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 Il faut bien savoir choisir ses amis ... [Nico/Elo]

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
Discours royal:



    Ҩ PRINCE CHARMANT Ҩ
    Je te promets la clé des secrets de mon âme


Âge : 25 ans
Titre : Duc de Gascogne
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Date d'inscription : 01/06/2008


MessageSujet: Il faut bien savoir choisir ses amis ... [Nico/Elo]   16.04.12 0:28


L'automne faisait rafraîchir les journées. Il n'était plus question de sortir sans un manteau et des bonnes bottes, car la pluie rendait les chemins boueux et crottait les chausses. Il fallait aussi penser à allumer plus souvent les cheminées pour ne pas attraper froid. Et pas soucis d'économie, on restait souvent dans les mêmes pièces ensemble pour ne pas user trop vite la réserve de bois, surtout que celle-ci venait à s'épuiser. Philippe n'était pas bûcheron, il n'allait pas couper du bois, il y avait des gens pour cela et qui venait lui livrer sa cargaison. Mais ce n'était pas prévu avant une ou deux semaines, heureusement qu'il restait des bûches de l'an dernier, de quoi tenir encore quelques jours. La maison d'Artagnan se résumait globalement à la cuisine et au salon. Barnabé allait et venait pour s'occuper de la maison, Philippe avait descendu ses comptes et les lettres à envoyer pour écrire plus près de la cheminée et il avait installé le petit Arthur à ses côtés pour le surveiller. Ces derniers jours, d'Artagnan était plus vigilant. Il sentait à nouveau qu'on l'épiait le soir, entendait d'étranges bruits autour de la maison et dormait peu. Il arborait un visage fatigué et las, manquant même parfois d'abandonner ses tâches pour se poser sur le fauteuil et s'endormir, ce qui lui arrivait de temps en temps.

Mais pas aujourd'hui, il y avait à faire. Philippe devait se rendre à Versailles. Il avait troqué ses vêtements de maison pour des habits de ville, même si ceux ci restaient bien simples par rapport à ceux que l'on portait à la Cour. Il avait rendez vous dans la ville, il n'y avait pas besoin de ressembler à un prince pour voir quelques amis. Jetant un coup d'oeil à l'horloge de son bureau, il attrapa un chapeau et descendit les marches à toute vitesse. Il se rendit au salon embrasser son fils, se saisit de son long manteau et sortit aux écuries pour prendre Hébé, sa monture. Et c'était parti pour un bout de chemin jusqu'à la ville nouvelle de Versailles.

Aujourd'hui, Philippe d'Artagnan avait à fait et il se le rappela sur son cheval, chemin faisant. Il y a quelques jours, il avait croisé son ami Nicolas, à qui il avait proposé de se revoir car il avait un service à lui demander. Et en rentrant, il avait fait porter un message à Élodie, lui disant qu'il devait la voir en ville. Pourquoi réunir Élodie et Nicolas ? Philippe savait-il ce qu'il s'était passé entre les deux ? Absolument pas, et ce n'était pas plus mal pour la survie de Nicolas. Simplement, Philippe connaissait les deux. Nicolas était un ami de longue date, le gascon n'avait jamais voulu écouter Alexandre si le côté vil de Ruzé. Quant à Élodie … Avait-il besoin d'expliquer ce qu'il se passe entre eux ? Elle était celle qui le sauvait, qui le fait sortir des ténèbres et fait à nouveau battre son cœur. Et s'il voulait faire rencontrer les deux, ce n'était pas une présentation entre amis, mais bien quelque chose de sérieux. Philippe craignait pour sa sécurité depuis quelques temps, à cause de cet espion invisible et les bruits étranges, doublé des lettres anonymes qu'il brûlait une fois reçues. Et quoi de mieux, pour faire du mal à quelqu'un, que de s'en prendre à son entourage ? Son père était toujours porté disparu, son frère était mousquetaire donc savait se débrouiller, son fils était sous protection … Il n'y avait que sa petite-amie qui semblait vulnérable. Il était très loin de se douter de la double vie d'Elodie, Philippe connaissait ses talents d'escrime mais il avait bien peur que ce ne soit pas suffisant.

Alors qu'il dépassait les premières maisons de la ville de Versailles, le jeune homme ralentit son allure mais pas ses pensées. Il ne pensait qu'à protéger Élodie, plus que lui-même. Et puisque Philippe ne pouvait pas perpétuellement être derrière sa belle, il avait besoin de quelqu'un d'autre, en qui il avait confiance. Et vu que depuis son retour, il n'avait pas vu grand monde, encore moins parmi ses rares amis, il n'avait pas beaucoup de choix. Puis Ruzé était un bon choix. Du moins, le croyait-il … La Couronne de Blé, lieu de rendez vous des trois protagonistes, se trouvait juste dans la rue face à lui, il en voyait l'enseigne. L'église toute proche sonnait six heures du soir, pile l'heure prévue, Philippe était d'une ponctualité exemplaire ! Poussant les portes de l'établissement, son regard azur rechercha si l'une des deux personnes étaient arrivées. Il n'y avait pas grand monde, quelques hommes jouant aux cartes, la plupart des tables étaient vides. En contournant certaines tables, un profil connu apparut plus loin, un visage amical (du moins pour l'instant), celui de Nicolas qui l'attendait. Il était donc le second à arriver et rejoignit son ami avec un grand et franc sourire.

« Nicolas, bien le bonjour ! Ca me fait plaisir de te voir. »

Il était sincère, Philippe l'était toujours, surtout quand il voyait un ami. Il s'assit face à lui, le gascon avait une vue imprenable sur l'entrée, il pouvait guetter l'arrivée d’Élodie. Mais puisqu'elle n'arrivait pas de suite, il avait le temps de parler à son ami du service dont il avait besoin. Son sourire ne le quittait pas, bien que plus fin, et surtout le ton plus posé.

« Je t'avais parlé que j'avais besoin de te demander un service, commença t'il. Je ne vais pas tourner autour du pot, je dois t'avouer que ces derniers temps, je reçois des menaces et j'ai peur qu'on s'en prenne à moi et mon entourage. Je ne peux pas être partout et j'ai besoin d'un ami pour surveiller une personne qui me tient particulièrement à cœur. »

Bon d'accord, il tournait un peu autour du pot, mais ce n'était pas évident d'officialiser une relation de vive voix alors que c'était tout frais entre eux et que Philippe n'avait pas eu le temps d'en parler à son frère …

« Voilà, j'ai … une femme dans ma vie et j'ai peur qu'on s'en prenne à elle. Je ne peux pas être avec elle jour et nuit, je ne te le demande pas non plus mais, Nicolas, tu me rendrais un immense service si tu pouvais garder un œil sur elle, la protéger. il était bien loin de deviner à quel point il avait choisi la mauvaise personne pour cela. Elle ne va pas tarder à arriver, je voulais vous présenter pour ne pas qu'elle se sente … Ah la voilà. »

Un large sourire naquit sur son visage et Philippe se leva pour aller jusqu'à Élodie qui venait de passer le pas de la porte. Amoureux sans être trop indiscret, il ne lui fit qu'un doux baiser en posant délicatement sa main sur la joue de la demoiselle. Puis lui prit la main.

« Viens, je vais te présenter à un ami. Tous deux se rendirent à la table et Philippe, joyeux les présenta. Nicolas, je te présente celle dont je te parlais, Élodie. Élodie, voici mon ami Nicolas de Ruzé. »

Il y eut un silence, presque gênant en cet instant. Philippe prit ça pour de la timidité de la part de la jeune femme, mais n'imaginait pas que les deux se connaissaient, ni ce qui s'était passé entre eux. Reprenant son siège, il invité la jeune femme à faire de même avant de reprendre.

« Je sais que tu vas dire que j'en fais trop mais je crains pour ta sécurité Élodie. Et j'ai demandé à un ami de te protéger. »

Et quelle protection …

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Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


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MessageSujet: Re: Il faut bien savoir choisir ses amis ... [Nico/Elo]   08.05.12 4:52

    Nicolas était loin d'avoir beaucoup de temps libres dans les derniers jours. Entre la recherche de cette mystérieuse femme, Maryse d'Armentières, par laquelle il était véritablement obsédé, les rondes de mousquetaires et les missions qu'une organisation secrète lui octroyait, Nicolas n'avait plus beaucoup de temps à accorder aux tavernes. Mais le cas actuel était différent. Et s'il faisait cette sortie, il serait probablement remercié et félicité par Portau. En effet, le tout risquait d'être fort intéressant. Son ami - du moins, il l'était encore pour l'instant - l'invitait à la Couronne de Blé pour lui demander un service des plus importants. Et comme cet ami était Philippe d'Artagnan, cela avait son intérêt.

    Avant qu'il ne perde sa fiancée, Philippe s'était bien entendu avec Nicolas. Ils couraient les fêtes et le cadet des d'Artagnan était d'humeur facétieuse et curieuse. Ce n'était plus vraiment le cas depuis, mais comme Nicolas n'avait rien contre les d'Artagnan (seulement le fils aîné en fait), il avait toujours maintenu des bons rapports avec Philippe. Cependant, il savait que cela était sur le point de changer. Est-ce que ça le dérangeait vraiment? Si on le lui avait demandé, le mousquetaire aurait haussé les épaules avec indifférence. Il aimait bien Philippe, mais il s'aimait davantage, raison pour laquelle le duc devait mordre la poussière.

    Ayant laissé Montalet en poste au palais, Nicolas chevauchait maintenant vers la taverne. Il allait être en avance, probablement assez pour y être avant Philippe. Parfait! Il aurait le temps de s'attabler et de prendre un verre avant son arrivée. Attachant son cheval à l'écurie, il entra dans l'établissement. Ses yeux s'habituèrent presque immédiatement au clair-obscur et aux rayons de soleil traversés de poussières. Se dirigeant automatiquement vers le bar, malgré le peu de gens qu'il y avait en cette journée, Nicolas décida de ne pas attirer l'attention. Prenant une bière, il se dirigea ensuite vers une table où il s'assied. Il n'eut pas à attendre longtemps que Philippe arriva. Il le reconnut automatiquement et lui sourit, ne pouvant s'empêcher de se souvenir de leurs bonnes soirées. Évidemment, d'Artagnan faisait toujours bonne figure avec son allure de prince charmant, ses cheveux probablement blondis par l'été, alors que ses yeux bleus pétillaient.

    Nicolas se leva pour faire une accolade à Philippe. Leur relation n'avait pas encore tourné au vinaigre. Il pouvait encore être amical à son endroit, il n'y avait aucun mal à cela... Par contre, il ne pouvait rien répondre de la suite. Après avoir fait quelques tapes amicales dans le dos de d'Artagnan, il se laissa retomber dans sa chambre.

    -Oh, Philippe, tout le plaisir est réciproque. Voilà longtemps qu'on ne s'était vus. Mais tu as demandé mon aide, je suis accouru. Que puis-je pour toi, mon cher?

    Le jeune mousquetaire ne manqua pas de remarquer que Philippe fixait l'entrée. Alors il attendait une autre personne? Sa curiosité fût piquée et il avait hâte de savoir la suite. Montant son verre à ses lèvres, Nicolas l'encouragea à en dire plus des yeux.

    -Des menaces? De qui?

    Mais Nicolas ne cherchait pas à en savoir davantage, un autre élément avait retenu son attention. Son sourire s'étira, creusant la fossette sarcastique et moqueuse dans sa joue gauche, alors qu'il tira sa chaise plus près de celle de Philippe. Alors ça, ça l'intéressait prodigieusement. Comme ça, Philippe d'Artagnan avait une personne à coeur. Nicolas le laissa parler, mais il savait déjà la suite. Une femme. Évidemment. Cela n'était guère surprenant. Ce n'était qu'elles qui pouvaient mettre des hommes dans de telles émotions. Ce qui l'intéressait davantage, c'était qui était-elle et pourquoi Philippe demandait à lui de la surveiller. Il avait certainement beaucoup de personnes plus désignées que lui pour faire une telle besogne. Voir son ami dans cet état fit sourire Nicolas. Avait-il l'air aussi idiot quand il pensait à sa belle princesse? Il eut un rictus. Non, non, certainement pas, ce n'était pas le genre de Nicolas, il n'était pas un romantique. N'est-ce pas? Il allait demander qui était l'élue quand Philippe sourit en désignant la porte, avant de se lever. Immédiatement, le regard de Nicolas suivit le sien. Pour voir l'amoureuse de d'Artagnan. Au début, il fronça les yeux. Avec le contre-jour, il ne la reconnut pas immédiatement. Il ne voyait qu'une silhouette mince, des cheveux longs et foncés, un visage mince. Mais plus elle s'avança, plus le sourire de Nicolas s'agrandit. Se pourrait-il...? Ah! Alors c'était ça! Mais qu'est-ce qu'on allait s'amuser!

    Les yeux pétillants, les sourcils haussés, le regard de carnassier, Nicolas regarda Élodie s'approcher. Il sentait le silence entre eux quand elle s'avança, l'air était plus lourd et il ne semblait n'avoir qu'eux dans la taverne, comme si d'Artagnan avait disparu. Il fixait son regard de fauve sur elle. Elle... Philippe la lui présentait. Bien inutilement. Nicolas ne connaissait trop la jeune femme qui se tenait devant lui. Élodie de Froulay, ou devait-il dire Éric? Une mission étrange, de l'espionnage et un coin sombre de cette même taverne. Oui, Nicolas ne s'en souvenait que trop bien. Son sourire se fit encore plus mesquin. Il se souvenait de la douceur de ses cuisses sous ses doigts. Lorsqu'Élodie s'assit finalement, Nicolas pencha sa tête sur le côté, ses dents découvertes sous ses lèvres.

    -Évidemment que je vais vous protéger, mademoiselle. Cela sera un véritable honneur. Je ne vous quitterai pas une seconde, si c'est ce que notre cher Philippe me demande. Car, c'est ce que vous me demandez, n'est-ce pas, d'Artagnan?
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MessageSujet: Re: Il faut bien savoir choisir ses amis ... [Nico/Elo]   23.05.12 11:24

Les six heures du soir approchaient à grands pas lorsqu’Elodie fut enfin lancée sur les routes qui séparaient la caserne de Versailles. Il n’y avait guère que quelques minutes que sa ronde s’était terminée, rallongée d’une longue demi-heure par la découverte homme blessés au détour d’un chemin. Pour la jeune femme – ou plutôt, le faux jeune homme – comme pour ses compagnons, il avait été clair que le malheureux était le perdant d’un duel, ses blessures et l’endroit où il avait été trouvé parlant pour lui. Mais parce que les duels étaient très sévèrement punis et parce que l’homme était l’ami d’un des mousquetaires qui composaient la patrouille, on s’était contenté de le ramener chez lui en faisant passer ses plaies pour les sévices infligés par quelques brigands, sa bourse ayant au préalable été jetée dans le premier coin sombre venu. Ce geste était, certes, tout à l’honneur des soldats, mais avait eu la très agaçante conséquence de les retarder. Mais, ne pouvant expliquer honnêtement la raison pour laquelle il lui tardait que la ronde se termine, Elodie s’était contentée de prendre son mal en patience et de s’élancer dès qu’elle avait pu retirer son uniforme.
C’est donc vêtue d’une simple chemise, d’un pourpoint sobre et de longues bottes de cuir qu’elle avait quitté la caserne, troquant ainsi la casaque trop reconnaissable des mousquetaires contre des vêtements qui lui permettrait de passer inaperçue. Et pour la métamorphose qu’elle avait besoin d’opérer, rien ne valait mieux que l’anonymat.

D’un léger coup sur les flancs de sa monture, Elodie fit s’allonger les foulées d’Hamlet. Elle ignorait la raison pour laquelle Philippe souhaitait lui parler, et à vrai dire, elle n’avait pas besoin qu’il lui annonce que c’était important pour être pressée de le retrouver. Mais cette fois, à ce plaisir là s’ajoutait la curiosité. Curiosité qu’elle aurait bien vite ravalé si elle avait pu savoir de quoi, et surtout de qui il s’agissait. Mais le don de lire dans les méandres de l’avenir ne lui ayant pas encore été accordé, elle avait dû se contenter de spéculations. Et depuis qu’elle avait reçu le message, à l’adresse d’une amie qui l’hébergeait quelques fois, Elodie attendait avec impatience le moment venu.

Elle ne fut donc pas longue à rallier Versailles et la Couronne de blé. Il étai évidement exclu de se présenter vêtue comme un homme à Philippe, mais l’auberge qu’il avait choisi pour lui donner ce rendez-vous était aussi celle où elle résidait. Fort heureusement, le propriétaire était un homme arrangeant et avait de bonne grâce accepté de lui expliquer comme rentrer sans passer par la grande salle sans poser de question, pourvu qu’on lui payât la chambre. Et comme la demoiselle payait… Le brave tenancier l’avait compris : mieux valait ne pas se mêler de ce genre d’affaires.
Rapidement, Elodie gagna la petite pièce qu’elle louait, et dans laquelle se trouvait ce dont elle avait besoin pour être présentable. Six heures sonnèrent, aussi se hâta-t-elle de faire une rapide toilette avant d’enfiler une robe simple aux couleurs sombres qu’elle avait ramené de son récent voyage sur les terres familiales. Une moue tordit ses lèvres à ce souvenir, songeant qu’elle avait bien failli ne pas en revenir, mais elle ne s’attarda pas et, usant du même chemin que pour entrer, sortit de la Couronne de blé, contourna la bâtisse et gagna l’entrée principale, comme n’importe quelle potentielles cliente.

Du regard, elle fit le tour de la pièce. Il ne s’y trouvait que peu de monde, aussi ne tarda-t-elle pas à croiser le regard de Philippe qui se dirigeait déjà vers elle. Elle le salua d’un grand sourire, avant de se hausser légèrement sur la pointe des pieds pour lui rendre son discret baiser avec encore un peu de cette timidité que ne connaissent que les premières amours.
« Viens, je vais te présenter à un ami, lui confia Philippe, conférant ainsi une nouvelle facette à la curiosité de la demoiselle concernant ce rendez-vous. »
Ça n’est que lorsqu’il lui prit la main pour l’entraîner dans la salle qu’Elodie aperçut cette silhouette bien trop familière pour lui échappée, attablée dans un coin. Aussitôt, elle détourna son regard de celui de Nicolas de Ruzé, en maudissant le hasard d’avoir voulu qu’il se trouve là au même moment qu’elle. Il y avait des semaines qu’elle faisait tout pour ne pas le croiser, à la caserne comme ailleurs. Ils n’avaient guère échangé plus que quelques vagues saluts depuis leur dernière… entrevue, dans cette même taverne.

A cette pensée elle tressaillit, et leva les yeux vers Philippe. Que Ruzé soit là s’il le désirait, elle n’en avait que faire. Du moins… jusqu’à ce qu’elle réalisât que c’était vers lui que le duc la menait. Il ne se trouvait plus que quelques mètres entre la table et le jeune couple. Un instant, elle songea à s’arrêter, à expliquer à Philippe qu’elle ne souhaitait pas s’approcher du mousquetaire. Mais à cette pensée, s’ajoutait la certitude de devoir donner une explication pour ce refus, et la seule qui lui venait à l’esprit – la vérité – lui sembla bien dangereuse. Philippe ignorait tout de sa double vie, et elle n’avait pas le moindre doute sur le fait que Ruzé puisse la lui révéler si elle disait quoi que ce soit de son côté.
C’est donc la mort dans l’âme qu’elle se laissa conduire auprès de son compagnon d’armes, avant de forcer sur ses lèvres un sourire avenant.
« Nicolas, je te présente celle dont je te parlais, Élodie, lança le jeune homme. Élodie, voici mon ami Nicolas de Ruzé. »

Son… ami ? Elle dut faire u violent effort pour ne pas lever sur lui un regard perplexe. Comment tous deux pouvaient ils seulement être amis ? Quand on connaissait les relations de l’aîné des d’Artagnan avec Ruzé, la question se posait d’autant plus. Seulement, Elodie n’était pas censée les connaître.
« Monsieur de Ruzé, répondit-elle en le saluant d’un signe de tête. »
Bien vite, elle détourna le regard, gênée par le sourire absolument carnassier que lui adressa le mousquetaire, et s’assit aux côtés de Philippe. Inconsciemment, elle éloigna légèrement sa chaise de la table.
« Je sais que tu vas dire que j'en fais trop mais je crains pour ta sécurité Élodie. Et j'ai demandé à un ami de te protéger. »
Une bombe venait d’être lancée. Vivement, Elodie tourna la tête vers Philippe.
« Pour… me protéger ? répéta-t-elle, en se forçant à ne paraître que perplexe alors que son cœur venait de faire un bond dans sa poitrine. Si la seule pensée de Ruzé suffisait à la mettre en colère, elle devait admettre que cette colère n’était pas dépourvue d’une certaine crainte. Je ne suis pas certaine que…
- Évidemment que je vais vous protéger, mademoiselle, la coupa Nicolas. Cela sera un véritable honneur. Je ne vous quitterai pas une seconde, si c'est ce que notre cher Philippe me demande. Car, c'est ce que vous me demandez, n'est-ce pas, d'Artagnan ? »

Si la jeune femme ne fusilla pas des yeux le mousquetaire, ce fut à grand peine. Elle dut se contenter de poser sur lui un regard neutre, assorti d’un sourire qui se voulait amusé et dissimulait parfaitement ce que lui inspirait l’idée qu’il ne la quitte pas d’une seconde.
« Je crois qu’il ne sera pas utile que vous vous donniez tant de mal, répondit-elle, un brin crispée, avant de revenir au jeune duc. De quoi as-tu peur, Philippe ? Je ne crains rien ici, et si c’était le cas, il y a mes frères… Puisqu’ils sont là, autant leur trouver une utilité ajouta-t-elle avec une moue, ignorant que François avait déjà fait part de ses sentiments sur leur relation à Philippe. Enfin, vous avez sans doute mieux à faire que de veiller sur moi, monsieur de Ruzé ! »
Elle esquissa un léger éclat de rire, malgré la très désagréable sensation de ne pas pouvoir s’en sortir à si bon compte.

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MessageSujet: Re: Il faut bien savoir choisir ses amis ... [Nico/Elo]   05.06.12 20:18

S'il savait ce que ce service, pourtant anodin, aurait comme conséquence … Philippe avait beau être un garçon intelligent et avec un esprit remarquable, il avait bien du mal à voir le côté obscur de certaines personnes, surtout quand elles lui sont proches. Comment imaginer un instant la ''relation'' existante entre Élodie et Nicolas ? Et que celui-ci basculait petit à petit du mauvais côté de la pente ? Non pour lui, tout cela était bien impossible, le duc avait même du mal sur ce que disait son frère à propos de Ruzé, autant dire qu'il voyait vraiment dans le mousquetaire un bon garçon. Et c'était exactement la raison pour laquelle Philippe lui demandait un tel service aujourd'hui. Et connaissant Elodie, il savait qu'il devait la mettre au pied du mur pour que celle-ci accepte. Et encore, il n'était pas sûr qu'elle le veuille vraiment.

Si le gascon appréciait ce côté indépendant de la jeune femme, il savait qu'elle n'était pas infaillible et qu'un danger pouvait arrive à n'importe quel instant, qu'elle n'aurait pas toujours le dessus. Philippe connaissait surtout Cédric et lui, il n'en voyait que le mauvais côté, enfin il ne lui voyait pas de bon côté du tout, à dire vrai, et que ce dernier serait prêt à frapper l'entourage de d'Artagnan pour l'atteindre. Et si Philippe savait son frère capable de se défendre et son père à l'abri (où qu'il se trouve ! ), il ne lui restait que deux personnes : Élodie et son fils. S'il pouvait garder un œil sur son fils, il ne pouvait pas le faire sur la jeune femme. Bien sûr, ce ne serait pas une surveillance permanente mais Philippe serait rassuré de savoir que quelqu'un veille sur elle.

Pourtant la jeune femme, comme il le devinait, ne sembla pas réceptive.

« Pour… me protéger ? Je ne suis pas certaine que… »
- Évidemment que je vais vous protéger, mademoiselle. Cela sera un véritable honneur. Je ne vous quitterai pas une seconde, si c'est ce que notre cher Philippe me demande. Car, c'est ce que vous me demandez, n'est-ce pas, d'Artagnan ? »
« Quand tu en auras le temps, je ne te demande pas une surveillance jour et nuit, tu dois avoir aussi une vie à mener !
répondit Philippe, tentant de ménager Élodie. Mais je te serai éternellement reconnaissant si tu y accordais un peu de ton temps. »

Il avait un petit sourire amical, presque gêné d'une telle demande. Il ne voulait pas obliger qui que ce soit mais c'était la sécurité de la jeune femme avant tout, il s'en voudrait tellement s'il lui arrivait quelque chose, sûr qu'il ne se le pardonnerait pas !

« De quoi as-tu peur, Philippe ? Je ne crains rien ici, et si c’était le cas, il y a mes frères… Enfin, vous avez sans doute mieux à faire que de veiller sur moi, monsieur de Ruzé ! »
« Tu fuis tes frères, et vu l'amabilité de ton aîné, je ne préfère pas faire les choses à moitié.
lâcha t'il, un peu amer avant de reprendre. Je … Je ne veux pas m'étaler sur les détails mais je sais qu'on m'en veut et je ne veux laisser l'occasion à personne de toucher un seul cheveu de ceux qui me sont chers. »

Le ton était donné, Philippe ne voulait que le bien de celle qu'il aimait, c'était une réaction humaine après tout, surtout quand on était de la trempe du d'Artagnan. Il devinait un peu les raisons pour lesquelles la jeune femme refusait, les comprenait … heureusement qu'il ne les connaissait pas toutes, pas sûr que Ruzé reste vivant ! Fort heureusement pour le futur traître, il n'en savait rien et Elodie ne le lui dirait probablement jamais. Il se tourna vers son ami, sûr de lui faire confiance.

« Je ne veux forcer personne mais comprends-tu la raison de ma demande ? Toi même tu n'es pas sans ennemi, mais tu n'as juste que ta peau à sauver … »

Quand on commence à fonder une famille, à chercher un équilibre autour de soi, forcément on attire plus de personne. Une personne qu'on aime, des enfants, de la famille …. Autant d'amour autour de soi mais de danger potentiel en cas d'attaque, ce que voulait totalement éviter un d'Artagnan soucieux de son entourage. Pourtant, à cet instant, il se leva, reconnaissant une connaissance qui venait de passer devant la taverne. Le monde était toujours petit à Versailles mais il fallait saisir au vol ces instants et il devait laisser quelques instants son ami et sa belle seuls quelques instants.

« Excusez moi, je reviens. »

Il ne devinait pas qu'en les laissant seulement quelques minutes, il allait laisser les rancœurs d'Elodie se déchaîner et la vilenie de Nicolas, aussi.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Il faut bien savoir choisir ses amis ... [Nico/Elo]   16.11.12 1:54

    Nicolas regardait le délicieux manège qui se jouait devant lui. Avec un sourire mesquin, il prit son verre pour en boire une gorgée, fixant le jeune couple devant lui. Élodie pouvait bien tenter de faire un petit sourire charmant; Nicolas la connaissait suffisamment pour savoir qu'elle brûlait de rage à l'intérieur. Et c'était encore peu dire. Le mousquetaire était convaincu qu'elle aurait voulu lui traverser le corps de son épée. Cette impossibilité ne devait que la rendre encore plus colérique. Il continuait toujours de sourire, avec un évident plaisir. C'était encore mieux prévu. C'était comme un rabais de client au bordel; deux filles pour le prix d'une. Évidemment, dans ce cas, c'était deux victimes qui lui tombaient dans les bras sans le moindre effort. C'était pratiquement plus intéressant. Portau serait encore plus content de lui! Nicolas croisa ses jambes et attendit qu'on s'adresse de nouveau à lui. Cela ne tarda aucunement. Élodie le suppliait quasiment de séparer la chaîne qui allait les lier un à l'autre. Mais il fallait être fou pour refuser cette aubaine. Nicolas fit un sourire gracieux à Élodie, cherchant en lui sa voix la plus douce et gentille. Elle était loin, sans aucun doute!

    -Si j'ai mieux à faire? Sincèrement, mademoiselle, oui, je l'avoue. Pas que vous ayez quelque idée des tâches qui occupent les mousquetaires, ajouta-t-il, réprimant un clin d'oeil à grande peine. Mais, je trouverai bien du temps pour rendre service à mon bon ami Philippe. De toute manière, peut-être bien qu'on va se retrouver ensemble bien souvent... Vous savez, le hasard!

    "Ou le fait que vous dormez à 20 pieds de moi" eût envie de rajouter Nicolas. Encore là, il s'en fallût de peu pour les mots restent derrière ses lèvres. Il ne devait pas immédiatement défaire la boucle des rubans qui les attachaient ensemble, tous les trois. Les cadeaux sont toujours plus appréciés quand il s'agit de surprises.

    -Je ne veux forcer personne mais comprends-tu la raison de ma demande ? Toi même tu n'es pas sans ennemi, mais tu n'as juste que ta peau à sauver …

    Nicolas répondit à la seconde.

    -Je comprends absolument, Philippe, cela est évident. Je voudrais me trouver une demoiselle comme celle-ci. Exactement comme celle-ci.

    Un petit sourire en coin vint ponctuer sa remarque. Qu'il avait failli l'avoir était une autre chose, un détail auquel il ne devait pas s'attarder. Pas maintenant. Il aurait la chance de rappeler à Élodie les circonstances de cette fameuse rencontre plus tard.

    -Tu as bien de la chance, mon ami. Et comprenant tout à fait la situation, il va s'en dire que je n'hésite pas une seule seconde avant de lui accorder ma protection totale et entière.

    Il ajouta une petite révérence, davantage pour cacher le sourire diabolique qui prenait naissance à ses lèvres que pour se mettre aux pieds d'Élodie. Et ce fut cet instant que Philippe prit pour s'éclipser. Nicolas n'avait plus à cacher son sourire désormais. Il tira une chaise à Élodie et lui indiqua.

    -La belle Élodie... La très jolie Élodie. Quel dommage qu'elle ne sera jamais une d'Artagnan...

    Il lui tendit son verre de bière, lui présentant.

    -Tu veux une gorgée. Entre mousquetaires, on ne fait pas son difficile, hum?

    Puis, sans attendre qu'elle n'esquisse un mouvement, sachant très bien qu'elle le refuserait, il but une gorgée avant de reposer le verre sur la tête. Il aimait bien tourner le fer dans la plaie, faire bien sentir à Élodie qu'elle était prise au piège. Sans aucun doute, Nicolas adorait sentir la panique s'infiltrer en elle. Il aimait voir qu'elle cherchait une solution de sortie, alors qu'il la fixait calmement. Ou pas si calmement. Il se souvenait du toucher de sa peau dans la peau de sa main et eut immédiatement les yeux vitreux à cette pensée. Il étira sa main pour la passer rapidement sur la mâchoire d'Élodie, comme s'il voulait y retirer un cheveu. Mais Nicolas ne voulait que sentir le grain et la chaleur de sa peau contre ses doigts. Il soupira en se reculant de nouveau dans sa chaise.

    -Oh, ma chère. Tu te souviens de notre baiser? Tu crois qu'on devrait le raconter à Philippe? Hum, il serait jaloux de notre amour et de nos escapades dans le placard, tu ne crois pas? Il ne serait pas très content de savoir que tu as fait tout cela avec son ami.

    Nicolas claqua de la langue de désapprobation feinte, secouant la tête.

    -Ma pauvre Élodie empêtrée dans tes nombreux mensonges. Un jour, tu finiras par te faire prendre!

    À ce moment, il abattit brusquement sa main sur celle d'Élodie, avant de partir d'un grand rire moqueur, retirant aussitôt sa main. Philippe revenait vers eux. Nicolas s'avança sur sa chaise, se rapprochant d'Élodie, pour lui parler d'un ton de confidence.

    -N'ouvre pas ta jolie bouche, compris? Cela risquerait de te coûter très cher. À toi, et à Joli-Coeur.

    Nicolas ne souriait plus, son regard était sombre et sa bouche traçait une fine line menaçante. Il n'entendait pas à rire, ils risquaient tous les deux trop pour prendre cela à la légère... Quand Philippe arriva à leur hauteur, Nicolas se leva pour l’accueillir.

    -J’ai réussi à la convaincre, mon vieux. Elle accepte. Pour toi, pour ton amour, dit-il avec un petit ton railleur qui convenait tout à fait à un homme célibataire. Elle t’est vraiment toute dévouée, n’est-ce pas? Un tel amour, il faut protéger ça, pas vrai?

    Il proposa une tournée, alors qu’il ne mourrait d’envie que de courir vers Portau pour lui annoncer la nouvelle. Ou peut-être que Francesco aussi serait fier de lui…

Lamentable, mais ça ne pouvait plus attendre. Marie, j'espère que tu vas avoir de quoi à répondre.
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Il faut bien savoir choisir ses amis ... [Nico/Elo]
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