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 “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Ce n'est pas l'amour, mais l'amitié qui le déchire.
Côté Lit: Souvent vide. Les exigences du métier...
Discours royal:



    Bouffon, donc...
    Intouchable.


Âge : 36 ans
Titre : Fou du Roi, seigneur de la Boissière, baron d'Anglerays.
Missives : 1835
Date d'inscription : 24/08/2011


MessageSujet: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   24.08.11 13:46

Ferdinand d'Anglerays
_______ ft. David Tennant


    ► 35 ans
    ► Baron, Fou du Roi et espion. Un emploi du temps de ministre, ma foi !
    ► Français.
    ► Fiancé.



    « Que diable, vous êtes à Versailles ! »

    Un paradis ou un enfer versaillais ?
    "Allons, vous me posez la question, à moi ? Le fou du Roi ? Quelle drôle d'idée ! Voyons, pour un homme comme moi, rien de tel que Versailles ! Mon titre de Fou m'autorise tous les écarts de politesse, toutes les insultes et les moqueries qui feraient rougir une dame jusqu'aux oreilles sans que je n'en sois inquiété le moins du monde ! Avouez que ma position est tout de même... Enviable ! Je ne suis certes pas le plus aimé des hommes de la Cour, mais il est fort probable que je sois celui qui s'y amuse le plus. Je passe mes journées à faire rire le Roi, à me moquer de tous ceux qui ont le malheur de tomber entre mes griffes, à colporter des ragots juste pour le plaisir... Tout ça sans courir le moindre risque. Je suis l'intouchable parmi les intouchables. Comment voulez-vous que la vie versaillaise ne soit pas synonyme de paradis pour moi ?"


    Vérité ou fantasme du complot ?

    "Ma parole, c'est une véritable inquisition ! Ce que je pense du complot qu'on murmure être ourdi contre le Roi ? Si je vous le disais, je faillirais à ma tâche d'espion... Enfin, vous avez une tête sympathique, donc à vous je veux bien le dire... En tant qu'espion de sa Majesté, il est de mon devoir de prendre cette menace très au sérieux. D'un autre côté, je n'ai encore entendu parler de rien qui étayerait cette hypothèse... Mais sait-on jamais ? A la Cour, il faut toujours se méfier de tout et de tout le monde... Alors en bon espion que je suis, j'ouvre tout grand mes yeux et mes oreilles et... J'attend !"


    Plutôt colombe ou vipère ?

    "Hahahahahahahahahaha ! Vous savez que vous me faites mourir de rire avec vos questions ? Si je suis colombe ou vipère ? La réponse devrait vous sauter aux yeux mon cher, à moins que vous ne soyez tout à fait idiot, ou que vous soyez étranger au point de tout ignorer des moeurs de la Cour. Je suis le Fou du Roi, mon ami, savez-vous ce que cela implique ? Que je le fasse rire. Et comme m'y prend-je ? En fustigeant les autres, évidemment ! Il n'est pas un ragot, une rumeur à la Cour dont je n'entende pas parler, pas un scandale qui m'échappe, et j'emploie mes talents d'humoriste et de caricaturiste pour les utiliser à mon avantage et dresser un portrait peu flatteur des courtisans qui m'entourent... Procédé peu sympathique pour les autres, certes, mais qui m'amuse énormément et qui ravit sa Majesté... Alors pourquoi me priver ? D'ailleurs, gare à vous si je vous remarque et que je décide de me moquer de vous, votre réputation et votre crédibilité risquent de s'en prendre un coup..."


    « Plus bas la révérence, plus bas. »

    ► Charline / Woody
    ► 17 ans
    ► P5/7 environ.
    ► Code du règlement : Code bon (by Steph)
    ► Comment avez vous connu le forum ? Grâce à celle qui ici se fait appeler Amy of Leeds What a Face
    ► Suggestion : Aucune, à part inventer un prédef qui inventerait le nutella. Ca devait manquer cruellement à la Cour !


Dernière édition par Ferdinand d'Anglerays le 02.09.11 19:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   31.08.11 13:01

« Il était une fois ... »

10 ans.



« Père… Où est mère ? »
Le baron d’Anglerays posa sur son fils un regard à la fois surpris et fatigué. Les questions de l’enfant sur sa mère s’étaient faites de plus en plus pressantes ces derniers temps et malgré ses réponses évasives, son fils n’avait pas baissé les bras et revenait à l’assaut presque chaque jour, bien déterminé à trouver des réponses à ses interrogations. Le baron le considéra avec plus d’attention. Ferdinand était un enfant de dix ans comme les autres, pas très musclé mais grand et élancé, vif et agile, dans son corps aussi bien quand son esprit. Pour son jeune âge il se montrait déjà intelligent et perspicace, ce que le baron n’était pas sans apprécier. Il tendit la main et ébouriffa les cheveux châtains déjà très désordonnés du garçon –sa gouvernante avait renoncé à toute tentative pour essayer de les dompter- et s’étonna qu’il soit déjà aussi grand. Il se souvenait encore du jour de sa naissance comme si c’était hier. Le temps passait donc si vite ? Depuis la mort de son aimée, il avait pourtant l’impression que les secondes passaient avec une lenteur qui frôlaient la torture.
Les yeux bruns de l’enfant plongèrent dans les siens. Ferdinand avait un regard très particulier, empli d’innocence et de naïveté comme s’il découvrait quelque chose de nouveau en permanence, mais en même temps, il trahissait un sérieux, une désillusion qui ne seyait pas à son âge. Comme si dans ses yeux et dans son esprit, l’enfant et l’adulte se disputaient la place sans parvenir à décider de qui l’emportera. Mais quand un adulte avait-il grandi ainsi dans l’esprit de ce gamin de dix ans à peine ?
Le baron retira sa main des cheveux de son fils qui attendait, silencieux. Le père croisa ses mains sur son ventre et laissa échapper un soupir.

« Tu as bien grandi Ferdinand. Je ne m’en étais pas rendu compte. »

L’enfant tendit l’oreille. D’habitude, son père ne répondait pas lorsqu’il abordait le sujet. Ou alors il détournait la conversation, ou le renvoyait tout simplement étudier dans sa chambre. Quelques chose, cette fois-là, était différent. Il ne saurait dire quoi, mais aujourd’hui, il avait le sentiment qu’il en saurait plus.

« Que sais-tu de ta mère aujourd’hui, Ferdinand ? »

Le garçon fronça légèrement les sourcils. Il ne s’était pas attendu à une question comme celle-ci.

« Mère est partie quand j’avais un an. Elle était la baronne Léa d’Anglerays. C’était une femme douce et généreuse, et sa mère était italienne. » débita-t-il comme s’il récitait une leçon. Il se rendit compte à quel point il en savait peu sur sa génitrice. Mais c’est pour ça qu’il était là, non ?

« Ta mère… » commença le baron en mesurant ses mots. « … N’était pas Léa d’Anglerays. »

Ferdinand comprit immédiatement les paroles de son père et eut l’impression de recevoir un coup de massue sur la tête. Une lueur effrayée passa dans son regard brun et il se raidit. Le baron ne sembla pas le remarquer et continua sur sa lancée, comme soulagé de se débarasser de ce poids qui lui pesait depuis tant d’années.

« Ta mère s’appelait Madame d’Aubigné. C’était une noble du Royaume, l’épouse du chevalier d’Aubigné. Nous nous sommes aimés dès l’instant de notre rencontre. De fil en aiguille, nous avons organisé des rendez-vous secrets… Et quelques temps plus tard, tu es né, Ferdinand. »

Il marqua une pause. Ferdinand déglutit, comprenant à l’air sombre de son père que l’histoire ne se terminait pas bien…

« Je t’ai pris avec moi. Avec la complicité de l’accoucheuse elle avait fait croire à son mari qu’elle avait perdu l’enfant. Mon épouse d’alors, Léa, a été bouleversée en découvrant ma tromperie. Et pourtant, elle a accepté que je te garde, et t’a levé comme son propre fils… Ta belle-mère était une sainte, mon fils. Une sainte. »

Ferdinand sentit sa gorge se nouer et les larmes lui piquer les yeux. Mais il s’accrocha aux paroles de son père, maintenant qu’il était si proche de la vérité…

« Quelques mois après ta naissance, le chevalier d’Aubigné nous a surpris en plein rendez-vous, ta mère et moi. Fou de rage, il s’est mis à hurler et à l’insulter. Et ensuite, emporté par sa fureur dévastatrice… Il l’a tuée. » La voix du baron se brisa. « Je lui ai échappé par chance uniquement. Je suis immédiatement rentré et j’ai tout raconté à Léa. Là encore, elle fut exemplaire. Personne ne sut jamais rien sur ta naissance, personne. Et peu après ton premier anniversaire, elle mourut d’une mauvaise fièvre. »

Le baron leva enfin les yeux vers son fils, dont le corps s’était raidi d’émotion, les yeux brillants à la fois de chagrin, l’incompréhension, de peur et de colère. Ils se dévisagèrent un instant ainsi. Puis soudainement, l’enfant fondit en larmes et se précipita dans les bras de son père. C’était la première fois qu’il pleurait devant lui. En un sens, cela rassura le baron. Ils restèrent longtemps ainsi, prostrés, tout à leur peine commune, pour l’un la peine de faire ainsi souffrir son fils, pour l’autre, la douleur de découvrir qu’on lui a menti dix années durant, que ses deux mères ne reviendront jamais, et qu’il n’a personne à blâmer pour ce vide immense qui lui ronge les entrailles chaque jour.
Une lueur s’alluma dans le regard de Ferdinand. Personne à haïr ? Vraiment ?

***

24 ans



« Et c’est à ce moment-là que la comtesse est sortie en courant de la chambre de son amant, les cheveux défaits, aussi pâle que ses jupons –qu’elle avait égaré par ailleurs, demandez-vous donc comment !- et hurlant comme un beau diable, tout ça parce qu’une pauvre petit souris s’était subrepticement glissée dans la pièce et réussi à monter sur le lit… Comme si elle voulait rappeler nos deux tourtereaux à leurs bons devoirs ! »

La vision de Ferdinand roulant des yeux et agitant le doigt d’un air moralisateur fit rire l’assemblée aux éclats. Seule la comtesse en question ne riait pas, elle était non pas blanche comme ses jupons –qu’elle avait retrouvé après ce honteux épisode- mais aussi rouge que la pivoine qui ornait le col de sa robe. Quant à l’amant de l’histoire, il avait mystérieusement déserté le dîner en apprenant que le redoutable Ferdinand d’Anglerays serait de la fête. On ne savait comment, cet homme était au courant de tout ce qu’il se passait à la Cour, surtout ses secrets les moins reluisants, et son passe-temps favori était de les raconter à tout un chacun sans jamais prononcer de nom, mais avec des allusions lourdes de sens qui ne laissaient aucun doute sur l’identité de ses malheureuses victimes. Et tant qu’on n’était pas du nombre, il fallait reconnaître que ses histoires étaient absolument délectables. Le jeune d’Anglerays avait un talent de conteur tout à fait remarquable, un sens de l’humour aiguisé et un don pour la comédie et la caricature. Il savait taper là où ça faisait mal, accentuer le trait, trouver le bon mot quelles que soient les circonstances et avait un sens de la répartie redoutable –certaines de ses anciennes victimes avaient essayé de le prendre à son propre jeu, mais s’y étaient malencontreusement cassé les dents !
Satisfait de son succès, Ferdinand mima une révérence et tourna la tête vers le convive le plus important de la soirée, celui pour lequel, à vrai, il déployait tous ses talents d’humoriste : le Roi. Le souverain du Royaume avait organisé ce banquet en l’honneur d’un des membres de sa famille devenu père quelques semaines auparavant, et Ferdinand y avait été invité pour une raison qui restait obscure à la plupart des autres convives. Pourquoi le Roi s’était-il donné la peine d’inviter ce petit baron d’à peine plus de vingt ans ? Pour distraire la galerie ? C’était ce qu’il semblait, puisque le Roi riait de bon cœur à ses histoires même les plus grivoises et n’avait aucune autre raison valable de le faire venir. Du moins, c’est ainsi que Ferdinand lui-même voyait les choses, et il n’avait donc aucun complexe –connaissait-il seulement ce mot ?- à dénigrer les grands du Royaume, quitte à avoir des ennuis derrière. Le rôle de clown lui convenait parfaitement. Dans ce rôle, les autres le prendraient moins au sérieux. Et c’était en n’étant pas pris au sérieux qu’on était le plus à même d’endormir la méfiance et de survivre dans cette jungle civilisée qu’était la Cour de Versailles.
Quelqu’un s’éclaircit la gorge. Tout le monde tourna la tête vers le Roi, qui s’était levé, et même Ferdinand se tut.

« Baron d’Anglerays. »Commença-t-il sur le ton de celui qui se sait religieusement écouté. « Vous êtes un homme divertissant. Votre humour me plaît, et vos histoires me font rire. Mais vous avez de qui tenir votre talent, n’est-ce pas ? »
« Certes votre Majesté. Mais je serais un bien indigne descendant si je ne faisais pas honneur à mon aïeul Antoine d’Anglerays, connu pour ses talents de conteur encore supérieurs aux miens. Répondit humblement l’intéressé. »
« Je suppose que tous ici, vous avez déjà entendu parler de l’illustre Chicot ? Peut-être même que certains d’entre vous l’ont un jour rencontré, tout comme ma mère a déjà eu le bonheur de l’entendre fustiger son entourage à l’époque où il fut le Fou du Roi au début du règne de mon regretté père ... » poursuivit le Roi en s’adressant à l’assemblée toujours aussi silencieuse. « Chicot était le grand-père du baron d’Anglerays ici présent. J’ai peu connu feu votre père, mais il semblerait que vous, vous soyez le digne petit-fils d’Antoine d’Anglerays… Digne à tout point de vue. »

Les invités frissonnèrent. Si Ferdinand était le petit-fils d’Antoine d’Anglerays, le Fou du Roi le plus redoutable que la Cour aie jamais connu, et qu’il en était le digne descendant… Le Roi ne voulait tout de même pas…

« Baron d’Anglerays. » déclara le Roi d’une voix solennelle. « Vous êtes un homme plein de ressources et d’esprit, alliance que je ne trouve guère plus chez mes autres courtisans. » Les hommes présents piquèrent du nez ou rougirent d’indignation. « Je veux vous garder auprès de moi et pouvoir profiter de vos merveilleux talents à tout instant. Voilà quelques temps déjà que certains de mes bons amis me louent vos prouesses, et votre arbre généalogique joue en votre faveur. Baron d’Anglerays, je veux que vous deveniez le nouveau Fou du Roi. »

Si pour beaucoup le ciel leur parut leur tomber sur la tête, Ferdinand avait du mal à contenir sa joie. Ses prunelles brunes brillèrent de satisfaction et il s’inclina profondément devant son souverain.

« Si c’est là le souhait de votre Majesté, ce serait un honneur pour moi de la divertir avec mes modestes histoires… »

Puis il se redressa et toisa les autres courtisans. La plupart le fusillaient du regard, d’autres le regardaient d’un air effrayé. Il eut envie de rire. Fou du Roi ? Il allait s’amuser. Oh oui, il allait beaucoup s’amuser…



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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   31.08.11 13:02

30 ans



« Comme je vous l’ai dit, mon honorable grand-père, qui n’est autre que notre défunt roi Henri IV… »
Fedinand leva les yeux au ciel. Affalé sur son fauteuil, le bras posé sur l’accoudoir et la tête reposant dans sa paume, il considérait avec un mélange d’effarement et d’impatience cette jeune Elisabeth d’Alençon. Il ne la connaissait encore ni d’Eve ni d’Adam, mais elle lui tapait prodigieusement sur les nerfs. Comment, pourquoi ? Parce que selon Ferdinand, il ne s’agissait là que d’une jeune peste, orgueilleuse et vaniteuse dont le jeu préféré pour se faire mousser était d’énumérer pendant des heures son arbre généalogique admirablement fourni. Il lui semblait qu’elle ne savait rien faire d’autre et qu’elle pouvait en disserter pendant des heures. Voilà déjà plusieurs années qu’il est obligé de la fréquenter depuis la mort de son père, depuis qu’il a lui-même hérité du titre de Baron d’Anglerays, et à vrai dire… Une fréquentation pareille, il s’en serait volontiers passé.
« Oh vous savez je n’ai pas vraiment de mérite… » poursuivait-elle en adoptant un air faussement modeste après qu’un courtisan lui ait fait un compliment dont la teneur avait échappé à Ferdinand. « On me dit souvent que je tiens ça de ma mère, qui elle-même tenait ce trait de son illustre aïeule la… »
« … La duchesse du poulailler, très certainement ! »

Tous les regards convergèrent vers Ferdinand. Celui-ci observait sa nouvelle victime d’un œil goguenard, impatient de voir quelle réaction elle allait pouvoir lui offrir. Les enfants prétentieuses comme elle réagissaient toujours avec excès, il le savait par expérience. Ces jeunes filles pompeuses comptaient parmi ses objets de moqueries préférés. Et cette Elisabeth ne le décevait pas. Il ne perdait jamais une occasion de la faire tiquer, et ça fonctionnait à chaque coup, et ce jour-ci ne fit pas exception à la règle.
Elisabeth le dévisagea en ouvrant de grands yeux, et ses joues s’empourprèrent d’indignation. Cependant elle connaissait les pièges de Ferdinand et s’efforça de conserver son sang-froid.

« Qu’entendez-vous par là, monsieur le baron ? » de contenta-t-elle de demander d’un air faussement dégagé.
« Le compliment qui vous a été fait m’a échappé, mais s’il avait trait à votre incroyable propension à jacter comme une poule et piailler comme un pinson à propos de votre illustre famille, il n’y avait guère que la grande duchesse du poulailler dont vous auriez pu être la digne héritière. Personne à la Cour ne jacasse autant que celle-ci et que vous-même ! »

Quelques rires fusèrent dans l’assemblée et Elisabeth perdit patience.

« Baron d’Anglerays… » siffla-t-elle en se levant, furieuse. « Il me semble que vous avez tendance à oublier mon titre ainsi que ma position, qui dans la hiérarchie de la noblesse me place bien au-dessus de vous… »
« Et moi, ma très chère Elisabeth, cousine du Roi et Abbesse de Rimeremont… » répliqua aussitôt Ferdinand sur le même ton à la fois suave et cassant en s’approchant d’elle avec la démarche d’un félin. « … Il me semble que vous oubliez qui je suis. Aurait-il échappé à vos charmantes petits oreilles que je ne suis certes qu’un petit baron, mais je suis surtout et avant tout le Fou du Roi, position qui à bien des égards me rend bien plus précieux aux yeux de sa Majesté qu’une gamine prétentieuse et sèche comme une noix ? Gamine qui ne voulait même pas venir à la Cour avec sa mère quand l’occasion s’est présentée, soit dit en passant… »

Elisabeth blêmit sous l’affront. Ferdinand lui, triomphait. Oui, il lui arrivait de passer pour un monstre de méchanceté ou un infect salaud, mais c’était là le prix pour conserver son titre, et au fond, continuer à s’amuser comme il le faisait. Il se délectait du spectacle qu’offraient les victimes de ses plaisanteries. Toutes se croyaient si hautes, si importantes, indispensables… Et lui se faisait un plaisir de les faire descendre de leur piédestal et les ramener à une réalité souvent moins glorieuse que ce qu’ils s’étaient imaginé. Oui, à démolir le miroir doré dans lequel ils croyaient voir leur reflet, Ferdinand y prenait son pied.

« Comment savez-vous ça ? » grinça la jeune fille en le fusillant du regard. « Vous n’avez pas le droit de… »
« Pas le droit de quoi ? Si on veut s’en sortir dans la vie jeune fille, il faut avoir des ressources. Des coups d’avance sur votre adversaire. » la coupa-t-il en adoptant un air curieusement beaucoup plus sérieux, qui tranchait avec ses manières débonnaires habituelles. « La Cour est un champ de bataille, mademoiselle la Duchesse, et si vous ne l’apprenez pas très vite vous en trouverez d’autres comme moi qui vous faucheront en plein vol. Sauf que contrairement à moi, ils n’auront pas l’obligeance de vous prévenir avant de le faire. »

Cette dernière tirade la laissa sans voix. S’il y avait prêté un peu plus attention, Ferdinand aurait remarqué la lueur étrange qui venait de s’allumer dans le regard de son interlocutrice, mais il s’éloigna d’elle en enfonçant les mains dans ses poches. Il n’ajouta rien, il avait gagné la joute. Il fallait dire qu’il ne lui avait pas laissé la moindre chance, contrairement aux quelques autres fois où ils avaient eu affaire l’un à l’autre. Mais il s’était senti particulièrement exaspéré par ses grands airs, et il fallait bien l’avouer…
Ferdinand esquissa un sourire sardonique. Oui. La voir ainsi réduite au silence avait quelque chose de ju-bi-la-toire.

***

32 ans



Un hibou hulula, rompant le silence de cette froide nuit de novembre. Ferdinand s’immobilisa, jeta un coup d’œil acéré autour de lui pour s’assurer de n’entendre aucun autre bruit qui aurait pu s’avérer beaucoup plus suspect, et reprit sa marche silencieuse dans les bois qui bordaient le palais de Versailles. D’Artagnan lui avait donné rendez-vous à quelques kilomètres de là, et il n’était pas question qu’il prenne un cheval, dont les sabots sur le pavé auraient été d’une indiscrétion abominable. Il avait donc dû se résoudre à attendre minuit pour sortir du palais et prendre seul la route de deux heures qui le séparait de son point de rendez-vous avec le mousquetaire. Il était à présent presque arrivé, et il commençait à s’interroger sur les motifs qui avaient pu pousser le Gascon à prendre autant de précautions.
Cependant, il ne pouvait le blâmer. Quand on était, comme eux, des espions au service de sa Majesté, aucune mesure de sécurité n’était à négliger.
Il s’enfonça encore un peu plus dans la forêt –qui n’était pas la forêt domaniale, mesure supplémentaire prise par le mousquetaire- et déboucha enfin sur la clairière aux Renards qu’il lui avait indiquée. Ne voyant pas son collègue, il s’assit sur un tronc d’arbre couché, son épée à portée de main… Au cas où. Toutefois il n’eut pas à attendre longtemps avant d’entendre le bruissement des feuilles écrasées sous les bottes d’un cavalier. Ferdinand leva les yeux et reconnut le visage ridé, mais aux aguets, du plus célèbre des mousquetaires. Il se leva et lui serra la main avec cordialité.

« C’est bon de vous revoir, d’Anglerays. » lança le mousquetaire avec un plaisir sincère. « Notre collaboration commençait à me manquer. Dieu sait qu’il est difficile d’approcher le Roi en toute discrétion par les temps qui courent. Les courtisans n’ayant rien d’autre à faire que de s’observer entre eux, un homme de la route comme moi se ferait rapidement remarquer. »
« Ravi de vous revoir aussi, d’Artagnan. Votre remplaçant était un âne. Mais maintenant que vous êtes revenu de votre voyage secret je ne sais où, les affaires ont pouvoir reprendre. Où en est-on ? Je suppose que les choses ont avancé, si vous prenez la peine de me contacter en personne. »

D’Artagnan hocha la tête et sortit de sa poche une enveloppe cachetée de cire bleue. Il la tendit à Ferdinand, qui s’en empara et l’inspecta sous toutes les coutures pendant que son homologue lui donnait des explications.

« Il s’agit là d’une lettre d’aveux d’un des participants au complot visant à faire tomber le Roi. Ce sont son écriture, sa signature et son cachet. Le Roi pourra les authentifier lui-même, il le connaissait bien. »
« Un proche du Roi avouant sa participation au complot ? Joli coup de filet, mon cher. » fit Ferdinand en sifflant d’admiration. « Vous voulez donc que je lui remette cette missive en main propre ? »
« En tant que Bouffon, c’est encore à vous qu’il est le plus facile de l’approcher sans éveiller les soupçons. Une brillante idée que de vous recruter dans les services secrets de la Couronne. Vous êtes un atout prodigieux, et le meilleur c’est que personne ne s’en rend compte. »
« Etre un bouffon ne m’attire certes pas l’amitié de tout le monde, mais il faut reconnaître que ça m’évite d’être pris au sérieux, et de ce fait, beaucoup me sous-estiment… Pourtant, je suis l’un des êtres les plus intouchables de la Cour. »

C’était vrai. Le Fou du Roi bénéficiait de la protection officielle de ce dernier, et de ce fait était un « intouchable ». Personne, excepté le Roi lui-même, ne pouvait lui porter préjudice. Certes, il y avait quelques personnes, comme la Reine ou encore la favorite qui pouvaient influencer les décisions du Roi, aussi Ferdinand évitait-il de les fustiger comme il le faisait avec les autres courtisans. Mais pour les autres, il était sans pitié. Il était protégé, jouissait d’une position privilégiée malgré sa petite noblesse, il le savait et il en profitait pleinement. Etre le fou du roi, cela signifiait être immunisé contre toute atteinte, contre toute insulte et contre toute condamnation à mort. Quel pouvoir ! Ferdinand en était parfaitement conscient, et avait réussi à utiliser sa position unique pour jouer les espions pour la Roi. Le jour, il se moquait, riait, torpillait, et la nuit, il était l’homme de l’ombre le plus proche de sa Majesté. Il fallait dire que ses dons de comédien ainsi qu’une redoutable intelligence faisaient de lui un excellent élément, et d’Artagnan avait été l’un des premiers à s’en rendre compte. A eux deux, le Bouffon et le mousquetaire formaient un duo d’excellence, l’un grâce à son statut privilégié et son don de duplication, ses facilités pour mentir et jouer un double jeu, l’autre grâce à son expérience, son esprit d’organisation, son efficacité sur le terrain. Tandis que l’un officiait dans l’ombre du palais, l’autre dominait les alentours. Ajoutez à cela une entente remarquable, une amitié sincère entre les deux hommes, et une loyauté à toute épreuve pour leur Roi, et vous avez l’un des tandems les plus efficaces et dangereux du Royaume.
D’Artagnan donna un tape amicale sur l’épaule de Ferdinand.

« Donnez cette missive au Roi dès que vous le verrez seul à seul. Et assurez-vous de rester auprès de lui pendant la lecture, ça risque de lui faire un choc. » conseilla-t-il en se levant.

Ferdinand hocha la tête.

« Même le plus puissant des monarques n’échappe pas au chagrin… » remarqua-t-il à mi-voix.
« On peut avoir le pouvoir ou n’avoir que des amis, d’Anglerays. Mais on ne peut pas avoir les deux. Vous en savez quelque chose non ? »
« Dur métier que le nôtre, n’est-ce pas ? » répliqua Ferdinand avec un demi-sourire.
« Je ne vous le fais pas dire ! »

Ferdinand attendit que la silhouette de d’Artagnan ait disparu dans l’obscurité pour à son tour faire demi-tour, et enfin regagner le palais.



Dernière édition par Ferdinand d'Anglerays le 02.09.11 20:55, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   31.08.11 13:02

34 ans



Une nuit, de nouveau. Ferdinand était décidément un personnage à double-face, dont la personnalité différait entre le jour et la nuit. Le jour, il était le gai luron, l’hurluberlu déjanté de la cour, l’ennemi des courtisans et l’intouchable du Roi. La nuit, il était au choix un espion chevronné et efficace, ou bien… Un gai luron d’une toute autre sorte.
L’avantage quand vous étiez issu de la petite noblesse, c’était entre autres que les courtisans faisaient moins attention à vous qu’à un comte, ou un duc. Les faits et gestes d’un petit baron comme d’Anglerays étaient nettement moins surveillés, il avait donc plus de liberté de mouvement que la plupart des autres courtisans plus haut placés que lui dans la hiérarchie sociale. Et la liberté, Dieu seul savait à quel point Ferdinand y tenait. Si son titre de Bouffon du Roi lui assurait l’immunité quasi-complète, il avait tout de même besoin de pouvoir respirer et faire ce qui lui chantait quand il lui plaisait. Heureusement, la nature avait bien voulu le doter d’un certain talent pour la comédie, le mensonge et la dissimulation. Faire croire aux autres qu’il était là où n’y avait en réalité que du vide, il savait très bien faire. Ainsi, certaines nuits, quand tout le monde le croyait retiré dans ses appartements comme n’importe quel membre de la Cour, Ferdinand se faisait en réalité la malle et filait à l’anglaise rejoindre ses « compagnons nocturnes ».
Qui étaient ces compagnons nocturnes ? L’avantage quand on est doué pour jouer la comédie comme l’est Ferdinand, c’est qu’il est aussi très facile de devenir quelqu’un d’autre. Ajoutez à cela qu’il y prend du plaisir, à se transformer : modifier sa démarche, son accent, son registre de langues, sa voix même ne sont que des exercices de routine pour ce caméléon versaillais. C’est donc sans souci aucun qu’il réussit à se fondre dans la masse populaire des tavernes afin d’apprécier à sa juste valeur la vie nocturne des alentours du palais.
Dans ces tavernes il avait rencontré quelques-uns des comédiens de la troupe de Molière. L’un d’eux en particulier avait attiré son attention. Son nom était Eric Clint, et lorsqu’il l’avait aperçu à la taverne pour la première fois il avait immédiatement été frappé par son visage car il avait eu une fois l’occasion de le voir jouer sur scène. Le contraste entre sa passion sur les planches et son caractère froid et austère dans la vie civile l’avait marqué et immédiatement intéressé. Ferdinand n’avait jamais aimé la facilité et les personnalités atypiques l’avaient toujours attiré. Probablement parce que lui-même ne ressemblait à personne. C’est donc tout naturellement qu’il avait lié conversation avec le jeune acteur, avec lequel il s’est étonnamment découvert de nombreux atomes crochus. Leur passion commune pour la comédie notamment a contribué à les faire devenir de très bons amis.

« Eric ! Bien le bonsoir mon ami ! Alors, ces quelques tuyaux que je t’ai donnés la semaine dernière t’ont été utiles pour la représentation ? » lança Ferdinand à son ami en entrant dans la taverne.
« Ferdinand ! Tu parles si ça a marché, Molière lui-même m’a complimenté ! Comment diable as-tu pensé à ce tremblement de main nerveux ? »
« L’observation de l’humanité, jeune homme, te donnera tout ce qu’il te faut pour mieux l’imiter ! Allez, buvons à la santé de la troupe de Molière ! »

Un hourra général suivit cette déclaration et Ferdinand offrit la tournée. Il passa la soirée à discuter et boire sans interruption avec son jeune acolyte qui lui raconta la représentation par le menu. Mais à force d’enchaîner pinte sur pinte, Ferdinand finit par… Y voir un peu double.

« Tu vois, l’avantage quand tu sais jouer la comédie, c’est que tu peux berner tout le monde. Tout-le-mon-de, mon cher Eric. Je ne connais personne dans mon entourage qui me connaisse tel que je suis réellement. Pour tous, je ne suis qu’un excentrique qui n’est bon qu’à se moquer des autres à longueur de temps MAIS-C’EST-FAUX. » martela-t-il. « Qui sait si sous mon masque d’Arlequin souriant ne se cache pas en réalité un clown triste au cœur brisé, pleurant à chaudes larmes dès que les autres ont le dos tourné ? Hein, si ça se trouve c’ets ça que je suis, pas vrai Eric ? »

Non, il n’y voyait pas juste double. Il était ivre. Pas complètement ivre bien sûr, mais suffisamment pour… Perdre le sens des réalités et le contrôle de sa langue, disons.

« Mais bien sûr Ferdinand. Si ça se trouve, tu es même espion au service de sa Majesté ! » lança Eric en guise de boutade.
« NOM DE DIEU ! » s’exclama Ferdinand avant d’agripper son ami par le col. « Je ne sais pas comment tu sais ça Eric, mais il faut que tu te TAISES. C’est CAPITAL, tu m’entends ? »
« Je… Bien sur mais… Tu veux dire que… » balbutia Eric en ouvrant de grands yeux. « Tu es vraiment un espion ? »
« … Oh mon Dieu, tu plaisantais… Quel imbécile je suis. » marmonna Ferdinand soudainement dégrisé en relâchant sa prise et serrant les dents. « Ecoute Eric, ce que tu viens de découvrir doit à tout prix rester entre toi et moi, c’est bien clair ? » poursuivit-il en dardant un regard d’une dureté inhabituelle sur son comparse.
« Evidemment Ferdinand, tu peux compter sur moi, mais… Oh au Diable les secrets, Ferdinand j’ai besoin de ton aide ! Si tu es un espion de sa Majesté, il n’y a que toi au monde qui puisses m’aider ! » déclara tout à coup Eric avec un air de désespoir qui acheva de perturber Ferdinand.

Le jeune baron considéra son ami avec attention. Il s’en voulait à mort d’avoir trahi son secret de manière aussi stupide. Fini, plus jamais il n’avalerait une goutte d’alcool. C’était la première et la dernière fois qu’il se prenait une cuite, parole de d’Anglerays ! Mais la profonde détresse d’Eric le toucha, et puis… Si l’aider pouvait l’aider à tenir sa langue, Ferdinand était bien prêt à lui accorder un coup de main.

« Je t’écoute Eric. »

***

34 ans (quelques mois plus tard)



De tous les rôles qu’il avait eus à jouer en tant qu’espion de sa Majesté, celui-ci était probablement le plus cocasse et le plus ironique. Il avait déjà eu à se déguiser en mousquetaire, en chevalier, à se faire passer pour un comédien, pour un artisan, pour un saltimbanque, un pianiste renommé, un duc étranger, il avait même failli devoir se travestir en femme une fois, mais il avait réussi à éviter cette mission et trouver une vraie femme pour jouer le rôle. Parfois, chez les espions de sa Majesté, le manque d’effectifs se faisait cruellement ressentir. Enfin, passons.
C’était donc vêtu de rien de moins qu’une soutane que Ferdinand se présenta à l’église cet après-midi-là. Les suppliques et les révélations de son ami Eric l’avaient intrigué au plus haut point. Et dans les mois qui suivirent, il avait mené sa petite enquête, et avait finalement pris le parti de jouer le tout pour le tout en jouant aux infiltrés. Sa mission : approcher un curé répondant au nom de Paul de Joigny, homme d’église à la Cour. Et quelle était la technique la plus simple pour approcher un homme d’église sans se faire remarquer ? Se faire passer soi-même pour un homme d’église. Il y aurait certainement eu un moyen d’approche plus simple à mettre en pratique, mais Ferdinand savait qu’elle aurait été moins efficace. Un homme d’église inspirait plus facilement confiance à un de ses confrères qu’un noble qui viendrait se confesser ou discuter de la pluie et du beau temps. Rapidement, il était entré en contact avec ce Paul de Joigny et avait essayé de se faire une idée de la véritable nature de ce bonhomme. Il n’avait pas été déçu.
Un homme jeune et dur que ce Paul de Joigny. Il ne laissait jamais rien paraître et n’avait aucun sens de l’humour. En le voyant pour la première fois, Ferdinand avait du mal à s’imaginer le maître-chanteur qu’Eric lui avait décrit… Et pourtant il savait d’expérience que les apparences étaient souvent trompeuses. N’en était-il pas lui-même le meilleur exemple ? La duplicité était son deuxième prénom, et il avait très vite arrêté de se fier aux apparences lui-même. C’était une des qualités qui faisaient de lui un bon espion. Ce fut donc en gardant soigneusement les révélations d’Eric en mémoire qu’il l’avait abordé la première fois.
Depuis, les deux hommes discutaient entre deux prières ou entre deux messes. Ferdinand était si bon acteur que de Joigny n’avait rien remarqué de son petit manège. Il fallait dire qu’il se montrait particulièrement prudent : en aucun cas le curé ne devait découvrir son double-jeu. C’est pourquoi Ferdinand, en plus de sa fausse soutane, arborait une fausse barbe plus vraie que nature, modifiait sa démarche et sa voix, et passait aisément pour un homme d’au moins quarante ans. D’Artagnan lui-même aurait été bien en peine de faire le lien entre ce curé barbu et le déjanté bouffon du Roi !
Très vite, non seulement Ferdinand avait eu la conviction qu’Eric avait dit la vérité –ce type avait tout à fait la carrure du maître-chanteur – mais en vint très vite à le soupçonner d’un délit bien plus grave… Etait-il possible que cet homme fit partie du complot ourdi contre le Roi ? Ferdinand n’y aurait pas mis sa main au feu, mais il le trouvait définitivement louche. Il avait donc décidé de le titiller un peu, en critiquant allègrement le régime à chaque fois qu’il le pouvait, histoire d’essayer de faire craquer son interlocuteur et lui arracher des confidences qui seraient en réalité des aveux. Tâche peu aisée, mais peut-être facilitée par la sympathie que lui témoignait le jeune homme…

Ferdinand poussa la lourde porte de l’église et ne fut pas étonné de trouver de Joigny agenouillé en face de l’autel. Ce dernier tourna la tête et le salua brièvement. Adoptant un visage calme et même un peu rêveur, il s’approcha et s’agenouilla à son tour.

« Bonjour Paul. Toujours aussi ponctuel, n’est-ce pas ? »
« Je suis arrivé un peu en avance, Guillaume. » répondit de Joigny avec amabilité. Guillaume était le faux nom qu’il s’était octroyé, et le jeune curé avait mordu à l’hameçon sans problème.
« Mon pauvre Paul, avez-vous entendu les dernières nouvelles de la Cour ? Croyez-moi, les lubies grandiloquentes du Roi finiront par noyer notre pauvre Royaume ! » attaqua immédiatement Ferdinand en feignant un air profondément affligé et parut frapper son faux collègue.
« Que voulez-vous dire ? » demanda-t-il immédiatement.

Parfait, songea Ferdinand. Si Paul n’avait pour l’instant jamais commenté ses brimades contre le régime qu’avec une grande prudence, sans avoir l’air d’y toucher, il ne s’était cependant jamais insurgé contre ses paroles, ce qui était la preuve selon Ferdinand qu’il y était moins insensible qu’il n’y paraissait, et surtout qu’il n’était pas en désaccord avec ces déclarations… Si la bataille pour lui arracher la vérité et d’éventuels aveux s’annonçait rude, Ferdinand était loin de s’avouer vaincu. Il avait plus d’un tour dans son sac, et Paul de Joigny allait bientôt le découvrir…


Dernière édition par Ferdinand d'Anglerays le 03.09.11 14:27, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   31.08.11 13:02

35 ans



« Bonjour Baron d’Anglerays ! Quelle belle soirée, ne trouvez-vous pas ? » s’exclama le marquis de Montmorency en désignant la foule qui s’étalait sous ses yeux et ceux de Ferdinand, qui se tenait à ses côtés en souriant.
« C’est une soirée très réussi, monsieur le Marquis. Vous pouvez en être fier, il y a là la fine fleur du Royaume. » répondit-il poliment mais non sans sincérité.
« Oh, pas la fine fleur, mais des invités très honorables, certainement ! Mais je vous retiens avec mes bavardages, allez donc profiter des festivités mon cher, nous aurons tout le loisir de discuter plus tard ! »

Le marquis s’éloigna de Ferdinand pour aller saluer d’autres invités qui venaient d’arriver. Sans se départir de son air de bonne humeur, le jeune baron lui lança un dernier regard avant de descendre les escaliers de pierre qui menaient à la pelouse, où de nombreux convives discutaient joyeusement, ou dansaient sur la musique que jouait l’orchestre spécialement prévu pour l’occasion. Ce n’était pas une grosse soirée comme celles organisées par le frère du Roi ou le Roi lui-même bien sûr, mais chez Montmorency on était sûr de toujours trouver de la compagnie de qualité, des artistes, des intellectuels avec qui Ferdinand se faisait toujours un plaisir de discuter. Et il fallait le reconnaître, le marquis comptait dans ses connaissances un certain nombre de très jolies jeunes femmes, aussi agréables d’esprit que d’apparence, dont la présence illuminait la soirée comme autant d’étoiles.
Ferdinand chemina entre les invités, saluant quelques visages connus par-ci par-là. Des amis ? Pas vraiment. A part d’Artagnan, Ferdinand n’avait pas d’ami intime parmi la haute société. A la Cour, soit on le craignait, soit on le détestait. En tout cas, si on le trouvait sympathique, on se débrouillait quand même pour garder ses distances. Comme l’avait si bien dit le mousquetaire un soir lointain : « on peut avoir du pouvoir ou des amis, mais les deux ensemble, c’est impossible. »
Un sourire légèrement teinté d’amertume vint se dessiner sur le visage du baron. Bah, il n’avait pas besoin d’amis dans le fond. La confiance du Roi, son travail d’espion, sa tâche d’amuser la galerie lui prenaient suffisamment de temps comme ça. Son tandem avec d’Artagnan et son amitié avec Eric lui suffisaient largement, allez !

« Monsieur le baron ! »

Surpris dans ses pensées, Ferdinand se retourna vivement et reconnut Marie d’Assérac, une jeune noble qu’il avait déjà croisée à plusieurs occasions. Mais ce qui attira aussitôt son attention, ce fut la jeune femme qui se tenait derrière elle et lui dédia un sourire en le reconnaissant.

« Bonjour Monsieur le Baron. » fit la demoiselle en faisant la révérence.
« Bonjour Mademoiselle d’Aubigné. » répondit-il presque machinalement en la saluant à son tour.

Il la considéra avec un mélange d’attention et d’appréhension. Françoise d’Aubigné, depuis quelques mois, était sa fiancée. Elle n’était pas issue de la noblesse, et cependant Ferdinand avait toutes les raisons du monde pour la demander en mariage… Car la jeune femme n’était autre que la fille de celui qui avait assassiné sa mère. Après avoir tué la mère de Ferdinand, l’homme s’était remarié, et de cette deuxième union était née Françoise. La fille de l’assassin. En découvrant son existence quelques mois plus tôt, un plan complètement fou s’était formé dans l’esprit de Ferdinand, un plan fou mais d’une simplicité extrême. Le père étant mort depuis quelques temps déjà, il ne lui restait plus qu’elle pour assouvir une vengeance qui bouillonnait en lui depuis l’aveu crucial de son père quand il avait dix ans. Simple, mais efficace, diabolique, mais salvateur pour son esprit d’orphelin tourmenté : il allait épouser Françoise d’Aubigné, la fille de son ennemi, et lui faire vivre un enfer. Voilà ce qu’il s’était dit en la rencontrant pour la première fois. Et pour le moment, tout semblait fonctionner comme sur des roulettes. Elle avait accepté sa demande en mariage et les noces ne devaient plus tarder. Il avait presque atteint son but et allait sous peu pouvoir se venger sur la fille, à défaut d’avoir eu le père.
Mais alors, pourquoi se sentait-il aussi nerveux en sa présence ? Pourquoi diable avait-il cette impression étrange et ô combien dérangeante de… D’hésiter ?

« Monsieur le baron ? Vous semblez bien rêveur, vous vous sentez bien ? » La voix légèrement inquiète de Françoise la tira de ses pensées et il évita son regard. Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

Il répondit évasivement qu’il était un peu fatigué et proposa d’aller leur chercher des rafraîchissements. Les deux jeunes femmes acceptèrent, et en s’éloignant, il entendit Marie dire à Françoise la chance qu’elle avait d’être fiancée à lui. Il eut un rictus. Pas si sûr, chère Marie.
En attendant qu’on lui serve les trois verres, il regarda Françoise, de loin. Elle était belle, admirablement belle, même avec toute la mauvaise foi du monde il ne pouvait pas dire le contraire. Elle avait beau ne pas être une noble, elle en avait la grâce, l’élégance dans la démarche, le port de tête et la présence. Tout en elle respirait à la fois la douceur et la féminité, mais aussi une certaine force et un bel esprit doué, et ces qualités combinées les unes aux autres avaient un effet pour le moins inattendu sur Ferdinand, qui se prenait parfois à songer que la vie avec une femme comme elle serait bien belle… Il secoua la tête, chassant ces pensées de son esprit, mais en vain car elles revenaient sans cesse le tourmenter. Le regard chaleureux de la jeune femme, son sourire doux qui semblait vouloir tout dire, sa voix posée et mélodieuse, ses geste mesurés, le mouvement de ses boucles auburn toutes ces images lui revenaient sans cesse en mémoire et lui arrachaient des battements de cœur trop rapides et bien trop désordonnés à son goût. Fermant les yeux, il se laissa aller contre un arbre et tenta d’enfouir l’image de Françoise loin dans son subconscient.

« Monsieur le baron ? Vos boissons… »

Ramené à la réalité, Ferdinand remercia rapidement le serveur et rejoignit ses deux compagnes de la soirée. Et il dut se faire violence pour ne pas perdre de vue son objectif principal : épouser Françoise et faire de sa vie un enfer… Hélas les choses s’annonçaient plus compliquées que prévues…

***

35 ans (un peu plus tard)




Pouvoir modifier sa démarche, son apparence, son langage sont des aptitudes qu’un bon acteur peut acquérir facilement s’il s’y exerce avec assiduité. Modifier sa voix à volonté en revanche, c’était une autre paire de manches. Si en soit il ne s’agit de de dompter ses cordes vocales afin de les moduler à loisir, il est généralement acquis que ceux qui y arrivent avaient une prédisposition naturelle pour cette pratiques. C’était le cas de Ferdinand, espion du Roi, Bouffon attitré, acteur extrêmement doué, et imitateur de voix notoire. Prendre le timbre de quelqu’un d’autre lui était aussi facile qu’à un caméléon de changer de couleur et ce petit talent lui avait été bien utile dans ses tâches « dans l’ombre »… Il est en effet beaucoup plus facile de se faire passer pour quelqu’un d’autre en modifiant non seulement son apparence mais aussi ce que beaucoup pensent être unique pour chaque être humain : la voix. Une voix différente est immédiatement associée à une personne différente, et Ferdinand a souvent usé de ce petit tour pour abuser son monde. Sa dernière victime en date ? Une autre espionne au service du Roi comme lui, Christine de Listenois. Une jeune femme instable, mais efficace et loyale à Sa Majesté. N’ayant pas envie d’avoir affaire en personne avec elle, le Roi avait délégué son fidèle et loyal Bouffon pour lui transmettre des ordres, des missives et des renseignements. Afin de ne pas blesser l’espionne dans sa fierté et de ne pas dévoiler la supercherie, Ferdinand avait eu l’idée de fixer les rendez-vous dans une pièce sombre, afin qu’elle ne reconnaisse pas son visage, et avait sans difficulté imité la voix du Roi, qu’elle connaissait bien entendu. Ainsi, depuis le début, Christine croyait parler au souverain alors que jamais il ne s’était adressé à elle. Quelle ironie, n’est-ce pas ?

« Christine ? » appela Ferdinand à mi-voix dans l’obscurité en adoptant le timbre de Louis XIV. Il lui avait fixé rendez-vous afin de lui confier une tâche de récolte d’informations.
« Je suis là, votre Majesté. » lui répondit la voix grave et chaleureuse de la jeune femme.

A la lueur faible d’une torche, il distingua son interlocutrice. Une femme belle, élancée et voluptueuse, extrêmement séduisante et qui le savait. Elle faisait des ravages dans le cœur des hommes de la Cour et même les femmes ne restaient pas indifférentes face à elle, exprimant soit de la jalousie, soit de l’admiration. A vrai dire, Ferdinand lui-même n’était pas insensible aux charmes de la belle blonde.

« J’ai une mission à vous confier Christine. Je vais avoir besoin de toutes vos facultés, et surtout de savoir que je peux vous faire confiance. » murmura-t-il comme entrée en matière.
« Votre Majesté sait que je lui suis entièrement dévouée, corps et âme. »

Il haussa un sourcil, légèrement surpris. Ou bien son imagination s’emballait trop vite, ou bien… Se pouvait-il que la belle espionne essaye de lui faire du charme ? Après tout, elle le prenait pour le Roi. Et quand on était une femme comme Christine, ne pas tenter sa chance avec le souverain relevait d’un total manque de confiance en soi ou d’une belle idiotie. Rien d’étonnant donc à ce que sa voix se fasse étonnamment charmeuse, dans l’intimité de cette pièce obscure.
La situation amusait fortement Ferdinand. Et puis après tout, s’il n’essayait pas d’en profiter un peu ? Le Roi s’en fichait pas mal, personne ne croirait Christine si elle racontait être devenue intime avec le Roi, et lui et bien… Il aurait ce qu’il avait voulu !

« Votre aide m’est infiniment précieuse, ma chère Christine. » répondit-il avec un sourire entendu. « J’aimerais vous récompenser à la hauteur des services que vous me rendez. Dites-moi, est-il une chose au monde qui vous ferait plaisir ? »
« Mon Roi sait très bien ce qui me rendrait heureuse. » se contenta-t-elle de répondre en approchant imperceptiblement son visage du sien.

Ferdinand sauta sur l’occasion et attrapa le visage de la jeune femme avec douceur avant de l’embrasser. D’abord surprise, elle finit par répondre à son baiser. Ferdinand triomphait. Lorsqu’enfin ils se détachèrent l’un de l’autre, elle souffla :

« Mon Roi, je… » « Ne dites rien, Christine. » lui intima Ferdinand en posant un doigt sur ses lèvres.

Le lendemain, on entendait partout à la Cour que Christine de Listenois clamait qu’elle allait devenir la nouvelle favorite du Roi. Personne ne la prenait au sérieux, mais elle n’en était pas moins convaincue. Quand à Ferdinand, il riait sous cape, ravi du tour qu’il venait de jouer à l’habile séductrice, et comptant bien continuer encore un moment à la duper…

***

Voilà où en est Ferdinand, à l'âge de trente-cinq ans. Fiancé à une femme dont il s'est juré de pourrir la vie, il se rend compte avec surprise et amertume que d'autres sentiments l'agitent et que sa ferme résolution faiblit de jour en jour... Tout en faisant croire à une courtisane qu'elle va devenir la favorite en se faisant passer pour le Roi lui-même. Le jour, il pourrit la vie de ses semblables en profitant allègrement de son statut d'intouchable, la nuit c'est l'un des plus fins limiers du Royaume. Et les mois qui arrivent s'annoncent riches en aventures et rebondissements... A la Cour, on n'a pas le temps de s'ennuyer !
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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   03.09.11 22:39

Présentation ENFIN terminée ! cheers

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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   03.09.11 23:00

TU ES VALIDÉ !
BIENVENUE A VERSAILLES

Ferdiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!! ENFIN TE VOILA !!!! cheers Et quel Ferdi !!! Ta fiche est hilarante ! Tu as superbement bien cerné le personnage ! J'aurais pas pu espérer mieux je pense pour ce rôle là. Je sais qu'il est difficile mais à lire ta fiche, tu t'en sors plutôt pas mal car plusieurs fois j'ai rigolé. Laughing Et je sais que je ne suis pas la seule ! Very Happy Je sens qu'on va bien s'amuser avec toi ! Merci au passage de ne pas me fustiger, t'as compris qu'il fallait m'avoir comme amie toi au moins ! Laughing Je te souhaite donc un très bon jeu parmi nous, embêtes bien tout le monde par tes sarcasmes ! PTDR Fais bien enrager la team d'Hector ! Tu devrais bien t'éclater parmi les fous que nous sommes ! Au plaisir de te croiser, car y'a pas moyen, il nous faut des lieeeeeeeeeens !!!! cheers Je te renvoie au pense pas bête ci dessous pour t'intégrer au mieux sur le fofo et n'oublie pas qu'une intrigue est lancée dans les bassins - fontaines Smile

PENSE PAS BÊTE ; Qui est qui ? Petit topo des personnages sur le forum.Fiches de liensFiche de rpsDemandes de rangs et de logementsProposer un scénario.


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La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

Le rouge et le noir
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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   03.09.11 23:09

Alcool cheers I love you Banane Banane Pom Pom Alcoolo ** Caliméro

JEEEEEEEEEEEEE SUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIS BLEEEEEEEEEEEEEEEU !

Attention Versailles, j'arrive ! What a Face Courtisans, votre pire cauchemar est arrivé, PLANQUEZ-VOUS ! What a Face (mais non, en vrai, je vos aime déjà et j'adore déjà ce forum qui a l'air tout bonnement OUFFISSIME ** ** ** )

Donc encore merci à toi chère Amy, évidemment qu'il nous faudra des liens, on se l'est assez répété comme ça XD

Now, TIME TO RP ! Caliméro

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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   03.09.11 23:20

Un nouveau dans le team bleu ! Et un gentiiiiil, ça change PTDR
Enfin gentil ... Je pense qu'on va tous être égratigné par les bons mots de ce cheeeer Ferdi What a Face

En tout cas, merci du fou rire dans ta fiche, particulièrement sur la duchesse du poulailler avec Elisabeth Razz

En tout cas bienvenue chez les fous cheers

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Joyeux Anniversaire mon Prince <3


OH YEAH:
 


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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   03.09.11 23:24

Mais non voyons... Avec Monsieur en personne, Ferdinand ne se permettrait jamais d'être inconvenant What a Face (il tient un minimum à sa tête *PAN*)

Ravie de t'avoir fait rire avec cette blague, j'avoue que je me creusais la tête et c'ets finalement venu tout seul XD Comme quoi je dois être prédestinée à em****** le monde Reine

Merciiiiiiiiiiii Monsieur que j'aime déjà de tout mon coeuuuuuuuuur !

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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   03.09.11 23:35

Un espion du Roi cheers
On manquait de recrues ! Surtout le trio qu'on forme avec Maryse et Evy, on est assez ... Bon, faut l'avouer, on est une équipe de bras cassés PTDR
Vas-tu relever le niveau ? What a Face

En tout cas, y a matière à faire avec un tel personnage ! Faut que je réflechisse à un lien Razz

Amuse toi bien parmi nous, on est gentils et on tue personne ... enfin y en a qui tuent tout ce qui bouge. Non, je citerais pas de nom PTDR
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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   04.09.11 0:08

Superbe fiche, je l'ai dévorée ** . Ton personne m'a l'air vraiment intéressant, j'ai hâte de voir ce que ça va donner dans ce monde de fous qu'est Versailles ^^.

En tout cas, bienvenue parmi nous & amuse-toi bien !
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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   04.09.11 9:35

Guillaume - Uuuuuuuuuun cooooooooollèèèèèèèèèègue ! cheers Oh mon Dieu, j'aime les équipes de bras cassés, va falloir qu'on ait de chouettes liens What a Face Je suis sûr qu'à nous quatre, on réussira à protéger notre bien-aimé Roi... N'est-ce pas ? What a Face Merciiii en tout cas ! **

Jean - ** Ravie que ma fiche t'ai plu, j'avoue que la longueur m'a moi-même effrayée Caliméro En tout cas j'ai hâte de commencer à rp dans ce monde de fous, effectivement ** Au plaisir de t'y croiser !

______________________

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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   04.09.11 10:59

Je nie, je ne suis pas une bras cassés. J'ai juste des modèles qui laissent à désirer... Rolling Eyes


Je te souhaite tout de même la bienvenue parmi nous ! Amuse toi bien dans ce monde de fous cheers

Je veux et j'exige un lien aussi, puisque nous sommes collègues Very Happy

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Côté Coeur: Ce n'est pas l'amour, mais l'amitié qui le déchire.
Côté Lit: Souvent vide. Les exigences du métier...
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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   04.09.11 11:05

What a Face

Merci ma chère collègue que j'aime déjà aussi (paske Zooey et modèles qui laissent à désirer = j'adore).
Puisque nous sommes collègues, se trouver un lien bétonnant sera d'autant plus facile What a Face

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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   04.09.11 11:46

Eh les admins, vous avaient pas fait votre boulot ! Le code du règlement est faux, Ferdy a mis "Masque de fer". Bouuuuuuhhhhh What a Face

Ferdy, comme on est collègues, le vrai code est : longue vie au roi (tu dis pas que je t'ai aidé, hein Laughing )


EDIT : Je réfléchis à un lien avec toi ! cheers
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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   04.09.11 12:24

Rah flûte, pourtant je l'ai bien cherché ce code ! XD

Promis, j'le dirai à personne What a Face

Je réfléchis donc aussi What a Face

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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   04.09.11 12:42

Quel code faux ? What a Face On voit rien on a validé le code What a Face

Et Ferdi, tu as le droit de dire du mal sur Monsieur, il fait assez de conneries et a assez de casseroles derrière lui pour le faire rire jaune Razz

Je vois que notre cher bleu est déjà aimé, c'est beau Razz

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Joyeux Anniversaire mon Prince <3


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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   04.09.11 14:58

Seeeeeeeb....euh.....Ferdyyyyyy What a Face What a Face

J'ai déjà une idée de lien qui a pointé hier, va falloir qu'on se MPise sérieusement What a Face

Et bienvenue sur ATV, antre du vice, du complot et de la débauche What a Face

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"Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables,
et tout le plaisir de l'amour est dans le changement."


This, is Paris:
 
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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   04.09.11 16:26

Oooooh ** !!!!!!


Je VEUX ABSOLUMENT UN LIEEEEN !!!!!! Banane

Bon à part ça j'en oublie a politesse PTDR

Bonjour cher Ferdiiii et bienvenuuue parmi nous ! Very Happy

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La modestie des orgueilleux est odieuse, insupportable.


Je suis Kuzco:
 
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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   04.09.11 17:07

Philippe - Mais c'est que tu pourrais être espion toi aussi, tu mens presque mieux que moi What a Face *PAN* Oh ben si j'ai l'autorisation aussi alors... Razz Mais je resterai gentille. Après tout, entre gens bizarres et controversés, on devrait pouvoir s'entendre Razz

Paris - Et PAF Amy me confirme que j'avais raison, c'est bien toi mon cher Philipp What a Face J'ai bien reçu ton mp, j'y répond de ce pas, j'aime beaucoup cette Manue dis donc... What a Face ("eh oh, et la vengeance alors ?" j'étais pliée XD). Je veux ausis un lien avec Paris ! *PAN* Et pas de panique pour Moyra, j'ai presque fini de répondre, je manque juste un peu d'inspiration (quelle nulle T_T)

Francesco - UN BLEEEEEEEU mais avec plaisir mon cher What a Face Merciiiiiiiii pour l'accueil !

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MessageSujet: Re: “There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand   Aujourd'hui à 1:10

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“There's no point in being grown up if you cant be childish sometimes.” || Ferdinand
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