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 Douloureuses réminiscences [ Angélique-Rose d'Amboise ]

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MessageSujet: Douloureuses réminiscences [ Angélique-Rose d'Amboise ]   Douloureuses réminiscences [ Angélique-Rose d'Amboise ] Icon_minitime28.02.10 23:29

Les souvenirs... drôle de phénomène quand on y pense, qu'ils soient heureux, insidieux, attendrissant ou douloureux ils ne cessent de nous hanter, de nous faire souffrir. Le souvenir heureux nous entraine dans la nostalgie d'un instant passé que l'on ne pourra jamais revivre de manière totalement identique tandis que son contraire nous enfermera dans la douleur de n'avoir peut être pas su quoi faire pour changer le cours du temps, il s'accrochera à nous, s'insinuera dans nos moindres pensées de façon à nous rendre coupable de nos propre impuissance. Les réminiscences sont quelque chose de fabuleux, ils sont le conseil, l'assurance, ils sont les comptes et les avenirs, ils sont les rappels en confiance, bon ou mauvais on s'en inspire pour ne pas reproduire deux fois un schéma se voulant injuste ou douloureux. Quand certains les entendent et les comprennent mais n'ont plus envie d'y croire ni de les voir, qu'ils les voient passer, les voient roder mais que ça ne les émeut plus, certains s'accrochent aux souvenirs pour l'hommage au courage, ou tout simplement parce qu'ils les entrainent toujours plus haut.

Gabrielle fait partie intégrante de la seconde catégorie de personnes, elle est de ceux se refusant à effacer ces instants passés ayant participé à faire d'elle une personne adulte avec ses qualités, ses défauts, ses tics, ses indulgences et exigences. La jeune femme a vécue beaucoup de chose malgré son âge, la mort de sa mère en couche, le mépris et les reproches de ses frères et d'une tante l'ayant élevée mais qu'elle n'a jamais assez connue, une relation fusionnelle avec un père parti trop vite, une particularité qu'elle aurait voulu garder pour elle et cultiver en secret mais qu'elle ne pouvait nier tant elle était évidente. Alors, plutôt que de faire de tout cela un lourd baluchon qu'elle devrait porter et dont elle aurait honte, la demoiselle en avait fait une force, non elle n'était pas responsable la mort de sa mère qui avait fait le choix d'avoir un troisième enfant en connaissant parfaitement les risques que cela impliquait, le désir de d'offrir la vie une dernière fois était plus fort que tout, et oui elle possédait les même yeux que sa majesté Louis XIV, Roi de France et de Navarre. Elle n'avait pas demandé à avoir cette particularité pas plus qu'elle n'avait souhaité faire partie de la lignée d'un enfant illégitime de feu Henri IV, détail que sa tante c'était empressée de lui révéler lors de son arrivé afin de lui faire comprendre encore un peu plus qu'elle n'était pas la bienvenue sur Terre. Gabrielle n'avait pas l'air de souffrir des critiques lorsqu'elles lui étaient envoyé en pleine tête comme on lance un boulet de canon sur un mur que l'on voudrait détruire, mais elle n'avait réellement commencé à vivre qu'une fois à Versailles. Atteindre ce lieux qu'elle considérait comme une sorte de paradis lui avait fait prendre conscience qu'elle ne devait pas souffrir des injures mais plutôt grandir grâce à elles.

Sa rencontre avec Marc de Beauharnais, celui qui, sans le savoir aller marquer le cœur de la belle de manière définitive ne fit que la conforter dans son idée. Ça oui, le beau mousquetaire avait c'était inscrit au plus profond de la jeune demoiselle. Gabrielle n'avait rien oublié de leur première rencontre, aujourd'hui encore elle sentait parfois quelques larmes couler le long de ses joues lorsqu'elle repensait au désarroi dans lequel elle l'avait trouvé. Le jeune homme c'était livré à elle sans chichis, sans secret, il lui avait tout raconté, l'amour qu'il portait à sa femme, le bonheur de la paternité mais aussi la déchirure de la voir mourir engloutie par les flammes, la frustration et la culpabilité de n'avoir rien pu faire pour lui permettre de voir grandir leur enfant. C'est souvent quand on ne réfléchis pas et que l'on abandonne les convenances que les gestes véritables font surface. Personne ne saurait trop vous expliquer pourquoi mais la jeune femme prit Marc dans ses bras, faisant fit de son éducation pour n'écouter que son cœur. Et, contre toute attente, ce dernier se laissa faire mais surtout il se laissa aller et pleura sur l'épaule accueillante de la belle. La rumeur raconte même que le jeune homme se serait endormi le nez dans le creux du coup de Gabrielle, cette dernière l'aurait alors allongé sur son lit, l'aurait bordé, aurait déposé un baiser sur son front et serait allée dormir chez son cousin sans pour autant lui raconter quoi que ce soit de cette rencontre. Si elle ne pouvait garder sa particularité physique secrète, elle était bien décidé à garder tout cela pour elle, se serait leur histoire, leur secret, son amour interdit naissant...

Depuis ce jour elle n'avait de cesse de penser à lui. Il était là, quelque part au sein du château mais elle ne savait où et ne voulait pas savoir. Cet enclin n'était pas sain, pas respectueux pour la défunte épouse de Marc et puis quand bien même rien ne lui garantissait qu'il éprouvait pour elle se qu'elle ressentait pour lui. Alors elle vivait avec le souvenir de leur première rencontre, elle repassait le film de cette soirée encore et encore dans sa tête pour ne rien oublier, pour que chaque détails demeurent à jamais en elle, de la couleur de ses yeux à la sensation de son souffle dans le creux de son coup en passant par la douceur de sa peau.
Ce jour ne faisait pas exception à la règle, comme à son habitude, Gaby était sortie rêveuse de ses appartements, allant là où ses pas la menait. Elle répondait aux saluts auxquels son titre lui donnait droit sans vraiment s'en rendre compte. Elle marcha des heures durant dans les jardins du château, vaguant du grand canal, à l'allée des marronniers en passant par le Trianon, c'est cependant au sein de la salle de bal extérieure qu'elle s'arrêta. Effleurant du regard les fontaines éteintes, les gradins de pierres entourés par une végétation luxuriante elle se rendit compte qu'elle aurait aimé partager cet instant avec lui, c'était la première fois qu'elle voyait cet endroit alors que lui devait le connaître par cœur et l'aimer depuis bien longtemps déjà... Doucement elle s'essaya sur ces pierres froides, ramenant ses genoux à hauteur de son visage. Ses bras vinrent enrouler ses derniers, au même moment de sombres pensées l'envahissaient.

- A quoi bon penser à lui quand il ne connait pas même mon nom...

De fines larmes perlèrent au coin de ses yeux bleus tandis qu'elle posa délicatement le front sur ses genoux de façon à être seule avec sa peine.
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MessageSujet: Re: Douloureuses réminiscences [ Angélique-Rose d'Amboise ]   Douloureuses réminiscences [ Angélique-Rose d'Amboise ] Icon_minitime07.03.10 5:43

Était-elle damnée? Pourtant, elle n’avait péché que si peu de fois. Pourquoi la condamnait-on à une existence frivole et contre son gré? Pourquoi sa mère ne comprenait-elle pas ce que le Ciel attendait d'elle? En attendant, elle était prisonnière de cet enfer qu’était Versailles? Elle ne voulait pas de ces bals, de ces jeux et de ces divertissements! Tout ce à quoi aspirait la jeune femme était les chants, les messes et les prières. Pourquoi se sentait-elle vouée à une telle existence? Elle n’aurait pu le dire. Elle sentait que c’était ce qu’on attendait d’elle dans le monde intemporel. Elle se sentait bien agenouillée sur la pierre aux petites heures du matin. Elle n’aimait pas les longues nuits à boire du vin et à danser. D’accord, d’accord, elle devait s’avouer que cela lui plaisait davantage qu’elle le voulait laisser paraître, mais comment? Angélique-Rose voyait ses jeunes femmes, dévoilant leurs charmes, riant à grands éclats, posant leurs mains à des endroits, d’où elle détournait le regard. Elle ne pouvait être aussi insouciante qu’elles. Elle l’aurait peut-être voulu, mais une peur trop grande de l’enfer l’habitait. Et, ce n’était pas du tout son genre de faire de ses manières! Elle s’était dit cela pour se convaincre, car en réalité, qu’était son genre. Elle ne le savait même pas. C’était la première fois qu’elle se retrouvait libre. La première fois qu’elle n’était pas surveillée et cela lui faisait peur, car elle ne savait si elle pourrait maintenir cette chasteté bien longtemps dans un endroit pareil, ou tout était tant mené vers la luxure et la jouissance. Angélique-Rose soupira et se tourna vers son miroir, regardant de quoi elle avait l’air.

Elle ressemblait à une poupée de porcelaine. Avec ses longs cheveux du plus magnifique blond vénitien bouclés au fer, ses longs cils et ses joues rouges, elle ne se reconnaissait qu’à peine. Ou était la timide couventine, vêtue d’une robe grise et d’un voile couvrant ses cheveux? Dans cette magnifique robe à volants, elle se trouvait un air de princesse. Son orgueil en fut flatté, mais elle ne put s’empêcher d’avoir peur de ce qu’elle voyait. Les filles, qui se faisaient compter fleurette au bal, avaient la même allure qu’elle à présent. De plus, ce décolleté! On voyait presque du rose sur son sein. Offusquée par ce que la mode lui imposait, Angélique-Rose prit un morceau de dentelle et le glissa contre sa peau pour cacher ce qu’elle ne voulait point qu’on voit. Qu’est-ce que Charles-Jules dirait d’elle? Il rirait très certainement en voyant sa sœur affublée comme une précieuse! La jeune femme soupira une nouvelle fois, alors que sa camériste la rappela sur la terre.

-Mademoiselle, vous devez aller chercher votre maîtresse. Elle a un dîner tout à l’heure.

Angélique-Rose leva la tête vers Mélanie, le regard ulcéré. Malgré son extrême modestie face aux dogmes de l’Église, la jeune femme restait une noble de la meilleure race et détestait s’en faire imposer par des roturiers. Celle-là s’en permettait seulement parce qu’elle la suivait depuis qu’elles avaient l’âge de parler. Pourtant, rien ne lui plaisait véritablement en cette camériste désordonnée et plutôt maladroite. Mais, Angélique-Rose était résolue à la garder à son service. Si elle la renvoyait, la pauvre n’aurait nulle part où aller et ce serait bien mauvais de la part d’un chrétien d’agir de cette façon…

La duchesse se regarda une dernière fois dans le miroir avant de sortir de la pièce. Ajustant un châle sur ses épaules délicates, la jeune femme déambulait le long des nombreux couloirs, afin de trouver Gabrielle de Vendôme. Dès qu’elle était arrivée, on l’avait assignée au service de cette fille. Angélique-Rose avait eu beau tempérer et crier, rien n’y avait fait. Même sa mère était d’accord avec les autorités versaillaises. « C’est extrêmement mal vu pour une jeune femme de votre qualité d’être seule au palais et comme je n’ai ni l’argent, ni les contacts pour mettre des filles à votre service; vous vous mettrez à celui d’une autre. » Ah! Cette mère! Jamais elle ne pourrait s’empêcher de régenter sa vie, celle-là! Les yeux de la duchesse se firent perçants alors qu’elle fronçait des sourcils. Car, c’était une des caractéristiques d’Angélique-Rose. Il avait cette double personnalité contradictoire, qui semblait toujours jouer un duel. D’un côté, il y avait Angélique, l’obéissante jeune couventine, modeste et vertueuse. De l’autre, il y avait Rose, cette princesse cachée, rêvant d’être comme toutes les autres, désirant s’enivrer de Champagne, de finir la soirée dans les bras d’un gentilhomme dont elle ignorait le prénom. Une chance, Angélique dominait Rose. C’était la raison pour laquelle la duchesse était rendue à chercher Gabrielle de Vendôme. Il était toujours bien difficile de la trouver. Rêveuse, la jeune femme se laissait porter par le vent jusqu’à finir à un endroit qu’elle ignorait elle-même. Un jour, Angélique-Rose avait demandé à un mousquetaire à cheval de faire le tour de la Grande Pièce d’eau afin de la retrouver. Le jeune homme, certainement impressionné par la beauté virginale et ingénue de la demoiselle, ne lui avait certainement pas refusé et avait parcouru les jardins à la recherche de Gabrielle, en vain. Angélique-Rose espérait seulement qu’elle n’aurait pas à encore recourir aux autorités royales pour retrouver la descendante d’Henri IV.

Fort heureusement pour elle, la duchesse de Chambéry trouva sa maîtresse dans la salle de bal des bosquets. Assise sur les pierres de l’estrade, les genoux sur le menton, Gabrielle de Vendôme semblait distraite et perdue dans ses pensées. Vive, Angélique-Rose se mit en position de charge.

-Enfin! Mademoiselle! Vous devriez me dire où vous allez ainsi. Il est pratiquement impossible de vous retrouver!

La jeune femme, repoussant les feuilles qui lui fouettait la figure, alors qu’elle tentait de passer, arriva dans la magnifique pièce d’art qu’était cette salle de bal extérieure uniquement conçue pour le bon plaisir de Sa Majesté. Elle s’avança vers Gabrielle.

-Auriez-vous oublié votre dîner avec madame la marquise de Ville-Marie? Allez, dépêchons-nous; il fait froid.

Angélique-Rose posa sa main sur l’épaule de sa maîtresse. Voulant l’aider à se redresser, elle se baissa et remarqua les yeux de la jeune femme. De fines gouttelettes collaient à ses cils, trahissant son émotion. Elle pleurait!

-Mademoiselle, vous pleurez? Je ne vous ai pas blessée, j’espère.

Douce, la duchesse s’agenouilla aux pieds de sa maîtresse dans le gravier. Prenant ses mains, elle lui fit un timide sourire.

-Mademoiselle, qu’avez-vous? Vous savez bien que je ne vous sers pas uniquement d’agenda? Vous pouvez me dire ce qui ne va pas. Vous me connaissez, avec moi, vos malheurs et bonheurs sont plus sûrs que dans le secret de la confession, ricana-t-elle, tendrement, tentant de ramener un sourire sur le visage de Gabrielle, du moins, sécher ses larmes.
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