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 Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart]

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MessageSujet: Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart]   Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart] Icon_minitime27.03.12 0:13

Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart] Amber-amber-heard-29412056-100-100&&Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart] Ecd25c10


Les jardins s’illuminaient doucement par de timides rayons du soleil, coupés dans leur élan par de bien sombres nuages. Mais rien ne pouvait ôter au roi son plaisir de cette promenade quotidienne, lieu de toutes les rencontres opportunes et des messes basses afin de mettre sur pied quelques petites intrigues amoureuses.
On ne pouvait décemment se promener sans avoir à échanger quelques mots à voix basse ! Et chacun savait en ces temps montrer le change.
Louis n’avait cherché à connaître les raisons qui avaient poussé le roi à maintenir ces activités oisives quotidiennes ; les plus évidentes étaient déjà connues de lui et il soutenait bien souvent ces décisions. La noblesse ne devait pas rester sans voir son roi, sans avoir à chuchoter dans son dos sous prétexte de galantes rencontres ! La rendre oisive, c’était l’inciter à s’occuper d’elle-même : tel un cheval, la cour se devait d’être en constante activité.

Mais l’humeur de Louis était aussi sombre que les nuages qui s’amoncelaient au dessus des jardins ; la disparition de la duchesse de Guyenne lui avait fait oublier toutes ses prévisions de sorties dans ses endroits parisiens préférés et depuis la terrible annonce, il n’avait eu le cœur qu’à rester auprès de son épouse, bien plus terrassée par cet enlèvement. Il savait combien son attachement à la favorite était grand et abandonner Antoinette dans ces instants n’était qualifiable que de lâcheté.
Mais les résolutions de Louis étaient bien faibles dès qu’il apercevait une silhouette bien familière et en ce début de promenade, pourtant décidé à rester dans les salons auprès du comte de Vardes, il ne pu résister à pousser les portes menant aux jardins.

Alors qu’il rejoignait les courtisans papillonnant autour du roi, il ne se lassait d’observer le dos délicatement découvert par l’échancrure de la robe de la jeune femme. Quelques cheveux à la couleur de blé mûr s’éparpillaient léger sur ses épaules fines. Sa peau pâle attirait irrésistiblement le regard du duc alors qu’il n’était plus qu’à quelques pas d’elle.
Combien de temps ne s’étaient-ils pas vu ? Peut-être quelques jours, mais pour Louis, cela semblait une éternité.

Il fit ainsi quelques pas non loin derrière les trois femmes qui marchaient en ligne et dès que l’une d’elle s’éloigna enfin, il les rattrapa prestement, prenant délicatement le coude de la jeune femme qu’il n’avait cessé de dévorer des yeux.
-Duchesse, votre époux ne peut hélas se joindre à nous pour cette promenade, mais il m’a mandé afin de vous tenir informé de ses souhaits concernant cette affaire dont nous avons connaissance…
Il avait lâché ces mots assez fortement pour que la compagne de Bianca de Brabant soit dupe et comprenne qu’il réclamait là un instant d’intimité. L’amitié entre les ducs de Brabant et Vivonne n’était plus à démontrer !
-Oh, je ne souhaite être indiscrète, répondit l’importune en gratifiant le duc d’un sourire qui ne laissait aucun doute sur la muette invitation qu’elle lui lançait. Louis se contenta de hocher la tête dans un sourire forcé mais poli, jusqu’à ce que la jeune femme consente à s’éloigner assez pour qu’il puisse emmener Bianca hors de vue de la cour.

Sans lâcher son coude, il l’entraîna vers le labyrinthe pour chercher à se perdre.
-Diable, ces femmes osent donc tout, lâcha-t-il lorsqu’il se fut assuré qu’ils étaient seuls ! Mais il coula sur Bianca un regard tendre, baisant les doigts fin de la duchesse.
-Vous m’avez cruellement manqué, Bianca, mais mes devoirs familiaux m’ont appelé après cette terrible annonce. Me pardonnez-vous, demanda-t-il tel un enfant pris en faute, non sans un sourire ?
Il glissa ses doigts entre ceux de la jeune femme et reprit une marche lente le long des haies touffues, les masquant aux regards indiscrets.
-La cour n’a que cette disparition à la bouche, soupira-t-il. Les rumeurs courent plus vite qu’un lièvre chassé et les histoires les plus sordides circulent depuis le soir. Laissons ces recherches aux hommes du roi, ne croyez-vous pas ? Que pouvons-nous faire, pauvres mortels que nous sommes, ajouta-t-il d’une voix théâtrale en souriant ?!
Ils longèrent une statue représentant une fable de la Fontaine que Louis ignora superbement, bien trop occupé à couver du regard la jeune femme.
-Je vais cesser de vous importuner avec cela. Dites-moi plutôt, Bianca, de quelle façon vous avez effrayé cette bigote de Noirange ? Mes oreilles ont entendu que celle-ci vous a rejointe dans vos appartements.
Il s’arrêta de marcher, faisant face à la jeune femme. Son regard se fit soudainement sérieux lorsqu’il le posa sur les prunelles d’azur de Bianca.
-Ne faisons pas grand cas de son indiscrétion. Je serais à parier qu’elle préfère prier pour le salut de notre âme qu’aller répéter ce qu’elle a malencontreusement appris. Mais je vous connais, ajouta-t-il doucement après un court silence. Dites-moi tout où je devrais faire usage de la force, la menaça-t-il faussement en prenant délicatement les poignets de la jeune femme dans ses mains. Son regard pétillant ne pouvait que trahir ses paroles, mais dans ces jardins, peu à l’abri, il renonçait douloureusement à l’envie de s’approcher bien plus de la jeune femme pour respirer ce parfum qu’il aimait à sentir.
Peut-être n’était-ce également pas le moment opportun, à l’instant où il abordait un épineux sujet. Mais les femmes et plus particulièrement la duchesse de Brabant, avaient toujours eu cette emprise sur lui, le poussant à changer d’humeur à chaque seconde.
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MessageSujet: Re: Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart]   Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart] Icon_minitime01.04.12 17:13

Cette journée était décidément d'un ennuie mortel. Les deux compagnes qui accompagnaient la duchesse n'avaient à la bouche que la disparition de la favorite, enchaînant thèses en antithèses ridicules sur l'identité du ravisseur. On parlait ici d'un ennemi du roi, là d'un enlèvement commandité par la reine elle-même, certains prétendaient même qu'il s'agissait en réalité d'une fuite délibérée de la comtesse de Leeds. Et quand on pensait avoir fait le tour de la question une fois qu'on eu envisagé des scénarios tous plus saugrenus les uns que les autres, il fallait que quelqu'un en rajoute encore un peu. Vivement que la vérité soit dévoilée pour qu'on en finisse enfin avec ces suppositions ridicules.

Pendant que les deux jeunes femmes avec qui Bianca avait entamé une promenade caquetaient gaiement, l'esprit de la danoise s'égarait peu à peu. Il vagabonda un instant hors de la cour, se promena dans les allées des jardins de Copenhague pour respirer cet air agréablement glacé avant de revenir en France et de s'égarer un instant dans les ruelles de Paris dont la visite avait passionné Bianca. Elle avait à cette occasion découvert que des gens vivaient réellement là-bas et pire que tout, semblaient s'en satisfaire ! Mais elle fut vite ramenée à la réalité lorsque l'une de ses amies l'interpella pour lui signifier son départ. Ce n'était pas trop tôt ! D'ailleurs elle ferait même mieux d'emmener l'autre avec elle. Hélas elle n'en fit rien, et voilà que la duchesse se sentait à présent obligée d'écouter la demoiselle de Laval qui était restée à ses côtés. En temps normal, elle aurait été ravie de l'entendre monologuer, mais aujourd'hui elle ne se sentait absolument pas d'humeur. Elle ne rêvait que d'une chose : rentrer chez elle et s'affaler dans un fauteuil avec une tasse de thé et un bon livre, puisque visiblement, il s'agissait là de l'activité la plus intéressante qui lui serait donnée de faire aujourd'hui.

Ne restait plus qu'à trouver un prétexte. Le temps mitigé qui ne donnait que moyennement envie de rester à l'extérieur, un malaise et le besoin de calme qui allait avec, une affaire urgente à régler... Mais il semblerait que cette excuse n'ait même pas lieu d'être inventée puisqu'on venait la lui livrer sur un plateau d'argent. Alors qu'elle s’apprêtait à partir, le duc de Vivonne fit son apparition comme sorti de nulle part. Bianca, ne s'attendant pas à cette soudaine arrivée, fut prise d'un sursaut lorsqu'il lui attrapa le bras alors qu'elle marchait lentement.

-Duchesse, votre époux ne peut hélas se joindre à nous pour cette promenade, mais il m’a mandé afin de vous tenir informé de ses souhaits concernant cette affaire dont nous avons connaissance…

Louis arrivait décidément à point nommé, avec en plus une prétendue affaire conjugale dont il était le messager.

- Je ne puis vous faire attendre dans ce cas...

Mais bien sûr, cette commère qui lui servait d'amie n'était pas décidée à décamper et ce malgré cette affaire explicitement privée. Il lui fallut un regard insistant de Bianca et un léger sourire forcé de Louis pour se débarrasser de l'indiscrète.
Une fois qu'ils furent seuls, le duc mena la jeune femme dans les bosquets qui les protégeraient de quelques regards indiscrets. Pendant qu'ils s'aventuraient tous deux au milieu des hautes haies de verdures, Bianca ne put s'empêcher de regarder par dessus son épaule à plusieurs reprises pour s'assurer qu'ils n'étaient bien que tous les deux. Il aurait été fâcheux qu'une fois de plus, on les surprenne dans les bras l'un de l'autre.

-Diable, ces femmes osent donc tout.

- A qui le dites-vous, soupira Bianca en levant les yeux au ciel. Mais vous avez été absent ces derniers temps... ajouta-t-elle après quelques secondes de silence.

Cela ne faisait pas bien longtemps qu'ils ne s'étaient pas vu, mais quelques jours sans lui paraissaient beaucoup trop.

- Vous m’avez cruellement manqué, Bianca, mais mes devoirs familiaux m’ont appelé après cette terrible annonce. Me pardonnez-vous, lui demanda-t-il d'un air quelque peu enfantin tout en glissant sa main dans la sienne.

-J'y songerai... répondit elle avec une moue faussement boudeuse. Et puis, on peut dire que les rumeurs concernant la disparition de l'infortunée duchesse de Guyenne m'ont diverti.

Cette disparition était sans doute également le centre de préoccupation de son amant. En tant que proche du roi, il devait être au courant des moindres détails nouveaux, aussi insignifiants soient-ils, concernant cette affaire.

-La cour n’a que cette disparition à la bouche. Les rumeurs courent plus vite qu’un lièvre chassé et les histoires les plus sordides circulent depuis le soir. Laissons ces recherches aux hommes du roi, ne croyez-vous pas ? Que pouvons-nous faire, pauvres mortels que nous sommes

Bianca ne répondit que par un haussement d'épaules lui signifiant qu'elle n'avait que peu envie d'aborder pour une énième fois ce sujet. Comme il le disait, laissons cela aux hommes du roi car tous deux avaient tellement mieux à faire que de s'en préoccuper. Elle lui lança un sourire tout en jouant avec quelques mèches de ses cheveux blonds.

-Je vais cesser de vous importuner avec cela. Dites-moi plutôt, Bianca, de quelle façon vous avez effrayé cette bigote de Noirange ? Mes oreilles ont entendu que celle-ci vous a rejointe dans vos appartements.

Ah... Sujet épineux qu'était celui de Diane... ou Emmanuelle... Enfin, quel que soit son nom, de cette femme qui l'avait on ne peut plus importuné.
Ils s'arrêtèrent subitement de marcher pour se faire face. Bianca n'aimait que moyennement ce regard ô combien trop sérieux que lui lançait le duc. Elle se mordilla la lèvre et plongea un regard malicieux dans le sien afin de l'amadouer un tant soit peu.

- Je me suis simplement assurée qu'elle ne dirait rien, répondit-elle avec une petite voix, rien de bien méchant.

Il n'y avait pas grand chose à ajouter à ce sujet là, du moins, elle ne voulait pas aborder ce qui s'était exactement dit lors de cette discussion car Louis trouverait sûrement le moyen de lui faire la morale. Bien sûr, elle finirait par le lui dire, mais pas maintenant. Mais il commençait à bien la connaître et à savoir qu'elle avait une forte tendance au mensonge par omission...

-Ne faisons pas grand cas de son indiscrétion. Je serais prêt à parier qu’elle préfère prier pour le salut de notre âme qu’aller répéter ce qu’elle a malencontreusement appris. Mais je vous connais, s'obstina-t-il. Dites-moi tout où je devrais faire usage de la force.

Elle fit un pas en arrière et retira ses mains des siennes. Qu'avaient-ils donc tous aujourd'hui à l'ennuyer de la sorte. Ne pouvait-on pas se contenter de passer un agréable moment plutôt que de parler confidences et secrets.

- Que diable voulez-vous que je vous dise, lui répondit-elle d'un ton sec qu'elle n'avait pas l'habitude d'user en compagnie de Louis. Voyez-vous donc le mal partout ? Surtout qu'il se trouve que cette femme n'est pas de si mauvaise compagnie... Comme paraît l'être mademoiselle de Longueville pour vous d'ailleurs, continua-t-elle avec un haussement de sourcils après un court silence.

Changer de sujet pour en aborder un tout autant créateur de discorde était sans doute la meilleure méthode dans ces cas-là. Quoique celui des femmes et tout particulièrement de cette intrigante dont il s'était entichée n'était peut-être pas le plus adéquat. Mais Bianca, si agréablement surprise par la venue du duc de Vivonne il y a tout juste quelques minutes, était désormais légèrement sur les nerfs.

- Il semblerait même que vous passiez bien plus de temps à ses côtés que moi avec cette Noirange, qui d'ailleurs se trouve être d'une aide certaine ajouta-t-elle avec une pointe de cynisme dans la voix. Mais c'est vrai que les femmes ne sont chez vous qu'on passe temps comme un autre.

En temps normal, elle se moquait assez de qui d'autre qu'elle pouvait bien partager le lit de Louis, mais puisqu'il avait décidé de se mêler de ce qui ne le regardait pas vraiment, elle pouvait en faire de même. Soit, sa réaction était un peu exagérée, sourtout qu'après réflexion, elle regretta ses dires quelque peu indélicats et eut envie de retirer ce qu'elle venait de lui repprocher pour courir dans ses bras. Elle soupira alors longuement et le regarda avec douceur comme pour s'excuser du manque cruel de calme dont elle venait de faire preuve.
Mais en même temps, s'il regardait un peu moins souvent cette Gabrielle avec envie, jamais ces mots ne seraient sortis de sa bouche.

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MessageSujet: Re: Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart]   Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart] Icon_minitime05.05.12 0:07

Louis n’avait songé un seul instant à ce que le sujet « Noirange » puisse irriter la duchesse. Il avait presque déjà mis sa main dans l’âtre pour le parier, mais cet âtre à l’instant était les poignets de la jeune femme qu’elle avait retiré brusquement.
Un faux pas…un seul minime faux pas et il poussait Bianca à reculer. Il se maudit intérieurement lorsqu’il croisa le regard de la jeune femme. Pourquoi ne s’était-il pas abstenu, cette fois-ci ?!
- Que diable voulez-vous que je vous dise, lui lança-t-elle d’une voix brusque et peu habituelle ?
-Bianca, je…
- Voyez-vous donc le mal partout ?
-Non je…
-Surtout qu'il se trouve que cette femme n'est pas de si mauvaise compagnie... Comme paraît l'être mademoiselle de Longueville pour vous d'ailleurs, poursuivit-elle, le tout accompagné d’un haussement de sourcil significatif.

Louis s’arrêta net dans sa tentative d’apaiser l’humeur de Bianca. La bouche entr’ouverte prêt à répliquer, il referma les mâchoires, déglutissant silencieusement. Que diable venait faire la duchesse de Longueville dans cette affaire ! Et surtout, que déduisait Bianca de tout cela ? Vivonne se targuait de n’avoir – à l’instar de ses amis – qu’une seule maîtresse à chérir, mais il s’était forcé à s’avouer cette attirance trop singulière pour la demoiselle de compagnie de sa sœur. Il ne s’agissait pas de simples désirs de chair comme Versailles en était malheureusement friande, mais de ces attractions silencieuses et Louis savait que si la jeune femme venait à lui offrir ses faveurs, il pourrait succomber bien plus vite qu’il ne le souhaitait. Les femmes avaient toujours eu ce pouvoir sur lui, et la jeune Longueville possédait certainement les atouts qui le dévoieraient de son chemin de la morale.

La pique de Bianca l’avait atteint en plein cœur, telle une traîtrise. User de ce nom comme pour l’accuser lui et ainsi se dédouaner…c’était d’une bassesse qui le renfrogna un instant. Il ne préféra pas relever la pique pour éviter d’envenime la situation, mais la jeune femme avait un peu plus enfoncé le banderille .
- Il semblerait même que vous passiez bien plus de temps à ses côtés que moi avec cette Noirange, qui d'ailleurs se trouve être d'une aide certaine, ajouta-t-elle sarcastique.. Mais c'est vrai que les femmes ne sont chez vous qu'on passe temps comme un autre.

Il n’y avait guère qu’avec les femmes que Louis ne pouvait répliquer, car il ne faisait nul doute qu’un homme qui eu prononcé ces mots eu été sommé de s’expliquer en duel le soir même. Qu’importe son statut à la cour, il se sentait souvent capable de ce genre de risque.
Mais Bianca….restait Bianca. Et avec ce nom toute la délicatesse nordique, toute sa fougue et son insolence ; son impudence, même. C’était bien certainement ce qui le perdait car le regard qu’elle lui lança peu après, mêlé de douceur et d’excuse, brisa les derniers retranchements du duc.
Il secoua lentement la tête, le regard accusateur et soupira doucement.
-Les passe-temps que vous citez ne sont que des illusions pour mieux vous protéger, répondit-il sobrement. Un léger mensonge avait toujours une base de vérité.

Il passa une main gênée dans ses cheveux, faisant quelques pas sur un cercle invisible pour chercher ses mots sans avoir à affronter le regard de Bianca qu’il sentait peser sur lui.
-Je…je…je ne nie pas ma proximité d’avec mademoiselle de Longueville, dit-il enfin. Vous savez qu’elle est la demoiselle de compagnie de ma sœur et en cela certains sujets nous rapprochent. Il releva enfin la tête, quittant des yeux la ligne imaginaire du cercle pour les reposer sur l’adorable visage de Bianca. Il n’y a rien que de l’amitié entre nous, Bianca. Je vous prie de le croire, comme je vous prie de pardonner mes mots précédents.

Il se rapprocha enfin d’elle et entendant un crissement sur le sable du petit chemin, posa doucement sa main sur la hanche de la jeune femme pour l’éloigner de l’endroit et s’enfoncer un peu plus dans les bosquets. Il jeta avant toute chose un œil averti alentour et rassuré, se tourna à nouveau vers Bianca, sans toutefois ôter sa main de la duchesse.
-Je n’ai pas voulu m’immiscer dans vos affaires avec cette Noirange, Bianca. Je suis simplement…méfiant de cette femme. Dieu seul sait ce qu’elle à en tête, mais je sais, moi, ce qui traverse parfois la votre, dit-il dans un sourire, comme pour s’excuser. Vous avez parlé d’une aide…me pardonnez-vous assez pour m’en dire la teneur ?

Dire que Louis était vexé de ne pas avoir été choisi comme aide était chose inutile. Il avait pris comme une douce trahison ce choix – ou non – d’être soutenue par une femme qu’il n’appréciait guère. Les dévots et bigots avaient souvent des idées trop…extrémistes ?

-Vous me savez aussi muet que la tombe de nos ancêtres, Bianca, pourquoi ne pas m’avoir demandé cette aide, demanda-t-il enfin, après quelques secondes de réflexion ?
Par cette proximité toutefois galante, il espérait à son tour faire tomber ce mur de glace que pouvait dresser Bianca en quelques instants. Cela ne touche pas d’affaire trop importante, j’espère ? Vous savez pourtant qu’il m’est possible de demander quelques exceptionnelles faveurs.
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MessageSujet: Re: Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart]   Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart] Icon_minitime21.05.12 18:49

Au fond, Bianca reprochait à son amant d'avoir trop le goût des femmes alors qu'elle savait parfaitement que là était sa grande faiblesse et que rien ne pourrait y changer. Et puis quand bien même elle n'était pas la seule qu'il regardait avec des yeux doux, elle savait qu'entre eux s'était liée une relation qui allait au delà d'une simple attirance physique. Toutefois, plutôt que de sauter dans ses bras pour s'excuser de ses dires comme elle avait envie de le faire, elle le laissa se débattre dans ses explications tout en le suivant des yeux lorsqu'il commença à tourner en rond.

-Je…je…je ne nie pas ma proximité d’avec mademoiselle de Longueville. Vous savez qu’elle est la demoiselle de compagnie de ma sœur et en cela certains sujets nous rapprochent. Il n’y a rien que de l’amitié entre nous, Bianca. Je vous prie de le croire, comme je vous prie de pardonner mes mots précédents. 
La jeune femme garda le silence un instant et pencha la tête d'un air songeur en fixant le sol, avant de relever brusquement les yeux qu'elle planta dans le regard de Louis. Si elle se doutait que peut-être souhaitait-il un peu plus que de l'amitié avec mademoiselle de Longueville, elle ne pouvait se résoudre à lui en tenir rigueur.
- Soit. Vous êtes pardonné, répondit-elle en haussant les épaules. Mais vous vous doutiez que je n'allais pas pouvoir vous en vouloir bien longtemps, ajouta-t-elle avec un grand sourire qui revenait enfin sur ses lèvres.

Elle se laissa prendre par la hanche lorsque Louis vint vers elle pour la mener un peu plus loin encore dans le labyrinthe. Bien qu'elle n'appréciait que peu le sujet qu'il avait voulu aborder, elle ne pouvait garder son humeur boudeuse bien longtemps. En un regard et avec quelques mots gentils, il pouvait l'amadouer en un instant et lui faire oublier sa petite colère passagère. Car après tout, quand elle était avec lui, elle voulait avant tout profiter de sa présence et non pas s'entêter à trouver des problèmes là où il n'y en avait pas. Bianca avait ses défauts, Louis avait les siens et ils s'en accommodaient bien tous deux. A présent, l'affaire Noirange tout comme celle Longueville était classée et peut-être pourraient-ils enfin aborder un autre sujet que ceux qui pouvaient fâcher. C'est donc pleine de bonne humeur qu'elle se remit à marcher sans se soucier, comme semblait le faire Louis, de quel espion imaginaire pourrait bien lui suivre. La prudence était évidemment primordiale compte tenue de la nature de leur relation, mais tout de même... Après tout, Simon n'était pas paranoïaque au point de faire suivre sa charmante femme !


- Je n’ai pas voulu m’immiscer dans vos affaires avec cette Noirange, Bianca. Je suis simplement…méfiant de cette femme. Dieu seul sait ce qu’elle à en tête, mais je sais, moi, ce qui traverse parfois la votre Vous avez parlé d’une aide…me pardonnez-vous assez pour m’en dire la teneur ?

Décidément, il ne voulait pas lâcher la chose... Et puis comme si elle n'avait que des mauvaises idées ! A l'entendre on dirait qu'elle était la dernière des idiotes, tout bonnement incapable de faire bien les choses. Mais quand elle y mettait un peu de volonté, il lui arrivait de les faire plus que correctement. Bianca s'arrêta alors net et se tourna vers Vivonne en fronçant les sourcils. Mais finalement, même si elle n'avait que moyennement envie de se confier à lui maintenant, viendrait bien un moment où il faudrait lui en parler car si ce n'était pas de la bouche de Bianca, quelqu'un pourrait bien venir le lui apprendre. A Versailles, tôt ou tard tout se savait et si l'on ne voulait pas blesser ses proches autant jouer la carte de l'honnêteté tant qu'il en était possible. Et puis, elle se délesterait d'un poids qui commençait à se faire pesant une fois qu'elle l'aurait mis au courant de l'affaire qui la liait à Noirange.

- Bien. Mais si je vous confie l'objet de son aide, promettez-moi de garder cela pour vous.
-Vous me savez aussi muet que la tombe de nos ancêtres, Bianca, pourquoi ne pas m’avoir demandé cette aide ? Cela ne touche pas d’affaire trop importante, j’espère ? Vous savez pourtant qu’il m’est possible de demander quelques exceptionnelles faveurs.

Il était vrai que Louis était un ami proche du roi et qu'il devait avoir bien des avantages. Mais dans le cas présent, il se serait sans doute contenté de lui faire une leçon de morale et aurait refusé de l'aider. Enfin... A vrai dire elle n'en savait rien... De toute façon, la question ne se posait pas puisqu'elle avait trouvé un tout autre moyen d'obtenir ce qu'elle voulait sans avoir à se traîner à ses pieds pour le supplier de faire marcher ses relations. Peut-être était-il un tant soit peu vexé, mais Bianca pouvait très bien se débrouiller seule et n'avait pas besoin que quelqu'un surveille ses moindres faits et gestes comme le duc semblait vouloir le faire.
Elle mordilla sa lèvre inférieure et se mit à jouer machinalement avec une mèche de cheveux qui tombait négligemment de sa coiffure. Si elle savait qu'elle pouvait faire confiance à Louis qui jamais ne trahirait un de ses secrets, elle n'en était pas moins quelque peu anxieuse, ayant peur qu'il se trouve déçu de toutes ces cachotteries. Car après tout, tenter d'annuler un mariage n'était pas quelque chose d’anodin qu'on pouvait « malencontreusement » oublier de mentionner à ses proches. Il lui en voudrait sûrement un peu de ne pas lui avoir demandé conseil ou du moins de ne pas lui en avoir touché un mot... Et puis, elle ne pouvait pas se targuer d'être de marbre face aux remarques que pourrait bien lui faire le jeune homme. Il avait le don de pouvoir la raisonner et la faire changer d'avis en un clin d’œil pourvu qu'il emploie le ton adéquate. Mais aujourd'hui, il était hors de question de se laisser manipuler par ses beaux yeux et son sourire charmeur !
Elle fit un pas en arrière et se retourna pour faire dos à Louis le temps de réfléchir quelques secondes sans sentir son regard sur elle. Pendant un instant encore, elle hésita à lui concocter un beau mensonge qui lui ferait éviter cet épineux sujet, mais sachant que la fuite n'était pas la solution, elle se résolut à avouer.

- Eh bien... Important est un bien grand mot. Il ne s'agit pas non plus d'une affaire d'Etat, commença-t-elle en lui faisant de nouveau face avec un sourire forcé et plein de gêne comme le soulignaient d'ailleurs ses joues quelque peu plus rouges qu'à l'habitude. Il s'agit simplement de mon mariage. Elle marqua une pause et commença à mordiller machinalement l'ongle de son pouce avant de reprendre avec une toute petite voix. Que je voudrais faire annuler avec l'aide de madame de Noirange... Je comptais vous le dire sous peu.

Bianca mis les mains dans les dos et dessinait avec son pied de petits ronds invisibles sur le sol, comme aurait fait une enfant qui avouait à ses parents que c'était bien elle qui avait cassé le vase en porcelaine. Elle leva à peine les yeux du sol, juste suffisamment pour voir quelle pourrait être la réaction de Louis qui ne devait pas être loin de la crise cardiaque. Intérieurement, elle se préparait à ce qu'il prenne son ton moralisateur pour lui faire une liste de toutes les raisons pour lesquelles elle devrait oublier sur le champ cette idée saugrenue. Mais au fond, elle était sûre que tout ce qu'il pourrait bien lui dire ne risquait pas de la faire changer d'avis ! Après plusieurs années en tant que duchesse de Brabant, elle voulait retrouver l'entière liberté qu'on lui avait confisquée en la mariant à cet homme absolument détestable. Beaucoup diraient qu'elle faisait des montagnes de peu de choses mais elle se moquait bien du point de vue de toutes ces vieilles marquises et autres baronnes qui avaient enterré leur maris depuis belle lurette.

- Vous ne m'en voulez pas trop de vous l'avoir caché, n'est-ce pas, demanda-t-elle en faisant un pas vers lui avec de grands yeux censés l'amadouer ?
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MessageSujet: Re: Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart]   Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart] Icon_minitime29.07.12 14:18

Ah qu’il pouvait devenir difficile d’amadouer une femme du tempérament de Bianca ! Elle si fière, parfois même impudente ! Les barrières de Louis avaient certainement cédé pour ces petits travers qu’il aimait tant et aujourd’hui, il pâtissait encore de sa faiblesse. S’en rendait-il seulement compte ? Si tel était le cas, sa capacité à imiter l’autruche l’empêchait de l’avouer !
Vexé, il l’avait été et il n’avait pu s’empêcher de le faire comprendre à la duchesse…et le regard de celle-ci le fit presque culpabiliser au point de revenir sur sa remarque. Une fois encore, elle parvenait à ses fins, peut-être même involontairement. Mais l’homme était gentilhomme avant d’être amant et il s’efforça de garder sa ligne de conduite : Bianca avait agit sans lui, sans même le concerter ! Elle avait porté un rude coup à sa fierté masculine et en cela, il se devait de ne pas flancher devant l’adorable regard de Bianca.

Il lâcha un petit soupir, ne sachant réellement comment agir. Il se sentait presque comme un grand frère face à une petite sœur tourmentée. Il aurait vu le visage d’Athénaïs que cela ne changeait la donne. A la seule différence que ce qu’il ressentait pour Bianca était bien différent des sentiments fraternels qui le liaient à sa cadette. Bianca était bien plus que ces jeunes femmes qu’il séduisait pour sa gloire personnelle et la sentir soudainement ennuyée, presque gênée face à lui le fit se sentir à nouveau presque coupable.
Silencieusement, il observa le manège de la duchesse, se retenant d’aller vers elle. Si elle prenait cette distance, il ne fallait rien rompre et si proche d’entendre ce qu’elle lui cachait, Louis ne voulait pas la pousser à se rétracter et à changer d’avis.
Sur ce point, les préceptes du roi François 1er lui restaient en mémoire ! « Souvent femme varie… »

Bianca tourna le dos au duc, le laissant perplexe et songeur. Qu’avait donc t’elle fait pour qu’elle se montre aussi ennuyée ? Il leva un sourcil inquisiteur.
-Vous m’inquiétez presque, Bianca…qu’avez-vous donc fait, pardieu ?
Il s’avança d’un petit pas avant de s’arrêter à nouveau face aux hésitations de la duchesse.
- Eh bien... Important est un bien grand mot. Il ne s'agit pas non plus d'une affaire d'Etat. Il s'agit simplement de mon mariage.
-Vraiment, je sus presque inquiet, répéta-t-il d’une petite voix avant de froncer le sourcil. Il était assez bien placé pour savoir que son union avec Brabant battait de l’aile ! Il sentit un court instant cette poigne de frayeur lui saisir l’intestin : et si cette Noirange menaçait de tout révéler à Simon ? Si Bianca avait fait une gaffe monumentale ? Mais il n’eut pas le temps de lui couper la parole, Bianca leva ses doutes.
-…que je voudrais faire annuler avec l'aide de madame de Noirange... Je comptais vous le dire sous peu.

Louis se stoppa dans son élan, comme figé dans son geste. Les yeux écarquillés sur Bianca, la bouche entr’ouverte prête à répliquer sans pourtant ne laisser passer aucun son, il demeura ainsi quelques courtes secondes, juste le temps de digérer l’annonce.
Il se ressaisit, secoua la tête comme pour essayer de remettre quelques idées en place. Annuler son mariage ?! Avec Brabant ? Il avait du mal entendre….c’était certainement cela. Une petite erreur de compréhension…un malentendu.
-Je….commença-t-il sans trouver les mots adéquats. Je…suis…abasourdi, parvint-il à articuler.

Se rendait-elle compte de l’énormité de l’affaire ?! Elle était là, les joues rosies et les yeux bas, dessinant de petits ronds sur le sol telle une enfant punie…Elle paraissait soudainement si douce, si perdue et adorable qu’il voulu lui pardonner cette monumentale gaffe et la prendre dans ses bras. Mais elle semblait aussi à de nombreuses lieues du véritable problème…si loin que s’il devait être coupable d’une chose, ça serait celle de se taire.
Il toussota légèrement pour reprendre contenance et le sourcil levé dans un regard compatissant, il se rapprocha de la jeune femme alors qu’elle levait vers lui ce petit regard de chatte innocente.
- Vous ne m'en voulez pas trop de vous l'avoir caché, n'est-ce pas ?

Que répondre à cela ?! Comment gronder une si délicieuse enfant ?
Il lui adressa un sourire confiant et lui prenant la main, la serra fortement avant d’embrasser les doigts fins de la duchesse.
-S’il n’y avait que cela, Bianca, commença-t-il d’une voix assurée. Il remonta son regard vers elle avant de détourner à nouveaux les yeux, cherchant comment annoncer la vérité crue sans la brusquer ou la pousser à se sentir idiote. Ménager Bianca était devenu une tâche si naturelle pour Louis qu’il ne s’en rendit même pas compte.
-Je crois que l’affaire est plus importante que cela, poursuivit-il. Pour annuler un mariage, il faut des preuves solides, comme une non-consommation. Et sur ce point, on ne peut dire que vous soyez innocente, ajouta-t-il dans un sourire amusé. Ou une trahison, mais cela touchera les deux parties et vous savez que mon amitié pour votre époux m’empêchera de vous laisser faire. Et le….les sentiments que j’ai pour vous me pousseront à la même réserve.
Il serra un peu plus les doigts de Bianca dans ses mains pour l’assurer de ses dires et la réconforter sur ce point.
-Cette Noirange a certainement des relations pouvant vous aider à cette annulation, j’en suis certain, mais réfléchissez d’abord aux conséquences que cela inclura. Peut-être même vous éloigneront-elle de la cour de France. Il ponctua sa phrase par un regard appuyé ; si Bianca quittait la cour, elle le quittait également et même la présence d’Antoinette ou d’une Longueville ne pourrait combler cette absence. Il adorait bien trop Bianca pour la voir quitter Versailles pour une telle affaire.
-Je ne sais ce que vous lui avez donné en échange pour qu’elle travaille ainsi pour vous, mais enfin, il y a une dernière chose qui me pousse à croire qu’elle s’est allègrement joué de vous.

Il se tu, cherchant ses mots une petite seconde.
-Cette Noirange est entièrement baignée dans l’Eglise catholique. Et votre mariage est protestant, Bianca. Elle ne peut rien y faire, et je doute qu’elle l’ignore.
Il eu un regard mêlé de compassion et d’excuse. Loin de lui la volonté de la prendre pour une idiote de salon, mais sur cette affaire, en toute objectivité, elle s’était fourvoyée sur tout le chemin.

Il lui lâcha enfin les mains, faisant quelques pas distraits les mains croisées dans le dos, en pleine réflexion.
-Je ne sais quel est son intérêt à s’être ainsi jouée de vous, mais ce qui est certain, c’est qu’elle a un intérêt particulier sur votre secret, ou sur ce que vous lui avez confié. Elle tient à ce que vous vous taisiez sur ce point.
Il s’arrêta dans sa marche et se retourna vers elle, le sourcil froncé.
-Je ne puis vous demander de me livrer ce qui vous lie, mais j’ai peur qu’elle n’utilise ce qu’elle sait sur vous pour un possible chantage. Qui sait ce que ce genre de personne peut avoir en tête !
Il revint vers elle, oubliant toutes ses cachotteries et les silences qu’elle avait eu envers lui.
-Si elle se décide à rompre son secret, il nous faudra être plus prudents encore, Bianca, termina-t-il d’une voix grave. Je ne voudrais que vous soyez victime de notre imprudence. Ma tête est protégée par le roi, mais la votre, ici, n’est pas à l’abri du courroux de votre époux. Je ne veux être responsable d’un malheur. Voyez-vous comment nous pourrions nous assurer du silence de Noirange ?

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MessageSujet: Re: Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart]   Pourquoi comploter seule lorsqu'on peut le faire à deux? [Bianca & Mortemart] Icon_minitime30.09.12 19:34

Bien qu'il manqua de s'étrangler en apprenant la nouvelle, les yeux doux de Bianca eurent l'effet escompté et Louis n'eut pas la mauvaise idée de lui reprocher cette cachotterie. Sa stupeur passée, elle se rendait cependant compte que son amant semblait préoccupé et ce malgré l'attitude sereine qu'il se forçait à conserver.

-Je crois que l’affaire est plus importante que cela. Pour annuler un mariage, il faut des preuves solides, comme une non-consommation. Et sur ce point, on ne peut dire que vous soyez innocente.
Soit... Il serait en réalité quelque peu difficile de prouver que Bianca était une oie blanche. Mais il ne devait pas être bien difficile de trouver une sage-femme peu professionnelle qui contre quelques pièces pourrait coucher par écrit un petit mensonge. Elle se tut sur ce point et laissa Louis continuer tout en le regardant dans les yeux. 
- Ou une trahison, mais cela touchera les deux parties et vous savez que mon amitié pour votre époux m’empêchera de vous laisser faire. Et le….les sentiments que j’ai pour vous me pousseront à la même réserve.
- Peut-être s'agit-il d'un ambitieux projet, mais elle m'a assuré de son aide.
-Cette Noirange a certainement des relations pouvant vous aider à cette annulation, j’en suis certain, mais réfléchissez d’abord aux conséquences que cela inclura. Peut-être même vous éloigneront-elle de la cour de France.
- Ce ne serait au pire que temporaire, répondit-elle sur un ton qui la convainquait pas elle-même. La grenouille de bénitier l'avait elle aussi mise en garde à ce propos, mais elle voulait se persuader qu'elle ne pourrait pas partir bien longtemps. Quitter la France et surtout quitter Louis lui arracherait une partie du cœur, mais n'être aux yeux de son époux qu'une simple idiote incapable de lui donner un fils lui pesait trop. Et quand bien même elle ne serait pas accueillie les bras ouverts au Danemark, Frédéric ne pourrait décemment pas lui fermer les portes du palais. Puis quand tôt ou tard quand il commencerait à se lasser de la présence de Bianca, elle pourrait revenir en France car l'affaire aurait bien fini par se calmer. Elle n'en aurait que pour quelques mois tout au plus.

-Je ne sais ce que vous lui avez donné en échange pour qu’elle travaille ainsi pour vous, mais enfin, il y a une dernière chose qui me pousse à croire qu’elle s’est allègrement joué de vous.
-Que voulez-vous dire, lui demanda-t-elle d'une petite voix et levant vers lui de grands yeux étonnés.
-Cette Noirange est entièrement baignée dans l’Eglise catholique. Et votre mariage est protestant, Bianca. Elle ne peut rien y faire, et je doute qu’elle l’ignore.

En entendant ces mots, Bianca eut la sensation que son cœur allait s'arrêter de battre. Un coup venait de s'abattre sur elle, brisant net toutes ses belles illusions. Il avait raison depuis le début, c'était tout bonnement impossible. Incrédule quelques secondes durant, elle eut ensuite vite fait de réaliser la stupidité de son idée. Aveuglée par une chimère, pas un instant il ne lui avait traversé l'esprit que cette Noirange puisse être catholique. Jamais ce détail primordial ne lui avait sauté aux yeux. En se rendant compte de son idiotie, du fait qu'on s'était joué d'elle aussi facilement, elle fut partagé entre l'envie de pleurer et de crier sa colère. Sa désillusion était au moins égalée par la rage qu'elle éprouvait d'avoir été dupée de la sorte.
Elle regarda Vivonne lâcher ses mains et recommencer à faire les cent pas.

- Pourquoi aurait-elle fait cela, soupira-t-elle tant pour elle que pour le duc. Elle n'en revenait toujours pas et une seule question trottait dans son esprit : pourquoi ? Elle ne saisissait pas en quoi se jouer d'elle pouvait être d'un intérêt quelconque si ce n'était s'amuser à lui donner de faux espoirs.
-Je ne sais quel est son intérêt à s’être ainsi jouée de vous, mais ce qui est certain, c’est qu’elle a un intérêt particulier sur votre secret, ou sur ce que vous lui avez confié. Elle tient à ce que vous vous taisiez sur ce point. 
- Tout comme je souhaite qu'elle se taise à notre propos.
-Je ne puis vous demander de me livrer ce qui vous lie, mais j’ai peur qu’elle n’utilise ce qu’elle sait sur vous pour un possible chantage. Qui sait ce que ce genre de personne peut avoir en tête !
Elle ne répondit pas et se contenta de regarder ses pieds d'un air absent.
- Si elle se décide à rompre son secret, il nous faudra être plus prudents encore, Bianca. Je ne voudrais que vous soyez victime de notre imprudence. Ma tête est protégée par le roi, mais la votre, ici, n’est pas à l’abri du courroux de votre époux. Je ne veux être responsable d’un malheur.
Bianca osait à peine penser aux conséquences que pourrai avoir la découverte de leur infidélité. Simon était un mari pitoyable mais un mari possessif qui pourrait être capable du pire. Cette peur ajoutée à la déception et la jeune femme sentait à présent quelques larmes venir se nicher aux coins de ses yeux. Elle tourna le dos à Louis une seconde, le temps d'essuyer ses yeux d'un doigt avant qu'une goutte ne vienne perler sur ses joues, tout en se maudissant intérieurement d'être aussi faible. Elle prit une profonde inspiration pour se forcer à se calmer et à se maîtriser avant de refaire face au duc.

- Voyez-vous comment nous pourrions nous assurer du silence de Noirange, lui demanda-t-il alors.
- Je suppose que si je me tais à son propos, elle gardera pour elle ce qu'elle a pu voir...
Après tout, il aurait sans doute été dangereux pour cette bigote que sa véritable identité soit révélée au grand jour. On ne se cachait pas aux yeux de tous sans une raison valable, sans que derrière ce faux nom ne se cache un lourd secret.
- Si vous saviez comme je m'en veux d'avoir été assez idiote pour la croire digne de confiance.
En disant ces mots, elle se rapprocha de Vivonne et vint passer ses bras autour de son cou avant de laisser reposer sa tête sur son épaule. Elle oublia un instant qu'ils n'étaient pas impossible qu'ils soient vus. Tant pis. Elle voulait simplement trouver un peu de réconfort grâce à cette étreinte qui ne dura finalement pas bien longtemps. Après quelques secondes de calme qui pourtant lui parurent une éternité, Bianca fut rattrapé par la situation et eu vite fait de faire un pas en arrière d'un air furibond.

- Mais cette... sorcière, mérite de brûler en enfer et si je le pouvais, je l'y enverrai moi-même ! Et vous m'y aiderez, n'est-ce pas ? De la bouche de Bianca, cela n'avait pas vraiment l'air d'une question. Têtue qu'elle était, la blondinette n'aurait pas pris un non pour une réponse.
- Je refuse de fermer l’œil tant qu'elle n'aura pas payé ce qu'elle m'a fait,
affirma-t-elle d'un ton décidé. Je ne sais pas encore comment m'y prendre, mais je lui rendrai la monnaie de sa pièce.
C'était décidé, cette bigote ne s'en tirerait pas de si bon compte. Bianca n'était peut-être qu'une courtisane parmi tant d'autres, mais elle refusait de se laisser marcher sur les pieds.

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