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 Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca]

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MessageSujet: Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca]   Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca] Icon_minitime03.12.11 20:40

C'était bien la première fois que la duchesse de Brabant était vêtue de la sorte. Ses cheveux étaient négligemment attachés en une queue de cheval qu'elle avait fait elle-même. Grâce à sa camériste, elle s'était procurée des vêtements d'un genre peu commun pour son rang.
Un pantalon d'homme coupé au milieu du mollet dans lequel elle avait rentré une chemise blanche à jabot toutefois légèrement trop grande pour elle.
En se regardant dans le miroir, elle trouva que malgré cet accoutrement plus qu’androgyne, elle avait une certaine allure. Mais heureusement qu'aucun courtisan ne la verrait dans cette tenue, car cela marquerait sans doute le début de caquetages qui ne seraient pas près de se tasser. Aujourd'hui, tout le monde était trop occupé à jouer aux cartes au château pour mettre le nez dehors.
Avant de sortir, Bianca enfila une veste courte qui, elle espérait, serait susceptible de la tenir, à moindre mesure cependant , au chaud. Par pure précaution, elle préféra également mettre sur ses épaules une cape à capuche qui la cacherait un temps soit peu, le temps de sortir de chez elle et de traverser les jardins adjacents au Trianon.
Une fois sa tenue correctement ajustée, elle saisit une épée qu'elle avait au préalablement posée contre la cheminée. Celle-ci appartenait à son époux, mais au vue de l'importante collection qu'il possédait, il ne remarquerait pas l'absence d'une insignifiante arme. Après avoir accroché celle-ci à sa ceinture, Bianca prit une profonde inspiration, rabattit sa capuche et sorti de ses appartements.

Une fois à l'extérieur, elle pressa le pas, comme de peur de croiser quelqu'un qui pourrait la reconnaître. En cette fin novembre, il ne faisait pas très fois, sauf quand une bourrasque se faisait sentir. La duchesse marcha à vive allure durant une dizaine de minutes en direction des abords du grand canal. C'était un des seuls endroits de Versailles où il était pour ainsi dire sûr de ne rencontrer personne, à moins d'avoir quelque chose à cacher.
Ce jour là, Bianca était plus ou moins de ces personnes. Non pas qu'elle avait pour but d'enfouir à jamais un cadavre dans les eaux du canal, mais plutôt qu'elle allait se livrer à des activités qu'on ne recommanderait, et même qu'on interdirait à une dame de bonne famille.
Sur le chemin, elle se retourna quelques fois afin de s'assurer que personne ne la suivait, bien qu'il soit ridicule de penser que quelqu'un puisse avoir le moindre intérêt à se soucier de ses agissements.
Mais cette sortie proscrite et la petite montée d'adrénaline que celle-ci provoquait lui était assez agréable. Sortir de son train-train habituel, orchestré par les achats de nouvelles toilettes et de badinages de cour, ne pouvait que lui être bénéfique.

Une fois arrivée au niveau du grand canal, Bianca longea celui-ci pendant quelques centaines de mètres encore. Une fois à l'endroit qui avait était prévu au préalablement, elle s'assit sur le rebord et retira sa capuche. Ne restait plus qu'à attendre et cela ne serait sûrement pas long puisque Bianca avait observé que François de Froulay était un homme des plus ponctuels.
Le mousquetaire était sans doute la seule de ses connaissances capable de lui rendre le service qu'elle souhaitait. Demander des cours d'escrime à n'importe quel autre homme de la cour aurait été chose impensable. Et si c'est elle avait sollicité son frère, elle n'aurait eu droit qu'à une leçon de morale.
Définitivement, François était l'homme de la situation. La duchesse savait qu'il saurait être discret et en tant que mousquetaire du roi, on ne pouvait souhaiter meilleur professeur. Et entre nous, il était des plus charmants ! Étonnant d'ailleurs qu'il n'ait pas trouvé une demoiselle à qui faire la cour. Enfin, peut être n'était elle pas au courant de tout. Mais ce n'était absolument pas le sujet du jour.

Voilà justement François qui arrivait. Quand il fut arrivé à sa hauteur, Bianca se leva. Dans un réflexe, elle commença à s'incliner dans une révérence de politesse avant de se rappeler que sa tenue ne s'y prêtait que peu.

- Cher mousquetaire ! Je suis ravie que vous alliez répondu à mon invitation. Dit alors Bianca d'un ton enjoué, visiblement très heureuse de l'arrivée

- Et ne me trouvez vous pas des plus élégantes ? Continua-t-elle avec un sourire aux lèvres, faisant un tour sur elle-même.


Dernière édition par Bianca de Brabant le 05.04.12 11:53, édité 1 fois
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François de Froulay

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a été brisé, il va falloir le recoller
Côté Lit: vide, au désespoir des mignons de Monsieur
Discours royal:



Fuis les honneurs et l'honneur te suivra
Convoite la mort et la vie te sera donnée


Âge : 25 ans
Titre : Maréchal des Logis des Mousquetaires, Capitaine de la garde de Monsieur, Marquis de Lavardin
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MessageSujet: Re: Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca]   Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca] Icon_minitime07.12.11 22:05

-Il fait un froid de loup… murmura l’un des hommes derrière moi.

Mon visage dissimulé sous le pan de ma cape rabattu devant mon visage pour me tenir chaud se fendit un instant d’un sourire. L’hiver était là, avec son brouillard matinal sur les pièces d’eaux du parc royal, et ses petites plaques de verglas dans les ruelles où la totalité de la population versaillaise déversait ses déchets liquides et solides. L’avantage sur l’hiver par rapport à l’été, c’est que le froid emprisonnait les odeurs là où la chaleur les exacerbait et les rendait insupportables. Alors sortir patrouiller était peut être difficile, mais c’était toujours plus supportable pour l’odorat. De toute façon, avec ce froid, tout le monde essayait de rester le plus au chaud possible, le bourgeois comme le voleur. Cela rendait nos patrouilles plus courtes et nous rentrions plus tôt. Il y avait rarement de quoi s’inquiéter à cette période de l’année. En passant à proximité de chez Claire, je pensais un instant à ma belle. Que faisait-elle ? Où était-elle ? Allait-elle bien ? Si seulement nous pouvions être ensemble… Peut être que je n’aurais plus à me poser toutes ces questions vingt quatre heures sur vingt quatre. Un courant d’air glacial à la sortie d’une ruelle me ramena rapidement à la réalité. Il était temps de rentrer au camp, se mettre au chaud. Du moins quelques temps pour ma part, il ne fallait pas que je m’endorme. J’avais un rendez-vous aujourd’hui, un rendez-vous qui ne plairait pas à la plupart des gens je le craignais.

Au point où j’en étais, entre mon histoire d’amour atypique et les frasques de ma sœur, de toute façon… Il m’arrivait de me demander à quel point cela pourrait être pire… La troupe de cinq hommes que je dirigeais en tant que sous officier passa l’entrée bien gardée du camp des mousquetaires, avant que la grille ne se referme derrière nous. Fugitive impression de sécurité toute relative. Je n’avais jamais été à la guerre, mais je doutais que ces frêles barreaux de métal résistent un tant soi peu à la foule en délire, et ca, je connaissais. Il n’y avait plus qu’à espérer… Au moment d’ouvrir la porte de la salle d’arme, je sentis toute la chaleur qui régnait dans ce lieu, l’énorme bûche brûlant dans la cheminée. Cela faisait du bien. Le temps que mes compagnons et moi-même passions la porte suffit à nous attirer quelques grognements peu satisfaits de ce courant d’air plutôt mal venu, car si nous avions sentis l’air chaud, eux, avaient bien senti le courant d’air froid. Il n’y avait plus qu’à espérer que cela se calme d’ici un peu moins d’une heure, que je ressorte en direction du grand canal. A pied toujours, il était inutile d’attirer l’attention plus que cela. Ecoutant ça et là les conversations, je retirais mes gants, mon feutre et ma cape, laissant apparaitre ma casaque bleue roi frappée d’une fleur de lys. J’étais tellement fier de mon uniforme. Fierté infantile sans doute, mais qui a dit qu’il était bon de perdre son âme d’enfant.

Alors que j’étendais les mains vers la cheminé dans l’espoir de les réchauffer, je jetais un bref coup d’œil à la table derrière moi où étaient étalées quelques cartes à jouer et la maigre solde de mes compagnons. Mon devoir d’officier aurait été d’y mettre bon ordre, mais ils n’étaient pas en service, et pour perdre bien trop souvent ma solde face à du Perche, j’étais plutôt mal placé pour faire la moindre remarque. Une fois que j’eus la sensation que le sang circulait à nouveau dans mes veines, je me servis un verre de vin chaud largement épicé pour achever de me revigorer, regardant de temps à autre l’horloge qui égrainait lentement les heures. Il serait bientôt temps pour moi d’y aller. Tant qu’à faire, autant prendre de l’avance, cela éviterait à mon rendez-vous de m’attendre éternellement. A peine mon gobelet en terre cuite reposé, je remis cape, feutre et gants, me préparant à ressortir.

-Seriez vous devenu fol, Froulay, pour vous aventurer à l’extérieur par un froid pareil ? s’exclama l’un de mes compagnons.

Un sourire mutin aux lèvres, je lui offris un salut complice en portant ma main au bout de mon feutre.

-Le cœur a ses raisons que la raison ignore…

Et je fermais la porte sur le rire gras de mes camarades. Autant mettre cela sur le compte d’une intrigue galante, c’est ce qui de toute manière paraitrait le plus logique. Et pourtant… Ils étaient loin du compte. C’était bel et bien une jeune femme que je m’apprêtais à rencontrer, mais certes pas celle de mes pensées. A vrai dire, si Claire était jugée de bien trop basse extraction pour mériter mon intérêt, du côté de Bianca de Barbant, c’était moi qui étais bien trop obscure pour mériter les faveurs de la princesse danoise.

Bien loin de moi cette idée, de toute manière. Non seulement, la belle était mariée – mais qu’est ce que le mariage, sinon une affaire d’argent et de politique, surtout dans ces hautes sphères royales – mais mon cœur tout entier appartenait à ma jolie comédienne, et il était tout simplement hors de question qu’il en soit autrement. Non… Bianca était la sœur d’un de mes amis les plus proches, Edouard, qui avait eut la bonté de mettre de côté notre différence sociale pour me faire l’honneur de sa confiance. A force de le fréquenter – en public qui plus est, il n’y a que les rois, ou dans le cas précis un futur roi pour oser aller au contraire des convenances – j’avais fini par bien connaitre sa sœur. Et la requête de celle-ci avait été pour le moins inhabituelle. La jeune duchesse voulait apprendre à tenir une arme. Pour quel usage ? Je n’avais pas encore eut la réponse à cette question. Un caprice ? Peut être… Mais ce n’était pas à moi d’en juger. J’avais choisis le canal comme lieu de rendez-vous pour ses rives peu fréquentées à ce moment de l’année. En plein été, il nous aurait fallut trouver un autre lieu pour éviter d’être surpris. A mon arrivée, pourtant, je vis une silhouette se redresser. Moi qui me pensais en avance… La tenue masculine seyait vraiment bien à la jeune femme, révélant ses courbes et ses formes, habituellement dissimulées par ses robes. Je me fustigeais mentalement pour une telle pensée. Elle esquissa une révérence avant de rire :

- Cher mousquetaire ! Je suis ravie que vous alliez répondu à mon invitation. Et ne me trouvez vous pas des plus élégantes ?

Je la saluais d’un mouvement de chapeau, souriant.

-Vous êtes toujours d’une élégance parfaite, duchesse. Je crains pourtant que ce genre de tenue ne seille guère lors du prochain bal de Sa Majesté, répondis-je avec un sourire. Etes-vous prête pour votre première leçon ?

Il était vrai qu’une leçon d’escrime en robe de cour aurait été compliquée. Je tirais ma propre épée, avant de m’approcher de la duchesse pour lui montrer la première position d’attaque à adopter.

-Voyez. Jambe droite reculée, le pied légèrement à l’extérieur. Jambe gauche avancée. Vous devez être très souple sur vos pieds. Et votre main doit toujours tenir votre lame en avant. Votre poignet doit être ferme, mais souple. Surtout pas bloqué, ou vous risqueriez de vous blesser.

Et cela, je ne me le pardonnerai jamais.

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MessageSujet: Re: Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca]   Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca] Icon_minitime11.12.11 19:56

François la salua d'un mouvement de chapeau respectueux. Pendant ce temps, Bianca retira la cape qu'elle avait jusqu'alors gardée sur les épaules et la posa sur le rebord du bassin, à l’endroit où elle était assise quelques secondes auparavant.

-Vous êtes toujours d’une élégance parfaite, duchesse. Je crains pourtant que ce genre de tenue ne seille guère lors du prochain bal de Sa Majesté, lui répondit-il avec une pointe d'humour qui ne manqua pas d'amuser Bianca. Etes-vous prête pour votre première leçon ?

-On ne peut plus prête ! S'exclama la duchesse tout en tirant, assez maladroitement cependant, son épée.
Le mousquetaire vint se placer à côté de Bianca, se plaçant lui-même dans la position qu'il décrivait.

-Voyez. Jambe droite reculée, le pied légèrement à l’extérieur. Commença-t'il à expliquer, tout en mimant l'action. Jambe gauche avancée. Vous devez être très souple sur vos pieds. Et votre main doit toujours tenir votre lame en avant. Votre poignet doit être ferme, mais souple. Surtout pas bloqué, ou vous risqueriez de vous blesser.


Bianca, pleine de bonne volonté, essaya au mieux d'adopter la posture, mimant au plus près l'attitude de François. Cela lui était assez difficile, n'étant pas vraiment habituée à la tenue d'une arme. Jusqu'à aujourd'hui, elle s'était contentée du maniement de la brosse à cheveux et s'en était accommodé plutôt bien.
Mais elle tentait de se convaincre qu'avec de l'entraînement et un bon professeur, elle finirait par être capable de se défendre elle-même, bien qu'elle n'était tout de même pas mauvaise au lancer de vases puisqu’elle avait déjà eu l'occasion de s'y exercer quelque peu lors de colères - peu nombreuses évidemment - contre son mari.

Même si elle était très correctement entourée, Bianca ne se sentait que peu en sécurité ces derniers temps. Elle était en train de prendre conscience que depuis son arrivée à la cour de France, elle s'était mis à dos quelques personnes déjà et que celles-là seraient bien capables de lui rendre la monnaie de sa pièce un jour ou l'autre.
Même si elle ne voyait pas bien comment elles pourraient l'atteindre, mieux valait prévenir. Évidemment, elle n'avait pas encore trouvé de solution pour dissimuler une arme sous une imposante robe... Mais elle se pencherait sur la question plus tard et au pire, une dague ferait sans doute l'affaire.
Un coup bien placé par surprise et n'importe quel danger serait écarté.
Bianca frémit à cette idée. Tuer quelqu'un ? Et puis quoi encore, même si sa vie était en danger, elle ne se sentirait sans doute jamais capable d’abattre un homme de ses propres mains. Et quand bien même il lui faudrait se débarrasser de quelqu'un, elle trouverait toujours une personne capable de le faire pour elle. Elle savait bien que les tueurs n'étaient pas ce qu'il manquait dans Paris. Dommage qu'elle n'en connaisse aucun...

Mais que d'idées des plus sordides elle allaient imaginer ! La danoise se ravisa bien vite. Ce genre de pensées lugubres et rien que le fait que celles-ci lui soient venues à l'esprit lui faisait froid dans le dos. Elle préféra se concentrer sur les mouvements que lui faisait enchaîner François.
Il semblait avoir une aisance naturelle, maniant l'épée avec légèreté et fluidité. En regardant le jeune homme, l'escrime se transformait en un véritable art.
Au bout de minutes qui lui parurent interminables tant Bianca avait du mal à suivre le rythme imposé par François, elle s’arrêta quelques instants. Elle s'assit alors par terre pour reprendre quelque peu son souffle.

- Je me relève dans un instant, dit alors la duchesse entre deux soupirs mais toujours sur le ton de la plaisanterie, juste le temps de me demander pourquoi diable suis-je en train de m'imposer tout cela. Le maniement des poisons est sans doute plus aisé !

Elle s'imagina alors apprendre l'art des fioles avec une vieille ensorceleuse de pacotille. En réalité, ce serait sans doute moins amusant et peut être plus superflu. Surtout qu'il était devenue bien trop commun pour une femme d'en user, l'épée était quelque chose beaucoup plus original. Enfin, l'un comme l'autre, il valait tout de même mieux se cacher pour le pratiquer.

- Enfin, je ne devrais pas me plaindre ayant un professeur aussi charmant que vous, reprit elle d'un ton presque enjôleur, juste pour s'amuser de la réaction de François.

- Bon, ce n'est pas tout, mais je ne suis pas encore une escrimeuse hors pair et il m'arrangerait de le devenir. Alors finit de flemmarder ! Dit elle en se remettant debout sveltement.
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François de Froulay

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MessageSujet: Re: Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca]   Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca] Icon_minitime14.12.11 23:15

Il était plutôt étonnant de se voir demander par une jeune femme de lui donner des cours d’escrime, surtout quand la jeune femme en question avait le rang de Bianca. On s’attend à tout, sauf à cela. Elle était jeune certes, mais de ces femmes qui avaient passées leur vie à avoir tout ce dont elles rêvaient, des capricieuses gâtées. Je les trouvais pourtant charmantes et amusantes, et aurait parfois apprécié que ma sœur soit comme elle. Mais on ne peut hélas pas trop en demander à tout le monde… J’avais peur qu’il ne s’agisse là que d’un vulgaire caprice de la jeune femme, visant à je ne sais quel dessein, mais j’avais beau être ami avec son frère, je n’avais pas osé lui poser des questions un peu trop personnelles et indiscrètes. Cela aurait pourtant été mon droit, vu qu’elle me demandait mes services. Mais ma galanterie et ma discrétion ainsi que mon éducation m’empêchaient de commettre une action qui manquait tant d’élégance que celle d’interroger une jeune femme de qualité sur ses actions et ses envies. Au pire, je me disais que si elle trouvait cela difficile, dans le cas où il s’agirait uniquement d’un caprice, elle s’effondrerait à la moindre difficulté. Je n’avais même pas jugé utile d’en référé à Edouard, du moins pas pour le moment. La belle était mariée, et ce n’était plus qu’à son époux que j’aurais dus rendre des comptes si je l’avais pus. Mais j’avais jugé Bianca assez grande pour savoir ce qu’elle faisait.

L’endroit était plutôt discret, calme, propre à la concentration. Et au pire, proche de la forêt. Si on nous surprenait, il serait facile de disparaitre dans les méandres d’un bosquet, l’ombre de la forêt nous serait propice, il n’y aurait personne pour nous poursuivre bien loin. Pour les avoir déjà parcourus à cheval, je savais à quel point passer ici sur le dos d’une monture, et en plus à cette période de l’année, avec les flaques plus ou moins gelées sur lesquelles les chevaux glissent en passant au grand galop – quand elles ne se brisent pas tout simplement sous leurs sabots ferrés, déstabilisant pour de bon la course à toute vitesse, et risquant la chute mortelle, pour le cheval comme son cavalier – pouvait être dangereux, et presque impraticable. Le secret qui me liait à la jeune femme était plus dangereux pour elle que pour moi. Je doutais sincèrement que vu sa qualité, elle puisse être réellement inquiétée par des sanctions judiciaires, mais le scandale entacherait à jamais son nom et celui de sa famille. Rendez-vous compte, la duchesse de Barbant qui se promène, habillée en garçon, et qui tire l’épée comme un vulgaire coupe jarret ?! Cela aurait vraiment fait désordre. Et on m’aurait difficilement pardonné dans les hautes sphères d’avoir été le complice – que la rumeur pouvait rapidement transformer en artisan – de cette chute dans la honte. Après mure réflexion, je ne pus m’empêcher de penser que si je ne cherchais pas les ennuis, j’en donnais pourtant bien l’impression. Chaque femme que je côtoyais ces derniers temps risquait de provoquer ma perte. Merci mesdames…

J’espérai que l’épée dont elle s’était munie allait être de bonne qualité. Je savais par expérience que beaucoup de grands seigneurs avaient une collection impressionnante d’armes, mais certaines étaient plus des épées d’apparat, faites de métaux grossiers, uniquement là pour la dorure dont le pommeau et la garde étaient recouverts, plutôt que pour réellement se défendre. Mieux valait donc une arme dénuée de pierreries mais en acier bien trempé que ces jouets qu’on pourrait presque confier à des enfants tellement ils sont inoffensifs. J’avais peur que, devant son inexpérience, la duchesse ait fait un choix peu judicieux. Il ne lui aurait pas été imputable, certes, ça aurait plutôt été à moi en tant que professeur d’amener une arme de qualité, mais à la prochaine leçon peut être. Pour le moment, je songeais uniquement à lui enseigner les positions de base. Une épée de fer ou une épée en bois servirait tout autant pour sa première leçon. J’espérai qu’elle se soit habillée de manière confortable, adéquate à la leçon que je voulais lui porter, et je suis rassuré de voir à mon arrivé que c’était le cas. Elle était même plutôt charmante ainsi. J’étais rassuré de la voir habillée de la sorte. D’autres à sa place seraient certainement venues vêtues de robes de cours. Je lui fis d’ailleurs remarquer que cette tenue ne serait pas du meilleur goût pour la prochaine réception royale. Sauf peut être si le roi organisait un bal masqué bien évidemment.

Après les salutations d’usage, je me mis en devoir de lui enseigner la première position. Position de base, facilitant à la fois l’attaque et la défense, préparant à tout. Une fois que je lui eus montré comment se mettre en place, je l’enjoignis à faire de même pendant que je la regardais, corrigeant là un pied mal placé, et ici un bras trop lâche. Ce n’était pas si mal. La danse l’aiderait surement – il était de notoriété publique que toute jeune fille de bonne famille se devait de savoir danser à la perfection, la souplesse de la danse et celle de l’escrime se complètent. Pourtant, au bout de quelques minutes qui me parurent courtes, mais qui semblaient lui être interminables, elle s’assit au sol pour reprendre son souffle, les joues rougies par l’effort.

- Je me relève dans un instant, juste le temps de me demander pourquoi diable suis-je en train de m'imposer tout cela. Le maniement des poisons est sans doute plus aisé !

Je souris, m’adossant à un arbre à proximité.

-Sans doute, mais cela manque de panache et d’honneur pour l’humble mousquetaire que je suis.

- Enfin, je ne devrais pas me plaindre ayant un professeur aussi charmant que vous.

-C’est trop d’honneur que vous me faites de m’avoir demandé de l’aide, duchesse.

Je lui souris, l’oreille pourtant aux aguets, inquiet qu’on puisse nous découvrir ici. Heureusement, nous semblions parfaitement seuls ici et c’était bien de loin ce qui importait le plus. Finalement, elle se releva, reposée.

- Bon, ce n'est pas tout, mais je ne suis pas encore une escrimeuse hors pair et il m'arrangerait de le devenir. Alors finit de flemmarder !

Je me redressais à mon tour, réfléchissant déjà à ce que nous allions faire par la suite.

-Bien ! Maintenant, nous allons voir l’attaque et la parade. Ce n’est pas très compliqué. Il va falloir que vous repreniez notre position de base et que vous aimez tellement, me moquai-je gentiment, et apprendre à vous fendre, avant de vous remettre en garde, et finalement parer une attaque de front.

Cela semblait bien compliqué en théorie, mais en pratique, il n’y avait pas vraiment de difficulté. Je lui fis une petite démonstration.

-Comme ceci.

Je repris la position initiale que je venais de lui enseigner, avant de plier un peu plus la jambe gauche, et de tendre le bras au maximum comme pour frapper d’estoc un adversaire invisible. Puis je repris la position de base, avant de faire basculer mon poids cette fois-ci sur la jambe arrière, en parant toujours contre un adversaire fantôme, l’épée parfaitement parallèle à mon corps, décrivant une diagonal partant de mon bras, se situant au niveau de mes abdominaux droit, jusqu’à la pointe, au dessus de mon épaule gauche.

-Je sais, cela a l’air compliqué, mais au final, ça ne vous posera pas de difficulté ne vous en faite pas. Essayez une ou deux fois de faire basculer votre poids du corps, et ensuite, vous essayerez avec un véritable adversaire. Je ne frapperai pas fort ne vous en faites pas.

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MessageSujet: Re: Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca]   Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca] Icon_minitime26.12.11 12:27

-Comme ceci.
François n'avait pas l'air des plus sereins, sans doute s'inquiétait il que quelqu'un puisse les surprendre, mais ayant mieux à faire que de se soucier du pire, il se remit en position la seconde après que la jeune femme se soit relevée.

- Bien !S’exclama t-il sans lui avoir à peine laissé le temps de retrouver appuis.Maintenant, nous allons voir l’attaque et la parade. Ce n’est pas très compliqué.Les grands yeux ahuris de Bianca laissaient comprendre qu'elle ne voyait pas les choses de la même façon...
Il va falloir que vous repreniez notre position de base et que vous aimez tellement,continua t-il un brai moqueur, et apprendre à vous fendre, avant de vous remettre en garde, et finalement parer une attaque de front. 
Bianca regardait le jeune homme l'air relativement apeuré par ce qu'il voulait lui faire faire. Tant de théorie pour un seul mouvement.
Mais rien ne vaut une démonstration et c'est ce qu'à quoi s'adonna son professeur sur-le-champ.
Bianca observait François enchainant tous ces mouvements, ahurie. Comment diable pouvait il imaginer qu'elle soit capable d'un tel tour de force. Le pied aligné, le buste droit, le poignet souple... Tant de choses à emmagasiner pour un mouvement de base.

- Comme ceci...

Oui, comme ceci... Bianca tenta de visualiser l'air ridicule qu'elle aurait très certainement lorsqu'elle tenterait de reproduire cette attaque qui était indispensable à toute escrimeuse.
Enfin, cela ne pouvait pas être beaucoup plus difficile que de danser le menuet.

-Je sais, cela a l’air compliqué, mais au final, ça ne vous posera pas de difficulté ne vous en faite pas, lui assura t-il.Essayez une ou deux fois de faire basculer votre poids du corps, et ensuite, vous essayerez avec un véritable adversaire. Je ne frapperai pas fort ne vous en faites pas. 

Elle prit une grande inspiration et repris la position qu'il lui avait au préalablement enseigné. Jambe légèrement fléchit, elle se concentra pour se remémorer tout ce qui venait de lui être dit, s'appliqua un maximum et bien que doucement, elle reproduit la fente de façon assez satisfaisante. Se rendant compte qu'en effet, ce n'était pas si compliqué qu'il n'y paraissait et qu'il se pourrait bien qu'elle ne soit pas si mauvaise qu'elle ne le pensait, elle ne put s'empêcher de lancer un petit cri de joie accompagné d'un petit saut digne d'une enfant à qui on donnait un nouveau jouer.
Mais soucieuse de valider ce qu'elle pensait venir acquérir, elle recommença un peu plus rapidement. Pas encore digne de porter la casaque, mais la Brabant se révéla moins gourde que n'importe qui aurait pensé au premier regard !
Évidemment, ce n'est pas avec cela qu'elle gagnerait un duel, mais c'était un bon début. Ravie de réussir enfin autre chose que de pourrir la vie de qui la rencontrerai, elle recommença encore une ou deux fois avec un grand sourire.

- Eh ! Vous avez vu ! Je suis sûre que d'ici peut je peut vous désarmer, s'exclama t-elle d'un ton enjoué avec un petit rire.

Et dans la lancée de son affirmation, elle tenta d'attaquer François pour s'amuser avec son nouveau savoir faire. Mais il avait sans doute des réflexes plus développés que les siens puisqu'il eut vite fait de repousser l'attaque qui nécessitait visiblement un léger perfectionnement.

-Je reconnais avoir besoin de pratiquer encore un peu... reconnut-elle de bonne foi.
Allez, j'essaye de parer à présent. Hop, en garde ! Dit elle en faisant signe de son épée.

Bianca se remit en position de départ et tendit son épée, signifiant à François qu'elle se sentait prête. Mais sans qu'elle ait eu à peine le temps de le voir arriver, elle vit une arme arriver à sa hauteur à une vitesse qui lui sembla impressionnante. Elle qui n'avait pas encore des réflexes exceptionnels ne vit pas le coup venir et malgré une tentative de repousser l'attaque avec un coup d'épée, elle se retrouva les fesses par terre, l'air déboussolée.
Contre toute attente, elle ne se mit pas à pester contre son professeur qui se serait montré trop violent et pas assez prévenant à son égard, mais elle se mit à éclater de rire tout en tendant sa main au mousquetaire pour qu'il l'aide à se remettre debout.
Une fois sur ses pieds, elle nettoya, avec un manque d'élégance certain, ce pantalon dans lequel elle se sentait étrangement à l'aise.

- Ne vous inquiétez pas, je suis encore entière, dit-elle en ramassant son arme qui était tombé sur le sol lors de son déséquilibre. Et je dois avouer que ce n'est pas si désagréable d'avoir en face de soi quelqu'un qui ne vous ménage pas.

La duchesse avait les joues rougis cet effort qui lui était peu habituel, avait le souffle un peu court et surtout se surprit à se aimer cela. Elle se sentait plus vivante qu'elle ne l'avait été durant tous ces mois de faste et de badinages inutiles propres à Versailles.
Libre de tous faits et gestes, pendant quelques instants loin de tous les carcans qu'imposaient la bienséance, elle touchait du bout du doigt ce que pouvait être la liberté. Elle oublia alors ce qui l'avait poussé à venir ici, oubliant son mari et la contrainte qu'il représentait pour elle, oubliant Vivonne et les soirées cachées, oubliant l'odieux chantage qu'elle faisait subir à Claire, profitant simplement du moment plaisant qu'était devenu ce cours.
Le simple fait de partager un moment, à l'écart de la cour, hors d'une robe et qui en plus se révélait divertissant lui était des plus agréables.

- Moi qui prenais l'escrime pour un devoir ennuyeux des gentilshommes, il se pourrait que je me sois trompée.

Ayant de plus en plus d'entrain dans ce qu'elle faisait, elle se redressa, prête à tenter de nouveau ce à quoi elle venait d'échouer.
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François de Froulay

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MessageSujet: Re: Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca]   Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca] Icon_minitime30.12.11 23:20

Je devais reconnaitre que s’il s’agissait là d’un caprice de la part de la jeune femme, elle se donnait plutôt du mal pour y arriver. La connaissant comme je la connaissais, le personnage de petite précieuse ayant toujours eus tout ce dont elle avait besoin, contre l’obligation d’épouser un homme qu’elle n’aimait pas – les contraintes des puissants, hélas – j’aurais pensé eus tendance à penser qu’elle aurait abandonné la partie dès la première difficulté, mais non, elle s’accrochait. Elle avait du mal, et n’était peut être pas la plus douée de mes élèves, mais elle faisait de son mieux et ça en aurait presque été impressionnant. Mais en homme d’honneur que j’étais je n’aurais certes pas été pavoisé sur les prouesses de ma jeune élève dans les salons où je n’allais d’ailleurs que peu souvent. Cela aurait été très mauvais pour sa réputation, et destructeur pour ma situation. La concentration dont elle faisait preuve était loin d’être ce que j’aurais attendu de sa part. Je la connaissais oisive, précieuse aussi, dans les grands salons où je l’avais croisée à plusieurs reprises en rendant visite à son frère Edouard. Qui aurait pu penser qu’un obscur petit mousquetaire aurait pu frayer avec le grand et illustre héritier du trône du Danemark ? Il ne faut jurer de rien à Versailles, tout se mêle et le pire comme le meilleur viennent souvent d’endroits insoupçonnés. La ville au centre de toutes les conversations de l’Europe et qu’on tentait de reproduire jusqu’à Saint Petersbourg, dans l’empire de Russie, était loin d’être aussi belle en profondeur qu’elle le paraissait de l’extérieur.

Le parc l’hiver était le lieu idéal de rendez-vous plus ou moins interdis. Contrairement à l’été où les amoureux ne perdaient jamais une occasion d’aller s’y réfugier et où l’on risquait d’entendre ici ou là un soupir alangui ou un petit fou-rire trahissant des présences, à cette période de l’année, on cherchait plutôt la chaleur des cheminés et l’intimité d’un boudoir que le froid du jardin royal qui, à l’image du château, avait été voulut grandiose. Tellement grandiose que le froid y stagnait parfois pour la journée, sans se lever, sans dégeler. Il y avait donc peu de chances pour que nous soyons surpris, du moins pas par des personnes qui comptaient. Car le parc était au plus grand désarroi des mousquetaires chargés de la sécurité, ouvert à tout venant ou presque ce qui rendait le contrôle des allées et venues difficiles, surtout les soirs de fête où rien n’allait jamais comme on le pensait et où la menace d’une tentative d’atteinte à la personne du roi ou un de ses proches était toujours risquée. Comme si nous n’avions pas assez de problèmes avec les personnes que nous savions déjà potentiellement dangereuses. Et encore, les espions au service de sa Majesté ne nous disaient pas tout. Ce qui était plutôt regrettable car la communication était encore le meilleur moyen d’éviter des drames. Mais ils craignaient les fuites, hélas, et si nous avions connus les allées et venues de tous les membres de notre escadron, peut être les aurions nous craintes nous aussi…

La demoiselle était pourtant bien loin de ces ennuis de cours et de sécurités qui, en tant que sous officier, me tenaient à cœur. Mais elle était bien plus proche de certains ennuis personnels que je soupçonnais à peine, mais qui étaient pourtant bien présents et qu’il ne me fallait pas négliger. Encore aurait-il fallut que j’en ai conscience. C’était à se demander si je ne faisais pas passer trop souvent le travail avant ma relation avec Claire. Pourtant si jamais j’avais réellement fait passer mon travail avant tout, je n’aurais même jamais posé les yeux sur la jeune femme, commettant ainsi la plus grosse erreur de toute ma vie. Pour le moment, mon seul véritable problème – du moins à ma connaissance – c’était ma sœur. Il allait bien falloir y remédier à un moment ou à un autre. Et j’avais bien l’intention de l’emmener avec moi bientôt pour quelques jours en tête à tête pour que nous mettions les choses au point, il fallait simplement attendre… Je regardais Bianca et me demandais un instant pourquoi Elodie n’était pas un peu plus comme elle, plus féminine et attachée à sa condition. Enfin, pas dans cet instant précis, mais le reste du temps. Cela aurait tellement mieux valut pour tout le monde. J’essayais de la comprendre mais les quelques années que nous avions passées loin l’un de l’autre nous avaient éloignées malgré tout. Il était peut être temps qu’on se retrouve.

Nous n’avions pas la même relation que ma jeune élève entretenait avec son propre frère. Chaque famille trouve son propre équilibre. Je reculais après avoir expliqué à la jeune femme les deux positions de base de l’escrime. Le reste ensuite, n’était qu’une question de réflexe. Il lui faudrait, une fois ces deux gestes enregistrés, encore apprendre à désarmer un adversaire, ainsi que quelques bottes de base, mais le plus important serait d’apprendre à juger de l’environnement du duel et de jauger son adversaire, sans le sous estimer. C’était ce qui était fatal le plus souvent. Je regardais ma petite élève s’appliquer, quand elle me lança, joyeuse :

-Eh ! Vous avez vu ! Je suis sûre que d'ici peut je peux vous désarmer, s’exclama-t-elle.

J’eus un petit sourire, celui qu’on a en regardant les enfants affirmer des choses dépassant leurs capacités. Amusé, mais pas moqueur. Comme pour prouver ce qu’elle avançait, elle se fendit dans ma direction, dans une passe maladroite. Je redressais le bras pour la parer exactement comme je lui avais montré, un peu plus vite peut être.

-Je reconnais avoir besoin de pratiquer encore un peu... Allez, j'essaye de parer à présent. Hop, en garde !

Je m’exécutais, contrôlant pourtant mon attaque de manière à ne pas lui faire de mal. Mais surprise, elle recula un peu trop et se retrouva à nouveau par terre. Je m’avançais vers elle pour m’assurer qu’elle n’avait rien, inquiet qu’elle ait pu se tordre le bras ou la cheville, mais elle me rassura immédiatement.

- Ne vous inquiétez pas, je suis encore entière. Et je dois avouer que ce n'est pas si désagréable d'avoir en face de soi quelqu'un qui ne vous ménage pas.

-Je ne fais que ce que vous m’avez demandé, Duchesse, répondis-je en lui tendant la main pour l’aider à se relever.

- Moi qui prenais l'escrime pour un devoir ennuyeux des gentilshommes, il se pourrait que je me sois trompée.

Je souris à nouveau, amusé par sa candeur. Elle était comme beaucoup de jeunes femmes de son milieu, tout compte fait.

-L’art de l’escrime met parfois des années avant d’être maitrisé, et encore, quel que soit l’âge, nous avons encore pas mal de choses à apprendre.

Je baissais les yeux. On me disait meilleure lame de la compagnie. Jusqu’à ce qu’un nouveau vienne me supplanter. Je ne m’en faisais pas grand cas, mais ce prestige d’on on m’auréolait, une fois perdu, risquait de me porter préjudice. C’était pour protéger le roi que je me battais, et non pour ma gloire. La seule gloire que je voulais, c’était celle de cette casaque que je portais quand j’étais en service, et nulle autre.

-Je crois que nous allons cesser la leçon pour aujourd’hui, Duchesse. Je ne voudrais pas que vous vous blessiez, et comme en témoigne votre visage, vous n’avez pas l’habitude de ce genre d’exercice. Vous risquez d’être fatiguée ce soir et sans doute d’avoir quelques courbatures demain. Le seul remède que je peux vous conseiller contre celles-ci est une longue promenade à cheval, mais évitez les chemins du parc, gelés, ils seraient dangereux.

Trop protecteur… Certes, mais pourquoi le contraire ? Dans le cas normal, j’aurais même été jusqu’à raccompagner la damoiselle chez elle, mais vu son accoutrement, cela aurait parut doublement étrange, et il me fallait rentrer bientôt pour la relève…

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MessageSujet: Re: Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca]   Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca] Icon_minitime16.02.12 21:07

En un certain sens, Bianca était assez fière d'elle. Par sa volonté, quoi que cela ne soit pas suffisant et qu'il faille y rajouter une sérieuse pratique, elle prouvait à une personne au moins qu'elle était capable d'autre chose que de dépenser de l'argent par les fenêtres. Et oui, aussi précieuse qu'elle était, quand elle se fixait un objectif, elle était capable de se donner les moyens de l'atteindre. Et même si dans les salons, personne ne pourrait l'attester, elle aurait la satisfaction personnelle lorsqu'elle se regarderait dans son miroir de voir en son reflet autre chose que de la vanité et de la superficialité.
François répondit alors d'une voix très posée à sa remarque, lui signifiant que le maniement de la lame était plus d'un vulgaire passe temps.

-L’art de l’escrime met parfois des années avant d’être maitrisé, et encore, quel que soit l’âge, nous avons encore pas mal de choses à apprendre.

Décidément, le mousquetaire avait bien des qualités. En plus d'être serviable et d'avoir la bonne âme de perdre son temps à tenter d'apprendre à une duchesse ce qu'il maîtrisait à la perfection, il avait une grande humilité qui mit Bianca légèrement mal à l'aise, tant elle se sentait ridicule et pleine de défauts à ses côtés. Dans un coin de sa tête, elle se dit alors que parfois les choses étaient inversées. Que ceux qui méritaient l'attention qu'elle se plaisait tant à monopoliser devraient être les personnes recelant de réelles qualités, et non pas celles qui parlaient à tous vents, souvent pour ne rien dire qui plus est.
Le jeune homme vivait et était prêt à mourir pour son pays et pour son roi et trop peu de personnes lui en étaient reconnaissantes. Jusqu'alors, la jeune femme ne s'était jamais réellement demandé qui était derrière le bon fonctionnement du royaume, où même à quoi servaient exactement les mousquetaires si ce n'était à donner un certain prestige à l'armée du souverain. Enfin, elle qui jamais n'avait cherché à regarder plus loin que le bout de son nez n'allait pas commencer à se poser une multitude de questions sur ces gens qui veillaient d'un œil lointain sur la cour. Tout allait bien dans le meilleur du monde et elle était reconnaissante aux hommes à la casaque de lui permettre de gambader dans les allées du parc en toute sécurité, mais après tout, c'était ce pour quoi ils étaient formés.
Après quelques secondes de silences pendant lesquelles elle reprit son souffle, elle répondit au mousquetaire avec un léger sourire sincère.

-En tout cas, je vous suis sincèrement reconnaissance de tenter de m'enseigner ce que vous maîtrisez. Mais je dois vous avouer que tout cela est assez laborieux pour moi.

Bianca remit une mèche de cheveux qui s'était détaché de sa coiffure négligée. La situation si on y pensait était assez ridicule, voir compromettante pour les deux protagonistes si quelqu'un venait à les surprendre. Mais cela n'avait que peu de chance de se produire car de par le temps et de par l'endroit, les chances de croiser une personne susceptible de reconnaître l'escrimeur et son élève d'un jour étaient très maigres.
La duchesse s’apprêtait donc à se remettre en position laborieusement tant elle était fatiguée par cet effort qui lui était si étranger. Elle était plus accoutumée aux arts du ragot et de la cachotterie qu'au sport et ses joues rouges pouvaient en témoigner. Heureusement, François l’arrêta avant qu'elle ne retente une attaque qui risquait encore une fois de la faire se retrouver par terre.

-Je crois que nous allons cesser la leçon pour aujourd’hui, Duchesse. Je ne voudrais pas que vous vous blessiez, et comme en témoigne votre visage, vous n’avez pas l’habitude de ce genre d’exercice. Vous risquez d’être fatiguée ce soir et sans doute d’avoir quelques courbatures demain. Le seul remède que je peux vous conseiller contre celles-ci est une longue promenade à cheval, mais évitez les chemins du parc, gelés, ils seraient dangereux.

Bianca laissa échapper un soupir de soulagement quand il lui signifia qu'elle pouvait enfin rentrer chez elle. L'idée de pouvoir s'affaler confortablement au coin du feu, une boisson chaude entre les mains lui était des plus agréables. Elle aurait peut être pu avoir la force de continuer encore quelques exercices, mais pas bien longtemps.

- Ouf, lâcha-t-elle, je ne sais pas combien de temps encore mes jambes m'auraient soutenues ! Et combien de temps vous auriez pu encore me supporter, continua-t-elle en riant.

Elle tenta de ranger son épée à sa ceinture de la manière la plus délicate qu'il soit, même si cela s'avéra un peu plus laborieux qu'elle ne l'aurait voulu, puis attrapa sa cape qu'elle remit sur ses épaules. Maintenant qu'elle ne s'activait plus, l'air lui parut beaucoup plus froid, la faisant légèrement frisonner.
Le mousquetaire s’apprêtait alors à regagner son cheval pour repartir vaquer à ses occupations, quand elle lui rappela d'un ton plus sérieux.

- Et... vous ne parlerez à personne de cela n'est ce pas...

Une fois qu'elle eu la conformation du silence du jeune homme, bien qu'elle n'en eut pas douté une seule seconde, elle put repartir à pieds dans la direction de ses appartements l'esprit tranquille, bien sûr après avoir remercié grandement François pour sa gentillesse.

- Je ne pourrais vous exprimer toute ma gratitude monsieur... Mais sachez que si un jour vous avez besoin de quelque chose, bien que mon domaine d'influence ne soit pas bien grand, vous pouvez compter sur moi.

Cette journée, aussi éprouvante qu'elle avait été, s'était avérée très productive et Bianca en était plus que satisfaite. Ne restait plus qu'à s'entraîner et qui sait, peut être serait elle capable un jour de se défendre seule... Enfin, cela restait à prouver pour le moment.

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François de Froulay

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MessageSujet: Re: Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca]   Un jour, je saurai dégainer cette épée ! [François - Bianca] Icon_minitime19.02.12 21:10

Il faut parfois quelques entorses au règlement de sa fonction pour pouvoir être utile. Aujourd’hui encore, je n’avais pas vraiment respecté le règlement. Je l’enfreignais déjà de manière quotidienne en protégeant Elodie alors au point où j’en étais, donner une leçon d’escrime à la duchesse de Barbant qui en plus de faire partie des grands du royaume, était la sœur d’un de mes meilleurs amis. Alors je en voyais pas vraiment où pouvait bien être le mal dans cette histoire. Mais je savais par expérience que les mauvaises langues auraient été promptes à venir raconter et déformer avec moult détails inventés ce bref échange entre la jolie blonde et moi. Y avait-il tant d’ennui à la cours du roi soleil pour que la moindre petite chose soit décortiquée, analysée, sortie de son contexte et totalement modifiée ? Il y avait vraiment de quoi rire, s’il ne fallait pas en pleurer. Les rumeurs et les ragots étaient surement ce qu’il y avait de pire. S’il y en avait partout, ici, ils étaient bien plus présents qu’ailleurs. C’était à qui aurait la primeur du bon mot auprès du roi et à qui réussirait à se faire le mieux voir. Je me demandais bien comment on pouvait passer toute sa vie dans ces salons qui, pour être d’une splendeur sans égale, n’en étaient pas moins infectés de méchanceté et de suffisance. Je ne doutais pas, pour l’avoir déjà vue à l’œuvre, que la duchesse n’était pas des moindres dans ce domaine. L’ennui est parfois dévastateur.

Il y avait vraiment un monde entre les mousquetaires et les nobles entourant le roi. Nous n’étions là ni pour les mêmes ambitions, ni pour les mêmes fins, alors que nous venions tous du même milieu. L’élite de la France, si elle était parfois imposante, et dominait la totalité de l’Europe dans tous les domaines, qu’il s’agisse d’art, de littérature ou encore de guerre, n’en était pas moins profondément imbuvable dès qu’il s’agissait de faveur et de complot. N’avoir aucune ambition que celle d’être à peu près heureux et d’avoir une vie saine semblait totalement impossible à ces messieurs et dames emperruqués et habillés à la dernière mode. Je craignais hélas que les menaces de la guerre ne les fasse changer profondément d’avis et de centre d’intérêts si elles venaient à être fondées. Si elle arrivait, alors, la cours se viderait largement de jeunes hommes et ces dames pourraient se donner à loisir le temps et l’occasion de pleurer, de trembler, et de se pâmer au récit de chaque bataille qui serait fait par ces officiers de cours qui ne venaient sur le front que pour se faire admirer dans leur bel uniforme. J’avais horreur de ça, mais en tant que sous officier, il me fallait me taire et obéir. J’avais encore de la chance de ne plus être un simple soldat. Certains auraient bien plus à souffrir de ce qu’il allait advenir d’ici peu. De la guerre, je ne savais que ce qu’on m’avait raconté, et les quelques souvenirs que j’avais de la Fronde. L’un dans l’autre, ce n’était pas ce qu’il y avait de plus glorieux.

Heureusement pour la duchesse qu’elle n’aurait pas à nous accompagner. Elle se donnait surement du mal, mais ne serait jamais prête. L’image de ma cadette s’imposa devant mes yeux un bref instant. Elle était bien mieux préparée, c’était certain, mais je ne pouvais pas me résoudre à la laisser venir avec nous. Pourtant, je n’avais pas vraiment le choix. Aux yeux de tous elle était Eric, un mousquetaire comme les autres, et se devait donc de faire son devoir de soldat. Le seul moyen de l’en dissuader aurait été de révéler son secret à tous, et ça aurait été la perdre. Elle aurait pu se faire décapiter pour cela. Et ma conscience aurait encore moins supporté d’être responsable de sa fin que de devoir la protéger sans cesse. Je ne savais pas ce qui avait bien pu se passer pendant mon absence chez nous, mais je n’arrivais pas à me résoudre à la laisser vivre sa vie ainsi. Elle n’avait décidément rien en commun avec Bianca. J’en venais presque à envier Edouard d’avoir une sœur aussi féminine. Elle avait beau faire partie des reines des précieuses de la cour, au moins se confortait-elle dans la place qui était la sienne, si on escomptait la petite leçon d’escrime d’aujourd’hui, bien évidemment, qu’il nous faudrait renouveler si elle voulait avoir un jour un niveau assez correct pour se défendre seule. Un caprice peut être, mais un caprice qui lui allait joliment.

Je la rassurais alors qu’elle s’inquiétait de son manque de dextérité, et elle en sembla reconnaissante :

-En tout cas, je vous suis sincèrement reconnaissance de tenter de m'enseigner ce que vous maîtrisez. Mais je dois vous avouer que tout cela est assez laborieux pour moi.

Elle venait pourtant au bout de sa résistance, et je ne pouvais pas exiger autant d’elle qu’un de mes hommes entrainés. De plus, la nuit arrivait. Il lui fallait rentrer et ma garde m’attendait. Je lui donnais donc congé, ce qui sembla la soulager grandement.

- Ouf, je ne sais pas combien de temps encore mes jambes m'auraient soutenues ! Et combien de temps vous auriez pu encore me supporter.

J’allais prendre congé quand elle me demanda

- Et... vous ne parlerez à personne de cela n'est ce pas...

-Sur mon honneur, madame.

- Je ne pourrais vous exprimer toute ma gratitude monsieur... Mais sachez que si un jour vous avez besoin de quelque chose, bien que mon domaine d'influence ne soit pas bien grand, vous pouvez compter sur moi.

-Ce fut un plaisir, duchesse, répondis-je avant de m’incliner.

Elle fit demi-tour et s’éloigna. Je la suivis un instant avant de faire de même. L’après midi ne s’était pas si mal passé.

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