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 Il n'y a rien de plus terrible qu'un roi en colère et rien de pire que d'en être l'objet [Evangeline - Guillaume]

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Côté Coeur: Belle et douce Amy, l'unique. Peu importe mon alliance ...
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MessageSujet: Il n'y a rien de plus terrible qu'un roi en colère et rien de pire que d'en être l'objet [Evangeline - Guillaume]   14.01.12 0:30


«  La colère du roi, comme dit Salomon, Est terrible, et surtout celle du roi lion »

Suite de l'intrigue

Il y a des gens laxistes et ceux qui ne tolèrent pas l'échec. La deuxième catégorie veut la perfection en tout point, en tout temps, par tout le monde. Ils veulent le meilleur d'eux-mêmes et de leur entourage, particulièrement quand il s'agit de tâches attribuées personnellement. Et surveiller quelqu'un à l'écart du monde, sans que personne ne sache où cette personne se trouve, ne relevait pas d'un insurmontable obstacle. En théorie, car en pratique, il y avait des fuites de l'information, un monde peuplé de personnes mal attentionnées qui enlèvent les favorites enceintes pour atteindre un homme amoureux.
Qui plus est, un Roi.
Et pas n'importe quel Roi, celui de France, celui qui a pour emblème le soleil : Louis XIV. Cet homme de vingt-huit ans aujourd'hui même avait appris la terrible de l'enlèvement d'Amy, sa chère et tendre qu'il tenait éloignée de la Cour ces derniers mois pour qu'elle puisse mener sa grossesse à terme dans le calme, loin des vautours et faire un retour en triomphe. Personne ne savait, mis à part quelques espions et quelques proches, qu'elle se trouvait en Saintonge avec sa sœur et son amie, Evangeline de Comborn. Nous reviendrons sur le cas de cette dernière. Celui qui faisait les allers-retours Versailles-Roche Courbon était Guillaume de Perche, le messager. Lui aussi, nous reviendrons sur son cas …

Pour l'instant, Louis marchait d'un pas rapide, canne à la main, remontant les jardins entourés de quelques gardes pour assurer sa protection. Son visage était fermé, son regard dur et rempli de colère mais il restait digne, royal en toute circonstance. Ou presque, l'histoire nous en dira plus par la suite. Pour l'instant, il serrait les dents, tout son corps était tendu crispé, cela se voyait à sa façon de se tenir, de porter sa canne, de serrer le poing … Tout en lui respirait la tension, la colère. Derrière lui, les deux espions devaient même le voir, malgré qu'ils soient quelques pas derrière lui. Il se rendait dans le château vide de ses habitants nobles, tous à l'anniversaire. On ne pouvait croiser que quelques Suisses et des serviteurs qui s’affairaient à leurs occupations. Il monta l'escalier jusqu'à ses appartements et les fit refermer derrière lui, sans laisser entrer pour l'instant Comborn et Du Perche, les laissant dans l'antichambre à ruminer leur culpabilité. Ce n'était pas par sadisme qu'il faisait cela – quoiqu'un peu quand même – mais c'était surtout pour se remettre les idées en place. Il n'arrivait pas à comprendre comment. Comment cela avait pu se passer ? Tout était confidentiel, rien ne laissait transparaître quoi que ce soit. Les rumeurs allaient bon train mais ce n'était que des rumeurs et pendant que les courtisans se demandaient où était la favorite, ils ne pensaient pas à comploter. Pourtant, certains l'avaient fait et avaient mis leurs plans à exécution. Amy avait été enlevée. SON Amy, sa belle, sa douce, sa tendre. Et leur enfant. Cet enfant qui ne devrait plus tarder à voir le jour, cet enfant de l'amour qu'ils n'attendaient pas mais qui s'avérait être l'apothéose de leur couple, à défaut de pouvoir se marier. Repensant à tout cela, les yeux bleus de Louis s'embuèrent, il était partagé entre la colère, tout détruire, même la vie de ces deux imbéciles derrière cette porte, et l'envie de tout laisser et pleurer comme un enfant. Lorsqu'une larme roula sur sa joue, il l'essuya rapidement et prit une bonne inspiration. Il fallait se ressaisir, ce n'était pas le moment de baisser les bras mais justement celui d'agir. Louis jeta sa canne dans un coin de sa chambre et se rendit dans son cabinet où il retira l'énorme pourpoint décoré, spécialement commandé pour ce jour. Quel anniversaire ! Le commencer dans une taverne avec Vivonne et finir avec la disparition d'Amy en cadeau ! Quel anniversaire !

Bontemps ! lâcha t'il d'une voix forte mais maîtrisée
Oui, Sire ?
Faites les entrer.

La phrase, sobre, en disait long et le premier valet de chambre du roi quitta la pièce pour ramener les deux fautifs de l'histoire. Louis XIV n'aimait pas l'échec, encore moins de ses bons éléments. Les deux ne l'avaient jamais déçus jusqu'alors. Il avait personnellement engagé Evangeline qui s'était révélée une excellente recrue et c'était elle qui lui avait conseillé Guillaume, pour le sauver sa la Bastille où il croupissait. Tous deux ne payaient pas de mine comme espions au premier regard : deux courtisans, aimant la Cour et ses plaisirs, on les imaginait mal dans les rues de Paris pour diverses missions mais les apparences se révélaient trompeuses. Mais ils avaient échoués sur la mission qu'il ne fallait pas : Evangeline était avec Amy durant tous ces longs mois, comment avait-elle pu laisser passer cela ? Et Guillaume était là le jour de l'enlèvement, comment avait-il pu manquer cela ? Il tournait le dos à la porte, regardant par la fenêtre. Ils étaient entrés, il avait entendu leurs pas mais il régnait un silence de mort, la bienséance voulant que l'on se taise tant que le Roi ne vous a pas donné la parole. Cela dura de longues secondes avant qu'il ne se tourne enfin et les regarda, le dos courbé, comme deux coupables attendant la sentence.

Il aurait pu rester calme, droit, digne comme il était en cet instant. Oui, mais il aurait. Mais les avoir devant soi fit remonter toute cette colère de façon violente. Son visage le montrait, les traits de son visage se durcirent davantage.

Comment … MAIS COMMENT AVEZ VOUS PU ECHOUER DANS CETTE MISSION ? ETAIT-CE DIFFICILE POUR VOUS DE VIVRE A LA CAMPAGNE ET ATTENDRE QUE LE TEMPS PASSE ? ET A VOUS DE FAIRE VOS RONDES QUAND VOUS VOUS Y RENDIEZ ? VOUS N'ÊTES QUE DEUX INCAPABLES !

C'était sorti avec une rage inouïe. Il avait hurlé comme un beau diable, sûr qu'aucun des deux ne l'avaient vu dans un tel état. Louis savait se contenir mais là, cela lui était impossible. Là, tout était sorti et c'était les deux qui en prenaient pour leur grade. Dans un ton plus modéré, mais tout aussi sec, il continua de parler. Le ton menaçant ne présageait rien de bon pour la suite.

Vous avez intérêt à avoir une excellente excuse tous les deux pour ce qui vient de se passer. Car je ne garantis pas ma clémence pour des stupidités. Et relevez vous.

Ses yeux auraient pu lancé des éclairs tant il était en colère. Comborn et Perche avaient intérêt à ne pas dire ce qu'ils faisaient réellement au moment de l'enlèvement sinon cela risquait de barder. Déjà qu'il y avait un bon niveau pour l'instant ...

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MessageSujet: Re: Il n'y a rien de plus terrible qu'un roi en colère et rien de pire que d'en être l'objet [Evangeline - Guillaume]   07.08.12 11:38



La sentence avait claqué, cinglante, implacable. Evangéline s’était redressée sur ses jambes et avait suivi le souverain, tout en s’efforçant de faire abstraction des regards qui se posaient sur elle et des murmures qui bruissaient sur son chemin. Mais déjà les courtisans avaient (pour une fois) des raisons de s’occuper plus de leur propre sort que de celui d’autrui, car les agents du roi quadrillaient la zone. Bientôt, plus personne n’avait le cœur à jaser sur le sort de Du Perche et de la vicomtesse.
S’éloignant du lieu des festivités bientôt devenu lieu du drame et de la suspicion, Guillaume et Evangéline marchaient côte à côte. Entre les deux vieux amis, pas besoin de mots pour se comprendre et se soutenir. L’espionne, le visage blême, adressa un regard ampli de désespoir à son comparse, mêlé de gratitude aussi. Face à la froideur de glace du souverain et aux remords qui la tenaillaient de toute part, l’amitié de Guillaume lui faisait chaud au cœur. Egoïstement, elle était soulagée de le savoir à ses côtés, non pas pour que ses fautes l’éclaboussent, mais car elle aurait certainement eu du mal à encaisser seule le face à face redoutable avec le souverain et l’humiliation de cet échec. Un échec autant professionnel que personnel. Depuis qu’elle était entrée à son service, Evangéline n’avait jamais donné aucun motif de déplaisir à son souverain. Malgré les sacrifices et le danger, elle était toujours restée constante dans l’effort et dans la volonté de le satisfaire. Et voilà qu’elle avait trébuché et qu’elle s’apprêtait à connaître le triste prix qu’accordait son sire à la défaite.

Comment? Pourquoi ? Ces questions ne cessaient de la hanter depuis cette funeste matinée où Amy s’était évanouie dans la nature. Elle ne cessait de se le demander encore lorsqu’ils furent invités sans politesse à demeurer dans l’antichambre.
Assise aux côtés de Du Perche, anéantie, Evangéline n’avait de cesse de fixer le sol à la recherche de solutions à cette situation inextricable. Que pourrait-elle bien dire au roi ? Que sa douce s’était envolée alors qu’elle batifolait un peu plus loin avec l’un de ses courtisans ? Autant prendre aussitôt pension à la Bastille. Un ange passa entre les deux amis. Guillaume craignait-il autant qu’elle la disgrâce ? Sentait-il les murs de cette maudite pièce se refermer sur eux au fur et à mesure que les minutes s’allongeaient inexorablement ?
Malgré tous ses efforts rien de ce à qui pouvait lui surgir à l’esprit de parvenait à excuser son erreur de jugement. Elle avait failli à sa mission, failli à son amitié, failli à son roi. Les conséquences seraient de taille. Son propre sort n’était pas ce qui la torturait le plus. Elle pensait à Amy. Où était-elle en ce moment ? Avait-elle froid, peur, faim ? L’avait-on molesté ? Son état requérait soins et surveillance, qui pouvait- être si fourbe pour oser attenter à sa sécurité ainsi qu’à celle de son enfant à naitre ?

Elle en était là de ce questionnement perpétuel que les portes s’ouvrirent sur la colère du roi. Blême, rassemblant tout le courage qui lui restait, Evangéline s’avança. Pas une seconde ses yeux ne croisèrent les pupilles de Louis, mais tout dans son attitude, dans ses gestes, dans sa voix indiquait sa fureur. La d’ordinaire si volubile, si audacieuse vicomtesse se faisait aussi petite qu’elle le pouvait sous l’ombre du Soleil. Et lorsqu’elle fut contrainte de s’expliquer, il lui fallut elle-même tendre l’oreille pour entendre sa propre voix :

- J’ignore comment cela a-t-il pu se produire. Avec sa permission je me suis absentée une heure, peut-être un peu plus, pour un peu d’exercice à cheval. C’est vous dire comme rien, absolument rien ne laissait présager que la duchesse encourût un quelconque danger. Je… _ Evangéline hésita, chercha ses mots, son étouffante culpabilité vint la faire vaciller comme les souvenirs affluaient à son esprit _ J’étais encore dans l’écurie lorsque j’ai vu un carrosse s’éloigner. Madame sa sœur étant, pour ce jour, de sortie, je n’y ai rien vu là d’alarmant. Ce n’est qu’en pénétrant dans la demeure que j’ai trouvé ces faux…

Bien loin d’elle l’idée que l’on aurait pu vouloir l’écarter volontairement de la scène du crime, en usant d’un stratagème somme toute vieux comme le monde et diablement efficace, auquel elle n’avait opposé qu’une résistance médiocre. Non, allons, soyons franc. Aucune résistance.
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MessageSujet: Re: Il n'y a rien de plus terrible qu'un roi en colère et rien de pire que d'en être l'objet [Evangeline - Guillaume]   09.08.12 19:12

Entre la grotte de Téthys et les appartements royaux, Guillaume avait l'impression d'emprunter un chemin de croix. Evangéline et lui marchaient côté à côte, à quelques pas de Louis XIV dont la marche sportive montrait aussi bien sa bonne santé que sa colère. Les deux espions ne s'échangèrent pas un mot mais les regards compatissants suffisaient pour se soutenir mutuellement. Ils se connaissaient depuis toujours, avaient en partie grandi ensemble, puis s'étaient retrouvés à la Cour de France. Guillaume ne pourrait jamais assez remercier son amie de l'avoir sorti de la Bastille où il croupissait à cause d'un mari cocufié. C'était elle qui avait proposé sa « candidature » au souverain. Jamais il ne pourrait oublier cet instant où un homme était venu le chercher et que, dans la nuit, il avait été emmené à Versailles où il avait eu ce drôle d'entretien avec le roi. Dans ces mêmes appartements d'ailleurs, mais ce n'était pas la même atmosphère.

A attendre tous les deux dans l'antichambre, l'air était irrespirable, pesant, trop lourd. Guillaume sentait son costume le serrer au niveau du cou et ne cessait de tirer dessus mais rien n'y faisait. Il avait chaud, épongea son front humide mais tremblait dans un même temps. Ce n'était pas le froid mais bel et bien la peur. Il n'a jamais été un espion d'exception, jamais il n'eut une grande mission où il a démasqué de grands méchants mais le monarque n'eut jamais eu de remontrances à lui faire, se satisfaisant des résultats sans vraiment savoir la méthode. Il utilisait à merveille ses identité de courtisan, de joueur et de voyageur pour ne pas être démasqué, personne ne pouvait penser qu'il était un espion de sa majesté. Cette mission devait être une de routine, simple et efficace, juste jouer les messagers, voir si tout se passait bien, saluer le petit monde et repartir pour faire un compte-rendu à Louis XIV tout en jouant les messagers en même temps. Personne ne savait où se trouvait la favorite et la petite garde suffisait pour que tout se déroule à merveille. Ils n'étaient qu'à quelques semaines de la délivrance quand est survenu ce malheur. Il se maudit de n'avoir pas mené sa dernière ronde … Puis il était l'heure de la sentence, les deux espions durent réunir leur maigre courage pour se lever et passer les portes des appartements. Guillaume avait un mal fou à respirer, se sentait nauséeux. Les yeux rivés au sol, comme si ses pieds étaient les choses les plus intéressantes qu'il ait pu voir, il entendit le roi parler, contenir sa colère pour finalement exploser.

Comment cela a t'il pu se produire ? Du côté d'Evangeline, il ne savait pas mais de son côté, c'était de la pure négligence. La certitude qu'il ne se passerait rien, que ce n'était pas pour une ronde manquée que quelque chose changerait. C'était aussi de la pure faiblesse, il n'aurait pas du passer la nuit avec Perrine, ni même l'accueillir dans sa chambre, il n'avait pas réfléchi, fut un idiot fini et avait préféré partir pour ne pas être en retard à l'anniversaire du roi. Et s'il avait fait un détour, aurait-il pu empêcher l'enlèvement ? Au moins, Guillaume aurait pu donner l'alerte plus tôt, partir à la recherche de la favorite. Il avait été bête, stupide, un mauvais espion et s'en voulait terriblement. Au moins autant que son amie qui parlait d'une petite voix, à peine perceptible.

Puis il y eut un silence, gênant et pesant. Du Perche sentit le royal regard le fixer, attendre ce qu'avait à dire l'espion. Mentir, il fallait mentir au souverain. Tout sauf dire cette vérité bête et faible où le souverain ne lui pardonnerait jamais. Il toussa pour tenter de donner un peu plus de consistance à sa voix mais celle-ci fut bien faible et tremblante malgré tout.

« Rien n'indiquait un tel événement. Ma ronde de la veille n'indiquait rien qui n'aille, les alentours du château étaient calmes et dans les villages alentours, personne ne semblait savoir qui se trouvait au château actuellement. Cela était vrai mais n'était pas une excuse pour la suite. Le lendemain, je devais exécuter une dernière ronde mais je ne l'ai pas faite … »

Il eut un petit silence, trouver une excuse, même nulle plutôt qu'avouer, il reprit.

« Votre majesté m'avait reproché mon manque de ponctualité dans mes rapports, je suis donc parti à l'aube et tout le monde dormait au château pour arriver à Versailles dans les temps. Je suis tombé malade en route et, … »

Il ne dit rien de plus, il n'y avait rien à dire. Il avait manqué à ses devoirs d'espion et de messager. Incapable de surveiller correctement une demeure et d'arriver à l'heure, il cumulait et savait que ni ses excuses ni celles de son amie allaient calmer la fureur royale. Pire, elles étaient si pathétiques que cela pouvait ne faire que l'effet inverse. Il n'y avait plus qu'à prier pour garder sa tête ou pas se balancer au bout d'une corde, ou que sais-je encore …
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MessageSujet: Re: Il n'y a rien de plus terrible qu'un roi en colère et rien de pire que d'en être l'objet [Evangeline - Guillaume]   12.08.12 23:19

Qu'attendait-il en demandant des excuses valables ? Pas grand chose à dire vrai, peut être une raison pour atténuer sa colère mais rien n'y faisait, aucune excuse ne serait bonne aux yeux du monarque qui venait de laisser exploser sa colère. A moins d'être mort, ses deux espions n'avaient aucune excuse. Louis ne les lâchait pas des yeux, les voyant trembler et avoir peur. Non, il n'avait aucun plaisir à les voir terrorisés devant lui, ni même aucune pitié. Comborn et Perche se rendaient compte de leur erreur, c'était tant mieux, mais ce n'était pas assez. Le souverain avait envie de hurler mais il se retenait, il fallait laisser la parole à ses deux espions, savoir ce qu'ils avaient à dire pour le piètre défense.

Ce fut Evangeline qui fut la première. Elle était sa grande déception, Louis l'avait recrutée en personne, voyant en elle une fille pleine de bonne volonté, de finesse et ayant les qualités pour devenir une bonne espionne. En cinq ans, Evangeline a enchaîné des bonnes missions, a toujours été un excellent élément et n'avait jamais rien à se reprocher, du moins rien de grave qui puisse être souligné aujourd'hui. Elle avait gagné la confiance d'Amy, la surveillait en plus d'être une amie. Elle n'aurait pas du échouer et quand on est espion du roi, tout doit se dérouler à la perfection. Quant à Guillaume, c'était Evangeline qui avait soufflé son nom au monarque alors qu'il croupissait à la Bastille. Sa famille avait toujours fidèle à la Couronne et lui s'était montré dans la lignée de ses aïeux. On ne pouvait pas dire que Du Perche brillait par ses grandes missions mais il avait su mener à bien celles qu'on lui confiait, sans rechigner et même si cela impliquait de partir loin de la Cour pendant quelques semaines ou mois. Non, vraiment ces deux éléments ne l'avaient jamais déçu, jusqu'à aujourd'hui. Une mission très simple puisque personne n'était sensé être au courant, il suffisait juste de garder un œil sur la favorite jusqu'à la naissance de son enfant, de la garder dans les meilleures conditions possibles et continuer à garder le secret. Cela s'était extrêmement bien passé jusqu'à maintenant.

Et ils avaient échoué … pour des broutilles ! Une journée de congé pour l'une et un trop grand zèle pour l'autre. Enfin, Louis XIV ne savait pas la vérité, et heureusement pour lui sinon on n'aurait pas donné cher de la peau des deux espions. Le souverain les écoutait en silence, ne les lâchant pas de son regard perçant, il semblait fait de pierre tant il était dur et implacable. Il était tendu et sous pression, pouvant exploser comme tout à l'heure à tout instant. Après les explications, il resta de longues secondes sans rien dire, les fixant tour à tour. Puis la voix grave et dure tomba.

Et c'est tout ce que vous avez me dire ? Vous avez échoué comme des débutants de première catégorie. Venant de vous, cela est impardonnable. Vous n'avez pas à vous absenter ou bâcler votre mission pour rentrer plus tôt. Comborn, je vous avais pourtant dit de ne jamais la quitter des yeux. Quant à vous Du Perche, non content de ne pas avoir mené votre mission à bien, vous étiez encore moins ponctuel que les autres fois. Vous vous êtes comportés comme des incapables ! Un paysan aurait su mener mieux cette mission que vous !

Une chose est sûre, c'est que le roi ne plaisantait pas et que, s'il le voulait, il pouvait envoyer ces deux là n'importe où. Il est vrai que l'idée des galères et de l'exil sont passés dans son esprit, il serait logique de ne plus avoir sous ses yeux des personnes incapables d'effectuer un travail simple qui leur a été confié par le roi en personne qui plus est ! Il réfléchit, fit quelques pas jusqu'à la fenêtre où ses yeux se perdirent quelques instants dans le magnifique paysage sculpté par Le Nôtre. Où pouvait bien être Amy à cet instant ? Allait-elle bien ? Autant de questions où il n'aurait de réponses de suite … Puis il quitta la fenêtre, toujours cet air froid et distant sur le visage.

Des recherches seront menées pour la retrouver. Bien évidemment, ce n'est pas à vous que je vais confier pareille mission. Vous avez déjà perdu la duchesse de Guyenne une fois, qui sait si vous n'êtes pas capable de cela une seconde fois. Il était clair qu'il leur en voulait. A ceux dont la mission sera confiée, vous leur direz tout ce que vous savez. J'espère que vous en êtes encore capables.

Il restait une chose à parler : leur punition. Il était évidemment obligatoire qu'ils retiennent la leçon de ce qui se passe quand on échoue dans un pareil moment. L'exil, le retour sur les terres serait sans doute la meilleure solution, les éloigner de la Cour qu'ils chérissent tant pour leur faire comprendre. Mais d'un autre côté, cela ne passerait pas inaperçu, un exil serait connu de tous, les rendant facilement suspects sur leur double-vie. Et l'atout des deux était de savoir se fondre en parfait courtisan. Alors …

Quant à vous deux, vous resterez à Versailles. Interdiction de quitter le château et Paris, à la rigueur. Si l'exil était tentant, je préfère vous avoir non loin du pouvoir. Vous retournez à vos missions de surveillance et d'informations au plus près de la Cour. Hors de question que vous participiez à quoi que ce soit et ce, jusqu'à nouvel ordre. Est-ce clair ?

Cela sonnait comme une disgrâce, ils n'étaient plus que des espions de Cour, ceux qui ont les yeux et les oreilles partout. Pas le droit d'aller trop loin ni de faire du trop dangereux, cela leur était interdit. Versailles devenait leur prison dorée, sur ordre royal.

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