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 Une arrivée plus que remarquée (rp unique)

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MessageSujet: Une arrivée plus que remarquée (rp unique)   Une arrivée plus que remarquée (rp unique) Icon_minitime06.03.10 16:08

- Ma chère, savez-vous que le Prince de Gonzague a quitté la France ?

- Est-ce possible ?

- Oserais je vous mentir Madame ? Il est parti voici trois semaines !

- Et cela sans repasser par la Cour ?

- Hélas !

- Va-t-il revenir au moins ? J’avoue que ce gentilhomme n’est point désagréable à regarder, et ses titres le rendent plus séduisant encore …

- Et son statut de célibataire n'est point à dédaigner, n'est ce pas ? … Cependant je n’ai eu vent d’aucun potentiel retour.

Milena était au supplice ! Voilà des jours et des nuits qu’elle tentait désespérément de chasser le Duc de Mantoue de la moindre de ses pensées, et à présent deux pécores lui renvoyait, tel un méchant reflet, son visage. Sa forte raison parvenait parfois sans mal à taire ce nom, effacer chacun de ses traits et à se résigner, mais son cœur lui encore bien blessé ne cessait de saigner. Depuis son départ précipité de l’hôtel de Nevers, la belle hispanique ne dormait guère, hantée qu’elle était encore par ce prénom : Vittoria. Une nouvelle fois, cette insupportable interrogation s’imposa à son esprit. Qui était Vittoria ? Une maîtresse ? Une sœur ? Une cousine ? Mais l’idée d’une relation fraternelle entre Gabriel et cette inconnue lui paraissait à mille lieues de la réalité. Elle l’avait soigné, guetté chacune de ses poussées de fièvres, observé chacun de ses délires. Pouvait-on demeurer dans un tel état de prostration de si longues journées pour une sœur ? En réalité, cela se pouvait selon les circonstances, néanmoins Milena était convaincue du contraire. Son intuition féminine et médicale la confortait dans sa thèse : Vittoria et le prince s’aimaient. A présent, elle devait vivre avec ce poids, avec l’humiliation de n’avoir été qu’une … passade.

Mais il ne fallait guère se remémorer ces instants de solitude passés à ne songer qu’à lui ! Il ne devait certainement point lui accorder autant de ses pensées, ne lui avait-il point prouvé par son ingratitude ? Comme le disait si justement l’une de ces courtisanes, il n’avait pas jugé utile de se rendre à Versailles. Certes, la Princesse Palatine lui avait écrit une fort charmante lettre mais la jeune femme ne recevait rien de son patient ! Pas une missive, pas un billet ! Il la décevait plus encore par cette attitude, indigne d’une personne soi disant bien élevée. Son état si défaillant lui permettait donc un périple à Mantoue, mais un simple détour par la cour afin d’exprimer une quelconque gratitude, ne lui avait visiblement point traversé l’esprit. Ses soins, ses veilles à son chevet, son jeûne ne devaient point justifier une simple visite de courtoisie ! Les semaines passaient interminables, et Milena restait dans l’indifférence de cette famille princière … On l’avait oublié, et dire que sa sottise l’avait poussé à prendre quelque nouvelles de Gabriel lorsqu’il se trouvait toujours à Paris. Il s’agissait bien sûr de sa dernière erreur le concernant, et de ses ultimes scrupules. A présent que le Prince ne pouvait guère tomber plus bas dans son estime, comme elle devait l’être dans la sienne, elle s’était éveillée ce matin là assez tard avec le sourire.

Milena avait mangé un copieux petit encas et avait rejoint un livre à la main, l’allée centrale, afin de s’y plonger durant l’après midi. Déjà la foule des courtisans venue assister à la promenade quotidienne de la Reine s’y pressait. La princesse s’était assise sur un petit banc et sa lecture l’absorbait lorsque ces deux femmes interrompirent donc sa concentration romanesque. Ce fut alors que les deux tournèrent la tête dans sa direction et s’approchèrent d’elle.


- Bonjour Princesse. Pardonnez nous de vous interrompre de la sorte !

Un sourire de fausse convenance affiché aux lèvres, mademoiselle de Cortès se leva afin de s’entretenir avec elles.

- Bonjour mesdames, je vous en prie ce n’est rien. Le Cid est certes fort intéressant mais assez tragique en son genre. Le plaisir de votre compagnie m’a sauvé de quelques larmes d’émotion.

Ces nobles dames parurent soulagées et en vinrent donc rapidement au motif de ce dérangement.

- Nous en sommes fort aises. Peut-être avez-vous pu ouïr le propos de notre conversation ?

- Non, quel était-il ?

Milena n’allait tout de même pas admettre qu’elle avait pu les entendre. Cet aveu se révélerait des plus inconvenants et des plus impolis.

- Le Prince de Gonzague.

- Gonzague ?

La princesse feignit de ne point se souvenir de ce nom. Ses interlocutrices en semblèrent agacées, car désirant lui soutirer quelques renseignements, que bien sûr elle n’avait point et pour cause.

- Oui souvenez-vous Princesse, l’homme qui vous a raccompagné à la Cour à votre retour de Saint Germain !

- Ah ! Bien sûr le Prince ! Oui en effet, je m’en souviens vaguement !

- Vaguement ? N’êtes vous point liés par quelque amitié Madame ?

- Certes non, en effet il a eu la délicatesse de me proposer son carrosse afin que mes affaires ne souffrent point de délai, mais nos relations se bornent à la plus stricte courtoisie.

Elles en furent réellement déçues, mais puisqu’il fallait oublier Gabriel, autant prétendre ce qui désormais était bel et bien réel. S’ils se recroisaient, leur rencontre se limiterait à la plus froide des politesses. Milena par ses propres paroles, s’en persuadait en cet instant même, elle ne ressentait plus pour cet homme le moindre penchant. Sa raison enfin la guidait !

- Vous ne savez donc point s’il reviendra d’Italie ?

- D’Italie ? Mesdames je n’étais guère au courant qu’il avait passé la frontière, comment pourrais je connaître ses intentions ? Comme je vous l’ai dit, le Prince se garde bien de s’adresser à moi. Et d’ailleurs pourquoi le ferait-il ?

Une note d’amertume et de colère gagnait sa voix, aussi elle préféra se taire avant que cette dernière ne soit par trop perçue. Ses yeux neutres allaient de l’une à l’autre, tellement dépitées. Elles s’apprêtaient à prendre congé d’elle, lorsque leur attention se détourna de Gabriel de Gonzague. Plus rien ne laissait entrevoir la contrariété qui les animait tantôt, une excitation nouvelle porta leur regard à se tourner vers la Cour Royale où plusieurs carrosses venaient de pénétrer.

- Le Vatican à Versailles ? Croyez-vous qu’il s’agit encore de l’affaire de l’attentat contre Créqy ?

Sans même la saluer, les deux femmes soulevèrent le pan de leur robe afin de… courir vers cette manifestation. La princesse demeura ainsi stupéfaite, ces versaillais lui offrirent alors une terrible image : celle des chiens se livrant à la curée dès qu’un évènement se produisait à la cour. Elle aperçut au loin un cardinal et plusieurs prêtres dont les pas lents convergeaient vers le château. La jeune hispanique ne voulut guère offrir au Vatican un visage dévoré par une curiosité malsaine, et resta donc sur place, les yeux baissés comme il sied à une enfant respectueuse de l’Eglise.

Cependant, lorsqu’elle aperçut cette cape de cérémonie pourpre voleter au devant d’elle et cela plusieurs secondes, Milena ne put s’empêcher de redresser la tête. L’ecclésiastique la dévisageait intensément et une certaine gêne la submergea. Son comportement était pour le moins étrange. Déjà les courtisans se posaient des questions, elle devenait l’attention de tous. Et ce cardinal qui semblait la mettre sur un piédestal, tant sa bouche entr’ouverte, les yeux brillants, témoignaient de ce sentiment. Voyait-il en elle le fantôme d’un être cher ? Milena ne le savait mais cette attitude lui déplaisait et ses joues s’en portaient mal. Pourquoi ne passait-il point son chemin ?

Tout au contraire de ce qu’elle souhaitait, ce membre du haut clergé s’approcha plus encore et lui saisit les mains. Les siennes étaient moites d’émotion, il lui sembla même qu’une larme luttait pour ne pas couler sur la joue creusée de cet homme. Il fallait réagir mais avant qu’elle n’eût pu dire un seul mot, l’émissaire s’agenouilla devant elle, conservant ses fines mains dans les siennes. Les personnes présentes, remarquant à peine la Reine qui les avait rejoints, laissèrent échapper un oh de sidération. Sidérée Milena l’était sans doute davantage ! Elle ne comprenait absolument rien à ce geste par trop respectueux. Un Cardinal ne se mettait à genoux que devant le Pape et point devant une simple princesse, si pieuse soit-elle.


- Eminence, je …

- Je vous retrouve enfin Madame !

Le connaissait-elle ? Pourtant, elle se félicitait d’avoir une bonne mémoire mais ses traits ne lui évoquaient aucun souvenir. Peut-être que cette dernière lui faisait défaut …

- Dieu ne m’a donc point trompé !

- Eminence, j’ai peur de ne pas bien saisir …

- Vous êtes son Elue Madame, c’est lui qui guida mes pas jusqu’ici afin que je puisse vous en faire part.

Cette histoire des plus saugrenues lui aurait arraché un de ses plus rares fous rires, si sa gêne n’avait été si grande ainsi que son ébahissement, tandis qu’il demeurait ainsi genoux à terre. L’Elue de Dieu ? Le Seigneur paraissait si loin de son existence et à des lieux de s’y intéresser que malgré tout un sourire ironique lui échappa. Il fallait détromper ce pauvre homme à tout prix.

- Monseigneur, je ne pense guère être celle que vous décrivez avec tant de ferveur …

Le cardinal soudain se redressa et planta son regard dans le sien.

- Doutez-vous de la parole de Dieu, mon Enfant ? Pensez-vous que celui-ci puisse se tromper ?

- Non … non … bien sûr que non !

Voilà qu’elle était presque prise en faute et accusée de blasphémer. Que répondre ? Elle ne pouvait lutter ! Cet homme paraissait si convaincu de ce qu’il avançait ! Grâce à son assurance, celui-ci se radoucit.

- Je puis aisément imaginer votre surprise mais le Seigneur vous a choisie et vous ne pouvez guère contrer ses Divines Volontés.

Sa surprise ? Milena semblait être clouée au sol, plus que toutes les espèces de fleurs de Versailles. Elle n’en croyait pas ses oreilles ni ses yeux. Il s’agissait d’un cauchemar ! Toute cette affaire ne la concernait pas, elle n’en connaissait rien, elle avait la cruelle impression de débuter un livre par la fin. Pourquoi ? Comment ? Elle restait dans l’ignorance. Ne pouvait-elle savoir ?

- Madame, comment vous nommez-vous ?

Ainsi il ne le connaissait même pas, toute cette affaire prenait des tournants étonnants de minute en minute.

- Eugenia de Cortès, Eminence.

Son interlocuteur ne put déguiser un réel sourire, qui parut le conforter dans ses pensées. Qu’avait-elle donc dit encore ?

- Eugenia … Cortès ... oui bien sûr … Mademoiselle de Cortès, je vous annonce donc que dès ce jour vous êtes sous la protection de l’Eglise, ainsi le veut le Saint Père. Par sa bénédiction, chaque lieu où vous vous rendrez sera pour vous une terre d’asile, vous voilà à présent intouchable !

Ce discours teinta agréablement à son ouïe, car à vrai dire cela pouvait se révéler pour le moins intéressant, afin de mener à bien sa vengeance, mais tout ceci ne lui expliquait guère cette situation.

- J’en sais gré à Sa Sainteté …

Elle voulut baiser l’anneau de saphir mais le cardinal retira sa main.

- Voyons Madame, si l’un de nous deux doit s’incliner devant l’autre, il ne peut dorénavant s'agir que de moi …

Milena en eût assez de ces égards d’attention sans le moindre détail, et elle ne put dissimuler plus longtemps son irritabilité …

- Monseigneur, pourriez-vous je vous en prie me fournir quelques explications, sans quoi … je risque de devenir folle !

Le légat pontifical d’abord quelque peu surpris par cette réplique, se recula et l’invita à marcher … Elle lui emboîta le pas. La cour toujours aussi curieuse, suivait, tentant de surprendre certains mots croustillants !

- Vous avez raison Madame, je vais tout vous relater ... Puis j'irai m'entretenir avec le Roi.
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