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 [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre

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MessageSujet: [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre   [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre Icon_minitime05.03.12 21:59

[Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre F1csd5 & & [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre 2vun253



« … Accoudée à son balcon, Fiona leva son gracieux visage baigné de la lumière de la Lune et inspira profondément. Tous les arômes de sa tendre Irlande emplirent ses poumons dans un torrent de sensations, et le bonheur indescriptible qu’elle ressentit à cet instant ne saurait être comparé à aucun autre au monde. Une nuée de papillons dansa au creux de son ventre et elle porta sa délicate main à sa bouche pour retenir un cri de joie alors que ses yeux brillaient plus encore que les étoiles qui, là-haut, n’avaient jamais été plus étincelantes qu’en cette merveilleuse nuit. Cette nuit où enfin, Fiona était de retour chez elle. »

Imitant inconsciemment l’héroïne de l’histoire dont elle venait d’achever la lecture, la comtesse de Clifden porta les doigts à ses lèvres comme pour les clore et étirer encore un instant cette minute de magie que constituait toujours la fin d’une histoire qu’ l’on a appréciée. Elle ferma brièvement les yeux puis les rouvrit et jeta un regard ému à celle qui venait de lui offrir cette émotion si particulière et posa une main sur son cœur.

« Madame de Sola, je ne sais comment vous remercier… C’est un si joli texte, et quand je pense que vous l’avez écrit spécialement pour moi… »

Assise en face de la comtesse, Helle souriait et rit même lorsque l’auditoire, qui avait eu droit à la lecture du texte en direct, applaudissait chaudement la performance de l’auteure. L’année 1666 touchait à sa fin, et faute de pouvoir sortir à cause du froid, nombreux étaient les nobles qui organisaient chez eux de petites réunions, des cercles littéraires ou de discussion avec leurs amis proches et les gens qui partageaient leurs goûts et leurs divertissements. La comtesse de Clifden, qui avait rencontré Helle lors d’un court séjour en Suède quelques années auparavant, avait absolument tenu à l’intégrer à son cercle d’amis aussitôt qu’elle avait appris la présence de la danoise à Versailles. Intégration qui s’était déroulée avec une simplicité remarquable, la comtesse étant une grande amatrice de poésie et de littérature bien que n’écrivant pas elle-même et préférant écouter les hommes et femmes de lettres parler qu’exprimer elle-même son opinion. Elle disait avec humour qu’inviter tous ces gens talentueux chez elle lui donnait l’impression de faire partie de leur monde et d’un jour pouvoir comprendre ce qu’il se passait dans leurs drôles de cerveaux et qu’elle adorait ça. Personnalité un peu frivole mais terriblement sympathique selon Helle qui n’avait fait aucune difficulté et était devenue l’une de ses bonnes amies en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire. C’est donc tout naturellement qu’en apprenant que la comtesse ne pouvait rentrer en Irlande pour la naissance de son neveu que Helle avait pris la plume et écrit ce texte spécialement à son intention, espérant avec ses moyens bien à elle lui redonner le sourire. Au vu de son expression, c’était un succès !

« C’est la première fois que je suis l’héroïne d’une histoire ! N’est-ce pas terriblement excitant, monsieur de Saville ? » s’enthousiasmait-elle encore en se tournant vers l’un des autres convives, qui dédia un sourire à Helle. « Vous avez le chic pour raconter les histoires, ma chère baronne ! Les inventez-vous toutes vous-même ? » « Oh non monsieur le marquis, je triche ! » répondit-elle en prenant un air faussement coupable. « Quand je rencontre quelqu’un de particulièrement intéressant ou que j’entends une histoire qui me plaît, je n’hésite pas à me l’approprier pour en faire ce qui me plaît ! » « S’inspirer de son entourage, c’est une très bonne astuce. D’ailleurs si vous aimez les personnalités atypiques et les histoires qui sortent du commun, je crois avoir la personne qu’il vous faut ! » « Vous éveillez ma curiosité. De qui parlez-vous ? » « Avez-vous entendu parler d’un certain Silvestre de Lévis ? »

Helle eut une moue perplexe et secoua négativement la tête. Saville parut ravi de pouvoir apprendre quelque chose à la jeune femme et ne se fit pas prier, lui expliquant qu’il l’avait rencontré pour la première fois la veille mais que c’était quelqu’un de remarquable. Un voyageur infatigable, qui a vu le monde et passé huit ans en Nouvelle-France, avouez que ce n’est pas commun ! Il avait vu les tribus locales, entendu la langue, vu les paysages… En plus de cela c’était un homme charmant et plein d’esprit, nul doute qu’elle s’entendrait à merveille avec lui… A mesure de Saville avançait dans ses explications, Helle sentait la curiosité et l’intérêt monter en elle. Un voyage qui avait vu le Nouveau-Monde ? Il n’en fallait pas plus pour que son imagination débridée ne se mette en route !
Voyant cette lueur briller dans les yeux bleus sombres de la jolie danoise, le marquis esquissa un sourire et lui demanda :

« Voudriez-vous que je vous le présente ? » « Est-il besoin de le dire à voix haute, mon cher Saville ? »

[…]

« Après vous, baronne. »

Précédant donc le marquis de Saville le lendemain de cet épisode, Helle entra dans le salon de Diane où ce soir-là l’on tenait appartement. Les convives étaient déjà nombreux à se grouper autour du buffet, des tables de billard ou de jeux et la bonne humeur avait l’air d’être au rendez-vous. Jetant des regards curieux autour d’elle, Helle ne vit personne de sa connaissance mais ne perdait pas une miette de ce qu’elle voyait pour tenter de deviner lequel de ces messieurs pouvait bien être l’homme dont lui avait parlé son camarade de salon. Ce dernier après avoir serré la main d’un vieil ami s’approcha d’elle et se pencha à son oreille pour chuchoter :

« Alors ma chère, lequel de ces gentilshommes est selon vous le vicomte de Lévis ? »

Arborant une mince extrêmement concentrée, Helle parcourut l’assemblée des yeux, éliminant d’offices les personnages qui ne lui plaisaient guère par leur mine de chafouin, ainsi que les hommes trop âgés –il lui avait dit que le vicomte était à peine plus âgé qu’elle. Après quelques minutes de réflexion, son choix se restreignit à trois hommes : l’un était debout près de la fenêtre et regardait au dehors un verre à la main, un autre conversait avec deux jeunes femmes vêtues de manière pratiquement identiques, et le dernier se concentrait sur un coup à ne pas manquer à la table de billard. Elle les montra discrètement l’un après l’autre à son compagnon, qui hocha la tête d’un air admiratif.

« Bravo ! Notre homme est effectivement un de ces trois-là, décidément vous ne cesserez de m’étonner… Suivez-moi ! »

Très fière de sa performance, Helle suivit le marquis vers l’homme qui se tenait près de la fenêtre. Grand et élancé, vêtu avec élégance et le teint basané probablement à cause de ses années de voyage, il répondait exactement à l’image qu’elle s’en était fait dans sa tête en attendant de pouvoir le rencontrer en personne. Ils n’étaient qu’à deux mètres de lui quand Saville lui fut dérobé par une ravissante jeune femme d’à peine vingt ans que Helle identifia comme l’une de ses –nombreuses- admiratrices. Il fallait dire qu’il était beau parleur et galant homme, bien que la danoise soit l’une des rares à résister à son « charme dévastateur » comme il disait lui-même en plaisantant. En attendant, voilà qu’elle n’avait plus personne pour la présenter à son voyageur ! Retenant un soupir contrit, elle hésita un quart de seconde… Puis franchit les derniers pas qui le séparaient d’elle et l’aborda avec son plus charmant sourire comme pour se faire pardonner de ces manières quelque peu cavalières.

« Monsieur de Lévis ? Je vous présente toutes mes excuses de vous adresser la parole ainsi sans vous avoir été présentée dans les règles mais… » Elle eut un geste du menton vers Saville qui roucoulait quelques mètres plus loin. « Le gentilhomme qui aurait dû s’en charger m’a lâchement abandonnée. Dans ces circonstances, me pardonnerez-vous ? »

Sans se départir de sa bonne humeur, elle esquissa une révérence et releva les yeux vers lui.

« Baronne Helle de Sola, enchantée de vous rencontrer. »
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Silvestre de Lévis

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Âge : 27 ans
Titre : Vicomte de Vauvert, Seigneur de La Voulte et Beauchastel, Commandant du Soleil Royal (marine royale)
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MessageSujet: Re: [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre   [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre Icon_minitime10.03.12 17:06

Versailles était bien loin de tout ce que j’avais imaginé, de près ou de loin d’ailleurs. Bien plus beau que dans toutes les descriptions qu’on m’en avait faites, majestueux, immense… S’il avait cet effet sur les sujets de notre roi Louis XIV, je me demandais bien comment réagissaient les étrangers. Pour en imposer, il en imposait vraiment… Le rayonnement de Louis XIV était sans borne. On pouvait presque dire que le soleil ne se couchait jamais sur l’empire français. Jusqu’au fin fond des forêts canadiennes, ils avaient entendus parler des français et de leur roi magnifique, puissant, pour avoir réussi à faire traverser la mer à autant d’hommes et venir à la rencontre des populations indiennes. Même si nous n’avions pas du tout la même philosophie qu’eux, ils comprenaient bien qu’il faudrait désormais compter avec les européens. Même s’ils avaient bien plus à nous apprendre que nous avions à leur enseigner, contrairement à ce que croyaient les trois quart des jeunes gens arrivés à Montréal et Québec par les derniers bateaux. Comme je l’avais cru moi-même à mon arrivée là-bas. Et pourtant, un groupe deux fois moins nombreux d’indiens pouvait mettre en déroute de la manière la plus efficace qui soit un contingent bien armé de l’armée française ou de l’armée anglaise, et ce sans la plus petite difficulté. Leur médecine aussi, était très performante, à base de plantes et d’essences animales, j’en avais fais les frais. Combiner leur culture et la nôtre pouvait nous servir de la meilleure des manières.

Il n’y avait qu’à voir comment mes pensées avaient dérivé sur cette terre que je sentais plus mienne que la terre de France pour voir à quel point elle me manquait. Ici je ne me sentais pas à ma place. Il n’y avait qu’à sentir l’ambiance de l’hôtel particulier pour le savoir. Louis-Charles m’évitait – et c’était sans doute mieux pour nous deux – ma mère sursautait à chaque fois que j’entrais dans une pièce où elle se trouvait, comme si elle avait oublié que j’étais revenu, à croire qu’elle avait peur que je brise le fragile équilibre qu’elle avait réussi à maintenir avec son beau-fils et ma sœur… Quand à ma sœur, justement… Marguerite était toujours la même, désinvolte, insouciante, elle n’attendait qu’une chose, se marier, et vu les dettes de Louis-Charles, ce n’était pas pour tout de suite. C’était d’ailleurs un miracle que l’engagement n’ait pas encore été brisé. Comme celui qu’il avait avec sa propre fiancée. Il avait de la chance dans son malheur. Je me demandais si notre père se retournait dans sa tombe en ce moment même. Le pauvre, il ne l’aurait surement pas supporté. Je faisais surement preuve de lâcheté en voulant m’enfuir à tout prix à l’autre bout du monde au sens propre du terme mais je me devais d’attendre un ordre écrit du marquis de Fresne, ministre de la Marine, pour avoir le droit à n’importe quel déplacement officiel, et un ordre de mission pour aller avec. Le désavantage de la charge… Il y avait vraiment de quoi désespérer…

Pour faire plaisir à ma mère, et ne pas avoir l’air de tourner comme un lion en cage, j’avais accepté de participer à cette soirée d’appartement, où il serait plus facile de rencontrer des relations et de s’en faire connaitre. J’avais beau crier que je n’en avais pas besoin, que je ne resterais pas assez longtemps, rien n’y faisait. Il fallait que je m’occupe de toute façon, et j’en aurais bientôt fini d’apprendre le parc par cœur à force de m’y promener à cheval. A part ça et le cercle d’escrime, il n’y avait pas grand-chose à faire ici. L’action et la liberté de la Nouvelle France me manquaient atrocement. Aucun moyen de s’échapper sans être congédié, là encore, par de Fresne, qui avait à peine prêté attention à mes propos lors de notre entretient. J’avais beau adorer raconter mes histoires, cela commençait à devenir un peu lassant de le faire à chaque fois que je sortais, et ce soir n’allait encore pas y faire exception. Heureusement pour moi, il n’y avait encore pas tant de monde que ça à mon arrivée, et je pus rapidement aller me réfugier dans une encoignure de fenêtre, loin des regards et loin des curieux. S’il fallait se mettre à écouter toutes les histoires que tout le monde racontait sur tout le monde, j’allais y passer la nuit, ce qui n’était pas mon intention. Les rumeurs, c’est fou ce que c’est drôle… quand on connait les concernés. Ce qui n’était pas encore vraiment mon cas.

Pour ce soir, je comptais juste faire acte de présence avant de m’enfuir discrètement, à pas de loup, doutant sincèrement de l’intérêt de la soirée à mes yeux. Non, vraiment, qu’y ferai-je ? Il n’y avait personne de ma connaissance en approche, et faire tapisserie n’avait jamais été ma tasse de thé, même si j’étais loin d’être timide… J’étais entrain de me perdre dans la contemplation du magnifique parc quand une voix féminine et fluette me fit sortir de mes pensées :

-Monsieur de Lévis ?

Je tournais vivement la tête pour détailler la jeune femme, plutôt petite, aux cheveux châtains tirant sur le blond, et une mine d’ange avec des yeux malicieux. La soirée venait soudain de s’éclairer d’un charme nouveau, et pas des moindres.

-Je vous présente toutes mes excuses de vous adresser la parole ainsi sans vous avoir été présentée dans les règles mais…

Elle me désigna un homme un peu plus loin, en discussion avec une jeune femme bien plus jeune que lui. Ce bon vieux Saville n’apprendrait jamais à courtiser des femmes de son âge… Quoi qu’avec sa fortune, on ne peut rien se refuser.

-Le gentilhomme qui aurait dû s’en charger m’a lâchement abandonnée. Dans ces circonstances, me pardonnerez-vous ?

Elle se fendit d’une révérence, me révélant son nom par la même occasion :

-Baronne Helle de Sola, enchantée de vous rencontrer.

Connaissant Saville, j’aurais pu imaginer qu’elle avait fait partie de ses conquêtes. Il était habile homme, après tout. Mais elle était charmante et j’aurais eus mauvaise grâce de la rabrouer, bien au contraire, je tendis la main pour y prendre la sienne alors que je me penchais pour la saluer, et déposer un baiser sur sa peau douce avec un léger sourire.

-Le Marquis n’aurait pu me faire plus grand plaisir que de vous laisser pour moi seul, Baronne. Je suis enchanté de vous rencontrer.

Je jugeai inutile de rectifier le titre, ça aurait été présomptueux et je préférai les choses simples, bien loin des fioritures de cour.

-Que puis-je faire pour vous ? A moins qu’il soit habituel de vouloir vous faire présenter aux officiers de marine ? la taquinai-je gentiment.

Mais j’étais curieux de savoir pourquoi une jeune femme, étrangère de surcroit, le patronyme ne me paraissant pas très français, pas plus que le prénom, avait voulu se faire présenter à mon insignifiante personne…

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MessageSujet: Re: [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre   [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre Icon_minitime02.04.12 13:25

Helle pouvait l’avouer sans grande honte, elle aimait la vie mondaine. Contrairement à certaines prudes qui s’enfermaient dans leurs chambres sans voir personne ou se cachaient derrière un voile et n’adressaient jamais la parole à qui que ce soit, ou contrairement à certains de ces messieurs un peu excentriques qui fuyaient la société comme la peste, Helle aimait aller à la rencontre des gens, découvrir de nouvelles personnalités, échanger des idées. Elle n’était pas frivole et était loin de l’être, aussi si elle tombait sur des personnalités de ce genre, elle avait développé l’art de prendre la tangente, avec élégance bien entendu. Les ragots et les potins n’étaient pas non plus sa tasse de thé, bien que racontés avec humour et sans méchanceté ils pouvaient devenir amusants ; mais globalement, elle recherchait plutôt la compagnie des gens qui avaient quelque chose à raconter : les artistes, les poètes, les voyageurs, les personnes âgées qui avaient vécu et acquis une certaine expérience des choses. Appelez-les marginaux, originaux, excentriques, c’était avec eux qu’elle se sentait le plus à l’aise… Et Dieu soit loué, Versailles regorgeait de personnalités de ce genre dès qu’on savait faire le tri et mettre le doigt sur les bons contacts. Art auquel Helle avait appris à exceller dès son exil en Suède, environ dix ans plus tôt. Et le tout sans l’aide d’un mari pour servir de prétexte ou de barrière. D’où son absence de complexe à aborder le sieur de Lévis sans ce brave Saville qui avait trouvé compagnie ailleurs. A quoi bon s’inquiéter, de toute manière ? Elle avait beau avoir déjà vingt-six ans –Dieu que le temps passait vite- , elle avait gardé un visage d’enfant et sa taille minuscule n’arrangeait guère les choses. Elle avait plus l’air d’une toute jeune femme d’à peine vingt ans, elle que les épreuves auraient pu au contraire vieillir prématurément. A vingt-six ans révolus, elle n’avait donc aucune difficulté à s’intégrer ou se faire accepter à l’aide d’abord de son esprit lettré, ensuite par ses sourires, ses manières ingénument aimables, ses grands yeux bleus malicieux, et cet air de sympathique candeur qu’elle avait appris à cultiver et à contrebalancer par son érudition qu’elle savait mettre en avant au bon moment. Si être courtisane était un art, Helle n’avait rien à envier aux femmes qui l’entouraient en termes de maîtrise. La différence entre elles et certaines d’entre elles était qu’elle ne cherchait pas à se mettre en avant et préférait rester discrète. Elle se faisait assez remarquer avec son accent, autant ne pas en rajouter… Elle préférait s’illustrer dans ces sociétés littéraires ou son ami Racine l’emmenait régulièrement plutôt que ces grandes assemblées ou elle ne connaissait pas encore le tiers des gens présents. Helle n’était arrivée qu’il y a peu, et il lui restait encore beaucoup de progrès à faire avant de pouvoir estimer être une « habituée » de cette immensité que représentait la société Versaillaise.
Et ce vicomte voyageur, quel genre de personne était-il ? Depuis que Saville lui avait parlé de lui, il était au cœur de ses préoccupations et elle n’avait eu de cesse toute la journée de l’imaginer. Serait-il un excentrique qui aurait entièrement adopté le mode de vie des cultures qu’il avait rencontrées de l’autre côté de l’océan ? Ou au contraire un insupportable pédant qui n’aurait de cesse de se vanter des aventures qu’il aurait vécues là-bas, caché derrière son statut de colon ? Mais il semblait qu’on ait décidé de la surprendre ce soir : ce Lévis était plus jeune que ce à quoi elle se serait attendue, pensant avoir affaire à un vieux loup de mer d’environ quarante ans, les cheveux blanchis par le sel et les rides marquées par le vent. Mais il n’avait pas l’air beaucoup plus âgé qu’elle, était aussi brun que du bois d’ébène, et seul le soleil avait l’air d’avoir marqué sa peau. Tant mieux ceci dit, elle n’allait pas s’en plaindre : s’il était aussi galant que bel homme, le temps qu’elle allait passer en sa compagnie s’annonçait des plus agréables.

-Le Marquis n’aurait pu me faire plus grand plaisir que de vous laisser pour moi seul, Baronne. Je suis enchanté de vous rencontrer. Dit-il avec une amabilité qui le fit grimper dans son estime.

Saluant l’hommage d’une petite révérence et d’un sourire, Helle songea qu’effectivement, l’entretien aurait eu moins de charme avec Saville dans les parages. C’était un homme charmant, mais qui avait tendance à se mettre un peu trop en avant et à faire la conversation selon son envie. En somme, si Helle voulait en apprendre plus sur la Nouvelle-France, il valait mieux qu’elle soit en tête à tête avec Lévis et l’idée n’était pas pour lui déplaire.

-Que puis-je faire pour vous ? A moins qu’il soit habituel de vouloir vous faire présenter aux officiers de marine ?

Monsieur de Lévis maîtriserait-il donc l’art de la pique ? Décidément, ce jeune homme lui plaisait de plus en plus. Il n’y avait rien de pire que les hommes plus sérieux que des papes et dénués de toute once d’humour ; au moins celui-ci s’annonçait-il plein de promesses. Si en plus d’avoir des récits intéressants à lui conter il savait y mettre le ton et les formes, elle ne pouvait demander mieux ! Helle était de ces gens qui se forment rapidement une opinion première sur la personne qui leur fait face, et celle qu’elle se faisait de sa nouvelle connaissance était pour le moins positive, pour l’instant. Un jeune homme sympathique qui maîtrisait l’art de la conversation et dont les récits ne ressembleraient à aucun de ceux qu’elle a pu entendre jusqu’à maintenant, voilà qui était très très prometteur. Si l’entretien se déroulait aussi bien qu’il avait commencé, il faudrait qu’elle songe à remercier Saville et l’idée brillante qu’il avait eue là, même s’il l’avait laissée tomber au profit d’une de ses trop nombreuses conquêtes.

« S’il est vrai que les officiers de marine ont tous leur charme, j’ai pour ma part une préférence pour ceux qui voyagent vraiment ; ceux qui restent à Versailles et ne connaissent de leur destinations lointaines que la géographie et la cartographie ne m’intéressent guère. Manque de chance pour vous, on m’a dit que vous apparteniez à la première catégorie. Si passer un peu de temps en compagnie d’une obscure inconnue ne vous effraye pas… »

Laissant sa phrase en suspens, elle but une gorgée de la coupe de champagne qu’elle tenait à la main. Détachant son regard de lui, elle jeta un regard autour d’elle, observant l’assemblée peu nombreuse mais assez dense vu les dimensions de la pièce. Beaucoup de visages lui restaient inconnus alors qu’elle était arrivée depuis quelques semaines déjà ; qu’est-ce que ce devait être pour le vicomte qui venait de débarquer ! Se tournant de nouveau vers lui, elle lui désigna tout ce beau monde d’un léger mouvement du menton et lui dit :

« J’imagine que tout ceci est bien différent de ce que vous avez pu voir en Nouvelle-France. On dit que Versailles est unique en Europe, mais je n’aurais jamais cru qu’elle le serait autant. »

D’un geste du bras, elle engloba toute la salle ainsi que l’immense parc qu’ils pouvaient voir par la fenêtre. Puis, une lueur curieuse dans les yeux, elle lui demanda sur un ton interrogateur :

« Qu’en pensez-vous, Vicomte ? Je serais curieuse d’entendre l’opinion de quelqu’un qui a passé du temps si loin d’ici… Si je ne vous ai pas déjà fait fuir avec mon insatiable curiosité, accepteriez-vous de la satisfaire ? »

Et s’il disait non, et bien… Tant pis pour lui !
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MessageSujet: Re: [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre   [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre Icon_minitime07.04.12 13:46

Si Versailles était l’endroit le plus magnifique du monde, il fallait vraiment y voir là une question de goût. Certes, le palais royal en imposait, on ne pouvait pas dire le contraire, avec ses grilles dorées, ses sols de marbre, ses escaliers majestueux, et ses jardins à faire pâlir l’Olympe même. Mais je ne pouvais pas y retrouver le même charme que celui que j’avais laissé outre Atlantique. Les forêts, au milieu de l’été, donnaient un air féérique à ce pays méconnu encore, le soleil passant à travers les arbres faisant penser à quelque paradis sur terre, et le clapotis d’une source invisible au regard parachevait ce tableau enchanteur. Il n’y avait rien de mieux que de déambuler dans ces forêts à perte de vue, si denses et qui semblaient impénétrables, couvrant des milliers et des milliers de kilomètres carrés. Il ne fallait juste pas oublier que le danger pouvait surgir de n’importe quel recoin de cet endroit, sous la forme d’un animal sauvage, ou d’un groupe de guerrier d’une tribu qui voyait d’un mauvais œil la présence des français, ou même des blancs, sur le continent américain. Sur ce point, Versailles et les forêts de nouvelle France se rejoignaient aisément. Là aussi le danger était à chaque recoin et menaçait de, si non nous tuer physiquement, du moins tuer notre réputation d’un mot bien senti. J’avais peu vécu dans cet univers durant ma présence en France, mais les lettres de ma mère et de ma sœur suffisaient à me mettre sur mes gardes.

J’avais conscience d’être un peu observé comme une bête curieuse, comme tous ceux venus ou revenus de contrées lointaines. Mille histoires à raconter. Cela m’agaçait, tout en me rendant triste. A chaque fois, il me fallait replonger dans mes souvenirs de cet endroit que j’aimais tant et que j’avais quitté, j’osais espérer de penser, uniquement pour une durée plus ou moins longue, mais plus certainement pour toujours. On m’avait dit, avant que je n’embarque, qu’aux Amériques, c’était tout ou rien, ou on haïssait, ou on ne voulait plus en partir. Ca avait été la deuxième solution dans mon cas, et j’avais le mal du pays alors que j’étais né ici, et que j’y avais passé la majorité de ma vie. Mal du pays de mon pays d’adoption… Il y avait vraiment de quoi rire. Je préférai les fauves et les dangers de la Nouvelle France, certains, connus, facile à deviner, que ceux, poudrés et emperruqués, des salons versaillais, cela allait sans dire, qui s’approchaient de vous et se faisaient passer pour vos amis pour mieux vous poignarder dans le dos. C’était presque lassant. Le pire dans tout cela, c’était que parfois, les membres mêmes de notre famille s’y mettaient. Je n’étais d’ailleurs absolument pas pressé de croiser mon frère plus avant que les quelques minutes que nous avions passés en la compagnie l’un de l’autre. Il semblait avoir décidé de me rendre la vie impossible. Bon retour en France, Silvestre… Et amuse-toi bien au milieu de tout ce chaos.

J’en venais même à me demander comment j’avais pu me laisser aller à venir à cette soirée. Pour obtenir ce que je voulais, à savoir ma réaffectation de l’autre côté du monde – quoi qu’avec les rumeurs de la guerre de plus en plus pressantes, il ne fallait pas trop y compter, j’avais plus de chances d’être réaffecté en mer directement – il fallait que je me montre et surtout que je sois vu. Etre charmant, agréable, drôle… Etre partout en somme pour qu’on parle de moi et que cela revienne ne serait-ce qu’aux oreilles du ministre de la marine. J’aurais toujours pu demander à Vivonne d’intercéder en ma faveur, mais cela allait contre mes principes. Il devait déjà m’arranger un entretient avec le roi, chose pour laquelle j’étais revenu à la base, mais que le ministre ne semblait pas pressé pour sa part d’organiser, je n’allais donc pas abuser de la bienveillance de mon ami le duc. J’en étais là de mes réflexions quand un charmant minois se présenta à moi, à ma grande surprise, s’introduisant elle-même, puisque Saville l’avait lâchement abandonnée. La Baronne de Sola, c’est sous ce nom qu’elle se présenta, était plutôt directe dans ses intentions et ses demandes. Cela me paraissait étonnant de la part de qui que ce fut à Versailles, dont les habitants avaient plutôt l’habitude de dissimuler leurs demandes sous mille flatteries et caresses divers, enjolivées de mots doux. Cela me rassura immédiatement, changeant de ce que je craignais de vivre ici.

Une fois que la jeune femme se fut présentée et que je lui retournais la pareil, je m’enquis de la raison de sa présence ici, en lui lançant une petite pique, pour voir si elle faisait partie de ces colombes effarouchées prêtes à s’envoler au moindre petit mot. Heureusement ce n’était pas le cas car elle fut loin de se démonter :

-S’il est vrai que les officiers de marine ont tous leur charme, j’ai pour ma part une préférence pour ceux qui voyagent vraiment ; ceux qui restent à Versailles et ne connaissent de leur destinations lointaines que la géographie et la cartographie ne m’intéressent guère. Manque de chance pour vous, on m’a dit que vous apparteniez à la première catégorie. Si passer un peu de temps en compagnie d’une obscure inconnue ne vous effraye pas…

Avec un air un rien provocateur, elle prit une gorgée de sa coupe de champagne. Elle était entrain de me tester, non ? Je me contentais de sourire :

-Le monde est plein de dangers, je ne sais pas si j’aurais assez de courage pour affronter celui-là.

Elle considéra l’assemblé avant de reprendre :

-J’imagine que tout ceci est bien différent de ce que vous avez pu voir en Nouvelle-France. On dit que Versailles est unique en Europe, mais je n’aurais jamais cru qu’elle le serait autant.

Je haussais les épaules, ne jugeant pas utile de répondre, car il était vrai qu’elle avait touché juste. Tant de différences…

-Qu’en pensez-vous, Vicomte ? Je serais curieuse d’entendre l’opinion de quelqu’un qui a passé du temps si loin d’ici… Si je ne vous ai pas déjà fait fuir avec mon insatiable curiosité, accepteriez-vous de la satisfaire ?

-Eh bien je crois que je vais relever le défi, Baronne. Mais c’est uniquement parce que c’est vous. Je me mets à vos ordres, Madame.

J’esquissais un salut très protocolaire vers la jeune femme, avant de lui proposer mon bras pour s’éloigner un peu de cette fenêtre mal isolée qui allait bientôt laisser passer l’air froid de la nuit. Il aurait été bête qu’elle tombe malade. Je ne m’en faisais pas trop pour ma personne, l’hiver Versaillais paraissait bien doux à côté de celui de Nouvelle France.

-Par quoi puis-je commencer pour vous faire plaisir ? A moins que vous ne préfériez remettre cet entretient à plus tard, loin des oreilles indiscrètes…

D’un coup d’œil complice, je désignais les personnes les plus proches qui déjà nous dévisageaient. D’ici ce soir, il y aurait de nouvelles rumeurs à Versailles…

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MessageSujet: Re: [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre   [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre Icon_minitime06.05.12 0:18

Silvestre de Lévis ne pouvait pas plus ravir Helle qu’en acceptant de lui parler de ses voyages, qu’elle estimait nombreux s’il était bel et bien le marin chevronné qu’il avait l’air d’être. Et même s’il n’avait que peu voyagé, elle s’en contenterait ; elle pourrait se contenter de tout tant qu’elle découvrait quelque chose de nouveau et d’inattendu, tant qu’une histoire intéressante se trouvait au bout du tunnel. Helle était en quelques sorte une chasseuse, une chasseuse de bonnes histoires, et lorsqu’elle avait la chance d’en entendre une elle s’empresser de l’intégrer à l’étonnante base de données littéraires que constituait son cerveau. Elle n’était pas supérieurement intelligente, ni particulièrement douée en quoi que ce soit, et ne cherchait pas à l’être. Elle ne cherchait pas à sortir des rangs ni à devenir quelqu’un de particulièrement mémorable, et l’ambition n’était clairement pas son principal trait de caractère. Baronne elle était, baronne elle resterait, et être au centre de l’attention ne l’intéressait pas. En revanche, elle aimait attirer l’attention des gens qui attiraient son attention, et pour cela elle avait à sa disposition une arme redoutable : son imagination, dont elle usait sans cesse et qu’elle ne nourrissait pas moins de ce qu’elle voyait et entendait. Tout était prétexte à être retenu afin d’être plus tard ré-utilisé dans une histoire qu’elle écrirait ou garderait pour la raconter à sa fille, à moins qu’elle ne décide d’être pour une fois un peu égoïste et de la garder pour elle-même, afin de meubler ces nuits qu’elle passait toujours seule. Quoi de mieux pour créer de telles histoires que d’en entendre d’autres d’un de ces témoins qu’elle recherchait tant ?

-Eh bien je crois que je vais relever le défi, Baronne. Mais c’est uniquement parce que c’est vous. Je me mets à vos ordres, Madame. Répondit-il à sa requête en lui proposant son bras. Bras qu’elle accepta avec un sourire en coin accompagné d’un hochement de tête pour le remercier. Le brouhaha allait bon train autour d’eux, chacun étant occupé à discuter avec son voisin ou en petits groupes, elle et Lévis faisant un peu exception en formant ce couple improvisé.

« Merci vicomte. Vous êtes donc bien l’homme courageux que m’a décrit Saville, je le lui dirai. Et maintenant que je vous ai sous mes ordres, comme vous dites, je n’ai pas l’intention de vous lâcher de sitôt. Excepté si vous vous révélez être en fin de compte un goujat, auquel cas je n’aurai aucun scrupule à vous abandonner dans un coin de la pièce. » précisa-t-elle sans se départir de son ton léger et son sourire grâce auxquels, semblait-il, elle était autorisée à taquiner et lancer quelques piques. Lévis n’avait pas l’air d’être un de ces hommes qui ne souffrait pas que l’on s’attaque à lui-même par l’humour ; au contraire il savait répliquer tout en restant galant. Perfekt.

-Par quoi puis-je commencer pour vous faire plaisir ? A moins que vous ne préfériez remettre cet entretien à plus tard, loin des oreilles indiscrètes…

Haussant légèrement un sourcil, elle suivit son regard et croisa celui, bien vite détourné, d’un groupe de courtisans qui se trouvait non loin d’eux. Elle laissa échapper un soupir alors qu’ils leur tournaient le dos, poursuivant leurs discussions… Ou en commençant une autre, bien moins agréable, dont eux deux seraient probablement l’objet. C’est vrai. Nous étions à Versailles, Versailles où chacun avait un œil sur son voisin, guettant le moindre de ses faits et gestes, la moindre de ses respirations. A Versailles, tout se savait, tout se disait, et tout se propageait à la vitesse de la lumière. Si le Danemark et la Suède étaient des cours où la traîtrise et les tromperies allaient bon train, Helle trouvait qu’il y avait à la Cour du roi de France quelque chose en plus, une certaine méchanceté, une certaine cruauté mesquine qui n’existait à sa connaissance nulle part ailleurs. A Versailles, on pouvait décider de blesse pour le simple plaisir de faire mal. Elle détestait ces procédés et fuyait les personnes dont elle avait qu’elles les pratiquaient. Elle détourna résolument la tête, bien déterminée à les ignorer. Il y avait d’autres « couples » dans la salle, pourquoi l’attention des uns ou des autres se tournait-elle vers eux ? Mais à peine se fut-elle posé la question qu’elle eut la réponse : justement parce qu’ils n’étaient pas un vrai couple, et que les gens le savaient. Les gens savaient que Lévis venait d’arriver en France et ne connaissait encore personne, et les gens qui la connaissaient elle savaient qu’elle s’appelait madame de Sola, même s’ils n’avaient jamais vu son mari qu’ils supposaient mort. Elle n’essayait même pas de les détromper, préférant ne pas attirer l’attention sur sa vie conjugale désastreuse, au moins jusqu’à ce qu’elle ait retrouvé ce courant d’air d’Ulrich. Maintenant qu’elle était bien installée à Versailles, elle n’allait plus pouvoir retarder l’échéance très longtemps, surtout avec Ellen qui se faisait de plus en plus pressante…

Elle chassa ses pensées de son esprit, se maudissant de penser encore à ses problèmes alors qu’elle était supposée s’amuser. Ellen et Ulrich disparurent donc de ses considérations du moment et elle tourna un visage souriant vers Silvestre.

« Vous avez raison. Nous éloigner de cette assemblée de commères ne nous fera pas de mal, de toute façon ma réputation comme la vôtre va pâtir de ce conciliabule. Mais d’abord je ne serais pas contre montrer à ces braves gens que nous n’avons rien à cacher, pas vous ? »

Autant rester un peu dans les parages histoire de faire bonne figure et pour leur prouver qu’ils n’avaient –qu’elle n’avait- pas peur de leurs regards et de leurs médisances. Les ragots d’aujourd’hui seraient de toute façon vite chassés par les ragots de demain, surtout s’il n’y avait rien pour les nourrir. Et comme elle et monsieur de Lévis venaient tout juste de se rencontrer, qui pouvait condamner leur relation encore extrêmement récente et en rien honteuse ? Helle porta à ses lèvres sa coupe de champagne et en but une gorgée, le temps de rassembler ses pensées et de décider ce qu’elle allait demander à ce sieur de Lévis en premier lieu. La pêche aux informations commençait.

« J’aimerais en apprendre plus sur les indiens. Pas sur la manière dont ils ont été « colonisés », ou dont ils traitent avec les blancs, ça ça ne m’intéresse pas. J’aimerais savoir comment ça se passe à l’intérieur de leur tribus, leur vie quotidienne, leurs us et coutumes… Pourriez-vous m’en dire plus à ce sujet ? » demanda-t-elle avec une curiosité non-feinte. Avant de venir, elle avait pris soin de se documenter un minimum sur le sujet afin de ne pas être perdue dans les termes qu’il pourrait utiliser et savait donc que les colons étaient en contact direct avec les tribus indigènes, d’où son impression de ne pas poser une question trop stupide. Et puis, elle avait réellement envie de découvrir quelque chose de complètement nouveau, et d’écrire sur ces peuples dont pour le moment elle ignorait encore tout.

« Pour tout vous dire vicomte, j’aime écrire. » ajouta-t-elle simplement. « J’aime écrire et entendre des histoires que je pourrai ensuite réutiliser dans les miennes. En m’en disant plus sur ces peuples indiens, vous comblez le rêve d’un écrivain amateur. Quand on ne peut pas partir explorer le bout du monde, il ne reste que les rêves, n’est-ce pas ? » acheva-t-elle avec un demi-sourire qui masquait son désappointement. Désappointement d’une jeune femme encore petite fille qui rêvait à de lointaines contrées qu’elle ne pourrait jamais atteindre que grâce à son imagination… Et à l’homme qu’elle avait en face d’elle.
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Silvestre de Lévis

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Volé par une jolie pirate
Côté Lit: Ca dépend de vous
Discours royal:



    Miaou ☀
    Mais oui! Mais oui!
    J'ai bien vu un Gros Minet!!


Âge : 27 ans
Titre : Vicomte de Vauvert, Seigneur de La Voulte et Beauchastel, Commandant du Soleil Royal (marine royale)
Missives : 232
Date d'inscription : 28/02/2012


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MessageSujet: Re: [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre   [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre Icon_minitime11.05.12 16:18

A la vérité, depuis mon retour, je ne cessais de raconter mes histoires. En six ans, il en était arrivé, des choses, de l’autre côté de l’Atlantique. Mais certaines étaient insignifiantes aux yeux des personnes me demandant des anecdotes, d’autres par contre, étaient impossibles à divulguer de par leur caractère secret. Le gouverneur de Bellevue avait été clair sur ce point. S’il apprenait que j’avais des secrets le concernant, ou plus exactement concernant sa fille et sa véritable vie, il m’étranglerait sur place pour ne pas l’avoir prévenu, c’était évident. Heureusement qu’il y avait peu de chances qu’il l’apprenne un jour, sinon je ne donnais pas très cher de ma position dans l’armée, à la cour… et de ma tête, accessoirement. Non, les histoires qu’il fallait raconter à ce par terre de personnes très bien placées pour a plupart, ayant l’oreille des ministres, de la famille royale, ou même du roi lui-même, étaient des histoires pleines de frisson, de courage, de sang, de fin héroïque et de mythes qu’on leur avait rapportées en bouche à oreille. J’avais tenté une fois ou deux d’expliquer que les indiens étaient bien moins « sauvages » que ce que les français croyaient depuis leur vieux continent, rien n’y faisait, les préjugés sont hélas tenaces, surtout quand ils sont relégués par des puissants, comme par de grands prélats se prétendant bien au fait de tout ce qui se passait en Nouvelle France. Ah… L’Eglise… Bien évidemment, la religion catholique surpassait toutes les autres, mais je déplorai que cela risque de plonger la culture indienne dans l’oubli peu à peu…

La transmission orale de leurs coutumes à la longue, risquait de se perdre. Mais une bonne partie de ce continent nous était encore inconnue, il ne fallait donc pas désespérer pour tout de suite. Lors de mon départ, une expédition se préparait pour traverser le pays, remontant le cours du Mississipi pour essayer de trouver un passage vers la Chine… J’aurais tant voulu en être. Mais un voyage en Louisiane et une mauvaise blessure en avaient décidées autrement. A moins que cela ne soit à cause de la défaveur que j’avais eus auprès de l’ordre des Jésuites… Ils étaient bien plus puissants que nous l’imaginions, là-bas, ayant créé des missions et envoyant chaque mois plus et plus de jeunes prêtres près à convertir les « païens » ou mourir pour leur foi. J’avais du mal à croire qu’on puisse être extrême à ce point, mais ça aurait été fait se retourner dans leurs tombes mes ancêtres morts pour la Sainte Croix lors des guerres de religions sous les Deux Henri… Un jeune prêtre languedocien un peu plus clairvoyant que les autres m’avait cependant fait une étrange comparaison. Si lui était prêt à mourir pour Dieu, j’étais moi prêt à mourir pour la France, y avait-il une grosse différence ? J’avais médité un long moment à cette pensée qui ne m’avait jamais traversée l’esprit, et dans le fond, sans doute n’avait-il pas tort, même s’il se préoccupait de la vie d’après et moi de l’actuelle.

Ici, tout semblait tellement différent… On ne se demandait pas si une escarmouche à l’autre bout du continent ne risquait pas de mettre le feu aux poudres ici, bien que depuis mon retour j’avais entendu des rumeurs peu rassurantes. Vivonne ne s’était pas étendu sur le sujet lors de nos brèves retrouvailles, et je n’en saurai pas plus pour le moment, n’étant qu’un simple lieutenant de marine. Je faisais donc comme tout le monde et réapprenait la vie normale d’un gentilhomme de ma naissance, une succession de bals et de fêtes sans fin. C’était agréable en un sens, il n’y avait qu’à espérer que ça ne devienne pas horriblement répétitif. Surtout quand des jeunes femmes au minois aussi charmant que celui de la baronne de Sola venaient me demander de lui raconter mes aventures. Je me demandais juste s’il allait me falloir doser cela de fiction et amplifier d’horreur comme il m’avait fallut le faire jusque là, ou bien si celle qui s’était décrite comme férue d’histoires en tout genre se contenterait de la pure vérité des choses. Pour le moment nous n’en étions pas encore là et je n’avais aucun problème pour me mettre sous les ordres de la jeune femme, avec un charmant sourire et un salut protocolaire, l’éloignant de la fenêtre. Je n’étais pas certain que lui raconter une de mes histoires dès ce soir soit une excellente idée, trop de monde, trop de bruit… Et elle n’avait absolument rien pour prendre des notes, difficile si l’on veut retranscrire le sujet plus tard.

-Merci vicomte. Vous êtes donc bien l’homme courageux que m’a décrit Saville, je le lui dirai. Et maintenant que je vous ai sous mes ordres, comme vous dites, je n’ai pas l’intention de vous lâcher de sitôt. Excepté si vous vous révélez être en fin de compte un goujat, auquel cas je n’aurai aucun scrupule à vous abandonner dans un coin de la pièce.

J’eus un petit rire, me retenant de lui répondre que je ne me le permettrais pas. J’étais peut être novice en ce qui concernait la vie à la cour, mais la base de la galanterie ne s’oublie pas aussi aisément. Je lui demandais simplement si elle voulait des détails immédiatement, ce qui me paraissait peu judicieux, les regards de ceux qui nous entouraient ne m’avaient pas échappés et la médisance ne tarderait pas à commencer… Que faire d’autre quand on s’ennuie ?

-Vous avez raison. Nous éloigner de cette assemblée de commères ne nous fera pas de mal, de toute façon ma réputation comme la vôtre va pâtir de ce conciliabule. Mais d’abord je ne serais pas contre montrer à ces braves gens que nous n’avons rien à cacher, pas vous ?

Je hochais la tête. Absolument rien à cacher, il y avait bien d’autres sujets de commérage plus intéressants que deux personnes qui venaient à peine de se rencontrer, que diable ! La jeune femme à mon bras, nous sortîmes de la pièce pour trouver un endroit un peu plus confortable, une banquette dans un petit salon contiguë, mais dont je laissais soigneusement la porte ouverte pour une totale transparence.

-J’aimerais en apprendre plus sur les indiens. Pas sur la manière dont ils ont été « colonisés », ou dont ils traitent avec les blancs, ça ça ne m’intéresse pas. J’aimerais savoir comment ça se passe à l’intérieur de leur tribus, leur vie quotidienne, leurs us et coutumes… Pourriez-vous m’en dire plus à ce sujet ?

Je lui jetais un regard circonspect. A part pour se moquer, on me demandait rarement des détails sur ce genre de choses.

-Pour tout vous dire vicomte, j’aime écrire. J’aime écrire et entendre des histoires que je pourrai ensuite réutiliser dans les miennes. En m’en disant plus sur ces peuples indiens, vous comblez le rêve d’un écrivain amateur. Quand on ne peut pas partir explorer le bout du monde, il ne reste que les rêves, n’est-ce pas ?

Je hochais la tête, convaincu cependant par ces paroles un rien candide et pourtant pleines de vérité. Il était facile pour un homme de décider un jour de prendre le bateau pour partir à l’autre bout du monde, encore plus lorsqu’il portait un uniforme. Mais pour une femme la chose était pour le moins malaisée.

-Eh bien…

Je me mis à réfléchir, quand l’horloge surmontant la petite cheminée qui nous faisait face sonna. Déjà si tard. Le sujet sur lequel elle m’avait lancé m’aurait pourtant surement prit toute la nuit, voir même plus. Un couple passa la porte ouverte, se pensant seul, mais, nous voyant, recula et quitta la pièce en gloussant. Je soupirais. Ragot… encore et toujours. Décidément, nous ne serions jamais tranquilles.

-Baronne, j’aurais des scrupules à vous tenir éveillée par ces histoires, ce que vous me demandez est bien vaste et je ne sais par quel bout commencer. Seriez-vous assez magnanime pour m’accorder un délai ? Disons, jusqu’à demain à deux heures de l’après midi ? Je me ferai un devoir d’être présent à l’endroit que vous me commanderez. Parole d’officier.

J’ajoutais un petit clin d’œil à cette dernière réplique avec un sourire charmeur. Après tout, ne m’étais-je pas mis à ses ordres ?

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MessageSujet: Re: [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre   [Salon de Diane] « Prêtez-moi vos souvenirs ! » | PV Silvestre Icon_minitime14.06.12 14:27

Helle était de plus en plus satisfaite de la tournure que prenaient la discussion et la situation. Lorsque Saville lui avait proposé de rencontrer ce jeune lieutenant de marine, elle ne s’était pas attendue à rencontrer un jeune homme aussi charmant. Elle se serait même attendue à ce qu’il soit plus vieux, plus aigri peut-être, plus hautain envers une jeune femme de la cour très certainement. Plus les minutes en sa compagnie s’égrenaient, plus elle se prenait à apprécier Silvestre de Lévis. Après avoir passé du temps en compagnie de grands érudits dans les salons de littérature, il était rafraîchissant de faire de nouvelles connaissance d’un autre genre. Et puis… Il fallait bien le reconnaître, passer des respectables messieurs aux cheveux blancs des cercles littéraires à un jeune et fringuant marin, ce n’était pas désagréable. Surtout quand le marin en question se montrait à la fois respectueux et spirituel. Avec une femme mariée, les hommes avaient trop souvent tendance à oublier de se montrer sous ce jour-là… Et c’était bien dommage. Helle n’était définitivement pas une dévergondée (UN amant en douze ans de mariage sans mari, elle s’estimait même assez raisonnable), mais toute femme encore jeune aime sentir qu’on la regarde… Comme une femme, et non pas comme une épouse. Pas comme la propriété d’un autre. Surtout quand l’autre en question tenait plus du fantôme que de l’homme supposé partager sa vie.

-Eh bien… commença Lévis avant de s’interrompre pour regarder la pendule.

Elle suivit son regard et s’aperçut qu’il était déjà bien tard. Allait-il proposer de remettre leur entretien à plus tard ? Ou au contraire lui parler jusqu’à pas d’heure ? Les deux propositions ne manquaient pas d’attrait : un autre jour ils auraient plus de temps pour parler, et s’il optait pour ce soir, sa curiosité serait plus vite satisfaite. Dans tous les cas, elle en sortait gagnante, non ? Un sourire au coin des lèvres, elle attendit patiemment qu’il prenne sa décision, les mains sagement croisées sur les genoux. Un couple franchit la porte en riant, et Helle leur dédia un regard curieux en haussant un sourcil. Parfois, les gens manquaient terriblement de discrétion. Ont-ils surpris son regard désapprobateur ? En tout cas, ils eurent un mouvement de recul et quittèrent la pièce sans plus faire attention à eux. Helle surprit le soupir de Silvestre, mais ne commenta pas. Ils venaient probablement de penser la même chose, inutile de s’étendre plus souvent sur le sujet, n’est-ce pas ?

-Baronne, j’aurais des scrupules à vous tenir éveillée par ces histoires, ce que vous me demandez est bien vaste et je ne sais par quel bout commencer. Seriez-vous assez magnanime pour m’accorder un délai ? Disons, jusqu’à demain à deux heures de l’après midi ? Je me ferai un devoir d’être présent à l’endroit que vous me commanderez. Parole d’officier.

Demain, donc ? Pour un peu Helle aurait été déçue, et surtout frustrée de devoir patienter pour avoir droit aux récits promis par le lieutenant. Quand il s’agissait d’histoire, mieux valait ne pas la faire attendre, car ses attentes et ses exigences grimpaient de minute en minute ! Le vicomte avait donc intérêt à être très sûr de lui, car d’ici le lendemain à deux heures de l’après-midi, elle aurait largement eu le temps d’imaginer toutes les choses extraordinaires qu’il allait lui raconter. Et si la réalité était en dessous de la fiction, ce serait le drame ! En avait-il seulement conscience ? Probablement pas. Et c’est justement ce qui rendait la chose encore plus intéressante. Sans être prévenu, le vicomte saurait-il être la hauteur de ses attentes ? L’avenir seul le dirait. Mais ce défi connu d’elle seule la réjouissait au plus haut point.
Elle se leva donc, prenant son temps pour répondre, rangea son éventail et sortit ses gants blancs, signe qu’elle allait bientôt partir. Alors seulement, elle lui décocha un regard complice et un sourire mutin, comme en réponse au clin d’œil qu’il venait de lui dédier.

« Demain, deux heures. Ne soyez pas en retard monsieur de Lévis, en quelques minutes j’ai pu concevoir de vous une haute opinion, et je serais très fâchée si vous me déceviez. »

Après cette charmante menace qui n’en était pas une, elle lui tendit sa main qu’en bon gentilhomme il baisa aimablement, et ajouta sans se départir de son sourire :

« Que diriez-vous de me rendre visite ? Je vis chez une amie à l’hôtel Farnèse, mais elle sera absente demain après-midi. Venez donc déjeuner, ce sera l’occasion parfaite pour que vous me racontiez toutes vos aventures. Et surtout celles des indigènes. Je vous avertis, je suis une auditrice très curieuse qui pose énormément de questions, soyez bien préparé pour votre petit exposé donc. Mais je ne doute pas de vos capacités d’orateurs. »

Elle le salua d’une élégante révérence et le dévisagea quelques secondes encore, par curiosité et aussi, avouons-le, par pure provocation amicale, avant de tourner les talons en jetant par-dessus son épaule :

« A demain donc, Silvestre de Lévis. Cette rencontre fut un plaisir, j’attends avec impatience celle de demain. »

Et elle avait bien raison d’être impatiente. En sortant de la pièce, elle imaginait déjà la journée du lendemain et en frémissait d’impatience. Pour la première fois depuis longtemps, elle se demanda quelle robe porter pour être à son avantage. Elle s’en étonna, mais toute à son contentement, haussa les épaules avec légèreté et souriait encore en montant dans le carrosse qui la ramènerait chez Sofia. Au moins, elle aurait quelque chose d’intéressant à raconter à son amie ! Elle l’entendait déjà, avec ses exclamations enthousiastes, les nombreuses questions qu’elle ne manquerait pas de poser, et le regret qu’elle exprimerait de ne pas pouvoir être là… Mais tant pis, encore une chose qu’elle pourrait lui raconter plus tard !
Lorsque Helle se coucha ce soir-là, elle rêva à des tribus inconnues, des mers infinies, des plages de sable blanc, d’épaisses forêts peuplées d’animaux étranges, et elle souriait encore lorsque le sommeil l’emporta en attendant le lendemain…

FIN DU TOPIC.
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