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 Mais qui est le plus fou de nous ? [Ferdi']

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Tant qu'il bat encore, il battra fort pour son italien, le seul.
Côté Lit: Un certain florentin le partage la plupart du temps. D'autres aussi, moins souvent ...
Discours royal:



    CASSE-COU
    1000 vies,
    un corps


Âge : 27 ans
Titre : Prince di Paliano (de la Palissade), membre de la famille Colonna
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Date d'inscription : 18/09/2011


MessageSujet: Mais qui est le plus fou de nous ? [Ferdi']   25.12.11 23:42


« Impossible n'est pas fou ! »

Quelle idée de faire de la filature alors qu'il commençait à faire si froid. Les journées restaient relativement douces mais une fois le soleil couché, il valait mieux se couvrir ! Davantage quand on est de type fragile comme Paliano. Pourtant, lui n'avait pas rechigné à l'ordre de mission. En même temps, on n'a pas le droit d'émettre un quelconque avis lorsque l'ordre vient du Roi, on ne contredit pas un Roi. Et Luigi adorait les défis, filer des personnes de nuit pour tenter de mettre à jour un repère de messes noires. Il courait que certains nobles s'adonnaient à ces pratiques et que certains d'entre eux y avaient perdu la vie. Quelle mort stupide!Bien sûr, on inventait des morts pour masquer leurs idioties. Après tout, il serait mal vu de dire que tel marquis était mort lors d'une pratique interdite. Ce réseau de messes noires devait être découvert, pour la sécurité de ces personnes mais on ne sait jamais ce qui pouvait se cacher derrière. Peut être était-ce un moyen pour les ennemis de recruter. C'était les arguments de Louis XIV pour que des espions s'en chargent au plus tôt. Et Luigi en faisait partie.

Mais qui disait Colonna disait aussi son partenaire préféré, Ferdinand. Par le caractère et leurs naissances, ils n'avaient pas grand chose en commun, il aurait été difficile d'imaginer qu'ils s'entendraient si bien. Ce fut grâce à l'entrée de Luigi dans les rangs d'espion qu'ils eurent l'occasion de se côtoyer, pour ne plus se lâcher. Leur tandem fonctionnait parfaitement, les deux hommes se complétaient à merveille, ils étaient davantage que des collègues. Quand Ferdinand découvrit la maladie de Luigi, il avait gardé le secret. Et ce soir, ils se retrouvaient pour écumer les rues de Paris. Il n'y avait pas qu'à Versailles où il se passait des choses louches, il suffisait de passer les grilles du château vers la capitale pour en trouver. Le prince s'habillait en conséquence avec un long manteau sombre, pour parer au froid – la cape n'était plus vraiment de saison – et pour la discrétion. A force de vivre au château, on lui avait fait découvrir les multiples chemins secrets pour sortir sans être repéré par personne. Il sentit bien le regard de son valet lorsqu'il se préparait pour son excursion nocturne et savait exactement ce qu'il pensait. Leone avait le même âge que le Prince, d'une confiance absolue et avait toujours épaulé son maître depuis toutes ses années, connaissait ses moindres faiblesses mais aussi sa vie, rien ne lui échappait même quand Luigi ne disait mot. Il parlait si peu que beaucoup le pensaient muet. Et ce soir, pas besoin de paroles, Leone s'inquiétait pour son ami et maître, ses yeux noisettes trahissaient ses pensées. Colonna sourit avant de s'engouffrer derrière une immense tenture.

Personne dans les rues, à part quelques mendiants endormis là où ils pouvaient pour ne pas mourir de froid. Novembre s'annonçait rude, le vent fouettait le visage de Luigi, rougi par le froid. Sa respiration se voyait par la légère fumée qui sortait de son nez. Avec sa marche rapide de son pas assuré, il arrivait à ne pas grelotter mais il plaignait les pauvres gens qui n'avaient pas de toit pour s'abriter et mourront dans une totale indifférence. Mais il n'était pas l'heure de s'apitoyer sur le sort du monde, il devait penser tout d'abord pourquoi il était dehors lui aussi, sa mission devait passer au dessus de tout. Pour plus de discrétion, son cheval se tenait quelques rues plus loin du château, l'enfourcha et galopa vers Paris. Peut être devrait-il un jour se prendre un petit pied-à-terre dans la capitale pour éviter toute cette expédition assez fastidieuse. Surtout que les routes n'étaient jamais très sûres, davantage de nuit. Certes, le prince prenait des cours d'escrime avec le baron de Roberval mais un traquenard était si vite arrivé, un homme – même bien entraîné – face à six hommes faisait rarement le poids. Sur le dos d'Hermès, son cheval, Luigi fit la route à toute allure. Même s'il avait revêtu la tenue d'espion, son éducation princière le rendait à cheval sur les horaires. Lorsque Paris se profila, Luigi sortit sa montre, il restait dix minutes avant 23h, il était encore dans les temps, assez pour se rendre non loin des halles, rue de la Lingerie, non loin du cimetière des Innocents. Des informations indiquaient le cimetière comme lieu de repères pour certaines messes mais trop s'approcher des lieux en pleine nuit pouvait rendre Luigi suspect.

Le prince avait attaché son cheval dans une petite rue annexe, à l'abri des regards. Il ne restait plus qu'à trouver le Fou. Ferdinand devait déjà être là, il avait l'art de la transformation et de se dissimuler dans un recoin. Le plus difficile était de le retrouver, quoique dans ce cas là, ce serait d'Anglerays qui le retrouverait avant. Pourtant, il n'y avait pas âme qui vive lorsqu'il tourna sur lui même. Pas même un chat … ah si, en voilà un qui passait. Luigi referma un peu plus son manteau sur son corps mince, remis en place sa sombre écharpe, il serait assez stupide de tomber malade en mission, il serait difficile d'expliquer le pourquoi de son coup de froid à son amant. Lui dire qu'il traîne dans un Paris nocturne … Non, il valait mieux se couvrir davantage et garder le chapeau vissé sur la tête pour cacher son visage et commença à marcher à la recherche de son acolyte. Il fit quelques pas, Paris ressemblait à une ville fantôme, sans aucun bruit que le vent qui s'engouffrait dans les nombreuses petites rues. L'épée à la hanche, le prince avançait d'un pas sûr, passa à côté d'un manant endormi et continua son chemin. Quand soudain, un léger bruit de tissu se fit entendre derrière lui. D'un geste rapide, Luigi dégaina son épée et se retourna vers le bruit. Il se retrouva nez à nez avec Ferdinand qui avait la lame à quelques centimètres de sa gorge et se rassura.

« Oh ce n'est que vous ! Où étiez vous encore caché ? »

Il remit l'épée dans son fourreau, le sourire aux lèvres. Les missions avec le Fou de la Cour étaient toujours un plaisir car l'autre faisait preuve de professionnalisme et sympathie mais surtout qu'ils faisaient tous les deux bien la paire. Un bon duo en somme !

« Vous êtes ici depuis longtemps ? Avez vous vu quelque chose ? »

Luigi restait lui aussi professionnel mais avec le sourire, bien que celui-ci soit en partie cachée par son écharpé. La mission allait, une nouvelle fois, détonner. Il suffisait juste de trouver un filon à exploiter ce soir …


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« Vivre, c'est survivre. »


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Titre : Fou du Roi, seigneur de la Boissière, baron d'Anglerays.
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MessageSujet: Re: Mais qui est le plus fou de nous ? [Ferdi']   03.01.12 21:24

« Hé, salut le Chourineur ! Ca fait un bail qu’on t’a pas vu dans le coin, vieux forban ! » « Que veux-tu mon vieux Léonard, les temps sont durs pour un loup de mer en ce moment… Rodolphe, fais nous amener ton meilleur vin, et pas ta pinasse habituelle hein ! »

Le tavernier ainsi apostrophé ne se le fit pas dire deux fois. Depuis trois ans qu’il avait ouvert son enseigne dans ce quartier de Paris, il avait appris qu’il ne fallait pas contrarier les types comme le Chourineur. Ce dernier prenait place aux côtés de son camarade Léonard sans plus se soucier de son hôte terrifié, lequel lui jeta un coup d’œil de travers en remontant avec la bouteille. C’était un type grand et maigre, avec une large balafre sur la joue et un œil dissimulé sous un bandeau, résultat selon lui-même d’une rixe avec un collègue corsaire quelques années auparavant. Il était vêtu de haillons, mais on voyait que ces frusques avaient autrefois été des vêtements de riche. Rodolphe eut une moue dégoûtée qu’il se hâta de dissimuler, mais sa grimace n’avait point échappé au marin qui darda sur lui un regard mauvais.

« T’as quelque chose à m’dire, Rodolphe ? Ma bobine te revient pas ? » lança-t-il en faisant résonner sa voix rocailleuse.

L’honorable Rodolphe balbutia quelques mots d’excuse qui parurent moins satisfaire le corsaire que son expression terrifiée et sa pâleur mortelle. Il lui dédia un sourire cruel et le renvoya d’un geste de la main pour se concentrer de nouveau sur son camarade.

« Alors vieux frère, raconte. Du mouvement dans le coin ? » « Bah, rien de plus que d’habitude tu sais… » « Pas vrai ? Parbleu, Paris est mort ou quoi ? » « J’te le fais pas dire… »

Le Chourineur fixa son interlocuteur sans mot dire, une lueur sombre brillant au fond de ses yeux bruns. Le silence de son camarade de boisson avait éveillé sa méfiance. Léonard était bien plus bavard d’habitude, même sur les choses sans intérêt –comme par exemple ses dernières performances au bordel du coin. Mais aujourd’hui, silence radio. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Croisant les bras sur la table, il s’approcha de lui en plantant son regard acéré dans celui fuyant du malheureux.

« Tu m’caches quelque chose, mon vieux Léo ? »

Léonard déglutit, puis marmonna :

« M’en veux pas, Chourineur, mais ça porte malheur de parler de ces choses-là… Tu t’souviens de ces différents endroits que tu m’as demandé de surveiller le mois dernier ? Bah ça y est, y a du mouvement… Tes illuminés là, à c’qu’on dit ils se réunissent ce soir au cimetière de la rue Saint-Eustache. » « Saint-Eustache, t’es sûr ? » « J’t’ai déjà raconté des salades ? C’est mon vieux pote de cachot qui me l’a dit, il travaille au cimetière et il m’a dit qu’un gars de la haute l’avait grassement payé pour que les lieux soient déserts ce soir à 23h passées… Pas b’soin de te faire un tableau. »

Le Chourineur esquissa un bref sourire de triomphe et fit glisser quelques pièces dans la main de son informateur avant de se lever et de quitter l’établissement sans un mot, laissant là un Léonard comme d’habitude perplexe, mais bien content d’avoir gagné sa journée aussi facilement…
Une fois dans la rue, le forban tourna au coin d’une ruelle et s’engagea sur un chemin sombre et désert. Certain d’être seul, Ferdinand ôta enfin ce satané bandeau qui lui obstruait la vue, et il cessa de boiter comme l’exigeait une autre blessure fictive du Chourineur. Ce corsaire n’était qu’un personnage tout droit de sorti de son imagination, un rôle parmi tant d’autres qui lui permettait de se glisser dans les bas-fonds les plus obscurs de Paris sans éveiller les soupçons et d’acquérir la confiance de gens peu fréquentables comme ce sacré Léonard. Son informateur n’avait d’ailleurs fait que confirmer des soupçons qu’on avait déjà depuis un certain temps dans les sphères secrètes de Versailles, mais au moins pouvait-il faire venir son complice sans douter qu’il se passerait quelque chose ce soir. Regagnant en quelques minutes la maison vide dont il se servait pour changer d’identité, il commença par écrire un mot qu’il envoya porter à son collègue afin de confirmer leur rendez-vous de 23h. Ensuite, il se débarrassa promptement des frusques du chourineur pour enfiler celles encore plus miséreuses d’un clochard, esquissant un sourire en imaginant ce que penseraient les victimes de ses plaisanteries en tant que Fou si elles le voyaient dans cet été. Effaçant la fausse cicatrice du chourineur, il salit son visage et ses mains à l’aide de charbon, vérifia son apparence dans le reflet de la vitre, et sortit de nouveau. Opération reconnaissance. Il était 17h.

Pendant près de cinq heures, il passa tout le quartier au peigne fin, feignant de mendier et d’errer sans but pour mieux se familiariser avec le décor afin qu’on ne remarque justement pas qu’il était un inconnu dans le coin. L’exercice paya, comme toujours. Qui se souciait d’un manant claudiquant qu’on allait probablement retrouver mort deux jours plus tard dans une flaque d’eau ? Le déguisement était parfait, surtout dans ce coin plus que populaire de la ville. Finalement la nuit tomba, et aux alentours de 22h, le Fou grimé estima qu’il était temps de rejoindre le point de rendez-vous et d’attendre son acolyte. Il rebroussa donc chemin, gagna le carrefour qui précédait la rue du cimetière, et s’adossa à un mur avant de s’avachir par terre comme tout bon mendiant qui se respecte. Enfin, il ne bougea plus, ombre parmi les autres.
Une heure s’écoula ainsi sans que rien ne vienne perturber le calme de la nuit. Finalement, il entendit le pas d’un cavalier et une silhouette qu’il reconnut aussitôt surgit des ténèbres. Luigi di Paliano. Son inévitable complice. Un sourire se dessina sur ses lèvres mais il ne remua pas d’un cil, préférant d’abord l’observer sans être vu. Prudent, l’espion italien s’était habillé de sombre. Il passa devant lui sans le remarquer –ce qui le fit encore plus sourire. Décidant de se manifester à son tour, Ferdinand se leva, et silencieux comme une ombre s’approcha de lui… Avant de se retrouver l’épée sous la gorge. Feignant la surprise il leva les deux mains en signe de paix avant de rire de cette mésaventure.

« Oh ce n'est que vous ! Où étiez-vous encore caché ? »

Voilà bien Luigi ! Ferdinand avait beau lui avoir démontré maintes et maintes fois ses talents du déguisement et révélé ses petits trucs, le tromper était toujours aussi facile… Mais sinon ce ne serait pas aussi amusant. C’est donc avec indulgence que le Fou montra l’espace –désormais vide- où gisait le faux mendiant quelques instants plus tôt.

« L’art de se dissimuler, c’est de se cacher en étant vu de tous mon cher ! Depuis le temps je pensais que vous vous en seriez souvenu… En attendant rangez-moi ça, ça pique ces petites choses vous savez. » dit-il en repoussant avec son index la lame de l’épée.

Le ton de la taquinerie était celui qu’employait toujours Ferdinand avec Luigi, comme avec beaucoup de monde d’ailleurs, mais tous deux savaient que ce n’était là qu’une façade. En réalité, Luigi était bien l’une des seules personnes avec qui Ferdinand devait dévoiler son côté sérieux, non seulement parce qu’ilS étaient collègues mais aussi parce qu’en un sens, il était responsable vis-à-vis de lui. Ayant été en charge du jeune homme dès son arrivée dans les services secrets de Louis XIV, le bouffon avait finalement développé avec lui –à sa propre surprise- une relation de « mentor », et ce d’autant plus depuis qu’il avait découvert sa santé fragile. Le Fou, devoir veiller sur quelqu’un ! C’était bien le comble ! Et pourtant, leur duo fonctionnait à merveille… Tant que Luigi ne faisait pas de bêtises !

« Vous êtes ici depuis longtemps ? Avez-vous vu quelque chose ? »

Ferdinand allait répondre à la question de son camarade quand il entendit des pas venant d’une rue adjacente. Aussitôt il lui pris le bras et le tira en arrière, l’attirant dans un recoin sombre d’où on ne pouvait les voir. Faisant signe à Luigi de garder le silence, il jeta un œil au dehors et distingua des ombres s’avançant vers le fameux cimetière.

« Non, on dirait bien que j’étais en avance pour les festivités, mais quelque chose me dit que la fête va bientôt commencer… » murmura-t-il à son complice. « Mon informateur n’avait malheureusement pas plus d’informations à nous donner, il va falloir qu’on éclaircisse ça nous-même. Suivez-moi ! »

Oublié, le Fou du Roi ! Désormais c’était le fin limier qui entrait en scène, sous ce déguisement misérable et accompagné de son éternel complice. L’avantage avec Luigi c’est qu’ils étaient tellement habitués à travailler l’un avec l’autre qu’ils savaient exactement comment faire pour toujours rester accordés, et il n’y avait jamais de discorde entre eux, ce dont certains de leur collègues ne pouvaient guère se vanter. Leurs idées étaient presque toujours en accord, et cette fois ne fit pas exception à la règle. Ferdinand mena la marche dans le silence de la nuit, guidant son ami jusqu’à l’arrière du cimetière en guettant une possible arrivée. Contournant la chapelle, ils arrivèrent au mur sud de l’endroit, derrière lequel Ferdinand distinguait des voix et des murmures. Ils seraient peut-être un peu loin pour voir, mais ce pan de mur présentait l’avantage d’être dans l’ombre du clair de lune et donc de les dissimuler. Pour une première vision des choses, ce serait parfait ! Ferdinand se tourna de nouveau vers Luigi.

« Je vais vous faire la courte échelle. » chuchota-t-il en lui montrant le haut du muret. « Vous allez regarder discrètement et me dire ce que vous voyez et si vous arrivez à reconnaître des gens à cette distance. Ensuite, nous aviserons. Ca vous va ? »

Et sans attendre, il lui présenta ses mains jointes pour mettre ce plan à exécution. La mission pouvait commencer !

______________________

Bouffon !

Que d'éternelles et incurables douleurs dans la gaieté d'un bouffon! Quel lugubre métier que le rire!


© belzébuth

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MessageSujet: Re: Mais qui est le plus fou de nous ? [Ferdi']   12.01.12 18:04

Malgré les années passées dans l'espionnage, Luigi avait encore à apprendre. Tant mieux, cela donnait davantage l'envie de continuer, de se perfectionner, de se donner encore corps et âme dans sa mission. Cela peut sembler étranger qu'un noble romain soit engagé dans l'espionnage français. C'était une raison de plus pour ne pas le soupçonner en société ! Mais Luigi a toujours eu ce goût de l'intrigue, il espionnait déjà aux portes tout petit – en même temps il n'avait pas grand chose à faire dans le Palazzo une fois ses leçons finies – et son oncle avait su déceler ce petit côté intrigant en l'engageant à ses côtés. Une fois à Paris, loin de toute mission et de son pays, il s'était trouvé une patrie et un Roi. Il se sentait parfois plus français que romain ou italien en général, même s'il gardait encore son accent chantant et adorait parler dans sa langue loin de la Cour. L'Italie qu'il voulait se trouvait ici, en France. Pas besoin de plus, pour l'instant …

Alors, être dans les rues de Paris dans la nuit ne lui faisait pas peur. Rome était plus dangereuse et il y avait survécu, malgré le soir où il faillit passer l'arme à gauche. Et aujourd'hui, il savait se battre, du moins se défendait-il pas trop mal avec une arme. Peu musclé mais agile, le moindre bruit dans son dos lui avait fait sortir sa rapière, peut être un peu trop belle pour une mission de ce genre, il devait en racheter une plus discrète, moins princière. Mais l'inconnu n'était finalement que son acolyte, Ferdinand d'Anglerays. Qu'il était amusant de voir les deux facettes de cet homme, tantôt Fou aux mots, tantôt espions aux bons gestes. Il avait l'art du travestissement et s'en servait à merveille. Ses yeux bleus-gris se posèrent sur la place vide qu'occupait un manant peu de temps avant. Il s'était fait avoir comme un bleu, alors que cela avait été si évident.

« L’art de se dissimuler, c’est de se cacher en étant vu de tous mon cher ! Depuis le temps je pensais que vous vous en seriez souvenu… En attendant rangez-moi ça, ça pique ces petites choses vous savez. »
« Oh vous croyez ? »
plaisanta t'il alors qu'il rangeait son épée. « Je m'en souviens mais si vous n'avez plus de surprises pour, il vous faudra changer de métier, mon ami ! »

Luigi s'était déjà risqué à changer de peau, avec moins de facilité que Ferdinand mais il débutait pas trop mal, avec son autre identité pour avoir des informations auprès d'un comédien. Il s'améliorerait avec le temps, cela lui évitera de courir pour échapper à ses ennemis et de faire souffrir son pauvre corps à tort et à travers. Enfin, heureusement que le baron était là pour le surveiller parfois, Colonna avait le tort de se laisser aller facilement à quelques bêtises. La conversation aurait pu continuer mais un bruit les alerta. Des pas. Tous deux se cachèrent dans la pénombre et le silence, il ne fallait pas se faire repérer, cela serait un comble pour un espion !
Il écouta attentivement son ami et c'était relativement clair : ils allaient devoir faire tout eux-même, les informations étant inexistantes. Ils avaient la piste des Saints-Innocents, cela était déjà un bon départ. S'il n'y avait pas de transformation en costumes, les deux hommes étaient bien loin du ton de badinage émis précédemment. Le Fou devenait un espion sérieux et le Prince faisait de même. Pas de place pour le laisser aller ou l'amusement, les missions pour la Couronne étaient de grandes importances, peu importe l'échelle par où on commence. Et là, cela était le début d'une filature. Ils se suivaient sans un mot, jusqu'au mur sud d'où se trouvaient leurs cibles. Ils avaient le lieu, il faudrait des informations et des noms. Mais impossible de s'approcher davantage sans être vu. Luigi avait bien une idée mais pour cela …

« Je vais vous faire la courte échelle. Vous allez regarder discrètement et me dire ce que vous voyez et si vous arrivez à reconnaître des gens à cette distance. Ensuite, nous aviserons. Ça vous va ? »
« J'allais vous le proposer. »
répondit-il lui aussi dans un murmure.

Son corps mince et son poids léger était parfait pour ce genre d'escalade. Il s'en servait souvent, il était agile et souple, avec une certaine force dans les bras bien qu'on ne le soupçonnait pas. A lui donc de grimper grâce à l'aide de son ami et rapidement, il eut vue sur le petit groupe. S'accrochant un peu plus, il se hissa légèrement à hauteur de torse mais pas possible de distinguer le moindre visage. La plupart était de dos, la seule qu'il pouvait voir était une femme avec un loup, mais rien de plus. Il lui fallait un autre angle de vision et scruta les alentours, la maison sur la droite aurait un angle direct sur le gros du groupe il les verrait mieux et avec le lierre accroché, il pourrait grimper plus facilement tout en restant caché. Restant quelques secondes de plus pour écouter, il décida qu'il était temps d'informer Ferdinand. Il commença à redescendre, sentit ses jambes rattrapées par son acolyte et retrouva le plat de la terre ferme.

« Je n'ai vu qu'une femme, avec un loup. Autant dire pas grand chose. Mais je sais où je pourrais mieux voir. Restez ici pour écouter, vous serez les oreilles et moi les yeux. »

Il ne fit que quelques pas, se retrouver du côté de la rue face à la maison. Il y remarqua qu'il y avait même un grand balcon de pierre où il se cacher. Le voilà donc à grimper sur le lierre avec une facilité déconcertante. Heureusement, celui-ci était solide, le lierre était bien résistant et il put donc y monter en essayant de ne pas faire trop de bruit et se déplaça jusqu'à l'étage au balcon. De sa tour de garde, il était plus près qu'au niveau du muret avec un angle différent, put voir deux autres visages mais lui ne les connaissait pas, du moins ne les reconnaissait pas, tous avec leurs loups. Il tenta de les observer au mieux pour les décrire à son acolyte, lui était un véritable trombinoscope versaillais. Il resta un petit temps, essayant d'entendre mais de cette place, il les voyait mieux qu'il ne les entendait. Ils avaient mentionné une crypte, mais alors allez chercher une crypte dans un cimetière ! C'est pas qu'il n'y en a pas, il y en a trop. Ils s'éloignèrent et entrèrent dans le cimetière et Luigi se releva enfin pour indiquer à Ferdinand qu'ils entraient.
Il ne restait qu'à descendre. Il enjamba tout d'abord le balcon pour sauter. Il n'y avait qu'un petit étage mais ce genre de coup était toujours quitte ou double. Il hésita, regarda Ferdinand et sut que c'était une mauvaise idée. Il allait donc redescendre par le lierre, par là où il était monté. Alors qu'il commençait à descendre, l'idée que peut être il verrait mieux en grimpant un peu lui traversa l'esprit. Le revoilà donc à faire l'espèce d'homme-araignée sur les murs de la maison. Le cimetière des Innocents était glauque, typique de ce qu'on peut attendre d'un endroit de ce type, avec la brume au sol et tout le reste. Il vit le petit cortège et pencha vers la tête vers Ferdinand, parlant assez fort pour qu'il l'entende pas de quoi non plus alerter le quartier.

« Je les vois, ils vont vers ... » En l'espèce d'un instant, ils avaient disparu. « Mais où sont-ils ? » poursuivit-il, à lui-même.

Il voulut grimper un peu plus haut pour être sûr de ne pas les rater. D'ailleurs, il commença même à le faire mais sûr que Ferdinand n'allait pas être d'accord pour que le casse-cou reste dans les airs …

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MessageSujet: Re: Mais qui est le plus fou de nous ? [Ferdi']   18.01.12 16:28

Être espion au service de sa Majesté, c’était accepter de mener une vie d’intrigues, de filatures, de mensonges et de tromperies. C’était aussi accepter de mettre parfois sa vie en danger, de faire l’impasse sur certaines soirées au détriment de missions plus ou moins palpitantes, et c’était accepter de toujours, TOUJOURS faire passer le travail avait tout le reste. On ne raccrochait pas son uniforme à la fin de la journée comme un mousquetaire ou un Cent-Suisse. C’était une fonction à plein temps, au sens strict du terme. En fait être espion, c’était comme être courtisan, être dévoué à son Roi vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sauf qu’un espion, c’était utile.
Ferdinand poussa le pied de Luigi et l’aida à se hisser sur le muret. A chaque fois il s’étonnait du poids plume de son camarade, qui était pourtant assez grand, et se demandait comme c’était possible d’être aussi frêle et de pourtant survivre à chacune de ses missions. Certes, à quelques reprises il n’était pas passé loin d’un dénouement tragique mais… Il était toujours là, étonnamment. Colonna avait beau avoir vingt-sept ans, il avait toujours le physique d’un adolescent plutôt que d’un homme adulte depuis une bonne poignée d’années et n’avait pas vraiment la dégaine d’un homme capable de mettre en déroute d’autres combattants ou même de faire de grands efforts physiques. Ferdinand l’avait découvert à ses dépens mais d’un autre côté, il avait une certaine admiration pour la ténacité de Luigi qui ne se plaignait jamais et avait même tendance à un peu trop jouer les aventuriers pour ce que sa santé lui permettait. En temps normal, Ferdinand aurait averti le Roi. Avoir un espion fragile n’était guère recommandé en ces temps troubles, mais sa volonté et son dévouement à Louis XIV l’avaient touché. Alors pour une fois, le Fou s’était tu, et il avait gardé le secret. En échange il avait insisté –mais il n’avait pas eu à insister longtemps- pour l’accompagner et lui servir de binôme, ne serait-ce que pour s’assurer qu’il ne meure pas bêtement pendant une enquête.

« Je n'ai vu qu'une femme, avec un loup. Autant dire pas grand-chose. Mais je sais où je pourrais mieux voir. Restez ici pour écouter, vous serez les oreilles et moi les yeux. »

De fait, une femme avec un loup, maigre résultat. Mais Ferdinand haussa un sourcil, ne voyant pas encore où Luigi voulait en venir, avant de le voir se diriger vers une maison. Curieux, il lui emboîta le pas et déboucha au coin de la rue pour voir son acolyte s’accrocher au lierre de la bâtisse et en tester la résistance. Ferdinand eut un mauvais pressentiment.

« Colonna, je ne suis pas sûr que… »

… Oh et puis zut. Il regarda avec un mélange d’agacement et de lassitude son acolyte grimper au lierre à la vite de l’éclair sans tenter quoi que ce soit pour l’en empêcher. Il ne l’écoutait jamais de toute façon ! A quoi servait-il qu’il persiste à lui faire la morale, hein ? Deux ou trois ans déjà qu’à chaque fois, il lui rappelait que faire le casse-cou n’était PAS une bonne idée au vu de sa santé fragile, etc… Rien à faire. Il commençait à se demander si le garçon ne cachait pas quelques pulsions suicidaires, mais honnêtement ça l’arrangerait s’il pouvait s’y livrer AILLEURS qu’en pleine mission pour la Couronne. Ce fut donc un Ferdinand mi-figue mi-raisin qui surveilla l’ascension du Prince d’un œil perplexe et résigné. Bah, il fallait bien que jeunesse se passe. Le jour où il se romprait le cou, il comprendrait peut-être qu’il aurait mieux fait de l’écouter.
Après s’être assuré que Luigi était bien arrivé à destination, Ferdinand se mit à réfléchir en surveillant la rue pour être sûr que personne ne viendrait les surprendre. Ces messes noires qui prenaient régulièrement place dans Paris depuis quelques temps commençaient à devenir inquiétantes. Dieu merci il n’avait jamais assisté à aucune de ces cérémonies, mais son collègue de la police la Reynie lui avait donné l’accès à des témoignages écrits aussi rares que confus. La torture était peut-être efficace pour obtenir des informations, mais des informations claires, c’était une autre paire de manches. Apparemment, il s’agissait de rituels destinés à honorer le Diable –sympathique !- durant lesquels les initiés se livraient à des récitations de textes profanes, de chants sataniques, à des sacrifices de nourrisson –cette information l’avait fait frissonner d’horreur- et autres joyeusetés qui donnaient froid dans le dos. Il n’avait pas encore parlé de ces détails à Luigi et se demandait d’ailleurs s’il avait fait des recherches. Laissant ce détail de côté il réfléchit à toute personne de la Cour qu’il pouvait soupçonner de prendre part à ces horreurs. Plusieurs noms lui vinrent à l’esprit, mais évidemment il n’avait strictement aucune preuve… pour le moment. Maintenant, il fallait découvrir qui se cachait en ce moment au Cimetière des Innocents afin de donner quelques noms à la Reynie qui pourrait alors procéder à des arrestations et arrêter cette nouvelle gangrène qui semblait vouloir se propager même dans l’aristocratie.
Il leva les yeux pour voir si Luigi était toujours en vie et l’aperçut qui lui faisait signe qu’il y avait du mouvement. Une crypte, lui disait-il ? La partie s’annonçait intéressante. Pour trouver la bonne crypte, ça allait être toute une affaire, mais après toute… « Le hasard est l’ami des fous », n’est-ce pas ? Et puis il avait sa petite idée sur la question.
Voyant que Luigi passait une jambe par-dessus le balcon pour sauter, Ferdinand le fusilla du regard et finit « NON ! » avec les bras. Mais qu’il était insupportable quand il s’y mettait celui-là ! TOUTES les bêtises à faire il les faisait ! Tu parles d’un grand enfant ! Au moins parut-il comprendre le message, puisqu’il fit demi-tour pour…
Continuer à monter ?! AH NON HEIN ! Faisant un bel effort sur lui-même pour ne pas lui crier de redescendre, Ferdinand laissa échapper une bordée de jurons dont seul un Gascon pouvait avoir le secret, à voix basse.

« Colonna ! Cessez de faire l’imbécile et redescendez tout de suite ! Ne venez pas vous plaindre si vous mourez ! »

Tu parles ! Il n’était même pas sûr que le jeune homme l’ait entendu. Il soupira en contenant son agacement, puis il agrippa le lierre et s’élança à son tour. Il était peut-être plus lourd que l’italien, mais il n’en était pas moins agile et ne manquait pas d’entraînement ni d’énergie. En deux temps trois mouvements il se retrouva sur le balcon que Luigi venait de quitter pour de plus hautes sphères. Ignorant ce que pouvait bien lui dire son équipier qui n’avait pas remarqué son arrivée, il tendit le bras et l’agrippa par le col de son pourpoint et le fit descendre sans ménagement de son perchoir. Par la peau du cou, comme les chats ! Les deux hommes se retrouvèrent face à face et Ferdinand le fusilla du regard, les poings sur les hanches.

« Mais à quoi est-ce que vous pensez ?! Vous n’avez pas trouvé plus stupide comme mort que tomber du mur d’une maison en voulant jouer au lézard ? La Reynie veut que je lui ramène des noms, pas le cadavre d’un espion ! Et puis qu’est-ce que je ferais d’un trépassé, moi ? Restez tranquille, sinon la prochaine fois c’est du Perche que j’amène ! »

Bon d’accord, il aurait pu y mettre plus de délicatesse mais… En fait non. Si ça pouvait lui mettre un peu de plomb dans la cervelle à ce casse-cou, ce n’était pas de refus. Il espérait aussi que la menace d’amener le comte du Perche ferait son effet. Il savait que Luigi prenait sa mission d’espion très à cœur et que pour rien au monde il ne raterait une mission. Si la menace d’une punition pouvait marcher… Ferdinand à cette pensée de pinça l’arête du nez d’un air très las. Il avait beaucoup de sympathie pour Luigi, mais parfois il avait juste l’impression de parler à un gosse.

« Bon allez, retournons-y. La crypte m’avez-vous dit ? J’ai une idée de laquelle ça peut être. Suivez-moi. »

Entraînant Luigi à sa suite, il redescendit en utilisant le lierre et tous deux pénétrèrent à leur tour dans le cimetière. Un prince tout de noir vêtu et un clochard, la belle association ! Souriant en imaginant les pensées de quiconque les verrait, Ferdinand conduisit en silence son collègue jusqu’à un caveau qui en apparence n’avait rien de différent des autres, mais qui avait tout de même retenu l’attention du Fou. Il se tourna vers Luigi et lui expliqua brièvement :

« Ca fait quelques semaines que je surveille le cimetière, et j’ai remarqué que les bougies de cette crypte… » Il désigna deux cierges à peine consumés. « … Etaient régulièrement changés. Pourtant, et le fossoyeur me l’a confirmé, personne ne vient ici de jour. Il faut donc qu’elles soient changées la nuit… »

Considérant pensivement l’entrée sombre de la crypte qui leur tendait les bras, Ferdinand finit par tourner un visage souriant vers Luigi et chuchota avec malice :

« On y va ? »

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Bouffon !

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MessageSujet: Re: Mais qui est le plus fou de nous ? [Ferdi']   23.01.12 1:02

Autant le dire de suite : non, Luigi n'avait pas de tendances suicidaires. Il aimait trop la vie pour avoir envie de la terminer et était passé trop de fois près de la mort à cause de sa santé pour passer volontairement l'arme à gauche ! Juste, il avait ce côté casse-cou qui n'était pas compréhensible par tous. Par personne même. Mais Colonna n'avait pas peur de grand chose, escalader du lierre sur une façade de maison était presque naturel pour lui, peu importe ce que pouvait en dire son collègue. D'ailleurs il avait parlé mais le prince n'avait pas écouté et était monté jusqu'à son balcon pour espionner, avant de vouloir sauter pour redescendre sur le plancher des vaches. Mauvaise idée vu les grands signes de Ferdinand qui semblait dire non fermement. Jetant un coup d'oeil sur le sol, Luigi conclut qu'il avait raison, que ce n'était peut être pas la meilleure idée qu'il ait eu. Et finalement, il lui prit de monter pour mieux voir, ayant perdu de vue le groupe de suspects.

« … Ne venez pas vous plaindre si vous mourez ! »

Il n'avait pas entendu le début mais la fin, plutôt que de le prendre comme une menace, le fit sourire et continuer son ascension. Il n'avait même pas remarqué que Ferdinand s'était lancé à sa poursuite, grimpant à son tour pour finalement le refaire redescendre sur le balcon où il se tenait juste avant. Et le voilà à se faire sermonner comme un gamin. D'ailleurs, il avait des réactions typique d'un sale gosse : croiser les bras et regarder en l'air d'un air las. Il était têtu, comme un adolescent en crise, insupportable parfois dans ses réaction.

« Restez tranquille, sinon la prochaine fois c’est du Perche que j’amène ! »
« Le boiteux ? Vous irez loin avec lui ! »
lâcha t'il ironiquement. Mais ce n'était pas l'heure de rire et il soupira. « Bon d'accord, je me tiens tranquille. Mais je voulais juste voir si je pouvais les apercevoir de plus haut. »

Peu importe l'excuse, ce n'était pas une obligation de faire n'importe quoi ! Enfin, il fallait reprendre le cours de la mission, retrouver ce petit groupe entré dans le cimetière et que Luigi avait vu non loin de cryptes avant leur disparition. Mais laquelle, là était toute la question ! Redescendus dans la rue, ce fut au tour des deux espions de pénétrer dans le cimetière. L'atmosphère était vraiment glauque, il fallait avoir une bonne excuse pour s'y balader. Quoique, les deux compères n'y étaient pas par plaisir mais en mission. D'ailleurs Luigi ajusta sa capuche, même s'il n'y avait pas âme qui vive à l'horizon, enfin c'était normal pour un cimetière ! Ferdinand avait mené l'enquête autour du cimetière, il en savait long sur les allers et venues par ici, il était donc normal que la crypte soit rapidement trouvée. Il suffisait juste d'observer les bougies, changées récemment. Habile et surtout, pas évident à deviner si on n'y prêtait pas attention. Le regard bleu-gris de Luigi rencontra ceux malicieux de son collègue.

« On y va ? »
« Vous me posez vraiment la question ? »
répondit-il sur le même ton.

Et les voilà tous deux à entrer dans cette crypte. L'intérieur était sombre, éclairé par quelques rares lanternes sur les énormes piliers. Il y faisait froid, un vent glacial s'engouffra dans le manteau de Colonna qui frémit. Il serra son écharpe, il serait stupide de tomber malade en mission ! L'atmosphère était lourde dans ces lieux, il ne manquerait plus qu'une musique pesante, comme de l'orgue, pour faire de ces lieux un endroit sordide. Mais il y avait mieux, un murmure au loin, inquiétant et sourd, provenant d'un couloir sur le côté gauche, à côté d'un pilier. Colonna fit signe à Ferdinand de le suivre, les voix allaient les guider jusqu'au rituel qui devait avoir lieu. Le couloir était plus étroit, les murs ressemblant aux parois d'une grotte. Il ne fallait pas être gros pour venir en ces lieux, cela était certain. Une voix grave retentit, psalmodiant des mots.

« Duila mungis tiurappa ni oleac : te ecce ocard sungam sufur sneba atipac metpes te aunroc meced te ni … »
« capitibus eius diademata septem. Et cauda eius trahebat tertiam partem stellarum caeli et misit eas in terram.  »
murmura Luigi d'un trait.

Il connaissait ces paroles, il parlait latin couramment. Normal pour un garçon qui avait fréquenté le Vatican durant des années. Et il savait même ce que cela était. D'ailleurs, il se tourna vers Ferdinand.

« Il récite la Bible à l'envers, en latin. Et pas n'importe quel passage. L'Apocalypse, chapitre douze, verset trois. » Il se surprit lui-même à encore connaître par cœur le verset, puis le récita en français. « Un autre signe parut encore dans le ciel ; et voici, c'était un grand dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la terre. »

Sympa ce verset, l'arrivée du Diable sur Terre. Ils avaient bien choisi leur passage. Sans le vanter, Luigi était parfait pour les missions sur les messes noires, en ayant vu de ses yeux à Rome. Il savait ce qu'il pouvait s'y passer mais n'osa pas se remémorer les scènes qu'il avait pu voir, ni même ce qu'il avait pu entendre de la bouche de certains. Peut être qu'ici, c'était différent, que ce n'était qu'un simple rassemblement avec des chants et des offrandes, pas de sacrifice humain. Ils s'approchèrent davantage et eurent une vue sur une grande pièce illuminée par des flambeaux et une dizaine de personnes masquées chantaient. Un homme les surplombait sur une estrade de pierre, il semblait commanditer cette messe.

« REGIE SATANAS! AVE SATANAS! GLOIRE A SATAN ! »

Voilà l'espèce de refrain qui revenait sans cesse, martelant les lieux de toutes ces voix à l’unisson. Tout ceci était vraiment d'un glauque infini et Luigi ne le cachait pas, vu son visage dégoûté. Il haïssait ces personnes mais son esprit de mission devait reprendre le dessus. A ca moment là, l'homme sur le surplomb de pierre se mit à prier.

« In nomine Dei nostri Satanas Luciferi excelsi Par le nom de Satan, souverain de la terre, roi du monde, je commande les forces des ténèbres pour qu'elles
m'accordent leurs pouvoirs infernaux ! Que … »

« Il invoque Satan … Que doit on faire ? »


Luigi s'était tourné vers son ami, attendant les instructions. Il était hors de question de se jeter dans la fosse aux lions pour arrêter tout le monde, même un tel flagrant délit était plus que suffisant pour une arrestation. Mais ils n'étaient pas de la police et étaient en infériorité numérique. S'il se contenait, Luigi n'était pas des plus rassurés. Pourtant, il était espion avant tout et appliquerait les ordres d'Anglerays, quelles qu'elles soient.


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MessageSujet: Re: Mais qui est le plus fou de nous ? [Ferdi']   03.02.12 22:04

Associer Ferdinand et Luigi pour une enquête était à la fois une très bonne et une très mauvais idée. Très bonne parce que leurs compétences étaient très différentes et pouvaient ainsi se compléter, mais en même temps ils suivaient le même mode de fonctionnement et avaient des raisonnements semblables. Il était rare qu’ils ne soient pas d’accord sur une méthode à adopter. Mauvaise idée parce que tous deux étaient à leur manière de grands adolescents qui n’avaient toujours pas fini de passer à l’âge adulte. A vingt-sept ans pour Luigi… C’était inquiétant mais on pouvait toujours espérer qu’il se rattrape par la suite. Par contre, pour Ferdinand qui approchait des trente-six ans… Autant dire que c’était un cas désespéré. C’était un espion redoutable, dont les yeux et les oreilles traînaient partout et qui n’avait pas froid aux yeux lorsqu’il s’agissait de prendre des risques. Pourtant, et sa relation avec Luigi le démontrait bien, il était loin d’être un adulte responsable comme Charles d’Artagnan avec qui il formait un tandem encore plus efficace. Quand il s’agissait du travail, Ferdinand était irréprochable ; mais quand on sortait de ce cadre, il était impressionnant de voir à quel point il pouvait parfois manquer de maturité. Rebelle et provocateur, il avait jusque-là l’habitude de faire son bout de chemin tout seul… Et voilà qu’on plaçait sous sa tutelle un jeune homme encore plus tête brûlée que lui. Il n’avait pas l’habitude de chaperonner les autres et incarner la voie de la sagesse, aussi l’exercice se révélait-il être difficile et il n’arrivait pas toujours à garder cette image de « tuteur » pour Luigi. Il faisait de son mieux et le rappelait à l’ordre à chaque fois qu’il le fallait, tout en sachant qu’à sa place il aurait sûrement fait la même chose… Drôle de rôle qu’on lui avait imposé là, mais il devait s’y plier s’il ne voulait pas se retrouver avec un collègue trépassé sur les bras.

« Le boiteux ? Vous irez loin avec lui ! Bon d'accord, je me tiens tranquille. Mais je voulais juste voir si je pouvais les apercevoir de plus haut. »

Ferdinand retint un sourire à l’évocation de ce pauvre du Perche qui avait visiblement eu quelque problème relationnel récemment… Il n’avait pas donné les détails au Fou, mais Ferdinand se doutait que ce subit boitement n’était pas une farce de Dame Nature, aussi facétieuse soit-elle.

Sur son instance Luigi avait pris l’initiative de passer le premier dans la crypte et Ferdinand le suivit en jetant un dernier coup d’œil derrière lui, histoire de s’assurer qu’ils n’étaient pas suivis et qu’un petit farceur ne fermerait pas la lourde porte derrière eux. S’il était déjà venu en reconnaissance dans le cimetière, c’était en revanche la première fois qu’il entrait dans le tombeau. Scrutant l’obscurité, il tenta de distinguer le décor qui les entourait mais il n’y avait qu’un interminable couloir qui déboucha finalement sur l’antre principal. Vide. Tournant sur lui-même pour graver dans sa mémoire chaque détail de ce qu’il voyait, il n’entendit qu’après la litanie lointaine qui avait déjà attiré l’attention de son acolyte. Baissant les yeux des piliers, il compta le nombre de couloirs et essaya de dessiner dans sa tête le plan du cimetière, tentant d’imaginer où ils pouvaient bien mener… A d’autres cryptes, ou bien à d’autres souterrains qui couraient sous Paris ?
Luigi ne lui laissa guère le temps de méditer là-dessus et l’entraîna dans un couloir plus discret et visiblement moins souvent fréquenté. Le murmure en sourdine s’intensifia, et ils s’arrêtèrent juste avant de déboucher sur la petite salle d’où venaient ces voix pour le moins inquiétantes. Ferdinand se pencha légèrement et jeta un coup d’œil à l’intérieur.
Une messe noire des plus classiques. Des torches qui illuminaient à peine la pièce, des gens vêtus de noir et masqués, sûrement pour dissimuler leur identité et peut-être pour le symbole, des chants étranges, des danses improbables… L’ambiance n’aurait pu être plus glauque. Et comme si ça ne suffisait pas, Luigi prit la parole :

« capitibus eius diademata septem. Et cauda eius trahebat tertiam partem stellarum caeli et misit eas in terram. »

Ferdinand se retourna et dédia un regard effaré à son camarade. D’où connaissait-il ce… Monologue sans queue ni tête que le meneur récitait depuis le début ? Ah non, il n’allait pas découvrir maintenant que son acolyte était un adepte des messes noires lui aussi, ce serait le comble !

« Il récite la Bible à l'envers, en latin. Et pas n'importe quel passage. L'Apocalypse, chapitre douze, verset trois. »

… Ah bon. Il préférait ça. Il était vrai que Luigi était italien et qu’il avait vécu au Vatican… Ce détail lui était sorti de la tête. En tout cas, les connaissances de Colonna allaient leur être utiles. Admiratif, lui qui n’avait jamais été foutu de retenir un mot de latin, Ferdinand écouta attentivement ses explication.

« Un autre signe parut encore dans le ciel ; et voici, c'était un grand dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la terre. »
« Sympathique bestiole, dites-moi. » commenta-t-il laconiquement.

Rassemblant ses souvenirs sur ce qu’il avait pu lire dans les rapports de la Reynie, Ferdinand se souvint que lors de certaines messes noires des animaux, des enfants et de jeunes vierges pouvaient être sauvagement sacrifiés… Un frisson lui parcourut l’échine à cette éventualité. Il espérait bien ne pas avoir à gérer un homicide, à deux la tâche risquait de s’avérer compliquée… Il fallait dire que ni lui ni la Reynie ne s’étaient attendu à ce qu’il y ait une vraie messe ce soir-là. Il avait plus escompté une réunion… Il en restait pour ses frais.
Tant pis, il allait falloir improviser.

« REGIE SATANAS! AVE SATANAS! GLOIRE A SATAN ! »
« Mordious, quel coffre ! Un vrai stentor ce monsieur ! »ne put s’empêcher de sourire Ferdinand.
« In nomine Dei nostri Satanas Luciferi excelsi. Par le nom de Satan, souverain de la terre, roi du monde, je commande les forces des ténèbres pour qu'elles m'accordent leurs pouvoirs infernaux ! Que … »
« Il invoque Satan … Que doit on faire ? » demanda Luigi.
« On attend de voir si ça marche ? Je me suis toujours demandé à quoi pouvait ressembler ce sacré Lucifer ! »

Le regard que lui lança son équipier le dissuada de continuer sur sa lancée et il retrouva son sérieux pour compter les membres de l’assemblée et inspecter le décor. Pour organiser une messe noire, il fallait faire preuve de prudence et parer à toute éventualité… Il devait donc y avoir une autre sortie de prévue en cas de descente de la police. La question était, où ? Plissant les yeux, il regarda les murs avec attention en espérant découvrir un renfoncement, une ombre qui indiquerait un couloir… Mais la lumière était trop mauvaise et il n’y voyait pratiquement rien. Pourtant il fallait bien trouver cette fichue sortie s’ils espéraient tenter quelque chose et bloquer les sorties.
Il allait donc falloir qu’ils prennent des risques.

« J’ai peut-être une idée. Vous, vous allez faire le tour de la salle en rasant les murs, il fait sombre et ils sont tellement concentrés qu’ils ne vous verront pas. Vous chercherez l’issue de secours qu’il doit y avoir quelque part, vous la prendrez et la suivrez pour vous boucherez l’issue… Il doit bien y avoir une porte quelque part, ne serait-ce qu’à la sortie… Quand ce sera fait vous filerez chercher la garde, la police, qui vous voulez mais suffisamment de monde pour procéder à une arrestation. Quant à moi, je reste ici pour les empêcher de passer s’ils essayent de repasser par où nous sommes venus. » acheva-t-il en sortant un pistolet de son pourpoint. Il avait aussi une dague, peut-être que ce serait assez pour les tenir en respect surtout s’il leur faisait croire qu’il n’était pas tout seul… Mais tout ça ne restait nécessaire qu’en cas de fuite. Avec un peu de chance, il n’aurait même pas besoin de se montrer quand Luigi reviendrait avec du renfort.

Il regarda son collège s’éloigner et reporta son attention sur la cérémonie qui se déroulait devant ses yeux. Baissant un instant les yeux sur son pistolet pour vérifier qu’il était bien chargé, il sursauta en entendant une voix de femme retentir.

« NOOOOOON ! LÂCHEZ-MOI !! »

Relevant brusquement la tête, Ferdinand vit deux hommes masqués s’avancer en ceinturant une jeune fille qui se débattait de toutes ses forces en hurlant de frayeur. Le sang du Fou se glaça lorsque son regard tomba sur le poignard effilé que le maître de cérémonie faisait jouer entre ses doigts. Un sacrifice humain. Pile ce qu’il avait voulu éviter. Il se mordit la lèvre en réfléchissant à toute allure. Que faire ? S’il se montrait, ils allaient s’enfuir par le couloir qu’avait emprunté Luigi et il n’était pas sûr qu’il ait eu le temps d’atteindre la sortie ! Surtout que s’il avait entendu ce cri, il y avait une chance sur deux pour qu’il soit revenu sur ses pas… Il allait donc falloir la jouer discrète, sans quoi toute l’opération capotait et Luigi serait en danger. Quoi que, il avait une épée…
Cependant les deux hommes jetèrent leur victime ligotée à terre et s’en désintéressèrent alors que le chef reprenait sa litanie en latin. Ferdinand voulut saisir l’occasion. Silencieusement, il fit le tour et s’approcha accroupi dans le dos de la jeune femme qui sanglotait, terrifiée. Doucement, il posa la main sur son épaule et immédiatement plaqua son autre main sur sa bouche pour l’empêcher de crier.

« Ne criez pas ! Je suis policier, je suis venu vous délivrer. » chuchota-t-il à son oreille.

Tremblant de tous ses membres, elle hocha lentement la tête et il entreprit de défaire ses liens. Il devait faire vite et l’emmener à l’abri, sinon…

Soudain il remarqua le silence autour de lui. Pas bon. Du tout. Relevant les yeux, Ferdinand vit tous les masques tournés vers lui…

D’accord. Là, c’était une situation de crise.

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MessageSujet: Re: Mais qui est le plus fou de nous ? [Ferdi']   10.02.12 16:17

Il y avait des moments où le sérieux était obligatoire, on ne pouvait pas penser à plaisanter ou faire de bons jeux de mots. Comme quand on se trouve juste à côté d'une messe noire, par exemple. Luigi regardait attentivement la scène qui se déroulaient sous ses yeux, cherchaient à reconnaître quelqu'un mais aussi trouver un moyen de faire quelque chose. Il ne pouvait pas laisser des gens faire ce genre de choses ! Avant d'être un espion, il était un homme catholique, il avait été élevé dans le respect de la religion. Et même s'il pouvait vous raconter à quel point le Vatican est perverti, il n'en restait pas moins un grand croyant. Voir des gens adorer le Diable était inconcevable à ses yeux. Alors quand il posa la question à son partenaire de savoir quoi faire …

« On attend de voir si ça marche ? Je me suis toujours demandé à quoi pouvait ressembler ce sacré Lucifer ! »

Il ne s'attendait pas à ce genre de réponse ! Choqué dans un premier temps, son regard bleu clair se tourna vers Ferdinand et rien que ses yeux déconseillaient son acolyte de continuer ses blagues. Mais, en regardant à nouveau la cérémonie, un petit sourire lui vint sur le visage. D'Anglerays avait la plaisanterie facile et toujours le bon mot en toute circonstance, cela avait le pouvoir de détendre l'instant, mais si cela ne durait que quelques secondes. Rapidement, la mission fut à nouveau leur centre d'attention. Colonna se sentait impuissant de ne pas pouvoir agir et observait celui qui conduisait cette messe, écoutait ses paroles en s'en sentait davantage dégoûté au fil des secondes. Il fallait agir, et vite. Les grands esprits se rencontrent car Ferdinand lui expliqua comment allait se dérouler la suite des événements. Sans broncher, Luigi acquiesça sur ce qu'il devait faire mais, durant quelques secondes, il hésita à y aller. Par principe de ne pas laisser son collègue seul, se séparer pouvait se révéler dangereux pour l'un comme pour l'autre. Mais le choix manquait pour répliquait et voilà Luigi longeant les murs sombres et humides, tâtonnant pour trouver un autre couloir, une autre issue. Il y en avait une, cachée par une énorme colonne soutenant avec une poutre, on ne pouvait pas la voir de là où les deux hommes étaient précédemment, Colonna le constata en ne voyant pas Ferdinand qui était pourtant de l'autre côté de la pièce.

Luigi s'engouffra donc dans un couloir sans aucune lumière à part une torche au loin mais qui paraissait une simple lueur. S'appuyant sur la paroi, il avança doucement, il ne fallait pas faire de bruit ni trébucher pour ne pas se faire repérer, et puis il ne savait pas vraiment de quoi ce qui pouvait se trouver sur le sol. Quelques mètres furent parcourus quand un cri déchirant glaça le cœur du romain.

« NOOOOOON ! LÂCHEZ-MOI !! »

Un long frisson lui parcourut l'échine et il se retint pour ne pas faire demi-tour. Il savait très bien ce que c'était, un sacrifice humain se préparait et quand on ne tuait pas des bébés, on tuait des vierges. C'était intolérable pour lui et pourtant, il reprit son chemin, se dépêchant un peu plus pour trouver une sortie, se saisit de la torche enfin à sa portée pour continuer sa route, sans vraiment savoir où il se trouvait. Derrière lui, un sourd bruit de fond, toujours des chants où quelques mots étaient plus audibles que d'autres. Puis d'un coup, le silence. Luigi s'arrêta, hésitant. Ce n'était pas normal, il se passait quelque chose. Au choix : la jeune fille allait être sacrifiée et, connaissant Ferdinand, il allait tenter de la sauver ; ou bien, ils avaient découvert Ferdinand. Dans les deux cas, son ami était en danger. Tant pis pour les hommes de La Reynie, Luigi devait aller l'aider, ils seraient toujours plus forts à deux. Il fit volte-face et repartit en sens inverse, remontant le col de son manteau et se servant de son écharpe pour couvrir une partie de son visage, sait on jamais s'il devait sortir de l'ombre. Il raccrocha la torche non loin de l'entrée du couloir. Jetant un coup d’œil, il vit tous les membres de la messe dos à lui, tous tournés dans la même direction. L'homme sur l'estrade improvisé regardait aussi par là, cela ne paraissait rien qui vaille !

« Un intrus ! » hurla l'homme.

Luigi comprit que Ferdinand avait voulu jouer les sauveurs et s'est fourré dans un sale pétrin. Mais il se garda bien tout jugement, le prince aurait fait exactement la même chose !

« Nous offrirons aussi cet homme à Satan pour qu'il le punisse de troubler notre cérémonie ! »
« Et moi, je vous offrirais à la police pour qu'ils vous punissent d'avoir troublé l'ordre ! »


Oui, on pouvait être un espion et sortir des belles phrases pour entrer en scène. Luigi était sorti de sa cachette et certains se tournèrent vers lui. En comptant rapidement, il y avait dix personnes. Contre deux … totalement faisable. D'ailleurs, une personne fonça sur Luigi, la baston pouvait commencer.



Instinctivement, Luigi prit de l'élan, sauta pour saisir la poutre et balança ses jambes en avant pour frapper en pleine cage thoracique le premier assaillant avant de retomber sur ses pieds et dégainer son épée. Heureusement qu'il savait se battre ! Le seul problème, c'était que Roberval lui avait pris le combat loyal, à un contre un, pas à se jeter au milieu des loups et se débattre. S'il s'en sortait vivant, Colonna pourrait toujours le raconter à son maître d'armes, en changeant le contexte de l'histoire bien sûr. Et le voilà à se battre contre deux autres personnes dont une armée comme lui. Parant les attaques de son adversaire, Luigi devait aussi se débattre face au second qui tentait de l'assommer. Repoussant la personne armée quelques secondes, Luigi eut juste le temps pour se baisser et éviter le coup du second avant de lui décocher un poing en pleine mâchoire. Au cri de douleur, ce fut sans conteste une dame qu'il venait de frapper ! Et le premier revint à la charge et après quelques croisements de fer, Colonna fut assez proche pour lui arracher son masque.

« Je savais, Meilant, que vous aviez une tête de traître. »

Et lui donnant un bon coup bien placé, Luigi finit par l'assommer avec le pommeau de son épée. Certains s'étaient enfuis comme des lâches, il restait encore plusieurs personnes valides et d'attaque qui s'en prenaient à Ferdinand. Luigi fut à nouveau à ses côtés pour se battre ensemble. Mais face à six dangereuses personnes armées, il y avait des moments où il fallait fuir. Même Colonna, en bonne tête brûlée, pensa que c'était une bonne idée. Il jeta un regard vers son collègue et ami pour le lui faire comprendre et s'il s'entêtait, Colonna serait pour une fois la personne raisonnable du tandem et le tirerait par le col s'il le fallait !

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« Vivre, c'est survivre. »


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MessageSujet: Re: Mais qui est le plus fou de nous ? [Ferdi']   24.02.12 16:37



Une idée, une idée, une idée, pour l’amour du ciel une idée ! Ferdinand n’était pas le genre d’homme à paniquer facilement, mais il savait reconnaître les situations catastrophiques quand il en voyait une, et celle-ci n’était vraiment pas loin de basculer dans la catégorie des cas critiques. Pas loin, car Luigi était peut-être toujours dans les parages. Si son camarade avait été tué par un de ces fanatiques, là il aurait qualifié la situation de désespéré… Mais mieux valait ne pas parler de malheur et prier pour que le jeune homme ait eu soit une idée brillante pour leur venir en aide, soit le temps d’aller chercher du secours –si tant est qu’il ait entendu l’appel à l’aide de la prisonnière ou remarqué que quelque chose n’allait pas. Entre autres que le Fou avait été découvert.

« Nous offrirons aussi cet homme à Satan pour qu'il le punisse de troubler notre cérémonie ! »

Le sourcil de Ferdinand atteignit des hauteurs astronomiques tant l’idée le laissait sceptique. Néanmoins elle ne lui plaisait guère, pas vraiment à cause de la perspective d’être puni par Satan qui avait plutôt tendance à le laisser de marbre, mais plutôt celle de finir éventré sur un autel de marbre où avaient probablement déjà été massacrés plusieurs autres victimes… Rien que cette pensée le rendait malade. Combien d’autres victimes avant cette fille qu’il tentait tant bien que mal de tirer ce pétrin –et vraisemblablement avant lui qui avait l’air d’avoir gagné son ticket pour un aller simple dans l’Au-delà si un miracle n’arrivait pas dans les cinq minutes ? Le maître de cérémonie dût remarquer son air de dégoût car il l’empoigna par le bras en le forçant à se relever mais une voix le coupa net dans son élan…

« Et moi, je vous offrirais à la police pour qu'ils vous punissent d'avoir troublé l'ordre ! »

Abasourdi, le maître de cérémonie se retourna vers le nouveau trouble-fête alors qu’un large sourire éclaira le visage de Ferdinand. Décidément, ce sacré Colonna avait l’art de grimper aux murs, mais aussi celui de tomber au bon moment ! Profitant de la distraction qu’il venait d’offrir, Ferdinand décocha un coup de poing percutant au chef qui voulait l’offrir à Satan quelques secondes plus tôt. Il en resterait pour ses frais, il avait encore quelques comptes à régler avec les vivants avant d’aller dire bonjour à ceux qu’il pourrait bien trouver dans l’Au-delà ! Dégainant aussitôt son épée, il lança d’une voix joyeuse :

« Ventre de biche, voilà qui est plus amusant que d’égorger de pauvres innocentes, non ? Allons messieurs, à qui le tour ? »

Il n’eut pas à attendre longtemps un éventuel adversaire, car deux pour le prix d’un se dévouèrent et dégainèrent à leur tour une dague chacun avant de l’attaquer de concert. Ferdinand fit un bond en arrière pour éviter de finir embroché et dégagea leurs lames d’un battement de son épée avant de lancer son pied dans le ventre du premier qui plia sous le coup, et para un nouveau coup de poignard du deuxième avant de contre-attaquer par une fente qui l’atteignit au flanc. Il s’écroula alors que Ferdinand se retournait vivement vers le premier pour l’envoyer cogner contre un pilier d’un coup de poing dans la mâchoire. Diable, que ça défoulait !

« A l’aide ! » s’écria la fille derrière lui.

Faisant volte-face, il se rendit compte qu’un des hommes masqués approchait un couteau de sa gorge et que ses efforts désespérés pour le repousser ne feraient pas long feu. Aussitôt il frappa l’agresseur d’un coup de pied dans le visage, qui le fit basculer en arrière et lâcher son arme, tenant son nez maintenant sanguinolent entre ses deux mains. Ferdinand l’attrapa par le col pour le forcer à se relever et lui décocha un coup de la garde de son épée dans le plexus, lui coupant la respiration avant de le laisser retomber à terre et de s’en désintéresser tout à fait, voyant déjà deux autres lascars filer sur lui. Mordious, mais combien étaient-ils dans cette crypte ? se demanda-t-il en se défendant face à ses deux assaillants équipés de rapières. Finalement d’autres se joignirent à eux et il éprouvait de plus en plus de difficultés à tous les repousser… Mieux valait ne pas s’éterniser dans les parages, car aussi doués qu’ils soient, le Colonna et lui, pour la bagarre, ils n’allaient pas faire long feu en continuant à ce rythme et si d’autres arrivaient encore ! Tout à coup Luigi se matérialisa à ses côtés –l’agilité de ce garçon l’étonnerait toujours !- alors que la jeune fille s’accrochait à un pilier pour ne pas défaillir de peur. A eux deux, ils se défendirent vaillamment quelques instants encore, mais il était temps de penser à une retraite stratégique, autrement dit prendre leurs jambes à leurs cous ! Ferdinand regarda Luigi au moment même où celui-ci tourna la tête vers lui. Un éclair de télépathie passa entre eux, comme il arrive dans ce genre de situations désespérées. Immédiatement Ferdinand attrapa la fille par le poignet et l’entraîna à sa suite alors que Luigi dégageait l’homme qui leur barrait le passage.

« ON COURT ! »

Sitôt dit, sitôt fait ! A peine Ferdinand avait-il sonné la retraite que les voilà tous les trois à courir aussi vite qu’ils le pouvaient dans le dédale de couloirs que constituait la crypte. Heureusement, le Fou avait déjà visité les lieux auparavant et pouvait en dresser un plan dans sa tête, autrement il aurait été facile de se perdre ou tomber dans une impasse où leurs agresseurs ne leur auraient pas laissé la moindre chance ! Une chance aussi que la jeune victime de ces fanatiques ait encore assez de ressources –la peur probablement qui lui donnait des ailes- pour courir et échapper à ces grands malades. En parlant de malades… Il espérait que cette course improvisée n’allait pas causer de crise quelconque à son collègue ! Ils avaient réussi à leur échapper, ce n’était pas pour trépasser quelques mètres plus loin à cause d’un effort physique visant justement à les sortir de ce pétrin ! Utiliser une des deux sorties habituelles était trop risqué, si leurs adversaires les attendaient ce serait forcément là. Solution : trouver une sortie alternative ! Il se souvint d’un passage qu’il avait utilisé quelques semaines plus tôt et les entraîna sur cette voie en bifurquant au détour d’un couloir. Il entendait derrière eux les bottes de leurs poursuivants, distanciés mais toujours à leurs trousses. Ils ne les laisseraient donc jamais tranquille !

« Par ici ! » lança-t-il à ses camarades de galère en les précédant dans un autre couloir, plus sombre et plus étroit qui, il le savait, menait à une sortie qui débouchait sur les quais de la Seine. Ils n’auraient ensuite plus qu’à remonter la digue jusqu’au niveau des citadins et ils seraient en sécurité.

Le plan avait l’air bon, dit comme ça. Mais en arrivant à l’endroit où devait se trouver la dite sortie, Ferdinand laissa échapper un juron en gascon. La sortie était bouchée ! Quelqu’un avait dû la voir et la colmater ! Il maudissait déjà le responsable quand ses yeux tombèrent sur une ouverture lumineuse en bas à droite de l’obstacle. L’ouverture n’était pas bien grande, mais ni la fille, ni Colonna, ni même lui n’étaient bien épais ! Ils pouvaient passer par là, si tant était que leurs agresseurs ne débarquaient pas tout de suite…

« Passez par ce trou, vite ! » enjoignit-il à la jeune femme qui obtempéra aussitôt, décidant de faire aveuglément confiance à ses deux sauveurs improvisés. Pendant qu’elle se frayait un chemin dans l’ouverture, Ferdinand se retourna vers l’autre côté du tunnel, guettant l’arrivée des satanistes tous sens aux aguets. A voix basse pour ne pas se faire entendre, il s’adressa à Luigi :

« Vous allez tenir le coup ? » lui demanda-t-il, inquiet de l’impact qu’avaient pu avoir la bagarre et la course sur la santé de son camarade.

Il se sentirait responsable si quelque chose arrivait à son casse-cou de collègue et ami. C’était un bon espion malgré sa santé fragile, et ils s’entendaient bien malgré –ou plutôt grâce à- leurs caractères respectifs ! Tenez le coup Colonna, on y est presque !

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Côté Coeur: Tant qu'il bat encore, il battra fort pour son italien, le seul.
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MessageSujet: Re: Mais qui est le plus fou de nous ? [Ferdi']   09.03.12 15:24

Un Fou et un malade qui se battent contre des satanistes, c'est une scène surréaliste, surtout quand cela se passe dans une crypte ! Luigi avait vécu de drôles de choses dans sa vie mais, quand il aura la tête au repos, le romain pourra se dire que c'était improbable ! Mais pour l'instant, épée au poing, Colonna se battait comme un beau diable face aux ennemis qui revenaient toujours plus nombreux, à croire qu'ils se dédoublaient au fur et à mesure ! On ne pouvait pas penser un seul instant que ce jeune homme au physique malingre pouvait avoir autant de ressources et se montrer si agile, il était un atout surprise face à ses ennemis. Et, mine de rien, il avait une certaine force, il n'y avait qu'à voir le coup de poing qu'il donna à un des hommes face à lui ! Mais voilà, à deux contre tant de monde, aussi casse-cous que pouvaient être Ferdinand et Luigi, il y avait des moments où il fallait se montrer … lucides. Oui, ce mot était assez peu employé par ces deux espions mais les circonstances faisaient qu'ils ne pouvaient pas se battre éternellement alors qu'ils sont en sous-effectif. Le regard qu'ils s'échangèrent à ce moment précis voulait tout dire. Alors que Luigi donna un coup de pommeau d'épée en pleine face, tandis que Ferdinand prit le poignet de la jeune fille, c'était le moment de la fuite.

« ON COURT ! »

C'était dit, il était temps de partir. Luigi donna un bon coup de pied dans le ventre d'un ennemi, le repoussa en arrière pour le faire tomber sur les autres, puis il prit ses jambes à son cou. Luigi était en mode suiveur, Ferdinand semblait connaître les lieux comme personne et refusait de prendre l'entrée principale, ce qui n'était pas une mauvaise idée car c'était trop prévisible. Puis il y avait bien plusieurs sorties possibles, c'était un véritable gruyère ce cimetière, puis comment ne pas faire confiance à un espion aussi fiable et pleins de ressources que d'Anglerays ? Même si le romain ne l'écoutait pas toujours, Colonna admirait son collègue, ses idées, sans oublier son humour en toute circonstance. Une personne de confiance, peu importe les situations, ne faisait pas de mal, surtout dans ce genre de moment où tous les couloirs se ressembles et où ils sont poursuivis par des cinglés armés jusqu'aux dents. Alors courir, ne pas réfléchir à ce qu'il se passait autour, juste légers ses jambes aller aussi vite que possible, voir même plus. Malgré ses maladies, Colonna était robuste et il savait puiser dans ses réserves pour ne pas tomber au moment où il ne fallait pas. Sa fuite contre un spadassin à Rome il y a quelques années le prouvaient. Cette nuit là, il aurait du mourir, mais ayant été prévenu avant, Luigi avait pu fuir et même si le tueur était sur ses talons, il avait réussi à s'en sortir. Certes, il avait du rester alité quelques jours après mais il était en vie. Cette nuit, quitte à finir au lit dans un mauvais état, il voulait regagner ses appartements vivant, avec le sentiment d'avoir réussi sa mission !

Mais les plans ne sont jamais écrits comme sur du papier à musique, en témoigne le cul-de-sac dans lequel ils se trouvaient. Si Ferdinand jurait dans son patois, l'italien le fit dans sa langue maternelle, un blasphème sans doute vu le signe de croix qu'il fit d'un geste machinal. Les deux collègues eurent la même idée en voyant le trou en bas, et bons gentilshommes, ils firent passer la demoiselle en premier.

« Vous allez tenir le coup ? »
« Ai-je le choix ?
lâcha t'il tout bas avant de poser sa main sur son épaule. Je vais survivre, allez y. »

Et alors que Ferdinand s'engouffrait dans le trou, Luigi jouait les guets, épée à la main. Il entendait les pas et les murmures de leurs assaillants, il n'étaient pas bien loin, ce n'était pas le moment de se faire repérer. Puis, il dut à son tour se faufiler tel un ver de terre pour sortir enfin de ce lieu affreux. L'air frais de la nuit le prit au visage et il prit une grande inspiration. Leur mission était en grande partie terminée, du moins ils avaient fait le plus gros : ils avaient trouvé un repaire de messe noire et avaient vu certains visages. En bonus, ils avaient sauvé une demoiselle en détresse ! Seulement la bagarre plus la course n'aidait pas Luigi à se sentir bien. Il restait debout, rangea son épée mais il ressentait ses propres battements cardiaques de façon désagréable, ils étaient rapides et lui faisait mal. Son visage déformé par la douleur en témoignait mais il reprit rapidement une mine de circonstance, pas question de flancher maintenant !

La jeune fille semblait toujours terrorisée et elle tremblait, se remettant à la fois de son choc mais aussi du froid, il n'y avait qu'à voir sa tenue légère qui n'allait pas du tout avec la température extérieure. Toujours gentilhomme – il était prince avant tout – Luigi déboutonna son manteau et lui tendit.

« Tenez mademoiselle, n'allez pas attraper froid … »
« Merci. »
murmura t'elle dans un souffle.

Luigi se tourna vers Ferdinand. Est ce que son ami voyait la douleur du romain ? Sans aucun doute mais tant que le jeune espion pouvait tenir sur ses jambes, il n'y avait pas à s'inquiéter, le plus important était de se mettre à l'abri.

« Nous ne devrions pas rester ici, il faut la mettre en sécurité. Et nous aussi. » sa gorge se serrait, comme si une boule s'y était coincée mais il fit comme si de rien n'était.

Ils commencèrent à s'éloigner des lieux, se trouvant toujours dans le cimetière non loin de l'entrée rue de la ferronnerie. Au fil des pas, Luigi sentit une crampe au niveau de son mollet, cela lui faisait un mal de chien, surtout cumulé au reste de ses symptômes mais hors de question de s'arrêter, de se reposer maintenant. Il était difficile de suivre une garçon comme Luigi, se refusant d'être pris pour un malade alors qu'il l'était, ne voulant pas montrer de faiblesses alors qu'on pourrait l'aider, de façon toute bénigne mais Ferdinand pourrait être une aide pour l'aider à marcher. Mais non, il traînait sa douleur et sentait son corps brûler de l'intérieur, ce qui ne l'empêchait pas de demander à la demoiselle :

« Nous allons vous raccompagner. Où habitez … »

Mais d'un coup, incapable de finir sa phrase, il tomba au sol alors qu'ils s'éloignaient du cimetière en tournant dans une rue. Ses jambes avaient flanché et son cœur lui faisait si mal que ses doigts se crispèrent sur le sol terreux de Paris. Il souffrait atrocement dans ces moments là et les seuls mots qu'il put sortir ce sont des insultes.

Il fallait au moins calmer ce maudit cœur pour reprendre la route. Il avait survécu à des assaillants satanistes, courut dans une crypte et s'était échappé par un trou minuscule, il n'allait pas flancher alors que tout était presque fini !


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MessageSujet: Re: Mais qui est le plus fou de nous ? [Ferdi']   25.03.12 22:48

Encore un petit effort, et ils y seraient. Encore un petit effort, et ils pourraient renter à Versailles après toutes leurs péripéties de la soirée, ce qui n’était pas peu dire ! Une journée passée à tourner autour du cimetière, une infiltration discrète de nuit, dénicher la bonne crypte, voler au secours d’une demoiselle en détresse, se battre contre une dizaine d’encapuchonnés déchaînés et finalement réussir à mettre les voiles, les deux espions en avaient fait plus en une soirée que d’autres en une vie passée dans l’atmosphère faussement cotonneuse de la Cour. Le plus drôle ? C’est que ce n’était pas fini. Ils avaient certes semé leurs assaillants, mais ceux-ci étaient encore dangereusement près et la sortie un peu loin encore pour que Ferdinand ne se sente en sécurité. Il fallait encore qu’ils sortent de ce satané cimetière, qu’ils mettent la jeune fille en sécurité, et qu’enfin ils rentrent au palais tout en étant sûrs de ne pas être suivis ! Autrement dit, le chemin était encore long jusqu’à la salvation, mais curieusement, le Fou avait confiance. Il avait confiance en sa chance –qui l’avait rarement laissé tomber dans ces cas-là -, en Colonna qu’il savait efficace et réactif, et en lui-même. Il n’était pas dans la course depuis plus de dix ans pour rien. Donc soit il avait une chance monstrueuse, soit il était doué. Par fierté et pour agacer son entourage, il aimait à dire qu’il était doté des deux. Comme le disait si bien son grand-père en son temps : « le hasard est l’ami des fous ». Ils en étaient tous les deux la preuve, l’un un peu plus vivant que l’autre. Puisque ça lui réussissait bien, autant continuer non ?

« Vous allez tenir le coup ? »
« Ai-je le choix ? Je vais survivre, allez y. » répondit Luigi en posant une main confiante sur son épaule.

Le gratifiant d’un sourire en coin, Ferdinand ne perdit pas un instant et bénit sa silhouette trop mince qui faisait l’objet de bien des moqueries, et qui pour une fois lui était grandement utile. Il n’était pas sûr qu’un du Perche aurait pu se faufiler dans ce trou à rats, et pour sa part il préférait largement avoir une stature de fil de fer malgré ses trente-cinq ans que d’avoir à affronter leurs assaillants pour une stupide histoire de muscles ! Il s’extirpa du trou avec agilité et bondit sur ses pieds avant de guetter la sortie de Colonna qui ne devrait pas tarder à suivre derrière. Lorsqu’il le vit sortir à son tour, il lui attrapa la main et l’aida à se remettre sur pieds. Voilà une bonne chose de faite ! Maintenant qu’ils étaient tous les trois dehors, ils allaient pouvoir déguerpir d’ici et se mettre à l’abri, et dès le lendemain il irait procéder à quelques arrestations en empruntant des hommes à la Reynie –toujours très compréhensif dans ce genre de cas. Donc, l’étape numéro un consistait à ramener la jeune fille chez elle, l’étape numéro deux à se mettre eux-mêmes en sûreté soit en rentrant directement à Versailles, soit en gagnant une de ses planques si leurs poursuivants étaient trop près. Ma foi, ce plan A et ce plan B ne semblaient ni l’un ni l’autre trop hasardeux. S’ils continuaient comme ça, ils s’en sortiraient pour de bon !
Se tournant vers Luigi et la demoiselle pour leur expliquer la suite des évènements, il surprit le jeune homme qui couvrait les épaules de leur protégée de son manteau.

« Tenez mademoiselle, n'allez pas attraper froid … » lui dit-il aimablement.
« Merci. »

Ferdinand leva les yeux au ciel. Ne manquaient plus que les violons et le tableau serait parfait. Il allait d’ailleurs faire une remarque sur l’urgence de la situation et le peu de nécessité de se faire pincer maintenant pour une histoire de galanterie, mais il croisa le regard clair de son collègue et comprit que quelque chose ne tournait pas rond. L’inspectant rapidement, il décela quelques signes de faiblesse, signes qu’à force il avait appris à reconnaître sans plus avoir à demander : une respiration courte, un front embué, des yeux rendus plus brillants par la fièvre de la douleur. S’éterniser dans les parages était donc en effet la dernière des bonnes idées, comme le faisait si bien remarquer le prince lui-même une seconde après :

« Nous ne devrions pas rester ici, il faut la mettre en sécurité. Et nous aussi. »
« Idée de génie, Colonna, je me demande comment je ne l’ai pas eue moi-même. Allons-y ! » répliqua Ferdinand d’un ton parfaitement naturel en prenant la tête de la marche, le prince romain et la jeune victime sur ses talons. Plus vite cette affaire serait réglée, plus vite Colonna éviterait des ennuis de santé bien pénibles !

Direction, rue de la Ferronnerie. Il faisait nuit, il faisait humide, il faisait froid, ce n’était décidément pas une nuit à coucher dehors. Avançant d’un pas résolu, Luigi cheminant à ses côtés, Ferdinand gardait l’oreille dressée afin de s’assurer que leurs poursuivants ne les rattrapaient pas. Dieu merci, les rues étaient désertes et leur petit trio –une jeune fille, un prince et un mendiant…- ne risquait guère d’attirer l’attention de marcheurs déjà peu curieux. Régulièrement, Ferdinand jetait un œil à son acolyte pour vérifier qu’il tenait toujours sur ses deux jambes. Celui-là, avec sa manie de ne jamais se plaindre ! Un jour il lui claquerait entre les doigts, et là il aurait l’air malin ! D’accord, sa volonté de caractère et son abnégation étaient peut-être admirables mais… Ce n’était pas une fois mort qu’elles allaient lui servir à grand-chose, ni servir à Louis ou au Vatican ! Quitte à avoir de bons espions dans les rangs, autant les avoir vivants, c’était plus pratique…

« Je pense qu’on s’est assez éloignés d’eux. Il va falloir songer à ramener la demoiselle… » marmonna Ferdinand à l’adresse de Luigi qui se tourna aussitôt vers elle.
« Nous allons vous raccompagner. Où habitez … »

La fin de la phrase ne vint pas, en revanche il s’écroula et se retrouva le nez dans la poussière.

« Colonna ! » s’exclama Ferdinand en s’agenouillant aussitôt à ses côtés, suivi de près par la jeune femme qui décidément ne devait plus rien comprendre à cette soirée surréaliste. Il ne comprit pas un mot de ce que pouvait grogner l’italien dans sa douleur, mais ses ongles qui s’enfonçaient dans la terre étaient excessivement clair. Colonna était dans un état critique.

« Mais qu’est-ce qu’il a ? » gémit la jeune fille ne levant sur lui un regard inquiet.
« La forme, ça se voit non ? Ne vous en faites pas pour lui et dites-moi où vous habitez, on va y aller tous les trois, puis je m’occuperai de lui. Tenez, aidez-moi ! »

Avec l’aide de l’ancienne prisonnière, il hisse Colonna sur son dos, sentant les bras du romain se crisper autour de son cou, probablement à cause de la douleur. Il grimaça. Décidément, ils auraient tout fait et tout eu ce soir-là ! Ils l’auraient bien mérité leur repos une fois à l’abri ! Faisant un signe de tête à la jeune femme, il lui emboîta le pas dans les rue de Paris, son fardeau trop léger pour être honnête sur le dos, la suivant jusqu’à ce qu’elle les ai guidés jusque chez elle et lui disant de leur faire prendre un détour lorsqu’il estimait la rue trop peuplée ou trop prévisible pour leurs adversaires. S’ils se faisaient prendre, aucun d’eux n’avait de chance de s’en tirer, et il n’était pas sûr que Colonna survive à une course-poursuite dans les rues. Autant se faire discret et éviter les ennuis… Pour une fois.
Finalement ils gagnèrent la rue Saint-Honoré, où la jeune fille les abandonna en les remerciant chaleureusement de lui avoir porté secours, avant de disparaître dans l’une des maisons qui bordaient la rue. Voilà une bonne chose de faite. Ne restait plus qu’à les mettre à l’abri, eux. Encore une fois, la chance était de leur côté puisque l’une des planques du Fou se trouvait à peine à deux rues de là. Encore quelques minutes à peine, et ils seraient à l’abri !

« Accrochez-vous, Colonna. » marmonna-t-il entre ses dents avant de s’éclipser dans une sombre ruelle adjacente. Plus que quelques mètres, et ils y seraient.

Quelques minutes plus tard, Ferdinand tournait la poignée et poussait la porte du pied, livrant passage au Fou et au malade sur son dos. Cette espèce d’appartement était pratiquement vide, il ne s’en servait que pour changer de peau et éventuellement avoir un toit lorsqu’il était obligé de passer la nuit dans Paris, l’endroit était donc remarquablement démuni. En temps normal, c’était suffisant. Restait à espérer que ce le soit aussi pour cette nuit. Déposant Luigi sur le sofa qui constituait à peu près le seul meuble du logis, il le débarrassa de sa cape et de son épée avant d’aller vérifier à la fenêtre qu’ils n’avaient pas été suivis. Mais rien, tout était calme. Le danger semblait être passé. S’autorisant enfin à respirer, il soupira, avant de s’intéresser de nouveau à son collègue. Il se débarrassa en premier lieu de son « manteau de pouilleux », comme aurait pu dire Monsieur, puis de sa perruque et de sa fausse barbe avant d’aller s’asseoir par terre aux côtés de son infortuné complice. Son visage encore juvénile était tordu par la douleur. Ferdinand avait de la peine pour lui. Il ne savait que trop bien à quel point Paliano aimait vivre et bouger dans tous les sens, mais pour lui le prix à payer était bien plus élevé que le commun des mortels. La vie était décidément bien mal fichue. Et le pire, c’est qu’il n’y avait pas grand-chose qu’il puisse faire pour apaiser ses maux, si ce n’est attendre que ça passe…

« Respirez, Colonna. Vous êtes en sécurité, maintenant. » lui dit Ferdinand d’une voix étonnamment apaisante pour qui connaissait –ou croyait connaître- le personnage. « Essayez de vous calmer, ça va passer… »

On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a, n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Mais qui est le plus fou de nous ? [Ferdi']   06.04.12 22:35

« Colonna ! »

La voix de son ami retentit dans les oreilles du romain alors que son corps venait de toucher le sol. Il ne tenait plus, il en avait trop fait et son corps, résistant habituellement, n'avait pas encaissé le coup. Pour une fois, ce n'était ni de la négligence ni de la bêtise, c'était un cas d'extrême urgence. En y repensant, Luigi aurait pu continuer son chemin dans le tunnel, sortir en dehors du cimetière et courir après des policiers de La Reynie. Mais le temps de les trouver et de les ramener, qui dit que son ami et la jeune fille n'auraient pas été retrouvé morts, que les satanistes n'auraient pas pris la poudre d'escampette ? Certes, il se serait ménagé mais sa conscience ne se serait pas remise. Il avait fait le bon choix en faisant demi-tour, portant secours à Ferdinand, mettant en pratique les cours d'escrime de Roberval, jouer les sauveurs de demoiselles en détresse et courir pour ne pas mourir. S'il tombait maintenant, c'était un contre-coup de cet enchaînement d’événements qui n'étaient pas calculés et nécessaires à sa survie et celles deux autres qui se trouvaient autour de lui. Il avait tellement mal que ses doigts s’enfoncèrent dans la terre des rues de Paris. Le romain n'entendait plus rien, juste un lointain murmure, comme dans du coton. Les battements de son cœur était le seul son qu'il entendait distinctement, comme si son cœur battait dans ses oreilles et partout dans le reste de son corps, jusqu'au bout de ses doigts. C'était douloureux, infernal et pourtant il ne criait pas, il avait toujours eu une certaine résistance à la douleur, refusant de se montrer faible. Il ne put que balancer des jurons en italien que seuls lui comprenaient, à voix basse. Il savait que cela était temporaire, c'était juste une réaction à toute cette action, il n'y aurait pas mort d'homme, du moins il l'espérait.

Puis il se sentit soulever de terre. Rouvrant ses yeux, Luigi se vit atterrir sur le dos de Ferdinand qui allait se charger de le porter pour reprendre leur route. En temps normal, il aurait demandé à ce qu'ils se mettent dans un coin le temps que cela passe. Mais ce n'était pas la solution la plus sage, surtout si leurs poursuivants les retrouvaient. Colonna ne voulait pas être porté comme on le fait à un infirme mais il n'avait pas la force de protester et puis ils avaient une autre personne à protéger, cela entrait en compte. Luigi fit donc le trajet à dos de Fou. La douleur restait toujours forte, insupportable, tous ses muscles se crispaient, Ferdinand devait bien sentir les bras du romain autour de son cou. Mais il ne voyait pas les grimaces ni les dents mordant la lèvre inférieure pour ne pas crier ou gémir. Jusque dans les tréfonds du mal-être, il restait un prince digne, cela pouvait lui porter préjudice dans certains cas, comme là tomber sur le sol sans crier gare.

Pour le prince, les minutes qui suivirent ne furent qu'une succession de rues qu'il n'arrivait pas à reconnaître car il gardait les yeux mi-clos, tentait d'endiguer la douleur en essayant de retrouver un souffle décent pour atténuer les battements de cœur. Ca ne marchait pas vraiment, il lui fallait du calme et s'allonger, ce n'était pas à jouer les cavaliers sur un cheval humain improvisé qu'il allait réussir. Ils ramenaient la jeune fille, pauvre presque victime d'un rituel qui n'aura finalement pas lieu ce soir. En sauver une, c'était bien, mais combien n'avait pas eu cette chance. Les deux espions lutteraient contre ça avec acharnement, du moins quand Luigi sera en meilleure forme. Après s'être arrêtée, la voix féminine parla avant de disparaître et Ferdinand empruntait un autre chemin.

« Accrochez-vous, Colonna. »

Pour s'accrocher, il s'accrochait et cela faisait vingt-sept ans que ça durait ! Il n'allait pas s'arrêter en si bon chemin ! Quelques rues se succédèrent encore une fois avant de pénétrer dans un bâtiment et quelques marches plus tard, entrer dans une pièce qui semblait être un pied à terre parisien pour Ferdinand, l'homme aux multiples identités. Luigi se laissa déposer sur le sofa, se fit retirer son manteau et son arme, puis porta la main sur son cœur pour souffler un grand coup. Avec l'inefficacité de la médecine, Colonna avait appris qu'il pouvait calmer ses crises en respirant d'une certaine façon. Ce n'était pas la solution la plus efficace, mais cela aidait pour des urgences pas trop graves comme celle-ci. Il devrait se concentrer sur lui mais ses yeux étaient fixés sur Ferdinand qui retirait son déguisement. Entre deux grimaces de douleur, il eut un petit sourire amusé de voir à quel point une perruque, une barbe et un manteau pouvait changer un homme du point de vue physique. Mais bien vite, le mal revenait. Cela prendrait de longues minutes, voire quelques heures pour retrouver ses capacités. Un instant, il eut une pensée pour sa mère qui aurait paniqué face à cette scène. Grand dieu, elle n'en saurait rien, sait on jamais si elle voulait le faire revenir à Rome …

« Respirez, Colonna. Vous êtes en sécurité, maintenant. Essayez de vous calmer, ça va passer… »
« N'ayez crainte … j'ai presque l'habitude …
murmura Luigi, entre deux spasmes de douleur. Comme dirait une personne de … ma connaissance … ce n'est plus de mon âge. »

Vous allez dire, vingt-sept ans ce n'est pas vieux, mais quand on a entendu toute sa vie qu'on ne vivrait pas vieux, chaque année supplémentaire est un pas vers la vieillesse. Quand on entend qu'on ne passera pas le cap des dix ans, puis des vingt ans, autant dire que là, il était presque un vieillard. Il eut un petit sourire en coin en pensant à Lully, son cher et tendre qui ne cessait de se répéter qu'il était vieux, et que Luigi le taquinait sans cesse à ce sujet. Pour une fois, il reprenait sa phrase. Colonna avait un humour particulier, un peu noir et morbide, peu apprécié par son entourage mais on ne peut pas toujours plaire à tout le monde.

Durant de longues minutes, le romain tentait de calmer ce cœur rebelle. Ce n'était pas encore l'extase suprême mais cela n'empirait plus, le plus gros était passé. Pourtant, la main posée sur son cœur se crispait toujours instinctivement. Il devait reconnaître qu'il était impuissant face à son propre corps, mais cela ne l'empêchait pas de rester professionnel. La voix était faible, le ton neutre mis Luigi savait que son acolyte allait lui dire de se reposer. Il préférait parler, cela lui permettait un peu de penser à autre chose.

« Encore une fois je vous dois la vie … Grazie. »

Et comme il n'aimait pas les mélodrames, il rajouta, plus sérieux :

« Tout à l'heure, j'ai démasqué le chevalier de Meilant. Et je crois avoir vu sa sœur aussi … Il faudra que vous préveniez La Reynie à leur sujet … »

Après tout, s'il s'était mis dans cet état, ce n'était pas pour rien ! Autant donner les informations ! Oui, Luigi Colonna était intègre jusqu'au bout, même dans la douleur …

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« Vivre, c'est survivre. »


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MessageSujet: Re: Mais qui est le plus fou de nous ? [Ferdi']   03.05.12 23:20



(pardon PTDR)

Maintenant qu’il était assis par terre, enfin à l’abri après la cavale qu’ils venaient de vivre, Ferdinand s’autorisait enfin à respirer et surtout à se détendre. Assis en tailleur, il laissa sa tête aller en arrière et souffla un bon coup. Qu’il était bon de se sentir en sécurité ! Certes, cette espèce d’appartement qui lui servait de point de chute n’était pas du plus grand confort, plutôt délabré même, mais au moins personne ne venait jamais l’y déranger et encore moins l’y chercher. Et dans ce genre de course-poursuite, ma foi c’était toujours bien utile. Surtout quand on était accompagné d’un Colonna en détresse. En parlant de lui, comment allait-il ? Ferdinand se redressa et scruta le visage de son collègue, à l’affût du moindre signe d’amélioration… Ou d’aggravation. Mais rien ne semblait avoir changé sur le visage du romain, toujours autant crispé de douleur ; au grand dam du Fou qui aurait aimé pouvoir faire quelque chose pour le soulager, mais quoi ? La médecine faisait cruellement défaut à ses compétences ! Impuissant, il redressa un genou et l’entoura de ses bras avant de poser son menton au-dessus. Il n’y avait vraiment plus qu’à attendre que les choses rentrent dans l’ordre…

« N'ayez crainte … j'ai presque l'habitude… Comme dirait une personne de … ma connaissance … ce n'est plus de mon âge. »

Allons donc, voilà qu’il faisait de l’humour à présent. Quel numéro celui-là. Pour donner le change, Ferdinand roula des yeux et répliqua immédiatement :

« Vous ferez de l’humour quand vous aurez assez de voix pour que j’entende vos plaisanteries, Colonna ! En attendant, laissez-moi les faire et contentez-vous de rire à mon irrésistible sens de l’humour, surtout que le vôtre est trop cynique à mon goût à l’heure actuelle. »

Si Colonna tenait à se comporter comme si de rien n’était, soit ! Il jouerait donc à ce petit jeu-là, d’autant plus qu’au fond, il ne pouvait que comprendre le désir de son collègue de relativiser la situation et se conduire normalement. Il devait déjà bien assez souffrir dans son corps, autant éviter de déprimer sur son sort, ça n’aurait probablement fait qu’empirer les choses. Ferdinand n’avait jamais été gravement malade –avait-il seulement été malade une fois dans sa vie, ce chanceux notable ? – et ignorait donc ce que pouvait ressentir Luigi. Il ne pouvait que se l’imaginer sur la base de ce qu’il voyait et entendait, c’est-à-dire sûrement pas grand-chose comparé à ce que pouvait ressentir le malade. Il avait presque dix ans de plus que lui, et pourtant il se disait que le romain avait dû en voir de bien plus belles que lui depuis son enfance. Ce pensant, il se rendit compte qu’il ne savait pas grand-chose de son coéquipier. Il connaissait les faits de base bien sûr mais… Jamais l’un n’avait posé de questions à l’autre. En ce qui le concernait il préférait qu’il ne lui pose pas de question, mais il reconnaissait qu’il était curieux à l’égard de son complice. Plus les missions passaient, plus leur camaraderie se consolidait pour devenir une franche amitié. Il était donc normal de se poser des questions, non ?
Un silence s’installa, seulement rythmé par la respiration lourde et saccadée de Luigi qui tentait tant bien que mal de reprendre le dessus sur son propre corps. Ferdinand ne chercha pas à le rompre, croyant qu’un peu de calme ne ferait pas de mal au malade, que ça lui permettrait sans doute de se reposer et de calmer ce corps en ébullition. Changeant de position, il s’adossa au bout du sofa, au niveau des jambes de son acolyte, et ferma brièvement les yeux pour réfléchir à la suite des opérations. Nous étions au beau milieu de la nuit, inutile donc de chercher à rentrer maintenant à Versailles… Autant passer le reste de la nuit ici, ils pourraient récupérer tous les deux, et le lendemain matin aller annoncer au roi et à la Reynie que l’affaire était dans le sac. Mentalement, il lista les visages entrevus, les noms reconnus lâchés par mégarde, les voix suspectes, préparant d’avance le rapport qu’il présenterait à son homologue policier, quand la voix de Luigi se fit à nouveau entendre :

« Encore une fois je vous dois la vie … Grazie. »

Plaît-il ? Ferdinand se dévissa le cou afin de regarder son acolyte, un sourire ironique en coin.

« Si j’avais une once de bon sens je ne vous aurais même pas emmené là-dedans ! Remerciez plutôt le ciel, si vous n’aviez dû compter que sur moi… En fait c’est plutôt moi qui devrais vous remercier. Sans votre intervention –pleine de panache, je le reconnais !- j’étais cuit. Merci. »

Quelle scène, mes amis ! Même Molière et Racine réunis n’auraient pas fait mieux. Tant mieux ceci dit, car visiblement, ni l’un ni l’autre n’étaient à l’aise avec ce genre de scène, vu le ton plaisantin de l’un et la vitesse que mit l’autre à changer de sujet :

« Tout à l'heure, j'ai démasqué le chevalier de Meilant. Et je crois avoir vu sa sœur aussi … Il faudra que vous préveniez La Reynie à leur sujet … »

Meilant et sa sœur ? Jolie observation, Ferdinand n’aurait pas pensé à eux s’il avait dû dresser spontanément une liste des personnes qu’il trouvait louches à Versailles ou à Paris. Encore une fois, c’était bien la preuve qu’on ne pouvait jamais se fier à rien dans ce monde. Les amis d’aujourd’hui pouvaient devenir les ennemis de demain, et les gens les plus innocents en apparence pouvaient se révéler de véritables vautours. Versailles était de moins en moins un lieu fréquentable, mais allez faire comprendre ça au roi… Ferdinand leva les yeux au ciel. La vie à Versailles n’aurait eu aucun attrait pour lui sans cette fonction de fou du roi et d’espion, et il serait probablement resté en Gascogne si Louis ne l’avait pas recruté peu après qu’il soit devenu baron à la mort de son père. Il aurait été à la Cour, se serait fait les mêmes remarques sur l’ambiance déplaisante de l’endroit et de ces courtisans toujours en quête de la déchéance des uns , mais n’aurait pas eu la liberté donc il jouissait maintenant pour compenser… Sans le savoir, Louis avait trouvé LE moyen de le faire demeurer à Versailles. Sans cela il serait en ce moment sûrement en train de dormir tranquillement à Anglerays ou en train de réfléchir à où aller chevaucher le lendemain. C’aurait été une toute autre vie que celle-là…

« Comme quoi, on en apprend tous les jours. » commenta-t-il en passant une main dans ses cheveux en bataille. « Meilant et sa sœur donc, j’en ai aussi reconnu quelques-uns, Joubert, Nailloux et Leclerc. De la belle marmaille aussi. C’est la Reynie qui va être content ! » s’exclama-t-il en étendant les jambes avant de s’étirer.

C’était décidé, il irait à l’hôtel de police dès le lendemain matin, après s’être assuré que Colonna était en état de rentrer. Au pire, il ferait l’aller-retour pour le ramener et le confier aux bons soins de son muet de domestique, puis il irait faire son rapport à la Reynie qui l’écouterait, impassible, avant de marmonner que c’était du bon boulot. Oui, c’était du bon boulot, on ne pouvait pas le nier.

« Ca c’est ce que j’appelle un travail rondement mené ! Bien joué Colonna, décidément ça me plaît de travailler avec vous ! » s’exclama-t-il joyeusement. « Maintenant vous avez deux options : ou bien vous choisissez l’option raisonnable et vous essayez de dormir… Soit vous me faites la conversation jusqu’à demain matin. Mais je vous préviens, je risque de m’endormir avant et vous de parler dans le vide ! Ceci dit votre voix fait une jolie berceuse, on vous l’a déjà dit ? »

Et il en fut ainsi jusqu’au petit matin… Ou pas d’ailleurs. Avec ces deux-là, on ne pouvait jamais être sûr de rien !

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Bouffon !

Que d'éternelles et incurables douleurs dans la gaieté d'un bouffon! Quel lugubre métier que le rire!


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MessageSujet: Re: Mais qui est le plus fou de nous ? [Ferdi']   08.05.12 16:19


(un dernier pour la route  Razz)


Allongé, Luigi ne pouvait s'empêcher de faire de l'humour. Certes, il n'était pas des plus drôles pour tout le monde, ni guère apprécier. Les rares à connaître sa maladie connaissait cet aspect de sa personne, cet humour un peu morbide et tous s'accordaient à dire la même chose : ce n'était pas drôle. Combien de fois avait-il vu son amant froncer les sourcils ou lever les yeux au ciel comme si le romain avait dit quelque chose de stupide ? Et ce soir, le Fou du roi en personne n'appréciait pas et le lui fit bien savoir :

« Vous ferez de l’humour quand vous aurez assez de voix pour que j’entende vos plaisanteries, Colonna ! En attendant, laissez-moi les faire et contentez-vous de rire à mon irrésistible sens de l’humour, surtout que le vôtre est trop cynique à mon goût à l’heure actuelle. »
«  Vous êtes jaloux de mon humour dévastateur, voilà tout … »
répliqua le romain avec un faible sourire.

Jusqu'au bout, il gardait sa verve et cette ténacité. Peu importe que son humour soit sombre, il lui fallait bien un exutoire dans ces moments là. Puis quand on passe les quinze premières années de sa vie enfermé, passant le plus clair de son temps en tête avec soi-même, on développe ses propres codes, son propre mode de fonctionnement. Son propre humour. Luigi refusait de vivre comme un malade, c'était sa philosophie de vie et son oncle l'avait toujours encouragé à se battre contre ce mal, de vivre comme tout le monde, même s'il devait faire davantage attention que les autres. Il avait toujours suivi ces paroles comme une profession de foi, même si cela devait l'amener à ne pas pouvoir être maître de son corps quelques heures, comme cette nuit où il était incapable de se relever et de faire autre chose que de tourner la tête et prononcer quelques mains, ainsi que vaguement bouger les mains. Tant pis, une petite nuit de sommeil, se ménager demain, voire même partir chez Lully quelques jours et tout reviendrait à la normale, voilà tout. Et s'il fallait souffrir pour avoir tenté de vivre normalement, Luigi en payait le prix fort sans sourciller. Enfin vivre normalement, heureusement qu'il n'était pas quotidien d'assister à une messe noire, se battre contre des gens masqués et courir dans les chemins souterrains avec une jeune fille en détresse. Cela serait trop épuisant et surtout assez abracadabrant comme vie. Juste, être espion impliquait faire des sacrifices, Luigi le savait trop bien. Son passé au Vatican lui avait bien montré qu'espion n'était pas de tout repos, qu'il fallait rester sur ses gardes, être toujours vigilant, choisir son entourage et surtout ne pas avoir peur de se lancer dans des missions dangereuses ou insensées. Combien de fois avait-il manqué de mourir ? Il avait cessé de compter toutes ces courses poursuites dans Rome, ces tentatives d'assassinats mais aussi ces chutes où il aurait pu se tuer. Personne ne savait cela, seul son oncle connaissait toute sa vie. Aujourd'hui, le cardinal Girolamo Colonna reposait en paix et Luigi était seul avec ses secrets. Tout cela lui pesait, bien évidemment, il aimerait bien se confier à quelqu'un parfois, voire même juste raconter une anecdote à son collègue et ami Ferdinand. Quelques unes de leurs missions lui rappelait d'autres similaires à Rome. Peut être un jour, il lui parlerait de tout cela. Comme il s'était aussi promis à en parler à Lully. Un jour … En attendant, juste un merci, Luigi n'aurait sûrement pas survécu à cette aventure tout seul.

« Si j’avais une once de bon sens je ne vous aurais même pas emmené là-dedans ! Remerciez plutôt le ciel, si vous n’aviez dû compter que sur moi… En fait c’est plutôt moi qui devrais vous remercier. Sans votre intervention –pleine de panache, je le reconnais !- j’étais cuit. Merci. »

Luigi n'esquissa qu'un petit sourire. Ils étaient donc quitte pour ce soir et pouvaient passer à autre chose, puisque le mélo n'était pas leur truc. Ils repassaient sur leur mission, même s'il fallait rassembler un peu de force au romain juste pour parler. Leur affaire du soir s'était globalement bien passée, si on faisait l'impasse de l'état de santé de Luigi qui devrait rester entre les deux amis. Ils avaient espionné, croisé le fer, avait réussi à fuir et sauvé une jeune femme, tout le monde ne pouvait pas en faire autant, même au cœur des espions. Ils avaient même pu démasqué quelques personnalités, du beau travail en somme.

« Comme quoi, on en apprend tous les jours. Meilant et sa sœur donc, j’en ai aussi reconnu quelques-uns, Joubert, Nailloux et Leclerc. De la belle marmaille aussi. C’est la Reynie qui va être content ! »
« Que de la racaille qui auront une jolie place à la Bastille ! »
« Ca c’est ce que j’appelle un travail rondement mené ! Bien joué Colonna, décidément ça me plaît de travailler avec vous ! Maintenant vous avez deux options : ou bien vous choisissez l’option raisonnable et vous essayez de dormir… Soit vous me faites la conversation jusqu’à demain matin. Mais je vous préviens, je risque de m’endormir avant et vous de parler dans le vide ! Ceci dit votre voix fait une jolie berceuse, on vous l’a déjà dit ? »


Luigi se mit à rire mais cela s'étouffa rapidement dans une petite crise de toux. S'il ne pouvait même plus rire en paix en présence du Fou en personne, ce serait d'un triste !

« Raiso-quoi ? Vous devriez me connaître à force ! Je vous servirais donc de berceuse, j'ai toujours quelque chose à vous raconter. D'ailleurs, ça me rappelle que je devais vous parler de … »

Et voici Colonna commencer à parler, toujours allongé, une voix plus faible que d'ordinaire et une main sur le cœur comme pour vérifier que l'organe ne sorte pas lors d'un battement un peu plus violent. Bien sûr, ils ne discutèrent pas jusqu'au petit matin, Luigi ne saurait dire s'il avait parlé dans le vide ou s'il s'était endormi le premier. Mais lorsqu'il rouvrit les yeux, il faisait jour et il se sentait légèrement mieux, du moins assez pour rentrer à Versailles et s'y recoucher après s'être nettoyé. Une bonne mission de finie, une autre ne saurait tarder, la team Ferdigi avait toujours de quoi s'occuper !




A bientôt pour de nouvelles aventures Héros (Ferdigi)

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