AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  GroupesGroupes  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Ta vie a un secret, mon âme a des mystères |Élodie de Froulay|

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité





Invité


MessageSujet: Ta vie a un secret, mon âme a des mystères |Élodie de Froulay|   17.03.10 4:49


Démodé, le bizarre est ordinaire
Critiques ratées, j'ai renoncé, je suis fatigué
Le jour est la nuit, le juste est le faux
Tu ne peux pas rejeter la responsabilité sur n'importe qui
Certaines choses ne durent pas
Je pensais que je t'amuserais
Laisse-moi t'emmener au coeur de la ville
Laisse-moi te comprendre de travers

Nicolas ferma ses yeux, rendus douloureux par la lecture. Posant sa tête contre le dossier de son fauteuil, il se laissa quelques instants pour réfléchir. Analysant ce qu’il venait de lire, il pensait à la prochaine bataille de guerre à laquelle il serait envoyé. Cela lui manquait. Quand pourrait-il quitter Versailles? Oui, bon, Versailles était magnifique, mais Nicolas devait admettre que l’action manquait. Entre ses tours de garde et ses missions, il n’y avait que des salons et des bals; pas assez de sang et de tueries. Impétueux et fougueux, Nicolas avait de la difficulté à rester longtemps au même endroit. Un jour, il le savait, la bougeotte le prendrait et il devrait fuir. Dans son inactivité, il était réduire à lire, ce qui était assez extraordinaire de sa part. Il avait bien lu durant ses quelques années au Collège Clermont, mais maintenant, il avait mieux pourfendre des hommes avec son épée au lieu de tourner des pages de livre. Mais la nuit dernière ayant été dure, il aimait mieux ne pas trop bouger.

Il releva le petit livre rouge à la tranche dorée devant son visage, replongeant dans les lignes de petite écriture serrée. À cet instant, Maxime de Lacenière se pointa devant lui et lui arracha le livre. Cela fit lever le mousquetaire qui reprit vivement le livre des mains de son ami. Ce jeune homme, aux oreilles aussi grandes que ses yeux, tenta de lire le titre du live par-dessus les épaules du mousquetaire.

-Qu’est-ce que c’est? Cela semble assez compromettant!

-Comme tout ce que je fais, ricana Nicolas avant de cacher le bouquin sous le matelas de son lit de camp.

-Ce n’est pas ton journal intime tout de même?

-Comme si j’étais une fillette? Bien sûr que non, tu es fou!

Nicolas s’approcha de Maxime de Lacenière et alla vers son oreille. Regardant autour de lui, il lui chuchota :

-C’est Discours politiques et militaires de La Noue.

Les yeux noisette de Lacenière se firent plus grands, alors qu’il fixait son ami, presque traumatisé. Nicolas eut un sourire moqueur. Se reculant, il alla à la fenêtre, regarder les jardins par ennui. La voix de son ami l’aida à se retourner.

-Attends, tu parles bien du livre qui est à l’Index ?

-Oui, évidemment. Sinon que serait la joie de lire quelque chose qui est permis ?

Maxime de Lacenière resta au beau milieu du campement, alors que son compagnon s’amusait visiblement à ses dépens. Le côté rebelle de Nicolas l’amenait toujours à prendre des décisions dangereuses. Croyant que les péchés sont la meilleure manière de vivre réellement sa vie, le mousquetaire ne manquait pas une chance de se distinguer par ses idées arrêtées, jugées par beaucoup de vieilles femmes et de jeunes vierges comme immorales et passables de l’enfer. Mais Nicolas s’en fichait. Cette censure qu’exerçait l’Église en matière de lecture l’offusquait encore davantage. Il jugeait que si un homme avait été inspiré et décidé au point de mettre ses pensées sur papier ; cet homme méritait bien qu’on s’intéresse à ses lignes. Encore plus si l’Église les jugeait subversives. Maxime de Lacenière avait toujours cru que Nicolas de Ruzé provoquait par sa morale plutôt chancelante dans les salons pour l’amusement pour se retrouver au centre de l’attention. Mais s’il lisait des livres inscrits en secret, il avait réellement un caractère tendant à la mutinerie. Par contre, il ne savait pas jusqu’où cela pouvait aller. Si Lacenière savait les liens qu’il entretenait avec Hector de Valois ! Par contre, le cadet eut vite soupé de cette moquerie et alla vers son ami, le prenant vers les épaules. Mieux valait avoir des amis intéressants et dangereux qu’ennuyants et sages !

-Ça suffit, ces livres qui te donnent un faux air intelligent. Viens, on va aller se saouler à l’auberge !

-Tu sauras que je suis extrêmement intelligent, rajouta Nicolas gentiment, avant d’emboîter le bas de son ami.

Lorsqu'ils furent arrivés à l’auberge La Couronne d’Or, Maxime de Lacenière retrouva bien vite des amis qui étaient des habitués de l’endroit. Nicolas, qui n’y avait jamais mis les pieds, se vit fort mécontent de se faire laisser tomber ainsi. Après tout, c’était à cause de lui qu’il avait laissé sa lecture. Ce serait le prêteur de Discours politiques et militaires qui ne serait pas bien content de voir que son précieux et dangereux ouvrage ne lui serait pas remis à temps ! Soupirant, Nicolas laissa Lacenière avec ses ivrognes sales d’amis et alla au bar, se commandant seulement une limonade. Il devait garder les esprits clairs ; il était décidé à finir ce livre durant sa ronde ce soir. Il ricana intérieurement à l’idée d’un mousquetaire se promenant un bouquin à la main.

Une chanteuse aux charmes juvéniles monta sur la scène et entreprit de chanter quelques vers avec un ton d’opérette. Nicolas soupira de nouveau et commença à gratter le bar de ses ongles. Qu’était-il venu faire dans ce maudit endroit ? Surtout sans son livre… Bah, il était vrai qu’il aurait été dangereux de le lire ici. Mais lorsqu’il voyait ses pauvres gens, idiots et sans avenir, Nicolas voulait fuir loin d’eux. Il était vrai que depuis son arrivée à Versailles, il était devenu extrêmement présomptueux.

Ah ! Et puis ! Nicolas se leva brusquement. Lacenière se foutait bien de lui de toute manière. Ils se verraient ce soir au campement et voilà tout. Le mousquetaire avait la ferme intention de ne pas passer son après-dîner dans un endroit pareil. Mais vivement une couleur brune attira le coin de son iris. Retournant prestement sa tête, il suivit la chevelure. Était-ce… ? Mais oui ! Enfin ! Il la retrouvait ! Poussant les marins ivres qui se bousculaient pour voir la chanteuse, Nicolas traversa l’auberge afin d’aborder la jeune femme. Avant qu’il ne fût trop près d’elle, il se permit de l’observer pour être certain qu’elle était celle qu’il croyait. Oui, aucun doute, c’était elle ! Elle, avec ses larges prunelles foncées, avec ses cheveux longs d’une magnifique couleur de bête sauvage et sensuelle, avec son corps élancé et fin. S’approchant encore davantage, Nicolas attrapa le poignet de la jeune femme.

-Enfin, Mademoiselle, je vous retrouve, vous, qui m’avez fui. Mais vous ne m’échapperez pas aujourd’hui. Je veux des explications, mademoiselle de Froulay !


[Tu peux me lapider =) J'ai voulu faire vite pour satisfaire ton envie d'écrire, alors c'est un peu baclé du coup. Désolée! Je me reprendrai promis!]
Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: Ta vie a un secret, mon âme a des mystères |Élodie de Froulay|   17.03.10 22:14


Plus une découverte est originale, plus elle semble évidente par la suite.
Arthur Koestler.


La porte de derrière du troquet, discrète et donnant sur un enchevêtrement de ruelles sombres et sinueuses, se referma derrière la jeune femme. Cette dernière s’arrêta, inspirant profondément l’air emprunt de la fraîcheur vespérale d’un crépuscule encore quelque peu hivernal. Bientôt, le soleil qui n’avait que peu fait montre de sa présence dans la journée, serait chassé de la voûte céleste par son implacable et éternelle rivale, allant ainsi inonder de ses rayons d’autres univers pour ne revenir que le lendemain, plus généreusement cette fois. Du moins, Élodie l’espérait, il ne manquerait plus que le mauvais temps ne dure une journée de plus. Elle soupira, se remettant en marche sans but précis au travers des petites rue, encore humides d’une récente averse, qui se présentaient à elle et que les derniers éclats de lumière faisaient doucement briller, imitant par endroits les placides reflets d’un lac à la surface lisse et calme. Les quelques flaques d’eau disséminée ça et là, au hasard des gouttes de pluies, aidaient à cette image, donnant aux pavés abîmés de passages incessants des airs trompeurs de planes étendues d’eau. Et Versailles, comme couverte d’une rosée nocturne, s’endormait doucement, l’agitation du jour laissant places aux silences feutré et pourtant si bavards de la nuit et à ses créatures… Quoi de plus parlant que ces profonds mutismes lourds de secrets ? Quoi de plus évocateur que ces chandelles éteintes ou discrètement soufflées aux fenêtres ? La nuit, au travers de ses silences et de ses inerties, était ici la plus éloquente des heures, repaire des amants et des complots aux discrets entretiens. La ville, toute revêtue de sa robe crépusculaires, s’était faite belle ce soir encore et pourtant, si elle était habituellement encline à noter ces ornements, notre belle passante ne leva pas même les yeux au ciel, se contentant de suivre une route dont elle ignorait le bout, tête baissée.

A la blafarde lumière déclinante, un promeneur égaré sur les mêmes pavés aurait peut-être remarqué ses traits tirés et l’expression altérées de ses prunelles d’ordinaire si pétillantes. Ce même badaud aurait certainement supposé avoir sous le regard une jeune femme aux amours brisés ou quelques autres motifs de ce genre. Conjecture erronée, mais comment en vouloir à qui que ce soit d’une telle méprise ? A la vue de la silhouette gracile Élodie, de sa démarche légère et gracieuse, de sa fraîcheur et que sais-je encore, de ces atours dont sont parées les femmes, qui aurait pu se douter un seul instant que l’émotion qui paraissait sur son visage était due à des préoccupations toutes… masculines ? Qui aurait pu imaginer ne serait-ce qu’une seconde que quelques heures plus tôt, c’était vêtue d’une casaque de mousquetaire et armée d’une longue rapière que la belle sillonnait de semblables ruelles ? Personne évidement. Une femme soldat, l’idée semblait tellement incongrue qu’elle ne faisait pas même qu’effleurer l’esprit de qui que ce soit. Alors oui, un flâneur se perdrait dans d’obscures spéculations tandis que seules les retombées d’une longue et difficile journée tourmentaient ainsi les traits doux de la belle. Un nouveau soupir lui échappa alors qu’elle bifurquait dans une rue semblant mener vers de plus remuantes avenues. Dure après midi en effet, et même début de soirée, que celle dont sortait Élodie en quittant ses habits de mousquetaires une vingtaine de minutes plus tôt. Une ronde, qui se voulait paisible étant donné le coin tranquille de la ville où elle s’effectuait, avait finalement bien plus mal tourné que ce à quoi l’on pourrait s’attendre. Au détour d’une vieille église, la belle et ses deux compagnons étaient tombés sur quatre hommes s’attaquant à un jeune couple de bourgeois aux allures assez riches pour risquer sans trop de surprise que l’on s’attaque à eux en ces temps, pour certains, de disette.

Fort heureusement pour les victimes, les soldats étaient arrivés avant qu’ils n’aient pu subir de quelconques violences. Éprouvés seulement, un des hommes était resté avec eux tandis que Élodie et l’autre mousquetaire s’étaient lancés aux trousses des agresseurs qui, arme au point, avaient pris la fuite sans demander leur reste dès qu’ils avaient aperçut la patrouille. Et il avait fallu de longues minutes de course au travers de petites ruelles sinueuses et désertes de toute aide éventuelle - d’un côté ou de l’autre d’ailleurs – avant que les deux camarades d’arme ne parviennent à bloquer les malfrats dans un cul-de-sac aux confins de Versailles. Coincés, les hommes avaient fini par attaquer sans que leur nombre ne puisse faire peur à l’élite des soldats qu’ils avaient face à eux. Élite qui aurait pu aisément les maîtriser si trois autres voleurs ne s’étaient pas mêlés de l’affaire, voyant leurs comparses dépassé par la fougue et la technique des mousquetaires. Trois hommes étaient au sol, hors d’état de nuire, quand le partenaire de ronde Élodie avait reçu un coup de rapière aussi brusque que traitreusement administré, de sorte que la jeune femme avait du se charger seule des quatre bandits restant. Si elle pouvait être fière d’avoir réussit à s’en sortir sans plus d’égratignure qu’une estafilade sans gravité sur le flanc, elle s’était cependant trouvée obligée de tuer trois de ses assaillants et de blesser les deux autres avant de pouvoir s’occuper de son camarade – et ami, du moins connaissance appréciée. Temps qui avait suffit à ce que ce dernier perde assez de sang et ne se trouve, à l’heure où la belle déambulait dans les rues, dans un état fort inquiétant. Telles étaient les raisons de sa lassitude et de sa morosité lorsqu’elle déboucha sur une route plus fréquentée que les petites venelles qu’elle laissait derrière elle.

Troisième soupir, lorsqu’elle s’arrêta pour jeter un regard autour d’elle. Elle ne tarderait de toute façon pas à rentrer au camps, elle avait simplement besoin de prendre une bouffée d’air en dehors de sa casaque qui, ces derniers temps, pesait quelque peu plus lourd qu’à l’ordinaire. Et ce, uniquement de sa propre faute et de celle d’un manque de prudence auquel il allait falloir remédier. Une conversation entre deux jeunes bourgeoises empressées attira un instant son insouciante attention. Tout en cheminant rapidement, visiblement peu rassurées de se trouver dehors à une heure qui commençait à se faire tardive, elles éveillèrent la curiosité Élodie en évoquant une pièce de Shakespeare qu’elles disaient représentée non loin de là. Un vague sourire étira enfin les lèvres de la belle tandis que, ses informatrices involontaires parties, elle cherchait autour d’elle quel pouvait être l’endroit où se jouaient les vers de l’auteur anglais. Auteur qu’elle appréciait beaucoup, en français comme en anglais, même si elle ne pouvait évidement pas comprendre tout ce qui se disait dans sa langue. Elle avait assisté, il y avait quelques années, à une lecture de la pièce originale d’Hamlet et au-delà des mots, rien que le rythme des vers, les sonorités avaient suffit à la bercer et l’emmener ailleurs. Le théâtre semblait donc tout indiqué pour terminer cette journée sur une note plus positive et peut-être découvrirait-elle une nouvelle pièce, si ce n’était pas une représentation qu’elle connaissait déjà – ce qui, du reste, ne la dérangeait pas. Élodie s’élança donc à la suite des deux jeunes femmes, supposant que puisqu’elles en parlaient, il y avait des chances pour qu’elles ne s’y rendent. Mais alors qu’elle avait réussi à retrouver leur silhouette parmi celles des quelques passants encore attardé, un éclat de voix attira son attention. Un voix… connue. Vivement, elle se retourna vers la patrouille de mousquetaires qui passaient en discutant, patrouille dans laquelle se trouvait… son frère. Seigneur, s’il la voyait ! Avant que qui que ce soit ne puisse tourner la tête vers elle, elle avisa la première porte qui se présentait à elle et s’y engouffra rapidement.

L’ambiance étouffante et le brouhaha pesant qui y régnaient eurent tôt fait de la renseigner sur la nature du lieu : un troquet. Élodie s’y enfonça légèrement, des fois que les mousquetaires n’y rentrent – ce dont elle doutait – gardant les yeux un moment fixé sur la porte. Porte qui heureusement, ne s’ouvrit pas. Elle lâcha un soupir puis jeta un regard circulaire à la taverne. Plutôt mal famée d’ailleurs. Mais soit, elle allait attendre ici que tout danger soit écarté puis irait chercher l’emplacement de cette fameuse pièce. Cette résolution naissait à peine dans son esprit qu’une main se referma soudain sur son poignet. La jeune femme eut un sursaut et se retourna brusquement pour faire face à l’importun qui se permettait un tel geste. Néanmoins, l’homme qu’elle avait face à elle et ses paroles lui coupèrent un instant durant les mots.
« Enfin, Mademoiselle, je vous retrouve, vous, qui m’avez fui. Mais vous ne m’échapperez pas aujourd’hui. Je veux des explications, mademoiselle de Froulay ! »
Nicolas de Ruzé. Élodie s’entailla l’intérieur de la joue. La dernière personne qu’elle s’attendait à croiser… et d’ailleurs qu’il était seulement prudent de croiser. Il y avait un certain temps maintenant, depuis l’incident du baiser, qu’elle évitait le mousquetaire au camp comme en mission. Autant pour lui éviter toute envie de recommencer – ce qui finirait fatalement par la démasquer – que pour le laisser croire tranquillement que François et Éric avaient en effet une sœur, Élodie, – ce qui, en soit, n’était pas totalement faux… - et ne pas lui donner le loisir d’en douter. Et il fallait que ce soit sur lui qu’elle tombe. Ce soir, qui plus est. Finalement, c’était à se demander si elle ne préférait pas que François la surprenne. … D’ailleurs non, à la réflexion. Elle saurait, malgré ses paroles, se défaire de Ruzé alors que son frère serait inévitablement furieux – ô doux euphémisme.

« Sachez, Monsieur, que j’échappe à qui je souhaite, lança-t-elle avait un regard quelque peu sévère. »
Un vague sourire étira ses fines lèvres. Toutefois, elle n’était pas d’humeur à jouer aux piques et aux joutes orales. Lasse, elle repoussa de devant ses prunelles brunes quelques mèches de sa chevelure fauve tout en le dévisageant. S’il allait finir par croire qu’elle passait sa vie aux troquets, elle-même commençait à penser la même chose de lui. Quoi que, cela n’avait rien de particulièrement étonnant en somme : nombreux étaient les mousquetaires à passer leur temps libre entre les tavernes et les maisons closes. Heureusement, il en restait tout de même qui prenaient plus de plaisirs aux salons et aux bals qu’à ce genre de passes temps auxquels Elodie ne pouvait guère – et e désirait pas particulièrement – participer. Nouveau léger sourire, avant de revenir à Nicolas.
« Quant à ce que vous exigez de moi… je suis navrée, mais je ne vois absolument pas quelles explications je pourrais bien vous devoir : je ne vous connais pas monsieur, reprit-elle avec une petite moue. »
Mensonge une fois de plus, mais il y avait bien longtemps qu’elle ne comptait plus. Si Dieu les punissait aussi sévèrement qu’on voulait bien le dire, alors elle préférait retarder le plus possible l’heure de se retrouver face à lui. Elle espérait qu’il en comprendrait la nécessité… à moins que cette double vie ne lui ait déjà attiré ses foudres ce qui, au reste, était fort possible. Mais là n’était pas la question ce soir. Le plus important était de couper court à cette discussion.
« Nous serions-nous déjà croisés ? continua-t-elle sur un ton à la fois badin et étonné. Enfin monsieur, je m’excuse, mais j’ai à faire. Adieu. »
Expéditif, certes. Mais efficace, elle l’espérait. Sur ces paroles, elle adressa un léger signe de tête au mousquetaire puis entreprit de se dégager avant de lui tourner le dos et d’entreprendre de s’enfuir légèrement.
Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: Ta vie a un secret, mon âme a des mystères |Élodie de Froulay|   24.03.10 15:32

Nicolas souffrait d’être dans cet endroit. Pour une raison qu’il ignorait totalement! Habituellement, les cabarets, les tavernes, tous les endroits de perdition, il s’y plaisait abominablement. Mais maintenant, il ne voulait que partir. Non pas qu’il n’y était pas à l’aise, mais il s’y ennuyait. L’atmosphère était devenue plus lourde d’un seul coup, comme si quelqu’un pressait sur sa tête et sur ses tempes. Il ne pouvait pas nier qu’en cet instant, il n’avait voulu que partir de cet endroit, retourner au campement et dormir! Oui, c’était possiblement ce qui était le plus sage; voilà quelques jours qu’il n’avait pas dormi une vraie nuit de sommeil. Cependant, rien ne l’attirait dans le fait de se coucher sur un tas de paille et de dormir. Mais Nicolas croyait au hasard dans sa légendaire chance. C’était la raison pour laquelle il ne se questionna aucunement lorsqu’il vit Élodie de Froulay apparaître au bout du troquet. S’il n’était pas encore parti dans son lit, c’était parce qu’il était destiné à revoir cette demoiselle, la soeur des frères Froulay, les deux jeunes hommes les plus intransigeants de tous les mousquetaires. Nicolas était d’ailleurs le premier à avouer qu'ils étaient les plus chiants avec leurs principes et leur immobilisme. Excepté Alexandre d’Artagnan, bien évidemment.

Mais voilà que la charmante sœurette était devant elle. Il ne pouvait manquer une telle opportunité! Mais si la chance favorisait toujours Nicolas, elle semblait toujours le renier lorsqu’il se trouvait devant un Froulay. Comme s’ils étaient maudits! Après s’être disputé avec François, avoir embrassé Éric, il était totalement repoussé par Élodie. Impossible! Cette fille allait lui céder ou il n’était pas Nicolas de Ruzé. Malheureusement pour lui, la soeur avait la hargne de ses frères à son égard. Elle pouvait échapper à qui elle le souhaitait si cela lui chantait, mais on ne fuyait pas Nicolas de Ruzé. Et un sourire se dessinait sur ses lèvres; oui, elle lui céderait!

Cela était presque amusant la façon dont cette fille était toujours dans des endroits sordides, indignes d’une jolie demoiselle de la noblesse. Il était évident que son côté rebelle plaisait infiniment à Nicolas. Peut-être s’amusait-elle seulement avec lui et qu’elle songeait déjà aux nuits dans ses bras. Ah! Quel orgueil possédait-il, cet impertinent mousquetaire! Mais c’était aussi une bonne partie de son charme! Mais visiblement, cette jeune femme ne le voyait pas de cet œil. Elle chercha de nouveau à fuir Nicolas.

-Mais voyons, vous vous mentez à vous-même, mademoiselle de Froulay. Vous savez très bien où nous nous sommes vus. Je sais que vous êtes surprise que je sache votre nom.

Nicolas posa sa main sur l’épaule gauche de la jeune femme et d’un mouvement lascif, tourna autour d’elle jusqu’à ce qu’il lui fasse face. Pouvait-il dire qu’il se sentait un esprit de chasseur ? Non pas. Il n’était pas de ce genre. Mais quelque chose comme un sentiment de défi s’insinuait lentement en lui, alors qu’il se postait devant Élodie. Se penchant légèrement afin d’avoir les yeux foncés de la jeune femme dans les siens, il reprit:

-Je travaille avec vos frères en tant que mousquetaire. C’est pourquoi je sais qui vous êtes. Et vous, sans savoir mon nom, je sais très bien que votre mémoire a des souvenirs de moi.

D’autres personnes auraient déjà cédé devant l’insistance de Nicolas, mais définitivement Élodie était très indépendante et ne voulait rien avoir à faire avec le mousquetaire. Bien, d’accord, mais il n’allait pas abandonner. Elle allait le fuir! Pas question! Son adieu était presque menaçant. Vivement, Nicolas sortit son épée de son fourreau. Avec un tour de poignet, il la plaça habilement devant la jeune femme, ce qui devait arrêter sa sortie. S’approchant d’elle, le mousquetaire se posta derrière elle, collant son torse contre son dos, entourant la taille fine de la jeune femme de son bras, tenant l’épée contre son ventre. Nicolas laissa une douce odeur prendre possession de son esprit. Étrangement, cette fragrance lui disait quelque chose. Comme s’il avait déjà tenu Élodie si proche de lui...

-J’en suis désolé, mademoiselle. Mais je crois bien que vous êtres obligée de passer la soirée avec moi.

D’un mouvement de son bras libre, il fit retourner la jeune fille sur elle-même. Leurs corps étaient proches. Nicolas en sentait leurs chaleurs. Cette fille qui l’évitait le rendait fou de rage. Il devait se l’avouer si elle lui avait cédé la première fois, il ne la poursuivrait pas autant. Mais l’idée qu’on puisse lui résister ne lui était guère plaisante. Il n’aimait pas cette fille, trop hautaine, trop masculine. Une dernière pensée pour sa douce Marie-Anne et il colla la lame de son arme contre les reins de la jeune femme. Avec un sourire mesquin victorieux, il fixa le regard d’Élodie.

-Vous êtes ma prisonnière, mademoiselle. Maintenant, expliquez-moi. Vous me dédaignez? Pourquoi?

Sa défaite était inévitable. Élodie de Froulay devrait abandonner les armes et perdre devant le mousquetaire. Elle n’avait pas le choix. Elle était prise au piège. Nicolas pourrait toujours lui faire signer l’armistice. Le reste du troquet ne pensa pas intervenir. En fait, il ne voyait même pas ce qui se passait. Tous avaient les yeux rivés sur la chanteuse et les deux protagonistes semblaient dans une bulle à l’écart du monde ; comme s’ils étaient seuls. Étrangement, le bruit ne dérangeait pas Nicolas. C’était plutôt le contraire. Le son qui les entourait les isolait. Les oreilles cillant, le mousquetaire regarda une nouvelle fois Élodie de Froulay. Mais devant sa conviction, il ne pensa même pas qu’il aurait à affronter ses frères si la demoiselle venait à en parler. Mais d’un autre côté, pourquoi le dirait-elle à François et Éric ? Elle serait obligée d’expliquer pourquoi elle était dans cet endroit miteux. Définitivement, Nicolas avait toutes les cartes en main. Il ne restait plus qu’à Élodie le choix d’abaisser son jeu.
Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: Ta vie a un secret, mon âme a des mystères |Élodie de Froulay|   26.03.10 18:36


« Mais voyons, vous vous mentez à vous-même, mademoiselle de Froulay. Vous savez très bien où nous nous sommes vus. Je sais que vous êtes surprise que je sache votre nom. »
Un de ces petits sourires en coin, mutinement satisfaits, qu’elle savait si bien employer aurait pu étirer les lèvres Élodie lorsqu’elle tourna le dos au mousquetaire. Comme la première fois qu’elle l’avait fuit ainsi, elle aurait pu ne plus avoir qu’à s’éloigner, légère, et le laisser planté là. Elle aurait pu, oui… si la main de Ruzé ne s’était pas soudain refermée sur son épaule, réduisant considérablement tout espoir d’une subtile fuite. D’un mouvement sec, elle tenta de se dégager, mais c’était sans compter la poigne de fer qui la retenait et dont elle ne pouvait espérer se débarrasser tant qu’il ne l’avait pas décidé. Une fois de plus, sa gracile silhouette démunie de force jouait en sa défaveur. Irritée, la belle contint un violent geste d’impatience tandis que Nicolas se plaçait face à elle, cherchant son regard dans lequel il trouva rapidement deux prunelles brunes et dorées aux airs sévères. A défaut d’être assassines, elles trahissaient plus que clairement son profond agacement. Cette journée allait l’amener à bout de sa patience et de son sang-froid si les choses continuaient ainsi…
« Je travaille avec vos frères en tant que mousquetaire. C’est pourquoi je sais qui vous êtes. Et vous, sans savoir mon nom, je sais très bien que votre mémoire a des souvenirs de moi. »
Élodie, qui n’avait pas réagit à la précédente réplique du jeune homme fronça les sourcils à celle-ci avant de redevenir impassible. Tant pour continuer dans le rôle de la femme sceptique que parce qu’elle était de plus en plus exaspérée. Il était plus que temps de mettre fin à cette petite scène. Ses prunelles mordorées droit dans les siennes, elle haussa un sourcil, l’air perplexe.

« Fort bien, mais tout cela ne me dit pas en quoi je devrais avoir des souvenirs de vous, monsieur. Encore moins si vous êtes mousquetaire… Si rencontre il y a eut, elle ne m’aura pas marquée, siffla-t-elle, cynique. Pour ce qui est de mes frères… vous comme moi savons très bien que cette conversation n’a aucun intérêt à leur être rapportée, continua-t-elle en insinuant que François et le prétendu Éric n’apprécierait guère de savoir Ruzé tournant ou ayant tourné autour de leur sœur. »
Il était surtout nécessaire qu’il ne parle pas de quoi que ce soit à François qui saurait parfaitement qui était cette nouvelle sœur qui s’était ajoutée à leur fausse fratrie, mais de cela, elle ne laissa rien paraître ni échapper un mot. Une ligne qui pouvait passer pour un sourire ironique étira les lèvres de la belle tandis que, doucement, elle défaisait les doigts qui maintenaient toujours son épaule.
« Pour la dernière fois, adieu monsieur, conclu-t-elle enfin sur un ton qui laissait percer un brin d’agacement et dont la sévérité se faisait presque et tangiblement menaçante. »
Cette fois, le message étant clair, Élodie prit résolument congé de son interlocuteur d’un signe de tête bref et un brin cavalier, comme toujours. Jamais, même lorsqu’elle endossait le rôle d’Éric, elle ne se débarrassait de cette insolence qui lui était si propre. Vivement, elle lui tourna le dos et songea à s’éloigner enfin. La patrouille de mousquetaires était certainement loin maintenant, inutile de plus se risquer ici et à bien y réfléchir, vu les évènements, elle avait vraiment très envie de voir cette pièce de Shakespeare. Tout plutôt que de rester ici où l’air commençait à se faire dangereux. Car Élodie ne doutait pas de l’obstination de Ruzé lorsqu’il s’agissait de faire tomber une femme dans ses filets, surtout lorsque celle-ci lui résistait. Étrangement, plus on leur signifiait que tout effort était inutile, plus les hommes s’entêtaient… Or, il était hors de propos qu’il ne s’y essaye avec elle. D’abord parce qu’elle n’en avait aucune envie et ensuite… et ensuite parce que s’il devait y avoir un homme pour la jeune femme, il était certes bien loin du mousquetaire…

Elle entreprit donc de s’éloigner, mais elle n’eut pas même le temps de faire un pas. Soudain, le bruit familier d’une lame sortant de son fourreau attira son attention et avant qu’elle n’ai pu faire quoi que ce soit, un éclat de ferraille passait furtivement au coin de son œil et la rapière du mousquetaire se trouvait fermement placée devant elle, lui coupant brusquement la route. Surprise, elle ne songea pas immédiatement à écarter l’arme et à s’échapper. Grave erreur. Vivement, Ruzé se colla à elle, entourant sa taille frêle l’épée posée contre son ventre. Elle tressaillit, plus à cause de la soudaine proximité du jeune homme que la lame dont elle savait qu’il ne servirait pas autrement que pour l’usage dont il en avait déjà. Immobile, elle se raidit en le sentant se pencher sur elle, sans tenter le moindre mouvement pour se dégager. Inutile, vu la situation, de seulement espérer s’échapper.
« J’en suis désolé, mademoiselle. Mais je crois bien que vous êtes obligée de passer la soirée avec moi. »
La belle s’entailla l’intérieur de la joue pour réprimer la colère – et un brin de panique peut-être – qui montait en elle. Sans pouvoir rien y faire, elle du tourner sur elle-même, se retrouvant ainsi face au jeune homme. Elle essaya de profiter de cet instant pour se soustraire à cette étreinte forcée, mais le contact de la lame contre ses reins l’en dissuada. Son regard se fit assassin en réponse au sourire mesquin du mousquetaire proche, bien trop proche à son goût. Et pendant ce temps, pas un des clients du troquet ne songea à s’intéresser à la scène qui se déroulait pourtant sous leur nez, les gardant tous les deux comme isolés du reste du monde et laissant à Élodie un sentiment de profonde solitude.
« Vous êtes ma prisonnière, mademoiselle. Maintenant, expliquez-moi. Vous me dédaignez? Pourquoi? »
Prisonnière, pas moins. Obligée de lever la tête, la jeune femme le vrilla de deux prunelles noires, soutenant les siennes avec colère, insolence et défi. Si c’était ainsi qu’il s’y prenait dès que l’on osait lui résister un tant soit peut…

« Vous n’obtiendrez rien de moi, monsieur, et encore moins de cette façon que cela soit clair, asséna-t-elle d’une voix dure, commençant à perdre ce fameux sang-froid des situations délicates. Maintenant, laissez-moi. »
Il y avait dans son ton une nuance menaçante aisément perceptible. Néanmoins, ainsi collée contre lui, elle ne pouvait faire grand-chose. La poigne de fer du mousquetaire était bien trop forte pour qu’elle ne puisse espérer se dégager, ce qui ne l’empêcha pas de faire un mouvement, en vain. Une lueur intense mais indéfinissable passa dans ses prunelles mordorées, plantées dans celles de Nicolas. A bout de patience, profondément irritée, elle contint un sifflement de rage tout en faisant vivement glisser sa main le long du bras du jeune homme jusqu’à arriver dans son dos. Là, elle posa ses doigts sur les siens qui empoignaient fermement la garde de son épée pour tenter de les en détacher, mais tout ce qui en découla fut qu’il lui attrapa et bloqua la main. Cette fois-ci, c’en était trop pour les maigres réserves de patience que lui avait laissé une pénible journée. Perdant contrôle, elle lança :
« Bon dieu Ruzé ! Lâchez-moi ! Je- »
Elle s’interrompit soudainement. Il y eut un instant de flottement. Une infime seconde durant laquelle rien ne se passa et qui fut nécessaire à Élodie pour réaliser ce qu’elle venait de dire. Grave, très grave erreur. Elle dévisagea le mousquetaire, se troublant à la vue de son expression. Seigneur, qu’avait-elle fait ? Éric connaissait Ruzé mais jamais, au grand jamais la jeune femme n’était censé connaître son nom. Brusquement, elle fit un nouveau mouvement de fuite en vain toujours. Une lueur angoissée s’alluma dans ses yeux. Avait-il compris… ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: Ta vie a un secret, mon âme a des mystères |Élodie de Froulay|   01.04.10 17:55

La demoiselle était franchement irritée et cela séduisait encore davantage Ruzé. Comme si le défi lui rendait la chose plus excitante. Lorsqu’on lui cédait trop facilement, il n’y avait donc pas de danger. S’il devait insister, c’était que le reste serait dangereux. Et comme c’étaient les risques qui ranimaient l’esprit vif de Nicolas, Élodie de Froulay était définitivement intéressante, car jamais on ne lui avait résisté ainsi. Jamais il n’avait eu à dégainer son épée afin de maintenir une fille contre lui. Et Nicolas devait s’avouer que le fait qu’il travaille avec ses frères ne rendait le tout que plus intéressant. Ce serait étrange de les narguer, mais ce serait surtout si plaisant.

Mais elle résistait toujours. Élodie n’était pas prête de céder. La vue de ce petit jeu excita davantage Nicolas, qui eut un sourire malsain aux lèvres en voyant la jeune femme se débattre. Elle tentait de défaire l’étreinte de ses doigts, mais il était certain que tous ses efforts étaient vains. Nicolas vit la panique se poser sur le visage de la demoiselle. Eut-il certains regrets? Possiblement, car même si Nicolas avait une certaine part de mal en lui, il n’était pas foncièrement mauvais. Le fait qu’une demoiselle ait peur de lui mit un doute dans son esprit. Était-il vilain? Mais il n’eut pas le temps de se poser davantage de questions. Son nom siffla entre les dents d’Élodie.

Les yeux bleus de Nicolas se posèrent sur le visage soudainement figé et paniqué de la jeune femme. Ils la fixèrent avec questionnement et inquisition. Devant l’angoisse que manifestait sa prisonnière, Nicolas faillit la relâcher, mais il ne pouvait le faire si vite. Au contraire, il resserra son étreinte. Vivement, l’esprit ne fit qu’un tour. Tous les doutes qu’il accumulait depuis le terrible incident se ramenèrent en un seul. Qui était réellement Éric de Froulay? Qui était la personne qu’il avait embrassée?

Soudainement, la pointe de l’épée de Nicolas retomba sur le sol, alors que ses doigts lâchaient leur proie. Mais ce mouvement de rejet fut aussitôt remplacé par un autre. Les doigts du mousquetaire s’emparèrent du menton d’Élodie, levant son visage vers le haut. Nicolas la tira vivement vers une fenêtre près de l’arrière-boutique. Les yeux observateurs du jeune homme fixaient ce visage, beau, sauvage, androgyne. En tenant l’osseux menton, il regardait dans les prunelles anxieuses. Ce regard! C’était le même que lui avait lancé Éric dès qu’il avait reculé après leur baiser. Qu’est-ce que cela signifiait? Nicolas remit vivement son arme dans son fourreau et utilisa son autre main pour la mettre dans la chevelure épaisse d’Élodie. Puis la paume descendit en appréciant la courbe du cou, puis la grâce des épaules. Aucun doute n’était possible maintenant! Était-ce par vengeance que Nicolas souhaitait profiter de son avantage?

Après un regard aux alentours, il ouvrit la porte de l’arrière-boutique et y traîna Élodie, violemment. Son regard se fit dur. Sa conscience eut peur de lui. Que comptait-il faire? Il plaqua la jeune femme sur le mur. En la voyant ainsi dans la lumière diffuse de cette petite pièce, en regardant son regard fier, mais paniqué, Nicolas sut qu’il avait gagné. Il se colla contre le corps souple de la mousquetaire. La tête penchée, il jeta un coup d’œil à sa réaction, mais bien contre sa volonté, son instinct avait été le plus fort. Bloquant toute issue à la jeune femme, il se mit contre elle, les pieds au travers des siens. Vivement, ne craignant aucunes représailles, Ruzé se saisit des poignets de la jeune femme et les broya entre sa main gauche en les haussant au-dessus de leurs têtes, contre le mur de bois. De son autre main, il caressa le visage anguleux et sublime d’Élodie. Mais sa vilenie le fit poursuivre. Après le galbe du cou révolté, Ruzé glissa sa main sur le corsage de la jeune femme. Ses yeux se levèrent afin d’observer sa réaction. Prenait-il du plaisir à maltraiter sa collègue ainsi? Fort honnêtement, il n’aurait su le dire, mais s’il y avait des regrets à avoir, il les aurait plus tard. Ce n’était pas le moment maintenant! Il devinait sous le fin vêtement, de la peau douce et tendue, au grain resserré, des auréoles d’un mignon rose. Une langue mutine passa sur ses lèvres. Quittant la poitrine, la main de Nicolas descendit sur la taille fine. Un sourire de victoire passa sur son visage. C’était la taille d’Éric de Froulay, il était prêt à mettre sa main au feu. Mais son envie se fit plus grande et la main se souleva, alors que les pieds jouèrent contre ceux d’Élodie pour écarter davantage ses jambes.

Nicolas ne pouvait dire s’il pensait réellement à ce qu’il faisait. C’était comme s’il faisait ses gestes machinalement, comme s’il n’en avait pas conscience, comme si un autre les faisait à sa place. Jamais il n’avait forcé une fille avant, mais ses gestes étaient certains, décidés, sans hésitation. Comme dans un état second, l’esprit de Nicolas était endormi, alors que le corps de Ruzé agissait. Deux personnalités propres agissaient dans cet acte ignoble. La main gauche resserrant la prise des poignets, jusqu’à en broyer les os, la droite relevait maintenant la jupe de la jeune femme. Les yeux révoltés de Nicolas regardaient la blancheur de la peau, le galbe magnifique des cuisses musclées par l’entraînement, alors que ses longs doigts cherchaient à remonter jusqu’au fuseau, jusqu’à la rencontre des cuisses. La respiration de Nicolas s’accéléra. Son cœur battit plus rapidement. Il parvenait enfin à son but. Mais soudainement, il ferma les yeux. Sa main droite quittait l’endroit critique qu’elle n’avait pas atteint. Son bras retomba lestement près de son long corps. Son visage prit une teinte de remords, de désolation, comme l’expression que l’on voit sur les gens qui ont des morts sur la conscience. Sa figure se leva vers celle d’Élodie.


Sa main s’éleva lentement et douce, elle caressa l’angle de la mâchoire de la jeune femme. Sa tête penchée, Nicolas sentait le rythme de son cœur ralentir maintenant qu’il s’éloignait de ce si grand péché. Mais il ne tint pas longtemps dans cette position de regret. Relevant dignement la tête, il fixa, immobile, le visage d’Élodie. Délicatement, il avança sa figure. Ses yeux se fermèrent de nouveau, alors que ses longs cils touchèrent ses hautes pommettes. Ses lèvres entrouvertes, humides, rejoignirent celles d’Élodie, pour la première et seconde fois. Il n’osa pas plus et ces quelques secondes lui rendirent l’âme plus légère. Il se recula rapidement, le cœur à nouveau saisi de battements rapides. Ses yeux vifs parcouraient le visage d’Élodie, alors qu’il la libérait de son étreinte. Il n’osa pas la blesser davantage. Il était vengé, c’était ce qui comptait. Elle n’était pas corrompue, c’était bien ainsi. Comme pris d’une vision affreuse, Nicolas se rendit jusqu’à l’autre coin de l’arrière-boutique. Entre deux barils de bière, sous un panier suspendu de fruits, il s’assit, ses longues jambes repliées. Ses grandes mains nerveuses parcoururent son visage, avant d’aller fourrager dans ses cheveux aux reflets roux. Qu’avait-il fait? Il était…! Argh! Il ne trouvait même pas de mot. Ignoble et affreux ne semblèrent pas assez forts pour qualifier sa conduite.

Son regard désolé se releva vers Élodie.

-Éric, me voilà vengé. L’envie de vous embrasser de notre mission était bien naturelle puisque je découvre maintenant que vous êtes une femme. L’erreur d’avoir embrassé un homme est maintenant lavée puisque j’ai de nouveau embrassé cette personne, cette fois sous ses traits réels, ceux d’une femme.

Une nouvelle fois, ses mains frottèrent son visage.

-Une femme dans les mousquetaires! …

Il ne sut pas quoi dire d’autre pour masquer sa surprise, pour cacher son mécontentement. Après tout, Éric de Froulay était Élodie. En fait, François n’avait pas un frère et une sœur, mais bien une sœur qui se prenait pour un frère. Une femme qui excellait au combat et qui risquait sa vie au lieu de parler chiffon.

-Éric, je… Euh, Élodie, je… Merde!

Quoi dire pour s’excuser d’une telle chose? Il jeta un regard désespéré vers Élodie, puis il cacha son visage, resserrant ses jambes contre lui.
Revenir en haut Aller en bas
Invité





Invité


MessageSujet: Re: Ta vie a un secret, mon âme a des mystères |Élodie de Froulay|   05.04.10 15:30


S’il avait compris ? Soyons sérieux. Ruzé était loin d’être stupide, et surtout, avait déjà bien assez de clés en main pour ne pas hésiter bien longtemps. Leur mission qui s’était terminée de façon si douteuse, le soir lorsqu’il s’était rattrapé à elle pour éviter de trébucher… et là. Son nom dans la bouche de quelqu’un n’étant absolument pas supposé le connaître. Élodie se mordit l’intérieur de la joue, les prunelles inquisitrices du mousquetaire se posant fixement sur elle. Elle voulut se reprendre, trouver rapidement une excuse plausible, effacer de son visage toute marque de trouble et enfin, se dégager de son étreinte mais, avant qu’elle n’ait pu faire le moindre mouvement, il raffermit cette dernière, coupant court à toute possibilités de fuite – possibilités qui du reste n’était déjà pas bien grandes avant ceci. La belle sentit le fer de l’épée qu’il maintenait contre elle se resserrer sur son dos. Elle grimaça intérieurement, aucun de ses traits ne semblant pouvoir quitter l’expression figé et vaguement angoissée dans laquelle ils s’étaient installés. Elle songea un instant au petit poignard qui se trouvait coincé dans sa robe, dissimulé à sa taille, sous son corsage. Quitte à savoir se battre, autant toujours avoir une arme sur soi, surtout lorsque l’on est femme et que l’on court les rues comme elle le faisait. Elle pensa donc à la lame comme à son ultime recours pour se sortir de cette situation et commença, doucement, à déplacer sa seule main libre pour s’en saisir mais Ruzé avorta de nouveau son geste en la relâchant brusquement. Surprise, elle mit une seconde de trop à réagir. Une minuscule seconde qui lui coûta l’occasion de s’en aller car le jeune homme l’avait à peine lâchée qu’il lui saisissait déjà brusquement le menton et la tirait dans un coin du troquet sans lui laisser la moindre chance de protester. Elle tenta d’échapper à sa poigne, en vain, et serra les poings, se maudissant de son erreur.

Le mousquetaire la dévisagea fixement, trouvant dans son regard mordoré cette expression indéfinissable mélangée de peur et de colère qui se fondait dans ses prunelles lorsqu’elle n’avait plus aucun contrôle sur la situation, que tout semblait déraper et lui échapper.
« Lâchez-moi ! siffla-t-elle en faisant un brusque geste tandis qu’il remettait son épée au fourreau sans toute fois sembler avoir l’intention de faire ce qu’elle lui disait. »
Agissait-il ainsi sous l’effet de la surprise ? Avait-il réellement fait le lien entre ses paroles et le mousquetaire qu’il connaissait ? Malgré l’évidence de la situation, les actions du jeune homme troublaient l’esprit las et perturbé Élodie qui ne pouvait se résoudre à se savoir si complètement démasquée. Surtout de cette façon. Elle serra les dents lorsqu’il passa sa main dans son épaisse chevelure, de la même façon qu’il l’avait fait lors de cette fameuse mission, et tressaillit en sentant ses doigts glisser sur son cou gracile et ses épaules crispées. Elle lui lança un regard assassin, plein d’avertissement tout en sachant parfaitement qu’elle n’était pas en position de menacer qui que ce soit, et encore moins Ruzé. Une angoisse qui n’avait plus rien avoir avec la peur d’être découverte commença à lui nouer la gorge, le comportement du mousquetaire l’inquiétant. Elle jeta vivement un regard autour d’eux à la recherche de la moindre aide extérieure sur laquelle elle pourrait compter, mais rien ne lui apparut. Tous étaient bien trop occupés à contempler ce qui se passait du côté de la jeune femme qui se trémoussait sur l’estrade pour faire ne serait-ce que leur jeter un coup d’œil. Et vu l’état de la clientèle, rien ne garantissait d’ailleurs que c’est à elle qu’ils viendraient en aide s’ils venaient à se rendre compte de ce qui se passait pourtant juste sous leur nez. Dieu que les hommes pouvaient être stupides ou ignobles dès qu’il y avait une femme dans l’affaire…

Elle n’eut pas le temps de plus y songer ni de se demander s’il n’y avait pas une seule âme capable de lui venir en aide. Violemment, elle se sentit attirée dans la salle qui se trouvait être l’arrière-boutique et brusquement plaquée contre le mur de chaux. Elle s’entailla la lèvre pour contenir un élan de douleur du au choc et posa de nouveau deux prunelles clairement paniquées, mais qui ne perdaient jamais cette lueur d’insolence, sur Ruzé dont le regard semblait s’être fait d’acier. Elle frissonna, redoutant ce qui allait arriver. Encore une fois, elle tenta de se dégager mais sans résultat, le jeune homme se collant soudain contre elle, le coinça entre son corps et la pierre. Elle s’arc-bouta de toutes ses forces contre celle-ci pour le repousser mais toutes ses forces – ce qui ne revenait, l’on s’en doute, pas à grand-chose - ne suffirent pourtant pas à le faire bouger d’un pouce.
« Arrêtez ça ! Tout de suite ! lâcha-t-elle, la voix légèrement éraillée par l’angoisse. »
Soit il ne l’entendit pas soit, plus probable, ses exhortations ne lui importaient guère car au lieu d’esquisser ne serait-ce que l’ébauche d’un mouvement pour s’éloigner, il attrapa ses deux poignets dans une main et les leva au dessus de leur tête, les coinçant également contre le mur en serrant fort, trop fort pour la finesse des os qu’il avait entre les doigts. Élodie grimaça, et comprit aussitôt ce qui allait se passer. Elle dévisagea le mousquetaire, une lueur presque horrifiée au fond de ses prunelles ; et tenta de se débattre, sachant pourtant très bien que chaque geste qu’elle ferait dans ce sens serait totalement inutile, tout autant que songer de nouveau à se saisir de son poignard. Elle songea un instant à la patrouille de mousquetaires et à son frère qu’elle avait mit tant de précautions à éviter et regretta amèrement, cette fois, qu’ils ne soient finalement pas entrés dans la taverne tandis que la main libre de Ruzé parcourait son visage et glissait sur son cou.

Elle leva la tête, comme pour s’en débarrasser. Elle voulut ouvrir la bouche pour le menacer, crier, faire quelque chose ; mais de son cou tendu, les doigts du jeune homme passèrent à son corsage, lui arrachant un nouveau frisson et faisant s’étrangler les mots dans sa gorge nouée. Elle croisa ses deux prunelles qui semblaient guetter sa réaction et son expression goguenarde, malsaine, lui souleva le cœur. Dégoûtée, elle détourna la tête en l’appuyant sur le mur froid et ferma les yeux en serrant les dents. Acculée, incapable de la moindre réaction, elle n’avait plus qu’à attendre. Cette idée lui tira un murmure presque inaudible, emportant les mêmes mots que plus tôt. Mots qui n’eurent pas le moindre effet si ce n’est que la main du jeune homme passa sur sa taille, s’y attardant un instant. Juste un instant avant que la belle ne la sente se retirer. Elle se raidit, n’étant pas naïve au point d’imaginer qu’il aurait pu être pris d’un regret et s’arrêter là. Elle resta donc ainsi, les paupières toujours closes non sans deviner le petit sourire qui devait étirer ses lèvres. Le souffle court et la respiration hachée, elle se concentra sur la douleur lancinante de ses poignets qu’il serrait bien plus que de raison, en tentant d’ignorer ses pieds jouant avec les siens et ce qu’il cherchait à faire ainsi. De nouveau, comme mue par un automatisme, un instinct de survie, elle eut un geste pour se dégager et mettre enfin fin à ce cauchemar mais c’est à peine si son corps bougea. Seul son esprit semblait être actif, le reste n’était plus que pantin entre les mains du mousquetaire. Mains dont l’une entreprit de soulever son jupon. D’haché, son souffle se fit haletant, coupé par une indicible angoisse. Clairement, elle avait peur. Peur comme cela lui arrivait rarement, pas même avant une rixe ou un duel. Une peur capable de lui donner ce haut-le-cœur qui ne la lâchait plus, sachant terriblement bien ce qui allait inéluctablement se passer.

Elle frissonna violemment lorsque, sans détours, les doigts de Nicolas se posèrent sur la peau d’albâtre de ses jambes. Plus encore qu’elle ne l’était déjà, elle se raidit brusquement, son corps entier n’étant plus que tension et angoisse. Elle garda obstinément les yeux fermés, refusant de voir ses prunelles envieuses la fixer comme il devait certainement le faire. Elle s’entailla la lèvre inférieure, en tirant une minuscule gouttelette carmin à force de coups de dents. La main glissait, remontait, lentement mais sûrement. Et plus les secondes passaient, plus la jeune femme – encore pure, pourtant, de tout être masculin – se crispait, allant même jusqu’à serrer deux poings qui ne lui obéirent que difficilement et dont le sang semblait s’être échappé à force d’être contraints à cette position. Et puis tout s’arrêta. La main du mousquetaire s’immobilisa un instant et au moment même où la belle retenait son souffle et serrait les dents, se retira de sa peau marbrée. Élodie ne bougea pas le moins du monde, paupières closes. Son cœur paniqué cognait violemment dans sa poitrine, écœuré par ce qui avait failli et pouvait encore arriver. Elle resta tendue, tressaillit lorsqu’il effleura sa mâchoire puis sa joue, lui broyant littéralement les poignets, resserrant son étreinte autour d’eux. Elle ouvrit vivement les yeux et se mordit encore l’intérieur de la joue sous l’effet de la douleur et aussi en sentant, indiciblement, le visage du mousquetaire se rapprocher du sien. Elle tenta de l’éviter, encore, mais trop tard : ses lèvres se posaient déjà, légèrement, sur les siennes. Brusquement, elle tourna la tête, avec un nouveau mouvement pour le repousser, incapable d’en supporter davantage. Mais cette fois, ce fut de lui-même que Ruzé s’éloigna, rapidement, la libérant de son étreinte. Aussitôt, ses bras retombèrent le long de son corps, comme un pantin abandonné par son manipulateur, et elle se laissa glisser le long du mur jusqu’à atteindre le sol. Ses prunelles, agrandies d’une indéfinissable expression mêlée de rage, d’horreur et d’un millier d’autres émotions, le dévisagèrent tandis qu’il fuyait à l’autre bout de la pièce, passant nerveusement ses mains sur son visage.

« Éric, me voilà vengé. L’envie de vous embrasser de notre mission était bien naturelle puisque je découvre maintenant que vous êtes une femme. L’erreur d’avoir embrassé un homme est maintenant lavée puisque j’ai de nouveau embrassé cette personne, cette fois sous ses traits réels, ceux d’une femme. »
Vengé ? Venait-il bien de dire qu’il était vengé ? ?! Et de quoi osait-il se venger ainsi ?! Le souffle toujours haletant, elle serra les poings, mais de rage cette fois, avant que la vive douleur de ses poignets cerclés d’une marque rouge ne la rappelle à l’ordre. C’en était presque à se demander s’il aurait eu le moindre mal à les broyer totalement. Elle contint une grimace douloureuse, le dévisagea toujours avec ce même air horrifié mais terriblement assombri de colère cette fois-ci.
« Une femme dans les mousquetaires ! … »
Élodie se redressa, s’appuyant au mur contre lequel elle s’était laissée glisser pour se relever. D’abord mal assurée sur ses deux jambes, elle y resta adossée, regard toujours sombrement fixé sur le mousquetaire dont les prunelles désolées se posèrent un instant sur elle avant qu’il ne dissimule son visage dans ses mains. Elle ignora son début de balbutiement d’excuse ; rien ne saurait l’absoudre de son comportement, du moins pour l’instant. La belle resta encore un instant silencieuse. L’horreur et l’angoisse avaient doucement quitté ses yeux pour laisser place à une expression terriblement froide, presque plus inquiétante que si elle avait laissé éclaté toute sa rage sur ses traits. Lentement, elle se décolla de la pierre froide et se dirigea vers la porte de l’arrière boutique près de laquelle se trouvait Nicolas. A sa hauteur, elle s’arrêta, en le vrillant d’un regard glacial.
« Une femme, Ruzé, qui vous tuera aussi sûrement qu’un homme si elle apprend que vous avez parlé à qui que ce soit de cette affaire, lâcha-t-elle d’une voix vibrante de colère et profondément menaçante. »
Elle se tut un instant, le temps de lui laisser prendre l’ampleur de le menace et appuya sur la poignée de la porte. Cependant, juste avant de sortir, elle s’arrêta et, sans le regarder :
« Ne m’approchez plus jamais. »
L’avertissement qui pesait derrière ces mots était plus que clair. Sur ce, elle ouvrit et s’engouffra de nouveau au travers du troquet en laissant l’arrière boutique ouverte derrière elle. Là, une fois à quelques pas de la pièce, elle se laissa aller à prendre une grande inspiration, chancelant comme sous l’effet d’un dernier contrecoup de l’angoisse puis s’éloigna rapidement, rejoignant vite la rue sur laquelle la nuit étai totalement tombée. De théâtre et de Shakespeare il n’était plus question : la belle alla recouvrer son habit de mousquetaire et rentra aussitôt au camp.

FIN DU TOPIC (à mois que tu ne veuilles réagir ^^)
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: Ta vie a un secret, mon âme a des mystères |Élodie de Froulay|   

Revenir en haut Aller en bas
 
Ta vie a un secret, mon âme a des mystères |Élodie de Froulay|
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Ta vie a un secret, mon âme a des mystères |Élodie de Froulay|
» Secret War
» Amour secret...
» Le secret de Térabithia
» secret of mana

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
AU TEMPS DE VERSAILLES :: 
AU-DELÀ DES GRILLES DORÉES DE VERSAILLES
 :: Ville de Versailles :: Couronne de blé
-
Sauter vers: