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 Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Une servante de ma connaissance...
Côté Lit: la servante sus-citée l'a déserté, profitez-en!
Discours royal:



ADMIN BIZUT
Phoebus
ৎ Prince des plaisirs

Âge : 20ans
Titre : Prince de Neuchâtel
Missives : 4041
Date d'inscription : 12/01/2010


MessageSujet: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   03.04.12 0:34



_________________________________________________

Mini-intrigue ouvert à tous!
Vous n'avez pas reçu l'event Facebook?!

Paris vous ouvre les portes de l'hôtel de Longueville, en l'absence de la plus vile maîtresse des lieux et de la plus sournoise des n'amoureuses, venons tout retourner! Amy la favorite a disparu? Venons oublier les tristesses de la vie versaillaise!
Sont conviés les plus fêtards, les plus alcooliques, les plus séducteurs, les plus noctambules, les couches-tard, les insomniaques, ceux qui ne sont pas italiens (sauf Sofia parce qu'elle est jolie et Luigi parce qu'il est mal-aimé), les espions et la Main de l'Ombre, toutes les bonnes soeurs et tous les voleurs, toutes les brebis et tout les bandits, qu'on soit béni ou qu'on soit maudit, avec les saints et les assassins, les femmes du monde et puis les putains, qu'on croie en Dieu ou qu'on n'y croie pas, qu'on ait fait le bien ou bien le mal...ça sera le paradis. cheers




On ne pouvait déstabiliser Paris de Longueville plus longtemps que quelques semaines. Il avait vécu le départ de Gabrielle comme un couteau planté dans le dos et la disparition soudaine de Perrine comme une traitrise. Pire encore, la blessure physique – mais surtout psychologique – infligée par cet italien puant le vice l’avait plongé dans une apathie qui avait inquiété la pauvre Flore de Clermont qu’il consentait à peine à voir.
Son humeur avait été détestable pendant de longues journées, poussant les gens de sa Maison à l’épuisement. Etonnement, ce fut son ancien précepteur – pauvre martyr d’adolescent – qui avait pu approcher le jeune prince et écouter patiemment ses récriminations contre l’italien et tenter quelques retours vers les valeurs spirituelles que Paris avait depuis trop longtemps repoussées. Il y était presque parvenu, poussant même le jeune homme à se confesser !
Depuis ce jour, l’on n’avait revu ce pauvre abbé Bouhours et les bruits de la Maison soufflaient que l’homme avait été bien trop horrifié par cette confession pour oser revenir !

Mais dès que Paris avait pu se remettre d’aplomb, il avait relu les billets doux envoyés par Flore, les lettres de récriminations envoyées par des volatils insipides et les missives d’autres visages tout aussi doux et s’était décidé à donner un peu de baume au cœur de ceux qui l’avaient réclamé à grands cris.
On ne pouvait plus gonfler l’orgueil du jeune homme qu’en lui soulignant le manque cruel que son absence faisait sur les esprits de Versailles. Dans ces instants, il se sentait comme un papillon indispensable, même si la réalité était parfois toute autre. Mais il savait cela et c’est ce qui faisait de Paris un membre éminent de cette cour frivole. Capter l’exigence libertine était devenue l’une de ses spécialités.

Depuis combien de temps l’hôtel de Longueville n’avait retenti au son des violons et des clavecins ? Le temps où les masques se bousculaient dans les couloirs était bien loin et c’est en se levant après de longues semaines enfermées que Paris pris conscience de la froideur du bâtiment. Sans Gabrielle, sans Perrine tout ceci devenait bien inutile !
Il s’était dès lors mis en quête d’organiser l’une de ces fêtes dont il avait le secret. Nul ne savait d’où provenaient ses idées mais ne cherchait vraiment à le connaître. Des semaines durant, la cour avait été mise en ébullition et sans que l’ordre eu été officiel, on entendait bientôt plus que le bruissement de cette fête improvisée qui réunirait les plus belles couleurs de fête du tout Paris. On savait par avance que les esprits sombres n’y seraient pas, que les tristes sires ne seraient pas invités et que les parlementaires et autres corbeaux seraient refusés à l’entrée. On doutait même de la venue des amis les plus proches du roi, qui ne pouvaient décemment se compromettre à ce qui pouvait être une des plus belles réceptions libertines de cette fin d’année.

Au diable les fourrures et les manteaux ! Le thème avait été lancé peu de jours avant, gardé bien jalousement par l’hôte des lieux. Nul n’avait su – si l’on excluait les yeux de la jolie Flore – soutirer l’information au jeune homme qui en devenait plus exaspérant qu’il ne l’était déjà. Il prenait un doux plaisir à se sentir à nouveau au centre de cette attention versaillaise.
Aussi, trois jours avant, les convives avaient chacun reçu un billet contenant le thème de la réception et nul n’en fut ni surpris ni offusqué. Si certaines avaient craint de ne pouvoir trouver de robes à la hauteur de l’évènement en trois jours, ce thème les rassura aussitôt. Et les langues les plus critiques n’avaient vu en ce fameux thème que la preuve de l’égo démesuré du jeune homme.



C’était en effet en dieu grec que Paris attendait le reste de ses convives, les premiers – et intimes du jeune homme - étant arrivés bien plus tôt dans la soirée. Les robes de cour étaient tombées pour laisser place aux toges antiques et pieds nus, telles des sylphides, les jeunes femmes ajustaient les masques qui ne cachaient que quelques traits pourtant aisément reconnaissables.
L’hôtel avait été illuminé par une trentaine de torches menant les convives à l’entrée et tentures et draperies aux motifs grecs pendaient le long des tapisseries si sombres de l’hôtel. Les pièces où devait se dérouler cette prévision d’orgie étaient méconnaissables ; dénudées des toiles de maître qui ornaient les murs, d’autres tentures recouvraient le tout, et des plantes dorées courraient le long des tringles des épais rideaux, sur les tapis de perde et dans un coin, quelques coussins promettaient de doux moments.

Glissant silencieusement vers Paris, Flore, ses cheveux d’or délicatement remontés en un chignon savamment défait, était aux yeux du jeune homme l’idéale féminin antique. Elle lui avait fait oublier Perrine et même si son humeur tournait parfois, Flore savait le faire revenir parmi eux.
-Vous me promettez de ne pas tourner le nez, ce soir, demanda-t-elle d’une voix amusée à Paris.
-Si vous ne vous échappez pas dans d’autres bras, il n’y aura aucune raison pour cela, répondit-il en embrassant le cou de la jeune fille. Mais j’entends le fracas d’un cheval dehors…allons, les dieux grecs arrivent sur l’Olympe, douce Hélène !

Il attrapa la main de la jeune fille et tous deux descendirent les marches de cet Olympe improvisé pour accueillir leurs habitants d’un soir.

______________________



"Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables,
et tout le plaisir de l'amour est dans le changement."


This, is Paris:
 
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Côté Coeur: pas encore de problèmes cardiaques, merci de vous en préoccuper
Côté Lit: Surprise, ça bouge!
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En toute modestie
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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   07.04.12 17:07

- Monsieur, cette lettre est arrivée pour vous ce matin

Un hochement de tête de l'occupant de la pièce indiqua qu'il avait bien pris note de l'information, et la dite lettre fut déposée par Ernst sur une petite table d'appoint. Les yeux fermés, le destinataire de la missive continua à se frotter les tempes avec de la lavande dans un vague espoir de faire disparaitre la migraine qui l'accablait depuis la veille. Malheureusement pour lui, rien n'y faisait,le mal de tête perdurait. Avec un profond soupir d'agacement, il rouvrit les yeux et s'empara de la missive. Le cachet de cire ne laissait aucun doute quand à l'émetteur mais il ne voyait vraiment pas ce qui aurait pu pousser Longueville à lui écrire de manière aussi formelle quand il pouvait aisément l'interpeller dans les innombrables couloirs de Versailles. Sans compter que le bruit courait qu'il ruminait chez lui après un interlude impliquant le gondolier.

Une fête.. Voilà qui était intéressant...connaissant Paris, il y aurait une ribambelle de jeunes vestales mais aussi de femmes à la vertu quasi inexistante. C'était déjà en soit une raison de s'y rendre. La PRINCIPALE raison de s'y rendre. L'alcool il en avait déjà abusé la veille, et il pourrait en abuser en suisse encore tant qu'il le voudrait dans son logement alors cela ne suffirait pas à le contenter, mais les femmes... ça, c'était bien plus motivant .
Son rictus de contentement ne resta cependant pas bien longtemps affiché sur son visage. Quelques jours plus tard ce fut un grognement qu'il poussa lorsqu'il reçut le thème de la soirée. Il ne pouvait y avoir que Longueville pour avoir une idée pareille... Evidemment avec des géniteurs assez excentriques pour lui donner un nom mythologique, l'idée d'être tout droit sorti de la cuisse de Jupiter avait dû monter à la tête du minet Parisien qu'était Paris. A tel point qu'une soirée à thème antique lui semblait dans l'ordre des choses. Oh il lui accorderait que voir les femmes vêtues légèrement en costume de déesse était une idée alléchante.. mais très franchement, venir en toge, était pour un homme comme se réclamer de la suite de Monsieur. Et Derek avait beau aimer scandaliser, il n'était pas prêt à aller jusqu'à faire douter de sa virilité.

Cependant, Paris était bien un des seuls amis du Saxon, il ne se risquerait donc pas à le froisser. Il se plierait aux règles de l'hôte du soir. Après tout on pouvait faire confiance au jeune duc pour faire les choses en grand.
Le jour J, le Wettin était donc paré d'un chiton court, sans manche suspendu à ses épaules par deux fibules, une chlamyde agrafée à l'épaule, il n'était cependant pas venu pieds nus, à l'antique, refusant de se promener comme un va nu pieds. (nan mais oh!) A coup sûr Paris aurait revêtu un chiton long.. comme les Dieux grecs. Un véritable mégalomane! Un sourire amusé, il leva les yeux au ciel. En réalité, il n'était pas vraiment bien loti pour faire ce genre de remarque car la couronne de branche de vigne qu'il arborait était dans les temps anciens le signe distinctif de Bacchus, mais l'on voit toujours mieux la paille qui est dans l'oeil du voisin que la poutre que l'on a dans le notre, et il ne faisait pas exception à la règle!

Fouette cocher! Le carosse se mit en route, son passager bien installé ayant gardé son justaucorps pour échapper à la froidure extérieure qui s'introduisait un peu trop facilement à l'intérieur ,et qui , dans la tenue qui était la sienne, aurait vite eu fait de le transformer en glaçon. Le voyage ne fut heureusement pas trop long et c'est soulagé qu'il fut introduit dans l'hôtel des Longueville, maudissant intérieurement son ami d'avoir donné ce thème ridicule qui avait failli le faire mourir de froid. Un homme en livrée qui s'était approché de lui lui retira son justaucorps et partit le ranger, l'invitant à rentrer dans la pièce suivante. Son invitation ne lui fut pas demandée, et il ne fit pas l'effort de la montrer. Après tout il était connu comme le loup blanc par les domestiques du lieu et ceux ci n'avaient pas besoin d'un bout de papier pour savoir qu'il faisait partie des heureux conviés.

Il admira la décoration, sans s'y attarder, et repéra bien vite le maitre de céans qui papillonnait entre les différents invités déjà présents, un petit cercle d'intime que Derek connaissait plus ou moins. Mais ce fut moins Longueville que la ravissant blonde à ses côtés qui retint l'attention du prince.. Il laissa ses yeux errer le long de la silhouette de la jeune femme mais arrêta bien vite ce petit manège quand il la reconnut. Dans cette tunique aux plis savants légèrement transparente, n'était autre que Flore de Clermont. Chasse gardée de Paris, et donc probablement une des seules femmes de l'assistance, avec les laides et les revêches, qui n'auraient pas droit à ses attentions. Bien évidemment, certaines étaient ravies de pouvoir être laissée en paix par le trop entreprenant germanique, mais lui ne voyait que ce qu'il voulait bien voir. Il se décida enfin à continuer sa marche et vint saluer son rival amical, qui comme il l'avait prédit.. était vêtu d'un chiton long, se prenant bien évidemment pour un Dieu ou un héros. Arrivé devant lui, il leva la main en l'air, comme l'usage antique le voulait, dédaignant l'étiquette :


" Salutations ô noble Paris, à moins que vous ne soyez Zeus le temps d'une soirée, auquel cas je devrais m'inquiéter de votre santé mentale.Si Paris vous demeurez et bien espérons que votre attention pour Melle de Clermont ne déclenchera pas une guerre de jupons car je ne peux ,par amitié ,vous jurer être prêt à redonner la raison à des Achille et des Ménélas féminines aveuglées par la jalousie!Les querelles d'oies et de poules ne sont pas mon rayon. Je préfère à cela les combats de coq!"

Ils avaient échangé quelques mots, mais bien vite, l'hôte avait dû continuer à accueillir les invités, laissant Derek à ses occupations: qui incluaient pour le moment 1/ signe de main à l' "échanson" 2/ remplissage de la coupe 3/ ingestion du liquide. La chose se répétant en boucle.
Quelques temps plus tard, ou heures - il ne savait plus trop bien où on en était de cette soirée, trop occupé à lorgner de ci de là sur les courbes féminines, et à faire la mouche du coche- il entendit Paris lancer:


Mais j’entends le fracas d’un cheval dehors…allons, les dieux grecs arrivent sur l’Olympe, douce Hélène !

Et pour la seconde fois de la soirée, le prince de Saxe leva les yeux au ciel cette fois pour se moquer des allures d'amoureux pathétique de son ami. Si il plaisait à Paris de jouer le rôle de son homonyme, il lui souhaitait de ne pas rencontrer sa triste fin, surtout pour une femme... En attendant, lui se contentait amplement de jouer au Bacchus.

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Pervers  Pervers  Pervers  Pervers  Pervers  Pervers  Pervers  Pervers  Pervers  Pervers



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Dernière édition par Derek de Saxe le 09.04.12 12:55, édité 1 fois
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Côté Coeur: Je l'ai fermé par sa faute. Seul lui pourrait le rouvrir un jour ...
Côté Lit: Je ne suis pas de celles qui se couchent pour un sourire. A peine pour un diamant, mais souvent pour la passion.
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♈ LA BELLA FARNESE ♈
Più bella cosa non c'è

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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   08.04.12 20:53

« Êtes vous prête, Helle ? »

La voix chantante de Sofia retentissait à l'étage de l'hôtel Farnèse. Voilà quelques jours, Sofia avait reçu une invitation à la fête à l'hôtel Longueville. Quelle joie d'aller festoyer dans Paris, chez un prince de sang connu pour son sens de la fête ! Et quand le thème tomba, ce fut un enchantement ! Ah, l'Olympe et tous ses beaux mythes, il y avait de quoi faire. Puis d'un point de vue pratique, le costume serait plus simple à faire confectionner. La princesse savait parfaitement en qui se déguiser : Aphrodite, déesse de la beauté et de l'amour. Oui, cela pouvait passer pour de l'égocentrisme, mais autant se faire plaisir, n'est ce pas ? Après tout, le principe de se déguiser était aussi de se faire plaisir, même si devenir Méduse lui serait allée comme un gant, à figer ceux qui la regardaient dans les yeux. Mais la jolie déesse sortie des eaux était plus glamour et lui allait mieux au teint. Il n'y avait qu'à la regarder …

La jeune femme était resplendissante ce soir. Son chiton lui tombait jusqu'aux chevilles, d'un rose pastel des plus délicieux, ceinturé à la taille comme la fameuse ceinture magique de la déesse. Le tissu était retenu aux épaules par des princes d'or en forme de coquillage, ses épaules et bras étaients nus, juste habillés par des bijoux. Les plis formaient un joli décolleté, discret devant mais plus osé derrière. Les cheveux bruns étaient bouclés pour l'occasion, retenus par des broches toujours en forme de coquillage, au-dessus était posé une couronne de fleurs composée de myrte et de rose. Avec un savant maquillage autour des yeux, Sofia était magnifique et représentait à la perfection la déesse qu'elle s'était choisie pour la soirée. Cela avait pris du temps, particulièrement pour sa coiffure et elle n'en était pas peu fière.

A présent, elle attendait son amie Helle qu'elle hébergeait depuis son arrivée. Toutes les deux seraient les cavalières d'un bel homme qu'elles avaient en commun : Silvestre de Lévis. D'ailleurs, il n'allait pas tarder à arriver, se dit la jeune femme en jetant un coup d’œil à l'horloge dans le couloir. Il fallait savoir se montrer ponctuelle, c'était un des grands préceptes que la princesse avait appris dans son éducation. Et si elle n'était pas une jeune femme modèle en tout point, elle respectait les commandements qu'elle voulait, comme celui-ci. A ce moment là, un valet monta les escaliers et s'arrêta à une marche de l'étage.

« Monsieur de Lévis vous attend devant le porche. »

Et pour parfaire le tableau, Helle sortait de sa chambre, toute belle dans son costume antique. Sofia hocha de la tête envers le valet avant de se tourner vers son amie avec un grand sourire.

« Ma che sei bella! lâcha t'elle admirative. Monsieur de Lévis ne saura plus où poser ses yeux entre nous deux. D'ailleurs, il nous attend. »

Pour faire le trajet entre Versailles et Paris, mieux valait se couvrir, une cape bien chaude pour la route qu'elles abandonneraient une fois arrivées à destination. C'est qu'il commençait à faire froid, l'hiver n'allait pas tarder à arriver. Et tomber malade un si grand soir, ce serait bien stupide. La porte du carrosse était ouvert, Sofia s'y engouffra et fit face à Silvestre qui eut le droit au plus charmant sourire de l'italienne.

« Mon cher cavalier, vous êtes … divin ! Je ne sais lequel d'entre nous sera le plus admiré en cette soirée. »

Silvestre était un des rares hommes à avoir laissé un impression positive dans l'esprit de Sofia. Voici un gentilhomme comme la société n'en faisait plus, cela était bien dommage. Peut être s'il serait resté plus longtemps en Italie avec elle, elle aurait pu à nouveau ouvrir son cœur … Mais elle ne regrettait rien, ce fut un agréable moment entre les deux et elle le retrouvait en tant qu'ami avec grand plaisir. Cela changeait de beaucoup d'homme, la pauvre Sofia ayant pour habitude de mal les choisir, de les faire fuir ou qu'eux ceux-ci ne se rétractent. Il ne pouvait pas faire meilleur cavalier. C'est donc gaiement que le petit trio se rendait dans la capitale où se tenait cette fête que tous semblaient attendre.

L'homme au milieu, ses deux cavalières de chaque côté, la blonde et la brune, montèrent les marches et pénétrèrent dans l'hôtel particulier des Longueville. Le prince de la fête saluait les nouveaux arrivants, une jolie blonde à ses côtés, on avait cette délicieuse impression de monter sur l'Olympe. Après les salutations et politesses d'usage, place à la fête, surtout quand on vint leur proposer des coupes de vin. Sofia leva son verre, un sourire amusé sur les lèvres.

« A cette belle soirée ! Et à nous trois. »

Pour l'instant, la fête restait sage, aucun des trois ne savaient ce que cette fête était en réalité, du moins ce qu'elle allait devenir. Cela était une surprise pour eux, pas forcément une bonne. En cet instant, il n'y avait que de la bonne société qui avait revêtu leurs plus belles toges pour coller au thème de la soirée, du bon vin et de la nourriture à foison, avec une magnifique musique de fond. Vraiment, pour l'instant se passait à merveille. Elle jeta un regard sur l'assistance, un véritable sourire heureux sur les lèvres.

« Que de beau monde ce soir. Je me demande si l'Aphrodite en moi saura faire succomber les mortels ou retrouvera son Arès. Comme mon cher ami, vous ne pouvez nous contenter toutes les deux, à moins de vous dédoubler. Mais là vous perdriez votre charme d'être unique. »

Elle porta sa coupe à ses lèvres pour boire une gorgée du bon nectar enivrant. Que la fête commence …


______________________

PRINCESSE VENALE ✽
“Dans les contes pour enfants, les princesses donnent des baisers aux crapaud. Dans la vie réelle, les princesses embrassent les princes et ceux-ci se transforment en crapauds.”


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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   11.04.12 15:04

« Attention Colonna, à trois… » chuchota Ferdinand, tous sens aux aguets, les muscles tendus et prêt à bondir sur sa proie. Concentré à l’extrême, il s’agissait de ne pas se louper. La moindre erreur pouvait être fatale.

« … Trois ! » s’écria-t-il en se jetant sur sa cible. Gagné ! L’oiseau n’eut pas le temps de s’échapper et finit coincé entre les mains du Fou. Et d’un !

Avant que nos lecteurs ne se posent la question : non, Ferdinand et Luigi –encore eux- n’étaient pas en mission top secrète pour Sa Majesté. Leur mission du jour était d’une nature bien différente, à savoir finir de préparer leurs costumes pour la fête chez les Longueville à laquelle le Fou avait décidé d’embarquer son éternel acolyte. Et pour leurs costumes, ils avaient besoin de plumes… Quel meilleur endroit pour en dégoter que dans la ménagerie du roi ? Le responsable de l’endroit leur avait donné l’accès quand Ferdinand avait prétendu avoir été envoyé là sur ordre de Louis XIV, mais il commençait sérieusement à se demander si le bouffon ne s’était pas payé sa tête. Il n’avait pas tout à fait tort.

« Je crois qu’on en a assez. Allons terminer cette corvée, et partons chercher Racine, le pauvre doit se morfondre dans sa chambre à l’Hôtel de Bourgogne ! » lança-t-il joyeusement à son compère en sortant de la petite tour pleine d’oiseaux, les mains chargées de plumes blanches. Tout à leur tâche, ni l’un ni l’autre ne remarquèrent qu’ils avaient encore des plumes même dans les cheveux !
En chemin, ils croisèrent même une figure bien connue, devant laquelle tout le monde s’inclinait avec respect, mais à qui Ferdinand se contenta de sourire avec bonne humeur tout en faisant une révérence caricaturale –et en semant une ou deux plumes au passage :
« Bonjour Louis ! Belle matinée pour plumer des pigeons, n’est-ce pas ? »

Le roi –car c’était bien de lui qu’il s’agissait- haussa un sourcil perplexe :

« Certes monsieur le bouffon, mais serait-il trop vous demander de m’expliquer ce que vous allez faire de ces plumes ? »
« Figurez-vous que nous allons chez les Longueville et… » « Stop ! J’en ai assez entendu. » l’interrompit le roi en levant les yeux au ciel avant de les dévisager tous les deux d’un air désapprobateur.

Ferdinand éclata de rire sans plus prêter attention à Louis XIV qui devait se faire une drôle d’opinion de ses espions ni à Luigi qui tentait vaguement de se justifier et traîna son collègue dans ses appartements où ils avaient commencé leurs travaux de couture et allaient maintenant pouvoir les terminer avant d’aller chercher leur camarade…

********************

« Racine mon ami, vous êtes un rabat-joie. Allez, quittez cette triste mine et habillez-vous, sinon la fête sera terminée avant même que nous ne soyons arrivés ! »

Adossé au mur de la chambre de Jean Racine à l’hôtel de Bourgogne, Ferdinand avait troqué ses vêtements habituels contre son costume d’Hermès –le dieu des voleurs, des arnaqueurs et des messagers, quoi de mieux pour lui ?- qui consistait en une toge romaine comme il se devait, avec des sandales dorées auxquelles il avait ajouté les fameuses plumes qui faisaient toute la distinction du fameux dieu grec. Il avait même fabriqué le casque ailé qui venait compléter la panoplie, et s’estimait satisfait du résultat : il serait plus reconnaissable qu’Hermès lui-même si celui-ci venait pointer le bout de son nez à la fête !

« Allez, cessez de faire votre mauvaise tête et hauts les cœurs ! Regardez, Colonna aussi s’est mis au goût de la fête, il ne manque plus que vous pour venir compléter notre trio, ce sera l’occasion pour vous de vous changer un peu les idées. Vous êtes plus triste qu’une pierre, monsieur Racine ! » continua-t-il en exagérant le ton de reproche qu’il employait. « Colonna, prêtez-moi main forte, j’ai l’impression de parler à un mur et cela me déprime. »

Laissant le soin au romain de convaincre leur ami, Ferdinand se laissa tomber dans un fauteuil qui traînait par là et fixa le plafond en soupirant. Ils perdaient du temps, alors qu’au même moment ils pourraient être chez les Longueville à… A quoi d’ailleurs ? Lui n’y allait que pour voir ce qui allait s’y passer, avoir deux-trois histoires drôles à raconter à son roi, et vérifier qu’il n’y ait pas de comploteur qui traîne au milieu des ivrognes. Et pendant qu’ils étaient là à essayer de convaincre Racine, le temps filait ! C’était décidé, s’il n’acceptait pas dans les cinq prochaines minutes, ils iraient sans lui ! Attrapant une feuille de papier roulée en boule sur le sol, il la fit sauter dans ses mains en attendant que le dramaturge prenne une décision ou une autre…

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Côté Coeur: Cela peut vous paraître étrange mais j'en ai un. Il est bien caché, je le réserve à qui m'aimera vraiment. Et pour mes enfants.
Côté Lit: Vous voulez une liste ? Ce sera même un recueil !
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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   16.04.12 13:29

« Allons mon bon ami, allons y ! Je ne vois pas pourquoi vous pouvez refuser, donnez moi une bonne raison ! »

Cette phrase était prononcée par Morgan Stuart, le grand sourire aux lèvres. Quand on parlait de fête, il était évident que le cousin du roi d'Angleterre en fasse partie. Surtout quand celle-ci s'annonçait aussi ''sympathique'' (pour ne pas dire subversive) que celle organisée par Paris de Longueville dans l'hôtel particulier familial. Et puisqu'y aller seul n'était pas amusant, Morgan demandait à ses amis, notamment à Aymeric de Froulay, camarade de longue date et partenaire de sorties de ce genre. Il ne devait, non il ne pouvait pas refuser de l'accompagner, ce serait sûrement la meilleure fête en ces temps assez moroses, entre les menaces de guerre, l'enlèvement de la favorite et la grisaille de novembre, il fallait savoir s'amuser. Et le Stuart avait toujours des arguments.

« J'ai des nombreux arguments que vous ne pourrez contrecarrer, je vous les cite ? commença t'il, amusé. Tout d'abord, nous allons nous amuser. Les soirées appartements sont bien sympathiques mais un peu de liberté ne fait jamais de mal. Puis nous aurons de quoi nous occuper sans se rendre dans une taverne parisienne :à nous la boisson et les filles dans un bel hôtel parisien d'une des plus grande famille française ! Car des filles, il y en aura. Et des jolies, cela va de soi. Et puis enfin … n'avez vous jamais eu envie d'incarner un dieu de l'Olympe ? »

Car oui, tel était le thème de la soirée, la mythologie grecque ! Présenté ainsi, il était difficile de dire non, n'est ce pas ? Et quand cela était présenté avec un grand sourire, il était impossible de dire non, surtout quand tout cela venait de Richmond ! Et puis un dernier pour la route :

« Allez, ne me dites pas non. Vivonne ne peut être des nôtres, je ne peux m'y rendre seul ! »

En tout cas, tout cela méritait d'être clair. Cela fit son effet, l'anglais n'irait pas seul à cette prometteuse fête, Aymeric allait le suivre. C'était parti pour une longue nuit plus que festive …

Pour les costumes, ce fut rapidement choisi du côté de Morgan : après avoir lorgné sur Dyonisos, il jeta finalement son dévolu sur Zeus, le dieu des dieux. Cela avait un côté mégalomane, il en convenait parfaitement. Mais au-delà du maître des cieux et de la foudre, Zeus était comme Richmond : il avait semé des mini-lui un peu partout. Oui, cela pouvait paraître de mauvais goût mais cela l'amusait et le fit même rire alors qu'il troquait ses habits de cour pour une toge blanche, retenu à une seule épaule, dévoilant une partie de son torse finement musclé. A sa hanche, il avait pour accessoire le grand attribut du dieu, un éclair doré, et sur sa tête, une couronne de laurier elle-même dorée. Il avait fier allure et depuis sa demeure, l'anglais prit son carrosse et partit chercher l'ami français, direction Paris.

Il y avait déjà foule à l'hôtel de Longueville. L'organisateur, Charles-Paris, saluait ses invités, et les deux amis n'y manquèrent pas.

« Cher Paris, que les dieux vous bénissent pour votre hospitalité et votre bienveillance, vous en serez largement récompensé. »

Et puis la fête pouvait commencer. A la recherche de quelques têtes familières, Morgan eut bien vite son regard posé sur les demoiselles assez peu vêtues pour l'époque (que ce soit le siècle ou la saison) qui passèrent à côté d'eux en souriant. Cela commençait à merveille. Puis il en montra une particulièrement à Aymeric, un sourire amusé sur les lèvres.

« Voyez, Arès a peut être trouvé son Aphrodite. Qu'en dites vous, mon ami ? »

La fête pouvait vraiment commencé …

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I've lost a lot a in this game. Another everyday face with no name, I'm not selling misery, so would you stay around with me. I know that you are afraid, the traces of war linger on my face but I'm not selling misery, maybe some day I'll feel home again.


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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   16.04.12 22:15

Pelotonnée dans une couverture, devant la cheminée de sa chambre qui diffusait une chaleur bienvenue, Alaina savourait l’instant. Dans quelques minutes, son amie Megan passerait la chercher et ensemble elles se rendraient à la soirée donnée à l’Hôtel des Longueville. Elle savait d’ors et déjà que cette soirée allait faire partie de ces moments qu’on n’oublie pas. D’une part, à cause de son initiateur, Paris, qu’elle ne connaissait pas, mais dont elle avait déjà beaucoup entendu parler. D’autre part, le thème choisit était pour le moins original : les dieux de l’Olympe. C’était typiquement Versaillais de vouloir se prendre pour une divinité grecque et cela allait donner lieu à de croustillants moments !

Alaina adorait les préparatifs des bals, peut-être plus que les bals en eux-mêmes. Elle aimait cette excitation, presque fébrile, qui l’agitait lorsqu’il s’agissait de choisir une tenue. Elle se mettait alors à anticiper la soirée, serait-elle ennuyeuse ? Amusante ? Indécente ? Qui séduirait qui ? Qui serait l’objet de ragot ou de scandale ? Etre au première loge était toujours divertissant, sauf quand on devenait le sujet des rumeurs, bien sûr. Mais pour l’instant, hormis ces histoires de phobies aquatiques, Alaina ne s’en tirait pas trop mal.

C’était dans ces instants là que la nostalgie de son Irlande natale était la moins forte. Jamais elle n’aurait pu vivre cela, coincée sur sa lande. Rêveuse, elle laissa son regard s’égarer dans la pièce. Son grand oncle l’avait fait redécorer lorsqu’elle était arrivée, dans l’espoir que la jeune fille se sente à l’aise. C’était à présent une vraie chambre de jeune fille, toute tendue de voilages blancs. Une belle coiffeuse trônait dans un coin, non loin d’un lit de chêne clair. Et face à la grande cheminée, là où elle était assise, une bergère et une liseuse assorties offraient un écrin à toutes ses rêveries.

Jeanne, sa camériste, entra dans sa chambre, coupant court à sa contemplation.
-voilà, s’exclama-t-elle, je l’ai raccourcie de quelques centimètres, ça devrait aller mieux maintenant.
Elle tendit à la jeune fille un tissu blanc rebrodé de fil d’argent. Celle-ci se faufila derrière un paravent et troqua sa couverture contre une robe couleur de lune, tout en drapé. Lorsqu’elle sortit pour se regarder dans le miroir, Jeanne eu un petit sourire satisfait.
-Tu t’es surpassé cette fois, admira la jeune femme.
Le tissu changeait de couleur selon la lumière et les plis savamment disposés semblaient la grandir. Retenue sous la poitrine, la jupe tombait jusqu’au pied.
-Venez, il est temps de finir de vous préparer.
La jeune fille s’assit et laissa faire les doigts de fée de sa camériste. Avec dextérité, celle-ci remonta ses cheveux en un chignon savamment négligé qu’elle entoura de ruban argenté, puis fixa quelques croissants de lune sur la coiffure, assortis à ses pendants d’oreilles.
Alaina avait choisit d’être le temps d’un soir, Séléné, la déesse lunaire, certes moins connue que ses consœurs, mais dont la clarté des représentations avait séduit la jeune femme.
Elle était en train de fixer ses sandales à lacets lorsque l’écossaise se fit annoncer. Elle jeta sur ses épaules une cape fourrée, histoire de se protéger des morsures du froid et alla accueillir son amie avec un plaisir non dissimulé.

Celle-ci n’était pas venue seule, et les présentations faites, il s’avéra que sa compagne était la sœur de François, le mousquetaire qu’elle considérait comme son ami le plus sincère.
-Je suis ravie de vous rencontrer, je connais à présent toute la famille Froulay parisienne ! S’exclama-t-elle.
Et sur ces paroles, celles que l’on aurait pu appeler « les trois grâces » s’entassèrent dans la voiture qui devait les emmener ni plus ni moins que vers le mont Olympe.

Débarrassées de leur cape, elles purent faire leur entrée parmi les dieux, dans le salon métamorphosé. Et elles ne passèrent pas inaperçues. Car si Alaina se trouvait particulièrement à son avantage dans sa tenue parthénienne, elle devait reconnaitre que ses deux compagnes rivalisaient à la fois de grâce et d’impertinence. Ainsi l’arrivée de trois nymphes provoqua un mouvement de tête dans leu direction, assortis de regard plus ou moins appréciateur selon les individus.
Consciente de leur petit effet, et même un peu fière, elles allèrent se faire servir un peu de divin nectar dans des coupes d’or, échangèrent quelques mots avec une nonchalance tout à fait charmante puis d’un commun accord, se dispersèrent dans la foule.

Alaina se faufila parmi les invités. Elle remarqua Ferdinand d’Anglerey, dont les plumes la firent sourire : le roi des arnaqueurs, cela lui allait comme un gant. Il était accompagné par Luigi di Paliano, son mari occasionnel. Ella aperçue également une chevelure blonde trop bien connue et se hâta de faire demi-tour, remerciant le ciel qu’il n’y ait pas de fontaine ce soir.
Mais ce soir, elle n’était pas Alaina de Cork, elle n’était même pas Aline d’Argouges. Ce soir elle était une déesse qui n’attendait qu’un signe d’un dieu ou d’un mortel pour faire de cette fête un feu d’artifice.





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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   18.04.12 1:46

Se décrasser, s’épousseter, se laver, se débarbouiller…

-Miss, où avez-vous encore été traîné avec ces frusques, soupira Betty en attrapant du bout des doigts le chiffon qui ressemblait à une veste et dont l’odeur de purin empestait toute la pièce. Il n’est bon qu’à jeter ! Oh Holy Mary !
Mais Megan se précipita vers la vieille gouvernante, en petite tenue légère, arrachant la toile des mains pour la jeter sur la malle.
-Betty ne fait surtout pas cela ! Aucune de mes affaires ne doit être jetée sans mon accord, est-ce clair ?
Devant la mine sérieuse de la jeune fille qui s’était soudainement muée en demoiselle Campbell, Betty ne pu qu’hocher la tête d’obéissance, pliant la veste en retenant une grimace. Impossible de savoir ce que fabriquait sa petite reine dans ces guenilles. Désir de liberté ? Elle pouvait facilement voler des vestes à son frère et par ailleurs, Betty avait déjà vu dans la malle de sa jeune maîtresse des vêtements d’homme. La raison qui poussait miss Campbell à se travestir autant restait inconnue, ou peut-être Betty ne préférait-elle pas fourrer son nez où il ne fallait pas.

-Viens m’aider à me brosser le dos, Betty, appela la jeune fille dans la salle de bain ! J’ai peur de toute tremper autour !
-Miss, est-ce vraiment cette tenue que vous porterez ce soir, demanda Betty en rejoignant Megan près du bac d’eau ? Elle souleva la toile blanche et or. Est-ce de l’or ?
-Oui, Betty….mais ne t’inquiète pas, tout ceci a été fait sur ma cassette personnelle, William n’en sait rien.

Par « cassette personnelle », Megan parlait là des fonds versés par l’Angleterre pour le bien de sa mission en France. Enola of Dorset pouvait très bien profiter de cette future soirée de débauche – au vu de l’hôte le doute était peu permis – pour s’acoquiner avec quelques comploteurs ! Dès qu’elle avait eu vent de l’invitation, elle s’était arrangée pour faire la robe qui la muerait le temps d’une nuit en Daphné.

Betty n’avait plus posé de question indiscrète jusqu’à ce que la jeune femme soit prête. Vêtue d’une robe simple, au col rehaussé de perles d’or, des sandales de cuir aux pieds, Megan s’emmitoufla dans son épais manteau au col de fourrure et sorti par le froid mordant avant de s’engouffrer dans la voiture qui l’attendait déjà.
Le cocher avait été ponctuel et Elodie de Froulay attendait déjà dans l’habitacle.
-Elodie, s’exclama Megan en refermant la porte ! Elle prit la jeune femme dans ses bras, le sourire éclatant. Merci, merci, merci d’être venue avec moi ce soir ! Je suis sûre que la soirée sera superbe !
Elle tapa sur le bord de la portière pour signaler le départ au cocher et rentra la tête dans le véhicule.
-Nous allons chercher une amie rencontrée à Versailles que tu connais peut-être…Aline d’Argouges. Elle ne sait rien de tes petits talents, rit-elle en mimant le geste de lisser une moustache.

Elles accueillirent rapidement la jeune française et le carrosse aux armes des Campbell déboula bientôt dans la cour de l’hôtel des Longueville.
Megan avait peu vu de fête hors de la cour aussi richement préparée. On disait les Longueville cousins royaux, mais pas aussi riches que les décorations le laissaient à penser.
Comme un poisson dans l’eau, Megan attira Elodie vers l’entrée, certaine qu’Aline trouverait aussi rapidement ses marques qu’elle.
-Viens, je ne veux absolument rien rater de cette soirée ! Hihi !

Abandonnant son manteau au valet, elle grimpa les étages, tâchant de croiser quelques regards familiers.

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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   20.04.12 19:14

- Non et non, je n'irai pas à la fête organisé par ce gamin !

Adossé à la chambranle de la porte de sa chambre qui lui faisait office de bureau, Jean Racine secoua la tête en signe de mauvaise volonté comme un enfant capricieux – ce qu'il n'avait jamais réellement cessé d'être. Il avait passé les dernières semaines enfermé dans son hôtel sans voir personne sinon sa très chère (et très coupable) Éris et le reste de sa troupe pour leur crier des ordres et des remontrances. Sa pièce n'avait pas avancé d'un vers qui en valait la peine si bien qu'il avait l'intention de rester toute la nuit s'il le fallait sur son brouillon à essayer de faire chanter les mots. Et voilà qu'au moment où il s'y attendait le moins ces deux hurluberlus avaient forcé le passage de l'entrée de l'hôtel de Bourgogne (Racine nota mentalement de faire renforcer la surveillance à la grande porte et d'en toucher deux mots – calmement – à Charlotte) et l'avaient contraint à ouvrir celui de sa chambre par des menaces. Et à vrai dire, malgré sa mauvaise humeur, Racine ne put s'empêcher de s'amuser de la situation. Ce n'était pas tous les jours que l'on voyait débarquer deux dieux grecs dans sa maison et encore moins avec les mines joyeuses de Ferdinand d'Anglerays et de son complice de toujours, Luigi di Paliano ! Le fou du roi avait une allure toute particulière dans son déguisement d'Hermès et qui, au beau milieu de la chambre un brin miteuse de Racine (il ne parvenait plus à se souvenir du dernier passage de sa domestique pour faire le ménage), était particulièrement déplacée. Il avait poussé l'exactitude à utiliser des plumes blanches pour ses sandales et son casque, plumes dont Racine se demandait sérieusement où son ami avait pu les dénicher. D'ailleurs, ça ressemblait vraiment à des plumes de pigeons, se disait le poète un peu perplexe. Au moment où le fou se laissa tomber dans un fauteuil en soupirant (ce qui voleter un peu les plumes) de manière très théâtrale, malgré la situation et sa déprime actuelle, le dramaturge sentit le fou rire le gagner mais il le réprima en faisant mine de toussoter.

Après tout, pourquoi refuser ? L'esprit de Racine s'arrêtait sur cette question alors que l'italien prenait la parole et tentait à son tour de le convaincre, sans se rendre compte que le dramaturge ne l'écoutait que d'une oreille distraite. Certes, il n'avait guère l'habitude de ce genre de fête, il se sentait plus à l'aise au milieu des gueux parisiens pour s'amuser que dans l'un des plus beaux hôtel particulier appartenant au cousin du roi. Mais n'était-ce pas justement le moment de tenter de nouvelles expériences ? Il fallait se rendre à l'évidence, sa pièce n'avancerait pas ce soir-là alors à quoi bon se morfondre ? Il y aurait sans doute assez d'alcool pour oublier ses déboires et d'assez jolies femmes pour ne pas s'ennuyer (Racine soupçonna d'ailleurs l'hôte d'avoir choisi le thème de l'Olympe pour voir arriver des demoiselles un peu dénudées). Sans compter qu'il aurait ainsi l'occasion d'admirer la moitié de la cour en costumes ridicules ce qui promettait une bonne tranche de rire. En parlant de cela...

- Vraiment, j'aurais aimé vous accompagner mais je n'ai pas le moindre déguisement et..., grogna-t-il pour ne pas donner l'impression de céder trop facilement.

Ferdinand parut se réveiller et lâcha enfin la boule de papier avec laquelle il jouait depuis plusieurs minutes :

- Allons, Racine, mon vieux, vous vivez dans un théâtre, vous n'allez pas nous faire croire que vous n'avez pas un seul costume potable pour cette soirée, s'exclama-t-il en levant les yeux au ciel, puis pointant son doigt vers son camarade, il poursuivit en surjouant l'agacement : vous ne m'aurez à ce petit jeu là...

Et ce fut ainsi qu'à peine dix minutes plus tard, Racine montait dans le carrosse de ses amis, affublé du déguisement du personnage phare de sa dernière pièce. Et notre Alexandre le Grand, même s'il ne l'aurait pas avoué sous la torture, était impatient d'arriver à l'hôtel de Longueville...

***

La fête battait déjà son plein lorsqu'ils arrivèrent et de nombreux dieux parlaient en riant et en buvant comme des trous. Racine se dit en se frottant les mains que toutes les conditions étaient réunies pour passer une excellente soirée. Il eut un instant d'incertitude en se rappelant qu'il n'avait pas de carton d'invitation mais il suffisait de suivre Ferdinand pour que toutes les portes s'ouvrent (non parce qu'on le reconnaissait mais parce que son aplomb vainquait toutes les résistances). Un instant déstabilisé, il marqua un temps d'arrêt à l'entrée mais déjà ses amis l'entraînaient dans l'un des pièces où se déroulaient les festivités. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, on lui colla un verre d'alcool dans une main et une donzelle peu farouche (comment Ferdinand avait-il fait pour en dénicher une aussi rapidement ? S'émerveilla Racine) dans l'autre.

- Mais..., protesta-t-il faiblement, un peu surpris.

Bien, si cela commençait ainsi, au contraire du reste de l'assistance qui allongeaient le cou pour voir les arrivées, il allait passer sa soirée à essayer d'éviter les personnes qu'il connaissait et devant lesquelles il pourrait avoir honte de se comporter ainsi. Inconscient ! N'avait-il toujours pas compris que tout ne tournait pas comme il le voulait dans ce monde ?
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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   22.04.12 0:19

« Je crois qu’on en a assez. Allons terminer cette corvée, et partons chercher Racine, le pauvre doit se morfondre dans sa chambre à l’Hôtel de Bourgogne ! »
« Une corvée ? Allons, ce sera presque aussi amusant que la fête en elle même. »


Une conversation dans la volière royale n'était pas des plus courantes. Encore moins avec des plumes dans les mains et pleins les cheveux. Mais que faisait Luigi dans l'immense cage aux oiseaux, en compagnie de Ferdinand ? Les deux acolytes devant l'éternel étaient simplement là pour des raisons de … costumes ! Si vous ne comprenez pas, cela est normal. Expliquons davantage alors que les deux s'en retournaient chez Colonna. La fête des Longueville s'annonçait comme la soirée où il fallait se montrer. Le prince de Neuchâtel transformait la demeure en Olympe des temps modernes avec un thème sur la mythologie grecque. Et Ferdinand trouvait que c'était la parfaite occasion de mener une mission de surveillance tout en jouant les gentilshommes avec Racine pour le faire sortir. En bref, cela devait être une soirée simple, amusante et plus attrayante que les rituels sataniques dans les cryptes du cimetière des Innocents.

Chemin faisant, les deux espions firent la rencontre du Roi. Ils avaient l'air malins avec leurs plumes mais Ferdinand, adepte de son rôle de Fou ne démordait pas de son humour tandis que Luigi se sentait bien gauche à tenter une explication, inutile puisque le roi ne voulut rien entendre. L'après midi fut plus studieux. Luigi avait choisi le costume d'Icare, celui qui avait volé un peu trop du soleil, s'étant brûlé les ailes à trop vouloir en faire. C'était lui dans toute sa splendeur, le voici donc parti pour se construire des ailes à l'aide des plumes. Le soir venu, il avait revêtit un vêtement rouge – le blanc le rendant fantomatique – avec ses ailes de plumes, des sandalettes assorties et un casque doré sur la tête. Il avait toujours paru maigrelet mais il était juste fin, on pouvait bien remarquer que ses muscles étaient finement dessiné et harmonieux, loin de l'image rachitique qu'on pouvait avoir de lui. Le tout était de tenter de convaincre Racine de venir avec eux. Le dramaturge s'enfermait dans son hôtel et il ne serait pas aisé de l'y déloger.

« Colonna, prêtez-moi main forte, j’ai l’impression de parler à un mur et cela me déprime. »
« Vraiment, je ne vois pas pourquoi vous refusez. Vous aurez vos amis, des belles demoiselles et assez d'alcool pour enivrer Versailles !
commença Luigi, sérieux, avant de sourire. Vous qui aimez la fête plus que d'Anglerays et moi réunis, vous devez être des nôtres ! Et qu'allez vous faire ce soir, dites moi ? A part ruminer comme un animal en cage ? Laissez cela à ceux de la ménagerie, d'Anglerays et moi les connaissons bien. »

Il eut un petit rire amusé, repensant à leur mésaventure dans la volière, et se tourna vers Ferdinand un instant puis reprit.

« Et puis vu le nombreuses boules de papier, à moins d'être frappé par une inspiration soudaine, il n'y a aucune raison que vous restiez entre ces murs. »

Et après quelques arguments et avoir choisi un costume, on vit sortir de l'hôtel de Bourgogne Hermès, Icare et Alexandre le Grand et partir en carrosse chez les Longueville. Si les deux espions faisaient avant tout une mission de surveillance, ils se devaient de remettre leur ami d'aplomb. Luigi tendit un verre à Racine qui se retrouva donc les bras bien occupés. Le romain leva son verre avec un large sourire.

« A nous ! Et que cette soirée soit mémorable !  Il bu une gorgée avant de reprendre. Je vous fais confiance pour cela, vous deux. Et qu'aucun de vous n'ait la mauvaise idée de me faire trop boire ! »

Mais vous savez, les fêtes de ce genre étaient toujours imprévisibles ! Et si le romain ne tenait pas l'alcool, il ne devait pas en abuser car il n'était pas seulement là en courtisant …

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« Vivre, c'est survivre. »


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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   23.04.12 13:23

Décidément, ce moussaillon était peut-être agaçant et particulièrement ennuyeux (surtout de ne pas le lâcher d'une semelle) mais il fallait reconnaître qu'il était plein de ressources, songea Arthur de Roberval qui venait de trouver sur un fauteuil le déguisement que lui avait déniché son petit serviteur. Quand il lui avait montré l'invitation qu'il avait reçue, ce dernier avait plissé les yeux et fait la moue en demandant d'un ton angoissé où il pourrait trouver un costume de dieu de l'Olympe. C'était la raison pour laquelle Arthur avait pensé que c'était plié et qu'il allait se retrouver en Hadès sans aucun doute. De toute façon, il n'avait pas compris pourquoi ce jeune Longueville qu'il avait à peine croisé dans les couloirs de Versailles et qui n'avait rien à faire de lui l'avait convié à sa fête. Certes, le capitaine jouissait d'une petite réputation dans le château du roi parmi les courtisans. Sa première apparition avait marqué après tout, ce n'était pas tous les jours qu'on présentait des caisses d'or et des produits exotiques aux pieds de Louis XIV en pleine Galerie des Glaces. Et les Français aimaient bien savoir que l'on avait humilié les Espagnols même si ce n'était que sur les mers. Mais tout de même, cela n'expliquait pas le carton qui demandait en plus que l'on s'habille sur le thème de la mythologie grecque. Quelle était donc cette idée saugrenue ? Croyant à une erreur, il avait failli le jeter mais s'était ravisé en pensant qu'il serait fortement impoli de refuser de se rendre chez Charles-Paris de Longueville, on ne disait pas non à un cousin du roi même si celui-ci vous avait visiblement invité sans le vouloir. Et puis il ne serait pas inutile de se faire des connaissances parmi les Grands de la cour. Quoi de mieux d'une fête où l'on pouvait boire et s'amuser ?

S'amuser, Arthur n'y comptait pas trop en réalité. Il y avait déjà des jours que la favorite avait disparu et cela l'inquiétait bien plus qu'il ne voudrait l'avouer. D'autant plus que personne ne connaissait la nature exacte de ses sentiments envers Amy of Leeds et qu'il comptait bien que cela reste un secret. Il n'avait pas osé le dire à sa jolie Haydée quand il s'était rendu dans la maison close dans laquelle elle vivait (idée qu'il avait encore du mal à accepter) en début d'après-midi mais elle s'était bien aperçue que quelque chose ne tournait pas rond et l'avait encouragé à accepter l'invitation « pour qu'il se change les idées ». Sur la terre ferme, paradoxalement, Roberval avait parfois l'impression de tourner en rond, de se débattre comme un lion en cage et la certitude d'être impuissant n'arrangeait rien. Il n'était pas encore convaincu en retournant chez lui mais avait été saisi par ce magnifique déguisement. C'était une sublime tunique blanche retenue à l'épaule par une éclatante fibule bleue accompagnée par des sandales dorées richement ornées. Mais ce qui était le plus saisissant, c'était le cercle d'or fin qui servait de couronne. Et mieux encore, le splendide trident de bois peint. Oui, le moussaillon avait réussi à dénicher un costume de Poséidon, le dieu des mers. Rien n'aurait pu être plus approprié selon Arthur même si cela pouvait paraître assez orgueilleux de sa part. Après tout, il serait sans nul doute l'un de seuls de la soirée à avoir le pied sur un bateau.

Il se sentit un peu ridicule habillé en Poséidon, surtout dans le froid qui régnait en ce mois de novembre, jusqu'en arrivant à l'Hôtel de Longueville. Il y avait déjà une foule assez dense de dieux et de déesses grecs si bien qu'il ne se sentit pas trop décalé. Il fallait dire qu'avec sa barbe et sa haute stature musclée, il faisait un dieu grec particulièrement crédible. Pendant quelques instants, il se promena dans les pièces de l'hôtel et malgré son flegme habituel, ne put s'empêcher d'être impressionné par le luxe qui régnait dans cet endroit. Il n'avait pas l'habitude de ce genre de fête, en voilà des gens qui savaient les organiser ! Il ne connaissait pas beaucoup de monde mais salua quelques têtes familières au fur et à mesure de sa marche, toujours plus ébloui par la magnificence des lieux et des courtisans qui avaient fait des efforts importants pour être les plus admirables. Arthur fut satisfait de ne pas voir d'autres Poséidon et avec bonne humeur, adressa un signe à une Amphitrite autour de nymphes marines avant de saisir d'un verre du plus délicieux champagne qui lui fut donné de goûter. Le prince avait mis les petits plats dans les grands pour faire une fête digne des soirées d'appartement de Versailles. Il s'adossa à une chambranle de porte et eut un sourire encourageant en direction d'une jeune femme charmante grimée en nymphe des bois qui semblait bien intéressée par le dieu de la mer. Mais son regard fut détourné par une silhouette qu'il lui semblait avoir déjà vue. Il fronça les sourcils en reprenant une gorgée du liquide qui lui piquait agréablement la gorge. S'il ne se trompait pas... Ce Zeus... Il leva les yeux devant tant de mégalomanie. Que pouvait-il bien faire ici ? Finalement, la soirée s'annonçait peut-être moins sympathique qu'il ne l'avait pensé... A moins que... Peut-être parviendrait-il à l'éviter ? Il savait bien qu'il n'arriverait pas à se contrôler devant ce couard d'Anglais et il ne tenait pas à gâcher la fête pour être la cible des rumeurs pendant les trois prochaines semaines. Il faillit faire demi-tour mais une nouvelle figure familière l'arrêta. Cette demoiselle en déesse lunaire, n'était-ce pas cette chère Aline d'Argouges ? En voilà, une belle rencontre. D'un pas lent, il se dirigea droit vers elle.
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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   23.04.12 18:53

Spoiler:
 

« Êtes vous prête, Helle ? »
« Dans une minute, pas plus ! »

Décidant qu’il était temps de se hâter, Helle acheva de lacer ses brodequins, pendant que sa fille sagement assise dans un fauteuil finissait de peindre en doré un masque de théâtre qu’elle ne mettrait pas, mais garderait à la main comme l’exigeait le personnage qu’elle avait choisi d’incarner ce soir-là. Jetant un œil dans le miroir en face d’elle, elle rajusta sa longue tunique dépourvue de manches, cousue par ses soins dans un joli tissu d’un vert d’eau très pâle, un cordon doré noué sous la poitrine : comme elle était très mince et que la nature l’avait faite plus « plate » que d’autres, l’effet n’avait rien de vulgaire. Laissant ses longues boucles blondes tomber en cascade sur ses épaules, elle posa sur le haut de sa tête une couronne de lierre avant d’apposer les dernières touches de maquillage, un peu d’ombre sur les yeux, de couler sur les lèvres : ni elle ni son personnage ne se réclamaient d’être des modèles de beauté sophistiquée, préférant le naturel. Une fois ces dernières modifications faites, elle se regarda dans le miroir, le masque peint par Ellen à la main, et se dit que ma foi, elle faisait une Thalie tout à fait honorable. Le choix n’avait pas été simple, mais pour cette épistolière et femme de lettres, qui mieux que la Muse de la comédie et de la poésie lyrique ? Satisfaite, elle embrassa sa fille sur le front et la laissa aux bons soins des domestiques avant de rejoindre Sofia.

« Ma che sei bella! Monsieur de Lévis ne saura plus où poser ses yeux entre nous deux. D'ailleurs, il nous attend. »
« Oh, j’ai bien une petite idée de sur qui il posera les yeux. Une Aphrodite aussi éblouissante que vous ne manquera pas d’attirer tous les regards, ni de charmer bien des cœurs ! » répliqua Helle avec un sourire. Elle trouvait que Sofia avait très bien choisi son déguisement : son amie italienne était ravissante, souriante, charmeuse par nature, et savait séduire sans peine. Ce personnage lui allait à merveille !

Lorsqu’elles rejoignirent Silvestre de Lévis dans la voiture, Helle rit aux paroles de son amie de toujours.

« Mon cher cavalier, vous êtes … divin ! Je ne sais lequel d'entre nous sera le plus admiré en cette soirée. »
« Il me tarde de découvrir les costumes des autres invités. Pensez-vous que quelqu’un aura été assez audacieux pour se déguiser en satyre ? Ou mieux, en centaure ! »


La conversation roula ainsi agréablement jusqu’à ce qu’ils n’arrivent à l’hôtel des Longueville où se tenaient les festivités. Helle était ravie et ne s’en cachait pas : émerveillée, elle admirait le décor antique qui avait pris place dans toutes les pièces, et le nombre croissant d’invités tous vêtus de toges. Grande amatrice des légendes de l’Antiquité grecque, Helle s’amusait à essayer de les reconnaître, s’amusa en voyant qu’une jeune femme avait eu l’idée de se déguiser elle aussi en Muse, mais sous les traits de Calliope, admira la persévérance d’un Héphaïstos qui portait à bout de bras un lourd marteau de forge, et l’ingéniosité d’un Icare –dont elle ne vit pas le visage- qui s’était même fabriqué des ailes.

« Que de beau monde ce soir. Je me demande si l'Aphrodite en moi saura faire succomber les mortels ou retrouvera son Arès. Comme mon cher ami, vous ne pouvez nous contenter toutes les deux, à moins de vous dédoubler. Mais là vous perdriez votre charme d'être unique. » lança Sofia après que les trois amis aient trinqué ensemble.

De fait, que de beau monde ! En même temps, à quoi d’autre pouvait-on s’attendre venant d’une fête organisée par un prince comme Paris de Longueville ? Elle n’avait jamais eu affaire à lui personnellement, et n’était venue que parce que Sofia l’y avait décidée, mais elle ne regrettait pas le moins du monde le déplacement. Devenir des dieux ou des créatures antiques le temps d’une soirée, quelle jolie idée ! Helle se demandait si l’hôte de la soirée avait prévu des activités à thème ou si seuls le décor et les déguisements se devaient d’y concorder –mais même là, elle était sûre de ne pas s’ennuyer, n’était-elle pas en compagnie de ses deux très bons amis ?

« Un Apollon serait aussi merveilleusement assorti à une Aphrodite. En tant que déesse des amours et de la beauté, on peut dire que vous avez le choix, chère Sofia. » s’amusa-t-elle. « Mais dites-moi, connaissez-vous ce Paris de Longueville ? Je l’ai rencontré pour la première fois tout à l’heure lorsque nous l’avons salué. Et vous monsieur de Lévis, avez-vous déjà entendu parler de lui ? »

La curiosité de Helle était bien compréhensible, puisqu’encore novice à la Cour de Versailles, elle ne connaissait encore que peu de monde. Si peu qu’elle n’avait jamais entendu parler des Longueville, et si peu encore qu’elle ignorait tout de la réputation de leurs soirées… Et la pauvre jeune femme n’allait pas tarder à en faire les frais et vite regretter d’être venue. Mais comment s’en douter, dans cette ambiance encore bon enfant où néanmoins, l’observateur attentif aurait pu discerner le vin qui coulait peut-être un peu trop, les langues qui se déliaient, et la température de la pièce qui augmentait peu à peu à mesure que la pièce se remplissait ?
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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   23.04.12 20:15

« Allons mon bon ami, allons y ! Je ne vois pas pourquoi vous pouvez refuser, donnez moi une bonne raison ! »
Aymeric leva les yeux au ciel devant l’instance de Richmond, arborant pourtant un léger sourire en coin qui peinait à ne pas trahir la prétendue fermeté dont il voulait faire preuve. A bien y réfléchir, il n’avait pas de véritable raison de ne pas vouloir se rendre à la fête qui faisait tant couler de salive depuis quelques jours. Il aurait pu avancer sa méfiance pour les Longueville, ou pour le genre de soirée – ou plutôt d’orgie – que cela risquait de devenir, mais la première était bien trop lointaine, et la seconde ne l’avait jamais empêché de s’amuser jusque là.
« Et si je n’avais tout simplement pas envie d’y aller ? avança-t-il en haussant les épaules, appuyé contre le fronton d’une cheminée. »
Là encore, il ne put réprimer un sourire, tout en songeant qu’il ne devait pas paraître bien crédible. Froulay refusant une sortie par simple fainéantise ? Voilà une chose que l’on avait encore jamais vue !

Morgan of Richmond ne pouvait donc décemment être dupe d’un pareil prétexte. Ils avaient vu passer bien trop de soirées de ce genre tous les deux pour ne pas se douter qu’Aymeric ne faisait guère que protester pour la forme, et ne tarderait pas à céder à la proposition. Il le connaissait bien, et savait de plus trouver des arguments percutants.
« J'ai des nombreux arguments que vous ne pourrez contrecarrer, je vous les cite ? Tout d'abord, nous allons nous amuser. Les soirées appartements sont bien sympathiques mais un peu de liberté ne fait jamais de mal. Puis nous aurons de quoi nous occuper sans se rendre dans une taverne parisienne : à nous la boisson et les filles dans un bel hôtel parisien d'une des plus grandes familles françaises ! Car des filles, il y en aura. Et des jolies, cela va de soi. Et puis enfin… n'avez vous jamais eu envie d'incarner un dieu de l'Olympe ? »

Des filles et de la boisson. Quoique Froulay ne soit plus le même amoureux des femmes que quelques années auparavant, il ne pouvait nier nourrir un intérêt particulier pour l’alcool – qu’il tenait d’ailleurs fort bien – lorsque se présentait une occasion pertinente de boire. Cette réflexion fut bien le signe qu’il avait d’ors et déjà cédé, et finirait par accompagner son ami, mais pour se donner bonne conscience autant que pour le plaisir de le voir insister, il fronça un instant les sourcils en empruntant un air sévère.
« Quelle argumentation, Richmond ! Un véritable dépravé n’aurait pas mieux fait.
- Allez, ne me dites pas non. Vivonne ne peut être des nôtres, je ne peux m'y rendre seul ! »
Aymeric poussa un faux soupir en se redressant, et jeta un regard à l’horloge qui égrenait sereinement les minutes de leur entretien.
« Je prends Arès, finit-il par lancer. »
Richmond l’avait convaincu – mais il lui fallait admettre que ça n’était pas là une tâche bien difficile. Aymeric serait donc de la fête qui était sur toutes les lèvres, empruntant pour l’occasion quelques uns des attributs du dieu de la guerre.

Il ne fut pas bien difficile de trouver quelques éléments de costume, et ce ne furent plus Morgan et Aymeric qui montèrent dans le carrosse avancé à leur intention, mais Zeus et Arès, tous deux fort bien apprêtés sous leurs manteaux. Vêtu d’une toge nouée à l’épaule droite, Aymeric n’avait pas eu à chercher très longtemps un casque fringuant, et avait choisi pour l’occasion la plus finement travaillée de ses épées, retenue à sa taille par une ceinture admirablement ciselée.
Le trajet jusqu’à Paris se passa rapidement, entre deux conversations plus ou moins dérisoires sur leur personnalité du jour. Lorsqu’ils en descendirent, les deux amis purent constater – sans surprise – que l’on se pressait déjà en masse chez les Longueville.
« C’est un bel Olympe que vous nous offrez-là, renchérit Aymeric lorsque Morgan eut salué Paris, avant de pénétrer dans l’hôtel. »

Il s’y trouvait déjà foule. Rapidement, le français fit le tour des lieux du regard, curieux de savoir qui de sa connaissance pouvait avoir accepté l’invitation du jeune Paris. Il adressa quelques sourires et signes de tête, les uns aux demoiselles qui saluèrent son arrivés, les autres aux hommes qui n’y trouvaient pas le même intérêt. Il s’arrêta plus particulièrement sur la princesse Farnèse, en laquelle il reconnu sa mythique acolyte.
« Voyez, Arès a peut être trouvé son Aphrodite, commenta d’ailleurs Morgan. Qu'en dites vous, mon ami ?
- J’en dis que voilà une parfaite déesse de la beauté, répondit Aymeric en rendant son salut à la demoiselle concernée. Vraiment, c’est à se demander pourquoi on ne convie pas plus souvent l’Olympe en ce bas monde ! »

Il eut un sourire, puis saisit une coupe sur le plateau que venait de leur présenter un domestique. En habitué, il trinqua avec son ami, avant de faire quelques pas dans la foule.
« Je crains que Vivonne ne manque quelque chose. Avez-vous croisé quelques connaissances ? »

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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   02.05.12 0:27

Une fête à l’hôtel Longueville ? La raison, et son amie la décence auraient voulu qu’Elodie signifie clairement à Megan qu’il était hors de question qu’elle aille se jeter tout droit dans ce qui ressemblait à la gueule du loup. Elle connaissait assez – et pas seulement de réputation – le Prince pour se douter de ce à quoi ressemblerait cette soirée, et des gens qu’il ne serait pas impossible d’y croiser. S’y présenter sous sa véritable identité, c’était friser l’inconscience.
Eric, quant à lui, aurait très bien pu être de la partie, si le thème n’avait pas été aux costumes olympiens. La jeune Froulay pouvait se faire passer pour un homme lorsqu’une casaque la dissimulait. Mais en toge romaine, il lui faudrait un miracle auquel elle ne croyait guère. Non, définitivement, tout semblait être fait pour la dissuader de se rendre à cette fête. Mais c’était sans compter sur son inconscience chronique et surtout, sur Megan.

Ces deux éléments rassemblés ayant eu raison de la raison, Elodie avait fini par trouver un costume parfait : celui de Diane. C’est donc vêtue d’une longue robe blanche faite de voilages légers, les cheveux relevés dans un chignon dont s’échappaient savamment quelques mèches, et un vieil arc accroché dans le dos qu’elle pénétra dans le carrosse aux armes des Campbell que son amie lui avait envoyé. Le froid était mordant, mais Elodie ne doutait pas un seul instant que c’était là un détail qui se ferait rapidement oublier.
Rapidement, la voiture gagna les appartements de Megan.
« Elodie, s’exclama celle-ci en s’installant à son tour. Merci, merci, merci d’être venue avec moi ce soir ! Je suis sûre que la soirée sera superbe !
- Je m’excuse, ton cavalier habituel s’est fait porter pâle… répondit la jeune femme avec un sourire. Il était en effet rare de les voir toutes deux ensemble dépourvues d’un quelconque costume.
- Nous allons chercher une amie rencontrée à Versailles que tu connais peut-être…Aline d’Argouges. Elle ne sait rien de tes petits talents. »

Elodie hocha la tête, en souriant au geste de son amie. Elle connaissait l’intéressée de nom, mais pas personnellement. Elles ne mirent guère de temps à retrouver la nouvelle venue, qu’Elodie salua jovialement.
« Je suis ravie de vous rencontrer, je connais à présent toute la famille Froulay parisienne !
- Je vous souhaite bien du courage ! répondit aussitôt la jeune femme en riant. »
Elle ne demanda pas à quel Froulay de son frère ou de son cousin elle faisait référence. Aujourd’hui, elle préférait oublier tout ce qui pouvait lui rappeler les risques qu’elle prenait. Après tout, la moitié des personnes qui se trouveraient là ne s’en souviendrait sans doute pas le lendemain. Si elle se méfiait des connaissances, elle s’en sortirait sans problème. Au moins était-elle certaine de ne pas y croiser François. Ce genre d’évènement ne lui plaisait guère et puis, sa nouvelle charge chez Monsieur lui prenait bien trop de temps.

C’est dans une froid toujours plus vif que les trois demoiselles descendirent du carrosse dans la cour de l’hôtel des Longueville. Rapidement, elles entrèrent, et Elodie fut aussitôt saisie par la richesse des lieux, et la façon dont ils avaient été apprêtés pour l’évènement. Tout s’était rendu au thème de la soirée, et de nombreux dieux déambulaient dans les couloirs, faisant de la rue Saint-Antoine un nouvel Olympe.
« Viens, je ne veux absolument rien rater de cette soirée ! Hihi ! lança Megan lorsqu’elles furent débarrassées de leur manteau. »
Laissant là Aline qui semblait avoir ses propres repères, les deux amies montèrent à l’étage, où se trouvaient la plupart des invités. Curieuse, elle dévisagea l’assemblée, jusqu’à croiser un regard familier.
« Mon cousin ! souffla-t-elle à son amie en adressant un grand sourire innocent à Aymeric. Viens, allons par là. »

Elle attrapa le bras de son amie, et l’entraîna vers une autre salle. Là, elles furent accueillies par une nymphe chargée d’un plateau qui leur proposa deux coupes « d’ambroisie ». Elodie en saisit une, et la leva face à Megan.
« A cette folie, annonça-t-elle avant de boire une petite gorgée. Elle croisa le regard du Fou du roi, ignorant que ses fonctions auprès du roi ne différaient pas excessivement de celles de son amie. Oh, regarde : voici Racine et le baron d’Anglerays. Décidément, tout Versailles s’est déplacé à Paris ce soir. Vais-je devoir t’abandonner aux bras d’un Apollon ? ajouta-t-elle en désigna le costume de Megan. »
La jeune Froulay avisa encore quelques têtes connues, mais d’elle-seule, la plupart des courtisans ne connaissant d’elle que le mousquetaire. Voilà qui allait s’avérer être une drôle de soirée.


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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   03.05.12 20:12

    Anne posa la lettre sur le guéridon, le sourire aux lèvres. Sa renommée ne devait plus être prouvée, maintenant que le prince de Longueville l’invitait personnellement à sa fête. A vrai dire, cela faisait plusieurs jours que la marquise entendait parler de cette fête, qui s’annonçait comme l’un des événements de l’année. Anne ne s’attendait pas à recevoir l’invitation. Ou plutôt, elle l’espérait, sans vraiment y croire. Elle avait parfois tendance à oublier que son animosité envers les Condé n’était pas connue. Et tant mieux, il fallait que ce secret reste…secret. Puis, alors même qu’Anne prit connaissance du thème de cette fête, elle sut sous les traits de quel personnage elle comptait se cacher.

    La marquise de Gallerande n’entendait parler que de cette fête, et ce, à longueur de journée. Selon sa disposition d’esprit, les bavardages incessants des jeunes demoiselles l’amusaient, ou l’irritaient. Ainsi elle participait parfois à ces conversations, où l’on tentait de savoir à l’avance qui serait déguisé en quoi. Mais Anne parvint à garder son costume secret, non sans fierté. Elle avait interdit à ses domestiques de donner des informations sur son costume. Parfois, lorsqu’elle les voyait parler avec des domestiques d’autres familles, elle prenait peur. Pourtant, Anne avait des secrets bien plus importants à cacher, et bien plus dangereux. Mais que voulez-vous, dans cette atmosphère de fête qui régnait à Versailles comme à Paris, personne ne pouvait rester de marbre. La camériste d’Anne était chargée de chercher le tissu. Une couturière était venue jusqu’à l’hôtel particulier des Gallerande pour construire de toute pièce le costume.

    Le jour de la fête, Anne se prépara durant des heures. Lorsqu’elle fut prête, la marquise se regarda dans un miroir en pied. Une longue robe blanche, plus moulante que ne l’étaient les robes d’Anne au quotidien, révélait ses formes parfaites. Un bustier suggérait, sans la dévoiler, sa poitrine. Une ceinture en satin doré marquait sa taille fine. Le satin doré se poursuivait sur le bustier pour ensuite former deux fines bretelles qui se rejoignaient dans le dos. Héra dans toute sa splendeur. Ses cheveux blonds étaient réunis en une tresse à moitié défaite (volontairement) qui reposait sur son épaule nue. Des petites perles blanches décoraient cette tresse. Les poignets et les chevilles d’Anne étaient cachés par des bracelets dorés. Des imitations d’orchidées dorées formaient une couronne sur les cheveux d’Anne. Enfin, un masque fait de satin blanc cachait à peine le contour de ses yeux. Anne en restait reconnaissable. Certains auraient été choqués de la sensualité que cela laissait supposer, mais Anne n’allait pas à Versailles. Elle allait à la fête chez le Longueville, et le thème donné acceptait ce genre de costume.

    La marquise devait se rendre à la fête avec une amie elle aussi invitée. Dans le carrosse, elles ne firent que parler des autres invités et de la décoration. Puis le carrosse s’immobilisa dans un crissement de roue. Les amies posèrent pied à terre et se dirigèrent vers l’entrée de l’hôtel. Le jeune Paris était venu accueillir ses invités, accompagné de sa jeune amie dont Anne avait appris le prénom quelques jours auparavant. Ils se saluèrent puis Anne entra. Il y avait déjà plusieurs invités, dont certains avait choisi de devenir des dieux non moins royaux qu’Héra. Elle eut ainsi tout le loisir d’observer une Aphrodite, ou un Arès. Il y avait même un Zeus, et Anne ne put s’empêcher de sourire lorsque son amie lui fit observer que son époux était là. Héra avait déjà tué son Zeus, se disait Anne. Celui-ci aura-t-il plus de chance ? Anne n’avait pas choisi son costume au hasard. Héra était une femme jalouse, capricieuse, et dont les colères étaient effroyables. Elle était capable de déclencher une guerre. Anne était de cette trempe.

    Que la fête commence !

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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   05.05.12 14:34


Se réaccoutumer à la France n’était en fait pas si difficile. Il suffisait de sourire à tout le monde, et d’être à peu près en bon terme avec tous. De toute façon on ne pouvait pas éviter qu’une série de ragots traine sur un peu tout le monde. C’était inévitable. Mettez trois cent personnes au moins, presque désœuvrées en permanence, et voilà ce qui arrive. Mais il fallait aussi voir les bons côtés, certains étaient plus intelligents que la moyenne. Il n’y avait qu’à voir cette rencontre pour le moins fortuite avec Helle de Sola, et j’avais déjà l’impression de m’être fait une nouvelle amie. D’un autre côté, il y avait aussi des personnes que je n’aurais jamais pensé revoir et qui, pourtant, étaient là. Sofia, par exemple. Ca avait été une joie immense de savoir qu’elle était ici. Une autre amie dans cette fausse aux lions qui me paraissait pour le moins dangereuse, bien plus qu’une échauffourée avec un groupe d’iroquois au fin fond de la forêt Canadienne. D’aucun aurait dit que je n’étais pas à ma place ici, mais je prenais les choses avec philosophie et du bon côté, parce que tout vient à point à qui sait attendre. Versailles n’était après tout qu’une succession de fêtes, de soirées, d’amusements et d’intrigues. Mais ce soir, ce n’était pas à Versailles que la fête avait lieu. Parfois il arrivait que Paris reprenne un peu d’éclat, le temps d’une soirée. Une soirée inattendue et absolument pas officielle, ce qui la rendait bien plus amusante.

C’était Helle et Sofia qui m’avaient décidé, prenant pour excuse qu’elles avaient besoin d’un chaperon, ces deux petites menteuses. J’avais eus du mal à accepté, non pas parce que c’était organisé par quelqu’un que je ne connaissais pas – tout prétexte est bon à s’amuser, et je savais par expérience qu’on ne connait pas la moitié des invités d’une soirée – mais parce que c’était une soirée déguisée, et que le thème ne m’inspirait pas du tout, mes classiques étaient vraiment rouillés. Quelle idée de prendre l’Olympe comme thème ? Je ne connaissais Longueville que de vue, et le portrait qu’on faisait du personnage était celui d’un éternel enfant qui passait son temps à changer de maitresse comme de chemise, alors cela n’aurait pas dû étonner qui que ce soit qu’il choisisse un thème pareil. Après une longue réflexion, mon choix s’était tout d’abord porté sur Hermès, dieu des voyages, mais j’avais trouvé que cela manquait d’originalité. Non, il me fallait quelque chose de moins conventionnel, de plus inattendu, surtout que mes deux cavalières avaient totalement refusé de me dire en quoi elles se déguiseraient. Coquetterie féminine… Et puis en lisant un recueil de poème, j’avais trouvé mon idée. Orphée ! Le poète antique. Si son histoire d’amour était plutôt triste, je trouvais son histoire en elle-même plutôt inattendue et je me disais que personne d’autre n’aurait eus cette idée, ça aurait été un manque de chance total. Et la chance ne faisait pas partie des choses qui me faisaient défaut.

Un de mes valets avait eut la difficile tache de me trouver un costume, et en me regardant dans le miroir, je devais me dire plutôt satisfait. La couronne de laurier dans mes cheveux allait avoir du mal à finir la soirée, mais la lyre était parfaite, peinte en doré, mais ce n’était qu’un accessoire, non seulement elle n’était pas accordée, mais il ne fallait pas me demander d’en jouer, la musique n’avait jamais été mon fort. La toge tombait jusqu’à terre et j’étais plutôt satisfait du résultat. Le carrosse m’attendait dans la cour et je donnais la direction, ayant dit à ces deux demoiselles qu’en bon chevalier servant, je viendrais les chercher. Chose promise, chose due. Je les attendis dans la voiture, plusieurs longues minutes. Ces dames avaient le chic pour se faire attendre. Je descendis tout de même de la voiture pour les aider à y monter, et il fallait bien avouer que la coupe des costumes tranchait étrangement avec la mode du moment.

-Mesdames, je crois que je peux me vanter d’être l’homme le plus chanceux de France. Vous êtes toutes les deux sublimes et je suis certain de me mettre à dos tous les hommes présents ce soir.

Je pris une main de chacune des jeunes femmes dans les miennes pour les porter en même temps à mes lèvres.

-Mon cher cavalier, vous êtes … divin ! Je ne sais lequel d'entre nous sera le plus admiré en cette soirée.

-Il me tarde de découvrir les costumes des autres invités. Pensez-vous que quelqu’un aura été assez audacieux pour se déguiser en satyre ? Ou mieux, en centaure !

-Nous ne le saurons qu’en arrivant là-bas, mesdemoiselles, alors en route, fouette cocher !

Je les aidais à monter en voiture et il nous fallut une petite heure pour rejoindre Paris. Et la fête semblait déjà avoir bien commencé à notre arrivée. Nous saluâmes le maître des lieux et je pris des verres pour nous trois, alors que nous regardions s’il y avait des têtes connues.

-Que de beau monde ce soir. Je me demande si l'Aphrodite en moi saura faire succomber les mortels ou retrouvera son Arès. Comme mon cher ami, vous ne pouvez nous contenter toutes les deux, à moins de vous dédoubler. Mais là vous perdriez votre charme d'être unique.

-Il n’y a que vous pour faire passer une pique pour un compliment, Sofia, répondis-je, amusé.

Je ne pus m’empêcher de songer un instant à Andréa. Elle devait surement être à l’autre bout du globe à ce moment précis.

-Un Apollon serait aussi merveilleusement assorti à une Aphrodite. En tant que déesse des amours et de la beauté, on peut dire que vous avez le choix, chère Sofia. Mais dites-moi, connaissez-vous ce Paris de Longueville ? Je l’ai rencontré pour la première fois tout à l’heure lorsque nous l’avons salué. Et vous monsieur de Lévis, avez-vous déjà entendu parler de lui ?

Je réfléchis un instant, il me sembla que je venais de voir Anne au loin, mais la question d’Helle me sortit de mes pensées, et Anne – ou celle qui lui ressemblait – avait disparue.

-Mmh… Eh bien, je vous le dis en confidence, mais sa réputation le précède. Il aime les fêtes, les femmes, le bon temps… On pourrait dire d’ailleurs qu’il n’y a que lui pour organiser une telle soirée. Et je peux croire qu’il a profité de l’absence de sa sœur pour l’organiser, il court de bien étrange rumeurs sur eux deux…

Rumeurs que la charmante Gabrielle avait prit le temps de démentir avec moi, elle est tellement amusante quand elle se met en colère qu’il est difficile de lui résister. J’ajoutais un ton plus bas, comme en confidences, avec un petit clin d’œil :

-Mais ne dites pas que c’est moi qui vous l’ai dit.

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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   07.05.12 21:42

« Mesdames, je crois que je peux me vanter d’être l’homme le plus chanceux de France. Vous êtes toutes les deux sublimes et je suis certain de me mettre à dos tous les hommes présents ce soir. »

Comment ne pas faire de charmant sourire à Silvestre, si sincère dans ses compliments et si galants pour aider les deux jeunes femmes à monter dans le carrosse. Ils formaient un magnifique trio, glamour au possible. Helle resplendissait dans son costume de Thalie et l'homme de la soirée avait brillamment choisi Orphée, un des personnages mythologies préféré de l'italienne. Ils seraient difficile pour eux de ne pas passer inaperçu. Et pendant le voyage entre Versailles et Paris, les conversations allaient bon train, le centre de la conversation concernait les potentiels costumes des autres invités car il était toujours un peu déplaisant de faire doublon, bien qu'en choisissant Aphrodite, Sofia n'avait pas fait dans la grande originalité !

« Il me tarde déjà d'arriver pour voir tout ce beau monde et découvrir ce que le prince de Neuchâtel nous a réservés ! » déclara Sofia, les yeux pétillants.

Les fêtes étaient courantes dans la noblesse et c'était toujours un concours de qui serait le plus beau, le plus original, celui qui sera le plus vu ou fera le plus parlé de lui ! Puis aucune fête ne se passait jamais comme prévu, il n'y avait qu'à voir l'anniversaire du roi … Enfin, espérons que personne n'est enlevé qui que ce soit, ce serait redondant ! La ville de Paris semblait les attendre, tout comme l'hôtel des Longueville qui leur tendait les bras.

« Il n’y a que vous pour faire passer une pique pour un compliment, Sofia. »
« Il s'agit d'un art que j'excelle, merci mon ami. »
« Un Apollon serait aussi merveilleusement assorti à une Aphrodite. En tant que déesse des amours et de la beauté, on peut dire que vous avez le choix, chère Sofia. Mais dites-moi, connaissez-vous ce Paris de Longueville ? Je l’ai rencontré pour la première fois tout à l’heure lorsque nous l’avons salué. Et vous monsieur de Lévis, avez-vous déjà entendu parler de lui ? »
« Mmh… Eh bien, je vous le dis en confidence, mais sa réputation le précède. Il aime les fêtes, les femmes, le bon temps… On pourrait dire d’ailleurs qu’il n’y a que lui pour organiser une telle soirée. Et je peux croire qu’il a profité de l’absence de sa sœur pour l’organiser, il court de bien étrange rumeurs sur eux deux…Mais ne dites pas que c’est moi qui vous l’ai dit. »
« Ce secret sera bien gardé, promis. »
répondit Sofia sur le ton de la confidence en posant sa main sur le bras de Silvestre.

Puis elle porta son verre à sa bouche pour boire une gorgée de la divine boisson de la soirée. En même temps, elle réfléchit à la question de son amie, si elle connaissait l'organisateur de la soirée.

« Pour revenir à monsieur de Longueville, je ne le connais pas personnellement, nous nous sommes croisés à des soirées appartements de Versailles. Beaucoup d'histoires courent à son sujet mais une se vérifie : il est maître pour les fêtes ! son regard se promena sur l'assistance avant de sourire. Regardez ma chère amie, un Arès. Les guerriers ont toujours de l'allure, davantage quand ils se promènent avec le dieu des dieux. »

Sans connaître personnellement, ceux qui s'étaient déguisés sous les traits d'Arès et Zeus, l'italienne leur fit un petit salut avec un charmant sourire. Puis son regard se promenait dans l'assistance. Il y avait beaucoup de visages connus, plus ou moins agréables. Le prince de Saxe était fidèle à lui même en Dionysos, le Fou du roi portait le parfait costume d'Hermès, même si cela était gâché par l'Icare a ses côtés qui avait les traits du romain qu'elle détestait. Mais ce soir, elle préférait l'ignorer pour reprendre la conversation.

« Que pensez vous que cette soirée nous réserve ? Elle saisit au passage d'un serviteur une douceur bien sucrée. Peut être allons nous danser. Enfin, mon cher Silvestre, vous allez danser plus que nous deux en nous invitant ! »

Elle eut un petit rire amusée avant de croquer dans sa gourmandise. Sofia n'avait pas idée de la suite de la soirée, elle n'allait pas en revenir …

______________________

PRINCESSE VENALE ✽
“Dans les contes pour enfants, les princesses donnent des baisers aux crapaud. Dans la vie réelle, les princesses embrassent les princes et ceux-ci se transforment en crapauds.”


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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   12.05.12 14:16

Avant que vous ne disiez quoi que ce soit cher lecteur, non, Ferdinand n’était pas un habitué des fêtes telles qu’on en donnait chez les Longueville. Oui, il lui arrivait de s’y montrer, comme ce soir-là, mais c’était pour des raisons presqu’exclusivement professionnelles : toutes les bizarreries qu’il pouvait y voir, tous les scandales qu’il y surprenait étaient tout autant d’armes utiles pour faire rire le roi, faire enrager ses ennemis, et parfois servir à d’autres usages. Il ne profitait guère de tout ce qui pouvait se trouver à ces fêtes, en revanche il savait regarder ceux qui en profitaient. Pour un Fou et un espion, c’était bien là tout ce qui comptait ! Un sourire malicieux étira les lèvres du bouffon alors qu’ils entraient dans la demeure des Longueville. Il se demanda en passant devant Paris de Longueville et sa charmante blondinette si sa sœur était au courant des festivités…

En attendant, le fou, le ouistiti et le dramaturge n’avaient plus qu’à trouver à s’occuper en attendant que les réjouissances ne commencent vraiment. Tout en cherchant à s’amuser, il n’oubliait pas la raison première de leur présence, surtout la sienne et celle de Colonna, à savoir ouvrir les yeux « au cas où ». Après tout, une fête comme celle-ci était l’endroit idéal pour comploter au vu et su de tous sans que personne ne s’en aperçoive ou ne s’en souvienne, un peu comme les tavernes mais en plus chic. Il était si simple d’entrer ici déguisé et de retrouver un acolyte sous une alcôve pendant qu’autour personne ne remarque rien, trop occupé à danser, boire ou autres activités nettement moins catholiques. Cependant, en regardant autour de lui, il commençait à se dire que Luigi et lui n’auraient pas tant de travail que ça ce soir-là ; il n’apercevait aucune des personne dont habituellement il se méfiait comme de la peste, voyant plutôt des fidèles au roi ou d’innocents courtisans qui n’étaient là que pour s’amuser ou dissimulaient rudement bien leur jeu –avec l’alcool qui coulait, il en doutait. La soirée s’annoncerait-elle plus festive que prévu finalement ?

« Racine mon cher, si vous ne quittez pas cette mine d’enterrement d’ici la fin de la soirée je veux bien me faire moine, foi de Gascon ! » s’exclama Ferdinand avant d’aviser une ravissante jeune fille peu farouche qu’il connaissait pour l’avoir croisée une ou deux fois lors d’un salon. « Mademoiselle de Montbéliard ! Quel plaisir de vous voir –vous êtes ravissante dites-moi, la peau d’Io vous sied à merveille. Vous ai-je déjà présentée à mon ami Jean ici présent ? »

Ni une ni deux, la demoiselle déjà rendue « joyeuse » par l’alcool était au bras de Racine pour le plus grand plaisir du Fou qui s’amusait beaucoup de la tête de son ami. Ajoutez à ça Colonna qui lui tendait un verre de vin, Racine avait désormais toutes les cartes en main –c’était le cas de le dire !- pour passer une soirée agréable.

« A nous ! Et que cette soirée soit mémorable ! Je vous fais confiance pour cela, vous deux. Et qu'aucun de vous n'ait la mauvaise idée de me faire trop boire ! » s’exclama Colonna, arrachant une grimace à Ferdinand.
« Ah non Colonna ! C’est assez de Racine qui fait sa mauvaise tête, vous n’allez pas me laisser tomber vous aussi ! » répliqua Ferdinand d’un air faussement désespéré. « Mordious, je suis le plus vieux de nous trois et c’est vous deux qui êtes aussi sérieux que des papes. Je ne suis pas d’accord. »

Bon d’accord, il fallait bien admettre qu’il était aussi curieux et se demandait à quoi ça pouvait bien ressembler, un Luigi Colonna soumis aux effets de l’alcool. Il ne s’intéressait pas particulièrement au débats scientifiques du moment, mais au moins était-il d’accord sur un point avec ce bon vieux barbu de Galilée : rien ne vaut l’expérience !

« De plus je suis curieux de savoir lequel de nous trois résistera le plus longtemps aux charmes de l’ivresse. Je préfère vous avertir que je ne me défends pas trop mal dans ce domaine, mais je me demande lequel de nous trois basculera en premier ! Qu’en pensez-vous Racine ? Pour ma part je pencherais pour Colonna, vous avez tous deux le même âge mais je crois qu’il passe moins de temps que vous dans les tavernes. »

Les réjouissances pouvaient commencer !
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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   13.05.12 11:37

-Paul, aurais-tu l’obligeance de cesser de maugréer, je te pris ? J’ai eus un mal fou à trouver ces costumes ! Essaye-le avant de dire quoi que ce soit...

Dans ma chambre, dont la porte entre ouverte me permettait d’entendre les grognements insatisfaits de mon ami, je finissais de me préparer. Cette fête, tout Paris en parlerait pendant des semaines, tout le monde serait là, il fallait bien l’avouer. J’avais entendu tellement de jeunes femmes en parler dans le cercle de la reine que le contraire aurait été impossible et incroyable. Nous ne nous permettions le tutoiement qu’en privé, bien évidemment, et je ne considérais pas Antoinette, ma femme de chambre, comme une oreille indiscrète. Ne connaissait-elle pas tous les moindres détails de ma vie ? Face à mon miroir, elle finissait de draper la robe, ou toge, appelez ça comme vous le voudrez, qui me servirait de costume ce soir. Mes longs cheveux noirs étaient laissés libres sur mes épaules, chose totalement impensable en temps normal étant donné la mode de l’époque. La robe était blanche, tirant légèrement sur le rose, et les petites sandales étaient agrémentées d’ailes argentées. J’avais décidé d’incarnée la pléiade, ou nymphe de l’air, Alcyone. Fille des titans, maîtresse de Poséidon, elle lui avait donné quatre enfants. Je trouvais que cet alter égo m’allait parfaitement, non ? J’avais refusé que mon tailleur ne me rajoute des ailes sur le costume, qui m’auraient entravée dans mes mouvements, et puis, je n’étais pas une valkyrie, que diable ! Du moins… pas ce soir.

Je n’avais accepté qu’une étole en fin voile de la même couleur que ma robe, et du même tissu transparent qui recouvrait la doublure en satin. Par contre, j’avais eus un petit caprice. Un loup en satin blanc, avec des dessins dorés, pour couvrir mon visage. Je n’avais pas l’intention d’être reconnaissable de tous ceux qui pourraient me croiser ce soir, pour la simple raison qu’il pouvait y avoir autant d’amis que d’ennemis sur place. Je ne craignais pas trop d’être importunée accompagnée de Paul, à qui j’avais aussi pris un masque, mais sait-on jamais… Nicolas devait nous rejoindre une fois sur place, mais il était resté très évasif, je n’étais pas certaine qu’il le fasse. Seule l’avancée de la soirée nous le dirait. Aussi bien encadrée il ne risquait pas de m’arriver grand-chose, c’était presque rassurant. En me regardant dans le miroir, j’étais presque étonnée de la silhouette que me faisait cette robe, bien que je porte évidemment un corset en dessous, impossible de sortir sans. La coupe était tellement différente de la mode de l’époque, bien moins imposante et prenant beaucoup moins de place. Je posais le masque sur mes yeux et Antoinette l’attacha derrière ma tête. Méconnaissable. Satisfaite, je quittais ma chambre, espérant qu’il avait fini par passer son costume, ce qu’il avait heureusement fait. Lui non plus n’était plus du tout reconnaissable. Je souris, satisfaite. Nous étions simplement parfaits. Et j’espérai qu’une fois le costume passé, il avait arrêté de râler. Après tout, il était aussi enthousiaste que moi à l’idée d’aller se moquer d’un peu tout le monde dans ce cercle trop fermé qui paraitrait à cette soirée.

-Monsieur, vous êtes tout simplement divin, lui dis-je en esquissant une révérence.

Je pris son bras, et nous quittâmes mes appartements de Trianon où il m’avait rejoint un peu plus tôt, vers la fin d’après-midi. Sa voiture devait nous attendre dehors, pour nous amener au plus vite à Paris. A notre arrivée, nous étions loin d’être les premiers, plutôt les derniers d’ailleurs, mais c’était ce qu’il y avait de mieux. Nous saluâmes l’hôte, Monsieur de Longueville, et j’eus un sourire amusée au souvenir de notre dernière rencontre. S’il savait, le pauvre. Une fois éloignés, je pris deux coupes de champagnes au passage d’un laquai, en tendant une à Paul, en regardant l’assemblée.

-Que de beau monde, ne trouvez-vous pas ?

Le ton était cynique, moqueur déjà. D’un coup d’œil je parcourus la salle à la recherche de Nicolas. Après tout il était impossible de passer une bonne soirée sans mon meilleur ami et mon frère de cœur !

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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   13.05.12 17:43

Paul était bien loin d’être un habitué des fêtes conviviales de Versailles, à vrai dire il était sans doute beaucoup trop insociable pour aimer se retrouver au milieu de gens qu’il ne connaissait pas, et que par définition il n’aimait pas. En fait, il détestait les gens en général, ce pourquoi il préférait les éviter, dans ses bons jours. Parce que quand il lui arrivait de côtoyer ses ennemis, ce n’était très certainement pour ne pas s’amuser avec eux, d’avantage pour mettre à exécution ses sombres desseins.

Si Paul détestait se retrouver au milieu d’inconnus, il n’empêche qu’il vouait cependant un certain gout pour la dépravation, même si depuis l’Espagne, il s’était sans doute calmé dans une certaine mesure. Il faut dire que le complot et les messes noires occupaient la moitié de son temps, alors que l’autre il essayait de s’efforcer de paraitre normal aux yeux de la société… Ce qui était difficile, pas impossible néanmoins. Après tout, il savait garder un minimum de civilité quand il le voulait bien. Bien que contenir ses pulsions parfois bien meurtrière était sans doute pour lui un radical effort sur soit. Mais malgré cet emploi du temps bien chargé, il avait acceptée cependant d’accompagner Isabelle à une soirée chez les Longueville. Si lui doutait de sa normalité, en revanche ce n’était pas le cas de son amie qui avait visiblement eu envie de faire sortir Paul de sa tanière ce soir-là. L’idée n’avait pas du tout enchanté l’homme, qui en première réaction avait fortement maugréé, n’ayant absolument pas envie de se retrouver aux milieux de ces nobles qui mépriserait comme il méprisait tout ce qui s’apparentait à la Cour.

Mais il s’était finalement laissé convaincre. Pas sans mal, mais Isabelle pourrait sans doute se vanter pendant de longue année encore d’avoir réussit à amener Joigny avec elle. D’ailleurs, elle pouvait se vanter tout court d’être dans ce cercle, véritablement très fermé et restreint des amis de Paul qui de toute évidence n’était pas très nombreux.

-Paul, aurais-tu l’obligeance de cesser de maugréer, je te pris ? J’ai eus un mal fou à trouver ces costumes ! Essaye-le avant de dire quoi que ce soit... En plus de ne pas être un adepte des grandes fêtes, il n’aimait pas plus les costumes dont celui qu’il devait malheureusement être obligé de mettre. Il craignait une mauvaise surprise, n’ayant pas le moins du monde envie de se retrouvé affublé d’un drap piqué directement dans la couchette d’une domestique. Mais il faut avouer, que le choix d’Isabelle avait été tout à fait judicieux, puisqu’elle lui avait rapporté le costume d’Hadès, Dieu des enfers. Dire que cela ne correspondait à Joigny, était un euphémisme. Et c’est en se regardant dans la glace, vêtu d’une toge noire, d’un masque, et de la célèbre corne d’abondance d’Hadès, qu’il se disait que ça ne lui allait pas si mal, finalement.

-Monsieur, vous êtes tout simplement divin. Affirma-t-elle une fois que leur essayage respectifs étaient terminé. – Toi aussi. Ajouta-t-il très sincèrement, elle était tout simplement parfaite en nymphe. Mais n’ayant pas coutume de s’épancher dans ce genre de compliment, il n’en ajouta pas plus avant de se diriger vers leur moyen de transport, qui les conduisit directement sur les lieux. Paul était content, avec son masque, il passerait tout à fait inaperçu. Il n’était surement pas recommandé qu’un abbé se rende à ce genre d’événement, un psychopathe encore moins. Dans les deux cas, il n’était très certainement pas le bienvenu d’où le fait que conserver son anonymat était sans doute une bonne idée. Sa première réaction à la vue des gens fut de grimacer, ce n’était définitivement pas sa place ici, ce pourquoi il se ferait très certainement un plaisir de ce moquer de tout ce petit monde.

-Que de beau monde, ne trouvez-vous pas ? Paul attrappa la coupe de champagne qu’elle lui tendait, avant de finalement acquiescer ses paroles. L’arrivé de la nymphe et du Dieu des enfers avait eu son petit effet puisque certain s’était empressé de murmurer à la vue de ces deux mystérieuses personnes masquées. « Absolument. Tous mes amis sont là. » Ajouta-t-il, ironique à souhait, ne pouvant pas réprimander un de ses innombrables rire diabolique qui témoignait parfaitement de ce qu’ils pensaient des personnes de cette pièce. Finalement, l’idée de se rendre ici pour jouer les trouble fête lui plaisait beaucoup plus qu’il ne l’aurait cru. « Qui cherchez vous ? Vous attendiez quelqu’un ? » Demanda-t-il à Isabelle, remarquant ses regards évasifs n’espérant très certainement pas qu’elle allait le laisser seul au milieu de ces gens… ça ne serait pas bon pour lui, ni pour les autres d’ailleurs. Ne sait-on jamais que des vierges se trouvaient dans les parages… Si Joigny n’était pas là pour ça, rien ne l’empêcherait de se consacrer à sa tâche s’il pouvait en avoir l’occasion. « Par contre, si comme moi vous venez de remarquer le jolie collier de Madame, je suis d’accord avec vous, il est bien trop beau pour elle. » Ajouta-t-il en désignant du regard une femme, inconnue au bataillon, qui devait avoir la quarantaine environ et qui portait une parure tout aussi encombrante qu’elle. Joigny ne put réprimander un nouveau rire moqueur, encore une de ces femmes tape-à-l’œil qui avait besoin d’en mettre plein la vue – il faut dire qu’il n’y avait pas grand-chose d’autre à regarder chez elle.
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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   15.05.12 19:54

grand salon.

« Paris de Longueville organise une fête… Le genre de fête dont il me serait difficile de parler à mon épouse, vous voyez là ce que j’insinue. »

Habilement, une tête glissa de derrière un mur, apparaissant discrètement dans le décor. Il s’agissait évidemment de celle d’Isobelle qui venait, comme toujours, de surprendre une conversation qui ne la concernait nullement. Deux hommes discutaient d’une fête dont tout le monde ne cessait de parler depuis quelques jours, une fête à laquelle la belle n’avait pas été convié, et pourtant, elle avait attendu, encore et encore, jusqu’à recevoir une enveloppe un jour… Elle s’imagina alors qu’il s’agissait bel et bien de la fameuse invitation mais en réalité il ne s’agissait que de la lettre d’une vieille connaissance. Déception totale et presque frustration à demi-dissimulé. Pourquoi n’était-elle pas invitée? C’est vrai, elle n’était pas connus pour participer à beaucoup de soirée libertine, ni même pour avoir beaucoup d’amants à Versailles, mais c’est simplement parce que les hommes de la cour son trop efféminé pour elle, en réalité, des amants, elle en a plein, tout un tas, une liste gigantesque… D’accord, j’exagère un peu, toutefois, c’est un fait; Isobelle n’était pas prude et chaste. Et puis, malgré ses années passées en France elle n’avait jamais participé réellement à ce genre de soirée, elle se devait donc de rectifier cette injustice. Pour se faire… hé bien … Disons qu’elle décida d’emprunter une invitation à un duc qui passait par là à défaut d’en avoir une à son nom. Après tout, ce dernier était marié, alors peut-être ainsi sauverait-elle un couple de la gangrène qu’est l’infidélité. Je sais, je sais, sa bonté la perdra un jour.

« Qui est-ce qui organise une fête? »
« PARIS… Paris de … Languevice… »
« Il n’y a aucun Paris de Lang… Tu ne veux pas plutôt dire Paris de LONGUEVILLE?… »
« OUI! C’est ça, c’est Paris de… de ça… »

Un jour peut-être arrivera-t-elle à prononcer un nom de famille de façon correct… Un jour. Debout devant un miroir, Isobelle ne pouvait s’empêcher d’observer sa tenue du jour, une tenue des plus atypique puisqu’il s’agissait d’un chiton, cette tenue traditionnelle qui ne sciait qu’aux dieux grecques et aux nymphes, l’idéal puisque le thème de la soirée était justement l’Olympe. Pour le coup, la belle c’était décidé à rester plus ou moins simple, sa tenue était finement froissé, laissant apparaitre aux yeux de tous son dos et presque plus encore d’ailleurs, le décolleté était très subtile et des broches d’or prenant la forme d’un dragon entourant un papillon venait maintenir ses bretelles habillement. Ses cheveux étaient, quant à eux, coiffé en une longue et imposante tresse déposée sur l'une de ses épaules, accentuant l'effet si « Olympien » de sa tenue. Evidemment, comme toutes femmes en ce monde pouvant se le permettre, elle portait des bijoux brillants et entre nous onéreux, pas trop cela dit, peu désireuse d’éclipser sa beauté naturelle et surtout l’accessoire qui allait apporter la touche de fraicheur dont elle était si friande. Et quel accessoire!

« J’ai sculpté une couronne en chocolat, elle prend la forme de laurier-rose, en l’honneur de la nymphe Daphnée vois-tu, finement déposer sur une fine feuille d’or, que je déposerais sur ma tête… puisque c’est une couronne… »
« Mais… Elle va fondre…? »
« Que né pie… »
« Que né nie… une pie c'est un oiseau...»
« ... Peu importe. Elle glace depuis ce matin, et j’ai testé sa résistance, elle tiendra sans aucun problème pendant presque cinq heures au moins, quatre dirons-nous... puis elle commencera un peu à fondre, mais on l’aura dégusté bien avant cela… »

Oui oui, vous avez bien entendu, Isobelle s’était amusé à fabriquer une couronne de laurier-rose en chocolat, utilisant divers colorant naturel et ses talents culinaires pour nourrir sa singularité, sans mauvais jeu de mot, au moins ainsi, elle porterait fièrement son surnom : Lady Chocolat... Le temps passa plus vite qu'elle ne l'aurait crut et finalement, sa tenue était prête, ses sandales délicatement nouées autour de son mollet, sa coiffure impeccablement parfaite, il ne lui manquait plus que l’atout majeur de sa tenue ; Sa chère couronne. Elle alla rapidement la récupérer, la déposant délicatement sur sa tête, posant fièrement devant son vis-à-vis.

« C’est fou, il y a une espèce de légère fumée blanche qui s’échappe de ta couronne… »
« Féérique n’est-ce pas? C’est ce qui se passe lorsqu’on glace du chocolat, ce qui n’est vraiment pas aisé à faire… Mais ça s’estompera d’ici une trentaine de minute… Même avant surement...  »

Une couronne en chocolat qui émet une espèce de petit fumée blanche si on y regarde de plus près, qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour gagner les faveurs des hommes… Le pire dans tout ça, c’est qu’elle n’allait pas à cette fête pour participer activement, mais plutôt pour observer, silencieuse, dans un coin, s’étant presque prise de passion pour le voyeurisme à la cours depuis quelques temps. Mais tant pis, elle ferait au moins son petit effet, enfin peut-être, avec le nombre d’invité on ne la remarquerait peut-être même pas, sans parler du fait qu’elle devait se faire discrète puisqu’elle avait « empruntée » l’invitation à un pauvre idiot maladroit. Enfin, prête à partir elle grimpa sans attendre dans une calèche, couverte d’un châle épais pour la protéger de la morsure du froid, qui, en un sens était favorable à son bijou éphémère, elle décida donc de ne pas s‘en plaindre. Elle ne mit pas longtemps à arriver, et une fois à l’intérieur elle se glissa parmi les invités en essayant de ne pas croiser l’hôte de la soirée, afin d’éviter toutes questions gênantes, sait-on jamais qu'il se souvienne de tous ses invités. Isobelle arriva rapidement près d’une petite table sur laquelle était déposé un pichet de vin et quelques verres, elle s’en servit un bien sur, le portant à ses lèvres en observant les alentours, perdu dans son petit coin, légèrement à l’écart des autres. Oui, elle était là pour écouter, voir et observer, alors autant commencer toute de suite... Cela étant, pour patienter elle décida d'arracher une petite pétale de sa couronne délicatement, ce qui d'ailleurs lui brula un peu les doigts lui arrachant une petite grimace avant de la dévorer, comme si de rien n'était, comme si tout était normal...


Dernière édition par Hsi Wang Mu Chen le 19.05.12 16:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   17.05.12 13:30

Depuis plusieurs semaines, Tala n’entendait parler que de cette fête organisée par Paris de Longueville en son hôtel parisien. Toutes les grandes figures de la cour y étaient conviées, et chacun avait hâte d’y être. A quoi pouvaient bien ressembler ces fêtes pour que tout le monde soit aussi impatient et existé d’avance ?
Pour sure, Tala Sakari ne s’attendait pas à recevoir une invitation à son nom. Elle ne connaissait même pas ce fameux Paris ! A vrai dire elle ne connaissait pas grand monde à la cour. Tout le monde parlait d’elle pourtant, mais personne n’osait venir engager la conversation avec la princesse. Bon nombre de rumeurs couraient sur son compte et sur sa tribu. La surprise fut grande quand on lui fit parvenir un petit carton signé de la main même du prince de Longueville. Ainsi Tala Sakari était elle aussi conviée à la grande soirée de Longueville.

Comme le précisait le carton d’invitation il fallait venir déguiser, et ce sur le thème de l’Olympe. L’Olympe ? Tala n’avait aucune idée de ce que cela pouvait bien être. Heureusement, sa gouvernante lui avait donné quelques informations sur les Dieux de l’Olympe et la mythologie grecque. Sans vraiment tout comprendre, la jeune indienne avait tout de suite voulu endosser le costume d’Artémis, déesse de la chasse, coureuse des forêts, insoumise et fière. De plus les attributs de cette déesse n’étaient autre que le carquois, les flèches et l’arc ; un joli clin d’œil à ses origines indiennes.
On fit venir une couturière afin de tailler sur mesure un costume, on élabora également une coiffure en chignon avec des perles et de la verdure. Tout ceci ne prit que deux petites heures ; déjà bien trop pour la princesse Abénaquise. Pour une fois la tenue qu’on lui proposait était plutôt confortable, pas de corsé ni de chaussures à talons ; juste une légère tunique blanche et des sandales en cuir, de quoi ravir Tala Sakari. En revanche, elle ne parvenait toujours pas à s’habituer aux chignons qui retenait prisonnier ses longs cheveux noirs. Elle aurait voulu les laisser libre ce soir, mais on lui refusa cette fantaisie. Devant le miroir, Tala admirait son costume. Le drap blanc était retenu sur ses épaules par deux boucles d’or, laissant ses bras totalement nus. A l’inverse, il couvrait la totalité de ses jambes et tombait sur ses chevilles. Rien n’avait été entreprit pour cacher sa peau brunie. Vêtue si légèrement, un carquois sur une épaule et un petit oiseau posé sur l’autre ; Tala retrouvait là un peu de sa vie d’avant. Le temps d’une soirée, elle redevenait une indienne.

L’heure du départ approchait. Déjà un carrosse l’attendait sur le parvis du château de Versailles. Tala Sakari appréhendait d’y aller seule, elle aurait voulu que son garde du corps l’accompagne. Mais Eric de Froulay n’était pas disponible ce soir. Tala n’avait pas insisté pour en savoir plus sur le motif de cette absence, après tout Eric et elle avait conclu un marché. Chacun était libre de faire ce qu’il voulait, leur liberté était bien trop importante pour rester collé l’un à l’autre à longueur de temps. C’est donc seule qu’elle partit en direction de la capitale, à l’Hôtel Longueville. Après une petite heure de voyage, la voiture s’arrêta devant l’entrée, Tala descendit prudemment et pénétra à l’intérieur de l’hôtel.
Rien n’avait été laissé au hasard pour cette soirée. La décoration brillait de mille feux et les déguisements des convives étaient tous plus beaux les uns que les autres. Il semblait régner une atmosphère détendue et joviale, tout le monde était occupé à discuter un verre à la main, tous les invités n’étaient pas encore arrivés, le prince les attendait sûrement pour lancer la soirée. Déjà on pouvait entendre le son des violons, quoique ces derniers étaient recouverts par les voix et les éclats de rire. Chacun cherchait du regard un visage familier, mais difficile de reconnaître quelqu’un au milieu de toutes ces figures mythologiques.
Tala Sakari ne savait pas vraiment quoi faire dans cette fête. Elle ne connaissait personne et n’osait pas s’immiscer dans une conversation. Elle décida donc de patienter près du grand escalier, peut-être quelqu’un viendrait-il lui parler.


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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   17.05.12 15:23

Chers joueurs, un rapide aparté après en avoir discuté avec une admin: la fête se déroulant dans tout l'hôtel et les hôtes croisant de nombreuses personnes, pour que chacun puisse se repérer dans l'espace, merci de bien vouloir noter à chaque début de votre réponse le lieu où se situe votre personnage. S'il change en cours de RP, merci de le préciser Wink
Chacun pourra s'y retrouver et ainsi mieux interagir avec les autres personnages Smile

Pièces ouvertes à la teuf:
-Grand salon
-Petits salons (un bleu, un vert)
-Escaliers, hall, corridor, couloirs and co...(il y a deux étages)
-Appartements privés (... Gabrielle, Paris, Jean-Louis Razz )


Merci à tous!

Bonne picole, soyez sages What a Face

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et tout le plaisir de l'amour est dans le changement."


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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   18.05.12 16:44

Grand salon

    Il ne savait trop ce qui lui prenait. Il avait congé, oui, mais il y avait certainement mille choses plus propices à faire ce soir que d'aller à cette stupide fête. Pourquoi donc sentait-il le besoin d'y aller? Est-ce que c'était simplement pour risquer d'apercevoir la princesse de Calenberg? Non. Il n'était pas si idiot. Ce n'était certainement pas son genre. Il espérait néanmoins qu'il se trompait. Isabelle l'avait invité, elle avait presque insisté, mais Nicolas ne savait pas pourquoi il avait accepté. Pourquoi n'allait-il pas rejoindre Montalet à la taverne pour finir la nuit au bordel? Il n'en avait pas la moindre idée. Ce qu'il savait, c'était qu'il revêtait pour l'instant son costume. Il avait toutefois choisi son costume suite à une longue réflexion. Un adroit Thanatos serait le meilleur choix pour lui, sans aucun doute. Personnification de la Mort, avec ses ailes tordues et son épée vengeresse. Il ne prévoyait pas rester très longtemps. Juste entrer, trouver Isabelle, la saluer, voir s'il y avait quelqu'un sur place et repartir une fois qu'il aurait fait acte de présence.

    Quand il se retrouva sur place, Nicolas eut néanmoins l'impression d'entrer dans un monde parallèle. L'hôte de la soirée s'était vraiment surpassé. Sans aucun doute, ce lieu était plus près de l'Olympe qu'aucun autre sur terre. Faisant attention aux autres invités autour de lui, pour ne pas les bousculer de ses ailes, il se promena dans les pièces jusqu'à repérer Isabelle derrière son loup blanc. Il s'approcha d'elle et de son compagnon, que Ruzé ne reconnaissait guère. Il prit la main d'Isabelle à baiser avec un rictus ironique.

    -Très chère, vous êtes ravissante.

    Puis se rangeant à ses côtés, il roula les yeux et lui chuchota à l'oreille.

    -Je suis venu, mais je repars très vite, ne te trompe pas. J'ai l'intention de repartir avant que cette fête ne dégénère. Et d'ailleurs, qu'est-ce qui t'amène, dis-moi?

    Quand il était seul avec elle, Nicolas reprenait une forme de familiarité qu'il n'utilisait qu'avec elle. Cette jeune femme ou homme, dépendant des jours, était sous sa protection et il l'aimait comme une soeur. C'était la seule femme qu'il aimait sans sous-entendus. Qu'il aimait. Parce que. C'était simple, c'était naturel et dénué de tout sentiment ambigu. Nicolas n'en avait guère l'habitude et cela lui plaisait.

    Il roula les yeux sur la prestigieuse assemblée, alors qu'il prenait un verre d'alcool sur un des plateaux que trimbalaient les serviteurs. Une lueur brillante attira son attention. Une silhouette mince, ondulante. Des cheveux lustrés. Un regard pétillant. Il ne manquait probablement que quelques flûtes de Champagne pour lui faire perdre sa jolie tête. Un sourire carnassier naquit sur ses lèvres, alors qu'il se retourna vers Isabelle, reprenant le vouvoiement d'usage.

    -Veuillez m'excuser un instant, je vous reviens.

    Il s'inclina brièvement et posa sa main sur le pommeau de son épée, traversant la salle, à la suite de la jeune femme. Ce n'était pas celle qu'il désirait voir à cette soirée, mais elle était plus qu'une agréable surprise. Il plia à nouveau son long corps.

    -Mon première idée était Endymion, je suis dévasté d'y avoir renoncé, mademoiselle.

    Il regarda Alaina avec un sourire. Séléné. Évidemment. Il aurait dû s'en douter. Nicolas courba son dos, ramenant ses ailes vers l'avant.

    -Cependant, j'imagine que la Mort est tout aussi appropriée. Mon coeur a arrêté de battre en vous voyant, dit-il d'une voix sucrée, avant de se ranger à son côté. Je ne vous dérange pas, j'espère?

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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   19.05.12 14:57

Escaliers

Une fête était un aparté entre deux moments d'ennuis. Andréa tournait en rond à Versailles alors qu'elle savait que des milliers de filles rêveraient d'être à sa place ! Mais elle leur laisserait bien volontiers la place, du pendant qu'elle puisse repartir sur les mers ! Pour l'instant, Andréa se pliait aux exigences de son père, la jeune femme lui devait bien cela après toutes ces années de mensonge, puis cela lui laissait le temps de renflouer ses finances pour se faire reconstruire un bateau, car il était hors de question de revenir au stade de mousse quand on a goûté aux joies d'être capitaine ! En ce jour morose chez la marquise cette dernière semblait délaissée son courrier où se trouvait un magnifique pli au milieu. Une invitation. Curieuse, Andréa subtilisa le papier et en compagnie de son amie Madeleine, elles lurent cette invitation pour une fête olympienne chez Paris de Longueville. Tout d'abord dépitées car la marquise ne voudraient jamais les emmener, elles eurent l'idée d'un affreux plan qu'elles mirent à exécution. Tout en aidant la marquise à choisir son déguisement, elles cherchaient aussi pour elles-même ! Elles seraient des nymphes, Madeleine une mélides – nymphes des pommiers – et Andréa serait Calypso, une nymphe aquatique. Dans le courant de l'après-midi, elles donnèrent dans le chocolat de la marquise, un puissant somnifère qui aurait pu assommer un cheval. Elles en auraient pour la soirée et même la nuit !

Les deux demoiselles se préparèrent. Andréa fit une longue tresse avec des perles dans les cheveux de couleur bleue claire, Madeleine lui dessina un hippocampe sur le bras à l'encre et elle eut le droit à un diadème avec une étoile. Sa longe toge était bleue mers du sud lui allait à ravir avec un charmant décolleté dans le dos. Madeleine avait l'idée de mettre des pommes en guise de ceinture et une dans son chignon. Riant toutes les deux comme des enfants de leur petit tour, elles partirent sans faire de bruit, se couvrant pour sortir dans Paris, prêtes à faire la fête. Il faut dire que Madeleine appréciait un homme et elle savait qu'il serait à cette soirée, c'était la parfaite occasion pour elle. A l'entrée, les deux amies se séparèrent et Andréa se demanda bien vite ce qu'elle faisait ici. Bien sûr, leur plan était amusant à monter à vivre mais la finalité n'était pas la meilleure. Une fête olympienne certes mais qu'y faire ? Jetant un coup d'oeil pour savoir si elle connaissait quelqu'un, une silhouette l'interpella. Avec sa peau cuivrée, Tala Sakari était reconnaissable entre toutes ! Une amie ici, c'était l'occasion idéale pour commencer la soirée. En quelques pas gracieux, Andréa allait jusqu'à son amie qui semblait perdue.

Je ne pensais que vous feriez partie d'une fête comme celle-ci ! Vous êtes sublime je trouve.

Le compliment était donné avec le sourire, Andréa était toujours sincère avec ses amis, elle ne voyait pas la raison de s'en montrer hypocrite. Elle observa le costume d'Artémis et se dit que cela allait parfaitement à Tala, surtout avec son arc.

Venez, avançons dans le salon, il doit y avoir plus de divertissements et peut être des gens que nous connaissons ! Même si je ne suis pas vraiment friande des mondanités !

Avec un sourire amical, Andréa fit un signe à son amie pour qu'elles puissent se rendre dans le grand salon.

Grand salon
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MessageSujet: Re: Où il est prouvé que l'Olympe peut être en fête sans Ferrero Rocher   20.05.12 15:31

Grand salon

La fête de Paris Longeville, rebaptisé, fête du siècle par un joyeux luron, battait son plein. Le champagne coulait à flot au sens propre comme au sens figuré et les esprits s’échauffaient. Certains dansaient au son de l’orchestre, d’autres discutaient de manière plus ou moins rapprochées. Mais tous semblaient partager la même envie dévorante de croquer la vie à pleine dent. Carpe diem … qui sait de quoi sera fait demain.
Au milieu de toute cette agitation, quiconque aurait observé Alaina aurait pensé que la jeune fille s’ennuyait. Que nenni ! Affalée sur des coussins de soie, pourvu d’une coupe de champagne, elle observait. En tant qu’espionne, c’était ce qu’elle savait faire de mieux et au fil du temps, cela lui était devenu un divertissement fort plaisant, presque une seconde nature. C’est fou ce que l’on pouvait apprendre sur les gens simplement observant ceux qui vous entourent.
Par exemple, la jeune fille déguisée en nymphe des océans, qui faisait semblant de prendre de haut tout les hommes osant lui glisser des compliments finiraient très certainement par succomber à celui qui la malmènerait le plus. Ou bien le titan qui posait un regard de patriarche sur l’assemblée, s’attardait bien plus souvent sur les toges de jeunes éphèbes que sur les jambes des déesses du panthéon.
Tous les secrets les mieux gardés pouvaient être devinés, si vous avez le sens de l’observation.
Bien sûr, il n’était pas totalement improbable que certains des « secrets » qu’Alaina était persuadée d’avoir percés soit simplement le fruit de son esprit embué par l’alcool. L’irlandaise savait tenir tête à quelques verres de vin. Mais le champagne avait des propriétés toute particulière sur la jeune femme, surtout après trois coupes … ou peut-être quatre … à moins que ça soit la cinquième qu’elle tienne dans ses mains.
Alaina observait le contenu de sa flute tentant désespérément de se rappeler qui avait bien pu la remplir, quand un couple apparemment pris par l’ambiance de la soirée, s’embrassait à pleine bouche et, loin de se soucier de leur voisine, la bousculèrent rudement.
-Hey ! protesta-t-elle, alors qu’elle était carrément éjectée des coussins.
Vexée, elle se mit à déambuler dans l’assistance à la recherche d’une connaissance ou d’un serveur. Au loin, elle aperçue un trio qu’elle connaissait bien, en passe de devenir saoul comme toute la Pologne : Luigi, Ferdinand et Racine. Ces derniers, en charmante compagnie, semblaient comploter quelques blagues de potache, qui la firent sourire d’avance. Elle se garda bien cependant d’aller les approcher, d’une part, de peur de devenir le sujet de leur plaisanterie, d’autre part, parce qu’autant elle appréciait la compagnie des deux premiers, autant, elle n’était pas sur de terminer la soirée sans s’écharper avec le troisième. Notant tout de même toutes leurs pitreries, se doutant que cela pourrait servir un jour, on l’aborda.
-Monsieur de Roberval ! Quelle surprise de vous retrouver ici, s’exclama-t-elle avec un peu plus d’enthousiasme que le voulait la bienséance.
Elle n’avait pas oublié la prévenance dont avait fait preuve Arthur de Roberval alors qu’elle était en bien mauvaise posture. Elle tout à fait sincèrement ravie de le revoir dans des circonstances plus clémente.
-Cette tenue de dieu des mers vous sied à ravir, continua-t-elle en riant. Bien que ce soir, vous soyez exempté d’aller me repêcher. Il n’y a, Dieu merci, aucune fontaine où me noyer dans cette soirée !
Bien qu’elle en ait parlé en riant, ce souvenir restait cuisant et elle préféra détourner la conversation, de peur de sombrer dans une mélancolie qui ne serait pas du tout dans le ton de la fête.
-Alors dites moi, que pensez-vous de ce ban de poisson que nous avons là ? demanda-t-elle taquine, connaissant un peu l’opinion de l’homme sur la cour de Versailles, tout en désignant l’assemblée d’un geste large, avec son verre vide.
En bon gentilhomme qui se respecte, Arthur se proposa d’aller le lui remplir, ce qu’Alaina accepta volontiers. Quand on en est à cinq coupes de champagne, ce n’est pas la sixième qui change grand-chose.
Alors qu’elle attendait son preux serviteur, une autre silhouette se matérialisa à ses cotés, comme si elle avait attendu le départ de son interlocuteur. Derrière la parure de Zeus, elle reconnut …
-Monsieur de Richmond, s’écria-t-elle en souriant, pourquoi ne suis-je pas étonnée de vous voir ici ?
Connaissant sa réputation, elle n’avait pas de scrupules à taquiner le Duc, qui n’était d’ailleurs pas en reste.
-Alors Maître de l'Olympe, la chasse a-t-elle été bonne ? Continua-t-elle pour faire la conversation. Parmi tout le parterre de jeunes nymphes, laquelle finira vaincue par vos offensives ?
Au fil de leur discussion, elle sentait bien que Morgan se rapprochait d’elle, effleurant sa robe et même sa peau nue. Elle commençait à s’habituer à ce jeu de chat et de souris auquel il se livrait à chacune de leur rencontre, et devait bien s’avouer qu’elle finissait par trouver cela plaisant.
Sous l’effet conjugué des compliments bien tournés et des vapeurs enivrantes du champagne, elle sentait ses barrières céder une à une. Et lorsque Morgan fit mine de déposer un baiser dans son cou, elle était tout à fait prête à succomber.
C’est alors qu’un raclement de gorge se fit entendre. Derrière deux coupes de champagne, se tenait Arthur, l’air fort mécontent. Sans savoir exactement pourquoi, Alaina se trouva un peu honteuse d’avoir été prise en flagrant délit de faiblesse.
L’atmosphère se chargea soudainement d’électricité entre les deux hommes et l’orage ne tarda pas à éclater. Dégrisée par ce brusque retournement de situation, elle observa un moment les deux hommes s’invectiver l’un l’autre, légèrement inquiète. Mais ne souhaitant pas être prise à partie, elle s’éclipsa discrètement.
Un peu chamboulé par ce qu’elle avait faillit faire, elle traversa la foule sans regarder. Légèrement déboussolée, elle s’arrêta, espérant apercevoir une connaissance, peut-être même Megan, à qui elle pourrait suggérer de rentrer.
C’est alors qu’un souffle chaud balaya le creux de son cou et qu’une voix grave lui souffla à l’oreille :
-Ma première idée était Endymion, je suis dévasté d'y avoir renoncé, mademoiselle.
Le premier instant de surprise passé, son visage s’éclaira d’un sourire.
Nicolas.
Ou plutôt, Thanatos. Elle observa ses ailes noires en souriant, cela lui allait tellement bien. Il avait l’air d’un de ces anges, non pas blanc et benêt et mais sombre et vengeur. Ce déguisement faisait ressortir à la fois la force physique du mousquetaire mais aussi son emprise. Un cœur de fer et une âme d’étain, c’était tout à fait lui, mais la jeune fille avait la faiblesse de croire qu’il y avait une place pour elle dans la vie de cet homme. Elle appréciait même l’idée d’être la seule à avoir touché le vrai Nicolas et à partager avec lui une relation particulière. Totalement sous le charme, le reste de la pièce s’éclipsa et il ne resta que lui.
-Il est encore temps de vous rattraper, souffla-t-elle à son adresse, avec un sourire mutin, à la fois enfantin et suggestif.
Il était grand, plus grand qu’elle et lorsqu’il se pencha, tout en ramenant ses immenses ailes, ils furent comme isolés du reste du monde, dans un écrin de plume.
-Cependant, j'imagine que la Mort est tout aussi appropriée. Mon coeur a arrêté de battre en vous voyant, complimenta-t-il, tellement près qu’elle sentait son souffle. Les yeux rivés dans les siens, elle lui répondit sur le même ton, tout en posant la main sur sa poitrine où son cœur battait, et même bien.
-Ce serait tellement dommage.
Elle n’avait qu’une envie de jeter dans ses bras, mais le monde extérieur se rappela à eux, brisant leur intimité. Nicolas se décala sur le côté.
-Je ne vous dérange pas, j'espère? Demanda-t-il d’un ton moins rauque.
Alaina jeta un coup d’œil de l’autre côté de la salle où la situation semblait s’envenimer entre Roberval et Richmond et reporta bien vite son attention sur le mousquetaire.
-Pas le moins du monde, répondit-elle en secouant ses boucles, toujours en souriant.
-Je ne savais pas que vous deviez venir, s’étonna la jeune fille. Mais c’est une bonne surprise, ajouta-t-elle. Comptez-vous … rester un moment ?
Elle avait faillis lui demander de passer chez elle après, mais au dernier moment elle se retint. Un vieux reste d’éducation catholique irlandaise qui lui intimait qu’une femme ne pouvait décemment pas inviter un homme chez elle, quand bien même cet homme était son amant.
Quand bien même, elle en mourrait d’envie.


Dernière édition par Alaina of Cork le 20.05.12 22:07, édité 1 fois
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