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 "Vilain petit lapin, qui voulait faire le malin !" {Francesco x Paris}

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MessageSujet: "Vilain petit lapin, qui voulait faire le malin !" {Francesco x Paris}   06.11.11 23:53


    << Il n’y a rien de plus beau qu’un ego meurtri sur le visage d’un ange. >>
    [Kill Bill, Volume 1]

    Tapotant frénétiquement ses doigts sur sa cuisse, Francesco soupirait longuement, le regard dans le vide. Il s'ennuyait ferme ! Restant ainsi durant encore plusieurs minutes, il leva alors les yeux au ciel et s'exclama :

    "No no no, la mia bella ! Décidément ma chère vous ne savez rien faire de vos dix doigts !”

    Alors qu'il prononçait ces paroles assassines, il tira une jolie tête brune de dessous ses draps. De grands yeux verts larmoyants, avec des lèvres tremblantes, la jeune femme regardait l'Ambassadeur de Venise pleine de désespoir.

    “Votre Excellence ! Pardonnez moi ! S'exclama-t-elle. Je vais faire mieux ! Je vous le promet !”

    Écoutant à peine les supplications de la jeune femme, le vénitien l'écarta de lui sans ménagement et quitta le lit, nu comme un ver, pour se servir une coupe de vin au coin du feu. Restée prostrée sur le lit, enveloppée dans les draps telle une tragédienne portant élégamment une toge, les larmes n'en finissaient plus de couler et ses gémissements ne faisaient qu'empirer. Après avoir avalé une ou deux gorgées de son alcool pourpre, Francesco se tourna vers sa conquête de la veille.

    “Oh ! Allons allons, Baronne ! Déclama le jeune homme sur un ton suppliant et particulièrement agacé. Ce n'est pas la fin du monde !”

    Ce qu'elle était sotte ! Ne pouvait-elle donc point se taire ? Quelle ridicule ! La pauvre n'était pas particulièrement douée côté lit, certes, mais pouvait-elle au moins “quitter la scène” avec dignité ? Décidément, se dit Francesco, la noblesse se faisait rare ces temps derniers ! Alors que la poule continuait de piailler son malheur dans les draps, Son Excellence soupira et tenta une dernière approche afin qu'elle la boucle.

    “Vous savez, Ludmila, ce n'est pas...parce que...la vie...ne vous a point offert tous les cadeaux qu'un homme pouvait espérer que...”

    Alors qu'il n'avait pas même finit sa déclaration, la Ludmila ne question se mit à hurler de désespoir en reniflant comme un moutard de gueux dont le chien serait mort ! Serrant les poings, et fermant les yeux en essayant de garder un clame exemplaire...Francesco ne tint pas une minute !

    “PER TUTTE LE PUTTANE DI SATANA! Allez vous la fermez...Madame ? hurla le Prince de Venise, furieux, faisant ainsi taire la Baronne.

    Quelques secondes de silence s'écoulèrent dans la chambre avant que l'Ambassadeur retrouve un sourire des plus radieux.

    -Bien ! S'exclama-t-il. Je disais, donc, ce n'est pas parce que Dame Nature ne vous a point offert tout les cadeaux qu'un homme pouvait espérer que la vie va cesser toutes activités ! Vous pourriez...je ne sais pas, moi...Rentrer dans les ordres, peut être ?...Faire du crochet ? Acheter un chimpanzé ? Suivre des leçons...de....”

    Il hésita un instant avant de ricaner.

    -D'anatomie...

    A peine avait-il éclaté de rire qu'il recevait un traversin en plein visage.

    -Vous n'êtes qu'un porc !” Hurla Ludmila en claquant la porte de la chambre enveloppée dans les draps.

    Malgré la porte fermée, Son Excellence l'Ambassadeur continua de se moquer de la jeune femme de longues minutes encore ! Quand il allait raconter cela à Versailles...
    Enfilant rapidement une robe de chambre, il sonna son valet Paolo et lui ordonna de l'habiller car il avait un rendez-vous fort important en ce matin de Novembre. Alors que le domestique enfilait un à un les vêtements de francesco sur celui-ci, le vénitien ne pouvait s'empêcher de fredonner en se contemplant allègrement dans le miroir.

    “Talala Vous, les femmes ! Vous le charme ! Talalalaaa Vos sourires nous attirent nous désarment
    Pauvres diables que nous sommes. Vulnérables, misérables, nous les hommes. Pauvres diables, Pauvres diables, Pauvres diables..lalaaaa !


    -C'est beau ce que vous chantez, maître ! S'exclama le jeune valet en enfilant les souliers du noble italien. C'est une nouvelle chanson à Versailles ?

    -No, no, no Paolo ! S'exclama Francesco, ravi qu'on lui pause la question. C'est ma propre création ! annonça-t-il fierment

    -Ooooh ! Cela va avoir du succès, maître !


    -Je n'en doute pas !” lança le jeune homme en souriant à son reflet avant de quitter la chambre.


    Traversant la clairière à grands pas, le vénitien humait l'air humide du matin avec un sourire ravi. Sûr de lui, il ne faisait guère attention à Paolo qui trainait le pas derrière, déjà exténué d'une telle marche depuis le Manoir de la Sérénissime. Francesco se tourna vers son valet :

    “Paolo fretta ! Je suis attendu ! Insista l'Ambassadeur comme on fait attendre un gamin.

    Le serviteur, un peu dépassé par le comportement capricieux de son maître leva les yeux au ciel en titubant un peu dans la broussaille. Comment pouvait-il faire plus vite avec tout ce chargement dans les bras ? Les armes de Monsieur, sa cape, son chapeau, de la nourriture, de l'eau, de quoi le soigner en cas de besoin et j'en passe selon les désirs de Son Excellence l'Ambassadeur...Non vraiment il ne pouvait pas faire plus vite !

    Alors qu'ils continuaient d'avancer dans la brume, le jeune vénitien distingua enfin la personne qu'il venait rejoindre, debout, le menton levé fièrement. Paris de Longueville l'attendait pour leur duel...

    “Bien le bonjour, Monsieur ! S'exclama chaleureusement Francesco. C'est un splendide matin pour mourir vous ne trouvez pas ? Ironisa-t-il.

    Certes le cadre était magnifique. Cependant, les deux hommes n'étaient pas ici pour jouer à cola maya...car en ce matin de Novembre, le sang allait couler dans cette belle clairière non loin de Versailles, des convenances, de la cour...et surtout de la loi !

    Se tournant vers son valet, il lui fit signe d'approcher et se saisit d'une des armes qu'il avait apporté de sa collection personnelle. Fleurets, sabres, épées en tout genre se trouvait entre les bras du valet. Le jeune vénitien se tourna alors vers son adversaire avec un sourire radieux.

    "Avec quelle arme souhaitez-vous donc vous faire larder, Monsieur de Longueville ?"


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MessageSujet: Re: "Vilain petit lapin, qui voulait faire le malin !" {Francesco x Paris}   21.01.12 11:21



Si dans la chambre de l’un les draps étaient encore chauds, le froid régnait dans les salons du second ; le lit était encore fait et seule la silhouette du jeune prince qui se détachait de la fenêtre trahissait sa présence.
-Monseigneur, votre carrosse est prêt, annonça le valet entré discrètement dans la pièce. Devons-nous préparer une arme particulière ? Un vêtement que monseigneur aurait choisi ?

Paris se détourna de la fenêtre, l’œil inhabituellement éteint et secoua la tête.
-Je reste ainsi. Je ne ferais aucun honneur à ce faquin italien. Quant à mon arme, mon épée d’arme sera parfaite.
Le valet s’inclina en sortant, alors que le jeune prince quittait la fenêtre pour rejoindre la cour. L’air était encore frais en ce matin de novembre et il s’enroula dans une épaisse cape de laine avant de s’engouffrer dans le véhicule.

-Où allons-nous monseigneur ?
-Dans la forêt domaniale. Mais auparavant, arrêtez-vous à l’hôtel des mousquetaires, répondit Paris au cocher.
-Bien monseigneur.

Le carrosse fila bientôt dans les rues à peine réveillées de Paris ; les échoppes et les étals s’ouvraient doucement et les commerçants avaient encore les yeux bien endormis. Quelques gamins jouaient déjà dans les rues, courant autour du carrosse lorsqu’il passait à vive allure à leurs côtés. En d’autres circonstances, Paris aurait joué ce rôle que son père lui avait longuement inculqué, en jetant quelques pièces à ces marmots, mais son humeur l’en empêcha. Les mots de la veille l’ avaient taraudé toute la nuit sans qu’il parvienne à trouver le sommeil.

Avoir une conscience. Paris détestait cela, comme il détestait ressentir ce poids dans la poitrine. Que n’avait-il pu attendre une journée de plus avant de voir le duc ! Son père…son véritable père, lui annonçant qu’il possédait une demi-sœur. L’annonce l’avait plus refroidi qu’un coup de dague en plein cœur et la veille d’un duel, cela ne présageait rien de bon. Pour une rare fois dans sa courte vie, Paris craignait ce duel. Il ne misait pas en l’habileté de l’italien, mais plus en ses propres faiblesses : ses erreurs serviraient le fat, il en était certain d’avance.

-Avez-vous un témoin, avait demandé le duc de la Rochefoucauld la veille ?
-Non monsieur. Un Longueville se suffit à lui-même et ne mêle personne à ses affaires.
-Péché d’orgueil qui n’a guère sa place la veille d’un duel, monsieur. Prenez donc ce papier, sur lequel est inscrit le nom d’une lame habile de Paris.
-Qui est-ce ?
-Un homme discret et efficace. Je vous en prie, prenez-le à vos côtés comme témoin.

Si Paris avait en premier lieu refusé, il avait fini par accepter ce billet. Il voulait surtout faire plaisir au duc, mais le matin avait su le conseiller et lorsque le carrosse pénétra dans la cour de l’hôtel, Paris ne perdit aucune minute pour trouver le mousquetaire.
Comment son père l’avait-il connu ? Il n’en n’avait pas la moindre idée et en réalité, cela lui importait peu ; il le lui demanderait s’il couchait l’italien ce matin.

L’hôtel grouillait déjà d’hommes en armes et célèbre uniforme de la garde. Autant cherche l’épingle d’une jeune dame dans une botte de paille ! Le prince s’approcha du premier mousquetaire en habit qui hocha brièvement la tête en guise de salut. Inutile de mettre les formes, songea le prince qui ne chercha pas à se présenter.
-Pouvez-vous m’indiquer François de Froulay, lâcha-t-il d’un ton neutre et pressé ?
-Là-bas monsieur. L’homme debout près du maréchal-ferrant, marmonna le mousquetaire avant de s’éloigner.
D’un œil, Paris jaugea l’homme. Grand, taille élancée, le regard franc et la mine franche. Il ne pu dire s’il avait immédiatement inspirée confiance, mais il su néanmoins que le duc l’avait confié à la bonne personne si le duel venait à prendre un tournant difficile.
-Vous êtes Froulay, demanda-t-il à brûle-pourpoint lorsqu’il eu rejoint le mousquetaire ?
-Oui monsieur, répondit l’homme d’une voix étonnée.
-Parfait, venez avec moi. Vous n’êtes pas en uniforme, vous n’êtes donc pas en service, vous serez donc à moi pour cette matinée. Il lui décocha un sourire qui lui intimait de ne pas répliquer et le poussa doucement devant lui.Mon carrosse nous attend, je vous y donnerai de plus amples détails, monsieur.

Le mousquetaire leva les yeux au ciel avant de donner des derniers ordres au maréchal-ferrant et de suivre Paris.

-Nous y voici, monsieur, commença le jeune prince lorsque le carrosse fila à nouveau à travers la ville. J’ai besoin de vous ce matin pour une affaire qui nécessite votre discrétion. Il se tu un instant, mais se décida pour l’entière vérité, sans y mettre de forme inutile. Il s’agit d’un duel. Vous comprenez que dans ma position et ma situation, il serait inconvenant de m’exposer publiquement à cela. De plus, des témoins choisis parmi ses proches peuvent aisément vous planter un pieu dans le dos si besoin est. Il afficha un sourire entendu avant de reprendre. L’on m’a donné votre nom en me louant votre main sûre, votre discrétion et votre honnêteté. J’espère pouvoir exprimer à cette personne toute ma gratitude, ajouta-t-il.

Le carrosse empruntait à présent le chemin sinueux qui menait au lieu de rendez-vous fixé l’autre soir.
-L’homme à qui je dois cette leçon de morale est un italien portant en lui la réputation du vice et de l’amoralité. On me dit libertin mais le libertinage se fait aussi par l’esprit et les lettres. Cet idiot passe certainement ses nuits à se vautrer dans sa propre fange, lâcha Paris d’un ton amère. Quoi qu’il en soit, monsieur, puis-je compter sur votre main si je tombe ?

Rassuré par la réponse du mousquetaire, Paris quitta enfin le carrosse, lâcha au cocher sa cape d’hiver et ajusta son habit avant de s’enfoncer vers la petite clairière.
La brume de novembre quittait doucement la forêt, laissant un rais de lumière éclairer l’endroit. Le temps était parfait pour ces duels de gentilshommes : ni trop chaud, ni trop froid ils pourraient se mouvoir aisément sans s’inquiéter d’une trop forte chaleur ou de membres engourdis.

-Bien le bonjour, Monsieur, entendit-il dès qu’il posa le pied dans la clairière ! C'est un splendide matin pour mourir vous ne trouvez pas, ajouta l’italien dans son accent si détestable.

Paris le jaugea un court instant, stoppant en lui le relent de dégoût que lui inspirait l’ambassadeur.
-Bonjour monsieur, répondit-il froidement en inclinant légèrement le buste. Un temps magnifique, en effet. J’espère toutefois qu’aucun de nous ne viendra à trépasser ce matin, n’en déplaise à nos envies personnelles. Peut-être ne savez-vous pas ce qui est arrivé à ceux qui avaient omis de se laisser mutuellement en vie ?

Paris afficha un léger sourire moqueur ; l’italien oubliait peut-être que s’il le tuait, la justice ferait son devoir. A ce jeu de duel français, Paris était l’un des premiers à en connaître toutes les teneurs et à savoir où arrêter ses coups pour ne pas être inquiéter. Avoir un oncle décapité pour avoir contourné les édits était une leçon qu’il avait essentiellement retenue.

-Avec quelle arme souhaitez-vous donc vous faire larder, Monsieur de Longueville ?
-La même que celle que je porte, monsieur. Jouons à égalité, voulez-vous, répondit d’un ton neutre Paris, que les fanfaronnades de l’italien agaçaient déjà. Il sortit lui-même son épée, dont la garde brilla un court instant sous un rayon de soleil fugace. L’arme des Longueville, frappée à la naissance de la lame, le conforta dans son choix.
-Allons monsieur, pressez-vous ! Le temps passe, lâcha Paris en ôtant sa veste qu’il jeta plus loin. En veste, il ajusta sa coiffure pour ne pas être gêné et le poing sur la hanche, attendit que l’autre ai fini de choisir sa lame et de se préparer.

-Êtes-vous enfin prêt ? La jeune demoiselle de la veille attend de savoir si la correction que je vous dois bien été faite. En garde !
Paris salua son adversaire selon les règles de l’escrime et attendit que l’autre daigne enfin se mesurer à lui.

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MessageSujet: Re: "Vilain petit lapin, qui voulait faire le malin !" {Francesco x Paris}   05.02.12 22:22

-Avec quelle arme souhaitez-vous donc vous faire larder, Monsieur de Longueville ?

-La même que celle que je porte, monsieur. Jouons à égalité, voulez-vous, répondit d’un ton neutre Paris en plissant les narines d'un air hautain.

-Allons monsieur, pressez-vous ! Le temps passe, lâcha Paris en ôtant sa veste qu’il jeta plus loin. En veste, il ajusta sa coiffure pour ne pas être gêné et le poing sur la hanche tandis que Francesco se saisi d'une des nombreuses lames qu'il avait fait frapper de ses armes, trois bandes d'azur en champ d'or. Il se tourna alors vers son adversaire avec un air satisfait.

-Voyons monsieur, ne me dites pas qu'à une heure aussi matinale d'autres rendez-vous d'importances vous attendent ? Se moqua le vénitien.

Il enleva avec souplesse sa veste de lin et de soie blanche et prit la même posture que le Longueville. Lui-même n'en avait pas la moindre conscience mais un sourire des plus pervers restait plaqué sur son visage, comme si l'instinct le lui commandait. La pensée d'une éventuelle mort ne lui effleurait pas l'esprit, il ne ressentait qu'une énergie folle et animal dans ses muscles et ses veines. Un félin prêt à bondir sur sa proie pour la déchirer. En cet instant devant ces yeux, il ne voyait pas le jeune homme si séduisant de la veille près du bassin de Neptune, il était face à un jouet qui s'agitait devant lui, le narguant pour que pleuvent ses coups de lame. Il passa doucement et imperceptiblement sa langue sur sa lèvre inférieure, comme humant un fumet délicat. L'attente commenaçit par être insupportable quand il entendit la voix Paris de Longueville dans un son comme étouffé.

-Êtes-vous enfin prêt ? La jeune demoiselle de la veille attend de savoir si la correction que je vous dois bien été faite. En garde !

L'adversaire et Francesco se saluèrent dans les règles lorsque l'italien resentit sur sa peau un frisson d'ivresse. A peine avait-il relevé la tête qu'il envoya sa lame venir piquer le Longueville dans le flanc. Surpris, le jeune homme esquiva de justesse. Les deux hommes exécutèrent quelques pas. Les coups pleuvèrent, s'attaquant et s'esquivant sans cesse, le français et l'italien dansaient a un rythme macabre au milieu de la brume matinale. Seuls leur souffle et le bruit des lames se faisaient entendre au milieu des bois. Les yeux azurés de Francesco ne quittait pas ceux du Prince de Neuchâtel. Un feu à la fois grisant et douloureux ravageait son âme et son être. Les deux lames volaient et virevoltaient dans un ballet complexe et tragique. Une énergie de tout les diables semblait vouloir atteindre un grand éclat, une apothéose. Et rien, ni personne ne pouvait aller à l'encontre de ce qui se passait dans la petite clairière...
Paolo, resté en retrait, regardant son maître et le jeune noble exécuter ce jeu sanglant et barbare, n'était pas rassuré, bien au contraire ! Serrant nerveusement contre lui les affaires de son maître, il retenait son souffle à chaque offensive de l'un ou de l'autre. Ce que Sinor Contarini était impulsif ! Qu'avait-il donc fait à ce jeune homme pour en arriver là ? Si seulement il avait eut la bonne idée d'aller travailler ailleurs qu'auprès de la famille Contarini ! Il n'aurait pas été obligé de suivre ce noble imbécile loin de sa chère Venise ! Depuis l'enfance, le jeune homme travaillait pour le Prince de la Sérénissime. Certes, il avait un profond respect à son égard...mais Mio Dio ! Ce qu'il était insupportable ! Il ne comprenait d'ailleurs toujours pas comment Francesco avait pu échapper à la mort toutes ses années...D'ailleurs, en parlant de la Grande Faucheuse, celle-ci semblait répondre au rendez-vous du Contarini et du Longueville.

Dans un assaut frontal, Francesco dirigea sa lame droit sur le jeune Paris, qui, surprit, commença à reculer de quelques pas !...Dans l'esprit du vénitien résonnait la devise de sa famille : “Ut Leonis de San Marco”. L’Ambassadeur sentait une force dévastatrice en lui, il voulait battre ce gamin ! La légère surprise de son adversaire n'avait fait que redoubler la motivation de l'italien. Juste à un instant presque fatidique, Paris parvint à ramener sa lame contre celle de Francesco par un jeu de souplesse de son poignet. Le tintement des armes résonna comme un coup de tonnerre fugace. Reculant l'un et l'autre et se jaugeant du regard, Francesco ne pût s'empêcher de retenir ses moqueries.

“Vous voilà bien pâle, Monsieur. Est-ce que tout va bien ?” Demanda-t-il avec un ton cynique.

Qu'est ce que ce satané Longueville croyait ? Qu'il ne savait pas manier l'épée ? Certes, chez la noblesse vénitienne il n'existait pas de titre de Prince, Comte, ou Marquis, mais ces familles en avaient toute l'éducation. Francesco avait été entrainés par les meilleurs de leur armées, ces héros de guerre qui avaient tant de fois apporté leur aide au Royaume de France lorsqu'il en avait tant besoin ! Entre Contarini et un Longueville, la différence de rang était infime voir inexistante aux yeux de Francesco. Et ce gamin prétentieux voulait lui faire la leçon ? Il n'était pas encore né celui qui tuerait de se mains le Prince de Venise ! Son Excellence pouvait le jurer devant Dieu si cela était nécessaire.

“Allons allons, Monsieur de Longueville, dit Contarini avec un sourire mauvais. Reprenez votre souffle que nous puissions continuer ce délicieux amusement.”

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MessageSujet: Re: "Vilain petit lapin, qui voulait faire le malin !" {Francesco x Paris}   02.03.12 11:29

Le bref salut n’était qu’hypocrisie mais l’honneur lui-même parfois suintait ce vice devenu mode.
Il inclina légèrement la tête, peu disposé à se courber devant le vénitien. Diable, quand un sang royal coule dans nos veines, on ne s’abaisse pas à cela !

Mais à peine le salut était-il fait que le vénitien se fendit vers lui et Paris n’eu que le temps d’esquiver l’attaque. Il para adroitement, faisant tourner sa lame sur celle de l’italien et tourna sur le côté pour mener Venezzia à l’endroit où il le souhaitait. Le terrain était peu propice à un duel et les feuilles gênaient le jeu de jambe, mais le jeune homme n’avait cure de cela : le visage de l’italien et l’insulte qu’il lui avait lancé suffisait pour le faire s’adapter à toute situation.
Mais colère ne signifiait pas perte de temps ou de moyen ! L’italien se battait bien, sa main était juste et Paris eu de nombreuses difficultés à parer ses coups. Mais le frisson de la colère, mêlé à son orgueil blessé rendait le français vorace et celui-ci renvoyait les attaques de son adversaires, pivotant autour de lui, enchaînant quarte et fente. Les étincelles volaient lorsque les lames s’entrechoquaient, provoquant un bruit de ferraille. L’excitation du duel, de la vengeance contre l’insulte étaient à chaque seconde un regain d’énergie pour le jeune prince qui ne faiblissait pas malgré la courte nuit passée.

Il se souciait peu du lieu, des personnes présentes, de son témoin ou du larbin de l’italien. Seule comptait cette froide revanche qu’il se devait de remporter. C’était une question d’honneur, de réputation ! Un Longueville, un sang des Condé ne pouvait se laisser abattre par un italien qui brûlait la vie par les deux bouts.
Mais malgré la vivacité du français, l’italien eu un instant l’avantage et déséquilibré par les feuilles qui refusaient de faire avancer ses pas aussi souplement qu’il le souhaitait, Paris ne pu que reculer vivement, surpris par l’attaque frontale. Mais reprenant appui en se pliant un instant, paris relança sa lame sur le côté, se fendant en avant pour bloquer le fleuret du vénitien qui pointait vers lui. Ainsi contrecarrée, il pivota sur le côté, continuant de faire reculer l’italien qui ne démordait pas de force. Mais face à face, lame contre lame, les deux adversaires se brûlèrent du regard.
-Vous voilà bien pâle, Monsieur. Est-ce que tout va bien, le nargua l’italien, enfonçant un peu plus son pieu dans l’orgueil de Paris ?
Pâle ? Il devait l’être, en effet, mais de colère sourde, si longtemps retenue et qui s’échappait ce matin-là. Le jeune prince s’en souciait peu, il sentait bien plus ce feu monter en lui, cette envie inconsommable de faire payer à l’italien ses injures de la veille. Il s’était souvent battu pour une jeune femme, pour laver une basse injure ou même, l’avouait-il, par jeu ; mais ce matin-là, il ressentait ce qu’avait du ressentir ses oncles Montmorency lorsqu’ils avaient joué leur dernier duel, ce qu’avait vécu certainement son beau-frère Nemours avant de s’écrouler à terre.
Mais lui ne pouvait laisser son poignet faiblir, il se savait bien assez entraîné pour tenir les chocs que lui infligeait encore Venezzia.
-L’on dit que les italiens sont des diables et vous vous battez comme tel, lâcha-t-il entre ses dents essoufflé, alors que le vénitien lui envoyait à nouveau une botte de son cru !
-Allons allons, Monsieur de Longueville, répondit-il dans un sourire cynique, reprenez votre souffle que nous puissions continuer ce délicieux amusement.
-Je n’ai nul besoin de répit, peut-être est-ce à vous de reposer vos os fatigué par vos amants et maîtresse, renvoya Paris du même ton, reprenant ses attaques de plus belle ?

Il se projeta en avant, lame tendue, mais elle fut à nouveau parée et se redressant, Paris ne pu qu’éviter une nouvelle fente, faire quelques pas de côté pour se reprendre et tournoyer sa lame autour de celle de l’italien.
Il n’avait pas encore essayé la vieille botte que lui avait apprise son vieux précepteur normand, le vénitien ne lui laissait que peu de répit. Diable d’homme ! Qu’il soit fils de Doge ou de catin, peut importait aux yeux du français ; c’était un hédoniste sans foi et certainement sans loi qui se targuait de pouvoir ainsi insulter un cousin du roi ! Plus que son propre nom, Paris défendait également son honneur devant les yeux d’une jeune fille. Abandonner, c’était être lâche, couard et il préférait se faire trouer par une lame en duel pour défendre son honneur, que laisser l’insulte couler. Son oncle n’avait-il pas ravivé une guerre pour défendre ses biens, ses proches insultés par un autre italien ? Ceux-là ne les laissaient décidément pas en paix !
Il redoubla d’effort contre Venezzia, mais tournant, pivotant, s’écartant de la clairière, aucun d’eux ne semblait avoir remarqué qu’ils s’éloignaient sur un chemin transversal.

Essoufflé, le cœur battant, la chemise trempée par l’effort, Paris reculait, avançait, reculait à nouveau sur le chemin de terre, sans prendre garde aux nids de poule et défections de la route boisée. Il ne pensa que tardivement à l’un des leçons principales de son maître d’arme, lorsqu’il sentit son pied glisser vers l’arrière et qu’il perdit l’équilibre.
Ce fut lorsqu’il senti la lame du vénitien dans son flanc qu’il songea aux termes de la leçon.
« Regardez où vos pieds se posent, monseigneur ! Pas de pieds, pas de bretteur ! »

Il s’effondra sur le côté, le souffle court, les tempes battantes, appuyé sur un bras, l’autre collé à ses côtes. Il essaya de se relever, prenant appui sur son genou et tentant de ramasser sa lame, mais la tête le tourna soudainement, le faisant presque chuter s’il n’était déjà à terre.
Peste soit l’italien ! Peste soit sa mémoire défaillante ! Pourquoi avait-il toujours préféré se moquer du zozotement de son maître au lieu de l’écouter ! Pourquoi Gabrielle l’avait-elle toujours déconcentrée lorsqu’il prenait ses leçons ! Pire encore que la douleur de la blessure qui ne devait toutefois pas le mettre en danger, c’était la douleur d’un orgueil blessé, anéanti, gisant sur ce petit chemin. Orgueil maltraité par un pervers italien.

Paris ferma les yeux sous la douleur qui le lançait et leva un œil torve vers l’italien. Celui-ci devait jubiler. Grand bien lui fasse !
-Voilà, monsieur. Etes-vous satisfait, lança-t-il, essoufflé ? Je suis à terre, vous avez eu le dernier mot.
Il serra les dents sous cette autre leçon qu’il prenait. Plus que la gifle qu’il avait reçu de son père pour avoir incendié la serre, plus que les railleries de Gabrielle, plus encore que le départ inexpliqué de Perrine, cette leçon d’humilité était la plus difficile qui lui était donné de vivre. Ravaler son orgueil, s’abaisser face au vainqueur, le descendant des Condé et des Marcillac ne pouvait le digérer aussi facilement qu’il semblait le montrer. C’était son oncle Conti qui s’abaissait, pas lui !
-Soyez un homme d’honneur au moins une fois, reprit-il en essayant à nouveau de se relever. Faites chercher mon témoin qui attend. Il s’agenouilla avec peine, sentant sous ses doigts le liquide moite qui tâchait sa chemise.

Le moment n’était pas encore aux explications à donner…



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"Vilain petit lapin, qui voulait faire le malin !" {Francesco x Paris}
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