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 Que vos cheveux sont soyeux, Que vos yeux sont brillants ! C'est pour mieux vous manger mon enfant ! [Megan]

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MessageSujet: Que vos cheveux sont soyeux, Que vos yeux sont brillants ! C'est pour mieux vous manger mon enfant ! [Megan]   27.04.12 22:20


"Je dis loup, car tous les loups
Ne sont pas de la même sorte ;
Il en est d’une humeur accorte
Sans bruit, sans fiel et sans courroux
Mais hélas ! qui ne sait que ces loups doucereux,
[…] De tous les loups sont les plus dangereux."

S’il y avait une chose qu’Alaina savait apprécier dans sa nouvelle vie, c’était les saisissants contrastes qu’elle pouvait lui offrir. Ce pluvieux après-midi de novembre en était la parfaite illustration. Jacques, le valet de l’Hôtel d’Arcises, avait ramené plusieurs cageots de pommes et la maison s’était transformée en confiserie artisanale, embaumant tout le quartier avec une fabrication quasi industrielle de gelée de pommes. La jeune irlandaise avait tenue son rôle de maitresse de maison de la plus conventionnelle des façons, supervisant la pesée du sucre, le touillage de la marmite ou encore la mise en bocaux. On n’aurait pu offrir un tableau plus vraisemblable de la parfaite jeune fille de bonne famille. Alors que les marmitons de fortune s’offraient le luxe d’un réconfort bien mérité à coup de cuillérées sucrées et dorées, le bruit d’une visite impromptue raisonna dans la cour pavé de l’hôtel parisien.
Il n’y avait que trois personnes qui se présentaient de manière inopinée dans la demeure d’Arcices. Le premier était le mousquetaire François de Froulay, déjà habitué du temps du Marquis. Il n’avait pas faiblis le nombre de ses visites depuis que la filleule de son ami était devenue sa plus proche confidente. Aussi passait-il à l’improviste, que ce soit pour une promenade dans les rues de la capitale ou simplement pour passer des heures à discuter dans le salon. Le second, bien qu’également mousquetaire, était bien moins connus de la maisonnée. Ses visites étaient nocturnes et il n’arrivait jamais par la porte. Agile, il escaladait les murs voisins pour venir toquer à la fenêtre de son amante, afin de voler des heures de plaisir avant de repartir par le même chemin. Le troisième de ces visiteurs était le seul à se présenter en carrosse. Aussi, quand Alaina entendit le roulement, elle comprit aussitôt qu’elle allait devoir troquer son tablier de femme au foyer contre l’une de ses tenues d’espionne.

§§§

Elle contemplait le feu, alors que la voiture du Duc de Vivonne s’éloignait, mettant au point la tactique qui lui permettrait de mener à bien sa mission qui lui avait été confiée à la suite de leur entretien. Marie, la gouvernante de la maison, se présenta dans le chambranle de la porte.
-Vous allez sortir ce soir ? demanda-t-elle un peu triste.
-Oui, répondit la jeune femme en détachant son regard des flammes. Allons ne fait pas cette tête, tu sais bien que cela est nécessaire, ajouta-t-elle gentiment pour celle qui était devenue une figure maternelle.
Bien qu’elle n’ait jamais posé de questions, la servante n’était pas dupe de ce qui se tramait dans l’hôtel de son employeur et s’était en connaissance de cause qu’elle avait accepté de rester à Paris, avec son mari, Jacques et sa fille Jeanne, afin de veiller sur la jeune Aline d’Argouges.
-Passe encore les lubies de Monsieur le Marquis, mais vous Mademoiselle, rien ne vous oblige à courir les rues, tenta-t-elle de résonner sa protégée.
-Quoique tu en pense, Marie, je suis heureuse de ma vie. Je suis libre de mes mouvements et ça me conviens très bien, rétorqua le jeune fille.
-L’êtes vous vraiment, libre et heureuse ? demanda la gouvernante avec perspicacité.
Alaina eut un sourire sans joie.
-Je suis aussi libre et heureuse que les circonstances de ma vie me le permettent. Je suis vivante, j’habite dans une belle demeure et j’ai près de moi des gens qui me sont chers. Quel que soit le prix à payer, je ne demande rien de plus.

§§§

Vêtue d’une tenue très simple, empruntée à sa camériste, les cheveux simplement noués dans le dos, Alaina aurait pu passer pour n’importe quelle domestique d’une grande maison. Ce qui était justement son but. Emmitouflée dans une grande cape de gros drap, qui avait le mérite d’être chaude à défaut d’être élégante, elle marchait d’un bon pas en direction du logis de son amie et collègue Megan d’Ecosse. Dès que le Duc lui avait fait part de cette mission de surveillance, elle avait tout de suite pensée à la jeune femme. D’une part, parce que cette dernière était une espionne pleine de ressources mais aussi parce qu’avec elle, Alaina était sur de ne pas s’ennuyer. C’est donc fébrile qu’elle se fît annoncer, amusée des regards étonnés que lui jetaient les employés. Lorsqu’elle pénétra dans le salon, elle trouva son amie dans la peau d’une parfaite jeune fille de noblesse, tel qu’elle-même un peu plus tôt. Et c’est avec un malin plaisir qu’elle envoya balader tout ça.
-Good evening Miss ! s’écria-t-elle en guise de salutation. Je viens bousculer votre soirée, j’espère que vous n’aviez rien prévus. Broderie ? Harpe ? Prière ? S’amusa-t-elle en énumérant tout ce qu’elle-même avait bien du mal à supporter. Non ? Alors allez troquez vos habits de Comtesse contre votre plus vilaine robe, ôtez toutes vos fanfreluches, ce soir, nous allons traîner nos guenilles dans les bas fond.
Son interlocutrice, habituée à ses plaisanteries, parut enthousiaste à l'idée de pimenter un peu la soirée.
-J’étais sur que le programme allait vous plaire.

C’est ainsi que deux caméristes sortirent de l’hôtel Ecossais et prirent la direction des quartiers populaires de Paris. Cependant leur conversation, aurait surpris plus d’un passant.
-La personne à surveiller est Thomas de Fontanil. Il loge à l’Auberge de la Goutte d’or depuis quelques semaines et il semblerait qu’il soit en commerce avec un ou plusieurs vendeurs de poison. Il faut en savoir un peu plus sur lui, il pourrait représenter une menace. Pour l’heure, je n’ai pas de plan précis. Nous allons nous rendre dans cette auberge et essayer de questionner les gens. L’avantage, c’est que personne n’ira se méfier de deux femmes !
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Côté Coeur: Après mon pays et un souverain, vient le visage d'un français un peu trop maniaque.
Côté Lit: Après le passage d'un souverain, je suis devenue bien difficile. N'espérez rien de ce côté!
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MessageSujet: Re: Que vos cheveux sont soyeux, Que vos yeux sont brillants ! C'est pour mieux vous manger mon enfant ! [Megan]   26.05.12 16:59

-Tu aurais pu te montrer plus courtoise, Megan ! Le marquis de Courtenvaux n’est peut-être pas à la hauteur de tes grandes espérances orgueilleuses, mais il n’empêche que tu es là en tant qu’invitée !
-Pssss William ! Je n’ai pas voulu me montrer méchante !

La jeune fille soupira, levant les yeux au ciel, sa pièce d’échec à la main. Ce que son aîné pouvait se montrer agaçant ! Chaque soir, elle avait droit à ces sermons inutiles sur son attitude. Mais n’avait-elle pas vécu à la cour d’Angleterre ? Elle savait ce qu’était l’étiquette et tout ce carcan dans lequel elle devait vivre étouffée.
-Courtenvaux ne m’est pas détestable, renchérit-elle pour se justifier, affichant une petite moue.
-Tu l’as pourtant rabroué avec une préciosité qui ne te ressemble pas…
-Bah, qu’y a-t’il de mal à cela ?
-Peut-être as-tu repoussé un prétendant, s’amusa William en poussant une tour ?
-Mon prétendant portera un kilt, répliqua Megan.

Elle joua avec humeur, se faisant prendre impitoyablement un cavalier, ce qui n’aida pas la jeune fille à retrouver son sourire. Courte vaux ne l’avait pas si mal pris, elle en était certaine ! L’homme était charmant, cultivé, il avait certainement vu là une petite précieuse plus qu’une jeune fille moqueuse. Et puis n’était-elle pas connue à la cour pour ses quelques mots un peu trop osés ? Voilà…il avait déjà certainement oublié ce petit incident ! Demain, un fait bien plus intéressant viendrait remiser ceci loin dans les méandres de la mémoire.
Heureusement accomplie dans cette mauvaise foi, Megan n’avait pas suivi le jeu de William, qui avait à nouveau pris l’un de ses cavaliers.
-A ce rythme, Megan, tu ne pourras bientôt plus te présenter au bal, se moqua son aîné.
-Bah, je viendrais pleurer aux pieds de ce cher Richmond ! Il ne pourrait me refuser cela, s’amusa-t-elle, reprenant quelques couleurs.

Elle n’osa poursuivre, songeant à la conversation passée avec Morgan. Donner le change, Megan savait le faire et cacher ce qui avait été convenu entre son ami et elle était un jeu d’enfant. William ne se montrait curieux à l’encontre des occupations diurnes de sa jeune sœur et avec délicatesse, il ne préférait reparler de la précédente missive d’Archibald. Megan savait néanmoins qu’elle ne pouvait actuellement compter sur William, le cadet ayant une habitude – fâcheuse – qui consistait à arbitrer les matches entre Archie et Megan.
-Pauvre Richmond, soupira ironiquement William dans un sourire. Allez…joue, et correctement, cette fois !
-Tu sais, je crois que…
-Monsieur le comte, mademoiselle, une certaine mademoiselle Aline s’est présentée, annonça le maître d’hôtel en coupant la jeune fille.
Alors que William fronçait les sourcils, les yeux de Megan s’éclaircir à ce seul nom. Aline! Aline d’Argouges! il ne pouvait pas y avoir plus belle visite ce soir!
-Je la rejoins dans le salon des Oiseaux, s’exclama-t-elle! William, je vous raconterai demain, je n’ai plus de temps, veuillez m’excuser, s’empressa-t-ell de lancer à son frère.

Elle lâcha sa reine, repoussa la chaise et se précipita dans le salon, retrouver son amie, collègue et homologue. Vêtue simplement en domestique, elle pouvait presque ne pas la reconnaître, mais l’accoutrement signifiait surtout que la partie nocturne pouvait commencer.
-Good evening! Don’t worry, ma soirée n’était consacrée qu’au jeu d’échecs et à cette stupide affaire avec le marquis de Courtenvaux que j’ai un peu rabroué aujourd’hui, soupira Megan. J’aurais presque préféré la harpe! mais donc non!
-Non ? Alors allez troquer vos habits de Comtesse contre votre plus vilaine robe, ôtez toutes vos fanfreluches, ce soir, nous allons traîner nos guenilles dans les bas fond.
-Je vous suis, tel Apollon poursuivant Diane, s’amusa-t-elle! J’aime cette perspective de bas-fonds!
-J’étais sur que le programme allait vous plaire.
-Laissez-moi seulement quelques minutes, le temps d’enlever tout cela et de me faire une mine plus convenable!

Elle couru dans l’escalier dans jeter un seul regard à William et sous les soupirs de Betty, passa une robe de servante, dénoua ses cheveux qu’elle s’employa à emmpeler de quelques noeuds et avec un chiffon doux, essuya le maquillage de ses joues.
Elle enfila une pair de petites chaussures et redescendit, en évitant de passer devant la porte du salon où son aîné se trouvait encore.
-Je vais chez mademoiselle Aline, William, cria-t-elle en claquant la porte du petit hôtel parisien!

Sur le chemin qui menait au coeur de Paris, Aline expliquait de quoi il en retournait.
-La personne à surveiller est Thomas de Fontanil. Il loge à l’Auberge de la Goutte d’or depuis quelques semaines et il semblerait qu’il soit en commerce avec un ou plusieurs vendeurs de poison. Il faut en savoir un peu plus sur lui, il pourrait représenter une menace. Pour l’heure, je n’ai pas de plan précis. Nous allons nous rendre dans cette auberge et essayer de questionner les gens. L’avantage, c’est que personne n’ira se méfier de deux femmes !

Megan lui répondit par un large sourire, tout en lui attrapant le bras.
-C’est un atout majeur! Je n’ai pas l’habitude de sortir découverte, j’espère que l’on ne me reconnaîtra pas...mais je suis sûre en effet qu’on peut le faire parler! Deux femmes, de l’alcool...les hommes sont faibles!
Elle pouffa alors qu’elles entraient dans la rue de l’auberge.

La Goutte d’or ne volait pas son titre de l’auberge la plus fréquentée du quartier Saint Martin. L’ambiance était légère, au rythme de chants de quelques saoulards dans le coin de la pièce. La pièce était propre, bien tenue, et quelques clients présentaient bien mieux que les assoiffés qui restaient au fond. Les tables en bon état semblaient nettoyées à chaque passage et le tout dénotait avec la rue sombre et le quartier peu bien famé.
Il ne restait plus une table et sur l’une d’elle, face à une chope vide, un homme s’employait à finir la dernière.
L’écossaise donna un coup de coude à sa voisine.
-C’est notre homme, je crois....et j’ai une bourse pleine, venez, lui chuchota-t-elle!

En faisant signe à la serveuse qu’elles avaient trouvé leur compagnon, Megan s’installa sans vergogne à côté de l’homme et leva la main vers la serveuse.
-Il n’y a plus aucune place, acceptez-vous que nous vous tenions compagnie?
-Ben disons que...
Elle n’avais en outre pas attendu sa réponse.
-Attendez-vous quelqu’un?

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