

Qui t'envoie ? Parle si tu veux avoir la vie sauve.
Louvel …


Pour un tueur, l'homme à terre tremblait comme une feuille, il faisait presque pitié. Décontenancé par le nom qu'il venait de donner, Cédric reprit ses esprits et transperça le cou de l'homme qui agonisait, se vidant progressivement de son sang pendant que le grand blond réfléchissait. Isabelle, puisqu'il s'agissait bien d'elle sous sa couverture masculine, avait tenté de le tuer en envoyant un spadassin à ses trousses. Une fois la surprise passée, ce fut au tour de la colère de l'envahir. Ses yeux s'assombrirent, tout son corps se crispa et sa mâchoire serrée montrait tout ce qu'il pouvait ressentir en cet instant. Elle voulait la guerre et sa mort. Il allait lui en donner de la guerre ! Sans réfléchir un instant de plus, il rangea ses armes, mit sa capuche un peu plus sur son visage et se dépêcha d'aller retrouver son cheval avant de partir au galop. Il était hors de question qu'il laisse passer cela ! Pour qui se prenait-elle à jouer les lointaines tueuses ! Pendant tout le voyage jusqu'à Versailles, Cédric ne décolérait pas, il lui en voulait tellement qu'il en maltraita presque son cheval pour aller davantage plus vite. Après l'avoir revu, Portau avait découvert que son ancienne belle était au service de la Reine, qu'elle vivait au Trianon. C'était donc là qu'il se rendait, il ne voulait pas attendre pour la confrontation.

Dans les jardins du Trianon, il abandonna sa monture, passa devant les fenêtres et l'aperçut. Il n'avait plus qu'à entrer. Face à la porte, il ne prit pas de gants et frappa à grands coups, de façon énergique, presque violente. Il y eut un silence puis le cliquetis de la porte que Portau poussa, la faisant claquer avec fracas. Peu importe qu'on l'entende ou quoi que ce soit, il s'en moquait et se dirigea, d'un pas décidé, vers la responsable de sa colère. Isabelle se tenait debout dans la pièce.

Cédric ?!

Il fronça davantage les sourcils. Vu sa surprise, cela confirmait bien qu'elle espérait le voir mort. Il avait ralenti l'allure alors que la brune ordonna à sa servante de les laisser. A peine la porte claqua doucement derrière lui, signe que la servante, dont il n'avait même pas vu le visage, était partie, Cédric reprit sa marche Isabelle, déterminé et si tendu qu'on dirait qu'il allait imploser.

Sans ménagement aucun, il saisit Isabelle par le cou et l'emmena contre le mur où il la plaqua. Sa main ne serrait pas son cou délicat, juste la tenait par cet endroit. Dans cette situation, elle était prise au piège, sans aucun échappatoire puisque, face à elle, se trouvait un Cédric des plus hargneux. Isabelle pouvait sentir qu'il tremblait légèrement mais surtout voir le visage de Portau de plus près. En effet, ses traits étaient déformés par la colère, tous creusés, ses yeux bleus prenaient une couleur tempête et la ride du lion, ce pli entre les deux sourcils, étaient bien dessinés, témoignant d'un froncement de sourcils le rendant encore plus impressionnant. Il connaissait la jeune femme face à lui, ne voulant jamais montrer sa peur, mais là malgré tout, il voyait bien qu'elle n'était pas des plus rassurées. En même temps, il ne faisait rien pour paraître sympathique.

Tu as essayé de me faire tuer. commença t'il, crachant entre ses dents pour ne pas hurler. Tu m'as envoyé un de ces merdeux qui se prennent pour des grands … Et qui finissent par crever eux-même tant ils n'ont aucune capacité. Tu as eu ton mort du soir, mais c'est pas moi.

Il se retenait pour ne pas hurler, non pas par politesse de l'entourage qui devait déjà dormir, mais pour ne pas alerter la garde ou quoi que ce soit. Cela se passait entre Isabelle et lui, il n'y avait pas besoin d'intermédiaire ni de personne qui s'en mêle. Ses doigts se resserrèrent légèrement, pas assez pour l'étrangler, juste assez pour qu'elle se dise qu'il pouvait le faire. En cet instant, tous les sentiments qui avaient refait surface la dernière fois qu'il l'avait vu s'étaient cachés.

Ne ressortait que le pire de Portau, c'était dangereux et Isabelle risquait gros. Elle pouvait risquer jusqu'à sa vie. Il ne fallait jamais plaisanter avec Cédric, surtout que ce n'était pas du tout sa période glorieuse, un rien pouvait l'enflammer et Isabelle avait commencé à gratter l'allumette, c'était dangereux.

Pourquoi as tu voulu te débarrasser de moi ? A cause de ton stupide de travestissement, c'est ça ? Parle. Son ton n'incitait pas vraiment à la conversation et il hurla. MAIS PARLE !

Et sans crier gare, son poing libre alla s'écraser avec une force inouïe … sur le mur juste à côté d'Isabelle. Le bruit de la rencontre entre les phalanges et la pierre firent un bruit horrible, on n'oserait imaginer si c'était la belle brune qui s'était pris ce coup. Il était dans un état de rage, attention Isabelle.

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MessageSujet: Re: La courtisane et l'assassin... Ca sonnerait presque comme un titre de La Fontaine   22.07.12 20:20

On est jamais autant à l’abri que ce qu’on voudrait croire, bien au contraire. Isabelle de Saint-Amand et Etienne de Louvel avaient beau être l’opposé l’un de l’autre, cela faisait trop longtemps que je jouais avec le feu, trop longtemps que tout n’était qu’amalgame et mélange. Il fallait juste faire attention à ne pas s’y perdre, et éviter de saluer sous une identité les gens que vous connaissiez sous une autre. Pourtant il était parfois amusant de venger l’honneur de l’un avec les facultés de l’autre. J’aurais presque fini par m’y perdre si je n’avais pas eus comme ligne de conduite la rigueur et la primeur bien évidement d’Isabelle sur Etienne. Pourtant, j’avais l’impression que l’étau se resserrait ces derniers temps. J’accumulais erreurs sur erreurs, et cela commençais à en devenir agaçant. Le sang froid dont j’avais toujours fais preuve jusque là était en train de se détériorer progressivement et il ne fallait pas grand-chose pour que je commence à m’énerver. Cela devenait décidément agaçant. Et quand je réfléchissais aux raisons de ce changement en moi, il n’y avait pas longtemps à chercher pour savoir qu’il venait d’une seule et même personne, une personne qui en avait déjà trop fais dans ma vie pour la rendre totalement chaotique, et que je ne laisserai pas recommencer. Il fallait justement se débarrasser de cette personne, et ce sans attendre un instant de plus, ou cela risquait de devenir dangereux. Et il était hors de question de risquer quoi que ce soit de trop prêt. Mieux valait prévenir que guérir.

Quitte cette fois encore à mélanger mes deux identités, pour mieux me sauvegarder. Certes, Cédric avait été mousquetaire, mais de là à faire face à un assassin entrainer et habitué, il ne fallait pas non plus trop en demander. J’avais changé en ces dernières années, à un point qu’il n’imaginait même pas. Mais c’était sans penser que lui aussi avait pu changer radicalement. Quand on connait une personne, ou qu’on pense la connaître, l’imaginer totalement différent devient absolument impossible. Et c’est souvent ce qui nous perd. J’aurais dus le savoir, et pourtant… Pourtant je fonçais tête baissée sans réfléchir à un meilleur moyen, laissant parler le cœur, ou plutôt la vengeance, plutôt que la raison qui aurait voulut une méthode bien plus efficace, plus directe, et plus sûre, que de ne lui envoyer le premier imbécile venu – imbécile qui pourtant ne m’avait jamais déçue jusque là – qui pouvait se faire prendre par la garde et me dénoncer. La précaution de lui faire rencontrer Etienne m’avait parue suffisante mais elle ne l’était pas totalement, et c’était bien ce à quoi je n’avais pas pensé. Je n’avais pas non plus imaginé une seule seconde qu’il puisse revenir en ayant échoué, ou être celui qui resterait sur le pavé après l’échange. Et pourtant… Tout est toujours possible et rien ne se passe exactement comme on l’a prévu. Jamais. Et c’était bien ce qu’il y avait de plus problématique dans cette histoire. Le danger ne vient pas toujours de là où on l’attend.

Aussi quand on frappa à la porte de cette manière, vive, froide, forte, je m’inquiétais, mais ne m’attendais pas à voir ce qu’il allait advenir en face de moi. Il était vivant, il avait survécut à ce piège que je lui avais tendu. Mais comment, pourquoi ? Ne pouvait-il donc pas faire ce qu’on attendait de lui pour une fois ? Et pourtant, au fond de moi, à peine l’ordre donné, j’avais voulu le récrier, l’empêcher, l’annuler, mais il était déjà trop tard. Sans me l’avouer, car ça aurait été une preuve de faiblesse, j’étais soulagée au fond qu’il ne lui soit rien arrivé et qu’il soit encore en vie. Pourtant c’était une catastrophe pour mes affaires et pour tout ce que j’avais encore à faire ici. Ce qui aurait dut être une victoire totale se transformait en lamentable échec, sur toute la ligne, et de plus, c’était extrêmement dangereux. Je ne pouvais pas me permettre de perdre, et c’était pourtant ce que je venais de faire. Il n’y avait qu’à jeter un bref coup d’œil à Cédric pour voir qu’il n’avait pas du tout apprécier cette petite rencontre nocturne, et qu’il se vengerait sans doute. Pourtant Antoinette n’avait pas mérité de rester ici, assistant à cela, aussi la renvoyai-je en hurlant. Elle savait bien que si jamais elle appelait quiconque, nous étions tous perdus, aussi ne pouvait-elle rien faire de plus que cela. J’attendis, blême, l’explosion de colère de Cédric qui ne tarda pas à arriver.

Un fantôme du passé, revenu me hanter, et qui ne voulait pas mourir, voilà ce qu’il était. Rapide comme l’éclair, tel que je ne pouvais pas lui échapper, il marcha vers moi, et me saisie par le coup avant de me planquer contre le mur, tellement fort que cela m’en coupa la respiration pendant quelques secondes. A ma grande surprise, il ne serra pas, ne cherchant pas à m’étouffer, contrairement à ce que j’aurais crus, mais j’étais prise au piège. Sa poigne de fer m’empêchait de bouger de telle sorte que si je faisais un geste, je m’étranglerai seule. Pourtant, par reflexe, je portais mes mains à la sienne, y plantant mes ongles, pour le forcer à relâcher, mais cela ne sembla pas lui faire plus d’effet que cela. Je soutins pourtant son regard glacial, aussi froid que le mien, presque du même bleu. Mon cœur battait tellement vite qu’il menaçait de crever ma cage thoracique. J’avais peur, et si c’était elle qui me faisait frémir, son tremblement à lui était indubitablement dut à la colère.

-Tu as essayé de me faire tuer. Tu m'as envoyé un de ces merdeux qui se prennent pour des grands … Et qui finissent par crever eux-même tant ils n'ont aucune capacité. Tu as eu ton mort du soir, mais c'est pas moi.

Cela je l’avais bien remarqué, hélas. Il ne parlait pas fort, bien au contraire, mais cette colère sourde qu’il tentait d’endiguer le rendait encore bien plus effrayant que s’il s’était mit à hurler sa rage et sa colère.

-Pourquoi as tu voulu te débarrasser de moi ? A cause de ton stupide de travestissement, c'est ça ? Parle. MAIS PARLE !

Sans crier gare, son poing libre s’éleva dans le sol et fonça droit sur mon visage. Ultime réflexe, je fermais les yeux, crispant à nouveau mes mains sur celle qui m’enserrait le cou, effort pour me libérer totalement inutile. Je n’eus même pas le temps de me débattre. Ce fut l’onde de choc dans le mur qui me fit rouvrir les yeux, son bras libre à côté de ma tête venait de s’écraser contre le mur. La peur m’ôta toute force de parler, j’avais la gorge sèche et la voix tremblante à n’en pas douter. J’attendis qu’il eut retiré son poing du mur, me donnant un minimum de contenance, avant d’essayer d’ébaucher une réponse comme une autre, à mi voix, étouffée par l’émotion et l’inquiétude, mais le ton n’était pas des plus agréables.

-Tu m’as déjà détruite une fois, je ne vais pas te laisser recommencer !

Crochetant sa main un peu plus fortement, je la tirais en arrière.

-Lâche-moi ! Tout de suite, sinon je cri, et il faudra bien que tu expliques au guet ce que tu fais dans les appartements d’une dame à une heure pareille alors que tu n’y as pas été convié !

Bluf, total, mais cela pouvait parfaitement fonctionner. Toujours pâle et encore tremblante, j’attendis de voir l’effet de mes paroles sur mon interlocuteur, essayant de calmer mon cœur qui continuait de battre à une vitesse folle.

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MessageSujet: Re: La courtisane et l'assassin... Ca sonnerait presque comme un titre de La Fontaine   03.08.12 14:16

Il était rarement bon de mettre un tueur en colère. L'issue pouvait être souvent fatal, beaucoup ont essayé et ils ont eu des problèmes. Ce n'était même plus un problème, c'était la mort assurée. Portau ne supportait pas qu'on se mette en travers de son chemin et qu'on pense pouvoir le faire plier. Presque dix années au service d'Hector de Valois l'avait transformé en pierre, il avait mis sa vie de côté pour se consacrer au complot, ne voyant que cela dans sa vie pour espérer un jour retrouver un niveau de rang convenable et ne plus être un sbire, tueur de la nuit. Dire que tout cela aurait pu ne jamais arriver, il aurait fallu que son père le laisse mener sa vie comme il l'entend, Cédric serait resté un bon garçon, serait devenu mousquetaire et aurait épousé celle qu'il aime …

Au lieu de cela, il avait échappé une nouvelle fois à la mort et tenait son ancien grand amour par le cou la serrant juste assez pour qu'elle ne s'enfuit pas. Isabelle se débattait comme un beau diable, l'inverse aurait été étonnant quand on connaît le caractère de feu de la belle brune. A les voir ainsi, leur histoire d'amour n'était qu'un lointain souvenir, il n'y avait apparemment plus de sentiments ni la moindre flamme à raviver. Il faut dire que la situation ne se prêtait pas à une amourette, surtout quand Isabelle a tenté de faire tuer son ancien amant juste parce qu'il connaissait son secret. Que Portau s'en moquait qu'elle se travestisse en homme pour gagner sa vie ! Chacun avait mené une route différente, pas forcément la meilleure. Pas du tout la meilleure, j'oserais dire. Mais le monde est cruel, vil et sans scrupule, il faut toujours se battre pour tenter de survivre et ne pas se faire bouffer par les autres. Cédric tenait car il n'avait aucune gêne à tuer qui que ce soit. En ferait il de même avec Isabelle ? La colère qui l'habitait pouvait prouver que oui, tout comme ce poing dans le mur à quelques centimètres de la belle. Mais il avait à faire à une forte de tête.

Tu m’as déjà détruite une fois, je ne vais pas te laisser recommencer !

Parce que c'était lui le méchant ? Un lointain souvenir lui fit rappeler les deux lettres envoyées lorsqu'il était au fin fond de la France. Comment pouvait-il devenir qu'elle ne les avait jamais reçues ? Cédric fronça un peu plus les sourcils, la regardant se débattre de toute ses forces. Il continuait de la fixer sans dire le moindre mot, Isabelle n'avait pas répondu à ses questions. Tant qu'il n'aurait pas obtenu satisfaction, il ne bougerait pas.

Lâche-moi ! Tout de suite, sinon je crie, et il faudra bien que tu expliques au guet ce que tu fais dans les appartements d’une dame à une heure pareille alors que tu n’y as pas été convié !
Hé bien vas y, crie, hurle de toute tes forces.
lâcha Portau, cynique. Avec ta petite réputation de blanche colombe, ça devrait marcher, n'est ce pas ?

C'était un coup bas, un coup dur, Cédric savait qu'Isabelle vendait encore ses charmes au plus offrant, cela n'était pas inconnu à la Cour. Alors si quelqu'un trouvait un homme dans sa chambre, personne n'irait penser à mal. Il attendit quelques secondes mais elle n'en fit rien. Levant les yeux au ciel, il reposa son regard froid sur la brune, un petit sourire malsain naquit sur son visage.

Tu as perdu ta langue ? Comme toujours, mademoiselle grogne mais n'aboie pas ni ne mord. le ton était volontairement moqueur. Te crois tu à tes parties de cartes où tu peux te jouer de ton monde ? Fais attention, tu as un joueur à ton niveau.

Il lui lâcha le cou mais alors qu'elle tentait de lui échapper, Portau retint la brune par le poignet et, comme elle se débattait, il lui saisit l'autre fermement. Isabelle, une nouvelle fois prisonnière d'un Portau pas bien aimable. Il la fixa longuement tandis qu'elle continuait à vouloir s'enfuir, à l'insulter et toute autre discussion agréable qu'ils avaient en cet instant (ironie, bonjour ! ). Il ne pouvait pas la laisser partir, sait on jamais où Isabelle pouvait aller, si elle cachait des armes dans ses appartements, ce qui ne serait pas étonnant quand on la connaît. Mais Cédric reprit le dessus de la conversation en l'attirant un peu vers lui tout en maintenant ses poignets comme si ses mains d'hommes étaient des menottes.

Il suffit de jouer. Réponds à mes questions. Maintenant. le ton était dur, à l'image de son visage et son regard. Pourquoi as tu essayé de me tuer ? Si c'est pour l'autre soir, je me moque de ta double vie, comprends tu ? Je déteste qu'on tente de me tuer pour une raison aussi. Je me moque de toi.

La dernière phrase était fausse, il ne pouvait pas s'en foutre d'Isabelle. Mais en cet instant, la petite partie humaine du tueur se terrait dans un coin, n'osant as déranger par peur de finir achevé comme les autres parties humaines qui ont tenté de s'exprimer ces dernières années …

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MessageSujet: Re: La courtisane et l'assassin... Ca sonnerait presque comme un titre de La Fontaine   06.09.12 4:58

On pouvait difficilement imaginer un pire retournement de situation. Vraiment. Tout était parfaitement sous contrôle jusqu’à il y a encore quelques heures, et d’un coup, tout s’était effondré. A quel moment les choses étaient-elles passées de parfaitement orchestrées à cet espèce d’imbroglio sans aucune retenue ? Je n’en avais pas la moindre idée. D’aucun dirait que c’était au moment où Cédric avait survécut du piège que je lui avais tendu. J’aurais plutôt tendance à penser que cela avait une autre origine. Cédric, ancien mousquetaire, avait l’habitude de se battre, je l’avais bien constaté en le regardant s’entrainer, mais pas à ce point ! Il était habitué aux coups à la régulière, pas aux attaques sans honneurs de spadassins qui étaient prêts à toutes les bassesses pour arriver à leur fin. Les choses avaient changées pour moi, énormément, mais j’avais du mal à croire qu’elles aient pus changer pour lui à ce point. Ou alors cet imbécile que j’avais engagé était loin d’être aussi bon que ce que je pensais jusqu’alors et il avait joué de chance jusqu’à maintenant. Au moins, si j’en croyais la colère de l’ancien mousquetaire, il n’aurait pas le temps de dépenser l’argent qu’il m’avait couté, pour rien. J’avais peur, il fallait bien l’avouer, même si je ne le laisserai pas se venger sans me défendre. Et la peur me faisait réfléchir encore plus vite à comment réussir à me tirer de ce mauvais pas sans vraiment savoir quelles étaient les options dont je disposais et les issues qu’il me restait.

Coincée ici avec Cédric… Il y a quelques années j’aurais totalement rêvé de cette possibilité. A l’époque nous étions tous les deux fous amoureux l’un de l’autres, échafaudions des plans plus incroyables les uns que les autres pour penser que nous finirions par être heureux, juste lui et moi, alors que non, ce ne pouvais pas être le cas… Mais nous continuions à espérer, parce que l’amour rend aveugle… Et faible. La détresse dans laquelle m’avait laissé son départ sans aucunes nouvelles ensuite m’avait fait plonger tellement bas que je m’étais jurée que jamais plus, personne ne pourrais me faire souffrir de cette façon. J’étais forte, je me devais de l’être, et aussi inatteignable. Parce que personne ne devait pouvoir me faire autant de mal qu’il avait put m’en faire en me brisant le cœur. Alors cette commande d’assassinat était-elle une vengeance ? Peut être… je ne préférai même pas me poser la question. Il est des vérités qu’il ne vaut mieux pas connaître et celle-ci en faisait partie. J’avais voulu m’en débarrasser parce qu’il connaissait mon secret. Et même si à plusieurs moments entre le moment où j’avais donné l’ordre et celui où il était censé être exécuté, j’avais voulu revenir sur ma décision, trouver un moyen d’arrêter l’assassin que j’avais commandité, à l’instant précis, je regrettais qu’il n’ait pas réussi son officie plus tôt. J’aurais aimé finir le travail moi-même, tellement je lui en voulais, une rage de plusieurs années que je pensais évanouie, mais ma position ne me le permettait guère.

Coincée contre le mur, d’un simple mouvement de ses doigts, il pouvait m’ôter la vie en m’étranglant. Je ne doutais pas que toute couleur avait déserté mon visage, et je pouvais même sentir une sueur froide couler le long de ma peau, pourtant, je me refusais de céder. Pas cette fois, pas encore. Qu’il le veuille ou non, je ne baisserai pas les bras cette fois. Je l’avais déjà fais une fois, en acceptant son départ et ses promesses, je ne le laisserai pas recommencer. Mais je n’avais pas pu m’empêcher de fermer les yeux en serrant les dents au moment où son poing avait fracassé le mur juste à côté de ma tête. Pourquoi ne pas s’être tout de suite vengé en me frappant comme il avait visiblement très envie de le faire ? Qu’on ne me dise pas que c’était parce qu’on ne faisait pas de mal aux dames. Il n’était pas un homme d’honneur et je n’étais pas une dame. Pourtant, je ne me retenais pas de le provoquer encore. J’avais vécu des choses bien pires que cette espèce de petite démonstration de force qu’il était en train de me faire. Du moins essayai-je de m’en persuader. Loin de me laisser démonter, je lui répondais sur le même ton qu’il était en train de me parler, n’arrangeant en rien la situation à coup sur, mais je n’avais plus grand-chose à perdre. Je voulais juste qu’il me laisse en paix et qu’il sorte de ma vie, mais de manière définitive cette fois-ci, du moins était-ce ce que je pensais à cet instant précis.

A ma menace de crier, sa réponse fut immédiate :

-Hé bien vas y, crie, hurle de toute tes forces. Avec ta petite réputation de blanche colombe, ça devrait marcher, n'est ce pas ?

L’ironie était palpable. J’aurais voulu le gifler. Tout était de sa faute !

-Tu as perdu ta langue ? Comme toujours, mademoiselle grogne mais n'aboie pas ni ne mord. Te crois tu à tes parties de cartes où tu peux te jouer de ton monde ? Fais attention, tu as un joueur à ton niveau.

A mon niveau ? J’aimerai bien voir ça…

-Il suffit de jouer. Réponds à mes questions. Pourquoi as tu essayé de me tuer ? Si c'est pour l'autre soir, je me moque de ta double vie, comprends-tu ? Je déteste qu'on tente de me tuer pour une raison aussi. Je me moque de toi.

Malgré le temps, certaines blessures se referment mal. Les paroles me firent l’effet d’une douche froide et je dus retenir le cri qui voulait franchir mes lèvres. Gardant le plus de dignité possible, je répondis froidement :

-Peut être qu’on sait que j’ouvre ma porte à certains hommes, mais des aussi pauvres que toi, jamais. Il n’y a qu’à te regarder pour voir que tu n’as rien à faire ici.


Moi aussi je savais où le bat blessait.

-Si tu te moques de moi, de ce que je fais et de pourquoi je le fais, on se demande bien ce que tu fais ici. Ou alors pourquoi tu perds ton temps en vaines paroles. Vas-y, venge-toi…

Du regard, je désignais l’épée qui pendait à son côté, alors que mes mains se refermait sur son poignet pour le faire lâcher prise, chose totalement inutile, il était bien plus fort que moi. Mais comme il ne faisait rien, je me mis à bouger un peu, pour me dégager.

-Tu m’as laissée… sifflai-je entre mes dents. Et maintenant tu estimes pouvoir revenir ici impunément ? Lâche-moi ! Retourne donc là où tu étais ces dernières années, sans donner de nouvelles. Si tu n’en étais pas revenu, je n’aurais pas eus à faire ça, et tu le sais très bien.

J’aurais aimé qu’il ne parte jamais, qu’il reste, comme ses promesses l’avaient laissé suggérer, qu’il ne soit qu’à moi, et qu’il m’arrache à cet endroit aussi pourri de l’intérieur qu’étincelant de l’extérieur. Pourquoi la vie se montrait-elle tant cruelle ?

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MessageSujet: Re: La courtisane et l'assassin... Ca sonnerait presque comme un titre de La Fontaine   05.10.12 17:38

Il n'était jamais bon de se frotter à Cédric, encore moins s'en faire un ennemi ! Qu'importe le passé, le présent seulement comptait aux yeux du grand blond qui avait décidé de tout renier, ses années passées, certains de ses anciens amis, ses anciens rêves, son ancien amour, … Tout, il avait tout laissé sur le bas côté d'une route et avait continué d'avancer avec d'autres buts, d'autres choses à faire, à vivre. Suivre Hector de Valois dans sa quête du pouvoir était un autre de ses buts, il voyait en lui un digne roi, bien que cruel à bien des égards. Mais jamais les rois ne devaient faire preuve de faiblesse ou de mollesse. Avec le Valois à la tête de la France, les courtisans intrigants mèneraient une autre vie car la Main de l'Ombre connaissait déjà les potentiels traîtres, ceux capables de retourner leur veste à n'importe quel moment. Il ne fallait pas croire, Portau n'était pas juste un tueur, un exécutant de basses besognes, ses yeux et ses oreilles traînaient partout, il n'oubliait pas un visage, une parole, tout pouvait servir à un moment ou un autre. Et croyez moi, tout cela laissait bien peu de place pour une vie privée, et le peu qu'il avait, Cédric le consacrait à son plan diabolique contre les d'Artagnan. Alors les histoires de cœur … encore fallait-il en avoir un !

Et à présent, Cédric lui-même en doutait. Il s'en était pas occupé depuis des années, depuis qu'il avait du quitter Paris de force avec son père, après les deux lettres envoyées à Isabelle où il n'avait jamais eu de réponse. Depuis ce temps là, il n'avait plus jamais aimé quelqu'un et s'était concentré sur ses missions, son travail, son but. Mais vous connaissez le destin, il est capricieux et souvent assez vil, quelle était la probabilité de la retrouver après toutes ces années ? Et qui aurait cru qu'elle aurait essayé de le tuer ? Des deux, aux dernières nouvelles, c'était lui le tueur !

Pourquoi avait-elle voulu le faire disparaître de la surface de la Terre ? C'était la question qu'il lui posa, la maintenant toujours contre le mur. Isabelle avait toujours eu un fort caractère et ne se laissait pas faire, tentant de se débattre pour se libérer de Portau mais il était bien trop fort, enserrant ses poignets si délicats pour éviter qu'elle fasse le moindre geste. Mais souvent, c'était davantage les mots qui blessaient. On pouvait soigner une éraflure, un coup de couteau mal placé, mais les mots faisaient plus mal et ne se soignaient pas avec des crèmes ou des bandages. Toute l'ironie et les mots de Portau étaient blessants, surtout sa dernière phrase. Ce je me moque de toi était sûrement le plus dur de tous, mais aussi le plus faux. Depuis qu'il avait revu la joie brune, dont le temps n'avait fait que la rendre plus belle encore, son esprit n'avait cessé de penser à elle et bien qu'il la chassait vite de ses pensées, elle revenait à tout allure. Et quand des personnes comme ces deux là, écorchés vifs, s'insultaient, l'autre répliquait plus dur. C'était un moyen de défense qu'Isabelle appliquait bien.

Peut être qu’on sait que j’ouvre ma porte à certains hommes, mais des aussi pauvres que toi, jamais. Il n’y a qu’à te regarder pour voir que tu n’as rien à faire ici.
Parce que je n'ai pas besoin de payer pour ça. répliqua t'il, aussi durement.
Si tu te moques de moi, de ce que je fais et de pourquoi je le fais, on se demande bien ce que tu fais ici. Ou alors pourquoi tu perds ton temps en vaines paroles. Vas-y, venge-toi…

Elle avait touché un point faible. Pourquoi était-il venu si, comme il disait, il se moquait d'elle ? Officiellement, pour avoir une réponse claire mais en fait, il n'en savait rien. Et se venger d'Isabelle, Portau le refusait, du moins il ne se voyait pas la transpercer de son épée, c'était au-dessus de ses forces, quelque chose en lui le refusait. Son cœur ? Allons bon, il y a bien longtemps que Cédric n'écoutait plus cet organe qui ne cessait qu'à le faire vivre. Et pourtant, il ne voulait ni la tuer ni la lâcher alors qu'elle se débattait pour sortir de son emprise. Il ne fit qu'arquer un sourcil à la voir se débattre de la sorte pour rien. Dans un autre contexte cela aurait même été risible.


Tu m’as laissée…. Et maintenant tu estimes pouvoir revenir ici impunément ? Lâche-moi ! Retourne donc là où tu étais ces dernières années, sans donner de nouvelles. Si tu n’en étais pas revenu, je n’aurais pas eus à faire ça, et tu le sais très bien.

Une nouvelle fois, elle le bottait en touche. Cela faisait mal d'utiliser un passé qu'il croyait révolu en guise de réplique. Il fut décontenancé l'espace d'un instant, cela dut se lire sur son visage avant qu'il ne reprenne du poil de la bête.

Parce que je suis encore une fois le méchant de l'histoire ? N'inverse pas les rôles, Isabelle, ce n'est pas moi qui ait tort dans cette histoire. Tu es très mal placée pour jouer les petites victimes innocentes.

Finalement, il lâcha ses poignets et fit un pas un arrière, l'air toujours froid et dur, ne laissant transparaître aucune émotion sur son visage, gardant juste les mâchoires serrées et lâchant un soupir agacé. Elle ne lui avait toujours pas répondu et n'était pas prête de le faire à voir comment elle réagissait. Si Isabelle commençait à parler du passé, cela ne serait pas bon, surtout pour Cédric qui refusait toute discussion à ce sujet. Les seules fois où il le tolérait, c'est pour en user auprès d'Alexandre et encore, il choisissait bien ses anecdotes. Mais avec elle, cela était un sujet trop sensible et rouvrir ces moments là serait comme ouvrir la boîte de Pandore.

Tu ne veux pas t'expliquer ? Bien mais ne t'avises plus de te mettre sur mon chemin de la sorte, je ne serais pas toujours aussi clément.

La regardant une dernière fois, Cédric décida de quitter ces appartements, il n'était jamais bon de s'attarder de la sorte. Pourtant, posant la main sur la poignée, il se tourna une dernière vers elle. Le regard semblait moins froid, plus … humain. Même sa voix n'était plus la même.

Et change de registre, tu n'es pas une victime. Tu as fait beaucoup de mal aussi …

surtout à moi aurait il voulu ajouter mais il ne le fit pas, s'engouffra dans le couloir pour sortir du Trianon. Il fallait partir loin, rentrer chez lui et ne plus penser à cette soirée. Surtout ne pas réveiller le passé, cela faisait bien trop mal et n'apporterait rien de bon dans la vie bien chargée de Portau. Et pourtant, dés qu'il laissait son esprit au repos vagabonder, ce dernier dessinait les beaux yeux bleus d'Isabelle …

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MessageSujet: Re: La courtisane et l'assassin... Ca sonnerait presque comme un titre de La Fontaine   16.10.12 19:00

La situation m’avait totalement échappée, et je ne pouvais rien faire pour qu’elle me revienne entre les mains, alors, que faire d’autre qu’attendre et qu’il décide ce que qu’il allait faire de moi ? Bien sûr, j’avais toujours la possibilité d’attraper quelque chose pour me défendre, cette pièce était truffée de petites choses pouvant servir à se défendre. Mais il n’y avait qu’à voir la manière dont Cédric s’était avancé vers moi dans la pièce pour savoir qu’il était assez rapide pour m’en empêcher. A bien le regarder, je pouvais voir que ces années aussi l’avaient changées. Mais il était impossible de savoir à quel point, tous deux, nous étions différents des deux jeunes adultes, presque encore des adolescents, qui s’étaient aimés passionnément et auraient pus vivre d’amour et d’eau fraiche s’il l’avait fallut. Bien naïf ils avaient été. Il avait suffit d’un rien pour que tout, de nos projets à nos rêves les plus fous, s’effondrent d’un claquement de doigt. A croire que le destin adorait être cruel. Pour ne pas souffrir encore j’étais prête à beaucoup de chose, mais de là à oser m’avouer qu’il ne m’était pas arrivé, dans les bras d’un autre, de penser à Cédric, ou encore de voir ses deux yeux bleus qui n’avaient pas changés lorsque mes pensées s’égaraient. Ca en aurait fait rire plus d’un de savoir qu’un jour, la belle et froide Isabelle de Saint-Amand, qu’on pouvait avoir du moment qu’on y mettait un prix très élevé, avait un jour pu avoir un cœur…

Un cœur que j’aurais voulu pouvoir enfermer au fond d’un coffre fort et l’y laisser prendre la poussière. Hélas, cela ne semblait pas au goût de mon corps. Pourquoi ne pouvait-on pas contrôler ce genre de chose ? Les sentiments… C’était ce qui nous affaiblissait le plus, toujours. Aimer nous rendait vulnérable, mais on ne pouvait pas fuir éternellement ce que l’on ressentait. Pourquoi la vie était-elle si cruelle ? Qu’avais-je bien pus faire pour mériter cela ? Je n’étais pas du genre à baisser les bras, et ces moments d’abattement ne duraient jamais longtemps, l’instinct de survie reprenait toujours le dessus. Je m’en étais toujours sortie. Mais parfois j’en avais assez de fuir. Trop, c’était trop… Pourquoi était-il là au final ? Il n’aurait pas pu rester Dieu savait où ? Où il avait passé ces dernières années et où je n’avais plus entendu parler de lui ? Je ne voulais qu’une chose, qu’il parte, me laisse, encore une fois, comme avant, parce qu’il avait déjà été assez dur d’accepter qu’il m’avait abandonnée la première fois, et je n’étais pas prête à le pardonner, ni maintenant, ni peut être jamais. Que lui fallait-il de plus ? Pourquoi me tourmenter par son retour ? S’il voulait s’assurer du mal qu’il m’avait fait la première fois, il pouvait le constater par lui-même à l’instant. Pourquoi croyait-il que j’en étais arrivée à de telles extrémités sinon ? Il n’avait pas le droit de revenir tout gâcher encore une fois, je ne le laisserai pas recommencer.

Qu’attendait-il pour se « venger » ? Me transpercer de son arme comme j’aurais voulu qu’il le soit il y a encore quelques heures ? Si je lui étais aussi indifférente, il n’avait qu’à faire un geste. Qu’il sorte de ma vie, comme il l’avait déjà fait la dernière fois ! Pourtant à ma grande surprise, après avoir été si menaçant – j’étais presque certaine que le mur garderait la marque de son passage – son étreinte se resserra, me tenant prisonnière. J’en avais pourtant connu des plus agréables venant de lui. Venant de lui, j’en avais connu des biens plus agréables. Mais je ne savais pas s’il en avait vraiment fini avec moi ou s’il avait décidé de se venger d’une autre manière. Restait à savoir laquelle. Nous ressemblions à deux chiens de combats prêts à se sauter à la gorge pour en finir. Le plus étonnant, c’était que personne encore n’était accourut. Le bruit de nos voix et de son poing contre le mur me paraissait pourtant assourdissant par moment. Mais c’était surement préférable. J’avais horreur de laver mon linge sale en public, et de là à justifier sa présence ici… Si quelqu’un venait, le tout Versailles saurait que Cédric de Portau se trouvait dans mes appartements et on aurait vite trouvé une raison qui n’était pourtant pas la bonne pour une fois. Et cela risquait de m’attirer quelques problèmes avec Derek. Je n’avais pas la moindre envie de subir une crise de jalousie par la faute de Cédric, il n’aurait plus manqué que cela.

Quand je lui avais répliqué qu’il n’était pas assez riche pour s’offrir mes services, sa réponse avait été sur le même ton.

-Parce que je n'ai pas besoin de payer pour ça.

Jadis peut être, mais aujourd’hui, tout était différent. Je répliquais que si je lui étais aussi indifférente, pourquoi s’était-il donné tout se mal pour arriver jusqu’ici ? Mes piques étaient tout aussi bien senties que les siennes. Malgré le temps écoulé, le passé était toujours aussi efficace pour nous blesser mutuellement.

-Parce que je suis encore une fois le méchant de l'histoire ? N'inverse pas les rôles, Isabelle, ce n'est pas moi qui ait tort dans cette histoire. Tu es très mal placée pour jouer les petites victimes innocentes.

Et finalement, il me relâcha. Je passais une main sur mon cou meurtri pour faire passer la douleur. Pourtant je n’étais pas pour autant achevée.

-Tu ne veux pas t'expliquer ? Bien mais ne t'avises plus de te mettre sur mon chemin de la sorte, je ne serais pas toujours aussi clément.

Je redressais la tête, et croisais son regard. Je ne savais pas vraiment quoi y lire, pas plus que ce que je voulais y voir.

-Et change de registre, tu n'es pas une victime. Tu as fait beaucoup de mal aussi …

Il tourna les talons, s’éloignant. C’était tout ? Il ne s’en sortirait pas ainsi ! Avant qu’il ne passe la porte je lui jetais :

-Inverser les rôles ? Je suis toujours au même endroit que celui où tu m’as laissée, je n’ai pas disparut de la surface du monde pendant toutes ces années. Quand à ta clémence, tu peux te la garder. Mais fuis, tu as toujours été parfait dans ce rôle !

Et c’est ce qu’il fit. J’attendis quelques instants, pour être sûre qu’il ne reviendrait pas, avant de m’adosser au mur, au même endroit que celui où il m’avait plaqué contre, et me laissais glisser au sol. Malgré tous mes efforts, les larmes se mirent à couler, sans que je puisse les arrêter. Il avait bien réussi à m’atteindre, au final…

FIN DU RP

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