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 La reine prend le cavalier, ou comment la dame de pique eut raison du valet de coeur ♠ Paris

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MessageSujet: La reine prend le cavalier, ou comment la dame de pique eut raison du valet de coeur ♠ Paris   08.04.12 18:25




Une soirée de plus, une soirée comme les autres. Comme j’en avais fais des centaines, voir même plus, depuis des années et des années… Au final, elles se ressemblaient toute. Mêmes celles où il se passait quelque chose d’un peu étonnant devenaient horriblement banales. C’était toujours la même chose. Au bout d’un moment, plus ou moins long d’ailleurs, un joueur qui avait tout perdu finissait par s’énerver, craquer et en venait aux mains avec celui qui venait de le dépouiller. Ironiquement, les perdants étaient presque toujours les mêmes, des nouveaux venus de n’importe quelle tranche d’âge, ne se rendant pas compte de la pente dangereuse sur laquelle ils s’étaient engagés. Un tourbillon infernal dont on ne ressortait pas comme ça, malgré nos efforts, et j’étais assez bien placée pour le dire. De temps à autre, une nouvelle tête venait s’imposer quelques temps au dessus des autres, mais ce n’était que provisoire. Peu étaient ceux qui réussissaient à se maintenir ici sans être trop gourmands. Ceux qui pensaient la chance pour toujours acquise finissaient souvent transpercé d’une lame dans une ruelle sombre, à moins de cinq rues du tripot dont ils étaient sortis pour la dernière fois. Parfois, des grands nous faisaient l’honneur de leur présence. En général, je m’arrangeais pour les éviter, de peur de les recroiser venant présenter leurs respects à la reine pendant mes heures de service. Surtout qu’une de ces saletés de petit singe venu de je ne savais où m’avait mordue jusqu’au sang à l’intérieur du bras deux jours auparavant. Bien que cachée par l’épaisseur de mon pourpoint, la plaie avait encore besoin d’un bandage.

Mais cela se voyait parfaitement dès que je portais une robe, la mode voulant que les manches n’arrivent qu’au trois quart des bras. Je me serais bien passée d’un tel traitement. Mais malgré la douleur, je m’étais contentée de sourire, comme si de rien n’était, et de panser le sang qui avait gâté l’une de mes robes préférées avec un mouchoir, qui était lui aussi fichu. Venir ici ce soir me permettait de penser à autre chose qu’à cela. Pourtant, je n’étais pas tranquille. Je n’avais qu’une peur, que Cédric finisse par apparaître ici. Il était ressorti de mon passé comme un diable sortant de sa boite – et la métaphore était tellement appropriée -, et surement pas pour le meilleur, j’aurais plutôt eut tendance à penser au pire. J’avais déjà prévu de m’occuper de lui – ou plutôt de faire en sorte qu’on s’occupe de lui – d’ici quelques jours, mais chaque chose en son temps. Vu la manière précipitée dont j’étais partie ce soir là et le fait que j’avais évité ce cercle très fermé depuis, il me fallait redorer mon blason – façon de parler bien évidemment, il aurait fallut bien plus que cela pour redonner de la couleur aux armes des Saint-Amand – et restaurer ma place, de manière à la conserver. Une place était si facilement prise dans ce domaine aux règles étranges et tacites, en perpétuels mouvements. Des règles que la plupart avaient du mal à intégrer du premier coup, ce qui leur était en général fatal.

Mes cartes en main, je poussais un soupir à fendre l’âme. Le jeu était passable, l’adversaire désagréable et la somme dérisoire. Il était surement encore un peu tôt pour que la partie ne s’anime. Il n’y avait qu’à regarder par la fenêtre, malgré le froid de ce mois de novembre, il y avait encore assez de monde dans les rues pour que deux personnes se perdent de vue sans l’espoir de se retrouver immédiatement. Je n’arrivais que rarement aussi tôt, mais j’avais dus me rendre à Paris un peu plus tôt pour être certaine de pouvoir régler un ou deux petits soucis – comprendre le compte de Gan, et les dispositions que j’avais prises à son égard - et n’avait pas spécialement de choses à faire pour tuer le temps. Une fois grimée en homme, je n’avais eus ni l’envie ni la force de remettre ma robe de cours pour me rendre chez le tailleur. La reine avait pourtant été magnanime et avait insisté pour me payer une nouvelle robe afin remplacer l’ancienne. Malgré mon refus – totalement protocolaire et de bienséance – j’avais fini par me laisser convaincre. Et j’avais l’intention d’en choisir une magnifique, mais pas trop non plus. Je ne voulais pas qu’on me remarque outre mesure. J’avais assez de Derek sans en rajouter. Il était d’ailleurs l’amant idéal, riche et puissant, mais pas trop regardant. Pourquoi en changer alors ? Et encore moins pour un comte sans le sous qui… Je me crispais sur mon jeu, il valait mieux que je me sorte Cédric de la tête immédiatement. Avec un peu de chance, d’ici quelques jours, il serait totalement sorti de ma vie.

-Un problème Chevalier ? me demanda mon adversaire, voyant mon trouble.

Je portais mon verre de vin à mes lèvres pour me redonner un peu de contenance. Se concentrer ! C’était la seule manière de garder son sang froid.

-Aucun, monsieur, mais je vous en prie, à vous de jouer.

Il s’exécuta, deux as et deux dames… Mes trois valets n’allaient pas me faire aller bien loin, encore moins avec le dix qui les accompagnait. Agacée, je jetais mes cartes sur la table, et il empocha ma mise. Il y a des soirs où on ferait mieux de rester chez soi, ou de s’occuper de ses affaires avant de se faire oublier. Je n’étais même pas d’humeur à jouer. Croisant les bras sur ma poitrine, j’attendis la nouvelle donne, ne me faisant guerre d’illusion, la chance ne semblait pas être à mes côtés ce soir. Je jetais un nouveau regard à mes cartes, et me dit que décidément la situation ne pouvait pas être pire, quand un valet se présenta à mon côté et me glissa quelques mots à l’oreille.

-Monsieur, il y a là un gentilhomme de grand nom qui vient de demander après vous. Il l’a fait certes discrètement, mais j’ai jugé utile de vous prévenir.

Je fronçais les sourcils, lui demandant du regard de qui il pouvait bien parler. Discrètement, il me fit signe de l’endroit où se trouvait le « gentilhomme de grand nom » en question. Je dus attendre que deux femmes se déplacent pour reconnaitre Paris de Longueville. Je me pinçai les lèvres. Que me voulait-il ? Je l’avais croisé à quelques reprises de loin à Versailles, et ne lui avait jamais été présentée. Dans ces cercles, j’avais joué à une ou deux reprises contre lui, mais ne gardait pas un grand souvenir de ces parties, alors lui devait totalement les avoir oubliées. Perplexe, je me rencognais dans mon fauteuil, tendant une belle pièce bien brillante au valet.

-Merci mon brave.

Il n’en demandait pas plus et détala. J’attendis pour ma part que monsieur de Longueville ne daigne me trouver. Je n’allais tout de même pas lui faciliter les choses…

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MessageSujet: Re: La reine prend le cavalier, ou comment la dame de pique eut raison du valet de coeur ♠ Paris   08.08.12 22:50

Satisfaire le roi. Il y avait des tâches pour lesquelles Paris se sentait particulièrement doué. Outre tout ce qui pouvait toucher à la séduction et au déshonneur des demoiselles, ce qui le liait à la littérature et aux belles lettres, il y avait en lui cet instinct diplomatique, cette envie de servir son roi bien mieux que l’avaient servis sa mère et son propre père. Par ce dernier mot, Paris ne se faisait aucune illusion et entendait son véritable père, dont les mérites de frondeurs n’avaient été retenus.
L’éducation que lui avait conférée le duc de Longueville avait poussé le jeune homme à rejoindre le parti de la Couronne. Peut-être était-ce aussi le moyen de contrer les désirs de Gabrielle et de s’affranchir de la prépondérance de sa sœur aînée.

-Dois-je préparer le carrosse pour monseigneur, se courba le valet de pied lorsque le jeune homme descendit dans le hall de l’hôtel ?
-Non, la simple voiture. Je me rends en ville.
Le valet haussa un sourcil que le jeune prince ne surprit guère. « En ville », dans la bouche de Paris, signifiait quelques bas fonds ou endroits qu’un prince ne fréquentait pas. Et lorsqu’on était un cousin royal, on ne pouvait se permettre d’en parler, mais Paris avait depuis toujours cette faculté à désobéir aux convenances sans que ceci ne lui soit reproché de vive voix. La faveur d’un titre…ou d’un caractère, assurément.

Grimpant sans un mot dans la sobre voiture qui lui était avancée, il attendit que le véhicule s’ébranle avant d’ouvrir à nouveau la lettre contenant les termes exacts qui guideraient sa soirée. Colbert…plus sournois que l’écureuil qu’il avait évincé ! Le triste sire était presque au courant de chaque mot soufflé dans le royaume et dès qu’il apercevait la mine revêche du ministre, Paris préférait s’éloigner. Croiser Colbert était comme croiser un chat noir, passer sous une échelle ou briser un miroir. Un synonyme de malheur, plus encore depuis que Monsieur lui avait fait part de quelques réflexions faites par l’intendant des finances.
Bigre. L’homme n’était pas commode, mais les termes de la lettre l’étaient bien plus.

On lui demandait, à lui, de veiller sur un joueur invétéré ? C’était là l’œuvre habituelle de quelques espions royaux, mais Colbert rappelait à l’orgueilleux que ses connaissances en matière de jeu et ses habitudes nocturnes feraient de lui un allié auprès de sa majesté. Paris soupira ironiquement en lisant quelques phrases emmiellées dans l’unique but de satisfaire son égo. Et le diable avait touché juste, Paris ne pouvait refuser une telle proposition.
Jouer sans se faire réprimander sur sa conduite ? Aider le roi et mettre un pied dans quelques affaires palpitantes ?! Voilà qui changeait singulièrement de sa routine ! Et voilà une chose qu’il garderait bien éloignée de Gabrielle ou de Perrine. Les deux curieuses ne sauraient rien de tout cela.

-Laissez-moi à l’angle de la rue Saint Maurice, indiqua Paris au cocher.
L’homme obéit sans un mot et laissa le prince sur le pavé de la rue. Réajustant sa veste sobre, il arrangea par instinct sa coiffure et ses dentelles et marcha quelques mètres avant de pousser la porte de l’endroit familier.

Quelques joueurs avinés tentaient une simple belote, mais au fond de la salle, on sentait une tension palpable et malgré les couverts innocents, on ne pouvait nier que quelques affaires se tramaient par là-bas. Paris se fit indiquer une table à la hauteur de son rang, alors qu’un valet se confondait en courbettes obséquieuse, auxquelles le prince mis rapidement un terme.

Jouer…si Paris préférait les livres aux cartes, il appréciait toutefois cet exercice de logique, de prouesse d’esprit et même s’il se montrait moins doué qu’un Mazarin, il ne rechignait jamais à sortir quelques tours. Une place venant de se libérer, il s’assit à la place du joueur et saisissant les cartes au vol, les fit pivoter dans sa main.
-Eh bien messieurs, de combien misez-vous ?
-Je passe !
-Je mise 4.
-3
-4
-4 également.
Paris sortit sa petite bourse et aligna quelques pièces d’or sur le tapis avant de battre son jeu. Mais avant qu’un joueur n’ai pu ouvrir la partie, il appela un serveur d’un geste de la main.
-Apportez-moi un blanc du pays de Loire. La bouteille, pas un verre, ajouta-t-il avant de jeter un œil au tapis.
Un sept était sorti. Les joueurs réfléchissaient en silence et les uns après les autres, apposaient leurs jeux. Le pli fut remporté et les tours se succédèrent ainsi, seulement entrecoupé du valet qui revenait portant un verre et une bouteille.
-Ah ! 25 pour moi ! Allons, allongez, allongez, lâcha Paris lorsqu’il remporta un nouveau pli ! La bourse s’était gonflée, mais du coin de l’œil, il avait aperçu la personne qu’il recherchait.
Sous des cheveux d’un noir de jais, le regard aiguisé de ce visage efféminé ne l’avait laissé indifférent. La lueur de rapace qui brillait dans ces prunelles soulignait l’identité de la personne.
-Est-ce monsieur de Louvel, dont on vante tant la gloire dans nos salons, demanda-t-il à l’un des joueurs ?
-Le diable ! Il m’a encore pris trop de louis hier soir, c’est un créancier plus riche de Crésus !
Paris sourit à la remarque, mais salua les convives en empochant le reste de sa mise et quitta la table de jeu.

-S’il vous plaît, demanda-t-il à un valet, est-ce bien monsieur de Louvel ?
-Oui, monseigneur.
-Dites-lui que je souhaiterais m’entretenir avec lui.
-Bien monseigneur.
Le valet s’inclina et fila vers la table. Mais le joueur sembla refuser et adossé près d’une table de jeu, Paris attendit patiemment l’émissaire.

-Monseigneur, monsieur de Louvel est indisponible…
-Vraiment ?
-Je…
-Votre regard me dit que monsieur de Louvel n’a daigné accepter mon invitation.
Le valet ne su que répondre devant la mine assurée du jeune homme.
-Je vais vous accompagner à nouveau et une fois que nous serons introduits, vous pourrez nous laisser.
-Bien, monseigneur…

Paris suivit l’homme jusqu’à la table, mais le regard qu’affichait Louvel ne donnait qu’une seule envie au prince : lui faire ravaler cette apparent suffisance. On ne refusait pas l’invitation d’un prince !
-Monseigneur, voici monsieur de Louvel que vous avez mandé après moi, s’enquit le valet d’une voix pâteuse devant l’incohérence de la scène.
-Merci, maintenant disparaissez, lâcha Paris.

Sans attendre la réponse de l’autre, il s’installa en face, un détestable sourire aux lèvres, sans lâcher des yeux le jeune concurrent. Lui-même n’était pas un excellent joueur, mais le but ce soir n’était-il pas de confondre ce planqué pour mieux le livrer à la police du roi ?
-Je suis enchanté de faire enfin votre connaissance, monsieur de Louvel. J’attendais depuis quelques semaine le moment où je pourrais confronter mon jeu au vôtre et si j’en crois mes concurrents précédents, vous laisser quelques louis !

Il sortit une bourse qu’il posa sur la table de jeu.
-A quoi jouons-nous,demanda-t-il dans quitter son sourire ? Montrez-moi vos talents.

Il attendit quelques instants que le jeu soit distribué par un valet et celui-ci partit, ouvrit ses cartes, mais son esprit était bien ailleurs.
-Comment vous est donc venu ce don, monsieur ? Le seul que ma mémoire daigne ce souvenir est bien ce pleutre de Mazarin qui empochait les bourses de chacun des autres joueurs ! L’auriez-vous connu par le passé, ajouta Paris malicieusement ?


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MessageSujet: Re: La reine prend le cavalier, ou comment la dame de pique eut raison du valet de coeur ♠ Paris   11.09.12 3:50

Une main gagnante… Cela faisait des années que cela m’arrivait à chaque fois. La chance était une part importante de ma vie et cela m’allait parfaitement. A vrai dire, je n’avais rien en commun avec les femmes qui arpentaient Versailles dans leurs robes à la dernière mode, quoi qu’en apparence, nous étions exactement pareilles. Mêmes modistes, même couturières, même bottiers, même coiffeur également. Mais les ressemblances s’arrêtaient là. Leurs sujets de conversations futiles me donnaient envie de rire. C’était le genre de personnes restées protégées sous une bulle en verre pendant la quasi-totalité de leurs vies et elles ne connaissaient pas leur chance. Ou alors au contraire la connaissait trop bien, sûres et certaines de leur supériorité. Personne ne les valaient, personne ne les vaudraient jamais. Mais derrière leur masque de céruse qui les faisait ressembler à des poupées en porcelaines, elles s’ennuyaient, à mourir. Les cancans et les belles choses ne suffisaient plus à les distraire. Alors, finalement, elles cherchent à s’amuser un peu plus, quitte à ce que ça soit illégal. C’était pourquoi cela m’amusait toujours d’en voir arriver une nouvelle dans ce genre de soirée. Les premières fois, elles regardent… Elles encouragent ceux qui les ont amenées ici, qui sont en général leurs amants, ou leurs amis trop proches. Et puis finalement, ayant prit goût au jeu – sans mauvais jeu de mot – elles décident, au bout de la deuxième ou troisième fois, parfois moins, rarement plus, de jouer à leur tour. Et ces blanches colombes, ayant saisit les règles de loin, ne savent pas dans quel cercle vicieux elles vont s’enliser.

Et quand la bourse n’y suffit pas, viennent les bijoux. Tout pour que les pères-frères-maris des belles ne soient jamais au courant du mauvais pas dans lequel elles viennent de s’enliser allègrement. Ainsi, sans trop de problème, avais-je pus me refaire ma collection de bijoux parmi les plus beaux actuellement, mais également revendre les pièces qui ne me plaisaient guère. Une petite leçon coûteuse pour ces blanches colombes qui s’étaient un instant imaginées capables de supporter la pression du jeu d’argent. Elles étaient presque touchantes avec leurs yeux pleins de larmes, leurs airs hagards et leurs soupirs désespérés. Mais ce n’était pas une raison pour leur faire une fleur, bien au contraire. On les revoyait rarement après ça. Bien sûr, certaines finissaient par vendre la mèche et parfois, un valet en livré noir finissait par me trouver pour me demander mon prix pour récupérer les bijoux de madame – ce qui était facile quand je les avais encore, un peu plus compliqué quand je les avais déjà revendus… - mais les tractations se finissaient rarement bien, hélas pour eux. Et finalement je m’en tirais toujours à bon compte. Il était plutôt amusant, le lendemain, à Versailles, de voir la belle, les yeux rougis par le manque de sommeil dut à l’angoisse, n’osant rien dire et sursautant quand on leur adressait la parole, comme si elles avaient été traumatisées d’un coup. Et c’était presque ça en fin de compte…

Mais ces derniers temps, elles se faisaient rares, aussi revenais-je à mes anciennes habitudes. Comptage de cartes, substitution… Rien de trop compliqué à faire et qui trompait pas mal de monde dans la pénombre. La soirée me paraissait bien morne, et il m’était difficile de me retirer de l’esprit ce que j’avais fais avec le contrat que je venais de mettre sur la tête de Cédric avec cette compagnie un peu morne. Jusqu’au moment où un laquais était venu me prévenir qu’on me cherchait. Et le on en question, n’était autre que Monseigneur de Longueville, Prince de Neufchâtel... Rien que ça. Rien pour vraiment me rassurer en somme. Aussi ne décidai-je en rien de lui faciliter la tâche, cela ne servait à rien, mais en même temps je n’allais pas m’échapper rapidement, il n’y avait rien de mieux pour se faire remarquer. Aussi ne bougeai-je pas de la table après avoir remercié et congédié le laquai, attendant que Longueville ne se décide à me trouver lui-même. Je devais avouer que j’étais tout de même un peu curieuse de savoir ce qu’il me voulait. Et sa réputation de venir toujours droit au but le précédait… Je n’eus pas très longtemps à attendre avant qu’il ne s’approche. Ma réponse ne lui avait surement pas plus, son égo était bien supérieur à n’importe lequel de ses défauts, ce qui n’était pas peu dire quand on connaissait le personnage… Rapidement l’une des chaises libres à notre table fut occupée par le prince du sang, annoncé par une voix peu assurée :

-Monseigneur, voici monsieur de Louvel que vous avez mandé après moi.

Le laquai me fit un signe de tête navré, auquel je répondis par un haussement d’épaule.

-Merci, maintenant disparaissez, répondit Longueville. Je suis enchanté de faire enfin votre connaissance, monsieur de Louvel. J’attendais depuis quelques semaine le moment où je pourrais confronter mon jeu au vôtre et si j’en crois mes concurrents précédents, vous laisser quelques louis !

J’eus un petit haussement de sourcil, avant de poser mes yeux bleus sur le prince, simplement.

-Je ne suis pas sûre de mériter votre intérêt, Monseigneur… Je m’en voudrais de risquer de mettre une personne si en vue dans une position désavantageuse.

Mais loin de s’en inquiéter, il continua :

-A quoi jouons-nous ? Montrez-moi vos talents.


Une fois le jeu distribué, les cartes en main, je ne montrai aucun sentiment, malgré l’agacement. La main n’était pas bonne. Il allait falloir faire attention pour ne pas risquer de me faire prendre en cas de tricherie… Hélas, Longueville n’avait pas l’intention de me laisser en paix, ça aurait été trop simple.

-Comment vous est donc venu ce don, monsieur ? Le seul que ma mémoire daigne ce souvenir est bien ce pleutre de Mazarin qui empochait les bourses de chacun des autres joueurs ! L’auriez-vous connu par le passé ?

-Je n’ai pas eus cet honneur, monseigneur. Et le contraire aurait je le suppose été pour vous déplaire, nous savons tous que votre famille n’était pas en meilleur terme avec feu le cardinal.

J’échangeai deux cartes de mon jeu, pour en espérer de meilleures, ce qui fut le cas, comme le suggéraient mes calcules. J’abatis mon jeu, certaine de ma réussite.

-Je me contente simplement de la chance quand elle se présente. Elle est une alliée volatile qu’il faut savoir ménager.

Malgré la satisfaction que j’avais à l’idée de dépouiller le prince de Longueville, je ne pouvais hélas pas me permettre de rester trop longtemps de peur de me brûler… Aussi envisageai-je de le planter là rapidement et de récupérer mes atours féminins dans la petite chambre que je louais dans une rue voisine plutôt fréquentée, et retourner à Versailles rapidement…


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MessageSujet: Re: La reine prend le cavalier, ou comment la dame de pique eut raison du valet de coeur ♠ Paris   06.10.12 11:16

-Je n’ai pas eus cet honneur, monseigneur. Et le contraire aurait je le suppose été pour vous déplaire, nous savons tous que votre famille n’était pas en meilleur terme avec feu le cardinal.
Paris préféra ne pas relever cette petite phrase comme il aurait pu le faire en d’autres circonstances. Pour une fois, il ravala les mots –assassins- qui lui venaient naturellement et se contenta d’un sourire doucement mielleux.
-C’était le cardinal qui n’était pas en meilleurs termes avec notre famille, chevalier. Je ne vous insulterai donc pas en vous octroyant ses talents particuliers.

Il observa les mains de l’homme battre les cartes. Combien de temps le chevalier devait-il passer dans un salon de toilette afin de les avoir aussi délicates ? Même celles de Monsieur ne les égalaient pas en finesse. Des doigts d’enfants, blancs et raffinés, tels les doigts d’une femme. Mais la dextérité dont le chevalier faisait preuve ne pouvait être celle que d’un amateur de ces jeux de table nocturnes. Les femmes ne savaient pas mélanger un jeu sans laisser filer une carte ! Elles n’avaient pas cette agilité, ni ce regard que l’homme posait sur son jeu.

Le jeune prince attrapa ses cartes d’un mouvement de main et les déploya devant ses yeux. Un jeu atroce. Silencieusement, il échangea une carte, remis son jeu en place, les déplaça, les échangea à nouveau, tout en jetant quelques regards discrets à son partenaire de jeu.
S’il était propriétaire de quelques bouges du quartier, il saurait le deviner. S’il était à la tête de tout un réseau, il saurait le découvrir aussi. Après tout, ce genre de situation était bien improbable dans sa vie plate de courtisan, mieux valait en profiter au maximum ! Avant que des temps sombres n’éclatent, il fallait également mettre le roi de son côté afin de mieux tirer d’avantages par la suite. Rien n’était gratuit chez le jeune homme et tout ressemblait à cette partie de carte : calculé.

Louvel abattit son jeu, étalant sa première réussite de la soirée. Soupirant, Paris déposa sa bourse sur le coin de la table et poussa les pièces de sa mise du côté de son concurrent. Il sorti à nouveau deux autres pièces qu’il laissa près de sa main, mais replia son jeu avant de le retourner face contre la table. Il ne fallait jamais montrer son jeu lors d’une perte, ou l’adversaire capterait des attitudes à retenir. Ne rien laisser passer, tel un double jeu de dupes !
-Je me contente simplement de la chance quand elle se présente, avait continué le chevalier. Elle est une alliée volatile qu’il faut savoir ménager.
-Certains la domptent également. L’avez-vous prise en cage, chevalier ? Car je viens de perdre ma première mise, fit-il dans un sourire avant de prendre les cartes pour les battre.

Il distribua le jeu méticuleusement, avant de reposer le paquet sur la table et de déployer à nouveau ses cartes.
-Une deuxième partie, chevalier, afin de savoir si cette chance est chez vous apprivoisée. Il échangea une carte tout en continuant de parler. Depuis quand jouez-vous ? Ces petits plaisirs sont si surveillés par le roi que j’en viens moi-même à craindre pour ma veste, poursuivit-il en montrant un regard amusé. Mais cet endroit est sûr, m’a-t-on dit lorsque j’ai décidé ce soir d’échapper à la cour.
Il replia son jeu, vérifia à nouveau les cartes avant de faire un nouvel échange. Une main intéressante, lâcha-t-il distraitement en observant volontairement les doigts du chevalier. Aucune bague plus précieuse, mais en relevant la tête, il nota le regard appuyé du valet qui l’avait conduit jusqu’ici.
Louvel était-il vicié par les italiens pour sembler aussi raffiné ? Le valet avait-il un quelconque rapport avec cela ? Il en doutait, mais l’attitude du second laissait entendre cette relation de maître à domestique….ou de propriétaire à domestique. Louvel, s’il tenait ces maisons de jeux, devait gagner bien plus que lui-même par toutes les rentes qu’il détenait…pourtant, rien dans sa mise et sa mine ne laissait gager une honnête fortune. Où plaçait-il d’éventuels gains ?

-Ce valet m’incommode, chevalier, lança Paris en relevant la tête de son jeu qu’il replia sèchement. Vous semblez habitué des lieux et je ne voudrais me compromettre ici…avez-vous quelques moyens de l’éloigner ? Non pas que je craigne une réputation de piètre joueur, mais si la cour venait à me savoir ici, je craindrai une toute autre réputation et un royal avis.

Le sourcil soucieux, il observa néanmoins son jeu, oubliant un instant ses véritables motivations du soir afin de ne pas se dévoiler à Louvel. Il n’avait pas l’espionnage dans le sang, même si ce petit jeu l’amusait plus qu’il ne voulait l’avouer ! Se faire découvrir par un homme qui ne vivait que la nuit et s’employait à masquer sa véritable existence nocturne aux yeux du monde n’était pas la situation que le jeune prince attendait !
Ses cartes influenceraient la suite de la soirée. S’il perdait à nouveau, la donne était changée, il quitterait la table ; s’il remportait la mise, une nouvelle manche s’engagerait pour déterminer le vainqueur. Cela ne faisait que repousser l’échéance d’un départ, mais plus il avait Louvel sous les yeux, plus il avait le loisir d’étudier ses réactions.

Il étala son jeu, retenant toute émotion pour ne pas se trahir.


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MessageSujet: Re: La reine prend le cavalier, ou comment la dame de pique eut raison du valet de coeur ♠ Paris   25.10.12 5:56

Ici ma métaphore ne sera pas de cartes, certes non, bien trop aléatoires. J’utiliserai bien plus aisément les échecs pour prouver ce que j’avance, et cela sera bien plus compréhensible. Même si je n’avais jamais excellé à ce jeu, contrairement à celui des icônes de papier épais, je savais qu’il fallait avancer chaque pion, quelle que soit son importance, avec circonspection et recule, y faire très attention et ne pas se laisser avoir par l’apparente facilité de la partie. Déstabiliser l’adversaire qui pourtant connaissait le terrain aussi bien que moi et renverser la vapeur. Cela n’était pas toujours facile, car il fallait aussi surveiller l’avancer du jeu de l’adversaire. Et Dieu savait que le Prince de Longueville était du genre à savoir où il mettait les pieds, une fois sa réputation de joueur et de flambeur mise de côté. Il s’en sortait toujours, ou du moins assez bien pour être toujours dans les petits papiers du roi, ce qui n’était pas donné à tout le monde. Cela en faisait un adversaire doublement redoutable qu’il ne fallait pas hésiter à attaquer dans le dos plutôt qu’à le prendre de face. Cela n’avait pas vraiment un caractère chevaleresque, ni honorable, mais il fallait bien avouer que j’avais laissé l’honneur derrière moi depuis un certain temps, au point que les insultes glissaient sur ma peau d’albâtre sans y faire la moindre entaille. C’était tout un art que d’être imperméable à la pire des ignominies. Même si je n’avais pas dis pour autant que je répugnais à me venger quand je le pouvais.

Comme à l’instant. Longueville adorait envoyer des piques à ses adversaires, il venait de le prouver dans la plus grande facilité. Il avait bien trop l’habitude qu’en tant que prince de sang, tout le monde le respecte et se courbe à ses pieds, priant pour une insulte qui faisait officie d’intérêt de sa part. Je ne mangeais pas de ce pain là, ni maintenant, ni jamais. J’étais descendue bas, je le savais, mais j’étais remonté trop haut pour ne pas risquer de me briser le cou en tombant à nouveau, aussi me défendais-je avec les armes qu’on m’avait donné et celles que je m’étais octroyées. Et il fallait bien avouer que le chevalier Etienne de Louvel se permettait des libertés qu’Isabelle de Saint-Amand n’aurait jamais osées prendre. L’avantage du masque qu’on n’utilise d’habitude qu’à Carnaval. Et en profiter jusqu’au bout. Je savais bien que le prince avait l’habitude de se voir remporter beaucoup de parties, mais ce soir, j’avais décidé d’être imprudente. Au point où j’en étais de toute façon, le fait qu’il demande après moi était déjà de toute manière bien trop suspect en soi. De plus entre le retour de Cédric – problème presque réglé – et le fait que le Corbeau ne me lâche plus d’une semelle je n’avais plus grand-chose à perdre à part ma vie qui ne manquerait pas à grand monde de toute manière. Le tout restait de savoir si ma main était gagnante ou si la chance avait besoin d’un petit coup de pouce que contenait ma manche.

Ma réplique ne semblait pas avoir plus à Longueville, qui se contenta pourtant de ravaler les paroles mauvaises qu’il avait surement au bord des lèvres pour quelque chose de bien plus conventionnel :

-C’était le cardinal qui n’était pas en meilleurs termes avec notre famille, chevalier. Je ne vous insulterai donc pas en vous octroyant ses talents particuliers.

Le valet distribua enfin le jeu, je fixais sa main habile qui lançait le jeu avec la précision d’un homme de métier qu’on ne pouvait pas soupçonner le reste du temps. Surement était-ce pour cette raison que le maître de maison l’avait engagé pour son service. Valet le jour, croupier la nuit. Il devait se faire une confortable rente pour cela… Je remportais avec satisfaction la première main de la soirée, alors qu’il augmentait la mise, il me posa une nouvelle question en rapport avec ma « chance ». Innocente ? Je ne le croyais pas vraiment, mais passons.

-Certains la domptent également. L’avez-vous prise en cage, chevalier ? Car je viens de perdre ma première mise.

Je laissais le croupier ramasser le jeu alors que je récupérais le pactole sur la table. Rajouter le nom du prince à mon petit carnet noir me faisait sourire d’avance, mais il ne fallait pas tout prendre pour acquis encore, patience Isabelle.

-On ne peut pas prendre la chance en otage monseigneur, elle nous choisit, on la séduit, allez savoir comment. Mais c’est une maîtresse capricieuse, elle peut très vite se lasser de vous et décider de vous abandonner à votre sort sans autre choix, sans se retourner…

Le jeu fut à nouveau distribué, et je fixais le regard de Longueville, dans l’espoir d’avoir une petite information, mais il était bon bluffer, on l’est forcément quand on est courtisan. Je ne cessais de m’interroger sur la raison de sa présence à cette table. Pourquoi avoir décidé de jouer contre moi ? Cela aurait pu me flatter, mais en fait cela m’inquiétait plus qu’autre chose. Quelque chose n’allait pas, mais je ne savais pas quoi… Et je doutais de le découvrir ce soir.

-Une deuxième partie, chevalier, afin de savoir si cette chance est chez vous apprivoisée. Depuis quand jouez-vous ? Ces petits plaisirs sont si surveillés par le roi que j’en viens moi-même à craindre pour ma veste. Mais cet endroit est sûr, m’a-t-on dit lorsque j’ai décidé ce soir d’échapper à la cour. Une main intéressante…

Des questions, encore des questions, toujours des questions… Décidément, je n’aimais vraiment pas ça. La curiosité est un vilain défaut, monseigneur, ne le savez vous pas ? Mais il valait mieux ménager la poule aux œufs d’or. A vrai dire il avait une réputation de coureur de jupons, et avec son charmant minois, Isabelle aurait préféré l’avoir dans son lit plutôt qu’Etienne ne le dépouille, mais le destin en avait décidé ainsi, pour une raison ou pour une autre, allez savoir laquelle.

-Je ne sais plus… Mais vous avez raison, cet endroit est sûr. Ils ne le sont jamais bien longtemps, la police de sa majesté est hélas bien trop efficace parfois.

-Ce valet m’incommode, chevalier. Vous semblez habitué des lieux et je ne voudrais me compromettre ici…avez-vous quelques moyens de l’éloigner ? Non pas que je craigne une réputation de piètre joueur, mais si la cour venait à me savoir ici, je craindrai une toute autre réputation et un royal avis.

Geste d’agacement ? Un jeu moins bon qu’il ne l’avait espéré ? Peut être… Peut être pas. Méfiante, je me contentais sans parler de prendre une pièce sur la table parmi mes gains, et, me tournant vers le valet qui m’avait prévenue, je la lui lançais du pouce. Il la rattrapa sans problème, alors que je lui faisais signe de s’éloigner. Il s’exécuta sans rien ajouter, il savait que je payais bien quand on m’obéissait.

-Satisfait, monseigneur ? demandais-je simplement avec un petit sourire.

Je jetais un coup d’œil à ma main. Parfaite. Je n’aurais même pas besoin d’aller chercher l’as au fond de ma manche. Mais aucune réaction ne fut visible sur mon visage pâle. Je savais au moins aussi bien bluffer que mon adversaire. Avec un geste précis, Longueville étala son jeu sur la table. C’était vraiment trop facile. Après une seconde de suspens qui sembla durer des heures, l’air suspendu entre nous, j’abatis alors mon jeu. Je remportais la mise. J’aurais aimé être ironique, le provoquer un peu, mais il fallait se montrer un peu plus intelligente et l’orgueil ne menait jamais à rien.

-Il semble que la providence m’ait fait son champion ce soir, prince. J’en suis désolée pour vous. Je vous accorderai bien une revanche, mais un autre soir. Je me dois de vous quitter.


Empochant mes gains, je le quittais sur un dernier :

-Passez une bonne soirée.

Avant de m’éclipser. Je récupérais ma cape auprès du fidèle valet à qui je remis à nouveau un louis d’or, avant de quitter l’hôtel particulier le plus discrètement possible. Pourtant, au bout de quelques instants, il me sembla être suivie. Discrètement, je tournais la tête, mon feutre baissé sur mes yeux, pour ne pas qu’on me voit. Ce n’était pas qu’une impression… J’étais belle et bien suivie. J’aurais pus m’arrêter et demander qui avait donné cet ordre, mais la réponse me paraissait presque trop évidente. L’orgueil de Longueville ? Ou lui-même… ? Pressant le pas, je gagnais un de ces coins de la capitale où on ne dort jamais, un endroit toujours très animé, proche du Palais Royal et du Louvre, me mêlant à la foule qui semblait ne jamais dégrossir, faite de mendiants, de prostituées et de marginaux en tout genre. Je me retournais prestement, pour vérifier si j’étais toujours suivie ou non. Je l’étais effectivement toujours, mais par Longueville en personne… Cela avait vraiment de quoi surprendre. Heureusement, rapidement, je gagnais la porte de l’immeuble où je louais une petite chambre, assez chère pour que personne ne pose de questions, pas assez pour que ça en devienne suspect. Gravissant les marches quatre à quatre je déboulais dans la pièce, et troquais mes vêtements de jeune homme pour la robe simple – mais jolie ! – que j’avais arborée l’après-midi même quand le carrosse m’avait déposée à quelques rues d’ici, apparemment devant la maison d’un de mes « amis », avant de venir ici. La robe était écrue, parcourue de petites tulipes bordeaux, avec un décolleté de dentelle. Elle sentait presque plus la bourgeoisie, mais avait l’avantage d’un corsage lacé sur le devant, je n’avais donc besoin de personne pour m’aider à me préparer. Devant mon miroir, je me fis un chignon lâche, dont le plus gros retombais sur mon épaule droite, et me maquillais de khôl et de rouge à lèvre après avoir prit soin de blanchir mon teint légèrement. Rajoutez-y des boucles d’oreilles et une chaine à laquelle pendait une croix sertie de diamants, et il n’y avait plus rien de commun avec le cavalier entré quelques instants plus tôt. Je saisis mes mitaines de dentelle, ainsi que ma capeline dont je pris soins de rabattre le capuchon sur ma tête, avant de quitter la pièce sans prendre le temps de ranger mes vêtements de cavaliers, je m’en occuperais plus tard dans la nuit. Une fois la porte bien fermée, je glissais la clef dans mon corsage. Le tout avait dut me prendre une douzaine de minutes maximum. Longueville était-il toujours là ? Arrivée au bas de l’escalier, je sortis de l’immeuble… et manquais de lui rentrer dedans. Certes j’avais prévu de le retrouver, mais pas tout à fait de la sorte. Enfin, l’affaire était faite, il fallait maintenant en jouer. Plongeant dans un salut respectueux je m’exclamais, faussement surprise :

-Monseigneur ! Mais enfin… que faites vous ici ?

Je lui avais été présentée une fois, mais s’en rappelait-il seulement ?

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MessageSujet: Re: La reine prend le cavalier, ou comment la dame de pique eut raison du valet de coeur ♠ Paris   10.11.12 13:52

Paris n’avait pas l’âme d’un espion, d’un policier ou d’un La Reynie, mais il aimait prendre en faut les gens et se glisser dans cette peau le temps d’une soirée. Peut-être aussi avait-il quelques petites choses à se reprocher vis à vis du roi, et avait donc accepté cette petite mission pour redorer son blason!
Sa demande concernant le valet avait été si bien amenée que le chevalier ne semblait y avoir vu que du feu. S’il n’était ici qu’un simple client, le valet ne lui eu pas obéit si rapidement et sans esclandre. L’homme, sans une seule parole, avait disparu sitôt la pièce empochée. Louvel venait souvent, peut-être même TRES souvent ici, et c’était justement l’occupation du chevalier dans cet endroit qui intéressait le jeune prince.

-Satisfait, monseigneur ? demanda Louvel?
-Merci, chevalier. La cour est si capricieuse et les valets si bavards.

Tous deux se replongèrent dans leurs jeux respectifs. Sa main était atroce, à croire que le destin s’en amusait! Sa bourse était pleine et réservée à cette soirée: perdre la partie lui importait bien moins que revenir vers le roi avec quelques petites réponses.
Faisant mine de réfléchir, il échangea quelques cartes, battit à nouveau son jeu, se frotta le nez et jeta des regards en coin à son adversaire. Vu ses propres cartes, Louvel devait avoir un jeu excellent, ou la pioche les conservait jalousement!

Il misa néanmoins et conclu le tour.
Sans surprise! Il eu le sourire du perdant, observant la réaction de Louvel qui venait de le dépouiller à nouveau.
-Il semble que la providence m’ait fait son champion ce soir, prince. J’en suis désolée pour vous. Je vous accorderai bien une revanche, mais un autre soir. Je me dois de vous quitter.
-C’était un beau jeu, ne vous excusez de rien! Cet endroit m’a été hautement conseillé, peut-être m’y perdrais-je à nouveau un soir.
Il sortit sa montre à gousset et y jeta un oeil rapide avant de la rempocher.
-En effet l’heure tourne et je ne tarderai non plus. Adieu, donc, chevalier!
-Passez une bonne soirée, lâcha Louvel en empochant ses gains.

Paris attendit quelques instants sur sa table, comptant les pièces qu’il lui restait. En réalité, il guettait Louvel du coin de l’oeil et dès que celui-ci eu récupéré sa cape, il repoussa sa chaise et rejoignit l’entrée.
-Mes effets, je vous prie, fit-il au valet à qui il remit une pistole qu’il lui restait.
Il n’ajouta rien de plus, craignant quelques indiscrétions de sa part et remettant manteau et chapeau, s’enfonça dans la nuit sombre.

Par où était passé Louvel? Il tourna quelques secondes avant d’entendre des pas dans la rue déserte. Il aperçu au loin la silhouette du chevalier, et pressant le pas, le suivit à bonne distance pour ce pas se faire repérer comme un adolescent.
Il avait volontairement passé une cape de chasse peu reconnaissable et au style bourgeois qui ne pouvait le faire reconnaître au premier coup d’oeil. Son feutre était d’un style aussi simple et marchant paisiblement, engoncé dans son col, on ne pouvait deviner l’identité du promeneur nocturne...à moins d’être Louvel!

Tous deux marchèrent ainsi à bonne distance l’un de l’autre. L’avait-il démasqué? Il le cru lorsque Louvel se retourna un court instant. Passant de rues plus sombres à un quartier animé de Paris, ils s’approchèrent ainsi du Palais Royal, non loin du Louvre et de son propre hôtel. Il fréquentait tant ce lieu en plein jour! Ses accointances étaient loin d’être de ces mendiants et autres prostitués, mais il craignit de se faire repérer et un peu plus encore, il enfonça son feutre sur ses yeux. Personne ici ne se formalisait d’un type qui cherchait à se cacher. Mieux, on l’aidait à se camoufler!

-Eh mon gars, tu veux goûter mes herbes magiques?
-Viens par là mon minot, je vais te faire goûter ma magie, bien meilleure que ces herbes!
-Eh là, une chopine?
-Dis donc, t’aurais pas un visage trop vilain pour nous le cacher?

Paris se faufila entre les gueux qui se pressaient dans la rue, ignorant les clameurs et les interpellations. Lâchant un sourire à une prostitué et un louis à un mendiant, il ne cessait de jeter des regards à Louvel qui s’éloignait. Il avait quitté la grande rue, mais le jeune prince avait pu repérer son chemin.
-Désolé, un client m’attend, lâcha-t-il prestemment en se dégageant des bras d’un tavernier!

Il rejoignit rapidement la petite rue plus calme, juste à temps pour voir le chevalier entrer dans une maison commune. Parfait! Il était pris! Il n’avait plus qu’à avertir quelques messagers du roi qui viendraient le cueillir...et son affaire serait close!

-Eh mon mignon, tu ne m’as pas répondu! Paris se retourna d’un seul coup, lâchant un sourire forcé à la catin.
-On m’attend, fit-il sans trop savoir comment se dépêtrer d’elle. La main appuyée sur le mur de la maison, elle l’empêchait de passer pour rejoindre la large rue.
-Mais moi aussi je t’attends...allez viens, je vais te montrer que le paradis est près du Louvre!
Il ne répondit rien à ce qu’il considérait comme un blasphème. Le Louvre! Devenu maison de débauche?!
-Je...j’ai rendez-vous...dans cette maison, reprit-il d’un ton plus froid, mettant instinctivement la main sur la garde de son épée. Diable! Il détestait ces gueux puants et voleurs! Menacer une catin était même bien trop doux! Ecartez-vous, s’il vous plaît.
-Pas avant que... mais elle s’envola aussitôt qu’elle avait entendu la porte de la maison s’ouvrir. Ennuyé de se trouver en mauvaise posture, il se retourna....pour se retrouver nez à nez avec une jeune femme des plus détonantes dans ce quartier! Et dont le visage lui était familier, de surcroît!
-Monseigneur ! Mais enfin… que faites vous ici ?
A un homme, Paris eu répliqué la même question, mais il ne pouvait décemment pas le faire avec une jeune dame!
-Madame! Cette question ne se pose pas à un prince, répondit-il dans un sourire charmant malgré la situation. Il avait repris contenance dès la prostitué disparue et offrant son bras à la jeune femme, jeta un oeil alentours.
-Ce quartier est bien peu recommandable pour une femme de votre qualité, mentit-il, ne se rappelant pas encore de son nom, attendez-vous quelqu’un, ou permettez-moi d’être votre chevalier jusqu’à bon port? Je serais embarrassé qu’il vous arrive un malheur.

Plus âgée que lui, certes, mais absolument délicieuse. Cette peau pâle, ces traits fins et ce regard translucide...pourquoi ne l’avait-il pas remarqué à la cour? Ou du moins, pourquoi ne l’avait-il revu?
-Où dois-je vous mener?

Et où parbleu l’avait-il vu? N’était-ce pas l’une des dames de compagnie de la reine? Ou de Leeds? Diane de quelque chose...ou Saint-Amand, peut-être... Pourquoi sa mémoire lui faisait-il donc défaut ce soir-là!

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MessageSujet: Re: La reine prend le cavalier, ou comment la dame de pique eut raison du valet de coeur ♠ Paris   24.11.12 7:00

Le tour de passe passe allait vite révéler ses fruits, si jamais il en donnait. Peut être avais-je mis trop de célérité à perdre Longueville dans la foule de la faune populaire parisienne présente dans ces quartiers toujours animés à tout heure du jour et de la nuit, et spécialement la nuit en fait. D’ailleurs, à cette heure-ci, ils étaient tout sauf fréquentables, mais je n’avais pas le temps de me laisser arrêtée dans ma progression et avait bien trop l’habitude de frayer dans ces milieux pour risquer de me faire avoir par la première prostituée venue, ou un mendiant trop insistant pour être honnête. Au contraire, j’avais appris, à coup de grandes frayeurs, de réflexes et de courage forcé à apprendre à les repérer, les connaître et les empêcher de m’approcher. Ces quartiers de Paris n’avaient plus vraiment de secrets pour moi-même si j’aurais préféré ne jamais avoir à les connaître. L’adolescente que j’avais été en avait été traumatisée au point de me transformer en la femme que j’étais aujourd’hui. Les choses auraient pu être différentes, de mille et une façons, mais elles ne l’avaient pas été. Voilà la seule et unique vérité. Une femme aux multiples secrets, comme toutes ses semblables, ils étaient juste différents voilà tout. Un peu trop sans doute, de manière à en devenir gênant. Pas seulement pour moi mais aussi pour d’autres personnes, ce qui en devenait passablement dangereux. Pourtant je ne m’attarderais jamais à penser ou à regretter, cela faisait bien trop mal.

La métamorphose était plutôt importante entre « Etienne » et Isabelle. Le maquillage, la robe, les cheveux parfaitement coiffés et les quelques bijoux me rendaient mon âge, mon statut et mon identité. Pourtant, j’avais toujours été amusée de voir à quel point le stratagème fonctionnait. Sans j’étais parfaitement un jeune cavalier qui semblait s’amuser et risquer un peu trop sa vie et son argent dans des endroits peu recommandables. Par contre, à cet instant précis, j’étais plutôt une femme qui venait de se perdre dans les méandres d’un quartier qu’elle connaissait mal et qui tombait par le plus grand et le plus merveilleux des hasards sur un charmant jeune gentilhomme qui pourrait bien entendu, en respectant sa réputation et son statut, lui venir en aide. Le personnage était peut être un peu trop calculé, et le hasard trop grand, mais de là à faire le lien entre les deux personnages de la soirée, il y avait un pas qu’avec l’obscurité propice de la salle de jeu, le prince de Longueville ne risquait pas de franchir. Et s’il y venait et bien, risquons le tout pour le tout. Les bruits animés de la rue me parvenaient depuis la fenêtre de la chambre alors que je me changeai très vite dans ce petit taudis que je louais assez cher pour qu’on ne me pose pas de questions, pas assez pour que cela paraisse suspicieux. Le tout était une affaire de proportions. Heureusement pour moi, il n’avait pas encore disparut à un méandre de la rue quand je redescendis au plus vite, lui tombant dessus, au sens propre comme au figuré.

Comme si j’avais réellement été perdue, je pris un air ravi et en même temps surpris de le voir, en lui posant la question qui me paraissait la plus naturelle, à savoir la raison de sa présence en ce lieu qui détonnait avec son titre. S’il avait sut qu’à l’instant même, l’argent qu’il avait perdu sur cette table de jeu se trouvait dans la doublure de ma cape, dans une petite bourse, il aurait sans doute tiré une autre tête que celle qu’il avait maintenant. Il se fit charmant et un rien provoquant. Typiquement la réputation qu’il avait en somme…

-Madame! Cette question ne se pose pas à un prince.

Je pris un air confus, baissant faussement les yeux :

- Pardonnez-moi, je…

Mais je me tue, cherchant mes mots ou du moins faisant semblant. Il jeta un coup d’œil à la rue, ayant retrouvé une contenance qu’il ne semblait pourtant pas avoir quelques instants auparavant.

-Ce quartier est bien peu recommandable pour une femme de votre qualité, attendez-vous quelqu’un, ou permettez-moi d’être votre chevalier jusqu’à bon port? Je serais embarrassé qu’il vous arrive un malheur.

Il ne semblait pas se rappeler de mon nom même si je ne lui étais pas tout à fait étrangère. Peut être pourrais-je le mettre un peu sur la voie, même s’il ne retrouvait pas, ce n’était pas le plus important.

-Je vous remercie. A la vérité, je dinais à quelques rues d’ici, du moins me semble-t-il, et je devais me rendre à deux rues du Palais Royal pour une soirée, et j’ai voulu jouer les intrépides autonomes, bien mal m’en a pris ! Je me suis perdue, et ce n’est pas à ces… personnes qu’on peut espérer demander quoi que ce soit. Je me suis dissimulée ici quelques temps, pour reprendre mon souffle, et espérer trouver le guet ou quoi que ce soit d’autre. La reine aurait été bien ennuyée demain, soupirai-je.

Mentir ? Une seconde nature.

-Où dois-je vous mener?

Je souris sous cape. Parfait !

-Oh je ne sais si je puis oser… minaudai-je un instant, l’air gêné. Je le regardais, baissais les yeux, le regardait encore en me mordillant les lèvres, faisant semblant d’hésiter à lui demander quelque chose, avant d’inspirer profondément et de me lancer : Si votre grâce avait un moyen de regagner Versailles, je lui en serai infiniment reconnaissante. Je suis malade de tout ce monde et de cet endroit. Paris n’est pas Versailles. Sa majesté vous serait surement très reconnaissante de lui rendre une de ses dames en entier. Et je ne saurais comment vous remercier…

Faussement volubile, mais avec un véritable sous entendu, je lui décochai une œillade à laquelle il était difficile de se méprendre, avant de baisser les yeux à nouveau dans un excès de fausse timidité et gêne. Si là, il ne se rappelait pas de mon nom, je ne savais plus quoi faire pour le mettre sur la voie. A la vérité, l’avoir pour amant aurait sans doute été avantageux, il avait une bonne réputation, mais quand on savait qui il avait put avoir dans son lit, c’était peut être un peu trop prise de tête. Mais je lui laissais l’opportunité de me rendre visite. Pour cet immense service factice – et surtout servir mes intérêts – ma porte ne lui serait jamais fermée à double tour…


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