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 Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien|

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MessageSujet: Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien|   Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien| Icon_minitime30.03.11 0:14

Tout au long du chemin, et même une fois installés confortablement devant la cheminée avec un délicieux chocolat pour les réchauffer, Lully avait remarqué le trouble de Montfort et se posait lui aussi des questions. Malgré les efforts du musicien qui passait du coq à l’âne en évitant soigneusement les probables penchants du jeune comte, ce dernier restait embarrassé, répondant aux questions avec une politesse trop forcée et une retenue trop stricte.
Une idée germa dans l’esprit de l’italien qui s’empressa de la partager avec son interlocuteur :


- Je ne vous ai jamais vu danser Comte, ce qui est fort dommage. Si j’arrive à faire danser le Roi, pourquoi pas vous ?


Avant même que Sébastien ne réponde à la question, Lully lui fit signe de garder le silence et continua sur sa lancée, en pleine réflexion avec lui-même.

- Soit vous n’aimez pas ma musique, ce qui est fort peu probable, soit vous ne savez pas danser, ce qui est plus certain à mon avis. Voilà ce que je vous propose : des cours. Qu’en dites-vous ? Je suis certain que cela plairait à vos amies et vous ferez sûrement des ravages ! * si ce n’est pas déjà le cas…* rajouta-t-il intérieurement pendant que le jeune homme pesait le pour et le contre avant d’accepter tout en paraissant pressé de quitter son nouvel ami.

- Il se fait tard, Monsieur ! Vous êtes fort aimable de m'accueillir ainsi mais...J'abuse vraiment de vôtre gentillesse : je ne mérite pas tant d'égard !
-Lully ouvrit légèrement la bouche de surprise alors que le brun enchaînait - Pour répondre à vôtre proposition : se serai avec joie que vous m'appreniez quelques pas de danse, cela sera toujours utile et je ne pense pas avoir le mollet bien souple.

- Je vous ferais raccompagner si vous le désirez, je ne vous retiens pas Monsieur mais finissez donc votre tasse ou j’en connais une qui se fiche éperdument de l’étiquette et vous donnera un coup de rouleau à pâtisserie !


Sur ces mots, Jean Baptiste éclata de rire, un vrai rire comme il en avait peu souvent avec les étrangers et se leva pour raviver légèrement le feu pour avoir plus chaud. Montfort n’était qu’en chemise et même si au long de la nuit, le florentin n’avait qu’une envie : la lui enlever, il ne fallait pas que le breton attrape froid, pas chez lui !
Le musicien l’entendit bouger et se tourna au moment où Sébastien posait ses lèvres sur les siennes dans un élan fougueux.
Déstabilisé mais pas mécontent, il se laissa et poussa l’avantage jusqu’à emprisonner sa nuque sous ses doigts pendant que son autre main repoussait fermement le comte jusqu’à ce que leurs lèvres se détachent.
Seul le crépitement du feu permettait à l’ambiance d’être moins lourde et pesante. Lully voulait Montfort, il le désirait mais il avait peur de lui-même, ce n’était pas lui qui lançait un regard flamboyant d’envie et dans lequel une lueur de défi brillait. Jamais il n’avait été ainsi avec Luigi et pourtant… et pourtant il ramena contre lui Sébastien en le tirant d’un coup sec par la chemise pour lui rendre son baiser.
Au diable les convenances et la bonne tenue! Si l'envie de tout raconter à Versailles prenait le comte, ce serait sa parole contre celle de l'italien et au Château, le compositeur avait plus d'influence qu'on ne le pensait...
Essouflé par son empressement, Lully détacha ses lèvres et posa son front contre celui de Montfort tout en prenant son visage entre ses mains et parla d'une voix rauque:


-Je ne sais pas ce qu'il nous prends. Je ne sais pas si c'est une bonne chose mais je sais que j'ai envie d'un bon lit pour ça...
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MessageSujet: Re: Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien|   Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien| Icon_minitime30.03.11 1:16

    Le lendemain matin, Sébastien fût réveillé par la lumière du jour qui filtrait entres les rideaux, un bras était posé sur son torse. Lully dormait encore sous les draps chauds, la tête posé sur l'oreiller, on aurait dit un enfant. Le Comte n'osait bouger de peur de briser cet instant suspendu. Seul le bruit d'une pluie fine contre les carreaux des fenêtres brisaient le silence matinale. Les couleurs de la chambre, les tableaux de maîtres sur les murs, la blancheur des draps, la douce clarté de l'aurore, tout cet endroit respirait la douceur. Dans le fond, il n'avait pas envie de quitter ce nid douillet, c'était comme si tout ces problèmes n'avait jamais existés.

    Il se sentait léger pour la toute première fois depuis qu'il était à Versailles, mais il se demandait alors quelles étaient les véritables motivations de Jean-Baptiste. Était-ce pour une unique nuit ? Était-il une fois de plus le pion de quelqu'un ? Il n'avait pas les réponses et il n'avait pas envie de le savoir...juste pour quelques minutes encore...Il osa s'approcher un peu plus de Lully pour sentir la chaleur et le parfum de sa peau. Il n'arrivait toujours pas à détacher son regard de l'homme endormi. Non, il n'avait vraiment pas envie de quitter ce lit...et Lully.

    Il ne parvenait toujours pas à comprendre ses sentiments pour le compositeur de la cour. Cette nuit avait été étrange, mais il espérait que cela ne disparaisse pas comme une bulle de savon que l'on éclate malgré ses craintes face à tant de chamboulements. Il sursauta lorsque la porte de la chambre s'ouvrit. Tétanisé sous les draps, il entendit une camériste s'affairer discrètement dans la chambre. Une fois qu'elle eut quittée la pièce, le jeune homme se releva d'entre les draps défaits. Un petit déjeuner sur son plateau d'argent était posé sur une console près de la cheminée où le feu venait d'être rallumé. Il allait hésité à se lever lorsque il reporta sur attention sur Lully, celui-ci se réveillait doucement.
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MessageSujet: Re: Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien|   Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien| Icon_minitime30.03.11 1:40

Malgré la chaleur qui régnait sous les draps, Lully frissonnait un tout petit peu et lorsque Sébastien se rapprocha de lui, il passa un bras autour de sa taille pour être collé au jeune homme à la douce chaleur.
Bien qu’étant un fervent amoureux de la solitude, parfois il aimait avoir un lit bien chaud et une personne à étreindre.
Il sortait petit à petit de son sommeil et entendit vaguement une de ses caméristes rallumer le feu et pose un plateau sur une console près de la cheminée qui côtoyait le grand lit de bois aux draps éclatants.
Chaque matinée était réglée comme une horloge : la camériste, le petit-déjeuner, la toilette et il partait pour Versailles ou s’enfermait dans sa salle de musique quand Louis ou Monsieur n’avaient pas besoin de lui.

L’italien sentit le jeune homme se tendre comme un arc quand la jeune fille entra. Alors pour le rassurer, il lui caressa le bas-ventre en douceur, s'amusant à tracer les notes d'une de ses mélodies du bout des doigts. Lorsque la porte se referma, Lully arrêta ce qu’il faisait pour se passer la main sur le visage. Bon comédien, il laisserait Sébastien partir avec l’idée qu’il plaisait au compositeur et qu’il le reverrait rapidement alors que sur ce dernier point, Jean Baptiste n’était pas sûr d’être du même avis. Il fallait qu’il réfléchisse aux conséquences que cette nuit aura sur lui, sur son amant et sur le reste.
Mais pour l’instant, il repartit au contact de la douceur du corps finement musclé et vigoureux du jeune homme en se relevant sur un coude et lui embrassa l’épaule pour lui dire bonjour à sa façon avant de le forcer à s'allonger pour déposer un léger baiser sur ses lèvres.
Quelques secondes plus tard, il sentit son ventre qui clamait famine et se leva aussi nu qu’Adam pour récupérer le plateau qu’il posa sur le lit.


-Vous aviez raison sur un point : je ne suis pas un petit vieux et je m’étonne de la forme que je tiens. Tenez, reprenez des forces mon jeune ami, vous en avez très certainement besoin.



Et Lully lui adressa un sourire. Un de ces sourires tendres et protecteurs qui bercent d’illusions le destinataire. Il devrait songer à perdre tous ses vices de comédien qu’il adopte quand il parait à la Cour, pas sûr que cela l’aide avec Sébastien…

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MessageSujet: Re: Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien|   Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien| Icon_minitime10.04.11 13:16

    -Vous aviez raison sur un point : je ne suis pas un petit vieux et je m’étonne de la forme que je tiens. Tenez, reprenez des forces mon jeune ami, vous en avez très certainement besoin.

    Le sourire que lui lança Lully était...étrange. Sébastien n'aurait pas sut dire si cela était un sourire forcé ou non, ce qui eut le don de le mettre mal à l'aise de nouveau. Tout en mangeant leur petit-déjeuner, le jeune Comte observait le célèbre italien qui agissait comme si de rien était. Malgré cela sans pouvoir l'expliquer, il voyait le mensonge de Lully aussi bien qu'il aurait pût voir le nez de Pinocchio s'allonger. Le repas avait pour lui un goût bien amer en dépit des confitures et des viennoiseries, ne sachant trop si il devait s'exprimer à ce sujet. Sébastien était quelqu'un d'humble et droit mais le comportement du musicien l'insultait plus que tout. Comment osait-il se jouer de lui après la nuit passée entre eux ? Sébastien regrettait toutes les confidences qu'il avait pût faire. Son sang ne fit qu'un tour et sans attendre il quitta le lit et commença à se rhabiller. Lully eut un air des plus étonné et il apparaissait que l'italien l'interrogeait sur sa précipitation mais Sébastien ne l'écoutait pas, il n'en avait plus envie.

    -Je vous croyais plus noble, Monsieur Lully. Il semblerai que je me sois lourdement trompé, dit-il froidement en passant sa chemise.


    Les questions de l'italien redoublèrent mais le jeune Comte ne répondit pas plus. Comment avait-il pût imaginer que l'italien serait différent du reste de Versailles ? Il eut un rire cynique à cette pensée, ce qu'il pouvait être encore naïf ! C'est alors qu'il distingua sur un des murs de la chambre un tableau de maître représentant Apollon et Hyacinthe, il ne l'avait absolument pas remarqué avant ce matin. C'est alors que, droit comme un i, il se tint devant Lully, le visage fermé et se décida à sortir de son mutisme et à engager la conversation (si on pouvait appeller cela ainsi) :


    -Auriez-vous quelque chose à dire pour vôtre défense, Monsieur ? Demanda le Comte. Je n'aime pas que l'on se joue aussi ouvertement de moi. Après le soirée que nous avons passé, les confidences...Je vous avais cru honnête.

    Il soupira et leva les yeux au ciel:

    -Je me trouve aussi ridicule que Candide lui-même.


    Il se détourna du lit sur lequel était toujours le musicien de la cour, en tenue d'Adam à le regarder avec des yeux ronds. Le jeune homme s'asseya dans un des fauteuil près de la cheminée et enfila ses chaussures et alors qu'il allait saisir sa veste posé sur un guéridon, il se tourna de nouveau vers Lully :

    -Allez-y, dites moi donc la vérité. Histoire que tout cela soit plus claire : je ne veux pas être vôtre jouet, je ne le suis déjà que trop auprès d'autres à la cour. Il n'est pas question que vous soyez de ceux-là.

    "Ma gentillesse me perdra" se dit le jeune Breton. A mi-chemin entre le lit et la porte, il regardait Lully droit dans les yeux, attendant une réponse. Malgré sa colère il trouvait le moyen de tendre la main à Lully...
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MessageSujet: Re: Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien|   Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien| Icon_minitime11.04.11 12:38

Tranquillement installé sur le lit, avec le plateau devant le Comte et lui-même, Lully s’étonna quelque peu que le jeune homme ne touche que du bout des lèvres aux viennoiseries. Et là ce fut le drame alors qu’il mordait dans un délicieux croissant. Voilà pourquoi il fuyait la compagnie comme la peste : il ne supportait pas qu’on gâche ses repas, surtout le petit-déjeuner, avec des sautes d’humeur semblables à celles d’une pucelle.
Légèrement agacé, Lully questionna Sébastien sur son empressement qui s’enferma dans un silence quasi-obstiné.


- Quelle mouche vous a piqué Monsieur ? Ne montez donc pas sur vos grands chevaux de cette façon !


Preuve flagrante que le florentin ne savait pas gérer ce genre de changements d’humeur, Montfort partit dans une colère noire et énerva encore plus le musicien qui faisait des efforts surhumains pour ne pas le congédier sur le champ.

- Allons, expliquez-vous et cessez de faire l’enfant que diable, vous êtes un adulte ! Est-ce une façon de quitter un lit ? Que me reprochez-vous donc ?

Jean-Baptiste suivit le regard du comte et comprit quand il vit sur quel tableau ses yeux s’étaient posés. Voilà le problème avec les jeunes gens : une nuit et ils s’imaginent que c’est pour la vie entière. Pendant que Sébastien faisait la remarque qu’il se sentait aussi ridicule que Candide, Lully retint à grand peine les mots acerbes qui lui venaient et se contenta d’un sourire compatissant avant d’ouvrir des yeux aussi ronds que des soucoupes.

- Pour ma défense, voilà ce que j’ai à dire : rien. Vous avez un amant, j’en ai un. Je vous ai offert ma compagnie pour soulager votre peine, je vous ai retenu parce que je voyais très bien que vous ne vouliez pas me quitter.

Sur ces mots, le compositeur enfila son pantalon pendant que Montfort mettait ses chaussures et lui faisait face, à quelques centimètres de la porte.
Il passa une main dans ses cheveux d’un air fatigué. Au moins, avec Luigi il n’avait pas ce genre de réveils, ils étaient plus tendres, plus calmes et beaucoup plus clairs aussi…
Réfléchissant en tournant le dos à Sébastien et en levant le nez vers le tableau représentant Apollon et Hyacinthe, l’italien resta silencieux quelques instants avant d’ouvrir la bouche et de se retourner vers son interlocuteur :


- Je ne joue pas, je reste vague sur mes véritables intentions et je vais vous éclaircir notre situation. Vous êtes seuls, vous avez besoin de réconfort. Je suis amoureux de la solitude mais elle est trop possessive et me pèse parfois. C’est là que réside notre relation : je vous fais oublier vos problèmes, vous comblez ma solitude. Vous ne m’appartenez pas, je ne suis pas vôtre. Est-ce clair ?

Bien sûr, n’étant pas sûr de ce qu’il attendait vraiment de Sébastien, il préférait le mettre sur cette voie-là plutôt que de lui donner de faux espoirs quant à un hypothétique « Nous ». Lully s’approcha de la porte qu’il ouvrit en soutenant le regard du jeune comte.


- Cessez donc de faire votre effarouché, vous saviez à quoi vous attendre, vous connaissez ma réputation et je vous ai laissé entrer dans mon intimité. Est-ce là un tour que je vous ai joué ? Vous habitez Versailles, vous vous devez de vous forger une armure autour de votre honnête cœur pour le préserver sinon il ne sera que trop malmené...

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MessageSujet: Re: Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien|   Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien| Icon_minitime29.05.11 14:24

    Sébastien sorti sans un mot de la chambre de Lully. Son esprit bourdonnait et il ne parvenait plus à réfléchir. Il traversa les couloirs et les corridors avant d'emprunter le grand escalier qui le mena dans le hall du manoir. Il attrapa son manteau et claqua la porte.

    Tout en traversant la campagne qui le ramenait à Trianon, s’emmitouflant dans sa veste de velours devant la fraicheur matinale, il reprenait peu à peu ses esprits. Plus il posait un pas devant l'autre et plus il se sentait bien sot ! Quel bougre ! Pourquoi fallait-il qu'il s'emporte ? N'avait-il donc rien apprit à Versailles ? Furieux contre lui même il voulu donner un coup de bottine dans une pierre avant de se faire extrêmement mal aux orteils. Jurant de tout les diables, maudissant la pierre et ses ancêtres : il finit par avoir un rire nerveux. Tout cela était absurde ! Lui qui avait la réputation d'être des plus calmes à la cour, le voilà impulsif et nerveux ! Sans la moindre cérémonie il s'asseya dans l'herbe trempée de rosée, contemplant la brume environnante. Il resta là un long moment dans un silence complet.


    Lorsque Bastien, posté à la fenêtre, vit enfin son maitre apparaitre au dehors, il accourut auprès de lui pour le débarrasser de sa veste et de son chapeau.
    "Bonjour Mon seigneur, où étiez-vous donc ? J'ai failli m'inquiéter ! Vos parents me feraient assassiner si il vous arrivait quoique se soit ! Avez-vous faim ? Vous êtes bien pâle ! Êtes-vous souffrant ?" Demanda le valet.
    "Non non, ça ira Bastien. Ai-je reçu quelques courriers ?" demanda le Comte.
    "Rien de tout cela, Monsieur."
    Lorsqu'il arriva dans ses appartements, le valet sur ses talons, il se posa devant son secrétaire et congédia Bastien. Une fois le serviteur parti, il sorti un papier, un encrier et sa plume.

    < <
    Du Château de Trianon-sous-Bois, ce 5 Novembre 1666, au matin.

    Je désire beaucoup que cette lettre ne vous fasse aucune peine. Monsieur, Mon ami, je suis affligé. Non pas de vous mais bien de moi. Je puis vous assurer que je ne suis pas de ceux qui agissent sous quelques feux qui brûlent l'être. Toutefois mon comportement de ce matin fût des plus incorrects, je vous prie de m'en excuser.
    Hier, lorsque nous vinrent à discuter au bord du canal, vous avez été l'oreille attentive et le réconfort que je n'avais point eut depuis des lunes. Au matin, c'est ma faiblesse et non pas ma raison qui a parlé. Sans doute qu'il suffit de vous voir, pour désirer vous plaire...Mes sentiments vous effraie, vous le trouver violent, effréné ? Pardonnez l'enfant que je suis. Je saurai tempérer ma nature, peut être m'y aiderez-vous ?
    J'espère avoir le bonheur de vous connaitre d'avantage.
    J'espère également, Monsieur que nous pourront renouer cet entretien si malheureusement rompu par ma sottise ! Que je puisse achever de vous prouver combien je diffère de l'odieux portrait que je vous ai laissé voir ; que je puisse, surtout, jouir encore de cette aimable confiance que vous commenciez à me témoigner !
    J'ai bien une armure sur mon cœur, Monsieur, mais j'ai eu l'imprudence de m'en défaire lorsque j'ai passé le pas de votre porte.

    En attendant votre réponse, je me garderais bien loin de l'idée de vous importuner d'une quelconque façon. Adieu, Monsieur ; comptez pour acquis ma sincère affection.

    Sébastien de M.> >

    Une fois sa lettre terminée, le jeune homme glissa le billet dans une enveloppe qu'il cacheta de son sceau et la fit porter au manoir de Lully par Bastien.
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MessageSujet: Re: Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien|   Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien| Icon_minitime29.05.11 21:16

En entendant les talons de Sébastien qui se mirent à claquer contre le parquet, Lully soupira et fit volte-face pour sortir à son tour de sa chambre. Il resta en haut des marches, vêtu seulement de son pantalon, posa sa main gauche sur la rambarde de l'escalier qu'il serra à s'en faire blanchir les phalanges pendant qu'il regardait le jeune comte franchir le seuil du manoir. Jamais on ne lui avait fait de scène de ce genre et si le jeune brun pensait s'en sortir en s'excusant, c'est qu'il connaissait mal le florentin.

Un serviteur s'approcha du compositeur et lui tendit un billet que l'italien prit entre ses doigts sans quitter la porte des yeux.
Relevant le menton d'un air dédaigneux, le compositeur congédia le messager avant de retourner dans sa chambre et de tirer sur une corde. Il posa l'enveloppe sur son secrétaire et regarda une nouvelle fois le tableau d'Apollon jusqu'à ce que 3 jeunes serviteurs n'entrent et l'aident à s'habiller.
Une fois cette corvée faite, ils le laissèrent seul et il ouvrit enfin le message qu'il avait reçu. Un duc voulait que Lully compose une berceuse pour sa fille qui venait de naître. Ne se sentant pas d'humeur à jouer à ce genre de niaiseries sociales, l'italien s'enferma dans son cabinet et s'empara de son violon.

Il resta longtemps enfermé dans la pièce, toute la matinée précisément. Jean Baptiste avait longuement réfléchi à l'attitude du jeune Montfort qui n'avait pas répliqué quand Lully avait mis les choses au clair. S'il voulait se comporter comme une jeune vierge qu'un jardinier aurait effarouché, c'était sa volonté mais le compositeur s'en fichait éperdument.
Lorsque midi sonna, le florentin posa son instrument dans son écrin de velours et prit la direction de la salle à manger.
Il s'assit à sa place, on le servit et on lui apporta un autre message. Quand on parle de l'agneau, voilà qu'il se manifestait...
Avant d'entamer son repas, il lut le billet et prit même la peine d'y répondre même si c'était à la va-vite. Il n'avait pas de temps à perdre avec les sentiments exacerbés d'un jeune homme.


Manoir Lully, ce 5 Novembre 1666, à midi.

Monsieur le Comte,

Cessez de faire de mielleuses pirouettes et de vous confondre en penaudes excuses. Lorsque vous aurez assimilé ce que j'attends de vous, nous pourrons nous revoir.
Souvenez-vous de mon dernier conseil: protégez votre cœur.
Nous aurons probablement l'occasion de nous croiser à Versailles, par hasard.

D'ici là, portez vous bien.

J-B Lully, Compositeur de Sa Majesté Louis XIV.

Cependant, une fois que son cachet scella sa réponse, il demanda quand même son avis à son secrétaire.

- Dis-moi le fond de ta pensée André. Suis-je trop dur avec ce comte?

- Vous l'êtes mais seulement parce que vous vous imposez la même rigueur Monsieur. Il a tout a gagné en vous côtoyant mais laissez-le vous attendrir quelque peu. Cela vous apaiserez...


Pensif, Jean-Baptiste Lully se mit à manger tout en pensant à Montfort. Son instinct lui hurlait de ne pas lui laisser la moindre chance, seulement une toute petite voix lui soufflait que si la musique pouvait le calmer, le jeune noble pouvait y arriver avec ses propres mélodies charnelles.
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MessageSujet: Re: Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien|   Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien| Icon_minitime29.05.11 22:42

    Terminant de lire les quelques mots écrits de la main de Lully. Sébastien jeta lascivement la lettre dans la cheminée avant de contempler le jardin de Trianon qui s'étalait sous ses hautes fenêtres. Le jeune homme en avait assez, il était épuisé de se préoccuper de tout. Il soupira profondément avant d’apercevoir parmi les derniers courriers qui venaient de lui parvenir, une lettre de Monsieur : étant son protégé il était convié à une des ces fêtes où les mœurs légères étaient les bienvenues à Versailles le temps d'une nuit. Il se dit qu'après tout cela lui changerai les idées et qu'il était temps qu'il passe à un autre chapitre, celui ci commençait à se faire long pour le jeune homme. Retrouvant un peu de sa bonne humeur naturelle, il appela Bastien pour qu'il lui prépare ses plus beaux habits tandis qu'il répondait chaleureusement à l'invitation de son mentor.

    Le soir venu, le château de Versailles scintillait de mille feux dans la nuit noire. Arrivé en compagnie de quelques connaissances , Sébastien se fondit dans la foule de courtisans. Les animations allaient bon train : on riait, on dansait sur des rythmes endiablés, on jouait aux cartes, on écoutait les ménestrels et les troubadours conviés pour divertir la cour...L'alcool coulait à flot, on gloussait et parlait forts de tout les côtés. Les regards en biais étaient de mode, caché derrière les éventails de plumes, on commérait de ci de là...En bref, une soirée des plus habituelles pour la belle Versailles. Sébastien faisait un malheur aux tables de jeux, raflant les mises une à une, criant victoire à chaque fois sous les applaudissements des courtisans amassés autour des joueurs. Les femmes l'encourageaient en riant et certaines rougissaient quand Sébastien les embrassait pour "lui porter chance". Une fois qu'il ne trouva plus aucun adversaire aux jeux de cartes il laissa la place et invita une jolie rousse à venir danser à ses côtés. La jeune femme dévorait le jeune homme des yeux et se mordait la lèvre inférieure à chacun de ses compliments. Sébastien avait la tête en feu, grisé par les rires, la fête et l'alcool. De nouveau insouciant, il ne pensait plus à rien, pas même à ce bougon de Lully.
    Alors qu'il s'affalait dans un ottoman en riant, il se retrouva sans crier gare auprès de ce bon vieux Karl de Bavière. Un noble bavarois qui, depuis l'arrivée du Comte à la cour, se faisait un malin plaisir à essayer le séduire par tout les moyens. Il n'était arrivé à ses fins qu'une seule fois avant qu'ils ne se fassent tout deux surprendre !


    "Bonsoir cher Comte ! Cela faisait bien longtemps dites moi ? S'enthousiasma le noble blond.

    "En effet, la dernière fois que je vous ai vu, vous preniez la poudre d'escampette il me semble", railla Sébastien.

    Son interlocuteur sembla moyennement apprécier la remarque du Comte.

    "Et bien ! On s'est dévergondé, Monsieur de Monfort ! Quelle mouche vous a donc piqué ? répliqua Karl de Bavière.

    "Aaaah Monsieur de Bavière ! C'est cette cour de France qui m'a piquée !" S'exclama le jeune homme en claquant des doigts tout près du visage du bavarois avant de rire au éclats et de repartir danser avec la souplesse d'un félin.

    Après avoir goûté aux bouches de quelques demoiselles et gentilshommes, Sébastien attrapa une énième coupe de champagne et sortie prendre l'air frais seul sur la terrasse. Il s'asseya sur le muret de pierre qui le séparait des jardins plongés dans l'obscurité et il contempla les étoiles avec une petite sourire. Pour la première fois, le brillant Sébastien de Montfort avait la tête aussi vide qu'une noix et il s'en félicitait. A cette seule pensée, il gloussa comme un gamin sous la voute céleste, se balançant au rythme de la musique qui s'échappait de l’intérieur des salons en fête.
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MessageSujet: Re: Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien|   Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien| Icon_minitime29.05.11 23:24

S'il n'avait pas de nouvelles de son Roi, Lully en avait de Monsieur qui l'appelait à Versailles presque pour un rien.
Le prince se sentait d'humeur festive, plus qu'à son habitude et il chargeait l'italien de lui trouver quelques troubadours, ménestrels et autres musiciens qui conviendraient aux lubies royales.
Voilà 3 jours qu'il n'avait pas eu de nouvelles et son archet lui disait que l'accalmie ne serait que de courte durée.

Chassant Sébastien de ses pensées, il n'avait que faire d'un jouvenceau enflammé, il envoya quelques messagers à Paris et demanda à ce qu'on lui prépare son cheval.
Monsieur l'avait fait demandé et le connaissant, Lully avait pris les devants en allant quérir quelques artistes. Une soirée de jeu allait être organisée le soir-même et pour cela, il fallait des professionnels capables de vider les esprits à l'aide de l'alcool qui serait en abondance.
Comme prévu, le Duc d'Orléans voulait une fête de jeux et il s'enthousiasma quand le florentin lui apprit qu'il avait déjà l'orchestre qu'il lui fallait.
Jean-Baptiste passa le reste de sa journée à faire répéter les musiciens avant de rentrer chez lui, dans son manoir si douillet avec un repas préparé spécialement pour ses jours d'humeur noire comme c'était le cas aujourd'hui.

Monsieur avait vu que Lully semblait contrarié malgré le sourire que ce dernier lui servait. Il le convia à se joindre à lui ce soir, en arguant l'excuse que le florentin ne pouvait s'empêcher de garder un œil sur ses orchestres. L'italien le remercia et ne lui donna qu'une réponse vague quant à sa présence. Et là, Orléans lui porta le coup de grâce sans s'en rendre compte. Il voulu piquer la curiosité du vieux bougon en lui disant qu'il voulait lui présenter son nouveau protégé: Sébastien de Montfort, jeune comte raffiné.

Lully rentra chez lui, dîna et passa une grande partie de la soirée à tourner en rond en essayant de composer pour chasser le jeune brun de sa tête et l'air malicieux de Monsieur.
Exaspéré par son comportement, il demanda à André de préparer son cheval encore une fois.
Lorsqu'André lui apprit que sa monture était prête, Lully se dépêcha de dévaler l'escalier pour se mettre en selle et prit la direction de Versailles.
Il maudissait le duo Montfort/Orléans. En une journée, ils avaient chamboulé son quotidien et il avait horreur de ça.

Une fois les grilles du château franchies au grand galop, Jean-Baptiste reprit une certaine contenance et s'arma de son hypocrite masque qu'il affichait à chacune de ses apparitions aux fêtes.
Bien sûr que son arrivée ne passerait pas inaperçue et à peine avait-il mis un pied dans la salle qu'une jeune aristocrate se présentait à lui. Poliment, l'italien la salua d'un signe de tête et lui apprit que l'étiquette voulait qu'il remercie d'abord Monsieur avant de s'occuper d'elle.
Et c'est ce qu'il fit. Il se présenta au prince en penchant le buste en avant tout en le remerciant et s'enquit de la qualité de l'orchestre. Monsieur le rassura et le tira à l'écart avant de lui montrer Sébastien, en compagnie de Karl de Bavières, avec son air malicieux.


- Regardez Lully, cette jeunesse, cette joie de vivre, cette espièglerie! Ne le trouvez-vous pas charmant? Et puis, il est dans le bel âge, rien ne peut lui résister! A votre avis, ai-je bien fait de le prendre sous mon aile?

- Ne trouvez-vous pas que vous avez assez de beaux étalons dans votre écurie Monsieur? A vous tout seul vous faites pâlir la majorité des harems des plus grands sultans!


Monsieur partit dans un grand éclat de rire avant de prendre congé de Lully en lui conseillant fortement de s'amuser à son tour. Seulement ce n'était pas l'idée du compositeur qui était juste venu prendre la température de la fête.
Maintenant que la chose était faite, il rebroussa chemin et s'apprêtait à franchir la porte lorsqu'une main se glissa dans la sienne et le fit se retourner.


- Monsieur, pardonnez cet écart. Pourriez-vous m'accorder une seule et unique danse?

Les étoiles qui brillaient dans les yeux de la jeune fille le firent sourire. Habituellement, il l'aurait humiliée sur place mais pas ce soir, ce soir il allait un peu s'amuser et puis Monsieur le surveillait.
Il fit signe à l'orchestre de calmer un peu l'ambiance et partit sur la piste de danse. Et Lully dansa. Lully montra à tous les nobles que malgré ses 34 ans, il était toujours autant capable de ne pas faillir à sa réputation de meilleur danseur du royaume, après Louis et Monsieur.
Ses yeux croisèrent ceux de Montfort et il le défia du regard. Une fois la danse terminée, il baisa, comme un courtisan, la main de sa partenaire et prit congé d'elle en partant pour de bon.
Pendant qu'il attendait qu'on lui amène son cheval, il respira l'air frais en fermant les yeux. C'était une belle nuit, comme il les aimait.
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MessageSujet: Re: Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien|   Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien| Icon_minitime30.05.11 0:19

    Après avoir longuement contemplé les étoiles en riant bêtement, Sébastien se décida à rentrer à Trianon. Il s'était suffisement défoulé pour la soirée et, l'alcool aidant, la présence de Lully ne l'avait pas affecté le moins du monde. Il l'avait bien vu ce regard perçant qu'il lui avait lancé alors que le compositeur s'apprêtait à danser avec une jeune femme. Mais Sébastien ne comprit pas particulièrement l'animosité qui animait les yeux du florentin : après tout c'était lui qui l'avait rejeté ! Pourquoi ce revirement soudain ? Le jeune homme ayant l'esprit un peu dans le brouillard : les questions ne se bousculèrent pas tellement dans sa tête le laissant continuer sa route vers la sortie du château. Il croisa Monsieur qui l’accueilli à bras ouverts :

    "Monsieur le Comte ! Je suis ravi ! Auriez-vous croisé Monsieur Lully par hasard ? Demanda le Prince sur un ton enjoué.

    "Non Majesté, pourquoi cela ? Demanda le jeune homme, intrigué et surtout agacé qu'on lui parle de ce vieux grincheux.

    "Oh rien de bien important mon ami ! S'esclaffa Monsieur. Si vous le croisez n'hésitez pas, je suis sûr que vous lui plairez beaucoup ! Dit-il avant de s'éloigner vers d'autres nobles connaissances.

    "Hum je n'en serai pas aussi sûr que vous, marmonna le Comte pour lui-même.

    Lorsqu'il descendit le perron pour attendre qu'un domestique lui amène son cheval, il eut le déplaisir d’apercevoir Lully également en train d'attendre sa monture. Sébastien ne se laissa pas impressionner, il descendit les quelques marches restantes se retrouvant à côté de Lully et ignora catégoriquement le compositeur. Malgré tout, il sentait le regard de celui-ci sur son épaule, Sébastien en aurait presque tremblé de rage. Mais qu'est ce que cet italien lui voulait donc ? Monsieur refuse ses avances et après réclame son attention ? Et après on traitait le Comte comme un enfant ? C'était Lully qui se comportait de manière infantile. Lully se disait trop vieux ? Parfait ! Sébastien n'avait pas envie d'être le garde-malade d'un "vieux" capricieux !
    Enfin, Sébastien vit au loin un page lui ramener son destrier. Alors qu'il ajustait son manteau, son regard croisa brièvement celui de Lully. Mais que se passait-il donc avec cet italien ? Ils venaient à peine de se connaitre et voilà qu'ils étaient...en guerre ? Le jeune homme ne savait pas lui-même comment qualifier tout ceci ! Il ferma les yeux et respira profondément, dans quelques minutes son cheval serai près et il pourrai écourter cet instant d'embarras...Juste quelques minutes, pensa Sébastien.
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MessageSujet: Re: Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien|   Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien| Icon_minitime30.05.11 0:49

Des bruits de pas dans son dos le tirèrent de sa rêverie. Il s'était mis à fredonner un de ses airs préférés, une mélodie que sa mère lui chantait lorsqu'il était enfant.
Du coin de l’œil, il aperçut Montfort à côté de lui. Lully avait entendu la légère hésitation que Sébastien avait eu en voyant l'italien déjà présent sur le perron.
Amusé face au mutisme et à l'air borné qu'il voyait sur le visage de son amant d'une nuit, l'italien sourit.

Son cheval arriva, le florentin monta dessus et ses yeux croisèrent une deuxième fois ceux du comte qui ajustait son manteau.
Décidé à le faire tourner en bourrique, Lully resta planté pendant que sa monture attendait patiemment que son cavalier lui donne l'ordre d'avancer.
Alors que Montfort se hissait sur son destrier, Jean Baptiste daigna s'adresser à lui d'une voix espiègle. On aurait pu croire que Monsieur avait pris l'apparence du florentin.


- Je n'ai pas eu de réponse de votre part Monsieur. Aurais-je été trop dur avec votre tendre personne?


Sans attendre de réponse, Lully enchaîna. Sébastien devait savoir à quoi s'attendre avec lui s'il voulait vraiment pousser leur relation et Lully, quand il ne paraissait pas à Versailles, était du genre à exiger énormément de son entourage, quitte à être trop tranchant et impossible à suivre.

- Venez, je vais vous faire visiter mes jardins. Avec ce ciel, vous allez adorer!

Et sans crier gare, Jean-Baptiste donna un coup de talon à son cheval qui partit au galop vers les grilles de Versailles, laissant, après quelques minutes de chevauchée, le château et ses lumières derrière lui.
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MessageSujet: Re: Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien|   Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien| Icon_minitime30.05.11 1:50

    Attendant toujours sa monture, Sébastien eut la surprise étrange de voir Lully rester pour l'attendre. Alors qu'il montait enfin en selle, Jean-Baptiste lui adressa pour la première fois la parole depuis l'incident de la veille :

    "Je n'ai pas eu de réponse de votre part Monsieur. Aurais-je été trop dur avec votre tendre personne? Dit le florentin d'un ton espiègle que le jeune homme ne lui connaissait pas. Venez, je vais vous faire visiter mes jardins. Avec ce ciel, vous allez adorer!" Ajouta-t-il avant de lancer sa monture au galop, quittant Versailles.

    Sébastien resta là quelques instants, ne sachant trop comment prendre le comportement du musicien. Il ria nerveusement devant tant d'incompréhension. Le Comte ne savait plus vraiment où donner de la tête par la fatigue et l'alcool, il se décida donc à suivre les traces du florentin dans la nuit noire. Il parvint rapidement à le rattraper, leur montures se retrouvant côte à côte.


    "Vous avez donc attendue ma réponse, Monsieur ? Comme c'est fâcheux ! Je suis vraiment désolé de vous avoir fait languir
    , plaisanta le jeune breton. Moi qui croyais que je n'étais pas digne de vous, voilà que vous m'étonnez !"

    Sur ces mots, il ria en contemplant le noir profond de cette nuit. Il regarda de nouveau Lully qui ne semblait pas se vexer d'une quelconque parole déplacée. Serai-t-il plus clément que ce matin ? Se demanda le jeune homme.

    "Il paraitrait que je pourrai vous plaire. Ne vous fâcher point, ce n'est point un enfantillage mais Monsieur d'Orléans qui me l'a dit. Que dois-je en penser, Monsieur ?" Demanda-t-il avec un sourire malicieux et joueur.

    Tout en observant Lully, Sébastien se demanda ce que pouvait bien caché cet homme pour être aussi exigeant avec son entourage. Malgré ses caprices, sa mauvaise humeur, Sébastien ne pouvait s'empêcher de lui trouver de l'intérêt au-delà de son statut de compositeur prestigieux de la cour de Louis XIV. On n'entendait que la respiration des chevaux et le bruits des sabots contre la terre du chemin. La nuit était étrangement paisible, comme si la nature voulait se faire la plus discrète possible face aux cavaliers traversant sa campagne.

    "Vos jardins cachent-ils des trésors extraordinaires ?" questionna de nouveau Sébastien.
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MessageSujet: Re: Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien|   Heureusement que c'est vaste un manoir... |Sebastien| Icon_minitime30.05.11 2:13

- Vous avez donc attendue ma réponse, Monsieur ? Comme c'est fâcheux ! Je suis vraiment désolé de vous avoir fait languir. Moi qui croyais que je n'étais pas digne de vous, voilà que vous m'étonnez !

Lully ne broncha pas face à la remarque de Montfort. Comment lui dire qu'il l'avait seulement contrarié et que sa journée avait été occupée par Monsieur et une de ses innombrables lubies festives? Finalement, il opta pour le silence et laissa le jeune comte poursuivre. Il semblait bien bavard ce soir... Ah l'alcool...


- Il paraitrait que je pourrai vous plaire. Ne vous fâcher point, ce n'est point un enfantillage mais Monsieur d'Orléans qui me l'a dit. Que dois-je en penser, Monsieur ?


- Ce que vous voulez. Libre à vous de prêter attention ou non au babillage de Monsieur. Méfiez-vous, malgré son apparence masculine, le Duc est une véritable fille, à la limite de la courtisane. Mais, s'il vous accorde sa confiance et vous a soufflé ceci, vous devriez l'écouter. Monsieur ne s'est jamais trompé sur ce genre de choses...

Et Lully parlait en connaissance de cause. Avant que Lorraine n'exige que son amant lui soit totalement fidèle, l'italien faisait partie de la cour personnelle du Duc et jouissait d'une place privilégiée qui soulevait quelques jalousies.
Mais c'était de l'histoire ancienne. Après s'être quittés d'un commun accord, les deux hommes sont restés en très bons termes vu leurs places à Versailles.


- Vos jardins cachent-ils des trésors extraordinaires ?


- Plus que vous pouvez le penser...
- rétorqua Lully d'un air malicieux avant de talonner sa monture pour distancer Sebastien avant de s'engager dans l'allée menant à son manoir.

Après quelques foulées, il ralentit et fit le tour de sa maison avant de passer au pas et de s'arrêter. Un serviteur accourut, attrapa les rênes du hongre essoufflé et couvert de transpiration avant de faire de même avec le cheval du comte pour ensuite les emmenait dans l'écurie.


- Donnez-moi vos mains et fermez vos yeux. C'est plus distrayant dans le noir. J'espère que les litres d'alcool que vous avez ingurgité ne vous ont pas gâché l'odorat, ce serait fâcheux. N'oubliez pas, gardez les yeux fermés. Je vous dirais quand les ouvrir.


Et Lully guida Montfort dans le dédale des fleurs, faisant des haltes à certains endroits, pour que le comte s'imprègne des odeurs qui l'entouraient, jusqu'à ce qu'ils atteignent un cabanon. Encore une des cachettes du compositeur qui devait rester secrète justement.
Jean Baptiste fit entrer Sébastien et le débarrassa de son manteau en se glissant derrière lui. Il prit soin de laisser ses mains effleurer les épaules puissants du jeune homme.
Finalement, a trop côtoyer Monsieur, on prends de mauvaises habitudes lorsqu'on veut taquiner notre prochain.
Lully approcha ses lèvres de l'oreille de Sébastien et susurra d'une voix malicieuse.


- Alors, jeune comte, que pensez-vous de ce que Monsieur vous a confié...?


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