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 Les bas-fonds ont aussi leur chevalier [Isa]

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Pas de coeur, cela ne cause des troubles de l'humeur et c'est trop fragile. Car quand on le brise, ça fait si mal, un coeur.
Côté Lit: Je ne compte plus les hommes, seulement les pièces qu'il laisse une fois qu'ils ont fait leur affaire.
Discours royal:



    Ô la belle ÉPINE
    pleine de rose


Âge : 24 ans
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MessageSujet: Les bas-fonds ont aussi leur chevalier [Isa]   19.02.12 17:06

« Paris sera toujours Paris.
Qu'est-ce que tu veux qu'il fasse d'autre ?  »

Paris ne doit ressembler à aucune autre ville, elle ne ressemble déjà pas à elle-même une fois le soleil couché. Quand vient la nuit, Paris voit apparaître une nouvelle population, cachée dans l'ombre dans la journée, ou se fondant dans la masse. Prenons l'exemple de Rose : dans la journée, elle avait revêtu un grand gilet et un chapeau pour couvrir sa tête pour aller faire le marché avec Marguerite, la cuisinière. La jeune femme avait caché ses cheveux noirs et n'était pas maquillée. Elle ressemblait à n'importe quelle parisienne, même si sa beauté ne laissait pas indifférente certains hommes. Et le soir, dans sa chambre, la voilà à se maquiller de façon voyante avec beaucoup de noir autour des yeux et sa bouche voyait une couche de rouge supplanter sa couleur naturelle. Sa robe mettait en avant un grand décolleté qu'elle cachait juste avec ce même gilet car elle s’apprêtait à sortir. Quant à ses cheveux, elle les laissait tomber en cascade brune sur ses épaules. Elle était prête et descendit en bas des escaliers où se trouvait Christine – la tenancière du bordel – et deux autres filles.

Elle est où Jeanne ? lâcha Rose, blasée.
Comme toujours, elle se prend pour une princesse ! JEANNE ! Descends!
Faudra lui expliquer un jour qu'avec tout le maquillage du monde, elle sera jamais belle, qu'il faut qu'elle joue sur autre chose !


Une fois le petit monde réuni, Christine ouvrit la porte aux demoiselles qui sortirent dans les rues de Paris. Non pas qu'elles ne travaillaient pas, justement elles s'y rendaient. On avait demandé à la maquerelle quatre filles pour une soirée de cartes clandestines. Cela arrivait régulièrement, il y avait plus ou moins de filles selon les soirées et elles y allaient sans sourciller. Rose, en tête du cortège, connaissait le chemin pour s'y rendre, connaissant bien les lieux et certaines personnes qui les fréquentaient. Elle se souvint aussi que la dernière fois, un certain Etienne lui avait sauvé la mise en l'enlevant des griffes d'un soûlard un peu trop violent. Et comme une gentille demoiselle, elle ne lui avait même pas dit merci, s'était montrée presque méprisante, trop fière dans son caractère. Il était plutôt joli garçon, même s'il paraissait assez mince et les traits fins pour un homme, cela n'était pas si déplaisant. Rose voyait de tous les âges défiler, elle pouvait bien admirer la beauté un joli garçon ! Et puis être sauvée de la sorte par un chevalier, beaucoup de demoiselles en rêveraient. Pas Rose mais elle l'avait vécue et cela lui avait donné quelques sensations de bien-être qu'elle se refusait d'avoir avec les hommes. Il fallait qu'elle arrête d'y penser …

Toquant à la porte, un gros bonhomme ouvrit et la jaugea. Rose se contenta d'ouvrir le gilet pour donner au type une vie sur son décolleté tout en posant ses mains sur les hanches.

T'as reluqué, t'es content ?

A l'intérieur, c'était toujours la même ambiance : une population masculine douteuse pour la plupart, ils étaient ceux qui peuplaient Paris la nuit. Des bandits, voleurs, des gens louches qui jouaient aux cartes, voire même qui trichaient pour la plupart. Rose ne disait rien pour cela, elle-même trichait quand elle jouait, elle ne pouvait pas prendre le risque de perdre le moindre écu …

Alors que la nuit était bien installée et que les filles pour la plupart occupées, Rose redescendit sa robe et voulut prendre l'air quelques instants. C'est à cet instant précis qu'on lui agrippa le bras fortement. A l'autre bout se tenait un barbu à l'allure repoussante, hirsute et l'air vraiment sale. Puis elle le reconnut : c'était le même que la fois dernière. Elle fronça les sourcils et tenta de se dégager.

Je vois que tu m'as reconnue ma chérie.
Je ne suis pas ta chérie, sale porc. Lâche moi.
Pas avant d'avoir eu mon cadeau de la dernière fois.


Il était hors de question qu'elle couche avec ce type ! Même pour tout l'or du monde ! Puis il puait, c'était une infection ! Mais qu'est ce que cela lui coûterait de sauter dans la Seine quelques minutes pour se décrasser ? Il pouvait même y couler, elle en serait débarrassée. Rose planta ses ongles dans le bras du vicieux mais il semblait bien résistant et la poussa dans un coin de la pièce avant de se plaquer contre elle.

Allez laisse toi faire !
Même pas en rêve !


Il n'en avait pas l'air mais il avait de la force et malgré toutes ses tentatives, Rose n'arrivait pas à s'en débarrasser. Et à peine sentait elle ses mains remonter sous ses jupes qu'elle reprit de plus belle à se débattre, davantage par désespoir que pour se libérer, elle n'y arriverait pas. C'était bien la première fois qu'elle espérait avoir de l'aide. Qui n'allait pas tarder à arriver …


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MessageSujet: Re: Les bas-fonds ont aussi leur chevalier [Isa]   20.02.12 18:10

L’hiver versaillais et parisien peut sembler bien froid à qui n’est pas armé pour lutter contre lui. Malgré la magnificence du château, les courants d’airs le balayaient de part en part et nous ne pouvions lutter contre le froid qu’à grand coup de monnaie sonnante et trébuchante, dépensées en couvertures et en fourrures. Mes amants étaient déjà assommés par les sommes jugés exorbitantes de mes dépenses – et encore, je me jugeais plutôt raisonnable comme maîtresse -, heureusement pour eux que j’avais mes propres sources de revenus, sinon ils se seraient vraiment mis à hurler. Il y avait vraiment de quoi rire dans leur comportement. Ils étaient prêts à dépenser des centaines de livres pour s’amuser, séduire une femme, et quand ils l’avaient obtenue, ils ne se foulaient plus et se permettaient de vous faire la moindre remarque quand vous leur exprimiez des besoins. C’était à se demander ce qu’ils voulaient sous-entendre quand ils vous disaient qu’ils assouviraient vos désirs les plus fous. J’espérai juste qu’ils ne faisaient pas références à leur performances dans leur lit - ou le mien – parce que c’était rarement au niveau de l’espérance qu’on pouvait penser en avoir en les voyant la première fois au détour d’un couloir du château. Enfin cela me permettait de vivre à peu près correctement à défaut d’autre chose. Et les jeux de carte, eux, me permettaient aussi de choisir mes amants en gagnant. Apprendre à tricher était habituel dans ce genre de cercle. Mais savoir le faire sans être remarqué était totalement autre chose.

-Chevalier ! Quel jeu vous tenterait ce soir… ? minauda une jeune femme en s’accrochant à mon bras, jouant outrageusement avec son éventail.

Je lui souris, pris sa main dans la mienne et la portais à mes lèvres. Je savais qu’on jasait sur le fait qu’Etienne n’avait pas de maitresse, ni d’amant d’ailleurs, ce qui en ajoutait assez au mystère qui entourait ce personnage amené à disparaitre un jour. Bien que je passe mon temps à reculer l’échéance, au grand désagrément d’Antoinette, ma femme de chambre et confidente qui aurait largement préféré que je retourne au manoir familial et m’y trouve un mari. Sauf que je ne savais pas à quel point les rumeurs sur ma réputation avaient filtré de la cours. Alors je ne pouvais pas me permettre de faire ce genre de bêtise maintenant. Il n’y a qu’un seul endroit où les femmes comme celle que je suis devenue peuvent vivre et c’est bien Versailles.

-Je ne sais pas encore marquise, mais peut être m’accompagneriez-vous ? Je sens que vous pourriez me porter chance.

La jeune femme eut un rire de gorge que quiconque aurait pu qualifier de charmant. Collant à ce personnage qui était devenu une seconde nature, je lui tirai la chaise pour qu’elle s’installe, saisis deux coupes de champagnes à un plateau qui passait, et m’installais à mon tour. Comme lors de ma dernière petite excursion en un lieu semblable, je savais que les gens d’honneur étaient pour le moins rare en ces lieux. Bien au contraire d’ailleurs. Petites frappes, escrocs et parfois même coupe-jarrets. Rien de mieux que cette engeance pour la dépouiller.

J’avais choisis les dés. Plus pour m’amuser que pour réellement gagner. Mes dés étaient certes truqués, comme ceux de mon adversaire sans doute, mais j’avais l’avantage de ne pas gagner à chaque coup. Cela aurait parue trop suspect. Heureusement pour moi, l’artisan qui me les avait vendus était mort peu de temps après – ce qui était un pur hasard ! Tricheuse, escroc et voleuse à mes temps perdus, mais surement pas assassin. Cela avait au moins l’avantage que personne ne pouvait être certain que je trichais sans découper les dés pour y trouver les petits poids en plomb qui faisaient pencher la balance en ma faveur. De tels chefs d’œuvres en bois verni, ça aurait été un crime contre l’art, et conte le prix qu’ils m’avaient coutés. Ce genre de frais, je ne pouvais pas le reporter sur mes amants, ils me demandaient parfois ce que je faisais de ce qu’ils me donnaient. Je tendis les dés à la jeune marquise à côté de moi qui souffla dessus pour me porter chance, et je les lançais. Gagné, bien évidemment. Mais elle en était toute contente et je me contentais de me fendre d’un premier sourire. Les deux tours suivants, je gagnais, avec un match nul. La soirée promettait. J’avais gagné une magnifique bourse bien remplie, une chevalière que je pourrais revendre, elle ne m’irait jamais, et j’allais peut être même m’en sortir avec un nouveau cheval que je pourrais vendre, voir même une épée en plus.

-Vous êtes mon porte bonheur, ma chère, soufflai-je à l’oreille de la jeune femme qui pouffa.

Ma marche vers la richesse et la victoire fut cependant arrêtée par l’entrée dans la pièce de quatre jeunes femmes, accompagnées d’une femme plus vieille. On aurait pu penser qu’il s’agissait de jeunes femmes chaperonnées, elles en étaient pourtant le strict opposés. Des prostituées. Je ne le savais que trop, pour exercer le même métier derrière un nom et un statut différent, mais aussi pour reconnaitre l’une d’entre elles, Rose me semblait-il, un prénom aussi épineux qu’elle, que j’avais tirée des griffes d’un imbécile trop entreprenant. Elle était peut être prostituée mais, et c’était sans doute aucun ma condition de femme qui parlait, elle ne méritait pas qu’on la traite comme un objet. Un non était un non, point final. Cela me rappelait de trop mauvais souvenirs. Et d’ailleurs, quand on parle du loup… La jeune femme s’éloigna, rapidement suivie par l’autre imbécile. Il y en a qui ne savent pas retenir une leçon. La première fois, il était tellement ivre que je n’avais eus qu’à le tirer par le bas de sa redingote pour qu’il la laisse en paix. J’espérai ne pas avoir à salir mon épée ce soir, je n’en avais ni le temps ni l’envie.

-Eh bien chevalier, vous rejouez ?

Brutalement tirée de mes réflexions, je souris à la jeune femme.

-Jouez pour moi ma chère, je n’en ai pas pour longtemps.

Et me levant, je suivis Rose et l’homme qui avait décidé de se transformer en sangsue. Je déteste les parasites. Je n’eus pas à aller très loin pour entendre les exclamations de la jeune femme et les ordres de l’autre.

-Allez laisse-toi faire !

-Même pas en rêve !


Je levais les yeux au ciel et tirais l’homme en arrière avant de lui envoyer mon poing en pleine figure – pas très féminin, bien évidemment, mais je n’étais pas là pour jouer les vierges effarouchées, et des années passées dans ce milieu m’avaient appris à me défendre. Je secouais ma main pour laisser la douleur passer. Heureusement qu’il était tellement ivre que je n’avais pas eus à taper trop fort pour qu’il s’écroule. Avec la chance que j’avais j’aurais encore pus me casse la main. Je m’accroupis à côté de l’homme et le redressais en grimaçant, l’odeur était ignoble.

-J’ai sincèrement horreur de me répéter. Je t’ai déjà dit de la laisser tranquille. La prochaine fois, je m’assurerais que tu ne puisses plus importuner quiconque, prostituée ou autre. Maintenant disparait si tu ne veux pas que je le fasse tout de suite.

Il se releva, à moitié dessoulé, mais titubant.

-Monseigneur veut se la garder pour lui seul… Il pourrait tout de même partager.

Mes yeux bleus se durcirent, alors que je portais la main à mon épée. Il déguerpit, de peur que je ne lui arrache ce qui faisait de lui un homme. Je relâchai mon arme et me tournais vers la jeune femme.

-Ne me remerciez pas, ce n’est toujours que la deuxième fois que je me porte à votre secours… Vous devriez apprendre à les choisir…

Bien que je sois assez bien placée pour savoir que ça n’était pas si simple…

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MessageSujet: Re: Les bas-fonds ont aussi leur chevalier [Isa]   21.03.12 23:35

S'il y avait bien une chose que Rose détestait, c'était les soûlards et les hommes collants. Alors les deux à la fois, elle ne pouvait avoir envie que de lui cracher au visage. Et à deux reprises, deux fois le même ! Pourtant, ce n'était pas le nombre de filles faciles qu'il y avait en ces lieux, pourquoi elle particulièrement ? Qu'avait-elle de plus que les autres ? Rose avait beau être une prostituée, elle avait une certaine dignité et ne faisait pas n'importe quoi contre de l'argent. Puis quand elle disait non, ce n'était pas la peine d'insister ! Mais certains ne comprenaient même pas le mot « non », leurs cerveaux devaient baigner dans la piquette à force de boire. Si elle arrivait à se défendre en règle général, là il fallait avouer qu'il avait de la force le bougre ! Mais pas question pour autant d'abandonner la partie, elle lutterait jusqu'au bout s'il le fallait et trouverait une faille à un moment pour se dégager de ce type dégueulasse et puant l'alcool.

Voilà les aléas de son métier. Globalement, elle n'avait pas à s'en plaindre, les clients n'étaient jamais bien méchants et souvent respectueux. Certains voulaient même juste parler avec elle et avoir un peu d'attention, comme son cher comédien, pot de colle et un peu poire, mais elle n'allait pas pester alors qu'un homme payait pour ne pas coucher avec elle. Puis, il y avait des clients agréables, ceux qui la sortaient, certains étaient même bons amants. Et quand ils ne l'étaient pas, Rose faisait semblant qu'ils le soient, pour gonfler leurs ego masculins et surtout pour qu'il la paie bien. C'est susceptible un homme, il fallait donc faire attention à ne pas trop les froisser. Du moins, quand c'était un client car les autres, elle s'en moquait comme de l'an quarante. Pas besoin d'être aimable avec tout le monde, ce n'était pas dans son caractère, elle ne voulait pas se forcer. Mais là, client potentiel ou non, elle ne ferait aucun effort. Pire, elle ne voulait pas de lui comme client, c'était hors de question ! Plutôt être enfermée à la Salpetrière !

Tout d'un coup, elle sentit l'homme être dégagé en arrière et vit Louvel lui décocher un poing dans le visage. C'était plus direct et plus parlant que des mots, il n'y avait pas à parlementer pendant des heures, on comprenait parfaitement où son héros du soir voulait en venir. Rose se dégagea légèrement du mur sans quitter la scène des yeux : Etienne avait mis l'autre à terre et à présent le menaçait.

J’ai sincèrement horreur de me répéter. Je t’ai déjà dit de la laisser tranquille. La prochaine fois, je m’assurerais que tu ne puisses plus importuner quiconque, prostituée ou autre. Maintenant disparais si tu ne veux pas que je le fasse tout de suite.
Monseigneur veut se la garder pour lui seul… Il pourrait tout de même partager.


Pour toute réponse, Rose le gifla et Étienne posa sa main sur son épée. Le message était clair, il ferait mieux de partir avant que ça ne dégénère pour son compte. Il ne demanda d'ailleurs pas son reste. Rose le suivit des yeux avant de se tourner vers Louvel. Il était charmant, les traits fins, presque ceux d'un jeunot ou d'une femme mais cela ne lui enlevait rien …

Ne me remerciez pas, ce n’est toujours que la deuxième fois que je me porte à votre secours… Vous devriez apprendre à les choisir…
Pardon ?
lâcha t'elle, médusée.

Dommage qu'il soit si suffisant, cela le faisait chuter dans l'appréciation que la jeune femme avait de lui. Elle ne supportait pas ce genre d'homme. Qui était-il pour lui rappeler qu'il la sauvait pour la deuxième fois ? Et d'où il lui donnait des conseils sur son métier ? Non mais quel toupet ! Rose se drapa dans sa chère fierté et son visage se ferma, fronçant des sourcils et lança un mauvais regard à Louvel. Elle posa ses mains sur ses hanches, l'air déterminée. N'était pas né celui qui lui donnerait des leçons.

Je devrais vous remercier ? Mais pour quoi ? M'avoir sauvée ? Vous ne faites que votre métier d'homme comme je fais celui de femme, puisque les rôles sont ainsi faits. reprit-elle, un ton méprisant dans la voix. Je serais bien conne de choisir un pilier de comptoir sans le sou, c'est lui qui m'a malheureusement choisie. Avant de dire des bêtises, pensez à tourner votre langue dans la bouche !

Prostituée, féministe et caractérielle, quel cocktail explosif ! Il fallait avouer que son sang gascon y était sans doute pour quelque chose, bien qu'elle n'ait pas connue sa terre natale. Elle n'avait pas quitté Louvel des yeux et, tout d'un coup, s'en voudrait presque de lui avoir parlé de la sorte. Après tout, il n'y était pas obligé … Si seulement, il pouvait paraître un peu moins suffisant, il serait tellement plus charmant. Enfin, quoi qu'elle dise, Rose le trouvait à son goût, il lui plaisait un peu le Louvel, même si elle ne l'avouerait pas de sitôt, les élans du cœur sont juste bons à le briser.

Soupirant tout en levant les yeux au ciel, Rose devait bien admettre qu'un peu de politesse ne lui écorcherait pas la bouche.

Enfin … merci tout de même.

Ce n'était pas tous les jours qu'elle le disait, autant profiter de ce petit moment de sympathie !

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MessageSujet: Re: Les bas-fonds ont aussi leur chevalier [Isa]   26.03.12 14:36

Je me demandais encore pourquoi je pouvais bien prendre la peine de me rendre dans ce genre de bouge mal famé où ne se trainaient que des bourgeois qui cherchaient à faire « comme les grands » et des coupes jarrets qui n’attendaient que l’heure avancée de la nuit et l’état d’ébriété avancée de ces charmants petits nouveaux riches pour leur trancher la gorge et les cordons de la bourse. Ce n’était donc pas totalement mon milieu habituel, mais il me fallait bien entretenir un certain lien avec la racaille, ça m’avait déjà servi dans le passé. J’avais horreur de me salir les mains directement, même s’il y avait des situations qui l’exigeaient. On pouvait bien se demander ce que je faisais là, et la majorité devait surement penser que le petit seigneur cherchait les sensations fortes en s’encanaillant. Toujours était-il que j’essayais toujours de garder assez de sang froid pour ne pas risquer de tomber dans les griffes des malandrins, parce que je me doutais bien que moi aussi, je faisais partie des cibles potentielles qu’ils auraient bien aimé rançonner et laisser pour mort sur le pavé. Pour mon secret, et parce que je tenais à la vie, accessoirement, il était hors de question que ça arrive. Ce n’était pas vraiment ces saoulards qui me faisaient peur, il y avait peu de chance pour qu’ils ne me fassent quoi que ce soit de sérieux. Lors de l’une de mes premières apparitions, encore nerveuse à l’idée de faire ce que j’allais faire, j’en avais poignardé un au bras dans un geste de désespoir, depuis ils ne s’avisaient plus de venir me chercher querelle.

Heureusement, je n’étais ni le premier ni le dernier à venir chercher un peu d’amusement dans ces petites soirées qui n’avaient rien de légal et où plus d’un – ou une - y aurait perdu sa réputation. Cela me faisait sourire. Plus d’un y aurait perdu l’esprit. Argent, beaucoup d’argent d’ailleurs, des femmes, toutes plus belles les unes que les autres, du vin, et du bon, tout ce qu’il suffisait à un jeune homme pour y perdre son latin et sa fortune. Beaucoup de tricherie – j’aurais été mesquine de ne pas le reconnaitre – et la plupart des hommes ici en usaient et en abusaient pour arrondir leur fin de mois – moi la première. C’était plutôt amusant d’ailleurs, et sans doute l’une des raisons pour lesquelles je ne m’étais pas fait avoir il y a peu, c’était que je n’étais pas un homme, et plus âgée que l’alter égo masculin que je m’étais créé. Ce qui m’avait permis de ne pas me laisser avoir et de me créer un nom, bien plus important d’ailleurs que celui que je voulais. Je sous estimais grandement l’impact de mes actes… et les ennuis qu’ils allaient m’attirer. Mais l’avenir est plein d’incertitude et je ne pensais qu’à une chose, l’instant présent et ses conséquences. Pourtant, le jeu avait peu d’attrait à mes yeux ce soir j’étais venue plus par obligation que par envie, et un rien suffisait à me déconcentrer.

Comme l’entrée des jeunes femmes et surtout de l’une d’entre elle, rapidement suivie par un idiot. Je n’avais eus presque aucun scrupule à laisser tomber la belle qui avait sans doute pour objectif d’être la première à passer dans le lit d’Etienne de Louvel. Dommage pour elle, il en était absolument hors de question… Aussi l’abandonnai-je à la partie pour emboiter le pas de la jeune prostituée et du lourdaud qui semblait vouloir revenir à la charge. Non, c’est non… Décidément, il y a des choses que les hommes ont du mal à comprendre. Parfois, le prix n’y suffit pas. Et bien m’en pris, car immédiatement, dès qu’ils se crurent seuls, il repassa à l’attaque, avec encore moins de finesse que la fois précédente. C’était à désespérer… Je ne pris même pas le temps de le prévenir de mon arrivée, avant de le tirer en arrière et de l’envoyer valser sans autre forme de procès. Après tout, il n’avait qu’à pas me chercher, et je l’avais déjà prévenu que je ne serais pas aussi clémente que la première fois. Sa petite remarque mesquine me valut un dernier geste de menace, et Rose lui envoya une gifle en pleine figure, qu’il n’avait certes pas volée. Je ne pus m’empêcher de sourire, elle avait un sacré caractère, et il valait mieux pour elle vu la profession qu’elle menait… D’après ce que j’avais entendu à Versailles, les corps les plus souvent retrouvés étaient ceux de jeunes femmes qui s’étaient homicidées, ça faisait froid dans le dos.

A peine l’imbécile parti, je me tournais vers la jeune femme pour lui lancer une petite pique, qu’elle eut visiblement du mal à encaisser :

-Pardon ?

Je m’appuyais contre le mur, en gardant mon sourire. Déjà la première fois, elle ne m’avait pas remercié, alors tant qu’à faire… Je ne m’attendais pas à des effusions cette fois-ci non plus. Le regard glacial qu’elle me lança ne put que me conforter dans mon estimation.

-Je devrais vous remercier ? Mais pour quoi ? M'avoir sauvée ? Vous ne faites que votre métier d'homme comme je fais celui de femme, puisque les rôles sont ainsi faits. Je serais bien conne de choisir un pilier de comptoir sans le sou, c'est lui qui m'a malheureusement choisie. Avant de dire des bêtises, pensez à tourner votre langue dans la bouche !

Je ne pus m’empêcher de ricaner. Si elle savait… C’était vraiment risible. Quel caractère elle avait ! On disait jamais deux sans trois, mais j’étais en train de me dire que je serais l’exception qui confirme la règle, il n’y aurait pas de troisième sauvetage…

-Enfin … merci tout de même.

Je soupirais, satisfaite. Enfin ! Ca semblait presque lui avoir été arraché de force.

-Je vous en prie, répondis-je sur un ton amusé et enjoué, comme si ce n’était qu’une broutille.

Je pris appuis sur ma main pour me redresser et laisser la jeune femme quand une douleur lancinante, me fit avoir une faiblesse. Eh zut ! Il ne manquait plus que ça ! Je ne pus retenir un gémissement de douleur, avant de retirer mon gant. Mes doigts étaient en train de virer au bleu. Si je jouais les hommes je n’en étais pas un, et n’avais pas leur force loin s’en fallait. Je l’avais légèrement oublié.

-Eh bien, on peut dire que c’est la dernière fois que je joue les héros, marmonnai-je, plus pour moi que pour elle.

Il ne faisait pas très clair dans la pièce, mais si elle se rendait compte, malgré l’état que ma main prenait, que je n’étais pas ce que je prétendais être, j’étais fichue…

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MessageSujet: Re: Les bas-fonds ont aussi leur chevalier [Isa]   21.04.12 22:35

La fierté pouvait être parfois un sacré défaut, mais il faut bien comprendre ces personnes qui défendent la leur. Rose refusait l'aide d'autrui pour la simple et bonne raison qu'elle pouvait s'en sortir toute seule et que comme rien n'était gratuit en ce monde, elle ne voulait pas semer les dettes par-ci par-là. Elle avait beau être une prostituée, la belle brune gardait son honneur, sa dignité et sa fierté bien conservée auprès de son cœur refroidi par le travail et les hommes. Enfin, pas tous … Il fallait avouer que Louvel était joli garçon, même si les traits étaient trop fins pour qu'il soit vraiment viril, mais cela lui conférait un certain charme qui n'était pas négligeable. Mais ce n'était pas possible d'aller plus loin. Allons bon, une prostituée faisant des avances à un noble autrement que pour son argent, le monde ne tournerait pas rond ! Il fallait qu'elle arrête de se faire des illusions ou penser à ce genre de stupidités !

Surtout que Rose partait mal pour se faire bien voir. La voilà à moitié l'insulter car elle devait lui dire merci. C'était exactement ce genre de situation que la jolie brune voulait éviter, dire merci lui arrachait la bouche, cela signifiait qu'elle ne pouvait pas tout faire elle-même, alors qu'elle se réclamait indépendante ! Oui, on pouvait travailler dans un bordel et vouloir son indépendance dans la vie de tous les jours. Si sa vie et son corps étaient attachés à son travail, Rose voulait être un esprit libre, sans contrainte de personnes, ni physique ni morale. Elle avait grandi dans cette optique là, et cela avait fait son bonhomme de chemin depuis qu'elle était entrée dans la prostitution. Ne pas être juste une prostituée, juste un corps à vendre mais une personne à part entière, avec des envies et des revendications ! Et tout cela s'ébranlait à moitié dans sa tête, juste à cause d'un merci …

Je vous en prie.

Il avait un charmant sourire et si elle avait été moins frondeuse, Rose aurait tourné la tête. Mais c'était bien mal la connaître et elle se contenta de le regarder. Elle l'observait retirer son gant et vit des mains fines, presque comme celle d'une femme. Pas un instant pourtant, Rose ne se douta qu'elle était face à une femme ! Louvel avait un physique si androgyne que cela semblait si évident que les mains soient ainsi.

Eh bien, on peut dire que c’est la dernière fois que je joue les héros.
Je ne l'espère pas, il est rare d'avoir un chevalier servant dans les bas fonds.
répondit-elle, un fin sourire sur les lèvres.

Pourquoi avait-elle dit cela ? C'était stupide et totalement … ridicule. Le voilà qu'elle lui contait fleurette, ce n'était absolument pas son genre et il fallait trouver un moyen pour partir. Pourtant, l'état de la main de Louvel l'interloqua quelques temps, elle aurait du aller l'aider, au moins vérifier qu'il n'avait rien de main. Rose fit un pas en direction du jeune homme qui eut un réflexe de faire un pas en arrière. Elle resta interdite : lui aussi avait-il sa fierté ? Il y avait d'autres raisons pour qu'il se recule mais Rose ne garda que celui-ci en tête. Il y en avait d'autres mais pourquoi penser à mal et se dire qu'il ne voulait qu'elle s'approche parce qu'elle était laide ou autre ?

Ils n'avaient pas grand chose à se dire, Rose devait bien travailler ce soir, même si elle n'en avait pas vraiment envie à cet instant. Pour une fois, elle voulait lâcher la bride mais se retint. Faire cela était trop dangereux pour elle et plutôt que de rester, la voilà à partir, frôlant Louvel et lui effleura le bras du bout des doigts.

Soignez votre main en la plongeant dans de l'eau glacée. Elle pourrait vous être utile si vous deviez encore me sauver.

Et Rose laissa celui qu'elle prenait pour un homme pour partir dans une autre pièce. Ainsi allait la vie, et même si ses yeux émeraudes eurent l'audace de se tourner une dernière fois vers l'androgyne chevalier et que sa bouche lâcha un petit soupir, Rose dut reprendre ses esprits. Une prostituée n'avait pas le droit d'avoir un cœur, seulement d'un corps. Et à la rigueur d'un esprit si on savait s'en servir …

FIN

______________________


Vous les femmes, vous le charme,
vos sourires nous attirent nous désarment.


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Les bas-fonds ont aussi leur chevalier [Isa]
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