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 Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Quelle question ? Au plus offrant bien sûr !
Côté Lit: On n'y fait pas comme chez soi et certainement pas son mari !
Discours royal:




Shine like a diamond

Âge : 24 ans
Titre : Comtesse of Rosyth, Duchesse of Richmond
Missives : 413
Date d'inscription : 30/01/2012


MessageSujet: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   30.01.12 23:58





Rebecca


Stuart




Pelin Karahan




« Quand la misère frappe à la porte, les sentiments s'envolent par la fenêtre ! »



    ► 24 ans ► Duchesse de Richmond et de Lennox, comtesse de Rosyth et de March. ► Ecossaise► Mariée et le regrette chaque jour ... ► Catholique► Hétérosexuelle




♕  PROTOCOLE ♕  
VERSAILLES : PARADIS OU ENFER ?

Vous plaisantez j'espère ! Un endroit loin de mon époux ne pouvait qu'être le jardin d'Eden pour moi ! J'y ai vécu un an de pure sérénité, de luxe, d'honneurs ! J'étais bien loin dans ce palais presque enchanteur de ma misère d'alors ! C'est un véritable havre de paix, où il fait bon vivre, ou tout au moins où il faisait bon vivre ! Depuis que Morgan a décidé de venir s'y installer, soi disant pour affaires, mais sans doute plus officiellement pour venir m'y chercher, je fuis Versailles ! Nous ne pouvons loger sous le même toit. Bien à regrets, mais je dois bien l'avouer, le paradis est bel et bien devenu l'enfer ! Comment pourrait-il en être autrement aujourd'hui ? Morgan est un enfer en lui même !  

COMPLOT : VÉRITÉ OU FANTASME PUR ?

Là encore vous vous moquez de moi ! Il serait navrant pour moi de ne pas y croire alors que je prête mes faibles moyens à la Main de l'Ombre ! Bon d'accord, je ne le cache pas, c'est peut-être un peu malgré moi, mais je suis quand même bien placée pour savoir que l'on conspire. Même si je ne suis pas au courant de tout, je devine aisément, car je ne suis pas vraiment idiote, vous savez ? Maintenant à savoir si l'emporter est un fantasme pur ? Nous verrons bien !

COLOMBE OU VIPÈRE ?

M'avez-vous bien regardé ? N'ai je pas un visage d'ange ? Ce qu'il doit bien y avoir une pincée d'innocence en moi, un petit rien de gentillesse. Je ne suis pas le serpent qui vous vous attendra dans les fourrés afin de vous mordre, mais je peux en revanche être celui qui peut s'entortiller autour de votre cou afin de vous étrangler. Avec moi tout est simple, tends moi la main ou craches y dessus ! Mais ne viens pas te plaindre d'avoir choisi la seconde option, car tôt ou tard, tu en feras les frais, sois en sûr !  

DES LOISIRS, DES ENVIES A CONFIER ?

- La couture et la broderie : Elle y excelle, et a véritablement des doigts de fées. Il faut dire qu'excepté lire les évangiles, les passe temps laissaient à désirer. Il fallait bien s'occuper.
- S'occuper des animaux : Ne soyez pas étonné que cette jeune femme élevée en pauvresse puisse caresser une chèvre. Une vraie campagnarde quand elle s'y met mais bien sûr très loin des regards, si ce n'est pour ses chats puisqu'elle possède une véritable chatterie !
- Militer pour les droits de la femme : Non ce n'est pas une nouveauté ! Rebecca fait parti de ces femmes insoumises et qui révolutionnent le monde non seulement dans leurs esprits, mais le tentent à leur petite échelle. Elle se battra donc contre les préjugés.


♕  HOP, RÉVÉRENCE ! ♕
►  What a Face  What a Face  What a Face
► Je ne le dis plus, il est canonique !
► Il parait que je campe sur le forum alors ...
► Longue vie au roi (mais lequel ? )
► Petit curieux vas ! Je l'ai déjà dit, je vais pas le répéter non ?
► Pas de suggestions mon cap'tain





______________________

Mauvaise fille de bonne famille
" Comme je respire, je mens, mon elixir, c'est le vent, je mens au mari, à l'amant. pourquoi dire vrai, quand vraiment la vie se vit mieux en faux semblants ..."


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MessageSujet: Re: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   30.01.12 23:58


♕ BIOGRAPHIE VERSAILLAISE ♕


« La trahison ne réussit jamais, car, lorsqu'elle réussit, on lui donne un autre nom. »

30 novembre 1648, aux alentours de Newcastle,

Une tente de fortune aux armes d’Ecosse venait d’être dressée sous un ciel noir de jais, que seule une pleine lune transperçait de ses rayons lumineux. A l’intérieur, cinq hommes étaient assis, l’air grave et surtout soucieux. Un silence de mort y régnait et contrastait terriblement avec l’agitation fébrile des alentours. A l’extérieur, la garde écossaise attendait et même au-delà des frontières des Highlands, un écossais n’aime guère attendre. Plus encore lorsqu’il s’agissait de patienter l’ordre d’un roi qui les avait déçus, pour attaquer des hommes et des idées qui les séduisaient de plus en plus. Les officiers paraissaient quant à eux tout à fait gagnés à la cause du Parlement anglais, sauf un peut-être. Celui-là même qui contrairement à ses cinq compagnons immobiles, arpentait mains derrière le dos, les sourcils froncés, sous le même dais qu’eux.

- Que faites-vous de l’honneur Loewn ? Je n’ai jamais cautionné la trahison même envers un tyran !

L’interpellé redressa la tête et l’œil brillant d’une sourde colère, s’adossa plus encore au fond de son siège.

- Angus, mon ami … Ne soyez donc pas sot ! Notre armée va se faire exterminer par celle d’Olivier Cromwell !
- J’aime mieux combattre et mourir avec un nom sans tâche !

Le comte de Loewn fit claquer ses bottes sur l’herbe prématurément glacée.

- La loyauté ne peut s’offrir éternellement à un homme qui nous a toujours méprisés, monsieur le donneur de leçon ! Libre à vous de vous entêter ! Libre à nous de la lui retirer !

Les autres présents à cette conversation historique, opinèrent du chef ! Angus de Rosyth était seul à présent face à eux. Seul à s’insurger contre ce procédé qui le rongeait de l’intérieur et qui visait à livrer Charles Ier, leur monarque.

- Mais …
- By Jove ! Cessez donc de vous voiler la face ! Charles était un Stuart, mais il a tout fait pour embrasser les idées de Londres. Un couronnement tardif et anglican sur NOTRE terre dans l’unique but de nous mettre tous au pas. Votre mémoire aurait-elle également omis l’introduction du prayer book, et ces impôts qui nous saignent ? Il a renié sa patrie d’origine pour se faire brebis complaisante, mais dès que les choses vont mal, à qui fait-il appel ? A nous ! N’avez-vous donc aucune fierté ?

Piqué au vif, Angus cessa sa marche incessante qui donnait le vertige à tous les participants. Loewen venait de toucher là un point sensible, car ce qu’il disait résonnait de vérité. Ce dernier s’en rendit bien compte et face à l’absence de riposte, se leva pour profiter de cet avantage. En quelques instants, il lui fit face et planta son regard d’aigle dans le sien.

- Quant à votre fidélité, je la trouve fort mal récompensée. Voilà plus d’un an que nous nous faisons tous tuer ni pour l’argent, car tout comme nous, vous n’avez point reçu de solde depuis un an, ni même pour la gloire ! Rendez-vous à l’évidence, la cause est perdue ! Même l’Angleterre à qui il a tendu si souvent les bras à nos dépends, se dresse contre lui !

Le comte de Rosyth meurtri par le discours de plus en plus juste et convaincant de son égal hiérarchique, se détourna de lui dans une ultime tentative de résistance ! Mais l’autre, bien trop conscient de parvenir enfin à briser les dernières chaînes qui le liaient au souverain, se fit d’autant plus impitoyable.

- Dites-moi Rosyth, songez-vous un instant à votre malheureuse femme et à vos enfants ? Ils sont confrontés non seulement à une absence cruelle, mais tout comme nos propres familles, à la famine ! Votre aîné peut encore braconner çà et là, mais votre fille Rebecca ! Elle n’a que six ans ! Allez-vous donc la sacrifier au nom de l’idéal ? Croyez-vous que votre épouse vous glorifiera de lauriers, lorsqu’elle saura que l’on pouvait vous remettre des centaines de deniers et que vous les avez boudés ? Surtout si la petite est morte entre temps à cause de votre zèle ?

La mâchoire de l’insulté se crispa et ses yeux se fermèrent sous le coup porté ! Touché ! Sa fierté de patriote était beaucoup, les siens représentaient tout ! Loewen avait fait pénétrer son venin, au cœur de son point faible ! Pour cela et cela uniquement, il parvint au bout de plusieurs minutes à consentir à leur opération. Il s’agissait d’un murmure mais quel murmure ! Les officiers présents sous la tente et épris de respect mutuel étaient dépendants de ce oui, pour enfin agir. Le projet remportant donc l’unanimité, ils gagnèrent presque aussitôt le dais royal pour accomplir leur sombre dessein. A l’aube, le roi Charles leur adressa un ultime regard, qu’Angus serrant la main d’Olivier Cromwell supporta, la mort dans l’âme …

« Le feu qui te brûlera, c'est celui auquel tu te chauffes. »

Ecosse, août 1649,

Il s’agissait d’un véritable rideau de flammes qui s’élevait des tourelles du château fort. Monument ancestral datant du XIVème siècle mais encore très bien conservé jusqu’à présent. Le feu léchait impitoyablement pierre après pierre et anéantissait des siècles de labeur humain ! A l’extérieur, un groupe de cavaliers tenaient les pauvres habitants des lieux du bout de leur fusil. Une femme d’une trentaine d’années, une petite fille et un adolescent. La souffrance dans leurs yeux était palpable, malgré la dignité certaine de la propriétaire face à ce spectacle d’épouvante. Mais cette fierté toute écossaise ne gagna pas le cœur des fauteurs de trouble.

- Alors femme Rosyth, où est donc ton mari ? C’est lui qu’on est venu chercher !
- Vous le savez bien my lord ! Il se bat sur le champ de bataille !

Son supplicier qui avait déjà fait passer un nombre incalculable de fois, son cheval devant elle, se mit à ricaner.

- Oui ! On ne le sait que trop ! Ce sale anglican qui défend la cause de ce maudit Cromwell !
- Vous savez pertinemment que mon époux, mes enfants et moi-même sommes catholiques !
- Pourquoi a-t-il pris le parti de notre ennemi dans ce cas ? Ce boucher, ce régicide !

C’était ainsi, les écossais jusque-là n’avaient cessé de vilipender leur roi Stuart, si indigne et devenu surtout si profondément anglais au point de renier sa foi véritable. Une tête coupée et voilà Charles Ier devenu subitement martyre et la guerre civile reprenait de plus belle ! Les Rosyth en payaient les frais en ce soir d’été. Ils n’avaient désormais plus rien et étaient désormais des pauvres parmi les plus pauvres ! Blottie tout contre le ventre de sa mère, la petite fille prénommée Rebecca, fixait de ses grands yeux noisettes cet affreux personnage. Elle tremblait de tous ses membres.

- Monsieur, ne faites pas de mal à ma famille.

Depuis que ces hommes les avaient chassés de leur demeure, elle n’avait pu pousser que des cris et verser quelques larmes. Mais désirant protéger sa mère, elle avait enfin osé parler. Le commandeur des troupes, posa son regard sur elle mais la fillette n’y lit qu’animosité et désir de revanche.

- Trop tard ma petite demoiselle ! C’est fait et même votre bien aimé chat n’a pas été épargné !

Le sadique cavalier désigna de sa main ganté, le château en flammes. Rebecca déglutit ! Ce chat était un cadeau de son père, qu’elle voyait déjà si peu. Elle avait ainsi toujours la sensation qu’il se trouvait tout près d’eux, et surtout d’elle. Elle ressentit donc aux confins de l’âme un déchirement profond, comme si on lui arrachait un membre et surtout le cœur. Tout à fait inconsciente, elle se précipita vers le brasier toujours aussi dévastateur ! Son frère Edmund, ayant atteint lui l’âge de raison partit aussitôt à sa poursuite pour la préserver de cette folie.

- REBECCA !

Mais la petite n’écoutait plus ! Elle devait sauver l’animal ! Elle devait sauver son père, ils ne faisaient qu’un ! Parvenue devant la porte principale de la bâtisse qui menaçait de s’écrouler à tout moment, elle voulut se frayer un passage parmi les flammes. Mais la chaleur était réellement insoutenable. Son visage fut bientôt noir de suie ainsi que la robe encore élégante qu’elle portait. Elle mit ses mains devant elle, dans le réflexe de se protéger, mais ses bras furent bientôt couverts de méchantes brûlures. C’est alors que son frère aîné apparu et la sauva in extremis de l’effondrement d’un pan du mur. Poussée sur l’herbe calcinée, elle ne se rendit compte que quelques instants plus tard, que son frère était resté sous les décombres. Les cris déchirants qu’il poussa furent presque inhumains. Un véritable supplice pour lui comme pour les survivants. C’est en se bouchant les oreilles pour ne plus entendre son agonie et en versant toutes les larmes de son corps, qu’elle tomba à la renverse et s’évanouit. Le monde de l’enfance était devenu pour elle, cette vision d’apocalypse. A jamais détruit !

« L'envie ronge les envieux comme la rouille ronge le fer. »

Octobre 1652,

Rebecca fixait Adelise avec une envie féroce qui lui étreignait le coeur depuis trois ans. Adelise, sa cousine née quelques jours seulement avant elle, fêtait ses dix ans. Robe magnifique, coiffeur attitré, bijoux étincelants autour de son cou grassouillet, Adelise s'admirait devant le psyché de son imposante chambre à coucher. Son orgueil était à la taille de son embonpoint et elle prenait depuis toujours un plaisir sadique à narguer sa parente.

- Viens lacer mes chaussures !

Et oui, elle ne prenait pas juste plaisir à la narguer mais aussi à l'humilier, adorant la voir à quatre pattes laver les sols ou à genoux devant elle. Cela durait depuis bientôt trois ans, les femmes Rosyth logeaient non loin de là, dans un petit manoir tombant en ruines. Mais elles n’avaient pas eu le choix, depuis l’incendie que de quémander l’aumône. Pour survivre toutes deux, devaient se soumettre aux volontés de celles qui les avaient recueillies soi-disant par bonté. La vérité était toute autre, les Shrewsbury y trouvant tout à fait leur intérêt. La distribution journalière de quelques bols de soupes, était bien avantageuse si on la comparait au coût annuel que représentaient les gages de deux domestiques. Elle s’exécutait donc comme toujours, avec cette rage au cœur qui la faisait détester sa condition et sa misère. Au plus profond de ses pensées, elle sursauta presque lorsque le lord du manoir entra et ressortit aussi vite pour s’assurer que sa fille serait ponctuelle. L’homme avait accueilli la naissance d'Adelise avec froideur disait-on, Rebecca n'en croyait rien, elle était son portrait craché ! Détestable, ignoble et laide ! D'ailleurs Rebecca prenait souvent sa revanche sur son avantageux physique malgré sa maigreur, car si elle jalousait la richesse d'Adelise, l'autre jalousait sa beauté.

- Pourquoi es-tu si avenante dans tes guenilles pauvresse ? Tandis que MOI je repousserai même un mort !

Dissimulant un sourire mesquin et se mordant la lèvre de jouissance, Rebecca baissa la tête en signe de fausse soumission. Ce geste sembla calmer la peste à laquelle elle devait obéir.

- Puisque nous évoquons ce sujet, sache que mon père trouve ta mère fort à son goût, il prétend qu'avoir enfanté une nouvelle fois, lui a offert plus ... d'attraits !

Où voulait-elle en venir exactement ? Dans son innocence enfantine, comment Rebecca aurait-elle pu comprendre ?

- Si ta mère accepte de tenir compagnie à mon père, je suis sûre qu'il se montrera généreux et que tu auras même droit à quelques pâtisseries que l'on m'apporte, pour ton propre anniversaire. Il n'y a aucun mal, ton beau père ne trouvera rien à redire que l'on soit avenante envers un maladif comme mon malheureux père. Ce n'est que charité chrétiene.

- Maman sera certainement ravie de passer du temps avec Monseigneur ...

- A la bonne heure !

Elle ne comprit que des années plus tard, le sacrifice de sa pauvre mère contrainte de passer la nuit avec son beau-frère pour ne pas être renvoyée tout d’où elle venait.

Mars 1657,

Rebecca penchée sur Humphrey, lui soufflait quelques mots à l'oreille. Humphrey était le palefrenier du domaine, dix huit ans et fort séduisant. Il était follement épris de Rebecca, à présent âgée de quinze ans et aurait été prêt à se damner pour elle. Sentiment non partagé mais qu'elle comptait exploiter à son avantage. Les conciliabules terminés, son ami avait acquiescé à la demande qu'elle venait de lui faire. L'heure de donner une petite leçon à Adelise avait sonné, et elle s'en souviendrait longtemps. Tandis que les deux adolescents se séparaient pour mettre en place leur plan, Adelise s'approcha du palefrenier qui ne lui était pas indifférent. Tout fonctionnait à merveille.

Une demi-heure plus tard, Rebecca pénétra dans l'antre de lord Shrewsbury, faussement essoufflée et inquiète. Le premier acte d'une vie de comédie commençait.

- Messire ! Messire ! Votre pur sang !

- Eh bien qu'y a t-il ?

- Il s'agite encore une fois ! J'ai peur qu'il ne casse l'enclos et s'enfuie ! Vous seul parvenez à le calmer !

Aimant ses chevaux plus que tout et bien plus que les humains, lord Olivier se précipita au dehors. Parvenu à l'écurie, il trouva en effet son pur sang énervé, mais cette attitude-là était banale chez l'animal. En revanche ce ne fut pas uniquement sur son cheval que son attention se porta. Sa fille Adelise se trouvait à quelques mètres de là, dans la paille, seins nus caressant le torse de Humphrey. Le père de la donzelle blêmit de stupéfaction et de rage. Rebecca exultait ! N'écoutant que son courroux, il cravacha son domestique qui habitué à être malmené se releva comme si de rien n'était, mais il frappa également sa fille pour la première fois de son existence.

- CATIN ! DONNER TA VIRGINITÉ A UN MANANT ! N'AS TU PAS HONTE ? JE TE RENIE ! JE TE DESHERITERAI !

Il se tourna tout à coup vers Humphrey qu'il menaça du poing.

- Tu es renvoyé misérable !

- Je vous remercie Monseigneur, lord Shelley, votre voisin m'offre de meilleurs gages pour m'occuper de ses juments. Adieu donc !
Le garçon d’écurie s'enfuit avec une pirouette qui provoqua un fou rire intérieur à Rebecca. Toujours pâle comme un linge, le propriétaire se jeta alors presque sur elle et la secoua comme un pommier.

- Vous ne direz rien, jamais un mot de tout ceci, m'avez-vous entendu ?

- Je vous le jure Monseigneur !
Satisfait de cette promesse, lord Olivier prit sa fille par le bras sans ménagement, lui ordonna de se vêtir et la poussa hors de l'écurie !

- Oeil pour oeil dent pour dent, murmura la jeune fille en les voyant partir, vous avez humilié ma mère, il fallait bien que le vent tourne !

« Je me demande pourquoi je m'encombre de ces bouts de dentelle, je ne pleure plus ! »

Avril 1659,

Le salon du manoir délabré avait été débarrassé de ses chaises et de ses tables de fortune. Tout mobilier avait laissé place à un catafalque au velours noir. Sur ce dernier, gisait le corps sans vie d’Angus of Rosyth. Cela faisait maintenant presque vingt-quatre heures, que les candélabres avaient été allumés et que sa veuve à genoux priait et pleurait en tenant la main du défunt. Rebecca restait assise à l’autre bout de la pièce, le regard dur absent de toute humidité. Pas une larme, pas une seule pour un père absent et presque inconnu. Si l’enfant d’autrefois avait causé bien malgré elle, la mort de son frère aîné à cause de l’animal qu’il lui avait offert, il ne persistait rien de cette affection d’alors. Rien, si ce n’est amertume, déception, incompréhension. La raison en était bien simple. La jeune adolescente tenait atrocement rigueur à son père. Sa trahison envers le roi Charles Ier était ce qui les avait conduits à tout perdre ! Leur château, Edmund et ce qui les contraignait à une vie faite de courbettes ! Eux, les Rosyth l’une des plus anciennes et honorables familles du pays ! Comment sa mère pouvait-elle autant verser de larmes, alors qu’elle-même avait dû sacrifier sa vertu à cause de lui ?

Où était-il ce mari, ce père ? Toujours au loin ! Toujours sur les champs de bataille ! Elle cherchait depuis la veille à se remémorer le son de sa voix ou la teinte de ses yeux. En vain ! Est-ce un père celui qui vous abandonne à votre triste sort ? Est-ce un père celui qui vous préfère le pays et verse le sang plutôt que les deniers qui peuvent vous nourrir ? Comment donc aurait-elle pu pleurer ? Les humiliations qu’elle supportait chaque jour, chaque heure lui étreignait plus le cœur que la mort de cet homme. Ça en était fini de la triste Rebecca et ce depuis longtemps ! Elle était devenue froide. Chaque coup porté à sa fierté l’avait modelé, comme on modèle un bloc de pierre pour en faire une statue. Rebecca fixa donc une ultime fois ce visage blafard, mais ce ne fut que pour défier son destin de misérable. Une nouvelle page était tournée donc ? C’est elle qui allait l’écrire. Elle chassa une larme imaginaire de sa joue et redressant la tête se le jura intérieurement ! Quoique ça lui coûte ! Elle s’élèverait à nouveau au rang qui lui était dû.

« La vanité consiste à vouloir paraître ; l'ambition à vouloir être ; la fierté, à savoir ce que l'on vaut. »

Février 1660,

Le malandrin riait à gorge déployée à la vue d’une Rebecca toute échevelée ramassant ses tissus, ses dentelles et ses fleurs. Toutes ces années bien que misérables n’avaient pas été perdues concernant son éducation. Sa nourrice Harmony lui avait prodigué tous les enseignements qui convenaient à une noble jeune fille. Couture, broderie, danse, maintien pour les travaux pratiques, le latin, le grec mais aussi l’histoire, la géographie et la littérature pour les études plus générales. Quant au français dans un pays où Mary Stuart, ancienne reine de France restait une légende vivante, c’était un point d’honneur à savoir le parler couramment. Tout cet apprentissage hélas, lui semblait encore aujourd’hui bien inutile mais sans doute lui servirait-il un jour. En tout cas, ce ne serait pour tout de suite, car à la minute même un gueux se moquait d’elle. Mendiant depuis des jours devant le pont levis des Shrewsbury, il n’avait cessé de la courtiser. Il aurait été certes séduisant lavé et avec d’autres vêtements, mais Rebecca ne tenait pas à s’afficher avec une personne de basse extraction comme lui. Elle le prenait donc de haut depuis des jours, ne lui accordant pas même un regard ou un mot. Mal lui en avait pris, car ainsi, elle s’était pris le pied dans une fissure à l’entrée du pont levis archaïque. Maudit bois ! Il l’avait rendue ridicule !

- Allez-vous donc vous taire ? Savez-vous bien de qui vous riez si vulgairement ?

Le crasseux jeune homme croisa les bras sur sa poitrine et un de ses sourcils se redressa d’un air taquin.

- Je ne vis que pour mettre un nom sur ce magnifique visage, depuis des jours ma belle. Est-ce qu’enfin vous m’exauceriez ?

La jeune femme ne put contenir une certaine bouffée de chaleur qui empourpra ses joues. On n’oublie pas les premiers compliments d’un homme, si crève la faim soit-il. Cela flatte toujours n’est-ce pas ? Elle se radoucit donc, même si cela n’atténuait pas du tout les barrières entre eux.

- Rebecca comtesse of Rosyth.

Son interlocuteur siffla pour signifier l’honneur qu’il ressentait à parler avec quelqu’un de la haute.

- Ben dis donc ! Je l’aurais pas cru à vous voir habillée comme ça ! Vous ressemblez plus à l’image que je me fais d’une domestique, que celle d’une comtesse. C’est pour ça que je ne comprenais pas votre mépris pour moi !

Le visage de Rebecca se figea instantanément. Si elle avait dédaigné l’homme jusqu’à maintenant, à présent elle le haïssait. Jamais gifle morale ne fut assenée avec autant de désinvolture dans la voix. Tout son corps se raidit et avec son panier sous le bras, elle voulut rentrer dans le somptueux manoir de son oncle. Malheureusement, le blanc bec se mit aussitôt devant elle pour lui interdire le passage.

- Je sens que j’ai fait tinter une corde sensible …
- Vous n’avez pas idée misérable gueux !
- Allons, allons … doucement ma jolie, fâché je ne pourrais plus te servir à grand-chose et je suis susceptible !

Rebecca haussa les épaules et tenta une nouvelle fois de se frayer un chemin ! En quoi aurait-elle besoin de cet imbécile ? L’autre, l’empêcha de passer une seconde fois.

- Tu as tort de ne pas saisir ta chance, ma mignonne … J’ai bien vu cette petite étincelle qui brûle dans tes mirettes, et je la reconnais bien puisque j’ai la même si je cherche bien. Tu es aussi ambitieuse que moi …

Cet homme au fond l’intriguait. En moins de quelques instants qu’il n’en faut pour le dire, il avait lu en elle comme dans un livre ouvert. Une véritable alchimie donc ? Et quelle aide pouvait-il bien lui apporter, comme il le suggérait ?

- A toi je peux bien le dire pourquoi je joue au mendiant devant ce château. Tu sembles ne pas porter dans ton cœur, les gens qui vivent là-dedans.

Rebecca leva les yeux au ciel et laissa échapper un ricanement.

- Le mot est faible ! JE LES DETESTE !
- Tout est pour le mieux dans ce cas ! Ecoute moi … Tu as devant toi le roi des cambrioleurs, il me manque seulement une amie dans la place ! Réfléchis y, si nous volons leur or et leurs bijoux, tu serais riche et moi aussi ! Je t’offre la moitié du butin.

Bien entendu, la jeune femme de dix-huit ans se laissa prier quelques minutes et pris quelques assurances, pour ne pas se laisser posséder par cet étranger. Mais à la fin de leur conversation, il l’avait convaincu. Elle avait besoin d’argent et quoi de mieux que de jouer ce vilain tour à sa famille. Qui pourrait donc la soupçonner après huit ans de labeur et de silence complaisant ? Les Shrewsbury étaient plus que jamais convaincus de leur soumission et de leur gratitude ! Les pauvres allaient déchanter !

« L’usage exige qu’un sadique reconnaisse le meurtre mais non pas le plaisir. »

Le cœur tambourinant, Rebecca tentait de ne pas se ronger les ongles. Attitude indigne d’elle et de sa position ! La peur la gagnait au fil des minutes. La nuit était tombée depuis longtemps. Tiendrait-il promesse ? Viendrait-il ? Elle prenait un risque à rester ainsi à découvert dans le manoir. Si on ne se formalisait guère de la voir à l’intérieur de la demeure, le jour, une fois le soleil couché, la famille Rosyth regagnait son piètre logement. Ce château qui ne lui inspirait que du dégoût. Elle l’exécrait de toutes ses forces en digne représentant de sa misère, mais s’y trouvait hélas toujours à cette heure avancée ! Tel était le problème ! Sa présence attirerait les soupçons, si on l’apercevait. Cependant, elle devait ouvrir la porte de la cour à Matthew, son complice. La comtesse décida de s’asseoir sur une botte de paille et guetta aux alentours le moindre bruit suspect ! Soudain, un grattement parvint à ses oreilles. Elle s’approcha du lieu au rendez-vous.

- Qui est –ce ?
- C’est moi, c’est Matthew …

Elle engouffra aussitôt la clef dans la serrure et la fit tourner. Connaissant l’ancienneté de la porte qui ne manquerait pas de grincer sur ses gonds, elle ne laissa qu’un maigre passage mais assez suffisant pour qu’il se glisse dans la cour. Il lui sourit aussitôt avec toute l’excitation du monde ! De son côté, elle avait plus de mal à partager son enthousiasme !

- Ce n’est pas le moment de flancher !

Une fois encore, il avait lu dans ses pensées. Elle voulut alors paraître plus apaisée. En effet, maintenant elle avait fait rentrer le loup dans la bergerie, elle ne pouvait plus faire marche arrière.

- Les domestiques doivent s’être endormis maintenant, ils logent dans une dépendance un peu plus loin. A l’intérieur de la maison, ne se trouvent que Susan ma tante et Adelise ma cousine qui doivent s’être mises au lit également. Mon oncle est absent pour affaires comme tu le sais !

Matthew acquiesça et c’est à peu feutrés et curieusement main dans la main, qu’ils gagnèrent l’habitation principale. Rebecca préféra rentrer la première à l’intérieur, elle pourrait toujours fournir une explication si elle était surprise. Elle avait déjà répété milles excuses plausibles, si ça s’avérait être le cas ! Mais ils ne rencontrèrent personne, pas le moindre obstacle et c’est donc toujours à tâtons qu’ils parvinrent jusqu’à la grande salle où un feu de cheminée crépitait encore. Sur une des tables, était déposé un coffre ciselé, étant à lui seul un gage de valeur. Il devait contenir à l’intérieur une véritable fortune. Elle le plaça avec tant d’autres petites babioles à l’intérieur l’un des sacs qu’elle avait caché durant la journée dans la remise. Ils étaient bien trop concentrés pour apercevoir la lueur d’une chandelle, surtout lorsque la personne qui la tenait se trouvait derrière eux. Mais ils ne purent ignorer longtemps ce visiteur indésirable et armé.

- Lâchez immédiatement ces objets et retournez-vous tous les deux ! Je vous préviens que mon époux m’a appris le maniement des armes !

Le sang de Rebecca venait de se glacer. Ils avaient échoué, sa tante ne lui pardonnerait jamais, dès demain sa mère et elle, seraient mises à la porte, peut-être même serait-elle conduite en geôle ! Le déshonneur en plus de toute cette pauvreté ! Elle se mordit la lèvre inférieur et se maudit intérieurement tandis qu’elle obéissait aux ordres. Susan of Shrewsbury écarquilla les yeux et s’approcha même d’eux pour se convaincre qu’elle ne rêvait pas.

- Toi ! Toi que j’aie recueillie sous mon toit ! PETITE INGRATE !

L’heure n’était pas au règlement de comptes, mais Rebecca ne supporta pas ce ton de victime et ce n’est donc pas avec une mauvaise foi terrible, qu’elle jugea bon de se révolter.

- Ingrate ? Je vous ai assez dédommagés de votre fausse générosité en suant sang et eau pour vous tous ! Ce ne sont que les gages de huit années que j’ose prendre de droit !

Ses yeux plantés dans ceux de sa tante, Rebecca ne vit qu’au dernier moment la diversion de Matthew. S’aidant du poids de son propre sac, il venait de porter un coup terrible au bras de sa tante. Le pistolet vola dans les airs et atterrit à une vingtaine de mètres plus loin. Elle voulut tout de suite s’en emparer à nouveau, mais la jeune fille ne lui en laissa guère l’occasion. Elle lui avait agrippé le poignet avec une force quintuplée par des années de haines et de colère sourde. La lutte fut sauvage, où toutes deux roulèrent bien souvent à terre sur les tapis importés d’orient, se griffant, se mordant. Susan parvint malgré tout à se défaire de son emprise l’espace d’un instant, assez pour attraper une arme sommaire. Un morceau de bois qu’elle venait de sortir de la cheminée et dirigeait sur son visage. A la vue du feu, Rebecca rampa sur le dos, une frayeur lui tordant littéralement les entrailles.

- Ton frère te manque ma petite ? Veux-tu aller le rejoindre dis-moi ?

C’était bas ! C’était tellement bas comme attaque ! Le dégoût ne put que la submerger ! Aussi, buttant contre le porte tisonnier dont elle entendit le cliquetis, elle profita des ultimes secondes avant d’être défigurée par les flammes pour s’en emparer. A l’instant où sa tante allait mettre ses menaces à exécution, elle lui planta l’objet dans le ventre ! Si la vision de cette mort affreuse la fit détourner le regard, elle ne ressentit aucun remords ! Aucune pitié pour l’être sans vie qui gisait à présent à ses pieds !

Lorsqu’elle se redressa, son complice la regardait ébahi ! Elle n’avait guère eu le loisir durant la lutte de s’interesser à ses faits et gestes ! A vrai dire, elle s’étonnait de le voir toujours là songeant que la fuite aurait été trop belle pour lui. Mais il se trouvait pourtant bien là, mais il n’était pas seul, il portait Adelise qui se retrouvait la tête renversée et les bras ballants. Que s’était-il donc passé avec sa cousine ?

- Elle a voulu intervenir lorsque vous vous battiez … elle a dû entendre lorsque vous vous avez fait tomber la statuette … Elle avait un poignard … J’ai juste voulu la retenir … Mais elle a glissé sur le coin de la table et …

L’apprentie voleuse devina aisément le reste. Le regret l’envahit curieusement plus pour sa cousine, pour cet accident dont elle n’était pas responsable. Mais le temps n’était pas aux prières pour l’heure. Elle savait qu’il craignait à présent le pire ! On pouvait en effet dire que les choses avaient plutôt mal tourné ! Heureusement aucun coup de feu n’ayant été tiré, les serviteurs devaient encore dormir à poings fermés ! Cela leur laissait le temps de la réflexion ! Comment se sortir de ce très mauvais pas ? Rebecca arpentait la pièce, tandis que Matthew venait de s’effondrer sur l’un des fauteuils de la maison. Portant parfois un regard machinal sur le corps sans vie de ses deux parentes, le sein presque dénudé de sa cousine sous sa chemise de nuit, ne put que lui remémorer une autre scène.

- Oui bien sûr le testament ! Matthew place lui l’arme dans la main.
- Je ne te suis pas du tout ma belle …
- Écoute nous avons le mobile, son père l’a déshéritée parce qu’elle avait donné sa virginité à un palefrenier … J’étais là quand il le lui a annoncé et j’ai tellement chassé la poussière dans ses papiers que j’aurais été aveugle de ne pas lire qu’il l’avait effectivement fait.
- Continue …
- Elle aurait supplié sa mère d’intervenir en sa faveur, profitant de l’absence de son père, mais tout ceci aurait mal tourné. En épouse soumise, sa mère n’a rien voulu savoir, elles se sont disputées et battues … Et l’accident est arrivé … Puis, rongée par le remords, elle s’est donnée la mort préférant cela à un procès pour matricide. Donne-moi une feuille et une plume vite !

A la hâte, Rebecca contrefaisant son écriture pour la rendre la plus semblable possible à celle d’Adelise, traça quelques lignes corroborant toute cette histoire. Elle déposa la lettre non loin de son cadavre puis dirigea le pistolet que Matthew venait de mettre dans sa main, vers sa tempe.

- Tu ne vas pas tirer ? Ils vont tous rappliquer !
- Il le faut bien, comment croirait-on à un suicide, s’il n’y a ni balles, ni bruit que quelqu’un aurait pu entendre ? Repose tout ce qu'on a pris, il ne faut pas que ça ait l'air d'un cambriolage, et file-toi ! Oh et laisse la porte de la cour ouverte. J’arrive.

Elle venait de lui sauver la vie, elle savait qu’il n’allait pas lui faire faux bond maintenant ! Ils étaient liés à présent ! Il opina du chef et fit comme il lui avait été demandé. La comtesse attendit encore quelques minutes, ses propres mains grelottantes et appuya sur la gâchette. Le coup de feu partit, elle n’osa pas un instant ouvrir les yeux vers ce spectacle et prit les jambes à son cou aussitôt. Ce n’est qu’une fois au dehors et à l’abri, entendant les cris stridents de certains domestiques éveillés que n’y tenant plus, elle vomit. Elle s’était promis de ne plus pleurer n’est-ce pas ?

Au matin, ils se séparèrent ! Ils le devaient ! Il courait plus de risques qu'elle en se faisant sédentaire ! On ne devait plus le voir ! Quant à elle, elle devait rester tout au contraire pour éloigner les soupçons !

______________________

Mauvaise fille de bonne famille
" Comme je respire, je mens, mon elixir, c'est le vent, je mens au mari, à l'amant. pourquoi dire vrai, quand vraiment la vie se vit mieux en faux semblants ..."


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Côté Coeur: Quelle question ? Au plus offrant bien sûr !
Côté Lit: On n'y fait pas comme chez soi et certainement pas son mari !
Discours royal:




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Titre : Comtesse of Rosyth, Duchesse of Richmond
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MessageSujet: Re: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   02.02.12 23:26


♕ BIOGRAPHIE VERSAILLAISE ♕


« Le pardon n'est parfois qu'une figure de la vengeance. »

Londres, 30 janvier 1661,

La foule était en liesse. Cette même foule hypocrite qui avait une décennie plus tôt, salué la mort de leur monarque, de leur tyran. Rebecca of Rosyth traînée dans la capitale de force par sa mère, admirait la versatilité du peuple et ne ressentait que profond dégoût à leur égard. Tous entonnaient des chants pour leur roi, le fils de celui qu’ils avaient injurié mais qui aujourd’hui étaient tous pardonnés. Quelle grandeur d’âme ce Charles II ! Sauf bien entendu pour les plus coupables ! Cromwell, Bradshaw, Ireton venaient de quitter leur dernière demeure sous son ordre ! Le peuple toujours friand d’exécutions semblait attendre celles des régicides avec autant d’ardeur que celle d’hier. La jeune femme persistait à tenir ses yeux clos pour ne pas assister à un spectacle aussi révoltant. Etait-ce si honorable de troubler le repos des morts ? Dans quel évangile prônait-on le pardon pour les uns, une punition abjecte pour les autres ? Il fallait bien avouer que Rebecca était directement touchée par cette sévérité, des confins de son Ecosse natale, n’avait-on pas amené le corps de son père pour subir pareil traitement. Tous les traîtres de Newcastle étaient conduits à l’échafaud. Lorsque le cadavre du comte de Rosyth fut jeté dans le puits comme ceux de ses anciens complices, le cri de joie du peuple pénétra dans son cœur tel un fer rouge. Si sa famille échappait à l’exil et à la pauvreté, ça serait un miracle après ça !

« La seule chance que vous avez est celle que vous vous créez. »

23 avril 1661,

Le cortège royal avançait, aurait-on dit à reculons. En ce jour de sacre, la population était si dense et si serrée que quelques malheureux en furent piétinés. Le roi Charles II venait de sortir de Westminster abbey en habits de cérémonie. Ce jour marquait une nouvelle ère pour l’Angleterre, un monarque retrouvait son trône après des années de révolution. Les guerres civiles semblaient bien loin maintenant ! On ne voyait que sur chaque visage, qu’un sourire presque compulsif. Certains même en pleuraient de joie. En revanche, si Rebecca sentait les larmes la submergeait c’était pour subir une nouvelle fois, peut-être une humiliation suprême. Les deux derniers membres de la famille Rosyth avaient obtenu d’approcher le roi pour quémander sa grâce. Certes elle s'en réjouissait, mais si le Roi ne les écoutait pas et les renvoyait dans leur château misérable en Écosse ? Mais elle irait malgré tout la tête haute ! Elle désirait le surprendre, sa situation était si désespérée, qu’elle ne craignait même pas de devenir une hôte parmi tant d’autres de la Tour de Londres, ou une exilée de plus ! Elle allait jouer le tout pour le tout ! Elle allait se montrer sincère et pour commencer, elle avait décidé de ne pas revêtir sa plus belle robe, qui n’était vraiment pas grand-chose d’ailleurs, mais de se présenter à Charles II, dans ses habits quotidiens. Oui dans ses habits de pauvresse, bien que convenables tout de même !

Sa pauvre mère blêmit atrocement à sa vue. Rebecca avait attendu expressément le dernier moment pour se montrer à elle. Il était à présent trop tard pour les sermons ou les disputes familiales, elles se devaient d’être ponctuelles ! Le carrosse parvenait au terme de son trajet, et le roi allait prendre place sur une estrade où était déposé son trône, pour recevoir ses premières audiences populaires. Telle était la tradition ! Distribuant seulement ça et là quelques aumônes, leur tour vint très rapidement. Les deux femmes s’avancèrent. Rebecca, le menton haut exécuta une révérence et put constater que chaque courtisan semblait ahuri de la voir se présenter de la sorte, sans aucun bijou, sans aucun artifice, sans même une robe de cour. Beaucoup paraissaient retenir leur souffle. Quant à Charles II, son éducation toute princière laissa son visage figé comme dans du marbre. Mais ses yeux le trahirent. Elle avait à son avantage la surprise ! Il fallait à présent l’exploiter.

- Soyez les bienvenues à Londres, comtesses.

Sans doute auraient-elles dû se sentir comblées de satisfaction que le monarque leur adresse la parole et plus encore qu’il tende la main vers son conseiller pour obtenir quelques pièces. Rebecca osa alors interdire à sa mère de s’avancer pour les accepter. La charité ? Non ! Elles avaient leur fierté et on la leur avait assez prises ! Ce fut donc elle qui s’approcha du roi, consciente de sa propre beauté malgré ses habits qui laissaient à désirer. On connaissait le goût prononcé de Charles II pour la gente féminine. Elle était décidée à en jouer, maintenant qu’elle avait retenu toute son attention.

- Sire ! Votre générosité nous touche, mais nous nous ne sommes pas venues jusqu’à vous pour la faveur de quelques deniers.

Ce respect teinté d’aplomb, sembla plaire à un adolescent brun et fort bien de sa personne, se tenant derrière le trône. Un sourire venait de se dessiner sur ses lèvres encore enfantines.

- Pourquoi donc alors comtesse ?
- Votre Majesté, votre pardon est le seul bien que nous voudrions emporter en ce jour.

Charles II balaya du regard à droite et à gauche, sans doute pour obtenir un quelconque avis. Ses ministres ne pipèrent pas mot. Rebecca profita donc de ce silence pour abattre ses cartes.

- Mon frère Edmund est mort brûlé vif dans l’incendie de notre château, Monseigneur, mon père a été occis de la main d’un de vos plus vaillants officiers, et nous vous avons livré son corps. Ma mère et moi avons subi la famine et le déshonneur de servir comme domestiques. Nous n’avons plus rien à vous offrir, Majesté, la misère a pénétré notre foyer depuis ce jour maudit où votre père a été livré. Les humbles vêtements que je porte en est hélas le triste témoignage. Nous nous ne sommes pas ici pour nous plaindre ou quémander votre pitié Sire, mais votre absolution nous permettrait de repartir ici, lavées de toute souillure. Toutes pauvres que nous soyons, nous nous estimerions alors plus riches qu’aucun autre de vos sujets, car riches de notre fierté !

Rebecca se tut et laissa son discours en suspens. Avait-il était convainquant ? Elle l’espérait. Ses yeux obliquèrent naturellement vers le jeune homme qui paraissait déjà gagné à sa cause. Ils se fixèrent quelques instants et ce regard de chien battu qu’elle lui adressa, incita l’inconnu à se pencher vers le roi. La comtesse de Rosyth n’entendit pas vraiment l’échange mais c’était suffisamment pour comprendre. Elle remportait cette manche, la plus délicate sans doute et surtout la plus importante ! Entachée d’une trahison, elle ne serait jamais rien.

- En cette journée particulière où un père a retrouvé ses enfants aimants, je ne peux que me montrer clément, même envers ceux que j’ai sus un jour rebelles. Je ne veux que me souvenir que nous avons partagé de semblables souffrances qui nous rapprochent, bien plus qu’elles nous éloignent.

Sur ces entrefaites, le roi leur tendit son anneau à baiser et c’est de bon cœur que Rebecca courba l’échine pour s’exécuter. Elle se plaça par la suite, sur le coté pour laisser placer aux autres solliciteurs mais surtout fit en sorte de rester bien en vue. Sa stratégie fonctionna à merveille, puisque l’adolescent qui possédait le pouvoir d’influencer les décisions du roi osa l’approcher. Le bal populaire était alors depuis quelques temps lancé.

- Mademoiselle of Rosyth, accorderiez-vous cette danse à un malheureux livré aux bienséances de la cour et qui ne rêve que de s’en délivrer ?
- Bien entendu Messire ! Mais puisque vous êtes mon premier partenaire de danse, permettez que j’inscrive votre nom sur mon carnet de bal.
- C’est juste, je suis James Fitzroy, pour vous servir.

Une lueur intense illumina l’œil de Rebecca et attisa son ambition. Le fils du roi ? Bâtard ou non, c’était là une chance à ne pas laisser passer !

« La nature féminine est un abandon sous forme de résistance. »

Rebecca riait à gorge déployée, tandis qu’un de ses soupirants la poursuivait dans le dédale des couloirs. Il s’agissait de celui sur lequel elle avait jeté son dévolu. Certes James était charmant mais bien trop jeune, de plus il s’agissait d’un ami ! Elle préférait nettement ne pas tomber dans ses bras, même mariée. Non Morgan était la cible parfaite et surtout le pigeon idéal ! Il l’avait également remarquée lors de sa soumission au roi, il y a quelques mois. Invitée plusieurs fois par James pour qu’elle fasse la connaissance d’Anne Scott une compatriote avec qui on parlait sérieusement de mariage, Rebecca avait également rencontré le duc de Richmond. Séduisant, titré, riche, cousin du monarque, que pouvait-on espérer de mieux ? Elle le menait surtout par le bout du nez depuis plusieurs semaines. Résistante à tous ses caprices, refusant ses cadeaux, des rencontres au crépuscule, elle se faisait plus que désirer, se montrant même cruelle en le dédaignant. Il fallait au moins ça pour obtenir une demande en mariage, surtout lorsque le dit pigeon a une maîtresse officielle qui prétend également l’épouser. A cet instant même, il la délaissait une fois encore parce qu’il n’avait plus d’yeux que pour elle ! Pour cette fois, car il faut parfois céder la main pour ne donner le bras, elle ralentit l’allure pour qu’il la rattrape. Ils avaient gagné le jardin du palais royal, désert à cette heure matinale, et c’est sans protester qu’elle se laissa ceinturer et chuter dans l’herbe.

- Coup bas monsieur le duc ! Vous savez bien que mes chaussures et cette robe me ralentissent dans ma course !
- Soyez bonne perdante mademoiselle et offrez-moi ce gage que vous m’aviez promis !

Rebecca entoura de ses bras le cou de son prétendant et lui accorda un baiser. Pur et chaste, il ne fallait pas hâter les choses et lui donner ce goût de revenez-y ! Ce fut le cas, et Richmond lui sourit tel un niais ! Elle l’avait véritablement subjugué !

- Quant à la robe, je me ferai un plaisir soyez en certaine de vous l’enlever, si cela peut faciliter vos mouvements !

La jeune femme parut outrée de ce ton direct et de ces mains baladeuses qui tentaient de relever ses vêtements. Elle le molesta proprement en lui assenant un coup sur son bras.

- Monsieur le duc ! Oublieriez-vous que je ne suis pas comme ces traînées de cour ? D’ailleurs où est votre maîtresse ? Peut-être serait-elle plus complaisante avec vos familiarités, vous devriez la retrouver, car vous perdez votre temps avec moi !

La comtesse of Rosyth fit une moue boudeuse et croisa les bras. Le duc trouva sans doute ça irrésistible car il se pencha sur son cou dans le but d’y déposer une dizaine de baisers. Elle le repoussa une fois encore.

- Non non non ! Comprenez-moi, je suis une femme respectable ! Tous nos petits jeux sont bien amusants mais ils n’iront pas plus loin ! Faites-vous une raison et retournez auprès de votre amante !
- Vous êtes adorable lorsque vous êtes jalouse !

Jalouse ? Elle ? La terre redeviendrait plate avant que cela soit le cas ? Ce coq prétentieux devait pourtant le croire, si ça pouvait la rendre plus adorable et désirable !

- Bien sûr que je le suis ! Puisque je vous aime … Enfin … je veux dire …

Cette déclaration tout à fait calculée, qu’elle tentait sciemment de faire apparaître la plus innocente et sincère possible, allait-elle l’aider ? Elle se redressa, feignit d’être très mal à l’aise tandis que l’autre exultait en silence derrière elle.

- Qu’avez-vous dit Rebecca ?

Richmond s’était avancé sans lui faire face, et avait placé ses mains sur ses épaules. Il la tenait à présent tout contre son torse. Elle put sentir son cœur tambouriner. Elle lui permit ce contact quelques instants encore puis décida d’y mettre un terme …

- Rien … Pardonnez-moi je dois partir ! On m’attend !

Sans demander son reste, elle s’échappa de son emprise pour rejoindre un point imaginaire puisqu’en réalité on ne l’attendait pas du tout. Lorsqu’elle fut assez éloignée, elle se cacha derrière une colonne corinthienne et jeta un coup d’œil à Morgan comme statufié dans les jardins. Il paraissait plus que troublé ! Ce énième acte de sa petite comédie, se déroulait à merveille ! Bientôt il lui mangerait dans la main !

« Le mariage, cette institutionnalisation de l'illusion ! »

Décembre 1661,

Un mouchoir entre ses doigts, Rebecca attendait Morgan. Six mois de cour enflammée, il n’avait toujours rien obtenu que des baisers de théâtre et quelques caresses. Elle espérait l’avoir poussé assez à bout, pour qu’il lui accorde ce qu’elle désirait tant. Une autre vie, celle de sa revanche ! Elle serait couverte de titres, de bijoux et surtout de faveurs ! Mais pour cela, elle devait absolument abattre son joker et de façon très persuasive. Quelques larmes de crocodiles bien interprétées pouvaient l’y aider ! Ses yeux noisette devaient laisser entrevoir désespoir et amour impossible. Ses malles avaient été hissé sur un fiacre et elle fit semblant de mener les opérations, dès qu’elle aperçut sa proie.

- N’oubliez pas ce sac s’il vous plait … mais hissez le avec soin, c’est fragile.
- Bien my lady !
- Rebecca !

Le poisson venait de mordre à l’hameçon, il venait de la prendre dans ses bras !

- Est-ce vrai ? Vous nous quittez ?
- Ai-je le choix Morgan ? La future belle fille de Sa Majesté m’a prise en affection, elle veut que je devienne sa dame de compagnie. Or elle retourne en Ecosse pour les préparatifs de mariage.
- Un an sans vous voir !
- Peut-être plus hélas … ce ne sont que des enfants, ils n’ont pas encore quatorze ans !

La proposition d’Anne Scott était véritable, si Morgan ne se décidait pas, il valait mieux assurer ses arrières avec une charge honorable qui lui ouvrirait malgré tout quelques portes. Rebecca porta le bout de dentelle à ses yeux et essuya ses pleurs.

- Dans ma situation Morgan, comment puis-je refuser une telle faveur?
- Je comprends … Mais vivre sans vous …
- Vous devez m’oublier, il y a des dizaines de jeunes femmes dignes de votre intérêt !
- Si j’y pensais, je n’y pense plus ! Je ne veux que vous !

Ca elle avait bien compris qu’il la voulait ! Qu’il la désirait ! Elle se doutait bien qu’il n’y avait qu’histoire de chair là-dessous, mais ma foi, coucher avec cet homme ne serait rien face à la mendicité ! L’amour n’est beau et véritable que dans les romans ! Qu’importait donc qu’ils ne s’aiment pas tous les deux, même s’ils s’affirmaient le contraire depuis quelques temps.

- Nous devons être forts malgré tout ! J’épouserai ce McDowan comme il me l’a demandé. Nous nous écrirons … Tous les jours si vous voulez ! Mais nous devons nous faire une raison !

Rebecca retournait le couteau dans la plaie et en était bien consciente ! En effet, elle s’était assurée un rival que ne pourrait pas supporter ce coq, dans sa chasse. Pour encore plus rendre douloureuse la séparation qui le conduirait à tout pour l’éviter, elle se serra fort contre lui et l’embrassa avec fougue pour la toute première fois.

- Adieu Morgan …

Elle rentra précipitamment dans le fiacre sans regarder derrière elle, comme si ce geste était surhumain pour elle. La jeune femme n’avait plus qu’à prier maintenant !

- Fouette cocher !

Mais alors que ce dernier allait s’exécuter, Morgan le retint en montant sur son siège, tel un fou pour lui prendre le dit fouet.

- Non attendez ! Prenez cet argent et disparaissez !

Rebecca arbora une fausse mine stupéfaite, tandis que le duc de Richmond redescendait de son perchoir et ouvrait la portière du carrosse tel un fou.

- Mais que faites-vous ?
- Je ne veux pas que vous partiez !
- Je ne vois hélas pas comment éviter mon départ …
- Épousez-moi !

Jubilation suprême mais dont elle ne devait rien montrer ! Prendre un air totalement ahuri était le mieux à faire, telle une automate la jeune femme avait répété cette scène plusieurs fois. Après tout, elle avait tout fait pour que cela arrive. Elle secoua la tête !

- Vous savez bien que c’est impossible ! Le roi m’a accordé sa grâce, il y a si peu …
- Mais il l’a fait et vous êtes de la plus ancienne noblesse du pays !
- Accepterait-il seulement ?
- Il vous adore, son fils ne cesse de lui parler de vous ! En outre, n’oubliez pas que je suis son cousin.
- Je ne sais pas … Je ne voudrais pas vous mettre dans l’embarras.

Morgan monta sur le marche pied et en quelques secondes se trouva à l’intérieur du fiacre. Il prit ses mains entre les siennes et les baisa avec passion.

- Acceptez.

Si elle avait dû montrer une certaine hésitation pour ne pas paraître attendre que cette demande, il ne fallait pas non plus faire trop la difficile à présent qu’elle l’avait obtenue. Rebecca afficha donc un sourire éblouissant, qu’il mit sans doute sur le compte du bonheur, alors que c’est toute son ambition qui exultait. Une semaine plus tard, elle était ENFIN duchesse de Richmond, l’épouse par alliance du roi d’Angleterre ! En voilà du chemin parcouru par une miséreuse ! Elle était encore loin de se douter que ce chemin çi, se transformerait bientôt en un chemin de croix !

« L'enfant reconnaît sa mère à son sourire. »

Novembre 1662,

Les douleurs de l’enfantement avaient commencé à l’aube, autrement dit cela faisait plus de dix-sept heures que le travail avait commencé. Morgan n’était toujours pas rentré ! Malheureusement, Rebecca ne se faisait aucune illusion sur l’endroit où il se trouvait. Dans le lit d’une ou de plusieurs maîtresses ! Qu’il n’assiste pas à la naissance de son potentiel héritier était une chose, mais ne pas se trouver dans la pièce voisine à attendre, en était une autre ! Il s’adonnait à la luxure pendant qu’elle subissait le martyre. Le docteur à son chevet, ne venait pas de la rassurer qui plus est ! L’enfant se présentait très mal ! Il devait en recourir aux fers ! En entendant ces mots, sa mère qui se tenait à son chevet lui serra d’autant plus la main, tandis qu’Anne Scott lui tamponnait son front trempé de sueur à l’aide d’un linge mouillé. La souffrance lui tenailla alors jusqu’aux entrailles. Luttant contre l’évanouissement, elle ne vit qu’au dernier moment Morgan rentrant enfin chez lui et offrant un ultime baiser à une de ses putains. C’est cet instant là que choisit le petit être pour montrer ENFIN le bout de son nez ! Dans un hurlement très contrasté mêlé de rage, de haine et de soulagement, l’enfant poussa presque simultanément un cri semblable ! Il s’agissait d’une petite fille que l’on déposa après l’avoir lavée comme il se doit, dans ses bras ! Une petite fille qui lui fit tout oublier l’espace d’un instant qui parut cependant éternel.

« Mais au fond, il n'y a pas d'amis, il n'y a que des complices. »

Octobre 1664,

Rebecca déposa une tasse de thé sur la table, face à son amie. Whitney était venue la visiter ! Bien que vêtue de noir, elle était égale à elle-même. Enjouée, gaie, elle avait fait tournoyer la petite Roxanne à présent âgée de deux ans dans ses bras. Puis elle s’était débarrassée de sa capeline et toutes deux s’étaient rendues dans les appartements privés de la duchesse of Richmond. Là, la veuve de James of Kent avait tenu à essayer ses robes dernier cri, tout en interprétant un air d’opéra en vogue. Whitney faisait vraiment la joie de Rebecca. Toutes deux pauvres, toutes deux devenues riches par mariage, toutes deux n’ayant pas aimé leurs maris. Si Anne Scott à présent duchesse de Monmouth, était sa plus grande amie, elles ne partageaient pas autant de points communs. Whitney était un rayon de soleil au cœur des nuages qui chaque jour laissait leur sillage dans la vie de la duchesse. Elles pouvaient se confier l’une à l’autre comme on se confie à un confesseur, sans pudeur, sans retenue ! Après avoir remis sur leur ceintre, une douzaine de toilettes, Whitney avait demandé à partager une boisson avec son amie, qu’elle voyait bien soucieuse.

- Allons Rebecca, je n’aime pas vous voir ainsi abattue, que se passe-t-il ?

Son amie connaissait ses problèmes conjugaux, certes mais pas dans le détail. Pour la première fois en trois ans d’union déplorable, si on exceptait le tout premier mois, Rebecca ressentit le besoin de se confier. Pourquoi pas à Whitney donc ? Elle était la mieux placée pour la comprendre.

- Morgan n’est qu’un débauché vicieux de la trempe de son royal cousin ! Il me dégoûte! Je ne le supporte plus ! Songez qu’à la naissance de Roxanne il traînait avec l’une de ses dévergondées qu’il trouve dans des lieux que je ne nommerai pas.

La duchesse déposa violemment sa tasse qui manqua chuter à terre et se leva pour arpenter la pièce, gesticulant soudain à tout va.

- Il n’a aucune mesure, je ne sais pas lorsqu’il me touche si je suis la dixième, la vingtième ou la cinquantième de la journée, tant il court les jupons ! Il me répugne ! Je ne veux plus qu’une chose que Dieu m’en débarrasse ! Si seulement une bonne guerre éclatait …

Rebecca trop occupée à vider son sac, n’avait pas remarqué le sourire en coin et l’œil pétillant de son interlocutrice.

- Ma chère, ce que la guerre ou Dieu ne permettent point ne devrait pas autant vous intéresser. Il y a d’autres moyens bien plus efficaces, si vous voulez vraiment parvenir à vos fins …

Le ton mielleux et à la fois mystérieux de son amie, interloqua la duchesse. Que voulait-elle dire par là ? Elle préféra nier car elle devinait peut-être trop bien.

- Quels autres moyens ?
- Des moyens payants bien entendu, mais puisque c’est vous, je vous rendrais bien ce petit service sans monnayer.
- Vous voulez dire …
- Comment croyez-vous que mon mari est mort ma chère ?

Le poison ! C’était évident, on n’avait parlé que de ça à la mort de James of Kent, sans jamais bien sûr pouvoir le prouver. Whitney quant à elle s’était fermée aux rumeurs. A présent Rebecca sentait que son amie, faisait d’elle sa complice. Elle avait touché un point sensible, désirant se débarrasser elle-même de son mari, elle ne la dénoncerait pas !

- Je pars pour la France dans quelques semaines mon amie ! La cour anglaise n’est plus bien sûre. Mon beau-frère me cherche sans cesse querelle. Si un jour vous avez besoin de mon aide, vous saurez donc où me trouver.

Après de chaleureuses embrassades et le souhait d’une bonne traversée, les deux jeunes femmes se séparèrent. Pour un jour se retrouver ?

« Dieu a inventé le concubinage. Satan, lui, le mariage. »

Mars 1665,

- NON MONSIEUR ! Nous n’en avons pas fini !

La dispute durait depuis plus d’un quart d’heure à présent ! Rebecca était hors d’elle ! On venait de lui apprendre une énième tromperie de son époux, mais le comble était la naissance d’un bâtard ! Elle avait même trouvé sous ses oreillers ce matin des caricatures qui faisait d’elle la cocue la plus connue d’Angleterre, après la reine ! Elle surprenait des rires cachés dès qu’elle faisait un pas à la cour ! Humiliations que la Bragance subissait avec dignité, elle aussi d’ailleurs jusqu’à maintenant mais aujourd’hui la coupe était pleine ! Elle se plaça elle-même devant la porte avant que son mari ne l’atteigne.

- Je suis lasse que le nom que je porte évoque dès qu’on le prononce, le vice et la débauche !

Morgan qui était particulièrement excédé également se planta devant elle, ses prunelles luisant de courroux et sans doute de haine.

- Le nom que je vous ai donné madame, ne l’oubliez jamais ! Erreur d’ailleurs que je regrette chaque jour croyez le bien ! Ne vous plaignez pas, vous ne souhaitiez de moi que l’argent et le luxe ! Vous ne valez pas mieux que ces putains que je rencontre ! Pourquoi n’ai-je pas épousé la maîtresse que j’aie délaissée pour vous ?

La duchesse de Richmond redressa la tête sous l’injure !

- Parce que je me suis débrouillée pour vous la faire oublier ! Chose qui au final n’a pas été bien difficile, lorsqu’on y repense !

Morgan la plaqua alors contre la porte avec brusquerie.

- Oui vous avez très bien su manœuvrer votre barque madame, mais à présent il faut payer madame ! Je vous humilie, j’en suis fort aise sachez-le ! A ce propos, je vous réserve une place de choix dans un cloître de ma connaissance ! Maintenant faites-moi place, je dois rendre visite à mon fils.

Il la poussa violemment sur le côté et ouvrit les deux battants. Rebecca n’allait pas s’estimer vaincue pour si peu. Elle passa à la contrattaque.

- Je ne vous ai pas menti seulement lorsque je prétendais vous aimer, sachez-le ! Pensez-vous que j’étais assez folle pour ne pas me venger de vos absences quotidiennes ? A partir d’aujourd’hui, lorsque vous croiserez chaque homme de la cour, regardez les bien surtout ! Les barons, les cuisiniers ou même les garçons d’écurie et tentez alors de découvrir lequel d’entre eux j’ai pu trouver meilleur amant que vous !
- GARCE !

Revenant sur ses pas, Morgan n’avait pas pu supporter une telle riposte ! Il venait de l’agripper au col et serrait sa nuque presque convulsivement. Roxanne qui pourtant accoutumée à de telles disputes entre ses parents, prit peur et se plaça entre eux. Le duc à bout de patience, retira sa main mais pour gifler l’enfant. Rebecca prit aussitôt sa fille en pleurs dans ses bras pour la réconforter.

- Adieu monsieur, allez donc retrouver votre bâtard … Ses langes sont sans doute à changer et comme vous avez toujours apprécié, ce qui était synonyme de fange, vous devriez trouver votre bonheur !

Lorsque son exécrable époux fut sorti ne relevant sa dernière insulte, sans doute rongé par les remords d’avoir levé la main sur sa fille de trois ans, elle avait pris sa décision. Elle devait s’enfuir ! Vivre à ses côtés, n’était plus supportable !

« Un mari est un ennemi que l'on ne peut vaincre corps-à-corps, mais seulement par la fuite. »

Port de Portsmouth avril 1665,

Le duc et la duchesse de Monmouth avaient tenu à faire le voyage en sa compagnie. Leur présence ne pourrait que faire reculer son mari, s’il parvenait en effet à la rattraper et à l’obliger à entrer dans ce couvent. Mais Rebecca savait qu’elle avait choisi le bon moment. La peste sévissait dans la capitale, et le fils et la bru du roi avaient justement reçu l’ordre de s’éloigner. Mais on était loin de se douter que la duchesse de Richmond et sa fille faisaient partie des malles. Son époux était débordé par le roi qui l’envoyait à tous les coins de la capitale. En outre, il avait fui le domicile conjugal depuis un mois, depuis qu’ils avaient eu cette altercation ! Tant mieux, moins elle le voyait, mieux elle se portait. Parvenue face à la mer, elle ébouriffa les cheveux de sa fille qui écarquillait adorablement les yeux. Anne Scott demanda néanmoins à son époux de promener la petite quelques instants. La jeune femme tenait à parler à Rebecca avant son départ.

- Mon amie, votre chaleureuse présence auprès de moi va me manquer cruellement.
- Votre Altesse doit savoir que ce sentiment est hélas partagé.

Luttant contre quelques larmes, la bru de Charles II sortit une bourse sonnante d’écus d’or ainsi qu’une lettre à son sceau.

- Voici pour les frais du voyage et pour votre installation. Lorsque vous serez en France, donnez cette lettre à la duchesse d’Enghien ou à la princesse Palatine, Anne de Gonzague. Je sais qu’elles vous offriront autant l’une que l’autre une charge digne de votre rang. Je vous interdis formellement de refuser …

En effet, elle ouvrait déjà la bouche pour s’insurger. Elle appréciait sincèrement ce couple dont depuis presque cinq ans, elle partageait l’intimité ! Pour la première fois de son existence, recevoir l’argent tant convoité hier la gêna. Elle accepta malgré tout face à l’insistance de la princesse. Après une séparation déchirante, la duchesse et Roxanne montèrent sur le pont du navire. Elle devait fuir maintenant et ne pas attendre, bientôt les frontières seraient fermées lorsque la province serait mise au courant de l’épidémie, mais elle n’avait cru que cela serait aussi difficile. Sortant son mouchoir en dentelle, elle salua ses deux grands amis jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que deux petits points à l’horizon. Alors seulement, la jeune femme osa détourner la tête pour regarder vers l’avenir et vers la France.

______________________

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Côté Coeur: Quelle question ? Au plus offrant bien sûr !
Côté Lit: On n'y fait pas comme chez soi et certainement pas son mari !
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MessageSujet: Re: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   03.02.12 19:04


♕ BIOGRAPHIE VERSAILLAISE ♕
« Rien n'est plus agaçant que le bonheur des autres. Surtout quand il sert de jauge à votre propre déconfiture... »

Août 1665,

Cela faisait plusieurs semaines à présent, que Rebecca s’était installée à Versailles. Nul n’ayant eu connaissance de sa fuite, elle avait été reçue avec les honneurs dus à son rang de cousine par alliance du roi d’Angleterre. Elle espérait que cette ignorance sur ses déboires conjugaux, persisterait encore longtemps. Car oui elle aimait la cour et s’y était même fait des relations. En ce matin estival, elle attendait d’ailleurs une jeune femme pour une promenade paisible au bord du grand canal. Cette dernière fut des plus ponctuelles.

- Bien le bonjour Marie, comment vous portez-vous aujourd’hui ?
- Ma foi, comme un charme Rebecca ! J’ai dîné avec mon époux hier soir et nous avons appris à nous connaître davantage. Ce n’est qu’un pavé dans l’eau, mais peut-être fera-t-il ricochet.

Comme pour agrémenter ses propres paroles, la marquise d’Assérac se pencha et ramassa un caillou qui jonchait les bords du canal. Quant à la duchesse, son visage s’était fermé. Bien qu’elle ne soit pas du tout envieuse du bonheur relatif régnant dans leur couple, cela venait de lui rappeler à quel point sa propre vie conjugale était chaotique. Elle lui accorda un sourire crispé, qui intrigua son interlocutrice.

- Vous m’en voyez ravie, Marie. Beaucoup d’entre nous seraient heureuses d’avoir un époux si attentionné.

Marie arqua un de ses sourcils, de plus en plus curieuse.

- Dois-je comprendre que ce n’est pas votre cas ma chère ?

A vrai dire, confier sans rentrer dans les détails bien sûr qu’elle n’éprouvait aucune joie à être mariée, n’avait rien de si anormal. En France comme en Angleterre, on ne comptait plus les dames mariées à des goûteux, des débauchés ou à encore à des hommes qui pouvaient avoir l’âge d’être leur grand-père. Elle se lança donc, certaine que malgré l’optimisme de la jeune Assérac, elle allait pouvoir compter sur la solidarité féminine.

- Dire que nous sommes en bons termes serait, en effet, mentir !
- Cela peut sans doute s’arranger avec du temps, de la patience, de la compréhension !
- Je ne le pense vraiment pas …

Elle comprenait que la marquise tente de l’apaiser par quelques belles paroles, mais hélas, ça ne changerait rien du tout !

- Si vous faisiez un effort, si vous alliez parler à votre mari, peut-être que tout ceci s’arrangerait.

Un effort ? Pourquoi elle ? Pourquoi pas lui ? Marie prenait la défense de Morgan devant elle, quel toupet, sans même rien connaître de leurs vies ! Elle regrettait déjà d’avoir continué sur ce sujet.

- Vous devriez faire le premier pas vers lui ma chère, acceptez les concessions qu’il vous demande, ce serait faire preuve de sagesse ! Alors vous retrouveriez sans doute un peu de cette sérénité qui vous fait défaut ! Peut-être brûle-t-il en attendant désespérément une de vos lettres ! Ne soyez pas cruelle, écrivez lui … Faites la paix !

Ce discours de femme soumise médusa tant Rebecca, que les mots ne franchirent pas ses lèvres. Pourtant elle aurait tant aimé la remettre à sa place, lui interdire le droit de se faire l’avocat du diable, sans même avoir un seul élément. Mais la prochaine fois, si prochaine fois il y avait, elle se promit de lui faire fermer son bec.

« Lutter pour une cause ne fait pas que cette cause soit juste. »

Octobre 1665,

La jeune duchesse avait les yeux bandés depuis plusieurs minutes déjà. On la guidait à travers des dizaines de salles, la faisait descendre des dédales d’escaliers. Elle avait été approchée il y a plusieurs jours déjà par une personne qui lui avait dit avoir besoin de contacts anglais, pour une affaire délicate. En contrepartie, on pourrait sans doute la débarrasser de son époux. Elle n’en savait pas plus pour l’instant, mais elle avait aussitôt accepté un rendez-vous avec les membres de cette confrérie apparemment secrète, qui attisait sa curiosité de plus en plus. La curiosité féminine est bien connue ! Parvenue à destination, on la laissa debout et on lui ôta le linge noir qui recouvrait ses yeux. La lumière était tamisée, plusieurs personnes étaient assises autour d’une table. Mais son attention se porta plus encore, sur le trône tourné de dos, sur lequel semblait siéger un homme. On ne voyait à vrai dire que sa main gantée. Ce fut lui qu’il s’adressa à elle.

- Soyez la bienvenue duchesse de Richmond. Vous a-t-on dit ce que l’on attendait de vous ?
- Non pas en détails, messire mais j’ai cru comprendre que vous aviez besoin de contacts anglais.
- C’est exact, nous avons besoin de supports un peu partout dans le monde pour remporter un jour notre cause.

Quelle cause ? Elle se doutait qu’on ne lui en parlerait pas de sitôt mais pour être aussi secrète, c’est qu’elle devait être contraire à la loi. Et la loi c’était après tout le roi et ses ministres qui la faisaient.

- Si je puis vous être utile … dites-moi ce que vous désirez de moi et je le ferai !
- En échange, nous tenterons de tenir en échec votre mari. Nous connaissons vos difficultés.

Comment ? L’homme était bien renseigné, elle en avait parlé qu’à vraiment peu de personnes.

- Néanmoins, nous devons nous assurer que vous savez aller jusqu’au bout … même si cela signifie tuer …

Ah oui quand même, son mystérieux interlocuteur n’y allait pas par le dos de la cuillère dans ses exigences. Mais elle devait saisir cette chance, si justement ces messieurs dames pouvaient parvenir à occire un jour Morgan, ce ne serait que bénéfique !

- Pour réellement rentrer dans notre organisation, il vous faut commettre un meurtre pour que nous puissions juger de votre sang froid et de votre absence de scrupules, quoiqu’il arrive !

Rebecca redressa alors fièrement la tête.

- J’en ai déjà commis deux et je n’étais alors qu’une adolescente.

Un silence se fit … L’homme ne la croyait-il pas ? Il est vrai que l’on pouvait difficilement prêter deux crimes à ce visage d’ange. Et pourtant … Si le premier avait été commis par accident et l’autre pas réellement par elle, elle devait se montrer convaincante comme si tout avait été prémédité, pour qu’on lui accorde cette confiance.

- Qui ?
- Ma tante et ma cousine. Les juges ont conclu à un acte désespéré de ma cousine après avoir lu qu’elle avait été reniée par mon oncle, mais la vérité est toute autre. Je ne supportais ni l’une ni l’autre à force d’humiliations, je leur ai tendu un piège et j’ai maquillé la scène en drame familial.
- Qui peut le prouver ?
- Le procès-verbal établi peut sans doute prêter foi de certains détails que seul l’assassin aurait pu connaître. Je m’engage à vous donner les dits détails …

Un nouveau silence s’installa dans cette pièce bien peu commune, dont elle scruta les quatre recoins en attendant le verdict de l’interessé.

- C’est bien … Nous vous donnons votre chance et vous intégrons à la Main de l’Ombre.

Elle n’avait pas encore vraiment idée de ce qu’était la Main de l’Ombre, mais elle fut vite fixée au fil de ses missions.

« On n’échappe à rien, pas même à ses fuites. »

Février 1666,

La domestique frappait à la porte de ses appartements depuis plus de cinq minutes. Pensant tout d’abord au vent qui faisait taper une branche contre sa vitre, Rebecca ne s’était éveillée tout de suite. Mais elle devait bien se rendre à l’évidence, c’était bien à la porte qu’on tambourinait ! Il n’était pourtant que trois heures du matin ! Quelle urgence la réclamait à pareille heure ? Elle pensa à une mission de la main de l’ombre, mais elle allait être très vite détrompée. Après avoir revêtu sa robe de chambre, elle ouvrit à la servante qui pénétra telle une furie, ses yeux semblant sortir de ses orbites.

- Ah madame, je suis venue dès que j’ai su !
- Mais enfin que se passe-t-il ?
- Votre époux est en route pour Versailles madame !

Le ciel aurait pu s’écrouler sur sa tête, l’impact sur son cœur aurait sans doute paru plus doux. Il était en France ? Une boule imaginaire se logea instantanément au creux de son estomac. Que faire ? Elle devait partir, quitter la cour et n’y revenir qu’en cas d’extrême urgence ou bien lorsqu’il partirait ! Elle avait vécu un an de sérénité, mais à son passé la rattrapait ! Que faire et où loger ? Elle avait hésité à utiliser la bourse et la lettre de son amie, la duchesse de Monmouth, mais aujourd’hui elle n’avait pas le choix ! Bien que cela ne lui assurerait pas la sécurité pour autant, si Morgan était décidé de mettre ses menaces à exécution …

« Un soutien t’aide non seulement à imaginer ce que tu veux être, mais t’aide aussi à le devenir. »

- Je souhaiterais m’entretenir avec le lieutenant de police, je vous prie, c’est très urgent !

Rebecca arborait une mine paniquée et déconfite et elle n’avait pas besoin de se forcer pour ça. Elle avait pu approcher la duchesse d’Enghien et rentrer à son service. Certes elle gagnait des gages conséquents à travailler pour une aussi riche famille, et pouvait ainsi nourrir sa fille Roxanne, mais la peur était omniprésente. Deux jours auparavant, elle avait croisé Morgan alors qu’elle devait faire une commission dans un hôtel particulier non loin de Versailles. Elle avait détalé tel un lapin pris en chasse par un aigle fondant sur lui. Elle avait réussi à le semer, et depuis elle s’efforçait de ne pas songer à son sort s’il avait réussi ! Elle devait être protégée. Quoi de mieux que de faire appel à la police dans sa situation ? La jeune femme n’ignorait pas que pour obtenir la protection d’un homme tel que Nicolas de la Reynie, dont on vantait l’efficacité, le zèle et le flair, il lui fallait mentir ! Mais avait-elle vraiment le choix ? Sa condition de femme mariée, faisait de son époux son seigneur et maître, c’était ainsi ! La Reynie ne pouvait lutter contre la loi puisqu’il la défendait. Elle songeait encore à la stratégie à adopter, lorsqu’on lui annonça que l’homme allait la recevoir. On la guida jusqu’à son bureau qui était bien modeste pour un policier de cette trempe, mais à vrai dire, pour une fois elle ne fit guère attention à la richesse du décor. Seul l’individu l’intéressait.

- Que puis-je pour vous madame ?
- Mademoiselle.

Fort heureusement elle avait retiré son alliance avant de se présenter à l’hôtel de police. Ce n’était donc que présomption de sa part et en lui faisant signe de s’asseoir, il lui baisa la main galamment.

- Pardonnez-moi, mademoiselle … En quoi puis je vous être utile. Mon secrétaire m’a fait part d’une affaire urgente.

Attention, c’était le moment critique ! Elle devait se montrer convaincante, bien que la vérité dormait sous les apparents mensonges qu’elle allait lui servir.

- Je me nomme Rebecca of Rosyth, je suis écossaise. Il y a quelques années je me suis rendue à la cour d’Angleterre pour demander le pardon royal, suite à la guerre civile que vous connaissez. Là, j’ai rencontré un homme qui depuis ne cesse de me harceler. Je dois bien vous avouer que …

Elle pencha la tête comme si elle rougissait de gêne.

- Que nous avons eu une aventure, mais cela n’a duré qu’une seule nuit … Relation que je regrette à chaque instant, car même en ayant fui en France, cet individu me poursuit me considérant comme sienne. Cela devient si inquiétant que je ne suis même plus en sécurité sur mon lieu de travail, où il m’envoie des lettres de menaces.
- Puis je voir ces missives, mademoiselle ?

Rebecca savait qu’elle prenait un risque en lui ayant dit son véritable nom. Elle avait longtemps hésité avec un nom d’emprunt, mais non ! Elle savait le risque très amoindri car si vérifications il y avait, cela prendrait des mois voire des années, une guerre se préparait entre la France et l’Angleterre depuis le grand incendie de Londres. On avait lynché plusieurs nobles français lors de ces trois jours désastreux, de plus l’Angleterre prenait le parti des Provinces Unies, ce qui ne plaisait guère à la France. Les frontières étaient fermées ! Le Ciel était donc avec elle, il ne pouvait envoyer un enquêteur dans son pays pour vérifier ses dires.

- Les voici.

La duchesse les lui tendit. Elle avait bien entendu fait appel à un homme pour les écrire. Grassement payé, celui-ci n’avait pas lésiné. Il y en avait une bonne vingtaine, toutes plus menaçantes les unes que les autres. Certaines évoquaient même une exécution imminente si elle ne se rendait pas à lui. En somme, des paroles dignes d’obsessionnel convulsif ! Après les avoir consultés, la Reynie s’adossa sur son siège et la regarda l’air songeur. Elle supporta son regard l’air de rien et avec une mine désespérée.

- C’est très bien, je chargerai un de mes hommes de votre protection.

En sortant de l'hôtel de police, Rebecca était soulagée mais pas vraiment satisfaite. A dire vrai, elle avait espéré mieux qu’un garde du corps. Elle se promit de mettre les bouchées doubles pour que le lieutenant s’intéresse plus à son cas et lui fasse une autre proposition.

**************************************************

Une semaine plus tard, elle s'effondrait sur la même fauteuil, en proie aux larmes. Fausses bien entendu ! La raison ? On venait de l'agresser ! Faussement là aussi ! Elle avait pu se débarasser un instant de l'homme placé à ses côtés par la Reynie pour acheter un de ces truands, comme on en trouve si bien à Paris. Ce bandit avait reçu assez d'argent de sa main pour se montrer très dur et violent avec elle et pour mettre hors d'état de nuir (sans le tuer) le dit policier. Celui-ci avait donc été proprement assommé et gisait encore sur les pavés. Quant à elle, c'était soi disant par miracle que courant vers l'hôtel de Police, elle avait réussi à échapper à son agresseur. Il faisait nuit noire au dehors, c'est donc un la Reynie en robe de chambre qui la reçut. Elle lui conta tout par le menu et lui montra les méchantes griffures et les hématomes sur sa nuque, et ses poignets. Ses pleurs redoublèrent, tandis qu'elle imita à la perfection un tremblement dû à un choc pareil. Bon l'individu n'y était pas allé de main morte, et d'avoir couru effectivement jusqu'à l'hôtel dans le froid accrédita ce semblant de crise de nerfs. Une fois de plus songeur, la Reynie se releva et se mit à arpenter son bureau, ses bras croisés derrière son dos.

- Rassurez-vous mademoiselle ! Nous allons prendre d'autres dispositions pour que cet homme ne s'en prennne plus à vous ! Pour commencer, vous allez à partir d'aujourd'hui porter des noms d'emprunts et vous ferez des locations de logement à ces noms là. Où travaillez-vous ?

Voilà qui était bien mieux qu'un malheureux bougre marchant trois pas derrière elle, et qui comme elle l'avait démontré, même sournoisement pouvait être mis en déroute très vite.

- Je suis secrétaire particulière de la duchesse d'Enghien à Chantilly.
- Je vais demander humblement à sa Seignerie de congédier Rebecca of Rosyth, qui va officiellement quitter la capitale, ce matin. Vous resterez bien sûr à son service, si elle vous en juge digne mais sous une nouvelle identité, bien française celle-çi.

Le lieutenant de police s'assit enfin en face d'elle, tandis qu'elle sortait son mouchoir de sa manche. Il souleva plusieurs dossiers d'une énorme pile pour enfin mettre la main sur l'un d'entre eux. Il le consulta quelques instants.

- Pauline de Blaingirey ! Cela me semble parfait, j'irais dès demain avec votre permission expliquer votre situation à sa Seigneurie.
- Vous l'avez ...

Plutôt deux fois qu'une même ! Que ce nom soit sorti comme par magie d'un dossier ou non qu'importait ! Pauline, Hortense, Gertrude ! Tous les noms seraient bons pour faire tourner en bourrique Morgan ! Ayant toujours le nez presque collé à son dossier, Nicolas de la Reynie regarda tour à tour ce qui paraissait être une liste de noms puis Rebecca. Il se décida à parler qu'au bout de plusieurs minutes d'intense réfléxion :

- J'ai une proposition à vous faire mademoiselle ! Nous pourrions ainsi nous entr'aider. Je vous offre deux autres identités en plus de celle que je viens de vous donner, et vous m'assistez dans deux de mes affaires en cours.

C'était un bon marché après tout ! Honorable et qu'elle trouvait légitime après tout ! Il lui rendait service, pourquoi pas elle ? Elle opina du chef pour lui montrer son agrément.

- Parfait. Commençons par la première enquête. Une jeune fille a été arrêtée, il y a trois semaines de cela, accusée d'avoir empoisonné une de ses prestigieuses clientes par le biais de vêtements. Elle nie l'avoir fait et je la crois. Hélas je ne peux libérer cette personne pour l'instant. Or il me semble bien que l'on a répandu le poison sur la toilette DANS la boutique même. Savez-vous coudre ?

Rebecca voyait où la Reynie voulait en venir. Il voulait lui faire intégrer cette boutique où un tueur - empoisonneur se trouvait, où avait été acheté pour faire la sale besogne.

- Je m'y adonne modestement depuis mes cinq ans.
- C'est exactement ce qu'il me faut. Vous vous présenterez donc au dit magasin dès demain, sous le nom d'Aurélia Dantès. Couturière portugaise de renom ayant participé à l'élaboration de la robe de mariée de la princesse Marie de Nemours, présentement reine du Portugal. Vous ne l'avez pourtant pas suivie dans son pays d'adoption, préférant faire carrière à Paris, capitale de la mode. Je me charge de vous donner vos références par le biais de mes relations.

Cet homme était ... impressionnant ! En un tour de mains il fabriquait des vies ! Cela lui fit tout de même un peu peur, car il pouvait fort bien en détruire également ! Et si un jour il apprenait que ... Elle ne voulait même pas penser à sa réaction ! Enfin, elle pourrait toujours sortir de son chapeau magique, quelques noms intéressants mêlés à un complot d'envergure. Mais vraiment, ça serait à la dernière extrémité, elle espérait de tout coeur ne jamais en arriver là.

- La seconde affaire est plus délicate, il ne s'agit pas seulement de me fournir quelques tuyaux, comme on dit dans notre jargon ... mais ...
- Mais ?
- De prendre énormément de risques, dont celui d'exposer votre vie. En sachant néanmoins que nous vous filerons en permanence.

Aie ! ça se gâtait, mais bon ... autant qu'il aille jusqu'au bout à présent !

- Certaines personnes s'adonnent de plus en plus à des messes dites sataniques, ou plus communément messes noires. Il s'agirait de servir d'appât pour que nous mettions sous les verrous quelques uns de ces tueurs. Ils nous ont échappé jusqu'à maintenant ! Il est certain que ce qui est le plus attirant pour eux sont les enfants et les jeunes vierges ...
- Pourtant je vous ai dit que cet homme et moi ...

Rebecca n'était pas vraiment partante pour cette seconde affaire et tentait de le lui faire gentiment comprendre.

- Moi je le sais ! Mais on ne vous connait pas et une jeune fille en fleurs avec votre visage d'ange, que demain je pourrais inscrire, sur la liste des candidates au titre de Rosière de Paris, aurait tôt fait de convaincre du contraire.

Cet homme avait réponse à tout ... Comment refuser sans le fâcher et sans prendre le risque qu'il lui reprenne tous les avantages qu'il lui avait promis. Avec un peu de chance, elle ne parviendrait pas à ce titre de " Vierge de l'année ". Elle accepta donc cette énième identité, celle de Gisèle de Brévailles. Jeune noble provinciale vivant depuis peu à Paris, au passé vertueux et sans reproches. Quelques semaines plus tard, le coeur en berne, elle reçut des échevins, la couronne de fleurs qui la couronna malheureusement comme telle.

« Jeux de dupes ! Jeux à quitte ou double, où on peut devenir un jour le dupé ! »

Automne 1666,

- Le maître m'a chargé de vous prouver qu'il a une totale confiance en vous, Rebecca. Je suis ici pour vous apprendre qui il est et pourquoi il se bat de la sorte.

Paul de Joigny vêtu de sa soutane se tenait à ses côtés. Tous deux était assis sur un des bancs de Versailles. Il s'agissait d'un jour où la duchesse se savait en sécurité ici. Morgan était parti en province pour ses affaires. Stupéfaite par le discours de son complice, elle le fixa. Devait-elle lui faire confiance ? Il ne lui inspirait pas en tout cas ... Mais ils étaient supposés être alliés non ? Elle voulut lui laisser le bénéfice du doute. Si les conspirateurs se montraient vils les uns envers l'autre, leur cause ne serait pas prête d'avancer ! La jeune femme mit donc pour l'heure son sentiment de méfiance, sur le compte de sa légère paranoïa.

- Je suis toute ouïe, continuez.

Son interlocuteur désigna alors du doigt, un des promeneurs. Le soleil couchant d'automne l'aveuglant, Rebecca mit sa main en visière pour mieux voir.

- Richard d'Artois ? Vous plaisantez ?

Quoi ? Ce Don Juan qui lui semblait bien niais depuis son arrivée à la cour, sans vraiment lui avoir adressé la parole ? Cela lui paraissait impossible !

- En aucun cas je me permettrai de plaisanter lorsqu'il s'agit du maître ! Cet homme est celui auquel nous avons juré fidélité et pour lequel nous combattons.
- Certes mais au nom de quel idéal ?
- Voyons Rebecca, celui de la royauté.

Allons donc, un autre qui voulait roi à la place du roi ! Les frondeurs ne paraissaient pas s'être tous calmés apparemment ! La jeune duchesse se retint de pousser un soupir et afficha un visage dépourvu d'émotions. A vrai dire, elle était un peu lasse de jouer à la conspiratrice. Elle ne se reconnaissait pas dans cette cause ! Elle était écossaise, en quoi celui qui régnait sur la France, la concernait ? Elle avait accepté d'y entrer à cause de Morgan. Mais pour être sincère avec elle-même, si elle avait mener à bien certaines grandes missions de la Main de l'Ombre, la Main de l'Ombre ne l'avait pas vraiment récompensée ! Morgan était à ses trousses et il était en France ! Quand donc ferait-on quelque chose ? Face à son silence, Joigny prit le parti de poursuivre sur sa lancée.

- Richard d'Artois compte dans ses ancêtres, Robert d'Artois qui a épousé la soeur de Philippe VI. Un Valois pensez donc ! Il a dans ses veines du sang royal. Bien plus digne que ces Bourbon, l'un qui perd son temps à danser sur du Lully, et l'autre qui court les hommes.

Rebecca savait qu'elle travaillait pour un Valois, mais si on comptait les bâtards et les descendants, cela faisait beaucoup de monde ! Elle avait à présent une explication ! Lorsque Paul de Joigny devant se rendre à une confession la quitta, elle croisa plusieurs fois sciemment celui qu'elle pensait être son maître à présent. S'il l'était, il s'agissait d'un véritable maître dans l'art de la dissimulation également, car elle ne l'aurait pas cru de ce coureur de jupons. Il lui semblait jusque là comme Morgan, bien plus concerné par un décoletté que par la politique. Enfin, elle ne pouvait que saluer son talent d'acteur ! La jeune femme se rendit néanmoins le lendemain à la bibliothèque royale pour vérifier les dires de Paul. Le mariage entre Robert d'Artois et une soeur royale avait bien eu lieu. Cette histoire se tenait ! Elle se persuada de la bonne foi de l'abbé. Mais comme on dit la roue tourne. Si un jour elle est mise au courant de ce stratagème qui vise à savoir si elle trahit ou non, elle risquerait de taire en effet ses derniers scrupules ...

A vos risques et périls donc, avec cette petite tête d'ange ! Un conseil d'amie, ne vous y frottez pas, elle risquerait de vous piquer plus que vous ne le croyez !

FIN DU ROMAN (Razz )



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Mauvaise fille de bonne famille
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Côté Coeur: Il a été brisé, piétiné et maintenant celui qui était à mes côtés est devenu mon ennemi. Quelle cruelle destinée !
Côté Lit: Le lit de mon palais est si confortable et accueillant !
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MessageSujet: Re: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   03.02.12 20:07

TU ES VALIDÉE !
BIENVENUE A VERSAILLES

Et te revoilà pour la 4e fois What a Face Super-schizoooooo PTDR J'aime beaucoup ce que tu as fait de Rebecca, la pauvre n'a pas eu une vie facile, à moitié Cosette à devenir une domestique ! Mais alors Morgan, quel c*nnard de première, tu l'as fait bien gratiné PTDR Mais à la fin tu m'as tuée : Joigny, il me fait flipper rien que quand je lis son nom. Si quelqu'un le prend un jour, on va tous se planquer PTDR Et alors d'Artois, JRM ton grand ami What a Face

Bref, j'adore comme d'habitude donc je vais pas épiloguer plus longtemps, tu es donc validée et à nouveau bienvenue parmi nous. A force, tu connais suffisamment le forum pour savoir où aller. Traumatise pas tout le monde hein PTDR
PENSE PAS BÊTE ; Qui est qui ? Petit topo des personnages sur le forum.Fiches de liensFiche de rpsDemandes de rangs et de logementsProposer un scénario.


______________________

Joyeux Anniversaire mon Prince <3


OH YEAH:
 


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Côté Coeur: Ce n'est pas l'amour, mais l'amitié qui le déchire.
Côté Lit: Souvent vide. Les exigences du métier...
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    Bouffon, donc...
    Intouchable.


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MessageSujet: Re: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   03.02.12 20:13

Oh tiens, une blue What a Face Bon bah re-re-re-re-bienvenue hein.

...

...

...

...

REEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEBEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEECCAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you

Reeeeeeeeeeeee-bienvenue pour la quatrième fois ** ** ** Comme déjà dit vingt fois sur msn, cette Becky elle gèèèèèère je l'adore je l'adule déjà What a Face Ca va donner dans nos rps, j'le sens bien What a Face J'ai hââââââte en tout cas, et puis PORTMAN, comment veux-tu que Ferdi' résiste avec tout ça hein ? *PAN*

Bref, je laisse la place aux autres, mais je continue à sautiller partout dans ma chambre PTDR ATTENTION LES GARS, FERDI ET BECKY SONT DANS LA PLACE !

______________________

Bouffon !

Que d'éternelles et incurables douleurs dans la gaieté d'un bouffon! Quel lugubre métier que le rire!


© belzébuth

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MessageSujet: Re: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   03.02.12 20:21

Super-schizooooooo! What a Face Effectivement, tu gères <3

Moi, je l'adore, Joigny. Je voulais le prendre en DC, il est vachement trop chouette. Et comme en plus, manifestement, aucun de mes perso ne peut blairer les persos de Lisa, ça donnerait Wink

La super fiiiiiiiiiche ** Tu gères!

Et bienvenue, aussi!
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Côté Coeur: Une servante de ma connaissance...
Côté Lit: la servante sus-citée l'a déserté, profitez-en!
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ৎ Prince des plaisirs

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MessageSujet: Re: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   04.02.12 2:41

J'ai pas encore lu la fiche, mais si je poste pas je vais me prendre une rouste, alors rerererebienvenue, sale schizo-bleu Razz

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"Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables,
et tout le plaisir de l'amour est dans le changement."


This, is Paris:
 
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MessageSujet: Re: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   04.02.12 10:38

Lisa, sale schizo What a Face *dit-elle*

Bienvenue à toi, une fois de plus ** ** Je n'ai pas encore lu, mais ça me fera ma lecture de chevet de ce soir Siffle
(et puis, j'ai tout intérêt à lire... avoir vu ta signature et m'être demandée pourquoi t'avais pris Keira avant de me rendre compte que c'était Portman... me dis que ça peut nous faire un lien sympa *SBAF*)
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MessageSujet: Re: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   04.02.12 11:13

Une amie cheers I love you Twisted Evil !

Re-bienvenue à toi, tu vas bien t'amuser avec ce perso What a Face
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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Quelle question ? Au plus offrant bien sûr !
Côté Lit: On n'y fait pas comme chez soi et certainement pas son mari !
Discours royal:




Shine like a diamond

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Titre : Comtesse of Rosyth, Duchesse of Richmond
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MessageSujet: Re: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   04.02.12 13:04

Merci les geeeeeeeeens ! cheers

@ Steph : Oui mon mari est un con ! Vivement qu'on le crève se sépare !

@ Ferdi : Kiss 1

@ Nico : Pourquoi tant de haine en effet entre nous ? What a Face Caliméro

@ Paris : Vous avez intérêt à lire, sinon vous vous prendrez la rouste quand même ! Fouet

@ Elodie : En cherchant des tofs de Natie, je me suis en effet rendue compte que Keira et elle, se ressemblaient vachement ! Mais vu les emmerdes qu'a Elodie, je sais pas pourquoi mais je me sens mal barrée Razz

@ Gabie : J'aime ton cri du coeur ! What a Face Oui une coupiiiiiiiiiiiiiine ! Nous nous aimons au bout du 4ème perso, c'est beau ! **

______________________

Mauvaise fille de bonne famille
" Comme je respire, je mens, mon elixir, c'est le vent, je mens au mari, à l'amant. pourquoi dire vrai, quand vraiment la vie se vit mieux en faux semblants ..."


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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Tant qu'il bat encore, il battra fort pour son italien, le seul.
Côté Lit: Un certain florentin le partage la plupart du temps. D'autres aussi, moins souvent ...
Discours royal:



    CASSE-COU
    1000 vies,
    un corps


Âge : 27 ans
Titre : Prince di Paliano (de la Palissade), membre de la famille Colonna
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MessageSujet: Re: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   04.02.12 16:04

Han ennemie bleue What a Face
Mon côté d'Artie dit que Portman a bien changé de camp, c'était ma jolie Angélique à l'époque Razz

Rebienvenue dans la team bleue alors !

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« Vivre, c'est survivre. »


Spoiler:
 



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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a servi il y a des années avant de complètement le ferme. Mais la revoir me fait redevenir ... humain ?
Côté Lit: Sans courir après les dames, il se porte à merveille !
Discours royal:



    B E L Z E B U T H
    l'associé du diable


Âge : 29 ans
Titre : Comte de Gan
Missives : 524
Date d'inscription : 11/05/2011


MessageSujet: Re: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   04.02.12 19:05

Bad Bleue répresente cheers

J'avais lu ta fiche au fur et à mesure et j'adore !
Je pense que celui qui prendra Joigny aura de quoi faire, à chaque fois que je lis un truc sur lui, je me dis que ce type est ignoble PTDR Il ferait un pote sympa à Cédric ... bref c'est pas le sujet !

Bravo, chère admin d'être tombée du côté obscur de la Force Twisted Evil

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« Tuer. Créer une vacance sans nommer un successeur. »

Spoiler:
 
 

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MessageSujet: Re: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   08.02.12 14:56

Oh une nouvelle recrue ! Les bad blue dominent à Versailles ! Héros (Ferdigi)

Bon je vous tiens à l'oeil ma chère quand même sachez le ! Que je vous vois pas en train de trahir mes gens un jour, car seul Ferdi pourrait en effet vous éviter d'être écartelée à l'hôtel de Valois.

Sur ces bonnes paroles d'amitié, je vous souhaite la bienvenue ! Hectorien
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MessageSujet: Re: Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}   Aujourd'hui à 20:45

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Rebecca Stuart - Pas les menus plaisirs, pas les petits désirs, les privilèges ! ~ {Terminée}
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