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 joséphine ▬ « La solitude effraie une âme de vingt ans »

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MessageSujet: joséphine ▬ « La solitude effraie une âme de vingt ans »   05.12.10 23:27

Joséphine La Grange
_______ ft. Jessica Alba


La grande ambition des femmes est d'inspirer de l'amour. [Molière]


    ► vingt-quatre ans ▬ on ne lui donne jamais son âge, elle en est fière mais sait que sa vie n'est plus aussi insouciante qu'avant.
    ► Comédienne ▬ elle fait parti de la prestigieuse troupe de Molière, dite aussi la troupe de Monsieur. Ses rôles sont souvent ceux de coquettes, d'ingénues et d'amoureuses. En temps normal, la jeune femme serait une duchesse italienne.
    ► Italienne ▬ Joséphine dira toujours qu'elle est française, originaire d'Aix en Provence et son accent légèrement chantant le prouve. Mais en réalité, elle fait partie de la famille Sforza et a été enlevé à sa famille à sa naissance. Elle ne sait donc rien de sa véritable naissance.
    ► Célibataire ▬ Après quelques déceptions amoureuses, Jo' a arrêté de chercher l'amour, personne ne voudrait d'une comédienne excommuniée. Pourtant, l'amour lui tombe dessus sans qu'elle l'ait demandé ...


    « Que diable, vous êtes à Versailles ! »

    Un paradis ou un enfer versaillais ?

    « Encore un soir de triomphe ! Quelle ironie de jouer Les Précieuses Ridicules et de voir ces dames mouchetées, rire à gorge déployée alors qu'elles ne sont guère mieux Magdelon et Cathos ! J'aime jouer Cathos, cette fille ne me ressemble guère et il est davantage difficile de me mettre en scène. Mais observer ces véritables précieuses sont un atout et je bénis ce paradis infernal qu'est Versailles pour me procurer assez d'inspiration pour ce rôle de composition. J'aime Versailles de par sa beauté et sa grandeur. Mais cette part d'ombre me fait frémir, tant d'histoires circulent … »

    Joséphine ne peut qu'aduler Versailles pour un seul homme : Molière. Le dramaturge l'a sauvée un soir, l'a accueillie chez lui et lui a donné un premier emploi en tant que secrétaire avant de la faire entrer dans la troupe. La jeune femme lui doit tout et profite de ces moments de gloire tant que cela sera possible. Jouer la comédie n'est pas donné à tout le monde, encore moins devant la Cour de France ! Et quel honneur de voir parfois le Roi s'asseoir et rire à gorge déployée ! Il n'y a pas meilleure reconnaissance pour un acteur. Joséphine n'a pas vu seulement l'Opéra Royal ou le théâtre du Palais-Royal, elle eut l'occasion de se promener dans les immenses jardins, de découvrir les richesses florales et décoratives au détour d'un bosquet, de se perdre dans le labyrinthe de la Reine et de sentir à pleins poumons les senteurs d'agrumes à l'Orangerie. Tout cela représente un petit paradis à ses yeux. Pourtant, certaines choses rendent les lieux inquiétants : certaines personnes, des hauts placés la plupart du temps, menacent de mettre fin à sa vie. Et la demoiselle en tremble rien qu'en se remémorant les menaces de cet homme dans Paris qu'elle a croisé à Versailles ...

    Vérité ou fantasme du complot ?

    « Il me fait si peur. Je l'ai encore revu, son regard m'a transpercé jusque dans les tréfonds de mon âme. Je ne sais d'où il vient, ce qu'il fait mais le voir dans cette salle, debout à m'applaudir avec cette expression de haine sur le visage m'a figée. Je sais juste qu'il est un meurtrier, un noble meurtrier et je crains pour ma vie ... »

    Joséphine ne connaît rien des complots contre le Roi. Dans ses pièces, on s'en moque et ils meurent dans les tragédies. Dans l'Histoire aussi, les Rois meurent ou sont tués mais est-ce possible à notre époque ? Pourquoi pas mais, à vrai dire, la jeune femme n'y pense guère car sa vie est en jeu. Ce grand blond - dont elle ne sait qu'il se nomme à Ulrich de Sola - a tué un homme dans Paris et Joséphine a voulu porter secours à l'homme mais il était déjà mort. L'autre est revenu sur ses pas et vit la demoiselle, l'a poursuivie dans les ruelles et l'a menacée de la tuer s'il la retrouvait.
    Ce que la comédienne sait, c'est que la Cour est rempli de secrets et que des gens complotent, à plus ou moins grande échelle. Elle est bien placée pour le savoir, Jo' porte des lettres à travers Paris pour le compte d'un noble italien. Jamais, elle n'a osé ouvrir les lettres mais aimerait bien parfois.
    Et la demoiselle est aussi au cœur d'une grande histoire : elle n'est pas ce qu'elle croyait être ...

    Plutôt colombe ou vipère ?

    « Il est amusant de voir ces nobles se poignarder dans le dos à coups de rumeurs, de secrets et d'histoires saugrenues. On dit que le théâtre est à la limite du ridicule mais s'ils pouvaient se regarder dans un miroir. Cela m'amuse, j'aime écouter leurs histoires et les retenir. Parfois, je les raconte à Monsieur Molière pour le divertir. Je n'irais pas jusque raconter des horreurs sur les autres, ce n'est pas mon genre, disons que les écouter ne fait jamais de mal ! »

    Plus colombe que vipère, Joséphine a les oreilles qui traînent un peu partout, juste par curiosité. Alors oui, l'actrice adore les histoires croustillantes, les rumeurs atroces et les petits secrets des uns sur les autres mais jamais elle n'irait les colporter ! Seulement à Molière, surtout ses derniers temps où il sort beaucoup moins qu'avant, la jeune femme cherche à le divertir avec ses petits moyens.
    Et puis quel serait l'intérêt pour une comédienne d'aller raconter des histoires sur des gens venant l'applaudir ? Cela n'aurait aucun sens !

    « Plus bas la révérence, plus bas. »

    ► S.
    ► XX ...
    ► 5/7
    Code bon by Lisa
    ► Merci Lisa Incliner
    ► ♥♥♥♥


Dernière édition par Joséphine La Grange le 26.12.10 14:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: joséphine ▬ « La solitude effraie une âme de vingt ans »   05.12.10 23:28

« Il était une fois ... »

    Palais Sforza Cesarini, Santa Fiora ▬ 16 agosto 1642

Au cœur de la Toscane, la ville de Santa Fiora retenait son souffle. Giulia, seconde épouse de Mario II Sforza, allait accoucher pour la première fois. Son époux avait déjà un garçon, Luigi, de son premier mariage et tout le monde attendait un nouvel enfant pour continuer la dynastie. Les temps étaient durs puisque les Sforza ne cessaient d'être harcelés par le Grand Duc de Toscane, rêvant d'acquérir les terres de cette ancienne famille à présent retranchée dans quelques territoires. Alors le nouvel enfant était bien arrivé car, si c'était un garçon, il serait assez fort pour lutter contre les Médicis et une fille permettrait une alliance avec d'autres puissantes familles, italiennes ou non d'ailleurs. Personne ne savait la surprise qui les attendait.
A l'heure de midi, lorsque Giulia fut prise de contractions, tout le palais fut en émoi et la rumeur de l'arrivée proche du futur Sforza. Toute l'après midi, l'épouse hurla de toutes ses forces à glacer le sang de certaines personnes. Elle souffrait, toute en sueur, les cheveux collés sur le front et appelant la Vierge Marie à l'aide en italien. La fin de journée approchait et l'enfant se faisait toujours désirer. Fatiguée, épuisée de poussées infructueuses, Giulia voulut abandonner mais Daria, une des sage-femmes, l'encourager à réessayer encore une fois. Ce n'est qu'une heure plus tard qu'une petite fille arriva, appelée Angela, et poussa son premier cri. La surprise arriva : Giulia fut prise de nouvelles contractions et mit au monde un second enfant ! Une autre fille ! Le cri puissant de cette petite fille fit le double bonheur de sa mère et le nom de Gloria lui fut donné.
Mario Sforza, présent à l'accouchement public, demanda à faire sonner toutes les cloches de la ville et d'organiser des festivités pour les deux belles princesses. Quel miracle que deux filles d'un seul coup, promesse d'un meilleur avenir pour Santa Fiora et les Sforza. Il s'approcha de son épouse et lui embrassa le front en la remerciant d'un tel bonheur.

Au bord de l'agonie, Giulia embrassa ses deux filles, leur dit quelques mots doux mais les laissa à ses domestiques pour enfin se reposer. Et après le miracle vint le malheur. Une des domestiques, Giuseppina, commit l'irréparable : voler un enfant. Pour gagner un peu d'argent, il lui arrivait de vendre des enfants de ses amies qui n'en voulaient pas et refusaient de tomber dans les mains de faiseuses d'anges, bien douce expressions pour des pratiques barbares. L'une de ses connaissances avait accouché la veille au soir mais elle mourut après l'accouchement ainsi que l'enfant, une petite fille aussi. Giuseppina avait déjà encaissé l'argent et ne pouvait pas le restituer. Ces jumelles furent une bénédiction à ses yeux. Après une ultime hésitation, elle échangea Gloria contre le bébé mort, descendit dans les rues pour donner à un couple de génois, bon payeur pour avoir l'enfant qu'ils ne pouvaient pas avoir. Le bébé fut accueilli par ses parents qui partaient pour Gênes, puis pour la France.

C'est la fin officielle de Gloria Sforza, morte pour tout le monde dans sa première nuit. Les Sforza n'avaient plus qu'Angela et Luigi, décidèrent de cacher l'existence de cette autre petite sœur à ses enfants. Le nourrisson repose pourtant dans le tombeau familial. Et Gloria, future Joséphine, commençait son périple dans une vie pleine d'aventures dont cela n'était que le commencement …

    Tour de l'Horloge, Aix en Provence ▬ 10 octobre 1642

La famille Doria, heureux parents d'une nouvelle petite fille, avait montré le fruit de leur « progéniture » à toute l'aristocratie génoise dont tout le monde avait acclamé la grâce et en même temps ce côté déjà éveillé qui ferait d'elle ce qu'elle était à l'heure actuelle. La belle enfant, rebaptisée Cléia avait même pas trois mois et faisait l'objet de beaucoup de convoitises. La famille Doria, descendant de grands marins, possédait une fortune colossale et une demoiselle à marier ne pouvait que pousser les autres familles à imaginer de grands desseins pour leurs propres descendants. Là encore, de nombreux projets furent contrecarrés …

Les Doria avaient décidé de se rendre à Lyon, rendre visite à de la famille à la femme et présenter leur nouvel enfant dont on attendait tant l'arrivée. Le voyage en carrosse démarra donc, quittant Gênes, passé par le Piémont, le comté de Nice et prendre la direction d'Aix en Provence. Ah, beaucoup entendait parler de cette jolie ville, si vivante, avec ce petit arrière-goût d'Italie qui pouvait tant plaire à certains. De jour ou soir de bal, on ne pouvait qu'aimer ce lieu chaleureux. Les autres soirs, il valait mieux rester chez soi sous peine de voir la mort au tournant. Le carrosse et ses passagers cherchaient un endroit où dormir avant de repartir et les rues sombre de la ville, aux alentours de la Tour de l'Horloge, n'aidaient pas à trouver quoique ce soit. Sauf pour les bandits qui cherchaient fortunes. Tout alla très vite : un pillage, le cocher blessé, l'homme tué et la femme ensuite pour étouffer ses cris. En l'espace de quelques minutes, trois morts d'un côté et des bijoux gagnés de l'autre. Tout aurait pu s'arrêter là si le bébé ne se mit pas à pleurer, hurler à pleins poumons sa présence. Brigand, tueur mais pas sans cœur, l'un d'eux alla voir et en ressorti avec ce petit être, orphelin pour la seconde fois. Et plutôt que de la déposer devant l'église comme la coutume le voudrait, l'homme décida de confier l'enfant à un endroit où des femmes sauraient encadrer cette petite fille mieux qu'un prêtre aux fausses allures chastes et qui aimaient boire pour mieux cuver au confessionnal. Gloria/Cléia se retrouva devant une porte en bois dans une arrière-cour, une sorte d'entrée de service, installée dans un panier trouver juste à côté. L'homme tapa à la porte avant de détaler à toute vitesse.

Une femme, les cheveux grisonnants et quelques rides sur le visage, ouvrit. Personne devant la porte, ni même dans la cour. Elle aurait rapidement fermé si un petit bruit vint lui faire baisser le regard. Un bébé !

« Martine ! Martine ! »

Un autre femme, plus jeune, aux environs de la trentaine, remis son châle sur les épaules et arriva jusqu'à celle qui l'avait appelée. Elle détestait être appelée lorsqu'elle faisait la causette.

« Quoi ? Cela a intérêt d'être important si gare à toi, tu … »

Lorsque l'autre pointa le doigt vers le bébé, Martine ouvrit grands ses yeux noisettes et mit la main devant sa bouche, surprise de voir un tel être devant sa porte. Que faire ? Ici, ce n'était pas un endroit pour un bébé.

« Que fait on ? »
« Je … On ne peut pas le garder ici, c'est impossible. »
« Au moins pour la nuit, je le surveillerai pendant que toi tu y retournes. Nous aviserons demain.

Et Paule saisit l'enfant hors du panier pour la prendre dans ses bras. Elle put découvrir qu'il s'agissait en vérité d'une petite fille et sourit en la berçant.

« Comme si on n'avait pas assez de femmes ici … Un bébé dans un bordel, j'aurais décidément tout vu ici. »

    La Rose d'Or, Aix en Provence ▬ 24 giugno 1644

Ce qui devait être une nuit se transforma en plusieurs mois, même plus d'un an. Le bébé était resté finalement. Martine, propriétaire de La Rose d'Or, un bordel d'Aix en Provence, ne pouvait pas avoir d'enfant depuis avoir eu recours deux fois aux faiseuses d'anges. Elle avait abandonné l'idée d'une maternité et considérait toutes les prostituées de la maison comme ses filles à protéger. Avec Paule, sorte de gouvernante, elles régissaient cette maison de passe pour le plaisir des hommes du coin ainsi que ceux de passage. Pas l'endroit idéal pour élever une petite fille, si petite et fragile. Dans une petite maison juste à côté du bordel, on mettait l'enfant avant l'ouverture nocturne et les filles se relayaient pour la materner, la surveiller. Rapidement devenue la coqueluche, on s'occupait d'elle la journée avant d'aller se préparer pour la longue nuit qui s'annonçait.

L'enfant avait une nouvelle fois changé de nom. Gloria, devenue Cléia, devenait à présent Joséphine. Une petite fille à la peau mate de la Méditerranée, les cheveux bruns et les grands yeux noisettes. Personne ne pouvait douter la maternité de Martine dont la ressemblance semblait claire. Enfin, beaucoup connaissaient Joséphine comme l'enfant trouvé devant la porte en 1642, après l'assassinat de deux génois quelques rues plus loin. Et plutôt que de la confier à des bonnes sœurs frigides ou à un prêtre alcoolique, Martine décida d'en faire sa fille, l'enregistré à la paroisse. Tout était en règle et personne n'avait à penser quoi que ce soit, hormis l'immoralité d'élever un enfant dans un bordel. Joséphine ne restait jamais dans la maison le soir mais y prenait tout l'espace durant la journée, une véritable bouffée d'oxygène, un tourbillon de bonheur. On ne pouvait que l'aimer, cela était si évident. Les filles la couvaient, lui donnaient à manger, dansaient ou couraient en sa compagnie, la maquillaient, la déguisaient avec les perruques, les foulards et quelques bijoux. Elle donnait un second souffle à cette maison si triste en journée. Personne ne rechignait à la garder dans la maison d'à côté le soir. Du pendant qu'on s'occupait d'elle, Joséphine se satisfaisait de tout !

Martine veillait sur sa progéniture comme si elle l'avait mise au monde. Joséphine était toute sa vie et la perdre serait terrible à ses yeux. Alors chaque soir, elle prenait le temps d'aller l'embrasser, trouver du temps pour le passer avec elle et la protéger des dangers de la vie, de son passé inconnu aussi. Un souvenir lui venait à l'esprit alors qu'elle emmenait la petite fille dans les rues d'Aix.
Cela se passsait le lendemain du crime des parents de Joséphine. Les passants et habitants alentours eurent droit à quelques questions, dont Martine, passant par là en compagnie de Paule pour faire le marché, puisqu'il faut bien nourrir les filles et le bébé. A cette époque, elle ne savait pas encore quoi faire de cet enfant trouvé, avec à son coup un collier où on pouvait lire « C.Doria » sur le pendentif. Lorsqu'elle sut le nom des innocents tués, son coeur rata un battement et elle raconta que ce soir là, elle n'avait rien vu d'autres que des badauds en quête de plaisir de la chair dans sa maison, ce qui était vrai. Martine omis juste de parler du bébé. Inconsciemment, elle fit son choix. Cet enfant était une bénédiction, il n'y avait pas d'autres mots.
Alors qu'elle repensait à son moment, Martine chercha du regard sa petite fille à ses côtés. Du moins là où elle devait se trouver. Affolée, elle se mit à crier dans les rues, à la rechercher durant de longues minutes, désemparée et en larmes. Elle qui pensait ne jamais la perdre, elle s'y trouvait en plein dedans ! Ce ne fut qu'au bout d'une dizaine de minutes qu'elle la retrouva sur les genoux d'une vieille femme qui vendait des fruits. Les cheveux ébouriffés et les yeux rougis, Martine courut et remercia la vieille femme de l'avoir gardé. Elle aurait peut être du la corriger, lui mettre une gifle, hurler ou montrer une quelconque forme d'autorité mais lorsque Joséphine lui tendit une belle fraise bien rouge.

« Tiens, pour toi. »

Comment ne pas fondre à cette petite bouille, la bouche rougie par la couleur des fraises, les grands yeux doux et ce cadeau donné par amour, sans rien en échange. Martine prit la fraise avant de serrer Joséphine dans ses bras, avec une rare intensité. Elle avait fait un excellent choix de la garder et voudrait que cela reste ainsi pour toujours …


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MessageSujet: Re: joséphine ▬ « La solitude effraie une âme de vingt ans »   28.01.11 12:57



    La Rose d'Or, Aix en Provence ▬ 25 maggio 1658

Les années avaient passé et Joséphine avait grandi, devenue une jeune fille de quinze ans et demi. Belle et gracieuse, personne ne pouvait être indifférent à sa beauté, son charme et sa grâce. Grandir au milieu de jeunes filles à demi-nues ne l'avait pas déranger, chacune d'elle lui avait appris quelque chose : la lecture, l'écriture, la couture, le maquillage, une certaine philosophie et même quelques mots en italien. Nullement inculte, elle organisait parfois des petits spectacles en journée entre filles où tout le monde se prêtait volontiers au jeu. Les plus anciennes prostituées étaient parties, la plupart donc ne connaissaient pas la véritable identité de cette adolescente, croyant toutes qu'il s'agissait bien de la fille biologique de Martine La Grange, propriétaire du bordel. Tout le monde adorait cette jeune fille en fleurs qui parlait du monde sans avoir vu plus loin que la ville d'Aix. Elle s'amusait à déclamer des vers dont elle comprenait pas le sens et tolérait volontiers les actes de prostitution qui se tenait en ces lieux, il fallait bien vivre et manger après tout. La demoiselle ne dormait plus dans la petite maison d'à côté mais dans une petite chambre au grenier, à côté de celle de certaines filles qui se reposaient, avec interdiction de quitter sa chambre sous aucun prétexte. Les clients ne devaient pas la voir, trop jolie pour ces pervers à l'affut d'une nouvelle paire de fesses.

Curieuse, la jeune fille se faufilait souvent dans la chambre des filles pour leur poser tout un tas de questions sur l'amour, le sexe, les hommes. La curiosité de la jeunesse en somme. Et quand cela dérivait, certaines se sentaient gênées. L'identité du père restait toujours inconnu et cela continuait de poser problème à Joséphine, en quête de repères. Mille fois la question fut posée à sa mère, mille refus à chaque fois. Et en ce jour de mai, la fille attaquait de nouveau.

« Maman, pourquoi tu ne veux pas me dire qui est mon père ? »

Cette question, Martine la détestait. Il fallait mentir encore et toujours. Au fond de son cœur, elle savait qu'il s'agissait de ce Doria, cet homme assassiné il y a seize années et dont elle avait gardé le collier qui ornait le coup du bébé recueilli. Elle ne savait pas qu'elle avait tout faux là-dessus. Alors la réponse la plus simple restait toujours la même.

« Je te l'ai déjà répété Joséphine, je n'en sais rien. Et qui que ce soit, il ne mérite pas de faire sa connaissance, tu le sais autant que moi … »

L'adolescente soupira puis s'occupa à nouveau de la coiffure d'une des filles. Toujours cette même réponse frustrante, sans savoir d'où elle vient. Parfois, elle se plaisait à s'imaginer des origines nobles et danser avec les filles à la manière de la Cour, tout en poudre et en manières. Si elle savait que c'était exactement cela et qu'en ce moment, sa sœur Sforza était dans un couvent en Toscane … Et elle savait qu'un jour, elle devra quitter le bordel. Sa présence n'était pas bonne, elle devenait de plus en plus belle et certains la voyaient entrer ici sans jamais la voir le soir. Des hommes voudraient un jour en faire sa chose. Joséphine ne voulait pas bien sûr et sa mère encore moins. De nombreuses fois, Martine envisagea de l'envoyer chez sa sœur pour une meilleure éducation et la faire sortir de cet endroit confiné. Dans quelques mois avaient-elles conclu, et Joséphine devrait bien s'y plier. Bien sûr qu'elle passera dire bonjour, cela était plus qu'évident mais cela lui déchirait le cœur d'avance de quitter sa maison.

L'abandon du domicile « familial » était le début d'une aventure qu'elle n'osait imaginer tant cela était rocambolesque …

    Place Saint Sauveur, Aix en Provence ▬ 6 luglio 1659

Il faisait chaud à Aix en Provence en cet été 1659. Malgré tout, la place Saint Sauveur était noire de monde car des réjouissances s'y tenaient. Tout un tas de marchands ambulant qui faisaient un arrêt avant de se rendre à Lyon s'arrêtaient d'abord ici pour exposer leurs merveilles tandis que des comédiens et autres musiciens assuraient le spectacle. Autant dire que la ville était en effervescence ! Et évidemment, Joséphine était de la partie.

La jeune femme vivait chez sa tante depuis le début de l'année et avait enfin le droit de sortir. Dans la maison close, sa mère refusait qu'elle sorte sans elle et l'adolescente voyait rarement plus loin que la cour arrière. Et bien que les adieux furent déchirants avec sa mère, la jeune fille trouva rapidement des avantages à sa nouvelle vie, qui commençait seulement à quelques rues de la Rose d'Or. Enfin, la vie lui tendait les bras et elle put découvrir les rues d'Aix en Provence, ses habitants et la vie en journée. Elle adorait flâner sur les marchés quand sa tante lui demandait d'aller faire quelques courses, elle avait enfin des amis en dehors des prostituées et elle pouvait faire la connaissance des bals et autres festivités. Comme aujourd'hui où, noyée dans la foule, elle en prenait plein les yeux. Enfin, cela faisait quatre jours que c'était comme ça et elle adorait toujours autant. Personne ne la prenait au sérieux lorsque la jeune femme parlait de jouer la comédie. Sa tante lui tapait sur les doigts et la menaçait avec l'excommunication qui pesait sur les acteurs de théâtre ! Cela ne décourageait pas Joséphine qui en rêvait régulièrement. On lui disait que c'était un rêve inaccessible et surtout de gamine, qu'un jour elle se montrera raisonnable … Personne n'avait l'air de bien la connaître. A seize printemps, la demoiselle savait déjà ce qu'elle voulait.

Et sur la place en cet après midi, ses pas la guidèrent toujours au même stand, la même estrade et la même personne. Yann, le beau parleur, l'attendait comme à son habitude. Ce beau brun aux yeux bleus ne laissaient pas beaucoup de filles insensibles. Et Joséphine faisait partie de ces petites groupies.
« Te voilà ! As tu réfléchi à ma proposition ? »
« Je ne sais pas, je n'ai pas grand chose à faire à Lyon. »
« Qui te parle de Lyon ? Nous partons pour Toulouse, Bordeaux, Orléans, Paris, la France, le monde !! Viens avec moi …  »

En quelques jours, Yann lui avait fait tourner la tête. A seize ans, son petit cœur ne connaissait pas l'amour et quand un beau garçon lui fait la cour, il était difficile de résister. Davantage lorsqu'il lui proposait de voyager, découvrir le monde et jouer sur les planches. Montée la veille pour jouer quelques phrases lui avait plu, elle adorait cette adrénaline de jouer quelqu'un d'autre, entrer dans une nouvelle peau et faire rêver/rire un public. Elle rougit à cette proposition, baissa les yeux. Devait-elle y aller ? Yann insistait.

« Nous partons dans la nuit, tu as jusque là pour te décider. »

Il lui fit un sourire et repartit se préparer, laissant la jolie brune à ses doutes. Elle y réfléchit en regardant la pièce, en rentrant chez elle et même dans sa chambre. Et alors que la demi-heure de 23h sonnait, Joséphine finissait de rédiger une lettre et de passer par la fenêtre. Elle fit un détour par la Rose d'Or pour mettre une autre lettre sous la porte de service puis courir jusqu'à la place où la troupe se préparait à partir.

La voilà à quitter une nouvelle fois sa famille, volontairement cette fois. Une nouvelle aventure s'ouvrait à elle, avec du théâtre, des voyages et de l'amour …

    Porte d'Aquitaine, Bordeaux ▬ 12 febbraio 1660

Que d'aventures et voyages depuis Aix-en-Provence ! Joséphine avait pu voir du pays en passant par Marseille, Montpellier, Nîmes, Carcassonne, Toulouse et autre Brive ! La petite troupe parcourait le sud du royaume pour divertir les personnes de chaque ville et à chaque fois, les acteurs se faisaient applaudir et pouvaient gagner plutôt bien leurs vies. Joséphine avait débuté dans des petits rôles et prenait progressivement de l'importance. Sans toucher au sacro-saint premier rôle, farouchement défendu par la comédienne Emilie, elle faisait son petit bonhomme de chemin et adorait son nouveau métier. Quant à Yann, elle en était définitivement amoureuse. Un homme beau, gentil, prévenant, avec de bons mots ne pouvaient qu'être quelqu'un de bien. Seulement, il lui était difficile de rester fidèle, surtout ce dernier mois. Elle ne voyait pas son côté coureur de jupons et tant qu'il restait à ses côtés, cela était amplement suffisant.

Pourtant, Joséphine voyait bien que quelque chose se passait depuis leur arrivée à Bordeaux. Cela faisait dix jours qu'ils étaient là et Yann ne voulait pas repartir, prétextant le froid, la fatigue et le bon accueil des bordelais. Enfin, d'une bordelaise en particulier, une groupie comme elle l'a été quelques mois auparavant à Aix. Elle surveillait d'un coin de l'œil, par pure jalousie féminine, mais ne pensait pas qu'il soit possible de quelque chose … Pourtant, personne n'est à l'abri de l'adultère.

Ce soir de février, Joséphine avait décidé de se promener dans Bordeaux afin de se dégourdir les jambes, en particulier sur les bords de la Garonne puis dans la grande rue Sainte Catherine. Il faisait frais mais un léger redoux avait gagné la ville ces derniers jours, de quoi encore sortir sans attraper froid. Elle s'y attarda jusqu'au coucher de soleil avant de retourner à la porte d'Aquitaine retrouver les autres. Seulement voilà, il n'y avait plus le véhicule de la troupe, pas âme qui vive au niveau de la porte. Joséphine pensa qu'ils s'étaient juste mis plus loin mais rien non plus. Une vieille femme vit la demoiselle paniquée et vint la voir gentiment.

« Vous cherchez quelque chose mademoiselle ? »
« Avez vous vu où sont partis la troupe installée ici ? »
« Ils sont partis voilà plus d'une heure, après qu'une petite brune les ai rejoints. »

Des larmes vinrent se nicher dans les yeux de Joséphine. Ils l'avaient lâchement abandonnée. IL l'avait laissée là comme une moins que rien. Les jambes la lâchèrent et elle se retrouva à genoux sur les pavés de Bordeaux. La vieille dame lui tapota l'épaule doucement.

« Venez chez moi, cette nuit vous aurez besoin de ne pas être seule. »

Joséphine La Grange, abandonnée de sa troupe, de son homme et dans une ville qui n'était pas la sienne. Il fallait tout recommencer, ou alors rentrer.


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MessageSujet: Re: joséphine ▬ « La solitude effraie une âme de vingt ans »   01.02.11 16:20


    Près du Louvre, Paris ▬ 27 aprile 1663

Il en a fallu du temps pour Joséphine avant d'arriver à Paris. Une fois abandonnée à Bordeaux, la jeune femme avait rassemblé ses économies pour retourner à Aix en Provence, et s'était arrêtée à Toulouse par manque de moyens. De retour à la maison, sa mère et sa tante furent trop heureuses de la retrouver pour lui blâmer sa fuite. Elle y resta trois mois avant d'avoir à nouveau la bougeotte et préféra en parler avant de s'en aller à nouveau. Et la voilà à nouveau sur les routes, remonter sur Avignon, Lyon, Dijon et Orléans entre autre. Chaque étape dura plus longtemps que prévu, il y avait tant à vivre à chaque fois, mais aussi tellement à gagner en argent pour repartir. Joséphine a tout fait pour survivre : mendier dans les rues, danser, jouer du théâtre, travailler dans les auberges et même se faire embaucher comme femme de chambre chez les bourgeois et les nobles. Plus de deux années pour parcourir la France et arriver enfin dans la capitale.

Mais là encore, il fallait à nouveau gagner sa vie, son art n'allait pas l'aider au départ. Les grandes troupes sont trop inaccessibles et les autres complètes. Là encore, la demoiselle enchaînaient divers emplois et jouait le soir avec quelques amis sans gagner grand chose, surtout pour le plaisir et pour ne pas baisser les bras, ne pas se dire qu'elle est venue pour rien.

D'ailleurs, en ce soir d'avril, après avoir joué dans un salon, Joséphine rentrait chez elle en longeant le Louvre et la Seine. Pas âme qui vive au loin, la marche se voulait tranquille, comme la plupart des autres soirs. Mais lorsqu'un gémissement attira la jeune femme brune dans un coin plus sombre, un homme à terre agonisait. Courant jusqu'à lui, la comédienne s'agenouilla à ses côtés pour tenter de lui venir en aide mais l'homme ne cessait de se vider, il n'en avait plus pour très longtemps. Dans un geste tremblant, il montra une lettre à terre un peu plus loin.

« La … lettre … »

Hésitante, Joséphine se leva pour s'en saisir, toujours sans un mot. Cela devait être important pour qu'un homme soit blessé, à l'article de la mort.

« Pa … A Pal … lia … no …  »

Et l'homme rendit son dernier souffle. La jeune femme s'approcha pour lui fermer les yeux, par respect de cet inconnu, mort pour quelques mots couchés sur papier. Mais qu'avait voulu dire l'homme ? « A Paliano » ? Était ce quelqu'un ? Une ville ? Un hôtel ? Joséphine ne connaissait pas grand monde, ni grand chose du monde ! Elle réfléchit quelques instants, de trop puisque des pas se firent attendre et une voix imposante l'interpella.

« Que fais tu ici ? MA LETTRE ! »

Prise de panique, Joséphine ne demanda pas son reste et se mit à courir. Elle connaissait un peu le quartier mais prise de peur, elle ne savait plus se diriger. Entendre les pas de l'homme derrière elle l'angoissait davantage. Elle n'avait pas vu son visage, juste ses yeux bleus menaçants et son teint pâle, ainsi que sa carrure, pas si épaisse mais effrayante. Mais surtout, le couteau dans sa main couvert de sang, ne laissant aucun doute sur l'identité de l'assassin. Bien sûr, elle ne savait pas son nom, Ulrich de Sola, et elle ne le reconnaîtrait peut être pas. Elle ne voulait pas mourir maintenant, pas à vingt et un ans, loin des siens, dans une rue de Paris comme une vaurien. Elle tourna une rue et continua de courir, tournant selon les rues à la recherche d'une maison allumée pour s'y réfugier. A croire que tout le monde dormait ce soir. Ses forces la lâchaient petit à petit mais la lettre restait dans sa main, le cœur battant à tout rompre et les oreilles tendues au moindre bruit dans son dos. Enfin, une pièce allumée à la bougie. Sans réfléchir, elle monta les deux marches et tambourina contre la porte et cria avec une voix désespérée.

« Aidez moi !! Je vous en prie, ouvrez moi !! »

Elle tapa sans relâche tout en fixant la rue du regard où l'ombre de l'homme se dessinait. Il allait la voir ! Soudain, la porte s'ouvrit et une main la saisit pour la tirer à l'intérieur avant de refermer la porte à clé. Haletante, Joséphine mit de longues secondes à s'en remettre, main contre son cœur puis leva ses yeux vers son sauveur. Un homme, d'une trentaine d'années bien engagée, encore fort beau et à la carrure musclée, ne cessait de la dévisager, attendant un mot de sa part.

« Je vous en remercie du fond de mon cœur, monsieur. Un homme me poursuivait depuis la Seine, vous étiez sans doute ma dernière chance … Je vous en remercie mille fois, Monsieur … ? »
« … Molière, mademoiselle … ? »

Tout de suite, elle ouvrit des grands yeux et fit une révérence assez approximative, mais excusable vu les conditions de rencontre.

« Joséphine La Grange, monsieur. C'est un honneur pour moi que de vous rencontrer. Même si les circonstances ne sont pas des plus idéales … »
« Les situations les plus impromptues sont les plus intéressantes. Puis, je ne dormais pas alors vous allez en profiter pour me conter vos péripéties … »

Et Molière l'invita à se rendre dans son office pour discuter. Voilà comment, grâce à un meurtrier, Joséphine fit sa plus grande rencontre professionnelle. Cette nuit là, ils parlèrent théâtre, voyages, péripéties et tout un tas de sujets. Au petit matin, elle était engagée comme secrétaire personnelle de Molière, à défaut d'être comédienne. Quant à la lettre, le dramaturge lui avait dit de la conserver sans jamais l'ouvrir et qu'ils trouveraient bien un jour ce que Paliano voulait dire. La lettre était mieux chez elle que dans les mains d'un assassin …

    Hôtel Molière, Paris ▬ 8 giugno 1664

Ma très chère maman,

Je m'excuse d'avoir tardé à t'écrire. Tout va si vite dans cette ville que parfois, je ne sais plus où j'en suis véritablement. Paris est tellement fabuleux, si vivant et tellement futile à la fois. Je vois celles qu'on appelle les Précieuses visiter Molière, tout comme ces hommes aux dentelles apparentes et crocs de loups. Il les amuse mais s'en moque davantage dans ses pièces, cet homme est un véritable génie. Je l'ai vu travailler des nuits entières, réécrire encore et encore une même réplique pour qu'elle soit parfaite. Il joue devant moi, s'arrête, me dit de ne pas noter, reprend encore et encore. Voilà un homme vivant de sa passion que j'ai aimé servir en tant que secrétaire.

Oui, je quitte son service. Mais ne sois pas triste maman, si je ne suis plus secrétaire, c'est parce que Monsieur Molière m'a nommée comédienne ! La chance me sourit enfin. Une des actrices s'est fait engrosser et elle ne rentrait plus dans les costumes. La place vacante, je t'avoue avoir secrètement espéré avoir cette place dont je rêve depuis si longtemps. Mais je ne pensais pas cela poli de lui demander quoi que ce soit, j'étais déjà bien heureuse de ma place et de mon salaire. C'est lui qui me l'a demandé, tout d'abord en remplacement provisoire pour les représentations parisiennes au Palais Royal pour La princesse d'Elide pour jouer la cousine Cynthie. Je vis au milieu des comédiens, je connais donc certains dialogues et apprendre le rôle ne fut pas bien difficile, sans pour autant que cela soit aisé. Me voilà donc comédienne dans la Troupe de Molière, ou Troupe de Monsieur, notre mécène. Quelle joie ! Et depuis quelques semaines, Tartuffe est un triomphe où je suis la servante Dorine. J'aime cet amour des planches, tout ce public de privilégiés rire et se divertir par une petite provinciale comme moi, imagines ce que je peux ressentir ! Et j'ai joué à Versailles, devant le Roi en personne ! Je pense qu'aucun moment ne pourra égaler celui là à mes yeux …

Je voulais aussi te raconter une merveilleuse rencontre que j'ai fait il y a quelques semaines. Alors que je me promenais dans Paris à la recherche de tissus pour me confectionner une nouvelle robe, je tombais en admiration devant un pourpre sublime que je voulus prendre. Seulement une autre jeune femme avait vu le même que moi. La normale aurait voulu que nous nous battions ou insultions comme des poissonnières, mais nous avons trouvé la situation si absurde que vous avons préféré en rire. Je lui ai volontiers le pourpre pour un magnifique crème d'une douceur incomparable. Nous avons longuement discuté et lorsque je lui proposais de l'aider à confectionner sa robe comme j'avais fait la mienne, elle me dit vivre à l'Hôtel de Bourgogne. Celle qui s'appelle Charlotte Roussel était comédienne tout comme moi ! Cela nous a davantage rapprochées comme tu peux le deviner. Je suis sûre que Charlotte te plairait par sa joie de vivre et ses bons mots. Pourtant, nous avons assez parlé pour qu'elle m'avoue être mariée mais en fuite car unie à un mari fou et violent. Quelle triste sort pour celle qui ne rêve que de liberté et de planches de drames. Elle est touchante de sincérité mais aussi la fille la plus folle que je connais. Je lui ai d'ailleurs promis de l'emmener avec moi quand je reviendrais te voir. Bientôt je l'espère.

[ … ]

Sache, maman, que je pense chaque jour à toi, que je prie pour ta santé et pour toi en tout point. Tu me manques et il me tarde de revenir.

Avec tout mon amour,

Jo'


    Château de Versailles , Versailles ▬ 9 marzo 1665

A force de travailler entre Paris, Saint Cloud et Versailles, Joséphine voyait du monde, pas toujours du beau, mais toujours avec une ascendance assez affolante. Elle ne pensait pas faire parti de ce cercle des grandes familles titrées d'Europe. Même si la demoiselle n'avait pas abandonné sont idée de retrouver son père mais sans aucune piste, elle restait toujours bloquée au point de départ … En attendant, jouer la comédie lui suffisait, tout comme visiter quelques salons de temps à autre sans jamais s'y attarder, toujours traîner par son protecteur Molière. Lui la trouvait spirituelle et intelligente, il trouvait cela triste d'être le seul à en profiter. Et c'est à l'hôtel de Rambouillet qu'il l'avait entraîné un jour, insistant sur sa présence.
Là-bas, il lui avait montrée un homme, assez jeune et au physique presque androgyne mais avec un charmant visage, discutant avec l'assemblée avec un naturel déconcertant et un charisme non négligeable.

« Qui est ce ? »
« Vous le connaissez de nom … Il s'agit del signore di Paliano. »

Son nom résonna au creux de son être. Jamais elle n'avait pu oublier ce nom que l'homme mort lui avait dit, sans savoir à qui ou quoi cela correspondait. Molière l'avait découvert grâce à Lully, dont Paliano était l'amant. Comme quoi, le monde était bien petit. Puis quelques jours plus tard, Luigi di Paliano revit Joséphine qui lui présenta la lettre, expliqua comment elle s'était retrouvée sa possession, lui jura de ne l'avoir jamais ouvert.
Et c'est comme cela qu'elle se retrouva, sans savoir véritablement comment, la nouvelle coursière de l'italien. Il lui fallait quelqu'un de discret et habitué de Paris et se rendant régulièrement aussi à Versailles. Elle aurait du dire non, c'est certain vu qu'elle en avait vu un mourir sur ses yeux. Mais son esprit d'aventure avait pris le dessus, l'envie d'un excès d'adrénaline dans les rues de Paris, échanger des mots sans savoir ce qu'ils contiennent et en ramener d'autres tout aussi mystérieux.

Aujourd'hui, elle était à Versailles. Luigi l'avait invitée, lui avait envoyé une robe et elle devra jouer une cousine de Rome avec un nom presque imprononçable. Il faisait souvent cela lorsqu'il avait besoin de la voir quand Joséphine ne jouait pas au Château. Visiter ce magnifique lieu était un privilège qu'elle savourait avec grand plaisir, voir autant de luxe et de beaux vêtements. Luigi l'attendait dans ses appartements pour discuter avec elle. Il faut dire que depuis qu'ils se connaissent, il ne s'agissait pas seulement de courriers mais aussi d'un certain lien affectif, une jolie amitié. Ils adoraient discuter, bien que lui se servait de cette information pour mieux savoir ce qu'il se passait à Paris. Et lorsque leurs discussions duraient longtemps, elle soupait en sa compagnie, jouait quelques extraits de pièces et se mettait à danser. Vraiment, Joséphine ne se posait pas la question du statut de Luigi, ne l'imaginait pas vraiment espion. Enfin, elle y pensait avec tous ces courriers mais à chaque fois qu'elle l'avait en face, son visage d'ange ne pouvait cacher un homme de cette trempe. Elle se trompait lourdement mais peu importe …

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MessageSujet: Re: joséphine ▬ « La solitude effraie une âme de vingt ans »   02.02.11 20:57

    Bords de Marne, Paris ▬ 2 settembre 1665

Il faisait encore bon en ce début de mois de septembre. Assez en tout cas pour qu'une bande de jeunes filles décident de se baigner dans la Marne, laissant leurs robes sur les bords. Certaines avaient même abandonné la chemise presque règlementaire de la baignade. Autant dire que Joséphine était l'une d'elles, nue telle une nymphe dans l'eau. Toutes ces années de péripéties lui avaient donné ce naturel déconcertant face à la plupart des situations et cela passait par se baigner sans aucun vêtement sur le corps. Parmi toutes les demoiselles se trouvaient la fameuse Charlotte, dont l'amitié était bien plus profonde que les rivalités des troupes de théâtre de Molière et Racine. Cette dernière était assise sur le rivage, ne voulant pas plonger dans l'eau qu'elle trouvait trop froide à son goût.

« Joséphine, tu pourrais garder ta chemise ! Si quelqu'un venait à passer ! »
« Si ce sont des femmes, elles pourront comparer ! Si ce sont des hommes, ils pourront regarder ! »
« Tu es vraiment intenable ! »

Et les deux jeunes filles se mirent à rire de bon cœur avant que celles à l'eau n'enclenchent une bataille d'eau. Il était bon de s'amuser les jours où il n'y avait pas grand à faire. Jo' savait que Molière l'attendait à la tombée du jour pour répéter la nouvelle pièce qui se présenterait à Paris dans une dizaine de jours, L'Amour Médecin. Elle y interprétait Lucinde, le premier rôle car Claire était souffrante. Même si elle savait qu'elle devrait laisser la place à l'icône de Molière, Joséphine voulait savourer ce futur succès. Mais avant, la jeune femme voulait se détendre et profiter de la vie. Alors plonger dans la Marne, jouer avec des amies avant de se sécher et courir à l'hôtel Molière non loin du Palais Royal serait le plan de sa journée. Elle ne pensait pas faire une rencontre qui allait la bouleverser toute entière.

Des chevaux se firent entendre. Quatre hommes du même uniforme s'arrêtèrent au niveau des jeunes filles qui se cachèrent dans l'eau. Joséphine, de dos, tourna la tête vers le petit groupe d'hommes qui les regardaient avec des sourires ravis.

« Hé bien messieurs, profitez vous bien du spectacle ? » demanda Charlotte, sans peur
« Il faut dire que cela est plaisant. » répondit un des mousquetaires
« C'est me donner des marques d'un amour bien tendre, et j'y suis sensible autant que je puis. » rétorqua Joséphine, lançant une tirade de la future pièce avant de rire aux éclats.

Si les autres jeunes femmes se mirent à parler à leur tour, la jolie brune se tourna, ses longs cheveux couvrant sa poitrine à moitié englouti par l'eau. Elle avait véritablement l'air d'une nymphe ou d'une digne descendante de Neptune. Amusée de voir ces mousquetaires, reconnaissables entre cent avec leurs uniformes et leurs plumes sur leurs coiffes, ses yeux noisettes dévisagèrent les trois premiers, tout sourire et jouant les jolis coeur. Le quatrième se trouvait un peu plus loin, grommelant et ne portant pas grande attention au ban de demoiselles sur les rebords, cachant leur nudité par l'eau. Pourtant, il s'agissait du plus beau des quatre. La gravité de son visage lui donnait un charme unique. Elle hésita un instant, peu habituée à voir tant de sérieux dans un moment si joyeux puis l'apostropha.

« Monsieur le mousquetaire solitaire, pourquoi ne vous joignez vous pas à nous ? »
« Nous n'allons pas nous attarder, nous avions juste entendu du bruit.
« Cela ne répond point à ma question ! »

Elle lui fit un joli sourire et le vit tourner la tête, rougir peut être. Un garçon qui n'a point l'habitude de parler aux femmes pensa la comédienne et décida de reprendre la conversation.

« J'attends toujours, il n'est pas poli de ne pas répondre aux questions que l'on vous pose ! »
« Êtes vous toujours aussi pressante ? »
« Êtes vous toujours aussi buté ? »

Le jeune homme sourit. Et il était encore plus beau ! Ce fut au tour de Joséphine de baisser les yeux quelques instants avant de les relever avec un petit sourire, tandis que les trois autres rejoignirent celui qui semblait être leur chef, sans qu'elle sache son nom, Alexandre d'Artagnan. Elle nagea un peu plus près de lui, toujours avec un grand sourire.

« Si l'envie vous prend, je serais dans douze jours au théâtre du Palais Royal, avec mon amie blonde là-bas. »
« Vous aimez le théâtre ? »
« C'est un peu obligatoire … Quand on travaille comme comédienne. »
« Certes. Au plaisir de vous revoir, mademoiselle … »
« Joséphine. Au plaisir aussi, monsieur … »

Il lui adressa un sourire tout en tenant son chapeau et partit avec le reste du groupe. Quel mystérieux garçon ! Alors qu'il partait, Joséphine s'approcha de la berge pendant que Charlotte lui tendit une sorte de draps pour se sécher, elle ne put empêcher d'émettre une remarque.

« En voilà une dont la tête a été retourné par un mousquetaire. Quel cliché ! »
« Et une comédienne qui dévore du regard son partenaire de scène n'est-il pas un cliché ? »
« Joséphine ! Mais un mousquetaire … La moitié sont des coureurs de jupons, les autres mariés. Au choix. »
« Ni l'un ni l'autre ne m'empêche d'apprendre à davantage le connaître et lui faire la conversation. »

Et finissant de se sécher, elle s'empressa de se rhabiller, elle n'allait pas tarder à rentrer, les planches du théâtres l'attendaient …


    Bosquet de l'Encelade, Versailles ▬ 28 novembre 1665

Le temps s'était rafraîchi, l'hiver arrivait à grand pas et peu osait traîner dans les jardins avec ce vent et les températures proches du zéro. Pourtant, Joséphine brava le froid, sachant que cela serait une des rares fois où elle pouvait profiter des jardins du plus beau château du monde – d'après ce que l'on disait – sans être regardée de travers. Le Roi Louis XIV avait demandé à ce que l'on rejoue L'école des femmes et toute la Cour s'était bien sûr déplacée pour voir triompher une nouvelle fois Molière sur les planches. Et tandis qu'il faisait le beau avec les courtisans, Joséphine en avait profité pour s'éclipser dans les jardins.

Elle avait longuement marché avant de se retrouver dans le bosquet de l'Encelade. Au centre de celui-ci, se trouve un bassin rond d'où surgit une statue monumentale. L'œuvre représente Encelade, le chef de la révolte des géant écrasé sous les rochers où il se transforme peu à peu en un volcan. Magnifique à admirer, même si la fontaine ne fonctionne pas. Joséphine marche tranquillement, serrant son manteau sur les épaules pour ne pas avoir froid. Absorbée dans ses pensées, elle se remémora ce beau mousquetaire. Elle l'avait revu quelques jours plus tard au loin et lui aussi l'avait vue. Puis il y a quelques jours encore. Une connaissance lui donna enfin son nom : Alexandre d'Artagnan. Ce nom n'était pas inconnu et même une petite provinciale du sud avait entendu parler de son célèbre père. Lorsqu'elle apprit qu'il était marié à une fille du peuple, ses espoirs se réduisirent à néant. Serait-ce cruel de briser un mariage ? Oh et puis, cela était stupide car il n'était sûrement pas intéressé car on disait de lui qu'il était fidèle et follement amoureux. Seule Charlotte la secoua pour lui dire de prendre sa vie en main et ne pas se morfondre. Si Joséphine voulait Alexandre, alors elle devait aller au-devant de ces obstacles et si elle échouait, elle aurait au moins essayé. On verra quand elle le reverra … Déjà il n'était pas venu au Palais Royal la voir, mais après tout peut être n'avait-il pas le temps.

Soudain, des mains la saisirent par les épaules, la fit faire demi-tour et se retrouva à un très bel homme mais totalement inconnu qui lui souriait

« Tu es magnifique, mon amour. »

Et sans avoir eu le temps de réagir, l'homme l'embrassa avec passion. Joséphine se débattit de toutes ses forces, repoussant cet inconnu trop entreprenant.

« Mais vous êtes fou ! Je ne vous connais même pas. »
« Angela, c'est moi, Gianluca.

Et alors qu'il tenta de l'embrasser à nouveau, elle lui mit une gifle monumentale. Puis ses jambes décidèrent qu'il était temps pour elle de s'enfuir. L'homme lui courait après, ne cessant de l'appeler par le prénom Angela. Il devait ne pas voir clair ou sacrément ressembler à cette fameuse Angela pour qu'il se trompe de la sorte. Ce soir là, sans le savoir, Joséphine fit la connaissance de son beau-frère, Gianluca di Modena, mari de sa soeur, Angela Sforza. Seulement, elle ne connaissait pas ses racines, ne se doutait pas le moins du monde d'avoir une jumelle dans le monde, et encore moins qu'elle soit présente à Versailles …

    Hôtel Molière , Paris ▬ 3 gennaio 1666

« … Dans les affaires que m'a donnée ta mère, j'ai trouvé ceci. Je sais juste que cela t'appartient, tu le portais quand Martine t'a trouvée. Je sais que tu recherches tes origines, cela t'aidera peut être.

Reviens nous vite,

Ta tante, Ninon »


Avec la lettre se trouvait une chaîne avec un pendentif où l'inscription s'était un peu effacé. On pouvait y lire C.D, rien de plus. Bouleversée par une telle révélation, Joséphine pleura toutes les larmes de son corps. Elle qui cherchait un père, la voilà à chercher une famille entière dans toute l'Europe. Son chagrin fut immense, incapable de s'en remettre. Tel point qu'un comédien fit chercher Charlotte, sa grande amie, pour la consoler. Toutes deux parlèrent et son amie lui promit de l'aider à retrouver ses racines. Il y avait bien quelqu'un qui pourrait trouver une solution à cela.

Pourtant la nouvelle année avait bien commencé puisqu'elle avait revu son mousquetaire. Certes, quelques instants car la demoiselle devait remettre un pli dans l'urgence. Lui patrouillait et elle ne manqua pas de l'interpeller avec ce naturel déconcertant.

« Monsieur d'Artagnan ! Vous n'êtes pas venu à mon invitation ! »
« Et pouvez vous me la rappeler ? »
« Que je vous invitais à me voir jouer au Palais Royal ! Seulement mon offre a expiré … C'est à Versailles que je vous invite. Et j'espère que vous savez en trouver le chemin. »

C'est avec un sourire mutin et une jolie révérence qu'elle partit, sans lui laisser le temps de répondre. A son tour de couper court à la conversation et laisser l'autre dans un certain état de frustration. Ce petit moment l'avait mis en joie et pas même un homme croisé dans Paris, dont le visage lui était familier sans se souvenir du fameux assassin, ne l'avait perturbée. Jusqu'à aujourd'hui

Elle ne savait pas où cela la mènerait. A l'origine Gloria Sforza, enlevée et vendue aux Doria, qui la nommèrent Cleia Doria, morts à Aix en Provence où Martine La Grange, propriétaire d'un bordel, décida de l'élever et de la nommer Joséphine La Grange, sa vie avait de quoi noircir des pages d'un roman. Amoureuse à seize ans pour être délaissée à même pas dix sept, voyageuse, comédienne de Molière, coursière pour un espion de Sa Majesté sans le savoir, pleine de sentiments pour un mousquetaire et jumelle d'une désormais d'Este-Modène Angela di Santa Fiora, Joséphine a de quoi vivre mille et une aventures entre Paris et Versailles. Mais en attendant, elle devait sécher ses larmes. Car dans deux semaines, elle jouait à nouveau à Versailles et dans cinq jours, au Palais Royal !
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MessageSujet: Re: joséphine ▬ « La solitude effraie une âme de vingt ans »   02.02.11 21:39

Je pense avoir fini Very Happy
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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Mère enfin apaisée et femme comblée mais pour combien de temps encore ?
Côté Lit: Le Soleil s'y couche à ses côtés.
Discours royal:



♠ ADMIRÉE ADMIN ♠
Here comes the Royal Mistress

Âge : A l'aube de sa vingt septième année
Titre : Favorite royale, comtesse of Leeds et duchesse de Guyenne
Missives : 7252
Date d'inscription : 10/09/2006


MessageSujet: Re: joséphine ▬ « La solitude effraie une âme de vingt ans »   02.02.11 22:08

Bonjour Miss et bienvenue parmi nous ! Very Happy

Je sens que votre présence va provoquer quelques vagues. What a Face

Cette fiche me semble parfaite, rien à redire, je te valide donc pour la joie de certains et pour le malheur d'autres (J'ai dû valider une certaine Athénaïs de mon côté. Boude ) Je compatis déjà avec Madame d'Artagnan. Razz

Je te laisse prendre le chemin des logements, rangs et fiche de liens. Smile

A très vite dans le jeu (ou sur le flood Razz )


______________________

La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

Le rouge et le noir
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MessageSujet: Re: joséphine ▬ « La solitude effraie une âme de vingt ans »   02.02.11 22:18

Merci beaucoup Danseuse

Ne compatissez pas trop vite avec Mme d'Artagnan, n'oubliez pas notre lien Siffle
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MessageSujet: Re: joséphine ▬ « La solitude effraie une âme de vingt ans »   

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joséphine ▬ « La solitude effraie une âme de vingt ans »
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