AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  GroupesGroupes  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage


avatar

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Belle et douce Amy, l'unique. Peu importe mon alliance ...
Côté Lit: Avec ma femme au nom du devoir conjugal, avec la Reine de mon coeur au nom d de l'amour
Discours royal:



ADMIN ROYAL
L'Etat, c'est Moi

Âge : 28 ans
Titre : Roi de France
Missives : 1184
Date d'inscription : 26/08/2006


MessageSujet: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   16.08.11 17:54




FESTIVITÉS CHAMPÊTRES


5 septembre 1666


La grotte de Téthys, asile du dieu en quête de repos, vient de naître des eaux ou plutôt de l'esprit génial de l'architecte le Vau. Située à l’est du palais, près de la demeure du Roi, cette dernière se présente comme une sorte de loggia ouvrant par trois arcades sur les splendides jardins.


En ce lieu majestueux où la gloire du Roi Soleil semble encore une fois se refléter sur toutes les parois, vous pourrez vous rafraîchir et vous restaurer. Notre bon roi sait mieux que personne à quel point, les ragots et les complots peuvent vous épuiser, il aura donc tout prévu pour votre confort. En effet, toujours soucieux de régaler les mirettes de ses sujets sur les symboles de sa puissance, vous voilà tous conviés une fois encore à admirer les chef d'œuvres de Versailles.

Ce n'est pas tout, auriez-vous oublié cette date que nul ne doit oublier ? Le 5 septembre n'est-ce donc pas l'anniversaire que tout le royaume se doit de célébrer ? Cette inauguration n'est donc pas un hasard, vous l'aurez bien compris, puisque ce monument sera le premier présent offert à Sa Majesté. Que vous soyez puissants, mousquetaires, artistes ou encore loyaux serviteurs, vous aurez tous reçu cette invitation officielle du monarque. Auriez-vous l'affront de ne pas vous y rendre ? A vos risques et périls.

Puisque nous parlons de périls, la fête ne serait pas vraiment complète sans un petit imprévu. Un cru tout à fait spécial, dont seuls vos admins connaissent la recette vous sera servi à tout moment pour votre plus grand plaisir (ou pas).


Consignes à respecter:

- Poste qui le souhaite A LA SUITE DE CE MESSAGE, mais pour des raisons de logistique, nous demandons à ce qu'il y ait tout au moins quelques grands, quelques mousquetaires, quelques espions et quelques comploteurs.
- Il n'y a pas d'ordre établi des posts. Ce qui signifie que vous pouvez interagir avec qui bon vous semble et passer de l'un à l'autre comme bon vous semble aussi.
- Les posts seront courts, une quinzaine de lignes minimum, une page word maximum. C'est un rp "d'actions" plus que de réflexion.
- Gardez toujours à l'esprit que vous devrez à un moment donné tout laisser tomber pour improviser comme il se doit. Nous vous conseillons par conséquent de lire (même si c'est en diagonale) ce que font vos voisins.
- Evitez de vous kidnapper ou de vous tuer avant que les admins aient balancé leur petit menu explosif. PTDR


BONNE INAUGURATION !


Evènement 4 par Amy of Leeds et Philippe d'Orléans



______________________



« C'est toujours l'impatience de gagner
qui fait perdre. »
Spoiler:
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   22.08.11 18:50

Spoiler:
 

Jean Racine était dans tous ses états. Il avait perdu sa posture nonchalante pour arpenter nerveusement la distance qui le séparait des coulisses improvisés du reste de l'assistance qui était loin de se douter de la petite surprise que la duchesse d'Orléans avait commandée à son dramaturge préféré. Son visage, habituellement détendu et souriant, dont le charme était rehaussé par deux grands yeux gris brillants de malice, était en cette journée contracté d'inquiétude. Machinalement, Racine leva les yeux vers le ciel. Ce mois de septembre était encore bien doux, idéal pour la fête grandiose qui s'annonçait à Versailles. Les quelques nuages qui s'annonçaient à l'horizon n'étaient guère des sujets d'inquiétude. Les invités de Sa Majesté pénétraient petit à petit dans le bosquet aménagé devant la toute nouvelle grotte de Thétis, en poussant forces exclamations. Mais Racine n'avait que faire de cette « merveille » de Le Vau. Bien au contraire, le bruit des fontaines menaçait de couvrir la voix de ses comédiens ce qui l'agaçait au-delà de tout. Toutefois, il s'arrêta un instant devant les dorures et les groupes sculptés, jeta un regard critique et jugea, tout en s'éloignant, que le style était bien chargé et de fort mauvais goût. Autour de lui, les courtisans s'exclamaient avec force superlatifs que l'endroit était certainement la huitième merveille du monde. Que cela soit sincère ou pas (Racine soupçonnait que l'hypocrisie avait une part plus importante qu'on pouvait le penser), tous ces fidèles flagorneurs tenteraient de faire construire une telle chose dans leurs propres jardins mais que bien sûr, aucun d'entre eux ne s'aviseraient de la faire dépasser en beauté celle du roi. Les plus modérés semblaient eux attendre l'avis de Louis XIV pour s'y ranger.

Le dramaturge s'escrima à se frayer un chemin de la foule qui devenait de plus en plus dense. On le saluait de toutes parts. Racine ne s'arrêtait pas pour essayer de retrouver les noms de ces imbéciles qui ne prêtaient aucune attention à l'humeur massacrante du maître. C'était l'inconvénient d'être à la mode. Les nobles poudrés qui l'auraient méprisé (s'ils lui auraient seulement jeté un coup d'œil) quelques années auparavant quand il n'était qu'un modeste garçon qui voulait écrire des vers s'empressaient auprès de lui pour pouvoir dire qu'ils le connaissaient. Absolument ridicule. A l'écart, se trouvait Jean de La Fontaine dont le visage fatigué s'éclaira cette fois-ci d'un sourire sincère. Il devait sans doute penser à quelques vers pour fêter l'évènement. Mais Racine ne ralentit pas en voyant son vieil ami et écartait avec de plus en plus d'agacement ceux qui se trouvaient sur son chemin pour parvenir dans un coin réservé aux domestiques qui s'occupaient des rafraîchissements. Ces derniers avaient été chassés et à la place, la troupe de l'hôtel de Bourgogne avait installé un paravent derrière lequel se préparaient les comédiens.

- Avez-vous remis la main sur ce fichu bout de tissu ?

Racine dont l'énervement était à son comble ne s'embarrassait plus de formules de politesse et le gamin sans le sou ressurgissait derrière la surface en cet instant. Il avait la détestable impression de ne plus rien contrôler. En voyant son acteur principal se démener, il parvint à la conclusion que la partie du costume d'Alexandre n'avait toujours pas été retrouvée.

- Bon sang, nous ne sommes pas en représentation devant un parterre d'amis, c'est Versailles et c'est devant le roi que vous allez jouer ! Si vous n'êtes pas capables de présenter quelque chose de convenable devant ceux grâce à qui nous pouvons tous vivre dans des conditions décentes, vous pouvez être sûrs que je ne vous accorderais plus un seul instant de libre et que je détruirais votre carrière. Je pense avoir été assez clair ? Faites comme vous le souhaitez, assommez une dame de la cour pour lui prendre sa robe s'il le faut mais soyez prêts à mon signal à aller sur scène !

Racine avait haussé la voix mais s'efforçait de rester calme pour ne pas être entendu de la foule. Il lança un dernier regard furibond à sa troupe et fit volte face. Qu'est-ce qui lui avait pris d'accepter la demande de Madame ? Certes, c'était l'anniversaire du roi et Molière lui-même avait préparé une saynète qu'il produirait dans la soirée. C'était le moment idéal pour se faire connaître de toute la cour, pour faire plaisir à Sa Majesté en lui proposant sa scène préférée d'Alexandre le Grand en divertissement et pour marquer des points face à son rival de toujours. Mais c'était également le moment idéal pour que tout tombe à l'eau et qu'il devienne la risée de toute cette cour.

Racine se passa la main sur le visage et s'efforça de garder les idées claires. Tout se passerait bien, comme toujours. Il lui fallait se calmer. Le dramaturge plongea à nouveau dans la foule pour essayer de distinguer la duchesse d'Orléans qui devait lui faire un signe quand elle souhaitait le début de la pièce. Pour le moment, celle-ci discutait gaiement non loin de son époux et allait de groupe en groupe. Racine la suivait à quelques mètres, sans faire attention à ceux qu'il bousculait, pour être sûr de ne pas la perdre de vue.
Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   22.08.11 22:04

Spoiler:
 

Cinq septembre mille neuf cent soixante six. C’était la date à ne pas oublier, surtout pour Maryse, demoiselle d’Armentières et espionne du roi Louis XIV. Cette date, c’était celle de l’anniversaire du roi. Et comme tout monarque qui se respecte, celui-ci voulait que ce jour soit une fête que l’on n’oublierait pas de sitôt. Mais Maryse savait qu’elle ne pourrait pas rester oisive, comme les autres courtisans. Il fallait être plus attentif que jamais, car les ennemis de la couronne pourraient profiter de ce moment de fête pour attenter à la vie d’une personne de la famille royale, et au roi ! Comme toute jeune femme qui se respecte, la duchesse de Hanovre avait réfléchi pendant des jours à la tenue qu’elle allait porter. Surveiller la fête et les invités n’était pas une raison pour s’habiller comme un sac à patates ! Elle ne l’avouait pas, mais alors que d’autres espions la mettaient au grain pour la fête, parfois son esprit quittait leurs mises en garde pour se diriger vers sa collection de tissus et d’étoffes de toutes les couleurs. Son oisiveté devait toutefois rester moindre : la vie du roi dépendrait peut-être d’elle, alors son attention devait être capable de remarquer le moindre danger, le moindre élément suspect.

C’est pourquoi, une fois arrivée dans les lieux de la réception, Maryse prétexta devoir retrouver une amie pour quitter le bras de Matthias, et se fraya un chemin parmi les nombreux courtisans. Elle s’efforçait de rester attentive, mais ne pouvait s’empêcher d’être en pleine admiration devant la magnificence des lieux. La grotte de Téthys avait été conçue spécialement pour l’anniversaire du roi. Et Maryse, élevée dans les Flandres où les guerres à répétition empêchaient ses parents de vraiment rendre leurs terres attrayantes, se retrouvait comme une petite fille, les yeux brillants, émerveillée devant le travail de Le Vau.

Les courtisans faisaient leur apparition, toujours plus nombreux, plus bruyants, et plus susceptibles de cacher d’éventuels dangers, ou de cacher le monarque. Maryse repéra quelques autres espions, ou du moins ceux qu’elle connaissait, et continuait à se promener parmi les autres, ce qui n’était pas une mince affaire avec sa robe, et les robes des autres invitées, qui rivalisaient de froufrous envahissants. Pour pouvoir mieux se frayer un chemin, Maryse avait néanmoins opté pour une robe plus simple. Alors qu’elle marchait calmement, espérant trouver une tête connue, Maryse reçut un coup dans le ventre qui, malgré l’épaisseur des étoffes de sa robe, lui fit un mal de chien et lui décocha un petit cri, imperceptible dans le brouhaha de la foule. Elle se tourna et fit face à la personne à qui appartenait le bras qui l’avait frappée.

« Vous pourriez pas faire attention ? Vous vous croyez tout seul ? »

Tout en parlant, elle regardait son ventre sur lequel elle avait posé sa main. Elle leva la tête et vit…une tête détestable. Jean Racine. Comme si elle avait besoin de le revoir, après leur rencontre impromptue à Paris. La mine renfrognée de l’homme annonçait qu’il serait encore plus détestable envers elle qu’à son habitude.

« Quelle surprise, de vous revoir ! J’imaginais, ou j’espérais je vous l’avoue, ne pas vous voir ici. Avec le monde qu’il y a, il y avait peu de chance que nous nous rencontrions. Et pourtant…Le hasard ne fait pas toujours bien les choses. »

D’ordinaire souriante et enjouée, Maryse perdait toute sa joie de vivre devant le meilleur ami de son époux. Elle en devenait même impolie et désagréable. Mais que voulez-vous, ces deux-là ne se supportent décidément pas…
Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   25.08.11 1:41

    Le cinq septembre... Une date que Marie-Thérèse ne risquait pas d'oublier, et pas seulement parce qu'elle signifiait qu'elle aurait à son tour vingt-huit ans cinq jour plus tard. Non, le cinq septembre était un jour autrement plus important, parce qu'il s'agissait de l'anniversaire du roi son époux. Toute la cour, bien entendu, était en effervescence à l'approche de cet évènement : la fête devait même avoir lieu dans un tout nouveau bosquet conçu spécialement pour l'occasion, la grotte de Théthys. Rien n'était trop beau pour le roi... Et, bien sûr, en tant que reine Marie-Thérèse se devait d'être présente. Elle s'en serait pourtant mieux passé - moins elle voyait cette foule de médisants mieux elle se portait - mais son absence aurait été très mal vue et aurait déclenché une flopée de ragots à son sujet. Et puis, cela aurait probablement vexé Louis, et ce n'était vraiment pas ce qu'elle voulait. Alors, ce matin là, la jeune femme avait s'était poudrée avec soin et s'était fait coiffer de façon encore plus impeccable que d'habitude : puisque c'était l'anniversaire du roi, les regards retourneraient aussi vers la reine. Elle devait avoir une tenue irréprochable.

    Elle avait également pris un peu de temps pour rendre visite au Dauphin. On était en train de le préparer, lui aussi, pour assister à l'anniversaire de son père, l'entrevue avait été courte. Malgré tout, le sourire de son fils avait suffit à égayer la journée de Marie-Thérèse. Il était après tout sans doute la personne qui lui était la plus chère au monde ; peut-être sa seule réussite en tant que reine. Alors qu'elle s'habillait pour la fête, Marie-Thérèse eut une pensée pour son enfant à venir, parce qu'il lui faudrait se faire faire des robes adaptées pour sa grossesse. Serait-ce une fille ou un garçon ? A présent que Louis était né, cela n'avait plus aucune importance, mais Marie-Thérèse craignait toutefois de donner naissance une nouvelle fois à une petite fille qui ne vivrait pas longtemps. Oui elle aurait préféré un petit garçon, un second petit héritier qui serait là si – Dieu l’en préserve – il arrivait au Dauphin quelque chose de similaire à Baltasar, le frère de la jeune reine. Enfin, ce n’était de toute façon pas à elle de décider de ce genre de choses…

    L’effervescence était grande, déjà, au bosquet de Thétys lorsque Marie-Thérèse y arriva. Elle jeta un regard circulaire sur l’endroit, et du reconnaître avec un sourire émerveillé que Le Vau avait fait un travail magnifique : c’était tout simplement splendide. C’était d’ailleurs là de façon générale l’un des seuls aspects positifs que la jeune femme trouvait à Versailles, la beauté de ses jardins. Dans son pays natal, en Espagne, on ne faisait pas de pareilles choses… Marie-Thérèse dut cependant s’arracher à la contemplation de la grotte pour remplir sa fonction de reine. Ainsi, postée près d’une fontaine, plissant les yeux pour tenter de voir qui exactement était présent, elle répondait d’un signe de tête aux courtisans qui venait la saluer, faisant comme si elle ne voyait pas la lueur de mépris allumée dans le regard d’un certain nombre d’entre eux. Et, bien sur, il n'y avait pour le moment pas un visage amical à l'horizon...
Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   27.08.11 23:43

Faste, bijoux, poudres et étoffes en tous genres, tels étaient les mots d’ordre, ce soir, à la Cour du Roi Soleil. Les dames avaient sorti leurs plus belles robes, et leurs maris les plus rutilants pourpoints pour fêter l’évènement qu’était l’anniversaire du monarque dont l’éclat rayonnait sur tout Versailles. Y compris, et même tout particulièrement ce soir. Pour l’occasion, c’était évident, la Cour devait en prendre plein les yeux, et c’était sans nulle hésitation ce à quoi s’étaient employés le Roi et son architecte en offrant aux yeux ébahis la toute nouvelle grotte de Téthys. Déesse marine, à ce que disaient les savants, accueillant chaque soir le somptueux Soleil épuisé de sa longue course quotidienne… A cette histoire, Elodie se souvenait avoir souri. Fallait-il voir là un subtil lien avec le monarque, ou se voyait-il plutôt au travers de cet Apollon de marbre couronné de somptueuses nymphes ? L’un, sans doute, n’était pas totalement étranger à l’autre… Et lorsqu’elle pénétra à nouveau dans la nouvelle merveille des jardins de Versailles, la jeune femme ne pu retenir une seconde moue amusée. Ici, rien ne pouvait décidément être laissé au hasard.

Mais l’heure n’était pas aux subtiles analogies, et si les mousquetaires avaient été vivement... conviés à ce nouveau déballage de splendeurs, le but de leur présence n’était pas uniquement de s’extasier sur le cadeau que s’offrait à lui-même Louis XIV en ce jour d’anniversaire. Les consignes, comme toujours, avaient été vagues, mais fermes. Ouvrir l’œil tout en ayant au moins l’air de profiter de sa soirée et surtout, oublier les éventuels projets qui auraient pu vous retenir loin des jardins du château pour la nuit. L’idée en avait fait marmonner certains, inévitablement. Mais libre comme l’air, Elodie s’était contentée de hausser les épaules. Puisqu’il le fallait… Mêlée à la foule qui commençait à s’amasser dans le bosquet, elle naviguait maintenant tranquillement, allant des uns autres le plus naturellement du monde. Eric avait beau être le personnage le plus factice qui soit, il n’en avait pas moins quelques relations, même si celles-ci se comptaient par-dessous tout au sein des mousquetaires et de leur entourage. Sans surprise, elle y croisa bon nombre de ses camarades, tous plus ou moins enthousiastes à l’idée de se trouver sur les lieux, assortis de quelques vagues connaissances et bien entendu des plus grands du royaume que tout un chacun se devait de connaître au moins de nom et même de vue ; et qui eux, se devaient d’assister à l’évènements. Ah, la Cour et ses stricts protocoles…

Quittant une jeune femme dont les yeux s’égaraient sans cesse dans son dos, Elodie alla s’adosser à une des colonnes de marbre, fouillant la foule du regard. Le monarque n’y avait pas encore fait son apparition et à ses yeux, rien de véritablement suspect quant à sa royale sécurité. A se demander s’il était possible que qui que ce soit puisse intervenir au milieu de cette masse grouillante et pleine de taffetas. Mais après tout, ne dit-on pas qu’à la Cour, tout est possible, et surtout tout ce qui pourrait attirer méfiances ou soupçons ? La jeune femme laissa ses doigts jouer distraitement avec la garde de son épée, attachée à sa taille. De loin, elle pouvait sans mal repérer les casaques des mousquetaires éparpillés dans la foule. Après tout, s’il se passait quoi que ce soit, ils n’auraient qu’à improviser. Si seulement il se passait quoi quelque chose. Ce qui, au regard de la tranquille ambiance festive qui s’était installée semblait pour l’heure difficilement imaginable.

C’est donc sereine qu’Elodie put se laisser à aller à observer un peu plus en détails le visage des invités, non pas pour y trouver un quelconque sujet de méfiance, mais pour y reconnaître la seule personne qu’elle tenait véritablement à y voir – et ce même si la personne en question ne pourrait, de son côté, la reconnaître. Ou du moins, pas sous la bonne identité. Mais hélas, elle ne pouvait se dédoubler, et doutait sérieusement que la jeune Elodie de Froulay puisse être conviée à l’évènement… étant donné que celle-ci n’était pas sensée se trouver à Versailles. Nier qu’elle y avait songé serait mentir, mais rattrapée par son devoir de mousquetaire – devoir qu’après tout, elle s’était choisi – la voilà condamnée à endosser la peau d’Eric pour la soirée. Et après tout, le jeune homme viendrait-il ? Rien n’était moins sûr.
Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   28.08.11 17:26

    Nicolas déposa sa serviette sur son lit après son utilisation.

    -C’est des conneries! Voilà, ce que c’est! Travailler un dimanche soir! Ils nous prennent vraiment pour des esclaves!

    -Moi, je dis qu’on devrait y aller et boire. Mais boire beaucoup.


    Nicolas ricana aux commentaires de Lacenière et de Montalet. Il finissait de revêtir son uniforme au campement, seul avec ces deux comparses. Les autres mousquetaires conviés à l’anniversaire du Roi pour surveillance étaient déjà partis depuis une bonne demie-heure. Mais comme les trois garnements avaient passés l’après-dîner à Paris, ils n’avaient eu leur convocation que plus tard. Évidemment, en ce moment, ils auraient dû courir dans tous les sens afin d’être là avant l’arrivée du Roi, mais ces trois-là n’étaient pas du genre pressé.

    -Oh! Je ne peux pas tant boire quand même. C’est ce soir que j’espère conclure avec Marquise.

    Montalet reçut des bourrades de félicitations et d’assentiments de ses compagnons. Nicolas regardait son ami, légèrement envieux lorsqu’ils quittèrent le campement. Le pauvre Montalet avait poursuivi sa marquise de ses désirs durant six mois avant qu’elle lui accorde un baiser. Si ce soir, elle cédait enfin, ce serait pour son plus grand regret. Nicolas connaissait bien Montalet et celui-ci n’était pas du genre qu’on s’attachait pour un adultère. Et possiblement que son ami connaissait les tendances légèrement romantiques de Ruzé pour qu’il décide de taire l’identité de la dite-marquise. Effectivement, Ruzé aurait probablement été prévenir la jeune femme que Montalet n’était pas de ceux à qui on donne notre confiance. Mais ce sursaut de conscience chez Ruzé n’était que très occasionnel et probablement dû aux malheurs que lui faisaient subir Marianne Mancini.

    Courant entre les haies et les sentiers dessinés au hasard dans les jardins de Versailles, les mousquetaires retardataires gagnèrent le lieu de l’événement et se séparèrent avec des sourires entendus. Nicolas, partant de son côté, remarqua que le nouvel achèvement des jardins de Versailles était presque rempli. Effectivement, les robes pastels côtoyaient les lourdes décorations militaires à ne plus voir le sol. C’était l’anniversaire du Roi, oui, mais tous gens ne voulaient certainement pas être ici volontairement. Ils devaient être obligés comme lui. Au loin, il voyait Lacenière en train de voler deux coupes de vin à un serveur au dos tourné. Un sourire ricaneur se posa sur les lèvres de Nicolas, qui se déplaçait avec aisance dans la foule. Il ne savait toujours pas pourquoi le Roi avait demandé leur présence. Ce n’était pas comme si Valois allait tenter quelque chose ce soir. Et si oui, eh bien, il ne fallait pas demander à Ruzé de surveiller. Au loin, Nicolas vit une chevelure noire et brillante. Marianne? Était-elle vraiment ici? Il courut presque jusque vers elle. À une dizaine de pas, il s’arrêta brusquement. « Maryse?… » Ce n’était que Maryse? Ou devait-il plutôt se dire que c’était Maryse et que sa présence à cet endroit était magnifique?

    Face à cette indécision, Nicolas se retourna brusquement. Il fallait qu’il fuit d’elle avant qu’elle ne se retourne et qu’elle le remarque. Maryse. Elle était touchante de beauté dans sa robe toute simple. La sublime Maryse toute drapée dans son innocence et dans sa naïveté. Il valait mieux pour Nicolas de s’éloigner. Ruzé, en présence de femmes, ne s’accordait jamais sa totale confiance. Notamment à cause de l’incartade qui s’était produite dans un troquet avec… Avec le mousquetaire qui se trouvait actuellement face à lui.

    -Pardonnez-moi, Froulay.

    Nicolas leva légèrement son chapeau pour s’éloigner d’Élodie avec gêne. Il ne se pardonnait pas encore ce qu’il lui avait fait.

    Quelle fête merdique!
Revenir en haut Aller en bas


avatar

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
Discours royal:



    Ҩ PRINCE CHARMANT Ҩ
    Je te promets la clé des secrets de mon âme


Âge : 25 ans
Titre : Duc de Gascogne
Missives : 638
Date d'inscription : 01/06/2008


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   28.08.11 18:59

Retourner à la Cour, moi ? Non pas qu'une envie soudaine de mondanités me prit au corps, mais je n'avais pas vraiment le choix, et pour deux raisons. On ne peut manquer un anniversaire du Roi, bien que je l'ai fait pendant deux années mais là, si près du Château, ce serait presque indécent. Et puis, ce pli. Maryse d'Armentières, princesse de Calenberg me demandait de venir à Versailles. Elle était une grande amie d'Emmanuelle et pense sûrement qu'il est de son devoir d'amie et de chrétienne de me prendre sous son aile. Comment dire non ? Et surtout pourquoi ? Enfin, quelle pouvait être la raison suffisante pour refuser ? Alors, le choix me manque et je ne peux plus reculer : je dois me rendre à Versailles …

Philippe avait longtemps hésité avant de se décider de retourner à Versailles. Voilà plus de deux années qu'il avait déserté la Cour, il n'allait plus rien y comprendre et ne s'y sentirait plus à l'aise. Et si on le regardait de travers, qu'on parlait sur son chemin ? Et puis, avait-il des habits correctement taillés pour ne pas paraître davantage ridicule ? Son fidèle Barnabé avait déjà prévu le coup en amenant chez le tailleur quelques affaires, pour que ce ne soit pas un motif de ne pas se rendre à l'anniversaire du Roi. Alors, après avoir enfilé son ensemble à justaucorps sans col avec boutons de métal bronze, le tout dans un bleu nuit, il était fin prêt. Enfin, physiquement car il n'avait qu'une seule envie, c'était de s'enfermer dans sa chambre pour ne pas avoir à sortir dans de pareilles conditions. Mais finalement, après de nombreux efforts, il enfourcha sa monture pour se rendre au Château.

D'apparence, rien n'avait véritablement changé. Le château était toujours aussi majestueux et les jardins aussi immenses. Cette nouvelle grotte ne ferait que rendre les lieux plus beaux. Mais que de monde ! Philippe avança, droit et tentant de ne pas prendre des traits trop graves, même essayer de sourire. Comme à chaque grand événement, tout le monde avait sorti ses plus beaux habits, ses bijoux les plus somptueux et les dames arboraient toutes des somptueuses coiffures avec des chapeaux pas toujours de bon goût. Pour ses premières minutes dans un événement mondain, Philippe ne s'en sortait pas si mal même si aucun visage familier ne semblait profiler à l'horizon. Peut être un mal pour un bien, cela lui évitait de trop se justifier sur sa trop longue absence. Lorsqu'un valet passa avec des verres sur un plateau, d'Artagnan en saisit un pour se désaltérer et aussi s'occuper les mains plutôt que se les torturer par le stress d'être ici.

Absorbé par ce qui l'entourait, le Duc ne semblait pas vraiment regarder où il avançait et se percuta à quelqu'un. Soupirant d'une telle bêtise, il secoua la tête.

« Quel idiot … » murmura t'il à lui-même avant de reprendre. « Je m'excuse, je devrais apprendre à regarder devant moi. Tout ce monde me fait presque tourner la tête. »

Il n'avait même pas levé la tête, confus d'avoir laissé tomber son verre et de sa maladresse. Décidément, l'ancien Philippe friand de ces mondanités était bien loin. Et à cet instant, plus que jamais, il aurait voulu que son ancien lui soit présent à sa place …

______________________


Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   04.09.11 18:06

L'anniversaire du Roi ! Voilà une date que Ferdinand d'Anglerays n'était pas prêt d'oublier. En tant que Bouffon, il bénéficiait d'un statut particulier, accordé par la volonté de son Souverain, et ce n'était que justice de lui manifester sa gratitude par des marques d'attention comme... Se souvenir de la date de son anniversaire ET se rendre à la fête prévue pour l'occasion, oui parfaitement. Il se demanda combien de personnes se souvenaient réellement chaque année de la date d'anniversaire de leur souverain sans qu'on ait à le leur rappeler. Très peu, probablement. Mais Ferdinand, si. Il avait beau avoir tous les défauts du monde, il pouvait se targuer de faire au moins cet effort là pour les personnes qu'il appréciait ou estimait. Il ne manquait jamais un seul anniversaire d'une personne qui eût son affection et/ou son estime. Principe certes surprenant, mais qui lui tenait à coeur. C'était donc préparé et sans étonnement qu'il reçut le carton d'invitation envoyé à son intention par sa Majesté, qui devait probablement compter sur lui pour mettre un peu d'ambiance à cette réception. Soit, il ne le décevrait pas, parole de d'Anglerays !

Vêtu d'un habit vert et doré, ses cheveux châtains aussi ébouriffés qu'à l'accoutumé, Ferdinand se présenta à la réception avec son aisance habituelle. Son excellente mémoire lui permettait de nommer par leur prénom tous les domestiques qu'il avait déjà rencontré dans le palais, et ceux-ci se montraient surpris, ou heureux qu'un noble -même un petit baron- daigne les saluer et leur témoigner une marque de sympathie. Si Ferdinand avait un don pour s'attirer l'antipathie de ses semblables, il n'avait en revanche aucune peine à rallier à lui les gens de rang inférieur. Ce qui lui convenait parfaitement, par ailleurs. Après tout, les gens de maison étaient encore les mieux informés sur ce qu'il s'y passait, et l'expérience lui avait déjà prouvé que les domestiques pouvaient se montrer de très utiles informateurs, quand on les paye ou qu'on a leur confiance !
Comment ça, aucune principe moral ? Messieurs dames, parfois, la fin justifie les moyens, et il n'y a que les prétentieux sans cervelle pour prétendre le contraire. Faites confiance à un vieux loup de mer.

Ferdinand zigzagua entre les invités, en saluant quelques uns de ses connaissances par-ci par-là, mais sans repérer personne à qui se joindre pour l'occasion. La plupart des gens qui étaient déjà arrivés étaient soit des inconnus, soit des victimes de ses éternelles plaisanteries, autrement dit des gens qui le détestaient. Ses amis, il les comptait sur les doigts de la main, et pour l'instant il n'en avait aucun en vue. Dommage. Même Françoise d'Aubigné, sa fiancée, n'était pas là. En un sens, ce constat le soulagea.

Il finit par apercevoir, seule au milieu de la foule près d'une fontaine, une silhouette familière. Avec étonnement, il reconnut la Reine Marie-Thérèse d'Autriche, l'épouse du Roi Louis XIV. Que faisait-elle donc esseulée à cette réception. Fronçant légèrement les sourcils, il scruta la foule du regard et crut comprendre le problème. Les invités qui la saluaient affichaient tous un sourire plus ou moins hypocrite, voire méprisant. La Reine était elle aussi, hélas, un personnage assez controversé de la Cour et n'avait pas beaucoup d'alliés, malgré son statut. Ce constat fit de la peine à Ferdinand. Pour sa part, il avait au contraire beaucoup de respect pour sa souveraine. La charge qui reposait sur ses épaules était bien lourde, d'autant plus que le Roi ne se cachait pas d'avoir des favorites et n'avait visiblement aucun sentiment amoureux pour son épouse. Malgré tout le respect qu'il lui devait, Ferdinand trouvait que Louis XIV était un imbécile sur ce plan là : Marie-Thérès était douce, charmante, dévouée et intelligente et elle lui avait déjà donné un fils. Que demander de plus ?

C'est donc résolument décidé à soulager sa solitude que Ferdinand s'approcha d'elle.

- Votre Majesté serait-elle un peu esseulée, au milieu de toute cette foule ?

Il lui laissa le temps de le reconnaître sans se départir de son sourire coutumier, puis s'inclina pour la saluer.

- Si mon humble compagnie peut vous satisfaire, c'est avec grand bonheur que je mets à votre disposition, ô ma Reine.

Certes, Ferdinand et la Reine n'avaient jamais été très amenés à se fréquenter jusque là, mais jamais il n'avait prononcé le moindre mot contre elle, non seulement parce qu'elle était la Reine, mais aussi parce qu'il avait pour elle une estime sincère. D'ailleurs, il connaissait sa date de naissance. C'est vous dire !

Revenir en haut Aller en bas


avatar

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Le souvenir d'un homme et d'une enfant.
Côté Lit: Un homme aussi froid que le glace pourvoit à le réchauffer en ce moment
Discours royal:



    Princesse sombre
    Du Royaume des ombres.


Âge : 28 ans
Titre : Dame de Noirange, comtesse de Vaunoy
Missives : 288
Date d'inscription : 06/08/2011


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   06.09.11 23:58

Revenir du royaume des morts était un exercice auquel Emmanuelle se prêtait avec une certaine grâce imposée. Si en règle générale Diane se devait d’être souriante, affable, tel ce masque qu’elle portait, ce soir-là, Emmanuelle n’avait aucune envie de jouer les femmes ingénues et innocentes. La missive reçue quelques heures plutôt avait été à peine lue, rapidement chiffonnée par agacement. Ne pouvait-on pas la laisser libre de ses décisions ? Etait-elle si imprévisible pour que l’évêque de Vannes lui envoie une telle demande ? Baste, avait-elle songé en chiffonnant le papier. La France était à nouveau sous ses doigts, elle n’allait cette fois laisser échapper aucune proie, aucune ombre, quelle que soit l’affaire dans laquelle elle se lancerait. Plus de cinq ans au service d’un ordre de plus en plus mystique rendait la jeune femme plus misanthrope qu’elle n’avait songé pouvoir l’être un jour. Bien souvent, le visage du père Azzulo lui apparaissait en songe, aussitôt chassé par l’envie de le voir sombrer avec tous ces autres souvenirs qui la hantaient encore.

Non, ce soir ne devait pas être un soir pour Diane de Noirange, mais un soir pour Emmanuelle de Vaunoy. Bien que camouflée sous un nom exotique, elle laissait, en cette fête royale, aller ses pensées vers d’autres songes. Amy of Leeds avait prétendu quelques affaires en Guyenne. Quelle favorite pouvait s’absenter de l’anniversaire de son amant ? Quel amant, tout roi qu’il fut, pouvait-il demander un tel éloignement peu avant une fête ? L’absence d’Amy of Leeds avait certainement une toute autre explications mais malgré l’amertume que cette absence provoquait, la raison réelle fut le cadet des soucis d’Emmanuelle. Puisque point de favorite à rappeler à son bon souvenir, elle tâcherait d’apercevoir quelques visages familiers de la cour, quelques noms à soudoyer pour l’Ordre, ou quelques poltrons à secouer afin qu’ils puissent cracher quelques informations.

Elle lâcha quelques sourires forcés de convenance, pris une coupe de vin qu’elle porta à ses lèvres tout en observant la foule. Elle détestait ces situations où personne ne pouvait connaître son identité tant qu’elle ne fut introduite ; ces cérémonies, ces bals, ces jeux où elle ne faisait qu’attendre, observer, guetter. Ce jeu l’ennuyait et Emmanuelle cachait de plus en plus mal sa hâte d’en venir à des sujets bien plus épineux. Pouvait-elle se pencher ce soir sur ce Choisy, présent sur les lieux-mêmes d’un assassinat ? Elle ne souhaitait pas imaginer le refus catégorique de son unique supérieur et sirotant son vin, elle eu de ces lueurs cyniques dans le regard. Elle s’occuperait de ce Choisy, mais il était inutile d’en référer à qui que ce soit. Cinq années comme main exécutrice de basses ou hautes œuvres lui laissaient de nombreuses portes ouvertes. Autant profiter du mysticisme de son propre ordre. Pour l’heure, elle babillerait en attendant qu’un visage intéressant se pointe auprès de la grotte.
Et puisqu’un mousquetaire venait vers elle, mieux valait profiter de cette occasion pour sortir d’une coquille dans laquelle elle étouffait.

-Soldat, appela-t-elle d’une voix suave ! Venez, mon brave ! J’ai fais quelques paris avec une demoiselle dont je ne peux citer le nom et aurait besoin de votre concours pour que je puisse le gagner. Puis-je compter sur votre silence, demanda-t-elle d’une voix mutine en exagérant le trait ?
Elle tira un petit éventail bleu pâle jurant avec ses pensées et l’agita en souriant. Nous avons parié que les mousquetaires du roi…. Elle s’arrêta un instant, se forçant à rougir derrière son éventail. Enfin cette demoiselle m’a assuré que les mousquetaires se livraient à quelques pratiques peu recommandables, lâcha-t-elle enfin sur un ton de confidence.
Vous vous doutez, mon brave, qu’à mon âge on ne se livre plus à ces festivités, mais je voudrais convaincre la demoiselle de ne pas sombrer dans les bras de ceux qui paraissent le plus innocent.

Elle jeta un regard si pur qu’on ne pouvait remettre en doute la parole de cette femme à l’âge sage. Emmanuelle souhaitait simplement se livrer à une occupation physique – le bavardage – pendant que ses yeux balayaient la scène de cette nouvelle comedia.


Spoiler:
 

______________________


"Dans la nuit j'ai cherché celui que mon coeur aime; dans mon jardin aride il a fait son domaine."




Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   07.09.11 23:19

    Il y avait vraiment des jours où Marie-Thérèse maudissait sa position de reine, et aujourd'hui était de ceux-là. Elle les détestait, elle les détestait tous ces courtisans qui ne venaient la saluer que pour mieux scruter son visage, voire pour mieux se moquer d'elle. Croyaient-ils vraiment qu'elle était dupe, qu'elle ne voyait pas que tous ces saluts n'étaient qu'hypocrisie, que de tous ces sourires qu'on lui adressait aucun n'était sincère ? Pensaient-ils qu'elle ne décelait pas les railleries à peine dissimulées dans les paroles que certains lui adressaient ? Elle était reine de France, que diable ! Ne pouvait-elle avoir droit à un tant soit peu de respect ? En Espagne, les choses étaient bien différentes : si elle ne pouvait se référer à sa mère, ne gardant d'elle que très peu de souvenirs, Marie-Thérèse était convaincue que jamais personne n'aurait osé parler de la sorte à la reine Marie-Anne, sa belle-mère. Bien sûr, jamais son père ne s'était non plus affiché en public avec une maîtresse... La jeune femme soupira. Elle n'avait pas envie de blâmer Louis, surtout aujourd'hui, jour de son anniversaire. Certes, elle lui en voulait un peu, parfois, mais ce sentiment lui passait vite : c'étaient surtout ces horribles courtisans qu'elle abhorrait. Si seulement elle pouvait les faire tous disparaître, échapper à leur présence... Car, bien sûr, elle ne voyait pas un seul visage amical dans les alentours : ni Inès, ni Pablo, ni même Hector n'apparaissaient dans son champ de vision. Il ne lui manquait plus qu'arrive cette Eugenia, celle qui prétendait être la soeur adoptive de Milena, mais qui semblait plutôt être son fantôme, et ce serait le bouquet...

    Et si elle simulait un malaise ? Au moins, on la ramènerait dans ses appartements, où elle se retrouverait enfin seule et elle pourrait boire des tasses et des tasses de chocolat pour oublier tout cela. Elle était enceinte après tout, Louis pourrait sûrement comprendre qu'elle soit incommodée de telle sorte. Enfin... si sa présence avait encore une quelconque importance à ses yeux. Qui sait d'ailleurs si son absence soudaine ne l'arrangerait pas, au contraire. Elle secoua la tête. Elle divaguait : il fallait qu'elle soit là, et jusqu'à la fin, même si ce n'était que pour la forme. Il y aurait de toutes façons beaucoup trop de ragots si elle partait avant la fin. Tant pis. Elle allait devoir se faire une raison et attendre patiemment.

    - Votre Majesté serait-elle un peu esseulée, au milieu de toute cette foule ? Si mon humble compagnie peut vous satisfaire, c'est avec grand bonheur que je mets à votre disposition, ô ma Reine.


    La voix sortit brusquement Marie-Thérèse de ses pensées. Était-ce vraiment à elle que l'on s'adressait sur ce ton amical ? Elle releva la tête pour découvrir le visage de celui qui lui parlait : Ferdinand d'Anglerays, le Bouffon du roi. La reine lui adressa aussitôt un grand sourire. Pour le peu qu'elle le connaissait, elle appréciait beaucoup Ferdinand : sans doute parce qu'il était l'une des rares personnes à la cour qu'elle n'avait jamais entendu dire un mot contre elle. Ce fut donc naturellement qu'elle lui répondit :

    - On ne peut rien vous cacher : effectivement, la foule ne se presse pas autour de moi... Mais je serais ravie de profiter de votre compagnie, Monsieur d'Anglerays. Comment allez-vous ?


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   11.09.11 11:59

L’expression d’intense soulagement qui se peignit sur les traits de la Reine amusa Ferdinand qui ne put s’empêcher d’esquisser un sourire. Vraiment, la charge de souveraine devait être lourde à porter, surtout pour une femme jeune, une étrangère que tout un chacun s’efforçait de rejeter, et qui pourtant n’avait rien fait pour mériter une telle inimitié. Il comprenait sa frustration et sa colère, et se disait qu’à sa place, il aurait probablement déguerpi depuis longtemps. Bien sûr, lui aussi était unanimement détesté à la Cour, mais si on le réprouvait, au moins était-ce pour de bonnes raisons. Il fallait avoir un grain pour apprécier celui qui se moquait ouvertement de vous et s’ingéniait à trouver chaque jour un nouveau moyen de vous discréditer auprès des autres. Mais être détesté, cela ne dérangeait pas Ferdinand au contraire. Il aimait provoquer des remous, lire le désappointement ou la colère frustrée dans les yeux de ses interlocuteurs qui rêveraient de le remettre à sa place, ce petit baron insupportable dont le passe-temps préféré était de faire enrager son entourage. C’était plus fort que lui, et sa charge de Fou du Roi lui laissait toute latitude pour donner libre cours à ses sarcasmes… Au grand dam de la plupart des grands du Royaume. Oui, Ferdinand avait cherché cette inimitié, et il ne la regrettait pas le moins du monde. Qu’est-ce qu’il s’ennuierait à la Cour s’il ne pouvait pas faire ce travail !

Mais tel n’était pas le cas de la Reine, qui au contraire devait se faire aimer des autres et n’avait nullement mérité l’hostilité à laquelle elle se heurtait. La nuance entre eux deux était claire, et Ferdinand se sentait peiné pour elle. Si sa présence à ses côtés pour cette fête pouvait la distraire de sa solitude, il s’en trouvait donc ravi, et le sourire qu’elle lui dédia en lui confiant qu’elle était bien seule et en lui demandant de ses nouvelles le conforta dans cette hypothèse.

« Comment je vais, Majesté ? C’est plutôt à moi de vous poser cette question, vous savez qu’un Fou est toujours d’humeur joyeuse. » lui répondit-il malicieusement. « Et si je puis me permettre un conseil, ma Reine, ne leur prêtez pas attention… Les astres sont toujours jaloux d’une étoile qui brillerait plus fort qu’eux, et ne parviennent qu’à l’envier et essayer d’atténuer son éclat au lieu de chercher à prendre modèle sur elle ! »

Tout en discourant, il avait désigné d’un geste vague la foule autour d’eux. Des groupes d’hommes et de femme incroyables de fatuité et de vantardise, pour la plupart. Si Ferdinand avait peu d’amis parmi la noblesse, c’est aussi parce qu’il ne les portait ni en son estime, ni dans son cœur !

« Regardez-les tous. » lui dit-elle plus bas, afin qu’elle seule puisse entendre ses paroles. « Ils rêvent tous de grandeur et d’immortalité, d’être les plus en vue et les plus admirés. Quelle vanité ! Croyez-moi, Majesté, lorsque la postérité devra se souvenir de la Cour de Versailles, ce n’est pas d’un duc populaire dont ils se souviendront d’abord, mais bien de la souveraine qui, elle au moins, aura laissé son empreinte indélébile dans l’Histoire… »

Le discours de Ferdinand eut choqué n’importe qui d’autre dans l’assemblée, à part peut-être quelques autres esprits éclairés mais ils se comptaient sur les doigts de la main. Pourtant, il se permettait de parler à la Reine de cette façon, parce qu’en un sens, il savait qu’elle n’était pas « comme eux », ne serait-ce que parce qu’ils ne veulent pas d’elle… Stupide erreur de leur part.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   11.09.11 22:06

Enfoui sous deux tonnes de draps, fiévreux et éreinté, Jean-Baptiste venait de traverser la pire époque de l'année: la préparation du spectacle monté pour l'anniversaire de Louis XIV.
Chaque fois c'était la même chose, le musicien se mettait une pression monstre au point de s'en rendre malade.
Et comme d'habitude, la journée précédent la représentation, il était alité, délirant complètement alors que son fidèle serviteur le veillait.
Heureusement, avec le temps et l'expérience, André avait trouvé le moyen de remettre rapidement son maître sur pieds.
Seulement, cette fois, le florentin semblait ne pas réagir favorablement au traitement. Il fallait dire que contrairement à l'an passé, il avait d'autres soucis à côté. Entre Éric de Froulay, l'ambassadeur Contarini, la rumeur sur un complot visant à faire chuter le Roi de son trône, la disparition de Sébastien, l'intenable absence de Luigi... C'était beaucoup pour Lully qui avait toujours pris soin d'éviter des situations puant les ennuis à plein nez.
Et la journée passa, le compositeur restait encore un peu dans les vapes mais le soir venu, il était capable de tenir sur ses jambes et de briller une fois encore sous les yeux de son roi.
André voyait que Jean-Baptiste reprenait du poil de la bête au fil des minutes et de la préparation. L'italien s'agitait, commençait à angoisser... comme il aurait tellement voulu que Luigi soit là, juste pour se rassurer et ne pas douter de son talent. Mais ce soir il était seul, le romain était encore en Italie pour son plus grand désespoir.


- Allons André, dépêche-toi donc! Ce n'est pas une soirée comme les autres et tu le sais. Qu'as-tu à te traîner ainsi? Je ne peux me permettre d'arriver après le roi! Allez, du nerf que diable!

Pendant que Lully évacuait son angoisse sur son ami en le réprimandant, ce dernier ne broncha pas, se contentant d'accélérer un peu les choses pour éviter que les nerfs de l'italien soient plus en pelote qu'ils ne l'étaient déjà.
Et finalement, Lully reçut les dernières touches de maquillage, on le parfuma et fit sortir d'un geste de la main le jeune domestique qui lui apportait un miroir. Il faisait confiance à André et n'avait jamais été déçu.
Le florentin dévala l'escalier, sauta dans son carrosse et ordonna qu'on l'amène à Versailles au plus vite.
Plusieurs minutes s'écoulèrent avant que les chevaux ne passent les grilles du château. Accueillis par des serviteurs, Jean-Baptiste rappela à André de renvoyer le carrosse et de préparer le cheval qu'il laissait à Versailles. Comme ça, il pourrait s'éclipser en rentrer plus vite chez lui une fois que Louis le libérerait de ses obligations.
Le compositeur retrouva son orchestre, s'assura que la troupe de Racine était prête et donna les dernières consignes à ses musiciens.

Après ça, il se mêla à la foule, saluant certains nobles qu'il se devait de voir et cherchant des visages connus, notamment Monsieur qu'il ne trouva point. Alors qu'il s'apprêtait à tourner afin d'échapper à une mère et sa fille qui s'avançaient vers lui toutes griffes dehors, Lully rentra dans Philippe d'Artagnan. Tiens donc, un revenant! Ce dernier s'excusa de sa maladresse et les personnes autour d'eux arrêtèrent de respirer. Conscient que tous les regards pesaient sur eux, le florentin adressa un sourire chaleureux à d'Artagnan.


- En voilà une surprise! Venez, éloignons-nous un peu, il ne faudrait pas que vous cassiez d'autres verres, Monsieur ne serait pas content que l'on cache une aussi belle vaisselle.

Et voilà, d'une pierre, deux coups! Lully échappait aux harpies avec un alibi de choix. Philippe avait disparu depuis de longs mois et malgré les bruits de couloirs, Jean-Baptiste n'avait jamais su pourquoi. D'un côté, ça ne l'intéressais pas plus que ça les rumeurs...
Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   12.09.11 12:40

Les minutes défilaient lentement, les Roi n’avait toujours pas fais son apparition et la Cour continuait d’affluer en masse sur les lieux de la fête. Rien de bien palpitant en soi aux yeux de la brune camouflée derrière son uniforme. Parfois, elle prenait le temps, lors de ses longues gardes, de s’arrêter pour observer ces visages poudrés et pour la plupart hypocrites. Il y avait tant à lire, à deviner derrière ces sourires parfois bien trop grands pour être honnêtes, ces gestes esquissés ou retenus et ces éclats de rire cyniques ou naïfs. Il s’agissait d’un fastidieux exercice, auquel elle se livrait généralement de bonne grâce mais qui, ce soir, n’arrivait pas à monopoliser son attention et ses pensées. Appuyée contre sa colonne, elle intercepta un domestique sur le plateau duquel tanguait un dernier verre de vin en l’en débarrassa. Il n’était pas question de boire, cette nuit, mais s’il fallait au moins se donner l’air de profiter de la soirée, autant avoir en main les attributs nécessaires. Et puis, pourquoi se priver d’un verre ? Le vin était, comme toujours, excellent – l’un de ces nectars sucrés et délicieusement grisants si l’on n’y prenait pas garde. Elodie eut un sourire pour elle-même en portant le liquide carmin à ses lèvres puis se perdit à nouveau dans l’observation des cette multitude colorées et mouvante qu’était, le temps d’une nuit, devenue les sujets du Roi.

Si la plupart des visages la laissaient indifférents, elle ne manqua néanmoins pas de noter celui de la Reine, accompagnée du Fou qui savait si habilement se faire détester de toute la Cour – mais dont les bons mots savaient la faire rire. Elle crut également apercevoir Lully, mais se garda bien d’aller à sa rencontre, leur dernière rencontre lui laissa un goût de soupçons un peu trop prononcé. Que l’on se doute qu’Eric de Froulay dissimulait bien plus de secrets qu’il n’en disait, oui, mais de là à l’imaginer dans ce camps de l’ombre que tout le monde redoutait sans pouvoir le nommer… Une nouvelle moue tordit ses lèvres. Voilà une idée à laquelle elle n’avait jamais songé. Une seconde gorgée de vint la poussa à détourner les yeux du musicien, pour s’attarder sur une silhouette vêtue du même uniforme qu’elle. François était-il ici ? En voilà un qui pourrait égayer sa soirée – même s’il fallait pour cela qu’ils en viennent à se disputer discrètement et à demi-mots, comme ils savaient si bien le faire. Mais elle eut beau fouiller les lieux du regard, aucune trace de son frère. Abandonnant sa colonne, elle fit quelques pas, à la recherche d’un autre angle de vue mais à peine avait-elle tourné la tête qu’elle se trouve nez à nez avec un autre mousquetaire. Le mousquetaire que, justement, elle ne souhaitait pas croiser. Le regard sombre, elle s’éloigna d’un pas de Ruzé. Ce qui s’était passé – ou plutôt, avait failli – se passer lui laissait, là encore, un arrière goût amer, et à son égard, elle ne décolérait pas.

« Pardonnez-moi, Froulay, marmonna-t-il sans obtenir de réponse, et tous deux s’éloignèrent dans une direction différente. »
Et toujours pas de François. Elodie lâcha un soupir résigné. Il devait être ailleurs. Elle allait achever son verre quand une voix s’éleva soudain face à elle.
« Soldat ! Venez, mon brave ! »
Le mousquetaire ainsi interpellé leva la tête et, l’air neutre, s’approcha de la dame qui avait réussi à attraper son regard. Sûre qu’il s’agissait bien d’elle, Elodie s’approcha et d’un geste de la tête, salua son interlocutrice.
« Madame… Que puis-je faire pour vous ?
- J’ai fais quelques paris avec une demoiselle dont je ne peux citer le nom et aurait besoin de votre concours pour que je puisse le gagner. Puis-je compter sur votre silence ? Intrigué, la jeune femme laissa échapper un sourire énigmatique.
- Vous pouvez, assurément, répondit-elle avec, la voix grave d’Eric, fidèle au poste.
- Nous avons parié que les mousquetaires du roi… commença la dame, rougissant derrière son éventail. Enfin cette demoiselle m’a assuré que les mousquetaires se livraient à quelques pratiques peu recommandables. Vous vous doutez, mon brave, qu’à mon âge on ne se livre plus à ces festivités, mais je voudrais convaincre la demoiselle de ne pas sombrer dans les bras de ceux qui paraissent le plus innocent. »

Surprise – et amusée par la question, Elodie haussa un sourcil avant de laisser échapper une moue volontairement mystérieuse, et presque espiègle.
« Croyez-moi, s’ils les mousquetaires se livrent à ce genre de… pratique, ils le font en quelques lieux où il ne se croise pas que des soldats… répondit-elle, vague à souhait. »
L’espace d’un instant, son regard se perdit au-delà de son interlocutrice, s’arrêtant sur la silhouette familière du Duc de Gascogne. Elle réprima un sourire, mais détourna les yeux, revenant à la drôle de question qui lui avait été posées.
« Que votre demoiselle se rassure, il doit bien rester quelques innocents dans nos rangs, ajouta-t-elle, amusée. Ce qui n’est pas toujours le cas de ces belles assemblées, ajouta-t-elle, souriant toujours, en portant son verre à ses lèvres après avoir désigné l’ensemble de la place. »

Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas


avatar

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Le souvenir d'un homme et d'une enfant.
Côté Lit: Un homme aussi froid que le glace pourvoit à le réchauffer en ce moment
Discours royal:



    Princesse sombre
    Du Royaume des ombres.


Âge : 28 ans
Titre : Dame de Noirange, comtesse de Vaunoy
Missives : 288
Date d'inscription : 06/08/2011


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   12.09.11 19:41

Emmanuelle écouta distraitement la réponse du mousquetaire. En réalité, dès l’instant où celui-ci lui avait parlé et qu’elle avait observé ses traits, une multitude de questions et de souvenirs lui revenaient. Ces yeux….ce visage….cette bouche et ces traits….elle les connaissait, elle l’aurait parié ! Ou avait-elle vu ces traits ? Elle fut bien incapable de s’en rappeler immédiatement, tâchant d’attraper au vol quelques mots du jeune homme.
Son regard se perdit sur la cour babillante et grouillante autour de la stature du roi. Où était donc la favorite ? Pour rien au monde une favorite royale aurait abandonné l’anniversaire de son amant, sauf cas majeur. Si Amy of Leeds était absente, c’est une raison qui dépassait le pouvoir royal la retenait loin de Versailles.
Pourtant, le roi ne paraissait pas soucieux et même s’il se devait de dissimuler ces sentiments trop personnels en un tel jour, Emmanuelle avait assez d’expérience pour lire l’âme des gens au fond de leurs pupilles. Ce royal regard était assez innocent pour être crédible.

Les mots du mousquetaire la tirèrent de sa rêverie et elle reposa son regard sur lui.
La discussion qu’elle avait lancée était même si stupide qu’elle ne savait comment rebondir. En réalité, son esprit était plus occupée à replacer ce visage – du moins ces traits – qu’à chercher que répondre au mousquetaire.

-Croyez-moi, s’ils les mousquetaires se livrent à ce genre de… pratique, ils le font en quelques lieux où il ne se croise pas que des soldats…, dit-il d’une voix vague, sans s’épancher.
-Que Dieu les en garde, murmura Emmanuelle d’une voix faussement choquée par de tels propos !
-Que votre demoiselle se rassure, il doit bien rester quelques innocents dans nos rangs, ajouta le mousquetaire en souriant.
-Merci, je préviendrais notre jeune amie, dit-elle simplement.
-Ce qui n’est pas toujours le cas de ces belles assemblées, termina le jeune homme d’une voix amusée.

Elle reposa son verre vide avant d’en attraper un autre. Elle ne le boirait qu’à petite gorgée, il lui fallait simplement s’occuper les mains. Puis ce visage l’obsédait tant qu’il fallait qu’elle cesse de paraître soucieuse !
Mais il n’avait tort et Emmanuelle ne pouvait que lui donner raison. Plus les assemblées brillaient, plus elles couvaient quelques intrigues et complots, si peu importants pouvaient-ils être.
-Celle-ci est d’autant plus remarquable qu’il s’agit de celle du roi de France, répondit-elle d’une voix plus posée, perdant de sa naïveté.
Elle tourna brusquement les yeux vers le mousquetaire toujours posté à ses côtés. Le front barré, elle inspira longuement avant de se lancer.
-Votre visage ne m’est pas inconnu, nous sommes-nous déjà croisé ? Ou aurais-je pu connaître votre famille ? J’ai connu la cour de France il y a cinq ans, mais je crains que vous n’étiez trop jeune pour que j’ai pu vous y connaître, lança-t-elle d'un ton ennuyé.
Elle se tut, cherchant dans sa mémoire la réponse. Perplexe, elle se tourna à nouveau vers le jeune homme.
-Puis-je vous demander votre nom, demanda-t-elle tout de go ? Pardonnez cette question abrupte, mais je ne pourrais quitter ces lieux sans avoir trouvé de réponse à cette interrogation !

A l’instant où elle posait son regard sur le mousquetaire, une illumination lui vint et un visage se dessina dans son esprit. Elle tenait le bon bout !
-C’est donc cela, murmura-t-elle comme pour elle-même, un sourire de satisfaction aux lèvres !


Spoiler:
 

______________________


"Dans la nuit j'ai cherché celui que mon coeur aime; dans mon jardin aride il a fait son domaine."




Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
Discours royal:



    Ҩ PRINCE CHARMANT Ҩ
    Je te promets la clé des secrets de mon âme


Âge : 25 ans
Titre : Duc de Gascogne
Missives : 638
Date d'inscription : 01/06/2008


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   12.09.11 23:36

« Quel idiot » ne cessait de se répéter intérieurement Philippe. Le revoilà faire de nouveau ses pas dans le grand monde et qu'il bousculait déjà quelqu'un et cassait un verre. Cela commençait très mal, davantage quand il vit qu'il n'était pas rentré dans n'importe qui : Jean-Baptiste Lully en personne ! Évidemment, il avait fallu qu'il rentre dans quelqu'un d'important, et pas un petit comte de province qu'il aurait pu recadrer si ce dernier s'indignerait un peu trop, Mais là, on ne peut pas envoyer paître le compositeur de la Cour, protéger par le Roi lui-même et ami de Monsieur ! Le jeune Duc se mit à rougir en levant ses yeux sur lui, il avait l'air presque tétanisé, comme un enfant qui avait fait une bêtise. Et le pire, c'était que tout le monde autour d'eux les regardait. Cela était davantage oppressant …

Heureusement que le musicien était un homme amical et que les deux se connaissaient, sans pour autant se prétendre de grands amis. Le sourire que lui adressa le compositeur rassura le jeune homme qui sourit à son tour, assez maladroitement, ne sachant comment véritablement réagir.

« En voilà une surprise! Venez, éloignons-nous un peu, il ne faudrait pas que vous cassiez d'autres verres, Monsieur ne serait pas content que l'on cache une aussi belle vaisselle. »
« Je ne veux pas m'attirer les foudres du Prince, sait on jamais … Mais je suis bien maladroit, tout ce monde a de quoi tourner la tête ! »

Un peut trop tourner la tête même ! Le compositeur l'éloigna de toutes ces pies qui piaillaient déjà. Quel mauvais retour, on ne pouvait faire pire. A la base, Philippe voulait se montrer discret, se fondre totalement dans la masse mais il fallait bien avouer que cela avait lamentablement échouer. Mais avoir un visage ami le rassurait un peu et il se détendit légèrement après quelques pas.

« Monsieur Lully, merci de m'avoir sauvé la mise. Qui sait quelles horreurs m'aurait-on jeté au visage si j'étais tombé sur quelqu'un d'autre. »

Il ne valait mieux pas imaginer finalement et apprécier un peu la soirée.

« Et cela fait plaisir de vous revoir. En deux années, vous n'avez pas changé. »

Contrairement à lui qui s'était délesté de nombreux kilos à cause du chagrin. Mais ce n'était pas le moment d'en parler, il valait mieux parler de choses plus légères. Autour de lui, il y avait foule. Toute la noblesse se trouvait dans cette foule de froufrous où quelques mousquetaires se détachaient. Il vit au loin Eric de Froulay dont la ressemblance avec sa sœur était plus que frappante, lui adressa un bref salut de la tête avant de se concentrer sur son sauveur de la soirée.



______________________


Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   15.09.11 22:59

La conversation lancée par cette inconnue ne présentait sans doute pas un grand intérêt, et restait même hautement superficielle, mais venant de la Cour, plus rien n’étonnait Elodie. Il n’était pas rare, en passant d’un groupe à l’autre, en épiant vaguement les mots de chacun, de passer d’une discussion du même genre à quelques débats littéraires et autres disputes bien plus profonde. Un véritable gouffre, c’était ce qu’il y avait parfois entre deux des courtisans qui gravitaient quotidiennement autour du Roi. Et si l’indolente naïveté affichée par la preneuse de paris quant aux activités des mousquetaires semblait aussi réelle que ne l’était Eric de Froulay, il n’aurait été que guère aisé à la jeune femme de creuser la conversation. Elle avait le verbiage facile, certes, mais ce soir, son rôle de soldats se devait de la garder alerte… et ses yeux comme ses pensées avaient déjà bien trop tendance à papillonner en direction de Philippe, auquel elle dû se contenter de rendre un signe de tête. Seigneur ! ce qu’elle pouvait maudire, parfois, cette casaque de mousquetaire !

« Merci, je préviendrais notre jeune amie, répondit son interlocutrice avant qu’Elodie ne glisse l’une de ces vagues remarques qu’elle affectionnait sur la Cour et son innocence perdue – ou à tout le moins oubliée. »
Elle alla même jusqu’à esquisser un soupir amusé. Les âmes neuves, fraîchement débarquées de leur plus ou moins lointaines campagnes et des sermons de leurs percepteurs n’avaient en effet qu’une durée de vie tout particulièrement limitée, à Versailles. Tous, ou presque, avaient un secret ici. Mais après tout, n’était-ce pas aussi ce qui faisait le charme d’une Cour ?
« Celle-ci est d’autant plus remarquable qu’il s’agit de celle du roi de France, lâcha l’inconnue, sur un ton et une attitude qui tranchaient considérablement avec ses premiers mots. Fausse naïveté, mais qui ne s’en serait douté ? »

Elodie acquiesça, mais n’eut rien d’autre à ajouter et songea à prendre congé. Les regards de plus en plus inquisiteurs que faisait peser sur elle son interlocutrice avaient réussi à la pousser à se poser des questions, mais alors que le mousquetaire ouvrait la bouche pour la saluer, elle la devança, se tournant soudain vers elle, sourcils froncés.
« Votre visage ne m’est pas inconnu, nous sommes-nous déjà croisé ? Ou aurais-je pu connaître votre famille ? J’ai connu la cour de France il y a cinq ans, mais je crains que vous n’étiez trop jeune pour que j’ai pu vous y connaître. »
Elodie haussa un sourcil, perplexe, cherchant à son tour dans les traits de cette femme un quelconque souvenir – en vain. Elle n’était pas à la Cour, en effet, depuis assez longtemps… et si elle l’avait croisée ces derniers jours, elle n’en gardait aucune image.
« J’ai bien peur que vous ne vous trompiez de personne. Je ne pense pas vous avoir déjà croisé… répondit-elle, songeuse à son tour.
- Puis-je vous demander votre nom ? Pardonnez cette question abrupte, mais je ne pourrais quitter ces lieux sans avoir trouvé de réponse à cette interrogation ! »

La belle eut un sourire amusé. Voilà qui donnait un tout autre goût à cette si étonnante conversation.
« Peut-être avez-vous déjà croisé un autre membre de la famille Froulay ? Je suis Eric, et j’ai à la Cour un frère et un cousin, répondit-elle de bonne grâce, tout en songeant qu’il était difficile de passer à côté du nom du lieutenant général des armées du Roi. Fort heureusement, son cher cousin savait tout ce qu’il y avait à savoir sur le nouveau cadet de la famille ! Songeuse, elle leva à son tour plus intensément les yeux sur son interlocutrice. Mais vous m’intriguez, puis-je vous demander le votre ? demanda-t-elle à son tour alors, qu’il lui semblait lire sur les traits de cette inconnue que sa réponse avait fait mouche. »


Dernière édition par Elodie de Froulay le 07.01.12 16:57, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   16.09.11 16:24

La dernière fois que le florentin avait vu le gascon, c'était il y a deux ans, le jeune homme brûlait la vie par les deux bouts, profitant de sa jeunesse autant qu'il le pouvait. Et maintenant, d'Artagnan semblait plus mûr, grandit par ses expériences. Lully ne serait pas étonné si avec son retour, de nombreuses jeunes filles de la cour se mettent à tourner autour du jeune duc.
Amusé par la maladresse et le malaise de Philippe, Jean-Baptiste le mit assez l'écart pour qu'il puisse se remettre de ses émotions et reparte du bon pied. Pendant que son interlocuteur le remercier pour son sauvetage, ce dernier s'empara de deux coupes de vin et fit signe à un serviteur de les rejoindre avec son plateau rempli de victuailles.


- Je n'ai fait que mon devoir de vieux loup de mer. Ces fêtes sont un vrai océan d'ennuis et vous savez aussi bien que moi que les réputations de chacun se font pendant ces événement mondains. A une époque vous y nagiez comme un petit poisson mon jeune ami.

Jean-Baptiste laissa échapper un léger rire lorsque le duc lui fit part de son plaisir de revoir le musicien qui n'avait pas changé pendant ses deux années loin de la cour.
Apparemment Alexandre n'avait pas eu le temps de tout raconter à son frère. En deux ans, il s'en était passé des choses à Versailles. D'un côté, pas un jour ne passait sans avoir son lot de coups bas, perfidies, coucheries, adultères, prières, etc..
Alors, avec un sourire enjoué, Lully leva son verre avec son petit protégé de la soirée.


- A vôtre retour parmi les requins! Je suis heureux que vous soyez revenu, quelque chose me dit que vous serez à l'origine de quelques rebondissements...

Pourtant, ce n'était pas ce qui manquait à Versailles. Mais le florentin avait vu le signe de tête que Philippe avait fait à Froulay. Tiens, comment ces deux-là pouvaient se connaître? Eric n'était pas assez gradé pour rencontrer Philippe... Ah mais oui, Lully avait vu Eric et Alexandre plusieurs fois ensemble, ce qui pourrait expliquer que le mousquetaire ai rencontré le duc.
Voyant que, justement, Froulay les regardait, Jean-Baptiste leva son verre dans sa direction pour le saluer à son tour avec un grand sourire puis se retourna de nouveau vers Philippe.


- Racontez-moi, où diable avez-vous disparu pendant ces deux longues années? Et n'essayez pas de me flatter, j'ai pris quelques rides bien sûr! Mais je suis le même grincheux que vous avez connu, glissa le florentin.

A peine ces mots avaient-ils franchi ses lèvres, que le compositeur senti de nouveau un regard sur lui. Tournant la tête, il s'aperçut qu'Eric ne cessait de jeter des coups d'œil sur d'Artagnan et lui.
Qu'est-ce-que cela pouvait bien signifiait? Pourquoi regardait-il le A moins que... a moins que ce ne soit pas à Lully que le mousquetaire lançait des œillades en ayant l'air préoccupé mais au jeune duc...
Pensant avoir découvert une autre enquête à mener en parallèle de celle qu'il faisait sur Froulay, l'italien sourit encore plus. A cet instant, on aurait pu croire que Monsieur s'était emparé de son ami de longue date. D'ailleurs, le frère du roi serait sûrement très content d'apprendre une nouvelle de ce genre. Lully pourrait mettre son violon à brûler que Monsieur ne désespérer par qu'il se mette à colporter des rumeurs et à s'amuser aux dépends des autres.

Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   17.09.11 10:42

Il n’y avait d’autre jour plus important en France que l’anniversaire du roi. Il l’était d’autant plus pour Louis que celui-ci ne pouvait manquer cette fête sans quelque indéniable excuse, mais, même s’il l’avait voulu il n’en n’aurait trouvé aucune cette année encore.
Le jeune duc avait toutefois longuement hésité à la tenue qu’il devait porter ce jour-là. Il n’était pas aussi coquet que Monsieur, mais fort de son honneur et de son respect des convenances sociales, il n’avait pas pu ignorer le regard de quelques bigots et dévots, le sermonnant silencieusement de sa présence aux fêtes estivales alors que le deuil de sa défunte mère n’était – à leurs yeux – pas clos. Louis était bien assez au fait des rumeurs et des réputations pour jouer finement ce jour-là et il opta pour un habit sobre, gris aux passements d’or et de soie pourpre. Il ajusta une plume de jais à son chapeau de feutre, mais rien de tout ces vêtements et parements ne pouvaient lui ôter sa bonne humeur : le roi était aujourd’hui à l’honneur et il n’attendait qu’une chose : fêter dignement cette nouvelle année royale.

-Vivonne, quel dommage que votre épouse ne puisse se joindre à nous !
Le duc sourit évasivement à son compagnon, sirotant dans une coupe de champagne aux bulles pétillantes. En réalité, s’il avait lourdement conseillé à Antoinette de rester sur leurs terres, n’osant le lui obliger explicitement, c’était pour avoir à Versailles cette petite liberté dont il jouissait pleinement.
-Le voyage est long, répondit-il simplement en semblant chercher des yeux un visage connu.
-Ne s’est-elle donc pas remise de cette épreuve, osa demander l’importun, tirant au duc un froncement de sourcils ?
-Guéreau, cela me regarde, il me semble.
Le baron rougit sous le regard froid du duc, mais ne répondit rien, juste un hochement de tête.
-Et vous qui connaissez sa majesté comme nul autre, ajouta-t-il après quelques minutes de silence, savez-vous pourquoi cette charmante duchesse de Wyatt est-elle la grande absente ?
Louis sourit à la question. La raison était évidente, mais puisque Guéreau posait la question, c’est qu’il était inutile de lui fournir la réponse exacte.
-Des affaires en Guyenne, Guéreau. Vous vous doutez que la favorite ne pouvait éluder cette fête que pour une importante raison.
La réponse sembla satisfaire le baron qui à nouveau, hocha la tête, laissant le temps à Louis d’attraper une nouvelle coupe de vin.
-Pardonnez-moi, Guéreau, je dois aller saluer sa majesté, mentit-il pour prendre congé du baron qui l’ennuyait. L’excuse paru convenir et le duc s’éclipsa rapidement, passant derrière quelques jeunes filles babillant innocemment. L’une d’elle gloussa à son passage près de leur petit groupe et se retournant, il les salua courtoisement avant de reprendre son chemin.

La « grotte » était une de ces œuvres admirables que le roi offrait à Versailles. Entourée et grouillante de courtisans, Louis s’amusa un instant des petits jeux auxquels quelqu’un se livraient déjà. Le théâtre de la guerre l’éloignait bien souvent de ces futilités de cour, mais il y reprenait goût avec une facilité souvent déconcertante ! Au loin, il ne pu échapper à la silhouette paternelle et rebroussant chemin, il rejoignit quelques visages connus, toujours enclins à lui conter par le menus les derniers ragots en date. Plus que tout, se mettre au parfum versaillais était capital si l’on voulait y survivre.


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas


avatar

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Belle et douce Amy, l'unique. Peu importe mon alliance ...
Côté Lit: Avec ma femme au nom du devoir conjugal, avec la Reine de mon coeur au nom d de l'amour
Discours royal:



ADMIN ROYAL
L'Etat, c'est Moi

Âge : 28 ans
Titre : Roi de France
Missives : 1184
Date d'inscription : 26/08/2006


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   18.09.11 19:02

Un anniversaire doit se fêter dignement ! Quoi de mieux que pour ses vingt-huit ans que de voir s'élever un nouveau lieu à Versailles ? Un magnifique cadeau conçu par Le Vau, sous les ordres de Louis en personne. Quand on est Roi, on a tout – ou du moins tellement plus que les autres – et il est bien difficile d'être contenté par de simples présents. Voir plus grand, encore et toujours, n'était-ce pas sa vision de Versailles, et plus généralement, de la France ? Pourtant, il n'avait pas vu la fin des travaux, se gardant la surprise des derniers détails pour être surpris à son tour par la beauté de ces nouveaux lieux.
Un magnifique anniversaire donc, pour fêter dignement les vingt-huit ans d'un homme, d'un Roi même qui avait passé une trop grande partie à régner. Tout allait être parfait. Ou presque. Alors qu'on finissait de l'habiller, Louis repensa qu'une personne ne serait pas présente à cet événement. Un jour quelqu'un écrira qu'un être vous manque et tout est dépeuplé. Voilà ce que pensait l'homme sous la carrure de Roi. Amy, sa belle, son amour, ne serait pas parmi les invités. Il était évident qu'elle ne pouvait pas venir pour son état, sa grossesse l'avait obligée à quitter la Cour pour la Guyenne. Voilà des mois que les deux amoureux ne s'étaient pas revus. Bien sûr, il y avait les lettres, les nouvelles que Du Perche apportaient lorsqu'il jouait le pigeon voyageur … D'ailleurs où se trouvait son espion ? Il aurait du arriver hier ou ce matin ! Il n'y avait rien de plus désobligeant que d'attendre des nouvelles. Du Perche devait le savoir à force !

En attendant, le Roi devait se montrer. Suffisamment de monde devait être arrivé pour faire son entrée. Dans un magnifique pourpoint bleu brodé d'or, un large chapeau surplombé des plumes blanches. Sa canne avec un pommeau d'or, Louis sortit enfin de ses appartements, escortés de valets et pages, se dirigeant vers les jardins et plus précisément la Grotte de Thétys, ce petit bijou qu'il voulait voir enfin, consolant un peu l'absence de la plus belle femme de la Cour. Maigre consolation mais même un Roi ne pouvait pas toujours avoir tout ce qu'il voulait.

LE ROI !


Tout le monde se retourna pour voir Louis XIV arriver enfin parmi ses convives. La foule entière se courba pour faire une révérence sur le passage du monarque. Louis salua quelques personnes sur son passage. Les gens reprenaient ensuite leurs conversations. Passant non loin de son ami Vivonne, Louis lui adressa un large sourire. Il était vraiment un plaisir de revoir un tel ami à la Cour, ses absences laissaient un manque à beaucoup.

Mon cher Vivonne, il est toujours un plaisir de vous voir à la Cour. Mais vous voilà seul, que cela est étonnant venant de votre part.

Il pouvait se permettre de taquiner son ami sur l'absence de demoiselles à ses côtés, lui toujours si bien entouré même si les circonstances ne sont pas les plus favorables vu le deuil de son ami. Mais comme on dit, chassez le naturel, il revient au galop. Tout en discutant, Louis tentait de chercher discrètement si son espion était dans la foule. Mais il y avait là tant de monde. La silhouette de son épouse en compagnie de son Fou attira son attention. Peut être que ce dernier savait où se trouvait son collègue.

Pardonnez moi Vivonne, voir mon épouse parler avec mon Fou m'intrigue, je vais voir ce qu'il en retourne.

Voilà un anniversaire réussi, toute la Cour ou presque se trouvait non loin de cette nouvelle grotte. De quoi divertir les courtisans et un peu aérer l'esprit de tout le monde. Quelques pas plus tard, il se retrouva face à son épouse et le baron d'Anglerays.

Madame, je vous trouve en excellente compagnie. Monsieur le Baron a tout pour vous divertir. Puis il leva les yeux vers son Fou Baron, trouvez vous matière à vos plaisanteries ? Et avez vous vu une de vos cibles, le Comte du Perche ?


______________________



« C'est toujours l'impatience de gagner
qui fait perdre. »
Spoiler:
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Je l'ai fermé par sa faute. Seul lui pourrait le rouvrir un jour ...
Côté Lit: Je ne suis pas de celles qui se couchent pour un sourire. A peine pour un diamant, mais souvent pour la passion.
Discours royal:



♈ LA BELLA FARNESE ♈
Più bella cosa non c'è

Âge : 24 ans
Titre : Princesse Farnèse, Princesse Chimay par mariage
Missives : 1402
Date d'inscription : 03/09/2011


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   18.09.11 19:36

Une fête était toujours l'occasion de rencontrer bon nombre de personnes, de badiner un verre à la main et de s'habiller de ses plus beaux habits ! Voilà ce que Sofia aimait, elle avait pour passion les vêtements et se voulait toujours à la dernière mode. Autant dire que la mode français s'étendait progressivement à l'Europe, il fallait donc rester au plus proche de l'épicentre pour ne pas rater une tendance. Avec sa robe couleur blanche et saumon avec grand décolleté rond avec col berthe de tulle brodé de fleurs blanches façon dentelle, ses mancherons courts et ajustés avec tassettes faisant place à un gros bouffant de voile, elle était resplendissante. Ses jolis cheveux bouclés réunis en chignons se cachaient sous un grand chapeau assorti à sa tenue, large et où deux plumes trônaient, l'une blanche et l'autre saumon. Une fois chaussée, elle pouvait sortir pour se rendre au bal.

Il y avait foule mais le Roi n'était pas encore arrivé. Il y avait du beau monde, les grands princes comme les petites baronnes, tous réunis pour fêter l'anniversaire d'un monarque qui n'était pas forcément le leur. Tout cela n'était qu'un prétexte pour se divertir, c'était aussi simple que cela. A peine arrivée, Sofia entama la conversation avec quelques connaissances. Tout tournait autour de la nouvelle grotte que certains qualifiaient de ''splendeur'' tandis que d'autres s'extasiaient sur la tenue des convives. Du superficiel donc comme on les aime dans ces instants là. Lorsque le Roi parut enfin, il était dans l'étiquette de faire la révérence sur son passage, ce que tout le monde fit sans se poser aucune question. Louis XIV avait lui aussi revêtit ses plus beaux atours mais venait seul, ce qui n'échappait à personne.

« Mais savez vous où se trouve la Favorite ? Voilà des mois qu'elle ne paraît plus à la Cour ! »
« Cela est bien vrai ! Si elle ne revient pas, j'en connais une qui voudra entrer dans le lit royal. »
« Vous n'en connaissez qu'une ? Cela est bien maigre, mon cher ! »
lança Sofia avec un sourire moqueur.

Beaucoup de femmes de la Cour rêvait de devenir une maîtresse royale, voire supplanter la Favorite en titre. Outre le fait que Louis XIV était bel homme, il était surtout puissant et l'avoir en amant vous donnait un pouvoir plus que toute autre femme. Il fallait profiter de cette position pour assurer sa famille et ses biens. Mais c'était aussi une ''profession'' à risque, celui surtout de se faire des ennemis ! Et tandis que la conversation reprenait son cours, une silhouette au loin attira son attention : Francesco ! Évidemment qu'il était là, il était l'homme de toutes les fêtes. Et toujours avec une demoiselle à charmer, cela était d'une évidence même. Un Contarini sans conquête était comme une paroisse sans curé ou un livre sans écriture. Elle n'irait pas le saluer mais lorsqu'elle le vit faire un signe d'excuse et s'éloigner, Sofia quitta ses connaissances pour rejoindre l'inconnue.

« Je m'excuse de vous déranger mademoiselle, mais savez vous à qui vous adressiez la parole à l'instant ? »
« Il s'agit de l'ambassadeur de Venise, un homme très charmant. »
« Oui charmant … Tout comme les petites bêtes peuplant son anatomie, m'a t'on dit. »
lâcha t'elle avec un sourire faussement innocent. Puis elle reprit sur le ton de la confidence : « Je tiens cela d'une amie ayant passé une nuit dans ses bras. El signore Contarini lui aurait laissé des souvenirs assez … dérangeants, et j'oserais dire démangeants. »

La demoiselle inconnue sembla horrifiée d'une telle nouvelle. Sofia, contente d'elle, regarda l'ex-future victime de Francesco s'en aller. Elle en oubliait même qu'il pouvait se trouver non loin d'elle …


______________________

PRINCESSE VENALE ✽
“Dans les contes pour enfants, les princesses donnent des baisers aux crapaud. Dans la vie réelle, les princesses embrassent les princes et ceux-ci se transforment en crapauds.”


Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   21.09.11 23:17

    Elle était amère, cette petite reine que tous haïssaient, méprisaient, sans même avoir la décence de le lui cacher. Qu’avait-elle donc fait pour mériter un tel traitement ? Elle était simplement une femme discrète qui tentait d’assumer convenablement son rôle de reine et d’épouse. C’était drôle, n’est-ce pas ? Le baron d’Anglerays, le seul qui lui ait adressé une parole aimable et qui se tenait à présent à son côté était lui aussi un personnage particulièrement détesté à la cour… bien que la raison, en ce qui le concernait, soit particulièrement évidente : c’était son franc parler empli de moqueries et de sarcasmes qui lui attirait l’inimitié de la plupart des courtisans. Une inimitié qui ne semblait d’ailleurs pas le déranger outre mesure : Marie-Thérèse l’enviait d’ailleurs quelques peu sur ce point. Si cela avait été dans son caractère et compatible avec sa fonction, elle aurait sans doute du, elle aussi, se mettre à lancer des piques à tous ceux qui médisaient sur son compte. Au moins elle aurait su pourquoi on la haïssait, et on l’aurait peut-être même davantage respectée… Mais il ne seyait pas à une reine d’agir ainsi, et ce n’était de toute façon pas dans sa nature. Elle se contentait de subir cette situation en silence, voyant cela comme en quelque sorte une manière d’expier ce qu’elle avait fait à Milena, bien longtemps auparavant…

    Quoi qu’il en soit, elle était bien aise d’être en compagnie du baron d’Anglerays. Il n’était pas comme les autres, comme tous ces courtisans qui ne valaient pas mieux les uns que les autres, prêts à tout pour se faire bien voir et à médire sans arrêt sur le compte d’autrui. Lui, il avait toujours les mots pour faire retrouver son sourire à la jeune reine : cela ne manqua pas cette fois non plus. « Les astres sont toujours jaloux d’une étoile qui brillerait plus fort qu’eux, et ne parviennent qu’à l’envier et essayer d’atténuer son éclat au lieu de chercher à prendre modèle sur elle ! » Marie-Thérèse aimait cette façon de voir les choses, même si elle ne reflétait peut-être pas l’exacte vérité. Après tout, elle-même était loin d’être l’étoile brillante qu’il décrivait, elle n’était qu’une modeste lune, qui ne pouvait briller que par l’intermédiaire du soleil, un soleil qui ne mettait pas beaucoup de volonté pour l’éclairer, préférant faire profiter d’autres astres de ses rayons… Enfin, elle s’égarait. C’était dans tous les cas une bien jolie phrase, qui lui mit du baume au cœur et lui fit retrouver le sourire, après avoir du croiser tant de regard méprisants depuis son arrivée à la grotte. Le baron d’Anglerays continua d’ailleurs sur sa lancée, critiquant la vanité de tous ces courtisans qui les entouraient. Des paroles peu banales à Versailles, et qui n’auraient d’ailleurs pu venir que de lui, mais qui plaisaient à Marie-Thérèse parce qu’elles faisaient écho à ce qu’elle ressentait au plus profond de son âme… même si, bien sûr, elle-même n’aurait pu formuler cela d’une telle manière.

    - Le ciel vous entende, Monsieur d’Anglerays. Et…

    Elle n’eut pas le temps d’en dire davantage, interrompue par l’annonce de l’arrivée du roi. Son époux. Il en avait de l’allure, ce roi qui fendait la foule des courtisans avec ses vêtements cousus d’or et son large chapeau à plume. Encore aujourd’hui, il arrivait à Marie-Thérèse de sentir son cœur battre dans sa poitrine à la vue de ce monarque, ce cet homme qu’elle avait épousé… même si elle avait renoncé depuis longtemps à l’idée qu’il lui manifeste un jour un tant soit peu d’intérêt. Or, si elle ne s’y trompait pas, c’était bien vers elle qu’il se dirigeait, après avoir salué Vivonne. Oui, il arrivait déjà à sa hauteur et lui adressait quelques mots. La jeune reine s’inclina, le salua et lui dit simplement :

    - Je vous souhaite un bon anniversaire, votre Majesté.


    Etait-ce vraiment son époux, le père de son fils et de son enfant à venir, que cet homme qu’elle voyait au fond si peu, et avec qui elle n’échangeait que très rarement des paroles autres que formelles ? Il lui arrivait de se le demander . Quelle étrangeté que cette diplomatie qui l’avait fait quitter son pays natal pour se marier avec quelqu’un avec qui elle avait si peu d’affinités : la preuve, il se détournait déjà d’elle pour parler à Anglerays. Il fallait s’en douter ; il n’allait certes pas converser avec le baron à côté d’elle sans la saluer, ce n’était pas pour autant qu’il s’intéressait subitement à elle, et ce même si la comtesse de Leeds n’était pas là…

Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   08.10.11 18:52

[Pardon pour le retard T_T Mais je suis de retour, en force et en pleine forme !]



“Le Roi !” “Regardez, voilà le Roi !” « Sa Majesté est arrivée ! »

Vivement, Ferdinand se tourna vers les escaliers de marbre où le Roi venait d’apparaître. Un sentiment de fierté s’empara de lui qui lui fit bomber le torse et fit naître un sourire sur ses lèvres. Louis XIV, le Roi Soleil, le souverain le plus respecté et le plus puissant du monde civilisé. Ferdinand mettait au défi quiconque de dire le contraire. Il était fier d’être au service d’un tel monarque, juste et éclairé, qui faisait de la France le pays des lumières –sans la majuscule, notez bien- et de Versailles le joyau du pays. Ferdinand s’inclina profondément en même temps que ses semblables, mettant de côté sa fierté et son insolence coutumières pour ce Roi qu’il respectait tant, l’une des rares personnes à qui il témoignait de l’estime sincère, d’ailleurs. Il se releva et jeta un coup d’œil discret à la Reine dont l’œil s’était mis à briller à la vue de son cher époux, qu’elle voyait si peu et qui pourtant lui était si précieux. Une nouvelle fois il ressentit un peu de pitié pour cette femme admirable qui n’était hélas pas appréciée sa juste valeur.
Ses yeux bruns se détachèrent de la souveraine pour se braquer sur la silhouette qui s’avançait vers eux. Le Roi lui-même. Bien entendu, il ne pouvait pas apparaître sans aller saluer son épouse, même s’il n’en faisait pas grand cas. Il s’inclina derechef lorsqu’il arriva à leur hauteur et échangea quelques mots avec Marie-Thérèse d’Autriche. Il esquissa un sourire lorsque le Roi se tourna vers lui et l’interrogea sur du Perche. Guillaume était un de ses collègues espions, et un de ceux qu’il aimait le plus taquiner. Bien sûr ce n’était jamais méchant, mais c’était suffisant pour taper sur les nerfs de son jeune acolyte.

« Permettez-moi tout d’abord de joindre mes vœux à ceux de votre épouse, Majesté. Nous étions justement en train de parler de qui dans l’assemblée mériterait d’être ma cible, mais je crois notre Reine trop indulgente et pleine de bonté pour m’aider à choisir… Mais effectivement je n’ai pas encore vu du Perche, il doit être quelque part dans l’assemblée… Peut-être qu’il m’évite, le bougre ! » hasarda-t-il avec une expression de surprise feinte tout à fait comique, comme s’il venait de faire la découverte du siècle.

Si Louis XIV cherchait du Perche, cela ne pouvait signifier qu’une chose : il attendait des nouvelles d’Amy de Leeds, sa maîtresse, sa favorite. A cette pensée son visage s’assombrit imperceptiblement. Si la Reine devinait de quoi il s’agissait, elle allait de nouveau devoir supporter ce sentiment d’humiliation qu’on ressent lorsqu’on passe au second plan alors qu’on sait qu’on devrait être à l’avant de la scène. Ferdinand et Amy étaient de très bons amis, mais il ne pouvait s’empêcher d se désoler pour cette courageuse souveraine.

« Mon Roi, aujourd’hui c’est votre anniversaire. Voudriez-vous me voir fustiger une personne en particulier ? Rassurez-vous, personne n’en saura rien… » conclut-il avec un clin d’œil complice.

Après tout, il était le Fou du Roi, n’est-ce pas ? Et quelle meilleure occasion de remplir son office que celle-ci ? Il jeta un regard rempli de sympathie vers la Reine d'un air interrogateur, comme si la question s'adressait à elle aussi, ou comme si elle pouvait émettre des suggestions pour aider le Roi à "choisir"...
Revenir en haut Aller en bas


avatar

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
Discours royal:



    Ҩ PRINCE CHARMANT Ҩ
    Je te promets la clé des secrets de mon âme


Âge : 25 ans
Titre : Duc de Gascogne
Missives : 638
Date d'inscription : 01/06/2008


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   25.10.11 15:26

«  … A une époque vous y nagiez comme un petit poisson mon jeune ami. »

La phrase fit sourire Philippe. Le compositeur avait totalement raison, cela montrait à quel point, il avait changé en seulement deux années. Cette époque bénie lui manquait mais il n'en fit pas état, il valait mieux cacher les sombres pensées.

« Il est difficile de perfectionner mon côté courtisan face à des nobles de province qui n'ont jamais vu Versailles. Peut être aurais-je du tenter de lancer des bons mots aux chèvres ! »

Non pas qu'il se moquait des nobles des provinces mais il fallait avouer qu'en Gascogne, il n'y avait pas la fine fleur des courtisans. Ils avaient même parfois un côté ancien temps, très Henri IV, même dans la manière de se vêtir. C'était une habitude à prendre mais il ne fallait pas espérer se comporter là-bas comme à Versailles. De toute manière, Philippe ne les avait côtoyé juste pour des questions politiques et économiques, il avait toujours limiter les déplacements et les rendez vous en société. Non pas parce qu'il les appréciait pas, juste qu'il n'avait envie de voir personne. Encore moins des hommes qui pourraient juger le physique très amaigri du Duc. Lully lui tendit un verre et leva le sien avec le sourire.

« A vôtre retour parmi les requins! Je suis heureux que vous soyez revenu, quelque chose me dit que vous serez à l'origine de quelques rebondissements... »
« Ne me portez pas malheur ! Nous savons que les rebondissements ne sont jamais de bonne augure. »
« Racontez-moi, où diable avez-vous disparu pendant ces deux longues années? Et n'essayez pas de me flatter, j'ai pris quelques rides bien sûr! Mais je suis le même grincheux que vous avez connu. »
« Je peux alors vous féliciter de votre constance de caractère à défaut de physique alors ! » plaisanta Philippe en portant son verre à la bouche. « Je suis allé accomplir mon devoir de Duc, retourner sur mes terres pour les gérer ! Et j'avais besoin d'évasion, je le confesse. »

Menteur, menteur à demi. Philippe avait omis de parler des malheureux événements qui avaient peuplé sa vie et précipités son départ. Juste les grandes lignes suffisaient, il ne mentait donc pas totalement. Buvant une autre gorgée, il vit le compositeur sourire et se tourna machinalement pour regarder à qui cela était destiné.

« Pardonnez moi ma curiosité mais à qui souriez vous de la sorte ? Ils sont bien peu nombreux les personnalités qui sont dans vos petits papiers ! »

Puis le Roi fit son apparition à sa propre fête. Comme une chorégraphie parfaitement orchestrée, les courtisans glissaient en révérence au fil des pas de Louis XIV et ils durent bien en faire autant avant de se relever. Tout le monde reprenait le cours de sa conversation une fois le monarque passé, le plus naturellement du monde.


[Pardon de mon retard mais maladie + boulot + sorties ne font pas bon ménage !]

______________________


Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Je m'aime tellement ! Quoique, il est possible que je l'aime elle aussi...
Côté Lit: C'est open bar ! Entrée gratuite pour les libertins
Discours royal:



• DON JUAN •
Revenu des Enfers


Âge : 27 ans
Titre : Nobilis Homo vénitien, Ambassadeur déchu, Banquier de la Main de l'Ombre & bras droit de Victor d'Amboise
Missives : 709
Date d'inscription : 16/01/2011


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   29.10.11 20:54


    Tandis que la cour versaillaise se pourléchait du luxe que leur offrait le Roi à l'occasion de son anniversaire, Francesco admirait la vue. Le superbe décolleté décoré de dentelles de la demoiselle assise à ses côtés sur un banc de pierre en l’occurrence. Le jeune homme lançait des plaisanteries de bon cœur et quelques doux compliments pour la faire rougir davantage...La routine en somme...

    D'un œil habile, il surveillait le verre d'alcool que tenait la jeune femme. Le champagne disparaissait aussi vite qu'il était versé ! Le jeune homme se réjouissait d'avance de sa victoire !

    "Oh Monsieur l'Ambassadeur ! Cessez vos enfantillages ! disait la jeune femme en essayant de retrouver son souffle entre deux rires en agitant frénétiquement son éventail, faisant virevolter ses fines boucles blondes.

    Reprenant un peu ses esprits, la noble demoiselle but la dernière gorgée de sa coupe. Aussitôt Francesco la lui enleva délicatement des mains avec un sourire enjôleur.

    "Mais je vois que votre verre est vide ! S'exclama-t-il. Veuillez m'excuser ! Je reviens, ne vous envolée point bel ange ! Ajouta l'italien d'un ton langoureux.

    S'en allant parmi la foule à la manière d'un prince, il s'approcha d'un jeune domestique à qui il donna un ordre sèchement en claquant des doigts de manière impatiente. Tandis que le garçon s'occupait de la commande de Francesco, celui ci jeta un œil à sa voluptueuse victime qui...

    La jeune femme parlait avec...Elle...

    Sofia !

    La peau du Prince de Venise brûlait.

    Dans une grande robe blanche et saumon richement brodée, on ne voyait qu'elle ! Ses cheveux d'ébène élégamment relevés, laissant voir sa peau pâle. Son sourire si charmant et carnassier à la fois...

    Une fleur.

    Ô qu'elle semblait délicieuse, qu'elle était piquante, venimeuse et chasseresse ! Se mordant la lèvre inférieure avec un sourire en coin, le vénitien s'avança vers sa potentielle victime et son premier amour. Alors qu'il arrivait à un mètre à peine des deux jeunes femmes, le jeune ambassadeur pût entendre enfin ce que pouvait bien raconter Sofia.

    « Je tiens cela d'une amie ayant passé une nuit dans ses bras. El signore Contarini lui aurait laissé des souvenirs assez … dérangeants, et j'oserais dire démangeants. »

    Levant les yeux au ciel comme un adulte surprendrait un enfant faisant des caprices, il soupira avec un sourire amusé. Ce qu'elle était prévisible ! Il ne la connaissait que trop bien...Même après ces quelques années, elle semblait toujours le haïr farouchement.

    La délicieuse enfant qu'il venait de quitter plus tôt lui jeta un regard outré et dégouté tout en jetant un coup d’œil furtif à son bas ventre avant de se lever de son banc et de s’éloigner à la hâte. La technique de la Princesse Farnèse était puérile mais prodigieusement efficace !

    Émettant quelques bruits de gorge pour faire connaitre sa présence dans le dos de la jeune femme, il afficha un sourire des plus chaleureux à son amour d'enfance lorsqu'elle se retourna, prise en flagrant délit !

    "Sofia ! Mio caro amico ! S'exclama-t-il. Quel plaisir de vous revoir. Il y a longtemps que nos chemins ne s'étaient point croisés, n'est ce pas ?"

    A vrai dire, voilà des mois que la demoiselle était arrivée à Versailles mais Son Excellence a préféré l'éviter...enfin non : il ne l'avait jamais croisé voilà tout ! Il était fort occupé, voyez vous : la "politique", la cour, le complot...Oui, oui ! Vraiment très occupé !

    "Oh allons ! Ne me regardez donc point avec cette mine-là, dit-il en souriant en relevant le menton de la jeune femme avec un pouce que celle-ci chassa immédiatement avec des lèvres tremblantes.

    "Vous allez rider prématurément, cela serait dommage avec un si jolie minois !"

    Face aux paroles de Francesco, la jeune femme semblait se contenir tout en affichant un sourire forcé. Elle le foudroyait du regard ! Il évitait quelque peu de fixer les prunelles de Sofia plus de quelques secondes, ne pouvant s'empêcher de balayer la foule versaillaise du regard. Il but quelques gorgées de sa coupe de champagne avant de reporter son attention sur ancienne promise.

    "Vous cherchez à éliminer la concurrence ? Demanda le vénitien, s'amusant du vilain tour de la princesse. Je vous savait folle de moi mais de là à en arriver à de telles extrémités ! Vous savez, ma douce, que vous ne serez jamais n'importe laquelle de ces femmes à mes yeux, quoi que vous en pensiez, se mit à susurrer l'Ambassadeur.

    Cela devait bien être les seuls mots véridiques que le vénitien es pût prononcé depuis des mois !...Toutefois le jeu n'était jamais bien loin lorsqu'on côtoyait Son Excellence. Alors qu'une goutte de champagne s'échappa du verre de Francesco, le hasard voulut que celle-ci tombe sur la gorge de la jeune femme qui frissonna, surprise.

    "Oups !" Murmura Francesco avec un sourire d'enfant. Quel maladroit je fais !

    .

______________________


La modestie des orgueilleux est odieuse, insupportable.


Je suis Kuzco:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité





Invité


MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   30.10.11 22:24

« Je peux alors vous féliciter de votre constance de caractère à défaut de physique alors ! » plaisanta Philippe en portant son verre à la bouche. « Je suis allé accomplir mon devoir de Duc, retourner sur mes terres pour les gérer ! Et j'avais besoin d'évasion, je le confesse. »
« Ah les devoirs de la terre… avec un duc comme vous pour les gérer, je comprends pourquoi la Gascogne suscite de plus en plus d’intérêt à la Cour… »


Jean-Baptiste passa outre la fin de l’aveu de son jeune interlocuteur. Que Philippe ai besoin d’air frais, pour une quelconque raison, ne le regardait d’aucune façon et, pour être honnête, il s’en fichait quelque peu. Les histoires des uns et des autres l’ennuyaient. Quel plaisir les courtisans tiraient-ils de connaître la vie de leurs voisins sur le bout des doigts ? Mais il paraît que l’herbe est plus verte de l’autre côté…

« Pardonnez-moi ma curiosité mais à qui souriez-vous de la sorte ? Ils sont bien peu nombreux les personnalités qui sont dans vos petits papiers ! »


Lully laissa un petit rire s’échapper de sa gorge quand le cadet des D’Artagnan lui posa cette question. Il était vrai que le nombre de personnes pouvant se vanter d’avoir ses attentions se comptaient sur les doigts de la main. L’italien raconta alors au français qu’il saluait le petit frère Froulay avec qui il avait partagé une petite bagarre un soir où il avait dû faire une course dans Paris. Les deux nobles étaient tombés dans une embuscade et en était sortis indemnes. Bien sûr, il s’agissait là de la version officielle. Personne ne devait savoir que Lully avait, en réalité, suivi Froulay et qu’ils avaient été attaqués seulement parce qu’ils étaient restés trop longtemps dans une ruelle mal famée de la capitale.
Un silence trop brusque attira l’oreille du musicien qui regarda autour de lui. Louis XIV venait de faire son entrée. Etant en première ligne, Philippe et lui s’inclinèrent promptement devant leur souverain.
Une fois le monarque passé, Jean-Baptiste prit congé du jeune duc.


« Veuillez m’excuser, je dois m’entretenir avec notre Roi avant que tous les autres ne l’accaparent. Profitez de la soirée D’Artagnan, nous nous recroiserons sûrement pendant la soirée. Je suis content de vous savoir en pleine forme jeune homme ! »

Et Jean-Baptiste inclina légèrement son torse pour saluer le gascon avant de tourner les talons. Alors qu’il s’approchait de Louis, il tomba sur l’ambassadeur vénitien qui semblait avoir jeté son dévolu sur une nouvelle venue.
Connaissant Contarini et voulant éviter à la demoiselle de faire une erreur monumentale, le florentin s’approcha d’eux et s’adressa à Francesco d’un air autoritaire sous le ton plaisantin qu’il avait employé.

« Monsieur Contarini, cessez donc d’importuner toutes les nouvelles demoiselles qui arrivent dans notre cour. Avec toutes celles déjà présentes, vous avez déjà assez à faire en plus de vos devoirs d’ambassadeur. Maintenant, si vous voulez bien m’excuser, j’aimerais proposer à Mademoiselle..., avec un sourire poli et avenant le surintendant se tourna vers Sofia qui ne semblait pas plus emballée que ça de se retrouver face à Francesco, si elle accepterait de m’accompagner souhaiter un joyeux anniversaire à notre Roi Soleil afin que je l’introduise officiellement à la cour. »

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement   

Revenir en haut Aller en bas
 
INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 4Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
 Sujets similaires
-
» INTRIGUE : Un anniversaire à rebondissement
» INTRIGUE : Joyeux Anniversaire Monsieur l'Ambassadeur !
» Nouveau rebondissement dans l'intrigue du forum !
» Jean-Bertrand Aristide : Un comité pour son anniversaire et son retour
» 7 avril : 204e anniversaire de la mort de Toussaint

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
AU TEMPS DE VERSAILLES :: 
CES JARDINS SONT UN PARADIS TERRESTRE
 :: Bosquets :: Grotte de Téthys
-
Sauter vers: