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 De la naissance d'une étrange association [Choisy]

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MessageSujet: De la naissance d'une étrange association [Choisy]   De la naissance d'une étrange association [Choisy] Icon_minitime01.11.11 20:13

De la naissance d'une étrange association [Choisy] Tborgias005 De la naissance d'une étrange association [Choisy] Shayrena-tt018
« En faisant une promesse on contracte une dette. »

Oh mais quelle est cette canne Monsieur du Perche ? Vous voilà boiteux!

Sans blague ? Si Guillaume gardait un sourire aimable, il avait envie de tordre le cou à cette vieille marquise. Comme s'il ne savait qu'il lui était impossible de marcher sans cette foutue canne ? Le voilà boiteux, à ressembler à ces vieux nobles qui tentent de se donner de l'importance alors qu'ils se traînent une vilaine goutte. Ah qu'il maudissait ce Portau de malheur de lui avoir planté son couteau dans la cuisse ! Le médecin avait assuré que cela n'était l'affaire que de quelques semaines mais c'était des semaines de trop ! Le voilà contraint de ne plus courir dans la capitale. Il voulait se venger de ce salaud, ce maraud et le faire tomber. Si Guillaume ne pouvait pas révéler l'identité de son ennemi au Roi ou à la police, il pouvait traquer ce gueux et le tuer de ses mains. Louis XIV l'avait contraint à faire la surveillance à la Cour. Si cela était plaisant la plupart du temps, l'espion avait besoin d'espace et il commençait à en avoir assez que les vieilles rombières viennent lui parler de sa blessure. Bien sûr, il avait raconté une toute autre histoire …

Madame, voilà une histoire que vous n'avez pas entendu. Je fus victime d'un infâme personnage. Cela s'est passé dans les rues de Paris, il y a quelques jours. Je comptais retourner à ma demeure quand je vis une demoiselle se faire agresser par un malfrat. Vous me connaissez, je ne pouvais laisser une jeune femme en détresse ! Seulement l'autre était armé et m'attaqua en traître, plantant sa lame dans la cuisse avant de s'enfuir. Si la demoiselle fut sauve, je ne peux dire autant de moi.

L'histoire fut racontée avec un large sourire mais tout était faux, sauf le fait que Portau était un infâme personnage, un malfrat. Il fallait bien sauver les apparences et sa réputation, du Perche n'avait pas trouvé meilleure histoire et cela semblait convenir à la Cour. Les jeunes femmes étaient en pâmoison devant ce héros des temps modernes et lui pouvait se mettre un peu en avant. Assis sur un banc de pierre non loin de l'orangerie, il évitait de faire de trop nombreux déplacements mais il ne pouvait rester bien longtemps inactif, son tempérament l'en empêchait, il avait besoin de bouger, de se dépenser. Sûrement le fait d'être élevé à la campagne, un besoin d'espace qui ne pouvait être bloqué, même par une jambe boiteuse. Il fit la conversation quelques temps encore avant de se relever doucement, s'empêchant de grimacer, ne rien laisser montrer de la douleur. Son côté macho, sans aucun doute …
C'est là qu'il vit non loin de là une personne intéressante. Non pas que la gente féminine qui le suivait partout ne l'était pas, mais là, c'était l'espion qui avait repéré quelqu'un, et non le séducteur. Voilà quelques temps qu'il cherchait à parler à l'abbé de Choisy, bien avant son dernier départ pour la Guyenne voir la favorite, bien avant l'anniversaire du Roi et surtout, bien avant cette blessure. Il devait lui parler et il devait le faire maintenant, cette virée foireuse dans les rues de Versailles face à cet ignoble gueux de Portau avait renforcé sa conviction. Ce qu'il avait à demander à l'abbé, peu catholique malgré son habit noir, était d'une haute importance, loin des oreilles indiscrètes. Cela était assez peu évident à Versailles mais pas impossible. Guillaume avait compris rapidement que le château était impossible pour être discret, il fallait éviter les bosquets et privilégier les grands espaces où il était plus évident de repérer les personnes suspectes. C'est donc avec le sourire qu'il quitta ces dames.

Je viens de voir une personne avec qui je dois m'entretenir, je vous laisse à regret mesdemoiselles, mesdames.

Il se courba légèrement, en essayant de ne pas s'appuyer sur sa cuisse et partit en direction de l'abbé qui ne se trouvait qu'à quelques mètres de lui. Tout en marchant, Guillaume se rappela de cette soirée à Venise où il avait sauvé Choisy à deux reprises : une fois grâce à l'argent l'autre à l’épée. Il lui avait sauvé la mise et la vie à quelques heures d'intervalle. Et la phrase « Ma dette est éternelle ! » n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd. L'espion s'en était souvenu lorsqu'il se disait qu'il était temps qu'il prenne quelqu'un pour être ses yeux et ses oreilles quand il n'était pas là. Tout d'abord sceptique de faire équipe avec un pareil individu, il était évident que Thimoléon de Choisy était finalement un excellent atout : il avait ses entrées à la Cour grâce à Monsieur, ses entrée dans le monde ecclésiastique par sa soutane et dans les salons grâce à son autre identité, la Comtesse des Barres. Il pouvait être partout, n'était pas assez important pour qu'on connaisse son visage mais suffisamment pour que son nom puisse lui ouvrir certaines portes. Surtout, il avait une dette d'honneur envers l'espion et il avait l'occasion de l'éponger, sans même lui rendre le moindre écu.

L'abbé était en compagnie de plusieurs personnes et Guillaume les salua comme il les pouvait en enlevant son chapeau pour le respect de ses dames, chapeau bleu avec plumes assorti à son pourpoint.

Mesdames et messieurs, je viens vous prendre monsieur de Choisy, j'ai de nombreuses choses à lui dire … des choses secrètes.

Il avait dit ces derniers mots sur le ton du secret avant de rire, tout comme la petite assemblée.

J'espère que vous ne l'empruntez pas trop longtemps, nous avons tant à lui dire aussi.
Ah madame la baronne, je tenterais d'être bref, mais si venait l'envie de me confesser, vous ne risquez plus de le voir durant des heures!
Des heures seulement?

Vraiment, personne ne prendrait Du Perche au sérieux s'il leur avouerait sa profession d'espion. D'ailleurs, il se demandait l'espace d'un instant comment allait réagir Choisy. Lorsque l'abbé le suivit et qu'ils étaient suffisamment éloigné des groupes de courtisans, Guillaume prit la parole, gardant le sourire sur les lèvres l'air de rien.

Enfin, je peux vous parler, mon père ! Vous êtes un homme bien occupé, davantage quand vous êtes une femme. Et dans mon état, il m'est davantage difficile de vous courir après.

Cela ne l'empêchait pas de marcher dans l'Orangerie, il était résistant à la douleur et surtout en avait marre de se poser sur ces inconfortables bancs en pierre !

Vous souvenez vous de Venise, mon père ? Vous aviez parlé que votre dette envers moi serait éternelle. L'éternité étant trop longue, je vous propose de l'écourter et de l'éponger en échanger d'un service …

Comment pouvait-il tourner la chose sans dire de but en blanc qu'il était un espion ? Il fallait tout d'abord savoir si Choisy était d'accord pour ce service. Cela était d'une implacable logique, Guillaume en dirait plus s'il acceptait. Dans le cas contraire, il serait contraire de laisser l'abbé dans le doute et ne plus rien dire.

Savez vous être discret mon père ? Par cela, je parle d'écouter des conversations importantes sans en avoir l'air, d'être là sans se montrer et de savoir ce qui est important ou non. Ce qui ne l'est pas, je vous laisserais le raconter à Monsieur … Si vous ne voulez ou pouvez pas faire cela, notre conversation s'arrêtera là, je ne voudrais vous déranger davantage.

Voilà le début d'une collaboration plutôt improbable …
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Thimoléon de Choisy

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Libre comme les cieux : il brûle comme l'enfer !
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MessageSujet: Re: De la naissance d'une étrange association [Choisy]   De la naissance d'une étrange association [Choisy] Icon_minitime21.12.11 16:48

    "Voyez vous Mon Père, disait la jeune et frêle Comtesse aux côtés de Thimoléon. Je viens vous voir pour obtenir des conseils de la plus haute importance.

    -Je vous écoute mon enfant. Les oreilles de Notre Seigneur peuvent tout entendre.

    -Oui...et bien...Voilà des lunes que mon époux et moi-même essayons tant bien que mal d'avoir un enfant. Et rien, dit la jeune femme hésitante et pâle. Je ne sais si le Ciel cherche à nous punir ou si Il nous met à l'épreuve."

    A ses derniers mots, la jeune femme s'arrêta dans leur promenade et ne pût empêcher quelques larmes de couler le long de ses joues. Aussitôt, l'amie qui l'accompagnait sortie un mouchoir de sa poche et le lui donna.

    "Allons, allons Comtesse, voulut rassurer l'homme d'église. Ne vous mettez point dans un état pareil !

    -Mais...C'est que...Monsieur le Comte m'en veut tellement !"

    Thimoléon ne pût retenir un quinte de toux. A vrai dire il riait intérieurement ! Comment le Comte pouvait-il donc se plaindre de la sorte auprès de sa pauvre épouse alors qu'il découchait plus de fois en une semaine qu'il n'y a de jours en une année ? Toute cette histoire était affreusement risible et la pauvre Comtesse était bien trop bouleversée pour s'en rendre compte. Échangeant un regard avec la femme qui accompagnait la jeune Comtesse, Thimoléon vit rapidement qu'il n'était pas le seul à penser une telle chose. Courtisan et connut pour être mauvaise langue, Choisy n'était pas pour autant dénué de cœur.

    "Ce que je peux vous conseiller de mieux pour l'instant ma chère, serait de retenir davantage votre époux auprès de vous. Qu'il évite de...partir à la chasse. Cela pourrait peut être nuire à l'arrivée de votre descendance.

    -Oh vraiment ? Merci, Mon Père ! S'exclama la jeune femme.

    -Ne me remerciez point, sourit chaleureusement Thimoléon pour qui ce conseil était d'une banalité affligeante. Toutefois si Monsieur le Comte se veut récalcitrant face à cette perspective : faites le moi savoir. Je lui parlerai."

    Les deux jeunes femmes s’éloignaient enfin quand un petits groupe de courtisans s'approcha de l'abbé comme on se rue sur un plat de choix.

    "Monsieur l'Abbé de Choisy ! S'exclama un homme tout sourire. Nous voilà venant à votre rencontre pour une information de la plus haute importance !

    -Vraiment ? Et bien qu'avez-vous donc ? Demanda Thimoléon prenant cet air narquois et supérieur qu'il arborait toujours en société.

    -Cela fait bien deux jours que nous n'avons point vu Monsieur à la Cour ! Indiqua une Baronne agitant nerveusement son éventail de plumes vertes. On raconte tant sur le Prince que nous avons préféré nous adresser directement à vous. Qu'a-t-il donc ? Serait-il souffrant ?"

    Mais eux qu'avaient-ils donc ? Se dit l'abbé. Ce soudain intérêt pour des informations croustillantes était des plus morbides. Cela se lisait sur leurs visages poudrés avec autant d'aisance qu'un simple conte pour enfant. Philippe d'Orléans était sans nul doute son meilleur ami depuis l'enfance. Il ne supportait pas qu'on cherche à piétiner son image de la sorte ! Choisy s'apprêtait à répliquer froidement quelques remarques acides faisant références à des noms de charognards pour exprimer tout son mépris pour un intérêt aussi bas venant de leur part quand un homme au pourpoint bleu vint à leur rencontre, enlevant son chapeau à plumes pour les saluer.

    "Mesdames et messieurs, je viens vous prendre monsieur de Choisy, j'ai de nombreuses choses à lui dire … des choses secrètes.

    C'était un Guillaume du Perche dans toute sa splendeur qui venait de faire son entrée dans le cercle de la conversation. Boiteux certes mais il tombait à merveille ! Sinon Thimoléon n'aurait fait qu'une bouchée de cette affreuse bande de vautours.

    -J'espère que vous ne l'empruntez pas trop longtemps, nous avons tant à lui dire aussi
    , fit la baronne avec un sourire aussi faux que sa perruque

    -Ah madame la baronne, je tenterais d'être bref, mais si venait l'envie de me confesser, vous ne risquez plus de le voir durant des heures!

    -Des heures seulement ?

    -Ne m'attendez point surtout, fit froidement l'Abbé au reste de l'attroupement avant de suivre le Comte.

    Thimoléon se doutait bien de quoi le jeune homme souhaitait s'entretenir. Après cette conversation interrompue soudainement lors de cette divine soirée au Temple du Goût, Choisy n'avait pas obtenu plus d'information à part que du Perche avait besoin de lui...Mais pourquoi ? Lorsqu'ils furent suffisamment éloignés de toutes les oreilles indiscrètes et les langues trop pendues, Guillaume s'arrêta près d'une statue et se tourna vers l'abbé avec le sourire aux lèvres, l'air de rien.

    "Enfin, je peux vous parler, Mon Père ! Vous êtes un homme bien occupé, davantage quand vous êtes une femme. Et dans mon état, il m'est davantage difficile de vous courir après.

    -J'espère au moins que vous ne me laisserez point tomber comme l'autre soir sous mon propre toit, lança Thimoléon, piquant. Ah mais ne me regardez pas comme ça ! Vous êtes tout pardonné. Allons : dites-moi tout.

    -Vous souvenez vous de Venise, mon père ? Vous aviez parlé que votre dette envers moi serait éternelle. L'éternité étant trop longue, je vous propose de l'écourter et de l'éponger en échanger d'un service …

    -Aaah encore cette histoire ! Je vous l'ai dis : vous pourrez toujours compter sur moi, Monsieur. Ma vie est sauve grâce à vous et je vous serai toujours redevable. Ce n'est pas un simple service qui épongera une telle dette, croyez moi !"

    A vrai dire, depuis que le Comte l'avait sortie de tant de pétrins à Venise, Thimoléon était sous le charme du beau courtisan. Bien sûr, il ne songeait même pas à éveiller quelques sentiments peu orthodoxes auprès de lui, il connaissait la réputation du jeune homme. Mais ce dont il était sûr c'est qu'il ferait tout pour lui faire plaisir et lui rendre service. Éternellement, si il le fallait. Bien sûr, cela n'avait rien à voir avec le physique fort avantageux de Monsieur du Perche...

    "Savez vous être discret mon père ? Par cela, je parle d'écouter des conversations importantes sans en avoir l'air, d'être là sans se montrer et de savoir ce qui est important ou non. Ce qui ne l'est pas, je vous laisserais le raconter à Monsieur … Si vous ne voulez ou pouvez pas faire cela, notre conversation s'arrêtera là, je ne voudrais vous déranger davantage.

    -Voyons, mon ami ! S'étonna Choisy. C'est ce que je fais chaque jour à chaque heure, minute ou seconde à la cour ! Si vous avez besoin de quelques informations, je vous rendrais ce service avec grand plaisir, Monsieur du Perche.

    Voilà qui était fort intéressant ! L'intérêt que Thimoléon portait à son héros se trouvait décuplé par ce parfum d'aventure. Certes, l'abbé se rapprochait plus de la précieuse enrubannée que du preux chevalier mais aux côtés de son interlocuteur, même boiteux, il n'avait peur de rien ! Un sourire éclatant se dessina sur le visage du bourgeois.

    "Maintenant que nous en sommes aux confidences, racontez moi donc : pour quelle mission allez-vous avoir besoin de mes talents ?"

    C'était une affaire bien surprenante qui était en train d'être conclue sans qu'aucun courtisan ne puisse s'en douter. Thimoélon chérissait déjà ces toutes nouvelles perspectives.

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MessageSujet: Re: De la naissance d'une étrange association [Choisy]   De la naissance d'une étrange association [Choisy] Icon_minitime26.12.11 20:12

Aaah encore cette histoire ! Je vous l'ai dit : vous pourrez toujours compter sur moi, Monsieur. Ma vie est sauve grâce à vous et je vous serai toujours redevable. Ce n'est pas un simple service qui épongera une telle dette, croyez moi !
Attendez de savoir ce que je vais vous dire …

Guillaume avait mûrement réfléchi à sa décision de prendre l'abbé comme partenaire, enfin comme une sorte d'assistant, si on peut dire ça comme ça. Du Perche était souvent sur les routes, le Roi lui confiait les missions plus lointaines pour ne pas éveiller de soupçons. Après tout, avant de se poser à Versailles, il a été un grand voyageur et personne ne s'étonnait de le voir quitter la Cour quelques jours. Seulement, en son absence, il ne savait pas vraiment ce qui se passait ici bas. Il y avait bien Evangeline, mais elle avait été absente ces derniers mois, occupé en Saintonge. Et puis, après le désastre de l'anniversaire, les deux amis d'enfance étaient dans le collimateur du monarque. Guillaume devait se racheter une conduite et la solitude n'était plus possible. Alors il devait trouver quelqu'un comme lui, une sorte de caméléon qui pouvait s'infiltrer partout, des plus hautes sphères aux plus bas fonds de la capitale. Et malgré la vie étrange de Choisy, il fallait admettre que le jeune homme avait ses entrées grâce à son amitié avec Monsieur, sa soutane et son déguisement de Comtesse. Espérons que ce choix ne serait pas regrettable …

Voyons, mon ami ! C'est ce que je fais chaque jour à chaque heure, minute ou seconde à la cour ! Si vous avez besoin de quelques informations, je vous rendrais ce service avec grand plaisir, Monsieur du Perche.

Du Perche regarda cet acolyte et eut un petit sourire. Choisy savait-il vraiment dans quoi il s'embarquait ? Sûrement pas. Le jeune abbé ne semblait pas connaître ce qui se passait derrière les belles dentelles et les éventails, tout l'attrait à l'espionnage. Guillaume était même certain qu'il ferait une sacrée tête lorsqu'il lui révélerait que le Comte est un espion de sa majesté. Voyons, Du Perche est le plus courtisan des courtisans, un accro au jeu, toujours à la table de jeux ou alors à courir les demoiselles. Bien loin de l'image traditionnelle de l'espion ! Enfin, quand on voit mademoiselle de Comborn, parfaite courtisane ou alors le baron d'Anglerays, le Fou aux bons mots. Il y en avait d'autres, Guillaume connaissait quelques autres espions et il était difficile de les distinguer. Mais retournons à notre conversation.

Maintenant que nous en sommes aux confidences, racontez moi donc : pour quelle mission allez-vous avoir besoin de mes talents ?
De vos talents, de vos oreilles ! Mais avant, je dois vous dire quelque chose.

Jamais, Guillaume n'avait parlé de son activité. Si, à Arthur son homme à tout faire, mais c'était différent, il l'avait presque élevé et vivait avec lui au quotidien, difficile de lui cacher quoi que ce soit. Puis Arthur avait eu vent que son maître était en prison, puis il le voit libre comme l'air, il y avait de quoi se poser des questions. Sinon, mis à part l'entourage des espions du Roi, personne ne savait ! Ce serait une grande première et il allait le confier à un abbé travesti …

Voyez vous, mon père, si je vous demande cela, ce n'est pas pour satisfaire la simple curiosité d'un courtisan. Ca, je sais le faire. Et puis, nous savons que cela est bien maigre pour racheter une dette. Alors vous serez mes yeux, mes oreilles … et indirectement ceux du Roi.

Guillaume avait dit cela sur un ton léger, comme s'il racontait une banale histoire de Cour. Il gardait le sourire tout en marchant avec sa canne, personne ne pouvait se douter des mots qu'il pouvait bien dire à l'abbé à ses côtés.

Vous avez grandi parmi la haute sphère, vous savez les coups bas qui existent ainsi que les complots. Vous comprenez donc que le Roi puisse avoir des espions disséminés parmi la Cour, des espions … comme moi par exemple. Il regarda Thimoléon et se mit à rire en voyant le visage surpris de celui-ci. Il fallait avouer que cela avait de quoi surprendre ! Allons mon père, cela vous surprend tant que cela ? Je ne suis pas qu'un simple coureur de jupons, les cartes à la main. Et cette blessure n'est pas due à un sauvetage héroïque d'une demoiselle en détresse, mais il faut bien trouver le parfait mensonge pour satisfaire la Cour!

Voilà, du Perche avait enfin dit à haute voix sa double-vie. A la fois courtisan et espion, il écoute aussi bien les conversations que vider les poches des joueurs face à lui. Finalement, Choisy avait lui aussi une double-vie, il formerait un bon tandem. Assez improbable, il fallait bien l'avouer. A première vue, ils n'avaient rien en commun, rien que voir le Comte avec un homme d’Église avait de quoi faire rire certaines personnes à quelques mètres d'eux. Les autres devaient se demander ce que les deux hommes pouvaient bien se dire. L'homme à la soutane et le boiteux, l'abbé et l'espion, il y avait beaucoup de superlatifs pour les nommer.

Il ne restait plus qu'à briefer son nouvel acolyte de sa mission, qui ne serait peut être pas sans danger, surtout avec les menaces qui planaient sur le Comte en ce moment.

Mais n'allez pas imaginez que vous allez grimper sur les toits et vous infiltrer dans des appartements ! Ca je m'en charge … enfin, je m'en chargerais quand j'irais mieux. J'ai besoin d'avoir des yeux et des oreilles à tout moment. Je suis souvent à la Cour, ce qui n'aide pas pour savoir ce qui se passe à Paris, et inversement. Chaque information peut avoir son importance, je vous fais confiance pour tout me dire.

Il grimaça légèrement en s'apitoyant un peu trop sur sa jambe blessée. Foutu Portau, ça il en faisait une affaire personnelle, ne mêlerait pas Choisy à cela. Enfin, il ne pouvait pas prévoir ce qui allait se passer dans l'avenir, sombre avenir pour du Perche.

Avec tout ce que je vous ai dit, vous ne pouvez plus vraiment dire non, mais je vous demande par simple politesse : toujours partant ?
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Thimoléon de Choisy

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MessageSujet: Re: De la naissance d'une étrange association [Choisy]   De la naissance d'une étrange association [Choisy] Icon_minitime14.02.12 20:40

    De vos talents, de vos oreilles ! Mais avant, je dois vous dire quelque chose.

    Comme Monsieur du Perche le flattait ! Thimoléon le jurait devant Dieu lui-même, il aurait vendu son âme juste pour les beaux yeux du comte ! Mais l’ecclésiastique reprit rapidement ses esprits afin d'écouter la suite des révélations de ce tout nouvel acolyte.

    Voyez-vous, mon père, si je vous demande cela, ce n'est pas pour satisfaire la simple curiosité d'un courtisan. Ça, je sais le faire. Et puis, nous savons que cela est bien maigre pour racheter une dette. Alors vous serez mes yeux, mes oreilles … et indirectement ceux du Roi.

    "Vraiment ? S’exclama Choisy en portant une main couverte de riches bijoux sur son cœur. C'est là un grand honneur que vous m'offrez là ! Pourvoir servir le Roi, aussi modestement soit-il, est un devoir que ma famille perpétue depuis des générations ! Mais alors...Vous êtes...?

    -Vous avez grandi parmi la haute sphère, le coupa aussitôt le jeune homme. vous savez les coups bas qui existent ainsi que les complots. Vous comprenez donc que le Roi puisse avoir des espions disséminés parmi la Cour, des espions … comme moi par exemple.

    Thimoléon resta alors un long moment silencieux, la bouche entrouverte, repensant à toute l'image qu'il avait de Du perche de sa réputation versaillaise et à ce qu'il connaissait de lui. Il était un improbable espion ! Un espion surexposé ! Constatant de sa surprise, Guillaume se mit à rire devant l'expression du bourgeois.

    "Allons mon père, cela vous surprend tant que cela ? Je ne suis pas qu'un simple coureur de jupons, les cartes à la main. Et cette blessure n'est pas due à un sauvetage héroïque d'une demoiselle en détresse, mais il faut bien trouver le parfait mensonge pour satisfaire la Cour !"

    Reprenant ses esprits, Thimoléon se redressa avec un sourire ébahie.

    "Ah ! J'aurais du m'en douter à Venise ! S'exclama-t-il en pointant son index vers le comte. Voilà que l'évidence me tombe sous le nez, Monsieur ! Mon ami, vous êtes parfait ! Jamais je ne me serai douter ! Et Dieu sait à quel point je laisse trainer mes yeux et mes oreilles ! Et rien ! Vous êtes redoutable ! Quand cesserez-vous de m'étonner ?"

    Il resta quelques instants à rire de sa propre méprise en contemplant les jardins et les promeneurs avant de reporter son attention vers l'espion de sa majesté, plus sérieux.

    "Je suis ravi d'apprendre une telle confidence, dit-il. Cela prouve la confiance que vous me portez et je vous en remercie. Maintenant dites m'en plus sur ce que je dois accomplir pour vous. J'imagine aisément que je ne devrai glaner mes informations au hasard. Avez-vous une cible précise ? Demanda-t-il avide d'en apprendre plus sur la faune qui se cachait à la cour du roi.

    -Mais n'allez pas imaginez que vous allez grimper sur les toits et vous infiltrer dans des appartements ! Ca je m'en charge … enfin, je m'en chargerais quand j'irais mieux. J'ai besoin d'avoir des yeux et des oreilles à tout moment. Je suis souvent à la Cour, ce qui n'aide pas pour savoir ce qui se passe à Paris, et inversement. Chaque information peut avoir son importance, je vous fais confiance pour tout me dire.


    Thimoléon acquiesçait silencieusement lorsque le comte chancela légèrement sur sa jambe blessée mais il était dur comme un roc, presque imperturbable ! Quel homme ! Songea l'abbé de Choisy avec un doux sourire se dessinant sur ses lèvres.

    Avec tout ce que je vous ai dit, vous ne pouvez plus vraiment dire non, dit Guillaume du Perche en relevant les yeux vers son interlocuteur. Mais je vous demande par simple politesse : toujours partant ?

    Touché par la démarche de son vieil ami et protecteur, Thimoléon prit sa main entre les siennes et le salua de façon plus solennellement afin que le comte comprennent qu'il n'aurait point trahison ou sombre entourloupe.

    "Vous pourrez toujours comptez sur moi, Monsieur, répondit-il en souriant. Chaque jour je prierais le Seigneur pour le succès de vos entreprises. Le Roi a bien de la chance de vous compter dans ses rangs ! "

    Ce jour-là dans les jardins de Versailles, c'est une alliance des plus improbables qui venait d'être signée et cela n'était que le début de leurs aventures...

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MessageSujet: Re: De la naissance d'une étrange association [Choisy]   De la naissance d'une étrange association [Choisy] Icon_minitime14.03.12 11:38

Était il dangereux d'exposer son secret ainsi, en parler dans l'orangerie l'air de rien, à un abbé qui vivait davantage comme un courtisan ? Pas plus que de courir les rues sombres de Paris ou Versailles, le visage caché par une écharpe pour passer incognito, et avoir le risque de se faire démasqué par un sale type ! Du Perche n'était pas totalement idiot (même s'il l'était sur certaines choses) et n'avait pas hurlé son statut d'espion sur les toits, ce serait d'une bêtise sans nom et surtout cela gâcherait sa couverture. Ah, cette chère couverture qui était plutôt sa vraie nature, personne n'irait se douter d'un homme qui est de petite naissance, aventurier sans attache, joueur averti et grand séducteur. Assurément, il ne remplissait aucun critère de l'espion de base. Mais c'était pour mieux tromper, mes chers amis. Loin de n'être qu'un petit courtisan qui papillonne à Versailles, Guillaume peut passer des nuits dans les rues à chercher des informations ou traquer quelques personnes suspectes. Et si, au petit matin, il ne semble pas frais, tout le monde pense qu'il a passé une courte nuit à cause d'une fête ou d'une demoiselle. Couverture infaillible ! Ou alors totalement bancale puisqu'elle était aussi sa vie et cela l'avait conduit à ne pas remplir ses devoirs, d'avoir préféré passer la nuit avec une jeune femme plutôt que de faire ses rondes. Là, il avait totalement foiré, le savait et s'en voulait affreusement. Mais puisqu'on ne pouvait pas revenir en arrière, Guillaume devait trouver une solution pour se racheter auprès du monarque. Dans sa condition actuelle de boiteux, il ne pouvait pas faire grand chose et plutôt que de demander à un collègue espion, il préférait avoir une bonne source qui pouvait s'infiltrer dans tous les milieux, même si cette source pouvait paraître assez peu catholique, il fallait avouer que Choisy savait traîner ses yeux, ses oreilles partout et que lui-même entrer dans tous les cercles sans en être inquiété. Finalement, de ce point de vue là, les deux se ressemblaient. C'était sûrement un des seuls points !

Et voilà que la confidence tombait, sur un air de conversation des plus normales, Guillaume prit même la peine de rire en voyant l'air surpris de l'abbé. Personne autour n'aurait pu imaginer les mots qu'ils s'échangeaient et à quel point cela pouvait être sérieux.

Ah ! J'aurais du m'en douter à Venise ! Voilà que l'évidence me tombe sous le nez, Monsieur ! Mon ami, vous êtes parfait ! Jamais je ne me serai douté ! Et Dieu sait à quel point je laisse traîner mes yeux et mes oreilles ! Et rien ! Vous êtes redoutable ! Quand cesserez-vous de m'étonner ?
Jamais j'espère, sinon je perdrais un peu de ce qui fait ma superbe ! plaisanta t'il à nouveau.

S'il s'amusait en apparence de cette condition, Guillaume n'ignorait pas les responsabilités d'être un espion, la discrétion était de mise. Et si un être aussi curieux que Choisy n'avait pu deviné cette double-vie, il n'y avait pas grand monde qui le pouvait ! Il fallait vraiment fouiller, creuser profond ou alors avoir une chance incroyable. Comme Portau par exemple, cette soirée où les deux hommes se sont battus et reconnus, comprenant le camp de l'autre. Pour l'instant, Portau avait l'avantage sur lui mais ni l'un ni l'autre ne pouvait parler pour l'instant, du Perche avait un léger sursis avant de tenter de ramener cela à son avantage.

Pendant ce temps là, la conversation redevint plus sérieuse. Il fallait expliquer à ce nouveau coéquipier ce qu'il allait devoir faire. Rien de bien nouveau en somme : tout écouter, tout regarder, il fallait surtout rapporter les informations à l'espion sans que personne ne se doute de rien. S'ils se voyaient trop souvent, cela pouvait éveiller des soupçons, pas forcément sur l'espionnage mais, avec la Cour de France, il fallait toujours avoir des coups d'avance. Alors autant jouer sur la surprise avec cette association conclue par cette poignée de main, signant l'accord entre les deux hommes.

Vous pourrez toujours comptez sur moi, Monsieur. Chaque jour je prierais le Seigneur pour le succès de vos entreprises. Le Roi a bien de la chance de vous compter dans ses rangs !
Je doute que le Roi pense comme vous, lâcha Guillaume, amer, avant de reprendre plus détendu. Mais je suis ravi que nous puissions faire affaire ensemble ! Vous aussi, personne ne pourrait se douter de ce que vous allez accomplir, vous qui aurez un coup d'avance sur le reste de cette Cour …

Ou trois coups de retard comme Guillaume qui traînait sa jambe comme un fardeau, incapable de repartir en mission pour l'instant, seulement faire de la surveillance dans Versailles, mener sa vie de courtisan sans quitter personne des yeux. Il y avait plus exaltant mais ne pouvant rien faire, il déléguait. Il faut dire qu'il avait tellement en tête en ce moment entre la remontrance du roi, sa blessure et la récente lettre de Gabrielle, il ne savait plus – que Guillaume me pardonne l'expression – sur quel pied danser. Mais puisque la vie continuait et qu'on l'écartait des recherches de la favorite, du Perche devait trouver autre chose, et cela passerait par l'abbé de Choisy à ses côtés. D'ailleurs, autant commencer leur étrange association de suite.

Avant de vous laisser retourner à vos occupations, avez vous entendu des choses ces derniers jours ? Sachez que, coucheries mis à part, tout est bon à dire, les pistes les plus anodines peuvent monter à des réseaux plus sérieux !

Être espion ne voulait pas seulement dire protéger le roi d'un complot, il s'agissait aussi d'infiltrer des cercles fermés et interdits comme des réseaux de messes noires, de trafics d'humains, de poisons, de contrefaçons, de duels, de publications contre le roi … Il fallait protéger le Roi dans sa globalité, dans son ensemble et pas seulement sa personne physique. Et vous savez, dans le royaume de France, il y a autant de complots que de comploteurs, restait à savoir qui et sur quoi ils complotaient …
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Thimoléon de Choisy

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Libre comme les cieux : il brûle comme l'enfer !
Côté Lit: Tous les anges et les démons de cette terre s'y étendent pour mon plus grand plaisir...
Discours royal:



    ANDROGYNE
    l'Allure stupéfiante.


Âge : 23 ans
Titre : Abbé de Saint-Seine - Comtesse des Barres - les yeux et les oreilles de la Cour...
Missives : 382
Date d'inscription : 02/08/2011


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MessageSujet: Re: De la naissance d'une étrange association [Choisy]   De la naissance d'une étrange association [Choisy] Icon_minitime31.05.12 22:24

    Je doute que le Roi pense comme vous, lâcha Guillaume, amer,
    -Vraiment ? s’étonna Thimoléon. Oh je suis sûr et certain qu’il connait votre valeur pour vous compter à ses côtés, Monsieur , ajouta-t-il, rassurant.

    Ils continuèrent leur promenade faussement anodine et amicale avant que l’espion ne reprennent, plus détendu.

    Mais je suis ravi que nous puissions faire affaire ensemble ! Vous aussi, personne ne pourrait se douter de ce que vous allez accomplir, vous qui aurez un coup d'avance sur le reste de cette Cour …

    A ces quelques mots, le jeune abbé ne pût retenir un gloussement.

    Allons mon ami : j’ai toujours un coup d’avance sur la Cour ! dit-il en plaisantant.

    Cette phrase, bien qu’elle soit dite sur un ton des plus légers, était pourtant belle et bien vraie. Lorsqu’on était à la fois un abbé et une riche comtesse à la tête d’un salon littéraire, les ragots et autres confessions tombaient entre les mains de Thimoléon comme si il en pleuvait ! Cette place discrète et stratégique plaisait beaucoup au bourgeois qui connaissait mille et une manière d’être plus discret qu’une souris.

    Avant de vous laisser retourner à vos occupations, avez vous entendu des choses ces derniers jours ? Sachez que, coucheries mis à part, tout est bon à dire, les pistes les plus anodines peuvent monter à des réseaux plus sérieux !

    Face à cette demande, les inquiétudes de l’abbé resurgirent aussi aisément qu’en remuant la vase au fond d’une mare. Bien sûr qu’il avait des choses louches à confier ! Fort inquiétantes même. Tout ces souvenirs lui donnaient froid dans le dos. Il n’oubliait pas l’abbé de Serrabonne et ce fameux jour où il assassina l’un des éminents membres de la Sorbonne…Il n’oubliait pas non plus ce fameux matin à Versailles, alors qu’il sortait de confesse avec le comte de Montfort, où il recroisa ce mystérieux inconnu qu’il soupçonnait d’être un meurtrier…Son visage, glacial et terrifiant restait gravé dans sa mémoire dans les moindres détails. La main tendue par le Comte du Perche tombait à point nommé !
    Ayant soudain un air plus grave, Thimoléon soupira longuement avant de répondre à son ami et complice :

    "En effet, j’ai des raisons de croire qu’un dangereux meurtrier rôde à Versailles, dit-il inquiet. Il faut que je vous raconte ce qui m’est arrivé il y a de cela quelques années maintenant. J’étais encore un étudiant de la Sorbonne. Un jour, alors que je passais dans un couloir, un abbé vint me trouver car il cherchait un certain abbé de Beaulieu. Moi, ayant toujours été très courtois, je lui indique le chemin et il s’en va. Quelques heures après cette rencontre, alors que nous célébrions la messe, c’est une terrible nouvelle qu’on nous rapporta de la bouche d’un page : l’abbé de Beaulieu avait été retrouvé mort ! s’exclama-t-il avant de jeter un regard circuaire sur les jardins vérifiant qu’on ne les espionnait pas avant de reporter son attention sur du Perche. J’aurais fort apprécié que cette histoire en reste là, seulement il semblerait que l’intrigue m’aime trop pour se défaire de moi ! L’autre jour, je sortais de confesse et…Diantre ! C’était à vous glacer le sang ! Il était là ! J’avançais dans les jardins quand tout à coup au détour d’un bosquet il croisa mon chemin ! L’homme qui s’était fait passé pour l’abbé de Serrabone ! Depuis, je dois l’admettre, je ne suis plus tout à fait tranquille à la cour et je laisse davantage à la Comtesse le plaisir de se faire voir, dit-il en sous-entendant son travestissement. Si j’ai le malheur qu’il se rappelle de moi : je suis un homme mort ! Un grand blond aux yeux bleus à l’air glacial, vous ne pouvez pas le manquer ! Moi je n’oublierais jamais ce visage !

    Il espérait que cela aiderait l’espion…et que cela l’aiderai, lui, à dormir plus tranquille ! Le jeune homme trouvait qu’il ne s’était pas suffisamment amusé pour mourir si jeune ! Quelle injustice ! Lui qui n’avait (pratiquement) rien à se reprocher ! Il se demanda soudain si il serait davantage exposer à tant de dangers en concluant un tel accord avec le Comte du Perche… Si le pauvre Thimoléon savait ce qui l’attendait !


______________________

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MessageSujet: Re: De la naissance d'une étrange association [Choisy]   De la naissance d'une étrange association [Choisy] Icon_minitime28.08.12 14:57

Avouer son statut d'espion pouvait s'avérer dangereux, surtout si ce secret tombe dans de mauvaises oreilles. Mais l'abbé de Choisy n'avait rien d'un traître ni d'un fou prêt à vendre le moindre secret pour quelques pièces. Si Guillaume l'avait choisi, c'était aussi parce que cet homme d'église connaissait le Roi, même de loin, mais surtout Monsieur. Il pouvait donc se sentir concerné et être tenté de donner de sa personne. Et puis, quand on confie un secret à un prêtre, n'est-on pas sous le sceau de la confession ? Tout était donc réuni pour que ce secret se partage entre les deux hommes ? Cela aurait pu être un moment solennel, secret, après un rendez vous à l'abri des regards et des oreilles qui traînent un peu partout. Non, rien de mieux que de parler dans l'Orangerie, comme si de rien n'était et parler de son statut d'espion comme on parle du temps du jour où des petites histoires de Cour. Guillaume avait appris que ce qui se trouve sous nos yeux est ce qu'on observe le moins. Et puis, il fallait avouer que la tête de Choisy à ce moment là était exceptionnel, cela aurait été cruel que ce soit caché par le grillage du confessionnal !

Le roi, fier de Guillaume ? Après la soufflée qu'il avait pris le jour de l'anniversaire et sa défaite face à Portau dans les rues de Paris, il en doutait fortement. Il faudrait du temps et beaucoup d'éclat pour regagner la confiance de Louis XIV, ou lui rendre un exceptionnel service. Là aussi il avait le temps de voir les choses venir, tout vient à point à qui sait attendre.

Vraiment ? Oh je suis sûr et certain qu’il connaît votre valeur pour vous compter à ses côtés, Monsieur.
Peut être que vous avez raison.

Guillaume se mit à parler des sortes de missions que Choisy aurait à faire. Cela ne le changera pas de d'habitude, juste à continuer à traîner ses yeux et ses oreilles partout à la Cour ou à Paris. Et, qui sait, Thimoléon pourra faire plus que n'être une sorte d'informateur, l'homme d'église allait être une aide précieuse pour Guillaume, même si ni l'un ni l'autre ne se doutait de quoi que soit en cet instant. Guillaume ne savait pas tous les dangers qui le guettaient, il le découvrirait plus tard et en souffrirait grandement. Mais pour l'instant, ses plus gros problèmes étaient de retrouver Portau et lui faire payer sa blessure à la jambe. Puis aussi se soigner car sa jambe flanchait en certains instants mais il refusait de montrer la douleur, ne voulant pas que Portau se régale de cette vision ni qui que ce soit, puisque du Perche avait ses détracteurs partout, espion ou juste courtisan. Quoi qu'il en soit, voilà la naissance d'une étrange association : un espion-courtisan et un abbé pas franchement catholique. Cela ne payait pas de mine dit comme cela mais il faut toujours se méfier de ce genre de tandem un peu bancal sur le papier et qui se révélerait des plus efficaces. La main baguée de l'abbé serra celle libre de Guillaume qui lui fit un sourire entendu. Choisy serait l'informateur aussi improbable que parfait puisqu'il ne changeait rien, continuerait à être un courtisan et une langue de vipère.

Allons mon ami : j’ai toujours un coup d’avance sur la Cour !

Guillaume rit, mélange de véritable et d'une absolue modestie (ironique bien sûr). Mais il n'avait pas tort et ce sont toujours ce genre de personne que personne ne se méfiait. Il n'y avait qu'à voir Guillaume, qui pourrait penser qu'il était un espion ? Le comte vivait sa vie comme il l'entendait, était un séducteur connu comme le loup blanc et un joueur invétéré. Vu comme cela, il avait juste l'allure d'un banal courtisan, beaucoup pouvait faire comme lui, n'être qu'un coq de basse-cour. Et c'était justement le fait de se fondre dans la masse qui permettait de ne pas se faire repérer. Avec son amie Evangeline, c'était la même chose, ils étaient redoutables à la Cour. Mais la campagne n'était pas leur terrain de jeu, il n'y avait qu'à voir l'échec cuisant de la surveillance de la favorite … Mais condamné à rester à Versailles, Guillaume avait de quoi faire dans ces murs, lui se méfiait de tout le monde, ou presque. Et la preuve que Versailles n'était pas en sécurité, il n'y avait qu'à écouter les confidences de Choisy sur un mystérieux meurtrier, une histoire à la Sorbonne qui s'était passé il y a quelques années. Ne comprenant pas le rapport avec Versailles, du Perche continua de l'écouter, pour entendre la fin de l'histoire.

Diantre ! C’était à vous glacer le sang ! Il était là ! J’avançais dans les jardins quand tout à coup au détour d’un bosquet il croisa mon chemin ! L’homme qui s’était fait passé pour l’abbé de Serrabone !

Nous y étions, le tueur se promenait dans le château sans aucune impunité. Les tueurs n'ont aucun scrupule à aller là où le monde pouvait les voir sans vraiment les reconnaître. Guillaume ouvrit la bouche pour lui demander une description mais l'abbé dut lire dans ses pensées pour reprendre.

Si j’ai le malheur qu’il se rappelle de moi : je suis un homme mort ! Un grand blond aux yeux bleus à l’air glacial, vous ne pouvez pas le manquer ! Moi je n’oublierais jamais ce visage !
Et moi je n'oublierais pas votre description de cet homme.

A dire vrai, le premier homme de cette description auquel il pensa fut bien sûr Cédric de Portau. Pourquoi aurait-il tué un abbé, c'était un bonne question mais il en était bien capable ! Ce traître de la pire espèce n'avait aucune âme et dégainait sa lame sans aucun soucis. Il fronça les sourcils un instant et garda en mémoire cette histoire, qui se révélait bien intéressante. Après quelques secondes de silence, Guillaume releva la tête, un peu plus sérieux mais déterminé.

Ne vous en faites pas mon cher, je chercherais l'homme qui pourrait chercher à vous éliminer, j'en ai déjà ma petite idée … Le temps que ma patte folle se remette, je traquerais ce scélérat.

A propos de jambe, la sienne commençait à lui faire mal, la douleur s'intensifia petit à petit, il avait besoin de repos, au moins de s'asseoir quelque part. Puis leur conversation menait à son terme, il ne fallait pas qu'ils paraissent trop suspect aux yeux des autres qui devaient bien se demander ce qu'un comte et un abbé pouvaient bien se raconter. Tentant de masquer sa souffrance derrière un sourire, Guillaume s'arrêta un instant dans une des allées de l'Orangerie.

Je vous fais donc confiance pour la mission que je vous confie. Nous aurons d'autres occasions de nous revoir pour que nous rediscutions de tout cela. Maintenant, veuillez bien m'excuser mais je dois me reposer, cette maudite jambe commande le reste de mon corps. Je vous rends la liberté mon père et vous souhaite une bonne journée.

Après un salut de la tête et un regard entendu, du Perche prit une autre direction, cherchant où pouvoir s'asseoir. Étrangement (ou pas), il se dirigea vers le banc de pierre où se trouvait des demoiselles se cachant derrière leurs éventails. Il avait bien le droit de se détendre quelques instants, c'était sa jambe qui le lui demandait. Mais il n'oubliait pas sa conversation avec l'abbé de Choisy. Quel drôle de tandem quand on y repense !

FIN
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