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 Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre}

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MessageSujet: Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre}   Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre} Icon_minitime11.04.11 19:33

Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre} 30c38eh Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre} K0h5sg
Le théâtre est comme la messe ;
pour en bien sentir les effets,
il faut y revenir souvent

Qu'il était bon de jouer à Versailles ! Certes, le Roi n'était venu que pour la première représentation mais la Cour revenait les autres soirs. Ah, pour sûr qu'ils aiment L'école des maris ! Les entendre rire à la moindre farce, à tout bon mot et les voir se lever pour applaudir, c'était le rêve ultime pour tout comédien qui ose rêver de gloire. Comme Joséphine par exemple. Comédienne un peu par hasard – beaucoup par amour – elle se savait bien chanceuse de monter sur la scène de l'Opéra Royal de Versailles et jouer devant tout ce beau monde. Bien sûr, la plupart du temps, elle jouait au Palais Royal mais, là encore, elle ne devait pas se plaindre vu la beauté des lieux, sa richesse et son luxe. Pour ces quelques jours, dans la splendide demeure du Roi Soleil, la demoiselle interprétait Léonor, la fille adoptive d'Ariste et celle qui aide sa sœur Isabelle à voir l'homme qu'elle aime. Bien sûr, la comédienne n'avait qu'un second rôle mais Molière lui avait toujours appris qu'il n'y avait jamais de petits rôles, tous devaient être interpréter le meilleur qui soit car tous ont une importance dans la pièce. Sinon, il ne servirait à rien de les créer, ni de les jouer. Alors la demoiselle jouait, avec passion et enthousiasme, comme toujours dira-t'elle. Mais la Cour exigeait tellement qu'il fallait se surpasser chaque soir, donner le meilleur de soi même et plus encore pour leur arracher rires et applaudissements ! Il fallait donc donner tout son coeur, toute son âme.

Et pas du tout son corps comme le faisait certaines, donnant une mauvaise image de la profession. Certains hommes se croyaient tout permis et s'ils désiraient une femme, ils pensaient qu'il n'y aurait qu'à lui lancer quelques bons mots pour l'avoir. C'était mal connaître Joséphine La Grange ! A peine le rideau fermé, voilà déjà la noblesse, des ducs et comtes, autour de sa coiffeuse venus lui clamer mille compliments dont elle répondait simplement merci, poliment mais sans rien ajouter d'autre. Certains étaient beaux, bien habillés et beau parleurs, suffisant pour séduire d'autres actrices. Mais Jo n'était pas ces filles là, elle savait que trop bien que les mots sont pleins de vides, il n'y a aucune promesse derrière leurs compliments et leurs beaux mots, ils ne découlent sur aucun autre acte que de finir allongée sur un lit et se farcir une réputation de traînée. Quoique, à trop repousser les avances de ces messieurs, certains egos se prennent une gifle. Et pour laver leur honneur, certains n'hésitent pas à lui créer des aventures, façonner une réputation de fille facile, ce qui attire d'autres messieurs … Un cercle vicieux où la demoiselle est prisonnière. Si elle couche, on ajoutera cette histoire. Si elle refuse, on peut lui créer une nuit de débauche de toute pièce … Peut importe, elle sait qui elle est et ce qu'elle fait. Et son patron, Molière, aussi. Au moins, tout est clair pour eux et c'est le principal.

Alors qu'elle enlevait son trop plein de maquillage sur ses pomettes et son visage, l'un des hommes complimenta son naturel éblouissant ; et lorsqu'elle retira les épingles et accessoires de ses cheveux bruns pour les laisser tomber sur ses épaules, un autre lui dit qu'il rêvait de caresser cette soyeuse cascade capillaire. Puis les deux hommes se disputaient les faveurs de la demoiselle qui n'avait rien dit d'autre que « merci ». Chacun renchérissait, cela était à qui la couvrirai le plus de bijoux et d'affection. Comme si elle était l'enjeu d'une tombola. Ces hommes étaient pathétiques, ils se querellaient trop pour remarquer que la comédienne s'était levée pour se cacher derrière un paravent pour troquer sa jolie robe de scène pour une tenue de tous les jours. Une simple robe de ville rouge, resserrée à la taille, avec de la dentelle aux manches et au décolleté, le tout cousu par ses doigts délicats. Peut être qu'elle aurait pu s'enfuir sans que les deux hommes ne voient son départ. Mais un des comédiens arriva pour l'interpeller.

Joséphine ! Molière a décidé de se montrer mondain ce soir, nous devons attendre avant de partir !

Elle le maudit intérieurement mais le pauvre bougre ne savait pas. Evidemment, les deux autres zigotos avaient tout entendu, ce n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd et l'un d'eux saisit cette opportunité au vol.

Mais cela est une excellente nouvelle Mademoiselle La Grange ! Cela permettra de profiter un peu plus de votre sourire puis de nous départager, Monsieur le Comte et moi-même !

Le sourire de la comédienne fut plus que forcé, ressemblait presque à une grimace de dégoût qu'a de la politesse. Il était hors de question qu'elle reste avec ces deux là, il fallait trouver une excuse. Ou une sortie car, tout en s'avançant, Jo' cherchait un moyen de sortir, une issue pour quitter cet enfer. Lorsque son partenaire de théâtre ouvrit une porte, elle fut que c'était sa chance. Double chance même ! En effet, une silhouette familière se découpa un instant dans l'encadrement de la porte avant que celle-ci ne se referme. L'air droit, le regard fier, l'homme attendait derrière cette porte sans oser entrer comme ces deux malotrus. Enfin, il était venu ! Joséphine n'attendait plus la visite du charmant mousquetaire, dont les lois du mariage lui empêchaient tout chose. Mais ce goût de l'interdit, mélangé au mystère du jeune homme l'attiraient irrémédiablement. Et il tombait à point, il serait son sauveur ce soir ! L'actrice décida donc de se saisir de son châle, faire une belle révérence aux deux hommes.

Puisqu'il m'est impossible de vous départager, je préfère vous laisser. N'y voyez aucun mal messieurs, et je vous souhaite une excellente fin de soirée.

Sans demander son reste, Joséphine se dirigea vers la porte de la délivrance qu'elle ferma derrière elle, laissant les deux autres seuls comme des imbéciles. Elle se retrouva nez à nez avec le mousquetaire. Enfin, un visage agréable à qui elle sourit avec ravissement, sans besoin de se forcer, totalement naturel et plus qu'enthousiaste.

Monsieur d'Artagnan ! Quel plaisir de vous voir enfin au théâtre ! Il vous en a fallu du temps pour vous décider mais vous tombez à point pour me sortir du pétrin. Je vous en remercie donc.

Alors qu'elle exécutait une révérence, elle entendit les deux nobles se rapprocher de la porte, leurs voix semblaient de plus en plus proches. Ne voulant pas les voir à nouveau, la comédienne posa sa main sur le bras d'Alexandre pour l'entraîner au dehors.

Et si nous sortions ? Vous avoir comme compagnie sera plus qu'agréable … Et si les deux imbéciles me voient, ils ne me lâcheront plus. M'aiderez vous ?

Elle lui fit à nouveau un charmant sourire, une arme convaincante et ses yeux appuyaient sa supplication. Cela était souvent irrésistible.

Et puis vous pourrez me parler de ce que vous avez pensé de la pièce, si vous avez passé un agréable moment. Après tout, le théâtre est un excellent divertissement, qu'on soit sur scène ou dans la salle.
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Alexandre D'Artagnan

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Joséphine La Grange
Côté Lit: Ca va merci... et vous, confortable ?
Discours royal:



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MessageSujet: Re: Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre}   Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre} Icon_minitime25.04.11 1:35

Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre} 16138704 Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre} Photo_24173645
Le chant d'une sirène...
Y succomber ou pas ?
Telle est la question...


Qui aurait pu croire qu'un jour, un d'Artagnan irait voir une pièce de théâtre ? Enfin, qui aurait pu croire qu'Alexandre y irait ? Personne et pour cause. Le Mousquetaire avait beau respecter Molière, les spectacles n'étaient pas sa tasse de thé. Il riait peu aux éléments comiques de certaines scènes et affichait toujours une mine sérieuse, trop sérieuse. Il n'était pas à sa place à une représentation... et c'était donc une activité qu'il ne pratiquait jamais. Pas même avec Marine, qui pourtant avait quelques liens avec certains comédiens du peuple. La rigueur avait été le credo de son père qui lui-même d'ailleurs, n'avait probablement jamais vu une seule pièce de théâtre de sa vie. Mais pour quelle sombre raison, un homme désintéressé s'était-il retrouvé aujourd'hui devant la loge d'une comédienne tenant un second rôle, après avoir assisté à son spectacle ? Pour le savoir, il fallait remonter quelques jours plus tôt, lors de la première représentation. Comme à chaque fois qu'une nouvelle pièce se jouait, le Roi y assistait. C'était presque traditionnel, il était l'invité d'honneur et Molière accordait une grande importance à cette première étape. Si sa Majesté aimait, il savait qu'il pourrait parcourir la France, dans une tournée bienheureuse, pour battre les planches et exhiber sa création. Et accessoirement renflouer ses deniers. En revanche si le Roi n'était pas convaincu ou diverti, il devrait récrire et retravailler, voire délaisser son projet. De mémoire de d'Artagnan, cela n'était jamais arrivé. Le Monarque appréciait l'effort culturel et de composition de la troupe, au grand bonheur du principal intéressé. Molière avait d'ailleurs un grand talent pour vêtir de velours des critiques acerbes sur la haute noblesse, voire même parfois sur le Roi lui-même et sa famille. Il était si talentueux, que tout le monde n'y voyait que du feu.

Il était de coutume que ça soit le Lieutenant des Mousquetaires qui escorte le Roi et qui fasse office de garde du corps. Sauf que ce soir-là, Mathias de Sandras était souffrant et ne put donc se déplacer pour accomplir sa mission. En catastrophe, Alexandre fut sommé de prendre sa place, puisqu'il était juste en dessous dans la hiérarchie. Il dut rentrer chez lui en quatrième vitesse pour se rafraîchir et s'habiller de façon présentable. Comme à chaque fois qu'il revenait chez lui, il ne put s'empêcher d'accomplir son devoir conjugal auprès de Marine. Evidemment, l'acte se déroula de façon très rapide, il était pressé après tout. Mais il partit à contre-coeur, légèrement frustré de ne pas pouvoir reporter son départ à plus tard, afin de continuer les douces caresses sur le corps de son épouse. Le devoir, c'était le devoir. Marine s'y était habituée à force et les enfants aussi. D'ailleurs, tous deux avaient le plus grand mal à échapper à la curiosité d'Aurore qui prenait un malin plaisir à les espionner. Conscients que leurs affaires privées ne regardaient pas un esprit innocent comme le sien, les deux parents prenaient soin de bien se cacher et de fermer les portes à clé, en laissant sur le trou de la serrure un cache pour éviter des regards trop intrusifs. Comme à chaque fois qu'il les quittait, d'Artagnan avait la boule au ventre. Il devait encore leur dire au revoir. Il y avait réfléchi ces derniers temps et il s'était rendu compte que finalement, son propre père ne l'avait jamais vraiment aimé. L'homme qu'il avait admiré au point de vouloir suivre ses traces, n'était pas sensible à quoi que ce soit. Il était froid, peu humain finalement. Jamais il ne l'avait vu éprouver du remords à partir de chez lui pour accomplir une mission, jamais... Alexandre était en colère après son patriarche pour la cruauté dont il avait fait preuve envers Philippe, c'était pour cette raison qu'il ressentait aujourd'hui autant de colère et de fureur au fond de lui. Il ne le voyait plus comme un héros mais comme un être démuni de sentiments et d'amour.

N'écoutant que son devoir à son tour, notre Mousquetaire quitta son foyer avec un pincement au coeur, languissant déjà d'y revenir pour être près de sa famille. Il tenait tellement à eux ! Il rejoignit donc le Roi, légèrement en retard, mais il mit ça sur le dos du messager qui l'avait averti il y avait très peu de temps. Après tout, il n'appartenait pas au Roi de savoir que s'il était en retard, c'était uniquement parce qu'il s'était laissé déborder par ses hormones. Sa Majesté n'en tînt pas compte, elle semblait de bonne humeur. Les deux hommes furent voiturés jusqu'au lieu où allait se dérouler la première représentation et furent placés à la tribune d'honneur. Cela faisait étrange pour Alexandre de se retrouver ainsi exposé... Mais il obéissait à son Roi et il aurait donné sa vie pour sauver la sienne sans hésitation. C'était un homme loyal, bien que colérique et terriblement entêté, comme son père, qu'il tentait pourtant de renier. La pièce commença et d'Artagnan fit mine d'être le plus intéressé possible. Au début, il eut grand mal à jouer la comédie et à cacher le fait qu'il n'était guère à sa place ici. Mais après quelques instants, il se mit à apprécier le jeu des acteurs. En particulier celui d'une actrice. A peine était-elle montée sur les planches, qu'elle attira son attention. Il sentait sa gorge s'assécher. Elle était belle et elle dégageait une sorte d'aura sur la scène. Quel plaisir de la voir bouger, gracile et élégante, de l'entendre parler, de sa voix douce mais déterminée, concentrée... Presqu'aussitôt, Alexandre se sentit mal à l'aise de trouver cette femme belle. Il était marié, il avait des enfants ! Il ne pouvait trahir son épouse, celle qu'il avait juré de chérir pour l'éternité... Que dirait son frère ? Et que diraient les autres, tout autour ? Ces vautours de courtisans qui colportaient les pires rumeurs sur leur couple ? Il n'osait même pas y penser. Il prit la résolution de ne plus la regarder et de se concentrer sur autre chose, mais impossible. Ses yeux se portaient sur elle, inévitablement... L'avait-elle ensorcelée ? Il ne s'aperçut de la fin de la pièce que lorsque le Roi se leva de son trône pour applaudir. La salle le suivit alors et le Mousquetaire aussi avec grand enthousiasme.

Après le salut des acteurs, le Roi décida de se rendre dans les loges pour congratuler directement les individus et plus précisément, Molière. Alors que les acteurs et actrices faisaient une révérence très respectueuse, Alexandre croisa le regard de la jeune femme. Il était resté figé, comme paralysé. Il avait rougi à en devenir pivoine. Le Monarque s'arrêta devant elle et Molière en profita pour la présenter. Joséphine la Grange... penser ce nom lui donna un ultime frisson dans le dos. Le Roi le présenta à la jeune femme. Il ne lui fit aucun geste, aucun salut. La seule expression était sur son visage, il était rouge de gêne, avait le regard fuyant et semblait tout troublé. Alexandre s'était maudit d'avoir été aussi expressif ! Tout se lisait sur son visage. Et dire qu'il savait parler aux femmes, dès l'instant où il ne ressentait rien pour elles. Il se dit qu'elle devait le trouver fort pathétique mais Molière lui sauva la mise en conduisant le Roi un peu plus loin. Ouf... libération ! Mais qu'aurait-il bien pu lui dire ? Elle était totalement resplendissante et c'était bien là le problème ! La seule femme qu'il avait abordé c'était Marine et là non seulement il savait qu'il était marié, son alliance à l'annulaire venait le lui rappeler mais en plus, il savait qu'elle ne le connaissait pas et que donc, elle se ferait son propre jugement elle-même. D'Artagnan n'en menait pas large. Il avait toujours été maladroit avec les femmes, ne sachant jamais comment leur parler, comment les aborder... Il refusa de l'admettre mais au fond, cette femme lui avait complètement tapé dans l'oeil. Il se surprit à l'imaginer rejouant sa pièce et se maudit de tous les malheurs en pensant à sa famille. Il ne comprenait pas comment il pouvait se trahir lui et ses proches en ayant des pensées aussi désordonnées et inacceptables. Il se résolut à oublier Joséphine, définitivement...

Et bien entendu, ce fut un échec complet. Démangé par la curiosité et l'envie de la revoir, il ne put s'empêcher d'aller à une nouvelle représentation du spectacle, sans le Roi, cette fois... De fil en aiguille, il assista à toutes les représentations, non pas par amour du théâtre, mais pour porter son regard brillant sur la magnifique actrice. Il se cachait d'elle et se mettait dans un coin où elle ne pouvait le voir. Ce soir-là, il se trouvait tout près de la scène. Joséphine prononçait son texte avec la même énergie mais elle ne semblait pas l'avoir remarqué, assis là, tous les soirs... avec un regard de gosse porté sur la beauté d'une femme. D'Artagnan n'aurait pas su comment réagir si elle l'avait repéré... Chaque soir il devait venir car il en ressentait le besoin. Chaque soir, il avait le ventre noué à l'idée de tromper Marine de cette façon. Il culpabilisait, dormait très mal mais essayait de se reprendre, en vain. L'attirance était plus forte que tout, plus forte que sa volonté de fer... Il voulait résoudre l'affaire et surtout se dédommager de toute tentative de charme malvenue. En gros, il comptait éradiquer intérieurement dans son esprit, tout soupçon sur sa présence et lui faire simplement part de son admiration pour l'interprétation du rôle. Sauf qu'en définitive il était plus aisé de le dire et de le penser que de le faire... Le Mousquetaire attendit que la représentation soit terminée puis il se rendit dans les loges. Il allait frapper lorsqu'un partenaire de la jeune femme le bouscula légèrement, visiblement pressé pour entrer dans la loge. D'Artagnan se demanda où le rustre avait mis ses bonnes manières mais son souffle fut coupé à l'instant où son regard croisa celui de la comédienne. Oui d'habitude il aurait empoigné le sinistre individu qui avait osé le bousculer pour lui arracher des excuses et pour proférer des tonnes et des tonnes de propos réprobateurs... Là bien évidemment, non seulement il aurait eu du mal à articuler quoi que ce soit mais en plus il n'aurait pas fait preuve d'autant de franchise devant une si belle femme. Inconsciemment il souhaitait se montrer sous son meilleur jour, dans le but peut-être d'éveiller son attention. Et bien quoi ? Oui il se pavanait comme un coq... enfin pour l'instant il essayait de ne pas avoir l'air d'un pigeon perdu dans la masse.

Il n'eut pas vraiment besoin d'agir lui-même. Comme d'habitude, le destin précipita les choses un peu trop rapidement. Joséphine, puisque tel était le doux prénom de la femme qui l'obsédait, sortit de sa loge avec hâte et avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit elle prit par le bras pour l'entraîner dehors. Il était temps, Alexandre avait rougi, il avait très chaud, son coeur battait à tout rompre et rester à l'intérieur aurait vite provoqué une sensation d'étouffement... Et quand elle eut la mauvaise idée de lui sourire, son visage prit un air béat, un peu crétin, beaucoup même ! Allons, il était Mousquetaire et marié, il ne devait pas en oublier les raisons de sa présence. Il avait franchi le cap en allant à sa loge, il avait la possibilité de lui parler directement. Il avait beau avoir une carrure de militaire, être plus grand et plus baraqué que la jeune actrice, il se sentait ridiculement petit et insignifiant. Comment aborder une femme ? Ah si seulement Philippe pouvait l'aider... Son frère cadet était plus à l'aise que lui. Mais il ne pouvait pas lui apporter assistance d'abord parce qu'Alexandre n'avait jamais reconnu devant lui, ni devant personne d'autre qu'il ne savait pas comment parler à la gente féminine. Et ensuite, parce que de toute façon, il n'y avait que lui pour gérer ce genre de situation. La fierté aidant, il se reprit quelque peu, tout en bombant légèrement le torse, histoire de mettre en valeur, sans y penser à fortiori, sa musculature. Il prit la parole sans la regarder, les pommettes rougies et la voix peu assurée :


- Si ma modeste présence peut vous aider... alors... euh... j'en suis ravi. Je veux dire que... je suis ravi de pouvoir vous aider à euh... vous extraire d'une situation qui commençait à devenir... embarassante...

Il s'éclaircit légèrement la gorge et eut le malheur de croiser son regard. Ses eux se perdirent dans les siens et il articula :

- J'ai passé un excellent moment. Vous êtes magnifique...

Ding-dong, ding-dong ! Alerte rouge ! Alerte rouge ! Mais qu'était-il donc en train de raconter ??? Il fit un geste brusque et dit élevant un peu la voix :

- Enfin je veux dire que vous étiez vraiment très doué dans votre rôle ! On ressent toute la pièce de théâtre dans votre interprétation ! Et tellement de... d'émotions aussi. Vous êtes une comédienne talentueuse, même si je suppose qu'on doit vous le dire souvent, trop souvent peut-être ?

Il s'était rattrapé juste à temps. Même si ça semblait douteux, ce regain d'assurance permettait de laisser un peu de doute sur le fond de ses propos. Ou pas... foutu visage trop expressif !

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MessageSujet: Re: Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre}   Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre} Icon_minitime29.05.11 19:26

Le Mousquetaire était tombé à pic ! Alexandre sauvait la demoiselle de ces deux nobles un poil collants et envahissants. Elle ne pouvait pas se montrer impolie ni les envoyer promener : c'était des hommes comme eux qui peuplaient le théâtre du Palais Royal ou de l'Opéra à Versailles. Alors, la jeune femme multipliait les sourires polis, les phrases simples sans invitation directes mais certains se sentaient pousser des ailes et tentaient toujours des approches. Pourtant, Joséphine n'avait pas envie de finir dans le lit d'un de ces hommes titrés, cela ne l'intéressait pas. Elle était comédienne, pas prostituée et ne voulait ni de leurs caresses, ni de leur argent, juste de leurs applaudissements dans la salle, point. Alors, quand elle vit le mousquetaire dans l'encadrement de la porte, outre son cœur qui bondit, elle sut qu'elle était sauvée. Un soldat de la garde royale ne pouvait pas refuser de porter secours à une demoiselle en détresse tout de même ! Cela aurait été n'importe quel homme en uniforme, elle lui aurait demandé de l'aide mais le fait qu'il s'agisse de d'Artagnan la rendait davantage enthousiaste.

En effet, Joséphine ne restait pas insensible au beau mousquetaire. Il fallait avouer qu'Alexandre avait un physique plus qu'avantageux avec sa musculature apparente sans être excessive, ses beaux yeux expressifs et son charmant sourire, sans oublier ce côté gauche qui le rendait touchant. Alors elle s'était précipitée vers lui et lui avait demandé de l'aider tout en touchant son bras. Heureusement que cela avait fonctionné et que tous deux se dirigèrent vers l'extérieur. Un large sourire se dessina sur son visage, ravie non seulement d'être sauvée, mais en plus par un beau jeune homme. Joséphine ne s'attachait pas vraiment à la gente masculine, préférant exercer son métier de comédienne à fond et être aux côté de Molière. Après avoir eu le cœur brisé, elle ne voulait plus vraiment revivre cela. Mais on ne contrôle pas ses sentiments et Alexandre avait su réveiller son envie de plaire et son cœur battre un peu trop en le voyant ou en pensant juste à lui. Cela n'était pas bien, on avait dit à la jeune femme qu'il était marié et garçon fidèle, pourtant elle n'arrivait pas à l'enlever de sa tête. Elle n'espérait pas qu'il vienne jusqu'à la porte des loges, ni même à le revoir tout court. Peu importe ce qu'il faisait là, sa « modeste présence » comme il disait si bien était un véritable cadeau du ciel.

Il était amusant de voir le contraste entre son physique et la façon dont il se tient, fier et imposant, et ce visage aux joues rougies, sa voix hésitante. Cela était tout bonnement adorable et, sans lui lâcher le bras, la comédienne ne le quittait pas des yeux. Lui regardait ailleurs, devant lui, comme si cela lui permettait de mieux s'exprimer. Elle l'écoutait parler et le « Vous êtes magnifique... » lui fit rater un battement. Cela était idiot car on lui avait fait ce compliment mille fois mais là, cela sortait du cœur et surtout, cela venait d'Alexandre. Mais il se reprit facilement et cela se ressentait dans tout son physique, il se redressait, bombait le torse et parla un peu plus fort. Jo' se pinça les lèvres pour ne pas rire. Non pas qu'elle se moquait mais cela était si amusant, si touchant. Il se reprit donc puisque le Mousquetaire réinterpréta son compliment par rapport au jeu de la demoiselle. Elle continuait de sourire mais tourna finalement la tête, trop le fixer pouvait le déranger.

« Je ne vais pas refuser le moindre compliment, surtout quand cela est dit avec une sincérité certaine. Je vous en remercie donc monsieur d'Artagnan, cela est bien aimable de votre part. Et puis, en tant que comédienne, je ne puis recevoir beaucoup d'autres genre de compliments que sur mon jeu. Je suis sûre qu'en cherchant bien, vous seriez complimenté sur davantage de choses. »

Elle se mit à chercher et lâcha enfin le bras de son sauveur pour compter sur ses doigts avec un air mutin et un sourire malicieux.

« Alors, on peut vous complimenter sur votre talent d'épéiste, votre fonction enviée pour beaucoup, votre nom, votre grade, votre uniforme unique en son genre. Les femmes peuvent même vous complimenter sur votre physique … »

Elle se tut et se mordit l'intérieur de la joue. Il était qu'il était bel homme mais on ne pouvait pas complimenter un homme marié, cela était indécent et Joséphine ne voulait pas passer pour une croqueuse d'hommes ou quoi que ce soit. Alors elle se rattrapa, fit un large sourire et afficha ses six doigts en l'air.

« Cela vous fait donc six possibilités de compliments contre un pour moi. Je savais que j'avais raison ! Et encore, je ne vous connais pas assez pour trouver d'autres possibilités. »

Et pourtant, elle avait envie de le connaître ce mousquetaire, sans cesser de penser que ce serait mal vu si quelqu'un les voyait, que penseraient-ils d'elles ? D'habitude, Joséphine se moquait de ce que pensait les autres, de toute façon, elle n'avait rien à se reprocher. Mais là, quelqu'un entrait en jeu. Et elle ne voulait pas faire du mal à un couple ni à la réputation d'Alexandre. Pourtant, la demoiselle n'avait pas envie de le quitter et envie de tenter quelque chose. Pourtant, elle se retenait, par pudeur et peur d'être rejetée. Alors, juste timidement mais caché sous un sourire amical, et voulait en savoir plus sur son chevalier servant d'un soir.

« Dites moi, monsieur d'Artagnan, avez vous déjà vécu de grandes aventures sous cet uniforme ? Et qu'est ce qui vous a poussé à devenir Mousquetaire ?  »

Juste discuter ne faisait pas de mal, n'est ce pas ? Du moins, elle essayait de s'en convaincre même si, de toute manière, elle n'avait pas envie de le quitter maintenant …
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Alexandre D'Artagnan

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Côté Lit: Ca va merci... et vous, confortable ?
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MessageSujet: Re: Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre}   Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre} Icon_minitime10.06.11 23:32

Alexandre pensait avoir bien fait en apportant sa précision mais il le regretta amèrement. Il se rendit compte de toute la maladresse dont il avait fait preuve, comme d’habitude. A chaque fois qu’il s’agissait de parler aux femmes, c’était à la limite de la catastrophe. Depuis qu’il était jeune homme, un malaise certain existait avec la gente féminine. Privé de sa mère par le destin et ironiquement éduqué par un père aux tendances machistes, toujours sûr de lui, il garda une inexpérience certaine avec les demoiselles. Il n’était pas niais, il ne savait pas maîtriser ses sentiments pour la simple et bonne raison que pas une seule fois dans sa vie, il avait abordé ce sujet avec son paternel ou même avec son frère. Comment comprendre un sourire ? Un regard ? Comment interpréter les mots ? Tellement de questions et toujours aucune réponse. Sous cette allure de fier et valeureux mousquetaire se cachait un enfant perdu par une chose qu’il n’avait jamais appris à maîtriser. Les femmes étaient une sorte de peur, tapie au fond de son âme qui surgissait toujours en le prenant par surprise. Encore, s’il avait pu camoufler tout ça, tout serait rentré dans l’ordre. Que nenni ! Son visage, très expressif le trahissait à chaque fois. Et à cet instant, il ne dérogea pas à cette vieille habitude. Devant la flopée de compliments et le fait qu’elle évoque ne pas avoir d’autres raisons d’être adulée, il devint rouge pivoine et n’osa même plus la regarder. Il s’arrêta même de respirer avant de se dire que c’était idiot… En l’espace de quelques secondes elle avait trouvé six raisons de lui faire un compliment. Il la voyait du coin de l’œil, et sentait son regard sur lui. Il se buta à ne pas la regarder car elle pourrait lire à travers ses yeux tout un tas de choses troublantes.

Si elle souvint qu’il était père et homme marié, lui en revanche avait complètement oublié cet aspect là de sa vie. Certes Marine occupait une grande place dans son cœur, de même qu’Aurore et Guillaume, mais à cet instant, aussi importants eurent-ils été, Alexandre les avait oubliés. Seule Joséphine était là, dans sa vie. Il se sentait terriblement mal à l’aise et ne sut quoi répondre à sa bourde. Il manqua trébucher et maugréa des excuses incompréhensibles et quasi-inaudibles. Et puis il se plongea dans un grand silence, pour masquer son visage écarlate. S’il avait pu se cacher sous une couverture, il l’aurait fait bien volontiers et pourtant, il n’était pas du genre couard. Au contraire, il avait tendance à se jeter dans la mêlée sans réfléchir, tête baissée de préférence, sinon ça n’était pas drôle ! C’était fout comme les femmes parvenaient à le faire douter de lui et à le faire se remettre en question. Marine savait qu’elle avait un fort pouvoir sur lui et qu’il lui était dévoué corps et âme. Elle n’avait pourtant jamais tenté de se servir de ça contre lui. Enfin, si, elle l’avait fait pour quelques broutilles et tâches ménagères, mais rien de très sérieux. La où certains hommes se faisaient mener par l’argent ou le sexe, lui était tenu en laisse par sa fidélité. Fidélité mise à rude épreuve aujourd’hui car à cet instant, son cœur semblait s’être animé d’une flamme de passion persistante. C’est que sa compagne de promenade avait un charme très plaisant. Outre son physique parfaitement proportionné et élégant, elle avait des yeux pleins d’étoiles, de mystère, lui faisant penser à une œuvre d’art que Dieu avait façonné lui-même. Et puis sa voix était si douce, parfaite, elle berçait son cœur de bonheur et de plaisir. Elle effleurait ses oreilles de ses intonations mélodieuses, presque suaves avec beaucoup d’imagination.

Cette femme était parfaite, d’autant plus qu’elle lui parlait en faisant abstraction de ses incertitudes et de son comportement assez… bête quand même… Elle s’en était rendue compte, qu’il était timide. Mais elle avait la décence et la diplomatie pour ne pas lui faire remarquer et pour ne pas le brusquer. C’était la douceur incarnée ! Il faut dire qu’il n’aimait pas qu’une situation lui échappe et qu’il avait déjà eu affaires à des femmes trop directes et trop intransigeantes. Ce qui n’avait pas amélioré sa confiance en lui… Ecoutant attentivement sa question, il choisit d’y répondre sans la regarder directement pour ne pas perdre ses moyens :


- Je ne saurais dire si les aventures furent grandes. Elles ont été… hum… passionnantes. Vous l’avez dit, tout à l’heure, mon nom est connu. Mon père était Mousquetaire. Quand j’étais petit, j’avais toujours cette passion pour ce qu’il faisait. Les combats à l’épée, les aventures épiques qu’il me racontait quand il était en permission… C’était quelque chose ! Je n’attendais que ça, et quand nous étions avec les fils de ses compagnons, nous nous amusions à rejouer leurs récits avec des bâtons pour arme. Nous faisions des batailles dans le petit bois près de chez nous. Les Mousquetaires ont bercé mon enfance, ils ont inspiré ma vie. J’ai grandi, la passion ne m’a pas quitté, elle est toujours là. J’ai juste troqué mon bâton de chêne contre un mousqueton, une épée et un uniforme. J’ai beau chercher et même si parfois c’est une mission difficile, je ne regrette pas d’avoir fait ce choix. Cet uniforme c’est ma vie, finalement. Plus jeune, je rêvais de l’avoir et le porter, je l’avais même fauché à mon père pour que mon jeu fasse plus vrai. C’est une tâche très noble. J’y ai appris le respect, la loyauté, la persévérance et la discipline, même si mon père m’avait déjà formé à tout cela. Des aventures, j’en ai connu, j’ai travaillé mon histoire à moi pour ne pas la confondre avec celle de mon père. Elles furent souvent éreintantes et glorieuses, mais parfois assez décevantes. Ce sont des risques que l’on ne peut mettre de côté. Elles ne sont pas toutes risquées, à vrai dire. Dernièrement, j’ai été chargé d’une mission fort importante, celle-là même qui m’a fait vous connaître : accompagner Sa Majesté au théâtre.

Il croisa accidentellement son regard et se figea, foudroyé par un éclair imperceptible, tétanisé par la beauté de ses deux sphères brillantes et de ce sourire parfait. Il parla quelques secondes sans voix et se demanda s’il fallait en rire ou en pleurer… Probablement la seconde possibilité, tant il était ridicule. Néanmoins, il se sentit pousser des ailes et les mots lui échappèrent :

- Je dois dire et reconnaître que ce fut l’une de mes plus belles aventures. Je n’ai jamais été attiré par le théâtre et je pensais que ça serait ennuyeux. Votre interprétation m’a fait changer d’avis. Vous parliez de compliments que l’on pouvait vous adresser. Il n’en existe pas qu’un seul. Vous n’avez peut-être pas de grade, mais vous avez un talent de comédienne incontestable, vous avez accès à de nombreux uniformes et costumes plus élégants que le mien, vous avez de la notoriété, les gens que nous avons croisé étaient visiblement de fervents admirateurs et vous avez aussi une personnalité aimable et amicale, fait rare par les temps qui courent. Et si je puis me permettre, vous avez beaucoup de charme et je ne doute pas qu’il doive sauter aux yeux de nombreux hommes.

Rougissant à nouveau il s’empressa d’ajouter :

- N’y voyez-là rien d’inconvenant de ma part.

Se rappelant soudain qu’il la regardait trop intensément, il détourna une nouvelle fois les yeux en tentant de les fixer sur quelque chose d’autre. Mais comme attirés par un étrange magnétisme, il les posa à nouveau sur Joséphine. Il devait changer de sujet et ne pas poursuivre sur cette voie là. La voix légèrement gênée par son surplus d’assurance, il demanda :

- Et vous ? Qu’est-ce qui a fait de vous la grande et talentueuse comédienne que vous êtes ?

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MessageSujet: Re: Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre}   Tout est innocent, jusqu'à ce que l'on décide du contraire {Alexandre} Icon_minitime27.06.11 0:17

Qu'il était beau à rougir de la sorte. Pourtant l'uniforme d'Alexandre pourrait le pousser à un excès d'orgueil, de confiance en soi et devenir entreprenant, il est bien connu que l'uniforme et le pouvoir donnent des ailes à ceux qui en disposent. Lui était exactement l'inverse, se plongeait presque dans un mutisme, évitait le regard de la jeune femme pour regarder devant lui et rougissait à concurrencer une tomate. Combien de ses collègues passent leurs permissions dans les bordels ou les tavernes ? Combien pensent que toutes les demoiselles leur sont acquises ? Joséphine se souvenait où, marchant dans Paris avec son amie Charlotte, elles avaient pu avoir des regards insistants ou même se faire aborder par ces hommes reconnaissables par leurs habits et leurs chapeaux à plumes. La comédienne en avait fait une généralité sur les hommes de cette profession et il était si agréable d'avoir à ses côtés une exception à la règle.

Et lorsqu'il se mit à parler de son métier, la jeune femme put facilement deviner que cela allait au-delà du prestige de l'uniforme, il s'agissait d'une véritable vocation pour lui. Joséphine voyait ses préjugés sur les mousquetaires voler en éclat : tous n'y entraient pas pour le prestige et l'uniforme afin de draguer la gente féminine. Alexandre avait eu un modèle illustre et connu par-delà les frontières, il avait pu naturellement marcher dans les traces de celui-ci. Plus qu'un métier, c'était une passion, un mode de vie à part entière. Joséphine l'écoutait avec attention, dans chaque mot on pouvait ressentir la sincérité de ses paroles, qu'il aimait ce qu'il faisait et qu'il n'y renoncerait pour rien au monde ! Cela était amusant car la comédienne pourrait parler de sa passion pour la comédie comme lui parlait de son amour des armes. Alors derrière cette carapace sérieuse et timide, Alexandre cachait un tempérament passionné. Un sourire vite réprimé passa sur les lèvres de Joséphine, il ne fallait pas imaginer où pouvait aller ce tempérament là, cela n'était pas convenable. Mais comment ne pas résister lorsqu'il parla de sa dernière mission, celle d'accompagner le Roi au théâtre. Quand il tourna la tête, leurs yeux se croisèrent enfin. Il avait une façon de la regarder, d'une douceur sans pareille, comme une impression de suspendre le temps autour d'eux. Aucun d'eux ne prononça le moindre mot pendant de longues secondes mais d'Artagnan décida de briser ce silence pour reprendre le récit de cette dernière aventure. Joséphine, quant à elle, ne le lâchait pas du regard pour l'écouter parler … d'elle ! Elle était sa plus belle aventure ? Pourtant peu timide en général, le rouge lui monta aux joues et ce fut à son tour de détourner ses yeux noisettes pour regarder le sol sans cesser de sourire, le genre de sourire heureux impossible de réprimer, un véritable sourire du coeur. Lorsque le mousquetaire énuméra les compliments qu'on pouvait faire à la demoiselle, elle rougissait davantage. Ce n'était pas dans ses habitudes, Alexandre provoquait des attitudes et des sentiments qu'elle ne maîtrisait pas. Ils en étaient que plus touchants tous les deux, encore plus à la phrase d'Alexandre qui s'excusait presque d'être inconvenant. Pourtant, il ne l'était absolument pas et Joséphine dut répondre du bout des lèvres :

Vous ne l'êtes point du tout, rassurez vous …

Si l'apparence la montrait timide et les joues en feu, son for intérieur bouillonnait de diverses émotions et le mousquetaire n'y était pas du tout étranger, il en était même le principal facteur. Ainsi il la trouvait talentueuse, amicale et avec du charme. Autant de compliments d'un coup venu de la part d'Alexandre ne pouvait que chambouler. Elle s'était pourtant interdite de retomber sous le charme d'un homme, trop de déceptions et de complications dans sa vie. Elle avait tant à faire entre son emploi et la recherche de ses origines, un homme serait de trop, n'aurait pas sa place. Elle se l'était répétée des dizaines de fois, s'en était persuadée mais ce soir, tout devait être remis en question. Bien sûr, ils n'étaient pas ensemble, même qu'Alexandre était marié, mais tout cela la poussait à remettre les fondements de sa vie à sa place et trouver une place pour lui au milieu de son tourbillon de vie. Même si elle ne pourrait jamais lui dire ce qu'elle ressentait, une petite place pour ce jeune homme était obligatoire. Ils ne s'étaient pas encore quittés qu'elle devra chercher un moyen de le revoir, par n'importe quel moyen. Relevant les yeux, Joséphine vit qu'Alexandre avait tourné à nouveau les yeux mais rapidement, comme aimantés, leurs yeux se rencontrèrent à nouveau. A son tour de lui poser la question de l'origine de son métier, non sans utiliser le mot « talentueuse » qui la fit sourire. Comment aborder sa vie sans parler de sa mère tenancière d'un bordel qui n'est même pas sa mère et qu'elle ne sait finalement pas d'où elle vient ? Un soupir silencieux s'échappa de sa bouche et elle regarda finalement devant elle, resta silencieuse quelques instants avant de raconter une partie de son épopée.

Aucun parent n'espère que son enfant devienne comédien, encore moins quand il s'agit d'une fille ! Je n'ai découvert cette passion tardivement, l'envie de monter sur scène et y trouver une certaine aisance. Mais partir quand on n'a connu qu'une seule ville est difficile et ma … ma mère refuserait certainement. J'ai quitté Aix sur un coup de tête pour vivre du théâtre et pour une autre raison complètement idiote quand j'y repense sans forcément le regretter. Je n'ai jamais abandonné mon envie de voyager et de jouer la comédie. Après un retour à la maison, j'ai voulu partir à nouveau à l'aventure. Je ne me suis jamais laissée aller et je me suis toujours débrouiller pour vivre et travailler, même si cela n'était pas mon métier. Et puis je suis arrivée à Paris, voilà trois ans. Un soir où tout allait mal, j'ai rencontré Monsieur de Molière.

Elle se tut un instant, se souvenant de ce soir où un homme est mort dans ses bras en lui donnant une lettre apparemment précieuse et fut poursuivie par l'assassin avant de taper à la première maison éclairée. Quelle chance elle avait eu ce jour là … Son regard se tourna à présent sur le mousquetaire qui ne l'avait pas quitté des yeux, chacun son tour et lui fit un charmant sourire en continuant.

Je fus son assistante avant d'avoir une place dans sa troupe quand une place se libéra. Et je ne laisserai pour rien au monde ma place car il y a des dizaines de comédiennes, plus qui sait, qui se damneraient pour ma place. Celle par qui j'ai eu ma place est partie pour cause de grossesse, elle était partie en larmes, quittant sa place avec regret. Je suis une privilégiée et j'ai le devoir de jouer avec justesse tous les soirs, pour prouver que je mérite cette place. Ce n'est peut pas du talent que vous voyez mais de la détermination.

Elle ne se prenait pas pour une grande comédienne, elle voyait déjà le niveau de sa troupe et avait déjà assisté à des pièces de Racine. Elle pensait jouer juste, sinon elle n'aurait pas cette place mais n'était pas une grande et talentueuse comédienne comme avait dit précédemment Alexandre.

Vous connaissez à présent mon parcours, monsieur d'Artagnan. Je vous épargne les détails soporifiques. Comme on dit au théâtre, il faut mettre de la poudre aux yeux, leur donner envie.

Ils continuaient leur promenade, Joséphine ne savait pas où ils se rendaient mais cela lui était égal, elle pourrait marcher jusqu'à l'aube si cela n'était pas possible. Elle leva malgré tout les yeux et regarda tout autour d'elle en s'étonnant elle-même de n'avoir jamais vu l'extérieur de l'Opéra.

Grâce à vous, je découvre ce qui entoure l'Opéra, je n'y avais jamais mis les pieds. Décidément, entre me sauver la mise et cette promenade impromptue, vous allez me devenir indispensable monsieur d'Artagnan.

Elle se mit à rire mais cela était davantage pour masquer sa gêne. Les mots lui échappaient, il fallait donc se rattraper et là, ce fut l'humour qui la sauvait. Mais à force de marcher aux côtés du beau mousquetaire, pas sûre qu'elle puisse se cacher bien longtemps …


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