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 La séduction a toujours été une histoire de manipulation [Derek]

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Je l'ai fermé par sa faute. Seul lui pourrait le rouvrir un jour ...
Côté Lit: Je ne suis pas de celles qui se couchent pour un sourire. A peine pour un diamant, mais souvent pour la passion.
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♈ LA BELLA FARNESE ♈
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MessageSujet: La séduction a toujours été une histoire de manipulation [Derek]   22.02.12 17:02


« Les serpents, puis l'amour. Insidieux tous les deux. Hypocrites. Venimeux. Dangereux.
Violents. Sauvages. Les mêmes vertus, quoi ! Ils font mal et puis s'en vont. »



Un bal à Versailles est presque un événement banal, mais si mondain à la fois. Tout le monde veut en être, s'y montrer plus brillant et plus beau que jamais. Peu de monde faisait exception à la règle, et ceux qui le faisaient semblaient bien ridicule une fois sur place. Dans tous les appartements, les serviteurs s'agitaient pour satisfaire les demandes de leurs maîtres. A l'Hôtel Farnèse, c'était peut être pire qu'ailleurs. Les dames couraient partout, leur maîtresse avait demandé un bain, puis ses soins, il fallait à présent la coiffer, maquiller et l'habiller, elle n'allait pas s'y rendre en robe de chambre ! Toujours mettre ses yeux marrons en valeur par un trait de noir et habiller ses cils de noir aussi, ne mettre qu'un joli rose sur ses joues et sa délicate bouche. Le maquillage était davantage là pour sublimer et non pas cacher, elle avait le temps de devenir de ces vieilles rombières à l'affreux maquillage. Pendant ce temps là, on relevait ses cheveux pour faire un chignon à l'arrière de la tête, un peu flou pour laisser échapper quelques boucles de part et d'autre du visage. Le plus difficile venait avec le corset. Violeta, une de ses servantes, serra un peu trop fort, coupant le souffle un instant à Sofia qui se retourna pour lui lancer un regard noir.

« Vous feriez un bien piètre assassin, Violeta. Mais si vous recommencez, c'est moi qui vous tuerait. Et nul besoin de corset ! »

La menace méritait d'être claire. Quant à la robe, la jeune italienne l'avait choisie bicolore, avec le haut noir limé de de fils d'or , le tissu doré se retrouvait aussi tout autour du décolleté et sur la longue jupe était de couleur or, bouffante grâce aux multiples jupons qui se cachaient en dessous, avec des bas noirs et des souliers dorés à talons. Tournant sur elle-même, Sofia arbora un sourire satisfait de sa jolie tenue. Il ne restait qu'à choisir ses bijoux et ils étaient nombreux : deux bagues, dont une ornée d'un diamant, un bracelet, un énorme collier avec une pierre citrine jaune, assorti à son diadème. Avec tout cela, l'italienne était fin prête pour se rendre à la Cour. Prenant un manteau pour ne pas attraper froid avec l'automne qui se rafraîchissait, elle monta dans son carrosse aux armoiries de sa famille et partit en direction de Versailles.

A peine avait-elle pénétré dans le château qu'elle entendait les notes de musique s'envoler. Depuis son arrivée, Sofia adorait ces lieux. Loin de sa famille, en particulier de son oppressante mère, elle se sentait revivre, même si elle savait que son voyage à Versailles devait se faire avec son chaperon – Bartolomeo se tenait derrière elle, toujours discret – et que le véritable but était de trouver un bon parti pour un mariage. Et à chaque lettre, Marguerite de Médicis le rappelait à sa fille, commençait même à se montrer menaçante mais la princesse n'en avait cure, son frère le duc de Parme ne pouvait consentir à ce que sa sœur chérie puisse être mariée à n'importe qui, Sofia le savait et en profitait ! Tout en montant les marches en tenant les pans de sa robe, elle arborait un magnifique sourire, satisfaite de sa vie mondaine en ces lieux. Son esprit libre et intrigante avait toute sa place dans la plus grande Cour d'Europe, on pouvait y côtoyer les gens les plus intelligents, les plus spirituels et il était si facile de s'insérer dans les petites intrigues de Cour. Elle ne se doutait pas que ce soit, elle allait à son tour créer une petite cabale …

« La princesse Sofia Farnèse ! » annonça l'homme lorsqu'elle passa la grande entrée de la Galerie des Glaces.

Quelques têtes se tournèrent vers elle, on la salua et quelques connaissances vint lui faire la conversation. A Versailles, malgré le monde qui y vivait, il était simple de trouver des visages amis car ceux-ci fondent sur vous comme une abeille sur une fleur pour conter les dernières histoires. Là, il s'agissait une d'une comtesse anglaise retrouvée dans une bien mauvaise posture avec le palefrenier de son mari, ce qui amusa bien le petit groupe qui se retrouva bientôt. Sofia prit une coupe au serveur qui passa et se saisit d'un petit macaron, chose ô combien délicieuse à tel point qu'elle ne pourrait manger que cela des jours entiers ! Mais à Versailles, si on voyait facilement ses amis, on croisait forcément des ennemis. Ou du moins, on les apercevait facilement dans la foule. Comment rater Contarini, tout en extravagance, que ce soit dans ses habits trop voyants ou ses gestes comme s'il se croyait sur une scène de théâtre ? A chaque fois qu'elle le voyait, c'est comme si toute sa bonne humeur s'envolait pour laisser place à une part sombre de la princesse. Elle avait en tête leurs « retrouvailles » lors de l'anniversaire du Roi, où il semblait s'amuser de tout, même de la jeune femme. Ce garçon était sans cœur et un idiot fini, la vengeance était la meilleure des solutions, du moins aux yeux de Sofia. Après tout, la vendetta n'était-il pas un des passe-temps favoris italiens, en particulier de sa famille Médicis ? Autant préserver les traditions familiales, ce serait idiot de les oublier …

S’apercevant qu'elle fixait Francesco depuis de longues secondes, Sofia se ressaisit et reprit le fil de la conversation où il s'agissait toujours de parler des autres, souvent en de mauvais termes car c'était tellement plus amusant que les congratuler. Dire du bien des gens n'apportaient rien en général ! Tout en discutant, une autre silhouette fit son apparition dans champ de vision. Un autre séducteur aussi, mais de bien meilleure compagnie que celui-ci cité avant. Voici le Prince-héritier de Saxe, Derek de son prénom. Elle appréciait sa compagnie mais c'est surtout son ego qui appréciait tous les efforts qu'il déployait pour séduire la jeune femme. Il était fort beau et sa réputation d'amant n'était plus à faire, mais il tombait un poil trop tard puisque la demoiselle avait décidé de faire peau neuve en refusant les amants. Sauf Sola, mais cela était une autre histoire, d'ailleurs elle devrait aussi cesser de le fréquenter, il était mal vu de coucher avec le mari de sa grande amie, même si les deux époux ne ce sont pas vus depuis une dizaine d'années. Enfin bref, elle s'excusa auprès de ses connaissances et se dirigea vers Derek, tout sourire aux lèvres, tandis qu'il ne semblait pas la voir.

« Hé bien, monsieur de Saxe, vous avez l'air bien songeur. Qui observiez vous de la sorte ? »

Elle exécuta une légère révérence et sa curiosité poussa le vice de regarder dans la direction où Derek avait posé ses yeux précédemment. Quelques demoiselles s'y trouvaient, difficile de savoir laquelle pouvait davantage lui plaire. Mais quand elle revit Francesco réapparaître dans son champ de vision, elle tourna la tête, tentant de garder son sourire et levant les yeux au ciel.

« Je n'y vois que des poules et un renard, je ne saurais dire à qui revient la palme de la stupidité : si ce sont celles qui gloussent ou celui qui veut les dévorer sans se donner la peine de se battre un peu. »

Méchante, elle ? Oh, si peu ! Mais toujours avec le sourire aux lèvres et avec élégance, c'était là tout l'art !

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“Dans les contes pour enfants, les princesses donnent des baisers aux crapaud. Dans la vie réelle, les princesses embrassent les princes et ceux-ci se transforment en crapauds.”


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MessageSujet: Re: La séduction a toujours été une histoire de manipulation [Derek]   23.02.12 18:13






Derek n'avait certes pas la coquetterie féminine de Monsieur et il n'avait pas non plus pour habitude de rester des heures devant une glace à se mirer pour se préparer.Mais il prenait tout de même grand soin de sa personne avant de sortir de ses "appartements" que ce soit pour un jour où la routine régnait en maitresse ou pour une grande occasion. Pour ainsi dire on ne l'avait jamais vu sortir atiffé comme l'as de pique. Même lorsqu'on le voyait dans des états seconds, il réussissait , par un heureux miracle, à conserver une certaine allure, au moins au niveau vestimentaire.

L'héritier jouissait même d'une bonne réputation quant à son sens du style . Un don?! Peut être. Mais celui ci était savamment travaillé si l'on en jugeait le temps qu'il prenait à choisir une simple tenue en se levant le matin. Il ne laissait rien au hasard, ni l'accord des couleurs de ses culottes avec celle de son justaucorps, ni la forme et la grandeur des boucles de ses souliers, ni même le métal des boutons et la teinte des rubans qui garnissaient l'ensemble en lui donnant une petite touche de décoratif.

Lorsqu'il se rendait à l'extérieur, même la plume dont il allait orner son feutre faisait l'objet d'une savante réflexion.Aujourd'hui, l'heure du grand dilemne avait sonné, ce soir était jour de bal, et il était absolument hors de question que Derek Wilelhlm Wettin fasse honte à sa réputation.

Aussi après avoir enfilé une culotte, écartant d'un seul coup la mode actuelle
qui voulait que tout homme porte une de ces affreuses jupettes - dont il n'arrivait pas à retenir le nom barbare mais qui donnait à tout individu de sexe masculin un air d' acteur grimé en femme pour les besoins d'une comédie de Molière- il s'interrogea sur ce qui allait constituer sa principale préoccupation pour les heures à venir: sa tenue.

Bleu roi, perle, rouge, elles défilèrent devant ses yeux, brandies une à une par son fidèle valet, homme d'une patience plus qu'angélique - et il en fallait pour supporter un tel comportement versatile- mais aucune ne semblaient obtenir l'auguste accord du jeune homme, tant et si bien que le pauvre Ernst cru qu'il allait d'un moment à l'autre succomber à une horrible crise de nerfs.


- Si je puis me permettre, Votre Grâce, essayer ce justaucorps sans col, ces manches à large rebras ajoutent à votre carrure et le liseré blanc est du plus bel effet .

- Ernst, vous êtes un imbécile. Croyez vous vraiment que je tienne à passer pour un sauvage arrivant tout droit de son village d'arriérés et sans connaissance aucune de la mode de la saison passée?! Un indice, non! Alors rangez moi ça de manière à ce que plus jamais cette infâmie ne croise mon regard.

Après des années à satisfaire les moindres désirs du trop gâté Derek de Saxe, Ernst avait appris à déceler chez le jeune homme les signes avant coureurs d'une mauvaise humeur dévastatrice, aussi comprit il en entendant cette voix plus doucereuse que de nature, qu'il avait intérêt à se montrer de meilleur conseil et à devancer les attentes improbables du capricieux germanique.

-Peut être que ce modèle vous satisfera davantage? Vous l'avez fait faire la semaine dernière chez Monsieur Bourcicot, rue des victoires.

Il s'agissait d'un pourpoint allongé en toile sergée de coton blanc ajouré de la manière la plus exquise qui soit. Il était orné de brandebourgs verts placés le long de l'ouverture en galons, à la mode militaire. A cette vue un sourire confiant fit son apparition sur le visage légèrement tanné du séducteur. Il hocha lentement la tête, signifiant son approbation et indiqua de l'index la chemise bouffante immaculée qui serait du plus bel effet avec son ensemble. En un instant à ses côtés, son valet retira les derniers pièces de vêtement qui recouvrait le torse de son maitre et lui tendit sa chemise, qu'il enfila lui même, avant de laisser Ernst le vêtir de son pourpoint. Il agrémenta ensuite le tout d'un jabot émeraude et, satisfait de son choix, se chaussa, passa un dernier coup de peigne dans ses épais cheveux- qu'il préférait au naturel, sans perruque- et laissa Ernst le parfurmer d'une eau de cologne à l'odeur entêtante et musquée. Il était fin prêt. D'un pas conquérant, il sortit de chez lui et s'engouffra dans le long corridor, seule ombre furtive dans les parages.

****************************************************************

La galerie des glaces.

Il était sur le pied de guerre et, déjà un verre à la main, laissait trainer ses prunelles marron sur à peu près tout ce qui avait des formes, à l'arrière comme à l'avant. Et il devait avouer que ce qui qui défilait devant lui lui plaisait bigrement oh oui! Les femmes de la cour de France étant loin d'être rachitiques, elles avaient de ce côté là tout pour plaire. De vastes espaces à découvrir et à couvrir!

Porté par ses pensées un peu malsaines, il imagina un instant l'aspect que pourrait avoir la nymphe voluptueuse qui lui tournait le dos -mais qu'il sentait par un simple coup d'oeil être déjà pleine de promesses- en tenue d'Eve. L'image s'imprégnant dans ses pupilles, il ne put retenir un léger ricanement d'aise. La jeune femme l'entendit, plongea ses grands billes rondes dans les yeux sombres de l'impénitent, et ,très vite gênée , déploya un large éventail qu'elle se mit à agiter devant sa figure et détourna le regard aussi vite que possible
Ceci ne put que faire redoubler d'aise la canaille germanique qui n'aimait rien tant que mettre mal à l'aise les jeunes femmes, car jeune femme troublée = jeune femme attirée. Une équation un peu bancale mais qui avait fait ses preuves, aussi la considérait il comme un principe!

La bonne humeur le quitta bien vite, car l'antéchrist fit son apparition. Pimpant, il avait entamé la discussion avec grands renforts de moulinets de ses mains auprès de la proie de Derek, et très vite la mine déconfite de la blonde aux allures de figures Rubentiennes se transforma, comme soudainement illuminée par un rayon de soleil. Avec son allure chaleureuse et sa vivacité contagieuse ,qui lui donnait pourtant à l'humble avis de Derek l'allure d'un imbécile heureux , voire d'un dangereux illuminé frappé d'une transe mystique, il réussissait comme toujours à toucher les coeurs les plus méfiants. La machoire carrée du prince germanique se contracta à cette vue et ses lèvres se rétrécirent subrepticement, toutes entières absorbées par le processus de digestion d'une rage intérieure
.


« Hé bien, monsieur de Saxe, vous avez l'air bien songeur. Qui observiez vous de la sorte ? »

D'un coup sa posture toute entière se détendit, et se retournant en une pirouette savamment calculé, il fit face à l'intruse, le visage de nouveau figé en un masque serein. Levant les yeux au ciel, et souriant en son for intérieur - sans se rendre compte qu'il s'était également déridé dans la réalité- il pensa que le hasard faisait vraiment bien les choses, ou qu'il y avait peut être là une intervention du divin!

Car quelque part entre les fins assignées au bal , fins de la plus grande banalité comme " se rincer l'oeil sans vergogne" "trouver rapidement de quoi satisfaire ses appétits sexuels de façon économe" (traduire femme consentante et heureuse de procurer du plaisir sans rien recevoir en retour) et " boire jusqu'à plus soif aux frais du roi" il y avait eu entre autre, et pas des moindres, l'infime espoir d'apercevoir un fragment du mutin visage de la Vénus Italienne dont il était pour l'heure le plus assidu et fervent admirateur.

Mais voilà qu'il n'avait pas eu à faire une seule démarche comme il en avait pris l'habitude, elle était venue à lui de son plein gré.

Soit! Seulement pour une conversation et rien de plus palpitant, ni de plus physique, mais après tout c'était déjà tout à fait satisfaisant. Toujours dotée des plus impeccables manières, elle fit sa révérence, et il ne put que lui retourner la politesse, en improvisant une courbette de circonstance, tête baissée,un bras replié contre le ventre, une paume contre le coeur. Il dérogea cependant aux usages en gardant tout du long ses deux pupilles animées d'une lueur dansante et presque insolente vissées dans les prunelles de la Princesse Farnèse. Une fois le formalisme demandé accompli, il se redressa et reporta son regard vers la grasse blonde et le Don Juan honni, sans répondre à la question posée par la brune. Perdu dans un instant de contemplation de ces lèvres parmes si tentatrices, il avait préféré ne pas rompre la magie de ce moment qu'il vivait par des paroles inutiles.

Elle n'avait d'ailleurs pas besoin de réponse de sa part. En effet, aussi curieuse que toutes les autres créatures de Dieu, elle avait pointé le bout de son nez dans la direction qu'avait pris son regard et avait tout de suite saisi de qui il s'agissait.

« Je n'y vois que des poules et un renard, je ne saurais dire à qui revient la palme de la stupidité : si ce sont celles qui gloussent ou celui qui veut les dévorer sans se donner la peine de se battre un peu. »

A ces paroles, il ne put retenir un éclat de rire, un rire franc et sonore qui ne s'embarrassait pas avec la discrétion. Des regards se tournèrent vers eux, regards qu'il détourna bien vite, en adressant respectivement aux
-"biens pensants" trop vite "scandalisés" et aux
-"trop curieux pour leur propre bien"
un sourire mielleux qui respirait la fausseté et la sournoiserie. Il se reconcentra alors sur l'unique personne de cette pièce qui lui semblait être être digne d'intérêt à ce moment afin , cette fois, d'entamer la conversation qu'il avait jusqu'alors boudée.


- Allons, allons! Vous voici bien cruelle avec vos semblables. Où est donc passée votre belle charité chrétienne ?! Ces poules comme vous dites me paraissent être tout à fait aimables, je prédis même qu'elles sont de délicieuses compagnie, et je ne pourrais blâmer ce Don Juan d'opérette (et lorsqu'il prononçat ces mots, son dédain pour l'individu transparut aussi clairement que si il l'avait hurlé dans tout Versailles, une hache à la main animé d'intention meurtrière) de leur apporter toute son attention. Eussé je été plus rapide, il n'aurait pas eu à le faire!Mais, comme vous voilà bien prompt à apporter un jugement, Mademoiselle! Je vous savais franche, chose admirable, mais je ne me doutais pas que votre langue pouvait se révéler aussi empoisonnée que celle d'un dragon mortifère à l'égard des pauvres ères qui ont le malheur de croiser votre chemin .

Le ton de sa voix était emplie d'une fausse déférence et l'on sentait qu'il se moquait doucement de son interlocutrice.. tout en apportant un tempérament à cela par le biais de quelques flatteries bien placées. Il n'aurait en effet pas été judicieux de voir tant d'efforts pour apprivoiser cette farouche femme du Sud réduits à néant pour quelques paroles malheureuses qui se voulaient légères, plus que sérieuses. Absorbant une longue gorgée du liquide grenat qui remplissait le verre qu'il tenait encore à la main, il se lança dans la foulée, aussi intrépide et imprévisible qu'à son habitude, comptant profiter de ce moment autant qu'il le pouvait:

- Par chance, je me sens assez téméraire pour risquer ma précieuse vie en votre compagnie et en celle de votre mortel et puissant organe. Vous m'accorderez bien la prochaine danse?!

Une main tendue, et présomptueux comme pas deux, il ne semblait pas prévoir un seul instant l'éventualité d'une réponse négative à son encontre

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MessageSujet: Re: La séduction a toujours été une histoire de manipulation [Derek]   27.02.12 22:12

Il y avait des personnes dont on ne devrait pas s'approcher car elles sont dangereuses pour l'équilibre quotidien. Les séducteurs sont la pire catégorie, surtout quand ce même séducteur vous tourne autour inlassablement. Et pourtant, Sofia se jetait dans la gueule du loup en venant de son plein gré voir le prince de Saxe, tout sourire. La princesse était trop sûre d'elle, persuadée qu'elle savait se contrôler en toutes occasions et qu'elle pouvait même côtoyer les plus grands bandits, ça ne la détournerait pas du chemin qu'elle s'était fixée. Puis elle connaissait suffisamment le germanique pour évincer ses parades. Après tout, lui ou un autre séducteur, les tours étaient les mêmes, non ? Alors, la jeune femme mettrait les mêmes barrières qu'avec les autres, sachant s'amuser, ne rien promettre, tout suggérer mais ne tomber dans aucun piège. Sofia n'avait pas la moindre idée de ce que Derek ressentait pour elle, la jeune femme doutait que ce genre d'homme pouvait avoir un cœur qui bat sous cet amas d’ego et de suffisance ! Cela n'empêcher de l'apprécier et de venir jusqu'à lui avec un charmant sourire.

La curiosité est un vilain défaut dit-on. Pour la princesse, cela était une grande qualité et sans attendre vraiment de réponse de la part Derek, ses yeux noisettes cherchèrent à savoir ce que le germanique regardait d'un tel air. Elle arqua un sourcil en voyant toujours le même, à croire qu'il pouvait se dédoubler pour être partout où elle regardait ! Et toujours entouré de cruches de première catégorie. Il n'y avait rien de pire que ces demoiselles gloussantes devant le moindre individu mâle leur donnant un peu de considération. Des « poules » comme elle les décrivait et comparant Francesco à un renard. Pour une fois, la comparaison pouvait paraître flatteuse, un renard était un bel animal, mais doublé de voleur, là cela était beaucoup moins appréciable. Son petit trait d'esprit fut apprécié par son compagnon de conversation, Derek eut un rire franc, ce qui la surprit avant de faire un large sourire amusé. Il avait raison, on passait trop de temps dans les convenances, un peu de naturel ne faisait jamais de mal ! Elle papillonnait des yeux quand il parlait de charité chrétienne. Mais elle était une bonne chrétienne ! Sauf qu'elle choisissait avec qui jouer la madone, voilà tout. Et les stupides poules n'en faisait pas partie, ces filles là étaient trop stupides pour être sauvées de quoi que ce soit ! Quant à l'autre individu, Sofia comprit aisément que le prince de Saxe ne portait pas le vénitien dans son cœur, juste par le ton et les mots employés qu'il employait. Elle ne fit qu'hocher de la tête mais son sourire en coin approuvait.

« …Je vous savais franche, chose admirable, mais je ne me doutais pas que votre langue pouvait se révéler aussi empoisonnée que celle d'un dragon mortifère à l'égard des pauvres ères qui ont le malheur de croiser votre chemin. »
« Vous voilà bien cruel avec moi,
lança t'elle d'un air innocent. Je pense simplement que certaines personnes tendent le bâton pour se faire battre, il n'est que justice de le saisir. »

Avoir le dernier mot à tout prix ? Peut être mais Sofia n'était pas d'une méchanceté gratuite pour tous, il fallait savoir cibler pour savoir faire moucher en de bonnes occasions. La preuve, le germanique avait ri, c'était bon signe ! Et bien s'il se moquait gentiment d'elle, l'italienne ne l'en blâmait pas, cela rendait le conversation bien plus intéressante.

« Par chance, je me sens assez téméraire pour risquer ma précieuse vie en votre compagnie et en celle de votre mortel et puissant organe. Vous m'accorderez bien la prochaine danse ?! »
« Votre courage m’honore, il m'est difficile de refuser. Et j'accepte même avec grand plaisir. »


Son large sourire accompagnait ses paroles tout en posant délicatement sa main dans celle de son interlocuteur. Il était difficile de se montrer plus sincère. Après tout, elle était flattée qu'on lui propose une danse – même si elle trouvait cela tout à fait normal vu son rang – et que cela vienne d'un homme aussi charmant. Sofia savait que peu de choses étaient innocentes venant du germanique mais qu'importe, il fallait savoir profiter de l'instant présent avec délectation et ne pas pousser trop loin le plaisir. Une danse, c'était innocent, non ? D'ailleurs, voilà que celle-ci se terminait, quelques couples de danseurs quittaient les lieux tandis qu'ils faisaient leur entrée.

Il n'y avait rien de plus simple qu'un menuet, il suffisait juste d'avoir au départ un bon maître à danser et connaître sa mesure, mais le plus essentiel était d'avoir un bon cavalier. Et alors que la musique faisait envoler ses notes, elle suivait le rythme et les pas d'un Derek qu'elle ne soupçonnait pas bon danseur. Elle lui en fit la remarque, légèrement moqueuse et taquine.

« Je ne savais pas, monsieur, que vous dansiez aussi bien. Me voilà bien à même de revoir mon jugement sur vous et vos compatriote. »

Les clichés allaient bon train, peu importe le pays dont on venait et où on se rendait. Chaque contrée était barbare pour quelqu'un, comme dirait certains : nous sommes tous le barbare de quelqu'un et l'idéal d'un autre. Peut être était-ce la langue ou la complexité du Saint-Empire qui amenait la princesse à avoir une mauvaise image, ou celle d'un prétendant exécrable venu de ces horizons là, toujours est-il que Derek avait la grâce d'un danseur et leurs pas s'accordaient à merveille. Mais le doux sourire de la princesse se crispa pendant sa danse puisque son regard tombait toujours sur le même être abject et elle en oubliait la politesse d'écouter attentivement la conversation. Quelque chose me dit que ce regard noir en disait assez long pour la suite des événements, autant que le soupir exaspéré qu'elle poussa ….


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MessageSujet: Re: La séduction a toujours été une histoire de manipulation [Derek]   03.03.12 21:48

« Vous voilà bien cruel avec moi, lança t'elle d'un air innocent. Je pense simplement que certaines personnes tendent le bâton pour se faire battre, il n'est que justice de le saisir.

Toujours le propos pour se justifier ! Il était amusant de voir combien elle tenait tant bien que mal à sa bonne réputation. Le regard des autres lui importait d’un côté, et d’un autre côté, elle ne se souciait pas de ricaner d’eux dans leur dos. Oui, c’était une véritable peste , mais lui était le choléra, ils avaient donc moyen de s’entendre.

" Vous savez parfaitement que je ne vous veux que du bien, lâcha t il nonchalamment, d'ailleurs loin de moi l'envie de vous changer car sans vos savantes piques verbales, Versailles serait aussi fade que Dresde.Les gens complaisants sont si ternes!"

Il termina ces paroles en passant la tête par dessus son épaule avec une sorte de rire quasi silencieux qui dans son langage était la marque d'un profond dédain pour le monde l'environnant. Oui en réalité, peu lui importait tous ces français emperruqués, toutes ces anglaises frigides,ces anglais aux mines sombres et ces femmes pâles et délaissées du nord. Peu lui importait aussi les faveurs du roi. Il n'avait pas besoin d'eux pour faire son chemin. Il n'était que de passage ici.

Mais l'Italienne, elle, l'intriguait, bien plus qu'il ne l'aurait voulu, et dans l'espoir de passer plus de temps en sa compagnie, et peut être aussi et surtout dans l'espoir de pouvoir la charmer et de faire plus ample connaissance avec elle(et pas seulement de sa personnalité si vous voyez ce que je veux dire What a Face) - car toute soirée a sa part de miracles- sans hésiter il s'était lancé dans une grande aventure, l'inviter à danser. Un comble pour lui qui préférait en général passer son temps sur le côté à discuter - et plus si affinités- avec les dames, plutôt que de se mettre à gigoter dans tous les sens. Il laissait en principe ce genre d'exercice aux petits rats d'opéra, comme Di Venezia. A ses yeux la danse donnait des airs de "précieuses ridicules" aux hommes. Tout cela était trop peu viril.

Il arrivait néanmoins qu'avec certaines femmes, la simple conversation ne suffise pas à accaparer leur attention, et il fallait alors s'en remettre à ce passe temps dont elles raffolaient toutes: cette satanée danse. C'était là un grand sacrifice qu'il faisait en tendant cette main à l'Italienne, mais d'un autre côté, il était persuadé que les sourires et les commentaires que ferait la belle pendant cet exercice rendraient pour lui le moment tout à fait plaisant. Alors oui c'était un sacrifice tout à fait intéressé, il n'y avait là rien de gratuit. Pourquoi Diable aurait il envie de perdre son temps pour quelque chose qui ne lui rapporterait rien?! Il n’y avait bien que les sots pour être altruiste.

"Votre courage m’honore, il m'est difficile de refuser. Et j'accepte même avec grand plaisir. »

Avec la mine du renard qui vient de s’emparer du fromage de maitre corbeau, il lui prit la main et la mena au centre, où le menuet allait commencer. Au lieu de regarder droit devant lui, il la fixa du coin de l’œil, un demi sourire plaqué sur son visage. Il pensait ainsi l’énerver, car l’Italienne avait beau accepter sa présence et apprécier sa compagnie par moment, elle n’aimait pas le voir aussi « à l’aise » avec elle car vu de l’extérieur, ce genre de comportement pouvait donner une fausse impression de leur relation et il serait allé jusqu’à parier qu’elle ne souhaitait cela pour rien au monde. Les musiciens débutèrent leur morceau et le prince de Saxe entama les pas de fillettes qu’imposait la chorégraphie.

Diable qu’il détestait cela ! Cette danse n’avait même pas les vertus de permettre une certaine intimité physique entre les partenaires et il ne pouvait guère faire plus que tenir le bout des doigts de la main de la princesse Farnèse. Cette petite main, si frêle et fine... Le contact était hélas bref, car il fallait se séparer, se croiser avant de pouvoir se retrouver. Une bonne métaphore de la vie et des relations entre les êtres !


« Je ne savais pas, monsieur, que vous dansiez aussi bien. Me voilà bien à même de revoir mon jugement sur vous et vos compatriote. »

Rien que pour cette phrase, avoir eu à subir les cours de danse imposés par une éducation princière semblait aujourd’hui une bénédiction. Même si, il n’était pas dupe, le compliment n’était pas venu seul ! Elle n’avait pu s’empêcher de l’allier à une raillerie concernant ses origines.


« Je ne suis pas sans savoir que l’Europe entière pense que l’allemand est une langue peu mélodieuse, une langue de sauvage,mais quoiqu’on en pense, nous autres en Saxe avons l’oreille musicale et savons respecter les cadences à la perfection. Je suis du reste certain que dans les années à venir, les compositeurs germaniques détrôneront les Lulli et Monteverdi. Ce n’est qu’une question de temps, vous verrez, et l’hégémonie musicale de votre précieuse contrée sera perdu à jamais, ma chère ! »


Après un instant de réflexion il rajouta, pour se venger du petit affront de sa partenaire :

« Je pourrais dire que mes préjugés sur les Italiennes ont changé grâce à vous mais ce n’est pas le cas : je les imaginais toutes avec des embonpoints de matrone et des voix criardes. Alors certes, vous ne correspondez , Dieu merci, pas à cette description, mais je pense que vous n’êtes que l’exception à la règle ! Vous êtes le bon numéro d’une loterie où il n’y a qu’un seul gagnant en quelque sorte.. »


Il s’était attendu à une réplique cinglante et rien de moins –connaissant le caractère de chien de Sofia- mais rien n’était venu. Cherchant à comprendre ce qui avait bien pu la rendre muette – un exploit encore jamais accompli par lui- il la vit fusiller du regard son pire rival. Ce regard ne laissait pas de place au doute, elle ne le portait pas dans son cœur. Et bien ça y est, pensa t il ,-son sourire s’élargissant à vue d’œil sur son visage habituellement moqueur ou impassible- nous avons enfin un terrain de parfaite entente ! Voulant retrouver toute l’attention de la brune, il s’acharna alors à lui parler dans le creux de l’oreille , chose rendue difficile par la danse qui lui imposait de se détacher d’elle à peu près toutes les deux secondes

« Je loue le ciel »

Et ils se séparèrent puis se retrouvèrent

« de ne pas être le destinataire de »

Allait il enfin pouvoir finir sa phrase en paix ? OHHHH quelle stupide invention que le menuet !

« ce regard ‘médusesque’ »

Ayant enfin réussi à capter l’attention de la Farnèse, il entama, avec une indifférence feinte, une conversation sur le Vénitien :

« J’aurais cru que voir un compatriote vous réchaufferait le cœur, d’autant plus un homme tel que lui, qui a les faveurs des dames de la cour. Mais je ne peux qu’une fois de plus louer votre bon sens, vous savez reconnaitre un cloporte quand vous en avez l’occasion ! Malgré tout, je ne peux m’empêcher de trouver l’éclat de votre regard à son encontre étrange. J’aurais compris, venant de vous, un regard désapprobateur ou méprisant.. mais c’est au-delà de ça !je ne peux pas me tromper! Je sais reconnaitre un regard, haineux et plein de rancœur quand j’en vois un. »

Il songea un instant creuser la blessure afin de trouver l’origine de cette animosité, il était curieux d’en apprendre plus sur ce qui aurait bien pu lier les deux italiens. Mais il se retint. Elle ne voudrait pas se confier à lui, un parfait inconnu, il lui semblerait sûrement trop peu fiable, après tout, n’était il pas après toutes les femmes de Versailles ?! Non. Il valait mieux utiliser cette haine commune à son profit. Il avait une idée. mais il préférait attendre, voir se confirmer ce qu’il venait de deviner sur la nature de la relation entre le Don Juan et la peste farnèse. Décidément, cette soirée s’annonçait de plus en plus intéressante !
Il se contenta de murmurer d'une voix grave et sèche :


" Oubliez le. Une puce s'écrase si facilement qu'il est dommage de lui accorder autant d'intérêt...."

C'était dit platement, un peu comme un lieu commun, mais il y avait en réalité dans cette seule phrase l'aveu d'une furieuse envie de radier de la surface de la terre un rival gênant perçu comme une des 7 plaies de Versailles, et peut être également l'expression d'une pointe jalousie née du fait qu'elle venait de le délaisser pour se préoccuper de ce rat puant.

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MessageSujet: Re: La séduction a toujours été une histoire de manipulation [Derek]   17.03.12 23:25

« Vous savez parfaitement que je ne vous veux que du bien, d'ailleurs loin de moi l'envie de vous changer car sans vos savantes piques verbales, Versailles serait aussi fade que Dresde. Les gens complaisants sont si ternes ! »
« Je partage votre avis et je rajoute que si Dresde vous semble fade, cela ne doit plus une être qu'une vaste désolation sans votre présence. »


Qu'il prenne ce compliment seul, sans sous-entendu ni pique cachée ou retenue. Sofia ne faisait que très rarement des compliments gratuits, il fallait en profiter, les saisir au vol et les conserver, cela n'arrivait pas souvent, du moins quand on n'était pas dans le cercle d'amis de la princesse. Et puisqu'elle s'amusait avec le germanique, cela était quasiment inexistant. Il n'était jamais bon de trop flatter les paons, à force de faire la roue ils en deviennent ridicules. La Farnèse ne citerait aucun nom mais vous avez tous compris de quel vénitien elle faisait référence.

Mais plutôt que parler, laissons la place à la danse. Cela faisait partie de toute éducation des nobles, chacun était ensuite gracieux ou pas, d'être bon danseur ou non. Sofia était gracieuse et toute en finesse, elle avait toujours adoré la danse, en particulier quand elle prenait ses leçons avec Alessandro ou Orazio, ses deux frères qu'elle adorait. Il y avait toujours des sourires complices et une aisance à exécuter les pas, ce qui lui permit d'apprendre plus vite et pouvoir montrer ses talents lors des bals que donnait sa famille, que ce soit à Parme, à Florence ou même à Rome. L’Italie n'était-elle pas terre de musique ? Il était normal qu'elle soit aussi celle de la danse ! Mais pourquoi diable Derek la regardait-il ainsi ? Non pas que la demoiselle ne soit pas vexée mais vous connaissez Versailles, il suffit d'un rien pour monter une histoire. Et avec la réputation du germanique, cela irait beaucoup plus vite que la musique, elle fit celle qui n'avait rien vu, regardant devant elle. Et on commença à danser, c'est là où l'italienne vit que l'éducation du prince de Saxe fut bien poussée sur le point de la danse, il y semblait à l'aise et se révélait bon cavalier, voilà pourquoi elle le complimenta … avant de l'atténuer avec une pique. C'était sa technique pour que les gens ne se sentent pas pousser des ailes et imposer une certaine distance, surtout quand il s'agissait des séducteurs compulsifs !

Mais elle n'écouta même pas la réponse de son partenaire. Non par impolitesse, juste qu'un être infâme venait lui gâcher le moment juste par sa présence. C'était compulsif, cela ne se contrôlait pas, la vengeance coulait dans ses veines en bonne italienne, et elle n'aurait pas l'esprit en paix avant de s'être vengée. Puis se retrouver face à lui à l'anniversaire du Roi lui avait prouvé qu'il était encore plus imbu de lui-même qu'auparavant ou que ce qu'elle avait entendu, cela lui avait laissé un goût amer. Tellement que, tout en enchaînant les pas machinalement, elle en oubliait Derek quelques instants. Mais elle revint à elle lorsqu'il s'adressa à elle en parler à son oreille.

« Je loue le ciel, commença t'il avant de se séparer, de ne pas être le destinataire de, seconde séparation pour enfin arriver à finir sa phrase : ce regard ‘médusesque’ »

Cela pour effet de faire légèrement sursauter la belle et son regard, à la fois étonné et confus, ne pensant pas avoir été absente mentalement plus de quelques secondes, et aussi d'avoir été plus discrète, car il était sûr que Francesco n'avait rien remarqué. Elle voulut répliquer mais Derek continua ses palabres.

« J’aurais cru que voir un compatriote vous réchaufferait le cœur, d’autant plus un homme tel que lui, qui a les faveurs des dames de la cour. Mais je ne peux qu’une fois de plus louer votre bon sens, vous savez reconnaître un cloporte quand vous en avez l’occasion ! Malgré tout, je ne peux m’empêcher de trouver l’éclat de votre regard à son encontre étrange. J’aurais compris, venant de vous, un regard désapprobateur ou méprisant.. Mais c’est au-delà de ça ! Je ne peux pas me tromper ! Je sais reconnaître un regard, haineux et plein de rancœur quand j’en vois un. »
« Venise est un nid de serpents et d'immondes créatures qui ne mériteraient pas d'exister si le monde était parfait et ce mécréant en fait largement partie, je ne le considère point comme un compatriote. Et sachez qu'en Italie, notre passion première est de nous entre-tuer.
répondit-elle sur un ton de badinage mais elle avait bien remarqué que son partenaire n'appréciait pas non plus le vénitien, la vipère qu'elle était pouvait un peu cracher sur son ancien fiancé. Je n'aime point les gens qui se prennent pour le centre du monde alors qu'ils n'ont rien fait à part semer des idioties et de la méchanceté sur son passage. Et cet …énergumène est l'archétype même, il représente l'alliance de la suffisance, l'arrogance et la stupidité à l'état pur ! »

Elle ne pouvait s'empêcher en cet instant de repenser à ce jour où il l'avait lâchement laisser tomber après mille promesses et tellement d'amour entre eux. Si cela s'était terminé en privé et avec finesse, elle aurait peut être passée l'éponge. Mais, en plus de son cœur brisé, elle avait subi la pire humiliation qui soit et cela ne pouvait pas rester impuni. Quand son cœur en morceau et son honneur s'associaient, cela pouvait vraiment être violent, surtout quand l'esprit de la vendetta italienne les veillait. Elle voulait le briser sur tous les fronts, Sofia ne pouvait pas agir seule et elle se cherchait des alliées. Sans savoir, ce regard noir lancé à Francesco allait découler sur une association malsaine avec son partenaire de danse, et elle avançait à grands pas avec cette phrase, lâchée l'air de rien par Derek :

Oubliez le. Une puce s'écrase si facilement qu'il est dommage de lui accorder autant d'intérêt … »
« Certes mais il m'est d'avis qu'avant de l'écraser, il faut la châtier afin de montrer en exemple que les autres puces ne doivent pas s'aventurer dans certaines affaires. Puis enfin l'écraser, mais le faire dignement, pour ne pas passer pour le méchant de l'histoire mais plutôt récolter la gloire de toute cette histoire. »


La conversation semblait plate, il n'y avait pas de grandes intonations, on pourrait presque pensé qu'ils parlaient de choses graves, ou du moins banales, malgré les petit rictus au coin des lèvres de l'italienne, relevant ses yeux pétillants vers ceux de Derek. La danse n'allait plus tarder à se finir mais il restait suffisamment pour poser une question. La question qui permettrait à Sofia de savoir certaines choses.

« On dit que la curiosité est un bien vilain défaut et je m'en excuse par avance, mais j'ose vous le demander : qu'avez vous contre lui pour parler de lui, ma foi très justement, en ces termes ? Je ne pensais pas qu'il vous faisait autant d'ombre. »

C'est bien connu : les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Autant s'associer pour anéantir un type de la pire espèce …

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MessageSujet: Re: La séduction a toujours été une histoire de manipulation [Derek]   27.03.12 18:26

Bien que la belle soit réputée pour être une maniaque du contrôle, tout dans son attitude, de son sursautement à son regard légèrement lointain, criait le retour brutal à la réalité du moment Elle ne l'avait pas écouté, comme il l'avait deviné. Il se retint de rouler les yeux et se mit en quête de comprendre ce qu'avait bien pu faire son rival pour mériter pareil regard courroucé. La réponse ne se fit pas longue car elle avait bien vite repris tous ses esprits et sa morgue légendaire.

« Venise est un nid de serpents et d'immondes créatures qui ne mériteraient pas d'exister si le monde était parfait et ce mécréant en fait largement partie, je ne le considère point comme un compatriote. Et sachez qu'en Italie, notre passion première est de nous entre-tuer. Je n'aime point les gens qui se prennent pour le centre du monde alors qu'ils n'ont rien fait à part semer des idioties et de la méchanceté sur son passage. Et cet …énergumène est l'archétype même, il représente l'alliance de la suffisance, l'arrogance et la stupidité à l'état pur ! »

Dieu qu'il appréciait cette femme! Il ne pouvait rien y avoir, à ses yeux qui puisse être plus charmant qu'une femme cassant du sucre avec une frénésie aussi étourdissante sur le dos de son némésis. Rien que pour cela elle méritait une auréole, sainte femme qu'elle était. Une danse avec elle était décidément aussi jouissif pour les yeux que pour les oreilles. Il lui aurait presqu'avoué que la douce mélopée de sa diatribe incendiaire le ravissait plus que n'importe quel mot doux qu'elle aurait pu glisser au creux de son oreille!
Quelle délectation! Vraiment cela le changeait de toutes ces filles mièvres dont le seul talent était de pousser des petits cris aigus de plaisir à même de flatter son égo de mâle soucieux de son savoir faire.

Son enthousiasme devant les paroles de la brune à la peau de porcelaine retomba cependant bien vite.Passion et entretuer dans la même phrase, une association assez.. étrange.Peut être serait il bon de faire en sorte de ne pas trop s'attirer ses foudres. L'image de l'italienne en train de verser de la cigüe dans le verre de ceux qui la gênaient venait de se former dans sa tête, et très franchement, il ne comptait pas mourir de la main d'une femme. C'était bien trop dégradant.
Mais la prudence n'était pas son fort, et jouer avec le feu était un de ses péchés mignons, il ne pouvait décemment pas se détourner de cet ouragan mériodional, ce serait être petit jeu et lui aimait jouer gros! Il décida néanmoins de de jouer l'apeuré


- Vous savez, je commence à sérieusement regretter de vous avoir proposé cette danse. Qui sait ce qu'il adviendrait de moi si je faisais un faux pas! On me retrouverait quelques heures plus tard, les yeux révulsés, un filet de bave sur le cou, étendu sur mon lit tel un pantin désarticulé. Promettez moi de m'épargner une mort aussi bas de gamme. Je tiens à paraitre à mon avantage sur mon lit de mort!

Puis, la voyant de nouveau se détourner de lui, légèrement agacé, il lui assura que son rival ne méritait pas davantage son attention qu'un insecte dérangeant car tout comme eux on pouvait aisément s'en débarrasser, bien sûr il ne l'avait pas dit aussi clairement, mais c'était sous entendu.Pourquoi dire cela? En partie pour rester le seul présent à ses côtés et dans son esprit,le partage n'étant pas dans ses facultés, et en partie pour tester le terrain, voir si l'esprit de la vengeance l'habitait réellement, et lui faire comprendre subtilement que lui aussi recherchait la perte de ce méprisable individu.

"Certes mais il m'est d'avis qu'avant de l'écraser, il faut la châtier afin de montrer en exemple que les autres puces ne doivent pas s'aventurer dans certaines affaires. Puis enfin l'écraser, mais le faire dignement, pour ne pas passer pour le méchant de l'histoire mais plutôt récolter la gloire de toute cette histoire. »

Wünderbar! Si il avait eu besoin d'une preuve supplémentaire de sa hargne envers le chien gâleux, il venait de l'avoir. Il pouvait d'ailleurs constater que si lui avait eu pour seule intention de fermer le claquet de ce rutilant et dérangeant Vénitien, elle, en revanche, semblait bien avoir envie de le torturer un peu avant. Qui aurait cru qu'un être aussi doux en apparence pouvait se révéler aussi cruel?! pensa le germanique légèrement admiratif. Elle semblait cependant peu prête à voir son image de colombe ternie par quelque scandale. La chute de l'ambassadeur se devait, selon elle, d'être calculée dans les moindres détails de façon à ce que tous voient en elle, la pauvre victime de ce bourreau des coeurs. Elle resdescendit dans son estime! Après tout le scandale pour lui, c'était la rançon de la gloire, c'étiat chose naturelle. En même temps, lui ne réussirait sûrement pas à se faire passer pour la victime de l'italien.... il n'avait donc aucune raison d'essayer de sauvegarder le peu de bonne réputation qu'il avait.

- Ma chère, je crois que vous accordez bien trop d'importance aux apparences et à la dignité. Vous êtes une perfectionniste à n'en pas douter. Cependant laissez moi vous donner mon humble avis. Lorsque l'on veut arriver à un résultat, il faut parfois accepter de se souiller comme un vulgaire gueux. Je n'ai pour ma part aucun scrupule dès lors qu'il s'agit de satisfaire mes fins, quelles qu'elles soient.Tous les moyens sont bons pourvu que mon esprit soit en fête! Et puis au fond ces puces que l'on écrase ont bien cherché à récolter ce qu'elles ont semé. Ce n'est que justice même si il y a dans la justice personnelle, une part d'ombre qu'il faut savoir accepter et qui peut faire du justicier la brebis gâleuse.

Il avait une notion tout à fait personnelle de ce qui était juste ou mauvais. Pour lui rien n'était tout noir ni tout blanc, le gris dominait. Il n'était pas manichéen ,mais peut être que cette conception servait ses désirs. Après tout il n'était pas un ange mais il refusait de croire qu'il était foncièrement mauvais. Il fallait bien pour lui, trouver quelques justifications à ses actes. Elle ne le réprimanda pas malgré son discours pour le moins étrange. Non. Dans ses yeux ce qu'il vit se rapprochait de la satisfaction. Sans compter que tout ceci s'accompagna d'un sourire, ou plutôt un rictus qui promettait quelque chose d'exquis. Y aurait il une chance qu'elle aille droit se perdre dans une association avec lui un archange aux ailes légèrement brûlées, contre Lucifer, l'ange déchu?

« On dit que la curiosité est un bien vilain défaut et je m'en excuse par avance, mais j'ose vous le demander : qu'avez vous contre lui pour parler de lui, ma foi très justement, en ces termes ? Je ne pensais pas qu'il vous faisait autant d'ombre. »

A cette question il fit mine de se renfrogner - il était tout de même en réalité un peu piqué de la voir penser que l'Italien lui faisait de l'ombre- et finit après quelques secondes, faussement réticent, par lui répondre:

- Vous ne me croiriez pas une minute si je vous disais que je trouve sa façon d'abuser de son charme auprès de ces pauvres femmes ,pour mieux les laisser tomber et les humilier ensuite, indécente, et vous auriez raison. Contentez vous alors de savoir que je suis tout simplement allergique à son odeur que le voir me donne envie de devenir aveugle, et que le seul son de sa voix me hérisse les poils. Ce n'est qu'un vulgaire matamore et la façon qu'il a de s'arrêter tous les deux pas pour se regarder dans toutes les glaces de la galerie est tout bonnement insupportable!

Il n'allait tout de même pas lui avouer que le Vénitien ne perdait pas une occasion de le narguer, de le railler. Ce serait perdre de sa superbe, de sa prestance, et il s'y refusait. Elle avalerait sans doute son histoire d'allergie. Après tout, si le coup de foudre au premier regard existait, la même réaction mais avec le sentiment inverse devait bien exister aussi, non?!

- A mon tour de vous questionner! Je brûle d'impatience de savoir ce qui a bien pu vous pousser à vous lier à cet idiot . Je ne vous pensais pas une de ces femmes trop vite étourdie par un charmeur.. à mon grand regret d'ailleurs!

Il appuya son propos par un sourire de connivence qui en disait long sur la question.



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MessageSujet: Re: La séduction a toujours été une histoire de manipulation [Derek]   04.04.12 17:38

Un visage angélique mais une langue fourchue comme celle d'un diable, voilà comment on pouvait résumer Sofia. Et davantage lorsqu'elle parlait de ses ennemis, elle devenait la pire des garces en grande robe. Quand Derek assimila le vénitien à un compatriote, elle se drapa dans sa colère et son dégoût. Hors de question d'associer les torchons et les serviettes, chacun devait rester à sa place, et le plus loin l'un de l'autre si possible !

A parler de la sorte, Sofia pouvait faire fuir plus d'une personne, mais Derek ne semblait pas s'en offusquer ni avoir peur. C'était sûrement parce qu'il possédait lui-même un esprit diabolique. Ils se ressemblaient beaucoup finalement, ces deux là et plus les pas de danse s'enchaînait et plus une alliance entre les deux se dessinait comme une évidence. Mais pas question de le dire tout de suite, il fallait continuer leur petite joute verbale. Les deux avaient de l'esprit à revendre, autant le partager,

« Vous savez, je commence à sérieusement regretter de vous avoir proposé cette danse. Qui sait ce qu'il adviendrait de moi si je faisais un faux pas! On me retrouverait quelques heures plus tard, les yeux révulsés, un filet de bave sur le cou, étendu sur mon lit tel un pantin désarticulé. Promettez moi de m'épargner une mort aussi bas de gamme. Je tiens à paraître à mon avantage sur mon lit de mort! »

Sofia se mit à rire, amusée qu'on la supplie de trouver une mort digne. Elle n'avait jamais tué et n'était empoisonneuse que pour une personne, du moins pour l'instant. C'est avec un sourire mutin et un regard complice qu'elle répliqua :

« Promis … Je vous poignarderais dans le dos, simplement. »

Cela sortait avec presque tant de naturel que cela pouvait passer pour sérieux. Heureusement que son sourire s'élargit, contente d'elle. A force de parler de tuer des gens sur un ton si badin, elle pourrait s'attirer des ennuis, surtout si cela était entendu par de mauvaises oreilles qui prendraient cela pour argent comptant. Mais que voulez-vous, la jeune femme avait un humour noir parfois, et parler de la mort des autres est davantage un amusement. Surtout qu'elle n'avait aucunement l'intention de poignarder ou empoisonner Derek. Il ne lui avait rien fait, il était même un homme au physique et à la conversation agréable et ils avaient davantage en commun qu'il n'y paraissait. Comme des ennemis communs par exemple …

Sofia voulait se venger, mais en beauté. Le mieux, c'est que Francesco ne devine pas qu'elle soit derrière tout cela mais si cela devait arriver, le rôle de la victime lui irait à merveille. Les yeux larmoyants, le petit air de victime, elle savait faire. Et puis tout le monde pouvait passer pour un saint à côté de Francesco alors bon, elle n'aurait pas trop à en rajouter ! Et si Sofia voulait garder sa réputation intacte, c'est qu'elle savait que c'était de cela que dépendait sa place à Versailles. Un trop grand scandale la ramenait directement à Parme, et sa mère se ferait une jouer de lui trouver un mari où Sofia n'aurait pas vraiment le choix que d'accepter. Il ne fallait pas penser à cette éventualité, cela était bien trop horrible aux yeux de l'italienne qui avait arrivé à repousser ses prétendants et retarder l'âge de passer devant l'autel. Mais contrairement, à elle, Derek ne semblait pas vraiment vouloir prendre de gants.

« Ma chère, je crois que vous accordez bien trop d'importance aux apparences et à la dignité. Vous êtes une perfectionniste à n'en pas douter. Cependant laissez moi vous donner mon humble avis. Lorsque l'on veut arriver à un résultat, il faut parfois accepter de se souiller comme un vulgaire gueux. Je n'ai pour ma part aucun scrupule dès lors qu'il s'agit de satisfaire mes fins, quelles qu'elles soient. Tous les moyens sont bons pourvu que mon esprit soit en fête! Et puis au fond ces puces que l'on écrase ont bien cherché à récolter ce qu'elles ont semé. Ce n'est que justice même si il y a dans la justice personnelle, une part d'ombre qu'il faut savoir accepter et qui peut faire du justicier la brebis galeuse. »
« Vu comme cela, il est vrai que votre technique est plus amusante que la mienne,
répondit elle, un poil moqueuse. Se salir comporter des risques, si je n'ai pas peur de le faire, je ne peux me défaire de quelques fâcheuses conséquences qui me retiennent quelques pulsions violentes. Soyez en sûr que certaines personnes auraient trépassé avec mes mains autour leurs cous. Ce n'est pas une question de scrupule ou autre, juste une question de famille. A quoi servirait-il de me venger si je ne puis fêter ma victoire ici ? Voyez monsieur, quand on n'est guère libre de faire comme bon nous semble, agir selon ma méthode est la meilleure solution. Et puis, il est plus amusant de voir sa cible chercher des solutions et s'enfoncer dans la déchéance que l'on a préparé. »

Elle poussa un petit soupir amusé et fit un magnifique sourire à Derek qui pouvait paraître si innocent pour les regards extérieurs mais qui, combinés à ses paroles, la rendait encore plus machiavélique. Les deux se comprenaient globalement, ils n'avaient pas les mêmes méthodes mais une chose était sûre, c'est qu'ils n'étaient pas contre une magnifique vengeance. Dans l'esprit de l'italienne, l'alliance avec le germanique fut à peine effleuré. Pouvait-on lui faire confiance ? Et pourquoi le ferait-il ? A cette dernière question, elle la posa à Derek, histoire d'en savoir un peu plus. Quelques informations supplémentaires n'étaient pas de trop, il était toujours intéressant de voir de combien de façons différentes Francesco pouvait être détesté ! Elle écouta le prince de Saxe avec attention, tout en dansant.

« …Contentez vous alors de savoir que je suis tout simplement allergique à son odeur, que le voir me donne envie de devenir aveugle, et que le seul son de sa voix me hérisse les poils. Ce n'est qu'un vulgaire matamore et la façon qu'il a de s'arrêter tous les deux pas pour se regarder dans toutes les glaces de la galerie est tout bonnement insupportable! »

Elle se mit à rire, quelle exactitude dans la description du vénitien ! Et cela suffisait largement pour le détester, elle comprenait tout à fait et n'en demandait pas plus. Par contre elle s'attendait à la question qui suivait :

« A mon tour de vous questionner! Je brûle d'impatience de savoir ce qui a bien pu vous pousser à vous lier à cet idiot. Je ne vous pensais pas une de ces femmes trop vite étourdie par un charmeur … à mon grand regret d'ailleurs ! »
« Mais ce n'est pas le cas ! »
s'offusqua t'elle un instant, avant de répondre à son sourire.

Que dire, que dire ? Il était hors de question que la véritable histoire ne sorte de sa bouche. Personne ne savait cette histoire à Versailles, cela était il y a quelques années. Quelques pas de danse lui laissèrent le temps de réfléchir avant de trouver la parfaite excuse :

« Sans entrer dans les détails des histoires familiales, cet idiot a réussi à briser de nombreux cœurs, particulièrement celui de sa propre sœur et de mon propre frère. Et s'il y a bien quelque chose qui est intolérable à mes yeux, c'est que l'on fasse du mal à ma famille, surtout que cet imbécile fut des plus odieux et vil. Si vous connaissez le principe de la vendetta, monsieur, vous comprendrez mieux pourquoi je fais cela. »

Elle termina avec un sourire complice, mais aussi ravie d'avoir mélanger la réalité et sa propre histoire. Car il était hors de question qu'elle dise qu'elle fut la première victime de Francesco, la première à qui il a volontairement brisé le cœur, cela étai trop dur, cela faisait trop mal. Puis la musique s'arrêta, la danse prenait fin et après une révérence de remerciement à son cavalier, Sofia quitta la piste, laissant place à d'autres danseurs. Elle attrapa un verre pour se désaltérer et s'appuya légèrement contre un mur, non loin d'une fenêtre de la galerie donnant sur le jardin caché par la nuit. Elle regarda dans les yeux Derek et lança sur un ton mutin :

« Vous savez, monsieur, s'il fallait une équipe pour nous venger de cet avorton, nous serions de redoutables acolytes. »

Si cela pouvait passer pour une plaisanterie, cela était aussi une perche tendu. A Derek de voir …


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MessageSujet: Re: La séduction a toujours été une histoire de manipulation [Derek]   23.04.12 21:39

« Promis … Je vous poignarderais dans le dos, simplement. »

Voilà qui était rassurant, c'est le moins qu'on puisse dire!L'humour de la princesse Farnèse était .... assez original, mais il décida qu'il l'aimait assez.

"Voilà qui me comble d'aise. Mon visage pourra ainsi rester figé dans sa perfection"

Il n'était pas plus sérieux qu'elle dans ses paroles car en réalité il ne se considérait absolument pas comme la 7e merveille du monde... il faut dire qu'à force d'avoir entendu sa mère répéter combien il était repoussant étant enfant, le contraire eut été étonnant. Il en gardait une légère insécurité affective, un léger manque de confiance en lui. La chose était cependant dissimulée au reste du monde par un masque savamment façonné, mais qui n'en portait pas à Versailles? Cette chère Sofia Di Parma elle même semblait trouver normal de cacher , au besoin,ses machinations derrière un masque de sage fille à laquelle on donnerait le bon Dieu sans confession. Elle justifiait d'ailleurs cela avec des arguments tout à fait valables:

« Ce n'est pas une question de scrupule ou autre, juste une question de famille. A quoi servirait-il de me venger si je ne puis fêter ma victoire ici ? Voyez monsieur, quand on n'est guère libre de faire comme bon nous semble, agir selon ma méthode est la meilleure solution. Et puis, il est plus amusant de voir sa cible chercher des solutions et s'enfoncer dans la déchéance que l'on a préparé. »

" Croyez le ou non, nous avons tous à supporter les pressions de nos famille, Madame, moi tout autant que vous."

Oui, oh ça, il pouvait dire qu'il en savait quelque chose. Déjà deux femmes que sa mère essayait de lier à lui, le mariage.. voilà ce qui lui pendait au nez!Et tout ça à cause d'une période de vie dissolue! Il avait réussi à se débarrasser de la première, une polonaise remarquablement timide et prude mais restait à présent la deuxième dont il fallait se charger. La première avait été un cas facile à expédier. Il avait fui, purement et simplement, après avoir courtisé assidument la jeune fille. L'humiliation de cette dernière avait dû être totale, il l'imaginait pleurant à chaudes larmes et soupirant son nom, éperdu d'amour.. l'image était réellement plaisante. Mais cette Irlandaise.. l'affaire allait être plus coriace. Alors oui, tout autant que Sofia, on ne lui laissait pas faire ce que bon lui semblait, mais ça, elle ne pouvait évidemment pas s'en douter en le voyant se faire plaisir constamment.

"Mais j'imagine effectivement que l'on pardonne plus aisément à notre sexe ce que l'on reprocherait au vôtre"

Qu'on ne s'y trompe pas. Le prince héritier de Saxe n'était absolument pas sensible à la situation des femmes dans la société. A vrai dire, il s'en contrefichait! Il ne faisait que mentionner un état de fait qui ne l'émouvait pas plus qu'il ne le choquait. C'était simplement un homme conscient de ses privilèges et absolument pas désireux de les partager avec les femmes. Néanmoins il aurait sûrement été prêt à faire une exception pour son interlocutrice si on le lui avait demandé! Pour l'heure il était surtout intéressé par ce qu'elle avait à dire concernant ses griefs contre Contarini. Il était pratiquement sûr que ces deux là partageait une histoire commune...

« Sans entrer dans les détails des histoires familiales, cet idiot a réussi à briser de nombreux cœurs, particulièrement celui de sa propre sœur et de mon propre frère. Et s'il y a bien quelque chose qui est intolérable à mes yeux, c'est que l'on fasse du mal à ma famille, surtout que cet imbécile fut des plus odieux et vil. Si vous connaissez le principe de la vendetta, monsieur, vous comprendrez mieux pourquoi je fais cela. »

Il n'était guère convaincu, pourquoi?! Oh...la façon dont elle détournait légèrement les yeux, la façon dont elle survolait tout cela, et puis.. un pressentiment. En attendant, la danse se terminant,elle eut la possibilité d'écarter toute explication supplémentaire, s'écarta du centre de la pièce et attrapa un verre dont elle avala en partie le contenu. Il la suivit pour continuer cette conversation.

" Je connais bien sûr cette passion, que vous autres méridionaux avez, de la vendetta, Madame, et je dois louer ce sens fort de la famille qui vous pousse à vouloir venger les votres avec une telle tenacité. On croirait presque à vous entendre parler avec autant de fougue que vous parlez d'une offense qui vous a concerné personnellement, c'est impressionnant!A côté de vous, je crois être cruellement dépourvu de toute solidarité familiale. "

Il ne lui cachait pas ses doutes quant à ce qu'elle venait de lui révéler car il avait pour coutume d'être honnête avec ses amis, et.. il croyait pouvoir la compter parmi les rares gens qui l'appréciaient réellement, alors après tout elle méritait bien ce titre. Mais il était bien conscient de n'avoir guère de preuve, peut être même lui avait elle dit la vérité et dans ce cas il passerait pour l'homme de peu de foi.
Elle ne sembla pas noter cependant ses suspicions et plantant ses prunelles noisette dans ses yeux tout en lui décochant un sourire à faire se damner un saint, lui demanda:


« Vous savez, monsieur, s'il fallait une équipe pour nous venger de cet avorton, nous serions de redoutables acolytes. »

La scène était cocasse. Ils étaient là se regardant dans le blanc des yeux, souriant et donnant l'impression d'avoir atteint la félicité la plus complète . Que penser en effet d'un tel couple lorsque la femme, est appuyée contre le mur dans une attitude assez décontractée, l'homme tout proche d'elle, et tous deux isolés des autres et placés non loin d'une fenêtre donnant sur les jardins enveloppés par l'obscurité? Tout cela devait donner l'impression d'un cliché romantique pour les observateurs de l'extérieur, une idée qui ne déplaisait pas vraiment à Derek et qui le fit rire aux éclats. Deux amoureux?! Deux âmes vengeresses plutôt!Mais il faut croire que certaines personnes n'arrivent à rayonner ensemble que lorsqu'ils crachent leur venin de concert. Bien sûr sa partenaire ne sembla pas vraiment goûter à la plaisanterie, croyant sans doute qu'il venait de lui rire au nez. Sa mine légèrement sombre amusa encore plus le Saxon qui se contint à grand peine de redoubler de rire . Il lui fallut quelques minutes pour reprendre son souffle et lui répondre enfin, sans expliquer pour autant la raison de son hilarité.

- Veuillez m'excuser. J'ai eu un moment d'égarement, mais je vous promets que cela ne se reproduira plus. Et pour tout vous dire, si c'était une proposition que vous me faisiez là, alors autant vous dire que je l'aime assez.. . Vous pouvez dès à présent voir en moi votre plus fidèle chevalier servant, totalement acquis à votre cause, qui est aussi la mienne. Contarini n'a qu'à bien se tenir car nous pouvons ,et je crois pouvoir l'affirmer haut et fort, rivaliser aisément avec les cavaliers de l'apocalypse. Rien ne peut nous résister!

Le germanique souriait à pleine dent, ce qu'il ne faisait pour ainsi dire jamais et indiquait un niveau de satisfaction sans précédent. Oh oui il pouvait bien accorder un compliment à la belle, oui, il était d'humeur à cela, car il comptait bien retirer de cette potentielle alliance davantage que ce qui était prévu.
On peut dire que si Sofia Di Parma avait la vendetta dans le sang, elle n'avait, en revanche, sans doute pas autant de bon sens qu'on lui en prêtait, sinon elle aurait à coup sûr pressenti ce qui se passait dans le cerveau de cet homme que l'on traitait de satyre, car une chose était sûre, Francesco était bien loin des pensées de son rival lorsque celui ci s'était décidé à accepter l'offre de la princesse, très loin!



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MessageSujet: Re: La séduction a toujours été une histoire de manipulation [Derek]   07.05.12 14:04

« Croyez le ou non, nous avons tous à supporter les pressions de nos famille, Madame, moi tout autant que vous. Mais j'imagine effectivement que l'on pardonne plus aisément à notre sexe ce que l'on reprocherait au vôtre. »
« Il faut bien des privilèges à vous, pauvres hommes. »
répondit-elle simplement, amusée et moqueuse à ces paroles.

Pourtant, dans ce siècle, il était plus aisé d'être un homme qu'une femme. Sofia se sentait privilégiée d'être en ces lieux, à danser avec qui bon lui semblait, même si son chaperon n'était jamais bien loin. Beaucoup de filles de son âge étaient déjà mariées, voire même mères ! L'italienne avait de la chance d'avoir un frère aimant et une mère patiente, même si Marguerite de Médicis en avait plus qu'assez du caractère de cochon de sa cadette et de cette façon dont Sofia menait sa vie.

Tout cela aurait été si différent en temps normal, si Francesco n'avait pas fait l'imbécile à se croire au sommet du monde et irrésistible. En temps normal, elle aurait du faire comme les autres filles : se marier jeune, vers ses dix-sept ou dix-huit ans avec un bon parti – qu'elle aimait follement et était aimée en retour – et mener une vie conjugale plus ou moins simple. Aujourd'hui, que serait-elle devenue si elle avait épousée Francesco ? A vingt-quatre ans, combien d'enfants aurait-elle mis au monde ? Où vivrait-elle ? Serait-elle toujours aussi jolie ? Autant de questions qui lui passaient parfois à l'esprit que la princesse rejetait violemment. La seule et unique question était : aurait-elle été plus heureuse qu'aujourd'hui ? Elle ne le saurait jamais, parce que le vénitien avait décidé de ne penser qu'à lui, de rompre leurs fiançailles comme on congédie un domestique. Et cet affront, l'italienne ne pouvait le tolérer, d'où sa vengeance d'aujourd'hui. Bien sûr, tout ce qui fut écrit précédemment ne sera jamais avoué par la jeune femme, surtout pas au prince germanique. Ce petit mensonge de derrière les fagots n'en était pas vraiment un : elle se souvint de la déception d'Alessandro de devoir rompre ses propres fiançailles, tout comme de quitter la cavalerie vénitienne. Mais ce n'était rien comparé au chagrin de Sofia qui avait longuement pleuré. Derek la croyait-il ? Peu importe, il avait l'air de s'en satisfaire et pour l'instant, c'était parfait.

« Je connais bien sûr cette passion, que vous autres méridionaux avez, de la vendetta, Madame, et je dois louer ce sens fort de la famille qui vous pousse à vouloir venger les vôtres avec une telle ténacité. On croirait presque à vous entendre parler avec autant de fougue que vous parlez d'une offense qui vous a concerné personnellement, c'est impressionnant !A côté de vous, je crois être cruellement dépourvu de toute solidarité familiale. »
« Ce qui touche ma famille me touche aussi, il est donc normal que je m'en sente concernée. Chez nous on dit qu'il faut laver son linge en famille. Vous avez une certaine chance d'échapper à cela, il y a des avantages et inconvénients.
Elle fit un petit sourire et but une gorgée avant de reprendre. Et ne m'insultez pas … c'est mademoiselle. »

Elle doutait vraiment que le prince germanique la croit sincère, voilà pourquoi Sofia avait répondu de la sorte. Et s'il savait un jour la vérité ? Oh Derek avait sans doute autre chose à faire que d’enquêter sur le passé de l'italienne, enfin c'est ce qu'il restait à espérer. Et puis il fallait détourner la conversation. La voilà à revenir sur leur terrain de prédilection : lutter contre Contarini. Mais plutôt qu'avoir une réponse, voilà que le prince se mit à rire. Ne comprenant pas sa réaction, ses sourcils se froncèrent, ce qui fit se retrousser légèrement son nez mutin. Avait-elle dit quelque chose de drôle ? Pas à ce qu'elle sache. Se moquait-il d'elle ? Il n'avait pas intérêt, Sofia lui avait suffisamment expliquer le principe de la vendetta. Elle s'agaçait et avait bien envie de partir, le planter là avec son rire. Si seulement elle n'avait pas besoin de son aide et qu'il ne soit pas si charmant. Oui, on pouvait réfléchir à une vengeance et choisir ses alliés sur différents critères, comme le degré de haine contre Contarini mais aussi un peu sur le physique. Elle s'impatientait et se disait que finalement, elle ferait mieux de partir quand le germanique retrouva enfin l'usage de la parole.

« Veuillez m'excuser. J'ai eu un moment d'égarement, mais je vous promets que cela ne se reproduira plus. »
« J'espère bien. »
« Et pour tout vous dire, si c'était une proposition que vous me faisiez là, alors autant vous dire que je l'aime assez.. . Vous pouvez dès à présent voir en moi votre plus fidèle chevalier servant, totalement acquis à votre cause, qui est aussi la mienne. Contarini n'a qu'à bien se tenir car nous pouvons, et je crois pouvoir l'affirmer haut et fort, rivaliser aisément avec les cavaliers de l'apocalypse. Rien ne peut nous résister! »


En quelques mots, il avait réussi à l'apaiser et même à la faire sourire. Vous savez, ces petits sourires en malicieux qui en disent long sur les pensées qui défilent dans nos têtes à cet instant. Derek venait donc de s'associer à la belle italienne dans son drôle de plan de vengeance. Qu'il était facile d'enrôler les ennemis du vénitien, ce crétin se faisait des ennemis tout seul, il n'y avait qu'à passer derrière lui pour leur proposer son idée, encore fallait-il qu'ils acceptent ces lâches. Et le sourire, presque malsain, de son nouvel acolyte prouvait bien que beaucoup avait à en vouloir à Francesco, et que tout le monde pouvait être prêt pour une vengeance.

« C'était bel et bien une proposition, et je suis bien heureuse que vous soyez partant, il y aurait peu de monde qui aurait accepté ce pacte. Les gens ne sont que des couards, je suis bien ravie que vous n'en fassiez pas parti, vous grimpez davantage dans mon estime, monsieur. »

Elle s'était légèrement rapprochée et, au loin, beaucoup pouvaient penser qu'il s'agissait d'un moment de séduction entre eux et pas de la naissance d'une diabolique association. Mais l'un ne va pas vraiment sans l'autre, Sofia connaissait la faiblesse de son nouvel associé, les femmes. Elle pouvait en jouer un peu, sans s'imaginer vraiment ce qui se passait derrière la tête de Derek en cet instant.

« Vous qui citiez les cavaliers, vous serez à votre aise sur votre cheval rouge, à répandre la guerre. Heureusement que vous avez votre épée. »

Un double-sens ? Peut être, le regard de la princesse semblait à la fois moqueur et mutin. Il faut dire que deux personnalités comme Sofia et Derek s'associaient, ce n'était ni pour la charité ni dans la plus grande pureté …

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MessageSujet: Re: La séduction a toujours été une histoire de manipulation [Derek]   20.05.12 21:10

« Il faut bien des privilèges à vous, pauvres hommes. »

D'autres se seraient offusqué de cette raillerie dirigé contre le sexe masculin, pas lui. Dans cette raillerie, il y avait une preuve d'esprit, et de libre pensée qui ajoutait au charme de la méridionale, et comme avec tout ce qui faisait partie de ce qu'il considérait comme ses charmes, il y prenait du plaisir. Il s'étonnait cependant de voir l'Italienne et tant d'autres femmes à Versailles vivre dans une relative indépendance, sans mari ni fiancé.

Pour beaucoup il devait s'agir de mauvaises conjonctures, un mari ou un fiancé décédé, des fiançailles rompues pour je ne sais quelle raison. Pour Sofia Di Parma, il ne savait que penser, une telle perle, un peu brut de caractère certes, encore étrangère aux liens du mariages?!Cela semblait improbable et pourtant c'était le cas.Devait il y voir l'ombre de parents bienveillants la laissant prendre son temps pour se ranger, ou bien avait elle été autrefois fiancée sans succès? Il y avait de grandes chances pour qu'il n'en sache jamais davantage, mais peut être avec le temps, en apprendrait il plus à son sujet. Il y comptait bien!
Quoiqu'il en soit, Francesco Contarini avait été proche de la belle un jour ou l'autre, il y aurait mis sa main au feu, même si elle s'acharnait maintenant à le faire passer pou un étranger distant ayant ruiné le bonheur d'un frère chéri.

Il quitta ces considérations pour lui faire part de son étonnement quant à l'esprit de vengeance qui l'habitait, un esprit de vengeance animé par un affront ne la concernant pas directement. Bien sûr il connaissait les principes de la vendetta.. mais tout de même... tout cela lui semblait étrange. Elle se justifia et il l'écouta pour la forme, puis changeant de sujet brusquement, elle se piqua d'être une demoiselle, se prétendant offusquée de le voir l'appeler Madame. Il sourit intérieurement de cette coquetterie mais ne s'excusa pas de son erreur.

Très vite le sujet épineux, Contarini, revint sur le tapis, elle lui proposait une alliance.. était elle sérieuse? Il n'en savait rien mais il était à ce moment là bien trop occupé par ses pensées pour lui répondre. S'imaginant le regard que pouvait bien porter sur eux les gens les entourant- ils prenaient certainement les apparences de faux couple pour argent comptant alors que la réalité était bien moins romantique- il fut pris d'un rire difficilement extinguible. Un rire qui ne fut pas communicatif si on en croyait la mine crispé de son interlocutrice qui semblait agacée au plus haut point. Son visage ne se radoucit que lorsqu'il la pria de l'excuser. Il eut cependant la satisfaction de voir un sourire flotter subrepticement sur ses lèvres lorsqu'elle l'entendit enfin accepter cette alliance.


C'était bel et bien une proposition, et je suis bien heureuse que vous soyez partant, il y aurait peu de monde qui aurait accepté ce pacte. Les gens ne sont que des couards, je suis bien ravie que vous n'en fassiez pas parti, vous grimpez davantage dans mon estime, monsieur. »


- Vous me dites que je monte dans votre estime, j'en déduis donc que j'étais placé assez bas pour cela. Dois je alors me sentir heureux d'être jugé par vous à présent fréquentable, ou devrais je être vexé d'avoir été auparavant pesé, mesuré et jugé insuffisant?!


Lui répondit il, cachant sous le ton de l'humour un orgueil légèrement blessé.

Elle choisit de ne pas répondre à cette remarque et se rapprocha de lui, lentement mais sûrement. A présent, ils étaient si proches que si par hasard il avait eu l'envie de ravir ces lèvres vermeilles qui le narguaient, il n'aurait eu qu'à pencher sa tête. Cette proximité aurait pu en rendre plus d'un fou et lui , bien qu'éduqué de la plus parfaite manière, être civilisé et acculturé, était un récidiviste reconnu quant il s'agissait du péché de luxure . Il luttait difficilement contre l'attirance physique qu'il éprouvait pour les femmes et s'arrangeait en général pour l'assouvir rapidement dans une alcôve ou dans une chambre pour peu que la demoiselle soit consentante.. et très rarement mais cela était parfois arrivé ,quand elle ne l'était pas. Aujourd'hui il n'en était pas question. Elle lui faisait éprouver une véritable torture physique et c'est à grand peine qu'il se contint et resta froid et maitre de lui même.


« Vous qui citiez les cavaliers, vous serez à votre aise sur votre cheval rouge, à répandre la guerre. Heureusement que vous avez votre épée. »

Elle voulait jouer à ce petit jeu là?Soit!

- Me voilà démasqué! J'aime en effet assez être à cheval, une position fort commode, et alors, mon épée se dresse fièrement et va droit au but sans hésitation, plongeant de tout son long dans le corps de la personne qui me fait face et ne se retirant qu'après satisfaction obtenue .

Oh! Est il vraiment nécessaire de dire qu'un sourire satisfait à souhait et en totale harmonie avec le scintillement de deux prunelles sombres remplies de désir avait accompagné ces paroles?! Cela coulait de source!Et pourtant le visage du Germanique se referma bien vite et d'une inclinaison de tête sans fioriture il salua son interlocutrice afin de prendre congé

- Mademoiselle, je me vois dans l'obligation de vous abandonner. Mon épée, vous voyez, est fort demandée..

Et il s' éloigna ainsi sans attendre de réponse pour aller se terrer dans un coin avec un verre à nouveau rempli. Quelques minutes plus tard il fut soulagé de s'apercevoir que son épée, qui s'était très légèrement animée dans ce bref moment de proximité - trop légèrement Dieu merci pour que ce soit visible aux yeux des autres mais assez pour qu'il puisse pressentir la tournure gênante qu'aurait pu prendre sa conversation avec la princesse- était de nouveau en position de repos total et il s'en alla, de nouveau guilleret, rejoindre une demoiselle à qui il avait fait la conversation le matin même et qui venait de faire son apparition.



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La séduction a toujours été une histoire de manipulation [Derek]
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